2005-2025: 20 ANS D'INFORMATION SUR LE CENTRE ET LE CENTRISME

mardi 10 février 2026

Propos centristes. France – Refonder la protection de l’enfance / La laïcité n’est pas négociable / Il faut un réveil européen / Programmation pluriannuelle de l'énergie / Se protéger des produits chinois…


Voici une sélection, ce 10 février 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Ce doit être le moment du réveil (…) Aujourd'hui, nous les Européens, on est tout seuls. Mais on est nous. C'est énorme, 450 millions d'habitants. Pour moi, c'est l'accomplissement ultime de l'aventure européenne des 70 dernières années.

> Il faut protéger notre industrie. Les Chinois le font, les Américains aussi. L’Europe est aujourd’hui le marché le plus ouvert du monde. Face à ça, il ne s’agit pas d’être protectionniste, mais d’être cohérent, c’est-à-dire de ne pas imposer à nos producteurs des règles qu’on n’impose pas aux importateurs non européens. (…)
On ne fera pas de la préférence nationale sur les portables, on n'en produit plus en Europe. Il faut se concentrer sur certains secteurs stratégiques, comme les cleantechs, la chimie, l'acier, l'automobile ou la défense, sinon les Européens seront balayés.

> Aujourd'hui, on [les Européens] a trois batailles à mener, dans la sécurité et la défense, dans les technologies de transition écologique, et dans l'intelligence artificielle et le quantique. Si l'UE ne fait rien, dans les trois à cinq ans, elle sera balayée de ces secteurs. Il faut 1.200 milliards d'euros par an [qu’on peut obtenir en] remobilisant notre épargne
En Europe, on a le plus grand stock d'épargne au monde, 30.000 milliards d'euros. Mais elle finance notre dette et, pour le reste, part à l'étranger. Chaque année, 300 milliards d'euros financent les entreprises américaines. (…)
Dès lors que le budget européen est contraint, c’est le moment de lancer une capacité commune d’endettement pour ces dépenses d’avenir, des eurobonds d’avenir. Il faut des grands programmes européens, pour financer les meilleurs projets.
> [Groenland] au sortir de la crise, il y a une forme de lâche soulagement. Comme à l'été 2025, après la signature de l'accord entre l'UE et les États-Unis sur les droits de douane. Il y a les menaces et les intimidations. Et puis d'un seul coup, Washington recule. Et on pense que c'est fini. N'y croyez pas une seule seconde. Chaque jour, les menaces sur la pharmacie, le numérique.... Il ne faut pas courber l'échine ou essayer de trouver un arrangement. On a essayé cette stratégie pendant des mois, elle n'est pas payante. Mais surtout, elle conduit stratégiquement l'Europe à accroître sa dépendance.

> Il y a une instabilité à la microseconde du côté américain ».

> Les Etats-Unis, qui nous assuraient, pensait-on, la sécurité pour toujours, font planer le doute.

> Des contrats de transition pour les 50 sites les plus émetteurs, une politique énergétique adaptée, des dispositifs de financement, une protection assumée de l'Europe : pour décarboner notre industrie, nous en avions besoin. Nous l’avons fait.

> Annonce majeure pour la décarbonation et l'avenir de notre industrie ! ArcelorMittal décide d’investir 1,3 milliard d'euros dans un four à arc électrique à Dunkerque. Les talents, les infrastructures, une électricité décarbonée : la France a les atouts. On y arrive.

> Félicitations à António José Seguro pour son élection à la présidence du Portugal. Nous œuvrerons ensemble pour renforcer les liens entre le Portugal et la France et faire vivre notre Traité d’amitié et de coopération signé à Porto lors de ma visite il y a bientôt un an. Au service des Français et des Portugais, et d’une Europe qui décide pour elle-même, plus compétitive, plus souveraine, plus forte !

> Félicitations à la Première ministre du Japon pour sa victoire. Le Japon et la France, c’est un partenariat d’exception et des valeurs en partage. Avec la présidence française du G7, heureux de poursuivre avec vous nos efforts pour porter de grandes ambitions.

> Ici on ne fait pas que du bon vin : on fait vivre des terroirs. Des ceps au verre, le vin est une part de la France qui travaille, qui rayonne, qui se transmet : des femmes et des hommes de savoir-faire, de patience, de fierté. Au Wine Paris, le grand salon du vin, je viens échanger avec nos talents français et leur dire qu’ils peuvent compter sur nous. Face au climat qui change, aux revenus sous tension, aux batailles à l’export : nous sommes et nous serons à vos côtés. Avec toute la filière, nous construirons toujours des réponses concrètes pour protéger vos métiers, renforcer notre puissance agricole et exporter sans modération. Parce que derrière chaque bouteille, il y a des emplois, des familles, des paysages. Et l’esprit français !

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Heureusement que nos grands anciens, comme Pierre Messmer, ont raisonné jadis autrement : la «vraie faute» serait de ne rien faire ! Chaque année, la France importe près de 60 milliards d’euros d’énergies fossiles. C’est non seulement un non sens environnemental, mais une dépendance géopolitique qui devient dangereuse. La Programmation Pluriannuelle de l'Energie engage une trajectoire claire et assumée : produire en France une énergie décarbonée, pour notre souveraineté et pour des prix maîtrisés dans le temps long. Contrairement à ce qui est affirmé, cette programmation est chiffrée sur 45 ans, avec plusieurs scénarios publics, qui vont d’un gain de +35 milliards d’euros à un coût de - 115 milliards. Bien loin du chiffre avancé de 300 Md€, répété sans démonstration, et qui a déjà été formellement démenti par la Commission de régulation de l’énergie. Sur le nucléaire, les faits - eux - sont établis : la modulation existe depuis les années 1990, les réacteurs français sont conçus pour cela (y compris pour s'adapter aux saisons !), et elle ne coûte pas “des milliards par an”. Opposer nucléaire et renouvelables est un débat d’hier. L’indépendance énergétique repose sur un mix cohérent, combinant nucléaire et énergies renouvelables, pour sortir durablement des énergies fossiles importées. L'urgence désormais est d'électrifier plus vite nos usages, notamment pour le logement, les transports et notre industrie. Gouverner, ce n’est pas entretenir la dépendance. C’est choisir l’indépendance et l’assumer. Il y a urgence.

