Voici une sélection, ce 29 mai 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Ce que nous avons réussi avec Vorwerk qui fabrique le Thermomix en
Eure-et-Loir est la démonstration que oui la réindustrialisation est
possible ! On va de l’avant, on réindustrialise le pays et on crée des
emplois. C’est Choose France.
> [Déclaration à l’occasion de la visite de Jonas Gahr
Støre, Premier ministre de Norvège] Je veux d'abord remercier monsieur le Premier ministre
pour sa visite qui nous permet d'avancer un an après la visite que j'avais
effectuée à Oslo, à l'occasion de laquelle nous avons élevé notre relation au
niveau de partenariat stratégique global. Nous posons aussi à l'occasion de
votre visite les bases d'une accélération de cette coopération. Je veux vous
dire ici combien la France est attachée aux liens d'amitié et de confiance qui
unit nos deux États depuis 120 ans et nos nations et nos peuples depuis bien
plus longtemps encore.
La Norvège est aujourd'hui un partenaire précieux et incontournable pour la
sécurité collective des Européens et des Français. Elle l'est aussi pour notre
transition comme pour la résilience énergétique de l'Europe. Je suis très fier
de constater les avancées effectuées en commun depuis la signature de notre
partenariat stratégique en juin dernier donc à Oslo en matière de sécurité et
de défense, de minerais et de métaux critiques, de spatial, d'intelligence
artificielle, de quantique, d'exploration de grands fonds marins, d'énergie
renouvelable, de décarbonation, etc.
Tout d'abord, c'est un développement majeur et je veux aussi me réjouir de
la visite et de cette signature. C'est le renforcement de nos liens en matière
de défense et de sécurité. Je veux ici dire combien nous avons appris l'un de
l'autre ces dernières années, tout particulièrement, et combien l'impulsion que
vous avez donnée, M. le Premier ministre, les choix que vous avez faits sont
pour nous déterminants et viennent d'être consacrés à l'instant mais c'est
aussi dans la durée que nous allons pleinement collectivement les mesurer.
M. le Premier ministre, vous avez donné votre accord pour que la Norvège
rejoigne ce que nous avons appelé la dissuasion nucléaire avancée, lors du
discours de l'Île-Longue. C'est une étape très importante de notre partenariat
et ce sera le moteur d'une coopération très ambitieuse. C'est une exigence
réciproque que nous fixons au bénéfice de notre sécurité collective en Europe.
La Norvège, partenaire géographique et stratégique clé avec laquelle nous
avions déjà des coopérations importantes pour assurer la protection du
territoire allié face aux menaces extérieures, représentera une forte valeur
ajoutée pour cette dissuasion avancée.
Rappelons en effet dans le secteur de la défense que les coopérations sont
intenses et qu'au fond cette dissuasion avancée vient consacrer déjà une
intimité stratégique capacitaire. Les escales toujours plus nombreuses de notre
marine nationale en Norvège, 20 pour le premier trimestre 2026, témoignent de
la qualité du soutien des forces norvégiennes mais aussi de l'engagement de la
France pour la sécurité nordique et arctique qui s'est encore renforcé depuis
le début de l'année dernière. Sur l'année écoulée, la présence de nos moyens
navals a été multipliée par trois en Norvège et dans la région et je salue la
forte dimension opérationnelle de notre coopération entre armées avec par
exemple le premier déploiement de chasseurs de l'armée de l'air en Norvège au
mois de décembre 2025.
Je veux aussi saluer ici l'engagement constant de la Norvège en soutien à
l'Ukraine agressée et le rôle clé de votre pays Monsieur le Premier ministre au
sein de la coalition des volontaires, les montants investis, la capacité aussi
à penser dans tous les domaines justement de cet effort de résistance.
Alors que notre continent fait face à des menaces renouvelées, il était de
notre devoir d'accélérer cette coopération et c'est tout le sens de
l'arrangement dit de Narvik qui vient d'être signé. Nommé en hommage aux
soldats français tombés dans les fjords de Narvik lors de cette première grande
victoire alliée le 28 mai 1940 pour faire reculer l'occupant nazi auxquels ont
répondu en 1944 les soldats norvégiens qui ont contribué à la libération de la
France et de l'Europe.
Cet accord donc que nous venons de signer prévoit désormais un principe
d'assistance mutuelle entre nos deux pays. Il institue des dialogues réguliers
à tous les niveaux entre nos armées, il prévoit un renforcement de la
coopération dans plusieurs grands domaines clés, défense antiaérienne,
arctique, grand nord, spatial. Il formalise enfin notre coopération de long
terme au soutien à l'Ukraine.
Dans un moment de réveil stratégique indispensable à l'Europe, ce
renforcement historique de notre coopération de défense viendra soutenir nos
ambitions pour la défense européenne. Vous le savez la France a œuvré au
renforcement des instruments européens de soutien à la base industrielle et
technologique de défense et nous avons toujours veillé à la bonne intégration
de la Norvège dans ces mécanismes et je veux ici vous redire vraiment ma
gratitude et le respect que les armées françaises ont pour vos armées et la
qualité de la coopération et la profonde transformation stratégique que nous
sommes en train de faire.
Évidemment nous aborderons ensuite dans un instant avec Monsieur le Premier
ministre beaucoup d'autres sujets, la situation en Ukraine plus largement et
l'effort de résistance, l'admirable résistance ukrainienne, la situation au
Moyen-Orient, notre soutien à la souveraineté, l'intégrité territoriale du
Liban, à la solution des deux états, aujourd'hui plus que jamais menacée et la
crise nous oblige à continuer de travailler ensemble et je veux dire combien
sur ces sujets nous sommes affinitaires.
Notre partenariat comme je l'évoquais rapidement ne se limite pas aux
aspects militaires et diplomatiques. En matière d'industrie verte nous
mobilisons des solutions nouvelles pour réduire justement les gaz à effet de
serre et continuer d'avancer. Je veux saluer à ce titre l'attribution récente
du projet de parcs éoliens offshore d'Utsira Nord à EDF Power Solutions
associé à son partenaire norvégien Deepwind Offshore.
L'approfondissement aussi de notre coopération sur la capture et le stockage de
carbone dans la droite ligne de l'accord que nous avons signé il y a un an et
qui sert aussi nos engagements climatiques dans des secteurs aujourd'hui
difficiles à décarboner. Je pense à Total Énergie, Air Liquide, EDF.
Je me réjouis également du renforcement de notre coopération en matière de
minerais critiques grâce à la signature d'une déclaration d'intention
spécifique en mars dernier. Cette coopération est déjà opérationnelle et je
tiens à saluer l'investissement de nos industriels qui en sont les forces
motrices. Plusieurs projets industriels ont ainsi vu le jour avec Eramet et
Stellantis ou avec Equinor en France et qui se développent dans le lithium ou
d'autres. Nous souhaitons aussi renforcer nos coopérations dans le domaine
spatial et je me réjouis à cet égard de la participation de la Norvège au sein
du programme Iris2 de connectivité satellite de l'Union européenne et je sais
que vous serez aussi un acteur clé du sommet spatial qui se tiendra le 9 et 10
septembre prochains et qui nous permettra d'avancer sur plusieurs autres
projets industriels.
Au fond, nous avons la même relation au monde. Nous continuons de croire
dans une décarbonation qui permet l'innovation et la compétitivité. Nous
défendons la souveraineté de l'Europe du Pôle à l'Ukraine et nous sommes pour
le respect du droit international. La souveraineté des nations c'est immense
mais nous mettons des moyens, des capacités, des investissements derrière ces
convictions communes. C'est pourquoi votre visite aujourd'hui signifie beaucoup
Monsieur le Premier ministre et je voulais vous dire toute la gratitude pour
celle-ci, ma reconnaissance pour votre engagement et l'alliance indéfectible
scellée avec la France aujourd'hui.
> [Déclaration à l’occasion de la visite du
Président de la République d’Indonésie, Prabowo Subianto] Je suis très heureux
d'accueillir aujourd'hui à Paris le Président de la République d'Indonésie, et
je le remercie d'avoir accepté mon invitation pour cette visite d'État.
Elle intervient un an exactement après celle que j'avais effectuée en
Indonésie, preuve de la dynamique exceptionnelle de notre relation.
Cette dynamique s'appuie sur une amitié ancienne entre nous, entre nos deux
pays, et une transformation profonde de cette relation durant les dernières
années.
Les crises internationales en Europe, au Moyen-Orient, en Asie mettent à
l'épreuve la sécurité collective du monde, la résilience aussi de nos
économies. L’aggravation des déséquilibres mondiaux sur le plan
macroéconomique, la montée des dispositifs de coercition économique et la
volatilité accrue également appellent une solidarité renforcée. Je dirais que
ce constat n'a fait qu'accroître la vision stratégique qui est celle de la
France depuis dix ans et qui a présidé à l'approfondissement de nos relations ces
dernières années.
Nous sommes convaincus qu'en Indopacifique, il y a une stratégie, une troisième
voie à poursuivre, qui n'est la vassalisation à aucune des deux grandes
économies mondiales, mais de manière pacifique, la volonté de bâtir un chemin
d'indépendance.
Nous sommes convaincus qu'il y a à construire, entre l'Indonésie et la France,
entre nos régions, une coalition d'indépendants, c'est-à-dire de pays qui
veulent rester souverains, qui veulent commercer avec tous, qui veulent
continuer à produire, à créer, mais qui ne veulent pas tomber dans la
dépendance exclusive à l'égard de telle ou telle grande puissance, qu'il
s'agisse de minerais critiques, de terres rares, de matières premières ou que
sais-je.
A cet égard, l'Indonésie est un partenaire majeur de l'Indopacifique, de cette
consolidation de nos souverainetés. Je sais que c'est la conviction profonde
aussi du Président Prabowo. C'est pourquoi nous avons décidé de rehausser notre
partenariat stratégique établi en 2011 au rang de partenariat stratégique
global. Nous l'avons renforcé par des choix extrêmement forts ces dernières
années. Nous continuons d'avancer à l'occasion de cette visite en diversifiant
ce partenariat.
D'abord, dans le domaine de la sécurité et de la défense, l'Indonésie et la
France sont unies par un partenariat d'exception qui nous permet très
concrètement de renforcer nos souverainetés respectives, d'avancer aussi sur
les métiers les plus technologiques et industriels. La livraison au cours des
derniers mois des premiers avions de combat Rafale, acquis par l'Indonésie,
l'illustre tout particulièrement. Nos échanges aujourd'hui témoignent aussi de
notre volonté de poursuivre dans cette voie et nous développons l'ensemble
aussi des partenariats qui ont été esquissés. Nous allons renforcer nos actions
de formation, de coopération sur le plan opérationnel. Nous avons multiplié les
exercices conjoints, certains auront lieu dans les tout prochains mois, notamment
à la faveur de la mission PÉGASE de septembre 2026.
Dans tous les domaines du jeu, qu'il s'agisse des avions de combat, qu'il
s'agisse de vos capacités pour la marine indonésienne, qu'il s'agisse aussi des
capacités pour l'armée de terre, d'exercices conjoints de formation, nous avons
donné aux partenariats de défense et de sécurité un tour inédit et nous allons
dans un instant échanger à nouveau et bâtir des perspectives nouvelles.
