Voici une sélection, ce 25 avril 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Propos lors de la rencontre avec
le Premier ministre de la
République hellénique Kyriákos Mitsotákis] Merci pour vos mots, monsieur le Premier ministre à
l'instant, cher Kyriákos, et votre accueil pour l'ensemble de ma délégation et
moi-même. Vous venez de rappeler une fois encore, nous l'avons fait hier, la
profondeur, l'intensité de la relation entre nos deux pays, l'amitié qui nous
lie.
Alors que le monde se fait chaque jour plus brutal, plus instable, en
déséquilibre, celle-ci n'est pas simplement importante, ce n'est pas un legs de
l'histoire. Nous l'avons, si je puis dire, revigorée. En effet, en 2021, nous
avons signé ce partenariat stratégique de défense, aussi parce que la France
avait délété, su réagir face aux menaces qui réapparaissaient et qui vous
touchaient. Et c'est ce partenariat que nous avons reconduit ici. Pendant cinq
années, nous l'avons saisi de manière très concrète et avons densifié, en
matière de défense, en matière de relations stratégiques, de manière inédite,
le lien entre nos deux pays.
Ce faisant, nous avons lancé un mouvement qui a inspiré et continue d'inspirer
le reste de l'Europe et a consolidé ce pilier européen de l'OTAN, cette Europe
de la défense, qui est maintenant devenue, si je puis dire, une vraie stratégie
au cœur de notre Europe.
Quelques mois après notre partenariat stratégique, nous lancions un exercice
stratégique européen, nous avons débouché sur ce fameux compas, et puis on a
fait, il y a maintenant un an, au niveau européen, ce Conseil si important de
mars dernier qui a consacré, justement, cette Europe de la défense.
En 2021, quand la Grèce et la France se liaient par ce partenariat, c'était un
gros mot pour beaucoup de gens. Nous avons eu, au travers de ce partenariat
aussi, une fonction, si je puis dire, d'inspiration, d'élan pour beaucoup. Il y
a au sein de ce partenariat une clause d'aide et d'assurance mutuelle en cas
d'agression armée. Je veux dire ici qu'il est bon de le dire, ce ne sont pas
simplement des mots. Cette clause, elle se vivra en acte. Et d'ailleurs, c'est
exactement celle que nous avons aussi mise en acte ensemble vis-à-vis de Chypre
le 1ᵉʳ et 2 mars dernier, puis pour les semaines qui ont suivi.
Et puis elle s'est traduite par des coopérations industrielles de défense, la
Grèce ayant fait le choix de s'équiper de 24 Rafale et de 4 frégates de Naval
Group, dont la première, la Kimon, produite à Laurion, que nous avons été
visitée ce matin, qui vous a été livrée en janvier. Cette même frégate qui
s'est d'ailleurs déployée au large de Chypre mars dernier. Nous avons multiplié
les échanges entre nos armées, les opérations communes, maritimes et
terrestres.
Ce partenariat, aujourd'hui, nous ne venons pas simplement de le consacrer,
mais de l'élargir par la signature d'un partenariat stratégique global
renforcé. Bien sûr, la défense, avec, en matière d'innovation, là aussi en
renforcement de nos liens, la dimension nouvelle que représente la dissuasion
aussi avancée, que j'ai annoncée il y a quelques semaines, qui a fait l'objet
d'un travail intense entre nos équipes, et que nous allons poursuivre, et qui
permet d'ancrer ce lien stratégique entre la Grèce et la France.
Aussi, en allant bien au-delà de la défense, ce partenariat prend un nouveau
tour, en renforçant la coopération entre nos services diplomatiques, dans
l'énergie, avec un accord sur le nucléaire civil, dans l'environnement, avec la
décision de la Grèce, que je salue vivement, de rejoindre l'organisation
internationale Mercator, de système et services numériques pour les océans,
dans l'enseignement supérieur, dans l'éducation. Nous aurons tout à l'heure
l'occasion de visiter, avec monsieur le Premier ministre, l'exposition,
célébrant les 180 ans de l'École française d'Athènes, lieu de référence pour
les chercheuses et les chercheurs en sciences humaines et sociales.
Nous renforçons ce faisant le partenariat scientifique et notre partenariat en
matière de culture. Ce matin, l'ensemble de nos musées se sont, sous l'autorité
de nos ministres, réunis, pour voir aussi les politiques d'échange, de
renforcement et de partenariat. Celui-ci vient aussi couvrir l'économie et la
compétitivité. Les échanges franco-grecs ont doublé en 10 ans. Ils n'ont jamais
été aussi élevés. Près de 200 entreprises françaises, comptant près de 17 000
salariés, sont implantées en Grèce. Elles opèrent dans des secteurs
stratégiques, le numérique, l'intelligence artificielle, le renouvelable, les
réseaux électriques, les services financiers, avec, par exemple, vous l'avez
évoqué, le rachat de la bourse d'Athènes par Euronext en novembre 2025.
Consolidation, d'ailleurs, qui, là aussi, permettra de servir de point d'appui
à l'Union des marchés de capitaux, à laquelle nous croyons l'un et l'autre
profondément. Je me réjouis à ce titre que cette visite ait été l'occasion de
signer plusieurs grands contrats, dans le domaine de la défense, avec la
rénovation des missiles MICA de l'armée hellénique par MBDA, dans les énergies
renouvelables, avec la signature par Akuo d'un contrat de développement
conjoint pour sept projets éoliens en Grèce centrale. Le forum économique que
nous clôturerons ensemble tout à l'heure permettra d'accélérer dans cette voie,
parce que nous avons encore beaucoup à faire.
Je le disais, au-delà de la relation bilatérale, nous œuvrons ensemble avec une
intimité stratégique très forte. Face à la situation que nous connaissons au
Moyen-Orient, nous appelons l'un et l'autre au retour de la paix, au maintien
du cessez-le-feu, incluant le Liban, à la poursuite des négociations
diplomatiques pour traiter de la question nucléaire, balistique et des
déstabilisations régionales, à la réouverture pacifique du détroit d'Ormuz, et
ensemble. Avec 47 autres pays, nous avons tenu la première réunion de cette
mission ad hoc pour la réouverture pacifique d'Ormuz il y a une semaine. Et
ensemble, nous plaidons pour que la paix soit trouvée au Liban, que ce pays
puisse retrouver sa pleine souveraineté et sa stabilité, et que le gouvernement
libanais et ses Forces armées puissent procéder au désarmement du Hezbollah.
Paix, stabilité dans la région, c'est l'agenda que nous défendons.
De la même manière, depuis le premier jour, ensemble, nous sommes aux côtés de
l'Ukraine pour résister à la guerre d'agression russe. Nous l'avons fait avec
des aides multiples. Et ces dernières heures encore, nous étions à Chypre
ensemble, avec la finalisation du prêt de 90 milliards d'euros de l'Union
européenne, finalement confirmée, qui va pouvoir acter la décision prise
ensemble en décembre dernier. Nous voulons et nous continuons d'avancer pour
une Europe plus forte, plus sûre, plus souveraine en matière de défense et de
sécurité, mais aussi une Europe plus compétitive, et ça veut dire également une
Europe plus forte en matière économique et technologique. Et les deux sont
indissociables.
Notre conviction profonde, ce qui nourrit nos stratégies, c'est que nous
plaidons pour que notre Europe accélère dans cet agenda, se tienne comme une
vraie puissance géopolitique, c'est-à-dire de défense et de sécurité, mais
aussi industrielle, agricole, économique, technologique, et puisse être
beaucoup plus compétitive, investir davantage et protéger davantage son
économie. Enfin, puisque nous parlons d'Europe, je veux dire là aussi que nous
avons ensemble contribué à impulser un mouvement que je crois inarrêtable et
salutaire, qui est celui de la protection de nos démocraties et de nos
enfances.
Il y a quelques mois, ensemble, nous avons lancé, avec quelques autres
collègues d'ailleurs méditerranéens, une première initiative pour protéger nos
enfants et nos adolescents des réseaux sociaux, et aller vers des politiques
d'interdiction. Nous l'apportons dans nos deux pays. Nous étions 6, un peu
comme dans le site, vous savez. On est partis à six, on est déjà à 14. Je suis
sûr qu'on arrivera à 27, parce que c'est une évidence. Les scientifiques,
maintenant, l'ont prouvé. Et donc, nous allons aller au bout de ce combat.
En septembre prochain, nous aurons mis en œuvre un texte qui permettra
d'interdire nos réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans. Je sais que la
Grèce, à compter de janvier 2027, fera exactement la même chose. On s'est
coordonné pour pousser la mise en œuvre au niveau européen. On est en train de
convaincre tous les collègues. De la même manière, on veut aussi, ensemble, se
battre pour que les règles démocratiques soient mieux respectées par les
plateformes numériques. La transparence des algorithmes, la lutte contre les
faux comptes, la responsabilisation aussi des acteurs, comme d'ailleurs,
ensemble, nous avions œuvré en ce sens pour le DSA. Voilà, Mesdames et
Messieurs, ce que je voulais ici dire.
Mais au fond, tout cela dit une chose. C'est combien l'alliance de nos pays
peut non seulement nous renforcer conjointement, mais rendre aussi l'Europe
plus forte. Parce que l'histoire entre la Grèce et la France, c'est une
histoire d'inspiration et d'amitié réciproque, en termes de démocratie, en
termes de liberté, en termes d'innovation. À chaque fois, nous avons su
reconnaître la force de l'autre et nous nous en sommes inspirés. Et c'est cela
qui, au fond, a toujours nourri la relation bilatérale. Parce que la Grèce et
la France sont aussi cela de commun, qu'elles ont toujours et qu'elles
continuent de toujours vouloir penser plus grande que la frontière de nos pays.
Comme deux puissances maritimes, nous pensons un peu l'universel. C'est aussi
pour cela que nos deux pays sont liés par cette alliance si singulière que nous
avons encore célébrée hier et que nous continuerons de faire avancer. Merci,
Monsieur le Premier ministre, merci infiniment très cher Kyriákos pour ces
discussions, ces textes importants que nous avons signés, mais surtout pour le
chemin commun que nous continuons de mener ensemble.
> Nos traités européens ont un article, l'article
42, paragraphe 7, qui est au fond, dans sa substance, plus fort que l'article
5, parce qu'il prévoit une solidarité entre les États membres, mais il ne
laisse pas l'option.
Nous avons montré que l'article 42, paragraphe 7, n'était pas des mots.
Ensemble, au début du mois de mars dernier, Chypre a été visée par des attaques
du Hezbollah. Nous sommes venus et la décision a été prise dans la minute.
Votre frégate, le groupe de notre côté, avec notre porte-avion, nos frégates et
les frégates de plusieurs de nos collègues, et des moyens supplémentaires.
De la même manière, lorsque le Danemark a commencé à être menacé, la situation
était différente, mais des alertes étaient là, nous avons tout de suite réagi.
Je crois pouvoir dire que pour la Grèce et la France, l'article 42.7, c'est du
béton, c'est-à-dire que c'est une obligation et nous sommes là. Mais nous avons
rendu encore plus fort cet article, si je puis dire, par notre partenariat
stratégique de défense, et maintenant ce partenariat stratégique global
renforcé.
Et qu'est-ce qu'il dit ? Il y a cette clause d'assurance mutuelle. Il le
rend encore plus fort, il le lit de manière bilatérale entre nos deux pays, et
c'est ce qui m'a permis de vous dire hier soir avec beaucoup de clarté :
ne vous posez même pas la question, quoi qu'il arrive, nous serons là, à vos
côtés. Et nous l'avons renforcé par aussi des capacités communes.
Je pense que ce qui est très fort et ce qui a changé, et ce que ce partenariat
vient changer à nouveau, c'est que non seulement on a des programmes
industriels communs, on a des équipements communs, c'est-à-dire on utilise les
mêmes frégates.
En vrai, votre programme de frégate, il est jumeau d'une autre, on avance
ensemble. On n'en a pas plus que vous, on est les deux nations clientes de
Naval Group sur FDI. Vous vous dotez des rafales, on avance ensemble, on fait
des exercices communs. Là, on renouvelle les MICA. On a encore d'autres
projets, et la suite est à construire. Avec ce dialogue aussi sur la dissuasion
renforcée, c'est une intimité stratégique beaucoup plus forte, qui fait que
moi, j'ai souhaité proposer à monsieur le Premier ministre, et il a souhaité
engager ce dialogue stratégique, de voir comment on pouvait encore renforcer
ces liens. Ce sont des coopérations industrielles, capacitaires et stratégiques
pour encore renforcer cette clause d'assistance. C'est assez inédit, ça l'est
même résolument, et ceci montre le lien entre nos deux pays. Voilà exactement
ce que c'est. C'est beaucoup plus fort que tout ce qu'on peut avoir à travers
les alliances qui lient beaucoup d'autres États.
Je veux ici que vous ayez bien en tête une chose, c'est que cette clause
d'assurance mutuelle et d'assistance, elle est intangible et elle n'est pas
discutée entre nous. Donc il n'y a pas de point d'interrogation à avoir, il n'y
a pas de doute à nourrir, et pour tous nos ennemis potentiels, ou réels, il
faut qu'ils le sachent très clairement. Voilà. (…)
Sur l'article 42, paragraphe 7, on vient de l'évoquer. Je crois que pour nous,
il est clair et qu'il n'y a pas d'interprétation ou d'ambiguïté, si je puis
dire, sur cet article. Il faut maintenant, dès que la vocation est mise en
œuvre, l'opérationnaliser.
Ce que nous avons fait encore récemment et ce que nous ferons à l'égard de tous
ceux qui auraient besoin de le solliciter, c'est aussi la force de notre Union
européenne. Je ne crois pas qu'il y ait un besoin aujourd'hui de changer les
traités ou de les modifier, ils sont très clairs. Il y a simplement un besoin
d'abord de continuer de renforcer la défense et la sécurité de tous nos pays.
C'est la logique dans laquelle nous nous sommes engagés. C'est nous-mêmes nous
équiper, continuer d'innover. Et c'est ce que nous défendons depuis neuf ans.
L'Europe plus souveraine que nous appelons de nos vœux, c'est une Europe qui
innove, qui produit sur son sol. Et donc, on a besoin, nous tous, Européens, la
relation franco-grecque en est l'illustration vivante, d'acheter davantage
européens, de produire davantage européens, d'innover davantage en Européens.
Mais pour ça, il faut aussi rester très compétitif en européens. Parce qu'on ne
va pas acheter des choses qui sont moins bien que les compétiteurs ou qui sont
beaucoup plus chères. C'est ça notre défi. C'est comme ça qu'on le mettra en
œuvre.
Donc les stratégies nationales, la clarté est donnée. Elle a été rappelée
d'ailleurs hier par la présidente de la Commission lors de nos débats. Article
42, paragraphe 7, elle a la même lecture que nous deux, la même.
Ensuite, c'est sa mise en œuvre, le moins souvent possible, parce que ça
voudrait dire sinon qu'il y a des agressions ou des attaques, mais en tout cas
en ne laissant aucune ambiguïté. L'OTAN apporte des choses et nous n'avons
jamais considéré que nos alliances, nos partenariats ou l'Union européenne
étaient une alternative à l'OTAN ou quelque chose pour supprimer l'OTAN.
L'OTAN, c'est une alliance plus large qui apporte l'interopérabilité, qui avait
évidemment notre allié américain. Et donc nous, notre responsabilité, c'est de
ne jamais rien faire pour affaiblir l'OTAN. Et je crois pouvoir dire qu'avec
méthode, c'est exactement ce que nous faisons. Mais c'est aussi de regarder
avec lucidité le fait que ce qui est demandé, parfois gentiment, parfois moins gentiment
par les Américains aux Européens, c'est au fond de faire quoi ? De
s'occuper de leur sécurité. C'est ça le message qui est donné. Quand on nous
dit : vous devez prendre vos parts du fardeau, vous devez investir plus,
ce qui était le message déjà il y a près de 10 ans.
Quand on nous dit, on nous secoue aujourd'hui un peu en menaçant un tel ou tel,
la leçon qu'on doit en tirer : ne soyons plus dépendants. Et donc, on
doit, oui, investir davantage, mais nous, Européens, on doit renforcer ce
pilier européen de l'OTAN, on doit renforcer cette Europe de la défense, non
pas contre qui que ce soit, non pas en alternative à quoi que ce soit, en
essayant de consolider nos alliances historiques, parce qu'elles nous rendent
plus fortes et sont le fruit aussi d'une amitié et d'une estime, mais en ayant
la lucidité de voir que ça peut être fragilisé. Donc on ne doit pas courir ce
risque. Voilà, c'est exactement notre stratégie.
> Une Europe plus compétitive qui est dans la
course, c'est une Europe qui simplifie, qui protège son économie contre le
non-respect du commerce international des pratiques de dumping, qui diversifie
ses partenariats et puis qui investit dans l'innovation, la transformation.
C'est tout le défi de notre budget. On doit garder nos politiques historiques,
elles sont importantes. Et ce n'est pas ici qu'on va dire, entre nous, qu'on
est pour sacrifier la Politique agricole commune ou les Fonds de cohésion. Donc
ça, c'est nos grands budgets historiques, on veut les maintenir et il y aura
une écrasante majorité pour les maintenir.
Et puis, on a des défis historiques liés à notre génération : la défense
et la sécurité, la bascule technologique que sont l’IA et le quantique et les
green tech. Sur ces trois catégories, l'investissement est à faire maintenant.
Et les Européens investissent beaucoup moins que les Américains et les Chinois,
publics et privés. Donc pour faire face à ces nouveaux défis, ces trois
catégories de dépenses, on doit mobiliser de l'argent privé, beaucoup mieux.
C'est notre Union des marchés de capitaux. Et ça, il ne faut pas ralentir,
aller en arrière, il faut accélérer. Mais on a besoin aussi de plus d'argent
public. Comme on veut que ce soit un marché unique, puisqu'on le défend, qu'on
simplifie les règles, on ne veut pas que cet argent public soit national, sinon
on va recréer de la compétition interne.
Il doit être européen, cet argent public. Alors, on a plusieurs leviers. On a
des ressources propres nouvelles, parce qu'en même temps, personne n'a envie
que les contributions nationales n'augmentent. On a tous des limites. Et donc
l'argent public nouveau au niveau européen, ça peut être quoi ? Les
contributions nationales, personne n'a envie de les augmenter. Deuxième option,
les ressources propres, on est prêt à regarder. Il y a des ressources propres
qui peuvent être mobilisées. La Commission a proposé des idées, le Parlement
européen.
