vendredi 1 mai 2026

Propos centristes. France – Santé mentale des jeunes / Lutte contre les sites pédocriminels / Conséquences du choc pétrolier / Non-prolifération nucléaire/ Climat et résilience…


Voici une sélection, ce 1er mai 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Ce que nos militaires sont capables d’accomplir est extraordinaire. Nous pouvons être très fiers de nos armées et de leur force d’âme. La France est puissante !

> Je suis fier des Françaises et des Français qui assurent notre capacité d’engagement et notre efficacité au combat.

> Saint-Nazaire change le monde!
Première bonne nouvelle: Accor a mis à l’eau le plus grand voilier du monde, l’Orient Express Silenseas. Un deuxième est prévu à l’été 2027. Prouesse technologique née aux Chantiers de l’Atlantique, fierté française.
Deuxième annonce : Cargill décide d’investir 130 millions d’euros pour décarboner son site. L’entreprise va éliminer environ 90% de ses émissions de CO2.
Artisanat, excellence, industrie, tourisme, gastronomie : avec Choose France, nous faisons rayonner le génie français. C’est bon pour nos emplois, pour la vie de nos territoires et pour nos objectifs climatiques. On garde le cap !

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Suivi de la crise énergétique.
1/ Le « surplus de fiscalité » pour l’Etat est de 170 M€ à ce jour. Il faut dissiper définitivement toute fausse idée que l’Etat « profiterait de la crise » : chaque euro sera donc réaffecté aux mécanismes d’aides directes pour les Français. Aussi longtemps que la crise durera.
2/ Les aides sont en cours de déploiement, avec pour objectif le soutien à l’activité :
- une indemnité pour les 3 millions de travailleurs grands rouleurs ;
- des dispositifs sectoriels ciblés et construits avec les filières économiques concernées.
3/ Sur les gains pour les producteurs et raffineurs, le débat doit être posé sereinement: si profits exceptionnels, ils doivent être redistribués d’une manière ou d’une autre.
4/ La grande distribution doit, elle aussi, continuer à faire la transparence, en lien avec les services de l’Etat.
La situation est difficile pour les Français. Plus la guerre dure, plus ses effets pèsent sur leur quotidien : le gouvernement adaptera évidemment les réponses en conséquence.

> Des cyberattaques ont lieu tous les jours. Depuis le début de l'année, des millions de Français subissent des vols de données. Une interpellation vient d'avoir lieu. Ce qu’il s’est passé n’est pas acceptable : il y a eu des failles. Toutes les conséquences seront tirées. Cet après-midi, je me rendrai à l’ANTS. Il faut changer de méthode pour mieux protéger les données des Français.

 > [Conséquences du choc pétrolier / Intervention au Sénat] Nous le savons tous et le constat a été relayé sur l'ensemble des travées de cet hémicycle : la situation est évidemment très difficile pour nos concitoyennes et concitoyens.
Nous sommes tous connectés à nos territoires. Plus la guerre dure – car il s'agit bien d'une guerre –, plus ses effets se font sentir sur le portefeuille des Françaises et des Français, mais aussi, d'ailleurs sur l'ensemble de notre économie.
Je m'associe, bien évidemment, à l'hommage que le président du Sénat a rendu au début de cette séance à nos soldats morts au Liban.
Sans chercher à éluder votre propos, nous ne devons pas cacher aux Françaises et aux Français les effets des deux guerres que nous connaissons : la guerre en Ukraine, d'une part, qui continue et dont on parle trop peu, la guerre au Moyen-Orient, d'autre part.
Nous traversons une crise des prix. Pour le moment, l'inflation, qui est importée, est due non pas à une crise des capacités de production au Moyen-Orient, mais à une crise de la circulation maritime.
De toute évidence, nous payons le fait que les négociations entre les belligérants s'enlisent et patinent. Cela se ressent immédiatement, naturellement, sur le cours des marchés.
Je souhaitais commencer par là, car les Françaises et les Français sont pleins de bon sens. Ils forment un peuple politique, qui s'intéresse aussi à la géopolitique et qui voit bien que les dérèglements du monde s'imposent à nous et que, malheureusement, nous payons nos dépendances en matière d'hydrocarbures.
À la rigueur, monsieur Kanner, si vous deviez me considérer comme responsable de quelque chose depuis neuf ans, je le dis avec regret, ce serait de ne pas être allé beaucoup plus vite pour sortir d'un certain nombre de dépendances. Évitons donc de reproduire les mêmes erreurs.
Vous soulevez dans votre question un deuxième aspect, qui monte dans le débat public. Vous vous interrogez – et je vous remercie d'avoir pris pour le faire la tonalité rigoureuse que nous vous connaissons – sur l'identité des bénéficiaires de la crise : qui profite donc de la situation ?
Vous le voyez bien, l'extrême droite introduit progressivement l'idée que le grand gagnant de cette crise, au fond, serait l'État. Entre parenthèses, présenter l'État comme une entreprise parmi d'autres – ce n'est pas une entreprise – et comme s'il ne nous appartenait pas à tous est tout de même quelque peu curieux d'un point de vue républicain.
Quoi qu'il en soit, le débat est lancé et la suspicion s'installe : chaque fois que nous allons à la pompe, nous remplirions, lentement mais sûrement, les caisses de l'État.
Comme vous le savez, il existe deux types de taxes : une taxe sur les volumes, et une taxe sur le prix, la TVA. Je profite donc de la question qui m'est posée pour apporter une nécessaire clarification devant la représentation nationale.
Des chiffres surréalistes circulent en effet sur une prétendue « cagnotte ». Depuis le début de la guerre, soit entre la fin du mois de février et le 20 avril dernier, le surplus de fiscalité s'élève à 170 millions d'euros.
Afin de protéger non pas le Gouvernement – nous sommes de passage –, mais l'État – vous l'avez incarné comme ministre et d'autres l'incarneront après nous monsieur Kanner, ayons cette humilité –, je m'engage à ce que chaque euro de surplus de fiscalité prélevé sur les Français à la pompe soit affecté aux mécanismes d'aides directes que nous mettons en place.
Ainsi, nous écarterons l'idée, délétère pour la République et néfaste pour le pacte social, selon laquelle l'État profiterait de la crise.
Le deuxième public à prendre en compte est évidemment celui des raffineurs. Nous en avons un en France, dont l'activité est complète.
Vous ne vous y êtes pas livré, mais je le dis tout de même : je n'aime pas beaucoup que l'on se prête, dans le débat public ou sur les réseaux sociaux, au « Total-bashing ».
TotalEnergies est une entreprise française qui emploie des Français. Elle porte aussi une part des intérêts stratégiques du pays. Ne nous tirons pas une balle dans le pied.
Pour autant, il y a un débat qu'il faut objectiver. Si des résultats exceptionnels sont réalisés, la question se pose d'une redistribution, qui pourrait être, à due proportion ou pas, exceptionnelle.
Ce débat politique est, me semble-t-il, assez noble. Il peut être abordé de deux manières.
La première consiste, selon un réflexe français assez pavlovien, à user du levier de la fiscalité. En la matière, le passé nous offre des cadres de référence, venant de la droite comme de la gauche : le gouvernement de François Fillon avait suivi cette voie en 2008, de même que, plus tard, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.
La deuxième manière d'aborder le débat consiste, par pragmatisme, à tirer les conséquences de l'expérience du plafonnement des prix à la pompe qu'a appliqué dernièrement TotalEnergies pendant quelques jours : nous avons pu constater alors que l'effet avait été immédiat pour les Françaises et les Français.
Il faut donc bien que TotalEnergies se positionne, d'une manière ou d'une autre, sur la façon la plus efficace et la plus rapide qui soit de redistribuer ses résultats exceptionnels au travers de sa politique commerciale.
Je pose le débat en ces termes, mais la porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée à l'énergie l'a dit tout à l'heure : nous ne fermons aucune porte.
Tout en refusant le « Total-bashing », je préfère donc avoir avec vous un débat franc sur la redistribution aujourd'hui plutôt que de le subir plus tard, à l'automne, à l'occasion d'un mouvement fiscal qui ne serait pas complètement maîtrisé.
Il y a ensuite la question de la grande distribution. Je serai bref sur ce point : marge brute, marge nette, tout le monde a pris la parole sur le sujet.
En la matière, je reste fidèle à ma ligne : lorsque les cours augmentent, les prix à la pompe augmentent vite ; lorsque les cours baissent en raison d'une crise de volatilité, les prix à la pompe doivent diminuer vite.
Je ne sais pas dans quelle langue je dois le dire, mais c'est ainsi que nous devons procéder. J'ai d'ailleurs toute confiance dans les agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
De même, j'ai toute confiance dans la grande distribution. Toutes les enseignes, à l'exception d'une seule, ont en effet communiqué ces derniers jours à la DGCCRF les données attendues, sous le contrôle des ministres Serge Papin et Roland Lescure.
La seule chose que je demande est donc de la transparence, afin de ne pas anéantir la confiance.
Enfin, nous avons les aides. Pardonnez-moi de prendre du temps, mais il faut être précis, car la crise est grave. Elle est grave et elle va durer. Il faut donc l'aborder avec sang-froid – j'essaie de le faire – et avec sérieux, sachant que nous n'abandonnerons personne.
Tout d'abord, ne balayons pas d'un revers de main les aides sectorielles : elles ont été demandées par les filières concernées et négociées avec elles.
Ce qui a été fait pour le bâtiment a ainsi été décidé avec la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) et la Fédération française du bâtiment (FFB). Ce qui a été fait pour les pêcheurs a été vu avec les organisations professionnelles de la pêche. Ce qui a été prévu pour les agriculteurs l'a été en concertation avec les trois organisations professionnelles agricoles.
Par conséquent, je le répète, ne balayons pas ces aides d'un revers de la main. Nous faisons de notre mieux pour trouver les réponses qui soient les mieux ciblées possible et qui soient guidées par la mère des batailles, à savoir le soutien à l'activité et sa continuité.
Les pêcheurs en sont le meilleur exemple : soit ils ont un intérêt à sortir en mer, soit ils n'ont plus intérêt à le faire en raison du coût du gazole non routier (GNR). S'ils ne sortent plus, alors il n'y a alors plus de poisson, et c'est toute une activité qui s'effondre.
Je suis donc très ouvert à toute forme de dispositif, dès lors que ce dernier est efficace. Nous avons agi de la même façon pour les transporteurs : le ministre Tabarot discute actuellement avec les représentants des taxis, une autre profession qui commence à connaître des difficultés.
Vient ensuite l'indemnité destinée aux travailleurs grands rouleurs, qui est au cœur de votre question. Que ces derniers soient urbains, rurbains ou ruraux, il existe de toute façon autant de situations que nous avons de concitoyens et de concitoyennes.
Cette première aide est sur la table. Le ministre de l'action et des comptes publics, David Amiel, en lien avec la direction générale des finances publiques (DGFiP), est en train d'accélérer l'activation du portail qui permettra aux Françaises et aux Français de déposer leur demande.
Nous avons la chance de disposer d'un canal bien connu, impots.gouv.fr, qu'il faut simplement sécuriser sur le plan de la cybersécurité. Je reviendrai sur ce point, car nos structures subissent de nombreuses attaques informatiques, qui sont aussi la conséquence de la géopolitique du moment.
Il est clair qu'il faut aller vite : la trésorerie des Françaises et des Français ne résistera pas si une telle aide arrive trop tardivement. Nous en avons complètement conscience.
Allons-nous continuer à développer, à créer et à adapter les mécanismes de soutien pour les Françaises et les Français qui en ont besoin ? La réponse est oui.
C'est bien la raison pour laquelle j'ai refusé les demandes démagogiques, notamment celles qui venaient du Rassemblement national, de baisses de fiscalité à l'aveugle et de baisses de TVA.
Nous l'avons certes fait dans le passé. Nous ne pouvons pas avoir des questions au Gouvernement qui portent sur le déficit public et nous abstenir de nous interroger sur les raisons de l'importance de ce déficit.
Les dispositifs qui ont été mis en place dans le passé – j'étais alors membre du Gouvernement, je suis donc solidaire – expliquent le déficit d'aujourd'hui.
Ils étaient parfois demandés, d'ailleurs, par cette partie-là de l'hémicycle. Ayons l'humilité de le reconnaître.
C'est ainsi. Il faut en tirer les conclusions. Quand nous voyons que des pays voisins appliquent des solutions que nous avons-nous-mêmes expérimentées voilà quelques années, nous pouvons aussi leur apporter notre contribution sur la question du déficit.
Nous essayons donc de faire au mieux. Nous n'abandonnerons personne, mais ne faisons pas la leçon aux Françaises et aux Français. Ils font beaucoup d'efforts en ce moment, et c'est bien pour cela que nous restons mobilisés.
Je le répète, nous ne pouvons pas cacher aux Français les effets de la guerre. La principale explication à la situation actuelle reste tout de même notre dépendance aux hydrocarbures, au gaz et au pétrole. Il faudra bien que nous nous attaquions à ce sujet de manière beaucoup plus solide et structurelle que nous ne l'avons fait dans le passé.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> [Lutte contre la pédocriminalité / Intervention à l’Assemblée] Les faits que vous évoquez sont en effet extrêmement graves. Coco.fr, quand il fonctionnait, était d’accès libre, garantissait l’anonymat et n’avait de surcroît aucune modération. Pas moins de 23 051 procédures judiciaires ont été ouvertes à son encontre, concernant 480 victimes et 70 parquets dans tout le territoire –
 c’est dire l’ampleur du phénomène. Voici quelques-unes des infractions que l’on retrouve dans ces procédures : pédocriminalité, proxénétisme, trafic de stupéfiants. Ce site a aussi servi à tendre de nombreux guets-apens homophobes et, bien sûr, à M. Pelicot pour recruter les violeurs de son épouse.
Il a été fermé en juin 2024 grâce à l’action judiciaire menée par la gendarmerie nationale et par la section juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée du parquet de Paris. Les serveurs ont été saisis, ainsi que les avoirs criminels. Le fondateur du site a été interpellé et poursuivi pour des infractions extrêmement graves, notamment pour complicité de trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs, détention d’images pédopornographiques et corruption de mineur.
Un nouveau site –
 Cocoland – a effet ouvert, qui semble fonctionner de manière à peu près semblable. Il a donné immédiatement lieu à des signalements. L’Office anti-cybercriminalité, qui veille sur les réseaux, a bien évidemment détecté sa création, tout comme d’autres personnes, notamment les internautes qui l’ont signalé sur Pharos. La haute-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, l’a également signalé. Une enquête a donc été ouverte hier par le parquet. Sans vouloir préjuger de l’investigation à venir, je ne doute pas qu’une suite sera donnée.
Vous avez cependant raison : la vraie question est celle de notre capacité à fermer immédiatement ces sites, en dehors de toute procédure judiciaire. Nous y travaillons et l’Ofac y veille avec beaucoup de sérieux

> Le Conseil d’État rejette au fond le recours contre la dissolution de La Jeune Garde. Une décision importante pour la défense de l’ordre public et de nos valeurs républicaines. La violence n’aura jamais le dernier mot. Ce ne sera jamais un mode d’expression.

