Voici une sélection, ce 27 janvier 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> Engagement pris, engagement tenu. Merci à la Commission européenne
d’ouvrir la voie à l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, suite aux
lignes directrices sur la protection des mineurs adoptées en juillet dernier
après la mobilisation de la France. Le règlement européen sur les services
numériques (DSA) permet d’imposer cette obligation aux plateformes pour la
protection des enfants et adolescents en ligne. Reprendre en mains notre destin
numérique, protéger nos enfants : grâce à l’Europe, la France pionnière.
> En cette Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, la France se souvient. Face au négationnisme qui tente d’effacer Auschwitz et les camps de la mort, à l’antisémitisme qui veut propager la haine de l’autre, la France ne transige jamais.
> Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : c’est ce que préconisent les scientifiques, c’est ce que demandent massivement les Français. Après un travail fructueux avec le Gouvernement, l’Assemblée nationale vient de dire oui. C’est une étape majeure. Au Sénat maintenant de poursuivre ce travail constructif. Pour que cette interdiction soit effective dès la rentrée prochaine, j’ai demandé au Gouvernement d’activer la procédure accélérée. Parce que le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre. Ni aux plateformes américaines, ni aux réseaux chinois. Parce que leurs rêves ne sauraient être dictés par les algorithmes. Parce que nous ne voulons pas de la génération anxieuse mais d’une génération qui croit en la France, la République et ses valeurs. La France, pionnière depuis 2018 de la régulation des plateformes, continue aujourd’hui de l’être en devenant le premier pays d’Europe à s’engager dans cette voie. Au 1er septembre, nos enfants et adolescents seront enfin protégés. J’y veillerai.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Trop de Français peinent à se loger. L’offre de logement est insuffisante
dans notre pays. À Rosny-sous-Bois pour le lancement du plan Relance Logement,
le plus ambitieux depuis 10 ans. Objectif : produire 2 millions de logements
d’ici 2030 grâce à :
- 500 millions d’euros supplémentaires mobilisés pour les bailleurs sociaux ;
- Une niche fiscale Relance Logement pour que chaque contribuable qui met un
logement en location puisse faire fructifier son épargne et réduire ses impôts,
sans zonage ;
- Des règles simplifiées pour accélérer les projets locaux dans les territoires
où il y a urgence à bâtir.
Un cap clair : plus de logements, plus vite, partout sur le territoire et pour
tous.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> On ne peut pas vouloir être souverain sans avoir la capacité de
produire ce dont on a besoin pour se défendre.
> [Propos de Trump sur les soldats européens planqués en Afghanistan] Je rends immédiatement hommage aux anciens combattants et aux victimes de l'Afghanistan. Nous avons eu 90 morts, c'est une insulte absolument inacceptable. Je pense aux familles des victimes qui, à juste titre, ont signifié leur mécontentement. Je pense que rien n'autorise à ne pas respecter la mémoire des victimes.
> C'est indispensable pour les Armées qu'il y ait un Budget.
> Le Groenland a choisi le Danemark, le Danemark est un pays souverain membre de l'alliance de l'Otan.
> Ce qui se passe en Iran est dramatique.
> C’est la deuxième fois que la France montre sa capacité à lutter contre la flotte fantôme russe. Ces ventes de pétrole financent la guerre en Ukraine.
> Les Etats-Unis sont des alliés mais nous ne sommes pas toujours alignés.
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans] Ce texte s’inscrit
dans le combat porté par le Président de la République, impulsé par Gabriel
Attal et Laure Miller à l’Assemblée nationale, puis défendu avec détermination
par les ministres Anne Le Hénanff et Édouard Geffray.
Ce vote affirme une conviction simple et essentielle : le bien-être de nos
jeunes ne peut être sacrifié aux logiques de l’attention et du profit C’est un
choix de société, responsable et protecteur, pour construire un environnement
numérique plus sain pour les générations d’aujourd’hui et de demain.
Ce vote est inédit; il doit être un exemple, par-delà nos frontières. Comme
annoncé par le Président de la République et réaffirmé ce soir par la ministre
Anne Le Hénanff, le Gouvernement a demandé la procédure accélérée afin de tout
mettre en œuvre pour que le texte soit applicable dès la rentrée 2026.
> [La Commission européenne a annoncé ce lundi 26 janvier ouvrir une nouvelle enquête contre le réseau social d’Elon Musk X] C'est une nouvelle étape décisive que je salue. Le 2 janvier dernier avec mes collègues Anne Le Hénanff et Aurore Bergé, nous avons signalé ces contenus illicites à l'Arcom, autorité compétente qui peut transmettre ces preuves à la Commission européenne. Nous continuerons à maintenir la pression pour faire en sorte que X et les autres plateformes respectent nos lois françaises et européennes.
> Je viens de présider la première
réunion de travail avec mes homologues du G7 Finances. Plus que jamais, le G7
doit être un espace de dialogue dans un moment de tensions géopolitiques et
économiques.
Nous devons ensemble chercher des solutions à nos déséquilibres mondiaux,
plutôt que de privilégier des décisions unilatérales.
Je leur ai présenté les priorités de la présidence française sur les sujets
économiques et financiers :
- la réduction des déséquilibres macroéconomiques mondiaux
- le renouvellement des partenariats internationaux
avec les pays en développement
- le soutien à une croissance stable et durable.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> Face aux tentatives constantes de distorsion des faits et de recrudescence
dramatique de l’antisémitisme à travers le monde, la France agit, dans son
action diplomatique, pour préserver la mémoire de la Shoah. Face à ceux qui
tentent de réécrire l’Histoire, la France œuvre chaque jour à défendre les
droits de l’Homme et à lutter contre toutes les formes d’antisémitisme, de
racisme et de discriminations.
> Non, cher Mark Rutte. Les Européens peuvent et doivent prendre en charge leur sécurité. Même les États-Unis en conviennent. C’est le pilier européen de l'OTAN.
Amélie de Montchalin (ministre de l’Action
et des Comptes publics)
> [Budget] Il n'y a aucune hausse d'impôts pour les ménages ni pour les PME.
> [Budget] Le RN fait du chantage (...) et n'est pas de droite.
> [Budget] Nous avons fait le choix de la stabilité.
> [Présidentielle] Il faut une primaire la plus large possible.
> [Fin de vie] La priorité est aux soins palliatifs.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> Face à l'antisémitisme qui frappe, face à l'antisémitisme d'atmosphère,
rien ne serait pire que le «pas de vagues». Ce serait le prélude à la
soumission. La République ne négocie pas avec la haine. Elle la nomme, la
combat, la juge et la punit.
>
Le propre de l’antisémitisme n’est pas seulement de survivre aux siècles. C’est d’épouser les codes de son époque. Il mute, se recompose, change de vocabulaire et de visage. Mais il ne change ni de nature ni de cible. Hier, il se drapait dans les oripeaux de la pseudoscience, du complot ou du nationalisme. Aujourd’hui, il s’est trouvé un nouvel eldorado idéologique, un étendard pour se rendre fréquentable, se donner bonne conscience et masquer ce qu’il est réellement : l’antisionisme.
Soyons clairs. La liberté d’expression est un pilier de la démocratie. Elle protège le droit de critiquer un gouvernement, une politique, les décisions prises par les représentants d’un Etat, ici comme ailleurs. Ce droit est absolu dans son principe et précieux dans son exercice : sans lui, il n’y a ni débat public ni démocratie.
Mais l’antisionisme n’est pas la critique
d’une politique. Il est une idéologie de négation et d’essentialisation.
Négation, d’abord, d’un droit fondamental : celui de l’existence même de
l’Etat d’Israël comme principe d’un Etat souverain, Etat refuge né d’une
nécessité historique. Israël est le seul Etat au monde dont on appelle à la
destruction pure et simple.
Essentialisation ensuite, car cette idéologie confond, assimile et assigne.
Elle rend les Français juifs coupables par procuration d’un conflit à
4 000 kilomètres d’ici, les somme de se justifier, les rend
collectivement responsables, parfois jusqu’à la nazification. Ce basculement
n’est pas un excès de langage : c’est une mécanique de haine.
Depuis le 7 octobre 2023 et les attentats terroristes perpétrés
en Israël par le Hamas au cours desquels 51 de nos compatriotes ont été
assassinés parmi plus de 1 200 hommes, femmes et enfants, la
haine antijuive a changé d’intensité.
> De l'ambition, oui j'en ai ! Ce qui compte, c'est au service de quoi et de qui vous la placez. Et rien n'existera sans unité : nous devons avoir une candidature unique en 2027 - et donc une primaire - pour ne pas laisser le choix entre RN et LFI.
> Un homme sur 4 pense qu'une femme doit avoir des rapports sexuels par devoir. Un sur 4. Aujourd'hui. En 2026. Il est temps d'affirmer dans la loi la liberté des femmes. Totale. Sans condition.
> Des modes d'emploi pour vous suicider, du cyber harcèlement, des appels au djihad, de la violence débridée à l'encontre des femmes, des discours négationnistes et haineux... Les réseaux sociaux, c'est aussi ça. Avant 15 ans, ça doit être non. Et en France, ce sera non.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès
de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la
Transition écologique)
> Stratégie nationale du trait de côte, Fonds vert étendu à 371 communes et
soutien à la relocalisation des campings menacés par l’érosion. Dès que la
France aura un budget, ces actions accompagneront l’adaptation des territoires
littoraux.
> Quand la France aura un budget, le fonds vert, doté de 200 millions d’euros supplémentaires, pourra financer la relocalisation d’activités menacées par l’érosion du trait de côte comme les campings.
Eléonore Caroit (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la
Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> À Dakar, pour célébrer un le partenariat dynamique que nous avons avec le
Sénégal et l’ensemble de ses forces vives.