Il faut avancer là-dessus, c'est le débat qui a été lancé hier par la
Commission. Nous sommes favorables à avoir de nouvelles ressources propres. Et
puis, in fine, il faut bien regarder aussi le contexte dans lequel on est. Et
c'est là où tout se rejoint, où le moment est important. C'est qu'il y a un
appétit pour la dette européenne parce qu'il y a une géopolitique et parce que
les investisseurs aujourd'hui ont envie d'un peu réduire leur risque, leur
exposition aux papiers américains, s'ils ont beaucoup acheté Il n'y a pas
tellement de papiers européens, il y a des papiers nationaux, on vend de la
dette de chacune de nos nations, mais on a besoin de ce que les marchés
appellent un safe and liquid asset, un actif qui est à la fois sûr et
liquide. C'est de la dette européenne.
Là, on a deux leviers à creuser. Le premier, on s'est endetté au moment du
Covid. Aujourd'hui, on nous dit qu'il faut vite le rembourser. C'est idiot.
Étalons cette dette, refaisons des réémissions, parce que les gens veulent ce
papier pour pas cher. Ça nous donne de la profondeur de champ.
La deuxième chose, peut-être que sur des dépenses, pour bien rassurer tout le
monde, qui sont d'intérêt commun, qui sont nouvelles, allez, la défense, le
spatial, l'intelligence artificielle, on a peut-être un intérêt à émettre
ensemble de la dette.
Aujourd'hui, beaucoup vont vous dire : jamais de la vie. Mais en vérité,
soit ils décident de ne pas investir, erreur stratégique énorme, soit ils
décident d'augmenter leurs contributions nationales, ils n'en ont pas envie,
soit on trouve des ressources nouvelles. A la fin, on va y arriver, parce qu'au
fond, l'Europe doit être dans le jeu. On n'a pas envie de laisser à nos enfants
une Europe qui serait complètement distancée sur le plan technologique, qui
serait hors du jeu technologique ou de la défense, et donc c'est maintenant
qu'il faut faire ces investissements. Donc voilà, je vous ai donné l'ensemble
des possibles. Donc nous, on va se battre pour trouver des nouvelles ressources
propres et être pragmatiques sur la question de l'endettement commun.
> [Approvisionnement et prix des carburants] Le
Premier ministre, le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Énergie, et
son collègue en charge de la consommation, a juste le titre mis en place, dès
le début, un mécanisme de transparence. Donc moi, je ne ferai pas ici de
commentaires parce que, dans ces contextes-là, il ne faut pas créer de la défiance
ou stigmatiser. Il y a de la transparence, c'est contrôlé, c'est vérifié. La
direction générale compétente, celle de la consommation, le commerce et de la
répression des fraudes, regarde chacun de ses distributeurs et regarde comment
les prix sont répercutés à la pompe et s'il y a des marges excessives ou pas, à
la hausse comme à la baisse. Sur la base de ces rapports, et moi, je ne
commande pas des fuites ou autres, la transparence est faite et des décisions
sont prises. Voilà.
On n'a pas attendu deux mois. Dès le début, le Gouvernement a pris les bonnes
dispositions et transparence, accompagnement, responsabilisation, c'est la
bonne pratique. On est tous embarqués dans la même galère et cette galère, on
ne l'a pas choisie, si je puis dire. Nous subissons la géopolitique et nous
subissons cette guerre qui a été enclenchée il y a maintenant plusieurs mois.
Sur votre première question, je me garderais bien de faire de la
politique-fiction, parce que ce n'est pas mon travail et surtout, je sais
comment la psychologie peut se comporter.
On n'est pas là pour expliquer le pire des risques, parce que la pire des
choses dans ces moments-là où il y a des tensions de l'incertitude
géopolitique, c'est que ces tensions soient accrues par des comportements de
panique. Et bien souvent, la pénurie, on la crée par ces comportements de
panique eux-mêmes.
Je crois pouvoir vous dire à ce stade que la situation, elle est contrôlée,
qu'il y a un impact sur les prix mondiaux que, malheureusement, vivent nos
compatriotes, qu'on a mis en place des dispositifs d'aide sectorielle et un
accompagnement pour les plus grands rouleurs, qu'aujourd'hui, la situation ne
nous fait envisager aucune pénurie et qu'on consacre plutôt notre énergie pour
rouvrir le plus vite possible Ormuz et donc encourager les parties prenantes à
aller au bout des négociations, stabiliser la situation et rouvrir Ormuz. C'est
pour ça qu'on s'est mobilisés vendredi dernier.
Notre travail, c'est plutôt que dans les prochains jours et prochaines
semaines, on puisse obtenir une réouverture complète, conforme au droit
international à la liberté de navigation, sans péage sur le détroit d'Ormuz. Et
là, les choses pourront progressivement revenir à la normale. On sait qu'il
faudra un petit peu de temps pour restabiliser. Parce qu'il faudra retrouver la
fluidité logistique, il faudra faire redémarrer des capacités de production.
Donc les choses ne sont pas simples. Mais on n'est pas dans le scénario qui est
un des scénarios du pire que vous avez décrit, qui n'est aujourd'hui pas le
plus probable et qui ne m'appartient pas de commenter.
> Propos sur la souveraineté européenne] C'est le
moment de l'Europe et à plusieurs égards. Tout d'abord, tous, dans ce monde,
voient clairement que nous sommes dans un monde de désordre. Deuxième élément,
tout le monde voit que la puissance numéro un, les États-Unis, pourrait être un
allié pour certains pays, mais cet allié n'est plus tout à fait stable. C'est
quelque chose qui compte. Lorsque nous avons des partenaires, nous sommes
vraiment à leur côté.
D'ailleurs, la Grèce et la France, ces derniers mois, nous avons agi de concert
dès le premier moment, dès les premières attaques de l'Iran. Nous nous sommes
vus hier et nous avons dit que la Grèce, la France étaient justement reconnu,
félicité par les autres pays de l'Union européenne parce que nous avons notre
système de protection aérienne, nous avons nos rafales, nous avons de nouveaux
systèmes de dernière génération et nous avons contribué concrètement, dès les
premiers instants, à leur défense. Et je pense que ça, c'est quelque chose
qu'il ne faut pas sous-estimer. Nous sommes prévisibles, nous sommes fiables.
Et puis surtout, lorsque vous prenez l'image globale, l'Europe, lorsqu'on peut
mutualiser toutes nos capacités, l'Europe représente une capacité de défense
énorme. Elle est un acteur qui compte pour une part immense du commerce
international.
Nous sommes aussi une plateforme financière extrêmement importante. Et
d'ailleurs, nous sommes en train d'améliorer les rapports entre la France et la
Grèce ces derniers mois avec la fusion sur la plateforme d’Euronext. Si l'on
prend les différents domaines, les différentes catégories, eh bien, nous y
sommes maintenant. Ce que nous devons encore faire, c'est devenir une vraie
grande puissance, donc utiliser notre poids dans l'ordre mondial, nous faire
respecter beaucoup plus que ce qui est le cas aujourd'hui, et contribuer à des
solutions réelles. Il ne s'agit pas simplement d'être un acteur, un négociateur
d'accords. Non, nous devons imposer certaines conditions, protéger notre
industrie, et nous devons être perçus comme un partenaire crédible à long terme.
Et je dois vous dire que là où nous sommes en ce moment, c'est le moment qui
est la chance pour l'Union européenne. C'est maintenant que l'Union européenne
peut être perçue comme un partenaire prévisible et fiable.
> [Union européenne] Je pense que nous avons
sur-réglementé certains secteurs. Il est clair que nous avons des défis devant
nous, et il s'agit effectivement de mener à bien une simplification, une
simplification d'échelle pour le marché unique, par exemple. Alors, il est
clair que nous sommes trop lents.
La simplification, oui, nous devons retirer toutes les entraves que nous nous
sommes parfois mises nous-mêmes. Nous avons encore trop de réglementations
nationales, nous devons améliorer cela. Et c'est justement l'une des
conclusions du rapport Draghi et du rapport Letta. Ce dont nous avons parlé
avec la Commission l'an dernier, il y a ce paquet Omnibus. D'ailleurs, nous
sommes nombreux à faire exactement le même exercice au niveau national, mais
cela ne suffit pas. Cela ne suffit pas, car on peut aussi avoir une
réglementation intelligente, et je voudrais insister là-dessus. Il nous faut
une réglementation qui, parfois, va préserver notre industrie, notre capacité
de production.
La Chine et les États-Unis disposent de réglementations, mais cette
réglementation favorise les acteurs nationaux. La plupart du temps, nos
réglementations représentent un poids sur les acteurs européens et nous sommes
un peu trop naïfs vis-à-vis des autres. Nous devons préserver un terrain de jeu
égalitaire, mais il faut bien entendu que ceux qui veulent travailler au sein
de l'Union européenne, eh bien, vont être soumis aux mêmes conditions. Or, ce
n'est pas toujours le cas. Voilà pourquoi nous, nous prônons ce concept de
préférence européenne. Si l'on veut vraiment aller de l'avant avec ce
programme, eh bien, nous devons être lucides et nous devons voir les choses en
face.
L'un des défis de l'industrie aujourd'hui, cela concerne la Chine. La Chine,
aujourd'hui, est en surcapacité. Elle a des aides d'État dans pratiquement tous
les secteurs et elle tue pratiquement les secteurs équivalents européens. Nous
devons voir comment nous allons réagir par rapport à cela. Est-ce que nous
sommes dans un éboulement ? L'année dernière, la Chine a contribué à
détruire des milliers d'emplois en Allemagne. Il faut réagir.
Comment réagir ? Eh bien, il faut une réglementation pour protéger les
secteurs clés. Et il s'agira aussi de protéger nos démocraties. Ce que nous
voulons faire, par exemple, par rapport aux réseaux sociaux pour les jeunes,
les enfants et les adolescents, ça, c'est quelque chose que nous devons faire.
Et ça, c'est quelque chose qu'il faudra faire aussi pour la compétitivité. Oui,
il faut restaurer un terrain de jeu égal. Il faut une concurrence loyale. À
chaque fois que la concurrence devient déloyale, eh bien, à ce moment-là, il
faut protéger notre économie.
Et puis, je dois dire que la protection, ce n'est pas le protectionnisme. Moi,
je suis tout à fait en faveur du libre-échange, mais nous n'en sommes plus là.
Il y a d'un côté une surproduction, une surcapacité et une aide extrême du côté
de la Chine. Nous avons un protectionnisme du côté des États-Unis. Non, nous
devons nous protéger. Voyons ce que fait la Chine sur les minéraux critiques,
par exemple, et les terres rares, ils reprennent un grand nombre de ces
capacités. Ils mettent à mal la concurrence.
Lorsqu'il y a encore des concurrents, ils créent des conditions de dumping pour
justement mettre à mal les concurrents. Et lorsque nous sommes très naïfs, eh
bien, nos propres producteurs vont en Chine pour avoir de meilleures
conditions, mais il faut un pourcentage minimal d'entreprises européennes.
Autrement, nous n'allons pas pouvoir protéger notre autonomie stratégique. Nous
le voyons bien dans le domaine de la sécurité, mais c'est aussi :
l'industrie, l'agriculture, la technologie et les finances.
> Les marchés des capitaux, par exemple. Nous avons
essayé de mettre en place une union bancaire depuis des années, mais c'est
très, très important. Pourquoi ? En tant qu'Européens, nous avons
davantage d'épargne que les Américains. C'est vrai. Mais cette épargne, en
raison de nos réglementations, cela va financer les marchés des obligations,
donc cela finance les dettes des États ou des entreprises, ou alors cette
épargne va aux États-Unis pour financer les entreprises là-bas parce qu'ils ont
un bon marché de capitaux.
Avoir un marché de capitaux fort en Europe, cela signifie avoir la capacité de
mettre notre épargne au bon endroit pour financer l'innovation et la création
d'activités. C'est ceci que nous devons expliquer. Et nous voulons tous avoir
la meilleure innovation du monde, bien sûr. En même temps, nous voulons que ce
soit abordable, nous voulons que ceci fasse partie du monde, nous voulons avoir
de l'innovation et nous voulons être libres et indépendants. Si on achète des
produits de l'autre bout du monde parce qu'ils avaient la capacité d'investir
dans cette innovation, eh bien, on perd quelque chose.
Très clairement, il n'y a pas de raison que par rapport à ces sommes d'épargne
que nous avons, il n'y a pas de raison que nous ne puissions pas les canaliser
là où il le faut par rapport aux différents titres. Voilà ce qu'est l'enjeu du
marché des capitaux. Pour ce faire, nous devons simplifier notre réglementation
pour mettre en place, pour devenir, pour mettre en place de véritables acteurs
européens. C'est la seule manière d'avancer. Et puis, une fois de plus, la
simplification de la réglementation pour que cette épargne puisse être investie
dans l'innovation et prendre des risques aussi.
> Nous ne devons pas sous-estimer le moment actuel.
Nous avons en ce moment un président américain, un président russe et un
président chinois qui sont tous contre l'Union européenne. Et donc, c'est
l'occasion. Mais si nous ne croyons pas en nous-mêmes, qui va dire : mais
vous êtes formidables ! Nous devons être un petit peu plus confiants. Et
puis, je dois dire que je ne suis pas d'accord avec vous sur l'Ukraine, pour
revenir sur cet exemple. Lorsque la guerre a commencé, en février 2022, il y avait
énormément de scepticisme sur notre capacité à réagir.
Mais quels sont les faits ? Au premier jour, nous avons décidé deux
sanctions contre la Russie à l'unanimité. Nous avons adopté ce paquet. Et
l'économie russe en souffre, il ne faut pas croire les fake news,
justement. Donc déjà, au premier jour, nous avons exprimé notre solidarité très
claire vis-à-vis de l'Ukraine, dans un cadre très clair.
Nous ne voulons pas être impliqués dans ce conflit, parce que nous parlons
aussi d'un pays d'une puissance nucléaire à nos portes, mais nous avons
contribué à la résistance ukrainienne. Nous sommes l'investisseur le plus
important. L'Ukraine résiste beaucoup mieux que ce que l'on attendait. Et quant
à la capacité des Européens, on nous disait, voilà, il y a six mois, l'Ukraine
va tout à fait s'effondrer pendant l'hiver. Eh bien, ils ont repris les
territoires. Donc nous avons adopté des sanctions.
Nous sommes restés unis. Nous avons fourni beaucoup d'aide aux Ukrainiens sur
les financements, les capacités dans d'autres domaines. Et pour la première
fois, nous avons mis en place cette coalition des pays volontaires. Et ce n'est
pas quelque chose qui va à l'encontre du soutien américain. Mais ce qu'il faut
voir, c'est que cette coalition que nous avons lancée au mois de février de
l'année dernière en tant que réaction à cet événement, cet incident à la
Maison-Blanche avec le président Zelensky, ce que nous disons, c'est que nous
voulons prendre nos décisions nous-mêmes. Ça, c'est quelque chose, d'ailleurs,
que nous avons lancé avec le Royaume-Uni, mais nous avons également le Canada,
l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon. Donc ce n'est pas uniquement
l'Union européenne, il y a également la Norvège et le Royaume-Uni, et c'est une
création qui est très puissante.
En tant qu'Européens, nous mettons en place un cadre qui nous permet de mettre
en place cette réaction. Alors, bien entendu, les relations avec les États-Unis
sont très importantes, mais nous avons déjà pris un certain nombre de
décisions, et ce que nous avons décidé au niveau français, par exemple, ne va
pas à l'encontre de ce que veulent faire les États-Unis.
> Si l'on voit la concurrence mondiale, l'ordre mondial, eh bien, ce qu'il nous faut, c'est des normes communes et davantage de simplification. Tant qu'on a six ou sept ou huit fois plus de capacités, lorsque nous avons ces structures fragmentées, eh bien, nous ne pourrons pas être compétitifs vis-à-vis des États-Unis, donc il faut des fusions, il faut des approches différentes, mais nous devons aller au-delà des intérêts nationaux et des intérêts des entreprises, ça, c'est un intérêt stratégique global.
Pour moi, la défense et la sécurité, c'est un très bon
exemple qui va permettre justement d'illustrer ce dont nous parlions tout à
l'heure, avoir une autonomie stratégique. C'est quoi, cette autonomie
stratégique ? C'est acheter européen, c’est produire européen.
C'est ce que nous avons fait avec les sous-marins. Vous avez décidé d'acheter
des sous-marins français. Le Kimon est une fierté partagée. Nous allons voir
cette frégate de près demain. Mais là aussi, c'est une coopération, parce que
cela devrait progressivement être une production européenne. Et c'est au niveau
européen que nous devons gérer cela.
Il y a de nombreux pays qui n'avaient pas d'industrie très forte, très
puissante. On doit leur dire aux Coréens, par exemple, ou à d'autres, nous
devons leur dire : vous devez acheter européen parce que cela vous
permettra d'être plus indépendant, plus autonome, parce que quels que soient
les choix des États-Unis, vous pourrez être sûr que vous disposerez encore de
vos armes, de vos munitions, mais il faut créer aussi des possibilités
industrielles. Et c'est précisément ce que nous sommes en train de faire. Et
c'est cela, justement, la révolution que nous devons mener à l'échelle
européenne. Parce que nous avons sous-estimé le fait qu'après la Deuxième
Guerre mondiale, la défense et la sécurité n'étaient plus un sujet de
préoccupation pour les Européens, ou même c'était un sujet tabou. Voilà.
C'était un sujet national.
Nous n'étions pas censés coopérer au niveau européen et le grand fournisseur,
c'était les États-Unis. Et ce qui est en train de changer progressivement,
c'est que nous avons décidé d'avoir cette solidarité commune, ces programmes
communs.
> En 2022, le Président Poutine nous a fait une
piqûre de rappel, si vous voulez. Il est clair que l'OTAN est soumise à des
pressions. Il est clair que les Européens devaient aussi assumer leur part du
fardeau. Et effectivement, nous dépensons plus. Et puis, il y a, à l'article 5,
ce qui a été proposé par le président américain, pas par les Européens, qui
affaiblit l'alliance. Nous, nous sommes là pour l'interopérabilité de nos
équipements, de nos armées, etc. Et c'est la source, justement, de son efficacité
et c'est une bonne alliance stratégique qui nous est utile à nous tous. Mais je
dois dire que je crois beaucoup au pilier européen de l'OTAN. Je l'ai déjà dit,
je l'ai déjà défendu il y a des années, comme votre Premier ministre l'a dit.
