lundi 19 juin 2023

Propos centristes. France – Changer de modèle démocratique / Clivage entre responsabilité et irresponsabilité / Désendettement de la France / Défense nationale et européenne / Tech pour toutes / Intelligence artificielle / Le tourisme et le commerce, deux piliers majeurs de l’économie française …

Voici une sélection, ce 19 juin 2023, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

Emmanuel Macron (Président de la République)
> Il y a 400 ans naissait Blaise Pascal, figure majeure de notre culture. Ses Pensées, sa plume, ses calculs ont magnifié l’esprit français, et portent un message universel entre lettres et science, géométrie et finesse, raison et imagination, sur le chemin de la vérité.

 ► Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Elisabeth Borne (Première ministre) 
>
La soutenabilité de notre dette est un impératif, d'autant plus que les taux d'intérêt ont fortement augmenté ces derniers mois.Pour cela, il existe d'autres chemins que l'austérité ou les hausses d'impôts.

> Je suis très heureuse d’être à Viva Tech pour célébrer avec vous l'entreprenariat, l’innovation, mais aussi le talent et l’engagement des femmes.
Mesdames, vous représentez autant de succès, de solutions nouvelles trouvées grâce à des entrepreneuses, grâce à vos idées et à votre travail. Et je suis très fière d'être avec vous car vous en êtes une preuve supplémentaire pour faire face aux défis immenses qui sont devant nous. Nous ne pouvons pas nous priver de la moitié de l'humanité. Nous avons besoin de femmes dans la « tech ». Nous avons besoin de femmes entrepreneuses.
Quand j'étais à l'École polytechnique, nous n'étions que 20 sur 300. Un calcul rapide montre que ça fait moins de 10 %. Aujourd'hui, les choses vont un peu mieux, mais vous faites encore figure d'exception. Moins d'un tiers des diplômés d'un titre d'ingénieur sont des femmes. Dans la « tech », seul 1 salarié sur 5 est une femme, pour l'essentiel à des postes de début de carrière et des inégalités salariales très fortes demeurent. C'est en fait un immense gâchis. Nous sommes le pays de pionnières de l'informatique comme Alice Lecocq et Marion Créhange. Et ma conviction est simple : les bonnes idées n'ont pas de genre. Il n'y a pas de filières masculines ou féminines. Nous avons besoin de l'imagination, des idées, des talents de chacune et de chacun. Et je le dis d'autant plus que nous sommes à un tournant, avec les transitions écologique, énergétique, numérique, les grands défis de demain, demandent des scientifiques, des ingénieurs, des entrepreneurs.
Nous menons un effort sans précédent pour la formation dans les secteurs d'avenir, notamment le numérique. Avec France 2030, nous lançons aujourd'hui 9 nouveaux projets de formation ; 71 millions d'euros pour les métiers de l'IA, du quantique, de la cybersécurité ou encore de la sobriété numérique. Et d'ici à 2030, 600 000 personnes seront formées. Il n'y a aucune raison qu'il n'y ait pas la moitié de femmes parmi elles. Mais pour ça, nous agissons, dès le collège et le lycée, pour attirer nos jeunes et notamment nos jeunes filles, vers les métiers scientifiques, en généralisant la découverte des métiers au collège dès l'année prochaine, enfin : dès la rentrée prochaine, avec le programme lancé par le ministre Pap Ndiaye qui va permettre à une ou un scientifique de venir présenter son métier, sa passion et sa vocation aux élèves de classes de seconde.
Et surtout, je vous confirme aujourd'hui le lancement du programme « Tech pour toutes » que j'avais annoncé le 8 mars.
Donc, « Tech pour toutes » permettra d’accompagner 10 000 jeunes femmes chaque année dans leur formation au métier du numérique. Notre but, c'est que les femmes choisissent le numérique, qu'elles réussissent et qu'elles accèdent à un emploi. Pour cela, « Tech pour toutes », ça sera du mentorat. Je pense que c'est important parce qu'on voit bien que ça n'est pas naturel que les femmes s'orientent vers la « tech ». Celles qui y sont déjà peuvent leur tendre la main, les aider, leur donner confiance. Ça sera aussi un accompagnement individuel, des formations, un réseau d'entraide et puis bien sûr, si nécessaire, des aides matérielles et financières. L'argent ne doit pas être un frein aux talents.
Le programme sera piloté par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et par la ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes. Son animation sera confiée à la Fondation INRIA, dont je veux saluer l'implication pour l'égalité entre les femmes et les hommes. Et je veux aussi remercier l'association Femmes@numérique, France universités, la Conférence des grandes écoles et la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs pour leur implication dans ce projet. Ensemble, établissements, associations, enseignants, professionnels, nous allons créer un véritable collectif pour porter ces jeunes femmes vers la « tech ».
Mais pour réussir, nous avons besoin de la mobilisation de toutes les entreprises et je veux donc leur lancer un appel aujourd'hui. Alors bien sûr, l'État prend toute sa part. Il y a eu des avancées, on en parlait tout à l'heure, notamment l'allongement du congé paternité ou bien encore les objectifs de mixité dans les investissements de BPI France. Bien sûr, la French Tech s'engage et je veux saluer les bons résultats du pacte parité French Tech.
Mais nous ne réussirons pas sans les entreprises pour du mentorat, des stages, de l'apprentissage, du mécénat. Nous comptons donc sur vous pour le succès de « Tech pour toutes ». Nous comptons sur votre engagement pour l'égalité femme-homme dans la « tech ».

 