> Des inscriptions racistes dirigées contre nos compatriotes musulmans ont été retrouvées sur les murs d’une salle communale du Passage-d’Agen alors que se tenait un dîner interreligieux. Je condamne fermement et sans réserve cet acte odieux. Ne rien laisser passer. Une enquête est en cours.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Le 30 avril 1863, les hommes du capitaine Danjou ont fait de Camerone le symbole des plus hautes vertus militaires. En donnant leur vie pour la réussite de la mission, ils ont fait de la fidélité à la parole donnée la valeur cardinale de la Légion étrangère. 163 ans après, cet esprit demeure. Très bon Camerone à la grande famille Légion. Honneur et fidélité.

> Entretien à Brienne avec mon homologue allemand Boris Pistorius : oeuvrons ensemble à une relation de défense franco-allemande au service d’une Europe forte et autonome. Dans un monde plus brutal et incertain, les Européens prennent leurs responsabilités.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Nous industrialisons la surveillance des plateformes e-commerce.
Sur 700 produits vendus en ligne testés depuis avril 2025 par la DGCCRF, 75% sont non-conformes, la moitié sont même dangereux.
Face à l’ampleur des dérives constatées sur certaines plateformes d’e-commerce, vente d’armes, de produits dangereux, de jouets non conformes, ou encore de contenus inacceptables, nous lançons VigE-Commerce.
VigE-Commerce nous permettra de centraliser tous les signalements de produits non-conformes ou dangereux mais surtout de coordonner rapidement et efficacement l’action de l’Etat dès le premier manquement.
Il n’y a rien de plus simple : si une entreprise veut opérer sur le marché français, elle doit respecter les règles françaises.
Ce combat est aussi européen.
A Bruxelles, sous l’impulsion de la France, les pays membres de l'UE ont approuvé la mise en place d’un montant forfaitaire de 3€ par catégorie d’article, afin de protéger notre marché, nos consommateurs et notre souveraineté.

> [Crise énergétique] Il faut qu'on se prépare à toutes les opportunités, se préparer le pire, mais aussi espérer le meilleur.
Se préparer à une situation dans laquelle le détroit d'Ormuz serait fermé de manière durable. Trois choses là-dessus. Le sujet potentiel, c'est le kérosène. On a eu un certain nombre de communications, on y reviendra sans doute de compagnies aériennes sur le sujet. Pourquoi ? Parce qu'on importe un peu plus de 20% de notre kérosène du Golfe. (…)
Sur le kérosène, pour être très clair, 20% de notre kérosène vient du Golfe, donc évidemment, on suit ça comme le lait sur le feu depuis le début. On n'avait annoncé aucune pénurie en avril, on n'a pas eu de pénurie en avril. Ce que je peux vous dire aujourd'hui, on est à la fin du mois d'avril, c'est que je n'ai pas non plus d'inquiétude. Pour le mois de mai, au-delà, on fait deux choses. Un, on augmente le raffinage. On a autorisé des raffineries françaises, notamment à Gravenchon, à augmenter le raffinage. Et deux, si jamais on faisait face à des enjeux d'importation, on a nos stocks stratégiques. Vous savez qu'on a trois mois de stocks stratégiques, on a une bonne partie de ces stocks qui sont en kérosène, d'autres qui sont en brut, qu'on peut donc raffiner. Donc, il n'y a pas d'inquiétude à avoir sur l'approvisionnement. (…)
Si demain, on arrêtait totalement d'importer du pétrole, du diesel et du kérosène, on aurait trois mois de stocks. La réalité, évidemment, vous le savez, c'est qu'on a des approvisionnements diversifiés qui ne viennent pas tout du Golfe. À peu près 20% du kérosène, à peu près 15% du diesel et très peu de brut. Donc, globalement, on a des mois devant nous. Ça ne veut pas dire que ce serait une bonne nouvelle, parce qu'évidemment, les prix resteraient élevés. C'est l'enjeu majeur. Mais pour vous donner un ordre de grandeur de comparaison, au Japon, ils ont libéré 80 millions de barils de leurs stocks stratégiques. Nous, moins de 2 millions. Donc, on a encore énormément de réserves.

> [Prix des carburants] A partir du travail que nous avons fait, qui est encore imparfait, mais qui donne un constat assez clair, c'est que pendant quelques jours, on l'a tous vu, les prix ont monté très vite, au début de la crise, et peut-être un peu trop vite, et c'est la raison pour laquelle on demande aujourd'hui, quand les prix baissent, à ce qu'ils baissent à la pompe. Et depuis, les marges, telles qu'on les estime, de manière imparfaite, sont à peu près stables. Donc, il y a eu, les premiers jours, des augmentations très fortes qu'on a tous vues à la pompe, depuis, ça s'est calmé, j'allais dire heureusement, et c'est peut-être lié en partie à la pression que le Gouvernement a mise sur les distributeurs. (…)
C'est un document de travail qui n'avait pas vocation à être publié, parce qu'il était par nature imparfait. S'il était parfait, il serait public. Aujourd'hui, ça fait partie des outils qu'on utilise.

> [Commission de l’Assemblée sur l’audiovisuel public] Le ministre de l'Économie et des Finances a été un peu surpris, même si, évidemment, l'Assemblée nationale est totalement libre, de la manière dont cette commission d'enquête s'est déroulée. Moi, j'ai été vice-président de l'Assemblée nationale, président de commission, à un moment, et ce n'était pas il y a si longtemps que ça, où les débats étaient un peu plus apaisés, un peu moins caricaturaux, ils cherchaient un peu moins le buzz que la réalité. Moi, je n'ai pas lu le rapport. Je sais qu'un certain nombre de mes collègues, y compris mon suppléant, d'ailleurs, avaient des doutes sur le fond et surtout sur la forme. Un rapport de commission d'enquête, c'est du sérieux. Je ne suis pas sûr qu'un certain nombre d'invectifs, qui étaient en tout cas dans une version liminaire du rapport, avaient vocation à durer. (…)
Moi, en tant que citoyen, en tant qu'homme politique, et ça, ce n'est pas le ministre des Finances qui parle, je suis attaché au service public et je considère qu'on doit pouvoir, à la fois, avoir un service public exemplaire d'un point de vue du budget et aussi d'un point de vue de la neutralité et qu'on peut continuer à financer un service public qui, je suis dans un studio dans lequel ça ne fonctionne pas trop mal, fonctionne plutôt bien et plutôt apprécié des Français.

> Il y a 10 jours, j'étais aux États-Unis, on essayait de gérer les conséquences de cette crise sur l'économie mondiale. Le fait que la France ait envisagé l'espace d'un instant de faire tomber son Gouvernement pour savoir si on allait pouvoir acheter du pain le 1er mai, ça a fait un peu sourire. On devrait pouvoir faire mieux.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Depuis le premier jour de la guerre, la France agit pour en limiter les conséquences. En déployant massivement ses moyens militaires dans la région. En lançant une mission internationale pour restaurer le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.

