dimanche 4 juillet 2021

Propos centristes. France – Fabriqué en France; SNU; faire nation; revitaliser la vie civique; réseau mondial policier de lutte contre les violences faites aux femmes; réformes; lutte contre l’extrême-droite européenne…

Voici une sélection, ce 4 juillet 2021, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
- [Discours à l’occasion de l’inauguration de l’exposition du fabriqué en France]
(…) Le fabriqué en France, c'est de l'emploi, la meilleure réponse au chômage et au pouvoir d'achat. Les 126 entreprises réunies ici représentent plus de 33 000 emplois qui sont souvent mieux rémunérés que les autres parce qu'il y a de la qualité, de la valeur ajoutée, des métiers souvent manuels qui nécessitent de la compétence et de l'apprentissage. Ce sont aussi des emplois qu'on recrée par des entreprises, qu'on arrive par le fabriqué en France à recréer sur notre sol. (…)  C'est de l'emploi parce que dans toutes vos entreprises, c'est la culture de l'apprentissage, du compagnonnage qui est portée. Il n'y a pas d'emplois si on ne développe pas justement cette capacité à former nos jeunes. Ensuite, le fabriqué en France, c'est la souveraineté, l'indépendance, c'est-à-dire la capacité aussi, comme plusieurs d'entre vous l'ont fait, à relocaliser des savoir-faire ou des parts de production sur le sol français, pas dans une visée qui consisterait à fermer la France du reste du monde, cela n'aurait aucun sens. D'ailleurs, nombre d'entre vous travaillez avec des partenaires internationaux, vous souhaitez exporter ou vous exportez déjà. Une France qui ne regarderait qu'elle-même n'aurait pas un tel destin, non. Vous, vous avez à cœur, à chaque fois que dans la chaîne de valeur on peut le faire, de recréer de la production sur notre sol et des emplois. 
Le fabriqué en France, c'est la vision d’un patriotisme conquérant et pas d’un nationalisme étriqué. Ça consiste à dire qu’il y a encore de l’avenir pour l’agriculture, l’industrie, la production sur notre sol si on sait s’en donner les moyens. Il y a de la volonté, de l’innovation, de la formation, de l’investissement mais à la clé, c’est aussi un peu plus d’indépendance et de souveraineté pour nous. L’indépendance et la souveraineté, ce n’est pas l’autarcie, c’est la coopération choisie. 
Le Fabriqué en France c’est aussi l’écologie. D’abord, parce que j’ai vu que nombre d’entre vous creusaient le sillon de l’économie circulaire pour ne citer qu’une part de cet engagement mais c’est de l’écologie aussi parce que c’est la réduction du coût carbone. Quand on fabrique sur notre sol, on réduit immensément les coûts logistiques et les émissions de CO2 et c’est une réponse aux défis environnementaux. Et c’est une réponse qui ne passe pas par la décroissance, par la renonciation, par l’interdiction. C’est l’écologie par l’innovation et l’emploi. C’est l’écologie par la réinvention des chaînes de valeur qui fait qu’on produit au plus près des marchés finaux, qui fait qu’on reproduit au plus près de nos marchés en donnant aussi de l’emploi. Je ne sais pas expliquer une aventure où la réponse à l’écologie serait la destruction d’emplois, où la réponse au consommateur serait la perte de son emploi. On ne répondra à nos défis contemporains qui sont ceux du pouvoir d’achat, de la production de l’écologie qu’en sachant réorganiser nos modes de production et en sachant fabriquer en France avec moins d’émissions, avec moins de coût de logistique et avec des emplois de qualité et mieux rémunérés. Nous mettrons à l’honneur ainsi nombre d’entreprises qui développent ces filières françaises et qui, en quelque sorte, en rapprochant les producteurs des consommateurs viennent réduire le nombre de porte-conteneurs, les pollutions qui sont ainsi embarquées.(…)
Et puis le Fabriqué en France c’est très souvent un élan humaniste. (…) Il y a chez vous tous, des valeurs profondes qui vont avec vos entreprises. C’est que vous n’oubliez pas ce qui aujourd’hui est rappelé à tous nos grands groupes, plusieurs d’entre eux portent aussi ces valeurs. Où qu’on aille, où qu’on exporte quelle que soit la taille qu’on acquiert, on est toujours parti de quelque part et on est toujours ancré quelque part. Et quand le pays, la ville où l’on est, le département ou la région est bousculée par une attaque, une épidémie, on a tous un rôle à jouer, une fonction à remplir. C’est ce que vous avez fait durant cette crise avec là aussi un sens du patriotisme extraordinaire parce que le Fabriqué en France, c’est la force du collectif. Derrière les produits, il y a beaucoup plus souvent qu’une simple entreprise, des aventures familiales souvent, des aventures humaines et tout un écosystème d’innovation avec des grands groupes, des PME parfois des centres de recherche. (…)  Nous devons et c’est une des grandes ambitions de la dynamique Fabriqué en France, penser non plus la concurrence entre les acteurs mais la coopération, la capacité à agir en bloc. Je sais que plusieurs d’entre vous font partie de grandes filières françaises dont nous devons rappeler à chaque instant qu’elles ont des responsabilités de filière. Si on a la fierté de pouvoir encore produire du caoutchouc sur notre sol à quelques centaines de kilomètres de Paris, ça ne tiendra que si les grands groupes de l’automobile continuent à valoriser cette production française et ces filières. Et donc c’est une responsabilité collective dans laquelle nous sommes prises, c’est le sens du collectif. 
Nous allons donc continuer à soutenir les entrepreneurs que vous êtes, les valeurs qui vont avec, à accompagner les investissements, le développement de l’emploi. Je veux ici dire que jamais depuis 15 ans, autant d’offres de CDI n’avaient été publiées qu’au mois de mai. Il n’y a donc aucune fatalité. Et donc, au moment où je vous parle, nous sommes en train de battre le record d’apprentissage, au moment où je vous parle, nous sommes en train de battre le record de création de CDI et donc nous avons traversé et nous traversons encore une période historiquement difficile mais nous avons tous tenu et nous sommes tous mobilisés et quand il y a de la volonté, du sens de la responsabilité du collectif, on peut sortir de tous les discours de défaite et au contraire, battre des records, ce que nous sommes en train de faire collectivement. Nous avons aussi tous ensemble supporté des décisions parfois difficiles mais qui ont permis de moderniser le pays. C’est pour cela que le Fabriqué en France, au-delà des produits que vous portez, c’est une formidable histoire de progrès et une formidable histoire de ce qu'est l'esprit français. Cet esprit d'ambition, de conquête du monde, d'ancrage mais surtout de sens des valeurs, d'humanisme qui nous porte. (…)

 

Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Jean Castex (Premier ministre)
- [Déclaration lors de la commémoration du 105e anniversaire de la bataille de Verdun]
(…) Souvenons-nous, dans le silence de ce cimetière militaire, qu’ici à Verdun, en moins de 10 mois, 60 millions d’obus ont été tirés dont un million pour la seule journée du 21 février qui ouvrit les hostilités. Souvenons-nous, au milieu de cette mer de croix blanches, qu’ici à Verdun plus de 300 000 hommes, Français et Allemands confondus, sont tombés pour leur pays. 300 000 fils, et parmi eux, combien de frères, combien de fiancés, combien d’époux, combien de jeunes pères qui ne rentreront jamais chez eux. Et dont la photo accompagnée de citations ou de décorations, parfois glorieuses, marquera pour plusieurs générations le souvenir d’un manque, le reflet d’une absence, avant de tomber parfois dans un oubli éternel. Plus que jamais, Verdun en appelle à l’obligation du souvenir, car l’oubli engendre le désintérêt, et du désintérêt naît l’indifférence. Il y a loin, mais cela ne saurait être une fatalité, du sacrifice de ceux de 14 au relativisme général d’une société qui pourrait oublier parfois ses devoirs à l’égard de la vie de la cité.
Aussi, c’est bien pour saluer la mémoire de ces centaines de milliers de soldats, oubliés avec le temps et l’effacement des mémoires familiales, devenus plus inconnus encore que leurs frères d’armes qui reposent sous l’Arc du Triomphe, que l’État, garant de la mémoire nationale, se doit de garder le souvenir de leur sacrifice dans une cérémonie comme celle qui nous réunit aujourd’hui. Rappelons-nous de ce qu’un jeune soldat français, pris dans la bataille, écrivait après un énième assaut, un énième bombardement. « Je mets la tête hors du boyau pour essayer de reconnaître les morts qui sont étendus là. Seul, car tout le monde est terré, je suis épouvanté par ce gigantesque charnier et suffoqué par l'odeur qui s'en dégage ; à perte de vue, la terre est recouverte de cadavres. Tout est changé. Les vivants sont sous terre et les morts sur la Terre ».
Souvenons-nous qu'ici, à Verdun, la résistance humaine fut poussée jusque dans ces derniers retranchements. On peut alors concevoir que des hommes écrasés par le feu du ciel et soumis à ces visions dantesques aient cherché à échapper à l’enfer. Mais il n'en demeure pas moins qu'ils furent par ailleurs des centaines de milliers à tenir et à mourir pour leur pays. Ils méritent la reconnaissance de la nation, de nos deux nations [française et allemande]. Et si j'ai tenu à citer dans mon propos des phrases écrites en allemand et en français, aussi terribles les unes que les autres, c'est pour rappeler qu'ici, à Verdun, nos deux peuples se sont affrontés pendant des mois pour leur pays et l'idée qu'ils s'en faisaient. Une idée, un idéal devrais-je dire, qu'ils plaçaient au-dessus de leur propre vie. Alors, certes, il est facile de gloser à l'envie sur la mécanique implacable qui conduisit, de la déflagration du fameux coup de tonnerre dans un ciel serein au carnage de la Grande Guerre.
Personne, jamais, ne sera en mesure de réécrire l'histoire et rien n'est pire que la relecture des événements du passé au prisme des sensibilités qui n'ont plus rien de commun avec celles qui animaient les peuples d'alors. Une chose est certaine, en revanche, c'est que dans l'histoire, rien ne se fait sans la volonté des individus. Et les structures ne sont rien sans leur action. Les soldats morts à Verdun, qu'il soit allemand ou français, sont tombés parce que les uns croyaient en la France et les autres en l'Allemagne. Ils sont tombés aussi pour leurs camarades de tranchées et l'idée qu'ils se faisaient de leur devoir de soldat. Les uns ont combattu parce qu'ils pensaient que leur liberté était menacée, les autres parce qu'ils craignaient de voir leur pays encerclé par des forces hostiles. Pourtant, dans la fureur des combats, dans ces assauts incessants où l'on mourait par milliers, jour après jour, pendant trois cents jours pour quelques mètres gagnés sur l'ennemi ; ce n'était plus du sang français qui coulait, ce n'était plus du sang allemand, c'était tout simplement le sang mêlé de l'humanité. Partout, il avait la même couleur est partout les corps putréfiés exhalaient une même odeur, cette odeur insoutenable et tenace des charniers qui poursuivra longtemps leurs survivants.
Verdun, c'est d'abord cette épreuve commune dont il aura fallu panser les plaies pendant plusieurs décennies. Mais de cet affrontement titanesque est né avec le temps un respect mutuel entre les combattants. (…) Cette communion dans l'épreuve des soldats français et allemands a d'abord été étouffée par le ressentiment. Mais elle a finalement ouvert le chemin sur lequel nous marchons aujourd'hui, celui de la réconciliation de nos deux pays, de nos deux peuples.
Si nous sommes ici pour rendre hommage au sacrifice des centaines de milliers de morts tombés pour leur pays à Verdun, si nous mesurons les souffrances des 400 000 blessés qui échappèrent à la mort au prix des pires mutilations, nous avons bien évidemment le devoir de tirer les leçons de l'histoire. Surtout lorsqu'elle a pris comme ici la dimension d'une épouvantable tragédie. Car Verdun n'est pas un événement en soi, Verdun n'est pas seulement une bataille parmi les grandes batailles qui, de la Marne à la Somme, scande notre mémoire de la Grande Guerre ; Verdun, c'est tout à la fois le creuset d'un formidable dépassement de soi et d'un processus historique de déshumanisation qui en annonçait d'autres pires encore.
À Verdun, les soldats ont déployé des trésors d'humanité, mais l'humanité a perdu quelque chose d'elle-même. Ceux de Verdun, comme on les a longtemps appelés, en tout cas ceux qui sont rentrés chez eux, en France comme en Allemagne, sont revenus si profondément transformés par ce sommet de souffrance que c'est la société occidentale tout entière qui s'en est à son tour trouvée transformer. La société a été entre deux guerres, a été traversée tout à la fois par un militarisme militant ou la nostalgie de la fraternité des armes a fini par l'emporter sur toute autre considération et par un pacifisme béat qui a conduit aux pires renoncements. Une société où la haine de l'Autre s'est instillée sournoisement, car le sacrifice demandé avait été si grand que rien ne semblait être assez fort juste pour le reconnaître. On sait les conséquences politiques incalculables que l’humiliation des traités de Versailles et la grande inflation, le prix de la dépense militaire et des réparations de guerre ont provoqué en Allemagne, puis dans toute l'Europe, à nouveau plongée dans le chaos.
En France, la défaite de mai 40 allait jeter tout un peuple sur les routes et un gouvernement dans la tourmente. Si l'on sait que dès le 18 juin, un général qui avait vu le désastre venir de loin allait incarné, depuis Londres, l'esprit de résistance et de grandeur, cette période rappelle aussi la figure d'un autre général, longtemps considéré comme Républicain, salué par toute une nation comme le héros de Verdun, devenu un peu moins de 30 ans plus tard, ce vieux maréchal qui, sous prétexte de faire don de sa personne à la France, la livra, ainsi que les juifs qu'elle abritait et qu'il avait pourtant le devoir de protéger à la fureur nazie. Pourtant, les horreurs de la Seconde Guerre mondiale ont peut-être fini par cristalliser cette conviction que nos deux vieilles nations pouvaient et devaient construire l'avenir ensemble.
Ainsi, la communion dans l'épreuve de Verdun avait-elle resurgi pour s'imposer à nos deux peuples comme une marque indélébile. Le « plus jamais ça » pouvait enfin s'imposer dans nos volontés politiques et nos destins communs. L'Europe a ainsi fait le choix de se relever pour construire une autre paix que celle du traité de Versailles, une Europe qui ne serait pas celle de la rancœur nationaliste, des réparations insoutenables et des règlements de compte, mais celle de l'Union des nations et surtout, et avant tout, celle du couple franco-allemand.
C'est donc ici, au milieu de ce champ de bataille, que la grande idée d'une Europe unie et pacifiée a peut-être vraiment germé. Ce n'est pas un hasard si le général de Gaulle a salué ici-même ce choix historique à l'occasion du 50ème anniversaire de la bataille de Verdun. Ce n'est pas un hasard non plus si, 18 ans plus tard, le 22 septembre 1984, le président Mitterrand et le chancelier Kohl échangèrent une longue poignée de main alors que les deux hommes se recueillaient comme nous en cet instant devant l'ossuaire de Douaumont pour symboliser et pérenniser ce choix fondateur. Ce serment, nous nous devons de renouveler inlassablement. La chancelière Merkel en a fait la ligne conductrice de sa carrière politique et je veux saluer tout particulièrement aujourd'hui cet engagement sans faille. Le président Emmanuel Macron a initié le traité d'Aix-la-Chapelle, signé au mois de janvier 2019 et entré en vigueur un an plus tard.
C'est grâce au renouvellement de cette entente historique que nous avons pu négocier, dans les meilleures conditions, le plan de relance européen dont nos deux pays vont pouvoir bénéficier après cette pandémie, qui n'est pas sans rappeler l'épidémie de grippe espagnole qui frappa les survivants de Verdun. Quel plus beau symbole de ce choix historique qui a été voulu par nos aînés et que nous continuons à faire vivre génération après génération ! Ce choix nous le devons aux morts que la forêt de Verdun recouvre aujourd'hui de son linceul. Ce choix est celui de la raison, de l'humanité et de l'espérance.