Bruno Le Maire (ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et Numérique)
> L'intelligence artificielle générative sera la révolution économique et intellectuelle majeure du XXIème siècle. La France doit rester à la pointe dans ce domaine et nous disposons pour cela d'atouts majeurs : des universitaires parmi les plus reconnus au monde, de grands groupes industriels, des startups très prometteuses. Le but de ces mesures est d'aller plus vite et plus loin, pour améliorer la formation de nos ingénieurs, augmenter les capacités de calcul mises au service de nos startups et le soutien économique aux pépites donc nous disposons.
> [Opinion: Accélérer le désendettement de la France ]
En 2017 et 2018, avec la majorité, nous avons relevé un défi essentiel : le rétablissement des finances publiques. Nous sommes revenus sous les 3% et sortis de la procédure pour déficit excessif, en prenant des décisions courageuses.
Ces décisions, nous devons les prendre à nouveau. Nous sortons des temps exceptionnels. Nous devons revenir à la normale en matière de dépenses publiques. 
Alors oui, nous devons être fier d’avoir protégé nos entreprises et nos salariés face aux conséquences de la plus grave crise économique depuis 1929 : cela était juste, cela était nécessaire.
Oui, nous devons être fier d’avoir protégé nos compatriotes face à la plus grave crise énergétique depuis le choc pétrolier de 1973 : cela était juste, cela était nécessaire.
Et cela a été efficace : face à deux crises deux fois plus violentes que la crise financière de 2008-2010, nous avons préservé l’activité, continué à réduire le chômage, évité le décrochage économique qui aurait été encore plus couteux pour nos finances publiques.
Mais qui comprendrait que nous continuions à dépenser autant alors que ces deux grandes crises sont derrière nous ?
Ne transformons pas une exception en habitude.
Notre devoir collectif est désormais de protéger notre nation contre le risque de la dette : cela est tout aussi juste, cela est tout aussi nécessaire.
Vous pouvez donc compter sur ma détermination totale, sur la détermination de la Première ministre et de la majorité pour mettre en œuvre les orientations fixées par le Président de la République : accélérer le désendettement de la France.
Pourquoi ?
Il en va du respect de nos engagements auprès de nos électeurs.
Il en va de notre crédibilité auprès de nos partenaires européens, qui tous, sans exception, quelle que soit la couleur politique de leur gouvernement, se sont engagés dans cette voie du rétablissement des finances publiques.
Il en va surtout de l’avenir de notre nation.
Derrière la question des finances publiques, qui a toujours secoué notre histoire, se pose en effet une question plus fondamentale : qui voulons-nous être comme nation ?
Voulons-nous être les champions de la dette, des déficits et des impôts, ou bien les champions des innovations, des investissements industriels et de la transition écologique ?
Voulons-nous être une nation qui emprunte et qui importe ou une nation qui crée des richesses et qui exporte ? Une nation de redistribution ou une nation de production ?
Avec le Président de la République, avec la Première ministre, avec la toute majorité, notre choix est fait.
Nous voulons rester une nation de production agricole, industrielle, manufacturière, qui innove, qui exporte, qui crée des richesses avant de les redistribuer. Nous voulons tout simplement tenir notre rang au 21e siècle.
Il faut penser d’abord aux moyens de créer de la richesse, plutôt qu’aux moyens de collecter toujours plus d’impôts.
1. Le défi est élevé.
Surtout dans un temps de ralentissement économique, qui a provoqué la récession chez beaucoup de nos partenaires économiques, Allemagne en tête.
Mais il est à la mesure de notre ambition nationale et de nos capacités. Nous avons su faire des économies sur les emplois aidés, tout en faisant baisser le chômage. Nous avons réduit les soutiens aux CCI tout en continuant à aider les entreprises. Nous avons supprimé plus de 3500 emplois à la direction générale des finances publiques, avec la suppression de la taxe d’habitation, de la redevance télé, tout en améliorant le prélèvement des impôts avec le prélèvement à la source.
Pour relever ce défi, nous avons besoin d’une stratégie. La nôtre tient en trois mots : croissance, travail, économies.
Croissance, parce que nous voulons continuer à innover et à investir dans les technologies de demain, de la décarbonation à l’intelligence artificielle.
Travail, parce que la valeur du travail est la clef de voûte de notre politique économique et que plus de travail – grâce à France Travail, à la réforme de l’assurance chômage, à la réforme des retraits – reste la solution la plus efficace et la plus rapide pour désendetter la France.
Économies enfin, car il reste des gisements de dépenses inefficaces partout dans la dépense publique.
Nous avons aussi besoin d’une méthode claire, qui tient en trois mots : anticiper, dialoguer, tenir.
A. Anticiper
Pour la première fois depuis plusieurs années, nous avons ouvert les discussions sur la dépense publique dès le mois de septembre 2022.
Avec la Première ministre, nous avons également engagé des revues de dépenses publiques, qui deviendront la règle chaque année. Chaque année, nous passerons au crible avec les acteurs concernés une vingtaine de dépenses publiques, pour mesurer leur efficacité et leur pertinence.
Les dépenses utiles et efficaces, nous proposerons de les garder, voire de les augmenter pour la transition écologique, qui est une urgence absolue.
Les dépenses inutiles, qui ne donnent pas les résultats attendus ou qui sont contradictoires avec nos objectifs climatiques, nous proposerons de les supprimer progressivement.
B. Dialoguer
Depuis six mois, nous avons ouvert les discussions avec les collectivités locales, les administrations, les membres du Gouvernement, la majorité et les oppositions, les fédérations professionnelles, les partenaires sociaux.
Cette méthode de dialogue doit être gravée dans le marbre. Car la réduction de la dette n’est pas l’affaire du ministre des Finances. Elle est l’affaire de tous. Chacun doit se sentir concerné. Elle doit devenir une priorité nationale collective, sous le contrôle du
Parlement qui notamment avec le printemps de l’évaluation joue désormais un rôle décisif dans ce domaine.
Sortons des postures.
Que toutes les forces politiques qui croient dans le désendettement accéléré de la France cessent de proclamer leur attachement à des comptes publics bien tenus, en proposant toujours plus de dépenses supplémentaires, dans tous les domaines. Arrêtons de faire croire que le meilleur contrôle des dépenses de l’aide médicale d’Etat ou la lutte contre la fraude fiscale suffiront à équilibrer nos comptes : c’est faux. Et surtout, ce n’est pas à la hauteur des enjeux actuels.
Vous connaissez la sentence de Tite-Live : « Nous ne supportons ni nos vices, ni leurs remèdes. » Ce que nous pourrions traduire en matière de dette : « Nous ne supportons ni la dette, ni les solutions du désendettement. »
Déjouons Tite-Live.
Engageons-nous dans une approche globale, qui regarde avec lucidité toutes les dépenses de toute la sphère publique : les dépenses sociales en priorité, car elles représentent 50% de la dépense publique totale, les dépenses de l’Etat, qui en représentent 30%, et les dépenses des collectivités locales, qui en représentent 20%.
À ce titre, je remercie les collectivités locales qui sont présentes ce matin.
Je tends à nouveau la main à celles qui sont absentes. Nous devons nous rassembler et non pas nous diviser pour relever ce défi collectif des finances publiques.
C. Tenir
Oui, il faut tenir nos engagements sur le long terme. Car seule la constance donnera des résultats. Seule la constance nous permettra de contourner deux écueils fatals.
La politique de la hache, qui tuerait notre croissance et découragerait les bonnes volontés en taillant à l’aveugle dans les dépenses. Qui peut ignorer que, face à la guerre en Ukraine et au réchauffement climatique, nous devons continuer à investir pour notre défense et pour la transition écologique ? La politique de la hache est une facilité de langage qui ne donne jamais de résultats.
La politique de l’autruche, qui nierait la réalité de la situation de nos finances publiques et les conséquences dramatiques sur le long terme d’un endettement trop élevé. Nous ne proposons ni austérité, ni angélisme : nous proposons la responsabilité.
Regardez notre politique industrielle : si nous ouvrons désormais de nouvelles usines en France, si nous avons créé 90 000 emplois industriels en France, si nous sommes devenus la nation la plus attractive pour les investisseurs étrangers en Europe, cela tient à une chose et à une seule. Avec le Président de la République, nous n’avons jamais dévié de notre ligne économique : baisse des impôts sur le capital, formation, innovation. Nous avons tenu bon contre vents et marée : nous en touchons les dividendes.

2. Avec ces assises, quels sont nos objectifs ?
A. Premier objectif : 2023. Nous devons atteindre les 4,9 % de déficit prévus dans le programme de stabilité
Nous résistons mieux en termes de croissance que nos partenaires européens, mais nous ne pouvons ignorer le ralentissement global en Europe.
Nous avons donc pris trois décisions avec le président de la République et la Première ministre :
- Nous mettrons fin au bouclier énergétique. Le bouclier sur le gaz n’est plus nécessaire, il prendra fin dès ce mois de juin. Celui sur l’électricité prendra fin à la fin 2024 ;
- Nous arrêterons les chèques exceptionnels ;
- Nous annulerons une partie des crédits que nous avons gelés et mis en réserve pour 2023.
B. Deuxième objectif : 2024. Nous devons revenir à 4,4 % de déficit.
C. Troisième objectif : la fin du quinquennat. Nous devons tenir la trajectoire présentée en avril pour revenir à 2,7 % de déficit en 2027 et réduire notre dette de 4 points de PIB.
Pour atteindre ces objectifs, nous avons identifié, notamment avec notre première revue de dépenses publiques, au moins 10 Md€ d’économies.
Nous avons identifié trois axes de travail : la responsabilisation des acteurs en matière de dépenses de soins, les politiques publiques du logement, du travail et des opérateurs de l’État, enfin le verdissement de la fiscalité.
Le premier axe concerne donc la responsabilisation des acteurs en matière de dépense de soins.
Je rappelle que la dépense sociale représente 50 % de la dépenses publique totale, il est donc vain de vouloir freiner la dépense publique sans nous interroger sur la pertinence et la justice de nos politiques sociales.
Le vieillissement de la population et les technologies pointues utilisées dans le domaine médical conduisent mécaniquement à une forte augmentation des dépenses. Nous voulons préserver la qualité des soins en France tout en évitant un dérapage des finances publiques.
Cela nous conduit à proposer deux chantiers :
Sur les arrêts maladie, nous avons eu en 2022 8,8 millions d’arrêts maladie en France, contre 6,4 millions dix ans plus tôt. C’est une hausse de plus de 30 %, qui nous a conduit en 2022 à dépenser au total 16 milliards €. Nous proposons à toutes les parties prenantes, représentants des entreprises et des salariés, médecins- conseils, CNAM, de travailler ensemble d’ici le PLFSS 2024 aux instruments les plus efficaces pour lutter contre ces dérives. Chacun doit être davantage responsabilisé. Du salarié au chef d’entreprise, en passant par le médecin. L’absentéisme n’est pas une fatalité.
Sur les frais de santé, il y a un principe de répartition entre la prise en charge par le patient et la prise en charge par la collectivité. Ce principe est un bon principe.
En revanche, la gratuité ou la quasi-gratuité peuvent conduire à déresponsabiliser le patient et expliquent que l’achat de médicaments soit encore si élevé en France. Cela ne freine pas non plus les prescriptions médicales. Chaque médecin généraliste prescrit en moyenne l’équivalent de 730 000 € par an, c’est-à-dire 450 € par patient.  Nous devons donc définir des règles plus efficaces et une meilleure répartition des charges pour mettre fin à ces dérives et garantir la soutenabilité de notre système de santé. Pour que les plus malades, les plus fragiles, ceux qui souffrent d’affections de longue durée soient le mieux protégés, nous devons être plus stricts sur les autres dépenses de santé, en particulier les dépenses de médicaments.
Le deuxième axe traite trois politiques publiques.
D’abord, le logement. La Première ministre a annoncé la fin du PINEL et le recentrage du PTZ là où il est le plus nécessaire. Cela représente une économie globale de plus de 2 milliards € à terme.
Ensuite, le travail. Les entreprises n’ont jamais eu autant de mal à recruter. Pourtant, nous continuons à soutenir massivement l’emploi. C’était légitime quand il fallait faciliter le retour à l’emploi, mais quand le taux de chômage diminue, le coût des aides à l’emploi doit diminuer.
Comment ? Sur l’apprentissage et le compte personnel de formation, nous ne sommes plus dans la situation d’il y a six ans. L’apprentissage est un succès. La bataille culturelle de l’apprentissage a été gagnée par le président de la République, la Première ministre et la majorité.
Il est donc possible de réduire le prix des formations payées par l’État pour les apprentis, pour compenser certains abus sur les marges, et d’introduire un ticket modérateur sur le compte personnel de formation, pour responsabiliser les utilisateurs.
Enfin, concernant les opérateurs de l’État, nous reviendrons à des règles de bonne gestion budgétaire. Nous limiterons leur trésorerie – qui a bondi de 35 milliards € à 65 milliards € en quatre ans. Nous engagerons une démarche de contractualisation de leurs recettes et de leurs dépenses et nous ferons la transparence publique sur leurs comptes.
Nous voulons également rouvrir la question des taxes affectées. Les ressources d’un opérateur doivent correspondre à ses besoins et ne peuvent constituer des rentes aux frais des contribuables. Je rappelle que la trésorerie des opérateurs de l’État a bondi de 35 milliards € à 65 milliards € en quelques années.
Le troisième axe est le verdissement de notre fiscalité.
Nous ne pouvons pas, d’un côté, continuer à dépenser de l’argent public pour financer la transition énergétique et, de l’autre, conserver des avantages fiscaux pour les énergies fossiles.
Face à ce qui est l’enjeu de notre génération, place aux choix politiques. Nous devons réduire les dépenses fiscales sur les carburants. Cela concerne les tarifs réduits d’accises sur les transports routiers, sur le gazole non routier non- agricole et sur le gazole non routier agricole. C’est nécessaire pour mettre nos actions en cohérence avec nos engagements climatiques.  Cette bascule ne pourra se faire que de manière progressive, d’ici 2030, en accompagnant les professions avec des mesures de compensation pour les aider à opérer leur transition.  
J’ai rencontré les fédérations du secteur des transports routiers, du bâtiment et de l’agriculture qui sont prêtes à s’engager dans cette démarche en vue du prochain PLF.
Un mot enfin sur les collectivités locales. Je voudrais d’abord saluer la bonne gestion des collectivités locales, qui ont dégagé pour la plupart des excédents, certains élevés dans le cas par exemple de la Collectivité Européenne d’Alsace dirigée par Frédéric Bierry.
Nous devons maintenant ouvrir la voie à une nouvelle méthode pour les quatre prochaines années. Je pense au principe d’auto-assurance des recettes des collectivités locales, pour qu’elles puissent se constituer des réserves financières en cas de coups durs. Jusqu’à présent l’Etat a joué ce rôle d’assureur en dernier recours.
Je propose également la mise en place d’un haut conseil des finances publiques locales, qui complètera utilement le comité des finances publiques locales présidé par André Laignel. Il réunira régulièrement, autour du ministre des Finances, tous les acteurs de la dépense locale à tous les échelons pour définir des choix stratégiques.
Il s’agira d’un instrument décisif de pilotage et d’anticipation.
D. Sur le long terme, ces assises doivent ouvrir la réflexion sur trois sujets.
Tout d’abord, la place de l’État, qui est un sujet absolument crucial. Notre nation s’est construite sur l’État. La nation est forte quand l’État est fort. Mais un État fort, c’est un État qui se concentre sur ses missions essentielles. Il est à l’inverse faible quand il doit accomplir toutes les missions. Quel rôle doit-il jouer ? À quel moment doit-il intervenir ou se retirer ? Quel est son périmètre d’action ?
Ensuite, la question d’un nouveau partenariat d’égal à égal entre l’Etat et les collectivités locales, dans le respect du principe de libre administration. Comment et sous quelle forme ?
Enfin, la question qui est peut-être la plus fondamentale pour la nation française. J’y ai déjà fait référence. Elle est profondément politique parce qu’elle concerne l’avenir de tous les citoyens : quel nouveau modèle social voulons-nous bâtir face à la double transition climatique et démographique ? Comment pourrons-nous protéger tous nos compatriotes contre les drames, contre les accidents de la vie, comme la maladie ? Qu’est-ce qui relève de la solidarité nationale, et de la responsabilité individuelle ?
Voilà les objectifs de ces « Assises des finances publiques », qui n’ont jamais été aussi nécessaires. Elles sont conformes à l’ADN de notre majorité qui a toujours été la responsabilité budgétaire. Elle est la condition de notre ambition économique pour le pays.
La prochaine étape sera la poursuite des discussions avec tous les partenaires concernés, pour rentrer dans le détail des mesures et les faire figurer dans le projet de loi de finances 2024.