Nous prenons, justement, l'autonomie stratégique, et voilà où nous en sommes.
Et je pense que nous devons renforcer ce pilier européen. Nous ne devons pas
affaiblir l'OTAN. Nous devons, bien entendu, préserver l'OTAN et son
interopérabilité, mais les alliés européens doivent avoir une alliance plus
forte et être prêts à agir. Par exemple, en mer Baltique, dans l'Arctique,
vis-à-vis de la Russie, sur certaines questions de sécurité, en Ukraine, avec
la coalition des pays volontaires. Ailleurs, par exemple, dans le détroit
d'Ormuz, ce ne sont pas des opérations de l'OTAN, ce sont des opérations des
Européens qui travaillent ensemble et qui mettent en place des solutions
stratégiques communes. Donc, je pense que ce que nous créons c'est… Ce que nous
sommes en train de créer, c'est le pilier européen de l'OTAN, et nous
renforçons les capacités de défense de l'Europe.
> Je suis en faveur d'une réduction du risque.
Réduire le risque, ceci consiste à dire, lorsqu'il y a trop de dépendance, eh
bien, nous devons y remédier, changer les modes de production, les lieux de
production. Nous avons vis-à-vis de la Chine des dépendances énormes en ce
moment par rapport à certaines matières critiques, par rapport à la technologie
également. Et je pense que le programme que nous devrions avoir devant nous,
c'est justement avoir une stratégie de réduction de risque.
Nous avons les mêmes valeurs que les États-Unis, pas les mêmes valeurs que la
Chine, mais ce que nous devrions éviter, c'est de nous précipiter dans une
politique de découplage vis-à-vis de la Chine. Sinon, nous allons donner
l'impression que nous sommes un simple vassal des États-Unis, et ce n'est
absolument pas là que réside notre avenir. Voilà pourquoi je suis vraiment en
faveur de cette stratégie pour l'Europe de réduction de risque. C'est une
stratégie sur 10 ans.
Nous avons besoin des préférences européennes. Nous devons mettre en place des
clauses par rapport à certains secteurs lorsqu'il y a trop d'aide d'État, par
exemple les véhicules électriques. Nous devons réengager le dialogue
stratégique avec la Chine. Donc leur dire, nous ne croyons pas au système de
tarifs, nous pensons que c'est une mauvaise idée. Mais nous devons résoudre les
déséquilibres.
Il nous faut probablement davantage de transferts, davantage d'investissements
pour les secteurs critiques dans lesquels nous pourrions travailler ensemble.
Et donc, je pense que le fait de rééquilibrer et de réduire les risques, c'est
quelque chose qui est tout à fait faisable au niveau européen. Nous allons
rester, bien entendu, engagés par rapport aux Américains, mais sans devenir
leur vassal.
> Je prends ce que nos dirigeants donnent, c'est une philosophie que nous devons suivre. Bon, je connais Monsieur Trump très bien, c'est un caractère trempé. Mais, comme vous l'avez dit, nous devons être lucides vis-à-vis de la stratégie américaine. Et cela ne dépend pas uniquement du caractère et du comportement de Monsieur Trump. Et je dois dire que si les Américains ont décidé que leur priorité numéro un, c'est l'Amérique, l'Amérique d'abord, il a été élu pour cela. Il a été élu pour apporter des résultats dans ce domaine. Ensuite, la deuxième priorité, c'est la Chine. Mais, c'est Monsieur Obama qui a dit que je serais le premier président pacifique. Mais, c'est assez cohérent. Voyons ce qui a été fait en Afghanistan ou les autres décisions qui ont été prises. Ce n'était pas une approche pro-européenne. Bon, parfois, Monsieur Trump est plus explicite. Il peut être plus agressif sur le plan verbal, si vous voulez, mais ils ne mettent pas les intérêts européens dans leurs priorités. Voilà, c'est un fait. Mais, nous, en tant que dirigeants, nous ne sommes pas là pour commenter, réagir sur les tweets ou autres commentaires. Nous, nous sommes là pour défendre nos pays, notre continent. Ce que nous devons faire, c'est agir. Il faut, bien entendu, aller plus vite, c'est clair, pour renforcer notre indépendance. Ça, c'est vraiment mon obsession.
> C'est un moment historique. On peut être en contact avec les États-Unis sur certains sujets parce que nous avons tout de même des liens historiques et certaines valeurs communes avec les États-Unis. J'espère que nous allons pouvoir trouver des solutions au niveau du G7 sur les matières critiques et les terres rares parce que nous avons des intérêts partagés par rapport aux surcapacités chinoises et par rapport au fait qu'ils ont pratiquement le monopole là-dessus. Et je pense véritablement que cette approche américaine va durer tout simplement. Et au cours du premier mandat, un grand nombre de pays européens voyaient le gouvernement américain et se disaient : « Bon, d'accord, cela va, de toute manière, un jour, se terminer, donc essayons de résister et attendons patiemment. » Mais nous voyons bien désormais que nous devons réagir, nous devons réagir en tant qu'Européens, nous devons être plus unis, nous devons défendre nos intérêts. Et je pense que nous allons dans la bonne direction.
> L'alliance entre la Grèce et la France, c'est quelque chose de très simple. Lorsque vous allez vous coucher, vous n'allez pas vous demander ce que l'autre va faire le lendemain. Vous le savez, si votre souveraineté est mise en péril, eh bien, nous serons à vos côtés.
> Regardez ce que nous sommes parvenus à faire au cours des années passées, de la dernière décennie. Nous étions le continent où l'expertise, c'était la guerre civile. Pendant des siècles, nous avons toujours eu des guerres civiles. Et le projet initial, c'est la paix et la prospérité. Mais nous avons réussi cela. Nous n'aurons plus de guerre civile. Nous ne devons pas sous-estimer cela.
C'est une création qui est unique. C'est beaucoup plus
compliqué. Alors, on a l'impression que c'est très lent, que c'est très
compliqué, mais c'est une création dans laquelle 27 États travaillent ensemble,
sans hégémonie, et nous avons préservé la paix sur notre continent. C'est
quelque chose qui ne s'était jamais réalisé auparavant. Nous avons décidé de
mettre en place le marché unique pour garantir la prospérité, nous l'avons
fait.
Et maintenant, nous devons garantir notre existence géopolitique. Je dirais que
c'est cela. Et donc, nous devons devenir une puissance. Pas uniquement un
endroit de paix et d'économie, mais une puissance géopolitique. Mais nous avons
écrit les premiers chapitres. Il n'y a aucune raison pour que nous ne soyons
pas capables d'écrire les chapitres suivants. Nous devons être lucides.
Notre continent, notre union est quelque chose d'extraordinaire en termes de
civilisation, en termes de force, en termes de capacité de gérer nos propres
complexités. Et nous pouvons aller de l'avant en utilisant l'État tel qu'il est
organisé aujourd'hui. Je vais le dire avec tout le respect de notre amitié,
vous l'avez fait dans votre pays avec énormément de courage il y a 15 ans.
Donc, bien entendu, il faudra adopter des réformes qui seront peut-être
douloureuses, il faudra envisager d'autres réformes, mais l'ampleur des
réformes est quelque chose qui est tout à fait faisable. Nous sommes des
démocraties, donc notre défi, c'est de convaincre nos concitoyens que c'est
quelque chose qui relève de nos intérêts partagés. Et donc, cette traversée sur
laquelle nous sommes engagés ensemble, c'est cela qui est important, justement.
> [Propos à
l’occasion du dîner avec le Président de la République hellénique Konstantínos
Tasoúlas] Ellás – Gallía –
Symmachía. Ce slogan Grèce-France-Alliance fut scandé par les Grecs lors du
retour de Konstantinos Karamanlis dans l'avion présidentiel français après une
décennie d'exil à Paris, et il est aujourd'hui, au fond, plus à propos que
jamais.
Votre invitation de ce soir nous honore, Monsieur le président, et elle
s'inscrit dans la continuité d'une longue histoire. Celles des visites qui ont
marqué l'amitié entre nos deux pays, celle du général De Gaulle en 1963, ou
encore celle de Valéry Giscard d'Estaing en 1975, premier chef d'État à rendre
visite au Premier ministre Karamanlis après le retour de la démocratie en
Grèce.
Dès l'origine, la France s'est faite la principale défenseuse de la
vocation européenne de votre pays. Tous les présidents français, je le crois,
et tous les Français, sont en effet depuis toujours animés par l'idée que
l'Europe sans la Grèce ne serait pas l'Europe. D'abord, ce fut par la volonté
de consolider le retour de la démocratie dans le pays qui en fut le berceau,
ensuite par un sentiment tenace de solidarité venu de loin et qui ne s'est
guère démenti lorsque l'histoire se fit, il y a 15 ans notamment, plus
tumultueuse pour vous et pour nous tous, Européens.
La profondeur de ce lien, vous l'avez rappelé à l'instant, Monsieur le
président, chacun ici la connaît, elle remonte à l'Antiquité, le philhellénisme
qui a nourri la pensée française, sa littérature comme sa philosophie, et au
fond, cette complicité qui a fait que vous avez inventé les Jeux olympiques,
mais il a fallu un Français pour les réinventer à l'ère moderne. Tout ça naquit
du soutien français à votre lutte pour l'indépendance aussi, nourri d'une soif
de justice, d'une admiration historique, celle de ses combattants français
volontaires, de Navarin à la Morée, celle des intellectuels et des artistes
philhellènes, tous animés par les mots de Byron, Chateaubriand ou Hugo, ou les
pinceaux de Delacroix, présents jusque dans votre bureau.
La Grèce sur les ruines de Missolonghi, qui a voyagé cette année jusqu'à
cette ville d'Étolie, figure, ainsi, en quelque sorte, comme la grande sœur de
notre liberté guidant le peuple, et scelle, en quelque sorte, le destin de nos
deux nations unies par le même goût de la liberté. Sont venues plus tard les
épreuves de la guerre civile et de la dictature, et là aussi la France a fait
siennes ses enfants de la Grèce, et ils le lui ont bien rendu, mettant tout le
génie créatif de leur pays d'origine au service de son rayonnement, de
Costa-Gavras à Cornelius Castoriadis, et tant de destins scellés présents
autour de ces tables et je veux ici les en remercier.
La France n'oublie pas non plus les milliers de Grecs qui se sont portés
volontaires pour la défendre, des tranchées de la Grande Guerre jusqu'aux
Armées de la Libération, avec toujours cette même volonté de se tenir côte à
côte lorsque nos valeurs de liberté et de démocratie sont menacées.
Cette histoire commune est profondément européenne. Nous fêtons cette année
l'anniversaire de l'adhésion de la Grèce à la Communauté économique européenne,
45 ans de fidélité et de solidarité, unis par cet idéal de liberté universelle,
45 ans d'admiration mutuelle, résolument méditerranéenne et si européenne. Et
sur ce socle historique, nous bâtissons l'avenir. Nous le bâtissons en étant
côte à côte dans les temps difficiles, nous le bâtissons en ayant aussi la même
volonté d'innovation, de technologie, de culture, de défense et de sécurité. Et
je dois dire à quel point nos deux pays — je parle sous le contrôle de Monsieur
le Premier ministre — sont, comme on le dit, affinitaires sur tant de sujets.
Nous le faisons aussi avec beaucoup de respect et d'admiration pour le chemin
parcouru par votre pays durant les 15 dernières années.
Le succès économique grec est admirable à tous égards. Il s'est bâti sur
des sacrifices réels que nul n'oublie, mais il force le respect de toute
l'Europe et a rendu l'Europe elle-même plus forte, succès incarné
symboliquement depuis quelques semaines par votre présidence de l'Eurogroupe
que la France a soutenue.
Alors vous avez tout dit, des tumultes actuels du
monde, et je ne veux pas être plus long, Monsieur le président. Mais au fond,
en effet, depuis 2021, nous avons construit un partenariat nouveau au service
de votre sécurité, de notre souveraineté, conscients aussi que lorsque la Grèce
peut être menacée, c'est l'Europe toute entière qui l’est, et la France aussi.
Demain, nous allons ensemble renforcer ce partenariat en lui donnant un visage
nouveau, continuant à renforcer nos liens en matière de sécurité, de défense,
mais aussi de culture, d'économie, d'innovation. Aucun champ n'échappera à ce
qui va être scellé demain et ce que vous aurez à nourrir. Et je le dis ici
devant les plus éminents représentants de nos industries, de notre économie, de
notre défense, de notre culture, qui sont présents autour de ces tables. Et
vous aurez à le faire parce qu'au fond, notre destin est scellé depuis tant de
siècles, mais les troubles du monde que vous avez parfaitement décrits le
rendent plus vivant encore.
Alors, j'avais un discours beaucoup plus élaboré, mais je l'ai dit tout à
l'heure avec le Premier ministre et nous le redirons demain, et vous avez
parfaitement dit les choses, Monsieur le Président, donc je m'inscris dans vos
propos. Parce que je vois vos chandeliers qui sont progressivement consumés par
la bougie, et je ne voudrais pas retarder davantage ce dîner. En voyant cette
image, me revient simplement, pour vous dire les choses avec des mots peut-être
plus spontanés, une image que j'ai souvent convoquée et qui est dans les
lettres que Diderot fait à Sophie Volland. Il va un jour chez elle pour la
retrouver. C'était son amoureuse. Et alors qu'elle est absente, il écrit, la
bougie progressivement se consume. Et il écrit avec frénésie, noircit les pages.
A un moment, la bougie se consumant, il ne voit plus clair.
Il a cette phrase pour lui dire : « Je ne sais pas si j'écris encore sur
la page, mais partout où vous n'arriverez pas à me lire, lisez simplement que
je vous aime. » Alors, de tous les mots que je n'ai pas prononcés ce soir, au
fond et au-delà de tous les grands discours, je voudrais simplement que vous
toutes et tous ici, en Grèce, vous sachiez une chose très profondément, c'est
qu'au-delà de tous les mots et malgré tout ce que je n'ai pas convoqué ce soir
ou pas dit, n'oubliez jamais que les Français vous aiment.
Et donc, ne doutez jamais, et lorsque le risque revient, sachez que nous serons
là, mais ne doutez jamais aussi, parce qu'au-delà de toutes les choses très
compliquées, parfois, qu'on peut accompagner de mots très technocratiques, il y
a au fond une amitié profonde. Oui, l'amour que nous avons pour vous.
La France, la Grèce, l'Alliance. Vive l'amitié entre nos deux pays.
> En ce 24 avril, la République commémore le génocide des Arméniens de 1915 et s'incline devant la mémoire des victimes. C'est une occasion de se souvenir, de transmettre et de souligner le lien indissoluble qui unit la France à l'Arménie et les Français aux Arméniens.
> Heureux d’être de retour à Athènes et de retrouver de grands amis. La Grèce et la France sont liées par une amitié profonde et nos nations ont quelque chose de commun : elles pensent toujours au-delà d’elles-mêmes. Dans ce désordre mondial, cela compte beaucoup.
> J’ai échangé respectivement avec le Président libanais Joseph Aoun, le Président syrien Ahmad Al Charaa et le Prince héritier de Jordanie Hussein Ben Abdallah, en marge du Conseil européen informel à Chypre. Alors que les pays du Proche-Orient et notre Europe subissent les conséquences du conflit régional, il est plus que jamais nécessaire de travailler ensemble à un agenda commun de souveraineté, de stabilité et de prospérité pour toute la région. Dans ce cadre, le Proche-Orient a vocation à devenir un maillon central des routes d’approvisionnement entre nos deux régions, au bénéfice de nos populations et de nos économies. La France sera au rendez-vous. Elle continuera également à soutenir les autorités libanaises dans leur action en faveur de la souveraineté, du monopole des armes et de l’intégrité territoriale du Liban. Elle se tient prête à mobiliser ses partenaires, le moment venu, en organisant une conférence d’appui aux forces armées et de sécurité libanaises et au redressement économique du Liban.
> Heureux de retrouver le Président Zelensky en marge du Conseil européen informel à Chypre. Je salue le déblocage du prêt européen pour l’Ukraine, qui constitue un signal très fort de notre détermination à continuer de nous tenir aux côtés de l’Ukraine. L'accord obtenu sur le 20ème paquet de sanctions est également un message clair adressé à la Russie. Nous avons fait un point complet sur notre coopération de défense, sur la nécessité de renforcer encore la pression sur l’économie de guerre de la Russie et sur le travail que nous effectuons dans le cadre de la Coalition des Volontaires. Notre soutien ne faiblira ni aujourd’hui, ni demain. L’Europe tient parole, elle tiendra bon.
> Ensemble, nous renforçons notre partenariat stratégique pour une Europe plus souveraine, cher Président Christodulides. Merci pour votre accueil à Nicosie et pour votre amitié. La France aime Chypre !
> [Propos lors de la rencontre avec le Président de la
République de Chypre] Permettez-moi d'abord, cher Président, cher Nikos,
d'avoir un mot pour le sergent Anicet Girardin qui a succombé, hier, à ses
blessures lors d'une attaque contre la FINUL samedi dernier. Une attaque
inacceptable, commise selon toute vraisemblance par le Hezbollah, qui a
également coûté la vie à l'adjudant Montorio, à qui la nation vient de rendre
hommage. Je veux ici adresser mes condoléances sincères à sa famille, ses
frères d'armes et avoir une pensée aussi pour nos autres soldats blessés. Nous
attendons évidemment des autorités libanaises que toute la lumière soit faite
sur cette attaque, que les auteurs soient identifiés, arrêtés et puissent
répondre de leurs crimes.
Monsieur le président, merci pour les mots que vous venez d'avoir et pour
l'accueil qui est fait à la France aujourd'hui, juste avant ce sommet informel
et sous votre présidence au Conseil européen. Monsieur le président, c'est pour
ma délégation et moi-même, un véritable bonheur d'être à vos côtés, parce que
cela compte et parce que la France aime Chypre. Notre rôle est d'être aux côtés
de votre pays en effet quand les temps sont difficiles.
Lors de ma visite le mois dernier, immédiatement après le déclenchement de
la guerre au Moyen-Orient, nous nous sommes rendus ensemble, avec le Premier
ministre grec, Kyriákos Mitsotákis, sur la base aérienne de Paphos, et nous y
avons réaffirmé notre solidarité sans faille à l'égard de votre pays. Parce que
c'est une solidarité à l'égard d'un ami, c'est aussi une solidarité européenne.
C'est donner un contenu immédiat, très concret, à ce que vous venez de
rappeler, c'est-à-dire ce que sont nos textes européens qui prévoient une telle
solidarité. C'était la réaffirmation de notre détermination à sécuriser
l'espace européen. J'ai dit de manière très simple, le 9 mars dernier, lorsque
Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée.