> Quand on sait qui commande, on sait à qui demander des comptes. Chaque administration doit être sous l’autorité directe d’un ministre, d’un préfet ou d’un élu local. La situation de nos finances publiques et la nouvelle donne internationale imposent un État plus efficace, recentré sur l’essentiel. Pour certaines compétences — transports, logement, médico-social — il s’appuiera sur des acteurs publics de proximité. Principe : une compétence, un responsable. Avant les municipales, un premier texte présentera 50 mesures de simplification et de clarification pour les collectivités locales. Un second texte, structurant, sur la réforme de l’État et la décentralisation, suivra. Un troisième texte spécifique portera sur la simplification du millefeuille de la Métropole du Grand Paris, après concertation avec les différents acteurs.

> Décarboner le pays passe par la relance de la production électrique. Après 3 ans d’attente, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) sera signée et présentée en fin de semaine. Six nouveaux réacteurs nucléaires sont déjà en construction, avec la possibilité d’en construire huit de plus. Toutes les énergies renouvelables continueront leur développement. Aucun moratoire ne les touchera. Sur l’éolien terrestre, parfois source de tensions locales, la priorité sera donnée à la modernisation des parcs existants, avec des turbines plus performantes, pour éviter le mitage des paysages. Opposer nucléaire et renouvelables est une impasse. La vraie bataille, c’est sortir du carbone et réduire notre dépendance aux importations. L’objectif est assumé : 60 % de notre consommation d’énergie d’origine décarbonée en 2030 et des prix stables, parmi les moins chers d’Europe.

> Agriculture : priorité à la PAC, pour soutenir nos filières et garantir notre souveraineté alimentaire. On peut obtenir beaucoup pour notre production agricole. La loi d’urgence avance : simplification pour les petites exploitations de moins de 200 vaches, sécurisation de la production, accès à l’eau débloqué par les préfets. Fin du «deux-poids-deux-mesures»: les produits alimentaires contenant des substances déjà interdites en France ne pourront plus être importés. L’argent public doit aller en priorité aux produits français ou européens dans les cantines publiques.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> Le Sénat a adopté le projet de loi sur les polices municipales et des gardes champêtres Plus de proximité, plus d’efficacité sur le terrain, avec de nouveaux pouvoirs pour sanctionner concrètement les délits du quotidien qui empoisonnent la vie des Français. Un pas décisif pour un continuum de sécurité plus fort, en lien étroit avec la police nationale et la gendarmerie au service de nos concitoyens.

> Le fait que les maires exercent leur compétence pleinement ce n'est pas l'Etat qui se décharge, c'est les polices municipales qui jouent leur rôle.

> Les gens attendent que les policiers puissent verbaliser quand il y a des infractions.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> L’ordre mondial est en train de basculer, il faut se donner les moyens pour que l’Europe affirme sa puissance et son indépendance. Cela passe aussi par la préférence européenne, assumons-la.

> La construction d’un nouveau four électrique est une nouvelle majeure pour notre industrie sidérurgique française, pour la décarbonation ambitieuse de notre économie et pour la transition écologique exigeante que mène notre pays, sous l’impulsion du président de la République. Ce projet démontre avec force que nous savons conjuguer puissance industrielle, exigence écologique et souveraineté européenne, grâce à notre électricité compétitive et bas-carbone.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Être spectateur face à la Chine ou aux Etats-Unis, c’est acter la « vassalisation heureuse ». Le Président le dit clairement : dans cinq ans, si l’Europe n’agit pas pour protéger, diversifier, simplifier et investir, elle sera balayée. N'attendons plus.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> J’ai réuni aujourd’hui, avec le garde des Sceaux, ministre de la Justice, le Comité stratégique pour refonder la politique de protection de l’enfance. Cette réunion a rassemblé le ministre du Travail et des Solidarités, le ministre de l’Éducation nationale, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, ainsi que la ministre chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Je salue également l’engagement des parlementaires présentes aux côtés de la haute-commissaire à l’Enfance, des départements, des professionnels, des associations et des experts. Notre cap est clair : agir plus tôt, mieux protéger les enfants en danger, sécuriser leurs parcours et faire de la santé, en particulier de la santé mentale, un pilier de la protection de l’enfance. Je remercie l’ensemble des ministres, des parlementaires et de toutes les parties prenantes pour leur mobilisation collective au service des enfants confiés.

