mardi 2 juin 2026

Propos centristes. France – Protéger les enfants contre les violences en milieu scolaire / Choose France: 93 milliards d’€ d’investissement / Hostilités au Moyen-Orient / La GPA «éthique» n’existe pas / Incidents en marge de la victoire du PSG…


Voici une sélection, ce 2 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> J’ai échangé hier soir avec le Président Trump au sujet de la situation au Moyen-Orient. J’ai salué les efforts déterminés qu’il mène pour parvenir rapidement à un accord entre les États-Unis et l’Iran, qui constitue une opportunité unique de construire un nouveau cadre de sécurité associant l’ensemble des acteurs concernés, afin de permettre une stabilisation durable de la région. J’ai indiqué que nous étions prêts à soutenir pleinement ces efforts et à prendre toute notre part dans leur mise en œuvre. C’est le sens de la mission internationale que nous avons construite avec les Britanniques et nos partenaires, prête à être déployée dès qu’un accord sera conclu afin de contribuer à la sécurisation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Nous sommes également disposés à apporter notre expertise et nos capacités aux négociations plus larges qui doivent s’ouvrir, en particulier sur le volet nucléaire d’un accord. J’ai enfin salué l’engagement du Président Trump en faveur de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban, et souligné l’importance d’un cessez-le-feu robuste et de notre appui collectif aux autorités libanaises.

> [Discours à l’occasion du 9e Sommet Choose France] Je voulais d'abord vous remercier, remercier l'ensemble des investisseurs, des chefs d'entreprise, les ministres, toutes les équipes des pouvoirs publics qui sont là. Et vraiment, je voudrais dire un très grand merci aux équipes qui ont permis ces réalisations, les équipes évidemment de Bercy, de la DGE, l'ensemble des services, celle de Business France aussi, de la BPI, toutes les équipes des cabinets et l'écosystème français. Et remercier évidemment nos administrations et les entreprises françaises qui sont là, qui permettent aussi de convaincre les partenaires étrangers d'investir chez nous.
Et cette édition est importante parce qu'elle acte 93 milliards d'euros d'investissement dans notre pays, ce qui est massif. C'est des dizaines de milliers d'emplois à la clé. C'est évidemment beaucoup d'IA, de datacenter avec, je dirais, deux acteurs massifs que sont SoftBank et que sont Mubadala et MGX qui ont fait de très gros investissements. Et derrière aussi beaucoup d'investissements, de l'acier en passant par l'électrification de machines-outils, etc.
Ceci vient, au fond, consolider les 9 dernières années d'efforts où on a réalisé 87 milliards d'euros d'investissements confirmés, délivrés, avec là aussi des dizaines de milliers d'emplois qui ont été créés et qui est le fruit du travail collectif. C'est le fruit des réformes, de la constance, d'un écosystème qu'on a su bâtir et donc je voulais vous en remercier collectivement en même temps que je voulais annoncer ou plutôt confirmer ces bonnes nouvelles. Voilà, donc merci à tous.
Je sais que vous venez du monde entier et pour certains d'entre vous, c'est la neuvième fois. Je reconnais certains d'entre vous. Pour d'autres, c'est la première participation. Masa, vous avez pris la bonne décision en confirmant quelque 45 milliards d'investissements, Marc également, 2 milliards annoncés. C'est formidable. Et je souhaitais très sincèrement vous remercier de votre présence, de votre engagement et d'avoir travaillé dur à ces projets. Au cours des dernières années, nous avons consolidé cet environnement favorable aux entreprises. Et je voulais vous en remercier tous, car pour nous, c'est un défi constant que de rapprocher l'écosystème français, nos universités, nos autorités territoriales, nos entreprises, les petites, les grandes, nos investisseurs et les startups en provenance d'Amérique latine, des États-Unis, de l'Asie, de la région du Golfe, etc
Au cours des dernières années, nous avons confirmé quelque 87 milliards d'investissements. Aujourd'hui, nous annonçons 93 milliards d'investissements. 45 milliards en provenance de SoftBank cet investissement dans des centres de données, mais également grâce au partenariat avec Schneider. Et puis, vous nous avez annoncé votre intention d'investir un total de 75 milliards. Et puis, le suivi des investissements de Mubadala, MGX et d'autres. D'autres sont venus pour parler des terres rares, des minéraux, des batteries, de toute la chaîne de valeur, des investissements clés aujourd'hui. Et je vous en suis extrêmement reconnaissant. Alors, j'aimerais revenir à ce que je puis vous dire pour faire plus encore. Que pouvons-nous annoncer encore ? Car il ne s'agit pas de faire que des annonces, mais également de nous assurer de la mise en œuvre pour que tout ceci devienne réalité et que nous changions le visage de ce pays, de ce continent.
Je crois qu'au cours des dernières années, et c'est le principal moteur de ce mouvement. Nous avons ensemble pu construire un environnement favorable aux entreprises. Et très tôt, nous avons entrepris des réformes de la réglementation du travail. Et de fait, lors de mes entretiens bilatéraux, personne n'a évoqué la réglementation du droit du travail en France, alors qu’auparavant, on me parlait du manque de flexibilité, etc., donc le droit du travail.
Deuxièmement, la fiscalité sur les plus-values et de nombreux sujets afin de faciliter les investissements totalement nouveaux, la recherche et le développement et même remarque à cet égard.
Troisièmement, l'énergie. Et là, c'est le résultat des grands investissements opérés ces dernières années, car nous avons un avantage historique qui est l'énergie nucléaire. Mais ces dernières décennies, nous avons beaucoup investi pour réorganiser cette chaîne de valeurs en France. Et je salue tous les acteurs essentiels, qu'il s'agisse d'EDF, Framatome, Orano, le CEA et toute la famille française du nucléaire. Nous avons fait beaucoup au cours des 10 dernières années, et nous avons réinvesti précisément pour moderniser les instruments existants. Ce qui veut dire qu'en 2022, au début de la guerre d'agression menée par la Russie en Ukraine, nous importions de l'électricité, car nous n'étions pas à notre maximum. Nous utilisions quelque 60 % de nos capacités. Ensuite, nous avons amélioré la situation, et en 2025-2024, nous avons pu exporter plus de 90 TWh. Et nous sommes de loin le principal exportateur d'électricité en Europe, ce qui nous offre la capacité d'investir dans des centres de données, dans de nombreux projets, sans faire souffrir nos ménages et nos entreprises.
C'est un avantage exceptionnel de l'écosystème français, l'énergie disponible décarbonée. Par ailleurs, 95 % de cette électricité est d’ores et déjà décarbonée. Nous investissons dans des capacités supplémentaires afin de compléter le cycle et de le moderniser, mais également pour construire 6 plus 8 réacteurs. C'est déjà en cours. C'est un investissement pour les décennies à venir. Mais ceci illustre auprès de chacun d'entre nous que cet avantage sera durable.
Et si vous intégrez les coûts et la compétitivité, en regardant les prix essentiels, le marché dans son ensemble, l'année dernière, 60 euros le MWh en France, 90 en Allemagne et plus de 105 euros le MWh en Italie. Donc nous sommes extrêmement concurrentiels en termes de coûts d'énergie et c'est l'un des sujets essentiels aujourd'hui.
Et puis, celui des talents. Nous avons investi dans l'éducation, l'éducation supérieure. Nous formons de nombreux talents. Nos universités sont une force. Nos centres de recherche également. Nous avons amélioré l'écosystème et les synergies. Je crois que Paris-Saclay en est le meilleur exemple. Nous avons maintenant l'unité du site. Nous formons de plus en plus. Nous avons lancé un certain nombre de programmes France 2030 pour former de plus en plus de personnes, notamment des scientifiques en matière de data, les compétences en matière de technologie verte. Nous formons de nombreux talents. Cela fait partie de notre stratégie en matière quantique et d'intelligence artificielle.
Bien sûr, il s'agit aussi d'attirer d'autres talents, d'où les projets d'excellence, d'investissement dans notre écosystème.
Autrefois, nous exportions de nombreux talents vers la Silicon Valley.
Maintenant, nous parvenons à garder de plus en plus de nos talents grâce à ce nouvel écosystème. J'aimerais ajouter que ces dernières années, nous sommes parvenus à renforcer notre écosystème dans les domaines clés en termes d'innovation : le quantique, l'intelligence artificielle. Avec des stratégies à long terme, des investissements constants avec des ajustements permanents. Nous avons revu, d'ailleurs, ces dernières semaines, nos stratégies en matière quantique et d'IA pour être plus rapides encore et plus forts.
Maintenant, il nous faut nous concentrer sur un certain nombre de sujets. Je dirais, au niveau français, qu'il s'agit de la rapidité, de l'échelle et de la simplification.
Simplification. Nous adoptons un certain nombre de textes législatifs afin de réduire ce qui est trop complexe dans notre réglementation actuelle. Nous rationalisons également tous les secteurs possibles. Nous rationalisons la réglementation en vigueur. Nous la simplifions.
Nous venons d'adopter un texte en matière d'IA pour les centres de données afin d'accélérer les projets. Nous avons simplifié les règles. Nous travaillons très dur afin de simplifier tout ça.
Puis, l'échelle pour faire en sorte que vous puissiez avoir, en investissant en France, accès à l'entièreté du marché européen. J'y reviendrai.
Puis la vitesse. La vitesse est essentielle. Permettez-moi de vous dire que trop nombreux sont ceux qui pensent qu'en Europe, nous sommes trop lents. Alors ce n'est pas nécessairement pour acquis, mais nous progressons. J'étais d'ailleurs, il y a quelques jours, à côté de Châteaudun, dans une usine de Vorwerk. Nos amis allemands sont sans doute ici présents. Ils ont annoncé au fil des ans, 2023-2024-2025, de nouveaux investissements.
En deux ans, leur usine a pu être construite. Nous avons pris les engagements. Nous les avons tenus. Nous avons adopté ce que nous appelons la stratégie Notre-Dame. Nous sommes parvenus à restaurer et à rouvrir Notre-Dame en cinq ans. C'est ce que nous faisons également dans les projets industriels. Nous avons des procédures que nous rationalisons, nous simplifions tout. Vous avez un point d'entrée unique, un guichet unique, et nous accélérons au maximum. C'est ce que nous faisons sur les projets de centres de données, les fameux datacenters, et pour de nombreux projets industriels européens. Nous continuerons à accélérer. Vous pouvez compter sur moi.
C'est beaucoup mieux. La France est en tête en Europe. Lorsque je compare avec le reste du monde, je pense que nous pouvons faire encore mieux.
Mais soyez certains que pour la simplification, l'échelle et la rapidité, vous pouvez compter sur nous. Chaque fois que nous nous engageons, nous tenons nos promesses. Alors, nous allons travailler à une échelle nationale. C'est au cœur de notre stratégie.
Mais quel est l'enjeu au niveau européen ? Que souhaitons-nous faire ?
C'est assez simple.
Nous voulons renforcer la compétitivité de l'Europe, en mettant en place des mesures très importantes. D'abord, des mesures de simplification. Je sais que vous êtes nombreux qui êtes gênés, voire plus, par la réglementation. Alors on a déjà voté des paquets omnibus. Ça va dans le bon sens, mais la simplification, c'est essentiel. Il faut modifier ce qui a parfois été mis en place, parfois accélérer d'autres choses. Mais ce qu'il faut faire, c'est essayer de ne pas commettre les mêmes erreurs trop souvent en Europe. Nous nous infligeons des blessures nous-mêmes. Nous devons donc nous synchroniser avec le reste du monde. Et à chaque fois qu'on fait un pas en arrière, il faut réparer la chose. Ça passe par la simplification.
Ensuite, le marché unique. Lorsque vous investissez dans un pays, la France, l'Allemagne, l'Italie, vous investissez en Europe. Cela vous ouvre un marché de 400 millions de citoyens, d'habitants. A chaque fois que nous améliorons, nous approfondissons ce marché unique, nous approfondissons la compétitivité de l'Europe. Il s'agit donc de renforcer, de créer un marché numérique unique et de centraliser aussi les marchés des capitaux. La semaine dernière, nous avons discuté de la création d'une union des marchés des capitaux. C'est le tandem franco-allemand qui va essayer d'embarquer les autres partenaires.
Donc, deuxième mot-clé : la protection. Je voulais être clair là-dessus.
Lorsque vous vous rendez aux États-Unis ou au Canada, vous êtes protégés, si vous êtes un acteur américain ou canadien. Vous n'êtes pas traités comme un acteur européen.
Si vous allez en Chine, vous n'êtes pas forcément bien traités en tant qu'acteur français.
Mais de notre côté, nous souhaitons que tous ceux qui font partie de l'écosystème économique français, qui ont investi, soient protégés. Et ça passe par là.
Protection. La préférence européenne. Une clause de protection qui protège les investisseurs comme l'ont fait l'ALENA et d'autres.
Nous avons donc commencé à protéger les acteurs qui ont investi en Europe dans l'industrie automobile et nous allons approfondir cette mesure.
Pourquoi ? Parce que c'est la seule manière de rendre l'Europe attractive. Lorsque vous investissez dans des usines de production de batteries lithium-ion à Douai, il faut que les constructeurs automobiles européens choisissent cette batterie.
Tout ce qui sera produit en Europe fera partie de l'empreinte européenne. L'Europe a peut-être été trop naïve jusqu'à présent. Donc cette préférence européenne, nous allons la défendre.
Sans cela, la concurrence déloyale nous écrasera. Et tout cela passe par des investissements.
A l'échelle européenne, nous voulons attirer plus de financements privés et publics. Pour mes [financements] privés, nous le faisons, et notamment par l'union des marchés des capitaux, et pour les [financements] publics en augmentant les budgets dans les secteurs porteurs d'innovation, l'IA, le quantique, l'espace et les technologies vertes, la green tech également.
Voilà donc les priorités essentielles pour l'Europe.
On pourra y revenir pendant les questions et réponses, mais tout ça s'inscrit dans un contexte géopolitique tout à fait particulier, qui fait que nous devons avoir comme priorité le renforcement de notre souveraineté et notre indépendance. Cela ne signifie pas que nous voulions vivre en vase clos de manière isolée, pas du tout. Le but, c'est de réduire les sur-dépendances. Cela passe par l'innovation, par les investissements et par la réduction des risques par rapport à nos dépendances excessives.
C'est ce qui nous protégera des risques géopolitiques.
Il y a un aspect important, et j'aimerais le souligner, c'est la prévisibilité.
L'amélioration de la compétitivité passera par un approvisionnement du marché unique, par des procédures simplifiées et plus rapides. Mais il ne faut absolument pas sous-estimer nos amis européens. Le cadre européen donne de la prévisibilité.
Personne ne peut décider de changer les règles du jour au lendemain : les décrets présidentiels, etc. Le fait du prince, ça n'existe pas en Europe.
Et c'est très important, cette prévisibilité.
Certains diraient à court terme : non, j'aimerais bien que vous passiez un décret en ma faveur. Bon, très bien, tant que nous sommes amis.
Mais en fait, non, à long terme, ce n'est pas bon. La prévisibilité, l'Etat de droit, voilà ce qui fait la stabilité et l'attractivité des marchés matures. C'est la même chose sur le plan géopolitique : ici, en Europe, nous sommes prévisibles.
Dernier point sur des axes verticaux, je n'irai pas plus loin, mais sur l'espace donc. Notre secteur, notre filière spatiale européenne est très forte. Je crois que vous avez été éclairés et vous avez eu une discussion probablement très intéressante avec ceux qui m'ont précédé, Thomas et Arnaud, les deux d'ailleurs. Ils vont participer à des projets extraordinaires et donc ils font notre fierté. Thomas a commandé une mission sur l'ISS et va le faire. Arnaud va faire partie de l'équipe de Haven-1. [Applaudissements] Nous pouvons bien sûr les applaudir. Mais je voulais souligner que l'Europe a énormément d'atouts en ce qui concerne l'espace. Nous produisons des lanceurs, nous avons des sites de lancement, c’est Kourou. Nous disposons de satellites. Il y a énormément d'innovations à tous les étages. Nous proposons des services spatiaux et aujourd'hui, nous disposons d'une constellation en basse orbite, la constellation Léo. Elle n'est ni américaine, ni chinoise. Elle est gérée par Eutelsat et nous avons un accès indépendant à l'espace. Donc toute une panoplie d'innovations, toute une gamme d'innovations, des acteurs matures, très solides dans ce domaine : voilà ce que je voulais porter à votre attention. Et du 9 au 10 septembre va se tenir un sommet de l'espace en France où tous les grands acteurs seront réunis pour réfléchir à notre avenir et nos partenaires clés seront là également, l'ESA notamment. Voilà le premier axe que je voulais mettre en lumière.
Ensuite, les centres de données et l’IA. Lors du sommet sur l'IA en février 2025, nous avons annoncé 109 milliards d'investissements. Et grâce à l'annonce de Softbank aujourd'hui, cela porte la somme à un niveau encore plus élevé. J'aimerais souligner le fait que nous voulons approfondir la chaîne de valeur. Nous avons eu d'excellentes discussions avec nos partenaires aujourd'hui. On peut parler des activités dans le civil et dans le militaire, mais notre priorité essentielle, bien sûr, c'est de réussir à installer des capacités de calcul beaucoup plus importantes en France et nous menons la course en Europe aujourd'hui. Non seulement cela, mais nous voulons également pouvoir produire des puces, avoir des sociétés de services, réduire nos dépendances et vraiment créer de la valeur, mais aussi disposer d'entreprises qui font de la robotique ou des modèles d'IA, LLM, etc. Donc il nous faut des capacités de calcul. L'Europe était en retard, donc nous voulons les installer, mais ces capacités, nous souhaitons les mettre à la disposition de nos champions pour développer des capacités d'IA et créer de la valeur. Dans le quantique, nous venons de renouveler notre stratégie sur les plans européen et français.
Et enfin, un peu de culture. N'oublions pas que nous nous tenons ici devant le château de Versailles. Nous investissons également dans le secteur du tourisme. Vous êtes nombreux, d'ailleurs, à avoir confirmé des investissements dans le tourisme ou dans le patrimoine. Nous disposons d'énormément de monuments classés, protégés. Nous recherchons une diversification. Et justement, la culture, c'est aussi ce qui nous rend attractifs. Je voulais vous informer que le 7 septembre, nous allons co-présider avec la Corée le Sommet du Cinéma et de l'Image animée en France et cela marquera une accélération des investissements dans le cinéma, dans les industries créatives et culturelles, et ce, pour permettre à nos grands acteurs de travailler pour l'attractivité de la France.
Alors je ne vais pas vous garder plus longtemps, je voulais souligner les éléments les plus importants, et je vous remercie pour votre confiance, votre engagement au service de notre pays. Il s'agit là d'un rendez-vous vraiment très important pour nous. Je remercie encore toutes les entreprises françaises présentes aujourd'hui. Je sais qu'elles apprécient ce rendez-vous, ces rencontres. Elles nous disent que les discussions sont toujours très, très fructueuses. Mais soyez assurés de notre engagement. Nous croyons à ce programme. Tout ce qui a été signé ici, qui a été annoncé aujourd'hui et lors des éditions passées, tout sera exécuté et réalisé dans les délais. Et c'est pour cela que notre événement grandit d'année en année, parce qu'il ne s'agit pas que d'une rencontre d'un jour. Il s'agit de tout un processus qui demande de l'effort, de l'engagement. Et je suis là moi-même, et je mets en jeu ma crédibilité, celle de mes ministres, celle de nos administrations. Donc merci encore et donc choisissez la France, bien sûr.