À Gorée, site historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, aux côtés de son maire, j’ai parcouru une île dont la
mémoire ne doit jamais être oubliée. À la maison des esclaves, j’ai rendu
hommage à celles et ceux qui sont partis sans jamais revenir. J’y ai par
ailleurs constaté l’avancement de la digue de protection côtière, réalisé par
l’entreprise française NGE et essentielle pour lutter contre l’érosion qui
menace l’île. À quelques mois des Jeux olympiques de la jeunesse qui se
tiendront en fin d’année au Sénégal, c’est une fierté pour la France d’appuyer
l’organisation de celui-ci.
Ce déplacement a également été l’occasion de mettre à l’honneur le dispositif
de coopération décentralisée entre la France et le Sénégal, qui célèbre ses 10
ans cette année. Il incarne pleinement l’esprit de notre relation : un
partenariat gagnant gagnant. Enfin, j’ai tenu à m’entretenir avec les acteurs
de la société civile, afin d’échanger sur leurs aspirations et leurs attentes
dans le cadre de notre partenariat avec le Sénégal. La France demeure
pleinement mobilisée pour la réussite des projets que nous portons en commun.
David Amiel (ministre délégué
auprès de la ministre de l’action et des comptes publics chargé de la
Fonction publique et de la Réforme de l’État)
> LFI s'oppose, main dans la main avec les multinationales américaines et
chinoises, à la loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les
moins de 15ans. Ça ne manque pas de sel. J'espère la voir adoptée au Parlement
pour la santé de nos enfants !
● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition
écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le
climat et la nature
> La nature disparaît silencieusement sous nos yeux.
Mais les chiffres, eux, sont sans appel : en France, une espèce sur cinq est
aujourd’hui menacée, les populations d’oiseaux ont reculé de 30 % en trente
ans, et les poissons migrateurs de 70 % en cinquante ans.
Face à ce constat, la France s’est dotée d’une Stratégie nationale biodiversité
2030, avec un objectif clair : enrayer le déclin de la biodiversité d’ici 2030.
Cette stratégie est complétée par le plan Agir pour restaurer la nature, que
nous transmettrons à l’Europe au printemps 2026.
Mais il nous faut aujourd’hui accélérer.
C’est ce que je suis venue annoncer sur le terrain, en Charente-Maritime.
- Mieux protéger les espaces fluviaux et maritimes.
La France s’est engagée à placer 10 % de son territoire en zone de protection
forte.
Après les premières labellisations marines annoncées en décembre, de nouveaux
sites de protection forte seront annoncés dans les prochains mois, notamment
des zones fluviales.
- Laisser la nature respirer.
Sur le littoral, cela passe par les jachères de l’estran : des zones mises
temporairement au repos, où certaines activités sont suspendues pour permettre
la régénération des écosystèmes.
Après Sainte-Marie-de-Ré, deux nouveaux sites sont annoncés à Charron et à
Nieul-sur-Mer, avec un suivi scientifique et pédagogique.
Nous devons aussi restaurer la santé des sols forestiers. J’ai missionné l’ADEME
pour avancer concrètement sur ce sujet.
- Reconnecter le vivant.
La biodiversité est aujourd’hui fragmentée par les routes, les voies ferrées et
les infrastructures.
Ces coupures empêchent les espèces de se déplacer, de se reproduire et de
s’adapter.
C’est pourquoi nous renforçons la trame verte et bleue, en identifiant ces
obstacles et en développant des ponts et des tunnels à faune, pour redonner de
la continuité aux milieux naturels.
Nous engageons également un travail de suppression des obstacles obsolètes et
abandonnés dans les cours d’eau, afin de rétablir la circulation du vivant.
Et parce que la biodiversité ne se protège pas depuis Paris, l’action se
construit sur le terrain.
C’est pour cela que je me suis rendue au siège national de la LPO à Rochefort :
ces acteurs sont indispensables, ils produisent de la connaissance,
sensibilisent, alertent et agissent.
Enfin, sur les jachères de l’estran, les scolaires participent à une aire
éducative.
Ils observent, mesurent, comprennent.
La biodiversité devient ainsi un objet d’apprentissage, pas seulement un objet
de réglementation.
> « Je suis trop pauvre pour acheter
pas cher. »
C’est une phrase que me répétait ma grand-mère. Et elle dit beaucoup de ce qui
se joue aujourd’hui dans notre façon de consommer.
Acheter un vêtement n’est jamais un geste anodin. C’est un choix pour son
pouvoir d’achat, pour l’environnement, pour l’emploi.
L’ultra fast fashion donne l’illusion du « moins cher ».
En réalité, on achète plus, plus souvent, pour des vêtements portés très peu de
temps et qui finissent par coûter cher, à notre portefeuille comme à la
planète.
Lors de ce déplacement dans le Nord, nous avons voulu, avec Mathieu Lefèvre,
montrer qu’il existe des alternatives concrètes, accessibles et efficaces.
À Tourcoing, nous nous sommes rendus dans l’entrepôt de Vestiaire collective,
dédié à l’authentification.
À Roubaix, la manufacture Tissel, ancienne usine emblématique de la ville, est
aujourd’hui un hub de l’économie circulaire. On y répare, on y réemploie, on y
fabrique autrement : des ceintures conçues à partir de pneus de vélos usés avec
La vie est Belt, des vélos collectés et remis en circulation par ReCycle-Moi,
et des t-shirts en lin produits par Juin fait le lin, qui émettent jusqu’à
trois fois moins de CO₂, sans oublier L'École
de la réparation qui forme des publics éloignés de l'emploi.
À Lille, chez Jules, l’affichage environnemental textile permet enfin de
regarder au-delà du prix affiché : comparer l’impact et la durabilité des
vêtements, et choisir en connaissance de cause.
Il ne s’agit pas de renoncer à consommer, mais de donner aux consommateurs les
moyens de faire des choix éclairés, de soutenir les modèles vertueux et de
faire payer le coût réel à ceux qui ne jouent pas le jeu.
C’est pourquoi nous avons demandé la mise en place d’un malus écologique ciblé
sur l’ultra fast fashion.
Gérald Darmanin (garde des sceaux,
ministre de la Justice)
> Face au fléau de l’antisémitisme, j’avais écrit en septembre dernier aux
procureurs de la République pour leur demander de poursuivre avec fermeté les
auteurs de ces faits. Un individu ayant agressé un rabbin a ainsi été condamné
à une peine de 30 mois d’emprisonnement avec maintien en détention et à une
interdiction du territoire français de 10 ans. Nous ne laisserons rien passer.
> Chaque année, près de 400 000 enfants sont confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). C’est l’un des grands drames de notre société. Notre responsabilité est d’offrir à chaque enfant une protection rapide, juste et concrète. Avec ma collègue Stéphanie Rist, ministre de la Santé, nous portons un projet de loi extrêmement important pour garantir à ces enfants un véritable projet de vie.
> En matière migratoire, je propose de questionner les Français sur l’instauration d’une politique de quotas, couplée à une suspension de l’immigration légale durant 2 ou 3 ans, le temps d’intégrer les étrangers déjà présents sur notre sol.
> Nous faisons face à une offensive forte du président Trump, qui est parfois imprévisible mais qui n'a rien d'irrationnel : l’Europe a pris un retard conséquent en matière d’investissement et de croissance. Le rôle de la France, c’est de porter la voix souveraine d’une Europe forte.
> L’avenir de notre pays passera par une économie forte : moins d’argent dans le modèle social, moins d’impôts sur les entreprises et la revalorisation du travail !
Edouard Geffray (ministre de l’Education
nationale)
> L'Assemblée a adopté cette nuit la proposition de loi renforçant la
protection des mineurs face aux réseaux sociaux :
- La France est le premier pays européen à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans;
- L'utilisation des téléphones portables est interdite au lycée, comme c'était le cas au collège. Une interdiction de principe à laquelle les règlements intérieurs des lycées pourront déroger pour s'adapter aux
usages nécessaires.
La France montre qu'il est possible d'agir pour ses jeunes face à un enjeu de
santé publique, cognitif, social et civique.
Le numérique est vecteur de progrès. Mais comme tout bouleversement
technologique, il a besoin d'être régulé. Et les jeunes ont besoin d'être
formés et protéger.
Limiter l'exposition aux écrans, éduquer à leur bon usage, proposer des
alternatives sociales aux réseaux. C'est la ligne que je porte en tant que
ministre de l'éducation nationale.
Prochaine étape: l'examen au Sénat, en procédure accélérée conformément à la
demande du président de la République.
> [Protéger les mineurs des risques
auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux / Intervention à
l’Assemblée] Je me concentrerai sur la deuxième partie
de la proposition de loi, à savoir l’interdiction du téléphone portable au
lycée. L’école a deux missions fondamentales : instruire et protéger. Nous
avons évidemment le devoir de protéger nos jeunes des nouveaux risques liés à
l’explosion des usages numériques.
De fait, certains comportements doivent être regardés comme de véritables
addictions : en France, 42 % des jeunes de 12 à 17 ans passent
entre deux et cinq heures par jour sur leur smartphone, et 9 % y passent
plus de cinq heures. Autrement dit, certains de nos enfants passent davantage
de temps sur leur téléphone portable qu’en cours.
Les effets sont désormais largement établis : sur la santé mentale et
physique, sur le cyberharcèlement, dont l’actualité dramatique nous rappelle
encore les conséquences effrayantes, mais aussi sur les plans cognitif, civique
et social. La consommation – ou la surconsommation – d’écrans, notamment dans le
cadre scolaire, fragilise l’attention, perturbe la concentration, altère la construction du jugement.
Elle modifie profondément le rapport à l’autre, au détriment de la discussion
interpersonnelle. Elle expose également nos jeunes, trop tôt, à des images et à
une désinformation dont les effets sur le développement et la vie collective
sont durables.