> Gouverner par la preuve, débloquer les dossiers, restaurer la prévisibilité budgétaire, protéger notre système de santé et recentrer l’État sur l’essentiel. Ni immobilisme, ni brutalité : des décisions, des résultats, maintenant.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> La laïcité n’est pas négociable. Il y a 120 ans notre pays se dotait d’une des plus grandes lois de son histoire. La loi du 9 décembre 1905 qui pose le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. 120 après, ce qui constitue le fondement même de notre République est questionné. Ni par hasard, ni par accident, mais sous l’effet d’offensives fondamentalistes et de démissions intellectuelles qui, par confusion ou par confort, désarment la laïcité au lieu de la défendre. La laïcité est prise en tenaille, d’un côté par ceux qui l’attaquent pour son prétendu manque de bienveillance et de l’autre par ceux qui l’instrumentalisent pour régler son compte à une partie de nos compatriotes qu’ils préfèreraient ne plus voir. Plus que jamais, la lucidité et le courage s’imposent. La lucidité de nommer le mal qui voudrait installer dans notre pays une contre-culture, un contre-modèle, une contre-loi. Le courage de refuser les accommodements raisonnables. La laïcité n’est pas une arme dirigée contre certains, c’est un bouclier pour tous. Plus que jamais il faut réaffirmer des lignes claires.   Cela passe d’abord par l’application pleine et entière des lois existantes. La France a su se doter de grandes lois, en 1905, 2004 et 2010. Elles doivent être respectées partout et par tout le monde. Parce qu’il n’y a rien au-dessus des lois de la République. Mais la fermeté n’a de sens que si elle s’accompagne d’un engagement total pour l’égalité et contre les discriminations. Pour ne laisser aucun citoyen se sentir orphelin, pour rappeler que nous sommes tous des enfants de la République, des citoyens français avant d’être athées, chrétiens, catholiques, musulmans ou juifs. La bataille pour l’égalité républicaine est indissociable de celle contre l’entrisme. Menons-la jusqu’au bout.

> Je crois en la République, rien que la République. Celle qui protège la liberté de croire ou de ne pas croire, sans jamais avoir à se justifier, jamais avoir à s'excuser. 

> Nous avons besoin de sport dans nos vies, dans la société. Nous avons besoin d'émotions collectives, de moments de fierté. Les insultes homophobes, antisémites, racistes, ce n'est pas du "folklore". C'est de la haine. Le sport mérite mieux. 

> Le proxénétisme, c'est faire commerce du corps des autres. Ça commence par un clic et ça détruit des vies, des femmes, des adolescentes. En ligne ou hors ligne, nous devons les poursuivre et les faire condamner. Nous changeons la loi aujourd'hui. 

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur)
> Inaugurer une brigade de gendarmerie, ce n’est pas seulement ouvrir un bâtiment. C’est affirmer une chose simple et essentielle : la sécurité est un droit pour tous, partout. Ici, des gendarmes vivent, travaillent, connaissent le territoire, ses habitants, ses élus. Cette proximité crée la confiance. Elle permet d’agir vite, avec humanité et efficacité. Face aux violences, à la délinquance du quotidien, aux réseaux criminels, nous faisons le choix d’un État présent, qui investit, qui protège, qui soutient ceux qui s’engagent.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> Il y a un an, la France organisait le sommet de Paris sur l’IA sous l’impulsion d’Emmanuel Macron. Grâce à son action décisive, ce sont désormais 220 acteurs mondiaux qui sont réunis au sein d’une coalition pour une IA durable. Pas d’écologie sans innovation !

> Décarboner l’industrie, même là où certaines émissions sont incompressibles, c’est possible. (…) Avec le budget 2026, l’État se dote des moyens de soutenir ces solutions innovantes!

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> La France est attachée à ce que l'accord de cessez-le-feu soit préservé et à ce que la paix puisse être enfin être trouvée à Gaza et en Palestine.

> Bravo à Bad Bunny pour ce magnifique spectacle. En tant que ministre française qui a grandi sur le continent latino-américain, fierté que l’Amérique soit plurielle et riche de sa diversité.

> [Jack Lang] Nous, on prend acte de cette démission et puis surtout, on va s'atteler à nommer très rapidement quelqu'un pour le remplacer. Parce que cette institution, l'Institut du monde arabe, c'est un endroit incroyable où on construit des ponts entre la France et le monde arabe. Sur sa culpabilité, sur est-ce que je suis soulagée, ce que je veux vous dire, c'est que je suis certes ministre, mais je suis d'abord avocate. Et dans l'administration de la preuve, le maniement de la preuve et la recherche de culpabilité, je ne m'en remets pas aux médias, à ce que l'on peut voir dans les réseaux sociaux. Je m'en remets à des enquêtes qui en ce moment sont en cours. (…) Tout le monde est présumé innocent jusqu'à ce qu'il soit trouvé coupable. Donc ne me faites pas dire ce que je ne dis pas, surtout sur ce dossier. Après que ce dossier émeuve, interpelle, nous interroge tous, ça, c'est un fait. Et puis surtout, moi, je pense aux victimes, à ces victimes qui aujourd'hui se retrouvent sur les réseaux sociaux, qui ont déjà vécu tout ce que l'on sait et qui aujourd'hui se retrouvent avec ce tribunal médiatique.

> [Opération d'ingérence russe destinée à faire croire à une implication d'Emmanuel Macron dans l'affaire Epstein] Il y a eu effectivement toute une affaire montée de toute pièce, avec des faux documents, des faux témoignages, des fausses images. Et c'est pour cela que je vous parle de faire attention à ce que l'on voit sur les réseaux sociaux. Et en l'occurrence, il s'est avéré que tout était complètement fabriqué. C'est Viginum d'ailleurs qui a lancé l'alerte. Et c'est grâce à cet instrument que nous avons aujourd'hui qui s'appelle French Response, qui est un compte sur les réseaux sociaux, qui permet de réagir extrêmement vite, y compris à des fausses informations qui deviennent virales. Et ça, c'est le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères qui avait beaucoup investi pour que cet outil puisse avoir lieu. Et on voit qu'il marche aujourd'hui et qu'on est capable de détecter les fausses informations et d'y répondre très rapidement. (…)
Viginum effectivement a donné un certain nombre d'informations. Et ce qui est intéressant, c'est, vous voyez, la combinaison des différents instruments. C'est à la fois détecter, pouvoir aujourd'hui, et ce n'était pas le cas il y a quelques années, quelques mois, détecter, identifier les potentielles sources de ces campagnes de désinformation.