Nous avons donc renforcé notre dispositif de défense dans la région, avec
le déploiement rapide de moyens militaires, en particulier le groupe aéronaval
français. C'est avec constance ces dernières années que nous avons agi à chaque
fois que la région a été sous tension. En 2021, aussi, nous étions aux côtés de
la Grèce et de Chypre quand d'autres formes de tensions s'exerçaient en
Méditerranée orientale. En tout cas, ce soutien est la manifestation concrète
de la solidarité qui nous lie entre membres de l'Union européenne et de la
relation franco-chypriote que nous avons rehaussée en décembre dernier au rang
de partenariat stratégique. C'était votre volonté, dès le premier jour, je me
souviens très bien, de votre élection.
La France est fière d'être l'un des partenaires privilégiés de Chypre en
matière de défense, tant au plan opérationnel que pour la fourniture
d'équipements et d'armements. Nous venons d'évoquer à l'instant avec Monsieur
le président le renforcement de cette coopération avec de nouveaux
partenariats, les perspectives à venir avec l'accord SOFA qui sera signé en
juin et une volonté, ensemble, d'avancer. Ceci est aussi cohérent avec le rôle
que vous avez joué et que vous continuez de jouer pour nous-mêmes et beaucoup
d'Européens ces dernières années, puisque votre soutien a été à chaque fois
indispensable lors des opérations d'évacuation de nos ressortissants au
Proche-Orient. Je tiens ici à vous remercier une fois encore de tout ce qui a
été fait durant ces dernières années par votre pays.
C'est pourquoi c'est un partenariat stratégique équilibré, pertinent. Il a,
4 mois après sa signature, déjà porté ses fruits dans de nombreux domaines. En
matière de sécurité et de défense, je l'ai dit, où d'ailleurs nous mobilisons
les instruments européens, comme le programme SAFE, au service de ces
capacités, mais dans les secteurs des infrastructures, de la transition
écologique, où des entreprises françaises et chypriotes travaillent étroitement
au développement de solutions innovantes. Et je salue la signature récente d'un
accord dans le domaine spatial entre Hellas Sat, le CNES, Safran et Thales
Alenia Space. Plusieurs entreprises françaises sont directement impliquées dans
des projets d'ampleur à Chypre, notamment Bouygues et Egis, les aéroports de
Nice, chargés de la gestion de l'agrandissement des aéroports de Larnaca et de
Paphos, TotalÉnergies dans le domaine gazier, avec un projet important. Le
grand port maritime de Marseille Fos et l'autorité des ports de Chypre ont
également conclu un accord pour accélérer la décarbonation des activités du
port de Limassol.
Dans le domaine de la sécurité civile, l'expertise française est engagée
auprès de nos partenaires chypriotes, notamment pour soutenir les efforts de
lutte contre les feux de forêt, défi que nos deux pays doivent relever chaque
été. Et puis, nous avons une relation qui s'est intensifiée ces dernières
années en matière de recherche. Une partie de la délégation qui m'accompagne
d'ailleurs, travaille sur ces sujets, et notre institut de recherche, mais
également une coopération remarquable dans le domaine éducatif. Nous irons
visiter tout à l'heure l'école franco-chypriote de Nicosie, qui connaît une
très forte croissance, avec aussi un développement rapide de son deuxième
campus à Limassol. Et là aussi, nous poussons les murs, si je puis dire. Nous
avons aussi, avec le président, parlé de la suite. C'est, je crois, un
formidable investissement d'avenir.
Tout ça est au service d'une relation bilatérale qui atteint un niveau
historique. Nous nous en réjouissons, le président et moi-même, que nous
voulons encore densifier avec des projets d'interconnexions, des projets
d'énergie et, au fond, en reconnaissant le rôle qu'a Chypre dans la
Méditerranée orientale, d'être aussi ce point de passage entre notre Europe et
les rives de Méditerranée orientale des autres continents.
C'est pourquoi tous les projets d'interconnexions verront la France à vos
côtés en termes de soutien pour des financements européens, de partenariats
industriels et opérationnels. C'est aussi pour cela, vous l'avez rappelé,
Monsieur le président, que le projet IMEC, de Bombay à Marseille, passe
mécaniquement par votre pays et par des partenariats que nous souhaitons
renforcer en matière de transport maritime, en matière de connexion
énergétique, en matière de connexion et de transmission de données qui sont, je
dirais, trois segments sur lesquels le partenariat bilatéral est aussi au
service de cette intégration plus large d'un point de vue régional.
Nous œuvrons aussi ensemble dans la région, dans un contexte évidemment
bousculé, je veux remercier le président pour son engagement constant, d'abord
pour discuter avec toutes les parties prenantes, comme le fait la France, et au
fond, nous avons une posture depuis le premier jour qui est claire. Nous
appelons au respect du droit international, nous voulons la désescalade et la
reprise de négociations. Nous sommes venus en soutien des pays du Golfe qui ont
été attaqués directement par l'Iran. Nous avons pris nos responsabilités, nous
avons protégé nos ressortissants et nous œuvrons au retour de la paix avec, je
dirais, deux questions qui sont importantes pour nos deux pays, sur lesquelles
nous avons beaucoup fait ensemble.
La première, c'est celle de la liberté de navigation et tout le travail qui
a été fait pour la réouverture pacifique d'Ormuz. Votre pays était aux côtés du
Royaume-Uni et de la France, parmi les 49 nations qui se sont réunies la
semaine dernière pour, justement, bâtir ce cadre de coopération pacifique et
permettre de construire le cadre d'une réouverture dans la durée d'Ormuz,
diplomatique, militaire, mais aussi technique et financière, pour assurer la
reprise du trafic, ô combien importante pour le commerce international, nos
économies, le prix du gaz et du pétrole.
C'est aussi dans ce même esprit que nous œuvrons ensemble aux côtés du
Liban. Et vous avez pris une excellente initiative en faisant venir demain le
Président Aoun, qui sera à nos côtés avec le prince héritier de Jordanie, le
Président de la Syrie et le Président de l'Égypte. Mais le Liban, en effet, est
aujourd'hui sous une très forte pression et nous œuvrons tous pour que d'abord
le cessez-le-feu soit prolongé. C'est ce que nous défendons. Pour que les
négociations puissent se faire dans un cadre adapté, c'est-à-dire évidemment
entre le Liban et Israël, mais qu'elles puissent inclure tous les pays de la
région qui sont pertinents pour la sécurité et la stabilité du Liban dans la
durée, et pour que nous puissions véritablement bâtir les conditions d'une paix
durable qui respecte la souveraineté du Liban, son intégrité territoriale et
qui désarme durablement le Hezbollah.
À ce titre, je veux ici confirmer, puisque j'ai eu l'occasion il y a 48
heures de recevoir le Premier ministre Nawaf Salam à Paris, que la France se
tient prête, au moment où le Liban en jugera opportun, d'organiser une
conférence de soutien et de mobilisation de tous pour soutenir le Liban dans
cet effort justement de reprise de souveraineté et que nous organiserons cette
conférence qui aura tout à la fois vocation à soutenir les forces armées
libanaises et à aider à la reconstruction du sud Liban, lesquelles sont
indissociables. Et ceci serait aussi l'occasion de mobiliser davantage les
financements européens et nous soutenons l'un et l'autre l'idée d'un accord de
partenariat de l'Union européenne avec le Liban dans ce contexte, qui pourrait
d'ailleurs venir se cristalliser au moment de cette conférence, comme on a su
le faire ces dernières années, à chaque fois avec une aide remarquable de votre
part, Président, avec la Jordanie ou avec l'Egypte. C'est le moment d'aider le
Liban, c'est le moment d'être aux côtés de cette région et de le faire avec
cette vocation de paix que nous venons d'évoquer.
De la même manière, nous continuerons évidemment d'œuvrer ensemble pour
l'Ukraine et son soutien. Je veux ici féliciter la présidence Chypriote. Le
déblocage du prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, agréé en décembre
dernier, va devenir une réalité, et c'est une très bonne chose, et je fais
confiance à votre leadership. Et nous aurons l'occasion ce soir, puisque vous
avez invité le Président Zelensky, de poursuivre les échanges avec l'Ukraine et
l'agenda, à la fois de soutien à l'Ukraine, de pression sur la Russie avec des
nouvelles sanctions, mais avec aussi une action déterminée à l'égard de la
flotte fantôme russe. Notre travail conjoint aussi au sein de la coalition des
volontaires doit permettre d'apporter aussi des garanties de sécurité robustes
à l'Ukraine, ce qui est un travail indispensable que nous devons poursuivre.
Et puis, je veux ici aussi dire un mot de ce que nous tiendrons à la fois
ce soir et demain, c'est-à-dire ce sommet informel, et remercier à nouveau
votre présidence pour tout le travail qui est fait en commun. Au fond, nous
sommes dans un moment d'indépendance à renforcer et de souveraineté européenne,
et c'est absolument indispensable. Et donc les travaux que nous aurons à
conduire viendront, si je puis dire, au soutien de cet agenda, dont vous venez
de rappeler l'importance, dans la région, à l'égard de l'Ukraine, d'accélérer
notre agenda de simplification et de compétitivité, qui est absolument clé. Et
cet agenda doit se traduire par des avancées concrètes, la simplification que
nous avons décidée et qui doit rentrer en vigueur, une politique ambitieuse de
souveraineté sur les aspects technologiques les plus importants et un budget
qui réponde à cette ambition de souveraineté par des finalités claires et des
moyens là aussi clairs, et la mise en place d'une union de l'épargne et de
l'investissement, qui est un élément indispensable de cette compétitivité
européenne, en même temps qu'une préférence européenne que nous soutenons dans
ce contexte.
Sur tous ces points, nous aurons l'occasion de débattre, ce soir et demain,
d'avancer, mais je veux ici dire l'importance, en effet, de votre présidence
pour une
Europe plus forte, plus souveraine.
Voilà, monsieur le Président, ce que je souhaitais ici rappeler. Nous
aurons l'occasion, dans un instant, d'être aux côtés des enfants et des
adolescents et de soutenir les initiatives bilatérales éducatives, mais de
rappeler aussi l'importance d'un autre agenda qui est aussi à défendre au
niveau européen, qui est la protection de nos enfants face aux réseaux sociaux.
En tout cas, je veux à nouveau, cher Nikos, vous remercier pour votre accueil,
pour l'amitié, pour le partenariat stratégique qui met notre relation
bilatérale à son plus haut, vous dire la fierté qui est la nôtre d'être à vos
côtés aujourd'hui, et sur le plan bilatéral, sur le plan européen comme sur le
plan régional, de continuer à avancer ensemble pour une Europe plus forte et
indépendante au service de nos deux pays et pour une région en paix.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Crise du logement] Relancer la construction ne suffit pas pour faire face
à la crise du logement. Il faut aussi transformer en profondeur les quartiers
qui en ont le plus besoin. Aujourd’hui à Marseille, nous lançons le troisième
programme de renouvellement urbain : l’ANRU 3.
150 quartiers seront intégralement rénovés et reconstruits. Avec une
transformation en profondeur : rénovation des logements, amélioration du cadre
de vie et adaptation de l’urbanisme aux réalités locales, pour mieux prévenir
les phénomènes de délinquance. Ils seront sélectionnés sur la base de critères
objectifs, en lien avec les collectivités. Un appel à projets est lancé dès
aujourd’hui, avec des premières annonces à l’automne, et pour la première fois
20% des projets seront réalisés dans des villes moyennes, au-delà des
métropoles.
L’ANRU 3 permettra aussi d’agir sur les conditions de vie : santé avec des
maisons de santé, rénovation énergétique des logements et électrification
progressive des quartiers. Le financement reposera sur un partenariat renforcé
entre l’État, les collectivités et les acteurs du logement.
À Marseille comme ailleurs, nous agissons pour transformer les quartiers en
profondeur.
Construire plus vite est aussi impératif. Les maires pourront recourir à
l’outil “Urgence Relance Logement”. Lorsqu’un projet est “tamponné” Urgence
Relance Logement, il bénéficie de dérogations sur les règles d’urbanisme et de
construction. Objectif : réduire fortement les délais de construction.
Concrètement, construire en 2 ans ce qui prenait 6 ans.
Remettre des logements sur le marché est aussi une priorité. 1,4 million de
logements, ayant un DPE classé F ou G, ne peuvent plus être mis en location
aujourd’hui. Ils pourront être remis en location, avec une exigence : engager
des travaux sous 3 ans pour améliorer leur performance énergétique. Répondre à
la crise du logement sans abandonner nos exigences énergétiques.
Relancer l’investissement dans le logement locatif est indispensable. Les
dispositifs sont renforcés pour encourager les Français à investir dans le
logement. Dans l’ancien, le seuil de travaux pour bénéficier de l’avantage
fiscal est abaissé de 30% à 20% du prix du bien. Rénover plus. Partout.
Le logement ne peut pas attendre. Avoir un toit, comme avoir un travail, fait
partie de la promesse républicaine. Aujourd’hui, elle est fragilisée. Nous
faisons face à une panne du logement. La demande est là. Mais l’offre ne suit
plus. Il faut accélérer. Maintenant. Aujourd’hui à Marseille pour parler du
projet de loi de relance du logement. Une nouvelle étape de la
décentralisation.
Faire confiance aux maires est une des conditions de la réussite. Ils auront la
main sur l’attribution des logements sociaux dans leur commune. Les aides à la
construction et à la rénovation seront confiées aux intercommunalités en
particulier les Métropoles et Communautés urbaines. C’est par exemple le cas de
MaPrimeRénov’, l’aide à la rénovation énergétique. Ce sont des avancées
majeures en matière de décentralisation.
> [Crise du logement] On est dans un contexte, on
le sait, qui est assez difficile, qui appelle la mobilisation du Gouvernement
sur notamment des gros enjeux de souveraineté. On a eu un long moment sur
l'agriculture, évidemment les questions militaires et les questions de défense
de manière globale, les questions énergétiques, qui sont autant d'ailleurs des
questions de vie quotidienne que des questions évidemment d'indépendance
stratégique, et puis au milieu de tout ça, les élections municipales ont largement
rappelé tout ça, il y a des gros enjeux d'attente de la vie quotidienne des
Françaises et des Français.
Certains sujets seront traités par l'élection présidentielle, d'autres
objectivement ne peuvent pas attendre, le logement en est un, mais je pourrais
également parler de santé ou de sécurité du quotidien, et c'est, au fond, comme
cela que j'ai essayé d'organiser l'actualité et l'agenda du Gouvernement dans
les temps qui viendront. Sur le logement, pour moi c'est un enjeu clé, c'est un
enjeu macroéconomique, de filière, de BTP, de point de pourcentage de PIB,
d'emploi, c'est un sujet de vie quotidienne, par beaucoup de pouvoir d'achat,
de manière parfois un tout petit peu abstraite, le poste au logement dans le
pouvoir d'achat des Français est évidemment majeur, c'est un sujet
d'aménagement du territoire, c'est un sujet famille. Derrière, cela renvoie à
un défi absolument invraisemblable qui est le défi démographique aussi qui pèse
sur la nation française avec le vieillissement de la population. Bref, au fond,
il n'y a pas plus politique que le logement, et je le disais dans le quasi huis
clos de la réunion que nous avions précédemment.
Il n'y a pas plus politique que le logement, et pour autant, peut-être, ça fait
longtemps que les politiques n'ont jamais aussi peu parlé de logement. Je le
mets là, mais c'est bien aussi pour cela que je veux que le Gouvernement s'en
empare, et au-delà du ministre, qu'on ait non seulement des annonces, une
feuille de route, on l'a fait en région parisienne au mois de janvier, mais on
va continuer de le faire avec une réunion comme celle-ci. Je le dis devant les
élus. D'habitude, il y a beaucoup de visites à Marseille pour s'occuper de
Marseille, ce qui est bien normal, c’est une ville de France. Là, on est sur
une visite décentralisée où il s'agit de traiter des sujets nationaux, dont
évidemment Marseille, elle va être très directement, Madame la ministre
Sabrina, très directement concernée, mais enfin, sur lequel il était important
d'y revenir.
Au fond, on a un objectif que je réaffirme ici: c'est d'être en capacité de
construire 2 millions de logements en 2030. Dit comme cela, ça paraît simple,
dans la réalité des faits, il s'agit quand même d'en construire 100 000 de plus
par an que ce qui est construit aujourd'hui, sans avoir de rupture de charge,
en amont et en aval, de la décision de signature d'un permis de construire, en passant
par le montage financier du projet, qu'il soit social ou privé, jusqu'à la
capacité de livrer et d'avoir les différentes déclarations d'achèvement de
travaux pour les professions concernées.
C'est donc une mobilisation, quand même, qui est absolument fondamentale, je
l'ai dit, mais qui n'a rien d'évident, et qui est en plus d'autant plus
difficile, qu'elle est autant macro, impulsion étatique, jacobine, centrale,
notamment sur les questions de fiscalité, il n'y a que le Parlement, par
définition, qui peut le décider, mais enfin, art d'exécution local. Et donc,
ça, évidemment, c'est un défi pour nous qu'il va nous falloir remplir. En tout
cas, l'objectif tel que je l'avais tracé en début d'année, il est toujours le
même. Il s'est aussi traduit par des mesures très concrètes. La ministre [...]
est ici avec un demi-milliard d'euros, 500 millions d'euros de soutien pour le
logement social, pour permettre justement à ce que les engagements soient
tenus. Des décisions importantes sur ce qu'on appelle le statut du bailleur
privé, qui permet de nouveau à nos concitoyennes et nos concitoyens de réaliser
des investissements pour y mettre des locataires. Tout ça, vous le savez, et
donc, je redémarre par ce que vous savez, mais c'est pour vous dire que ça va
être suivi des faits, que ça commence à l'être, que tout ça prend du temps, que
le contexte, évidemment, au Moyen-Orient, crée des doutes qu'on a réussi, je le
crois, un peu à objectiver pendant la réunion de tout à l'heure. On ne peut pas
faire comme si ça n'existait pas. Pour autant, il ne faut pas non plus
surinterpréter ce qui peut se passer, notamment sur la question des taux
d'intérêt.