Tous les professeurs et personnels de l’éducation nationale que je rencontre
appellent systématiquement mon attention sur l’évolution très préoccupante de
la consommation d’écrans et des risques qui lui sont associés. C’est pour cette
raison qu’en tant que ministre de l’éducation nationale, je ne peux qu’appuyer
avec ferveur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, dont
ma collègue parlera dans quelques instants, et l’interdiction de principe du
téléphone portable dans l’enceinte des lycées.
Cette interdiction ne vient pas de nulle part : au collège, elle est en
vigueur depuis 2018, et elle est d’ores et déjà mise en œuvre dans certains
lycées, notamment ceux disposant d’un internat, par le biais du règlement
intérieur. À chaque fois, le constat est le même : un effet positif sur le
climat scolaire et les apprentissages. Les élèves qui entreront au lycée à la
rentrée scolaire 2026 ont grandi sous cette règle et ont déjà intégré ces
comportements : le temps de l’école n’est pas le temps du téléphone, et on
ne peut apprendre sereinement lorsqu’on reçoit des notifications toute la
journée sur son portable, au fond de sa poche.
Dès lors, l’extension au lycée apparaît comme une suite logique et cohérente de
la règle appliquée au collège, et elle ne surprendra pas les élèves, tant s’en
faut. Il ne s’agit pas d’une rupture brutale, mais d’une clarification et d’une
harmonisation, la règle commune devant entrer en vigueur à compter de la
rentrée 2026.
J’ai bien conscience des deux critiques formulées à l’encontre d’une telle
mesure.
La première renvoie à la difficulté de contrôler son respect systématique et
absolu. Cependant, le bien-fondé d’une règle ne s’apprécie pas au regard de la
capacité à en assurer le contrôle systématique auprès de chaque citoyen – sinon, il n’y aurait pas de code de
la route. Il ne s’agit pas d’être derrière chaque élève mais de fixer une règle de principe, comme
il en existe d’autres dans l’établissement, pour protéger nos jeunes. Ce n’est pas une privation, c’est une limitation sur un temps et un espace donnés.
La seconde réserve tient aux risques d’interdiction catégorique, en méconnaissance des usages. Mais la proposition de loi qui nous est soumise
prévoit explicitement que les règlements intérieurs introduiront les
dérogations nécessaires : pour la cantine, pour certains usages
pédagogiques ou dans d’autres hypothèses.
C’est donc une mesure de principe. L’école a une mission prescriptive :
elle ne se limite pas à un espace clos, elle façonne des comportements, des
repères, des habitudes qui dépassent largement ses murs. Les familles que je
rencontre dans mes déplacements disent d’ailleurs régulièrement que
l’interdiction du portable au lycée leur rendrait service, assurant une moindre
consommation et favorisant un meilleur usage à la maison. Donnons donc aux
familles cet appui, cette légitimité, ce point d’ancrage pour construire
l’autonomie de nos jeunes !
Certes, l’interdiction seule ne suffira pas. Il ne faut pas seulement limiter,
il faut éduquer et proposer aux élèves d’autres lieux de sociabilité. Nous
devons renforcer l’éducation aux écrans, notamment grâce à l’évolution du rôle
du Clemi – Centre de liaison de l’enseignement et des médias
d’information –, sur laquelle je travaillerai au cours des prochaines
semaines, et proposer des alternatives culturelles et sociales, comme
l’éducation au cinéma et à l’image ou la création d’espaces de discussion, de
débat – bref, de sociabilité réelle.
Une chose est certaine – toutes les études convergent, tant
du point de vue de la santé que de celui des troubles cognitifs ou sociaux : la surexposition aux écrans menace nos jeunes.
Je ne veux pas être de ces ministres à qui l’on dira dans vingt ans : vous saviez, les études étaient claires, et vous n’avez rien fait. Voilà
pourquoi, madame la rapporteure, je soutiendrai, avec l’ensemble du
gouvernement, l’interdiction des écrans au lycée, pour que nos jeunes puissent
à nouveau, dans ces établissements, refaire le monde et non le subir. (
> Aux professeurs :
En cette journée internationale de l’éducation, j'ai souhaité revenir sur le
sens de votre mission. Les mots ne peuvent suffire à tout dire, ils peuvent
prendre une résonance différente, mais chacun lira dans ces lignes l'espoir que
vous représentez, la fierté que vous suscitez, le rôle essentiel qui est le
vôtre face aux tourments et aux évolutions du monde. Vous êtes ceux qui espérez
pour ceux qui n'espèrent pas encore. Vous allumez les Lumières de l'esprit
humain. Et vous changez des vies.
Ce message, je l’ai porté plus longuement aujourd’hui devant des collègues dont
j’ai eu la chance de croiser le chemin depuis ma prise de fonctions. Des femmes
et des hommes qui, chaque jour, devant leurs classes, changent la trajectoire
de leurs élèves, en ville ou dans les villages, en maternelle, élémentaire,
collège ou lycée, avec ou sans internat. J'ai entendu leurs voix, vu leurs
regards et leurs gestes. Tout ce à quoi un élève dans le doute s'accroche. Tout
ce qui va le chercher. Tout ce qui le fait réussir.
Anne Le Henanff (ministre déléguée
auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté
industrielle, énergétique et numérique chargée de l’Intelligence artificielle
et du Numérique)
> [Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des
réseaux sociaux / Intervention à l’Assemblée] Lorsque la puissance publique a
connaissance d’un risque avéré pour les enfants, elle n’a pas le droit
d’attendre ; lorsque nous le savons collectivement, il nous appartient
d’agir pour les générations présentes et à venir. Les constats scientifiques se
multiplient, la démonstration n’est plus à faire ; le temps n’est plus aux
constats mais à l’action. Les réseaux sociaux représentent un danger pour nos
enfants : ils les enferment dans des pièges algorithmiques et empêchent
leur épanouissement, leur développement personnel et cognitif. Ce sont tout
simplement des dangers pour leur santé mentale.
Nous examinons aujourd’hui un texte qui s’inscrit dans des travaux menés de
longue date. Je veux d’abord saluer l’engagement constant du président de la
République, qui en a fait une priorité, confiant dès 2023 un rapport à deux
experts scientifiques sur le sujet. Sous son impulsion, la France a également
rallié une quinzaine d’États membres de l’Union pour renforcer le cadre
européen en matière de protection des mineurs en ligne, avec la publication des
lignes directrices de l’article 28 du DSA.
Je veux saluer le travail de plusieurs parlementaires tels que Laurent
Marcangeli qui, il y a trois ans, avait déjà fait voter une proposition de loi
visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, ainsi que
Catherine Morin-Desailly qui propose des actions essentielles en matière
d’éducation et de santé. Toutes ces initiatives contribuent à renforcer la
protection de nos enfants et nous permettent de proposer une rédaction
opérationnelle, juridiquement solide, afin de mettre en pratique
l’interdiction, pour les réseaux sociaux, de fournir leurs services aux moins
de 15 ans.
Le texte que nous allons examiner, et que le gouvernement vous proposera
d’amender, est le fruit d’un travail juridique approfondi, mené avec des
experts et les administrations, en lien étroit avec les autorités européennes
et les parlementaires, afin d’aboutir à une écriture pleinement compatible avec
nos engagements nationaux et européens, et, surtout, avec notre objectif
central : protéger les enfants. Il y a quelques jours encore, un rapport
de l’Anses est venu confirmer ce que de nombreux autres travaux avaient déjà
établi : les réseaux sociaux ne sont pas des outils adaptés aux plus
jeunes. Nous portons une lourde responsabilité, parce que nos concitoyens nous
regardent et qu’il y a une véritable urgence. Je veux saluer les représentants
du collectif Algos Victima, présents en tribune. Leur engagement nous oblige.
Des familles ont connu des drames, parfois le deuil, du fait de l’absence de
régulation et de protection de leurs enfants dans les espaces numériques. Nous
souhaitons que cela cesse.
Avant 15 ans, nos enfants n’ont pas à être exposés à des environnements
numériques conçus pour capter l’attention, provoquer l’engagement et maximiser
le temps passé sur les écrans, au service de modèles économiques puissants.
Avant 15 ans, c’est l’âge de l’insouciance, de la créativité, de
l’apprentissage et de la construction de soi. Le cerveau de nos enfants n’est
pas à vendre, pas plus qu’à dominer. Entendons les alertes des parents, des
médecins, des jeunes eux-mêmes ! Ils nous demandent d’agir car on leur a
volé ce qu’ils ont de plus précieux : leur temps et leur indépendance.
Anxiété, troubles du sommeil, perte de concentration, addiction aux écrans,
exposition au cyberharcèlement ou à des contenus illégaux : voilà l’impact
des réseaux sociaux sur nos jeunes ! Aussi, nous proposons d’inscrire dans
le droit national un principe général d’interdiction d’accès aux réseaux
sociaux pour les moins de 15 ans. C’est une mesure de protection de
l’enfance et une nouvelle norme sociale.
Cette approche est pleinement compatible avec le droit européen. Les lignes
directrices de l’article 28 du DSA, pour lesquelles la France s’est
fortement mobilisée, ouvrent explicitement la possibilité pour les États
membres d’inscrire un âge minimal d’accès aux réseaux sociaux dans leur droit
national, et la France n’est pas la seule à travailler en ce sens. Pour ce qui
est du périmètre de la disposition, l’interdiction s’appliquera aux plateformes
qui relèvent de la définition des réseaux sociaux telle qu’elle est posée par
le droit européen. Nous voulons être au plus près des usages réels, pour éviter
les effets de contournement et de report vers d’autres services qui
exposeraient les mineurs aux mêmes risques. À l’inverse, les services qui ne
présentent pas les mêmes caractéristiques nocives – encyclopédies en ligne, services
dédiés aux enfants,
messageries privées – ne seront pas concernés.