- [Discours à propos du Service national universel)
(…) il ne s'agit pas de restaurer le service militaire qui était, je le dis et je le revendique devant vous, de mon point de vue, une excellente chose, mais il n'était plus adapté à l'évolution de nos forces armées et aux conditions d'exercice de la Défense nationale. Pourtant, et je pense, ce faisant, me faire l'écho de millions de Françaises et de Français, sa disparition a laissé un vide. Un manque majeur. Et le service national universel, c'était, je le répète, l'ambition portée par le Président de la République, vise à atteindre avec des voies différentes, avec des voies adaptées au XXIème siècle, des objectifs proches ou similaires. Oui, la société française, la République française a besoin de moments, c'est le Service national universel, ce n'est pas le seul, où les mots “cohésion”, où les mots “fraternité”, où les mots “apprentissage des droits et des devoirs de la République” destinés à l'attention des jeunes générations au moment où vous vous forgez vos qualités de citoyennes et de citoyens, la République a besoin plus que jamais, plus que jamais, de tout cela. Et en discutant avec un certain nombre d'entre vous je constate que nous sommes sur la bonne voie, que les objectifs que nous nous sommes fixés pourront être atteints et que nous aurons raison comme le chef de l'Etat nous y invite, année après année, de développer le Service national universel. Il faut qu'il soit le reflet de notre pays. Déjà les statistiques montrent qu'il y a 55 % de filles et 45 % de garçons.
C’est à peu près l'image de la société pour faire simple. Je suis heureux qu’il y ait aussi un nombre non négligeable de jeunes en situation de handicap, qui soient volontaires dans le cadre du SNU. Je suis également très satisfait de ce que toutes les origines géographiques mais aussi sociales, sont représentées au sein du SNU. Universel, il faut qu'il soit universel, cet uniforme que vous portez, soyez en fiers. Soyez en fiers, car il est le symbole que la République vous traite toutes et tous, d'où que vous veniez, avec égalité, avec la même considération. Il signifie que la République, son devoir, c'est d'offrir à toutes et à tous les mêmes chances. Mais la République, c'est un cadre, le cadre d'une vie collective.
Et ce que le SNU vous rappelle, ce que vous avez vécu tous depuis plusieurs jours, c'est la vie collective et finalement, il n'y a pas d'autre vie que collective quand nous y réfléchissons, c'est le respect d'un certain nombre de règles. La République, c'est un ensemble de règles pour nous permettre de vivre ensemble. Et derrière ces règles, il n'y a pas simplement la vénération de la loi, derrière ces règles, il y a finalement le respect des autres, le respect des autres. Et puis le SNU, et c’est extrêmement important, c'est qu'il ne peut pas y avoir de société sans engagement. Se respecter et respecter les autres, c'est fondamental. C’est le b.a.-ba.
Mais la République, c’est aussi aller vers les autres, donner de soi-même. (…) S’occuper des autres, c’est toujours très enrichissant, s’occuper des autres, c’est aussi finalement s’occuper de soi-même. (…) On est tous passés par là où on essaie de se forger une âme de citoyen. On se forge d'abord une âme d'homme et de femme tout court. C'est un âge où la confiance en soi-même doit s’acquérir, ce n’est pas facile.
L'avenir est incertain. Nous venons de traverser, nous y sommes encore, une période particulièrement troublée avec une crise d'une ampleur inédite. Il faut remonter à plusieurs décennies. On ne s'en souvient pas, de mémoire d'homme, d'avoir ici dans le monde occidental été frappés par une telle crise sanitaire. Le pire des dangers serait le repli sur soi. Le pire des dangers serait le repli sur nous-mêmes. Donc il faut s'engager pour les autres. Et ce que le SNU va vous montrer par sa pratique, par ce que vous y faites, c'est que finalement, qui que nous soyons, on se dit : « Bah moi, j'ai déjà beaucoup de problèmes. Je n’ai pas confiance en moi, qu’est-ce que je vais me dire ? Je ne vais pas apporter aux autres, ce n'est pas possible ». Mais si. C'est toujours possible, il y a mille et une façons de servir les autres. Et je vous le dis devant ce drapeau dont vous avez levé les couleurs tout à l'heure, il y a mille et une façons de servir son pays, de servir la République.
(…) Quelle chance nous avons de vivre en France ! Ne boudez pas la République, respectez la République, engagez-vous pour la République, quelles que soient vos origines, vos convictions, vos idées. Elles sont toutes respectables dès lors qu'elles ne franchissent pas la ligne rouge intangible de la violence ou de l'intolérance. Aimez votre pays. Votre pays, vous le savez, il essaie par l'école, par la santé, par le travail de vous protéger. Et il faut rendre à son pays ce qu'il vous donne.

(…) Toucher du doigt ce que la République fait pour ses concitoyens. Voilà. Plus que jamais en ces temps difficiles, la République a besoin de bons républicains.

(…) C’est un travail de longue haleine, le SNU. On en a pour plusieurs années. Ça ne va pas se faire tout seul. Et il va falloir convaincre celles et ceux de nos concitoyens qui sont réticents, pour qui ça ne sert à rien, dont les parents ne veulent pas donner l’autorisation, ça existe, car non seulement il n’y a rien à craindre mais il y a tout à gagner pour vous d’abord, pour la République ensuite.
On voit bien  tout ce qui peut miner ce qu’on appelle le pacte social et républicain. Il y a beaucoup de forces à l’œuvre à commencer sans doute par ce qu’on appelle l’individualisme forcené. Mais quand je vous entends, quand je vous regarde, moi, je vous le dis, j'ai confiance. Il y aurait beaucoup de motifs d'inquiétude.
Il y aurait parfois des motifs de colère par rapport à certains comportements, mais je sais qu'il y a aussi beaucoup d'espérance et la jeunesse puisque le SNU se destine évidemment d'abord à elle, la jeunesse est une force de notre pays. Elle est aussi une priorité de mon Gouvernement et nous le démontrerons encore davantage les semaines et les mois à venir. C'est elle évidemment qui porte et qui incarne l'avenir, alors même que les temps incertains du moment pourraient instiller le doute. Le SNU est là pour nous rappeler finalement qu'une société marche d'abord autour de valeurs, autour de solidarité, autour de respect, autour d'écoute et de dialogue. Il ne peut pas en aller autrement. Vous le savez, nous avons plus que jamais besoin d'une République ferme et généreuse. Il y a des principes intangibles à l'intérieur de ces principes. Chacun doit pouvoir se mouvoir et s'élever. (…)

 

Jean-Yves Le Drian (ministre de l'Europe et des Affaires étrangères)
- [Forum Génération égalité] Nous venons de remettre les droits des femmes et des filles au cœur de l’agenda international. Nous avons envoyé un message très clair aux forces de régression.

- La crise pandémique aura aussi été une crise de la culture, une crise de la mobilité et une crise des échanges culturels internationaux. C'est pourquoi la relance de notre diplomatie culturelle d'influence est aujourd'hui une priorité pour le Quai d'Orsay.
Dans le monde d'après, nous voulons que nos artistes, nos créateurs, nos intellectuels puissent retrouver leurs publics certes, mais aussi en toucher de nouveaux, sur tous les continents. Car nous savons qu'il y va - ni plus ni moins - de notre capacité à défendre, dans le temps long le dialogue culturel et le débat d'idées, et ce à quoi nous tenons le plus : des valeurs universelles, fondées sur une certaine idée de l'humain contre la dignité de l'homme, contre le relativisme qui égare ; un modèle d'ouverture et de liberté, contre toutes les formes de régression et contre les dérives autoritaires et le choix résolu de la coopération et de l'action collective face aux grands défis de notre temps contre le piège du repli et du chacun pour soi. C'est au coeur de notre politique d'influence. Et réussir à marquer les coeurs et les esprits dans un monde culturel globalisé c'est un attribut et un levier de la puissance au XXIe siècle.

 - [Création d’une «Villa Albertine» à New York sur le modèle de la Villa Médicis aux Etats-Unis] La «Villa Albertine», c'est d'abord le pari de porter le nouvel élan transatlantique jusque dans le domaine de la culture et des idées. Pour nous, c'est d'autant plus important que l'Amérique et la France, au fil de la dernière décennie, ont connu de profonds changements, et que des malentendus ont pu s'installer. Y compris là où nous devrions, au contraire, trouver matière à continuer à penser ensemble, notamment sur les questions qui ont trait à la reconnaissance de la diversité et à l'égalité au sein de nos sociétés.
Et plutôt que de laisser se sédimenter des lignes de clivage qui n'ont pas lieu d'être - car, loin des polémiques hâtives, force est de constater que la vie intellectuelle française et la vie intellectuelle américaine se nourrissent l'une et l'autre depuis cinquante ans -, nous devons soutenir et accompagner celles et ceux qui sont en mesure de faire avancer ces débats. Travailler au contact de trois administrations américaines successives m'aura convaincu qu'en dépit de l'amitié historique qui nous unit, il est des moments et il est des questions où notre capacité à nous comprendre ne va plus tout à fait de soi. Mais cela ne signifie pas que nous n'avons plus rien à nous dire, bien au contraire ! Comme l'écrivait Proust il y a un siècle : "on désire être compris parce qu'on désire être aimé, et on désire être aimé parce qu'on aime."