> La France a dénoncé ce qu'il se passe toujours en Iran, et à quel point c'est absolument intolérable de voir des populations civiles prises pour cible. Après, sur la question de la négociation, je ne me prononcerai pas aujourd'hui. Je pense que ce n'est pas l'objet. Ce qu'il faut, de toute façon, en diplomatie, de manière générale, c'est trouver aussi des voies de passage, c'est trouver des moyens de maintenir le dialogue, y compris avec des personnes qui sont en violation des droits humains, pour arrêter des situations. Donc je ne me prononcerai pas sur ce qui se passe en ce moment. (…)
Les symboles, les mots peuvent être importants, mais ce qui compte aujourd'hui, c'est comment est-ce qu'on est en mesure d'apporter un soutien à une population, comment est-ce qu'on est en mesure de reconnaître les faits, de les dénoncer, de les énoncer, et puis surtout, d'appliquer des mesures, des sanctions, des sanctions en européen, d'avancer réellement. Et Donc encore une fois, je ne rentrerai pas dans des négociations qu'on a en cours, surtout lorsqu'il s'agit de tiers, mais rappelez quand même que la diplomatie, c'est de maintenir un dialogue, un dialogue exigeant.

> Nous suivons de très près tous les dossiers qui concernent nos ressortissants à l'étranger, en particulier lorsque ces derniers sont incarcérés. Il y a des visites qui se font dans plusieurs zones géographiques, de la part de nos services consulaires, ça fait d'ailleurs partie de ce que font nos consulats, et moi je salue ce travail, parce que c'est un travail qui est extrêmement difficile dans certains pays, et nous sommes évidemment mobilisés pour la libération de Christophe Gleizes.

> La France organise avec notamment le Kenya, un sommet qui est le sommet Africa Forward, le sommet entre les pays d'Afrique et la France. Donc déjà, le but était de mobiliser différents pays africains pour qu'ils puissent participer à ce sommet, qui sera une rencontre très importante, non seulement entre chefs d'État et de Gouvernement, mais aussi entre sociétés civiles, jeunesse, diaspora, monde des affaires. Donc je retourne, là, cette semaine à Addis Abeba, où il y aura le sommet de l'Union africaine, pour toujours mobiliser. Et je me rendrai aussi au Kenya. Et au-delà de ça, avec la RDC, c'est le plus grand pays francophone au monde. C'est un pays avec lequel nous avons des intérêts communs, des partenariats en cours, des investissements aussi, sous forme de prêts pour la construction de grands projets d'infrastructures, des barrages hydrauliques, des projets à impact. Et Donc c'était important qu'en tant que ministre chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux, et évidemment des Français et de l'étranger, je puisse m'y rendre.

> Dans le contexte économique contraint dans lequel nous sommes, tous les ministères ont dû faire des efforts. Et c'est une réalité. Maintenant, sur l'aide publique au développement, qu'il faudrait d'ailleurs appeler investissement dans le développement, parce que c'est un vrai investissement ce que l'on fait. Ce qu'il faut regarder, à mon sens, c'est moins la quantité d'argent qui est mise sur la table, mais c'est la gestion des projets existants. Et puis, c'est surtout la stratégie politique que l'on a. Moi, je veux apporter dans ce ministère, aux côtés de Jean-Noël BARROT, davantage d'impact. Choisir les géographies dans lesquelles on est pertinent, parce qu'on est attendu, parce qu'il y a un intérêt aussi pour la France à s'y trouver. Continuer à investir dans tout ce qui est la santé, l'éducation, là où finalement, c'est nécessaire d'aller. Et puis la santé mondiale, c'est un bien commun. C'est-à-dire que la santé, typiquement en RDC, va avoir un impact sur la santé en France. Sachez que c'est là-bas qu'ils ont découvert Ebola, par exemple, et le vaccin contre Ebola.

 

● Autres ministres
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)

> Concours de recrutement des professeurs à bac + 3 : grâce à l'adoption du budget, les concours auront bien lieu comme prévu à partir du mois de mars !
Pour mémoire, les nouveaux concours permettent :
- un recrutement en fin de L3 ;
- une rémunération de 1400 nets par mois en M1, et de 1800 nets par mois en M2;
- une entrée progressive dans le métier, avec une titularisation à la fin du master.
Désormais, un seul objectif : ne pas vous relâcher dans la préparation !

> «Ce n'est pas pour moi» Si, la fonction publique est faite pour tous. Donc pour chacun de vous. Il n'y a ni milieu social, ni environnement familial pour servir son pays et l'intérêt général dans la fonction publique.

C'est l'objet même des Prépas talents qui ont été mises à l'honneur à l'Elysée par le Président de la République. Et c'est la suite de la promesse républicaine qui constitue la boussole de l'Ecole : permettre à chacun d'aller au bout de ses potentialités.
En cinq ans, les classes Prépas talents ont bénéficié à 7000 élèves grâce aux écoles de service public et à la DGAFP - Direction générale de l’administration et de la fonction publique. Chaque jour, avec des partenaires comme La cordée association, dont j'ai rencontré les responsables ce matin, nous faisons en sorte que la fonction publique ait le visage de ceux qu'elle sert.
Hâte de pouvoir rencontrer et recruter à notre tour ces talents !