En tout cas, la première des choses, c'est que cette ambition est maintenue, et
mieux que cela, nous avions un engagement, comme vous le savez, c'était d'aller
au-delà du neuf, de le traduire dans l'ancien, dans la rénovation, et donc le
projet de loi que le ministre présentera dans les temps prochains va évidemment
consacrer cela, parce que, au moment du budget, on n'avait pas l'ensemble des
outils de logistique, par contre, de cette parenthèse qui nous permettait de le
faire. Ça, c'est la première des choses. On a 11 % d'augmentation de permis de
construire, en plus, par rapport à l'année dernière. C'est évidemment lié beaucoup
à ce qui était déjà lancé, mais enfin, c'est ce que je disais tout à l'heure,
si c'était moins 11 %, pour le coup, on aurait un commentaire qui serait
complètement différent.
La deuxième des choses, j'ai cru lire dans la presse que nos ambitions en
matière de décentralisation seraient derrière nous. Alors, est-ce qu'une grande
loi à l'ancienne, je le dis ici à Marseille, genre loi de fer ou genre loi
Raffarin, dans une seule et même loi, est-ce que c'est toujours d'actualité ?
Non. Est-ce que plusieurs lois de décentralisation thématisées et raffinées, si
j'ose dire, sur mesure, sont sur la table ? La réponse est oui. Nous n'avons
pas reculé sur les questions de décentralisation, sauf que pour que ces textes
soient votables, il est parfois très compliqué de mélanger des sujets aussi
différents que le médico-social, l'aide sociale à l'enfance, les questions
éducatives, les questions de logement, les questions de transport. Et en plus,
on le voit bien, les écosystèmes peuvent parfois avoir des craintes sur les
mouvements de décentralisation, ce que du reste, d'ailleurs, je peux comprendre
en fonction des décisions qui sont prises. Et donc, on a souhaité avoir un
texte dédié au logement qui sera présenté au Conseil des ministres, dont la
première lecture devra avoir lieu, évidemment, d'ici à l'été et dont je
souhaite que la discussion puisse ensuite s'installer, y compris au moment où
on aura la discussion budgétaire, parce qu'on ne peut pas dissocier la relance
du logement, évidemment, des décisions fiscales ou budgétaires pures que nous
pourrions prendre pour l'année prochaine. Donc ça, c'est pour la méthode. Et au
fond, ce texte, le ministre va en dire un mot dans un instant, à la fois de la
décentralisation, y compris sur des sujets sur lesquels on en parle depuis des
années. Je pense par exemple à la capacité pour les maires d'avoir beaucoup
plus d'outils entre leurs mains pour la politique de peuplement, notamment les
décisions d'attribution de logements sociaux ou encore la question des aides à
la pierre sur lesquelles beaucoup de rapports sénatoriaux, beaucoup
d'associations d'élus nous avaient saisis dans le passé, en disant qu'il faut
clarifier une bonne fois pour toutes. Je ne donne que ces deux exemples, il y
en a d'autres, mais ce sont, à mon avis, les plus édifiants.
Et puis un enjeu de simplification important, le ministre reviendra là aussi,
il ne faut pas être têtu quand on veut faire une transition. La question du
DPE, notamment pour les lettres G et F et la mise en location de ces logements,
à la fois, je pense que le niveau d'ambition était le bon au sens où le
résultat est là. Enfin, en même temps, à un moment donné, il faut aussi être,
comment dire, pragmatique et raisonnable quand on voit que ça va créer une
pénurie de logements et ça va créer un défaut en quelque sorte sur le marché.
Il faut savoir un tout petit peu changer de méthode sans forcément changer
l'ambition. Et c'est là où j'ai cru lire aussi dans la presse qu'on pourrait
revenir en arrière, abandonner justement l'ambition en la matière. Non, en
revanche, on va inverser la charge. C'est-à-dire, au lieu de faire des travaux
avant la mise en location, il faudra faire des travaux après. Mais ça n'enlève
rien à l'obligation, mais ça change tout, évidemment, sur la fluidification du marché.
Et je veux le dire parce que le ministre l'a porté particulièrement en
interministérielle et qu'il a obtenu son arbitrage.
Ensuite, on a des mesures de simplification. Il y en aura dans le texte dédié à
l'agriculture. On a réussi, enfin, à sortir de l'ornière le texte sur la
simplification économique la semaine dernière. Ça avait été lancé sous le
Gouvernement de Gabriel Attal. Il ne faut jamais trop presser, mais enfin, nous
y sommes arrivés. Un texte de simplification sur les collectivités locales pour
les grandes mairies, monsieur le maire de Marseille, comme aussi pour les
communes les plus rurales. Il est clair que dans le projet de loi sur le
logement, il y aura une volonté de simplification importante, notamment sur des
dispositifs d'urgence, d'urgence à construire. Le président de la République,
hier, parlait d'une ambiance ou d'une méthode Notre-Dame ou Jeux olympiques
comme au fond, ici à Marseille, Benoît Payan avec le préfet de région peut dire
sur un quartier donné, sur une zone donnée, on est sur une opération d'intérêt
local qui est tellement importante qu'on déclenche un dispositif d'urgence qui
ne vient pas écraser les normes environnementales ou de protection, mais qui
oblige tout simplement à ce que l'instruction se fasse très rapidement, très
rapidement et si possible en une fois. Ça ne veut pas dire qu'on va mettre à la
poubelle le Code de l'urbanisme ou mettre à la poubelle le Code de
l'environnement ou qu'on ne va pas protéger le patrimoine classé du quartier.
Mais quitte à se dire oui, autant dire oui vite, et quitte à dire non parce
qu’il peut arriver qu'on dise non, autant dire non très vite. Et ça, c'est une
petite révolution parce que quand il s'agit d'être jacobin pour les Jeux
olympiques ou pour Notre-Dame de Paris, c'est très compliqué de le faire à
l'échelle locale.
Et donc, on revient aussi à quelque chose qu'on a beaucoup défendu avec un
certain nombre de collègues, je regarde Patrice là-bas. Le couple, ou le duo en
tout cas, enfin ça dépend après du couple, maire-préfet, permet évidemment
d'arriver à faire ça. Donc ça, c'est une mesure de simplification, elle est
clé. Et vous voyez, elle va en miroir aussi des dispositifs fiscaux que nous
mettons en face. Et normalement, ça devrait nous permettre d'avoir des
résultats assez vite. Le chiffre globalement qui est un peu documenté, c'était
de se dire que là où certaines opérations qui peuvent durer jusqu'à 6 ans,
c'est-à-dire l'intégralité d'un mandat municipal. On peut ramener ces quantums
de temps à deux ans. Et je le dis pour les différents représentants du monde
économique qui sont ici, c'est autant évidemment de coûts gagnés dans le modèle
économique global du projet parce que c'est autant évidemment de temps, de
paperasserie, d'immobilisation qu'il nous faut évidemment corriger. Dernier
point et non des moindres, et j'y tiens beaucoup pour moi-même avoir été
concerné par l'ANRU comme maire de Vernon, Jean-Pierre Raffarin, Premier
ministre, avec un certain Jean-Louis Borloo, avait décidé d'un premier ANRU,
rénovation urbaine, avec un parti pris important à l'époque, venir traiter
l'ensemble des logements d'après-guerre, avec au fond un ANRU de logement
massivement et un peu d'équipement.
Le Premier ministre, Manuel Valls, lui, avait décidé d'un deuxième ANRU, la
ministre, ici présente, Emmanuelle Cosse, s'en souvient, un ANRU, là aussi
tourné vers le logement, un peu plus vers les équipements publics, beaucoup
plus tourné vers la mixité sociale et avec déjà quelques introductions
d'outils, notamment pour le développement économique dans ces quartiers. Ces
ANRU sont des grands projets de planification de long terme, décidés sous
Manuel Valls, ça va se terminer en 2030. Il nous appartient à nous parce que
c'est le début du mandat municipal. On pourrait se dire, mais pourquoi au fond
on sort aujourd'hui là-dessus, bah tout simplement parce que c'est maintenant
le début du mandat municipal et dans un an, ça sera trop tard. Et donc, ça nous
appartient, le président de l'ANRU est ici, de lancer justement cette troisième
génération d'ANRU, qui, au fond, sera un tout petit peu différente, parce que
par définition déjà beaucoup de quartiers ont été rénovés, mais qui doit nous
permettre quand même de faire plusieurs choses.
Déjà de traiter la période 2030-2040, et pour traiter la période 2030-2040, ça
veut dire qu'il faut faire le tour de table des financeurs à partir de
maintenant jusqu'à l'automne, ce qui nous permettra, nous, je veux dire le
patron d'Action Logement, mais nous aussi, pour l'État, d'affiner les moyens
budgétaires que nous allons mettre sur la table. Si par ailleurs, on serre les
cordons de la bourse en ce moment, et on fait très attention à l'argent public,
ce n'est pas pour de la sueur et des larmes, c'est pour aussi être capable de
récupérer des capacités d'investir, comme on l'a fait pour les armées par
exemple, d'être capable de le faire pour le logement, c'est aussi ça évidemment
cette réalité, qu'il faut être capable pour l'automne de sélectionner les
quartiers qui sont concernés par cette rénovation urbaine. Première estimation
des équipes autour de 150 quartiers, sachant que ça peut être des petits
quartiers comme de très gros quartiers, évidemment un ANRU de logement, mais
enfin aussi évidemment un ANRU qui va devoir venir traiter les grands maux que
nous connaissons aujourd'hui : évidemment, le narcotrafic, je le dis ici à
dessein à la préfecture de Marseille, mais enfin la manière dont l'urbanisme
d'un quartier est traité, la manière dont l'aménagement des commerces est
traité, la manière dont les cages d'escaliers sont imaginées change de tout au
tout la capacité déjà aux narcotrafiquants de se déployer, et en face aux
forces de l'ordre, à la justice, et même aux élus, aux différents pouvoirs
publics, de venir traiter cette affaire. Et au fond, il faut qu'on continue de
réfléchir comme ça, narcotrafic, réchauffement climatique, on l'a dit ces
derniers temps sur le Plan d'électrification, ce sont les logements sociaux en
France qui sont le plus exposés au gaz, c'est-à-dire que ce sont les gens les
plus pauvres qui sont le plus exposés à la dépendance énergétique, à la
géopolitique du moment, ce qui est d'ailleurs vrai pour le chaud, peut-être
aussi valable, pardonnez-moi, pour la climatisation demain, parce qu'il y a un
enjeu aussi de bien-être lié au réchauffement climatique pour les catégories
les plus populaires.
Et pareil pour l'accès aux soins, la question d'accéder aux soins dans les
années 2000 sur les premières ANRUs n'étaient pas franchement une des
priorités, il y avait une pharmacie, il y avait déjà un réseau de médecins, on
sait très bien que la démographie médicale et la crise de démographie médicale
que nous connaissons, elle n'est plus seulement que rurale, elle est aussi
devenue urbaine.
Et puis peut-être le dernier point, pour avoir été effectivement maire d'une
ville de 25.000 habitants, il faut qu'on arrive aussi à avoir un ANRU qui à la
fois fait évidemment la part belle aux grands quartiers, on a déjà regardé avec
Benoît Payan, on voit bien comment une troisième génération d'ANRU peut très
vite emporter 3, 4, 5 quartiers dans une ville comme Marseille, et ça sert à ça
évidemment l'ANRU. Enfin, il faut aussi que ce soit un ANRU pour les villes
moyennes, un ANRU pour les villes sous-préfectures. Parce qu'on le voit bien
pour le coup, là où sur ANRU 1, ANRU 2, on a géré beaucoup d'urgence, sur le
tissu des villes moyennes, notamment lié à la désindustrialisation,
pardonnez-moi, vous avez aussi un mouvement nouveau de pauvreté qui est en
train d'intervenir dans un certain nombre de villes sur lesquelles, il faut
qu'on repense notre aménagement du territoire. Et je ne veux pas être définitif
parce qu'il faut mettre de la souplesse dans tout ça.
Enfin, si on peut faire 80 % dans les grands ensembles et 20 % de ces quartiers
dans des villes moyennes, tout ça évidemment à mettre en concertation, on aura
quelque chose qui sera au fond assez original. En tout cas, c'est pour moi clé
de lancer cette affaire ici. C'était aussi, je trouve beaucoup de visites du
président de la République, vous le savez, à Marseille, pour Marseille en
grand. Je trouvais ça bien aussi que depuis Marseille, on adresse aussi une
réunion décentralisée avec des décisions qui sont nationales, qui intéresseront
évidemment les Marseillaises et les Marseillais, mais qui renvoient aussi à toute
une génération de décideurs qui devront évidemment prendre leur rôle très à
cœur parce que cette mobilisation pour le logement, elle est clé. Beaucoup en
parleront dans l'année qui vont venir, j'espère qu'ils en parleront bien pour
celles et ceux qui seront candidats à l'élection présidentielle. On s'en voit
bien que là, il y a quand même urgence à agir et que donc on n'a pas perdu
notre temps complètement, je le crois, pendant les discussions budgétaires qui
ont duré et avec les quelques arbitrages que j'ai dû prendre lors de ce fameux
49.3. Mais il convient d'ores et déjà de protéger la suite parce que c'est en
donnant aussi la stabilité des perspectives qu'on arrivera à projeter
l'ensemble de la profession.
> [Génocide des Arméniens] À Marseille, 111 ans après le génocide des Arméniens, la France se souvient. Un génocide. Un crime contre l’Humanité. Plus d’un million d’enfants, de femmes et d’hommes massacrés. Mais qui n’efface rien : ni la grandeur d’un peuple, ni la beauté d’une langue et d’une culture, ni une mémoire qui, ici à Marseille, continue de se transmettre. Fidèle à son histoire, la France est aux côtés de l’Arménie, pour sa défense et pour la paix. Sa souveraineté ne se négocie pas.
> [Génocide des Arméniens] Il y a 111 années, dans
la douceur d’Erevan, au pied des neiges éternelles du Mont Ararat, à l'ombre
des cloches séculaires qui jalonnent le Caucase, au cœur d'un pays de Cocagne
où les histoires millénaires se chantent et se dansent au son du kochari, l'horreur.
L'horreur d'un peuple pris au piège aux creux des vallées qui étaient les
siennes, l'horreur de villages entiers raflés et exécutés au bord de la
première rivière, l'horreur pour des familles amassées dans leur propre foyer
que des exécuteurs ont embrasé, l'horreur pour des milliers et des milliers de
femmes violées avant d'être abattues, l'horreur pour des vieillards tabassés et
fusillés, l'horreur pour tous les enfants chassés, torturés, tués sans merci
jusqu'à les chercher à coups de poignard alors qu'ils étaient encore dans le
ventre de leur mère, l'horreur pour un peuple déporté, massacré, martyrisé
qu'un Gouvernement avait voulu exterminer, je cite ce télégramme funeste
officiel de l'époque : « sans égard pour les femmes, les enfants, les infirmes,
sans écouter les sentiments de la conscience. »
Un grand crime pensé, organisé, ordonné, exécuté au mépris de toutes les lois
des hommes, plus d'un million d'hommes, de femmes, d'enfants massacrés. Un
génocide, un crime contre l'humanité. Mais un grand crime, on le sait dans
notre histoire, n'efface rien. Ni la grandeur d'un peuple, ni la beauté d'une
langue, d'une culture, ni surtout l'histoire millénaire et tragique qui se lit
encore aujourd'hui dans le regard sombre et profond des enfants de l'Arménie.
Car des enfants, et vous l'avez dit, monsieur le maire, ont survécu. Ils
portent dans leur âme et dans leur sang le martyre d'un peuple, et la France,
derrière eux, reconnaît le génocide des Arméniens et fait vivre la mémoire de
leurs ancêtres, comme nous le faisons aujourd'hui ici, à Marseille.
La France, en son temps, a agi. O certes, il aurait fallu qu'elle en fasse bien
plus encore pour empêcher la catastrophe, on le sait. Mais l'union sacrée entre
les peuples de France et d'Arménie, qui remonte au roi Léon V de Lusignan, a
permis de sauver des vies. Jaurès a réveillé les consciences à la tribune de
l'Assemblée nationale. Clémenceau aussi, en préfaçant l'un des premiers
recueils de témoignages des massacres en Arménie, qu’il appelait « Notre
vaillante petite alliée ». Anatole France, Charles Péguy, Pierre Quillrad ont
alerté.
Des navires de notre Marine nationale ont rejoint le Musa Dagh, où nos marins
ont sauvé quelque 4 000 vies. 58 000 réfugiés arméniens ont débarqué dans le
port de Marseille. Leurs enfants y vivent encore. Et à l'ombre des oliviers du
sud de la France, la mémoire d'un peuple continue de se transmettre, sa
grandeur aussi, par leur énergie, leur persévérance, leur éthique également.
Les Arméniens de France se sont hissés par leur travail au plus haut niveau de
la société française. Leur courage ne s'est pas tari. Et les héros d'Arménie,
de la résistance, MANOUCHIAN en tête, l'ont mise au service de notre patrie
tout entière.
La culture arménienne se transmet toujours. Et les soirs de fête sous le ciel
du sud résonnent souvent le kochari que des enfants d'Arménie, devenus fils et
filles de France, dansent, apportant plus de 4 000 kilomètres d'Erevan.
L'Arménie a survécu. Elle vit au cœur et au creux de nos cœurs.
Si l'Arménie a survécu, elle vivra. La France est toujours à ses côtés. Et je
le dis devant vous aujourd'hui, la souveraineté d'un pays ami ne se négocie
pas. C'est pourquoi la France soutient l'Arménie, diplomatiquement, mais aussi
depuis maintenant quelque temps, militairement. Des armes françaises sont
envoyées régulièrement en Arménie pour qu'elles puissent se défendre et se
protéger. Des militaires français forment des militaires arméniens sur leur sol
parce que l'histoire entre nos deux peuples est vieille d'un millénaire, parce
que l'amitié entre nos deux nations s'est renforcée dans les plus dures
épreuves, et tout simplement parce que c'est l'Arménie et parce que nous sommes
la France.
Hommage aux victimes du génocide arménien.
Vive l'amitié entre la France et l'Arménie !
Vive Marseille, vive la République et vive la France !
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> J’étais cet après-midi au Centre d’incendie et de secours de Puiseaux (45)
pour la signature du plan 2026-2028 pour les sapeurs-pompiers volontaires. Ce
centre est composé exclusivement de sapeurs-pompiers volontaires: des femmes et
des hommes choisissent encore de se dévouer à la protection et au secours,
alors même que ce n’est pas leur métier. Ils sont 200 000 en France et
réalisent 2/3 des interventions. Je suis donc heureux d’avoir cosigné avec le
président de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France le plan
d’actions, qui témoigne de notre reconnaissance, en:
- développant des outils innovants
- associant et mobilisant davantage les employeurs
- sensibilisant le jeune public, pour maintenir l’engagement, ciment de notre
modèle.