> Intervention lors de la réception en l'honneur du Paris Saint-Germain vainqueur de la Ligue des Champions] Bienvenue à l'Élysée. Une année encore pour vous accueillir. Paris a gagné deux étoiles. Merci. Avant de les remercier et de dire tout le mérite qu'ils ont, je voudrais avoir un mot pour commencer. Parce que malheureusement, on a vu, et je ne veux pas qu'on s'habitue à ça, et personne n'a envie qu'on s'habitue à ça, des scènes de violence inacceptables à Paris et dans d'autres villes, hier soir, une bonne partie de la nuit. Je veux remercier le ministre de l'Intérieur, le préfet de police, l'ensemble des équipes qui se sont mobilisées sur la plaque parisienne et dans beaucoup de villes de province face à ce qui est inqualifiable. Je veux remercier l'ensemble de nos forces de l'ordre, évidemment nos commerçants qui ont été touchés, les victimes, les gens qui ont été blessés.
Ce n'est pas le foot, ce n'est pas le sport, ce n'est pas ce qu'on aime. Merci à nos policiers et à nos gendarmes. Nous serons intraitables avec ceux qui ont été attrapés. On ne veut plus voir ça. Fini. On en a ras le bol. Terminé. Maintenant, retour au sport. Je ne vais pas être long, mais je dois dire que vous nous avez fait vraiment vibrer jusqu'à la dernière seconde et qu'autant l'année dernière ça avait été franc, massif, triomphant là, vous avez été la chercher et on a vibré avec vous au-delà évidemment des 120 minutes jusqu'à la dernière seconde de ces tirs au but. Mais quelle équipe ! Hier, la France a fait en deux ans, grâce au PSG, ce que nous n'avions pas fait dans notre histoire en 70 ans de foot, c'est-à-dire deux titres. Merci pour ça. Hier, le PSG est rentré dans la très, très grande ligue, parce qu'il est devenu en effet l'un des deux seuls clubs, pas simplement à avoir fait trois finales durant les six dernières années, mais avec le Réal, avoir fait ce fameux back-to-back, c'est-à-dire avoir enchaîné deux victoires.
C'est immense, c'est énorme, nous nous le savons, mais un immense bravo, c'est la fierté du PSG, de Paris, de la France tout entière. Pour ça, je veux remercier évidemment le Président, cher Nasser, l'actionnaire qui, pendant tant d'années, je le rappelais l'année dernière, mais y a cru, a investi, vient de si loin. Vous n'avez jamais lâché le PSG. Vous y avez investi, réinvesti. Il y a eu des années difficiles, il y a eu des années où beaucoup de gens vous disaient il faut tout arrêter, il faut tout lâcher. Vous avez continué. C'est une très grande fierté que vous soyez là, que vous ayez porté ce club au sommet de l'Europe. Merci. Je sais combien Monsieur le maire de Paris est fier de ça aussi. Il est là avec nous et continuera d'avancer. Je voudrais aussi remercier évidemment le coach et le staff. Je le disais l'année dernière, Luis Campos, Luis Enrique, leur équipe.
Si le foot pouvait être un exercice de chimie qui se fait en laboratoire, il faut tout de suite nous donner la formule. C’est vrai que lorsque l’on regarde, saison après saison, ce que vous arrivez à faire, on a le sentiment que tout était prévu. Vous êtes des maîtres dans l'art. Merci infiniment à l'un et l'autre de tout ce qui a été fait. Un immense bravo. Cette victoire, c'est la vôtre. C'est celle du staff. Bravo. Je n'oublie pas tous les experts du foot qui expliquaient que c'était terrible quand Luis Enrique est arrivé, tout ce qu’il allait mal faire, tout ce qui allait mal se passer, les doutes. On a vu hier un coach hyper concentré, qui n'a jamais lâché, qui a été un chef d'orchestre extraordinaire. C'est la meilleure réponse à toutes les critiques, ces deux étoiles. Bravo, chapeau. Je veux évidemment remercier cette équipe dans son ensemble. Je ne vais pas citer tous les joueurs, vous les connaissez chacun, mais peut-être, je vais juste insister sur le capitaine, parce que Marqui, ça fait quelques années quand même qu'il est au club.
Il a connu toutes ces années, il n'a jamais lâché. Lui aussi, quand beaucoup de gens lui disaient, il faut partir, il est resté. Quand beaucoup d'autres disaient que l'herbe est plus verte ailleurs ou dans d'autres clubs européens, ou aller faire soi-disant des meilleures carrières, il est resté. Et quel capitaine ! Marqui est deux étoiles. C'est la récompense de la fidélité, de la loyauté, de la légitimité. Chapeau ! Vous l'avez accueilli, on a un Ballon d'Or évidemment ici avec nous. On a de la chance, le pied d'Ousmane n'a pas tremblé hier. Une fois encore, il était au rendez-vous avec toute l'équipe. On a même découvert, après la 90e minute, qu'il savait animer le banc de touche comme très peu, parce qu'il était motivé, parce qu'il ne lâche rien et que c'est cet esprit de la gagne qu'il y a derrière. Merci, Ousmane, pour cette saison, ce Ballon d'Or. Je veux remercier chacun des joueurs de cette équipe ensuite, parce que l'année dernière, j'ai rappelé le mérite de chacun, votre unité, votre ténacité.
C'était la première étoile, c'était magnifique. On mettait fin à ce qui semblait être une malédiction sur le foot français. Je dois dire que cette année, d'abord, pour certaines générations, vous avez vengé les Verts en demi-finale avec le Bayern. Merci pour ça. On a vu dans ce match à quel point vous étiez un tout, à quel point cette équipe, elle se tenait, et chacun allait au combat, chacun relançait, chacun s'est donné jusqu'au bout, personne ne s'est énervé, même dans les moments où nous, derrière l'écran ou dans le stade, je dois dire, parfois, on s'énervait. Vous n'avez rien lâché, vous avez fait preuve, encore plus que l'année dernière, d'une unité, d'une force de caractère, d'une force d'âme et d'une maturité, parce que vous n'avez jamais donné aucun signe de fébrilité, même si le scénario du premier quart d'heure n'était sans doute pas celui qui était écrit, vous avez tenu, vous avez remonté, vous avez tenu encore.
Jusqu'à la dernière seconde, les nerfs n'ont pas lâché. Ça, pour moi, c'est le signe d'une immense équipe, c'est-à-dire d'une équipe qui marie des talents extraordinaires, nombre d'entre vous sont en équipe de France ou dans d'autres équipes internationales, et ils vont rejoindre d'autres maillots dans quelques jours, et c'est la loi du foot, et on s'affrontera peut-être sur le terrain lors de la Coupe du monde. Au-delà de ces grandes individualités, on a vu une grande unité. Je trouve que le visage que vous avez donné durant toute la compétition, comme durant la saison, et en particulier durant cette finale, c'est un tout, sous la houlette, je le disais, d'un coach. Ça, c'est immense. Bravo à chacune et chacun d'entre vous pour le staff et bravo à chacun des joueurs qui sont ici présents. Cette équipe du PSG est une immense équipe et pas de doute, après ce back-to-back, c'est la plus grande équipe d'Europe. Bravo.
Derrière vous, vous l'avez vu sur le Champ-de-Mars, vous le voyez ce soir ici, et vous allez le voir dans un instant en retrouvant le Parc des Princes. Évidemment, tous vos supporters sont derrière vous. Évidemment, la capitale est derrière vous. Je veux vous dire combien c'est toute la France qui est fière. Je le disais, on partage avec le Qatar, l'Espagne, un peu de Maroc, un peu d'autres nations qui sont autour, évidemment, de vos maillots, cette fierté. C’est une immense fierté pour tout le pays. Maintenant, je finirai en disant que dans quelques jours, certains d'entre vous auront trouvé le maillot bleu, d'autres, d'autres maillots, et une autre compétition va commencer.
Je serai mardi midi à Clairefontaine pour encourager les Bleus. J'en aurai certains à mes côtés. Je voudrais une chose, au fond, le PSG a suivi les Bleus, deux étoiles. Maintenant, j'attends de nos Bleus qu'ils nous en mettent une troisième sur le maillot. Parce qu'il n'y a aucune équipe au monde qui a autant de talent et autant d'expérience emmagasinée. En tout cas, ce soir, on est extrêmement fiers de cette équipe du PSG, de son président, de son coach, de tout son staff, de son capitaine et de tous ses joueurs. Ils ont fait ce que beaucoup pensaient inaccessible. Ils l'ont fait avec cœur, avec passion.
Ils l'ont fait en faisant vibrer Paris et tout le pays.
Alors vive Paris, vive le PSG, vive la République et vive la France !

