mercredi 27 avril 2022

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. De l’urgence d’une alliance de tout l’axe central

S’il y a un deuxième enseignement à tirer de la victoire d’Emmanuel Macron après celui que les Français ont encore refusé l’option des extrêmes, ce qui n’est pas rien dans cette période instable où les repères de la raison disparaissent dans le brouillard élucubrationiste (que certains appellent improprement complotiste) et de la désinformation, c’est bien la nécessité de mettre en place immédiatement une alliance de tout l’axe central pour le quinquennat qui vient et peut-être pour plus longtemps encore.

L’axe central, rappelons-le une nouvelle fois, est l’espace politique qui regroupe l’ensemble des partis et courants politiques qui défendent la démocratie républicaine libérale, représentative et participative.

On y trouve des libéraux de droite, de libéraux sociaux du Centre et des sociaux-libéraux de gauche.

Cet axe, comme je l’avais prédit voici quelques années n’est plus, en France, que l’une des trois forces politiques majeures du moment face au bloc d’extrême-droite et à celui d’extrême-gauche (qui sont tous les deux plus larges que les formations qui s’en revendiquent car la recomposition politique n’est pas encore achevée et les partis de gauche et de droite traditionnels ont en leur sein des membres qui devraient logiquement rejoindre les blocs extrêmes).

Auparavant, l’axe central représentait à lui seul l’énorme majorité des électeurs sous la Ve République, les partis extrémistes, sauf le Parti communiste pendant quelques années, n’étant que des micro-partis, et ce avec des formations comme le PS, l’UDR-RPR-UMP-LR, l’UDF (confédération regroupant des partis libéraux et du Centre qui auparavant étaient indépendants) et quelques autres comme les Verts-EELV.

Je rappelle que l’existence d’un axe central n’est pas une donnée politique définitive.

Elle est due à une conjoncture historique où la démocratie républicaine se retrouve attaquée durement par ses ennemis de l’extérieur et de l’intérieur qui la fragilise et la menace d’une disparition qui pourrait être plus ou moins longue.

A ceux qui doutaient encore de cette réalité et prétendaient que cette thèse n’était que du catastrophisme puéril, le coup d’Etat avorté de Trump aux Etats-Unis le 6 janvier 2021 leur a, espérons-le, définitivement ouvert les yeux tout comme l’actuelle invasion de l’Ukraine par Poutine pour la raison majeure qu’elle est une démocratie et qu’elle veut s’arrimer aux autres de l’Europe.

Mais revenons à la France et à la situation présente après la réélection d’Emmanuel Macron.

Même si son score est élevé – rappelons que les abstentionnistes, nombreux lors de cette élection, donnent de fait à ceux qui vont voter le choix des dirigeants parce qu’une démocratie ne peut reconnaitre que ceux qui s’investissent dans son fonctionnement –, il n’est pas assez puissant pour avoir fait changer le cours des choses, c’est-à-dire que le renforcement des extrêmes s’est poursuivi puisque au premier tour (Le Pen, Zemmour et Dupont-Aignan avec plus de 30%) et au deuxième tour (Le Pen avec un peu moins de 41,5%), l’extrême-droite a fait ses plus hauts scores dans une présidentielle.

De même, Jean-Luc Mélenchon a fait un score plus haut que celui de tout autre candidat d’extrême-gauche à une présidentielle et a ainsi dépassé celui réalisé par le candidat communiste, en l’occurrence Jacques Duclos, en 1969 (21,95% contre 21,27%).

On voit bien que la montée des extrêmes est bien réelle et qu’il faut en tirer les conséquences pour sauver le régime de la démocratie républicaine.

Et cela passe obligatoirement par une alliance entre toutes les formations de l’axe central qui sont le PS, EELV, LaREM, le MoDem, Agir, Horizons, le Parti radical, UDI et LR pour ce qui est des principales.

Cette alliance ne doit pas forcément  devenir une coalition où toutes se retrouveraient ensemble dans un gouvernement.

Mais elle doit être basée sur une charte de la démocratie républicaine, des objectifs communs et des désistements lors des prochaines législatives pour le candidat le mieux placé face à celui ou ceux des extrêmes pour leur barrer la route puisque nous ne sommes pas encore en proportionnelle.

On voit bien que cette alliance sera difficile à réaliser quand une partie du PS, de LR et d’EELV louchent sur une alliance contre-nature avec les extrêmes, soit par dépit de la défaite encaissée à la présidentielle, soit par proximité de certains de leurs dirigeants avec ceux du RN, de Reconquête et de La France insoumise.

Cependant, il y a une responsabilité historique à protéger la liberté, l’égalité, la fraternité et le respect de la dignité, toutes ses valeurs humanistes qui sont attachées à la démocratie républicaine.

Et cela vaut sans conteste une alliance qui n’est pas là pour gommer les différences qui pourront toujours s’exprimer mais bien pour protéger un des plus grands biens de l’Humanité, celui qui fait rêver tous les peuples sous le joug d’autocrates et de dictateurs.

 

 

Propos centristes. France – Victoire de Macron / Futur premier ministre / Elections législatives / Union autour du président de la république / Guerre de Poutine contre l’Ukraine / Priorités du nouveau quinquennat / Régulation d’internet par l’UE…

Voici une sélection, ce 27 avril 2022, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Futur premier ministre] D’abord, moi qui crois au dépassement, la couleur politique ne dit pas tout. Jean Castex, qui venait de droite, a mené une politique des plus sociales des dernières décennies. Parce que c’est aussi un homme de cœur, il a la fibre sociale. Je nommerai quelqu’un qui est attaché à la question sociale, à la question environnementale et à la question productive.