Après le décret sur la bonification des trimestres de retraite et le plan de
lutte contre les violences, ce plan montre la mobilisation du gouvernement en
faveur de ses sapeurs-pompiers.
> J’étais à Dunkerque aujourd’hui avec mon
homologue la ministre de l’Intérieur britannique Shabana Mahmood, pour conclure
un accord triennal entre la France et le Royaume-Uni pour 2026-2029, afin
d’intensifier la coopération entre nos deux États et renforcer la lutte contre
les traversées irrégulières et périlleuses de la Manche et de la Mer du Nord.
Notre mobilisation paie: depuis 2026 les forces de l’ordre françaises ont
réussi à faire baisser de 50% le nombre d’arrivées au Royaume-Uni. Nous
intensifions la lutte contre les réseaux de passeurs: en 2025, 28 réseaux de
passeurs ont été démantelés et 480 passeurs arrêtés. L’accord signé
aujourd’hui, d’un montant de 766 millions d’euros, vise:
- à renforcer le nombre d’agents déployés sur les plages et le littoral pour
prévenir les traversées (+485)
- à augmenter nos moyens de renseignement pour contrer les réseaux criminels
- à adapter les équipements
- à finaliser les projets immobiliers d’ampleur (Centre de rétention
administrative) et de nouveaux investissements qui bénéficieront à nos forces
(cantonnement CRS de Calais).
La poursuite de cette coopération est essentielle pour sauver des vies, lutter
contre l’immigration irrégulière et assurer la sécurité et tranquillité des
riverains.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> La Nation rend hommage à l’adjudant Florian Montorio, mort pour la France
au Liban, alors qu’il accomplissait sa mission au sein de la Force intérimaire
des Nations unies. Depuis dix-huit ans, il avait fait le choix de servir.
Servir la France, protéger les autres, défendre la paix, souvent loin des
siens, toujours avec courage et fidélité. Il est tombé en soldat. Mais il était
aussi un conjoint, un père, un frère d’armes. Un homme dont l’engagement
forçait le respect. Mes pensées vont à sa compagne, à ses enfants, à ses
proches, ainsi qu’à tous ses frères d’armes. La Nation ne l’oubliera pas.
> La Marine a réalisé deux saisies en océan Indien et en océan Atlantique, d'un poids total s'élevant à plus de 770 kg. Des opérations menées en étroite coopération avec nos partenaires régionaux et dans le cadre des conventions des Nations Unies sur le droit de la mer et de la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants. Les armées françaises sont engagées tout au long de l'année contre le trafic international de stupéfiants en haute-mer.
> Je m’incline avec respect devant le sacrifice d’un casque bleu indonésien de la FINUL décédé des suites de ses blessures. J’adresse mes sincères condoléances à sa famille, à ses frères d’armes et aux autorités indonésiennes. Nous savons ce que cet engagement exige. Nous en connaissons le prix. La France vient à nouveau de l’éprouver dans sa chair avec la perte de deux des siens, tombés au combat dans le cadre de la grave crise que traverse aujourd’hui le Liban.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Militaires tués au Liban] Ce que je ressens ce matin, après la mort de
ces deux hommes, c'est de la tristesse, mais aussi de la colère. Tristesse
parce que ces deux hommes morts pour la France laissent derrière eux des
familles, des proches et des frères d'armes épleurés. Nous les pleurons avec
eux. Et aussi de la colère, parce que s'en prendre ainsi à des Casques bleus, à
des soldats de la paix qui sont parfaitement identifiables sur le terrain,
c'est non seulement constitutif d'un crime de guerre, mais c'est aussi une
atteinte portée à la communauté internationale tout entière. Parce que c'est la
communauté internationale qui donne mandat aux Casques bleus, aux soldats de la
paix. S'agissant des circonstances de leur décès, nous l'avons dit, c'est au
cours d'une embuscade qu'ils ont été pris pour cibles. Ils ont succombé à leurs
blessures. Tout laisse à penser que la responsabilité de ce crime incombe au
Hezbollah. Nous avons exigé que les responsables de cet acte odieux puissent
être arrêtés et traduits devant la justice. Et les autorités libanaises nous
ont assurés qu'elles donnaient la priorité la plus élevée à cette enquête. (…)
Quelques heures après cet incident gravissime, le président de la République
libanaise, mais aussi le Premier ministre, ont affirmé publiquement qu'ils
donneraient cette priorité absolue à l'enquête. Et cette semaine, c'est à Paris
que le Premier ministre libanais a réitéré cet engagement. (…)
Ce qui est clair, c'est que jamais et en aucune circonstance, les Casques bleus
ne doivent être pris pour cibles par aucun belligérant sur aucun théâtre
d'opération. (…)
Ce n'est pas la première fois et nous voyons que dans cet embrasement régional,
souvent les Casques bleus au Liban se sont retrouvés dans le tir croisé des
belligérants. Il faut le rappeler, c'est un crime de guerre que de s'en prendre
à des Casques bleus qui sont des soldats de la paix, qui sont là pour faire
baisser le niveau de tension, pour limiter le niveau des hostilités et dans le
cas de la FINUL plus particulièrement, pour participer à un processus de paix
permettant le désarmement du Hezbollah, le retrait d'Israël du territoire
libanais et le retour des personnes déplacées. (…)
Lorsque le 2 mars, le Hezbollah a entraîné une nouvelle fois le Liban dans
cette guerre qu'il n'avait pas choisie, il l'a fait pour soutenir le régime
iranien et ses attaques contre Israël. Et chacun connaît les liens étroits
entre l'Iran et le Hezbollah. C'est d'ailleurs l'une des exigences que nous
formulons et en réalité, l'une des conditions pour que la paix et la stabilité
reviennent dans la région, c'est que l'Iran cesse de déstabiliser les pays de
son voisinage par le soutien qu'il continue de fournir à des groupes combattants
ou terroristes. (…)
Non seulement on veut en avoir tout le détail, mais on veut surtout que les
responsables soient punis pour les crimes qu'ils ont commis. (…)
Je crois que notre position est très claire depuis très longtemps. Et lorsque
nous avons engagé des militaires français, auxquels je veux rendre hommage pour
leur dévouement, leur professionnalisme, au Liban, pour mettre en œuvre ce
processus de paix, c'est notamment pour atteindre le premier des objectifs, qui
est le désarmement du Hezbollah, qui doit restituer ses armes à l'État
libanais. (…)
Quelle est la mission qui a été donnée à la FINUL ? Eh bien, c'est d'abord,
comme vous l'avez dit, de surveiller le cessez-le-feu, mais pas seulement.
C'est d'accompagner les Forces armées libanaises dans le désarmement des
milices et en particulier du Hezbollah. Et c'est aussi d'accompagner le retrait
d'Israël du territoire libanais et la reprise en main du sud du pays par les
Forces armées libanaises.Et s'ajoute à cela une mission essentielle qui est une
mission humanitaire. C'est d'ailleurs dans ce cadre qu'un militaire français a
été légèrement blessé il y a quelques jours alors qu'il accompagnait un convoi
d'aide humanitaire vers un village du sud. La présence de la FINUL a sans aucun
doute permis de limiter les tensions. Est-ce que l'objectif a été atteint ? Eh
bien non, puisqu'Israël aujourd'hui est présent sur le territoire libanais,
violant son intégrité territoriale, et le Hezbollah n'est pas encore désarmé.
Mais on ne peut pas tout demander à des Casques bleus ou à une opération de
maintien de la paix de l'ONU. Encore faut-il qu'il y ait la volonté politique
de la part des parties au conflit ou au différend pour pouvoir mener ce
processus à terme. Et donc quand j'entends l'ambassadeur israélien, j'ai envie
de lui répondre que sans la présence, sans le courage, sans le dévouement des
militaires français ainsi que des autres contingents de la FINUL, la situation
au Liban serait sans doute infiniment plus grave qu'elle ne l'est aujourd'hui.
(…)
Le désarmement du Hezbollah a fait ces derniers mois des progrès considérables.
Pourquoi ? Eh bien justement parce qu'une volonté politique très forte s'est
exprimée au mois d'août dernier, quand le t libanais a dit: Stop, désormais,
nous allons ordonner à l'armée libanaise d'engager le processus de désarmement
du sud du pays. Tout le monde, y compris les militaires américains et
israéliens, ont constaté des progrès. Ces progrès ont été brutalement
interrompus le 2 mars, lorsque le Hezbollah a décidé d'entraîner le Liban dans
la guerre. Je ne dis pas qu'on était au bout du travail, mais pour la première
fois depuis bien longtemps, on voyait quelque chose se produire. On voyait les
caches d'armes se vider et on voyait l'armée libanaise reprendre possession du
sud du pays. Malheureusement, ce processus a été interrompu par cette guerre
que nous n'avons pas approuvée et à laquelle nous ne participons pas. Et notre
souhait le plus cher, c'est que ce processus qui avait démarré puisse
reprendre. C'est, je dirais, dans cet esprit que nous dialoguons avec les
autorités libanaises mais aussi avec toutes les parties prenantes.
> [Liban] e cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran devait couvrir le Liban. C'est un fait, il couvre le Liban. La deuxième chose que nous avons dite, c'est qu'il était illusoire de penser pouvoir désarmer le Hezbollah par l'usage exclusif de la force et qu'il est impératif que le gouvernement israélien engage un dialogue de haut niveau, le premier depuis des décennies, avec le gouvernement libanais et c'est chose faite. Et je vais même aller plus loin. Sans l'intervention de la France, il n'y aurait sans doute pas de cessez-le-feu aujourd'hui au Liban. Et il n'y aurait sans doute pas de discussions entre Israéliens et Libanais aujourd'hui à Washington. Pourquoi ? Parce que nous nous sommes mobilisés à tous les niveaux. Je vous rappelle que c'est le président de la République qui a informé le président Trump de la gravité des frappes massives qui ont ensanglanté le Liban lorsque Israël, en dix minutes, a lancé 100 attaques qui ont fait plusieurs centaines de morts. Et c'est mon déplacement à Beyrouth et à Jérusalem, à la mi-mars, qui a permis de passer aux deux parties le message qu'il fallait impérativement engager ce dialogue au plus haut niveau. Pour atteindre quoi ? Pour atteindre les objectifs qui sont le cessez-le-feu durable, le désarmement du Hezbollah, le retour des déplacés des deux côtés de la frontière, au nord d'Israël et au sud du Liban et un règlement du différend qui oppose les deux pays depuis des décennies.
[Liban] La France s'est mobilisée dès le premier jour. D'ores et déjà, plusieurs dizaines de tonnes d'aide humanitaire ont été envoyées sur place. D'autres suivront. Mais je le dis, c'est la communauté internationale tout entière qui doit aujourd'hui se mobiliser, à la fois sur le plan humanitaire, mais aussi pour la reconstruction et le soutien à l'État et aux forces armées libanaises.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Je crois que les négociations sont souhaitables puisqu'il faut pouvoir parvenir d'abord à écarter le spectre d'une reprise de la guerre qui emporte des conséquences très dangereuses pour l'économie mondiale, mais avec des conséquences dans nos vies quotidiennes, dans la vie de nos entreprises. Et puis par ailleurs, pour qu'on parvienne au plus vite à débloquer ce détroit, ces eaux internationales qui ne doivent en aucune circonstance et par quiconque être bloquées. Les eaux internationales, c'est un patrimoine commun de l'humanité. La liberté de navigation doit être assurée, garantie.
> Toute notre attention et notre énergie devraient
être déployées à nous rendre nous-mêmes plus forts et plus indépendants pour
n'avoir pas à subir dans nos vies quotidiennes les conséquences de guerres que
nous n'avons pas choisies. C'est l'esprit du plan d'électrification qui a été
présenté par le Premier ministre il y a quelques jours, nous désensibiliser aux
chaudières à gaz, nous désensibiliser aux véhicules thermiques.
Et c'est maintenant que ça se prépare, ne reportons pas les décisions urgentes
que nous devons prendre pour nous-mêmes en France et au niveau européen. Ces
crises ont vocation à se multiplier, cette instabilité à s'installer. Et donc
il nous faut nous prémunir, nous protéger durablement contre ces conflits,
contre les catastrophes naturelles aussi qui vont elles aussi se multiplier à
l'échelle de la planète avec des effets qui peuvent se manifester jusque chez
nous. C'est pourquoi notre projet d'indépendance et d'autonomie pour l'Europe
doit être au centre de nos préoccupations aujourd'hui.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Cette guerre, nous ne l'avons pas approuvée, nous n'y avons pas participé. Nous avons dit au premier jour que ces buts étaient imprécisément définis et qu'elle s'écartait du droit international. Effectivement, les conséquences, chacun les voit aujourd'hui. C'est à la pompe, mais pas seulement. C'est des impacts sur les taux d'intérêt que nous avons à payer sur la dette publique française. C'est un impact sur l'économie mondiale qui, d'une manière ou d'une autre, va nous affecter. C'est pourquoi dans ce monde qui s'ouvre devant nous, où l'on voit la rivalité entre de nouveaux empires s'accentuer, notre responsabilité, c'est de bâtir en France et en Europe les conditions d'un renforcement économique, militaire, diplomatique et d'une plus grande indépendance pour nous prémunir contre les conséquences de ces conflits.
> [Accord d'association entre l'Union européenne et
Israël] La position de la France est claire là-dessus. La France reconnaît le
droit d'Israël à l'existence et à la sécurité. On y est même indéfectiblement
attachés. Cependant, nous condamnons l'action du gouvernement israélien à Gaza,
en Cisjordanie, mais aussi au Liban. Et si cette politique ne change pas, on ne
pourra pas faire comme si de rien n'était. Maintenant, j'entends Manuel Bompard
et La France insoumise qui ont comme objectif ultime la suspension de cet
accord d'association. Notre objectif n'est pas de suspendre pour suspendre.
Notre objectif, c'est que les choses changent et que le gouvernement israélien
change sa politique. À Gaza qu'il permette l'accès de l'aide humanitaire, en
Cisjordanie qu'il mette fin à la colonisation illégale et à l'explosion des
violences par les colons extrémistes et violents. Et je vous affirme que je
plaide depuis un an pour que des sanctions soient prises à l'encontre des
entités ou des individus qui sont responsables de meurtres de Palestiniens ou
d'incendies en Cisjordanie. Ces sanctions européennes ont été bloquées depuis
un an par un veto hongrois, veto qui pourrait être levé, et je pense que nous
parviendrons à prendre ces sanctions dans les prochains jours. Si le gouvernement
israélien ne change pas sa politique, et notamment à Gaza et en Cisjordanie, on
ne pourra pas faire comme si de rien n'était. Mais c'est une décision qui sera
prise au niveau européen, puisque vous le savez, c'est cet accord qu'il faut
parvenir à trouver. (…)
L'indignation provoquée par les politiques menées par le gouvernement israélien
dépasse largement la France et même l'Europe. Et à moins que le gouvernement
israélien en tire les conséquences, y compris au niveau européen, on ne pourra
pas faire comme si de rien n'était.
> Le déblocage du prêt de 90 milliards d'euros à
l'Ukraine va mettre d'une part l'Ukraine à l'abri des difficultés financières
pendant les deux ans qui viennent. Et d'autre part, ça va lui permettre de
poursuivre les négociations avec la Russie en position de force puisqu'elle
disposera de ces ressources. Je rappelle que c'est un prêt de 90 milliards
d'euros qui est consenti par l'Europe.
Nous sommes prêts à libérer les premières tranches dès la mi-mai, dès lors que
l'accord définitif est trouvé, ce qui devrait intervenir dans les prochaines
heures ou dans les prochains jours grâce à la levée du veto hongrois. Je le
rappelle, ce prêt consenti par l'Union européenne sera remboursé lorsque la
Russie versera les réparations de guerre qu'elle doit à l'Ukraine après avoir
conduit depuis plus de quatre ans cette guerre coloniale injustifiée et
injustifiable.
> Je pense qu'il est sain qu'il puisse y avoir une
transparence sur le patrimoine des responsables politiques pour veiller à ce
qu'ils ne s'enrichissent pas, notamment dans l'exercice de leur mandat. En
revanche, je crois que c'est sur ce qu'ils font qu'ils doivent être jugés, pas
sur leur patrimoine ou sur ce qu'ils ont. (…)
Je pense que la transparence est bonne et qu'elle est nécessaire. L'objectif de
ces déclarations et de leur publication, c'est d'abord et avant tout de veiller
à ce que les obligations déontologiques qui s'appliquent aux membres du Gouvernement
soient bien respectées.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> J’ai adressé un courrier à la présidente du conseil d’administration et à
la directrice générale de Santé publique France pour accompagner l’évolution de
l’agence.
Dans un contexte de crises sanitaires plus fréquentes,
nous clarifions les rôles :
- à l’État, le pilotage des crises et une communication plus cohérente
- à Santé publique France, une expertise scientifique indépendante
renforcée, au cœur de la surveillance, de l’alerte et de la prévention
> Bouger, c’est déjà agir pour sa santé. Aux côtés
de la ministre des Sports Marina Ferrari, j’ai participé aujourd’hui au premier
comité de pilotage du Mois de l’Activité Physique et Sportive. Face à la
sédentarité, l’activité physique est essentielle pour agir sur la prévention,
améliorer les soins et la santé mentale, préserver l’autonomie. Avec ce mois
dédié, notre objectif est clair :
- sensibiliser au lien entre la santé et l’activité physique partout sur les
territoires
- rappeler que le sport nous concerne tous
- mobiliser les professionnels de santé aux côté des professionnels du sport.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> Les données de santé des Français ne dépendront pas d’acteurs étrangers. La
plateforme nationale migre vers Scaleway, un cloud 100 % français. Hébergées en
France et en Europe, elles soutiendront notre recherche, notre innovation et
notre indépendance.
Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et
de la Vie associative)
> Nous avons d'ores et déjà des
baisses de recettes liées au carburant, ce qui me permet de rappeler que tous
ceux qui voulaient nous faire croire que l'État allait s'enrichir dans cette
période, eh bien aujourd'hui la situation démontre que c'est faux.
> Je n’ai aucun doute que la France sera prête pour [les Jeux olympiques d’hiver de] 2030.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> La France est aux côtés de l'Arménie. C’est ce que nous avons redit à son
Premier ministre. Ce n'est pas une posture. C'est une fidélité.