Je sais qu’aucune solution n’est parfaite et les débats sur le sujet sont
légitimes. J’entends ceux qui m’interpellent sur le fait que limiter l’accès
aux réseaux sociaux n’épuisera pas l’ensemble des risques. Je suis bien
consciente que nous aurons besoin de compléter cette réponse dans le champ de
la santé, de l’éducation, de la prévention, de la culture et de la parentalité.
Le gouvernement est pleinement engagé pour redonner un horizon à notre jeunesse
et lui permettre de réinvestir le réel. Nous n’attendrons pas qu’une, deux ou
trois générations supplémentaires d’enfants soient sacrifiées. En tant que
parlementaires, vous avez l’occasion d’agir concrètement pour protéger nos
enfants et réaffirmer que leur intérêt supérieur primera toujours.
Permettez-moi, enfin, de m’adresser directement aux jeunes. Cette loi n’est pas
une mesure autoritaire dirigée contre vous ; elle n’est pas là pour vous
priver de vos droits fondamentaux. Bien au contraire, elle cherche à vous
défendre et à vous protéger. Vous n’en avez peut-être pas toujours conscience,
mais en dehors du monde virtuel des écrans, il y a tant de possibilités, de
choses à découvrir, d’expériences à vivre au contact des autres humains !
En un mot, cette loi vous rendra votre liberté.
Mesdames et messieurs les députés, pour nos enfants, je vous invite toutes et
tous à soutenir ce texte.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Il y a 81 ans, la libération d’Auschwitz révélait au monde l’ampleur de
l’horreur. Alors que les derniers témoins s’éteignent, notre devoir grandit :
transmettre leurs récits, démasquer le négationnisme, combattre l’antisémitisme
qui se répand à nouveau, dans la rue comme en ligne. N'oublions jamais.
Agissons toujours.
> Après le nouveau drame qui a coûté la vie à Camélia, 17 ans, harcelée sur les réseaux sociaux, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi transpartisane portée par la députée Laure Miller. Interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans est une avancée nécessaire. Protéger nos enfants est une urgence collective.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> L’Assemblée nationale vient de voter pour la proposition de loi que je
porte pour interdire les réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans. C’est
une première en Europe. La France ouvre le chemin. Face à la catastrophe
sanitaire et éducative en puissance que constituent les réseaux sociaux chez
les plus jeunes, nous avons refusé l'immobilisme. Nous avons refusé
d'hypothéquer l'avenir et le cerveau de nos jeunes. Le Sénat doit désormais se
prononcer dans les prochaines semaines pour une mise en œuvre dès le 1er
septembre 2026.
> En fixant la majorité numérique à 15 ans, nous posons une limite claire. Comme pour l'alcool ou le permis de conduire, la loi fixe la limite. Et s'il y aura toujours des tentatives de contournement, cette interdiction fera drastiquement baisser la fréquentation.
> Il faut des règles. Et des sanctions pour les faire respecter. La loi que nous portons pour l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est claire : si les plateformes ne mettent pas en place un contrôle d'âge efficace, l'amende pourra atteindre 6% de leur chiffre d'affaires. C'est une mesure dissuasive pour garantir la sécurité de nos enfants et ados.
> Pour la vérification de l'âge, ni l'État ni les plateformes n'auront accès aux données des utilisateurs. Elle se fera via un outil simple, sûr et sécurisé, un tiers de confiance.
> Contenus violents et radicaux, cyberharcèlement, conséquences terribles sur la santé mentale et la santé tout court : les réseaux sociaux constituent une catastrophe sanitaire et éducative en puissance. Il est urgent d’agir. Avec Laure Miller, nous proposons qu’ils soient interdits à tous les mineurs de moins de 15 ans à partir du 1er septembre prochain.
> Le silence tue. L’Iran ne doit pas être oublié. Les dernières informations qui nous parviennent sont glaçantes : en 48 heures, près de 30 000 Iraniens ont été massacrés par le régime sanguinaire des mollahs. Il doit tomber. Plus que jamais, la France doit prendre l’initiative pour l’avenir de l’Iran. C’est son devoir autant que sa mission. Et, en premier acte, classer les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> C’est une victoire importante ! L’interdiction
des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans a été votée à l’Assemblée
nationale. Ce texte devra être ensuite examiné au Sénat. Porté par mon groupe
politique Renaissance, ce texte répond à une réalité que plus personne ne peut
ignorer : les réseaux sociaux ont un impact sanitaire délétère sur la santé
mentale des plus jeunes. Il fallait agir : fixer un cadre clair,
responsabiliser les plateformes et soutenir les parents. Ce combat est
prioritaire. Et nous continuerons de le mener parce que protéger les plus
jeunes n’est pas une option.
> Il y a sept ans, avec le Président de la République et le Président de région, j’ai porté un pari ambitieux : réindustrialiser notre territoire en fabriquant nos batteries électriques en France, plutôt que de continuer à les importer de Chine. Nous sommes partis de rien et tout le monde nous disait que c’était impossible. À l’époque, notre industrie était fragilisée par des années de désindustrialisation. Nous avons fait le choix d’inverser la tendance. Des années à négocier avec l’Union européenne son soutien, à travailler avec les élus locaux et les industriels, à innover et à préparer le lancement de ces usines. Aujourd’hui, les gigafactories sont sorties de terre. Elles font l’objet d’une édition spéciale de Demain par La Voix du Nord. Cette édition montre le chemin parcouru par les Hauts-de-France en sept ans, elle montre comment les usines se développent, créent des emplois et contribuent à notre souveraineté industrielle et à notre indépendance vis à vis des énergies fossiles. C’est le sens de la transition écologique que je porte : une action publique qui réindustrialise, crée de l’emploi et renforce notre souveraineté. Une action publique qui construit une France robuste, capable de résister aux crises et au chantage aux fossiles, qui s’appuie sur une Europe qui n’est pas timide, mais assume sa puissance et porte une vision gaullienne sous l’impulsion de la France. Ce pari, nous l’avons relevé, ensemble avec tous les élus du territoire qui eux y ont cru et ont mouillé la chemise. J’en suis fière.
> En direct de l’hémicycle où l’on débat de la proposition de loi d’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Scène lunaire : La France insoumise, tout à coup, se retrouve du côté des milliardaires de la tech, contre les plus précaires, contre la santé des enfants en utilisant les arguments les plus improbables pour ne pas voter cette loi. Pourquoi ? Très probablement parce qu’ils ont peur de perdre une partie de leur communauté sur leur principale plateforme de communication. Le cynisme a un visage : c’est celui de LFI !
Elisabeth Borne (députée)
> Le 27 janvier 1945, Auschwitz-Birkenau était
libéré, révélant l’horreur absolue de la Shoah. En cette journée de mémoire,
nous honorons les 6 millions de Juifs assassinés, les 76 000 déportés de
France, dont 11 400 enfants, et toutes les victimes du nazisme. Alors que les
derniers témoins disparaissent, nous devons plus que jamais transmettre, lutter
contre le négationnisme, combattre l’antisémitisme, partout.
> Interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans, c’est protéger les jeunes des dérives en ligne et agir pour leur santé mentale. C’est un engagement fort que j’ai porté aux côtés du président de la République.
> En Iran, il s'agit de durcir et d'élargir les sanctions vis-à-vis de tous ceux complices de cette barbarie.
> Interdire tout appel à la destruction
d'un Etat vaut pour Israël, mais aussi pour l'Etat palestinien.
> On peut avoir en tête l’échéance présidentielle mais il ne faut pas perdre
de vue qu’il y a avant une échéance municipale. Et je crois que c’est important
que notre parti, y compris son secrétaire général, s’implique pour qu’on puisse
s’ancrer localement et avoir des victoires pour ces élections
municipales. Ça me semble la priorité du moment.
- Pour moi un parti politique, ça doit être un collectif qui prépare un projet au service des Français et pas un outil d’une communication personnelle.
- Pour l’élection présidentielle, on a beaucoup de candidats dans ce bloc central. Je pense que ce qui doit vraiment nous préoccuper, c’est comment on peut rassembler autour d’un projet, autour de valeurs. Au-delà des aventures individuelles, il faut pouvoir rassembler pour que la force politique à laquelle je crois soit présente au deuxième tour.
Anne Genetet (députée)
> [Protéger les mineurs des risques auxquels les
expose l’utilisation des réseaux sociaux / Intervention à l’Assemblée] Permettez-moi
un pas de côté, une projection vers l’avenir. Imaginons que nous ne soyons pas
en 2026, mais en 2046. Imaginons que je m’adresse à mes petits-enfants. Et
qu’ils me demandent : « dis-moi, quand tu étais députée, qu’avez-vous
fait quand vous avez compris que des réseaux sociaux détruisaient nos cerveaux
d’enfant ? ».
Je voudrais alors pouvoir leur répondre sans détour. Je voudrais pouvoir leur
dire que, lorsque les signaux sont devenus alarmants et impossibles à ignorer,
nous n’avons pas détourné le regard. Que lorsque les données scientifiques se
sont accumulées, lorsque les alertes sanitaires, éducatives et psychiques ont
convergé, nous avons agi. Je voudrais pouvoir leur dire que, ce jour-là, la
représentation nationale n’a pas traité ce sujet comme un débat abstrait ou
technique, et encore moins politique mais comme ce qu’il était
réellement : une urgence de santé publique. Une urgence qui touche le
développement cognitif, le sommeil, l’attention, l’estime de soi, la santé
mentale de millions d’enfants – de nos enfants. Une urgence qui engage
notre responsabilité collective d’adultes, de législateurs, de protecteurs.
Je voudrais leur dire que la France – et particulièrement le président de la République – n’a pas attendu. Qu’elle a été précurseur, qu’elle a soutenu ce combat
avec constance, avec audace, avec courage politique. Que des responsables ont
pris ce sujet à bras-le-corps, bien avant qu’il ne s’impose dans l’opinion.