En matière économique, nous renforcerons nos échanges commerciaux bilatéraux et
nos investissements croisés. Je forme à cet égard le vœu que l'accord de
partenariat économique global entre l'Union européenne et l'Indonésie entre
rapidement en vigueur. Je sais que vous partagez ce souhait, tant nous sommes
d'ailleurs complémentaires à bien des égards. Pour en tirer tout le potentiel,
il est important qu'il soit pleinement mis en œuvre, s'agissant notamment de la
levée des obstacles au commerce et aux investissements. Nous souhaitons lancer
des grands projets dans le transport, la santé, la transition énergétique,
l'agriculture et j'en passe. Le premier Haut Conseil d'entreprises
France-Indonésie, qui se réunit en ce moment même, permettra aussi de donner une
impulsion forte. C'est ce Haut Conseil que nous avons voulu ensemble. Je suis
aussi particulièrement heureux qu'il nous permette d'avancer dans de nombreux
domaines. Là aussi, dans la transition énergétique, dans les domaines miniers,
dans les domaines agricoles, nous avons beaucoup à faire pour avancer et
diversifier ce partenariat. Je pense aussi au secteur d'innovation et nous
souhaitons ensemble faire davantage dans les secteurs financiers, dans les
secteurs de l'intelligence artificielle, du quantique ou du numérique. En
parlant de l'ouverture de nos économies, je voulais aussi vous dire, Président,
combien nous sommes heureux de l'ouverture du marché indonésien pour nos
filières bovines, laitières et de viande, qui accompagne aussi votre stratégie de
souveraineté alimentaire, votre ambition pour améliorer l'alimentation de vos
compatriotes et la grande politique sociale que vous avez lancée.
Je me réjouis aussi de la volonté des grands groupes indonésiens, de votre
fonds souverain, Danantara, d'investir davantage en France. Ils seront présents
à Choose France lundi prochain à Versailles, et leur présence aujourd'hui avec
nous est essentielle. Nous voulons aussi renforcer notre partenariat culturel
pour les industries culturelles et créatives. Nous avons lancé en mai 2025 une
stratégie culturelle conjointe lors de notre visite au temple de Borobudur.
Cette stratégie a connu des avancées importantes ces derniers mois, que nous
parlions de musées, de livres, de cinéma ou de mode. Dans le cadre de l'année
de l'innovation France-Indonésie 2026, nous sommes également convenus
d'approfondir et de mieux structurer notre coopération scientifique, technologique
et universitaire.
Nous adopterons parmi les déclarations aujourd'hui une déclaration conjointe
dans, justement, ces domaines. La France souhaite accueillir plus d'étudiants,
de chercheurs, de talents indonésiens, et la Fondation France-Asie va lancer un
chapitre Indonésie qui participe de cette même ambition et qui permettra aussi
la mise en place d'un programme annuel de Young Leaders, réunissant des
jeunes personnalités de talent engagées dans le développement de nos relations.
Enfin, évidemment, nous échangerons avec le Président sur les grands dossiers
internationaux, le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, qui a de
lourdes conséquences sur nos économies. Nous avons là-dessus une vision
commune : défendre la liberté de navigation, travailler à la
déconfliction, ouvrir le détroit d’Ormuz de manière pacifique, refuser toute
prétention à privatiser le détroit ou taxer le passage.
Là-dessus, nous avons lancé une coalition internationale pour agir de manière
efficace. D'ailleurs, la situation à Ormuz ne fait que renforcer la nécessité
d'accélérer la transition énergétique, qui est un axe prioritaire de notre
partenariat, et notamment, dans le cadre du partenariat pour la transition
énergétique juste de l'Indonésie et l'action que nous menons à travers l'Agence
française de développement. Nous nous exprimons aussi sur le Proche et
Moyen-Orient. Je veux saluer vraiment votre rôle, votre amitié, les positions
très courageuses que vous aviez prises l'année dernière pour, là aussi, la paix
dans le Proche et Moyen-Orient, votre soutien à la reconnaissance de la
Palestine. Nous sommes aussi engagés pleinement ensemble pour la souveraineté
et la stabilité du Liban, où nos troupes au sein de la FINUL agissent ensemble.
Nos deux nations ont en commun d'avoir perdu des enfants pour la défense,
justement, du Liban et de la communauté internationale. Nous avons cette
fraternité d'armes et de sang d'avoir perdu ainsi nos soldats ces dernières
semaines au sein de la FINUL.
Je veux ici saluer votre engagement, Président, celui de vos forces armées, et
notre volonté commune de continuer à œuvrer pour la paix et pour la
souveraineté du Liban, au moment même où les frappes, de manière indiscriminée,
continuent, où il y a plus de 3 000 morts, en particulier au sud du Liban, plus
d'un million de déplacés, la situation est intenable et inacceptable. Rien ne
justifie aujourd'hui les frappes qui sont conduites sur le sud du Liban.
Nous appelons, à nouveau, à la fin de ces frappes, au retour de la paix, de la
discussion et à la construction aussi d'une solution pérenne. Je voudrais dire
que cette situation, évidemment, ne détourne pas notre attention de l'Ukraine
ni de la pression que nous devons exercer sur la Russie. La France et l'Europe,
aux côtés de l'Ukraine, œuvrent pour une paix juste et durable.
Je veux saluer, Président, vos efforts de médiation, votre travail sans relâche
pour parler à toutes les parties prenantes. Nous avons eu à chaque fois
l'occasion d'échanger sur ce point.
La déstabilisation du monde touche hélas aussi l'Asie du Sud-Est, en mer de
Chine méridionale, à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, en
Birmanie. Et alors que l'ASEAN occupe une place centrale dans la stratégie de
la France et de l'Union européenne dans l'Indopacifique, nous travaillons avec
le Président Prabowo pour œuvrer ensemble face à ces crises.
À tous les niveaux, et je m'arrêterai là, le lien, le partenariat entre
l'Indonésie et la France est plus pertinent que jamais. Il vient conforter une
vision d'indépendance que nous avons pour nos pays. Il vient conforter une
vision de respect de l'ordre international et de la paix dans le monde. Le
partenariat qui nous lie est, à mes yeux, riche d'avenir. Parce que nous avons
dans les secteurs de la défense, de l'énergie, de l'industrie, de l'innovation,
énormément de choses à faire encore et énormément de solutions à bâtir pour
votre région et pour le monde.
Je vous remercie infiniment, Président, d'être à Paris.
Vous savez que la France vous aime. Elle vous l'avait témoigné le 14 juillet,
il y a bientôt deux ans. Vous êtes toujours le bienvenu dans ce pays.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> La France n’a jamais fermé les yeux : défendre l’existence et la sécurité
du peuple israélien n’interdit en rien de condamner avec fermeté les dérives du
gouvernement Netanyahou.
> Heureux d’avoir accueilli aux Invalides le Président indonésien Prabowo Subianto à l’occasion de sa visite d’État en France. Partenaire stratégique majeur de la France dans l’Indopacifique, l’Indonésie joue un rôle essentiel dans une région où vivent nos compatriotes et où se concentrent désormais une part croissante des équilibres mondiaux. Dans un contexte international plus instable, nos deux pays font le choix de renforcer un partenariat fondé sur des intérêts communs et un même attachement à la souveraineté, à la stabilité régionale et à la sécurité. Défense, économie, innovation, culture, éducation : la France et l’Indonésie ont beaucoup à construire ensemble.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Protéger les civils, protéger la paix. 800 casques bleus français sont
déployés au service de la paix : à l'occasion de la journée internationale des
casques bleus, je rends hommage à leur engagement, jusqu'au sacrifice suprême.
Depuis 1948, plus d'un million de casques bleus issus de 125 pays ont servi
sous le drapeau de l'ONU. Nous ne les oublions pas.
> A Singapour pour participer à la 23ème édition du Shangri-La Dialogue, principale conférence consacrée aux questions de sécurité et de défense dans l’Indopacifique. Depuis l’édition 2025, l’environnement stratégique s’est profondément dégradé, marqué par une érosion croissante du droit international et une fragilisation des cadres de sécurité collective hérités de la Guerre froide. Dans ce contexte, ce forum est plus que jamais un lieu essentiel d’échange et de dialogue entre partenaires engagés pour la stabilité et la sécurité de l’Indopacifique. La France y portera sa voix, ses intérêts et ses engagements.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> L’inflation progresse à 2,4% en mai, tout en demeurant limitée et
globalement contenue, notamment par rapport à nos voisins européens. Cette
hausse est principalement portée par les prix de l’énergie.
> La croissance affiche un repli au premier trimestre, à -0,1%, sous l’effet de plusieurs vents contraires conjoncturels et de l’adoption tardive du budget, qui a pu entraîner une forme d’attentisme chez certains acteurs économiques. Nous restons vigilants, sans céder à l’alarmisme.
> Notre monde a besoin de multilatéralisme.
La semaine dernière, je présidais à Bercy le G7 France Finances.
Depuis sa création par la France en 1975, le G7 fut, est et continuera à être
une enceinte de dialogue essentielle pour coordonner les actions des pays
membres et de tous ses partenaires.
Dans un monde fragmenté où le multilatéralisme est sérieusement remis en
question, la nécessité de dialoguer ensemble est plus que vitale. Ce G7
intervenait à un moment où le monde avait besoin de coordination.
La France a joué le rôle qui est attendu d'elle dans ces circonstances : créer
les conditions du dialogue, rapprocher les positions et faire émerger des
convergences autour de deux objectifs majeurs :
- préserver la stabilité économique et financière mondiale
- protéger les plus vulnérables face aux crises.
> Face à la crise au Moyen-Orient, le Gouvernement débloque
150 millions d’euros pour la chimie française .
Nos industriels de la chimie subissent une pression sans précédent : crise
en Iran, concurrence déloyale, explosion des coûts de l’énergie, contraintes
réglementaires.
230 000 emplois, des milliers d’entreprises et des secteurs clés comme
l’automobile, la santé, la défense ou l’aéronautique en dépendent.
Avec le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre délégué à l'Industrie
Sébastien Martin, nous débloquons 150 millions d’euros afin d'alléger les coûts
énergétiques et accélérer leur transition vers une industrie plus résiliente.
> L'électrification, c'est moins de dépendance aux
énergies fossiles, des factures maîtrisées pour les ménages et les entreprises,
et des emplois dans nos territoires.
L'électrification, c’est le choix de l’innovation et de l’industrie française
avec nos champions.
Nous avons toutes les cartes en main pour réussir.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Ne laissons pas les extrêmes de droite et de gauche confisquer le débat
public, dresser les Français les uns contre les autres et éclipser l'essentiel.
> Il est très singulier et très important de s'intéresser à l'année 1926. Parce que pendant cette période de notre histoire, qui est souvent regardée avec un petit peu de mépris, vous avez toute une partie de la génération alors aux responsabilités et des mouvements de jeunesse qui ne voulaient plus revivre la Première Guerre mondiale et qui se sont lancés dans des aventures qui malheureusement ont échoué, la Société des Nations, un certain nombre de mouvements de paix et de réconciliation franco-allemands. Et parce que la Deuxième Guerre mondiale a commencé en 1939, on a tendance à regarder cette période de l'Histoire en se disant que tout ce que ces gens-là ont fait en 1926 n'a servi à rien, puisqu'au fond, la guerre est repartie. Mais c'est une erreur majeure. Pourquoi ? Parce que si nous avons réussi, nous, en Europe, après la Deuxième Guerre mondiale, à partir du Salon de l'Horloge du Quai d'Orsay, à reconstruire une Europe en paix et en prospérité par des mécanismes de solidarité et de coopération, c'est parce qu'en 1926, des mouvements de jeunesse, des femmes et des hommes visionnaires se sont préparés à fabriquer la paix et se sont mis dans cette disposition d'esprit. Bien sûr, la guerre est revenue, mais si nous n'avions pas eu dans ces années-là, il y a un siècle, des hommes et des femmes qui, d'ores et déjà, semaient en quelque sorte les graines de la réconciliation européenne, nous n'aurions sans doute réussi à faire l'Europe. Parce que je vous le dis, le 9 mai 1950, quand Robert Schuman fait sa déclaration dans le Salon de l'Horloge du Quai d'Orsay, il est tout seul. Parce qu'en Europe et singulièrement en France et en Allemagne, le vent du ressentiment et de la revanche souffle très fort. Il s'en est fallu d'un cheveu. Et s'il n'y avait pas eu en 1926 ces engagés déjà de la paix et de la réconciliation, sans doute qu'on serait repartis dans des rivalités et des conflits entre la France et l'Allemagne après la Deuxième Guerre mondiale. Et donc c'est très important de faire le lien entre 1926, période peut-être un peu sous-estimée dans son importance, et 2026 parce qu'il y a des correspondances importantes.