> Je vais continuer à aller sur le terrain, à agir et à rencontrer les Français. Je vais continuer à être engagé auprès des quartiers populaires.
J’ai entendu aussi les messages envoyés par les quartiers les plus populaires de la République  et donc, ce que je veux apporter c’est d’abord un message de considération et ensuite d’ambition pour nos quartiers, une volonté d’avancer.
[A Cergy, l’abstention, qui avoisine les 30 % lors du second tour] est symbolique parce que ça veut dire aussi qu’il y a une forme de défiance qui s’est installée à l’égard de la chose publique, que les choses ne vont pas assez vite, qu’il y a sentiment d’abandon.
Ce n’est pas une visite qui change le sentiment d’abandon, mais il y a aussi de la symbolique dans les premières heures d’un mandat. Etre là, c’est dire que j’ai été dans les quartiers populaires pour la campagne et que je veux l’être aussi, dans les premières heures, et tout au long de mon mandat en leur donnant les moyens de réussir et d’avancer, parce que c’est un moyen de conjurer cette défiance.
Ici, je veux apporter un message de respect et de considération pour les premières heures de mon quinquennat.  (…) Il faut donner plus de moyens à l'école et aux enseignants, il faut s'occuper de la santé, la moitié des mamans ici m'ont parlé de ça et la troisième chose c'est le travail.
Je suis le dépositaire de ces colères (...) Je veux que tout le monde travaille ensemble pour qu'on trouve des solutions.
La jeunesse de France, elle se trouve aussi ici.

> Les réseaux sociaux, en accueillant des milliards d’individus, sont devenus de véritables espaces publics. Des espaces où, comme dans la vie réelle, il convient de protéger nos droits, nos libertés et le respect de nos vies privées. Des espaces où, comme ailleurs, les acteurs d’un même marché doivent pouvoir se livrer une concurrence loyale.
Priorité de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne, l’adoption du Digital Services Act et du Digital Markets Act marque un tournant dans la régulation du numérique. Avec ces deux textes, qui permettront d’assurer une meilleure régulation démocratique et économique des plateformes, l’Europe dessine sa propre voie dans le monde numérique.
Alors que les fraudes, la haine en ligne et la désinformation sont des fléaux qui mettent en danger nos concitoyens et fragilisent nos démocraties, le but du Digital Services Act est de rendre responsables les grandes plateformes de ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux. Concrètement, elles seront obligées de faire toute la transparence sur leurs techniques de modération des contenus, et de s’engager à se doter de moyens supplémentaires si cela est jugé nécessaire par le régulateur. Leur responsabilité sera également engagée si elles ne protègent pas nos consommateurs des produits disponibles en ligne qui ne respecteraient pas les normes de protection européennes.
Sur le marché numérique le pouvoir est partagé entre un très petit nombre d’acteurs. En édictant des règles qui leur permettent de continuer d’exercer leur domination, ces derniers entravent l’innovation et le bon fonctionnement de ce marché. Pour lutter contre cette situation oligopolistique, les pouvoirs publics, les États membres et la Commission européenne auront dorénavant, grâce au Digital Markets Act, le pouvoir de réguler l’empreinte économique et démocratique des grands acteurs d’Internet.
Pour le respect de nos valeurs démocratiques en ligne et pour notre souveraineté numérique, c’est ensemble, en Européens, que nous avons décidé de ces nouveaux standards numériques en Europe. La prochaine étape ? En faire des standards mondiaux !

 

Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Jean-Yves Le Drian (ministre de l'Europe et des Affaires étrangères)
> J’ai souhaité confirmer à mon homologue ukrainien que la France maintiendrait son appui déterminé à l’Ukraine face à la guerre à laquelle elle est confrontée : assistance financière, sanctions, équipements de défense, lutte contre l’impunité.

 

Jean-Michel Blanquer (ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports)
> Il devrait y avoir une réforme institutionnelle. Ca signifie une plus grande capacité à consulter. Peut-être que la Constitution évoluera dans ce sens.

> Une vaste concertation doit caractériser l'amont de cette réforme des retraites (...) L'objectif c'est de développer de nouvelles méthodes pour aller plus loin dans l'écoute.

 

Amélie de Montchalin (ministre de la Transformation et de la fonction publique)
> J’ai l’impression qu’il faudrait qu’on dise qu’on a perdu pour faire plaisir à certains de nos opposants ! Ils voudraient plonger la France dans la sinistrose. Ils ne parlent que d’eux-mêmes, de leur revanche, sans respect du vote des Français.

> [Cap politique d'Emmanuel Macron] C'est d'abord de répondre aux urgences, de croire à la valeur travail, de considérer que l'écologie est un sujet de société majeur. Notre cap, c'est unité et ambition.

> Je ne pense pas que le Parlement ait été minoré par Emmanuel Macron. (...) Il faut redonner des moyens accrus d'évaluation des lois aux parlementaires.

> [Pouvoir d’achat] Dès l'été, les mesures annoncées vont être prises. Le Président l'a dit, il y aura une loi exceptionnelle pour que les mesures en faveur du pouvoir d'achat soient appliquées.