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement)
> [ / Intervention à l’Assemblée] Il y a urgence à avancer sur la programmation pluriannuelle de l’énergie. Des débats ont eu lieu, dans cet hémicycle, à son sujet, ainsi qu’à celui de projets de loi relatifs à l’accélération de la construction de nouvelles installations nucléaires et à l’accélération de la production d’énergies renouvelables. Ils nous ont permis d’avancer. Il y a urgence et il y va de la souveraineté de la France, du pouvoir d’achat des Français et de la préservation de la planète.
Le fruit de ces débats sera bien sûr intégré à la PPE qui sera présentée jeudi prochain par le premier ministre, tout comme les derniers travaux de RTE, qui nous ont amenés à ajuster certaines trajectoires –
 celles de la production d’énergie nucléaire et de certaines énergies renouvelables. Elle prendra bien sûr en compte limpérieuse nécessité de faire avancer l’électrification des usages, dont dépend la réussite de la transition énergétique.
Le coût de l’énergie est l’enjeu même de la PPE. Produire une énergie décarbonée en France, c’est s’affranchir de notre dépendance aux énergies fossiles. Sachant que 60 % de l’énergie consommée en France est d’origine fossile –
 gaz ou GNL, par exemple –, lenjeu est bien notre souveraineté et notre pouvoir dachat : quand on maîtrise ce que lon produit et que lon produit suffisamment, on stabilise le montant des factures d’électricité des Français.
Nous avons, à l’évidence, le souci de l’acceptabilité. Le premier ministre l’a rappelé dimanche lors de son interview, nous entendons les difficultés territoriales et sectorielles, ainsi que les difficultés rencontrées dans certaines productions. Elles sont aujourd’hui prises en compte lors du déploiement des projets et le resteront à l’avenir.
Pour cette raison, le gouvernement privilégie la modification des unités de production électrique des éoliennes déjà installées –
 certaines ont été construites en 2001 – à une construction de mâts qui n’aurait d’autre fin qu’elle-même.

> [ / Intervention à l’Assemblée] La nomination d’Amélie de Montchalin au poste de première présidente de la Cour des comptes est une prérogative du président de la République. Ainsi sont faites nos institutions.
Que cela vous plaise ou non, vous n’avez pas gagné la dernière présidentielle ! Vous n’avez pas de majorité absolue et vous n’avez même pas de majorité tout court dans cette assemblée ! Je vous invite donc à respecter le pouvoir de nomination du président de la République.
Je dois m’avouer extrêmement fière que le président de la République ait choisi une femme compétente, qui deviendra la première femme au poste de première présidente de la Cour des comptes. Une personnalité de grande qualité, dont nous assumons le profil politique, qui a largement démontré ses compétences, sa capacité de dialogue avec l’ensemble des groupes politiques représentés dans cette assemblée et son respect du Parlement.
Le fonctionnement de la Cour des comptes est collégial, ce qui garantit son indépendance.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Air France-KLM est un des acteurs-clé du transport aérien européen. J’ai reçu Ben Smith, son directeur général pour échanger sur nos objectifs communs :
- Soutenir la compétitivité de nos entreprises ;
- Garantir une concurrence équitable ;
- Accompagner la transition environnementale du secteur pour qu’elle ne pèse pas uniquement sur nos acteurs.

> Depuis 2017, Emmanuel Macron défend un sursaut stratégique européen. Face à la Russie, aux pressions américaines et chinoises , l’Europe doit accélérer : innover, investir, se protéger.

> Face au choc américain et chinois, l’Europe doit choisir : subir ou agir. Emmanuel Macron détaille nos priorités : simplifier le marché unique, réduire nos dépendances, affirmer la préférence européenne et investir massivement. Si l’Europe est lente ou divisée, elle sera balayée. Allons plus vite et plus fort.

 

Charlotte Parmentier-Lecocq (ministre délégué de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Enfants en situation de handicap qui relèvent de la protection de l'enfance / Intervention au Sénat]
Ces enfants particulièrement vulnérables ont des besoins en santé accrus. Depuis 2016, un bilan de santé systématique à l'entrée dans l'ASE permet d'engager un suivi médical régulier et de formaliser une coordination du parcours de soins. Les expérimentations Santé protégée et Pégase sont en cours de généralisation. Il s'agit de mieux coordonner les interventions sanitaires, médico-sociales et sociales, en priorisant la santé mentale et la prévention des surhandicaps, pour éviter les ruptures de parcours. Les plateformes de coordination facilitent le repérage précoce des troubles psychiatriques et optimisent l'orientation.
La pédopsychiatrie, renforcée financièrement depuis 2019, bénéficie d'appels à projets annuels pour consolider les équipes et réduire les délais de prise en charge. Les projets territoriaux de santé mentale intègrent un volet enfants-adolescents. Depuis 2022, une consultation complexe à l'entrée dans l'ASE améliore le bilan de santé et en 2024, les actes de pédopsychiatrie ont été revalorisés. Enfin, le Gouvernement est pleinement mobilisé à travers le projet de refondation de la protection sociale des enfants.

> [Intervention au Sénat] La santé environnementale est une préoccupation majeure du gouvernement et de la ministre de la santé. Nous construisons notre politique de prévention avec pragmatisme et des éléments factuels. Concernant les pesticides, nous avons renforcé le dispositif national de surveillance, avec un contrôle élargi des métabolites pertinents présents dans l’eau destinée à la consommation humaine. Les agences régionales de santé assurent un suivi strict des non-conformités. Nous appuyons les stratégies de réduction des usages en lien avec l’expertise scientifique, qui est – pour vous répondre clairement – indépendante.
La protection sanitaire guide chacune des d
écisions du gouvernement. La protection des captages deau potable est aussi une priorité absolue. Face aux pollutions diffuses, nous privilégions laction préventive à l’échelle des aires dalimentation de captage. Lobjectif est clair : mobiliser pleinement larsenal réglementaire, sécuriser les captages les plus sensibles et éviter des traitements coûteux supportés par les usagers.
Au sujet de la tribune que vous évoquez, les discussions qui se tiennent au niveau européen sur le paquet omnibus relatif à la sécurité des aliments font l’objet d’une attention particulière et d’une vigilance constante de la part de la France. Nous défendrons un niveau élevé de protection sanitaire qui n’entraîne aucun affaiblissement des garanties existantes. Notre ligne n’a pas varié : prévention à la source, exigence et indépendance scientifiques, protection durable de la ressource en eau.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Sur le texte fin de vie, il n’y a pas de précipitation. Le débat dure depuis des mois, les acteurs ont été largement consultés. Le travail parlementaire doit désormais aller à son terme, avec des garde-fous solides. Les Français doivent pouvoir choisir leur fin de vie.