> Je me suis entretenu hier avec le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi. Nous avons échangé sur la situation sanitaire dans l’Est de son pays, dans le contexte de l'épidémie de maladie à virus Ebola. Nous avons réaffirmé notre volonté d’apporter une réponse coordonnée à cette crise sanitaire. Nous avons par ailleurs confirmé notre ambition de renforcer le partenariat entre nos deux pays en particulier sur le plan économique avec l’appui de notre secteur privé. Enfin, nous avons échangé sur la situation dans l’Est de la RDC. La France soutient les efforts de paix en cours pour permettre le rétablissement de la souveraineté pleine et entière de la RDC sur l’ensemble de son territoire.

> La Marine nationale a arraisonné hier matin un nouveau pétrolier sous sanctions internationales en provenance de Russie : le Tagor. Notre détermination est constante et totale. Cette intervention a été effectuée en Atlantique, en haute mer, avec le soutien de plusieurs partenaires dont le Royaume-Uni, dans le strict respect du droit de la mer. Il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine depuis plus de 4 ans. Ces navires, qui ne respectent pas les règles les plus élémentaires de navigation maritime, constituent également une menace pour l’environnement et pour la sécurité de tous.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> Je me félicite de l’accord interinstitutionne [de l’UE]l trouvé hier soir sur le projet de règlement retour. Ce texte porté par la France a recueilli un large consensus. Il contient de nombreux instruments nouveaux qui permettront dans le respect des droits fondamentaux, de lutter plus efficacement contre l’immigration irrégulière, de faciliter les éloignements et protéger nos citoyens.

> À l’issue d’un week-end marqué par une mobilisation exceptionnelle sur l’ensemble du territoire national, je tiens à remercier et à féliciter l’ensemble des forces de l’ordre et de secours, ainsi que les préfets et particulièrement le préfet de police. Face à des individus venus troubler la fête en cassant et pillant, la réponse a été celle de la fermeté, de l’interpellation et du rétablissement de l’ordre public, alors même qu’un grand nombre de violences visait directement les forces de sécurité. Leur courage force l’admiration. À présent, sous l’autorité des parquets, place aux investigations judiciaires pour identifier et confondre les auteurs.

> [Incidents en marge de la victoire du PSG / Intervention à l’Assemblée] nous avons assisté à des incidents en marge de festivités pour célébrer la victoire du Paris Saint-Germain dans la capitale et en province dans la nuit de samedi à dimanche. L’an dernier, pour la finale de la Ligue des champions, quarante-six départements avaient été concernés ; cette fois-ci, ils étaient au nombre de soixante-deux.
Contrairement à ce que nous avons pu entendre, le dispositif déployé était extrêmement solide et vigoureux, parce que nous savions qu’il y aurait peut-être des débordements. J’ai toujours qualifié ces débordements de violences urbaines et d’émeutes urbaines. Nous n’avons jamais triché sur les mots car ils ont un sens. C’est d’ailleurs ce que je disais devant la commission des lois l’année dernière, quand elle m’a interrogé au sujet de la finale de la Ligue des champions précédente.
Il y a eu 891 interpellations. À la suite de celles-ci, 720 personnes ont été placées en garde à vue. Comme vous, je remercie les forces de sécurité intérieure, qui avaient des consignes de fermeté absolue. La réponse apportée a effectivement été ferme. Chaque fois qu’il y a eu des incidents, des dégradations, des tentatives de pillage ou le blocage du périphérique, les forces de l’ordre sont intervenues. La réponse de la République manifeste une grande fermeté. C’est celle que nous apportons systématiquement dans ce type d’événements.
Évidemment, je condamne fermement l’action de ces jeunes voyous, de ces casseurs, qui, en marge des événements sportifs, ne viennent que pour piller les commerces, procéder à des dégradations, et surtout, s’en prendre aux forces de l’ordre. En effet, la particularité, cette année, c’est que plus de la moitié des actes de violence étaient dirigés contre les forces de sécurité intérieure.
Des membres des forces de l’ordre ont été gravement blessés. La procureure de Paris a annoncé que certains faits avaient été requalifiés en tentative d’homicide volontaire. Nous serons toujours là pour répondre fermement à ces débordements dans la rue. Comptez sur moi pour maintenir ce haut degré de fermeté dans les instructions.

> [Incidents en marge de la victoire du PSG / Intervention à l’Assemblée] Le projet de loi Ripost a été adopté au Sénat et il sera examiné dans cet hémicycle au cours du mois de juillet. Il contient des mesures visant à durcir les sanctions administratives et pénales pour des infractions qui causent beaucoup de troubles à l’ordre public : les rave-parties, le protoxyde d’azote, l’usage des mortiers et les rodéos.
Dans le cas d’espèce, eu égard aux événements qui se sont déroulés pendant la nuit de samedi à dimanche, à Paris comme dans l’ensemble du territoire national, les dispositions relatives à l’usage des mortiers devront bien sûr être examinées avec la plus grande attention et les sanctions de leur usage durcies. Nous prévoyons des procédures de fermeture administrative applicables aux commerces qui en vendent, sous le manteau et sans en avoir l’autorisation –⁠ l’usage des mortiers d’artifice est normalement réservé à des professionnels.
Dans la nuit de samedi à dimanche, les émeutiers et les casseurs ont particulièrement ciblé les forces de l’ordre. On a ainsi observé des tirs tendus de mortier d’artifice contre des policiers. Deux membres des effectifs de la BAC 92 nuit ont été très gravement blessés et ont subi des interventions chirurgicales.
Comme vous, j’espère que les députés qui siègent sur ces bancs auront le courage d’adopter ces indispensables mesures de durcissement des sanctions. Osons tout –
 ayons une discussion très libre : au Sénat, je n’ai pas été défavorable à certains amendements tendant à durcir le texte ; je ne le serai pas davantage ici. En 2019, alors que j’étais secrétaire d’État, le Conseil constitutionnel avait retoqué des mesures d’interdiction de manifester et de paraître. Le temps est peut-être venu de réévaluer cette décision à la lumière de la jurisprudence de ce même Conseil.

> [Titre de séjour de Xenia Fedorova, propagandiste du régime de Poutine / Intervention à l’Assemblée] Ces temps derniers, on nous a souvent interrogés au sujet des circonstances dans lesquelles cette dame a obtenu un titre de séjour. Je me suis exprimé à ce sujet ce week-end, puisqu’on nous prêtait de curieuses intentions s’agissant de ce document, accordé au titre d’une activité professionnelle, puis renouvelé en 2024, dans la mesure où les conditions de ce renouvellement étaient remplies. C’est une procédure purement administrative, qui s’applique à de nombreux étrangers en situation régulière sur le territoire national.
Que les choses soient claires : cette procédure s’est appliquée dans le cas que vous évoquez sans autre intervention. Il convient évidemment que tous les étrangers en situation régulière respectent les règles de la République et, en cas de trouble à l’ordre public –⁠ l’atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation est constitutive d’un tel trouble – il est toujours légitime de retirer un titre de séjour voire, si une menace grave pèse sur l’ordre public, de diligenter une procédure d’expulsion.
Ma réponse est la suivante : une telle expulsion est possible, mais seulement si les éléments qui la justifient sont réunis. On ne peut pas faire n’importe quoi : la France est un État de droit !
Encore une fois, ce titre a été accordé parce que les conditions légales et réglementaires de son attribution étaient réunies. De même, les procédures de retrait et d’expulsion peuvent être engagées lorsque les conditions légales et réglementaires de leur application sont réunies.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Je salue l’action remarquable de la Marine nationale qui, avec l’appui de plusieurs alliés dont le Royaume-Uni, a arraisonné en haute mer un nouveau navire de la « flotte fantôme ». Derrière ces navires, il y a une réalité : le contournement des sanctions pour financer la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. Face à cela, la France agit. Nous faisons respecter le droit international et les décisions européennes, avec constance, détermination et aux côtés de nos partenaires.

> À Choose France, rendez-vous voulu par le Président de la République pour renforcer l’attractivité de notre pays, j’ai rencontré les dirigeants du secteur de la défense qui ont fait le choix d’investir en France ou d’y renforcer durablement leur présence industrielle. Nos échanges ont porté sur ce qui fait l’attractivité spécifique de notre pays : la visibilité offerte par la loi de programmation militaire, une volonté constante de souveraineté et une culture de la coopération internationale exigeante et fiable. Ces investissements renforcent notre capacité de production en France et donc notre souveraineté.
Avec Jan Liebherr, nous avons évoqué le futur de la logistique terrestre, mais aussi le rôle de son groupe comme fournisseur de la BITD aéronautique. Depuis 1949, Liebherr développe une stratégie de verticalisation et de souveraineté qui résonne avec l’ambition française pour l’équipement de ses forces armées. Je salue sa décision d’investir 90 M€ sur le site de Liebherr-Components Colmar.
Après une première rencontre à Athènes lors de la visite du Président de la République, Christianos Hadjiminas, fondateur et président exécutif d’EFA Group et de TEON Group, m’a présenté les perspectives de développement qui ont guidé ses investissements dans Merio et Exosens. Investir en France, c’est répondre à des exigences strictes pour la préservation des intérêts de l’État, mais c’est aussi accéder à des compétences techniques de haut niveau. L’ouverture aux partenariats et la protection de nos intérêts nationaux ne sont pas contradictoires. Nous devons être à la fois exigeants et agiles.
Avec David Lockwood, CEO de Babcock, je n’ai pas seulement échangé avec l’un des concurrents sérieux de notre BITD à l’export. J’ai surtout rencontré un dirigeant déterminé à renforcer durablement l’empreinte industrielle de son groupe en France et un fournisseur du ministère des Armées. Nous avons besoin d’une base industrielle et technologique de défense européenne forte, incluant le Royaume-Uni.
Christian Levin m’a présenté le projet d’investissement de 70 M€ de Scania en France pour la production de camions civils électriques. Mais Scania est également un fournisseur du ministère des Armées. Alors que je défends l’augmentation des moyens de nos armées, je me félicite de voir l’un de nos fournisseurs, acteur dual, renforcer ses capacités de production en France. Je remercie Christian Levin d’avoir choisi la France.