> Le président met 6 milliards dans son projet pour les salaires des enseignants.

> [Chèque alimentation] Le but, c'est d'aider les ménages les plus modestes (...) pour qu'ils puissent acheter des produits de qualité, frais.

> Le président choisira un Premier ministre qui aura d'abord des compétences, qui pourra réunir le pays et tenir le gouvernement.

 

Agnès Pannier-Runacher (ministre chargée de l'Industrie)
> L’écologie est l’une des grandes priorités du quinquennat qui s'ouvre. L'industrie est un levier pour réduire rapidement notre empreinte carbone : 5 Mds€ iront à la décarbonation de la production grâce à France 2030.

> Le combat que nous menons depuis 2017 après 30 ans de capitulation industrielle a porté ses fruits : nous avons stoppé la saignée. Nous recréons désormais 2 fois plus d'usines qu'il ne s'en ferme, nous recréons de l'emploi industriel. L'objectif est de poursuivre cette bataille.

 

Sarah El Hairy (secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement)
> Aujourd'hui, on a un Président de la République qui a été réélu, avec en réalité une volonté d'apaiser et réunir. Donc, c'est un Président fondamentalement avec une énorme responsabilité. Et je crois qui l'a dit dans son discours, celui de réconcilier les Français et de faire aussi que les Français qui ont voté au second tour pour faire barrage à l'extrême droite se sentent à nouveau écoutés et qu'ils retrouvent pleinement leur place et leur expression. C'est une nouvelle méthode que nous souhaitons porter pour les cinq prochaines années avec plus de construction, plus de participation citoyenne. Avec en réalité, ce «avec vous» qui irriguera l'ensemble de nos politiques publiques et de enjeux qui sont autour de l'école, de la santé, cette République du quotidien.

> Deux choses à mettre en perspective. Le vote du premier tour a marqué d'une certaine manière trois blocs dans notre pays. Trois blocs dont deux blocs de colère, de fait. Par contre, notre projet était quand même le premier au premier tour. Et je pense que c'est aussi sain de le rappeler. Maintenant, la volonté du Président de la République, c'est de construire et de mettre en œuvre ce programme avec une nouvelle méthode : plus de concertations, plus de consultations, plus de participation citoyenne. En associant aussi tous les apprentissages que nous avons eus avec les grands débats, avec la Convention Citoyenne, avec aussi en réalité 5 ans où nous avons plusieurs crises : une crise sanitaire historique et en parallèle on a eu dans la foulée une guerre sur notre continent. Tout ça, ça permet d'apprendre une nouvelle manière de faire, de fait. Mais la volonté qui est la nôtre, ce n'est certainement pas d'accepter ces colères et de faire comme si elles n'existaient pas. Mais au contraire, aller chercher cette construction, cette nouvelle méthode plus calme, plus saine, et qui permettra à chacun de prendre pleinement sa part pour mettre en œuvre un programme qui a vocation à s'écrire avec les citoyens.

 

Cédric O (secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques)
> Il y a des choses intéressantes dans ce qu’Elon Musk veut impulser pour Twitter, mais rappelons que le Digital services act [Loi sur les services numériques] - et donc l’obligation de lutter contre la désinformation, la haine en ligne, etc. - s’appliquera quelle que soit l’idéologie de son propriétaire.

> Lutte contre la désinformation et la haine en ligne, renforcement de la protection des mineurs : des combats menés par Emmanuel Macron depuis 2018. Ils ont porté leurs fruits grâce à l’accord sur la loi sur les services numériques. C’est l’Europe que l’on aime: celle qui protège ses citoyens et défend le respect de nos valeurs démocratiques en ligne.

> En ouvrant des négociations avec La France insoumise, le Parti socialiste confirme sa complète déliquescence. Les membres de son Conseil national veulent éviter la disparition au prix du déshonneur, ils ont le déshonneur et ils auront la disparition.

 

Haut-commissariat au Plan
François Bayrou (Commissaire, président du Mouvement démocrate)
> [Victoire de Macron] C’est une victoire triplement historique. D’abord, parce qu’aucun président de la République, depuis de Gaulle, n’a été réélu alors qu’il exerçait réellement le pouvoir. Ensuite, parce que cette réélection intervient alors que le pays traverse une série de crises comme nous n’en avions pas connu depuis des décennies - les «gilets jaunes», une épidémie mondiale, la guerre en Europe. Enfin, un tel écart entre les deux candidats - plus de dix-sept points, et plus de 5 millions de voix -, c’est du jamais vu depuis 2002. Cette seule évidence ruine toutes les critiques sur l’illégitimité présumée de cette élection. Cela montre aussi que notre pays a des ressources républicaines profondes. Il n’a pas voulu laisser déraper son destin.(…)
Conserver une telle avance au travers de telles crises, c’est un exploit. C’est plus en pourcentage que Mitterrand et que de Gaulle lui-même en 1965. C’est plus en nombre d’inscrits que Pompidou, un des présidents les plus solides de la Ve République. Certes, cette victoire ne signe pas une approbation sans conditions. Ce socle ne vaut que par ce qu’on en fera. Mais cela peut marquer le point de départ d’un ressaisissement national. Le germe d’un nouveau rapport civique dans le pays.