Merci à Gabriel Attal qui a, très tôt, fait de la protection des enfants face
aux dérives du numérique un axe politique fort, assumé et structurant.
Je voudrais leur dire que des travaux parlementaires rigoureux ont mis en
lumière, preuves à l’appui, les mécanismes délétères de plateformes conçues
pour capter, pour retenir, pour enfermer. Merci à ma collègue Laure Miller,
rapporteure de la commission d’enquête sur les effets psychologiques des
plateformes sur les mineurs, pour son engagement sincère et la force de son
travail. Je voudrais leur dire aussi que le gouvernement a soutenu cette
démarche, en donnant à ce texte les moyens d’être débattu rapidement – merci, madame et
monsieur les ministres.
Je voudrais leur dire, enfin, que l’Europe a avancé, que le cadre européen a fixé des principes essentiels. Mais que nous avons eu la détermination d’aller plus loin lorsque
la protection des enfants l’exigeait, parce que nous avons eu la lucidité de reconnaître les limites de ce cadre et le manque de courage à le faire appliquer
vraiment.
Oui, le texte que nous examinons n’est pas parfait ; mais il est indispensable. Il pose une
borne claire : avant 15 ans, l’accès aux réseaux sociaux n’est jamais anodin, il n’est jamais
neutre et il ne doit donc pas être accepté sans garde-fous. Il affirme un
principe simple : quand un risque grave est établi, la loi doit protéger.
Je voudrais pouvoir dire à mes petits-enfants que nous avons refusé l’inaction.
Parce que l’inaction aurait été une faute. Parce que ne rien faire aurait
signifié accepter que des enfants soient exposés, seuls, à des logiques
économiques prédatrices. Parce que protéger l’enfance, ce n’est pas la
restreindre, c’est lui permettre de s’ouvrir, de grandir.
Je voudrais finalement leur dire que nous avons aussi protégé l’école. Que nous
avons réaffirmé qu’elle devait rester un lieu d’attention, un lieu de relations
réelles, un lieu d’émancipation intellectuelle. Un lieu où l’on apprend à
penser, pas à scroller. Protéger notre jeunesse, ce n’est pas la vendre au plus
offrant. C’est tenir notre promesse républicaine : celle de transmettre à tous
nos enfants, sans distinction, sans discrimination, la capacité à penser
librement.
Si, dans vingt ans, mes petits-enfants me posent la question, je veux pouvoir
leur répondre ceci : nous savions et nous avons agi.
Laure Miller (députée)
> [Protéger les mineurs des risques auxquels les
expose l’utilisation des réseaux sociaux / Intervention à l’Assemblée] Elles s’appelaient Marie, Charlize, Emma,
Pénélope, Lilou et il y en a tant d’autres. Ces jeunes filles – et ces jeunes garçons aussi – avaient la vie devant
eux. Pourtant, ils se sont donné la mort dans leur chambre, après avoir vu un tutoriel
morbide sur TikTok. En ouvrant ce débat, je pense d’abord à eux ; je pense aussi à leurs parents qui, je le sais, nous regardent cet après-midi.
Facebook est entré dans nos vies en 2004. Puis, dans les années 2010, sont arrivées la vidéo courte et les recommandations algorithmiques. Très vite – avant 2015 –, le scroll
infini s’est imposé : un défilement sans fin, couplé à des algorithmes
conçus pour capter l’attention.
La commission d’enquête du printemps dernier, présidée par notre collègue
Arthur Delaporte et dont j’étais rapporteure, portait sur TikTok, une
plateforme qui se donne pour mission « d’inspirer la créativité et
d’apporter de la joie ». Pourtant, durant les travaux de cette commission,
nous avons recueilli des centaines de témoignages traumatisants : des
vidéos de chats broyés dans un mixeur, devenues virales dans des écoles
primaires ; des tutoriels sur le suicide et l’automutilation, expliquant
comment faire un nœud coulant, ou jusqu’où se faire saigner ; des jeunes
filles traitées d’êtres « faibles », à qui l’on dit : « Si
tu as faim, bois de l’eau » ou encore : « Tu n’es pas moche, tu
es juste grosse. » Circulent aussi des images de tueries de masse.
Personne ne devrait être exposé à de tels contenus, encore moins des enfants et
des adolescents. Et pourtant, nous en sommes là. Ces réseaux sociaux avaient
promis de relier : ils ont fragmenté. Ils avaient promis d’informer :
ils ont saturé. Ils avaient promis de divertir : ils ont enfermé.
Le constat est sans appel : nos enfants lisent moins, bougent moins,
dorment moins, se comparent davantage. Nous pourrions – nous devrions – nous rassembler derrière un combat simple et
essentiel : refuser que l’enfance devienne un marché et que notre jeunesse soit le terrain de jeu des algorithmes.
On nous oppose parfois le droit des jeunes à l’information, au divertissement, à l’expression. Mais soyons lucides :
que valent ces droits quand, chaque jour, les plateformes piétinent le droit à
la vie privée, le droit à la santé, le droit à la protection contre la
pédocriminalité et toute forme de violence, et même le droit à une information
fiable et adaptée à l’âge ?
Il ne s’agit pas d’un débat idéologique, mais d’un choix de société.
Acceptons-nous que des entreprises privées façonnent les comportements, les
émotions et les trajectoires de nos enfants sans contrôle démocratique
réel ?
Le combat que je vous propose de partager et de mener avec nous est aussi celui
des esprits libres. Les algorithmes nous volent notre temps, mais ils nous
volent aussi notre liberté. Vous ne choisissez pas ce que vous voyez, ce qui
vous fait rire, ce qui vous indigne : c’est la plateforme qui le choisit
pour vous.
D’un côté, il y a les enfants, les adolescents, les parents, qui négocient,
résistent, culpabilisent parfois, pour tenter de préserver un équilibre. De
l’autre, il y a des milliards de dollars, des neuroscientifiques, des
intelligences artificielles conçues pour exploiter nos vulnérabilités
cognitives. Et nous devrions accepter ce rapport de force ? Accepter qu’un
système soit conçu pour nous dépasser ? Est-ce cela, la vie que nous
voulons pour nos enfants ?
Les données scientifiques sont désormais claires. Après le rapport Enfants
et écrans de la commission présidée par Servane Mouton et Amine Benyamina – dont il faut saluer l’importance du travail –, un autre rapport a
fait l’actualité il y a deux semaines,
celui de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui confirme le lien entre l’usage des réseaux sociaux chez les
adolescents et des symptômes anxiodépressifs, des idées suicidaires, des comportements d’automutilation et des troubles des conduites
alimentaires.
Au-delà des contenus, c’est
aussi le mécanisme même du scroll qui affecte le cerveau : une
vaste étude américaine menée auprès de 6 000 adolescents sur
plusieurs années montre que les jeunes passant une à trois heures par jour sur
les réseaux obtiennent des scores significativement plus faibles en lecture, en
mémoire et en vocabulaire.
Entre 9 et 13 ans, le cerveau est encore en construction ; une
exposition répétée à des contenus rapides et très stimulants perturbe la
concentration, la mémoire et le langage, même à raison d’une heure par jour.
Des études montrent également que l’usage compulsif des applications active
fortement les zones du cerveau liées à la récompense et au regard des autres.
Or, dès 12 ans, ces mécanismes s’installent alors que les capacités de
contrôle, de recul et de maîtrise de soi ne sont pas encore pleinement
développées. Ces plateformes façonnent les esprits avant même que ceux-ci aient
atteint leur pleine capacité critique.
Face à ces constats, le texte que je vous propose constitue une première
pierre. Il s’inscrit dans un combat que la France mène depuis plusieurs
années : le président de la République a inscrit ce sujet à l’ordre du
jour des discussions à l’Unesco en 2018 ; il a ensuite pesé de tout son
poids, avec Clara Chappaz, pour que la réglementation européenne évolue l’été
dernier, ce qui nous permet de nous retrouver ici aujourd’hui.
Je salue aussi le courage de Thierry Breton, commissaire européen, et l’ampleur
titanesque de son travail, qui a permis la naissance d’une réglementation
européenne exigeante, qui doit désormais s’imposer aux plateformes. Madame la
ministre, monsieur le ministre, je salue également votre action, vous qui avez
travaillé sur la protection des jeunes face aux réseaux sociaux dès votre
arrivée au gouvernement.
Enfin, je remercie Gabriel Attal, qui s’est saisi du sujet comme ministre de la
jeunesse, puis comme ministre de l’éducation nationale, et qui a poursuivi le
travail ces derniers mois comme président de notre groupe. Nombre d’entre vous
sont également engagés, en particulier Laurent Marcangeli, qui a ouvert la voie
législative dès 2023.
Je le répète, ce texte est une première pierre, et il en faudra bien d’autres,
en France comme à Bruxelles. J’ai conscience qu’il n’est ni parfait ni
suffisant. C’est toutefois la meilleure arme dont nous puissions disposer en
l’état du droit.
J’entends certains parmi vous affirmer qu’instaurer une limite d’âge
reviendrait à renoncer à réguler. Au contraire : cela revient à
reconnaître lucidement que les réseaux sociaux, tels qu’ils existent, ne
protègent pas leurs utilisateurs. La régulation des contenus, la conception
d’algorithmes moins addictifs : tout cela reste indispensable, et je n’y
vois aucune incompatibilité. Menons ces deux combats simultanément.
On soutient également que l’interdiction ne sera jamais pleinement respectée.
Sans doute certains adolescents de moins de 15 ans réussiront-ils à
contourner les systèmes de vérification d’âge. Mais est-ce une raison pour
renoncer ? Avec cette proposition de loi, nous posons une limite claire et
disons une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin.
Cela renforcera la vigilance des parents et, j’en suis sûre, certains jeunes
seront même soulagés de se voir offrir une justification officielle pour
résister à la pression sociale de l’hyperconnexion.