> [Projet de loi, adopté par l'Assemblée nationale après engagement de la procédure accélérée, actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 / Intervention au Sénat] Après un débat au titre de l'article 50-1 de la Constitution, l'adoption du texte à l'Assemblée nationale dans un climat constructif et des échanges exigeants au sein de la commission des affaires étrangères, nous débattons de l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) de 2023.
Ce texte est important pour la souveraineté de la France, pour nos armées et nos industriels.
J'ai une pensée pour celles et ceux qui s'engagent, parfois jusqu'au sacrifice ultime, pour le major Frion, l'adjudant Montorio, le sergent Gosselin, le sergent Girardin, leurs familles et leurs frères d'armes.
La commission a souhaité porter l'effort supplémentaire de 36 à 50 milliards d'euros entre 2026 et 2030. Le Gouvernement mesure combien il est nécessaire de consolider notre souveraineté et de préparer nos forces à des engagements plus durs, mais il fait des choix dans un cadre budgétaire contraint.
L'actualisation proposée, déjà significative, conduira au doublement du budget des armées entre 2017 et 2027. Pour pouvoir être tenus, nos engagements ont fait l'objet d'un travail fin et sérieux. Malgré les contraintes budgétaires, ce texte constitue une actualisation ambitieuse.
Un montant non soutenable peut-il devenir réalité ? Le mieux n'est-il pas l'ennemi du bien ? Mieux vaut une soutenabilité annuelle qu'un affichage. Il s'agit d'une loi de cohérence, pas d'une loi de format. Nous devons articuler les demandes de nos armées, que chacun entend, et la capacité de nos finances publiques à y répondre.
Nos forces armées doivent être prêtes à s'engager dans un conflit majeur. La dernière revue nationale stratégique (RNS) a d'ailleurs montré que cette échéance pouvait être proche.
La copie du Gouvernement n'est pas moins ambitieuse. Mais elle est plus soutenable et ciblée sur les priorités les plus urgentes - munitions, drones, espace, guerre dans le champ électromagnétique, etc. Il faut renforcer le réarmement et la préparation opérationnelle.
Cette actualisation fait suite au discours de l'Île Longue du Président de la République de mars dernier.
Des propositions de votre commission enrichissent le texte, comme la mise à disposition annuelle de 150 millions d'euros de crédits répartis par le chef d'état-major des armées (Cema) entre les trois armées et, le cas échéant, les services de soutien.
Je suis prête à travailler sur un nouveau Livre blanc dès la promulgation de la loi, pour l'inscrire dans un calendrier apaisé, décorrélé de l'échéance présidentielle.
Marc Bloch écrivait : « l'ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent : elle compromet, dans le présent, l'action même. » Notre responsabilité est de tirer les conséquences d'hier et d'aujourd'hui pour préparer le pays à ce qui vient. Il faut donc reconstituer le stock de munitions, accélérer les acquisitions d'équipements sur les segments prioritaires comme les drones, adapter nos capacités à l'évolution des crises -  Ukraine, Moyen-Orient, covid19...
Chaque jour, on assiste à la rupture des équilibres géopolitiques, au retour des rapports de force, au réarmement mondial. Au désinvestissement progressif des États européens dans leur défense - les fameux « dividendes de la paix »  - s'est ajoutée la révision générale des politiques publiques (RGPP).
D'où des lacunes capacitaires.
Nous devons être prêts à tout, même à un engagement majeur. L'actualisation nous fait gagner en agilité, sans jamais oublier la masse.
La boussole de la France n'a pas varié : l'indépendance stratégique, condition de notre liberté d'appréciation, de décision et d'action. C'est ainsi que nous occupons une position singulière dans les conflits actuels.
Au Proche et au Moyen-Orient, nous veillons à la sécurité de nos partenaires, ciblés par l'Iran, à la protection de nos citoyens, de nos intérêts, de nos alliances, et demandons le rétablissement de la liberté de navigation. Nous sommes aux côtés de l'État et du peuple libanais pour oeuvrer à une paix durable ; toutes les parties doivent respecter le cessez-le-feu, la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban.
De même en Ukraine, où nous travaillons à l'obtention d'une paix juste et durable, respectueuse des intérêts des Ukrainiens et des Européens, via la coalition des volontaires.
Depuis 2017, le Président de la République, chef des armées, a choisi le réarmement, la cohérence et la constance, ce qui nous conduit à doubler le budget des armées entre 2017 et 2027. Jean-Yves Le Drian, puis Florence Parly avec la LPM 2019-2025 dite de réparation et Sébastien Lecornu avec la LPM 2024-2030, y ont œuvré.
Nous proposons d'accélérer ce mouvement avec 36 milliards d'euros de crédits supplémentaires, dont 3,5 milliards dès 2026 et 10 milliards sur 2026-2027, car l'urgence est là.
Notre effort de défense dépassera alors les 2,5 % du PIB, même si ce pourcentage ne recouvre pas les mêmes éléments selon les pays.
Notre défense repose sur deux piliers.
D'abord, la dissuasion. Le financement des capacités des composantes océaniques et aéroportées est conforté et notre arsenal rehaussé.
Sur le volet conventionnel, l'une des inflexions fondamentales concerne les frappes dans la grande profondeur, au-delà de 1 500 kilomètres, avec plus de 1 milliard d'euros d'ici à 2030. Nous avons également retravaillé la trame aviation de combat, en intégrant les missiles à longue portée, les drones d'accompagnement, les capteurs, la connectivité, etc. Ces choix permettront à nos composantes aériennes et aéronavales de conserver la maîtrise du ciel, avec d'ici à 2030 plus de 1,5 milliard d'euros.
Nous devons préserver l'attractivité du Rafale à l'export, avec le F5, plus puissant et aux armements renouvelés. Choisir de continuer à acquérir des F4 serait risquer de devoir faire évoluer des appareils neufs, avec un coût à la clé.
Nous avons aussi intégré une capacité de char intermédiaire, pour en faire non pas seulement le successeur du Leclerc, mais bien le premier élément d'un système de combat de nouvelle génération.
Un autre volet crucial : les munitions, avec une augmentation de 8,5 milliards d'euros d'ici à 2030, soit plus 53 % par rapport à la LPM. Il s'agit de remonter nos stocks et de consolider l'outil de production. Il ne faut pas stocker pour stocker, mais augmenter les flux et permettre à nos soldats de s'entraîner et de remonter en puissance en cas de consommation de munitions. La première arme, c'est l'usine. Nous devons adapter les munitions à la cible, y compris en termes de coût. Dans cette logique, nous renforçons nos capacités de défense surface-air et de lutte antidrones en augmentant l'effort de 1,6 milliard d'euros d'ici à 2030, soit plus 32 % par rapport à la LPM.
Nous accentuons la dronisation des unités opérationnelles des trois armées. Le nano, micro ou mini drone est devenu un outil essentiel du combattant. La direction générale de l'armement (DGA) travaille avec de nombreuses start-up pour qualifier de nouveaux produits. Au total, 2 milliards d'euros leur sont consacrés.
L'espace est devenu une zone de conflictualité à part entière. Nos capacités spatiales sont augmentées : satellites patrouilleurs-guetteurs, moyens d'action sol-espace, moyens de brouillage électromagnétique, tirs laser, car le renseignement spatial est un enjeu de souveraineté.
Nous compléterons nos satellites de renseignement par l'achat de services et ferons l'acquisition de satellites d'imagerie radar, en nous appuyant sur les opportunités de notre industrie New Space. Nous accélérerons également le déploiement des moyens de connectivité pour nos armées, en sécurisant l'architecture de la constellation OneWeb et en y connectant plusieurs milliers de nos objets.
L'entraînement bénéficiera aussi de moyens supplémentaires pour se rapprocher des conditions de l'engagement, avec 1,6 milliard d'euros, soit 300 millions d'euros par an.
Les outre-mer bénéficieront aussi de cette actualisation, avec 13 milliards d'euros et 1 100 militaires supplémentaires. Trois patrouilleurs sont à poste et un quatrième est en route pour Nouméa. Les Puma de Guyane seront remplacés par quatre nouveaux hélicoptères. La livraison des nouveaux Falcon a été accélérée. La flotte d'A400M est portée à 41 appareils pour augmenter notre capacité de projection vers et depuis les outre-mer.
La réduction de nos dépendances est un enjeu majeur de cette actualisation, avec le remplacement d'équipements américains par des équipements européens, voire français, ce qui n'est pas incompatible avec la poursuite de nos coopérations.
Car coopérer, c'est transformer des dépendances en interdépendances, mutualiser nos investissements, harmoniser nos besoins et construire une véritable base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE).
Cet effort est aussi un choix économique, pour que nos entreprises bénéficient d'une visibilité pluriannuelle. Les commandes de la DGA - hors dissuasion - ont représenté 14 milliards d'euros en 2024, 20 milliards en 2025, 31 milliards en 2026.
Ce sont des investissements, car quand l'État finance 100 euros de R&D, le secteur privé en apporte 85 supplémentaires ; et chaque euro investi dans le tissu industriel crée 1,50 euro de richesse supplémentaire.
Plus de 80 % de nos paiements vont à des entreprises françaises et notre BITD de défense représente 240 000 emplois directs et indirects.
En 2026, plus de 2,7 milliards de commandes concernent aussi les infrastructures de la défense. Nous travaillons avec 500 grandes entreprises du bâtiment et des travaux publics et plus de 1000 TPE et ETI. Le Commissariat aux armées exécute chaque année 2,5 milliards d'euros de commandes - alimentation, fournitures, etc. - dont 84 % au profit d'entreprises françaises. Le budget de la défense n'est pas uniquement militaire ; il irrigue nos territoires, dans l'Hexagone et en outre-mer.
Cela entretient aussi nos exportations, qui augmentent en 2024 comme en 2025. Ces 20 milliards d'euros contribuent à notre balance commerciale. Je pense ainsi aux quatre frégates récemment vendues à la Suède, pour 4 milliards d'euros.
Les armées, ce sont d'abord des femmes et des hommes qui les servent. Le réarmement ne se fera pas sans eux. Mais nous leur devons la vérité et la soutenabilité. Nous n'augmentons pas les cibles d'effectifs de la LPM, mais les schémas d'emplois, pour rattraper le retard pris. Nous poursuivons l'effort de fidélisation avec la dynamique Fidélisation 360.
La réforme des emplois de reconnaissance nationale est l'une des traductions du plan Blessés, car les emplois réservés ont montré leurs limites. Pour faciliter leur retour à l'emploi, nos blessés pourront désormais postuler hors concours sur l'ensemble des postes vacants, sans que les employeurs aient à engager une procédure spécifique.
La mesure de reconnaissance pour les personnels servant à bord des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) permettra de reconnaître la spécificité de ces missions, aux contraintes exceptionnelles.
Réarmer la France, c'est faire évoluer nos règles et nos procédures pour être à la hauteur des menaces. Je salue le travail de la commission des lois à cet égard.
Le premier levier, c'est l'accompagnement du réarmement : étendre la possibilité d'imposer aux opérateurs économiques la constitution de stocks stratégiques et la priorisation des commandes passées par les armées ; doter le ministère de leviers de gouvernance garantissant que les entreprises de la BITD répondent dans la durée aux besoins des forces ; simplifier les procédures.
Le deuxième levier est le renforcement de la résistance intérieure du pays. L'industrie, l'énergie, les données, les réseaux, la cohésion sociale sont à la fois des facteurs de puissance et les premières cibles. Les points d'importance vitale doivent être mieux protégés.
Par décret pris en conseil des ministres, l'état d'alerte et de sécurité nationale pourra être déclaré, le Parlement en sera informé sans délai et pourra le proroger au bout de deux mois. Les travaux de l'Assemblée ont également permis de renforcer les modalités d'information des collectivités territoriales.
Troisième levier : mobiliser les forces vives de la nation. Il faut renforcer le lien entre armée et nation et investir dans sa cohésion et sa force morale. C'est pourquoi nous réformons la journée de mobilisation pour que les jeunes perçoivent mieux les enjeux de défense et nous créons le nouveau service national, militaire, volontaire, tourné vers la satisfaction des besoins des armées. Je salue le rôle des correspondants défense dans les territoires.
Cette actualisation accélère notre réarmement, renforce notre industrie et prépare la nation. Elle s'inscrit dans un monde où la force conteste le droit et où les menaces se rapprochent. Elle assume un équilibre : la souveraineté nationale, dans une trajectoire financière soutenable et crédible ; la coopération quand elle nous rend plus forts ; l'exigence d'efficacité dans chaque euro engagé ; une industrie capable de produire et une nation capable de tenir, pour que la France demeure libre, souveraine et respectée.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Choose France : des annonces aux chantiers !
Quelle fierté d’avoir posé ce vendredi la première pierre de la future usine Néomat XTC, un nouveau maillon de notre électrification souveraine.
Le projet porté par Orano et XTC New Energy illustre une coopération industrielle sino-française ambitieuse au service de la mobilité électrique européenne. Il incarne notre stratégie : électrifier, réindustrialiser et attirer les investissements pour préparer l’avenir.
Je veux saluer le rôle déterminant d’Orano, fleuron industriel français, dont l’expertise est clé pour structurer une filière batterie durable et souveraine en Europe.
À terme, cette usine produira 40 000 tonnes de matériaux de cathode par an, soit l’équivalent de 500 000 véhicules électriques. Avec 1,5 milliard d’euros d’investissement et 1 300 emplois directs, elle s’inscrit au cœur de la Vallée de la batterie, dans les Hauts-de-France.
C’est aussi une étape vers une économie circulaire des batteries, avec le recyclage et la réintroduction des métaux stratégiques dans la chaîne de valeur.
Notre ligne est claire : ne pas remplacer une dépendance par une autre, mais renforcer notre souveraineté industrielle.

> Choose France : de Thésée Datacenter à l'annonce de l'investissement massif de SoftBank, la France est aux avant-postes du développement des Data centers et de la souveraineté de la tech européenne.
Je me suis rendu ce dimanche sur le site principal de Thésée Datacenter à Aubergenville (Yvelines). Cette start-up industrielle française incarne précisément l'excellence de notre écosystème, capable de concilier la puissance de calcul de demain, souveraineté numérique et durabilité énergétique.
Sur le terrain, Thésée Datacenter démontre que nos acteurs nationaux ont toutes les clés pour répondre à ce défi :
- Une souveraineté numérique concrète : des données stockées dans l’UE, des équipes européennes et une immunité totale face aux lois extraterritoriales.
- Une sobriété énergétique exemplaire : Grâce à une conception innovante, le site refroidit ses serveurs sans consommer d'eau.
- L'attractivité au service de nos territoires : l'entreprise déploie un plan massif pour propulser ce site d'Aubergenville vers 50 MW de puissance, une extension stratégique taillée pour l'IA.
Cette visite s'inscrit dans un momentum historique pour notre pays à l'occasion de Choose France, marqué par l'annonce monumentale de SoftBank Group Corp. qui va investir jusqu'à 75 milliards d’euros en France pour déployer 5 GW de capacités de datacenters dédiés à l'Intelligence Artificielle notamment dans les Hauts-de-France.
Un investissement record porté par le président de la République Emmanuel Macron qui prouve que grâce à notre mix énergétique décarboné et à nos talents, la France est le hub incontournable de l’infrastructure numérique européenne.
De l'infrastructure informatique aux solutions physiques de pointe, toute la chaîne de valeur des datacenters français est à l'honneur cette année à Choose France !

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> 2027 : Le poids de la technocratie, le sacrifice de la jeunesse, le déclin du civisme, voilà les questions essentielles que nous sommes nombreux à nous poser. Elles doivent être abordées pour permettre au pays de se projeter dans l'avenir avec enthousiasme.