> Les lois votées par le Parlement n’ont de sens que si elles produisent des effets concrets. Cet après-midi, lors d’un débat inédit, nous passerons en revue les textes votés depuis 2022 qui ne sont pas encore pleinement appliqués. Le gouvernement devra rendre des comptes.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Le régime des mollahs tue, massacre et pille l’Iran depuis trop longtemps. Il doit chuter. Il doit chuter et vite car c'est la liberté que ce régime assassine. C'est sur l'espoir que ses sbires ouvrent le feu. Ce sont des innocents qui sont égorgés. Face à la barbarie, oui, la France a une responsabilité. Partout où la liberté se lève, oui, la France a une responsabilité. Elle doit mener une initiative internationale pour rassembler tous les pays prêts à exercer une pression maximale sur l'Iran. Pour renforcer encore les sanctions prises contre les mollahs et leurs exécutants. C'est le message que j'ai adressé ce soir à la communauté iranienne rassemblée aujourd'hui à Paris.

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> [Cour des Comptes] J’imagine que si M. Jean-Luc Mélenchon était président de la République, peut-être qu’il nommerait plutôt Éric Coquerel qu’Amélie de Montchalin, non ? Et il trouverait normal de le faire.

 

Cyrille Isaac-Sibille (député°
> [Opinion] On l’oublie souvent, mais notre santé ne se construit pas d’abord dans le système de soins. Elle se façonne, pour l’essentiel, dans nos conditions de vie. Éducation, travail, environnement : ces déterminants représentent près de 80% de notre état de santé, quand le soin, aussi indispensable soit-il, n’en explique qu’environ 20%. C’est cette réalité qui fonde la mission gouvernementale sur la prévention primaire en santé qui m’a été confiée.
En France, nous pouvons être fiers de notre système de soins. Universel, solidaire, structuré, il permet à chacun d’accéder à des soins de qualité. Depuis 1945, ce choix collectif a largement contribué à l’allongement de notre espérance de vie.
Mais aujourd’hui, pour continuer à progresser, nous devons regarder la réalité en face : le soin ne fait pas tout.
Les études sont claires : près de 80 % de notre santé dépend de facteurs extérieurs au système de soins. Ce sont les déterminants de santé — l’éducation, les conditions de travail, le logement, l’environnement, l’alimentation, l’activité physique, le lien social. Le soin, aussi essentiel soit-il, n’intervient qu’à hauteur d’environ 20 % dans notre état de santé global.
Autrement dit, notre espérance de vie, et surtout notre espérance de vie en bonne santé, se construit bien avant l’apparition de la maladie.
C’est précisément là que la prévention primaire prend tout son sens. Elle ne consiste pas à culpabiliser les individus, ni à transférer la responsabilité de la santé sur chacun. Elle vise à créer les conditions favorables à une bonne santé, dès le plus jeune âge et tout au long de la vie.
L’école est un lieu clé où se jouent les bases de la santé future. Le travail est un déterminant majeur, à la fois facteur d’équilibre ou de fragilisation. Les territoires, l’environnement, l’accès aux services, le cadre de vie influencent profondément nos parcours de santé.
Or, en France, ces politiques de prévention existent, mais elles restent trop souvent fragmentées. De nombreux acteurs sont mobilisés, mais sans toujours disposer d’un cadre clair, lisible et coordonné.
C’est pour répondre à cet enjeu que le Premier ministre m’a confié une mission gouvernementale sur la prévention primaire en santé, menée de manière interministérielle, en lien avec sept ministères. Pendant six mois, il s’agit de réaliser un état des lieux complet, d’évaluer les dispositifs existants, de s’inspirer des expériences internationales et d’auditionner l’ensemble des acteurs concernés.
L’objectif est simple et ambitieux à la fois : définir une véritable politique de prévention primaire, structurer un système aujourd’hui trop dispersé, et mieux coordonner les acteurs nationaux et territoriaux. La prévention doit se penser dans les lieux de vie, à l’école, au travail, dans les territoires, auprès des personnes âgées, et mobiliser l’ensemble des parties prenantes : État, collectivités, professionnels, associations, complémentaires.
Je suis convaincu que la prévention est une politique d’avenir. Une politique qui permet de vivre plus longtemps, mais surtout en meilleure santé. Une politique qui réduit les inégalités plutôt que de les subir. Une politique qui donne de la cohérence et de la durabilité à notre système de santé. 
Investir dans les déterminants de santé, ce n’est pas affaiblir le soin. C’est lui permettre de continuer à jouer pleinement son rôle, au service de tous.

 

Géraldine Bannier (députée)
> [Lecture / Intervention à l’Assemblée] Du 21 au 25 janvier dernier avaient lieu les nuits de la lecture. Le 10 mars prochain aura lieu le quart d'heure de lecture nationale.
En 2022, pour rappel, la lecture avait été déclarée grande cause nationale. Et pour cause, nous ne saurions nous passer bien longtemps des bienfaits de la lecture : développement cérébral, langagier, capacité d'imagination, de réflexion, pensée critique, etc. 
Or, le contexte budgétaire a conduit l'ensemble des secteurs à consentir des efforts. Le livre et la culture y ont pris plus que leur part. C'est pourquoi plus de 200 personnalités du monde littéraire ont exprimé dans une lettre ouverte leurs inquiétudes face à la baisse conséquente des crédits consacrés au livre et au Centre national du livre. Toutes les branches de cette filière - auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires - s'inquiètent des conséquences de ces baisses. 
Les aides publiques ont permis jusqu'à maintenant de protéger tant bien que de mal un secteur du livre que l'époque fragilise : précarité des auteurs, baisse de la lecture des jeunes, massification de l'usage de l'IA qui interroge sur la capacité à distinguer la production humaine, librairie indépendante menacée… Les risques sont là. Le soutien à la filière permet de conserver l'exception culturelle française dont nous sommes si fiers. 
Pour rappel, la France se singularise par le prix unique du livre, la densité de son réseau de bibliothèques et de librairies, par le nombre de festivals littéraires, la puissance créative de ses auteurs. Il est primordial que notre soutien à cette filière se perpétue, car la lecture est le premier vecteur de lutte contre les inégalités sociales, contre la paresse cognitive qui guette nos démocraties. 