> [Intervention à l’ONU lors de la onzième conférence d’examen du traite sur la non-prolifération des armes nucléaires] En 1968, il y a près de 60 ans, et au prix d’efforts diplomatiques prodigieux, la communauté internationale parvenait à s’accorder pour conjurer le plus grand de tous les risques, celui d’une course généralisée à l’armement nucléaire, celui des dévastations qu’une guerre nucléaire aurait pu faire subir à l’humanité toute entière.
En signant le Traité de non-prolifération des armes nucléaires, les nations du monde parvenaient par le droit à encadrer la force, à placer la force sous la tutelle du droit, à sauvegarder la paix et la sécurité des peuples.
Si ce Traité est aujourd’hui quasi universel, s’il tient toujours à l’heure où tous les autres traités de maîtrise des armements ont expiré, c’est d’abord parce que ses concepteurs n’ont pas cherché à nier les rapports de force, mais à les organiser dans l’intérêt mutuel.
C’est ensuite parce qu’ils ont clairement établi les droits et les devoirs de chacun.
Œuvrer au désarmement nucléaire, jusqu’au désarmement général et complet, prévenir toute dissémination des armes nucléaires et partager l’accès aux usages pacifiques du nucléaire.
Trois piliers qui ont fondé la sécurité du monde.
Trois piliers qui se fissurent aujourd’hui alors que le monde se brutalise.
Trois piliers que la France entend défendre, convaincue qu’il n’existe aucune alternative, ni possible ni souhaitable, au plein respect de ce Traité.
Permettez-moi de les aborder tour à tour.
Premier pilier, le désarmement.
Après une longue période de progrès, voici que les détenteurs des plus grands arsenaux reviennent sur les engagements qu’ils avaient pourtant pris.
A la Russie, qui mène une politique révisionniste, impérialiste et coloniale, qui dévoie par la rhétorique nucléaire qu’elle fait peser sur l’Ukraine la vocation exclusivement défensive de l’arme atomique, je veux dire qu’elle se déshonore, qu’elle se discrédite et qu’il est grand temps qu’elle change radicalement de posture.
A la Chine, qui s’est engagée dans un rattrapage à marche forcée des Etats-Unis, je veux dire que notre responsabilité collective est de réduire les risques stratégiques et d’aller dans le sens d’une transparence qui lui fait largement défaut.
La France, quant à elle, affiche un bilan sans équivalent en matière de désarmement :
- Démantèlement complet de la composante terrestre de sa dissuasion ;
- Réduction d’un tiers de ses composantes sous-marine et aéroportée ;
- Démantèlement irréversible de ses installations de production de matières fissiles ;
- Arrêt définitif des essais nucléaires suivi du démantèlement irréversible de son site d’essais nucléaire dans le Pacifique et ratification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.
Oui, la France réaffirme son attachement à la dissuasion nucléaire. Et face à la dégradation de l’environnement stratégique, le Président de la République française a annoncé, le 2 mars 2026, deux évolutions majeures pour la France et pour l’Europe.
D’abord, le rehaussement de l’arsenal nucléaire français, dans une logique strictement défensive et avec des seuils strictement cohérents avec l’efficacité opérationnelle de notre dissuasion. Ensuite, la matérialisation de la dimension européenne de nos intérêts vitaux, avec l’annonce de la dissuasion avancée, pleinement conforme au Traité de non-prolifération.
Ces évolutions étaient nécessaires pour que la dissuasion française puisse concourir, comme elle le fait depuis des décennies, à la paix et à la sécurité du continent européen.
Pour autant, notre ambition demeure de progresser sur la voie du désarmement nucléaire complet. C’est pourquoi, alors que nous prendrons cet été la présidence du processus P5, nous soutiendrons :
- des mesures de réduction des risques stratégiques ;
- un moratoire sur la production de matière fissile pour les armes nucléaires ;
- l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires ;
- le lancement de discussions sur la stabilité stratégique pour viser demain un nouveau cadre de sécurité, y compris concernant les capacités nucléaires - mais à la condition qu’elles aient lieu sur une base équitable, les pays comme la France et le Royaume-Uni se trouvant dans une situation radicalement différente des autres Etats dotés aux arsenaux disproportionnés ;
- le renforcement de la transparence sur les rapports nationaux transmis par les Etats parties au Traité.
Deuxième pilier, la non-prolifération.
Jamais le risque de prolifération nucléaire n’a été aussi élevé. La menace que soulèvent les programmes de l’Iran et de la Corée du Nord ne peut être tolérée par aucun des Etats parties à ce Traité.
L’Iran a franchi toutes les lignes rouges qui avaient été fixées il y a 10 ans. Il doit renoncer définitivement à posséder l’arme nucléaire, se mettre en conformité avec son accord de garanties généralisées et démontrer la finalité exclusivement pacifique de son programme. Aucune solution militaire ne permettra de le garantir durablement. C’est donc à un encadrement strict et à un régime de vérification intrusif et complet auquel l’Iran doit impérativement se résoudre.
La Corée du Nord, quant à elle, poursuit des programmes illégaux qui menacent la sécurité internationale. Elle doit abandonner son programme nucléaire et balistique de façon complète, vérifiable et irréversible, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité.
La France soutient et soutiendra l’AIEA qui joue un rôle essentiel pour prévenir la prolifération et nous aider à y répondre. Elle appelle tous les Etats partie au Traité à renforcer ses capacités, à lui renouveler leur soutien politique, technique et financier, à lui donner les moyens nécessaires pour mener ses actions de vérification indispensables.
Troisième et dernier pilier, les usages pacifiques du nucléaire.
Certes, ces usages se sont développés au bénéfice du plan grand nombre. Pour lutter contre le cancer, pour donner accès à une énergie abondante et décarbonée, pour le bien commun.
Mais voilà que, sous nos yeux, la sécurité et la sureté nucléaire civiles sont instrumentalisées sur les champs de bataille.
Alors que nous marquons le tragique anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl il y a quarante ans, souvenons-nous que l’année dernière, un drone chargé d’explosifs lancé par la Russie a perforé l’arche de confinement de la centrale. Ailleurs dans le monde, des infrastructures nucléaires civiles sont prises pour cibles. Au mépris du droit international et de l’esprit de ce Traité. Au mépris des conséquences humaines ou radiologiques.
Tout cela est déplorable et aucun Etat signataire de ce Traité ne peut le tolérer. Et c’est avec la conviction que l’énergie nucléaire civile demeure un formidable outil de résilience et de souveraineté que la France, en coopération avec l’AIEA, a rassemblé à Paris plus de 60 pays, le 10 mars dernier, lors du Sommet pour l’énergie nucléaire, avec l’ambition inébranlable de mettre cette technologie au service du bien commun.
Depuis son entrée en vigueur, il y a 56 ans, le Traité de non-prolifération a résisté à toutes les crises et aux bouleversements du monde. Il demeure la clef de voute de l’architecture de notre sécurité.
Investie de la responsabilité principale de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, Etat doté au terme de ce Traité, la France ne laissera pas cet édifice vaciller. Elle ne laissera pas l’héritage des générations visionnaires qui nous l’ont confié être contesté.
Ma présence devant vous aujourd’hui en est la preuve. Elle témoigne de la force de notre engagement au service de la paix et de la sécurité du monde, un engagement qui ne faiblira pas.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Santé mentale des jeunes / Intervention à l’Assemblée] J’entrerai dans ce débat sans aucun triomphalisme. En effet, le sujet que vous avez inscrit à l’ordre du jour de cet après-midi et sur lequel beaucoup de députés, de tous bords, travaillent depuis de nombreuses années, mérite mieux que des postures, des raccourcis et des procès d’intention.
Il faut se dire les choses franchement. Avons-nous collectivement été à la hauteur ? Manifestement, non. La crise de la santé mentale des enfants et des jeunes s’est installée bien avant que nous daignions l’entendre.
Ce constat, il faut qu’on l’assume. Cependant, je refuse qu’il serve de prétexte à des lectures simplificatrices et idéologisées, à la désignation de coupables tout trouvés et à des causes uniques brandies en étendard. Les enfants et les jeunes qui souffrent ne méritent pas un débat caricatural.
La dégradation de leur santé mentale est un fait, ancré dans la vie quotidienne de millions de familles de notre pays. S’il ne faut pas la minimiser, il faut aussi se garder de lui attribuer une cause unique. Quant à la désignation commode d’un coupable, elle arrange davantage des intérêts politiques que les premiers concernés.
Il faut donc regarder le réel et s’arrêter sur trois faits. Premièrement, 75 % des troubles psychiques se déclarent avant l’âge de 25 ans et la moitié avant l’âge de 15 ans. L’enfance, l’adolescence et les premières années de la vie d’adulte sont donc des périodes décisives ; des périodes où la santé mentale de tout une vie est en jeu.
Deuxièmement, les indicateurs de la santé des jeunes se sont fortement dégradés. Alors que 86 % des collégiens et 84 % des lycéens s’estiment en bonne santé globale, la moitié d’entre eux seulement déclare un bon niveau de bien-être mental. On le sait, les symptômes anxio-dépressifs ont fortement progressé : les pensées suicidaires concernaient 11 % des 15 à 19 ans en 2018, contre 18 % en 2022. Un quart des filles âgées de 17 ans déclare avoir eu des idées suicidaires en 2022 : c’est vertigineux !
Troisième fait, la dégradation de la santé mentale des enfants et des jeunes n’est pas unifactorielle –
 même si on peut toujours inventer des récits alternatifs et refuser une réalité complexe. La crise sanitaire, avec ses confinements successifs et la fermeture des établissements scolaires et universitaires en a été le puissant révélateur. Depuis 2020, le caractère anxiogène de notre environnement n’a pas diminué – je ne rappellerai pas les conséquences des crises climatiques, des guerres, de l’incertitude économique et sociale.
Tous ces facteurs affectent la santé mentale des jeunes et nos capacités de projection et de confiance en l’avenir.
La santé mentale est aussi liée à une évolution défavorable des modes de vie, qui se traduit par une diminution de l’activité sportive : parmi les jeunes de 11 à 17 ans, 66 % présentent un risque sanitaire préoccupant, cumulent plus de deux heures d’écran par jour et moins de soixante minutes d’activité physique quotidienne, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Or ce risque est associé à une dégradation du sommeil et à des troubles psychiques.
Elle se traduit aussi par une alimentation défavorable à la santé : les troubles du comportement alimentaire concernent jusqu’à 1 million de personnes et sont associés à des troubles anxieux et dépressifs, ainsi qu’à un risque suicidaire accru, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Enfin, elle se traduit par une augmentation du temps d’écran et d’exposition aux réseaux sociaux. On constate que les adolescents y passent près de quatre heures par jour, ce qui les expose à un risque accru de troubles de santé mentale.
Du côté de l’offre, les difficultés d’accès aux soins psychologiques et psychiatriques ne permettent pas d’endiguer le phénomène.
Face à ce tableau, il serait politiquement commode de prétendre que rien n’a été fait. En réalité, dès le mois de juin 2018, le gouvernement a proposé une feuille de route dédiée qui fut complétée, trois ans plus tard, en 2021, par trente mesures issues des assises de la santé mentale et de la psychiatrie.
Nous avons surtout pris des engagements budgétaires inédits. Entre 1990 et la fin des années 2010, la part de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) dédiée à la psychiatrie s’était effondrée, passant de 11 à 6 %. Depuis 2020, les crédits ont augmenté de 44 %, pour atteindre près de 13 milliards d’euros en 2025. Je ne crie cependant pas victoire et reste profondément humble devant ce rattrapage auquel nous avons consenti, car il s’agit d’une absolue nécessité pour les Français qui en ont le plus besoin.
Dans la période plus récente, nous avons choisi de faire de la santé mentale une grande cause nationale, sous l’impulsion de Michel Barnier, et d’œuvrer à la déstigmatisation des problèmes de santé mentale auprès des jeunes. Nous avons également amorcé un virage résolument préventif, à l’initiative du ministre de la santé d’alors, M. Yannick Neuder, en mettant l’accent sur les compétences psychosociales, le rôle du sommeil, des écrans et sur le secourisme en santé mentale ; à ce jour, 300 000 personnes ont été formées.
Nous avons aussi rendu l’accès aux psychologues plus concret grâce au dispositif Mon Soutien psy : 7 500 psychologues sont désormais conventionnés et 6 millions de séances ont été réalisées. Nous avons en outre levé les verrous pour permettre un accès direct à ces praticiens. En 2026, les dotations de psychiatrie progresseront de plus de 3,1 %, dont 35 millions d’euros dédiés au renforcement de l’offre de pédopsychiatrie. J’ajoute que, depuis 2019, 195 millions d’euros ont permis d’accompagner près de 300 projets en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Ce n’est pas rien. Toutefois, estimer que tout cela suffit à répondre aux besoins ne serait pas correct. Nous ne sommes en réalité qu’au début du rattrapage que j’évoquais.
Le 2 juin prochain, je réunirai les ministres et les acteurs concernés ainsi que les parlementaires. La santé mentale ne peut plus appartenir au seul ministère de la santé. Ce sujet concerne la société tout entière. Je vous annonce d’ailleurs la création d’une délégation interministérielle à la santé mentale, rattachée à la direction générale de la santé (DGS) et pilotée à trois niveaux : stratégique, pour définir les orientations ; opérationnel, pour les concrétiser ; et territorial, pour les adapter aux réalités locales. Ce choix d’une délégation interministérielle correspond à la nature multifactorielle de la santé mentale, qui ne se joue pas seulement dans un cabinet médical ou à l’hôpital, mais aussi à l’école, dans les universités, les familles, au travail ou dans l’espace numérique. La santé mentale dépend aussi des politiques de l’éducation, du logement, de la jeunesse, du numérique ou encore de l’agriculture. Chaque décideur public doit se sentir concerné.
Comme je l’ai expliqué hier soir à vos collègues sénateurs, je ne me présente pas devant vous pour défendre un bilan irréprochable. J’ai conscience que nous devons accélérer. Reste que nous ne pouvons pas nous permettre de faire de ce sujet un terrain de jeu idéologique ou politique. Nos jeunes n’ont pas besoin qu’on lève le poing, mais qu’on agisse, avec cohérence et méthode.

> [Santé mentale des jeunes / Intervention au Sénat] Avons-nous entendu l'alerte ? Su déceler la crise silencieuse qui frappait nos jeunes ? Non, manifestement. Mais il serait faux de dire que les gouvernements précédents ne se sont pas mobilisés.
Premier fait : 75 % des troubles psychiques se déclarent avant 25 ans, la moitié avant 15 ans. Ce sont donc des périodes décisives pour la santé mentale.
Deuxième fait : les indicateurs de la santé des jeunes se sont fortement dégradés. Seule la moitié d'entre eux déclare un bon niveau de santé mentale. Les pensées suicidaires concernaient 11,4 % des jeunes en 2018, contre 18 % en 2022, et même un quart chez les filles de 17 ans ! Vertigineux.
Troisième fait : la dégradation de la santé mentale des jeunes n'est pas unifactorielle. Elle est aussi liée à une évolution défavorable des modes de vie : baisse de l'activité physique, troubles du comportement alimentaire, explosion du temps passé devant les écrans et sur les réseaux sociaux - près de 4 heures par jour - ce qui augmente nettement le risque d'anxiété, de mal-être et de troubles psychiques.
Les difficultés d'accès aux soins psychologiques et psychiatriques ne permettent pas d'endiguer le phénomène. Pour autant, les gouvernements successifs ont agi : déploiement d'une feuille de route dédiée dès juin 2018, puis trente mesures supplémentaires, assises de la santé mentale et de la psychiatrie, santé mentale érigée en grande cause nationale sous l'impulsion de Michel Barnier.
Nous avons assumé le virage vers la prévention, avec le développement de compétences psychosociales, l'action sur le sommeil, sur les écrans, le secourisme en santé mentale, que nous renforçons à destination des adolescents.
Nous avons rendu plus accessible la consultation d'un psychologue. Mon Soutien psy, ce sont six millions de séances, dont 22 % pour les 12-25 ans, et 7 500 psychologues déjà conventionnés.
Sur le plan budgétaire, nous avons porté l'Ondam pour la psychiatrie de 11 % à 6 % : nous rattrapons des années de sous-investissement. Depuis 2020, les crédits ont augmenté de 44 % pour atteindre 13 milliards d'euros en 2025, avec 53 mesures nouvelles engagées en 2021.
Je réunirai les acteurs et ministres concernés le 2 juin prochain ; les parlementaires seront bien sûr invités. Nous voulons redonner de la cohérence à notre action, avec une mise en œuvre au plus près des besoins. La délégation interministérielle s'appuiera sur les moyens de la direction générale de la santé. Il s'agit d'articuler les politiques publiques clés. Nous ne pourrons pas promettre une vie sans épreuves, mais nous devons mieux les prévenir et garantir aux jeunes qu'ils ne les traverseront pas seuls.

> Le Gouvernement agit pour renforcer la protection des enfants dans tous les lieux qui les accueillent. Avec l’attestation d’honorabilité obligatoire pour les professionnels et bénévoles accompagnant des enfants en situation de handicap, nous franchissons une nouvelle étape pour garantir leur sécurité.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> Stop aux fake news sur le carburant. Depuis le début de la crise, l'État a perçu 170M€ de recettes supplémentaires sur les carburants et en a redistribué 470M€ en aides aux Français et aux entreprises les plus touchés. Coût total de la guerre pour l’Etat : 6Md€ aujourd’hui !

 

Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative)
> [Associations / Intervention à l’Assemblée] Près de 40 % des associations de l’Union européenne se trouvent en France. Cela montre à quel point notre pays est marqué par l’engagement bénévole et par la solidarité.
Dans l’Hexagone comme en outre-mer, les associations jouent un rôle essentiel en participant à la vitalité de nos territoires et en renforçant notre cohésion sociale. C’est pourquoi je souhaite saluer l’engagement des 15 millions de bénévoles qui, chaque jour, font vivre nos associations au service de l’intérêt général. Leur action est précieuse. Elle est souvent discrète, mais elle est indispensable.
Par le temps qu’ils donnent et les actions concrètes qu’ils conduisent, ces femmes et ces hommes permettent à chacun de trouver sa place. Ils s’engagent et permettent à de nombreuses personnes de se réaliser. Ils contribuent à entretenir le lien social dont notre pays a tant besoin pour rester uni –
 en particulier dans le contexte actuel.
Le soutien de l’État à la vie associative est à la hauteur de la place qu’elle occupe dans notre pays. Les moyens financiers consacrés aux associations ont fortement progressé ces dernières années. Entre 2019 et 2023, les dépenses de l’État ont augmenté de 44 % pour atteindre 9,5 milliards d’euros en 2024 –
 c’est le dernier chiffre consolidé à notre disposition.
Les principaux dispositifs relevant du ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative ont été maintenus en 2026 au même niveau qu’en 2025. Le fonds pour le développement de la vie associative, principal outil de soutien aux associations locales, reste doté de 64 millions d’euros, soit un montant équivalent au budget réalisé en 2025. Il permet d’attribuer environ 25 000 subventions chaque année, dont une très grande majorité –
 83 % – bénéficie à des petites associations de proximité. Le fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire (Fonjep), qui contribue à sécuriser l’emploi associatif, est lui aussi stabilisé à 37 millions d’euros. Quant au dispositif Guid’Asso, qui vise à offrir à chaque association un accompagnement simple et lisible, il est maintenu à 7 millions d’euros.
Cette stabilité des moyens, dans un contexte budgétaire pourtant contraint, n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’un travail collectif mené lors des derniers débats budgétaires. Je tiens, à cet égard, à remercier les parlementaires engagés sur ce sujet pour la qualité de nos échanges, toujours francs et constructifs –
 ainsi que le monde associatif, qui s’est pleinement mobilisé.
Outre les crédits budgétaires, les dépenses fiscales représentent également un levier majeur. Elles sont estimées à près de 4,98 milliards d’euros en 2026. Le plafond de la réduction d’impôt au titre des dons aux organismes d’intérêt général, dite dispositif Coluche, a été doublé, passant de 1 000 à 2 000 euros. Cette mesure, très attendue, permet de renforcer l’aide aux associations qui soutiennent les plus démunis.
C’est d’autant plus important qu’un Français sur deux a fait un don au cours des douze derniers mois et que 170 000 entreprises sont engagées dans le mécénat. Il s’agit désormais d’orienter cette générosité vers les structures qui en ont le plus besoin.
Mais l’action de l’État ne se limite pas au financement. Elle passe aussi par un accompagnement renforcé des associations. Le réseau Guid’Asso, que certains d’entre vous ont évoqué, a vocation à couvrir l’ensemble du territoire d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, l’allongement des conventions pluriannuelles d’objectifs, qui peuvent désormais aller jusqu’à quatre ans, offre aux associations davantage de stabilité et de visibilité dans leur action –
 ce que plusieurs d’entre vous appelaient de leurs vœux. Nous aurons sans doute l’occasion de revenir sur ces dispositifs au cours de nos échanges. Avant cela, je souhaite dire un mot sur les transformations du bénévolat, véritable moteur de notre vie associative.
Sans l’engagement de nos bénévoles, nos politiques publiques comme nos dispositifs d’accompagnement seraient vains. Toutefois, le bénévolat connaît une mutation importante. D’une part, l’engagement bénévole tend à diminuer chez les plus de 65 ans. Cette évolution semble conjoncturelle, mais elle appelle une vigilance collective. D’autre part, on constate une véritable envie d’engagement chez les jeunes, dont près de 50 % donnent de leur temps à des activités bénévoles. C’est une richesse, mais c’est aussi un défi. Les jeunes donnent autrement : pour des causes, pour des engagements culturels ou sportifs, et de manière plus ponctuelle. Nous devons donc réussir à fidéliser les jeunes et leur donner envie de s’engager sur la durée.
Les jeunes que je rencontre me disent qu’ils se sentent parfois perdus face aux nombreux dispositifs d’engagement qui existent ; ils ont besoin d’être accompagnés vers ceux qui leur correspondent le mieux et sont disponibles au plus près de chez eux. Nous sommes mobilisés pour accompagner ces transformations, avec une idée simple : chaque envie de s’engager doit trouver une réponse rapide et concrète. La plateforme jeveuxaider.gouv.fr, que vous connaissez tous, est déjà un formidable outil pour encourager l’engagement bénévole des jeunes ; le déploiement récent, sur cette plateforme, d’une offre d’engagement spécifique ciblant les 16-18 ans témoigne de notre volonté de le renforcer.
Enfin, nous créerons une nouvelle plateforme numérique de l’engagement à la rentrée. Elle proposera aux jeunes des dispositifs d’engagement –
 bénévolat, volontariat, réserve – proches de chez eux et correspondant aux centres d’intérêt qu’ils auront renseignés.
Nous avons aussi la responsabilité de faciliter la vie de nos bénévoles. Cela passe notamment par la réforme de Certif’Asso, engagée dès septembre 2025, qui vise à simplifier l’accès à la formation de nos bénévoles. C’était aussi l’objet de la loi visant à soutenir l’engagement bénévole et à simplifier la vie associative, dite loi Bataillon, du 15 avril 2024. Ce texte est désormais pleinement entré en vigueur, l’ensemble des décrets d’application ayant été pris. Il permet de répondre à des besoins concrets des associations, qu’elles soient locales ou nationales.
Pour conclure, je veux redire mon soutien plein et entier au monde associatif ainsi qu’à la liberté associative, qui est garantie par la loi de 1901, dont nous fêtons les 125 ans cette année. Cette liberté –
 celle de s’organiser, de débattre et d’agir – est un pilier de notre démocratie et le gouvernement y est profondément attaché. Nous sommes et nous demeurons les garants de l’esprit de la loi de 1901.
Les défis restent nombreux, vous l’avez dit. Les attentes sont fortes, parfois immenses. Mais des résultats sont déjà là et la direction est claire. Vous pouvez compter sur ma mobilisation pour permettre à chacun de s’engager et pour préserver notre tissu associatif, unique en Europe. Nous y tenons et nous continuerons à œuvrer aux côtés de nos associations.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> En moyenne, les femmes victimes de violences intrafamiliales font 7 allers-retours avant de partir définitivement. Par peur, isolement, manque de solutions. C'est exactement ce que le Pack Nouveau Départ change. Aujourd'hui, je le lance en Haute-Savoie. Et notre objectif est clair : le généraliser.

> 29 avril 1945, les Françaises votent pour la première fois. Ce matin-là, elles entrent dans les bureaux de vote. En citoyennes de plein droit. Il n'y a pas de démocratie sans la participation des femmes. L'égalité n'est pas derrière nous comme un acquis. Elle est devant nous comme une ligne de front.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> À Tournan-en-Brie, comme partout, nous avons fait un choix clair : celui de ne plus détourner le regard, c’est inscrit dans l’ambition de la stratégie nationale de prévention de la délinquance. Face aux violences, face aux silences, face aux vies brisées, nous ne pouvons plus attendre. Nous devons continuer d’agir. Ensemble. Nous sommes à un moment de bascule. Celui où nous décidons collectivement que chaque signal compte, que chaque victime doit être accompagnée, que chaque enfant doit être protégé. Nous irons vers celles et ceux qui n’osent pas parler. Nous simplifierons leurs démarches. Nous agirons dès les premiers signes. Parce que prévenir la délinquance, ce n’est pas seulement une politique publique. C’est un engagement national. Un engagement pour nos familles. Un engagement pour notre avenir.

 

Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> [Loi « climat et résilience » : bilan et perspectives / Intervention à l’Assemblée] Nous débattons alors que le dernier rapport du programme Copernicus révèle que l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde.
Cela me donne l’occasion de revenir sur la genèse de cette loi si particulière. Elle l’est d’abord par sa méthode de construction : nous devons une grande partie des mesures qu’elle contient aux 150 Françaises et Français qui ont participé à la Convention citoyenne pour le climat. Jamais auparavant un pays n’avait donné à ses citoyens une place aussi centrale pour relever le défi écologique. À l’heure où certains voudraient nous faire croire que l’opinion publique serait hostile aux politiques climatiques, je veux rappeler une chose simple : nos compatriotes ont contribué à bâtir une écologie ambitieuse.
Parmi les 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat, certaines avaient déjà été concrétisées dans d’autres textes. Je crois nécessaire de les rappeler. La loi de finances pour 2021 a instauré un malus poids sur les véhicules et augmenté du forfait mobilités durables. Le plan France relance a consacré 30 milliards d’euros à la transition écologique, notamment en doublant les crédits de MaPrimeRénov’ et en renforçant le bonus lié aux véhicules propres.
La loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, dite loi Agec, a promu la lutte contre les emballages plastiques, créé un indice de réparabilité, réformé et étendu la responsabilité élargie des producteurs (REP) ; en tant qu’ancienne députée européenne, je peux témoigner qu’elle a beaucoup inspiré les travaux menés à l’échelle européenne.
La loi d’orientation des mobilités (LOM) a créé des voies réservées au covoiturage. La loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France, dite loi Reen, a instauré l’éco-conditionnalité des data centers. La loi relative au Parquet européen, à la justice environnementale et à la justice pénale spécialisée a acté la création de pôles régionaux judiciaires spécialisés en matière environnementale pour juger les atteintes à l’environnement, ou encore celle de conventions judiciaires d’intérêt public (CJIP) en matière environnementale.
Enfin, le pacte vert pour l’Europe a instauré le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et prévu l’interruption progressive de la vente de véhicules thermiques neufs. De même, les négociations internationales ont permis de concrétiser certaines mesures : je pense aux négociations relatives au climat, mais aussi à celles de l’Organisation maritime internationale (OMI) portant sur la réduction des émissions de CO2 des navires, ou encore au Traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine (BBNJ), qui garantit la protection de 30 % de la surface des océans par l’instauration d’aires marines protégées.
La loi « climat et résilience » est particulière également par son ampleur et l’élan de transformation qu’elle a suscité. Tous les secteurs de notre économie ont été appelés à évoluer et, avec eux, les consommateurs, les producteurs, les collectivités territoriales et l’État. Ce texte a engagé des changements structurels dans les services publics, l’éducation des enfants, l’urbanisme, les déplacements, les logements, les modes de consommation, mais aussi dans la justice.
Ce débat est aussi l’occasion de rappeler l’urgence à laquelle nous sommes confrontés dans la lutte contre le dérèglement climatique. Nous avons aujourd’hui –
 je vous en remercie – l’occasion d’en dresser un bilan à mi-parcours et de regarder la situation avec lucidité.
Il convient de relever quelques bonnes nouvelles ; je crois nécessaire de saluer les avancées, car on ne saurait faire évoluer la société en tenant uniquement des propos négatifs. Pour nous mobiliser collectivement, nous devons savoir saluer les progrès. En 2025, les émissions de CO2 de la France marquaient une diminution de 33 % par rapport à celles de 1990. Elles ont reculé de 20 % lors des sept dernières années et continuent de baisser, de 1,5 % en 2025. Nous restons cependant loin du compte, puisque nos objectifs climatiques imposent désormais d’accélérer le rythme de baisse des émissions ; celui-ci doit être d’environ 5 % par an d’ici à 2030, ce qui est très ambitieux.
La situation géopolitique actuelle confirme que la décarbonation n’a pas pour seul enjeu l’environnement, mais aussi la souveraineté et la compétitivité. Nous devons poursuivre notre sortie des énergies fossiles, qui pèsent sur notre balance commerciale, nous rendent dépendants de l’instabilité internationale et alourdissent la facture des ménages comme des entreprises.
C’est l’objectif du plan d’électrification des usages, qui doit nous permettre de réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées ainsi que nos émissions de gaz à effet de serre.
Nous devons également consolider les efforts engagés en matière d’écologie. Nous nous y attelons avec mes collègues Monique Barbut et Mathieu Lefèvre, mais force est de constater que nous avons à composer avec des vents contraires.
Plusieurs mesures emblématiques de la loi « climat et résilience » font l’objet d’attaques qui manifestent la volonté de les amoindrir, voire de les supprimer.
Il en va ainsi des zones à faibles émissions. En 2021, la loi « climat et résilience » a obligé les agglomérations métropolitaines de plus de 150 000 habitants à restreindre, dans certains périmètres, la circulation des véhicules les plus polluants afin de limiter la pollution de l’air et ses conséquences sur la santé de nos concitoyens. Rappelons qu’en France, selon Santé publique France, environ 40 000 décès prématurés sont liés chaque année à la pollution de l’air.
Alors que notre ministère proposait de laisser aux collectivités le choix de maintenir, ou non, ces périmètres de restriction de circulation, l’Assemblée nationale a décidé de supprimer purement et simplement les zones à faibles émissions. C’est un vote que nous regrettons. Le Conseil constitutionnel a désormais la charge de statuer sur le sort de cette mesure. Si sa suppression venait à être confirmée, nous nous priverions d’un outil précieux pour lutter contre la pollution de l’air, et donc, comme vous l’avez rappelé, madame Violland, contre l’une des causes de l’asthme, des cancers du poumon ou encore des maladies cardiovasculaires.
L’objectif zéro artificialisation nette est également contesté, comme vous le soulignez, mesdames, dans votre rapport. La Convention citoyenne pour le climat a prôné ce dispositif avec une volonté claire : préserver les sols. C’est une mesure de bon sens. Le premier rempart face aux événements climatiques consiste dans une nature en bonne santé. Les sols sont parmi nos meilleurs alliés pour lutter contre les crues et les inondations, dont la fréquence et l’intensité ne cessent d’augmenter, comme le rappelait ce matin Jean Jouzel sur une station de radio nationale. Les événements climatiques de l’hiver dernier en ont convaincu plus d’un.
Défendre la protection des sols n’est pas défendre l’immobilisme. Depuis la loi « climat et résilience », le dispositif a fait l’objet de plusieurs aménagements. Des marges de manœuvre ont été données aux élus, des garanties ont été introduites pour les territoires ruraux et des dispositions ont été prévues pour accompagner les grands projets. Il faut désormais stabiliser le cadre existant pour que les collectivités puissent travailler sereinement à leurs documents d’urbanisme et intégrer cet objectif de sobriété foncière.
Sur d’autres points, en revanche, nous pouvons nous féliciter du maintien de plusieurs mesures importantes.
S’agissant des transports, par exemple, l’idée de supprimer les trajets en avion lorsqu’ils sont aisément remplaçables par un autre mode de transport s’est progressivement imposée dans le débat public au cours des dernières années. La loi « climat et résilience » a permis d’instaurer un cadre en interdisant les liaisons pour lesquelles existe une alternative ferroviaire en moins de deux heures trente. Monsieur Eskenazi, nous souhaitons bien évidemment conforter le dispositif dans le projet de décret. Ainsi, la France a engagé des discussions avec la Commission européenne pour prolonger ce dispositif. En effet, la mesure est dérogatoire ; deux ans de travail ont été nécessaires pour la faire accepter. Le gouvernement compte donc prolonger le décret et a engagé des travaux en ce sens. La place du vélo a également été consacrée. Depuis cette loi, les collectivités intègrent pleinement les voies cyclables dans leurs politiques d’aménagement.
S’agissant du logement, la lutte contre les passoires thermiques est devenue une priorité de nos politiques publiques, pour des raisons environnementales, bien sûr, parce qu’une passoire thermique est un logement à l’empreinte carbone inutilement plus élevée, et surtout pour des raisons sociales, car un logement mal isolé a pour effet l’explosion des factures et des risques accrus pour la santé des plus fragiles.
Concrètement, l’information des locataires a été améliorée. La loi a imposé la mention de la classe climat correspondant aux émissions de gaz à effet de serre ainsi qu’une estimation du montant des dépenses annuelles d’énergie pour un usage standard du logement. Elle a également renforcé les obligations pesant sur les propriétaires en instaurant un principe de décence énergétique des logements. Ainsi, les loyers des passoires énergétiques sont gelés et les logements ne peuvent plus être mis en location, à moins que les propriétaires ne se soient engagés dans des travaux de rénovation pour se mettre en conformité avec la loi. Ce dernier point, annoncé par le premier ministre jeudi dernier, évitera d’aggraver la tension sur le marché locatif tout en préservant nos objectifs de lutte contre la précarité énergétique.
Une autre avancée importante réside dans la prise en compte des critères environnementaux dans la commande publique. À compter du 22 août prochain, tous les contrats publics devront intégrer une clause environnementale et un critère d’attribution environnemental.
Pour les consommateurs, cela se manifeste aussi par l’instauration d’un affichage environnemental destiné à informer, de manière fiable et compréhensible, sur l’impact des produits tout au long de leur cycle de vie. Dans le textile, le dispositif est encadré par un décret et un arrêté depuis octobre 2025, sur une base volontaire. Près de soixante-dix marques, représentant plus de 27 000 produits affichés, sont déjà engagées sur ce sujet. Dans le secteur alimentaire, des expérimentations ont été conduites avec des résultats probants. Elles montrent que les productions durables et françaises présentent, en règle générale, un impact plus faible. Une large concertation a été menée en 2025. Il revient désormais au gouvernement de finaliser la méthode et le cadre réglementaire en matière d’affichage environnemental pour les produits alimentaires.
Il faut aussi compter parmi les avancées l’adaptation des territoires face au changement climatique, et en particulier en ce qui concerne au recul du trait de côte –
 madame la rapporteure Panonacle, je sais que cette question vous tient à cœur. La loi « climat et résilience » a instauré un cadre juridique important pour accompagner les collectivités dans l’anticipation et la gestion de ce phénomène. Elle repose sur un principe central : intégrer pleinement le recul du trait de côte dans les politiques de planification et d’urbanisme, en mobilisant les outils existants, comme vous l’avez rappelé, et en développant des réponses adaptées aux réalités locales.
Néanmoins, le déploiement de ces dispositifs dépend encore largement de la réalisation des cartographies locales d’exposition, dont l’avancement demeure inégal selon les territoires, alors qu’elles sont indispensables pour traduire concrètement les ambitions de la loi. Il est donc essentiel d’accélérer sur ce point afin de permettre une application effective et cohérente de ces dispositions et de donner aux collectivités les moyens de s’adapter. Je tiens à souligner que l’État accompagne financièrement les collectivités, notamment via le fonds Vert, qui finance jusqu’à 80 % les cartographies, les stratégies locales, les projets de recomposition et certaines opérations de relocalisation. Je rappelle également que le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) et le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, qui sont des opérateurs publics, sont aussi grandement mobilisés sur ces sujets.
Vous avez évoqué un portail, cependant quatre outils sont déjà disponibles ou le seront prochainement sur cette question. Le portail GéoLittoral met à disposition des données et des documents sur l’ensemble des thématiques relatives à la gestion intégrée de la mer et du littoral, dont le trait de côte. Le site internet du réseau national des observatoires du trait de côte met à disposition du grand public les informations sur les observatoires locaux et propose un catalogue de données produites par les observatoires régionaux et locaux.
Deux outils supplémentaires seront publiés prochainement sur le portail GéoLittoral et répondront aux attentes que vous avez exprimées. Le Cerema a développé l’application « Le littoral de ma commune » à la demande du ministère chargé de la transition écologique. Il sera ainsi possible de consulter sur un ordinateur ou un smartphone un ensemble d’informations de référence sur le littoral pour une commune donnée. Un indicateur national de l’érosion côtière décrira l’évolution passée du trait de côte.
J’en terminerai en évoquant un sujet qui me tient à cœur : la stratégie nationale pour les aires protégées.
Là aussi, la loi « climat et résilience » a marqué une avancée majeure. Elle a fixé un objectif ambitieux : couvrir, par un réseau cohérent d’aires protégées en métropole et en outre-mer, sur terre comme en mer, au moins 30 % de l’ensemble du territoire national et des espaces maritimes.
Avec Monique Barbut, nous nous attachons à concrétiser cet objectif. Nous avons ainsi annoncé, en décembre dernier, le déploiement du label Zones de protection forte en mer ; soixante-trois espaces maritimes sont d’ores et déjà intégrés à ce nouveau dispositif.
La loi « climat et résilience » comporte 300 articles ; il est donc impossible de les mentionner tous. J’aurais cependant pu citer également l’interdiction de nouveaux centres commerciaux en périphérie des villes, l’éducation au développement durable pour tous, du primaire au lycée, l’interdiction du greenwashing, l’obligation d’installer des panneaux photovoltaïques ou des toits végétalisés, la réforme du code minier, avec des mesures pour lutter contre l’orpaillage illégal et protéger la forêt amazonienne en Guyane, la pause de précaution sur l’exploitation minière des grands fonds marins, l’accélération du déploiement des bornes de recharge pour les véhicules électriques, la compensation carbone des vols intérieurs –
 nous en avons parlé –, la création du service public de la rénovation et d’accompagnateurs dédiés, l’interdiction des terrasses chauffées, l’adaptation à l’évolution du trait de côte – nous venons de l’évoquer –, le développement des menus végétariens dans les cantines, la création du délit général de pollution et du délit d’écocide, ou encore le durcissement des sanctions en cas d’atteinte grave à l’environnement.
Toutes ces évolutions ont contribué à transformer notre rapport à l’écologie dans la vie quotidienne. Toutes ces mesures doivent désormais être pérennisées si nous voulons préserver notre environnement. Tous ces jalons ont été posés pour poursuivre la transformation écologique du pays.
J’espère pouvoir compter sur vous, mesdames et messieurs les parlementaires, pour défendre cette écologie du quotidien, en étant fidèles à l’esprit des propositions formulées par la Convention citoyenne pour le climat.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> [Contamination aux PFAS / Intervention à l’Assemblée] Je vous remercie pour ce débat, consacré à l’un des plus grands défis sanitaires et environnementaux de notre époque : la contamination généralisée aux PFAS. Avec le temps, nous découvrons l’ampleur, la persistance et les effets de ces polluants. Ils forment une famille de plusieurs milliers de composés. Leur stabilité, qui a longtemps fait leur succès industriel, constitue leur principal danger.
La science est désormais sans ambiguïté : l’exposition chronique aux PFAS entraîne une augmentation du taux de cholestérol, des effets sur le système immunitaire et endocrinien, des impacts confirmés sur la reproduction. Le PFOA a été classé comme cancérogène avéré.
L’Anses a publié en 2025 ses premières valeurs toxicologiques de référence (VTR) de long terme ; d’autres suivront. Mais nous savons déjà l’essentiel : ces substances s’accumulent dans nos organismes et dans l’environnement sans s’y dégrader. La question n’est donc plus de savoir s’il faut agir, mais comment agir encore plus vite.
La difficulté vient de la présence des PFAS dans de nombreux usages : textiles, ustensiles de cuisine, emballages alimentaires, mousses anti-incendie, certains médicaments, fluides frigorigènes, divers produits industriels. Ils sont présents dans des produits aussi quotidiens que les cosmétiques ou les farts de ski.
Le plan d’actions interministériel sur les PFAS, que nous avons adopté, identifie bien cette diversité. Nous tenons compte des VTR que l’Anses met progressivement à notre disposition.
Comment faire face ? D’abord en interdisant à la source –
 c’est la première priorité. Je remercie l’Assemblée d’avoir adopté, à l’unanimité, la loi du 26 février 2025, qui a marqué une étape essentielle. Elle signe la fin des PFAS dans les cosmétiques, les farts de ski, les textiles d’habillement et les chaussures – ces interdictions sont entrées en vigueur le 1er janvier dernier. Elle prévoit en outre une interdiction quasi généralisée dans le textile, qui interviendra d’ici à 2030, hors usages essentiels. Enfin, elle dessine une trajectoire de réduction progressive des rejets industriels.
Ces décisions nationales anticipent et accélèrent les interdictions européennes à venir. Elles envoient un message clair : nous fermons le robinet. Vous pouvez compter sur le gouvernement pour soutenir vigoureusement les mesures d’interdiction que proposera l’Agence européenne des produits chimiques.
La deuxième priorité, c’est la connaissance. Nous avançons sur tous les fronts : surveillance des rejets industriels imposée à plus de 3 400 installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ; campagne dans les stations d’épuration urbaines –
 un arrêté a été publié cette nuit au Journal officiel pour intégrer dès 2027 le TFA dans les substances mesurées à la sortie de ces stations ; contrôle renforcé de l’eau potable – nous avons anticipé en 2025 la mise en œuvre de la directive européenne du 16 décembre 2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine, dite directive eau potable ; suivi des sites ayant utilisé des mousses anti-incendie ; mesures ayant fait baisser de 60 % depuis 2025 les émissions des industriels dans l’eau ; nouvelles mesures applicables aux incinérateurs pour réduire les émissions dans l’air.
Le 9 avril dernier, je me suis rendu dans les Ardennes, aux côtés des élus, des agriculteurs et des services de l’État, pour constater les impacts liés à l’épandage de boues contaminées. Ce déplacement a confirmé la nécessité d’une doctrine nationale, désormais définie par la circulaire que Monique Barbut et moi venons de signer et qui a été publiée ce matin au Bulletin officiel du ministère de la transition écologique.
Concrètement, cette circulaire permettra d’améliorer la connaissance de la contamination des boues en PFAS, grâce à des mesures trimestrielles portant sur cinquante-deux PFAS –
 dont le TFA, j’y insiste – dans les stations d’épuration de grande taille, lesquelles représentent 86 % des volumes de boues épandus. Elle permettra en outre d’intégrer un seuil de gestion inspiré de la réglementation wallonne, d’interdire l’épandage en cas de dépassement de ce seuil et d’assurer la transparence publique des résultats.
Cette circulaire constitue une étape. La doctrine nationale deviendra un cadre réglementaire dès l’été, une fois que le Haut Conseil de la santé publique aura remis son avis –
 qui est attendu pour la fin du mois de juin.
La transparence est un devoir d’État. La France est le seul pays européen à publier une cartographie nationale regroupant l’ensemble des mesures de PFAS dans les milieux aquatiques. Ce n’est pas une option : c’est la condition de la confiance, du débat éclairé et de l’action.
Notre stratégie recoupe les préoccupations exprimées par votre assemblée : premièrement, il faut interdire les PFAS dès que des alternatives existent ; deuxièmement, il faut les remplacer, en soutenant l’innovation et la transition industrielle ; troisièmement, il faut les détruire, en développant des filières capables d’éliminer ces substances –
 il ne s’agit pas simplement de les déplacer d’un milieu à l’autre.
Le défi est immense. Je suis conscient de ce qu’il reste à faire. Mais nous avons commencé collectivement à renverser le cours de ces pollutions éternelles, et je remercie les parlementaires pour leur implication.
Nous sommes à un moment charnière. Ce sujet nécessite une action déterminée et vous pouvez compter sur le gouvernement. Je me réjouis de la tenue de ce débat, qui nous permettra éventuellement d’identifier d’autres actions à mener et d’apporter des améliorations au plan d’actions interministériel.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> A Paris de la réunion des ministres du développement du G7. Le monde change, et avec lui, notre approche du développement change aussi! La France porte une nouvelle approche autour de quatre principes :
- Efficacité : rechercher l’impact, en travaillant ensemble
- Souveraineté : sortir du piège de la dépendance à l’aide
- Résilience : soutenir les plus fragiles, pour nos intérêts communs
- Réforme : pour un système plus clair et représentatif
Nous avons associé à nos travaux le Kenya, le Brésil, l’Inde, la Corée du Sud, mais aussi le Maroc et la Côte d’Ivoire. Il n’y a plus d’un côté les bailleurs et de l’autre les récipiendaires, mais des pays partenaires autour de la table.
> Pour clôturer la première journée du G7 Développement, j’ai modéré une session consacrée à la santé, un enjeu plus stratégique que jamais.
Notre ambition : soutenir le financement de la souveraineté sanitaire et poser les bases d’une action collective plus cohérente et plus efficace.
Cette session a marqué une étape utile vers une approche plus intégrée, tournée vers l’impact et la résilience.

> Session du G7 sur le financement des infrastructures.
Les infrastructures sont au cœur de nos partenariats en matière de développement, car elles génèrent de la croissance, améliorent l’accès aux services essentiels et attirent des capitaux privés. C’est pourquoi nous avons souhaité y consacrer une session du G7. Les membres du G7 ont approuvé une nouvelle approche des corridors économiques, pour penser le développement d’infrastructures durables à l’échelle régionale.
Dans le cadre de cette session, mon homologue américain Jeremy Lewin a annoncé une contribution de 100M$ pour la reconstruction du sarcophage de Tchernobyl, lançant une dynamique de mobilisation pour protéger cette infrastructure capitale pour la sécurité collective.

> Deux mois après le début de ce nouveau conflit au Moyen-Orient, jusqu’à 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans l’insécurité alimentaire aiguë. Avec le Pnud et la Banque mondiale, nous avons ouvert une session de travail lors de la ministérielle G7 développement, autour de deux priorités: - Un horizon partagé face à la crise alimentaire et à la rupture d’approvisionnement en engrais.
- La coordination du G7 pour la reconstruction des infrastructures dans les pays en conflit.
Continuons d’agir ensemble pour apporter des réponses concrètes aux crises.

> À l’occasion du lancement de la réunion ministérielle du G7 pour le développement, j’ai participé à Bercy à un événement organisé par Finance in Common (FiCS), réunissant les principales banques publiques de développement. Ce dialogue a mis en avant leur rôle dans les priorités du G7, autour de trois enjeux : coordination des acteurs, cadres réglementaires favorables et mobilisation d’investissements via des instruments financiers innovants.

> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous mobilisons nos partenaires, les pays du Golfe, pour parvenir à une désescalade, revenir à un dialogue.

> [Prix des carburants] Il faut s'assurer qu'il n'y ait pas de profiteurs de cette crise.

 

Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Assurer la même exigence de protection pour les personnes en situation de handicap comme pour les personnes âgées, c’est un choix clair. Nous nous donnons les moyens concrets de garantir leur sécurité en rendant obligatoire l’attestation d’honorabilité pour tous les professionnels et bénévoles qui les accompagnent au quotidien.