> [Ere nouvelle selon Macron] Un nouveau mode d’exercice du gouvernement et du rapport entre les gouvernants et le peuple citoyen. C’est presque une question d’écologie politique. Beaucoup de responsables, en France, ont le fantasme du passage en force, et de Mme Thatcher. Je crois au contraire qu’il faut d’abord poser les questions et les laisser grandir dans l’esprit des citoyens avant de les résoudre. Vaclav Havel, parlant des impatients en politique, disait: «Ils sont comme ces enfants qui, pour faire pousser les arbres plus vite, leur tirent sur les feuilles». L’épreuve de force de but en blanc n’est plus adaptée aux sociétés contemporaines. Il y a tout un travail de maturation civique à mener avec les Français. Il faut convaincre pour entraîner, sans perdre de temps, mais convaincre. Et si au bout du compte il y a conflit, alors, et alors seulement, il peut être assumé et tranché, y compris par référendum.

> Dans notre équilibre institutionnel, je crois au triptyque: un président fort, un gouvernement fort, un Parlement fort. Je n’ai jamais approuvé les spéculations de ceux qui voulaient supprimer la fonction de premier ministre. Jamais. Il faut une harmonie, une stéréophonie entre les deux figures de l’exécutif ; une profonde complicité ; et un effort pour rendre passionnants la vie parlementaire et le débat politique. Cet état d’esprit, c’est la clé du retour de l’engagement dans notre démocratie. Si le débat politique est disqualifié, c’est la guerre civile larvée, le désordre et l’impuissance.

> L’inquiétude si profonde de la société française exige une sensibilité, une vision, un enthousiasme, une capacité d’entraînement politique. Et l’articulation entre politique et technique en sera ainsi heureusement rétablie. Plus que jamais dans la Ve, on a besoin d’un nouvel équilibre pour rapprocher le pouvoir du peuple. Le pouvoir doit être incarné, dans une figure entraînante et bienveillante. Le président est l’inspirateur et il doit être aussi, d’une certaine manière, le recours du peuple, à la fois prescripteur et médiateur. Dans notre histoire nationale, le mythe de Saint-Louis, d’Henri IV, s’est construit ainsi, et d’une certaine manière Mitterrand avait très bien compris cela.

> Dieu sait que je n’envie pas le régime chinois, sauf sur un point: ils s’obligent à penser à trente ans. Nous, nous pensons trop souvent à trente jours. Quand ce n’est pas à trente heures. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité la renaissance d’un Haut-commissariat au Plan. Dans les sociétés chahutées comme les nôtres s’impose l’impératif de «gouverner c’est prévoir». On fixe des objectifs, on précise des étapes, on mobilise les moyens. C’est cela la nécessité de planification. Le président a relevé ce défi.

> [Ecologie] Il y a trois certitudes. D’abord, l’exigence d’une production d’énergie abondante et compatible avec une réduction des gaz à effet de serre. C’est la question de l’articulation entre des sources d’énergie renouvelables, qui sont intermittentes, et les sources pilotables, disponibles, qu’on injecte dans le réseau quand il le faut. D’où la place retrouvée du nucléaire, sur laquelle le Plan est intervenu l’année dernière. Ensuite, le combat pour la biodiversité, sur lequel nous n’avons pas encore assez avancé, autour des pratiques d’agrobiologie. S’ajouteront à cela des questions de mode de vie, une exigence de frugalité, de refus du gaspillage, de l’économie circulaire comme on dit. Tous ces chantiers sont compréhensibles par nos concitoyens et gérables car ils ne se perdent pas en mots creux.

> [Mouvement de foule des gilets jaunes] L’erreur de l’époque a été de concentrer la politique écologique sur la taxe carbone et donc sur une augmentation rapide du prix des carburants. Il faut une réflexion plus large que cela. Le social n’est pas étranger à l’écologie. Je n’oublie pas que le mot «écologie» vient de «oikos» - la «maison», en grec. L’écologie nous oblige à nous occuper de notre maison commune dans tous ses aspects. La responsabilité sociale n’est pas distincte de la responsabilité écologique.

> [Proportionnelle] La question de la représentativité est essentielle, je le plaide depuis longtemps. Il faut la traiter sans traîner, mais sans précipitation excessive. Je suis heureux que le président n’écarte pas a priori l’usage du référendum. Ce peut être une solution, et pas seulement sur ce sujet: les retraites peuvent aussi conduire à une consultation des Français, s’il y avait menace de blocage du pays. Mais il faut délier ce type de consultation, pour qu’il ait du sens, de la mise en cause du chef de l’État.

> La place du MoDem, c’est le MoDem qui la gagne lui-même. Je ne quémande et nous ne quémandons jamais. La Ve République, ce n’est pas du chantage. La Ve République, c’est une adhésion. Le MoDem est un parti soudé, organisé, constitué, avec une histoire et une grande liberté de penser. Nous serons donc un élément de repère de la majorité. Pas des frondeurs qui ouvrent un conflit public et s’engagent dans une voie d’affaiblissement. Quand vous croyez à quelque chose, vous le partagez avec un partenaire. Alors votre place est évidemment reconnue. Et les dernières années ont fait la preuve de cette solidité.

> [«Grand mouvement politique d’unité et d’action» souhaité par Emmanuel Macron] L’UDF, sous forme de confédération ou de fédération, était une bonne forme d’organisation. L’UMP, parti unique, ne l’était pas. Il faut impérativement de l’unité et du pluralisme. Je crois toujours à ce que j’ai dit en 2002, au moment de la fondation de l’UMP: si on pense tous la même chose, on ne pense plus rien. Ce qu’il faut éviter, c’est la surenchère et le chantage perpétuel. Tomber dans ces travers, c’est détestable. Et mortel! Ceux qui s’y emploient ne se battent pas pour leurs convictions, mais pour leur intérêt ou leur clan.