> [Déclaration sur le pacte de stabilité et de croissance / Luxembourg / 16 juin]
Le cœur de nos discussions va évidemment porter sur le pacte de stabilité et de croissance. Je voudrais juste rappeler un certain nombre de choses sur ce sujet.
D’abord le pacte de stabilité et de croissance est un instrument. Un instrument au service d’une ambition politique. Notre ambition politique en Europe doit être d’investir, d’innover, de maîtriser les technologies de la décarbonisation et de l’intelligence artificielle, et de construire notre place entre la Chine et les États-Unis. C’est ça l’objectif du pacte de stabilité et de croissance : nous donner les moyens d’être une puissance entre la Chine et les États-Unis.
Deuxième remarque : nous avons une base de travail qui est une très bonne base de travail, et je tiens à remercier la Commission européenne qui a fait preuve d’inventivité et je crois de solidité dans la présentation de cette proposition, avec de nouveaux principes qui sont de bons principes. D’abord la différenciation. Nous partons tous de situations de finances publiques différentes. C’est bien de reconnaître ce principe de différenciation. Le deuxième principe qui est l’appropriation. C’est très important que les États s’approprient leur trajectoire de finances publiques et qu’elles ne leur soient pas imposées de l’extérieur. Enfin, le troisième principe, c’est reconnaître l’importance des réformes et des investissements. Sinon c’est totalement décourageant pour les États qui font des réformes. Nous avons sous l’autorité du Président de la République engagé deux réformes très difficiles et très courageuses : la réforme du marché du travail et la réforme des retraites. Nous souhaitons évidemment qu’il en soit tenu compte dans le pacte de stabilité et de croissance.
Troisième remarque : je considère qu’aujourd’hui, les positions des 27 sont proches et qu’il ne faut pas surestimer les désaccords qui peuvent exister entre les uns et les autres. Il y a un point de désaccord. Le vrai point de désaccord est : faut-il oui ou non des règles automatiques et uniformes dans le pacte de stabilité et de croissance ? Notre réponse est clairement non, car nous estimons que ce serait une faute économique et une faute politique. Nous avons déjà essayé dans le passé d’avoir des règles automatiques et des règles uniformes, ça a conduit à la récession. Ca a conduit à des difficultés économiques. Ca a conduit à une perte de production et de croissance en Europe. C’est l’inverse que nous voulons : plus de croissance, plus de prospérité et plus d’emplois. Et ce serait une faute politique car je pense que ce serait méconnaître la nécessité de respecter la souveraineté des Etats. Enfin tout dernier point pour qu’il n’y ait pas d’incompréhension sur la position française. Nous sommes attachés aux règles. Nous voulons des règles fermes et nous voulons des règles respectées. Mais nous voulons tout simplement des règles qui soient intelligentes, simples et qui nous permettent de bâtir la prospérité européenne du 21ème siècle.

> Nous souhaitons parvenir à un accord d’ici la fin 2023 sur les nouvelles règles du pacte de stabilité et de croissance. Nous allons maintenant entrer dans le vif du sujet, dans le vif de la discussion, mais nous souhaitons parvenir sous Présidence espagnole à un accord sur le pacte de stabilité et de croissance. Ensuite sur la question que vous posez, moi je préfère toujours voir ce qui nous rassemble entre européens plutôt que ce qui nous divise. Il y a beaucoup de choses qui nous rassemblent. Je pense que les grands principes qui ont été posés par la Commission rassemblent aujourd’hui une très large majorité d’Etats européens. Et il y a un point qui nous sépare encore. Donc il faut discuter de ce point qui nous sépare. Des règles automatiques et uniformes sont-elles souhaitables ? Notre réponse est très clairement non pour des raisons qui sont des raisons qui tiennent à notre expérience du passé. Quand on a essayé, ça n’a pas marché et ça a conduit à des effets désastreux pour l’Union européenne et qui tiennent aussi à des questions politiques qui sont le respect de la souveraineté des Etats. Je rappelle que l’Union européenne reste bâtie sur la souveraineté des nations et des Etats.

 

Éric Dupond-Moretti (garde des Sceaux, ministre de la Justice)
> Entrée au Panthéon de Missak Manouchian accompagné de Mélinée. Dans le poème de Louis Aragon, il est écrit : « la justice viendra sur nos pas triomphants ». C’est désormais chose faite. Merci Monsieur le Président.

 

Sébastien Lecornu (ministre des Armées)
> [Tribune : Protéger le ciel européen]
C’est, au fond, la seule boussole, celle qui dicte chacun de nos choix pris sous l’autorité du président de la République, pour arrêter le format de nos armées. Sur terre, sur mer et dans les airs, mais aussi dans les espaces cyber comme exo-atmosphériques, nous devons obtenir des effets militaires qui permettent, à tout instant, d’assurer la protection et la défense de notre territoire.
La guerre en Ukraine, nous offre, depuis le 24 février 2022, de nombreuses leçons en matière de menaces aériennes. L’effort fourni par la Russie, d’abord, pour essayer de dominer le ciel ukrainien, sans y parvenir à ce jour. L’emploi massif de missiles de croisières et de drones par la Russie, ensuite, pour viser des postes de commandement et des infrastructures civiles ukrainiennes, notamment énergétiques. L’usage massif des systèmes de défense sol-air, enfin, que la France et plusieurs autres pays occidentaux ont livrés à l’Ukraine, avec des résultats très satisfaisants.
Si ce constat semble évident, les sauts technologiques qui surgissent rendent le défi plus redoutable que jamais. La supériorité aérienne des armées occidentales qui n’avait jamais été contestée depuis vingt-cinq années est aujourd’hui mise à l’épreuve par l’émergence de nouvelles technologies et de bouleversements géopolitiques et par la diversité des menaces qui pèsent sur le ciel européen. Des drones bon marché peuvent être utilisés par des groupes terroristes contre nos populations. La prolifération balistique, notamment en Iran, est désormais susceptible de toucher nos territoires. Les récentes actualités ont montré qu’à la limite du ciel et de l’espace de nouveaux objets, comme des ballons de renseignement, peuvent menacer notre sécurité.