Mais l’idée n’est évidemment pas de se reposer naïvement sur une communauté de
bonnes volontés. Des sanctions sont prévues, puisque le texte que nous
proposons s’inscrit pleinement dans le cadre d’application du règlement sur les
services numériques ou Digital Services Act (DSA). Cette proposition de
loi permettra de mettre en œuvre l’ensemble des mesures prévues par le DSA pour
réguler les contenus illicites, sous la supervision de l’Autorité de régulation
de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) et de la Commission
européenne. Les plateformes qui ne respecteront pas l’interdiction d’accès aux
mineurs de moins de 15 ans seront passibles de sanctions pouvant s’élever
jusqu’à 6 % de leur chiffre d’affaires. L’objectif est atteint.
Certains regrettent que nous n’imposions pas davantage d’obligations en droit
national. Je partage évidemment cette frustration, mais le droit européen est
clair : le DSA est un règlement d’harmonisation maximale. Le Conseil
d’État – saisi de la présente proposition de loi
par la présidente de l’Assemblée nationale – et la Commission européenne sont formels : il n’est pas possible d’aller plus loin que ce que nous vous proposons ; toute disposition
imposant aux plateformes de nouvelles obligations serait contraire au droit de
l’Union européenne.
Alors que d’autres États membres veulent avancer et nous observent, aller
au-delà serait donc à la fois juridiquement fragile et politiquement contre-productif.
Dans le débat qui s’annonce, beaucoup d’entre vous évoqueront la nécessité
d’éduquer, de sensibiliser. Je les rejoins sur cette nécessité – elle fait d’ailleurs l’unanimité sur nos bancs.
À l’origine, la proposition
de loi comportait des dispositions de cette nature. La commission a décidé de les supprimer : une politique de prévention ambitieuse ne se
construit pas au détour de deux articles d’une proposition de loi. Ces
questions méritent un texte cohérent, entièrement consacré à cet objectif.
Plusieurs propositions de loi sont d’ailleurs en cours de navette. Je ne
souhaite donc pas entrer dans une logique de concurrence avec ces textes, dont
certaines dispositions sont très proches de celles de la proposition initiale.
Quant à ceux d’entre vous qui estiment que l’éducation seule suffirait, il me
semble que cette conviction repose sur une vision très angélique de la réalité.
Les études convergent désormais pour dire que les réseaux sociaux induisent,
par conception, des comportements de type addictif.
La responsabilité publique n’est pas d’apprendre à l’enfant à s’y adapter, mais
de le protéger. Nous n’apprenons pas à un enfant à gérer une substance
addictive : nous la régulons, nous la limitons ; parfois même, nous
l’interdisons. Faire peser sur les familles et sur les enfants seuls la
responsabilité de résister à des systèmes conçus pour vaincre leur attention
est non seulement illusoire, mais profondément injuste.
Enfin, le texte que nous vous proposons prévoit d’étendre au lycée
l’interdiction de l’utilisation du téléphone mobile. Quel que soit le niveau,
le temps de l’école est celui de l’apprentissage, pas celui du téléphone. Au
lycée aussi, les notifications, les messages, les réseaux sociaux fragmentent
l’attention, nuisent à la concentration et détériorent le climat scolaire.
Penser que les lycéens seraient spontanément protégés de ces effets relève
désormais de l’illusion.
Cette mesure s’inscrit dans une logique de numérique raisonné. Elle réaffirme
que l’école est un espace à part, un lieu d’émancipation intellectuelle, de
relations humaines, de construction de soi, et non le prolongement des
plateformes. Des dérogations resteront possibles lorsque cela sera nécessaire,
mais la règle doit être claire.
Ce texte ne prétend pas tout régler, mais il assume une responsabilité. En
l’adoptant, la France fera un choix clair : celui de placer la protection
de l’enfance au-dessus des intérêts économiques ; celui d’affirmer que la
liberté n’existe pas sans limites lorsque les plus vulnérables sont concernés.
Au sein de l’Union européenne, nous serons les premiers à inscrire dans la loi,
de manière aussi claire et assumée, une telle limite d’âge, non pour donner des
leçons, mais pour ouvrir une voie. Ce que nous voterons dépassera largement nos
frontières. D’autres pays observent, attendent, hésitent encore ; à nous
de montrer que l’on peut agir efficacement dans le cadre européen.
Ce texte n’est ni de droite, ni de gauche : il est du côté des enfants,
des parents, des éducateurs ; il est du côté de la responsabilité. Je vous
invite donc, au-delà de nos sensibilités politiques, à le voter ensemble.
Marie-Pierre Rixain (députée)
> Notre pays traverse une phase de transformation
marquée par la transition numérique, le déploiement de l’intelligence
artificielle et les impératifs de réindustrialisation. À ce titre, les
mathématiques sont essentielles à la cybersécurité, au développement et à
l’exploitation de l’intelligence artificielle, aux technologies de détection et
de communication. Ainsi, une étude du CNRS – Centre national de la
recherche scientifique – estime que les activités mobilisant des compétences mathématiques contribuent à hauteur d’environ 380 milliards d’euros par an
à notre économie, soit près de 18 % de notre PIB national.
Dans ce contexte, la compétitivité, la souveraineté et l’économie françaises
reposent plus que jamais sur la capacité du pays à former, à attirer et à
retenir des talents scientifiques et technologiques. Dans cette perspective,
les femmes, qui représentent plus de la moitié de la population française, ne
peuvent rester à l’écart de ces transformations majeures. Or, comme vous le savez,
selon l’Insee, elles ne constituent qu’environ 26 % des effectifs
travaillant dans le secteur du numérique en France, et 29 % des effectifs
dans les filières de mathématiques à l’université.
Pour répondre à ces constats, la loi du 24 décembre 2021 a instauré
plusieurs dispositifs visant à renforcer l’égalité entre les femmes et les
hommes dans l’enseignement supérieur : la parité dans les jurys
d’admission, la prise en compte de l’égalité femmes-hommes dans les procédures
d’accréditation des écoles d’ingénieurs, et enfin la création d’un baromètre
précis de l’égalité femmes-hommes dont les modalités et les seize critères ont
été précisés par les décrets d’application du 29 décembre 2023.
À ce jour, ces mesures semblent encore insuffisamment mises en œuvre par les
établissements concernés.
● MoDem
Erwan Balanant (député)
> [Protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des
réseaux sociaux / Intervention à l’Assemblée] L’enfance est le temps de
la construction, de la découverte de soi, des autres et du monde. C’est l’âge
de l’apprentissage, de l’émerveillement et d’une imagination sans limite.
Nous demandons toujours plus à nos enfants : d’être responsables, de se
canaliser, de se conformer, parfois même de devenir adultes avant l’heure. Trop
souvent, nous finissons aussi par les exclure. La multiplication des lieux dits
« calmes » ou « sans enfant » en est un symptôme révélateur
et inquiétant.
Pourtant, dans le même temps, nous acceptons que les enfants passent, en
moyenne, quatre heures par jour devant un écran – quatre heures quotidiennes durant lesquelles ils sont exposés à des contenus violents, addictifs et anxiogènes. Si les effets délétères de ces
contenus sur la santé mentale
sont désormais établis, leur usage excessif et la dépendance qu’ils engendrent sont également
nocifs pour la santé physique.
Ils appauvrissent les interactions sociales et éteignent progressivement l’imaginaire de nos enfants.
J’ai défendu une loi sur le harcèlement scolaire, avec force et conviction. Je
constate aujourd’hui avec tristesse que les trop maigres avancées qu’elle avait
rendues possibles sont balayées par la violence des réseaux sociaux.
J’ai alors une pensée pour les victimes et les familles endeuillées, et je ne
veux pas que cette pensée se transforme en culpabilité parce que nous n’aurions
pas suffisamment agi. Si nous voulons protéger nos enfants de la brutalité et
préserver leur temps d’apprentissage et de développement personnel, il est
urgent d’assainir l’environnement numérique et de renforcer la prévention aux
violences liées aux usages du numérique.
Cette proposition de loi apporte les premières réponses nécessaires ;
madame la rapporteure, nous vous en remercions. Ce texte instaure donc une
interdiction fondamentale d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins
de 15 ans. Au regard des effets délétères avérés des réseaux sociaux sur
nos enfants, cette mesure, symbolique, ne pourrait cependant pas être la seule
réponse, vous le savez.
À 15 ans, les dangers du numérique ne disparaissent pas. À 15 ans, un
adolescent n’est ni pleinement autonome ni réellement indépendant.
Ce seuil ne doit pas créer l’illusion d’une nouvelle majorité ou d’une
capacité de discernement suffisante. En clair, je refuse l’idée que l’on parle
de majorité numérique à 15 ans, car la majorité est fixée à 18 ans
précisément pour rappeler qu’avant cet âge, les mineurs, vulnérables, sont
placés sous la responsabilité de leurs parents.
À cet égard, je suis convaincu que faire peser l’essentiel de la responsabilité
sur les enfants en restreignant uniquement leur usage des outils numériques ne
saurait constituer une réponse durable. Nous partageons tous ici ce constat.
Les enfants sont les premières victimes des violences et des dérives du
numérique. Dès lors, ne devrions-nous pas plutôt sensibiliser les parents et
faire porter la responsabilité sur les plateformes à l’origine de la
prolifération des contenus violents, ou encore sur les fournisseurs de
téléphone ?
En effet, la responsabilisation accrue des plateformes et des fournisseurs de
matériels électroniques est une condition indispensable à l’assainissement de
l’environnement numérique. Ils doivent devenir des acteurs à part entière dans
la prévention et la sensibilisation aux effets nocifs auxquels ils exposent les
usagers. Nous ne pouvons protéger durablement les mineurs des réseaux sociaux
sans prendre à bras-le-corps la responsabilité des plateformes dans la
diffusion de contenus nocifs.