> Je refuse que le débat présidentiel soit confisqué par Mme Le Pen et M. Bardella d’un côté et M. Mélenchon de l’autre. Nous, centristes, avons des choses à dire.

> Rien ne peut justifier la poursuite des opérations militaires et l'occupation prolongée d'Israël dans la profondeur du territoire libanais.

> [Ligue des champions de football] Je crois que l'image qui sera retenue plus largement c'est celle de cette victoire historique du PSG pour la deuxième année consécutive. Pour ma part comme la plupart des Français j'ai ressenti une immense fierté à l'issue de ce match de légende, qui nous a tenu en haleine jusqu'au dernier tir au but. Et que nous n'oublierons jamais. Ensuite je veux aussi déplorer évidemment les violences qui ont fait suite à ce match. Violences qui sont le fait de voyous et non pas de supporters du PSG, qui partout dans le pays par ailleurs ont célébré cette victoire historique. Et puis saluer le travail des forces de l'ordre sous l'autorité du ministre de l’Intérieur. Dans un contexte extrêmement difficile, qui ont procédé à presque 800 interpellations. 57 d'entre fonctionnaires de police ont été blessés, je veux dire toute ma solidarité. (…)
Il y a toujours des tentatives par ceux qui n'aiment pas l'Europe et n'aiment pas la France d'amplifier ce type d'événements. Mais je retiens moi l'image de cette victoire sportive historique qui n'est pas sans nous rappeler le moment si important pour notre pays qu'a été l'accueil des Jeux olympiques 2024 au cours duquel le monde entier est venu à Paris, à admirer la capacité de notre pays à accueillir des manifestations sportives internationales. (…)
J'évoquais les Jeux olympiques de Paris 2024 qui se sont remarquablement passés alors même que des choix très audacieux avaient été faits pour que les manifestations puissent se tenir. Moi je ne fais pas partie de ceux qui, comme Marine Le Pen, dénigrent systématiquement notre pays, considère qu'il a déjà perdu, qu’il a baissé les bras. Moi, je vois dans la soirée d'hier avant toute chose une grande victoire française à laquelle beaucoup de français se sont sentis associés. Et je n'accepte pas que des voyous tentent par tout moyen de gâcher cette fête. 

> [Hostilités au Moyen-Orient] L'Iran et les États-Unis doivent désormais tout faire pour trouver un accord car la situation est insoutenable et ne fait que des perdants. L'Iran, les États-Unis mais nous aussi puisque les conséquences du blocage du détroit d'Ormuz, nous les ressentons au quotidien à la pompe. Et plus généralement avec son impact sur l'économie mondiale et sur l'économie française. Donc, il faut que ça cesse.

> [Hostilités au Moyen-Orient] Ça fait plusieurs semaines que les États-Unis et l'Iran négocient un protocole qui doit conduire à ce que le détroit d'Ormuz soit réouvert. Pour que le trafic maritime puisse reprendre et que s'engage des négociations portant notamment sur le programme nucléaire iranien pour qu'il puisse être encadré. 

> [Hostilités au Moyen-Orient] J'essaye d'être ni optimiste ni pessimiste mais d'être concentré et de pousser comme nous le faisons à tous les niveaux les deux parties à conclure cet accord le plus rapidement possible.

> [Hostilités au Moyen-Orient] L'Iran a déjà dit qu'il ne se doterait pas de l'arme nucléaire. Mais il y a les mots et puis ensuite, il y a les engagements et la précision dans lesquels ils sont formulés. C'est pourquoi l'ouverture du détroit d'Ormuz est une priorité absolue parce que nous n'avons aucune intention de continuer à payer pour cette guerre et ses conséquences. Cette guerre qui n'était pas la nôtre. Mais ensuite, cette négociation qui va s'engager est essentielle car il est évidemment inacceptable que l'Iran puisse disposer d'un programme nucléaire. Nous l'avons négocié il y a dix ans cet accord sur le nucléaire iranien dans un document de 160 pages. Vous voyez, il ne suffit pas de faire une déclaration il faut ensuite rentrer dans les détails. Quelles sont les limites qui sont fixées aux capacités d'enrichissement ? Quelles sont les conditions de la vérification, par les agences internationales habilitées, du respect par l'Iran des engagements qui sont pris ? C'est dans le détail qu'il faudra mesurer la robustesse de cette guerre.

> [Hostilités au Moyen-Orient] Ce que je sais c'est qu'il y a dix ans, nous avons négocié âprement un accord avec l'Iran sur l'encadrement de son programme nucléaire et que nous avons obtenu à l'issue de cet accord un recul vérifié, significatif des capacités nucléaires iraniennes. Donc c'est possible mais à nouveau ça suppose d'aller au-delà des grandes déclarations de principe et de rentrer dans les détails : quelles sont les limites qui sont fixées aux activités liées au programme nucléaire, quelles sont les conditions de vérification et c'est à tout cela que nous serons extrêmement vigilants.

> [Situation dans le détroit d’Ormuz] Elle reste tendue. Ça a été une zone de guerre de très haute intensité pendant des mois et c'est la raison pour laquelle le Président de la République avec le Premier ministre britannique ont pris tous les deux une initiative, celle de constituer une mission internationale qui a vocation à être strictement pacifique et défensive et à déployer des capacités le moment venu quand les conditions le permettent pour restaurer la liberté de navigation et la sécuriser. Puisqu'après une période de telles tensions, il est important de pouvoir donner des garanties aux opérateurs de services maritimes, aux navires qui transportent des hydrocarbures. (…)
Sur ce sujet en particulier, je constate qu'il y a un intérêt très significatif pour cette mission internationale car les États-Unis, comme la France et les pays européens, souffrent de ce blocage en matière de prix de l'énergie et en matière de ralentissement de leur économie. Ils ont tout intérêt à ce que le trafic puisse reprendre le plus rapidement possible et ils voient bien la plus-value que peut apporter cette mission. Ils nous sont reconnaissants de l'avoir conçu. (…)
Au plan technique, cela ne pose aucune difficulté. D'ailleurs, il faut savoir que, sur ces compétences-là en particulier, les Européens, au sens large, pas uniquement la France, disposent non seulement d'une expertise particulière, mais aussi d'équipements particuliers que d'autres régions du monde, y compris les États-Unis, n'ont pas nécessairement à porter de la main. (…)
Ni péage, ni blocage, ni chantage. Un détroit, ça fait partie de ce qu'on appelle les eaux internationales qui sont un bien commun de l'humanité qui ne peut en aucun cas être entravée d'aucune manière et par quiconque. (…)
On a le droit de, quand même, continuer à défendre un certain nombre de grands principes qui sont essentiels. Imaginez qu'on accepte ou que quiconque accepte qu'il puisse y avoir blocage ou péage sur un détroit du monde, tous les autres détroits commenceraient à se bloquer. Et alors là, c'est l'économie mondiale qui se paralyserait puisque, vous le savez, la circulation des biens et même, d'une certaine manière, des personnes, elle transite très largement par le trafic maritime. (…)
Je crois que la priorité, c'est évidemment d'éviter que cette situation n'ait d'impact trop négatif sur les Français, sur nous, et sur nos entreprises. C'est tout l'objet des décisions qui ont été prises par le Premier ministre pour soutenir notamment les secteurs ou les personnes qui sont les plus impactées. Mais je crois qu'au-delà de ça, ce qu'il nous faut faire et ce sur quoi il nous faut nous concentrer, et c'est peut-être ce sur quoi nous devrions débattre ce matin, c'est comment faire en sorte que plus jamais, lorsqu'une guerre se passe loin de chez nous, nous ayons à en subir les conséquences. Et c'est pour ça que la réunion qui a eu lieu cette semaine avec le Président de la République et le Premier ministre sur l'électrification de nos usages pour nous chauffer, pour nous déplacer, est absolument essentielle, car ne croyons pas qu'il s’agît, là, d'épisodes ou de parenthèses. Ces conflits, ces crises, ces catastrophes vont continuer à se manifester avec une fréquence de plus en plus régulière, car le monde se durcit. Et donc, si nous ne voulons pas à nouveau nous retrouver dans cette situation, il est impératif de nous défaire de ces dépendances aux hydrocarbures, de ces servitudes qui nous ramènent ou qui nous font payer les conséquences de conflits auxquels nous ne sommes pas partis.

> [Intervention d’Israël au Liban] C'est la raison pour laquelle j'ai demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Pourquoi ? Parce que si nous reconnaissons le droit d'Israël, comme de tout pays, à la légitime défense, à se défendre contre les attaques du Hezbollah qui, le 2 mars dernier, a choisi d'entraîner le Liban dans la guerre. Rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaires israéliennes au Liban et son occupation de plus en plus profonde dans le territoire libanais. J'ajoute qu'il s'agit là, pour Israël, d'une faute majeure, car cette prolongation des opérations militaires, cette avancée sur le territoire libanais est non seulement contraire aux engagements d'Israël, puisque depuis le 17 avril, nous avons un cessez-le-feu au Liban, c'est contraire aux droits internationaux et à toutes les résolutions qui prévoient que le Liban doit pouvoir disposer de sa pleine intégrité territoriale, mais c'est aussi contraire aux intérêts et à la sécurité d'Israël. Car chaque village bombardé, chaque village occupé, chaque civil qui est tué renforce le Hezbollah dans la durée. (…)
Ce que nous voulions, c'est qu'à partir du 17 avril, lorsqu'un accord de cessez-le-feu a été trouvé, Israël s'engage de bonne foi dans le dialogue historique avec le Gouvernement libanais pour agréer ensemble une méthode pour désarmer le Hezbollah et pour qu'Israël puisse se retirer de manière ordonnée du pays. Un cessez-le-feu dont j'admets très volontiers qu'il a été extrêmement fragile puisque je veux simplement rappeler quelques chiffres. Au Liban, depuis le 2 mars dernier, c'est-à-dire les frappes du Hezbollah contre Israël, c'est 3.000 Libanais qui ont perdu la vie, 10.000 qui ont été blessés. Depuis le cessez-le-feu intervenu le 17 avril, c'est 800 personnes qui ont perdu la vie et près de 2.000 blessés. (…)
Des sanctions, nous n'avons jamais hésité à en prendre. Nous en avons pris ces dernières semaines au niveau européen. J'en ai décidé au niveau national. La réunion du Conseil de sécurité, la réunion d'urgence que j'ai demandée ce matin, nous permettra de rappeler Israël à ses responsabilités.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> À Choose France, j’ai échangé cet après-midi avec les dirigeants d’Adragos Pharma, PTC Therapeutics, Sartorius. Ces rencontres illustrent une même ambition, faire de la France une terre d’innovation, de recherche et de production en santé. Les annonces et projets portés par ces entreprises représentent plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissements et confortent la place de la France comme destination de référence pour l’industrie de la santé. Dans un contexte international marqué par des défis pour l’accès aux médicaments, nous faisons le choix d’investir dans l’innovation, de réindustrialiser notre système de santé et de garantir à chaque patient l’accès aux traitements dont il a besoin.

> À Versailles, pour Choose France, j’ai rencontré ce matin plusieurs dirigeants engagés dans le développement de la santé et de l’innovation en France. Avec Mario Paterlini, PDG de Sapio, nous avons échangé sur les enjeux des soins à domicile, de la prévention et de l’accompagnement des patients, ainsi que sur les investissements engagés par le groupe dans notre pays. J’ai également rencontré Maria Paola Chiesi, nouvelle Présidente du groupe Chiesi, qui a confirmé la poursuite de ses investissements industriels en France et la création de 100 emplois supplémentaires. La France attire, innove et investit pour renforcer sa souveraineté sanitaire et industrielle.

 

Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative)
> Il est essentiel de distinguer nos supporters, qui vivent leur passion dans le respect des règles et des valeurs du sport, des casseurs qui, eux, ne sont pas là pour le sport mais pour gâcher la fête. Comme l’a rappelé hier le Président de la République, cela doit cesser.

> Nous avons été en mesure d’intervenir très rapidement pour mettre fin aux débordements. Je tiens à saluer l’ensemble de nos forces de l’ordre, pleinement mobilisées face à ces casseurs.

