vendredi 30 juin 2023

Actualité du Centre. Obama optimiste pour la démocratie

Lors d’un entretien avec la chaine CNN, l’ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, s’est dit malgré pour l’avenir de la démocratie dans son pays et dans le monde malgré la montée de l’intolérance et des radicalismes souvent extrêmes et ceci grâce à la jeunesse.

Il estime par ailleurs que les électeurs diront non à Trump en 2024 et que Joe Biden sera capable d’unir autour de lui les démocrates.

En outre, il s’est dit inquiet sur la manipulation des faits par certains médias.

 

Voici ses propos:

- La démocratie gagnera-t-elle?
Il est incontestable qu'une combinaison de forces a mis d'énormes pressions sur la démocratie et que nous avons assisté dans le monde entier à une réaction contre les idéaux démocratiques. Ce n'est pas unique à un seul endroit. C'est arrivé en Europe. Cela s'est produit aux États-Unis. C'est arrivé autour de la Méditerranée. Ça se passe en Asie.
La raison pour laquelle je reste optimiste est que je crois, en particulier lorsque je rencontre des jeunes dans le monde entier, qu’il y a toujours une croyance fondamentale dans la dignité et la valeur des individus et leur volonté de déterminer à quoi doit ressembler leur vie. Je pense que c'est ce que veulent les jeunes. Mais nos institutions démocratiques existantes sont grippées et que nous allons devoir les réformer.

- Qu'en est-il des institutions grippées aux États-Unis?
C'est loin de l'idéal, non? Mais le fait que nous ayons un ancien président qui doit répondre aux accusations portées par les procureurs fait respecter cette notion fondamentale que personne n'est au-dessus de la loi. Et les accusation à son encontre sont désormais réglées par un processus judiciaire. Je suis plus inquiet, pour ce qui est des États-Unis avec le fait que non seulement un individu en particulier est accusé d'avoir sapé les lois existantes, mais que plus largement, nous avons vu – que ce soit par le charcutage des circonscriptions électorales, par les tentatives de faire taire les critiques, par les changements dans les processus législatifs, par les intimidations de la presse – le développement d’un sentiment anti-démocratique.
Ce sont des comportements qui sont en ce moment plus développés dans le Parti républicain, mais je ne pense pas que ce soit quelque chose qui est unique à un seul parti. Je pense qu'il y a moins de tolérance aux idées qui ne nous conviennent pas et, en quelque sorte, les habitudes d'un échange d'idées libre et ouvert ainsi que l'idée que nous acceptons tous les mêmes règles du jeu – même si les résultats sont pas toujours ceux que nous espérons – se sont affaiblies depuis que je suis parti de la Maison blanche et nous devons retrouver ces comportements à nouveau.

- Qu'arrivera-t-il à la démocratie si Trump gagne à nouveau?
La bonne nouvelle est que, grâce au mécanisme du vote, le peuple américain aura l'occasion de réaffirmer sa croyance dans la démocratie américaine. Et l'autre chose, c’est que ce qui se passe aux États-Unis est important dans le monde. L'idée de l'Amérique, l'idée de la possibilité d'un pays multiracial, multiethnique, multireligieux, grand, grand et compliqué étant capable de fonctionner comme une démocratie, c'est une idée importante pour le monde.
Et quand il semble que la démocratie américaine se décompose, alors je pense que cela encourage ceux qui ne croient pas à la démocratie dans le monde, et cela inquiète et affaiblit les forces démocratiques dans d'autres endroits.

- Comment les présidents devraient-ils s'engager avec les dirigeants mondiaux accusés de violations des droits de l'humain?
Je pense qu'il est approprié pour le président des États-Unis, où il ou elle le peut, de maintenir les principes des droits humains et de contester, que ce soit à huis clos ou en public, des pratiques troublantes. Et donc je suis moins préoccupé par les étiquettes que je ne m'inquiète des pratiques spécifiques.
Je pense qu'il est important pour le président des États-Unis de dire que si vous avez des Ouïghours en Chine qui sont placés dans des camps de masse et «rééduqués», c'est un problème. C’est un défi pour nous tous, et nous devons y prêter attention. Je pense que si le président rencontre le Premier ministre Modi, alors la protection de la minorité musulmane dans une majorité de l'Inde hindoue est quelque chose qui mérite d'être mentionnée. Si j'avais une conversation avec le Premier ministre Modi, que je connais bien, une partie de mon argument serait que si vous ne protégez pas les droits des minorités ethniques en Inde, alors il y a une forte possibilité qu’il y ait un mouvement séparatisme qui se forme. Et nous avons vu ce qui se passe lorsque ces conflits internes importants éclosent qui sont contraire aux intérêts non seulement de l'Inde musulmane, mais aussi de l'Inde hindoue.

