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mercredi 4 février 2026

Vues du Centre. La démocratie américaine est-elle assez forte pour résister avec succès à Trump?

Par Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella


L’offensive de Trump contre les élections de mi-mandat, prévues en novembre prochain, a commencé.

D’abord, il a commencé par se demander à quoi elles servaient.

Désormais, il demande aux élus républicains du Congrès de les «nationaliser» dans quinze Etats qui sont évidemment démocrates ou qui ont de grande chance d’élire des démocrates en novembre prochain.

Comme l’explique le New York Times :
«Conformément à la Constitution, les élections américaines sont principalement régies par le droit des États, ce qui conduit à un processus décentralisé où le vote est administré par les autorités des comtés et des municipalités dans des milliers de bureaux de vote à travers le pays. M. Trump, cependant, s'est longtemps obstiné à propager de fausses allégations selon lesquelles les élections américaines seraient entachées de fraudes et que les démocrates fomenteraient un vaste complot pour inciter les immigrants sans papiers à voter et ainsi gonfler artificiellement le taux de participation de leur parti. L'appel surprenant de M. Trump à ce qu'un parti politique s'empare des mécanismes de vote fait suite à une série de mesures prises par son administration pour tenter d'exercer un contrôle accru sur les élections américaines, tandis que lui et ses alliés continuent de diffuser de fausses informations concernant sa défaite de 2020.»

«Nationaliser les élections» ce serait donc dessaisir les autorités démocratiques compétentes afin de donner le pouvoir d’organisation, de contrôle et de certification des résultats à un parti politique qui ne cesse d’affirmer sans aucune preuve que les scrutins sont trafiqués.

On comprend évidemment ce que cela signifie: arranger les résultats pour que Trump garde une majorité au Congrès et faire tomber les Etats-Unis du côté des autocraties et même des dictatures.

Rappelons que Trump avait déclaré lors de la campagne de la dernière présidentielle que s’il gagnait cela serait la dernière élection à avoir lieu aux Etats-Unis.

Une déclaration qui a le mérite de la clarté.

Reste qu’il n’a pu empêcher qu’aient lieu des élections partielles en novembre 2025 qui ont été une véritable claque pour lui et le Parti républicain.

Sans doute que ces résultats sont une des raisons de sa nouvelle offensive même s’il ne faut pas oublier qu’il rêve de se faire couronner «roi des Etats-Unis» et que toutes ses actions le démontre, lui qui n’hésite pas, avec la complicité des élus républicains qui contrôlent les deux chambres du Congrès, à prendre des décisions illégales au vu de la Constitution et des lois votées par les élus de la nation, décisions souvent entérinées par la Cour suprême qui compte une majorité de juges d’extrême-droite à sa botte.

La question est donc de savoir si la démocratie étasunienne est assez forte pour résister à l’offensive de Trump à son encontre.

Et la réponse ne peut être donnée avec certitude ce qui est déjà, pour le moins, très inquiétant.

Il n’est pas inutile ici de reproduire l’alarme de Barack Obama sur la situation de la démocratie dans le monde et aux Etats-Unis en particulier:
«Partout dans le monde, nous assistons à une montée de l'autoritarisme.
Les politiciens s'en prennent à la société civile, sapent la liberté de la presse et instrumentalisent le système judiciaire. Personne n'est épargné. Même les pays qui se croyaient à l'abri des attaques massives contre la démocratie comprennent désormais que nous sommes tous concernés par ce combat.
Nous devons tous prendre conscience que nous sommes à un tournant décisif. Il est temps de lutter pour notre démocratie et pour nos valeurs fondamentales, maintenant, avant qu'il ne soit trop tard. (…)
Nous savons que notre démocratie ne fonctionne pas d'elle-même. Il nous incombe, en tant que citoyens, de défendre nos valeurs fondamentales, surtout en ces temps difficiles.»

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]

 

 


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