Il est désormais impératif que l’Europe construise une stratégie autonome de défense de son espace aérien.
Face à ces nouvelles menaces, et alors que toutes les grandes puissances investissent pour leur défense aérienne, il est désormais impératif que l’Europe construise une stratégie autonome de défense de son espace aérien.
Le président de la République a formé ce vœu lors de la conférence de Munich de février 2023, et m’a chargé de réunir les ministres de la Défense des États européens de l’Otan. C’est dans ce format, qui incarne aussi la complémentarité de l’Union européenne et de l’Otan, et avec des États qui ont en partage le ciel européen, que je réunirai aujourd’hui, en marge du Salon du Bourget, une vingtaine de mes homologues européens pour engager la réflexion collective sur l’état des menaces, les défis opérationnels pour y faire face et les réponses industrielles européennes que nous pouvons y apporter.
Dans cette conversation stratégique européenne, la France doit rappeler certains paramètres fondamentaux, et en premier lieu l’articulation nécessaire des moyens conventionnels avec la dissuasion nucléaire. La France est un État doté et l’Otan est une alliance nucléaire. Toucher à nos intérêts vitaux exposerait donc nos agresseurs à des dommages inacceptables pour eux. Néanmoins, pour éviter le contournement par le bas de la dissuasion nucléaire par des États, notamment par des actions non revendiquées ou difficilement attribuables, ou impliquant des groupements non étatiques, nous devons définir collectivement les besoins de renforcement de nos moyens défensifs et offensifs comme les frappes dans la profondeur permettant de détruire les capacités conventionnelles d’attaque aérienne sur notre territoire, à même de complexifier le calcul de l’adversaire. Il s’agit de forcer l’adversaire à sortir de l’ambiguïté et à dévoiler ses intentions en le confrontant à des dilemmes stratégiques.
L’étendue des besoins appelle les nombreuses contributions des alliés et partenaires européens en matière de projets capacitaires multinationaux, pour le renforcement de notre posture.
Sur le plan capacitaire, et en réponse à ces besoins, les solutions industrielles européennes existent et sont nombreuses, sur tous les segments clés de la défense aérienne: les capteurs de détection et d’alerte avancée, les systèmes de commandement et de conduite, et, bien sûr, les effecteurs comme les missiles, les avions de combat ou les systèmes surface-air. Il nous appartient donc, entre Européens et avec nos industriels, de les consolider et de les adapter pour anticiper les réponses qu’il faudra apporter aux menaces aériennes d’aujourd’hui et de demain. L’étendue des besoins appelle les nombreuses contributions des alliés et partenaires européens en matière de projets capacitaires multinationaux, pour le renforcement de notre posture.
La conférence se conclura par une illustration majeure de l’état d’esprit dans lequel nous sommes: la signature d’une lettre d’intention entre la France, la Belgique, Chypre, la Hongrie et l’Estonie pour l’acquisition commune de missiles Mistral. C’est un très bel exemple de coopération souveraine des Européens en matière de défense aérienne et de notre capacité collective à traduire en actes notre vision commune d’une Europe géopolitique.
À l’appel du président de la République, et à l’heure où la France continue de moderniser les capacités de ses armées à travers une loi de programmation militaire à la hauteur des enjeux, la conférence de Paris sur la défense aérienne de l’Europe devra permettre de tirer les leçons du conflit en Ukraine pour la défense de notre ciel et de travailler avec nos partenaires pour mieux protéger collectivement le ciel européen.

 

Pap Ndiaye (ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse)
> « Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous ». Le 21 février 1944, Missak Manouchian était fusillé au Mont-Valérien.
80 ans plus tard, il entrera au Panthéon avec Mélinée, résistante comme lui, dont il était « le camarade, l’ami, le mari ». Il est le premier résistant étranger à recevoir cet hommage. Aux hommes et aux femmes héroïques, aux combattants de la liberté, la patrie reconnaissante.

 

Sylvie Retailleau (ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche)
> Le Gouvernement a lancé dès 2018 sa stratégie d'intelligence artificielle et a investi massivement pour que la France soit parmi les leaders dans la course mondiale. Cette nouvelle étape rehausse notre ambition et permettra de disposer d'universités et d'écoles parmi les leaders internationaux en la matière, prérequis au développement des technologies et à la formation des talents nécessaires à cette course technologique.

> Il y a 400 ans naissait Blaise Pascal. Pionnier des probabilités, génial inventeur de la pascaline, il est un précurseur de l'excellence scientifique . Avec un souci constant du partage des connaissances et de l’éthique, ses travaux nous frappent encore par leur modernité.

 

Marc Fesneau (ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire)
> J’ai annoncé un plan d'aide de 10 millions d'euros pour soutenir la filière lavande. 9 millions d'euros aideront à compenser les pertes des producteurs d'huiles essentielles ; 1 million financera la recherche sur la cécidomyie de la lavande. Nous restons engagés pour défendre notre filière lavandicole, symbole de la richesse du patrimoine agricole français et très emblématique de la Provence.

 

Christophe Béchu (ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires)
> [Sécheresse] On a une situation inquiétante. On est à 68% des nappes phréatiques en-dessous de normes de saison. On a déjà 60 départements dans lesquels il y a des arrêtés de vigilance et pour une quinzaine d'autres, des arrêtés de crise.

> [Tremblement de terre en Charente-Maritime] Un peu moins de 200 personnes sont concernées par des logements dans lesquels il est interdit ou souhaitable de ne pas retourner. L'arrêt de catastrophe naturelle est déclenché.

> [Manifestation contre le projet de TGV Lyon-Turin] Le projet, c'est un million de poids-lourds qu'on bascule vers le rail. Il n'y a pas de travaux qui n'entraînent pas de conséquences.

> On ne doit pas transformer l'écologie en prétexte pour alimenter une haine des forces de l'ordre,

> Le salon du Bourget va être totalement tourné vers ces questions de climat. Diminution de la consommation et carburants durables sont au cœur des priorités car, les besoins ou la tendance à vouloir voyager conduira à une hausse malgré tout du trafic.

> [Avion zéro carbone] : Pour amorcer la recherche, l'innovation et la production, il y a bien une enveloppe de 200 millions d'euros. Mais ces prix ont vocation à être répercutés. On n'a pas vocation à financer par de l'argent public des voyages en billets d'avion.

> [Plan canicule] 10.000 écoles d'ici la fin du quinquennat vont pouvoir bénéficier à la fois de déminéralisation des sols et de travaux pour éviter qu'on ait trop de passoires l'hiver et l'été" dans le cadre du grand plan école qui va être détaillé.

> [Demande de report des ZFE] On a parfois tendance à faire comme si c'était pour emmerder les gens alors que c'est fait pour éviter les deux ans de perte moyenne d'espérance de vie de chaque Français due à la pollution atmosphérique.

> [ISF climatique] Il ne faut pas utiliser l'écologie comme prétexte pour augmenter les impôts. On a une transition fiscale à conduire. Si on a des impôts sur les émissions, ça contribuera à faire payer plus ceux qui ont les modes de vie les plus riches.

 

Agnès Pannier-Runacher (ministre de la Transition énergétique)
> [Conseil européen de l’énergie] L’objectif de ce Conseil, c’est d’obtenir une orientation générale sur la réforme de l’organisation du marché de l’électricité. C’est important parce que, la crise de l’hiver dernier l’a montré, on a un marché qui fonctionne très bien pour permettre d’approvisionner 450 millions d’Européens à tout moment avec des mécanismes de court terme. Ça, c’est un atout par rapport à la Chine et aux États-Unis qui n’arrivent pas à avoir ce même type de mécanisme qui permette d’assurer une résilience d’un marché de l’électricité à tout moment pour 450 millions de citoyens. En revanche, sur le moyen terme, nous n’avons pas suffisamment de mécanismes de long terme pour permettre de financer, de donner de la visibilité à la fois aux producteurs d’énergie européens qui doivent faire des investissements dans les énergies décarbonées, pour produire plus d’énergie décarbonée compétitive sur le territoire européen ; et à la fois pour les entreprises industrielles qui doivent, pour leur part, décarboner leur processus de production et qui ont besoin aussi de la visibilité sur le prix et que ce prix soit réellement assis sur les coûts de production et pas sur des mouvements de marché, des primes de risque ou le coût des fossiles au niveau mondial qui s’envole pour des raisons diverses. C’est pour cela que cette réforme est très importante. Elle est très importante aussi pour protéger les consommateurs et faire en sorte qu’ils payent la réalité du prix du mix électrique européen. Donc nous soutiendrons tout le travail qu’ont porté la Commission européenne et la présidence suédoise pour permettre d’arriver à cette orientation générale aujourd’hui. Elle est importante pour les industriels. Elle est importante aussi à court terme pour envoyer un signal par rapport aux mécanismes qui sont actuellement mis en place aux États-Unis, je pense à l’Inflation Reduction Act. Nous devons montrer, en Européens, que nous avons des réponses sur le sujet de notre compétitivité en matière énergétique.