> [Choc démographique] Le fait que dans tous les pays du G7, on voit un ralentissement de la croissance de la population, voire un recul de la population. Et cela, ce n'est pas qu'une donnée démographique, c'est une donnée qui a un impact colossal sur le contrat social dans chacun de nos pays, dont les principales victimes sont évidemment les jeunes générations.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Traitements anti-obésité] J'annonce ce matin le remboursement de ces
médicaments dans certaines indications, notamment d'obésité sévère. Je suis
assez fière, parce qu'on est le premier pays de l'Union européenne qui accède
au remboursement pour les patients qui en ont besoin, dans le droit commun, de
façon pérenne. Les arrêtés sont en train de sortir. Mi-juin, le remboursement
pourrait être effectif. (…)
On se base sur les recommandations de la Haute Autorité de Santé pour établir
un remboursement, et puis des négociations qui se font entre le comité
économique et les laboratoires. Et il était décidé de rembourser ces
médicaments pour les personnes qui ont une obésité les plus sévères : avec
un indice de masse corporelle à plus de 35 et d'écomorbidité au plus de 40. Ce
qui veut dire, c'est les personnes, en fait, qui, normalement, sont
susceptibles d'avoir une chirurgie, d'être opérées de cette obésité, et donc
qui pourront dorénavant avoir des médicaments si le médecin, évidemment, juge
qu'il faut les prescrire. (..)
C'est vrai que ça a été un peu long : plus d'un an. On est, encore une
fois, le premier pays européen à avoir ce remboursement. Il s'agit de
négociations. C'est des médicaments innovants, qui étaient innovants donc, plus
chers. Donc, il y a évidemment, on prend en compte les recommandations
médicales, la haute autorité de santé indépendante, et puis ensuite, c'est des
négociations qui se font entre le comité économique en charge pour l'État, des
négociations avec les laboratoires pharmaceutiques. (…)
On se base sur une population-cible, qui est environ d'un million de personnes,
la cible. Ça ne veut pas dire que tous auront le traitement, parce que ça
dépend toujours du cas individuel et des prescriptions du médecin. Et puis en
rapport avec le prix, ça représente, en année pleine, c'est-à-dire une fois
qu'on aura la montée des prescriptions, une centaine de millions d'euros. (…)
Quasiment tous ces patients sont pris en charge à 100 %, parce qu'ils ont des
comorbidités, comme la tension, le diabète, ou qu'ils sont pris, parce que leur
obésité est très, très, sévère, déjà à 100 %. Donc, pour la majorité, la très
grande majorité, ça sera un remboursement à 100 %. (…)
Le prix est variable selon la marque du médicament, pour des raisons de mise
sur le marché à un moment différent. Et ça, c'est vraiment des négociations qui
se font entre le comité et les laboratoires. (…)
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé, encore une fois, qui est une
autorité indépendante et qui fait des recommandations médicales, sont assez
claires. Il faut être en obésité pour avoir la prescription de ces traitements.
(…)
Il faut que nous puissions soutenir les dépenses, et notamment de l'innovation
de ces traitements qui permettent un véritable changement pour ces personnes
qui ne seront plus opérées et qui auront moins de risques, donc, de prévention.
Si on veut accéder et continuer à accéder à ces traitements, il va falloir au
moins le débat de financement de la protection sociale, au moins un gros débat
dans ces mois qui arrivent pour savoir comment on finance notre protection
sociale. Moi, j'avais pu le dire : que j'étais plutôt favorable à
augmenter ce qu'on appelle les franchises, les forfaits de responsabilité pour
ceux qui peuvent les payer.
> [Dôme de chaleur] Les vagues de chaleur depuis la
canicule de 2003 l'État est bien organisé, que ce soit l'État, d'ailleurs, ou
les établissements de santé ou médicaux sociaux. (…)
Il y a deux choses. Il y a : qu'est-ce qu'on fait quand il y a une alerte
vigilance, comme ça s'est passé la semaine dernière ? L'État se met en
ordre de marche, une organisation quotidienne avec l'ensemble des ministères
pour adapter, avec Météo France et Santé publique France, des mesures au jour
au jour, et en parallèle, lancer les mesures de prévention. Et je le redis
ici : la prévention. C'est-à-dire boire de l'eau toute la journée, fermer
les volets, faire moins d'activité physique, manger plus léger, mais manger
quand même, s'occuper des personnes fragiles, ça sauve des vies. Donc, la
prévention, elle est lancée en même temps. Et puis ensuite, il y a tout le
sujet de l'anticipation de notre société à des phénomènes dont on sait qu'ils
vont augmenter en nombre et en intensité. (…)
Il y a le temps court et le temps long. Sur le temps court, on connaît ce que
c'est, on connaît l'effet sur les corps physiques. Les établissements, les
professionnels santé, soignants, à l'éducation, savent les mesures à apporter.
Et puis ensuite, il y a la question du chronique, du temps long. Et tout ça, ce
sont des mesures d'adaptation de notre société entière. Et là aussi,
évidemment, sur les logements, sur le rafraîchissement des écoles et des cours,
etc. (…)
Ce qui est sûr, c'est que la chaleur retentit sur les corps, et notamment sur
les plus fragiles, ceux qui ont des maladies cardiaques, par exemple. L'année
dernière, on a pu estimer à environ 6 000 décès liés aux vagues de
chaleur. Donc, c'est pour ça que je le redis : l'importance de la
prévention. On évite des décès, parce qu'on met en place des mesures, chacun,
individuellement, qui permettent de prévenir ce retentissement. (…)
Dès l'alerte, le ministre du Travail a donné des instructions, des
recommandations de vigilance sur les conditions de travail. La ministre des
Sports l'a fait de même dès vendredi, dès le moment de l'alerte. L'un n'empêche
pas l'autre. Mon rôle de ministre de la Santé, il est évidemment d'éviter des
décès. Éviter des décès, c'est aussi en redisant aux gens d'être prudents.
Malheureusement, on voit encore des gens faire des marathons, des courses à
pied à 14 h. Hier, j'en ai croisé. (…)
Tous les jours, on est en coordination avec les agences régionales de santé,
les établissements, évidemment, pour suivre l'impact des chaleurs. Il y a une
petite augmentation qui existe, d'appels au SAMU, au SOS Médecins ou aux
médecins généralistes, pour des gens qui se sentent fatigués, pas bien à cause
de la chaleur.
> [Protection des enfants] Ce texte est un changement majeur. Les enfants protégés seront plus dans des cellules d'accueil familial plutôt que dans des foyers. Et d'autre part, tous les enfants de notre pays seront plus en sécurité. Ce texte est vraiment important. Il apporte des mesures sur la sécurité dans tous les secteurs : dans la santé, dans le périscolaire, dans l'éducation. Partout, les enfants seront plus en sécurité, parce qu'on contrôlera les antécédents judiciaires de l'ensemble des personnes intervenant auprès d'eux.
> Aujourd’hui, au Centre spécialisé obésité de la Pitié-Salpêtrière, j’ai annoncé la prise en charge par l’Assurance maladie des médicaments anti-obésité pour les formes les plus sévères d’obésité, à partir du 15 juin prochain. Ces traitements viendront compléter un accompagnement médical, nutritionnel et physique adapté à chaque patient. Avec la feuille de route obésité 2026-2030, nous poursuivons un objectif, mieux accompagner les patients et garantir un accès plus juste aux innovations thérapeutiques.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> La République doit protéger ceux qui sont les plus vulnérables dans notre
société : les enfants. Sur les violences sexuelles dans le périscolaire, toutes
les responsabilités devront être établies.
> Le 1er janvier 2025, Isabelle était assassinée à Hautmont. Le premier féminicide de 2025. Dès les premières heures de l'année. J'avais promis de revenir avec des actes. C'est chose faite. Deux brigades de gendarmerie dédiées aux violences intrafamiliales. Des intervenants sociaux recrutés. Et le Pack Nouveau Départ désormais lancé. Plus de 12 000 femmes ont été victimes dans ce seul département en 2025. Plus d'une toutes les heures. Logement, emploi, santé, soutien juridique, aides financières : tous les freins levés. Protéger, ce n'est pas seulement mettre à l'abri. C'est reconstruire une vie. Durablement. Dignement.
> On demande trop aux victimes. Avec le Pack Nouveau Départ, on change de logique. C’est l’État qui vient à elles pour anticiper, protéger, réparer et accompagner.
> Dans 8 cas sur 10, une femme victime de violences est également une mère. La protéger, c'est évidemment protéger ses enfants. Préparer leur départ et les accompagner aussi longtemps que nécessaire.
> Qu'il s'agisse de Patrick Bruel ou de n'importe qui d'autre mis en cause, mon discours ne varie pas. La parole des victimes, on la croit. La présomption d'innocence, on la respecte. Ce sont deux piliers qui doivent tenir ensemble.
> l'Assemblée nationale a abrogé le Code Noir. Des Antilles à La Réunion, de la Guyane aux ports de la traite, cette histoire n'est pas une mémoire ultramarine. Elle est une histoire française. Elle appartient à la Nation tout entière. Un texte qui faisait d'êtres humains des "biens meubles". Un texte qui a inscrit la déshumanisation dans le droit. Un texte qui n'aurait jamais dû survivre à l'abolition. Il n'avait jamais été abrogé. Ce silence était une faute. Une République forte regarde son histoire en face. Elle la nomme. Et elle refuse de conserver ce qui a organisé l'inhumanité.
> La soumission chimique, c'est voler la conscience, effacer la volonté, annihiler la capacité même de dire non. Ce n'est pas une dérive. C'est une prédation. Il y a un an, on me remettait un rapport. Un travail pour briser le silence, mieux protéger les victimes et ne plus jamais les laisser seules face au doute. De ce rapport ont émergé des solutions concrètes : former les professionnels, améliorer l'orientation et l'accompagnement, faire du parcours médical un parcours de justice. Et une avancée majeure a suivi : l'inscription du consentement dans la définition pénale du viol. Le silence n'est pas un consentement. L'inconscience non plus. Aux victimes, nous disons : la République vous croit. Elle vous entend. Elle vous protège.
> [Abrogation du code noir / Intervention à l’Assemblée]
Pendant longtemps les morts de Saint-Paul, à La Réunion, ont connu un
second effacement. Réduits en esclavage de leur vivant, ils semblaient avoir
été condamnés, après leur mort encore, à disparaître une nouvelle fois. La
terre les avait recouverts. L’oubli paraissait avoir gagné, jusqu’à ce qu’en
2007, sous l’effet de la houle et du cyclone Gamède, les ossements du cimetière
des esclaves de Saint-Paul ressurgissent. Si le temps peut recouvrir les
mémoires, il ne les efface jamais complètement. Le 20 décembre dernier, je m’y
suis rendue à l’occasion de la Fèt Kaf, journée qui commémore à
La Réunion l’abolition de l’esclavage. J’y ai vu plus qu’un lieu de
mémoire ; j’y ai vu des vies trop longtemps réduites au silence et une
histoire que l’on croyait enfouie revenir nous interpeller.
Ce cimetière n’est pas isolé. Des Antilles à La Réunion, de la Guyane aux
ports d’où partaient les navires de la traite, jusqu’au cœur même de nos
institutions, cette mémoire imprègne notre territoire ainsi que notre histoire
nationale et continue de nous adresser une même exigence : qu’acceptons-nous
de laisser dans l’oubli ? Que décidons-nous de regarder en face ?
Je veux saluer les députés Max Mathiasin et Olivier Serva ainsi que mon
collègue Laurent Panifous pour leur engagement.