- Que devrait faire Biden différemment pour unir les démocrates?
Je pense que dans un environnement médiatique si encombré, il est très difficile de percer jusqu'à l'heure des élections. Vous vous souvenez que lorsque je me suis présenté à ma réélection en 2012, mes pourcentages dans les sondage n'étaient pas très bons, et nous avons fini par gagner confortablement.
Cela provenait en partie de ce que nous avions juste commencé à faire campagne. Et quand nous avons pu faire passer notre message les gens ont dit, oui, cette politique ou cette mesure ou cette chose faite m'a un peu irrité mais dans l'ensemble, je pense qu'il a fait un bon travail. Et je pense que c'est ce qu'ils vont également conclure à propos de Joe Biden.

- Aurait dû tout faire pour résister à Vladimir Poutine lorsque la Russie a envahi la Crimée en 2014?
Je pense en fait que, étant donné à la fois là où se trouvait l'Ukraine et quel était l'état d'esprit européen à l'époque, nous avons tenu la bonne ligne. Et une partie de ce qui s'est passé depuis, c’est la montée d’un sentiment d'identité ukrainienne séparée de la Russie, une détermination à s’opposer à la Russie et une capacité à se préparer, à la fois militairement et civiquement, à résister à la pression russe. Les Ukrainiens ont construit cette identité et cela fait partie de la raison pour laquelle ils ont pu répondre comme ils l'ont fait lors de l’invasion illégale et incroyablement cruelle par les forces russes.

- Les positionnements politiques des médias ne sont pas en opposition de l'expérience quotidienne des Américains?
Il y a encore un tas de gens qui sont plus conservateurs politiquement que je ne suis sur des questions sociales, sur des questions économiques mais que je considère comme de bonnes personnes, des gens réfléchis de qui j'ai appris et avec qui j'aime avoir des conversations. Et donc, les polarisations qui sont à l’œuvre dans notre politique nationale ne sont pas identiques à ce qui se passe dans le quotidien. Mais ce qui est vrai, c'est qu'en partie à cause de l'endroit où les gens obtiennent des informations ces jours-ci, si vous regardez Fox News ou suivez un animateur de radio de droite ou obtenez des flux Facebook dans cette bulle, votre réalité est différente de celle d’un lecteur du New York Times ou d’un téléspectateur de CNN. Et lorsque les gens obtiennent des faits fondamentalement différents, ou ce qu'ils pensent être des faits, et que leurs visions du monde sont tellement biaisées dans une direction ou une autre, alors c’est très difficile pour la démocratie.

 

 

La quotidienne centriste du 29 juin 2023. Que nous disent les réactions à la mort de Nahel M., tué par un policier

Rappelons d’abord quelques évidences dans la mort de Nahel M.:

- Ce n’est pas la «république», la «police» ou la «société» qui a tué Nahel M. mais un policier c’est-à-dire un individu qui n’avait reçu aucun ordre, aucune mission d’agir comme il a agi et qui se retrouve en prison, inculpé d’homicide volontaire.

- Ce policier n’aurait jamais dû faire usage de son arme car sa vie n’était pas en danger comme le montrent les images et il ne s’agissait pas d’un grand délinquant dangereux face à lui.

- Nahel M. était manifestement en infraction quand il a été contrôlé par deux policiers et son refus d’obtempérer en était une autre; sans celle-ci, il serait toujours vivant.

- Les casseurs qui descendent dans la rue n’ont aucune légitimité à représenter la victime.

- C’est à la justice de la république de dire ce qui s’est passé et de juger le policier.

- Jamais personne ne devrait mourir dans ces circonstances.

Parlons maintenant des réactions politiques.

Celles de l’extrême-gauche et de l’extrême-droite ainsi que des people médiatiques ont surtout visé à instrumentaliser un drame pour s’en prendre aux valeurs de la république, stigmatiser une profession ou une communauté, non à rendre hommage à monsieur Nahel M.

Pour LFI mais aussi la Nupes, il faut s’emparer de tout ce qui peut affaiblir le gouvernement et le président de la république en jouant à fond cette «fake indignation» dont le but est de susciter sans cesse de l’émotion négative qui peut se transformer en haine et en violence en vue de créer le chaos et, in fine, la révolution.

Pour le RN, il s’agit de dénoncer le désordre, l’incapacité du pouvoir en place de garantir l’ordre ainsi que la sécurité et de se poser en parti responsable qui agirait de manière forte et sans état d’âme pour mettre fin à la chienlit.

Deux stratégies qui nécessitent de dénoncer l’action et les réactions des partis de l’axe central qui défendent l’ordre républicain.

Deux stratégies qui, par des moyens différents, ont le même objectif, la destruction de la démocratie républicaine libérale.

 

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]