> Je crois que l’enjeu aujourd’hui, c’est que l’Europe soit consciente que nous devons donner un cadre de marché de long terme et réellement porter cette ambition. Je pense notamment sur les CFD et qu’il faut couvrir tout ce qui est prolongation des centrales nucléaires. Je rappelle qu’elles représentent 25% de la production électrique en Europe, que c’est une production qui est bas carbone et que si nous ne sommes pas capables de trouver un mécanisme qui permette de prolonger les centrales, nous allons nous mettre dans des difficultés importantes, à la fois en matière de sécurité d’approvisionnement, mais également de capacité à tenir nos objectifs climatiques. Donc c’est avec cette vision, là encore, qui part des faits scientifiques et pas du dogmatisme qu’on peut entendre ici et là. Notre ambition, c’est d’être à la neutralité carbone en 2050. Nous sommes en train de développer massivement les renouvelables, nous sommes d’ailleurs devant l’Allemagne en matière de développement des renouvelables et nous développons aussi et nous soutenons le nucléaire parce que nous savons que l’électricité nucléaire française, c’est ce qui permettra de sécuriser l’approvisionnement de nos voisins dans les années qui viennent. (…)

Nous avons une approche qui est de préserver la concurrence loyale dans ce type de mécanisme et que nous prenons une redistribution qui soit équitable entre tous les consommateurs. J’entends certains pays qui voudraient concentrer cette redistribution sur un certain type de consommateurs, ça voudrait donc dire créer des distorsions de marché, je trouve ça plutôt étonnant de la part de pays qui prônent une vision libérale du marché.

> L’idée, pour nous, c’est que lorsque vous facilitez cette redistribution de manière linéaire, vous allez donner des signaux de marché qui vont être favorables à la décarbonation, décarbonation des industries puisque vous les poussez à réduire leur utilisation et leurs émissions de carbone et des signaux aussi aux consommateurs en matière de sobriété et d’efficacité énergétique. Donc c’est exactement ce que nous voulons. Il faut que notre marché, que les signaux de marché soient alignés avec nos objectifs qui est de consommer moins d’énergie et de développer plus de capacités de production bas carbone".

 

Roland Lescure (ministre délégué chargé de l’Industrie)
> L'industrie se modernise, se robotise et se connecte. Aujourd'hui elle doit tirer pleinement profit des avancées de l'IA pour créer davantage de valeur, gagner en productivité, trouver les modes de production de demain et s'assurer ainsi des positions compétitives puissantes. L'Etat vous y accompagnera parce qu'il en va aussi de la réindustrialisation de notre pays.

 

Jean-Noël Barrot (ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications)
> Les usages de l'intelligence artificielle vont exploser avec le développement de l'IA générative, et l'impact sur l'activité de nombreux secteurs va être majeur. Avec ces nouveaux dispositifs de soutien à la filière, le gouvernement se dote de moyens conséquents pour accompagner nos talents et nos entreprises. La France a tous les atouts nécessaires pour jouer un rôle de leader sur ces technologies.

 

Olivia Grégoire (ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme)
> Je ne parlerais pas de surtourisme. Cela laisserait penser qu’il s’agit d’un état de fait pérenne. Or, le problème est conjoncturel: il s’agit de pics de fréquentation à des moments précis et à des endroits spécifiques. L’enjeu est de réguler ces flux. Il n’y a pas de surtourisme structurel. Nous avons beaucoup de touristes, c’est une immense chance pour le pays. La fréquentation a augmenté de 15 % à Pâques, et les réservations pour l’été se passent bien. C’est bon signe pour l’économie française. Le tourisme est vertueux, mais il doit être soutenable socialement et écologiquement. 95 % des touristes visitent moins de 5 % du monde. La France connaît ce phénomène. Les pics de fréquentation concernent des villes, des monuments, des manifestations et des sites naturels où l’afflux des touristes constitue parfois une menace pour la préservation même de ces destinations. Personne n’a intérêt à ces pics de fréquentation, qui empêchent tout dépaysement aux visiteurs. Ils ne profitent à personne: ni aux habitants, ni aux touristes, ni à l’environnement, ni aux commerçants, ni aux artisans. Ce phénomène rend nécessaire un plan national intégrant des actions menées au niveau local qui permettra d’accélérer la diffusion des bonnes pratiques grâce à un accompagnement de l’État. (…)
Ce n’est pas à l’État de tout réguler d’en haut. Il n’y a pas de compétence aussi partagée que le tourisme, entre l’État, les régions, les départements et les communes. Mais c’est à l’État, main dans la main avec les territoires, avec les sites touristiques, comme le réseau des grands sites de France, de mettre en place des méthodes pour informer les touristes et les habitants, ou encore d’accompagner les communes dans les mesures de gestion des flux. L’enjeu est d’abord d’informer et de sensibiliser en amont. C’est pourquoi nous lancerons en mars 2024 une campagne de communication nationale pour sensibiliser la clientèle étrangère et française aux enjeux d’une meilleure répartition des flux et des pratiques touristiques. Nous travaillerons avec des influenceurs pour qu’ils participent à la sensibilisation aux impacts de la surfréquentation touristique et qu’ils favorisent la promotion de certaines destinations touristiques moins connues. Nous allons, par ailleurs, créer une plateforme numérique de partage des bonnes pratiques et des réglementations en matière de gestion des flux. Il y a eu des initiatives sur le terrain. Il faut s’en inspirer. Il y a aussi un enjeu d’acceptabilité des populations locales et il est important d’associer les habitants à ces problématiques afin de mieux intégrer leurs attentes dans les politiques touristiques. Nous allons accompagner les territoires pour qu’ils organisent des rencontres entre les acteurs du tourisme, les gestionnaires de sites et les habitants. Nous allons pérenniser les enquêtes de mesure de la capacité des habitants à accepter les flux touristiques, et nous publierons leurs résultats.

> La France est la première destination touristique au monde, mais nous manquons cruellement de données. Nous allons donc monter un observatoire national des sites touristiques majeurs pour créer une base d’information et des indicateurs partagés qui faciliteront le travail d’analyse des flux. En parallèle, nous allons faire deux choses: d’une part, nous débloquerons des aides aux territoires pour muscler leur ingénierie afin non seulement d’analyser les données mais de pouvoir derrière les exploiter ; d’autre part, l’État va cofinancer les outils concrets de gestion des flux et mobiliser ainsi plus de 2 millions d’euros afin d’accompagner plus d’une trentaine de sites et territoires les plus fréquentés. Un appel à projet sera lancé fin 2023.

> [Mesures coercitives] Nous n’en ferons pas l’économie pour certains sites qu’il est indispensable de préserver, mais c’est aux communes concernées de prendre la décision. Il ne s’agit pas de les rendre inaccessibles aux touristes, mais d’en limiter l’accès à certaines périodes et uniquement lorsque cela s’avère nécessaire. Certaines expériences locales ont fait leurs preuves: Toulon limite à 6 000 visiteurs par jour l’accès aux îles du parc de Port-Cros ; Marseille a instauré un système de réservation obligatoire pour la calanque de Sugiton et une limite de 400 personnes par jour ; un arrêté municipal limite l’accès à l’île de Bréhat à 4 700 personnes par jour entre le 14 juillet et le 25 août. Au cap Fréhel, où je me rends lundi, certains sentiers sauvages fragiles sont à un certain moment fermés pour préserver la faune et la flore.

> Nous avons des lieux exceptionnels sur l’ensemble de l’Hexagone, il faut donc miser aussi sur une meilleure répartition des touristes sur le territoire. Si l’on veut désengorger les sites trop fréquentés, il faut donc faire émerger d’autres destinations et d’autres itinéraires touristiques. La France, ce n’est pas que les falaises d’Étretat, le Mont-Saint-Michel, Notre-Dame de Paris et les calanques de Cassis. Nous travaillons avec les régions pour créer des circuits touristiques clés en main, en dehors des sentiers battus. La France regorge d’endroits magnifiques que les locaux connaissent bien et les étrangers, pas du tout. Si l’offre touristique locale est foisonnante, elle est illisible. Dans les hôtels et les offices de tourisme, le nombre de prospectus est parfois si important qu’il en devient dissuasif, à tel point que les voyageurs se tournent vers Tripadvisor. Nous souhaitons proposer, d’ici les Jeux olympiques 2024, une quarantaine de «French Tours» (trois par région) qui permettront d’offrir aux touristes des circuits alternatifs.

> Avec la Coupe du monde de rugby, le Grand Paris est bien parti pour battre cette année son record de fréquentation touristique de 2019, avec 38,5 millions de touristes étrangers. La mairie de Paris et les mairies d’arrondissement doivent se saisir du sujet de la gestion des flux pour mieux réguler les visites. La région parisienne rapporte 20 milliards d’euros de recettes touristiques. C’est quasiment deux fois le budget de la justice. Il ne faut pas y renoncer. À Paris, l’enjeu principal pour maintenir le tourisme, c’est la sécurité. Les pickpockets, les agressions ou le comportement de certains nuisent à l’image de la France. Gérald Darmanin vient d’annoncer la mobilisation de policiers supplémentaires en région parisienne jusqu’à la fin de la Coupe du monde, pour atteindre au total 500 effectifs.

> Les JO représentent une formidable opportunité qui sera un tremplin pour la destination France. C’est un moment historique qui laissera un héritage pour les habitants comme pour les touristes dans les années à venir. À l’été 2024, cela va certes créer des flux, mais cela va aussi en repousser d’autres, car des touristes reporteront leur venue à Paris à cause des JO. Nous allons améliorer l’accueil des touristes pendant les JO tout en renforçant l’offre de services et de parcours qui leur seront destinés.

> Cela fait plusieurs mois que nous travaillons à rouvrir le trafic avec la Chine. Depuis le 10 juin, il y a 50 rotations par semaine entre la France et la Chine. C’est plus qu’entre la Chine et l’Allemagne (40 rotations par semaine), les États-Unis (20) et le Canada (10).