Le mois de mai est devenu celui des mémoires de l’esclavage, de la traite et de
leurs abolitions, et 2026 a une résonance particulière. Nous célébrons les
25 ans de la loi qui a reconnu l’esclavage et la traite comme crimes
contre l’humanité, loi défendue par Christiane Taubira, à laquelle le président
de la République a rendu hommage la semaine dernière. Cette année marque aussi
les 20 ans de l’instauration de la journée nationale du 10 mai, à
l’initiative du président Chirac sur les recommandations du Comité pour la
mémoire de l’esclavage.
Ces anniversaires nous rappellent une vérité essentielle : la mémoire
nationale ne se décrète pas en un jour. C’est précisément dans ce cheminement
collectif que s’inscrit cette proposition de loi, soutenue par le gouvernement.
Au-delà de son adoption unanime en commission, je veux saluer le travail
réalisé, notamment celui du rapporteur.
Ce que nous appelons communément le Code noir, ce n’est pas un texte unique,
isolé, figé dans notre histoire. Il s’agit d’un ensemble de textes adoptés
notamment entre 1685 et 1724 pour organiser, adapter et étendre l’esclavage au
sein des territoires coloniaux français. Historiquement, il est donc plus juste
de parler d’un ensemble normatif colonial que d’un code au sens moderne du
terme.
Cette précision ne saurait cacher une réalité fondamentale : ces textes
ont constitué le socle juridique de l’esclavage colonial français. Ils ont
institué un droit d’exception. L’esclavage n’existait pas dans le droit commun
du royaume, qui avait mis fin au servage dès le XIVe siècle. Il
a fallu créer un cadre particulier, dérogatoire, à destination des colonies. Ce
droit n’avait pas seulement pour objet d’organiser une activité économique – exploiter
le sol pour la canne, le cacao, le café, la banane, la vanille. Il prétendait
organiser un ordre social entier. Il définissait le statut des personnes, les
rapports entre maîtres et esclaves, encadrait les sanctions, les questions
familiales, religieuses et patrimoniales. Pour rendre acceptable l’inacceptable,
il ne suffisait pas de contraindre les corps, il fallait aussi organiser les
consciences, faire entrer l’inhumain dans le droit.
L’article 44 de l’ordonnance de 1685 affirme que les esclaves sont des
biens « meubles ». Ce mot instaure une rupture fondamentale, par
laquelle un être humain cesse d’être considéré comme une personne et devient
une chose. Il peut dès lors être acheté, vendu, transmis, saisi, comme si le
droit lui-même effaçait une part de l’humanité.
L’histoire de l’esclavage est aussi une histoire de résistances, vous l’avez
rappelé, monsieur le rapporteur. Résister, ce fut préserver une langue quand
tout visait à l’effacer. Résister, ce fut se soulever. Il y eut le marronnage – quitter
l’habitation, briser les chaînes, disparaître dans la nuit. Il y eut, dans les
forêts de Guyane, les communautés marronnes fondées par Claire et Copéna, et
tant d’autres. À La Réunion, Cimendef et Marianne firent des montagnes qui
portent désormais leurs noms des terres de liberté. Il y eut partout des femmes
et des hommes anonymes qui, de refuge en refuge, reconstruisirent des espaces
de vie là où le système esclavagiste prétendait ne leur laisser aucune place.
Puis vint le temps des soulèvements. Il y eut Toussaint Louverture, esclave
affranchi devenu stratège et homme d’État, qui porta jusqu’à son dernier
souffle, au fort de Joux, une irréductible aspiration à la liberté. En
Guadeloupe, il y eut Louis Delgrès, Joseph Ignace et Solitude, qui refusèrent
le rétablissement de l’esclavage en 1802 et choisirent le combat plutôt que le
renoncement. En Martinique, il y eut ceux qui préparèrent l’insurrection du
Carbet en 1822, convaincus qu’il valait mieux risquer la mort que renoncer à la
liberté.
Il faut le rappeler avec force : les personnes réduites en esclavage
furent les premiers opposants à ce système, les premiers résistants, les
premiers artisans de leur propre émancipation. Leur liberté ne leur a pas été
octroyée ; ils l’ont conquise.
Le Code noir et l’ensemble des dispositions qui en découlent ne produisent plus
aucun effet juridique, mais une norme n’est jamais seulement un instrument
technique : elle exprime une vision du monde et de l’être humain. C’est
pourquoi nous avons la responsabilité de poursuivre le travail engagé il y a
vingt-cinq ans par la loi Taubira : mieux connaître, mieux transmettre et
mieux comprendre les conséquences profondes de cette histoire sur notre
société.
Reconnaître, ce n’est pas solder ou tourner la page, c’est s’engager. S’engager
à ce que l’histoire de l’esclavage, de la colonisation et de leurs héritages ne
soit jamais oubliée ; s’engager à renforcer la compréhension par tous les
Français de notre passif colonial ; s’engager à transmettre à tous les
enfants de France, dans les outre-mer et dans l’Hexagone, cette histoire qui
est leur histoire à tous. L’heure est venue aussi d’élargir cette conscience
collective, de faire reconnaître dans l’Hexagone la singularité des histoires
ultramarines, leurs enjeux environnementaux, sociaux et culturels, leurs
blessures et leurs espérances.
Je veux rendre hommage à ceux qui rendent possible cette exigence de
vérité : les historiens, chercheurs, artistes, militantes et militants de
la mémoire qui font émerger des vérités longtemps tues, qui restituent des
voix, des noms, des visages, des destins.
Pour faire admettre qu’un homme puisse posséder un autre homme, il a fallu
construire un système de pensée, créer des catégories, fabriquer une prétendue
hiérarchie entre les êtres humains. Nous savons que les préjugés survivent aux
lois, que les stéréotypes survivent aux régimes politiques, que ces mécanismes
n’appartiennent pas seulement au passé.
Dans notre société demeurent des propos qui blessent, des actes qui excluent,
des regards qui désignent, des discriminations qui enferment, des haines qui
essentialisent et qui frappent. Nous le voyons lorsque des femmes et des hommes
sont insultés pour leur couleur de peau, leur nom, leur origine réelle ou
supposée. Nous le voyons lorsque des citoyens sont discriminés dans l’accès à
l’emploi, au logement ou à certains droits. Nous le voyons chez tant de nos
compatriotes ultramarins venus vivre dans l’Hexagone qui, trop souvent, ont
découvert qu’ils devaient expliquer davantage que les autres qui ils étaient,
d’où ils venaient, comme si leur appartenance à notre communauté nationale
appelait encore une justification particulière. Nous le voyons lorsque des élus
de la République sont pris pour cible, non pour leurs idées ou leur action, mais
pour ce qu’ils sont supposés être.
Ces actes et ces paroles suivent une même logique : considérer certains de
nos concitoyens moins légitimes à appartenir pleinement à la communauté
nationale et à représenter la République. Or la République ne l’acceptera
jamais. Nous ne luttons pas seulement contre des actes et des propos
haineux ; nous luttons aussi contre des représentations, des mécanismes
parfois invisibles, des habitudes et des réflexes qui peuvent traverser le
temps et les générations. Le reconnaître ne revient ni à enfermer quiconque
dans une identité ni à considérer que l’histoire déterminerait mécaniquement le
présent. Cela consiste simplement à admettre qu’une République fidèle à sa
promesse universaliste doit aussi comprendre les mécanismes historiques qui ont
parfois contredit cette promesse. L’universalisme républicain ne demande pas
l’effacement des histoires particulières. Au contraire, il exige qu’elles
soient pleinement connues afin qu’aucune partie de notre communauté nationale
n’ait le sentiment que son histoire a été tenue à distance du récit commun.
Reconnaître une histoire, ce n’est jamais simplement regarder vers le passé.
C’est décider de l’avenir que nous voulons construire ensemble. Pendant trop
longtemps, l’histoire de l’esclavage a été reléguée aux marges, faisant d’elle
une histoire lointaine, une histoire ultramarine, presque une histoire à part.
Or cette histoire n’est ni périphérique ni secondaire. Elle est une histoire
française parce qu’inscrite dans notre droit et portée par les institutions de
son époque, parce qu’ayant laissé son empreinte dans notre économie, nos
institutions et notre histoire commune. L’histoire de l’esclavage n’appartient
pas aux seuls outre-mer. Elle n’est pas une mémoire particulière au sein du récit
national ; elle est une part de notre histoire commune ; elle
appartient à la nation tout entière.
C’est précisément là que cette proposition de loi trouve son sens. Non parce
qu’une abrogation explicite pourrait refermer une histoire dont les effets traversent
encore notre société, mais parce qu’elle participe d’un mouvement plus vaste
qui consiste à regarder lucidement toute notre histoire, à la nommer pour ce
qu’elle fut, à poursuivre le travail engagé depuis vingt-cinq ans par la loi
Taubira, et à faire vivre dans notre présent l’exigence républicaine qu’elle
porte.
Une République forte ne détourne pas le regard de sa propre histoire. Elle sait
qu’on peut enfouir une mémoire, la recouvrir de silence, croire que les vents
de l’histoire l’ont emportée, mais qu’il arrive toujours un moment où la mer la
ramène à notre conscience. Une République forte assume pleinement son histoire
pour mieux rassembler.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> À la voie professionnelle, la patrie reconnaissante. Ce soir au
Panthéon, les Pros d’or 2026 ont célébré une France que l'on ne regarde pas
toujours assez, mais sans laquelle notre pays ne fonctionnerait pas. Une France
qui apprend un métier, qui transmet un savoir-faire, qui fabrique, qui soigne,
qui construit et qui innove. J'ai vu des jeunes passionnés, des parcours
d'excellence, une diversité de profils et de projets. Ils sont la preuve que la
voie professionnelle forme des professionnels compétents et ouvre de vraies
perspectives d'insertion. C'est ça la richesse de la voie pro.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Quelle écologie défendent ceux qui préfèrent importer nos denrées
alimentaires plutôt que de les produire en France ? Simplifier est une
nécessité absolue au service de notre souveraineté alimentaire comme de la
transition écologique.
> Faire peser sur le contribuable le coût de l’échec des objectifs recyclage est inacceptable. La consigne pour recyclage est un des nombreux leviers pour y arriver. Les pays qui y ont recours ont prouvé son efficacité. Agir, c’est choisir l’anticipation plutôt que le statu quo.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Le Code Noir est enfin abrogé. C’est l’aboutissement de décennies de
combats, contre l’esclavage, contre la déshumanisation, pour l’humanité. Sous
l’impulsion du Président de la République, la France a lancé un ambitieux
travail mémoriel. La loi cadre sur les restitutions de biens culturels en est
une illustration concrète.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> [Sécurité sociale / Intervention à l’Assemblée] Depuis sept mois que je
suis ministre, je me bats pour préserver les financements de la sécurité
sociale. Je ne suis pas seul à le faire : avec la ministre de la santé et
l’ancienne ministre de l’action et des comptes publics, nous avons constitué un
trio pour bâtir la loi de financement de la sécurité sociale la moins
déficitaire possible. Cela a été difficile. Nous avons proposé beaucoup de
mesures d’économie ; peu d’entre elles ont été retenues.
Nous avons présenté des projets de loi avec plus de succès sous l’impulsion du
premier ministre. Je pense notamment au projet de loi relatif à la lutte contre
les fraudes sociales et fiscales. Hier, vous avez examiné la transposition dans
la loi d’un accord social sur les ruptures conventionnelles. Je me suis également
battu au niveau européen pour améliorer les comptes de l’Unedic en revenant sur
une situation inacceptable pour les frontaliers français, notamment au
Luxembourg et en Suisse. Bref, j’ai mené une action vigoureuse pour rétablir
les comptes au maximum.
Il faut essayer de ne pas revenir sur les lois existantes. Nous avons réussi à
faire passer dans le PLFSS une révision du cumul emploi-retraite. Ce sont
2 milliards d’euros de gagnés. Il faut garder son sang-froid et respecter
ce que prévoit cette loi jusqu’au bout, parce qu’elle rapporte beaucoup
d’argent au camp de la sécurité sociale. Prenons garde aux propositions de loi
qui sont pleines de bonne volonté mais pourraient coûter cher à la sécurité
sociale. Nous aurons l’occasion d’en débattre et je serai très attentif aux
comptes de la sécurité sociale.