Nous devons donc mettre en œuvre cette triple responsabilité – celle des parents, celle des
fabricants de portables et celle des plateformes. Si les fabricants et les
plateformes n’assument pas leurs responsabilités, j’ai la conviction que nous
devrons aller plus loin et que les entreprises du numérique devront se voir
appliquer le principe de pollueur-payeur, en assumant les dommages qu’elles
créent à l’espace public numérique et à notre société.
Cette proposition de loi illustre l’urgence de protéger nos enfants face aux
géants du numérique. Mais l’enjeu dépasse largement ce texte. Face à la
dégradation de la santé mentale, au développement exponentiel de l’intelligence
artificielle et à la prolifération de fausses informations et de contenus
violents, à quelle société aspirons-nous ?
Ne soyons pas naïfs : au-delà de nos enfants, ces plateformes visent aussi
nos valeurs et notre modèle européen. Sensibiliser aux pratiques n’est pas un
simple ajustement technique. C’est un enjeu civilisationnel, puisque les
enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain.
> Ce qui est inquiétant, c’est ce qui se passe aux États-Unis, normalement une grande démocratie.
> Je pense qu’il faut rappeler que dans nos grandes démocraties, il y a un État de droit qui passe par un certain nombre de règles, en particulier lorsque l’on fait usage de la force.
> C’est un Budget nécessaire, notre pays ne peut pas fonctionner sans budget. Il n’est pas parfait, il aurait certainement pu être améliorer, mais il faut avancer.
> Je crois que tout le groupe Les démocrates rappelle notre responsabilité de faire tourner le pays mais aussi de penser aux générations futures. Continuer à creuser de la dette ce n’est plus possible, et un jour on va le payer.
> Je ne pense pas que le Premier ministre ait fait un passage en force, on n’a jamais autant discuté d’un budget.
> Les plateformes en particulier doivent prendre leur
responsabilité, elles mettent en danger nos enfants. Il faudra, d’une manière
ou d’une autre, qu’elles soient mises devant leur responsabilité. (…)
Les plateformes sont issues du continent américain ou chinois et ces gens-là ne
nous veulent pas que du bien. (…)
À partir du moment où tout le monde fait le constat que ces plateformes sont
dangereuses pour nos enfants, on ne peut pas rester sans rien faire.
> Nos enfants restent mineurs jusqu’à 18 ans : nous devons continuer de les accompagner au-delà.
Bruno Fuchs (député)
> Beaucoup de personnes sont déstabilisées, certaines écoeurées par
le spectacle donné à l'Assemblée, notamment le spectacle des Insoumis qui
cherchent à bordéliser l'Assemblée. Ça, ça passe très très mal. Une partie des
gens me disent: je n'irai plus voter. Et je peux les comprendre, quand on voit
le spectacle, le comportement dans l'hémicycle. On parle au mieux de salle de
classe, de salle de maternelle. Ce n'est pas digne de ce qu'on attend du niveau
d'un débat parlementaire.
> À un moment les citoyens ont besoin de stabilité, un peu de vision et que nous on passe à autre chose. Il y a tellement de sujets sur lesquels on est attendu pour légiférer ou pour faire évoluer positivement la vie de nos concitoyens.
> Dans tous les scenarii qu'on avait imaginés depuis la fin de la guerre mondiale, on n'avait pas imaginé ce revirement total d'alliance. Dans aucun scenario, on ne devenait des ennemis directs des Etats-Unis. C'est un scenario dans lequel on doit maintenant se projeter et se plonger, et donc réagir très vite. A 27, c'est plus difficile. Mais on a vu, à Davos notamment, que lorsqu'on est unis et qu'on réagit fortement, on est capables de faire valoir notre point de vue.
> On n'a aucune marge de manœuvre budgétaire s'il y a une crise politique majeure, une crise environnementale majeure, une crise sociale majeure, une crise militaire importante. On a zéro matelas, zéro réserve. Et ça c'est un risque. On est à la merci d'aléas.
> Toutes les tentatives de révolte ou de révolution par le peuple iranien ont été matées dans le sang et là de façon absolument barbare par les autorités iraniennes.
● Parti radical
> En ce 27 janvier, le Parti
radical s'incline devant la
mémoire des victimes de la Shoah. En cette Journée internationale dédiée à leur
souvenir, nous réaffirmons notre engagement absolu : le devoir de mémoire est une exigence citoyenne.
La mémoire ne suffit pas si elle ne s'accompagne pas d'action. Face à la
résurgence inquiétante de l'antisémitisme et du racisme sous toutes ses formes,
la République ne doit rien céder. Le «Plus jamais ça» doit être un combat
quotidien, pas un simple slogan.
Éduquer, transmettre, sanctionner la haine. En tant qu'humanistes, nous portons
ce flambeau. Honorons les disparus en protégeant les vivants et en défendant
nos valeurs de fraternité. Nous n'oublions pas.
> Face au cybersexisme, le Parti radical demande une
réponse politique ferme
En cette journée nationale contre le sexisme, le Haut Conseil de l’Égalité
entre les femmes et les hommes (HCE) dresse un constat de gravité. Loin de
reculer, le sexisme mute, s’adapte et s’intensifie, trouvant désormais dans
l’espace numérique un terrain de violence extrêmement nocif.
Le constat du HCE est sans appel : le numérique est devenu le nouveau terrain
de chasse des prédateurs de l’égalité. Le dernier rapport du Haut Conseil à
l’Égalité tire la sonnette d’alarme : le cybersexisme est désormais identifié
comme la première forme de discours de haine en ligne, et 84 % de ses victimes
sont des femmes.
« Ce chiffre glaçant n’est pas qu’une statistique : il raconte le
quotidien de milliers de femmes, harcelées, menacées et réduites au silence
dans l’espace numérique. Quand 84 % des victimes de haine en ligne sont des
femmes, on ne peut plus parler de dérives individuelles, mais d’un système à
combattre » précise Catherine Michaud, conseillère régionale déléguée
d’Ile-de-France, conseillère spéciale égalité femmes-hommes, laïcité, lutte
contre les discriminations.
Pour le Parti radical, ce fléau appelle une réponse politique ferme, fidèle à
nos valeurs humanistes :
- Mettre fin à l’impunité numérique : Internet ne doit pas être une zone de
non-droit. Nous demandons une régulation drastique des plateformes et une
accélération des procédures judiciaires. La haine derrière un écran est une
violence réelle.
- L’Éducation au numérique et au respect : C’est à l’école de la république
d’armer nos enfants contre ces dérives. Il est urgent de renforcer les modules
d’éducation à la vie affective et sexuelle, en y intégrant spécifiquement la
lutte contre les stéréotypes masculinistes qui prolifèrent sur les réseaux
sociaux.
- Protéger la démocratie : Le cybersexisme est une stratégie politique visant à
exclure les femmes du débat public. En les attaquant, c’est la mixité de notre
société et l’universalisme républicain que l’on vise.
« La République doit protéger ses citoyennes, partout, tout le temps, y
compris sur leurs écrans. Le 25 janvier, le Parti Radical sera aux côtés de
celles et ceux qui combattent le sexisme pour bâtir une société de respect et
de liberté », conclut la sénatrice Nathalie Delattre, présidente du Parti radical.
> Le Parti Radical appelle à une large concertation sur
l’avenir de notre système éducatif
À l’appel de l’UNESCO qui nous invite à impliquer la jeunesse dans la
co-construction de l’éducation, le Parti radical appelle à compléter la
réflexion entamée avec la convention
citoyenne sur les temps de l’enfant par une large concertation en
direction de la jeunesse sur les finalités et les modalités de l’enseignement
et de l’apprentissage à l’heure de transformations radicales induites par la
révolution technologique en cours.
Pour Pierre Anselmo, chef d’établissement honoraire et vice-président du
laboratoire d’idées du Parti radical : « C’est bien parce que nous
aurons une vision partagée de l’avenir de notre système éducatif que nous
pourrons le sortir du marasme dans lequel il se trouve. »
« Le redressement de notre système éducatif est tout aussi impérieux que
le redressement de nos finances publiques. Le Parti Radical y prendra toute sa
place. » conclut Nathalie Delattre, présidente du Parti radical.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Nous devons interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Un
consensus s’opère en France et en Europe. Nous devons aider les parents : ils
n’ont pas à être responsables des pratiques déviantes et abusives des
plateformes.
> On a vu la semaine dernière le sursaut européen contre Donald Trump. L’enseignement qu’il faut en tirer après un an c’est que l’apaisement ne fonctionne pas. Il faut jouer le rapport de force, il faut dire non comme Emmanuel Macron l’a fait.
> Donald Trump déteste la démocratie. Il est en train de l’abattre aux États-Unis et il veut l’abattre aussi en Europe avec ses relais d’extrême droite.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Européens,
encore un effort !]
Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
Maintenant que nous avons, nous les Européens, fait reculer Donald Trump sur la
question du Groënland, maintenant qu’en y envoyant des hommes pour signifier
que nous étions prêts à défendre son indépendance, nous avons fait voir que
l’Europe avait un poids à la seule condition de le vouloir, comment
transformons-nous l’essai et faisons-nous de notre unité une Union politique ?
L’erreur à ne pas commettre serait
d’ouvrir un débat sur de nouveaux traités. Ce serait immédiatement rouvrir nos
guerres de religion sur l’Europe fédérale et l’Europe des nations et échouer au
bout du compte car, quel que soit le texte proposé, il serait rejeté par les
électeurs de plus d’un des 27 Etats membres.
Il nous faut agir et non pas parler et la
première chose à faire serait d’organiser, comme vient d’y appeler le Premier
ministre canadien, Mark Carney, un réseau de puissances moyennes refusant de se
laisser vassaliser par la Chine ou les Etats-Unis. Nous devons savoir
développer nos relations avec l’Amérique latine, l’Inde et l’Afrique et créer
ainsi le rapport de forces nous permettant de contrer tout diktat de Washington
ou Pékin.