> On peut décider de se saborder, mais ce n’est pas ma politique. Tout l’enjeu est l’ajustement des flux dans les endroits les plus fréquentés, afin que l’activité y soit soutenable pour les habitants et pour les lieux eux-mêmes. Le tourisme et le commerce sont deux piliers majeurs de l’économie française, qui font vivre des centaines de milliers de nos compatriotes et qui génèrent des recettes qui sont bonnes pour nos finances publiques. Il faut préserver cet atout.

> [Réforme de la fiscalité très favorable qui s’applique à Airbnb] Sur ce sujet, il y a déjà une proposition de loi transpartisane dont l’examen est prévu à l’automne et sur laquelle des échanges sont encore en cours. Il ne peut y avoir de réponse unique au sujet des hébergements touristiques proposés sur les plateformes. Tous les territoires n’ont pas les mêmes problématiques. Il faut imaginer un cadre souple que les collectivités locales pourraient adapter en fonction de leurs enjeux locaux. Ce ne sont pas les mêmes à la montagne et sur le littoral.

 

Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Missak et Mélinée Manouchian entreront au Panthéon. Cet hommage au poète, militant et résistant est aussi la pleine reconnaissance à travers lui du rôle joué par les étrangers et réfugiés qui ont combattu le nazisme au sein de la Résistance. À tous ceux qui sont nés sur d’autres sols et qui ont donné leur vie pour libérer le nôtre, nous exprimons notre immense gratitude.

> Le 18 Juin 1940, le général de Gaulle appelait à continuer le combat : « Non, la France n'est pas seule ». Ce « non » était aussi celui de milliers de Français refusant de collaborer avec les nazis et de participer à la haine antisémite. Puissions-nous être à la hauteur de leur héritage, en disant « non » à toutes les formes d'injustice et de discrimination.

 

Haut-commissariat au Plan
François Bayrou (Commissaire, président du Mouvement démocrate)
> [Manouchian au Panthéon] Ça a une signification très importante, ça veut dire que les biens que nous avons défendus avec la Résistance, les biens supérieurs que nous avons défendus, n'étaient pas que ceux de la France et des Français, ils étaient aussi ceux de tous ceux qui, dans ce combat, ont voulu apporter leur histoire, leurs traditions et leurs souffrances.
Et que cet engagement-là, il a contribué autant que l'engagement national, et il faut le dire, aux côtés du puissant engagement international des Alliés. Il a contribué à la libération du pays, et dire, "Ces biens ne sont pas que les nôtres, ce sont des biens universels qui ont été défendus chez nous par ceux qui venaient d'au-delà des frontières", ça a une signification particulière. Je dois ajouter qu'entre l'Arménie et la France, il y a quelque chose de fraternel et d'historique.

> On dit que pour lutter contre des émissions de gaz à effet de serre, contre l'envahissement des voitures, il faut du train. Et puis si vous vous battez, si certains se battent, en même temps contre le train, contre toute modernisation ou contre toute avancée, on est évidemment dans une impasse.
Cette impasse est une impasse contre la France, contre notre modèle de civilisation, et donc je trouve que ce serait un recul et une défaite. Vous savez, aujourd'hui, il y a des mouvements contre le TGV, il y a des mouvements contre toutes les améliorations de la circulation. Je pense que ces mouvements veulent ou croient que nous pouvons nous trouver dans une espèce de d'enlisement et de blocage.
Et cet enlisement et ce blocage, c'est très simple, c'est un blocage au bénéfice des privilégiés, ceux qui sont déjà privilégiés, ceux qui voyagent sans difficulté, ceux qui n'ont pas de problèmes pour se déplacer ou de revenus. Ceux-là, ils sont très contents que rien ne bouge, et c'est une manière de ségrégation sociale.

> Si vous dites que le train n'est plus d'actualité, les autoroutes ne sont plus d'actualité, et l'aviation n'est plus d'actualité, ça veut dire que vous condamnez un certain nombre de nos compatriotes, et pas ceux qui ont les privilèges, les autres, vous les condamnez à la ségrégation, vous les condamnez à rester loin de tout.
Et je vous assure que dans une région comme celle que je connais le mieux et que j'aime beaucoup, je ne veux pas dire le plus, se trouver tout d'un coup privé, par exemple, de la moitié de ses liaisons aériennes, ça pénalise qui ? Ça ne pénalise pas ceux qui peuvent sans difficulté organiser leur temps et se payer des déplacements, ça pénalise les autres.
Je vous dis c'est une ségrégation sociale : c'est ceux qui sont les plus en difficulté qui sont le plus atteints.

> Il y a des mouvements dont la vocation est la déstabilisation du pays, et plus que ça, la déstabilisation de la société à laquelle nous appartenons. Ceux qui inscrivent sur les murs, je l'ai vu de mes propres yeux comme des centaines de milliers d'autres de nos compatriotes, «Il faut tout brûler». Cette puissante opposition, à tout ce qui est avancée, changement, progrès, et je le répète, progrès pour ceux qui n'ont pas aujourd'hui accès à ces facilités. Ces mouvements sont en effet contraires à toutes les valeurs, y compris celles que nous évoquions en commençant cette émission.

> Le gouvernement, c'est la responsabilité de deux personnes : le président de la République, dont c'est la mission de nommer le gouvernement ; et le ou la Première ministre qui est son chef du gouvernement. Et dans leur dialogue, dans leur réflexion commune partagée, parfois confrontée, il y a la solution que le président de la République prendra.

> Mon analyse de la situation politique est une analyse institutionnelle. Je suis pour un président fort, un gouvernement fort et un Parlement fort.

> Il y a un débat institutionnel très profond. Un certain nombre de gens pense que le gouvernement, c'est l'exécutant du président de la République, que ce ne sont que des relais. Alors, vous savez, Nicolas Sarkozy avait théorisé ça en disant le Premier ministre est un collaborateur. Je n'ai jamais pensé ça, et ça n'est pas l'esprit des institutions. Je suis pour que le Premier ministre ait une autonomie par rapport au président de la République. J'ai énoncé deux termes tout simples : il faut autonomie et complicité. Il faut qu'il y ait une entente profonde, du poids politique oui, parce que celui ou celle qui monte à la tribune dans des circonstances aussi difficiles que celles que nous connaissons aujourd'hui, avec une absence de majorité, il faut naturellement qu'il ait du poids.
Alors est-ce qu'on peut avoir, de ce point de vue-là, des évolutions avec le gouvernement actuel ou avec des changements ? C'est au président de la République de le dire. Alors je sais, les présidents de la République n'ont jamais très envie d'avoir des gouvernements autonomes par rapport à leur vision. Et je pense que c'est nécessaire.
J'ai souvent eu des conversations, sans vouloir les trahir, avec le président de la République sur ce sujet. Et encore une fois, c'est une confrontation que j'ai eue avec Nicolas Sarkozy, que j'ai eu avec le gouvernement précédent. Les présidents de la République ont besoin d'un gouvernement qui soit un gouvernement de plein exercice et d'une capacité à proposer des politiques, en cohérence avec les grandes lignes que le président de la République suggère, propose, affirme.

> Le fond de ce que je pense sur la réforme des retraites, c'est ceci. Nous devons changer de modèle démocratique. Nous vivons depuis des années, peut-être depuis des siècles, avec un modèle en France selon lequel c'est le pouvoir qui décide, et les citoyens appliquent, subissent.
Ce modèle n'est plus d'actualité. Ce n'est pas comme ça que ça peut marcher au 21ᵉ siècle, autrement c'est les démocraties qui vont souffrir parce qu'elles vont se révéler impuissantes. Le modèle démocratique que je défends, c'est celui où l'on considère les citoyens comme des co-responsables, des partenaires du pouvoir, et où on leur donne les éléments, tous les éléments objectifs qui permettent de faire des choix.

> Sur la réforme des retraites, c'est très clair. J'avais mis avec le Haut-Commissariat au Plan, sur la table les vrais chiffres du déficit des retraites. Ces chiffres n'ont pas été utilisés. Pourquoi ? C'est pour moi un très, très grand mystère. On a continué à développer la réforme alors que les Français étaient persuadés, n'ayant pas été informés, étaient persuadé qu'il n'y avait pas besoin de réforme et que les retraites étaient à l'équilibre.
Ceci est une dinguerie. Non seulement les retraites n'étaient pas à l'équilibre, mais il fallait fournir tous les ans plusieurs dizaines de milliards venus de l'État, dizaines de milliards que nous empruntons. Tous ces euros là, je rappelle 1 milliard c'est 1000 millions, quand vous devez fournir 30 milliards, c'est 30 000 millions d'euros par an et que vous empruntez, que vont payer les générations futures.
Ceci n'est pas acceptable. Ça n'a pas été partagé avec des Français. Je suis persuadé que nous aurions pu, y compris, gagner un référendum sur ce sujet.

> Tout le monde parle d'un virage à droite. Je suis opposé au virage, à droite comme à gauche. Je pense que l'élection de 2017 a fait naître un paysage politique pour lequel je me suis beaucoup battu au travers des années, qui est un paysage politique pluraliste qui refuse la bipolarisation droite contre gauche, qui nous a fait tant de mal, qui nous a conduit où nous sommes, qui a conduit à mettre ensemble des gens qui ne pensent pas la même chose avec une seule volonté : détruire ce que fait l'autre. Grâce à l'élection de 2017 et aux combats antérieurs, nous avons construit un socle central à partir duquel on peut nouer des dialogues, des alliances, des discussions. C'est quelque chose de complètement différent.

> On a besoin d'avoir un paysage politique qu'on ne réduise pas à l'affrontement stupide d'une droite qui n'a plus de signification, et d'une gauche, qui n'a plus de signification.