N’oublions pas que la sécurité sociale est un système assurantiel, qui s’appuie
sur des cotisations : c’est le travail qui finance. Il faut donc plus de
travail pour jeunes, plus de travail pour les seniors…
Il faut mieux inciter au travail et mieux le rémunérer. Les échéances qui
arrivent seront l’occasion d’aborder ces sujets de fond. Vous pouvez compter
sur moi pour le faire ; je sais aussi pouvoir compter sur votre soutien.
> [Hostilités au Moyen-Orient] On est forcément préoccupés quand on voit la reprise des conflits, après on savait que ce conflit allait durer, le Premier ministre l'a clairement exprimé la semaine dernière. Donc on s'est organisé pour gérer au mieux les conséquences de cette crise qui arrive dans notre pays au plan économique bien évidemment. Vous savez qu'on a pris des mesures jusqu'à la fin août et pendant l'été, on verra où on en est. On prendra s'il le faut des mesures pour aller jusqu'à la fin de l'année.
> [Prix des carburants] On a pris des mesures pour ça effectivement, on sait qu'on continue à favoriser le travail et les travailleurs dans les secteurs les plus touchés par la crise. Avec des mesures qui permettent de baisser le coût du carburant pour ces entreprises, aider les entreprises, c'est aider les salariés en matière d'emploi. Et des mesures pour les gros rouleurs, des mesures pour les aides à domicile. Donc un ensemble de mesures qui permettent aux Français, à la fois qui travaillent et les plus défavorisés, d'avoir des aides pour faire en sorte que ce coût du carburant soit un peu amorti pour leur budget familial.
> [Dôme de chaleur] Je crois que le Premier ministre souhaite effectivement qu'on soit endurant et organisé. Parce qu'on est surpris par ces températures fin mai, on a connu des températures élevées dans notre pays depuis plusieurs années. Mais l'été arrive donc il faut s'organiser dans la durée. Moi, en ce qui concerne le travail, bien sûr, on a une pensée pour les travailleuses, les travailleurs qui sont confrontés à des chaleurs importantes. Les entreprises s'organisent. On a tout un système de plans. Il y a un décret qui est paru l'année dernière. À partir des alertes météo, jaune, orange, rouge, les entreprises savent ce qu'elles doivent faire pour protéger les salariés de ce risque professionnel qui consiste à travailler quand il fait très chaud.
> [Dôme de chaleur] Je vais regarder avec attention
ce qui se passe en matière de santé au travail pour les travailleuses, les
travailleurs exposés aux grandes chaleurs. Le BTP, vous en parlez, a des
systèmes très performants puisque les entreprises du BTP n'hésitent pas à arrêter
les chantiers quand il fait très chaud. C'est la meilleure décision à prendre,
c'est la prévention. Ils ont un système de caisse. Ils mutualisent ce risque-là
puisque les salariés sont payés même s'ils ne travaillent pas. (…)
Le ministre du Travail dit que les entreprises prennent leurs responsabilités,
savent prendre leurs responsabilités. Je vous parlais du BTP où les
entreprises, c'est l'endroit où ils sont les plus exposés, le BTP. Quand on
travaille à l'extérieur, bien évidemment, les entreprises du BTP n'hésitent pas
à arrêter les chantiers. Ils ont un système de caisse mutualisée. D'ailleurs,
ce sont les entreprises qui paient par leurs cotisations. Ça ne coûte rien aux
contribuables. On voit bien le sens des responsabilités des entreprises. C'est
un risque professionnel important. Il est géré dans la politique de prévention
des risques.
> [Dôme de chaleur] On connaît les grandes chaleurs. Ce n'est pas la première fois qu'on a chaud dans le pays. Alors, c'est la première fois qu'il fait aussi chaud au mois de mai. Mais les deux, trois, quatre années précédentes, moi j'étais président de la SNCF, je peux vous dire qu'on a anticipé les canicules bien évidemment. Donc les dispositifs anti-canicule, ils existent. Il y a un dispositif qui a été renforcé l'année dernière par des décrets qui ont été pris en 2025, qui renforcent les obligations faites aux entreprises. Je le redis une nouvelle fois, bien sûr, les entreprises savent ce qu'il faut faire quand il fait chaud. Elles l'ont déployé, bien sûr, puisqu'il y a des alertes météo. Dès qu'elles sont prévenues que les températures montent, les entreprises mettent en place des plans anti-canicule.
> [Dôme de chaleur] Je suis favorable à la prévention, je le redis. Il ne s'agit pas de réparer des atteintes possibles à la santé, il faut les éviter. Et je reprends l'exemple du BTP, c'est la bonne décision. Je rappelle que les salariés du BTP, quand il fait chaud, les entreprises décident l'arrêt des chantiers, ils sont payés. Donc, ça, c'est la meilleure chose à faire à travers une caisse mutualisée dans le BTP. C'est ça la bonne décision. C'est bien sûr de ne pas exposer les salariés quand il fait trop chaud et les compenser, bien évidemment, intégralement en matière de salaire.
> Le travail, c'est un peu la charpente de la société. C'est grâce au travail qu'on crée de la richesse. On parle beaucoup des salaires, mais il faut déjà créer la richesse avant de la répartir. Le travail, c'est aussi une formidable aventure personnelle de l'émancipation. Mais pour autant, la société change. Il y a beaucoup de salariés qui ont des problèmes de garde d'enfants dans les familles qui sont recomposées ou monoparentales, des salariés qui sont aidants comme en même temps actifs. Côté technologique, bien sûr, il y a l'arrivée de l'IA et des nouvelles technologies. Le management doit être complètement revu parce que les gens, maintenant, ce n'est plus de la subordination qu'ils veulent. Comme c'est marqué dans le Code du travail, ils veulent une relation managériale plus en équipe. Je vais y travailler, je vais faire des propositions et je les proposerai à tous les candidats que ça intéresse. Je suis prêt à débattre avec eux. Je pense que le travail est central et j'espère qu'il occupera une place essentielle dans le débat politique qui s'amorce pour l'année prochaine.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> [Proposition de loi visant à assurer le droit de chaque enfant à être
assisté d'un avocat dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative et de
protection de l'enfance / Intervention au Sénat] Nous partageons la même
conviction : les enfants, les êtres les plus vulnérables du pays, doivent
bénéficier de la protection la plus exigeante possible.
Les enfants concernés par les mesures d'assistance éducative sont confrontés
très tôt aux ruptures familiales, aux carences affectives et éducatives, à
l'instabilité. Leur parcours est fragile : ils ont connu la violence
psychologique, physique, sexuelle. Ils doivent être protégés, entendus et
accompagnés.
Le Gouvernement soutient donc cette proposition de loi. Il est favorable à ce
que les enfants placés puissent bénéficier de l'assistance d'un avocat. La
parole d'un enfant doit prendre toute sa place dans les procédures qui le
concernent. L'avocat peut être la garantie supplémentaire permettant à l'enfant
d'être pleinement entendu.
Je salue l'engagement total des juges des enfants dont nous avons créé
50 cabinets supplémentaires cette année - augmentation inédite, mais
insuffisante pour traiter toujours trop de dossiers.
Je salue les magistrats du parquet qui oeuvrent à la protection des enfants les
plus vulnérables, je remercie les agents du ministère de la justice et de la
protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), dont les missions sont dures,
violentes parfois, mais l'abnégation totale.
Comme garde des sceaux, je rappelle solennellement que nous avons confiance en
nos juges et en nos juges des enfants et en leur capacité à garantir l'intérêt
supérieur de l'enfant.
Avec Laurent Panifous, que je remercie pour sa présence, nous considérons que
la présence de l'avocat peut être utile dans le processus de décision.
Néanmoins, à la fin, c'est bien le juge qui est garant de l'intérêt de
l'enfant.
L'ambition de cette proposition de loi s'inscrit pleinement dans la stratégie
de refondation de la protection de l'enfance engagée par le Gouvernement,
incarnée notamment par le projet de loi relatif à la protection des enfants que
Stéphanie Rist et moi-même avons présenté hier en conseil des ministres et qui
traduit la volonté de mieux articuler le temps de l'enfant avec le temps
judiciaire. Aujourd'hui, huit décisions de placement sur dix sont judiciaires.
Notre système de protection de l'enfance traverse une période de forte tension.
Avec Dany Wattebled, nous sommes élus locaux dans un département, le Nord, qui
connaît le plus grand nombre d'enfants pris en charge par l'aide sociale à
l'enfance (ASE) et le plus grand nombre d'enfants victimes de violences
sexuelles. Maires de communes populaires, nous avons constaté les difficultés
d'une organisation trop complexe et le manque d'intérêt des adultes pour le
monde des enfants les plus vulnérables.
Pas moins de 400 000 mesures de protection de l'enfant sont en cours,
pour des situations de plus en plus complexes. Les juges des enfants consacrent
l'essentiel de leur activité à la protection des mineurs en danger.
Notre responsabilité est collective. Il faut regarder lucidement les conditions
concrètes de l'application d'une loi, en particulier si elle crée une immense
attente.
Ma circulaire du 28 avril 2025, prise quelque temps après mon arrivée au
ministère de la justice, faisait de la politique de l'enfance une priorité. La
Chancellerie a expérimenté dans plusieurs juridictions la présence d'un avocat
pour les mesures d'assistance éducative. Nous avons voulu mesurer les
conséquences humaines, organisationnelles et budgétaires de la généralisation
de ce dispositif.
Le Parlement souhaite aller plus vite : c'est la démocratie. Le groupe
socialiste, le rapporteur et la majorité sénatoriale semblent se rejoindre. Et
nous partageons le sens de cela.
Mais nous devons tout d'abord veiller à ce que toute avancée des droits soit
concrète et ne soit pas contre-productive faute de préparation.
En tant que responsable de l'organisation de la justice, je dois m'en assurer.
Seuls 22 barreaux sur 164 ont une permanence en assistance éducative.
Ils font un travail formidable, mais Paris n'est pas la France. En tant qu'élu
de province, je m'inquiète, comme beaucoup, du manque d'avocats formés dans les
petits ressorts judiciaires.
Si le texte est adopté en l'état, nous risquons l'accident industriel en
l'absence d'avocat disponible : audiences reportées, délais allongés, et
en définitive plus d'enfants en attente d'une décision de protection. L'enfant
pourrait rester dans un contexte de danger, sauf pendant les quinze premiers
jours où l'on traitera l'urgence. Or, lorsqu'un enfant est en danger, chaque
délai supplémentaire compte.
Ensuite, le coût de cette réforme est estimé à 300 millions d'euros en
année pleine et 177 millions d'euros en 2026 si la loi était
promulguée rapidement. Cet effort est nécessaire, sans doute indispensable,
mais le budget de l'aide juridictionnelle, en passant au-dessus d'un milliard
d'euros, aura ainsi quadruplé sous les présidences d'Emmanuel Macron. Ce n'est
pas neutre pour un petit ministère, même si son budget - grâce aux
parlementaires, notamment ceux qui n'ont pas renversé le Gouvernement - a
augmenté. Des arbitrages lourds seront donc nécessaires, certains projets
pourront être compromis. Vous l'indiquer, ce n'est pas remettre en cause
l'objectif du texte ; il incombe au Gouvernement d'éclairer votre
décision.
Le rôle des administrateurs ad hoc est essentiel : ils
défendent les intérêts des mineurs les plus vulnérables lorsqu'ils ne peuvent
pas être représentés dans la procédure et peuvent solliciter un avocat si
nécessaire. Mais ils restent trop peu nombreux. J'ai donc demandé à revaloriser
cette fonction et renforcer son attractivité. Nous en discuterons l'automne
prochain lors des débats budgétaires. Dans les mois qui viennent, nous devrons
articuler les différents rôles impliqués dans l'accompagnement des mineurs dans
les procédures judiciaires.