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Les 27 se retrouvent jeudi pour parler compétitivité de l’Europe. Trop de temps a passé depuis la présentation des rapports Draghi et Letta : place à l’action ! Nos 3 demandes Renew Europe:
- Orienter l’épargne vers l’investissement productif ;
- Accélérer notre souveraineté énergétique ;
- Investir massivement dans les technologies stratégiques (IA, cloud, quantique).

 

Bernard Guetta (député)
> [Opinion: Cette Amérique-là n’est plus notre alliée et nous avons à le dire]
Je ne devrais pas, je sais. Je ne devrais sans doute pas renoncer à ces deux principes cardinaux qui sont de ne jamais manquer à la politesse et de toujours défendre ses propositions plutôt que de critiquer celles des autres mais il est temps de dire que ce roi est nu, totalement et grotesquement nu.
C’est un devoir car à ne pas dire que Donald Trump n’est qu’un dangereux bouffon, on laisse s’installer l’idée qu’il n’y aurait rien d’anormal, choquant et inadmissible à son comportement et ses propos alors même qu’il nous fait revenir à des âges dont l’humanité venait d’enfin sortir.
Depuis Auschwitz, il n’était plus possible d’affirmer publiquement que le monde se diviserait entre races supérieures et inférieures. Aucun chef d’Etat ne l’aurait jamais pu sans risquer la destitution ou une condamnation universelle mais Donald Trump, dix heures durant, a laissé publier par ce qui est son site les visages de Barack et Michelle Obama sur des corps de singes. A cette heure, il ne s’en est pas même excusé et, bien pire encore, cette abomination n’a pas suscité de tollé mondial.
Logiquement occupé à se demander si les Etats-Unis entreraient ou non en guerre contre le régime iranien, le monde a passé cette trumperie, une de plus, par pertes et profits car cet homme a su nous habituer à admettre l’inadmissible. S’il s’autorise à imiter le Ku Klux Klan en assimilant les Noirs à des singes, c’est qu’il avait constaté qu’il lui était tout à fait possible, juste après avoir juré de respecter la Constitution, d’amnistier ses amis émeutiers qui, quatre ans plus tôt, s’étaient lancés à l’assaut du Congrès. Rien ne lui avait fait obstacle et pourquoi s’étonner alors qu’il ait poursuivi en si bonne voie ?
Ce fut bientôt, dans le Bureau ovale, la suffocante mise en accusation du président d’une démocratie agressée par un dictateur et, depuis, Donald Trump n’a jamais voulu désigner Vladimir Poutine pour ce qu’il est : le seul et unique coupable de cette guerre qu’il a enclenchée. Sa complaisance pour le dictateur russe est telle que beaucoup se demandent s’il ne serait pas tenu par le KGB mais c’est très volontairement que ce successeur de Truman et Reagan sert les intérêts du Kremlin.
C’est parce qu’il rêve d’un monde que les Etats-Unis se partageraient avec la Chine et la Russie, d’un monde de dictatures débarrassé de cet odieux exemple de démocratie sociale qu’est l’Union européenne ; qu’il a si bien décrédibilisé l’Alliance atlantique ; s’acharne à briser le lien séculaire entre l’Europe et les Etats-Unis et n’avait pas hésité à justifier ses menaces d’annexion du Groënland avec le même argument, la sécurité nationale, que Vladimir Poutine à propos de l’Ukraine.
Les faits sont là : Donald Trump a fait un souvenir du droit international, de cet immense pas que la civilisation avait franchi à la Libération, et pris parallèlement le temps de diviser son pays comme il ne l’avait jamais été depuis la guerre de sécession.
Donald Trump est, oui, parvenu à mettre deux Amérique face-à-face et à plonger ce qui avait été la plus puissante des démocraties dans une décadence clownesque et brutale dont le président exige que l’on renomme tout à son nom, où l’on s’attaque à la presse, traque les enfants d’immigrés à la sortie des écoles, dévalorise les vaccinations et envoie la troupe dans les villes coupables de voter démocrate.
Ce n’est plus la liberté. Ce n’est plus la démocratie.
Cette Amérique-là n’est plus notre alliée. Que ce soit provisoire ou durable, elle est aujourd’hui notre adversaire et nous avons à le dire car nous ne pouvons plus ni laisser faire de la fausse monnaie des valeurs qui nous avaient été communes ni tarder à organiser les pays qui veulent résister à ce retour en arrière. La bataille sera rude mais l’Europe s’affirme et seule la couardise de Trump est aussi grande que son obscénité.