> Depuis 2023, la France et l’Arménie bâtissent un partenariat de défense concret : formations, équipements, expertise. Un soutien qui dit une chose simple : la souveraineté de l’Arménie compte pour la France. Face à des hommes qui en ont payé le prix, cette conviction est essentielle.
> [Génocide des Arméniens] À Erevan, une flamme éternelle veille depuis 1967. 1,5 million de vies arrachées. Un génocide. Le lien entre la France et l’Arménie n’est pas abstrait. Il est humain, historique, indéfectible. Se souvenir, en ce 24 avril, c’est refuser l’oubli. Toujours. Et ne jamais laisser prospérer la négation ou la falsification.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> [Génocide des Arméniens] À Marseille, terre d’accueil, ville de refuge
et de mémoire, aux côtés du Premier ministre, nous avons commémoré le génocide
des Arméniens de 1915. Merci aux représentants de la communauté arménienne pour
l’organisation de cette cérémonie et pour leur engagement constant en faveur de
la transmission. Se souvenir, c’est reconnaître l’Histoire et rester vigilants,
aujourd’hui comme demain, face à toutes les formes de haine.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> Notre souveraineté en matière de défense se traduit tout d'abord via des
investissements et l’industrialisation territoriale. Je me suis rendu cette
après-midi chez Sea Owl, une entreprise spécialise dans les drones navals qui
vient d’annoncer un investissement de 10 millions d’euros dans la construction
d’une nouvelle usine et qui a pour objectif de doubler ses effectifs d’ici
2030. La souveraineté passe également par la formation. L'Université de Toulon,
pour répondre aux besoins en compétences de l’industrie de défense sur le
territoire, est désormais un établissement dual à la fois civil et de défense,
à travers son école d'ingénieurs SeaTech et son IUT. Je me suis également rendu
au cercle naval pour saluer l’action des fédérations professionnelles et en
particulier de l’UIMM pour mettre un avant un projet ambitieux en partenariat
avec l’école des Mines : la création de l'EDEIA, l'École des Industries
Avancées qui formera dès 2027 des ingénieurs en robotique et en systèmes
embarqués. Enfin, la souveraineté c’est notre capacité à décliner les choix
stratégiques et je veux remercier le Préfet qui crée un comité maritime et de
défense pour coordonner les acteurs, répondre aux besoins et mettre en œuvre
les solutions. C'est donc grâce à cette grande diversité d'acteurs
universitaires, professionnels, académiques et institutionnels que la France
investit dans la défense.
> J’étais aujourd'hui à Toulon pour inaugurer le
Toulon Défense Event. Avec plus 5.000 offres d'emploi dans les métiers de la
défense et de la sécurité civile cet évènement s’adresse aux jeunes notamment
et à toutes celles et ceux qui souhaitent intégrer des métiers porteurs de sens
et de souveraineté.
À Toulon la filière maritime-défense représente:
- 31 000 emplois directs dans le seul département du Var,
- une croissance de 67 % attendue d'ici dix ans,
- un besoin massif en techniciens, en ingénieurs et en opérateurs.
Je remercie l'ensemble des interlocuteurs rencontrés ce matin qui oeuvre chaque
jour pour notre souveraineté et notre sécurité à travers le monde.
> Nous avons décidé de lancer une mission flash conjointe des inspections générales des affaires sociales et de l’inspection de l’éducation des sports et de la recherche, à la suite des accidents mortels qui ont touché des mineurs lors d’immersion en milieu professionnel. L’objectif de cette mission est de renforcer les conditions de sécurité des stages d’immersions en milieu professionnel. La prévention des accidents du travail graves et mortels, notamment chez les jeunes, un public particulièrement vulnérable, est une priorité du gouvernement. C’est l’un des enjeux du Plan santé au travail 2026-2030, élaboré avec les partenaires sociaux.
> J’ai fait de la souveraineté une priorité de mon ministère : apporter des réponses adaptées aux besoins en emplois et en compétences des industries qui recrutent. Dans le secteur de la Défense, ce sont 100 000 emplois qui seront à pourvoir d’ici à 2030. Notre responsabilité est claire : former, orienter et accompagner les talents pour répondre à cet enjeu stratégique pour la Nation.
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique,
de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la
nature
> Les 23 et 24 avril, la France a accueilli la réunion des ministres de
l’Environnement du G7, dans le cadre de la présidence
Cette rencontre intervient à un moment décisif, alors que les crises
environnementales s’accélèrent. Près d’un million d’espèces animales et
végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, tandis que plus de 85 % des
zones humides mondiales ont déjà disparu.
La réunion ministérielle de Paris permet de renforcer la mobilisation
collective autour de priorités claires :
- Financer la protection de la biodiversité, préserver l’Océan
- Sécuriser les ressources en eau
- Lutter contre la désertification et ses impacts sur la sécurité
- Renforcer la résilience de nos territoires comme de nos infrastructures
face aux risques naturels.
À cette occasion, la France porte une initiative majeure avec le lancement de
l’Alliance pour le financement de la nature et des peuples.
J’ai également souhaité que cette réunion se tienne dans des lieux porteurs de
sens. L’accueil des délégations au Musée de l’Homme rappellera le lien
indissociable entre les sociétés humaines et leur environnement.
La séquence organisée à Fontainebleau illustre concrètement l’engagement de la
France en faveur de la protection des forêts, de la biodiversité et d’une
gestion durable des écosystèmes.
À travers cette réunion, le ministère de la Transition écologique, de la
Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature
entend réaffirmer une conviction simple : protéger l’environnement, c’est
défendre notre souveraineté, renforcer notre résilience et préparer notre
prospérité.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> Je m’y étais engagé, c’est désormais chose faite : la loi instaurant une
procédure simplifiée de recouvrement des créances incontestées vient d’être
publiée au Journal officiel. Avec l’aide des commissaires de justice et sans
passer devant un juge, les entreprises pourront désormais obtenir que leurs
factures aient la même valeur qu’un jugement lorsque le débiteur n’en conteste
pas le montant. Une mesure de bon sens et de soutien des entreprises pour
reconstituer des trésoreries plus vite, sans judiciariser les relations
commerciales.
> Depuis quelques jours, Gabriel Attal subit des attaques homophobes. C’est à la fois terrifiant et absolument indigne. On peut critiquer des idées politiques, c’est la démocratie. Mais personne ne peut tolérer que dans notre pays, on s’attaque à une personne en raison de son orientation sexuelle. Plein soutien à lui et à ses proches.
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de
l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Entre avril et mai, nous avons quadruplé l'aide sur le GNR pour soutenir
nos agriculteurs face à la crise internationale.
> +850 € par bovin adulte : c’est l’engagement que je prends aujourd’hui pour nos éleveurs. Le forfait d’abattage diagnostique pour la tuberculose bovine passe de 2 500 € à 3 350 €, avec effet rétroactif sur la campagne de prophylaxie 2025-2026. Un signal fort, concret à la hauteur des sacrifices que cette maladie impose à nos exploitations.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> La violence n’a pas sa place à l’École : on ne touche pas à l’institution
scolaire, ni à un professeur. C'est un principe absolu et la condition de notre
contrat social. Un Français sur 30 dédie sa vie professionnelle à faire
progresser les enfants des autres et à construire l'avenir. Personne ne peut y
porter atteinte.
Face au fléau de la circulation des armes blanches, des contrôles réguliers et
massifs sont effectués par les services de sécurité aux abords des
établissements scolaires : 20 500 contrôles ont été opérés en un an, en forte
progression depuis le mois de janvier, et près de 800 ont été saisies.
Familles, institutions, société. Nous avons tous un rôle à jouer pour endiguer
ce fléau.
> Les stages d’observation de 3e et de 2de sont un
levier puissant d’égalité des chances. Ils permettent à chaque élève de
découvrir le monde professionnel, d’élargir ses horizons et de construire son
orientation.
Mais cette ouverture exige une garantie absolue, celle de la sécurité de nos
jeunes.
Avec Jean-Pierre Farandou et Sabrina Roubache, nous lançons une mission
conjointe des inspections générales de l’éducation nationale et des affaires
sociales pour renforcer les conditions de sécurité des stages en milieu
professionnel. Tout sera mis en œuvre pour protéger nos élèves.
> Dans un contexte de forte baisse démographique,
nous devons dessiner l'avenir territorial de l'Ecole à long terme, autour de ce
qui la fonde : un contrat social d'accessibilité scolaire.
C’est pourquoi nous lançons une expérimentation inédite dans 18 départements.
Objectif : élaborer la carte scolaire au plus près des réalités du terrain, en
pensant l'Ecole dans une double logique d'aménagement du territoire et d'offre
scolaire.
Jusqu’ici, les moyens étaient répartis nationalement, puis déclinés localement.
Nous inversons la logique. La carte scolaire sera élaborée au niveau
départemental, en lien avec les questions de transport et dans le cadre d'un
dialogue avec les collectivités locales, avant d'en tirer les conséquences
budgétaires. Si cette méthode fait ses preuves, elle pourra être généralisée.
Parce que l'avenir de l'Ecole et de notre pays nécessite une vision de long
terme.
> [800 établissements sélectionnés pour un
dispositif qui vise à améliorer le niveau global des élèves en difficulté en
maths et en français] Ces collèges ont à peu près 40 % de leurs élèves qui
ont moins de 8/20 en français et en mathématiques. Donc, ils sont confrontés à
de très grandes difficultés scolaires. Et tout l'enjeu, en fait, c'est
justement d'inverser cette tendance, ce qu'on est déjà en train de faire, et
donc de permettre aux équipes éducatives de travailler pendant ce semestre.
Donc, c'est ce qu'elles sont en train de faire actuellement avec l'appui des
équipes académiques. Et tout simplement pour leur redonner la main sur les
leviers : ça peut être des leviers sociaux, ça peut être des leviers
pédagogiques, ça peut être des leviers en termes d'accès à la cantine, par
exemple, des choses comme ça. Et en fait, on s'aperçoit que quand on touche à
tous les leviers à la fois, on arrive à augmenter substantiellement le niveau
des élèves. Donc, le but du jeu, c'est que l'année prochaine et les années suivantes,
il y ait beaucoup plus d'élèves qui réussissent leur brevet. (…)
Ce dispositif ne se substitue pas à l'éducation prioritaire, ça c'est la
première chose. Il faut savoir qu'en France, il y a 37 % des collèges qui
ont été identifiés comme collèges en progrès qui ne sont pas en éducation
prioritaire. Donc ça, c'est le premier point qu'il faut avoir à l'esprit. Et le
deuxième point, c'est que c'est une démarche qui part résolument du terrain.
Moi, je ne sais pas dire depuis la rue de Grenelle, si vous voulez, ce qu'il
faut faire partout en France de manière universelle pour que ça marche. Ce que
je crois, c'est qu'il y a des réalités locales qui sont extrêmement
différentes. Et donc, un : donner du temps aux équipes, ce que j'ai fait,
pour qu'elles puissent travailler sur le sujet. Deux : partir du coup des
besoins qu'elles expriment, y compris en termes de formation. Vous voyez,
souvent nous, on dit : quelle formation on vous propose. Là, je fais
l'inverse. Je leur dis : de quelle formation pensez-vous avoir besoin et
on répond à votre demande. Il y a une suite. Et puis, trois : voir
vraiment tous les leviers à la fois. Je vous donne juste un exemple. En France,
il y a 50 % de ce qu'on appelle les fonds sociaux, donc les fonds d'aide
aux élèves en difficulté, donc des financements, qui ne sont pas utilisés. Je
suis en train de les redéployer, justement, en particulier sur ces collèges qui
peuvent avoir des besoins pour ça, pour que les élèves, par exemple, puissent
plus facilement accéder à la cantine.
> Aujourd'hui, il n'y a que 25 % de femmes dans les filières scientifiques, d'ingénieurs, etc., post-bac. Donc, on a un vrai problème, si vous voulez, parce qu'on se prive de nombreux cerveaux et on se prive de regards qui sont utiles. Et comment on fait ? Tout simplement, c'était ma prédécesseure qui avait créé ces classes à horaires aménagés sciences. Le principe est très simple, c'est que les élèves ont deux ou trois heures de plus de sciences par semaine, à parité filles-garçons, et en partenariat avec des centres de recherche extérieurs. Typiquement, par exemple, au collège Toni-Morrison de Bordeaux, par exemple, la classe est en partenariat avec le laboratoire d'astrophysique de la ville. Et du coup, ça permet aux élèves de faire plus de sciences, donc d'aller plus loin. Pour ceux qui le souhaitent, bien sûr, c'est une classe qui est faite sur la base du volontariat, mais ils vont plus loin. Ils rencontrent aussi des scientifiques, ils rencontrent des modèles, et c'est très important pour les jeunes filles, à l'âge du collège, de casser les codes, et de se dire : en fait, les sciences, c'est aussi pour moi.
> [Fermeture de classes] L'équation est assez complexe. D'abord, on a beaucoup moins d'enfants, mais vraiment beaucoup moins, c'est-à-dire qu'on va perdre 1.700.000 élèves au cours des dix prochaines années, c'est-à-dire 15 % de notre effectif. Rien qu'en Gironde, à la rentrée prochaine, c'est 3 400 élèves de moins, juste pour la Gironde. Et donc, il y a des endroits où on ne peut pas ne pas tenir compte de la chute démographique. Il y a des réalités, si vous voulez, des endroits où il n'y a plus d'enfants, dans certaines écoles, dans certaines classes. De l'autre côté, ce que décrit cette petite fille est vrai, c'est-à-dire qu'il y a des endroits aussi où on a du mal à remplacer les professeurs. Et c'est pour ça qu'on ne suit pas la démographie. Si on suivait la démographie, on supprimerait 8 000 à 10 000 postes par an. Ce n'est évidemment pas ce qu'on veut faire. L'idée, c'est qu'on tire les conséquences de la démographie parce qu'il y a des endroits où on ne peut pas faire autrement. Et par ailleurs, on redéploye, si je puis dire, on utilise tout ce que la démographie libère comme professeurs, soit pour réduire le nombre d'élèves par classe, soit pour améliorer le remplacement. Alors, j'ai conscience que c'est un processus, évidemment, qui a des failles, la preuve d'ailleurs avec le témoignage de cette élève, mais il ne faut pas croire qu'on suit la démographie. Sinon, les choses ne seraient pas du tout dans le même ordre.
Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement du
territoire et de la Décentralisation)
[Evolution institutionnelle de la Corse] Alors, il y a une forte mobilisation
de l'État sur le dossier Corse. Comme vous le savez, il y a eu un travail qui a
été réalisé pendant quatre ans avec le Gouvernement ? C’est le processus
dit de Beauvau. Aujourd'hui, il y a une volonté très affirmée du Gouvernement
de pouvoir concrétiser ce dossier, cet accord. Puisque nous savons, et ça a été
décidé, je peux l'affirmer aujourd'hui, que ce protocole d'accord avec cette
révision constitutionnelle seront inscrits à l'Assemblée nationale la semaine
du 15 juin, dans très peu de temps. Et le Premier ministre est extrêmement
impliqué, effectivement, dans ce dossier.
On est tous sur la ligne de front. Un Gouvernement a un patron, c'est le
Premier ministre. Donc il est très attentif et c'est important, puisque
naturellement le Premier ministre a un poids politique déterminant, mais
l'Élysée, c'est aussi le sujet, l'Assemblée nationale et le Sénat. Donc, je
crois que tout le monde est extrêmement mobilisé et le Premier ministre y
veille. (…)
Le Gouvernement défendra le texte qui a fait l'objet d'un accord. Ensuite, il y
a un chemin parlementaire. On est en démocratie. Le Parlement parlemente et
discute. En tout cas, les choses sont lancées, c'est un moment déterminant et
très attendu.
> L'effort qui a été demandé aux collectivités pour participer au redressement de nos finances publiques, puisque le budget de l'État, c'est le budget de nous tous, a été ramené à deux milliards d'euros au lieu de cinq milliards. Aujourd'hui, on a l'endettement que l'on doit diminuer, parce que si on ne diminue pas cet endettement, ce sont des services pour nos concitoyens qui diminuent. Et puis on a aussi le coût de la guerre en Iran, qui est un coût très élevé. Mais le Gouvernement affirme d'abord son respect, sa reconnaissance par rapport aux élus. Il faut qu'on invente aujourd'hui des solutions et qu'on travaille ensemble, parce qu'encore une fois, le budget de l'État, c'est le budget de nos communes. Juste un chiffre : chaque année, l'État verse aux collectivités 154 milliards d'euros pour leur permettre de gérer les services qui sont les leurs, l'école, les déchets... Donc nous sommes des partenaires.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Je voudrais rendre hommage d'abord à la mémoire du caporal-chef Anicet
Girardin qui est mort après l'adjudant Florian Montorio. Ils sont tous les deux
morts pour la France dans le cadre de leur mission qu'ils tenaient dans la
FINUL pour soutenir les Forces armées libanaises, pour soutenir la population
du Liban, l'intégrité territoriale du Liban. La France ne sera pas intimidée.
(…)
C'est la France qui est visée par sa participation à la FINUL, donc la mission
de l'ONU au Liban, qui vise à soutenir les Forces armées libanaises pour
désarmer le Hezbollah. Donc maintenant, le travail qui doit être fait, c'est la
responsabilité des autorités libanaises pour arrêter et pour traduire devant la
justice les responsables, le Hezbollah qui a visé ce contingent de la FINUL
pendant qu'il est en train de faire ses activités, notamment des activités de
déminage. (…)
On l'a dit de façon très claire, on est au sein de la FINUL, et puis même le
mandat de la FINUL viendra à son terme à la fin de l'année, mais on continuera,
en accord avec les autorités libanaises, dans un cadre qu’il reste à définir,
mais un cadre international, à travailler aux côtés des autorités libanaises,
puisque l'objectif, encore une fois, c'est que les Forces armées libanaises
puissent reprendre le contrôle de l'intégralité du territoire, puissent prendre
le contrôle de ce qu'on appelle du monopole des armes au Liban, et qu'on puisse
mener à la paix, et puis l'intégrité, la souveraineté pour ce pays. Le
Hezbollah a une responsabilité immense, dans la situation aujourd'hui, il agit
comme un proxy, comme un relais de l'Iran contre les intérêts du Liban.