Notre débat porte donc non pas sur le principe, mais sur les conditions
concrètes d'application de cette loi. Le Gouvernement a la responsabilité du
bon fonctionnement du service public de la justice. (…)
Le texte est très large, puisqu'il vise l'ensemble des audiences des juges des
enfants. Le travail sera donc lourd pour les greffes, et il faudra accompagner
les petits barreaux.
La loi est parfois un symbole, mais peut aussi traduire une volonté
transpartisane forte. Elle doit aussi rencontrer la volonté de chacun. Certains
sont trop pudiques pour parler de ce qu'ils ont vécu personnellement.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> L’irruption de l’intelligence artificielle va révéler une nouvelle
fracture : celle du langage.
Ceux qui savent écrire correctement et formuler une pensée claire, avec un
vocabulaire diversifié, maîtriseront l’IA. Les autres risquent d'en être
dépendants.
C’est pour cela que la maîtrise du langage est au cœur de mon projet pour
l’École. Pour que l'IA reste un outil, et ne devienne pas un instrument de
domination.
> [Dôme de chaleur] L'école a malheureusement
l'habitude d'accueillir les enfants par forte chaleur parce que vous savez que
ça fait plusieurs années maintenant qu'on a des vagues de chaleur importantes.
Celle-ci est très précoce, c'est sa nouveauté, mais déjà au mois de juin, etc.
on a l'habitude d'avoir ce genre de vagues, donc toutes les mesures sont
prises. Ce matin même, il y a des consignes qui vont partir à tous les
directeurs et directrices des écoles, tous les chefs d'établissement, qui sont
des consignes de bon sens, mais qui ont besoin d'être rappelées sur l'aération
des salles, sur l'hydratation régulière des enfants. Les enfants, évidemment,
notamment les petits, sont particulièrement surveillés. Les directeurs et
directrices d'école, les chefs d'établissements font en sorte qu'ils soient
régulièrement hydratés. Et puis, évidemment, les parents eux-mêmes peuvent
avoir des réflexes, là encore de bon sens, mais qui protègent, porter des
vêtements légers, mettre à son enfant des vêtements clairs. Et puis, nous-mêmes,
évidemment, on adapte les activités. Il n'y a pas évidemment d'activités
physiques ou sportives dans les moments chauds de la journée. Bref, toutes ces
règles-là s'appliquent pour protéger nos enfants.
Les consignes rappellent en fait le cadre qui est habituellement applicable. On
a un plan canicule à l'Éducation nationale depuis plusieurs années, qui est
fonctionnel et qui est connu de nos équipes. Et donc on rappelle à l'intérieur
à la fois les règles relatives aux bâtiments. Donc évidemment, fermer les
stores, aérer à la fraîche, etc. Et puis, les consignes relatives aux élèves.
Donc vérifier qu'il n'y a pas de coup de chaleur, les faire s'hydrater
régulièrement, distribuer de l'eau aussi souvent que nécessaire, faire en
sorte, par exemple, qu'ils puissent aller dans la cour lorsque leurs salles
sont trop chaudes, etc. (…)
Quand la situation devient trop chaude, la Collectivité locale, le préfet et
l'Éducation nationale peuvent décider de fermer une école. Ça, pour le coup, ce
sont seulement des consignes qui seront données préfecture par préfecture. Pour
l'instant, ce n'est pas le cas, mais si jamais ça devait s'aggraver, évidemment
qu'on saurait le faire.
> [Violences dans le périscolaire] Ce que je vois,
c'est qu'on a eu un certain nombre d'agressions et de crimes dans le
périscolaire, parisiens ou autres, qui sont inadmissibles. Parce qu'un parent
qui dépose son enfant à l'entrée de l'école, à la grille, la question ce n'est
pas scolaire, périscolaire, la question c'est qu'il le dépose en toute
sécurité. Et donc on a pris des mesures, vous savez que moi j'ai pris des
mesures pour l'éducation nationale. Il y a un projet de loi protection de
l'enfance qui va bientôt arriver au Parlement, où je porte des dispositions
notamment qui permettent de contrôler les intervenants, même ponctuels, qui
permettent d'avoir ce que j'appelle une liste noire, c'est-à-dire de ne pas
réembaucher quelqu'un qui aurait été évincé en raison de son comportement avec
les mineurs. Donc il faut qu'on soit absolument intraitable et il faut que tout
le monde soit intraitable.
Et à l'inverse, voilà, il faut aussi faire attention. Vous avez aujourd'hui des
milliers de femmes qui travaillent pour les enfants en France et qui
travaillent bien pour ces enfants-là. Et donc autant il faut être intraitable
lorsqu'une personne a commis un acte inadmissible, autant par ailleurs ne
qualifions pas toute périscolaire de France et de Navarre de problématique, ce
n'est pas le cas non plus.
Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement du
territoire et de la Décentralisation)
> [Compensation financière pour l’exercice des compétences du service public
de la petite enfance / Intervention à l’Assemblée] Je vais m’efforcer d’être
brève tout en étant claire. Cette proposition de loi porte sur un sujet
éminemment important, celui du service public de la petite enfance (SPPE), qui
consiste à mettre à la disposition des familles, dans leurs formes diverses et
variées, un service d’accueil de leurs enfants pour faciliter, entre autres,
l’accès à l’emploi. C’est la loi pour le plein emploi qui a créé l’obligation
pour les communes de plus de 3 500 habitants d’organiser un service
public de la petite enfance. Au-delà de l’accès à l’emploi, il s’agit d’un
service essentiel pour les enfants et leurs familles.
Ce texte, voté sans interrogations métaphysiques superflues, prévoit que l’État
doit accompagner financièrement les collectivités pour lesquelles il crée une
obligation. C’est une règle habituelle. La loi définit ce service, qui comprend
quatre compétences, ainsi que les critères d’accompagnement de l’État, qui
tiennent notamment compte de la richesse fiscale et du nombre de naissances,
mais elle restreint l’accompagnement financier aux seules communes soumises à
l’obligation.
Or une difficulté se pose : dans de nombreux territoires ruraux, cette
compétence a été transférée par les communes à l’intercommunalité. Un service
de la petite enfance doit en effet être viable dans la durée et organisé à une
échelle pertinente. Les parents recherchent souvent une solution de garde sur
le trajet entre leur domicile et leur travail et il est parfois plus efficace
de s’organiser à l’échelle de plusieurs communes. Les intercommunalités qui
exercent cette compétence ne perçoivent toutefois pas directement le versement
de l’État. Le présent texte corrige cette anomalie : lorsque les communes
ont transféré la compétence à l’intercommunalité, celle-ci bénéficiera
désormais directement du dispositif financier, dès lors qu’elle remplit les
conditions fixées par la loi.
La proposition de loi soulève en outre une question particulièrement
intéressante s’agissant de l’aménagement du territoire et du principe de libre
administration des collectivités. Des communes qui n’y sont pas tenues par la
loi ont, elles aussi, mis en place un service de la petite enfance. Peut-on,
dès lors, étendre l’accompagnement financier de l’État à ces communes ?
Dans les territoires comptant des communes de moins de
3 500 habitants, le principe de libre administration s’exerce
également et on peut y constater une capacité d’innovation remarquable. Je
rappelle que c’est en Mayenne, un département très rural, qu’a été inventé, à
l’initiative de Jean Arthuis, alors président du conseil général et ministre
des finances, le dispositif des maisons d’assistants maternels (MAM). Ces
communes qui prennent librement l’initiative d’un service indispensable et de
qualité doivent pouvoir, elles aussi, bénéficier de l’accompagnement financier
de l’État.
Le gouvernement l’a dit au Sénat et je le confirme devant vous : il
soutient l’élargissement de l’accompagnement financier aux communes de moins de
3 500 habitants, à des conditions précises. Premièrement, cet
accompagnement ne sera ouvert aux communes non soumises à l’obligation que si
le dispositif qu’elles mettent en œuvre est celui qu’exige la loi pour les
communes soumises à l’obligation d’assurer le SPPE. Deuxièmement, nous
souhaitons encourager l’organisation du service à la maille la plus pertinente,
c’est-à-dire à la maille intercommunale – qui n’est pas nécessairement l’intercommunalité
elle-même –, afin qu’il soit viable. Enfin et surtout – je
l’ai dit clairement et je le répète –, cet accompagnement se fera à
enveloppe constante, celle prévue par la loi de finances pour 2026. D’autres
communes seront donc éligibles, mais à enveloppe constante. Telle est la
condition de l’avis favorable, ou de sagesse, du gouvernement sur cette
proposition de loi.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> La République démocratique du Congo est un pays ami, acteur régional
majeur et pilier de la francophonie. J’ai reçu aujourd’hui Aimé Boji Sangara,
Président de l’Assemblée nationale de la RDC. Je lui ai assuré du soutien de la
France face aux défis sécuritaires et humanitaires dans les Grands Lacs et à la
résurgence d’Ebola. Nos échanges parlementaires renforcent le partenariat entre
nos deux pays au service de la paix, de la stabilité et de la prospérité.
> Au nom de l’humanité. De l’égalité. De l’universalité. Le Code Noir inscrivit l’inhumanité dans le droit. L'Assemblée nationale l’abroge aujourd'hui formellement à l’unanimité. Expliquer sans effacer, reconnaître pour transmettre. 25 ans après la loi Taubira, l'Assemblée nationale continue à regarder notre passé avec lucidité.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> La cause de l’École doit être mise au-dessus de tout. C’est sur elle que
les espoirs de nos compatriotes se reposent. C’est l’École qui nous permettra
de redevenir une nation d’ingénieurs, de scientifiques, d’artisans, d’ouvriers.
Très heureux de rencontrer les élèves et les professeurs du Lycée Jean Zay et
Benjamin Franklin d'Orléans qui suivent un programme spécifique consacré à
l’intelligence artificielle. Pour faire de l’IA une chance, nous devons former,
investir, entreprendre, créer des programmes souverains et l’exploiter pour
produire toutes les richesses dont notre pays a besoin.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Les attaques climatosceptiques de plus en plus agressives contre les
journalistes, les scientifiques ou les météorologues traduisent une progression
très inquiétante du discours populiste en France. Cela ne doit pas nous faire
détourner le regard de la réalité. Oui, le dérèglement climatique est là. Et
non, y répondre ne signifie pas céder au déni ou au discours de la fin du
monde. Bien au contraire, nous devons avancer. Pour cela, nous avons le Plan
national d’adaptation au changement climatique. Maintenant, il faut le
dérouler.
> On sait que nous allons affronter des épisodes climatiques plus extrêmes : des vagues de froid, de chaud, de sécheresse, d’inondations. Face à cela, nous devons tenir deux lignes en même temps : continuer à réduire nos émissions de gaz à effet de serre - qui ont déjà baissé de 25 % en 8 ans - et nous adapter. S’adapter, c’est anticiper l’impact de ces différents aléas climatiques, comme nous l’avons fait en lançant le plan de rénovation des écoles en 2023, avec déjà plus de 6 500 écoles rénovées, contrairement à ce que veulent faire croire les Écologistes.
> Marine Tondelier et les Écologistes sont parfaits dans le rôle des inspecteurs des travaux finis. Rappelons que le budget de la mission écologie a été multiplié par deux depuis 2016. Il n’y a qu’un seul autre portefeuille ministériel qui a bénéficié d’un tel effort budgétaire : les Armées. Nous avons baissé les émissions de gaz à effet de serre depuis 2017 quatre fois plus vite que sous le quinquennat Hollande auquel participaient les écologistes. Alors bien sûr qu’il faut aller encore plus loin. Mais il serait bon d’arrêter de raconter n’importe quoi.