Il nous faut parallèlement rapprocher au
sein d’une « Entente démocratique » celles des puissances moyennes décidées à
respecter et défendre l’Etat de droit, le droit international et les droits de
l’homme. A l’initiative de la France et de la Grande-Bretagne, plusieurs de ces
démocraties se sont déjà rassemblées, en soutien à l’Ukraine et autour de
l’Union, dans la Coalition of Willing qui constitue ainsi une première ébauche
de cette Entente à créer.
Il nous faut, en troisième lieu, intégrer
à ce front démocratique à venir l’ensemble des pays candidats à l’Union et cela
avant même que leurs négociations d’adhésion n’aient abouti.
Sans plus attendre, il faut nous doter,
en quatrième lieu, d’une presse audiovisuelle et digitale, « La Voix de
l’Europe », affirmant les valeurs fondamentales de la démocratie et la sérénité
des débats contre la fureur des démagogies. Les moyens et les compétences
existent dans plusieurs des Etats membres. Il suffit de les réunir.
Sans qu’il soit immédiatement besoin de
nouveaux traités, il nous faut tendre, cinquièmement, à renommer les
institutions européennes de manière à ce que leurs appellations fassent enfin
percevoir ce qu’elles sont. Le Conseil européen est la Chambre des Etats
représentés par leurs présidents ou premiers ministres. Constitué de députés
élus dans chacun des 27 Etats membres, le Parlement est la Chambre de l’Union.
« Chambre des Etats » et « Chambre de l’Union », donnons-leur ces noms avant
même que les textes ne le fassent.
Parce que la démocratie ne peut pas
survivre si l’argent, les algorithmes et la désinformation remplacent les
idées, il nous faut, sixièmement, plafonner les dépenses électorales, appliquer
les mêmes règles et interdits aux réseaux digitaux qu’à la presse, limiter la
concentration des media et pérenniser l’existence d’audiovisuels publics,
politiquement neutres et de haut niveau culturel.
Parce qu’il n’y a pas de démocratie sans
justice et cohésion sociales, l’Union doit affirmer, en septième lieu, sa
fidélité aux traités qui la définissent comme une « économie sociale de marché
» qui respecte donc les obligations de l’équité, du long terme et de la
protection de l’environnement.
Parce qu’elle ne sera pas souveraine sans
géants industriels à même de faire face à ceux de la Chine et des Etats-Unis,
l’Union doit, huitièmement, cesser de s’affaiblir elle-même en contrant
l’investissement public et les concentrations industrielles.
L’Union doit, neuvièmement, se donner les
moyens de devenir une puissance militaire et le premier centre d’innovation
mondial en investissant et créant de véritables campus européens liant
recherche, défense et industrie dans une stratégie commune.
Ces neuf propositions sont largement
consensuelles. Leur mise en œuvre ne requiert pas de nouveaux traités.
Elles ne demandent qu’une volonté
politique, celle dont nous avons fait preuve en repoussant, l’été dernier, le
plan russo-américain de reddition de l’Ukraine et en contraignant, la semaine
dernière, Donald Trump à battre en retraite au Groënland. Alors, Européens,
encore un effort!
Pascal Canfin (député)
> Vote de l’interdiction des
réseaux sociaux aux moins de 15 ans à l’Assemblee nationale : une 1ere étape
importante pour protéger la santé mentale des plus jeunes face aux écrans et
aux pratiques addictives des plateformes en ligne.
La France est le 1er pays européen à agir en ce sens.
C’est à la fois un enjeu de santé publique pour nos enfants et de souveraineté
face à des réseaux sociaux algorithmiques qui menacent nos démocraties.
C’est aussi un engagement fort que nous portons au Parlement européen avec la
délégation l’Europe ensemble et Renew Europe pour renforcer la responsabilité
des plateformes à l’échelle européenne.
C’est le sens du rapport que nous avons fait adopter en novembre dernier.
L’enjeu est désormais de rendre cette interdiction pleinement et rapidement
opérationnelle !
> S’électrifier
pour gagner en sécurité, en souveraineté et en compétitivité
Commençons par les bonnes
nouvelles ! Selon le dernier rapport du think tank Ember, pour la première
fois en 2025, l’Europe a produit plus d’électricité grâce au solaire et à
l’éolien (30%) que via les énergies fossiles (29%) ! Si l’on tient compte
de tous les moyens de production renouvelable (bioénergie, hydroélectricité),
c’est quasiment la moitié de l’électricité européenne - 48% - qui est
renouvelable. Si on ajoute à cela la production nucléaire (23%), c’est donc 71%
de notre électricité qui est décarbonée ! Autre record : La production
d’électricité à partir de charbon est au plus bas niveau de son histoire -
seulement 9,2% de l’électricité européenne a été produite à partir de
charbon !
Mais notre dépendance au gaz reste notre
plus grande vulnérabilité. L’Europe s’expose au chantage énergétique et à un
risque de volatilité des prix qui affaiblit sa compétitivité.
Notre dépendance énergétique est un
risque pour la sécurité européenne
A la tribune de Davos, Fatih Birol,
Directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, a appelé à ériger
la sécurité énergétique au rang de priorité nationale, européenne dans notre
cas. Les dernières années ont montré que réduire notre dépendance
énergétique est dorénavant un impératif pour notre sécurité !
Depuis les années 2000, la dépendance
énergétique européenne s’est accrue, notamment en raison de l’épuisement
progressif des gisements de la mer du Nord. L’Europe s’est d’abord tournée vers
la Russie pour son approvisionnement en gaz. En 2021, la Russie représentait
44% des importations de gaz en Europe. La guerre en Ukraine a fait apparaitre
au grand jour la vulnérabilité européenne et nous l’avons payé cher avec la
vague d’inflation en 2022-2024. L’Europe a maintenant décidé de mettre
complètement fin aux importations de gaz russe d’ici 2027 et c’est une bonne
nouvelle !
Mais nous sommes en train de remplacer ce
gaz russe par une autre dépendance au GNL américain. Depuis 2021, les
importations de GNL américain ont été multiplié par 4 ! Aujourd’hui, les
Etats-Unis représentent autour de 27% du volume total de gaz importé en Europe.
Ils sont en forte croissance et pourraient atteindre 40% du volume consommé
dans l’UE à horizon 2030 selon l’Institute for Energy Economics and Financial
Analysis (IEEFA) ! La question de la fiabilité de nos partenaires énergétiques internationaux
ne s’est jamais autant posée que ces derniers jours. Plus personne ne peut
croire que se reposer sur les Etats-Unis de Trump pour une grande partie de
notre approvisionnement énergétique est une solution raisonnable pour garantir
notre sécurité énergétique !
L’Europe doit reprendre le contrôle de
son accès à l’énergie. La bonne nouvelle c’est que cela est tout à fait
possible. La trajectoire de décarbonation que nous nous sommes fixée - réduire
à 90% nos émissions d’ici à 2040 - pourrait nous permettre de dépendre
uniquement de gaz norvégien et britannique à cet horizon. Cela requiert
d’électrifier massivement notre économie et de ne rien lâcher sur ce cap
stratégique !
S’électrifier est un pari gagnant pour la
compétitivité européenne
Notre dépendance au gaz importé à un
prix. Un prix qui affaiblit la compétitivité de nos industries européennes. En
2024, la part du gaz dans la production d’électricité a augmenté, notamment en
raison de la baisse de la production domestique d’hydroélectricité s’expliquant
par des précipitations inférieures à celles de 2024. Cela a conduit à faire
grimper de 16 % la facture des importations de gaz fossile de l’UE et a
entraîné des flambées des prix sur les marchés de l’électricité.
L’électrification peut également
permettre aux industries qui traditionnellement reposent sur des systèmes
énergétiques fossiles de faire des gains de productivité. En effet,
l’électrification réduit les contraintes inhérentes à l’utilisation des énergies
fossiles dans les processus industriels et permet un contrôle plus précis.
Cette possibilité de contrôler plus précisément les processus industriels
permet de développer l’automatisation et la robotisation dans les usines. La
robotisation améliore l’efficacité, la productivité et la flexibilité. Dans un
monde électrique décarboné, être flexible est un atout, et même une source de
revenus.
L’évolution de la Chine comme puissance
manufacturière mondiale peut aussi s’expliquer par l’automatisation de son
industrie. En 2024, 43% des robots industriels étaient installés en Chine selon
l’IFR (International Federation of Robotics) ! Au forum de Davos, le
Vice-Premier ministre chinois, He Lifeng, a fortement insisté sur le fait que
la transition verte est au centre de la stratégie de croissance de la Chine,
liant clairement la décarbonation à l’innovation et au développement des
nouvelles technologies de pointes.
Électrification et modernisation vont
donc pair. S’électrifier est donc urgent si on ne veut pas aggraver notre
retard sur le plan industriel et pour rester dans la course à la maitrise des
chaines de valeur du futur. Ralentir la défossilisation de l’économie
européenne c’est donc prendre le risque d’un déficit structurel de
compétitivité pour les entreprises européennes
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Je salue l’enquête de la Commission sur Grok. Quand la dignité des femmes
et la protection des enfants sont en jeu, l’Europe doit agir vite et fort.
Protéger les enfants n’est pas une option, c’est une obligation. Dès la
découverte d’images d’enfants dénudés, j’ai saisi la VP.
> On avance. Vraiment. L’Assemblée nationale adopte une première mesure décisive : interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Un texte soutenu par le Gouvernement, adopté à 116 voix. Parce que protéger nos enfants n’est pas négociable. Et ne le sera jamais.
> L’enfance mérite une économie qui protège, élève & engage! Au salon Playtime, rencontre enthousiasmante avec ceux qui font un choix : qualité, durabilité, responsabilité au service des familles. Placer l’enfant au cœur de l’économie, c’est un investissement stratégique !

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