 

Barbara Pompili (ministre de la Transition écologique)
Les Contrats de Relance et de Transition écologique, c'est la concrétisation du plan France relance couplée à un projet de territoire ambitieux.

 

Jean-Michel Blanquer (ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports)
L’humanisme est notre boussole. « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ». La pensée républicaine doit être forte et vigilante face à tous les mouvements qui veulent fragmenter, « racialiser », opposer. L’humanisme donne les clés pour le monde qui vient.

 

Bruno Le Maire (ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance)
- Les voyants économiques sont au vert. Nous maintenons notre prévision de croissance à 5% par souci de prudence et pour tenir compte des risques d'une nouvelle vague épidémique à la rentrée.

- Nous sommes une nation avec une responsabilité collective. La vaccination fait partie de cette responsabilité collective. Elle est la meilleure garantie à la sécurité sanitaire de tous, au retour de la croissance, des emplois et de l’activité.

- Nous avons devant nous des années de croissance et de souveraineté européenne. Le couple franco-allemand en sera un moteur fondamental car il a su surmonter trois tabous : la politique industrielle, les aides d’Etat et la dette commune.

- La politique de tests gratuits, multiples, et parfois de convenance pour les personnes qui refusent de se faire vacciner, ne peut pas être une réponse sanitaire adapté. Les tests coûtent près de 100 millions d'euros par semaine [à la collectivité).

 

Gérald Darmanin (ministre de l'Intérieur)
- Il faut toujours écouter les électeurs - même, et surtout, lorsqu’ils ne s’expriment pas. Pour ceux qui ont voté, ils ont répondu à la question: qui est le meilleur président de région ou le meilleur conseiller départemental? Pour les autres, majoritaires, fatigués du Covid, ils ont réaffirmé un message de distance politique par une abstention très inquiétante. Partout où ils étaient en conquête, les candidats Les Républicains, du Parti socialiste ou de la majorité présidentielle ont perdu. C’est avant tout une réponse locale, même si cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas y voir aussi quelques enseignements nationaux. (…) Au sein de la majorité, nous devrions tous en tirer des leçons. Nous gagnerions à l’humilité. Il faut revoir la façon de faire fonctionner En marche!, malgré la bonne volonté de son délégué général, Stanislas Guerini, que je salue pour son courage. Il y a une différence flagrante entre la grande popularité du président de la République et le score de LREM et de ses alliés. Une des solutions serait moins de visios, plus de bistrot! Il faut être plus concret. Un mouvement politique doit être enraciné. Partout où il y a des politiques enracinés, je constate qu’ils sont soutenus dans ce moment difficile. Partout où le numérique a remplacé le contact physique, la sanction a été forte. (…) Je regrette que des élus installés, comme Sébastien Lecornu, Brigitte Bourguignon et Richard Ferrand, ne soient pas assez entendus. Il y a un problème de culture politique. Les statuts du parti prévoient par exemple qu’un référent local ne peut être un parlementaire. Je trouve ça fou: le parlementaire, élu, c’est justement sur lui qu’il faut s’appuyer. Remettons le député au centre du mouvement.

Il faut remercier ceux qui sont allés au combat. Il n’est pas bon de les moquer, car c’est toujours plus courageux de perdre que de ne pas se présenter. Le président a besoin de lieutenants qui prennent leur risque et un politique acquiert sa légitimité lorsqu’il se présente devant les électeurs.

- On peut se féliciter que le RN soit de moins en moins un danger. Mais c’est aussi une forme de banalisation. Cependant, il est évident que le score que fera Marine Le Pen à la présidentielle sera important et qu’elle reste l’adversaire la plus sérieuse. Une élection ne fait pas le printemps… Qui peut penser qu’après avoir pris les deux «33 tonnes» des «gilets jaunes» et du Covid, le pays revienne à une route normale, d’un coup d’un seul? Attention au trompe-l’œil.

- On apprend toujours plus dans les défaites que les victoires. Il ne sert à rien de chercher comme seules excuses les modalités du vote qui n’expliquent ni les défaites, ni l’abstention. Mais il faut aussi remercier ceux qui sont allés au combat. Il n’est pas bon de les moquer, car c’est toujours plus courageux de perdre que de ne pas se présenter. Le président a besoin de lieutenants qui prennent leur risque et un politique acquiert sa légitimité lorsqu’il se présente devant les électeurs. En un mot, c’est toujours plus courageux d’avoir raté un penalty que de ne pas l’avoir tenté.

- Nous sommes prêts à réfléchir à la modernisation du vote, mais je pense à titre personnel que le vote ne peut pas être juste un clic. C’est aussi un moment d’effort, avec un cérémonial républicain. La symbolique est très forte: ne la cassons pas. La baisse de la participation n’est par ailleurs pas inéluctable. Regardez les élections européennes de 2019: il y a eu 7 points de participation de plus qu’en 2014! On devra sans doute travailler plus. La réforme des retraites fait partie des possibilités. Quand elle sera sur la table, il nous faudra être à l’écoute des classes sociales les plus travailleuses, aux emplois les plus pénibles. Le président y est très attaché, je le sais.

- Il est évident que l’origine sociale a une influence sur les chances de réussite. Quand le président, durant sa campagne, utilise ce mot très juste «d’assignation à résidence», il a raison. Il est bon d’aider en priorité les quartiers qui en ont le plus besoin. C’est un devoir pour la République. Pour autant, le président n’est absolument pas racialiste ni proche de la «cancel culture» ou du «woke». Notre modèle culturel est attaqué par réaction au modèle anglo-saxon. Quand nous défendons la laïcité dans la loi séparatisme, on nous attaque sur le modèle de la laïcité à la française. Mais les Français ne considèrent pas que la mondialisation s’applique à tout, y compris à sa culture, à son cinéma, sa littérature et à sa façon de parler. Le président est éminemment français. Il est un des seuls à défendre ce modèle. En marche! devrait aussi en faire le premier de ses combats.

- Il faut poursuivre les réformes et relancer l’économie au moment où nous avons des comptes publics très détériorés du fait de la crise sanitaire. Avec une ligne rouge: ne pas augmenter les impôts. On devra sans doute travailler plus. La réforme des retraites fait partie des possibilités. Quand elle sera sur la table, il nous faudra être à l’écoute des classes sociales les plus travailleuses, aux emplois les plus pénibles. Le président y est très attaché, je le sais. Je ne suis pas de ces politiques qui pensent que c’est aux «petites gens» de consentir le plus d’efforts Pour la santé, ce n’est pas pareil d’être patron du CAC 40 et ouvrier dans une usine. Tourcoing me le rappelle chaque jour.

- Il faut avoir un discours de vérité avec tout le monde. Nous avons un déficit très important, une dette colossale du fait du Covid. Aujourd’hui, les taux d’intérêt sont très bas. Le jour où ils augmenteront, nous serons obligés de prendre des mesures qui toucheront le peuple. Il est donc préférable d’avoir un discours de responsabilité pour ne pas être acculé par la conjoncture. Et c’est en cela que le dialogue social est très important. Je veux dire au patronat qu’il a sa part de responsabilité aussi. Nous sommes pour l’économie de marché, la baisse des impôts, pour le capitalisme lorsqu’il est raisonné et patriotique. Les patrons peuvent par exemple encore mieux répartir les fruits de la richesse via la participation. Bruno Le Maire a montré le chemin avec sa belle loi Pacte. Le patronat doit davantage encore montrer l’exemple. C’est aussi comme cela qu’on sort certains de nos concitoyens des griffes du Rassemblement national.