> Il me semble que de Xavier Bertrand à Bernard Cazeneuve ou Raphaël Glucksmann, nous partageons des valeurs communes : une exigence vis-à-vis de l’Europe - tout en ayant conscience qu’elle est notre meilleure assurance face à des puissances comme les États-Unis ou la Chine - la croyance dans le progrès, dans un agenda social et écologique, ou encore l’engagement sur des sujets comme parité, la lutte contre les discriminations ou l’assignation à résidence. Bien sûr, il existe des nuances. Mais il n’y a pas d’incompatibilité radicale. En revanche, nous avons des incompatibilités radicales avec le Rassemblement national comme avec La France insoumise.
Elisabeth Borne (députée)
> Chacun doit saisir le potentiel comme les limites de l’intelligence
artificielle. En tant que ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche, j’ai demandé à ce que des formations dédiées
soient dispensées à nos collégiens et lycéens afin qu’ils apprennent à
maîtriser ces outils sans jamais renoncer à l’esprit critique ni à la capacité
de raisonner par eux-mêmes.
Marc Ferracci (député)
> À Solaize, j’ai visité le site lyonnais d’IFP Energies nouvelles, acteur
majeur de la recherche et de l’innovation dans les domaines de l’énergie, de la
mobilité et de l’environnement. L'IFPEN, ce sont de nombreux collaborateurs et
des chercheurs mobilisés pour faire émerger les technologies dont notre pays a
besoin pour décarboner son économie, réduire ses dépendances et renforcer sa
base industrielle. La visite a permis de mesurer concrètement la capacité de
l'IFPEN à accompagner la montée en échelle des technologies, depuis la
recherche jusqu’aux pilotes industriels : recyclage des batteries, chimie
biosourcée, biocarburants et carburants durables d’aviation, recyclage des
plastiques, captage, stockage et utilisation du CO2, électro-carburants. Ces
filières ne sont pas seulement des sujets de recherche. Elles sont au cœur de
notre souveraineté industrielle. En tant que ministre de l’Industrie et de
l’Énergie, j’ai pu mesurer combien le travail d’IFPEN est essentiel. Aux côtés
des équipes de la Direction générale de l’énergie et du climat, l’IFPEN
accompagne la montée en puissance de filières stratégiques et contribue à faire
de la transition énergétique un levier concret de réindustrialisation. Avec ses
partenaires l’FPEN contribue à transformer l’innovation en projets industriels
concrets sur nos territoires : batteries, carburants renouvelables, économie
circulaire, recyclage, chimie bas carbone. Plusieurs projets représentent près
de 1 000 emplois directs en France à horizon 2030. Voilà l’ambition que nous
portons : faire de la transition énergétique un levier de réindustrialisation
et d’indépendance pour la France. Merci à Cécile Barrère-Tricca, Directrice
générale adjointe, Benjamin Herzhaft, Directeur général adjoint, Arnaud Baudot,
Directeur Centre Résultats Chimie pour l’Industrie, et Raphael Huyghe,
Directeur Centre de Résultats Produits Energétiques, pour leur accueil et la
qualité de nos échanges.
> Urgo franchit le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaire. Cette ETI bourguignonne fabrique 80% de ses produits en France. Une vraie fierté industrielle et une nouvelle d’espoir pour le secteur. Urgo, c'est des pansements, des dispositifs médicaux, des compléments alimentaires. Des produits du quotidien, présents dans les pharmacies du monde entier. Et ça marche. Triplement du chiffre d’affaire en dix ans, en investissant dans l’innovation et l’international. Urgo s’implante outre-Atlantique, aux Etats Unis, et préserve une croissance forte et durable. Urgo assume cette stratégie gagnante : investir français plutôt que de délocaliser. 330M d'euros en R&D ; 200M dans ses sites français entre 2000 et 2025. Et maintenant 150 millions d'euros supplémentaires annoncés pour les prochaines années. Une nouvelle usine dans la Loire va ouvrir. 35 000m2 dédiés aux bandes de compressions. 200 emplois à la clef en dix ans. C'est le modèle qu'on veut encourager : une entreprise d’avenir qui gagne des parts de marché à l’international en produisant français.
> L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la proposition de loi portant abrogation du Code noir. Ce texte de 1685 avait organisé l’esclavage dans les colonies françaises et réduit des femmes, des hommes et des enfants au statut de biens meubles. 178 ans après l’abolition définitive de l’esclavage, 25 ans après la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, la République devait accomplir cet acte de clarté. Abroger le Code noir, c’est refuser de laisser dans notre corpus juridique le symbole d’un système inhumain, raciste et contraire à toutes nos valeurs. C’est aussi réaffirmer ce qui fonde notre République : la liberté, l’égalité, la fraternité. Je salue le travail de Max Mathiasin, du Groupe LIOT et de tous ceux qui ont permis ce vote transpartisan, attendu notamment par nos concitoyens ultramarins. Regarder notre passé avec lucidité, c’est aussi construire une mémoire plus juste et plus apaisée.
> Pas de transition écologique sans création de richesses. Décarboner notre économie, financer notre souveraineté énergétique et l’adaptation au dérèglement climatique : tout cela exige des moyens. On ne financera pas ces priorités avec des slogans. On les financera en créant plus de richesses. Cela veut dire travailler plus nombreux. Cela veut dire améliorer notre productivité. Cela veut dire faire de l’IA un vrai levier de transformation pour nos entreprises, et pas seulement un investissement technologique de plus. La question centrale pour 2027 sera celle-ci : qui portera un projet crédible pour permettre à la France de produire plus et financer son avenir ? Voilà le débat que nous devons avoir.
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> Le chacun pour soi des États européens dans la relation avec la Chine est
une impasse. Stéphane Séjourné a raison d’appeler à une véritable stratégie
européenne. Si nous ne voulons pas être balayés, nous devons muscler notre
arsenal de défense commercial.
Ludovic Mendes (député)
> [Abrogation du code noir / Intervention à l’Assemblée] Au-delà de sa
portée juridique, le texte répond à une exigence morale, historique et
républicaine, qui nous place face à nos contradictions les plus profondes. Le
Code noir n’est pas un simple vestige administratif, une relique poussiéreuse
dans les archives coloniales. Il fut l’ossature juridique d’un crime contre
l’humanité, d’un système organisé, méthodique, qui a nié l’humanité de millions
d’êtres humains au nom de la prospérité économique et de la puissance
impériale.
Il a légalisé l’innommable : la réduction d’hommes, de femmes et d’enfants
en biens meubles, la violence institutionnalisée, la séparation des familles,
l’arbitraire le plus absolu. Il a fait de la souffrance un article de loi, de
la déshumanisation une norme, et de l’injustice un héritage. Le Code noir
n’était pas une exception dans notre histoire. Il en était un pilier, un pilier
sur lequel s’est construite une partie de la richesse de la France ; un
pilier qui a façonné des mentalités, des hiérarchies, des préjugés, qui
aujourd’hui encore rongent le corps social et empoisonnent le vivre-ensemble.
Oui, la France a reconnu la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité
avec la loi Taubira de 2001. Oui, notre nation honore, chaque 10 mai, la
mémoire des victimes de l’esclavage. Mais à quoi bon des symboles si les actes
ne suivent pas ? À quoi bon des discours si les textes fondateurs de
l’oppression subsistent, comme une tache indélébile sur notre contrat
social ?
Voici l’inacceptable : les articles du Code noir n’ont jamais été explicitement
abrogés. Ils planent, fantomatiques, au-dessus de notre droit, comme un rappel
silencieux que la République a, pendant des siècles, fermé les yeux sur
l’inhumanité, quand elle servait ses intérêts. Cette anomalie n’est pas
qu’historique, elle est politique, morale et profondément révélatrice. Elle
révèle que la France, patrie des Lumières, a aussi été la patrie de
l’ombre ; que la devise Liberté, Égalité, Fraternité a longtemps
cohabité avec l’esclavage, la colonisation et le racisme d’État.
Abroger le Code noir n’est pas faire œuvre d’archéologie juridique. C’est non
seulement un acte de réparation symbolique, mais surtout un acte de
rupture : rupture avec un passé qui nous hante, avec les compromissions
qui ont trop souvent prévalu au nom de la raison d’État. Ce n’est pas juger nos
ancêtres avec la sévérité de notre époque, c’est refuser que leur héritage
empoisonne encore le nôtre. Car le racisme n’est pas un résidu du passé, il est
une réalité vivante, insidieuse, qui se niche dans les institutions, les
discours, les regards, les opportunités refusées. Le racisme se cache derrière
des mots en apparence anodins, des stéréotypes tenaces, des inégalités
structurelles qui persistent génération après génération. Il se manifeste dans
les discriminations à l’embauche, dans les quartiers relégués, dans les
discours politiques qui désignent des boucs émissaires.
En 1685, la République a failli en promulguant le Code noir. Elle a failli en
1848, en abolissant l’esclavage tout en maintenant le travail forcé. Elle a
failli en 1946, en départementalisant les colonies tout en niant leurs
spécificités culturelles et historiques.
Cette abrogation est un devoir de cohérence. Comment prétendre incarner les
valeurs universelles de liberté et d’égalité quand on laisse subsister, ne
serait-ce que symboliquement, les textes qui les ont piétinées ? Comment
demander à nos concitoyens ultramarins de se sentir pleinement français quand
la République n’a pas encore tourné la page de ce qui les a brisés ? Cette
abrogation est un geste attendu par eux depuis des siècles : un geste de
reconnaissance, de considération, de dignité retrouvée. Cependant, soyons
clairs : aussi nécessaire soit-il, ce geste ne suffira pas à effacer les
traumatismes, à réparer les injustices, à briser les chaînes invisibles du
racisme.
Il nous faut regarder notre histoire en face, comprendre que le droit colonial
a façonné nos institutions, mesurer comment ces héritages pèsent encore sur nos
lois, nos mentalités, nos inégalités. Car on ne construit pas l’avenir sur des
mensonges. Nos devoirs sont les suivants : la vérité, la justice et
l’action. Nous devons faire œuvre non d’oubli ni de repentance stérile, mais de
vérité sur ce que fut l’esclavage : il ne fut pas une parenthèse
malencontreuse, mais un système essentiel à l’enrichissement de la France. Nous
devons aussi faire œuvre de justice pour les descendants de celles et ceux qui
ont souffert, résisté et survécu. Enfin, nous devons agir contre les
discriminations, contre les inégalités, contre le racisme qui, sous des formes
nouvelles, perdure et se banalise.
La mémoire apaisée ne se décrète pas, elle se construit avec des actes forts,
comme l’abrogation du Code noir ; avec des politiques publiques
ambitieuses dans l’éducation, le logement, l’emploi et la culture ; avec
une volonté politique sans faille de déconstruire les préjugés et de garantir à
chacun, quelles que soient ses origines, la place qui lui revient dans la nation.
C’est dans cet esprit de responsabilité, de lucidité et d’unité nationale que
le groupe Ensemble pour la République votera en faveur du texte. Soyons clairs,
néanmoins : ce vote ne sera qu’une étape vers une République enfin fidèle
à ses principes, qui assume son passé pour mieux construire son avenir, une
République où personne ne sera jamais plus traité comme un sous-homme, un
sous-citoyen, un éternel étranger dans son propre pays. La lutte contre le
racisme n’est pas un combat parmi d’autres, c’est le combat pour l’âme de la
République. Ce combat, nous devons le mener sans relâche, sans compromis et
sans illusion. Car, comme l’écrivait Aimé Césaire : « Une
civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son
fonctionnement est une civilisation décadente. » À nous de prouver que la
nôtre est encore capable de se réinventer.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> En 30 ans la population de loups est passée de 2 à 1200. Protéger le loup,
oui. Mais pas au prix de l'abandon du pastoralisme et de notre modèle
d’élevage. Ni au prix d’un sentiment d’injustice ou de mépris vis-à-vis des
éleveurs. Face aux dogmes, toujours chercher l’équilibre.