> L'élection de 2017 avait été préparée par au moins 20 ans de délabrement de ces deux soi-disant forces, la droite et la gauche et qu'elles n'ont pas été effrités pour des raisons extérieures, elles ont été effritées parce que leur inspiration, leurs idées, leur doctrine, leur philosophie étaient devenues vides de sens. Et je suis contre le retour à cette impasse. Je suis pour que la majorité qui s'est constituée sur le socle central, ce qui est pour moi le centre de la politique française, je suis pour qu'il soit fier de lui-même, solide, et qu'il arrête de se demander s'il est plutôt d'un côté ou plutôt de l'autre.

> Je trouve bienvenu qu'il y ait une droite républicaine qui se reconstruise ou essaie de se reconstruire. Je trouve estimable le travail qui est fait sur les idées, et je l'ai dit sur une antenne à propos de Monsieur Ciotti. Ce n'est pas pour moi des repoussoirs, mais l'idée que LR, élu dans l'opposition, abandonnerait ses positions pour entrer dans la majorité. C'est une idée à laquelle je ne crois pas. Je pense que les mouvements politiques ont leur logique profonde. Une fois que cette logique est affirmée, ils peuvent nouer des accords.

> Quel est le problème aujourd'hui de la société française ? Un certain nombre de gens disent le problème, c'est l'immigration, d'autres disent le problème, c'est l'Europe. Et pour moi, le problème de la France, c'est la France. Ce n'est pas la faute des autres. Et c'est pourquoi j'ai opposé en réponse à un de vos confrères qui me dit «Quel est le clivage aujourd'hui ?». J'ai dit le clivage, c'est entre responsabilité et irresponsabilité. Tous ceux qui disent, qui se propulsent devant les Français en disant la situation du pays, c'est la faute des autres, c'est la faute de l'Europe, c'est la faute de l'immigration, c'est la faute de l'étranger, c'est la faute du capitalisme.
Le problème de la France aujourd'hui, c'est parce que nous n'avons pas résolu nos questions. Si nous avions rétabli l'Éducation nationale comme elle devrait être, si nous avions de la production comme nous devrions en avoir, de l'industrie comme nous sommes en train de la reconstruire. Si nous avions tout cela, il n'y aurait pas de problème d'intégration. Les pays en bonne santé n'ont pas ce type de problème !

> Parmi les grandes questions, dont j'indiquais que si nous les avions réglées, nous ne serions pas obligés de chercher des boucs émissaires pour les problèmes qui sont les nôtres, il y a le déséquilibre des finances publiques. Ce déséquilibre a été aggravé ces dernières années, à juste raison, parce que les deux crises que nous avons connues, successives et presque concomitantes, la crise du Covid19 qui a failli effondrer la totalité de l'économie française. Et je suis sûr que tous ceux qui en sont les acteurs se souviennent du rôle que l'Etat a joué pour sauver la charpente économique de notre pays. Et puis, la crise consécutive à la guerre en Ukraine, avec la crise énergétique d'un côté et la crise monétaire de l'autre, en tout cas, l'inflation qui en est, la hausse des prix qui en a découlé.
Ces deux crises exigeaient que l'Etat soit présent. Mais je veux défendre un principe : le rétablissement des finances publiques, il ne se fera pas simplement en coupant dans les dépenses, il se fera en améliorant la capacité productive de notre pays, en allant vers le plein emploi, en allant vers la vitalité de notre pays.
Peut-être aussi en essayant de penser la démographie de notre pays d'une manière différente. (…)
Il y a des nécessités de faire des économies. Il y a toujours, et sur ce point, je suis d'accord avec le ministre de l'Economie, il y a évidemment des raisons. Une raison puissante, pas seulement parce que comme on dit les marchés nous regardent, mais parce que c'est notre responsabilité vis-à-vis des générations qui viennent et que nous condamnons à porter sur les épaules un fardeau considérable. Et c'est pourquoi j'ai, depuis le début, plaidé qu'il fallait sur ces sujets dire la vérité aux pays. Vous m'accorderez que sur le sujet de la dette, j'ai été seul, très seul, trop seul pendant longtemps à le défendre.

> Je ne crois pas que la hausse des impôts soit la solution. Je pense que la hausse des impôts est la réponse à une question, c'est quand on demande des efforts au pays, comment faire que les Français aient la certitude que ces efforts sont justes et non pas concentrés sur une seule partie de la population ? C'est pourquoi nous avions proposé sur la réforme des retraites un dispositif, ou une série de décisions plus larges, qui permettaient à tout le monde de penser que ce n'était pas seulement les salariés qui étaient concernés par la réforme des retraites, mais toutes les catégories sociales. Et de ce point de vue, il y avait sûrement des choses possibles à faire. Ça n'a pas été le choix qui a été installé. Mais les réformes ne passent qu'avec un sentiment de justice répandu parmi ceux qui doivent les assumer.

> Quand vous êtes responsable de l'Etat et que vous avez un problème de finances publiques, à toute mesure que vous proposez, vos interlocuteurs répondent «Ce n'est pas là-dessus qu'il faut faire des économies, Monsieur, il y a plus urgent, plus important...»

> Je n’ai jamais été partisan d'une santé ou d'un accès à la santé totalement gratuit. Je pense que ce n'est pas très facile à dire, mais je pense qu'une petite participation de ceux qui peuvent, je fais la différence entre ceux qui peuvent et ce qui ne peuvent pas.

> Je pense que l'idée que on va vers une société dans laquelle tout est gratuit, on est dans un pays qui est le pays du monde qui offre le plus de services à ses concitoyens, la prise en charge la plus large de tous les aspects de la vie : l'éducation gratuite quasiment de la maternelle à l'université, la santé gratuite, la retraite garantie à tous, le chômage garanti à tous... et un certain nombre de courants politiques disent «Mais il faut que les transports soient gratuits».
Et vous pouvez élargir ainsi. Or ce n'est pas viable. En tout cas, écoutez-moi bien, ça n'est pas viable dans le long terme si nous avons la démographie effondrée qui est la nôtre.

> Il y a des économiquement faibles, il y a des gens qui sont en situation difficile. Mais je trouve que l'idée que nous nous faisons, que tous ces soins ou tous ces accès aux soins sont gratuits de droit, cette idée-là n'est pas juste. Alors encore une fois, c'est pas très facile à dire, n'est-ce pas ? Mais je suis absolument certain que sur un certain nombre de sujets, il faudra, si l'on veut rééquilibrer, retrouver l'état du pays. Il faudra avoir le courage de dire que oui, une petite participation, ça permettrait par exemple de régler la question du prix de la consultation. On est avec un prix de la consultation qui est ridicule, ill faut dire ce qui est, entre le médecin et le plombier, le médecin et le coiffeur, il n'est pas juste que ceux qui assument notre santé se trouvent avec un prix de la consultation aussi bas.
Pourquoi est-il aussi bas ? Parce que c'est la collectivité qui l'assume. Je trouve qu'il y a là quelque chose qui n'est pas normal, qui n'est pas juste, et qui, pour l'avenir, va poser des problèmes considérables. Alors je dis les choses comme je pense qu'il faut qu'il faut que nous les réfléchissions.

> L'idée selon laquelle les étrangers devraient être privés de soins, ça expose toute notre société à une catastrophe. Vous avez quelqu'un qui est atteint d'une maladie contagieuse, vous avez des épidémies de toutes natures, des maladies sexuellement transmissibles par exemple, ou des virus... et on ne va pas les soigner ?
Ça veut dire que dans la société française, nous ajoutons un certain nombre de risques qui sont pas raisonnables pour nous, pour nos enfants, pour eux. Et donc, oui, je suis pour le soin. Mais alors s'il y a des soins de confort, de luxe dedans, bien regardons, on peut le regarder et après on se prononcera, mais dire a priori avant tout examen, "Ah il faut leur enlever les soins", je ne suis pas d'accord avec une approche comme celle-là.

> Ma position est simple : quelqu'un qui vient en France parce qu'il a dans son pays des difficultés que nous savons, et c'est pas fini avec l'état du monde dans lequel nous allons... Quelqu'un qui vient en France, qui dit je veux travailler, je veux m'engager, je veux apprendre la langue et je comprends que le pays dans lequel j'entre, ce n'est pas un territoire sur lequel chacun vient faire ce qu'il veut, c'est un pays avec ses traditions, sa culture, ses coutumes, sa manière d'être, ses «valeurs» comme on dit. Celui-là, on peut parfaitement vivre ensemble. Il y a tant et tant à faire... Mais celui qui vient en n'acceptant pas que notre société et son identité, et ses principes, et s'il est en situation irrégulière de surcroît, eh bien il n'a pas sa place chez nous.

> Ceux qui emploient le mot d'assimilation, c'est ce qu'ils disent. C'est abandonnez votre culture, abandonnez vos prénoms, oubliez d'où vous venez ? Un être humain ne peut pas oublier d'où il vient. Vous croyez que moi, je peux oublier d'où je viens ? C'est une part essentielle de moi. Mais en revanche, lorsqu'il s'agit de nos grands principes, à ce moment-là, c'est pas d'une question d'acceptation qu'il s'agit, c'est plus que ça. C'est la participation volontaire, assumée à un pays qui a ses repères. Encore une fois, j'ai pris autrefois, j'y pense à cause des débats sur ce qui se passe dans les écoles pour l'islam, c'est moi qui ai fait la circulaire sur le voile en disant : à l'école, tout ce qui est prosélytisme n'a pas de place, quelle que soit la religion dont on se fait le propagandiste ou le prosélyte.