> [Liban] Aujourd’hui, il y a un effort diplomatique qui peut être historique, de dialogue entre le Liban et Israël. C'est ce que la France n'a cessé d'appeler de ses vœux. Nous avons été impliqués dans ce dialogue, nous avons été aux côtés des autorités libanaises. Le Premier ministre libanais était il y a quelques jours à Paris aux côtés du président de la République. On restera aux côtés du Liban. Je parlais de notre rôle dans la FINUL, donc nous avons un rôle aussi sur le terrain. Et d'ailleurs, encore une fois, nous avons perdu deux hommes en lien avec ce rôle, cette implication de la France. Et donc nous continuons à prendre nos responsabilités. Je rappelle qu'il y avait 49 dirigeants, chefs d'État et de gouvernement, qui étaient à Paris la semaine dernière, aussi dans le cadre de la coalition que nous voulons mettre en place pour assurer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz. La France prend ses responsabilités, joue un rôle moteur et on peut en être fiers et on peut être particulièrement fiers, je voulais leur rendre hommage encore une fois, aux près de 700 soldats français qui sont sur le terrain, qui prennent des risques pour défendre leur pays, pour défendre le droit.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Il faut souhaiter
qu'on puisse trouver une voie diplomatique à des problèmes qui sont réels et
qui sont graves. Le programme nucléaire iranien, le programme de missiles
balistiques de l'Iran, le soutien de l'Iran à des proxies terroristes et
déstabilisateurs dans la région. Donc il y a des sujets sur lesquels, encore
une fois, ce sont des sujets que nous avions mis sur la table depuis longtemps.
Vous savez, les Français, les Européens, ils ont négocié pendant longtemps avec
l'Iran, notamment sur la question du programme nucléaire. Ce sont des sujets
extrêmement complexes qui demandent du temps dans la négociation. (…)
La question, c'est que là, on est dans le commentaire au quotidien à court
terme de sujets qui sont des sujets complexes et qui vont prendre du temps. Ces
négociations sur le nucléaire, ça fait des décennies qu'elles durent. Elles
avaient été d'ailleurs initiées en E3 il y a plus de 20 ans par la France,
l'Allemagne et le Royaume-Uni. Il y avait eu un accord, l'administration Trump
s'en était retirée. Le plus important maintenant, c'est de retrouver un cadre
qui permette, encore une fois, la fin du programme nucléaire clandestin de
l'Iran, de son programme de missiles balistiques qui, on l'a vu, est une menace
pour la région, et de son soutien à des proxies déstabilisateurs comme
le Hezbollah ou le Hamas.
> [Prêt de 90 milliards pour l'Ukraine] Ce prêt, qu'est-ce que c'est ? 90 milliards d'euros, à la fois sur le plan militaire et sur le plan économique, qui va permettre aux Ukrainiens d'avoir de la visibilité sur les prochaines années. C'était un accord qu'on avait trouvé d'ailleurs largement sous l'impulsion de la France, du président de la République, au Conseil européen de décembre. Depuis il était bloqué par la Hongrie, donc on devrait pouvoir le débloquer dans les prochaines heures, je l'espère, ou en tout cas vraiment imminemment. C'est fondamental, et non seulement c'est fondamental pour le soutien à l'Ukraine sur le terrain, mais je voudrais dire quand même de façon plus profonde il y a un peu plus d'un an, on avait le rendez-vous entre le président Zelensky, le président Trump et le vice-président Vance dans le Bureau ovale. Et à ce moment-là, on se rappelle des commentaires qui disaient que les Ukrainiens allaient être forcés à une capitulation par les États-Unis en 24 heures, que les Européens seraient nulle part, ne seraient pas autour de la table. Et ce qu'on a vu depuis un an, c'est qu'on a monté la Coalition des volontaires pour travailler sur les garanties de sécurité à l'Ukraine et puis surtout pour coordonner notre soutien aux Ukrainiens, avec les Européens, mais aussi avec les Britanniques, avec les Australiens, les Canadiens. On l'a fait sous l'impulsion de la France. Et puis après, nous avons décidé, là, on va finaliser enfin ce prêt de 90 milliards. Donc c'est un exemple aussi des Européens qui défendent leurs intérêts, sans les Américains, qui se donnent les moyens d'assurer leur souveraineté, d'assurer leur puissance.
> [Hongrie] Mais vous savez, fondamentalement,
Péter Magyar, qu'est-ce qu'il dit ? Il dit « Moi, je vais soutenir, défendre
les intérêts de la Hongrie », comme nous défendons les intérêts de la France.
Mais le plus important, c'est qu'il ne soit pas le relais de Vladimir Poutine
ou de la Chine ou des États-Unis dans le débat européen. (…)
Je vois ses premières déclarations, on jugera sur pièce. Et puis après, on ira
travailler avec Péter Magyar comme on travaille avec tous les États européens.
Mais ce que je constate, c'est que c'est d'abord une victoire pour le peuple
hongrois parce qu'il a fait une campagne très clairement contre la dérive de
l'état de droit et contre la corruption dans son pays. Et qu'il veut
aujourd'hui s'engager dans une relation plus constructive avec les partenaires
européens, où il défendra ses intérêts, nous travaillerons ensemble à défendre
la sécurité des Européens. C'est le plus important parce que, oui, c'est un
conservateur, il défendra ses valeurs, mais ce n'est pas du tout ça le sujet. Ça,
c'est le choix souverain de la Hongrie. Mais le plus important, c'est, encore
une fois, qu'on ne soit pas après les porte-paroles de Vladimir Poutine, comme
c'était le cas sous Viktor Orbán, qui, rappelez-vous, son ministre des Affaires
étrangères faisait fuiter les informations du Conseil après à la Russie.
> [Bulgarie] On avait travaillé déjà avec M. Radev dans le passé, donc on continuera à travailler avec les autorités bulgares. Le plus important, encore une fois, c'est de trouver du consensus sur les sujets qui concernent notre sécurité collective. Donc bien sûr, je me rendrai bientôt à Sofia, une fois que le gouvernement sera en place, pour pouvoir échanger avec eux et avancer ensemble.
> Ceux qui nous disaient que la montée du populisme, du nationalisme, de l'illibéralisme, comme on dit, était une fatalité, ont été détrompés en Hongrie. Et que quand on porte un discours d'espérance, un discours sur la démocratie, sur les libertés, on peut l'emporter. C’est aussi un message qui est envoyé à tous ceux qui, comme nous, ne souhaitent pas voir le populisme l'emporter en Europe. Mais ça veut dire aussi qu'on doit avoir une offre politique, ça veut dire qu'on doit porter un message ferme, y compris un message clair à la fois sur les valeurs, mais pour répondre, parce que pour moi, la priorité numéro un, c'est de répondre aux préoccupations de nos citoyens.
> [Union européenne] Il faut un projet et il faut répondre aux préoccupations des citoyens sur la compétitivité et la prospérité au niveau national comme au niveau européen. À Chypre, on va parler de notre agenda de prospérité, de soutien à l'innovation, d'approfondissement du marché intérieur, de simplification de nos règles et de nos normes, de sécurité aussi, par exemple sur la question de la gestion du défi migratoire et de la protection de nos frontières extérieures. On doit le faire en France, on le fait bien sûr au niveau européen, on va adopter bientôt le règlement « retour » qui va nous permettre de mieux expulser les immigrés en situation irrégulière. C'est comme ça aussi, c'est en répondant aux préoccupations de ces citoyens sur tous ces sujets que l'Europe l'emportera.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Plein soutien à Jean-François Rousset, dont la permanence parlementaire a
été visée à Millau. Les agriculteurs expriment des inquiétudes légitimes, qui
doivent être entendues. Mais aucune dégradation, aucune pression, aucune
intimidation contre un élu de la République n’est acceptable. Le dialogue doit
toujours primer.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Génocide des Arméniens] Il y a 111 ans, plus d’un million et demi
d’Arméniens étaient déportés et massacrés de manière systématique par le régime
turc. Aujourd'hui, comme chaque 24 avril, j’étais présent aux côtés de la
communauté arménienne de France pour nous recueillir. Ne jamais oublier le
martyre du peuple arménien, c'est aussi lui renouveler notre indéfectible
solidarité. Notre engagement demeure absolu pour faire vivre la mémoire de
cette tragédie historique et condamner avec force ceux qui menacent encore
aujourd'hui ce peuple frère.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Très heureux d'être aux côtés des vignerons et producteurs de la CNAOC,
hier à Reims, en Grand-Est pour leur congrès annuel. Cette confédération réunit
plus de 58 000 vignerons autour de 387 appellations : c'est le cœur battant du
savoir-faire viticole français et il doit être entendu. À ce titre, j'ai eu le
plaisir d'intervenir, en table ronde, aux côtés notamment d'Eric Sargiacomo, de
Jérémy Decerle et de David Boublil. L'occasion d'aborder les sujets qui
comptent pour la filière : régulation du marché, formation des prix, évolution
des modes de consommation, organisations de producteurs, Paquet vin, futur de
la PAC, etc. Des sujets qui conditionnent directement la capacité de nos
vignerons à vivre de leur travail et à rester compétitifs sur les marchés
internationaux, sans jamais sacrifier la qualité du vignoble français.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> Pendant trop longtemps, faute d’un véritable marché unique, nos
entreprises se sont internationalisées avant de s’européaniser. Aujourd’hui,
cette nouvelle feuille de route du marché unique doit changer les choses, par
la mise en place d’un agenda précis et de responsabilités claires. Soyons
franc: c’est maintenant. Si nous ne faisons rien, le marché unique européen
sera pris entre le marteau de la préférence nationale, et l’enclume de la
concurrence internationale de marchés plus intégrés. Au risque d’affaiblir la
compétitivité des entreprises, et le pouvoir d’achat des consommateurs
européens.
> Heureux et fier d’avoir lancé aujourd’hui avec le
vice-premier ministre Ukrainien le plan d’action et de coopération entre
l’Europe et l’Ukraine sur les minerais critiques Au programme, entre autres :
- la sélection de projets prioritaires en extraction, raffinage & recyclage
- un cadre légal & administratif amélioré pour mieux intégrer les chaînes
de production européennes et ukrainiennes
- un plan d’action pour aider l’Ukraine à décarboner son secteur minier
C’est un pas de plus pour traduire en pratique les engagements du partenariat
stratégique sur les matières premières que l’Europe et l’Ukraine ont signé en
2021. Chaque partie possède des ressources et du savoir-faire dans le
secteur minier. A l’heure où les minerais critiques sont exploités comme arme
géopolitique, l’Europe et l’Ukraine ont beaucoup à gagner de cette
collaboration renforcée.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Sur France Inter hier, je suis revenue sur le soulagement que représente
le déblocage du prêt de 90 milliards d’euros de l’UE à l’Ukraine. Mais cet
épisode est aussi venu rappeler notre fragilité institutionnelle européenne :
il est temps de mettre fin à la vétocratie au Conseil ! Stop à l’unanimité en
politique étrangère !
Pascal Canfin (député)
> C’est une excellente nouvelle pour notre souveraineté et notre tissu
économique.
Quatre fournisseurs de cloud européen souverain ont remporté la semaine
dernière un appel d’offre de la Commission européenne. Montant total : 180
millions d’euros sur 6 ans, pour développer un cloud souverain pour les
institutions européennes.
C’est un bel exemple de commande publique vers des pépites européennes : la
Commission prend les enjeux de souveraineté et l'innovation au sérieux, avant
la révision des règles de commande publique prévue cette année.
Le cadre était clair : les fournisseurs de cloud devaient montrer que les
technologies utilisées et les services fournis n’était que faiblement
tributaires de tiers non membres de l’UE. La diversification plutôt que la
dépendance.
Félicitations particulières aux entreprises françaises sélectionnées dans le
consortium, qui montrent que nous avons des technologies européennes au niveau
pour répondre à nos besoins.
> L’écosystème européen tech n’est pas voué à l’échec. Les talents arrivent. Les valeurs européennes sont attrayantes. Nous devons simplement nous assurer que nos innovateurs ont le droit de rester en Europe en se développant sur le continent, en utilisant la force de notre marché unique. Le « basculement » vers les États-Unis ne peut pas être le seul résultat pour nos startups.
> Le plan AccelerateEU, présenté par la Commission
européenne, reconnaît que face aux crises géopolitiques, l'Europe ne peut plus
se contenter de changer de fournisseurs de gaz et de pétrole. Réduire notre
dépendance aux importations fossiles passe par l’électrification et la décarbonation.
Il en va de notre sécurité et de notre souveraineté !
Depuis la fermeture du détroit d'Ormuz et la paralysie des exportations
qataries de GNL, l'ombre d’un nouveau choc gazier plane sur l’Europe. Et comme
en 2022 lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les prix de
l'électricité s'envolent... mais pas partout.
La comparaison entre l’Espagne et l’Italie est frappante.
En Espagne, grâce au déploiement rapide des renouvelables, le prix du gaz
détermine le prix de l’électricité seulement 15% du temps, comparé à 75% en
2019 ! Résultat, sur le prix de l’électricité sur les marchés de gros se
situent autour de 66€ MWh.
En Italie, le gaz influence le prix de l’électricité 89% du temps. Le pays est
donc directement exposé à chaque tension sur les marchés mondiaux du gaz.
L’Italie affiche un prix de gros de l’électricité deux fois supérieur à celui
de l’Espagne, autour de 130€ MWh. L'Italie paie cher sa dépendance au gaz et
son refus idéologique d'investir dans les énergies décarbonnées.
La France aussi a un bouclier contre les chocs gazier grâce à sa production
nucléaire et renouvelables, notamment hydraulique, ce qui lui permet de
conserver un prix de l’électricité compétitif malgré la crise actuelle.
La conclusion est claire : les pays qui ont remplacé la production au gaz par
des énergies décarbonées domestiques sont moins exposés aux chocs de prix liés
à la hausse des fossiles. Le bouclier du Pacte vert commence à se voir et à
faire la différence !
Christophe Grudler (député)
> [Génocide des Arméniens] Commémoration annuelle du génocide arménien de
1915 au square Merloz à Belfort. Se souvenir, honorer, transmettre : autant de
devoirs essentiels pour faire vivre la mémoire et bâtir ensemble un avenir
fondé sur la paix entre les peuples.
Jérémy Decerle (député)
> En déplacement à Reims cette semaine auprès des professionnels du vin
et des vignerons de la CNAOC, puis dans la Nièvre pour échanger avec les
citoyens et les jeunes de nos territoires ruraux. Tous s’intéressent à
l’Europe, beaucoup partagent leurs inquiétudes sur l’avenir de l’agriculture et
de la PAC. La proposition présentée par la Commission ne satisfait pas, le
Parlement européen l’a clairement exprimé. La PAC 2027 doit reprendre son sens
premier : une vision commune et un budget ambitieux. Deux conditions
essentielles pour être efficace, ancrée dans les territoires et en soutien des
filières françaises et européennes. Derrière le secteur agricole, ce sont des
femmes et des hommes qui chaque jour le font vivre et contribuent à sa
richesse. Ils doivent être reconnus et respectés.
Nathalie Loiseau (députée)
> [Génocide des Arméniens] En ce jour de commémoration du génocide des
Arméniens, je veux m’incliner à la mémoire de ses victimes passées, mais aussi
continuer à m’engager auprès des Arméniens d’aujourd’hui: les réfugiés du
Haut-Karabakh, les Arméniens d’Arménie et de la diaspora, la démocratie
arménienne.
> 90 Mds de prêt a l’Ukraine, 20eme paquet de sanctions vis-à-vis de la Russie : l’Europe ne dévie pas de sa ligne, parce que notre sécurité est en jeu et qu’on ne joue pas avec la sécurité des Européens.
Fabienne Keller (députée)
> Un échange passionnant ce matin avec Lord Michael German, rapporteur
général de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe en charge des
politiques de migration et d’asile. Face au durcissement de la politique
européenne et aux menaces qui pèsent sur le respect des droits humains, nous
partageons la conviction d’une coopération renforcée entre le Parlement
européen et le Conseil de l’Europe pour veiller au respect de la convention
européenne des droits de l’Homme.
Grégory Allione (député)
> [Génocide des Arméniens] Devant le monument dédié aux 1,5 million de
victimes du génocide arménien, les Aixois ont rappelé que l'on n'oubliait pas,
jamais. Place Charles Aznavour (le nom dit déjà beaucoup) devant cette
sculpture de R. Toros, un homme agenouillé, les bras ouverts. Un geste qui dit
l'effondrement et la dignité en même temps. Dans les Bouches-du-Rhône vivent
aujourd'hui près de 80 000 Français d'origine arménienne. À Aix, à Marseille,
mais aussi à Gardanne, à Martigues, dans tout le bassin minier provençal où
leurs arrière-grands-parents ont débarqué après 1922, apatrides, rescapés. Ils
sont devenus Provençaux sans jamais cesser d'être Arméniens. Nos voisins, nos
amis, nos commerçants, nos pompiers, nos élus. Une part de nous. Commémorer, ce
n'est pas ressasser. C'est transmettre. C'est dire aux plus jeunes qu'une
nation qui regarde son histoire en face est une nation plus solide. La France a
reconnu le génocide arménien en 2001. Le Parlement européen, dès 1987. Ces
reconnaissances ne sont pas des formalités : elles sont le socle moral sur
lequel nous tenons debout. Une pensée, aujourd'hui, pour les Arméniens du
Haut-Karabagh déplacés depuis 2023. Leur mémoire aussi est la nôtre. Merci à
Sophie Joissains, aux associations de la communauté arménienne d'Aix, et à tous
ceux qui étaient présents. Je n'ai malheureusement pu me joindre à eux sur
place. Passionnément Aixois. Résolument aux côtés de nos compatriotes
arméniens.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Recueillir et prendre en compte la voix des enfants est fondamental pour
construire une politique adaptée aux besoins des familles.
> Le rapport de l'Arcom est clair : +90 760
demandes de retrait de contenus pédopornographiques en 2025. Derrière ces
chiffres, une réalité : sans signalement, pas de retrait. Chacun peut agir.
- Plateformes responsabilisées
- Autorités mobilisées
- Citoyens engagés
> Bravo à Marina Ferrari, aux équipes du secteur sportif qui s'engagent car depuis novembre, Signal-Sports est affiché partout. En 2 ans, les signalements ont augmenté de 140 %, preuve que la parole se libère et que la vigilance collective progresse.
> L'e-sport c'est 6 millions d’enfants et d’adolescents qui y évoluent chaque jour. Objectif des contrôles d’antécédents judiciaires partout : aucune zone grise quand il s’agit de protéger les enfants.
> Avant 3 ans, le langage ne se télécharge pas. Il se construit dans la relation : un regard, une réponse, une voix, une histoire racontée, un mot répété, un silence habité. Ce n’est pas seulement une question de temps d’écran, mais de temps humain.