Frantz Gumbs (député)
> [Abrogation du code noir / Intervention à l’Assemblée] Certains votes
ressemblent à tous les autres ; d’autres vous rappellent par quels chemins
vous êtes arrivé là. Le vote sur ce texte est de ces derniers.
Nous allons abroger le Code noir – officiellement, définitivement. Nous allons
mettre fin à l’existence juridique d’un texte qui a organisé, pendant 150 ans,
l’esclavage dans les colonies françaises. Ce n’est pas un geste anodin. Cette décision
que l’Assemblée pouvait prendre depuis longtemps, nous la prenons aujourd’hui.
Je suis de l’île antillaise de Saint-Martin : une île marquée, elle aussi,
par la traite et par l’esclavage. C’est également une île qui a participé à
l’histoire de son abolition. C’est dans ses salines qu’Auguste-François
Perrinon, né d’une mère esclave affranchie, a mené à partir de 1844 ses
expérimentations de travail libre. Il a démontré, chiffres à l’appui, que des
ouvriers payés travaillaient mieux que des hommes esclavisés. Ses conclusions
ont nourri les travaux de Schœlcher et c’est Perrinon que Schœlcher a choisi
pour l’aider à rédiger les décrets d’abolition de 1848.
L’histoire de l’émancipation passe donc par Saint-Martin. C’est d’ailleurs
aujourd’hui, le 28 mai, que nous y commémorons l’abolition de l’esclavage,
après la Martinique le 22 et la Guadeloupe le 27. Aussi le texte que nous
examinons me touche-t-il personnellement.
Notre pays a réellement progressé dans ce travail de mémoire. La loi Taubira de
2001 a reconnu la traite et l’esclavage en tant que crimes contre l’humanité.
C’était un acte fort, courageux et nécessaire. Ce que nous faisons aujourd’hui
s’inscrit dans cette continuité. Nous ne recommençons pas, nous allons jusqu’au
bout.
Car le Code noir, lui, n’a jamais été abrogé – pas
en 1794, pas en 1848. Il est toujours là, dans notre corpus juridique, comme
une anomalie que personne n’a encore voulu corriger formellement. On dit
parfois que ces textes ne produisent plus aucun effet. C’est vrai ; mais
le droit, ce n’est pas que de la technique. Le droit, c’est ce qu’une nation
dit d’elle-même. Tant que ce code demeure, nous laissons subsister dans notre
ordre juridique un texte définissant des êtres humains comme des biens meubles,
sans nom – juste un matricule ; un texte qui numérotait
les châtiments et qui encadrait la mort de ceux qui osaient fuir. Ce sont des
articles numérotés, enregistrés et appliqués sur des terres qui sont aujourd’hui
françaises.
Abroger ce texte, ce n’est pas réécrire l’histoire ; c’est l’assumer
pleinement. C’est dire que la République regarde son passé sans le fuir et qu’elle
en tire les conséquences dans son droit.
Je veux dire un mot pour les territoires ultramarins. Dans nos îles, les
héritages de l’esclavage ne sont pas seulement mémoriels : ils sont
économiques, sociaux, culturels.
Ils se lisent dans les inégalités, dans les histoires de famille, dans ce
rapport complexe – fait parfois d’amour, mais aussi de haine –
que certains entretiennent avec cette République qui fut longtemps celle du
Code noir. À ces territoires, ce vote dit : nous vous entendons ;
nous assumons ce que cette République a fait et nous faisons en sorte que son
droit soit enfin pleinement en accord avec ses valeurs.
Le premier ministre lui-même a parlé d’« anomalie historique » :
corrigeons-la. Pas dans la polémique ni la revanche, mais avec la sérénité de
ceux qui savent qu’un acte juste, même tardif, reste un acte juste. Je voterai,
ainsi que mon groupe, pour cette proposition de loi – avec
conviction, et avec la fierté de représenter une île dont les enfants ont
contribué à écrire l’histoire de la liberté.
Permettez-moi de conclure sur une note personnelle. En ce moment si
particulier, je pense à tous les chemins de cette histoire vieille de trois
cents ans qu’il a fallu que je suive, de force ou de gré, pour être devant
vous, ici, aujourd’hui.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> J’apporte toute ma solidarité à la Roumanie touchée cette nuit par un
drone russe. La Russie a choisi l’escalade dans sa guerre d’agression contre
l’Ukraine, utilisant des armes toujours plus fortes contre les populations
civiles et menaçant gravement les pays voisins membres de l’UE. Une limite a
été franchie. Nous devons nous montrer intransigeants contre le Kremlin,
accroître notre politique de sanctions et notre soutien à Kyiv pour que la
sécurité de l’Europe toute entière soit préservée.
Pascal Canfin (député)
> L'ouverture du leasing social aux voitures électriques d'occasion pour les
aides à domicile est une bonne nouvelle.
Depuis des années, je me bats pour l’ouverture du leasing social sur des
véhicules d'occasion après l’avoir obtenu pour les voitures neuves.
Subventionner un véhicule d'occasion coûte moins cher à l'État qu'un véhicule
neuf. C'est du bon sens budgétaire : nous pouvons toucher davantage de Français
avec la même enveloppe d'argent public. Et c'est surtout une mesure de pouvoir
d'achat concrète pour ceux qui n'ont pas accès au marché du neuf, c’est-à-dire
l’immense majorité des Français.
Notre devoir en tant que responsables politiques, c'est de construire des
solutions pour que les alternatives écologiques soient accessibles à tous.
Étendre le leasing social à l'occasion pour les aides à domicile est donc une
première ouverture vers des personnes qui ne peuvent se passer de leur voiture
pour aller soigner nos aînés et qui prennent de plein fouet les conséquences de
l’augmentation du prix du pétrole.
Après quelques mois de test pour tirer les leçons de cette nouvelle politique
publique, nous pourrons envisager de continuer à étendre le leasing social de
voitures d’occasion à d’autres métiers.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Les enfants ont pris la
parole dans le cadre des Assises du soutien à la parentalité ! Écrans, dialogue
avec les parents, écoute : des propositions concrètes et précieuses. Elles
nourriront directement nos travaux. On ne peut pas penser la parentalité sans
entendre les enfants.
> Les réseaux sociaux n’ont, ni fait le jeu de la modération, ni fait attention à la conséquence sur la dégradation de la santé mentale. On a aujourd’hui des procès visant TikTok, Meta, où on a vu malheureusement (…) les conséquences du cyberharcèlement (…). Moi, je fais partie de ceux qui considèrent que pour les mineurs, (…) il faut du «safe child by design», il faut concevoir des espaces et des outils conçus par essence pour les enfants – sans «scroll infini» et sans «conceptions addictives» comme les «dark patterns», ces interfaces destinées à nous manipuler pour nous inciter à rester sur la plateforme.
> Je pense qu’aujourd’hui, une plateforme qui accepte et qui publie et qui édite, devrait avoir la même responsabilité qu’un éditeur, qu’un directeur éditorial. (…) Je pense que ça va arriver dans les prochaines étapes. (…) Et si je vais un peu plus loin, demain, une marketplace qui se décharge sur un vendeur qui vendrait sur sa plateforme des produits interdits, pour moi, ça n’a aucun sens. Si elle accepte de toucher une commission sur le produit vendu, s’il est illégal ou dangereux, elle porte une responsabilité, ça reste son site, même si elle n’est pas le vendeur direct mais l’intermédiaire.
> Ça peut faire sourire parfois, mais je dis aux parents, franchement, jouez avec vos enfants, demandez-leur comment ça se passe sur leurs réseaux, dans leurs groupes, et c’est quoi les nouvelles tendances. Parce que si on ne s’intéresse pas à ce qu’ils font dans leur vie pour le coup virtuelle et numérique, si on prend pas cette habitude, on passera à côté d’un pan entier de leur vie.
> L’éducation au numérique devrait devenir une matière à part entière. Comme on l’a fait dans d’autres secteurs, on a considéré que savoir rouler et savoir nager étaient des essentiels de vie. En fait, la question de l’usage et la manière dont, je pense, une citoyenneté numérique se conçoit, finira par être considérée comme essentielle.
● Propos collectifs
> [Tribune: «Sport: Toute une filière est aujourd’hui menacée»] Le sport
professionnel français vit un paradoxe. Du PSG à l’UBB en passant par la JDA
Dijon, jamais nos clubs n’ont autant rayonné en Europe ; pourtant jamais leur
structure économique n’a paru aussi fragile. Les chiffres donnent le vertige :
près de 500 M€ de pertes pour les seuls clubs de L 1 en 2025, une valeur de
leurs droits TV qui s’est effondrée de plus des deux tiers en 10 ans. Et à ce
choc s’ajoute le piratage qui prive l’ensemble des ayants droit du sport
professionnel de 300 M€.
Tous les clubs n’ont pas la chance de disposer d’un actionnaire capable
d’éponger de tels déficits. La rétrogradation administrative des Girondins de
Bordeaux à l’été 2024, ou la liquidation du club de basket féminin de Tarbes en
janvier dernier, ne sont pas des accidents isolés : ce sont des avertissements
adressés à toute une économie. Aucune ville phare de notre sport, dans aucune
discipline, n’est aujourd’hui à l’abri d’un scénario comparable.
Et c’est toute une filière qui est aujourd’hui menacée. L’impact du sport
professionnel pèse près de 8 mds € et 50 000 emplois. C’est un patrimoine
vivant, fait d’identités locales et de fiertés collectives bâties par des
générations de supporters, de bénévoles, de dirigeants. C’est aussi un pilier
financier du sport amateur, par la solidarité que nos lois ont instituée et
qu’aujourd’hui le contexte européen menace. Le laisser dériver, c’est
fragiliser les terrains de quartier, les écoles de jeunes, la pratique de
millions de Français. Le handball, le volley, ou le sport professionnel
féminin, en pleine structuration, attendent eux aussi ce cadre.
Ce texte est une réponse concrète et immédiate. Sur le piratage d’abord, il
instaure un dispositif de blocage automatisé, sous le contrôle de l’Arcom, à
l’image du Royaume-Uni où près de 10 000 adresses IP sont bloquées chaque
week-end. Un dispositif qui doit impérativement être opérationnel dès la
reprise de nos championnats.
Urgence aussi sur la gouvernance, alors que se profile un nouvel appel
d’offres des droits TV de la L 1 qui ne pourra se dérouler dans de bonnes
conditions sans des instances de discussion stables, lisibles et légitimes. Les
relations entre les fédérations et les ligues sont ainsi modernisées et la LFP
et sa filiale commerciale, LFP Media, seront refondues en une seule entité :
une société détenue par les clubs eux-mêmes pour défendre collectivement
l’intérêt général du football français et non l’addition d’intérêts
particuliers. C’est la première condition d’une répartition plus équilibrée des
ressources, et du retour de la glorieuse incertitude du sport.
Le texte assortit cette refondation d’éléments de régulation majeurs :
ouverture à de véritables ligues professionnelles féminines, protection
effective des sportifs face aux menaces et pressions des parieurs, renforcement
de l’interdiction des paris sportifs aux mineurs ; incompatibilités strictes
des fonctions dans les ligues à l’égard des diffuseurs et des opérateurs de
paris sportifs, contrôle de la Cour des comptes.
Renvoyer ce texte à plus tard, ce serait faire payer aux clubs, aux
salariés, aux supporters et au sport amateur le prix d’une inaction choisie.
Inscrire ce texte avant l’été, c’est protéger un bien commun et honorer une
responsabilité collective. Le Gouvernement a aujourd’hui la possibilité de
faire aboutir, en temps utile, un texte que les deux chambres et la
quasi-totalité des forces politiques soutiennent. Nous l’y invitons. Sans
nouveau report, sans nouveau prétexte. Le calendrier économique de nos clubs et
championnats, lui, ne se reporte pas.
[Parmi les cosignataires,
les députées Sophie Mette (MoDem), Véronique Riotton (EPR), Agnès
Pannier-Runache (EPR), Christine
Le Nabour (EPR)]

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