- Ce que je pense, c’est que les valeurs de la droite républicaine se retrouvent chez Emmanuel Macron: le travail et l’effort, l’ordre et la sécurité… Et elles se retrouvent dans les réformes engagées depuis le début du quinquennat: baisse des impôts, réforme de la SNCF et du code du travail, loi séparatisme. Je regrette très sincèrement que Xavier Bertrand ne soutienne pas le président de la République dans les moments aussi difficiles que connaît notre pays. Emmanuel Macron est le seul qui, ayant tenu courageusement la barre pendant la tempête du Covid, a l’expérience et le talent pour être de nouveau président de la République. Je le soutiendrai avec force dans la campagne de 2022.

 

Olivier Véran (ministre des Solidarités et de la Santé)
Face à la menace du variant delta, qui monte, notre meilleure arme est la vaccination, qui réduit par 20 les risques de formes grave. Un pays vacciné est un pays qui n'est plus confiné.

 

Amélie de Montchalin (ministre de la Transformation et de la fonction publique)
On le sait, la fibre donne accès au très haut débit mais elle apporte aussi avec elle de la croissance et de l’emploi dans notre territoire.

 

Elisabeth Moreno (ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances)
- La crise sanitaire a eu, nous le savons, un impact très négatif sur les femmes de tous les continents ; en même temps qu’un certain conservatisme, y compris au sein de l’Europe, naissait ou renaissait. Je pense à la Pologne, à la Hongrie, à la Turquie qui est sortie d’une convention internationale contre les violences faites aux femmes pourtant signée à Istanbul il y a dix ans. Aussi, quand le président Emmanuel Macron parle de diplomatie féministe, cela signifie que les valeurs que nous portons en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes en France, nous les portons avec autant de volonté à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Pour ce forum, tous les États, les organisations internationales, les fondations, les entreprises engagés étaient tenus de prendre un engagement, programmatique, législatif ou financier. C’est comme ça que nous sommes parvenus à ce total de 40 milliards de dollars de financement engagés. Alors oui, je suis convaincue qu’il y aura un avant et un après Forum Génération Égalité.

- en 2021 avoir des droits ne suffit plus, encore faut-il avoir le pouvoir pour exercer ces droits. Certes, reconnaissons que notre situation aujourd’hui est meilleure que celle de nos mères et de nos grands-mères. Mais vingt-six ans après la Conférence mondiale sur les femmes de Pékin, aucun État au monde, y compris parmi les plus développés, n'est arrivé à une égalité réelle entre les femmes et les hommes. Cela suffit. On a assez parlé, philosophé, théorisé. Maintenant, la notion de pouvoir, c’est l’acte.

- Juste avant le démarrage du Forum j’ai réuni un collectif de plusieurs associations, portés par En avant Toute(s). J’ai soutenu leurs propositions pour qu’on n’oublie pas la jeunesse dans ce combat pour l’égalité ; qu’il s’agisse d’éducation à la sexualité, de droits et santé sexuels et reproductifs, ou de cyberviolences. Ça a été bel et bien un Forum intergénérationnel, qui a écouté la voix d’Hillary Clinton comme de très jeunes militantes extraordinaires. Alors oui, bien sûr, c’est mon rôle de parler d’amour aux plus jeunes, et au quotidien. (…) Avec le ministère de l’Éducation nationale, nous avons par exemple lancé un audit pour savoir où et comment l’éducation sexuelle et reproductive, qui fait partie des programmes, était réellement appliquée, afin de mieux ajuster. Avec Adrien Taquet, nous avons financé des vidéos ludiques, ou «sexotutos», pour répondre aux questions des jeunes sur le consentement, la pornographie… Et quand En avant toute(s) m’a proposé de faire une video TikTok, je me suis glacée intérieurement. J’ai pensé à ma fille de 15 ans, je n’avais aucune envie d’être ridicule. Et puis quoi ? Mes sujets sont tellement importants que j’y suis allée. Je n’hésite plus à multiplier les Instalives sur ces questions d’éducation et de sexualité notamment, car c’est comme ça aussi qu’on échange avec les plus jeunes, qu’on entend leurs propositions.

- Quand je rassemble pour échanger sur ces questions d’inégalité des personnes transgenres, hétérosexuelles, lesbiennes, gays, non-binaires… On me dit souvent : «Merci, nous nous sentons reconnus». Je crois que le sexisme a prospéré sur le fond des tabous, du silence, du non-dit. Aujourd’hui, nous avons besoin non pas de simples alliés mais de complices. De femmes et d’hommes qui, quand ils vont voir un autre homme exercer des violences, vont l’arrêter. C’est un combat qui doit rassembler, sûrement pas diviser.

- [Urgence climatique et urgence féministe] sont liées parce que les femmes restent les premières victimes des drames climatiques. Parce que sur le continent africain 80% de l’économie porte sur l’agriculture et que 80% de l’agriculture est portée par des femmes. Parce que partout où la sécheresse oblige au déracinement, les femmes sont en danger. Toutes les vulnérabilités de notre planète frappent de plein fouet les femmes. Mais je crois que c’est Winston Churchill qui disait : «Il ne faut jamais gâcher une bonne crise». Or, je pense que cette crise a l’avantage d’avoir jeté une lumière très violente sur les discriminations, les injustices et les inégalités qui pèsent sur les épaules des femmes. La pandémie a projeté 47 millions de femmes et de filles supplémentaires dans la précarité, sous le seuil de pauvreté, annulant ainsi des décennies de progrès. 11 millions de filles pourraient ne pas retourner à l’école ; lesquelles vont, dans une grande majorité des cas, devoir se marier. C’est dramatique. Alors oui, on va continuer d’agir. Ce siècle sera celui d’un féminisme humaniste, et l’on se battra pour l’égalité de 52% de la population mondiale. Il est plus que temps.

 

Emmanuelle Wargon (ministre chargée du Logement)
- [Majorité présidentielle] On a besoin de mieux définir nos fondamentaux. Le Président porte un projet de dépassement, la sécurité, la laïcité, la protection des plus faibles… Avec le «quoi qu'il en coûte», aucun pays n'a été plus protecteur.

- Ce gouvernement a un meilleur bilan social que le président Hollande, et de très loin. Ce bilan, avec le dédoublement des classes ou la prime d'activité, on l'entend moins.

- Sur les multinationales, Bruno Le Maire mène un combat fort sur la taxation. Aucun gouvernement n'a autant agi sur ce sujet que celui-là.

- La gauche socialiste ne sait plus où elle habite sur ces sujets [de l'identité]. Nous, nous sommes clairs, nous sommes universalistes et là pour créer une communauté nationale et unir les Français.

- La France insoumise est pour moi en dehors des valeurs de la République. Ils appelaient à marcher sur l'Elysée. On est en dehors de la République.

- Moi, je suis une femme, je suis juive, mes grands-parents étaient roumains. Est-ce que c'est ça, la manière dont je me définis ? Un peu, bien sûr. Est-ce que je me réduis à ça? Non, je suis là pour porter un collectif.

- On a besoin de logements sociaux partout en France et il y a moyen de se mettre d'accord avec les maires, de contractualiser avec eux.

- [Covid19] La vaccination des soignants est encore insuffisante. Ça passera probablement par une vaccination obligatoire, en tout cas le débat doit avoir lieu.

- Est-ce qu'on considère que quand on cumule des minorités, on ne peut être représenté que par ce cumul de minorités ?

- [Légalisation du cannabis] Sur les sujets sociétaux, il faut une place au débat. Le Président a pris une position, mais il nous appartient de mettre des sujets sociétaux sur la table.