> À l’occasion de la Journée des mobilités et de l’accessibilité, j’ai rencontré les ambassadeurs en situation de handicap de l’application My Easy Access: une application qui identifie les lieux accessibles et les trajets sans obstacle.
Nous l’avons testée ensemble pour aller au Stade Orange Vélodrome.
Leur message : une société accessible, c’est offrir la possibilité à chaque personne de se déplacer, de faire des activités, de se rendre à un spectacle, à un match… sans penser qu’elle pourrait en être empêchée ! Sans cela, il ne peut y avoir de liberté de se déplacer et de profiter de la vie.

 

● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature

> Il y a une semaine les délégations du G7 Environnement se retrouvaient avec un objectif clair : avancer ensemble.
Des échanges exigeants qui ont permis d’aboutir à des résultats que nous considérons comme exceptionnels, avec l’adoption de 7 déclarations communes.
Les enjeux climatiques ont été au cœur des discussions.
Cette réunion montre qu’il existe une voie pour continuer à construire des avancées environnementales sur la scène internationale. Elle invite aussi à aborder les questions environnementales sous des angles renouvelés, notamment ceux liés à la sécurité et à l’accès aux ressources naturelles.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> La France franchit une nouvelle étape pour faire face aux menaces de cyberattaques contre les services publics, avec le plan d'action annoncé par le Premier ministre:
- fusion de la DITP et de la DINUM pour créer une Autorité nationale du numérique et de l'IA placée sous la responsabilité directe du Premier ministre ;
- + 200 millions d'euros mobilisés sur le budget France 2030, dédiés au renforcement de notre cybersécurité ;
- 5% des budgets numériques de chaque ministère pour le cyber dès 2027.
Le ministère de l'éducation nationale a engagé un vaste plan d'action pour renforcer durablement la sécurité des données des élèves et des personnels.

 

Vincent Jeanbrun (ministre de la Ville et du Logement)
> [Occupation illicite de logements / Intervention à l’Assemblée] La restauration d’un équilibre dans les rapports entre les locataires et les propriétaires est absolument fondamentale et je salue sincèrement la proposition de loi du député Sylvain Berrios qui tend à conditionner l’ouverture des contrats d’électricité, de gaz, d’eau et d’internet à la présentation d’un justificatif prouvant le droit d’occuper le logement –
 il peut s’agir d’un titre de propriété, d’un bail ou d’une attestation de bailleur. Ces contrats ne doivent pas pouvoir légitimer une occupation illicite ou servir de justificatifs de domicile lorsque le logement est occupé irrégulièrement – c’est du bon sens. Il est stupéfiant de pouvoir contracter un contrat d’énergie, d’internet ou d’assurance sans avoir à prouver qu’on occupe un logement de manière licite. Comment expliquer aux Français que leur bien parfois durement acquis peut faire l’objet d’une occupation illicite simplement parce que le squatteur a pu souscrire un contrat d’énergie ?
Un quart des familles françaises –
 un quart – sont logées par des petits propriétaires bailleurs qui, en moyenne, possèdent 1,1 logement. Nous sommes donc loin de l’image donnée par certains de très riches propriétaires. Pour ces petits propriétaires souvent âgés, le loyer qu’ils perçoivent est un complément de retraite absolument nécessaire et utile. Ils ont travaillé durement tout au long de leur vie pour en bénéficier et ils en perdent la faculté en cas de squat, ce qui peut les mettre en grande difficulté. On pense également aux propriétaires de logements dont le loyer permet de rembourser le crédit avec lequel ils ont acheté le bien. Lorsque ce loyer n’est plus versé, ce sont eux qui sont en difficulté auprès de l’organisme bancaire et qui risquent d’être expulsés de leur logement. Il y a aussi ces jeunes travailleurs qui ressentent le besoin de se constituer un patrimoine afin de se garantir une retraite ou de se loger plus tard. Ils sont aujourd’hui très inquiets face à la question du squat et ressentent un sentiment d’impuissance.
Il est impératif de redonner confiance aux Français qui épargnent et qui souhaitent investir. Comme je le dis souvent, on ne dort pas dans un plan d’épargne en actions (PEA). Pour résoudre la crise du logement, il faut inciter nos concitoyens à placer leur argent dans la pierre, à investir dans la production de logements. Or ils doivent être en confiance pour engager cette démarche. Quand les Français se détournent de l’investissement dans la pierre, c’est tout simplement la crise du logement qui s’intensifie.
Parce qu’il empêche le retraité de se garantir un complément de retraite après avoir travaillé toute sa vie, parce qu’il empêche le petit propriétaire de rembourser le crédit grâce auquel il a pu acquérir un bien, le squat dégoûte les propriétaires, face à notre impuissance collective à lutter contre ce fléau. Par peur, les propriétaires ne veulent plus louer et ce sont des familles qu’on ne peut plus loger. Les petits propriétaires préfèrent laisser le logement vacant ou le mettre en meublé touristique, c’est-à-dire en Airbnb. Le fléau du squat a également un impact médiatique et renforce le sentiment d’écœurement des propriétaires lorsqu’ils regardent des émissions choc sur le sujet. Récemment, un reportage d’Élise Lucet a montré la détresse de petits propriétaires désarmés face aux squatteurs. Lorsqu’on allume la télé et qu’on voit le cauchemar qu’ils vivent, on se demande comment il pourra être possible de restaurer la confiance et d’inciter les propriétaires à louer leur bien. C’est un véritable défi auquel nous devons répondre.
Nous avons l’obligation d’inverser la tendance et de redonner confiance. Si nous voulons que les propriétaires remettent leur bien sur le marché locatif –
 nous manquons cruellement de logements disponibles –, il faut les inciter en toute transparence et en toute sérénité à le faire. La République doit respecter la loi et je regrette que des élus, notamment de La France insoumise, prennent des décisions contraires au droit en matière d’expulsion. Quand des élus prennent des décisions contraires au droit, c’est l’État de droit qui recule.
La loi Kasbarian-Bergé, que vous avez mentionnée à plusieurs reprises, a permis de véritables avancées en la matière puisque, grâce à elle, les propriétaires victimes de squatteurs sont mieux protégés. Les sanctions ont été triplées. Cette loi a également permis de réduire les délais dans les procédures contentieuses de traitement des impayés, ce qui était aussi très attendu. Il restait cependant quelques petits angles morts dans le texte. Je pense notamment au fait qu’une personne entrée légalement dans un meublé touristique, par exemple par le biais de la plateforme Airbnb, pouvait s’y maintenir sans tomber sous le coup de la loi. C’est pourquoi, avec le ministre de l’intérieur, nous allons proposer à votre sagacité le projet de loi Ripost –
 réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens –, qui, dans son article 5, entend combler ce trou dans la raquette en facilitant l’évacuation des squatteurs qui se maintiennent dans des meublés de tourisme de type Airbnb. Cette avancée est salutaire pour mieux lutter contre le squat et constitue la preuve que le gouvernement est résolument engagé à protéger nos concitoyens.
Restaurer la confiance entre les propriétaires et les locataires, c’est également faciliter l’accès à un logement et, en contrepartie, sécuriser les propriétaires contre les impayés. Je souhaite que nous nous inspirions du modèle canadien dans lequel les barrières à l’entrée sont considérablement réduites parce que les barrières à la sortie le sont également. Dit autrement, je souhaite que les familles accèdent beaucoup plus rapidement à un logement, sans avoir besoin de présenter de nombreuses garanties, lesquelles sont souvent excessives. En contrepartie, le propriétaire doit pouvoir mettre fin au bail en cas de mauvais paiements.
La volonté du gouvernement n’est pas de porter atteinte aux principes juridiques fondamentaux de notre pays, mais de rééquilibrer les rapports locatifs et de restaurer la confiance. Les solutions faciles et populistes ne feront jamais avancer le droit. Chacun a le droit de vivre dans un logement digne et sûr. C’est pourquoi le gouvernement a confié une mission sur l’équilibre des relations entre les propriétaires et les locataires à Sylvain Grataloup, que je remercie de l’avoir acceptée, afin de dégager des solutions concrètes et rationnelles, dans une logique de concertation avec l’ensemble des acteurs du logement, représentants des bailleurs et des locataires. L’objectif du gouvernement est clair : il s’agit de maintenir un juste équilibre entre la protection des locataires et le respect du droit de propriété sans créer ni aggraver les situations de précarité.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Carburants] Il ne doit pas y avoir de profits exceptionnels sur le dos de la crise et surtout pas réalisés en France. (…) Personne ne doit faire de profits indus sur le dos de la crise. C'est une certitude. (...) Dans un moment de crise pétrolière grave, avoir un pétrolier national, c'est aussi un outil de souveraineté.

> [Energie] Quand bien même le conflit s'arrêterait demain (...) les conséquences de cette guerre sur les prix de l'énergie ne s'arrêteraient pas immédiatement (...) mais nous ne laisserons pas tomber les secteurs d'activité les plus en difficulté. (…)
Les conséquences ne s'arrêteront pas en un claquement de doigts. Pendant que les hausses des prix du carburant se feront ressentir pour les Français les plus modestes (...) nous serons à leurs côtés.

> [Carburants] Chacun doit être extrêmement vigilant, mais (...) à l'heure où nous parlons, nous n'avons pas de risque de pénurie. (...) Nous avons 100 millions de barils de stocks soit 3 mois de consommation française.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> L'Iran doit abandonner son programme de nucléaire clandestin. (...) L'objectif, c'est d'avoir une issue négociée.

> [Taxation des profits des compagnies pétrolières] On n'exclut pas, ni des mesures nationales, ni des mesures européennes.

> [Immigration illégale] Je ne suis pas favorable à des régularisations massives comme l'ont fait certains de nos voisins.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> Bonne fête du Travail à toutes et à tous. Cette année, nos boulangers et fleuristes pourront ouvrir ce 1ᵉʳ mai, une première et une bonne nouvelle pour eux. Une avancée de bon sens.

> La France et la Roumanie sont des nations sœurs, engagées dans la défense de l’Europe et de ses valeurs. Avec mon homologue Sorin Mihai Grindeanu, Président de la Chambre des députés de Roumanie, nous avons évoqué nos défis communs : défense et souveraineté européennes, lutte contre les ingérences, protection de la jeunesse face aux réseaux sociaux, francophonie. Dynamisons notre diplomatie parlementaire pour nourrir notre coopération bilatérale dans tous les domaines !

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Le rapport au travail est l’une des questions les plus centrales de notre époque, mais tous les politiques en parlent avec les mêmes vieilles lunes qu’il y a 20 ou 30 ans, malgré les bouleversements technologiques et humains que nous connaissons. Je crois qu’on peut travailler tous, travailler mieux, et mieux vivre de son travail.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Je propose des solutions concrètes pour sortir durablement de notre dépendance aux énergies fossiles et je défends une ligne claire : des aides ciblées pour ceux qui en ont vraiment besoin. Rendre la transition accessible, avec des véhicules électriques plus abordables, y compris d’occasion, et des dispositifs adaptés à ceux qui en dépendent au quotidien : c’est le cap que je porte. Face à l’extrême droite et aux relais d’intérêts pétroliers qui veulent freiner une transition énergétique essentielle pour préserver notre économie, il faut accélérer.

 

Marc Ferracci (député)
> Une fierté française qui prend le large.
Accor a lancé l’Orient Express Silenseas, le plus grand voilier du monde, un navire de 220 mètres équipé de trois mâts rigides à voiles et pensé pour allier innovation et performance environnementale.
J’ai eu l’occasion de découvrir ce projet exceptionnel bien avant sa mise à l’eau, en visitant les chantiers aux côtés de Laurent Castaing, directeur des Chantiers de l’Atlantique. Voir aujourd’hui ce joyau des mers naviguer est une immense fierté. Avec ce voilier hors norme, la France démontre une nouvelle fois sa capacité à repousser les limites de l’innovation maritime. Fruit d’un savoir-faire industriel unique, il incarne l’excellence de nos filières et la force de notre industrie. Et l’aventure ne fait que commencer : un second navire est déjà prévu à l’horizon 2027.
Derrière ce projet, ce sont des emplois, des compétences et une ambition : faire rayonner une industrie française à la pointe, tournée vers l’avenir et la transition.

> Renforcer la coopération franco-suisse, c'est ainsi servir l'intérêt de nos deux économies :
- Faciliter les passages transfrontaliers.
- Construire des ponts entre nos administrations et nos écosystèmes industriels.
- Renforcer le dialogue sur la formation et la reconnaissance des qualifications.