> [Fusion entre le MoDem et LREM] Plusieurs dizaines de députés LREM ont été, à un moment de leur vie, membres du MoDem. Nous sommes très proches. Peut-on organiser cela de manière claire, en sauvegardant l’histoire, le patrimoine matériel et moral de ces deux courants? Je pense que c’est possible. C’est surtout souhaitable. Le mouvement «Ensemble citoyens!» est une première étape, mais ce n’est pas suffisant. Nous devons maintenant nous atteler aux investitures pour les législatives. Les quelques problèmes d’organisation qui sont devant nous se résoudront d’eux-mêmes.
C’est cette organisation qui doit donner les investitures aux candidats.

> Si vous n’avez qu’un seul et pléthorique groupe majoritaire et six petits groupes d’opposition, les règles du temps de parole à l’Assemblée sont telles que les minoritaires peuvent s’exprimer sept fois plus que la majorité qui soutient le gouvernement. Qui trouverait cela logique? Le pluralisme, c’est la vie de la démocratie. Pour ma part, c’est ce que je défends.

> Il n'y a pas de doute que la séquence qui s'ouvre, la nouvelle ère comme le Président de la République l’a appelée dans son discours de remerciements, c'est évidemment le défi le plus important, l'exigence la plus haute.

> D'abord, il faut identifier les problèmes les plus importants. Le problème le plus important pour moi, c'est cette rupture que l'on ressent entre une grande partie de la population et généralement ceux qui travaillent, ceux dont le revenu est plus faible, ceux qui habitent en province, le sentiment qu'ils ont que la société française comme elle est organisée avec ses pouvoirs, avec ses puissants ou en tout cas ceux qui font semblant d'être puissants, les médias, le monde politique, le monde intellectuel - je mets de gros guillemets à intellectuel - que tout ce monde-là ne reconnaît pas la société française comme elle est, et les femmes et les hommes et les familles comme ils vivent.

> La réconciliation. Le Président a dit : il y a ceux qui ont voté pour moi et naturellement ils ont une place ou une reconnaissance, ceux qui se sont abstenus, qui n’ont pas voulu choisir et ceux qui ont voté pour son adversaire Marine Le Pen, et tout cela forme une seule France. Ce dont on ne se rend plus compte et donc je ne sais pas si le verbe réconcilier est le meilleur, «les souder», proposer à nouveau à tous ceux qui sont si divers d'avoir un projet en commun, de le partager et de trouver les méthodes pour que ce projet aboutisse.

> J'ai toujours plaidé que c'était une absurdité de découper les réponses entre droite et gauche. Que l'on avait besoin au contraire d'une aspiration qui fédère, qui rassemble. C'est pourquoi j'ai toujours été un militant, un défenseur de l'idée d'un centre puissant parce que c'est là que l'on se retrouve et se réconcilie. Il y a des gens qui ont fait des carrières d'un côté et de l'autre et qui s'aperçoivent le moment venu que, dans les moments graves, ils sont ensemble.
(…) L'idée que nous ne vivons pas dans des mondes séparés et que la société avec ce qu'elle a, pour certains, de privilégié et pour d'autres d'efforts et de difficultés, cette société-là elle est une et notre projet français c'est même la marque spécifique dans l'histoire au travers des siècles du projet français. C'est cette unité-là qui nous permettra, dans les moments exigeants de dépasser les choses...

> Sur l'écologie. Ce qui a été présenté, c'est en effet un défi technique et écologique d'inventer de nouveaux modes de déplacement et de polluer moins, en tout cas d'émettre moins de gaz à effet de serre. Mais si on y réfléchit bien, cela devrait aussi permettre à la société française de produire en industrie, en agriculture mieux qu'aucune des sociétés qui nous entourent et, si nous savons relever ce défi-là, alors nous serons devant, nous serons un pays qui sera à l’avant-garde.

> Je vais défendre mes positions parce que je ne parle pas à la place des autres. Je pense que pendant très longtemps on a cru que la politique se résumait au passage en force, y compris au passage en force annoncé.
 « Je suis venu, dans mon programme il était écrit que j'allais faire ceci et donc j'ai désormais la liberté, l'autorité nécessaire, la légitimité de passer en force. » Moi, je crois que ce temps est derrière nous.
Je pense que la société, ou enfin tous ceux qui vous écoutent et qui forment la France, ceux-là ont besoin d'être associés, convaincus, entraînés, que l'on ne considère pas qu'il faut au fond dépasser les oppositions des uns et des autres, que cela n'a aucune importance.
Vous savez, la méthode que Mme Thatcher utilisait et qui a fait beaucoup rêver un certain nombre de responsables politiques, ces méthodes-là, c’est fini, pour moi en tout cas.