> L’interdiction des rassemblements n’est pas une réponse efficace. Le sport est un moment de partage et de cohésion. Notre responsabilité est de permettre à chacun de continuer à célébrer ces événements dans de bonnes conditions de sécurité, sans céder à ceux qui cherchent à gâcher la fête.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> [Cosignataire de la tribune : « La GPA ‘éthique’ n’existe pas »] Il est des mots qu’on arrache à leur signification pour habiller un marché en conviction. Éthique, accolé à la GPA, est devenu l’un d’eux.
Nous voulons d’abord dire ce que cette tribune n’est pas.
Le désir d’enfant n’est pas en cause. Il ne se juge pas. Nous savons la douleur quand l’enfant ne vient pas. Mais une société ne peut pas bâtir ses principes fondamentaux sur l’intensité d’un désir, aussi légitime soit-il.
Nous ne mettons pas davantage en débat l’orientation sexuelle ou la configuration familiale de quiconque. Nous ne disqualifions personne de la capacité à aimer un enfant, l’élever, en être le parent. Le sujet n’est pas de savoir quelles familles nous acceptons. Nous les acceptons toutes.
La question est ailleurs : avons-nous le droit de mettre le corps des femmes à la disposition du désir d’autrui ?
Notre réponse est non. Et elle est partagée, à gauche comme à droite, car certaines lignes transcendent les appartenances partisanes.
On nous dit que la légalisation strictement encadrée permettrait d’éviter les dérives.
L’argument est familier : croire qu’un cadre suffit à changer la nature de ce qu’il encadre. Le droit ne supprime pas le marché, il lui donne une vitrine.
Derrière l’éthique, il y a un marché estimé à près de 15 milliards de dollars en 2023, promis à plus de 100 milliards d’ici 2033. Un système organisé autour d’une logique d’offre et de demande où prospèrent agences et intermédiaires dans lequel les femmes qui portent les enfants des autres sont rarement celles qui détiennent le pouvoir.
Répondre à l’effondrement de la natalité par la mise à disposition du corps des femmes, c’est confondre démographie et commerce reproductif.
On avance aussi que la GPA serait une réponse à la crise démographique.
Il faut le dire clairement : répondre à l’effondrement de la natalité par la mise à disposition du corps des femmes, c’est confondre démographie et commerce reproductif.
C’est instrumentaliser deux fois. La femme qui porte et l’argument démographique lui-même, détourné de ce qu’il exige vraiment : des politiques familiales ambitieuses, un soutien à la parentalité, un accès amélioré à l’adoption.
En 2025, les Nations Unies ont présenté un rapport sans précédent qui conclut à la nécessité d’abolir la GPA, sous toutes ses formes.
La pratique, quelle qu’en soit la modalité, traite le corps des femmes comme une marchandise et les expose à de graves violations de leurs droits.
Le rapport documente des violences systémiques : abandon de leurs droits médicaux, pressions psychologiques, traumatismes post-partum, avortements sélectifs imposés.
Il rappelle que le consentement ne suffit pas toujours à rendre juste une pratique fondée sur une asymétrie profonde.
Nous ne pouvons accepter un interdit qui demeure en principe mais disparaît dans les faits.
Reste la question des enfants déjà nés de GPA pratiquées à l’étranger.
Leur protection n’est pas négociable.
Mais protéger un enfant et ses droits ne signifie pas valider le contrat qui l’a précédé. L’ONU le dit avec clarté : la défense des droits de ces enfants est une obligation parfaitement compatible avec la lutte résolue contre la pratique elle-même.
Nous ne pouvons accepter un interdit qui demeure en principe mais disparaît dans les faits. Car tant que la GPA restera accessible ailleurs, elle finira par alimenter une filière réservée, de fait, à ceux qui disposent des moyens financiers d’aller chercher à l’étranger ce que notre droit a choisi d’interdire sur son propre territoire.
En cohérence avec ses principes universalistes, la France a une voix singulière à porter.
En cohérence avec ses principes universalistes, la France a une voix singulière à porter : celle d’une ambition qui ne déplace pas le problème d’un pays à l’autre, mais vise son abolition. Car le corps humain n’est pas une ressource, la maternité n’est pas une prestation et le principe d’indisponibilité du corps humain n’est pas un archaïsme, mais un rempart contre l’idée que tout puisse devenir objet de contrat.
À quelques mois d’une campagne présidentielle qui verra ce sujet s’inviter dans le débat, nous voulons poser des bornes claires : une civilisation ne se définit pas seulement par ce qu’elle a le pouvoir de faire ; elle se définit aussi par ce qu’elle choisit, collectivement, de ne pas faire. »

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> À Versailles, aux côtés du Président de la République et plus de 180 dirigeants de grandes entreprises étrangères et 60 patrons Français, pour leur dire avec conviction: choisissez la France ! Avec 93 milliards d’euros d’investissements étrangers et plus de 15 000 emplois annoncés, l’édition 2026 atteint un niveau inédit et témoigne de la confiance renouvelée des investisseurs dans l’économie française.
Autant de compétences et de savoir-faire à mobiliser dès aujourd’hui, autant d’opportunités qui se créent pour nos territoires et notre jeunesse.

 

Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> Soutien aux pêcheurs : le guichet "aides carburant" est ouvert !
Les entreprises de pêche françaises (métropole et outre-mer) peuvent déposer leur demande d’aide pour compenser la hausse des prix du carburant sur les mois d’avril et mai 2026.
Ce qu’il faut savoir :
- Montant de l’aide : 20 cts/litre pour avril et 35 cts/litre pour mai.
- Bénéficiaires : entreprises de pêche à jour de leurs obligations sociales et fiscales.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> Pas de transition écologique sans compétitivité, pas de compétitivité sans transition écologique.> 93 milliards d’euros d’investissements et plus de 15 000 emplois créés en France.
Le résultat d’une stratégie offensive d’Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu de construction de chaînes de valeur permettant d’assurer notre autonomie stratégique.

 

● Autres ministres
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)

> L’Assemblée nationale vient d’adopter la loi visant à lutter contre les violences en milieu scolaire, en ayant adopté à l’unanimité un amendement majeur du
Gouvernement pour mieux protéger nos enfants à l’École.
Nous renforçons considérablement le contrôle de l’honorabilité de toutes les personnes au contact des élèves. Aucun adulte présentant un danger ne doit pouvoir approcher un enfant dans une école ou un établissement scolaire.
A l'avenir, l’administration pourra écarter un intervenant extérieur dangereux, et les personnes révoquées de l’Éducation nationale en raison de leur comportement avec les mineurs ne pourront plus être réemployées auprès d’enfants via un système de « liste noire » commune avec les fichiers des cadres interdits de la jeunesse et des sports.
Je veux saluer le travail mené avec la représentation nationale : la protection de l’enfance dépasse les clivages. L’unanimité de ce vote en est la preuve.

> [Protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire Intervention à l’Assemblée] La question des violences en milieu scolaire nous place face à une responsabilité collective, qui touche à un des devoirs les plus essentiels de la République : garantir la protection de chaque enfant qui lui est confié. Dans une célèbre formule qui a traversé le siècle, Jean Zay nous enjoignait de considérer l’école comme un sanctuaire. Cet idéal, pourtant, n’a pas toujours été respecté. Les témoignages recueillis ces dernières années, et tout particulièrement ceux des victimes de l’institution Notre-Dame de Bétharram, ont mis au jour des situations d’une gravité inouïe, qui ne sauraient ni être ni minimisées ni relativisées. Je tiens après vous, madame la rapporteure, à saluer le courage des victimes qui ont réussi à parler, à dénoncer, à faire prendre conscience et à nous permettre d’aboutir à un certain nombre de mesures sur lesquelles je reviendrai.
Des enfants ont subi des violences physiques, psychologiques, sexuelles, dans des lieux qui avaient précisément vocation à les protéger. Même si certains de ces faits sont anciens, ils appellent une réponse à la hauteur, à la fois en termes judiciaires –⁠ ce qui ne relève évidemment pas du travail de cette assemblée – et en termes de cadre de protection et de prévention : c’est l’objet de la présente proposition de loi, issue du travail conduit par la commission d’enquête et ses rapporteurs, Mme Violette Spillebout et M. Paul Vannier.
Ce texte a une ambition précise : fixer un cadre juridique clair pour que chaque alerte soit prise en compte, pour que chaque signalement soit traité avec la diligence qu’il exige et pour que chaque établissement, public ou privé, soit soumis à des règles strictes de prévention. Vous savez que, depuis ma prise de fonction, j’ai fait de la protection de l’enfance et de la santé des enfants à l’école l’une de mes trois priorités. Pour cette raison, je soutiens évidemment une grande partie des mesures que vous proposez.
Avant que d’aborder ces mesures, permettez-moi de partager avec vous un état des lieux lucides sur les atteintes aux mineurs, qui me semble justifier une intervention législative. Les données publiées conjointement, en janvier dernier, par mon ministère et celui chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, dressent un tableau préoccupant, que nous devons regarder en face, des violences dont sont victimes les mineurs à l’école. Les violences sexistes et sexuelles apparaissent dès l’école élémentaire. Elles touchent beaucoup plus les filles que les garçons. Par la suite, elles ne cessent d’augmenter : en CM1 et en CM2, 15 % des élèves déclarent avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes et 8 % avoir été embrassés de force ; au collège, 15 % des filles et 12 % des garçons déclarent avoir été exposés à au moins une forme de violence sexuelle. Ces faits ne sont pas isolés : ils concernent un nombre important d’élèves, filles comme garçons, dans tous les établissements, publics ou privés, sur le temps scolaire ou sur le temps périscolaire. L’adolescence constitue un point de bascule. Au lycée, les filles sont très largement surreprésentées parmi les victimes, avec des conséquences sur leur bien-être et leur scolarité : une lycéenne sur dix déclare s’être absentée, par peur, au cours de l’année scolaire. Les réseaux sociaux amplifient ces phénomènes : plus de 130 000 adolescents ont été exposés contre leur gré à des contenus sexuels en ligne et près d’un tiers des collégiennes déclarent avoir été victimes de cyberviolences.
L’enquête Sivis –
 système d’information et de vigilance sur la sécurité scolaire – de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) confirme une réalité plus large. Dans le second degré, on recense 14 incidents graves pour 1 000 élèves – jusqu’à 20 dans les lycées professionnels. Parmi ces incidents, 80 % constituent des atteintes aux personnes.
Nous sommes donc tenus à un devoir de vigilance et d’action sans relâche. Tant qu’un seul enfant sera victime, aucun bilan ne pourra jamais nous satisfaire.
Si la plupart des faits qui se produisent dans l’enceinte scolaire sont le fait d’enfants ou de jeunes entre eux, ils sont parfois aussi –
 c’est le principal objet de la présente loi – le fait des adultes.
Statistiquement, ces atteintes aux mineurs sont d’abord commises dans la sphère familiale : 80 % des cas de viols et d’agressions sexuelles sur mineurs sont commis dans le cercle intrafamilial. Permettez-moi de rappeler que l’école, qui est d’abord un lieu de confiance, est le premier auteur d’informations préoccupantes et de signalements au procureur de la République, sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale. L’année dernière, le service de défense et de sécurité du ministère a ainsi compté près de 80 000 signalements.
Mais ces faits sont aussi commis –
 cas intolérables, ulcérants – par des adultes présents dans les murs de l’école. À cet égard – pour que vous puissiez avoir une représentation fidèle de la réalité – le ministère de l’éducation nationale révoque chaque année, dans les établissements publics, entre trente et quarante-cinq agents pour des motifs tirés de violences sexuelles ou sexistes – éventuellement dirigées contre d’autres agents. À ces révocations, il faut ajouter les cinq à sept qui surviennent en moyenne, chaque année également, pour l’enseignement privé sous contrat. Depuis 2017, la vérification du bulletin no 2 du casier judiciaire, du fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes et du fichier des auteurs d’infractions terroristes est systématique au moment du recrutement. Tous les personnels déjà en poste ont été soumis à cette vérification entre 2017 et 2019, ce qui a conduit à plusieurs dizaines de révocations.
Les révélations qui se sont succédé depuis le début de l’année ont également révélé des actes inqualifiables dans le périscolaire. Il nous faut également les combattre par une réponse ferme, déterminée et systématique, visant à la fois à interdire l’accès à l’enceinte scolaire à des individus ayant des antécédents –
 qu’ils aient été pénalement réprimés ou aient fait l’objet de sanctions administratives – et à libérer la parole des victimes. Il nous faut prévenir toute forme de violence.
Permettez-moi également de revenir sur ce qui a déjà été fait sans attendre la modification législative qui vous est proposée. Je pense d’abord à ce qu’a engagé, à partir de mars 2025, le plan Brisons le silence, agissons ensemble, lancé par Élisabeth Borne et articulé autour de trois piliers : protéger les élèves, libérer leur parole, renforcer les contrôles. En pratique, l’application Faits établissement, opérationnelle dans le public depuis 2017, a été étendue aux établissements privés sous contrat où elle y a également été rendue obligatoire. Chaque établissement dispose désormais d’un cadre clair pour agir rapidement. Les signalements, qui remontent systématiquement au rectorat, témoignent d’ailleurs d’une appropriation rapide, ces derniers mois, par les établissements privés sous contrat.
Vous avez insisté à juste titre, madame la rapporteure, sur l’importance de la libération de la parole. À cette fin, des questionnaires sont proposés aux élèves dans des contextes de plus grande vulnérabilité –
 une fois par trimestre pour les internes, et au retour de chaque voyage scolaire avec nuitée. Pour en tester les formulations, l’efficacité et la réception, nous avons commencé par les expérimenter, au printemps 2025, dans sept académies, avant de les généraliser à la rentrée à tous les établissements publics et privés. Toute réponse préoccupante déclenche une alerte immédiate que le chef d’établissement est tenu de traiter sous quarante-huit heures. Le 119, enfin, a été renforcé : toute alerte concernant un établissement scolaire est désormais transmise aux équipes académiques dans le même délai.
Parallèlement, nous avons procédé à la mise en place d’un contrôle systématique des établissements privés sous contrat. Il faut être lucide, pendant très longtemps, ces établissements n’ont pas fait l’objet de tels contrôles. Les seuls contrôles étaient ceux des inspecteurs qui se rendaient dans les classes, mais cela ne constituait évidemment pas une inspection à 360 degrés –
 si vous me permettez l’expression.
Depuis 2023, nous avons progressivement institué un dispositif ambitieux. Je souhaite en présenter les premiers résultats, qui éclairent utilement les débats à venir. Je rappelle que le privé sous contrat fait déjà l’objet de certains contrôles puisque les professeurs, qui se rendent chaque jour dans ces établissements, sont des agents publics recrutés par concours, rémunérés et inspectés par l’État. En revanche, les personnels de droit privé de ces établissements n’ont pas le même contact régulier avec nos services.
S’agissant des contrôles engagés, notre objectif –
 que nous tiendrons – est de contrôler 40 % des établissements d’ici 2027 –, c’est-à-dire en deux ans et demi. Nous combinons contrôles aléatoires et contrôles ciblés en cas d’interrogations ou d’alertes, chaque alerte déclenchant immédiatement une inspection. L’an dernier, les deux tiers des contrôles se faisaient sur pièces et un tiers sur place ; j’ai souhaité inverser cette proportion – désormais, 70 % des contrôles se déroulent sur place.
Nous avons élaboré un guide de contrôle. Il précise les modalités d’intervention et clarifie un cadre juridique parfois flou, faute d’avoir été remis en question ou précisé auparavant. Ce guide a été présenté aux quatre réseaux –
 catholique, juif, laïque et musulman – ce qui a permis de clarifier les règles applicables.
En outre, une instruction interministérielle, cosignée avec le ministère des finances publiques, définit les modalités de collaboration entre services sur le volet financier du fonctionnement des établissements.
Plus de 1 500 contrôles ont été réalisés ou sont en cours, dont 1 135 finalisés. Parmi eux, 28,6 % ont donné lieu à des mises en demeure ou à des recommandations, pour des raisons diverses : 28 % pour des manquements pédagogiques, 18 % pour des manquements administratifs, notamment liés à la mise à jour des avenants contractuels, notre institution n’y ayant pas toujours veillé, 25 % pour des manquements relatifs à la vie scolaire. Enfin, six contrôles ont conduit les inspecteurs à signaler au procureur de la République des personnels coupables de maltraitances diverses envers des mineurs dont ils avaient la charge. Nous avons appliqué le même effort au périscolaire, où le nombre de contrôles a augmenté de 70 % en deux ans.
Malgré ces avancées, nous recevons encore des signalements réguliers de violences sexistes et sexuelles. Ces signalements montrent aussi que la parole se libère. Depuis le début de l’année, 255 signalements mettant en cause des adultes au contact d’élèves ont été enregistrés dans le scolaire et le périscolaire –
 88 % concernent des personnels du public, 12 % des personnels du privé. À chaque signalement, nous répondons immédiatement : transmission à l’autorité judiciaire lorsque les faits le justifient, suspension administrative des personnels mis en cause, accompagnement renforcé des victimes par des cellules dédiées.
Notre réponse ne peut souffrir de frontières administratives –
 j’ai bien sûr à l’esprit ce qui se passe dans le périscolaire. Lorsqu’un parent confie son enfant à l’école, il doit être certain que celui-ci est protégé de la porte à la porte. C’est pourquoi j’ai nommé une déléguée à la protection des enfants à l’école, point de contact unique pour les familles dont la situation a été mal prise en charge ou qui considère que leur situation n’a pas été prise en charge. Elle est chargée de réunir rapidement les parties pour apporter la meilleure réponse possible aux enfants et à leur famille. Notre exigence est simple : zéro tolérance, zéro impunité.
Dans le projet de loi sur la protection de l’enfance, le gouvernement a inscrit deux sujets, auxquels je me suis particulièrement consacré, et qui nous intéresse cet après-midi : l’extension des contrôles d’honorabilité à tous les intervenants, associatifs ou professionnels, bénévoles ou salariés, présents dans l’école ; l’instauration de contrôles d’honorabilité cycliques pour les personnels.
Je proposerai un amendement pour garantir l’application immédiate de ces mesures. Autre élément essentiel : la création d’un fichier des adultes interdits d’école, issu d’une liste noire propre à l’éducation nationale, croisée avec le fichier des cadres interdits du périscolaire et du sport. En l’état du droit, lorsqu’un agent est révoqué pour des faits commis sur mineur, il n’est pas identifié comme tel et peut revenir dans une autre académie ou passer d’un service à l’autre. En clair, si je le chasse, il peut revenir dans le périscolaire et, s’il est chassé du périscolaire, il peut revenir dans les clubs sportifs.
Demain, si le législateur vote le dispositif, cela ne sera plus possible : chaque employeur pourra interroger une base unique pour vérifier qu’aucune sanction administrative d’éviction n’a été prononcée. Concrètement, tous les intervenants occasionnels –
 associatifs ou professionnels – feront l’objet d’un contrôle systématique des antécédents judiciaires et pourront éditer une attestation d’honorabilité générée par QR code. Toute personne présentant un risque pour les mineurs sera évincée, même sans condamnation pénale, dès lors qu’une sanction administrative a été prononcée.
Votre proposition de loi renforce les outils juridiques de prévention et de sanction des violences et traduit en obligations les recommandations de votre rapport ––
 nous avons déjà engagé une partie des actions réglementaires. Je souhaite toutefois appeler votre attention sur deux points. L’article 1er vise à reconnaître symboliquement les violences effroyables subies par les enfants et jeunes victimes, ce que nous soutenons pleinement. Mais, dans sa rédaction actuelle, en lien avec l’article 2, il établit une responsabilité universelle de l’État, qui deviendrait responsable des actes commis par des tiers, faute de contrôle, et devrait à ce titre indemniser les victimes, en lieu et place des auteurs, par le biais d’un fonds dédié.
Cette articulation pose problème : au risque de nous tromper de combat, nous ne pouvons collectivement effacer la responsabilité première des auteurs des violences. Ce sont eux qui doivent être poursuivis, identifiés, sanctionnés, traduits en justice et condamnés. Bien sûr, l’État et les établissements doivent prévenir ces violences, sous le contrôle de la puissance publique –
 y compris des collectivités pour le périscolaire – qui doit s’assurer que des mesures concrètes sont bien prévues. La responsabilité de l’État peut naturellement être engagée en cas de carence, mais selon les règles habituelles du contentieux administratif – responsabilité pour faute en cas de carence et éventuellement sans faute dans certaines circonstances particulières. En revanche, il serait discutable que l’État indemnise ab initio les crimes commis par des tiers, ou qu’il se substitue en cas de carence aux collectivités responsables de leurs agents – comme les communes en charge du périscolaire.
Enfin, dans la rédaction actuelle de la proposition de loi, le fonds d’indemnisation soulève aussi des questions quant à sa coexistence avec les mécanismes existants –
 Fonds de garantie des victimes, commission d’indemnisation des victimes d’infraction (Civi) – au risque de complexifier le parcours des victimes. C’est pourquoi nous proposerons d’ouvrir une mission d’évaluation préalable afin de déterminer le besoin réel d’un tel fonds. Nous ne pouvons prévoir une substitution automatique de l’État aux auteurs, qui restent les criminels et doivent être condamnés avec la plus grande fermeté.
Je suis convaincu que nous trouverons un chemin commun pour lutter contre les violences faites aux enfants, assurer leur réparation et garantir leur prévention absolue. Trois principes doivent nous guider : contrôler les comportements, écouter systématiquement la parole des enfants –
 en particulier des élèves – et garantir des règles communes à tous les établissements sans exception car, hélas, des crimes ont été commis dans tous les types d’établissements. Si l’immense majorité de l’institution scolaire, quel que soit le statut de l’établissement et de ses personnels, offre un cadre protecteur, un seul crime, un seul criminel suffiront toujours à fragiliser ce contrat et à altérer durablement la vie d’un élève.
Ce débat nous dépasse. Il questionne le type de société que nous voulons construire –
 une société où l’école est un sanctuaire véritable, où aucun enfant ne craint pour son intégrité, où la parole des victimes est entendu, écoutée, respectée, et où les auteurs de violences répondent personnellement de leurs actes inqualifiables, conformément aux principes du droit pénal. C’est un devoir non négociable, auquel nous devons répondre ensemble, au-delà de nos différences et des clivages. (