 

Jean-René Cazeneuve (député)
> [Loi « climat et résilience » : bilan et perspectives / Intervention à l’Assemblée] Il y a sept ans, par la volonté du président de la République, 150 citoyens tirés au sort, des Français qui n’étaient ni des technocrates, ni des spécialistes, ni des militants, ont passé des mois à se pencher sur une question simple et vitale : comment réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2031 ? Le résultat, c’est la loi « climat et résilience », qui consacre –
 certes partiellement, pour certaines – 146 des 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat (CCC). Ce n’est pas un compromis partisan ou une énième course à l’échalote législative, mais bien un contrat civique pour la nation, une vraie innovation démocratique. J’en suis d’autant plus fier que j’en ai été le rapporteur général.
Rappelons ce que fait cette loi, dans les grandes lignes. Elle a inscrit dans le droit des dispositifs que personne n’avait osé y introduire avant nous. Je n’en cite que quelques exemples, parmi de très nombreux autres : l’objectif ZAN, pour protéger nos terres agricoles ; la généralisation des ZFE, pour que nos concitoyens ne meurent pas dans leurs villes des effets de la pollution ; le verdissement de la commande publique, grâce au basculement de milliards d’euros d’achats publics vers la transition écologique ; les obligations de rénovation des passoires thermiques. Cette loi a aussi acté un développement sans précédent des bornes de recharge et inscrit dans le marbre le délit d’écocide.
Cette loi n’est pas une déclaration d’intention : elle accompagne le quotidien des Français, leur consommation, leurs déplacements, leur logement. Elle réunit tout le monde autour d’un objectif collectif, commun.
Alors, oui, je suis désabusé, inquiet. Tandis que nous nous efforçons, ici, de défendre ces avancées, d’autres s’emploient méthodiquement à les effacer. Vos commentaires ne concernent pas les résultats obtenus, mais on nous demande d’émettre un avis sur le texte tel qu’il a été voté à l’époque. L’objectif de réduire de 50 % l’artificialisation des sols d’ici à 2031 ? Revu à la baisse au nom d’une prétendue liberté d’aménagement. Les ZFE ? Supprimées, faute d’assumer la pédagogie territoriale qu’elles exigent. La suppression des passoires thermiques, pour protéger nos concitoyens les plus démunis de factures énergétiques colossales ? Repoussée aux calendes grecques.
Ces dispositifs étaient-ils parfaits ? Certainement pas. Fallait-il les adapter ? Probablement. Mais les supprimer ? Non, c’est tout à fait irresponsable. Le projet de loi de simplification est devenu celui de la renonciation. Ces reculs démagogiques, populistes, font du mal, pas seulement à la transition écologique mais aussi à la parole publique. On ne défait pas impunément un contrat scellé avec les citoyens.
Et puis, il y a l’action, impardonnable, de nos oppositions. La gauche, au printemps 2021, n’avait pas de mots assez durs contre la loi « climat et résilience », qu’elle n’a d’ailleurs pas approuvée. Elle était insuffisante, c’était une trahison, une opération de communication ! La gauche la défend aujourd’hui –
 prouvant a posteriori que son contenu était dense – mais elle a participé à son sabotage plutôt que de favoriser son application. Bienvenue dans le camp des constructifs, avec cinq ans de retard !
À droite, un climatoscepticisme à peine dissimulé n’a cessé de gagner du terrain. Les renouvelables, les ZFE, le ZAN : tout y passe, méthodiquement. On détricote ce que les citoyens ont écrit. C’est du mépris démocratique. C’est d’une irresponsabilité sans nom.
La vérité, mes chers collègues, c’est que cette loi n’a jamais été d’une actualité aussi brûlante. Les postures des oppositions n’ont pas figé le dérèglement climatique. Les inondations, les sécheresses, les canicules se moquent de vos amendements de suppression et de vos renoncements démagogiques. Votre immobilisme ne protège pas nos agriculteurs –
 je ne prends là que quelques exemples.
Alors je le dis clairement : je continuerai de défendre cette loi, ses objectifs et le contrat passé avec les citoyens. C’est l’intérêt supérieur de notre pays.

 

Nicole Dubré-Chirat (députée)
> [Santé mentale des jeunes / Intervention à l’Assemblée] Si nous abordons ce sujet pour la population des jeunes, plus que jamais exposée à des troubles en santé mentale depuis quelques années, il convient de rappeler que la santé mentale concerne toutes les catégories d’âge de la population. Le choix de limiter le débat aux politiques menées depuis 2017 conduit à s’interroger, car plusieurs dispositifs existaient déjà : le premier plan Psychiatrie et santé mentale de 2005, le programme national d’actions contre le suicide 2011-2014 ou encore le Conseil national de santé mentale créé en 2016.
Un Français sur cinq est concerné par un trouble en santé mentale, soit 13 millions de personnes. Ce nombre résume à lui seul le véritable enjeu de santé publique que représente la santé mentale, en particulier pour les jeunes.
Depuis 2017, de nombreuses actions ont été menées pour accompagner les jeunes confrontés à des troubles psychologiques ou psychiatriques. L’établissement en 2018 de la feuille de route « santé mentale et psychiatrie » a constitué l’une des premières pierres de la politique publique en la matière, avant d’être enrichie par le Ségur de la santé et les assises de la santé mentale et de la psychiatrie en 2021. Des mesures concrètes ont vu le jour, comme la création du 3114, numéro national de prévention du suicide particulièrement utile pour les jeunes, le suicide étant la première cause de décès chez les 25-34 ans. Il permet à toute personne en situation de risque suicidaire ou de détresse psychologique d’obtenir une assistance et un accompagnement de qualité. Parce que la plupart des troubles légers de l’enfant et de l’adolescent en santé mentale se développent et s’aggravent à l’âge adulte, l’accent a aussi été mis sur le repérage précoce, à travers la stratégie des 1 000 premiers jours, l’expérimentation du dispositif Écout’émoi chez les jeunes de 11 à 21 ans ou encore l’outil VigilanS, permettant de coordonner un réseau de professionnels de santé qui garderont le contact avec la personne qui a tenté de se suicider.
Pour les étudiants, la santé mentale a aussi été au centre de l’action des ministères de l’enseignement supérieur et de la santé, avec le dispositif Santé psy étudiant lancé en 2021, qui permet aux étudiants de bénéficier de douze séances par an avec un psychologue, renouvelables et sans avance de frais. Créée en 2016, l’association Nightline offre une ligne d’écoute en soirée gérée par et pour des étudiants. La stratégie d’accompagnement en santé mentale ne pouvant reposer sur les seuls professionnels de santé, plus de 5 000 secouristes en santé mentale ont été formés dans le milieu étudiant, afin d’être au plus près de ceux et celles qui auraient besoin d’aide. Pourtant, ces nombreux dispositifs manquent encore de lisibilité.
Si beaucoup a été fait pour la jeunesse, une politique publique encore plus ambitieuse doit être mise en ?uvre, car les carences sont encore nombreuses. Avec Sandrine Rousseau, dont je tiens à saluer la mobilisation constante sur le sujet, nous avons achevé il y a près d’un an et demi une mission d’information sur la prise en charge des urgences psychiatriques. Beaucoup de nos recommandations concernaient la santé mentale des jeunes et nous déplorons qu’elles n’aient toujours pas trouvé de traduction concrète, malgré une santé mentale érigée en grande cause nationale deux années de suite. Certaines d’entre elles ont été reprises dans le rapport de la commission d’enquête sur les défaillances des politiques publiques en matière de handicap et de santé mentale, que j’ai publié, en tant que présidente, avec mon collègue Sébastien Saint-Pasteur.
Tous ces travaux parlementaires ont mis en évidence la détérioration rapide de la santé mentale de la population ces dernières années, en particulier chez les jeunes depuis la crise sanitaire. Chez les 18-24 ans, la prévalence des épisodes dépressifs est passée de 11,7 % à 20,8 % en quatre ans. Les jeunes femmes sont plus spécifiquement touchées : les hospitalisations liées aux gestes auto-infligés chez les femmes âgées de 10 à 19 ans ont progressé de 570 % depuis 2007.
À la lumière de ces données, le groupe Ensemble pour la République appelle à des évolutions rapides, d’autant que la dégradation de ces indicateurs se traduit par une forte hausse de la consommation de médicaments chez les adolescents et les jeunes adultes. En 2023, 936 000 jeunes âgés de 12 à 25 ans ont bénéficié du remboursement d’au moins un médicament psychotrope, soit 144 000 jeunes de plus qu’en 2019. Il est impératif de sortir de cette logique encore trop curative, car elle est suivie au détriment d’une démarche plus préventive.
De plus en plus de jeunes sont en souffrance psychique. Il est urgent que les pouvoirs publics augmentent durablement les moyens nécessaires pour les aider, car ils sont l’avenir de la nation.
Je vous alerte aussi sur la situation des pédopsychiatres : selon les dernières tendances, on pourrait en compter moins de 1 000 en 2035.
Le délai d’obtention d’un rendez-vous, qui s’établit entre dix-huit et vingt-quatre mois, n’est plus acceptable : il est essentiel de garantir une offre de pédopsychiatrie homogène et adaptée aux besoins dans tout le territoire. Repérage précoce, orientation adaptée, accès au dispositif de soutien et suivi de la prise en charge dans le parcours de soins : voilà les priorités pour les jeunes.
Des mesures ont été proposées dans le plan Psychiatrie, lancé en juin 2025. Elles concernaient le secteur de la santé et l’éducation nationale. Pouvez-vous en présenter la déclinaison et la réalité sur le terrain ?

 

Bertrand Sorre (député)
> [ / Intervention à l’Assemblée] Les associations, leurs salariés et les bénévoles sont le cœur battant de notre République. Dans son ensemble, le tissu associatif fait vivre nos territoires. Il crée ou maintient du lien là où ce dernier est fragilisé, là où il n’existe plus. Les associations remplissent quotidiennement des missions essentielles dans de nombreux domaines, comme la culture, le sport, le social, la mémoire ou encore l’environnement. Bien souvent, elles ne se contentent plus d’accompagner l’action publique ; elles la prolongent, voire la remplacent, en étant au plus près des besoins de nos concitoyens. Je tiens à saluer leur engagement sans faille, ainsi que celui des bénévoles.
Notre pays compte environ 1,3 million d’associations actives. Si 170 000 d’entre elles sont employeuses, la grande majorité fonctionne sans salariés et toutes reposent sur une richesse essentielle : l’engagement bénévole. Près de 20 millions de bénévoles font vivre ce tissu, preuve d’une vitalité démocratique incomparable.
Depuis 2017, notre groupe parlementaire est particulièrement attentif aux enjeux de la vie associative. Des transformations importantes ont été engagées, notamment avec la réforme du fonds pour le développement de la vie associative (FDVA) en 2018, qui a permis de redéfinir le soutien public après la suppression de la réserve parlementaire.
D’autres avancées doivent être saluées : la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en allègement pérenne de cotisations, qui a soutenu l’emploi associatif ; le développement des conventions pluriannuelles d’objectifs, qui offrent davantage de visibilité aux structures ; ou encore les efforts de simplification, avec des outils comme Le Compte Asso, qui facilitent l’accès aux financements. Au-delà, c’est tout l’équilibre du modèle associatif qui est en question, entre reconnaissance, financement et capacité à continuer d’agir au plus près du terrain.
L’an dernier, j’ai été missionné par la commission des affaires culturelles et de l’éducation pour conduire une mission flash sur le FDVA. Avec ma corapporteure, Nicole Sanquer, nous avons examiné ce dispositif structurant à travers ses deux volets –⁠ l’un est consacré au financement de la formation des bénévoles, l’autre au soutien des projets innovants. Ce travail nous a permis de mesurer à quel point ce dispositif est un outil central, largement plébiscité par les associations, avec une hausse continue des demandes et une appropriation réelle par tous les acteurs locaux.
Pour l’année 2024, les crédits mobilisés dépassaient ceux de l’ancienne réserve parlementaire, ce qui traduit un effort budgétaire réel de la part du gouvernement. Toutefois, derrière cette dynamique, des fragilités persistent. Le premier volet, consacré à la formation des bénévoles, reste soumis à de fortes variations, parce qu’il dépend notamment des ressources issues des comptes bancaires inactifs et des contrats d’assurance-vie, qui représentent environ 35 millions d’euros. Cette instabilité fragilise la capacité des associations à se projeter. C’est pourquoi nous avions proposé l’instauration d’un plancher garantissant un financement annuel minimum. Les besoins augmentent, car le renouvellement des dirigeants est de plus en plus difficile, la population bénévole vieillit et les associations sont demandeuses de formation. Dans ce contexte, le plafond actuel de 25 % constitue un frein qu’il serait pertinent de lever.
S’agissant du second volet, dédié aux projets innovants, nous avons constaté que la multiplication des appels à projets tendait à pénaliser les structures les plus modestes, qui sont souvent les moins armées administrativement, ce qui crée une forme d’inégalité d’accès aux financements. Pour y remédier, nous proposons une solution pragmatique : expérimenter sur trois ans un financement pluriannuel pour les projets innovants. L’objectif est de donner de la visibilité aux associations, d’alléger les démarches et de leur permettre de se concentrer sur l’essentiel, en agissant sur le terrain au plus près de nos concitoyens. Ces propositions sont attendues par le monde associatif.
En tant qu’élu d’une circonscription rurale, je tiens à rappeler qu’une attention particulière doit être portée aux plus petites associations, notamment à celles de nos territoires ruraux qui connaissent le plus de difficultés administratives ou des problèmes de numérisation. Souvent entièrement bénévoles, disposant de peu de moyens, elles sont pourtant indispensables à la vitalité locale : ce sont elles qui maintiennent le lien social, organisent la vie collective et font vivre les plus petites communes. Ce sont ces associations qui bénéficient le plus du FDVA, qui est parfois le seul levier de financement qui leur est accessible.
Le FDVA est un dispositif reconnu et compris, que les acteurs associatifs se sont largement approprié. Le gouvernement le promeut et le soutient. Il est une véritable réussite de politique publique, car il a trouvé sa place et répond à un besoin réel sur le terrain. Certains freins empêchent d’aller plus loin. Ils gagneraient à être levés pour renforcer encore l’efficacité du fonds, en particulier au bénéfice des structures les plus fragiles. Dans la continuité des réformes mises en œuvre, pouvez-vous nous faire savoir comment le gouvernement entend consolider le FDVA, afin de donner davantage de visibilité et de stabilité aux associations ?