> [Retraites] C'est une urgence, mais ce n'est pas une urgence en termes de jours. C'est une urgence. On peut tout à fait prendre les quelques mois nécessaires pour que chacun des Français à sa place, au fond, fasse son choix, mesure ce qu'il en est. Exemple très simple : si l’on ne fait pas la réforme des retraites, alors il y a deux options, ou bien on augmente les cotisations, cela veut dire que l'on baisse les salaires ou bien on baisse les pensions, cela veut dire que l'on baisse les retraites. Est-ce un choix que les Français souhaitent ou acceptent ? Je suis persuadé que non, à condition que tout le monde comprenne que l'on va traiter différemment ceux qui ont commencé à travailler très tôt, qu'ils vont avoir la possibilité de partir plus tôt, que l’on va traiter différemment tous ceux dont les métiers sont difficiles, physiquement difficiles parce que cela casse le dos, cela casse les reins ou bien simplement c'est tellement fatigant nerveusement, et qu'après on va faire de l'incitation. Et si on a tout cela, on y arrive.

> Il y a deux enjeux, je ne dis pas qu'ils sont si faciles parce que rien n'est facile dans la vie comme vous savez. Le premier, c'est l'unité. On ne peut pas se lancer dans une période aussi difficile que celle-là avec des gens qui travaillent, agissent en fait les uns contre les autres, pour eux, pour leurs propres objectifs et, la deuxième chose, c'est le respect de la diversité, des différences. On n'est pas tous pareils, on ne pense pas tous de la même manière, j'ai déjà dit cela autrefois dans une autre histoire.

> Vous vous souviendrez, car vous avez étudié cela dans les livres d'histoire, du score du Général de Gaulle à l'élection de 1965, qui est le seul précédent d'un Président en exercice réélu, un exercice du pouvoir réel, il avait fait 55 % face à M. Mitterrand.
Nous constatons donc que les 58,5 % réalisés par Emmanuel Macron sont évidemment une performance que beaucoup, beaucoup d'observateurs n'attendaient pas, car, il y a quelques semaines encore, ils disaient : «Ce sera à touche-touche» ou «Il ne sera pas au deuxième tour».
C'est donc, de ce point de vue, le surgissement ou, en tout cas, l'affirmation d'une prise de conscience de la part des Français et c'est d'autant plus spectaculaire que cette prise de conscience intervient après une série de trois crises successives : les Gilets jaunes, l'épidémie et la guerre de Poutine contre l’Ukraine.

> Lorsque vous avez exercé le pouvoir pendant 5 ans, dans des temps aussi difficiles que ceux-là, alors c'est un exploit incroyable d'avoir 5,5 millions de voix d'avance au deuxième tour de cette élection.

> Ce que le Président de la République a dit et qui est très important, c'est qu'il est le Président de tous les Français et il a l'intention de tenir compte des trois grands groupes, naturellement ceux qui ont voté pour lui, ceux qui se sont abstenus et même ceux qui ont voté pour son adversaire, Marine Le Pen.
Pour moi, j'allais presque dire, c'est cela la mission essentielle d'un Président de la République. Le Président de la République, c'est quelqu'un dont la vocation, dont le devoir est de ressouder les Français divisés, de réunir les Français affrontés, de cicatriser les blessures qui se sont créées au travers de ces années. Je pense que l'expérience qu'il a acquise pendant les 5 années précédentes lui servira et que l'affirmation qui a été la sienne qu'il allait chercher un mode de gouvernement différent est très importante.

> Que se passe-t-il ? La base des Français, la base de la pyramide que constitue le peuple français se sent coupée de ce que l'on appelle le sommet. C'est un prétendu sommet, car ce n'est pas très haut comme sommet, mais l'immense majorité des Français, des millions et des millions de femmes et d'hommes ont le sentiment qu'on ne les reconnaît pas.
(…) Je sais ce que, moi, je ferais. Je chercherais deux choses. La première, c'est un signe indiscutable de reconnaissance. Je ne sais pas si vous avez observé cela. Dans la société où nous sommes, ce qui manque le plus, c'est la reconnaissance. Presque chacun d'entre nous a le sentiment qu'il n'est pas reconnu dans son identité ou qu'on ne lui donne pas l'importance ou la reconnaissance qu'il devrait avoir et, cela, pour moi, c'est très important et cela veut dire qu'il faut des changements institutionnels. Je plaide depuis trop longtemps pour un mode de scrutin qui fasse que chacun ait la représentation qu'il mérite en fonction de sa voix, quel que soit son vote.

> Le Président de la République a le droit constitutionnel de dissoudre l'Assemblée Nationale. Il y a eu beaucoup de dissolutions de l'Assemblée Nationale et la dernière, c'était en 1997 et elle n'a pas été le succès que l'on attendait, mais c'est un droit constitutionnel du Président de la République, qui peut, à tout moment, dire que l'on a besoin de renouveler l'Assemblée Nationale. Ce n'est donc pas anodin comme changement car cela crée une règle nouvelle et une opportunité ou une occasion nouvelle pour le Président de la République. C'est la première chose. La deuxième chose, cela va vous paraître étrange, mais je pense qu'il faut que les gouvernants apprennent à parler français, le vrai français, pas le français techno-politique dans lequel on noie de statistiques et d'éléments de langage où tout le monde, beaucoup, pas tout le monde j'espère, dit la même chose. Je pense que la capacité d'exprimer pour les Français, de transmettre pour les Français des choses que l'on comprenne, est importante.