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Projet de loi relatif à la régulation de l'enseignement supérieur privé / Intervention au Sénat] En 1998, notre pays comptait 2,1 millions d'étudiants dans l'enseignement supérieur. Vingt-cinq ans plus tard, nous frôlons les 3 millions, soit 50 % de plus par rapport à la fin du siècle dernier.
Les besoins ont évolué et l'offre de formation a été profondément renouvelée, avec notamment le développement de l'offre privée. Quelque 800 000 étudiants sont désormais inscrits dans le privé, soit un sur quatre.
C'est un fait : l'enseignement supérieur privé ne se définit pas comme l'université, mais il se déploie en complémentarité avec l'enseignement supérieur public.
Ce développement inédit s'est inscrit dans un cadre conçu pour un secteur privé marginal et qui ne répond plus aux enjeux.
Or les jeunes, leurs familles, les entreprises veulent y voir clair : la formation est-elle de qualité ? Cette qualité est-elle garantie par l'État ?
Cette question se pose avec d'autant plus d'acuité que des dérives sont apparues : frais de réservation atteignant 1 000 euros, contrats non résiliables, détournements de fonds, etc. Certes, cela ne concerne qu'une minorité d'établissements, mais cela nuit à l'image de tout le secteur.
Ce projet de loi est issu des nombreux échanges menés depuis un an. Je remercie le rapporteur et salue les débats au Sénat, notamment sur la proposition de loi
Chantrel. Ainsi, le texte qui vous est présenté aujourd'hui est plus robuste qu'il y a un an.
Ce qui compte, ce n'est pas le statut de l'établissement, mais la qualité des formations, qui doit être garantie par l'État. Et Parcoursup est l'espace de confiance qui apporte cette garantie.
Le Titre Ier prévoit deux modalités de reconnaissance : l'agrément, attestant de la qualité des formations, délivré par le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Hcéres) ; et le partenariat - renommé « agrément d'intérêt général » par la commission - réservé aux établissements privés à but non lucratif qui concourent aux missions de service public.
À terme, seuls les établissements agréés - ou agréés d'intérêt général - pourront figurer sur Parcoursup. Les autres n'y auront pas leur place, car l'État ne pourra se porter garant de la qualité de leurs formations. Cela fera un peu de ménage dans l'offre existante !
Les pouvoirs de contrôle de l'inspection générale devront être étendus, afin de remonter aux responsables réels.
Tous les organismes de formation délivrant un titre professionnel, y compris ceux qui choisiront de rester hors de Parcoursup, devront obtenir une certification, via le renforcement du référentiel Qualiopi.
Je défendrai un amendement renforçant les obligations d'information des établissements privés, qui devront dispenser une information transparente et loyale, notamment sur les diplômes délivrés et les débouchés.
Le titre II porte sur la protection des étudiants et des apprentis : actuellement, un jeune est mieux protégé quand il achète un scooter que quand il s'inscrit à une formation du supérieur... Aussi, ce texte permettra aux étudiants d'exercer réellement leur droit de rétractation. Mais entendant aussi les inquiétudes de certains établissements sérieux, nous pourrons envisager des ajustements.
Nous améliorons aussi la protection des apprentis contre les clauses abusives. L'apprentissage, levier majeur de l'insertion professionnelle des jeunes, s'est développé dans l'enseignement supérieur depuis la loi de 2018. Le Gouvernement a choisi une régulation par la qualité ; la commission de la culture, par les prix.
Personne ne doute de la nécessité d'une réforme, pour plus de transparence et de lisibilité dans l'offre de formation privée. Les discussions ont été nourries au Sénat et à l'Assemblée nationale. L'attente des étudiants, des familles, des établissements et des entreprises est forte.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> À tous les lycéens et parents qui découvriront leurs résultats Parcoursup ce soir : je vous souhaite le meilleur. En tant que maman je sais aussi combien cette période peut être source de stress. Parcoursup a progressé, mais nous devons continuer à le faire évoluer pour rendre l’orientation plus lisible et moins anxiogène. Et surtout : gardez confiance en vous. Un résultat ne définit pas un avenir !

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> La fête ne peut pas être la casse. Les dégradations et les violences qui ont suivi la victoire du PSG sont inadmissibles. Je refuse que la France s’habitue aux débordements lors des célébrations populaires. Il faut remettre le respect des règles et de l’autorité au milieu du village, en renforçant nos outils pour encadrer une partie de notre jeunesse qui part à la dérive.