> En général, on fait trop de lois. Sur l'immigration, je regardais l'autre jour, il semble que ce soit la 21ᵉ loi qu'on fasse. Si on appliquait les lois déjà faites, ça ne serait pas si mal. Mais quand il faut améliorer, faut améliorer, il n'y a pas avoir honte. Et donc sur la loi sur l'immigration, ma thèse est que le gouvernement vient devant l'Assemblée, expose ses principes et ses convictions, propose un texte et on voit ce que l'Assemblée et le Sénat en disent.

> Si j'étais le gouvernement, je réfléchirai à l'introduction d'un temps d'échange avec des psychologues ou des psychiatres pour expliquer aux adolescents ce que c'est que l'adolescence. Vous êtes à la fin de l'enfance, tout est équilibré, vous savez, cet âge presque miraculeux où garçons et filles, avant l'afflux de tout ce qui va se passer, des hormones qui vont vous changer et c'est équilibré. Et puis, tout d'un coup, vous découvrez que en vous des sentiments, des explosions, des pulsions bouleversent votre point de vue, vous rendent malheureux, seul ou au contraire projeté vers les autres. Je trouve qu'on n'explique pas assez ce qui se passe. Quelle est cette éruption intérieure que chacun d'entre nous sans exception, et chacun de nos enfants sans exception, même ceux qui paraissent les plus sages.  Je trouve qu'on devrait faire cela. J'ai toujours rêvé de faire naître une école, mais je trouve qu'on devrait faire de cela un échange constant pour qu'ils sachent que ce qui leur arrive n'est pas solitaire.

> Ce qu'a produit le CNR Logement a satisfait tous les acteurs du secteur. Ils étaient même enthousiastes de ce qui a été produit. C'est ce qu'a retenu le gouvernement qui a provoqué un certain nombre de réactions.
Qu'est-ce que c'est le Conseil national de la refondation ? C'est une intuition du président de la République, et de lui seul, une intuition du président de la République qui dit "Il faut que nous réfléchissions au changement de l'approche entre le pouvoir et la base", le pouvoir isolé au sommet, qui croit qu'il prescrit pour tout le monde et que sa prescription sera suivie.
L'intuition du président de la République, c'est que la base, l'expérience du terrain, l'innovation de terrain... Le Grand débat, c'est un dialogue. Le Conseil national de la refondation, c'est une remontée des expériences. Est-ce qu'on a tout à fait compris ça ? Pas encore, mais je suis sûr qu'il n'abandonnera pas, parce que là, il y a eu un déclic peut-être pour la transformation profonde des relations démocratiques.

> Il n'y a aucune chance que nous entrions dans cette nécessité de reconstruire notre pays si nous n'acceptons pas de regarder sur des bases différentes l'organisation de la société qui est la nôtre.

 

Partis politiques

● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]
Benjamin Haddad (porte-parole du groupe à l’Assemblée nationale)
> L’abaya, dans beaucoup de cas, est utilisée comme une forme de contournement de la loi sur la laïcité pour exprimer une identité religieuse.

> Missak Manouchian est un choix magnifique: un Arménien qui fuit le génocide, qui meurt pour la France. Comme Joséphine Baker qui fuyait le racisme, Simone Veil qui a vécu la Shoah, qui ont tant donné pour notre pays. La France de la mère de Romain Gary.

> Je souhaite que l’on travaille avec LR: pour continuer de réformer, trouver des mesures de fermeté contre l’insécurité, ou réduire les dépenses. Mais ça exige un sens des responsabilités des oppositions : co-construire, c’est partager les contraintes et l’impopularité.

> [Lyon-Turin] S’opposer à une voie ferroviaire, moyen de transport bas carbone, n’a pas de sens. Sous couvert de lutte pour le climat, c’est contre le progrès, l’innovation et le capitalisme que luttent les militants d’extrême gauche.

> Le combat des écolos et d’une partie de l’extrême-gauche ne se fait pas pour le Climat, mais contre le capitalisme, contre le progrès, au nom de l’écologie.

 

Autres

● Organisations centristes
♦ Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)
Pascal Canfin
> L’ONU adopte le premier traité pour protéger la haute mer ! 15 ans de négociation pour cet accord historique.

 

● Personnalités centristes
Richard Ferrand (ancien président de l’Assemblée nationale]
> Les députés de la majorité sont solides et valeureux, et le choix des électeurs n'est pas une «faute» ! J'avais prévenu d'une boutade : nos adversaires menaient une campagne législative «sous LSD» et nous «sous Lexomil». Les uns étaient - déjà - déchaînés, et nous autres plan-plan. Le résultat ne m'a pas surpris. Mais j'ajouterais volontiers un élément : on fait campagne en vers et on gouverne en prose ; l'opposition c'est le rêve, le gouvernement la réalité. Alors, conserver la majorité, même relative, après 5 ans d'exercice du pouvoir, à l'époque des démocraties d'opinion et du dégagisme, c'est tout de même une sacrée performance !

> Le chômage continue de baisser et est au plus bas depuis 40 ans. Rappelons-nous que certains avaient indexé leur candidature à l'élection présidentielle sur l'inversion de sa courbe ! L'attractivité de la France se renforce et les sujets importants sont pris à bras-le-corps : enjeux climatiques et environnementaux, souveraineté, justice, santé, éducation et ordre républicain. Le président Macron a engagé la France depuis 2017 dans un élan de modernisation dont elle avait le besoin impérieux. Le brouhaha politico-médiatique minore l'explication et la valorisation de ce travail. Mais il se fait, là est l'essentiel. Et il doit se continuer vigoureusement. Le conflit sur la réforme des retraites a montré que le travail d'explication en amont est prioritaire en tous domaines.

> Avec Édouard Philippe, Jean Castex puis Élisabeth Borne, reconnaissons au président de la République d'avoir nommé trois personnalités remarquables, chacune avec son style. Toutes trois ont servi et servent notre pays avec efficacité et abnégation.

> Toutes les forces politiques qui se définissent comme républicaines sont des partenaires du président de la République. Nous avons besoin de ressaisissement collectif et de débats apaisés. Je suis convaincu que ceux qui imaginent «préparer la suite» sans agir, au présent, au service du pays, échoueront tous. Ceux qui espèrent gouverner, le moment venu, dans le cadre de nos institutions et le respect des principes de la Vème République, doivent montrer chaque jour qu'ils préfèrent en toutes circonstances leur pays à leur parti, le bien commun à leur ambition... Et donc contribuer au succès des quatre ans qui viennent. Ceux qui parient sur leur seule capacité à nuire à l'action du président et du gouvernement se sabordent. Cela vaut pour Les Républicains comme pour les réformistes de tous horizons. C'est pourquoi un moment d'unité nationale doit être recherché sur quelques objectifs, chacun gardant son identité et remisant à quelques années ses ambitions futures. Les concessions réciproques sont le prix de la survie des partis démocrates. Hors ce choix stratégique, c'est le suicide démocratique. On ne peut pas toujours empêcher une folie collective issue de la perte du sens commun, mais elle se déploierait alors au détriment des valeurs fondamentales, plus importantes que les seules différences d'idées. Peut-être que ce moment ne viendra jamais, mais ne pas l'avoir recherché de bonne foi relèverait de la défaillance collective.

> [Priorité] S'il faut en choisir une, un peu générale, je dirais qu'il faut redonner à notre pays et à nos compatriotes la fierté et le bonheur d'être français. Je suis souvent attristé en constatant le dénigrement permanent que subit de notre part, nous Français, notre pays, ses institutions, ses services publics, mais aussi ses entreprises. Parfois, quand je regarde les atlas de géographie ou la mappemonde sur mon bureau, je me demande dans quel pays il ferait mieux vivre ! Les problèmes sont bien sûr innombrables et cruciaux, mais il me semble que vivre en France est un sort enviable. Pour ma part, je n'imaginerais pas vivre ailleurs.

> Le pire n'est jamais sûr ! Que ceux qui ne veulent ni de l'un ni de l'autre se rassemblent utilement : là est l'antidote, nulle part ailleurs. Arrêtons de parler de 2027 ! Les Français attendent de leurs responsables politiques qu'ils se concentrent sur ce qui est à faire aujourd'hui puis dans les mois et années qui viennent.
a titre personnel, je regrette tout ce qui bride la libre expression de la souveraineté populaire. La limitation du mandat présidentiel dans le temps, le non-cumul des mandats, etc… Tout cela corsète notre vie publique dans des règles qui limitent le libre choix des citoyens. Ça affaiblit notre vie politique en qualité et en densité, et la rend moins attractive. Changeons tout cela en préservant le bicamérisme et le Conseil constitutionnel, gardien vigilant des principes républicains et des libertés publiques.

> Le macronisme est toujours vivant, pourquoi évoquer sa survie ?! À tous égards, mieux vaut exister pleinement qu'espérer l'éternité.

> Le macronisme, c'est rendre compatible les règles et les intérêts collectifs d'une part, et, d'autre part, la liberté de s'accomplir, d'entreprendre, de progresser, d'être soi-même. Ni les excès du libéralisme, ni ceux du dirigisme. Une société qui prospère parce qu'elle respire. C'est une vision politique pour permettre que chacun puisse maîtriser son destin individuel dans une société aux solidarités collectives protectrices, c'est corriger à la racine les inégalités de destin. C'est construire une France forte dans une Europe souveraine. C'est aussi une pratique politique fondée sur le dépassement des clivages pour rassembler des bonnes volontés d'horizons divers qui partagent des valeurs communes dans le but de trouver ensemble des solutions.