> Les 12 et 19 juin, il y a des élections pour les députés et c'est très important, car le Président a beaucoup de pouvoir, mais les Députés ont aussi des pouvoirs très importants et nous pouvons nous trouver avec une Assemblée Nationale qui n'aura pas la même composition.
(…) Je ne vois pas laquelle des deux forces pourrait arriver devant l'ensemble présidentiel. Je ne crains pas, mais je pense que cela peut être très difficile et compliqué à gouverner, que l'on peut se trouver avec un tel éclatement des forces que cela rend tout compliqué et on peut s'y trouver, alors même que l'on a le scrutin majoritaire. Je dis cela pour ceux qui s'intéressent à ce genre de surjet.

> Il y a un risque de désordre. Je ne vois pas l'un ces deux extrêmes prendre la majorité et ce serait, cela, la cohabitation. Même si chacun des deux l'annonce, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, ils n'en croient évidemment pas un mot mais on peut se trouver avec un très grand désordre, des votes contre, qui font tomber les textes, et ce n'est pas souhaitable. Cependant, il faut rappeler que la constitution de la Vème république, c'est le Général de Gaulle qui l'a voulue comme cela, elle fait que le Président de la République compose le gouvernement en tenant compte des nuances de l'Assemblée Nationale. Ce serait donc, dans ce cas, au Président de la République d'équilibrer le gouvernement qu'il formera.

> Ceux qui refusaient la représentation proportionnelle, la loi électorale juste, la certitude que chacun va retrouver les représentants à la dimension, à la proportion des votes qu'il a reçus, ceux qui le refusaient, c'était LR et le Parti socialiste. Aujourd'hui, s'ils avaient le choix, je suis persuadé qu'ils reviendraient sur leur choix.

> [Majorité présidentielle] Il faut deux choses : il faut de l'unité, car on ne peut pas se permettre d'avoir de perpétuelles luttes de tendance et il faut la reconnaissance du pluralisme, c'est-à-dire des sensibilités différentes. Le Président de la République a dit au Champ-de-Mars : "J'ai l'intention de reconnaître toutes les sensibilités des Français". On ne peut pas verrouiller ces sensibilités dans un parti d'un autre temps qui serait complètement dominé et qui obéirait. Ceci n'est pas le temps. Vous vous souvenez que j'ai refusé cela à d'autres présidents.

> On a besoin d'un Centre puissant en France, mais que ce Centre soit un Centre, c'est-à-dire que ceux qui participent à ce mouvement soient soudés autour de convictions philosophiques, politiques, d'une pratique politique, d'une manière d'être en politique qui vous identifie, car, si c'est ce que les Américains appellent un melting-pot, un pot où l'on mélange tout, ce n'est pas attractif et cela vous expose à des détestations de la société.
(…) Nous avons déjà connu cela, car j'ai été successivement, quand j’étais très jeune, le Secrétaire général et plus tard le Président de l'UDF. Cela ressemblait à cela. C'était un système dans lequel nous étions ensemble, tout en ayant des identités qui soient parfaitement caractérisées.

> Le Président de la République ne décide pas tout seul. On est dans une démocratie, et j'y tiens beaucoup, dans laquelle chacun joue son rôle. Alors, qu’il s'intéresse à ce sujet, j'en suis sûr, qu'il souhaite avoir des députés qui soient solides et estimables, j'en suis sûr, mais les formations politiques, selon la Constitution, ont évidemment leur rôle à jouer.

> Si vous regardez la dimension des défis que nous avons devant nous, ils sont impressionnants, ils pourraient même être paralysants tellement ils sont importants. Jamais on n'a connu une succession et une addition de crises comme celle-là et donc, de ce point de vue, je suis absolument sûr que chacun va agir en responsabilité. Il y a une deuxième idée, il y a des tas de gens qui croient que, comme le Président de la République n'aura pas le droit de se représenter immédiatement, il n'existerait plus en 2022. Ce sont des zozos. Je dis cela gentiment, on a le droit d'être zozo. Ils ne comprennent rien à ce qu'est la fonction présidentielle à ce qu'est la tension des temps que nous allons vivre et à l'importance du rôle du Président de la République.

> Je ne crois pas à la théorie des 100 jours, aux premières mesures, au fait qu'il faut faire tout de suite. Je crois que la précipitation est mauvaise conseillère.
On va avoir deux impératifs. Le premier impératif, c'est partager avec les Français en leur expliquant comme il faut le faire les problèmes et les solutions qui sont devant nous. C'est un travail approfondi de moyen terme. Et il y a un deuxième impératif que j'appelle planifié, je suis Haut-Commissaire au Plan, j'ai voulu la renaissance de cette fonction. Planifier cela veut dire quoi ? Définir des objectifs et définir des étapes et fixer des moyens.
Si l'on fait cela, alors on aura rempli les deux impératifs.

> On ne va pas vivre des temps faciles et je pense qu'Emmanuel Macron réfléchit à cette osmose entre le gouvernement et le chef du gouvernement et le pays. Je pense que c'est la question la plus grave des rapports entre le peuple citoyen, les gens dans la vie comme elle est, ceux à qui on ne parle pas souvent ou qui, eux, n'ont pas l'occasion de parler et ceux qui parlent en leur nom. Ceci est pour moi la question la plus importante que nous ayons à traiter, et elle est difficile. La preuve, c'est que depuis des années et des décennies on n'est pas arrivé à la traiter.

 

Partis politiques

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]
Aurore Bergé (présidente déléguée du groupe à l’Assemblée nationale)
> Nous avons dit la vérité aux Français pendant cette campagne et notre intention est de sauver notre régime de protection sociale, de réindexer les retraites sur l'inflation dès juillet et de monter les petites pensions de retraite à 1100€/mois.