 

Violette Spillebout (députée)
> [Protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire Intervention à l’Assemblée] Il y a des moments, dans la vie d’un parlementaire, où l’on sait que ce que l’on fait dépasse la politique. Aujourd’hui est l’un de ces moments, parce qu’il y a dans nos tribunes des hommes et des femmes dont la vie a été fracassée entre les murs d’une école –
 entre les murs d’un lieu qui aurait dû être le plus sûr du monde : là où tout commence, là où se créent l’égalité et la fraternité entre les enfants, futurs adultes.
Je veux avant tout leur parler, à eux ; leur parler directement.
Vous avez eu le courage de parler. Vous avez brisé des décennies de silence et d’omerta ; vous avez surmonté la honte qu’on vous avait infligée. Vous avez témoigné devant la commission d’enquête sur les modalités du contrôle par l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires avec une dignité qui nous a bouleversés. Aujourd’hui, c’est pour vous que nous sommes là.
Tout a commencé par une onde de choc : Bétharram d’abord ; puis Riaumont, Le Relecq-Kerhuon, les filles du Bon Pasteur, Saint Dominique de Neuilly-sur-Seine, et bien d’autres encore. Autant de noms d’établissements qui sont devenus des noms de honte nationale. Autant de lieux où des enfants –
 parfois des générations d’enfants – ont été frappés, humiliés, abusés, pendant que les adultes autour d’eux regardaient ailleurs, se taisaient ou – pire – protégeaient l’institution au détriment de l’enfant.
Ce n’est pas une accumulation de faits divers, car la violence y fait système : l’omerta des établissements, la protection de la réputation avant tout, la domination de l’adulte en position d’autorité sur l’enfant vulnérable et, au bout de la chaîne, la défaillance de la puissance publique qui n’a pas contrôlé, qui n’a pas protégé et qui n’a pas agi.
Cette défaillance, il faut la nommer. C’est ce que fait ce texte dans ses articles 1 et 2. Cette reconnaissance n’est pas seulement symbolique ; elle se veut aussi réparatrice. Paul Vannier et moi-même, dans une démarche transpartisane, avons écrit cette proposition de loi avec notre cœur, avec notre sincérité et avec notre savoir-faire de parlementaires, entourés des administrateurs de l’Assemblée et de nos équipes de collaborateurs, que je remercie chaleureusement. Nous avons également été soutenus par les services du ministère de l’éducation nationale et par ceux du ministère de la justice. Surtout, nous l’avons écrite avec le comité de suivi de notre commission d’enquête : les victimes, les lanceurs d’alerte, les syndicats d’enseignants, les associations de parents, les chercheurs et les sociologues. Plus de 150 collègues, sur ces bancs, ont cosigné ce texte. Ces collègues sont de tous les groupes : quand il s’agit de protéger un enfant de 6 ans qui pleure en silence dans un dortoir, il n’y a pas de droite, il n’y a pas de gauche. Il n’y a que des adultes qui ont, ou n’ont pas, fait leur devoir.
Alors mettons-nous au travail, au plus vite, sur ces onze articles. Nous avons de nombreux amendements à examiner, dont les premiers et les plus structurants sont ceux du gouvernement. Leur adoption garantirait au texte une solidité et une opérationnalité maximales et, avec elles, une inscription rapide à l’ordre du jour du Sénat.
Notre seul objectif est qu’une vraie loi soit votée, ce soir, avant minuit. Une vraie loi applicable, qui protège réellement les enfants, grâce à la formation et à la sensibilisation à la lutte contre les violences ainsi qu’au contrôle d’honorabilité pour tous les personnels, du public et du privé, quel que soit leur statut. Une vraie loi, qui permette de contrôler les établissements privés comme publics et d’assurer un nouveau dialogue, pour plus d’efficacité. Une vraie loi, qui passe de la culture de l’omerta à la culture du courage, avec le renforcement des obligations de dénonciation des crimes commis sur les mineurs.
On va nous opposer, je le sais bien, la crainte que ce texte remette en cause des libertés fondamentales et mette sous tutelle l’enseignement catholique.
Il ne s’agit pourtant pas de restreindre des libertés garanties par la Constitution. Ni la liberté de conscience, ni la liberté d’enseignement ne sont menacées par cette proposition de loi. Il s’agit, en revanche, de faire systématiquement primer l’intérêt supérieur de l’enfant, où qu’il se trouve, en ayant une pensée pour toutes les victimes passées qui n’ont pas pu être protégées faute de contrôles suffisants. C’est le moment d’agir avec force par cette loi, cette loi de notre République laïque, qui respecte chaque religion et le caractère propre de chaque établissement sous contrat. Aux collègues qui tenteront par leurs amendements de limiter ces nouveaux contrôles tout en disant qu’ils veulent protéger les enfants, je pose cette question simple : à qui pensez-vous réellement ? À l’institution ou à l’enfant ?
Pour ma part, j’ai choisi. Seule la primauté absolue du bien-être de l’enfant guide mon travail de rapporteure.
Lors des travaux de la commission d’enquête, il y a un an, nous écoutions avec Paul Vannier des femmes et des hommes raconter leur enfance violée, leur enfance volée. Certains avaient 60 ans. Certains, depuis quarante ans, portaient ces blessures dans le silence. J’ai vu des visages. J’ai entendu des voix brisées. J’ai lu dans leurs yeux cette question qui nous était posée : et maintenant qu’allez-vous faire ? Aujourd’hui, nous y répondrons.

 

Julie Delpech (députée)
> [Protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire Intervention à l’Assemblée] Il y a quelques mois encore, beaucoup voulaient croire que les violences commises dans certains établissements scolaires relevaient d’exceptions isolées, puis les témoignages et les scandales se sont multiplié. Les révélations de Bétharram, de Riomont, de Garaison, et de tant d’autres établissements, ont peu à peu révélé une réalité plus structurelle et dérangeante que les victimes connaissaient depuis longtemps.
Pendant des décennies, des enfants ont subi des violences physiques, psychologiques et sexuelles, dans des lieux qui auraient dû être ceux de l’apprentissage et de la protection. Des alertes ont existé, sans toujours produire les conséquences attendues. Lorsque la représentation nationale a décidé de se saisir de cette question, à travers la commission d’enquête sur les modalités du contrôle par l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires, les témoignages recueillis ont confirmé l’ampleur du problème.
J’ai eu l’honneur de participer à ces travaux. Nous avons auditionné près de 140 personnes, analysé des milliers de documents, mais surtout nous avons écouté les collectifs de victimes et les membres des équipes pédagogiques, dont certains sont dans les tribunes aujourd’hui. Je tiens à les saluer et à les remercier pour leur témoignage et leur courage. Ces femmes et ces hommes, parfois plusieurs décennies après les faits, sont venus raconter ce qu’ils avaient subi et ce qui les avait le plus souvent marqués. Le silence des institutions, l’absence de réaction et le sentiment de ne pas avoir été protégés : c’est de cette réalité qu’est née la présente proposition de loi. Je veux saluer le travail de notre rapporteure qui l’a soutenue avec détermination, ainsi que l’ensemble des membres de la commission d’enquête.
Ce texte poursuit un objectif simple : tirer les conséquences de ce que nous avons appris. Il renforce la prévention, améliore le contrôle, consolide les mécanismes de signalement et apporte une reconnaissance attendue par de nombreuses victimes. Surtout, il affirme un principe qui devrait tous nous rassembler : aucun enfant ne doit être exposé à des violences de la part des adultes auxquels il est confié. Le groupe Ensemble pour la République partage cette ambition.
Cependant, alors que nous abordons l’examen de ce texte en séance publique, nous avons la responsabilité collective de préserver ce qui fait sa force, sa capacité à traduire les enseignements de la commission d’enquête et à déboucher sur des avancées. Or plusieurs modifications adoptées en commission nous paraissent fragiliser cet équilibre. Je pense notamment à la rédaction de l’article 1er. Reconnaître les défaillances qui ont pu exister est une nécessité, mais nous devons aussi veiller à ne pas brouiller les messages adressés aux victimes. Les premiers responsables des violences commises contre des enfants demeurent ceux qui les ont commises. Les auteurs doivent rester au centre de la responsabilité pénale, morale et sociale que nous entendons affirmer. L’État doit contrôler, prévenir, protéger, sanctionner, mais il ne saurait être présenté comme le premier responsable de ces violences.
Au-delà de ce point, je forme le vœu que nos débats soient guidés par un seul objectif : l’intérêt des enfants. Ce texte est attendu par les victimes, leurs familles et tous ceux qui demandent que les enseignements de ces scandales débouchent enfin sur des changements.
Nous savons également que le temps parlementaire qui nous est imparti est contraint, c’est pourquoi j’en appelle à la responsabilité de chacun. Nous devons distinguer l’essentiel pour préserver les avancées qui font consensus et corriger les dispositions qui méritent de l’être, afin de permettre à ce texte d’aller à son terme. Derrière nos débats, l’exigence qui nous dépasse est de faire en sorte que plus aucun enfant ne soit laissé seul face à la violence, dans un établissement qui avait pour mission de le protéger. Nous n’y parviendrons ni avec des postures ni avec du dogmatisme.
C’est dans cet esprit que le groupe Ensemble pour la République abordera l’examen de cette proposition de loi. Nous la soutiendrons car, lorsque les faits sont établis, le courage politique consiste à en tirer les conséquences.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : «L’avenir de l’Europe est l’Afrique, l’avenir de l’Afrique est l’Europe»] Nous nous réveillons enfin. La possibilité que les avancées technologiques de la Chine, ses bas coûts de production et l’ampleur de ses aides d’Etat n’aient raison de secteurs de pointe de l’industrie européenne et non plus seulement de fabrications sans valeur stratégique sonne l’alarme dans toute l’Union.
C’est sur la nature des mesures à prendre et non plus sur leur nécessité qu’on se dispute mais il ne suffit pourtant pas d’ouvrir les yeux et de nous défendre. Il nous faut passer de la défensive à l’offensive, ne plus uniquement penser à nous protéger des surproductions chinoises mais imposer à Beijing un rapport de forces qui l’oblige à négocier et revoir ses politiques.
Ce ne sera pas sans risques. Dans la bataille qui s’ouvre, les Chinois recourront aux mesures de rétorsion dont ils nous menacent déjà mais nous disposons, nous, de deux atouts essentiels.
Le premier est notre taille. L’Union n’est pas l’ensemble le plus peuplé du monde. Elle n’est pas non plus le plus étendu mais avec nos quelque 450 millions d’habitants et bientôt beaucoup plus, nos pouvoirs d’achat et nos taux d’épargne, nous constituons un marché dont la Chine (pas plus d’ailleurs que les Etats-Unis) ne peut simplement pas se passer. Si l’accès au marché européen lui était ne serait-ce que partiellement fermé, l’industrie chinoise aurait beaucoup de mal à trouver d’autres débouchés aussi profitables.
Cela nous met en position d’exiger une renégociation globale de nos relations commerciales. A la seule condition que notre détermination et notre unité ne fassent pas de doute, nous pouvons aller au bras de fer car les Chinois sont obligés à un compromis encore plus nécessaire à leur économie qu’à la nôtre.
Et puis il y a l’Afrique. Elle comptera deux milliards et demi d’habitants en 2050. Comme l’Asie au siècle dernier, elle est la puissance émergente de ce siècle et c’est d’abord là, du Maghreb à l’Afrique du Sud, du Sénégal au Kenya, que se jouera notre rapport de force avec la Chine.
Ou bien nous laissons l’industrie chinoise prendre une telle force en Afrique que nous n’aurons bientôt plus les moyens de lui faire face en Europe, ou bien nous opposons un front eurafricain au colonialisme industriel de la Chine.
Ou bien nous laissons l’industrie chinoise continuer à faire de l’Afrique sa chasse gardée en s’y assurant, dans chaque secteur, d’incontournables positions dominantes, ou bien nous proposons à l’Afrique un codéveloppement gagnant-gagnant passant par des partenariats industriels dans les productions de masse comme les secteurs-clés.
La Méditerranée n’est pas une mer. C’est un lac dont les rives sont parfaitement complémentaires. Au sud, l’Afrique a besoin d’investissements pour développer son industrie, réduire son chômage en offrant du travail à une jeunesse qui n’a aujourd’hui d’autre choix que la route de l’Europe, augmenter ses rentrées fiscales, se doter des infrastructures qui lui font défaut et freiner puis arrêter la fuite de ses cerveaux.
Au nord, l’Europe a besoin de retrouver ailleurs qu’en Chine une main-d’œuvre moins coûteuse que la sienne, de trouver de réels moyens d’endiguer la crise politique dans laquelle la plonge l’immigration illégale et d’assurer de nouveaux débouchés à ses capitaux et à ses exportations afin de remuscler ses industries face à celles de la Chine.
L’avenir de l’Europe est l’Afrique comme l’avenir de l’Afrique est l’Europe.
Français, anglais et portugais, nous avons des langues communes. Les diasporas africaines sont nombreuses en Europe et pourraient vite constituer un ciment naturel entre nos continents. Le coût financier et environnemental des transports entre l’Afrique et l’Europe est infiniment plus bas qu’entre l’Europe et l’Asie. Et puis la géographie nous le dit : unies et non pas séparées par la Méditerranée, l’Afrique et l’Europe constitueront un ensemble continu, cœur battant du monde et, pour peu que nous le voulions, première puissance économique de demain.

 

Pascal Canfin (député)
> Le MACF — le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières — est en vigueur depuis janvier. Un combat que nous avons mené depuis 2019 pour une concurrence loyale : une entreprise européenne ne doit pas payer un prix pour ses émissions pendant que son concurrent chinois y échappe.
Aujourd'hui, nous négocions son extension à des produits finis, et nous renforçons la protection de nos exportations vers des pays sans prix du carbone. Le vote au Parlement européen aura lieu fin juillet. Ce qui se décide dans les prochaines semaines engagera l'industrie européenne pour des années.

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Nous avons progressivement perdu cette capacité collective à planifier. Pour rompre avec la maladie de l’immédiateté, je propose que la France se dote d’un nouveau plan quinquennal : une « loi des grandes options », en début de mandat. Comme certains pays européens. Retrouvons le sens de l’avenir. Lui seul redonne espoir !

> Nous devons revenir aux « lois de plan » ! Il faut retrouver le sens du temps long, avec quelques priorités claires (transports, santé…). Parler d’avenir, c’est redonner espoir !

> L’Europe fait face à un choc industriel d’une nature inédite : la montée en puissance de la Chine n’est plus conjoncturelle, elle est systémique. À qualité comparable, la Chine produit 30 à 40% moins cher. Nous devons réagir en innovant ET en nous protégeant ! L’Europe doit et peut agir !

> Je rêve d’une troisième voie entre un autoritarisme vertical et un libéralisme débridé.

 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires anonymes ne sont pas publiés ainsi que ceux qui seraient insultants ou qui ne concernent pas le Centre et le Centrisme.