 

Marlène Schiappa (ministre chargée de la Citoyenneté)
- [Réseau mondial des forces de sécurité intérieure] Nous créons avec Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive d'ONU femmes, à l’occasion du Forum Génération égalité, une coalition d'actions concrète pour mieux lutter contre les violences conjugales à travers le monde. C’est une initiative inédite que nous prenons face à ce fléau structurel qui concerne tous les pays du monde, pas un n’a réussi à éradiquer les violences conjugales. Selon l'ONU, il y a 87.000 femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint dans le monde, par an. C'est un fléau mondial. Une femme sur trois dans le monde a déjà subi au moins une fois les violences de son partenaire ou ex-partenaire selon l’ONU. Nous avons décidé de créer ce réseau mondial des forces de l'ordre pour échanger des bonnes pratiques afin de faire reculer ces violences. La police et la gendarmerie sont notre instrument le plus important contre les violences dont les femmes sont victimes : 400.000 interventions pour protéger des femmes et des enfants des violences rien que l’an dernier. Pour progresser, il faut que l’on puisse rendre partout dans le monde la police sensible à cette question, comme elle l'est de plus en plus en France. L’idée, c'est que les femmes puissent déposer plainte systématiquement face à des violences conjugales, que la gravité des actes ne soit plus sous évaluée ou relativisée. Les formulaires et les questions posées pendant les plaintes doivent être appropriés. Les victimes doivent bénéficier d'un accompagnement adapté dans les commissariats partout dans le monde. Pour cela, il faut que les policiers soient formés et que les forces de l'ordre soient féminisées. Plus il y aura de femmes au sein des forces de l'ordre, mieux les violences conjugales seront prises en compte. 
Cela fait plusieurs mois qu'on y travaille. Ce vendredi 2 juillet, c'est le lancement concret de cette coalition avec l'ONU femmes. Elle a vocation à regrouper des ministres de l'Intérieur mais aussi de la Justice à travers le monde, ainsi que des responsables de forces de l'ordre. La direction générale de la police et de la gendarmerie nationale, par exemple, sera représentée. On retrouve aussi sur ces questions le ministre de la Justice islandais, le ministre de l'Intérieur du Mexique. Une vingtaine de pays ont déjà fait part de leur volonté d'adhérer à cette coalition. Le principe, c'est que le pays qui rejoint ce réseau prend des engagements qui pourront être vérifiés par des activistes, par l'ONU et par la société civile pour créer une dynamique positive à l'échelle internationale. Tout cela avec un vademecum mondial de bonnes pratiques en matière de détection du risques, d'accueil et de prise en charge par les forces de l'ordre au niveau mondial. 
Notre but est de travailler pour dépister les violences conjugales mais aussi sur la formation des forces l'ordre. On s'appuie sur le travail mené par ONU femmes pour recenser partout dans le monde les formations dispensées aux policiers sur ces questions. L'autre priorité est la féminisation des forces de l'ordre, y compris à un haut niveau de responsabilité, afin d'avoir une police mixte qui ressemble à la population. C’était le sens de la campagne lancée en mars «vous êtes féministe, devenez policière!».
L'amélioration de la coopération et de la coordination entre la justice et la police est aussi abordée. Au-delà de la prise de plainte, il est primordial de transmettre ces plaintes à la justice pour que la justice puisse être rendue. Il y a une impunité des auteurs de violences conjugales au niveau mondial. Enfin, nous créons aussi une plate-forme d'expertise avec ce vademecum sur les bonnes pratiques à partager pour les forces de sécurité intérieure. Chaque pays avance dans son coin pour renforcer l'action de sa police, l'idée c'est qu'on puisse avoir enfin des retours très concrets à partager. (…)
Cette coalition se réunira au moins une fois par an pour vérifier que les engagements ont été tenus et pour accueillir des nouveaux membres. Ce que la France amène au pot commun, c'est ce qu'a fait la France suite aux Grenelles des violences conjugales. Nous avons déjà formé 88.000 policiers et gendarmes. Maintenant dans notre formation initiale, la formation devient obligatoire pour les policiers et les gendarmes. Nous avons aussi créé des postes d'intervenants sociaux en commissariats. C'est assez rare en Europe d'avoir des intervenants sociaux, des assistants sociaux, des psychologues dans les commissariats pour cette prise en charge. Nous sommes aussi l'un des seuls pays qui permet de saisir les armes des conjoints violents. Il y a beaucoup d'ONG féministes aux Etats-Unis qui souhaitent que l’on promeuve cela à l'étranger. (…)
L'idée est aussi d’identifier les points de dysfonctionnements comme d'amélioration et de lutter pour les implémenter. Il n'y a jamais assez d'argent pour protéger les femmes, on peut toujours en mettre plus. C'est aussi pourquoi Emmanuel Macron a fait appel à des fonds privés. Des entreprises mettent beaucoup d'argent sur la table au niveau mondial aussi, comme Kering ou l’Oréal que je remercie.

- Le président de la République Emmanuel Macron s'est engagé à recruter 10.000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du quinquennat. Environ 6.500 ont déjà été recrutés. Le reste le sera comme l’a souhaité le ministre de l’Intérieur. Ce qui est important pour nous, c'est que ces policiers et gendarmes soient bien formés. Depuis les Grenelles des violences conjugales, il y a eu une vraie révolution de la formation des forces de l'ordre puisque maintenant 100% de ceux qui sortent de l'école sont formés. 

- Tout ce que nous faisons est issu du Grenelle des violences conjugales mais on peut encore faire mieux. Il y a encore des dysfonctionnements, il y a encore des choses à améliorer. Ce qui est intéressant avec ce réseau mondial, c'est de présenter ce que l'on fait mais aussi de dire aux autres pays "et vous qu'est-ce que vous faites? De quoi peut-on s'inspirer?". En France, le gros point noir, c'est la coopération police-justice et l'information des victimes. Nous y travaillons avec Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti. Nous avons aussi un travail à faire pour améliorer la connaissance des dispositifs comme les bracelets anti-rapprochement ou les téléphones grave danger. Récemment, il y a eu une prise de conscience sur les violences conjugales. Mais il faut encore accélérer et que cela devienne la norme.

- Il a fallu attendre 2017 pour que la lutte contre les violences conjugales soit une priorité, le président de la République en a fait la grande cause de son quinquennat et nous avons organisé une mobilisation inédite, avec des mesures concrètes, avec le Grenelle des violences conjugales. Ces avancées sont importantes mais pas suffisantes tant qu’il y aura encore un féminicide, un féminicide de trop, une femme victime de violences conjugales, une victime de trop. On se doit de faire plus, la France prend toute sa place de leader. Avec cette coalition l'idée est d'échanger, repérer ce qui fonctionne ailleurs, et l'inclure en France y compris si ça doit bousculer certaines habitudes si c’est pour mieux protéger les femmes. 

 

Jean-Baptiste Lemoyne (secrétaire d’Etat chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie)
Le secteur du tourisme est l'un des premiers et des plus fortement touchés par la crise sanitaire, et ce, dès avant le confinement, car certains marchés étrangers étaient touchés dès le début 2020. Le Gouvernement a instauré des mesures d'urgence de soutien économique. Le cinquième Conseil interministériel du tourisme (CIT) du 14 mai 2020 a notamment prévu des mesures spécifiques, afin d'aider le secteur du tourisme à faire face aux conséquences économiques de la crise sanitaire et pour accompagner sa relance. Un autre CIT s'est également tenu le 12 octobre 2020.
Les mesures de soutien en faveur des entreprises du tourisme sont nombreuses et diverses : activité partielle, fonds national de solidarité, prêts garantis par l'Etat, dispositifs de reports d'échéances sociales et fiscales, exonération des cotisations sociales patronales, ordonnance "avoirs", crédit d'impôt relatif au paiement des loyers... Le fonds de solidarité instauré en mars 2020, a évolué plusieurs fois, notamment dans ses modalités d'accès et le montant des aides. Il a été reconduit une première fois au mois de juin 2020, puis prolongé une deuxième fois jusqu'au 31 décembre 2020 puis une troisième fois par décret en février 2021 pour les secteurs les plus touchés par la crise. Lors du deuxième confinement du 29 octobre 2020, toutes les entreprises du tourisme ont pu en bénéficier.
Le Gouvernement reste ainsi très attentif à la situation économique du secteur du tourisme et de ses activités connexes. Il n'hésitera pas à repenser les dispositifs d'accompagnement, pour répondre au mieux aux difficultés de certains secteurs professionnels.

 

Clément Beaune (secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes)
Aujourd’hui commence la visite d’Etat en France du Président de la République italienne Sergio Mattarella: un lien européen unique entre nos deux pays, essentiel et encore sous-estimé. Nous signerons cette année un traité bilatéral pour sceller cette amitié.