 

Pascal Canfin (député)
> Objectif climatique 2040 adopté
Le Parlement européen vient d’adopter définitivement l’objectif de réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040.
Nous maintenons ainsi le cap de notre ambition climatique.
C’est une excellente nouvelle pour le climat mais aussi pour notre sécurité et notre autonomie stratégique !
Il nous faut désormais mettre tous les moyens en oeuvre pour atteindre cet objectif et renforcer notre compétitivité : tournant stratégique du Made in Europe, mise en œuvre du rapport Draghi et investissements massifs dans la decarbonation et la réindustrialisation verte…

> Arcelor Mithal débloque enfin ses investissements dans la décarbonation à Dunkerque
Je me réjouis de la décision d’Arcelor Mittal de construire un four électrique à Dunkerque.
Même si cette décision est en deça des niveaux d’investissements annoncés au départ, c’est un premier pas vers la décarbonation du site dunkerquois.
Et c’est en partie grâce à l’Europe que cet investissement a été rendu possible !
En effet, nous avons renforcé notre dispositif européen pour lutter contre les importations déloyales d’acier qui minent la compétitivité de l’industrie sidérurgique européenne.
Et nous continuerons à nous battre pour garantir des conditions équitables, notamment avec la montée en puissance du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), proposée par la Commission européenne en décembre dernier.
Autour de nous, le monde se décarbone, comme nous le montrent la Chine ou encore l’Algérie, qui investit dans la production décarbonée par réduction directe du fer (DRI).
Si la filière sidérurgique européenne veut rester compétitive dans le monde de demain, elle doit investir pour produire elle aussi de l’acier bas-carbone !
Maintenir une production européenne d’acier est essentiel pour la souveraineté et la résilience de l’Europe.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> [Editorial: Le rouleau compresseur chinois menace désormais le cœur productif de l’Europe]
Depuis quelques mois, le feu d’artifice trumpiste capte tous les regards des Européens. Face à ce stroboscope quotidien, nous ne voyons presque plus la menace économique chinoise. Celle-ci ne s’est pas atténuée et ne doit pas être banalisée. Au contraire. Nous vivons la deuxième lame d’une concurrence inégalée, qui s’est amplifiée à toute allure depuis la covid19, quand les plus naïfs ont pensé que l’épidémie affaiblirait la Chine.
Avec une méthode inédite, notre étude montre que cette déferlante chinoise menace et touche désormais le cœur productif de l’Europe, au sens géographique et sectoriel. La méthode consiste à examiner, pour tous les pays de l’Union européenne et dans divers secteurs, l’exposition à la concurrence chinoise des marchés d’export comme du marché intérieur des entreprises européennes, avec un indicateur d’alerte synthétique (prenant en compte notamment les parts de marché chinoises et leur évolution récente).
Les résultats montrent une accélération de la concurrence chinoise, dont les acteurs gagnent des parts sur le marché européen comme sur les marchés tiers où nous sommes en compétition, et cette concurrence s’étend aux secteurs industriels qui sont au cœur de la spécialisation européenne (en termes d’emploi, de gains de productivité, de poids à l’export) : automobile, machines-outils, batteries, chimie…
Ainsi, un quart des exportations françaises apparaît directement menacé. Pour l’Allemagne, un tiers des exportations et même deux tiers de la production intérieure sont directement menacés par les concurrents chinois. Ce n’est plus le sujet d’un secteur ou d’un pays, telle la France des années 2000- 2010, fragilisée par son manque de compétitivité : avec les pays d’Europe centrale (souvent associés à elle dans la sous-traitance), l’Allemagne est aujourd’hui la plus exposée à cette déferlante. En deux ans, notre voisin d’outre-Rhin a ainsi perdu 240 000 emplois industriels. La menace est généralisée, systémique. Le rouleau compresseur chinois menace désormais le cœur productif de l’Europe.
Comment l’expliquer ? Par le double effet d’une amélioration de la qualité des produits chinois, à l’image des véhicules électriques, et de coûts durablement plus bas qu’en Europe (ou qu’aux États Unis). Les estimations réalisées avec les industriels concernés révèlent un écart de coûts de 30 % à 40 %. Pour le dire crûment, l’Europe risque de tomber dans le piège du ­ il y a moins bien mais c’est plus cher ‑, face à des coûts de production plus bas, une monnaie sous-évaluée et une qualité au moins équivalente, du côté chinois.
Pour éviter une spirale de destruction destructrice , où des pans entiers de l’industrie européenne s’effondreraient en quelques années, l’UE doit revoir son logiciel. La réforme des instruments actuels de défense commerciale ne suffira pas, même en y ajoutant (et c’est nécessaire) la préférence européenne dans certains domaines. Il reste deux réponses choc à préparer et à débattre au plus vite : une protection commerciale inédite, équivalente à un droit de douane général de 30 % vis-à- vis de la Chine ; ou une dépréciation de l’euro de 20 % à 30 % par rapport au renminbi.
C’est d’abord un débat interne à l’Europe – ouvrons les yeux, de Bruxelles à Berlin : une protection massive est urgente et vitale. C’est aussi un agenda de productivité global qu’il nous faut : protection ; simplification ; production et travail (réforme des retraites, IA, etc.) ; investissement. Car la protection apportera une réponse nécessaire, et temporaire, mais insuffisante pour le sursaut économique et industriel dont l’Europe a besoin.

> [Lutter contre la concurrence chinoise en Europe] C'est une question de survie. (…) On est totalement endormi sur ce sujet, notamment à Bruxelles et à Berlin. C'est la France qui pousse cet agenda de protection. (…) C'est un danger systémique (...) Si on bloque la concurrence chinoise, c'est aussi des emplois qui demeurent sur le territoire français. (…) Si on ne réagit pas face à ça par un bouclier commercial massif, c’est un danger de mort pour notre industrie en Europe.

> Nos entreprises sont patriotes, j'en suis convaincu, toutes ont envie que la France réussisse.

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Modération défaillante, prédateurs à l’affût : Roblox n’est pas un jeu quand il met les mineurs en danger mais une plateforme où des criminels les trouvent. J’alertais les parents il y a quelques semaines sur les dangers et salue la décision de l’Australie.

> La protection de l’enfance exige la mobilisation de toutes les forces vives. Échange structurant la Caisse des dépôts qui s’engage avec un plan de soutien (550 M€) et la Pépinière d’Avenirs pour garantir un accueil digne et des parcours vers l’autonomie.

 

 


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