> Pour les élections législatives, notre seule bannière est celle de notre projet et de la majorité présidentielle.

> Nous avons évidemment une reconnaissance d'autant plus grande envers les électeurs qui ont voté pour nous pour barrer la route à l'extrême droite. Maintenant, nous devons donner une majorité au président de la République.

> On ne compartimente pas les Français, on s'adresse à tous. Sur la question écologique, tous les Français souhaitent que nous mettions en place une politique ambitieuse et que nous leur permettions d'engager cette transition.

> Le président de la République porte cette volonté de rassemblement des Français et d'une méthode de gouvernement qui puisse les associer tout au long du mandat.

 

Pieyre-Alexandre Anglade (porte-parole du groupe à l’Assemblée nationale)
> Nous voulons continuer à agir avec force pour le pouvoir d’achat des Français. Reindexation des retraites, dégel du point d’indice, prime Macron et dividende salarié. Le quinquennat qui s’ouvre sera aussi celui de la protection du pouvoir d’achat des Français.

> Notre identité, c'est le dépassement politique ! Autour du projet d’Emmanuel Macron nous voulons continuer de rassembler celles et ceux qui veulent servir le pays. À ses côtés nous portons la plus grande ambition pour le climat, l’école, la santé, et l’Europe.

> Ce quinquennat sera aussi celui de la jeunesse, de l’égalité de chance, de la question sociale et et environnementale.

> Ce quinquennat sera aussi celui d’une nouvelle méthode pour construire les solutions avec les Français, les territoires et les corps intermédiaires. Santé, école, retraites, lutte pour le climat, c’est dans la concertation et le débat que nous ferons avancer le pays.

> « Nous pouvons désobéir pour sauver l’Europe ». Quand on écoute Julien Bayou on se demande ce que le nom « Europe » fait encore dans le nom de son parti. La désobéissance européenne qu’il défend, c’est le detricotage du projet européen.

> En proposant aux forces de gauche de « se regrouper autour d’un principe de désobéissance européenne » Manuel Bompard propose de faire l’union sur le Frexit. Ceux qui croient en l’Europe chez les écologistes et les sociaux-démocrates sont prévenus.

> Des millions de Français se sont retrouvés autour du projet d’Emmanuel Macron pour le pays. Pouvoir d’achat, écologie, éducation, santé et Europe : nous voulons donner une majorité au Président pour mettre en œuvre le projet pour lequel les Français l’ont élu.

 

● MoDem
Jean-Noël Barrot (secrétaire général)
> Cette réélection est un moment historique puisqu'aucun président sortant hors cohabitation n'avait été réélu. Et il est vrai que Marine Le Pen a progressé depuis son score de 2017. Au premier tour comme au second tour, le Président de la République l'a rappelé, les Français l'ont placé en tête, y compris des Français qui n'adhèrent pas à son projet mais qui ont considéré que le programme que Marine Le Pen proposait était un danger pour la France. Ensuite, il y a de la colère qui s'est exprimée à gauche avec Jean-Luc Mélenchon, à droite avec Marine Le Pen. C'est bien l'intention d'Emmanuel Macron d'en tenir compte. Et d'ailleurs, il a mis au cœur de son projet un changement radical de méthode en associant très largement les Français à des grandes réformes, s'agissant notamment de l'école et de la santé.

 

Autres

● Organisations centristes
♦ Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)
Nathalie Loiseau
> Si on avait un peu plus parlé des programmes avant la présidentielle, cela aurait permis de savoir que Mélenchon veut sortir de l’OTAN, déglinguer l’Union européenne, qu’il refuse d’aider financièrement et militairement l’Ukraine…Ça fait beaucoup.

 

Pascal Canfin
> Nous allons devoir prendre dans les prochains jours en Européens des décisions lourdes. Nous devrons être solidaires et forts face au régime de Poutine.

> J’entends parfois qu’on manque d’ambition sur le climat, mais la radicalité c’est le changement total de notre système économique en une génération.

> [Jadot à moins de 5%] Ça confirme l’intuition que j’ai depuis des années : l’écologie n’appartient à personne. Penser que quelqu’un a le monopole de l’écologie, c’est la recette de l’échec.

> Ça fait 30 ans qu’on n’a pas eu de Premier ministre femme. La priorité est d’avoir une Première ministre.

> [Scandales alimentaires] Dans un scandale, il y aura des négligences. C’est pour ça qu’on se bat au niveau européen pour durcir les contrôles” via “une force sanitaire européenne.

> Il faut continuer à priver le régime de Vladimir Poutine de recettes supplémentaires. De facto, nous finançons l’effort de guerre russe avec le gaz.

> Développer les circuit-courts, on n’a pas attendu Marine Le Pen pour le faire. On est en train de changer le logiciel de la mondialisation. Il faut la jambe locale mais il faut des grandes politiques européennes.

> [Voiture électrique pour 100€ par mois] C'est l'inverse de la logique qui a mené aux Gilets jaunes. On doit transformer sans fracturer.

> [Planification écologique] Il y a plus que des objectifs qui sont instaurés. Notre action est française et européenne. Nous sommes en train de négocier la fin de la voiture thermique en 2035.

> Le fait que le futur Premier ministre aura directement en charge la lutte contre le changement climatique est un changement institutionnel majeur.