 

Assemblée nationale
Richard Ferrand (président)
- L'enjeu est de comprendre les ressorts profonds de la dégradation de notre vie civique et de proposer des solutions. C'est pourquoi j'ai voulu la création d'une mission d'information à l'Assemblée nationale pour prendre en considération ce silence éloquent. Répondre à cette indifférence par de l'indifférence reviendrait à accepter le divorce. Gardons espoir : souvenons-nous que les européennes de 2019 ont enregistré un niveau élevé et inédit de participation.
(…) [Il faut] d'abord identifier les causes de l'abstention : est-ce uniquement le signe d'une défiance envers les élus? Pourquoi ce manque d'intérêt pour des collectivités qui ont pourtant des compétences sur la vie quotidienne des Français, comme la protection de l'enfance, l'action sociale ou les transports scolaires? Faut-il assouplir le non-cumul des mandats pour mieux identifier les candidats? Interrogeons-nous sur le vote par correspondance, le recours à de nouvelles technologies. Est-ce un problème de lisibilité? Les grandes Régions et les grands cantons mis en place sous le précédent quinquennat éloignent les candidats des électeurs. Posons-nous également la question de l'unification des scrutins : la durée des mandats n'est pas la même, etc. Les citoyens, qui ne consacrent pas l'intégralité de leur temps à la vie publique, ont de quoi s'y perdre. Tout doit être mis sur la table, sans tabou ni préjugé. Un travail de simplification et de clarification des enjeux s'impose.
Outre cette mission d'information, installée dès la semaine prochaine, j'organiserai un séminaire avec d'autres acteurs car j'ai aussi sollicité la Fondation Jean-Jaurès et la Fondapol [deux think tanks], le Conseil économique, social et environnemental, et je projette de faire réaliser une vaste étude d'opinion sur cette thématique. Nourrissons-nous aussi de travaux déjà menés par les députés et des propositions de loi déposées. Les conclusions de l'ensemble pourraient intervenir avant la fin de l'automne.

- [Régionales] Avec 70% d'abstention, tout le monde est perdant! Personne n'est fondé à fanfaronner. Force est de convenir que les listes de la majorité présidentielle n'ont pas réalisé de bons scores. S'implanter, c'est long, c'est lent. L'Union pour la nouvelle République, fondée en 1958 par le général de Gaulle, a attendu 1971 pour remporter des élections locales! L'abstention a aussi amplifié la prime aux sortants. Je n'esquive pas la réalité des mauvais résultats, mais je n'en tire aucune conclusion. (…) Bien sûr, il y a eu des erreurs. S'interroger sur nos insuffisances est toujours nécessaire. Sans doute le parti devra-t il réadapter son action pour l'élection présidentielle si Emmanuel Macron est candidat. Mais là, il s'agit d'abord du choix d'une personnalité par le peuple français. Au parti de créer la mobilisation citoyenne et militante sur un projet futur et d'être un support d'organisation.

- [Les régionales] c'est la victoire des sortants et non la défaite de la majorité! L'élargissement de la majorité continue, à bas bruit. En Guadeloupe, je salue la victoire d'Ary Chalus pour notre majorité. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, on mesure aujourd'hui combien le rassemblement entre le sortant, Renaud Muselier, et la majorité présidentielle, soutenu par Christian Estrosi et Hubert Falco, était pertinent face à l'extrême droite.

- C'est être élu avec 9% des inscrits dans les Hauts-de-France qui est un signal inquiétant. Où sont les idées de Xavier Bertrand? Je n'en vois pas. Notre démocratie aura fait un grand pas si en 2022 nous retrouvons un taux de participation en hausse, et que nous pouvons enfin débattre projet contre projet, sans invective. Je ne me résous pas à un duel obligatoire avec Le Pen père, fille ou nièce. Si les socialistes, les écologistes ou la droite conservatrice parviennent à faire sortir de leurs rangs un candidat qui peut figurer au second tour face à Emmanuel Macron, ce serait un grand progrès.

- La pandémie n'est pas éteinte, une quatrième vague est redoutée. Les prochains mois seront consacrés à la protection de nos concitoyens. En parallèle, le Parlement adoptera définitivement de grands textes : Egalim 2 sur la rémunération des paysans, égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, droit de l'adoption, statut des sapeurs-pompiers volontaires, budget, loi climat… Terminons la mise en œuvre de textes concrets et utiles aux Français.

- La priorité, c'est la sécurisation sanitaire et l'emploi, donc la vaccination et la relance. Ne perturbons pas ces deux objectifs. Si la vaccination ralentit, si une réforme de fin de quinquennat sème le trouble, on obère la reprise économique.

- Bravo aux Françaises et aux Français qui se vaccinent! Pendant la crise, le peuple français a fait preuve de responsabilité. La vaccination, surtout chez les soignants et les professionnels travaillant en Ehpad, devient un impératif absolu. La stratégie du passager clandestin qui consiste à attendre que les autres reçoivent leur injection est incompréhensible. Cette attitude est en train de remettre en cause la gratuité des tests de dépistage! Elle menace les plus fragiles, les finances publiques, la reprise économique, attendue à 6% en 2021, et notre vie sociale. Mobilisons-nous pour la vaccination de tous. J'avais plaidé pour que ceux qui reçoivent leur première dose aujourd'hui puissent recevoir la seconde n'importe où sur le territoire. Je me réjouis d'avoir été entendu. L'urgence exige l'agilité. En cette matière, la rigidité administrative et l'abstention est égoïste et dangereuse.

- [Réforme des retraites] Chacun comprend que la pandémie bouleverse les priorités. Je veux toujours une réforme qui réduit les inégalités en mettant fin notamment aux régimes spéciaux et qui ouvre de nouveaux droits aux jeunes, aux femmes, etc. La réforme des retraites ne saurait être abandonnée, comme l'indique le rapport Tirole-Blanchard. Notre premier projet a été contesté. Réaffirmons clairement ce que nous voulons faire et engageons-nous à ce que ce soit notre première réforme du second quinquennat d'Emmanuel Macron. Enterrer ce projet comme se précipiter serait folie à mes yeux.

- [Réformes] Ne renonçons à rien! La jeunesse et nos anciens ont souffert lors de cette pandémie, pour des raisons différentes. Les textes budgétaires, examinés à l'automne, permettront d'avancer sur ces sujets. Gardons à l'esprit que la dépense publique, qui atteint des niveaux très élevés, a des limites et que nous devrons retrouver notre trajectoire d'avant-crise.

 

► Haut-commissariat au Plan
François Bayrou (Commissaire, président du Mouvement démocrate)
- Je pense qu'il est très nécessaire que le président de la République fasse entendre aux Français le caractère original et la force du projet qui est le sien.

- [Proportionnelle] Pour moi, le référendum est indispensable et c'est le seul moyen pour que cette loi électorale soit adoptée. Ça peut être l'automne.

- Il manque une arme dans la démocratie française, c'est le référendum. Je préfère une consultation populaire à un blocage du pays. Un certain nombre de réformes seraient plus fortes et acceptées si elles étaient présentées et adoptées par les Français.

- Au fond quel est le rôle de la France dans l'Europe et le monde ? On peut s’adresser au pays pour dire quelles doivent être les orientations pour la suite.

- [Retraites] La période électorale n'est pas une bonne période pour une réforme sur les retraites. Que chacun propose et débatte pendant la campagne présidentielle. Il n’y a qu’un moyen de faire passer une réforme comme celle des retraites, c’est de terminer par un référendum.

- Les Français doivent avoir des institutions auxquelles ils peuvent adhérer, avec une représentation pluraliste et représentative. La démocratie, c'est donner à chacun son juste droit : vous êtes électeur, votre voix vaut autant qu'un autre électeur.

- L'intrication des étages de collectivités - 3 voire 4 - rendent incompréhensibles la démocratie locale. Les départements et régions ne vont pas avec des régions plus grandes que certains états européens. Au milieu, les départements n'ont pas trouvé leur place.

- Les Français nous ont adressé un message recommandé et attendent un accusé de réception. Le principal message est "Votre démocratie ne nous intéresse plus", personne ne comprend plus pourquoi on vote, quelle loi électorale, et avec des façons de voter archaïques.

- Dans un certain nombre de secteurs, nous sommes sur le schéma d’un pays en voie de développement. L’État peut être un stratège et fédérateur en disant qu’on peut réinvestir dans des secteurs et regagner des compétences dans plusieurs secteurs.

- La relance ne suffit pas, elle s'adresse aux activités qui existent. La reconqûete est nécessaire, il y a un certain nombre d'activités dont nous nous sommes exclus. L'industrie ne représente que 12% du PIB contre 25% en Allemagne, c'est un problème national.

- [Covid19] Il y a quelques mois, les Français ne voulaient pas se faire vacciner, puis ils ont vu que ça se passait bien, et que dans la quasi-totalité des cas, il n’y a aucun effet secondaire grave. La vaccination est un renforcement de l’organisme et non un affaiblissement. (…)Dans un pays où chaque bébé qui naît reçoit 11 vaccinations obligatoires, j'ai toujours pensé que ça finirait par la décision collective de rendre la vaccination obligatoire pour toute la population.

 

► Partis politiques

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]
Roland Lescure (député)
[Tribune: «Abstention : l'échec de la décentralisation»]
Parmi les causes de l'abstention record qui a marqué les élections régionales et départementales, un aspect a été peu mis en relief : en ne votant pas, les Français ont exprimé combien ils connaissaient mal le rôle et l'action des Régions et des départements. On ne peut blâmer nos concitoyens tant il est difficile de s'y retrouver. Et encore plus de mesurer objectivement l'impact de l'action de tel ou tel président de Région ou de département. Compliqué par exemple pour un parent d'élève de juger de l'état du lycée de son enfant par rapport à ceux de la Région voisine.
Cette illisibilité est due à trois facteurs : la superposition des compétences insuffisamment clarifiées entre les différents échelons ; la multiplicité des sources de financement ; la dilution des responsabilités de notre organisation territoriale (quand un projet voit le jour, il y a beaucoup de fées autour du berceau).
A l'échelon national ou à celui du bloc communal, c'est assez clair. Les programmes sont connus, l'impact des décisions est visible, concret et mesurable. Ce n'est pas le cas pour les niveaux de collectivités territoriales intermédiaires. Quand un TER archaïque arrive en retard dans une gare délabrée, à qui la faute entre l'Etat et la Région? Quand ça va bien, on a tendance à remercier les collectivités, mais quand ça ne marche pas c'est toujours la faute de l'Etat. Ce flou rend confuse l'action des départements et des Régions.
Le mandat de François Hollande devait consacrer l'acte III de la décentralisation. Il a plutôt ajouté à la cacophonie. La loi de modernisation de l'action publique n'a fait que complexifier le millefeuille territorial. La loi redécoupant les Régions, qui sont passées de 22 à 14, a creusé la distance entre les Français et l'échelon régional. Enfin, la loi NOTRe, censée simplifier et clarifier les compétences des collectivités locales, a en réalité conduit à une organisation territoriale plus complexe et à une perte de proximité entre les citoyens et les élus locaux. De plus, les hésitations permanentes sur la suppression de l'échelon départemental et de sa clause générale de compétence ont largement détérioré l'image de celui-ci auprès des Français.
Les actions des présidents de Région sortants ajoutent à cette confusion. Quand ils se servent de leur mandat comme d'un marchepied pour leurs ambitions présidentielles, cela ne fait que désintéresser davantage les Français des Régions. Certains alimentent le mélange des responsabilités et des compétences pour étoffer leurs bilans. Quand Laurent Wauquiez adopte pour slogan 'une priorité, la sécurité' aux régionales, il dupe les Français : la sécurité n'est pas une compétence de la Région.
Ne soyons pas pessimistes pour autant : l'échec de la décentralisation ne doit pas remettre en cause l'échelon local. Il serait injuste de considérer que l'abstention a sanctionné l'impuissance des élus. Jamais un exécutif n'a pris autant de décisions avec un impact aussi important sur la vie quotidienne des Français : confinement, mesures sanitaires, plan de relance, etc. Ces décisions se sont majoritairement faites après concertation des élus locaux. Pour la tenue même de ces élections, ils ont été consultés. Une majorité de nos 35.000 maires ont ainsi souhaité maintenir le scrutin au mois de juin.
Notre République a besoin des collectivités territoriales. Elles ont leur rôle à jouer dans la relance économique de notre pays. Elles ont aussi leur place dans la transition écologique, et c'est à ce titre que le projet de loi climat et résilience leur fait la part belle. Même si notre pays sort de plus de vingt ans de réformes territoriales successives, ces élections prouvent qu'un travail considérable de clarification des compétences, des financements et des responsabilités est devenu nécessaire. L'alignement de ces trois paramètres pour chacun des niveaux de collectivités territoriales doit être un des enjeux de la prochaine élection présidentielle.

 

Coralie Dubost (députée)

- [Loi de bioéthique] Cette loi est une victoire, pour les femmes, pour les familles, pour les corps professionnels qui poussaient ce sujet depuis plusieurs décennies.

- Les premières PMA pour toutes doivent avoir lieu normalement dès la rentrée, il faut attendre de voir si l'opposition va saisir le Conseil constitutionnel ce qui fera perdre un petit plus de temps.

- [Allongement du délai légal de l'IVG à 14 semaines de grossesse] Je ne suis pas certaine que ce soit la mesure la plus pertinente pour soutenir et accompagner les femmes.

- [Covid19] Les soignants sont prêts à ce que l'État aille un peu plus loin en termes de vaccination obligatoire notamment pour les professions exposées.

- [Tenues décentes à l’école] Je comprends parfaitement la volonté des jeunes femmes et hommes, mais l'école est un lieu de formation, pas un lieu de l'exhibition de ses identités.

 

► Autres

● Organisations centristes
♦ Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)
Nathalie Loiseau
- Boris Johnson demande de l’aide aux Européens pour atténuer les conséquences du Brexit. Brexit qu’il a souhaité, conséquences qui étaient prévisibles. Il en faut, de l’amitié pour nos voisins, et de la patience …

- Tiens ça recommence, Marine Le Pen n’aime plus l’Union européenne après nous avoir juré le contraire. Pour faire oublier son recul électoral, elle se cherche des amis en Europe. Elle en trouve, c’est vrai, mais lesquels ? Ceux qui étouffent leur justice et leurs médias. Fin de la normalisation.

 

Stéphane Séjourné
Les extrêmes droites européennes viennent de publier un manifeste proposant une nouvelle coalition politique pour faire «coopérer les nations européennes». Cette alliance doit nous alerter, nous les pro-européens. Il existe en Europe des forces conservatrices, qui promeuvent la haine et l’intolérance. Elles s’attaquent aux femmes, aux homosexuels, aux étrangers, à la démocratie. Heureusement, cette Internationale de l'extrême droite n'est pas encore unie au Parlement européen. Mais cette proposition vise bien à relancer la création d'un groupe parlementaire européen réunissant toutes ces familles.
Ce projet a une cohérence idéologique : celle de nous désunir, de faire « l'Europe » sans «l'Union européenne» en piétinant nos valeurs. Partout en Europe les idées nationalistes progressent. Depuis 2019, nous connaissons cette menace qui plane sur nos libertés et nos valeurs.
C'est pourquoi nous avions proposé un contrat de coalition pour rassembler tous les pro-européens. Les députés de
Renew Europe que nous sommes, bâtissent des majorités pour faire avancer cette puissance européenne qui nous est chère, au service de nos concitoyens. De cette alliance sont nés le Green Deal, le Plan de relance européen, la création de ressources propres ou encore l'Europe de la santé.
Nous savons nous retrouver sur un enjeu essentiel : protéger les peuples européens.
Face à cette extrême droite nous devons mettre de côté nos différents pour continuer à travailler ensemble et répondre aux défis actuels comme la crise climatique et sanitaire, le numérique et la santé. Depuis 2 ans, c’est ce que nous faisons au nom de l’intérêt général européen.
Ne nous arrêtons pas là : j’appelle à aller plus loin dans ce partenariat. Car si nous ne réagissons pas, l'extrême droite, elle, continuera à gagner du terrain. Et je ne veux en aucun cas qu'elle soit en capacité d'appliquer son programme rétrograde.

 

Pascal Canfin
Les objets plastiques interdits depuis six mois en France le sont maintenant partout en Europe à partir d’aujourd’hui. Selon les ONG la France se classe dans les cinq meilleurs élèves en Europe sur ce sujet.

 

● Personnalités centristes
Jean-Pierre Raffarin (ancien premier ministre)
Pour être plus efficace il faut plus de décentralisation et plus de multilateralisme. Au national faut donner aux territoires des libertés en échanges de responsabilités. A l’international faut donner plus de moyens aux agences multilatérales.