 

Sophie Panonacle (députée)
> [Loi « climat et résilience » : bilan et perspectives / Intervention à l’Assemblée] Notre réunion entend ouvrir le débat sur la loi du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets. Lutte, renforcement, résilience : des mots forts et des ambitions légitimes face à des enjeux immenses.
Parmi les 300 articles de cette loi, les dispositions relatives au recul du trait de côte illustrent particulièrement bien le fait que nous sommes, si je puis dire, dos au mur, face à la mer. La résilience, pour les territoires littoraux, leurs habitants, leurs entreprises et leurs élus, ce n’est pas seulement un beau projet ; c’est d’abord et avant tout une question de survie.
Les conséquences du dérèglement climatique sur le niveau des mers, les événements météorologiques extrêmes, l’érosion du littoral et les phénomènes de submersion ne sont pas théoriques : ils sont concrets et inexorables. Ce n’est pas une vue de l’esprit, mais une réalité sur toutes nos façades maritimes, de l’Hexagone, de la Corse et des outre-mer. En effet, l’ensemble des littoraux français, sableux et rocheux, sont concernés à des degrés divers et à des horizons variables.
Dès aujourd’hui, avoir les pieds dans l’eau ne doit plus être une fin en soi. Habiter une maison donnant sur la plage, exploiter un restaurant avec vue sur mer ou une entreprise ostréicole, est devenu un motif d’angoisse et un facteur de vulnérabilité.
Les dispositions des articles 236 à 249 de la loi « climat et résilience » constituent une boîte à outils juridique. Le législateur, en 2021, a fait le choix d’une logique d’aménagement des territoires littoraux, impliquant un transfert de la gestion de ces risques spécifiques aux collectivités locales compétentes en matière de planification et d’urbanisme.
En revanche, comme je l’avais dit haut et fort à l’époque à Mme la ministre Barbara Pompili, la loi est dépourvue de modalités de financement. Cette situation s’apparente donc à un transfert de compétences sans transfert des moyens correspondants.
Après presque cinq ans, le constat est clair : les outils de la loi sont restés dans leur boîte. Ils sont peu ou pas utilisés, qu’il s’agisse du droit de préemption, du bail réel d’adaptation à l’érosion côtière ou du dispositif d’information des acquéreurs et des locataires.
Outre qu’ils sont complexes à appréhender et à appliquer, plusieurs conditions préalables à leur utilisation doivent être remplies : l’acquisition et la diffusion des connaissances, la cartographie et la redéfinition d’une stratégie nationale, la sensibilisation et l’information de toutes les parties prenantes et, surtout, la certitude que les financements seront à la hauteur des besoins.
Nous le savons : sans connaissance scientifique précise, il n’y a pas de décision éclairée possible. C’est pourquoi je salue le travail des chercheurs et des ingénieurs, des opérateurs de l’État et des observatoires du trait de côte. Lorsque des cartes précises et complètes seront établies, chacun aura la réponse à sa question : à quel horizon temporel ma maison, mon camping, mon installation portuaire, mon exploitation conchylicole et agricole deviendront-ils inhabitables ou inexploitables ?
Depuis bientôt dix ans, je me bats contre vents et marées, en particulier face à l’attitude dogmatique et hostile des représentants de Bercy. Au sein du Conseil national de la mer et des littoraux (CNML), dont je préside le bureau, et au sein du Comité national du trait de côte (CNTC), je plaide, avec l’ensemble unanime de leurs membres, pour le soutien aux maires des communes littorales.
Pas plus tard que la semaine passée, j’ai rencontré les maires corses réunis lors d’une assemblée de l’Association nationale des élus du littoral (Anel). Ils sont démunis et dépités –
 peut-être, bientôt, révoltés. Face au recul du trait de côte, les collectivités locales font ce qu’elles peuvent pour se mobiliser.
Pour l’instant, seuls sept projets partenariaux d’aménagement comportant spécifiquement un volet littoral ont été signés en France métropolitaine. L’entretien des ouvrages de protection, les solutions fondées sur la nature et les actions de relocalisation d’activités économiques doivent être combinés, mais les coûts financiers associés sont considérables. Les stratégies locales de gestion intégrée du trait de côte n’atteignent pas la phase opérationnelle, encore une fois faute de crédits.
Les acteurs avec lesquels je suis en contact quotidiennement expriment leurs inquiétudes avec lassitude : quelles sont les limites des dispositifs assurantiels existants ? Comment accéder aux financements, actuellement éparpillés et globalement insuffisants ? Comment acquérir des réserves foncières ? Faut-il étendre ou pas le fonds Barnier ? Faut-il, à la marge, déroger à la loi « littoral » ? Des questions parmi tant d’autres qui restent sans réponse.
Madame la ministre, pouvez-vous nous confirmer qu’un portail unique d’information permettra d’accéder gratuitement et facilement à l’ensemble des ressources –
 informations, cartes et données – des services et opérateurs de l’État, dans un format lisible et exploitable par tous ?
Je sais que votre ministère ne dispose pas des réponses, notamment financières, à ces questions. Je le sais d’expérience : lors des derniers débats budgétaires, les amendements que nous avions fait adopter à l’Assemblée nationale comme au Sénat ont été systématiquement balayés par le gouvernement.
Je le sais aussi pour l’avoir vécu lors de nombreuses rencontres à Matignon, au ministère de la transition écologique et au ministère des comptes publics, où l’idée même de créer un fonds « érosion côtière » n’est pas prise au sérieux. L’idée de recourir légitimement à la solidarité nationale, sans aggraver la dette publique, n’est pas retenue. Quant à la mobilisation de ressources pérennes dédiées à l’adaptation des territoires littoraux, elle est tout simplement écartée.
Madame la ministre, pouvez-vous nous donner des raisons d’espérer ? Pour la énième fois, par votre intermédiaire, j’appelle l’attention du gouvernement sur l’urgence d’agir dans l’ensemble des territoires littoraux de l’Hexagone, de Corse et des outre-mer.

 

Denis Masseglia (député)
> [Occupation illicite de logements / Intervention à l’Assemblée] Il y a quelques jours encore, l’émission « Envoyé spécial » – que certains, ici, ont peut-être regardée – donnait à voir une réalité qui choque profondément nos concitoyens : des propriétaires dépossédés de leur bien, parfois du jour au lendemain, et contraints, faute de réponse suffisamment rapide, d’envisager de se faire justice eux-mêmes.
Sur le plan législatif, la majorité a substantiellement renforcé l’arsenal existant. La loi du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite, dite loi Kasbarian, a introduit trois évolutions qui me semblent structurantes : tout d’abord, une clarification et une extension du champ pénal, avec l’extension du délit de violation de domicile aux logements vacants, l’instauration de sanctions pour les locataires qui ne payent plus leur loyer depuis plusieurs années et se maintiennent dans un logement malgré une décision d’expulsion ; ensuite, un renforcement de la procédure administrative d’évacuation, qui permet aux préfets d’expulser les squatteurs en soixante-douze heures en cas de flagrance ; enfin, la sécurisation des procédures civiles d’expulsion, hors procédure administrative mentionnée précédemment, avec la réduction de certains délais contentieux et la limitation des possibilités de maintien dans les lieux sans droit ni titre.
L’oratrice précédente a évoqué le cas de certaines personnes que nous recevions dans nos permanences. Pour ma part, j’ai reçu des personnes qui, toute leur vie, ont économisé pour s’acheter un petit bien. Elles espéraient ainsi disposer, grâce à la location, d’un complément de revenu au moment où elles partiraient à la retraite. Or elles se retrouvent en grande difficulté financière car elles doivent payer un crédit alors qu’elles ne disposent pas de ressources financières. Oui, nous recevons dans nos permanences des personnes qui subissent la lenteur des procédures.
L’objectif de la loi Kasbarian était clair : réduire le délai global d’évacuation et sécuriser juridiquement les procédures.
Le rapport d’application réalisé quelques mois plus tard par notre collègue Caroline Yadan a d’ailleurs permis d’objectiver les premiers effets positifs de cette réforme.
Nous pouvons ainsi tirer deux constats. D’une part, le rapport met en avant des disparités territoriales dans l’application de la loi, avec un recours à la procédure administrative d’évacuation qui demeure hétérogène selon les préfectures. D’autre part, il reste trop difficile pour les propriétaires d’apporter la preuve de l’occupation illicite. Pour déclencher une évacuation rapide, il faut démontrer, premièrement, que le logement est bien un domicile, deuxièmement, que l’entrée est frauduleuse et, troisièmement, qu’il ne s’agit pas d’une simple situation d’impayé ou de fin de bail.
Le rapport d’application préconise donc de standardiser les pratiques administratives, notamment par l’élaboration de doctrines d’emploi plus contraignantes pour les préfectures, mais également de sécuriser la phase probatoire grâce au développement de protocoles simplifiés de constatation du squat.

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> Le 1er mai n’est pas un jour comme les autres : il porte la mémoire des luttes sociales et ouvrières, de la reconnaissance de la valeur du travail. Il en est donc un symbole. Et les symboles comptent dans un pays trop souvent fracturé. Et c'est utile et positif que le Gouvernement en ait tenu compte dans son projet de loi. « Le travailleur ne doit pas être un instrument, mais un homme respecté » disait Marc Sangnier, dont nous sommes les héritiers au MoDem. Notre ligne est donc simple : stabiliser juridiquement la situation des artisans boulangers et fleuristes pour sécuriser une pratique acceptée de tous depuis des années. Ni plus, ni moins. S'il doit y avoir un débat plus large sur le travail, sur notre modèle social, sur cette société de consommation que nous dénonçons tout en en faisant l'éloge, sur la préférence donnée à l'avoir sur l'être, alors c'est devant les Français, lors de l'élection présidentielle, qu'il devra être tranché. C'est un sujet essentiel qui doit nous rassembler. Il fait partie du contrat social. Il mérite, je le crois, mieux que les caricatures et les postures, de part et d'autre.

 

Maud Petit (députée)
> En cette journée internationale 2026 de la non-violence éducative, mes pensées vont d’abord à ces millions d’enfants encore malmenés, bousculés, frappés en France, sous couvert d’éducation... Et cela, malgré la loi du 10 juillet 2019 et que j’ai eu l’honneur d’écrire et de rapporter, visant à interdire les violences éducatives ordinaires VEO. Je pense à ces 36 % de parents violents qui revendiquent encore la fessée ou les coups comme méthode éducative. Et je bous ! Je pense à celles et ceux qui enseignent, parfois sans même s’en rendre compte, la loi du plus fort, sans mesurer les ravages sur la santé physique et psychique de leurs enfants, leur estime de soi, leur confiance en eux, leurs résultats dans la vie, leur vie tout simplement... Sans mesurer non plus qu’un jour, très probablement, ces enfants risquent de reproduire ces gestes — sur leur conjoint, sur leurs propres enfants. C’est cela, le continuum des violences. En ce jour particulier, mes pensées vont aussi aux millions d’enfants victimes d’inceste, souvent silencieux, souvent seuls, souvent invisibles. À celles et ceux qui se battent pour survivre. À celles et ceux qui n’y arrivent pas, tant leur vie a été fracassée. À celles et ceux qui, malgré l’indicible, parviennent à se sublimer et à transformer l’horreur en force pour protéger d’autres enfants. Et à celles et ceux que notre Société n’aura pas entendus, pas crus, pas accompagnés… et qui, faute d’avoir été protégés, resteront prisonniers de la violence, toujours et encore victimes ou ... à leur tour, auteurs. À quand une campagne nationale d’ampleur pour protéger les plus innocents d’entre nous, nos enfants ?! La loi prônant la non-violence envers les enfants existe. Elle doit continuer d'infuser, être connue, comprise, être appliquée, portée. Nous ne pouvons plus attendre. Pour nos enfants. Pour leur avenir. Pour briser enfin le cycle des violences.

 

● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> L’extrême droite ose dénoncer, je cite, les « ingérences de la Commission européenne dans le processus démocratique et les élections ».   Les ingérences de la Commission européenne… Mais sérieusement ? Vous en êtes là dans ce niveau d’indécence ?   Parce que si on doit parler d’ingérences, des vraies, j’ai plutôt envie de parler de celles de vos amis, vous les soi-disant patriotes.
Vous, le RN, et votre prêt de 9 millions d’euros accordé par une banque russe en 2014. Et comme par hasard le refus constant, depuis, de sanctionner Poutine et de soutenir l’Ukraine. Encore à la dernière plénière !
Vous, le Fidesz, et votre ministre des Affaires étrangères, rattrapé pour avoir transmis des données au Kremlin sur des discussions dans nos institutions.
Vous, l’AfD, avec vos assistants parlementaires liés au renseignement russe et vos liens financiers plus que douteux avec Moscou.

 

Pascal Canfin (député)
> 5,8 milliards de dollars de profits au premier trimestre pour Total. Il s'agit d'un cas évident de "surprofits". Cela ne fait pas de Total un "profiteur de guerre", comme je le lis parfois, mais cela justifie clairement la nécessité d'une taxation spécifique.
Il serait incompréhensible qu'une partie de ce surprofit ne soit pas rendue aux familles qui subissent de plein fouet la hausse des prix. Sinon cet argent finira dans la poche des actionnaires de l'entreprise, dont la moitié sont américains. Ce serait à la fois choquant et absurde sur le plan économique.
La taxation des surprofits permettra de financer les aides d'urgence et les aides supplémentaires pour passer aux pompes à chaleur ou aux voitures électriques sans aggraver le déficit budgétaire.
Ne pas le faire serait une faute politique.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> [Point de vue cosigné avec Nathalie Loiseau : «Contre les ingérences, pour un nouveau bouclier démocratique, français et européen !»] Les Français viennent de voter pour les élections municipales et s’exprimeront de nouveau dans quelques mois, pour les élections présidentielles et législatives en 2027. Dans un contexte inédit de guerre informationnelle où les ingérences numériques étrangères se multiplient, ces scrutins sont autant de fenêtres de tir, pour les puissances hostiles, permettant de frapper au cœur de notre vie démocratique.
Une « ingérence numérique étrangère » désigne une opération de manipulation du débat public reposant sur la diffusion délibérée de contenus trompeurs et impliquant directement ou indirectement un acteur étranger. Son objectif peut être de soutenir un camp, d’en attaquer un autre ou encore d’accentuer les clivages en créant un brouillard informationnel qui incite à la défiance envers les médias, les politiques, les institutions et la démocratie elle-même.
L’élection présidentielle roumaine de 2024 a marqué un tournant : à la suite d’une manipulation massive des réseaux sociaux, attribuée à des groupes para-étatiques russes et documentée par les services de renseignement, la Cour constitutionnelle de Roumanie a annulé le premier tour pour préserver la sincérité du scrutin. Cette décision exceptionnelle a davantage été commentée que l’ingérence elle-même, tant on mesure mal l’ampleur des efforts déployés par Moscou pour faire basculer les pays voisins de l’Ukraine dans son camp. Pour autant, on ne peut que regretter l’annulation d’un scrutin, qui doit advenir en tout dernier recours ; mais on aurait grand tort d’oublier ce qui est à l’origine de cette décision rarissime : une opération d’ingérence d’une ampleur exceptionnelle.
Les ingérences ne proviennent pas de nulle part : elles émanent de régimes autoritaires qui perçoivent le modèle démocratique libéral comme une menace. De la stratégie de déstabilisation russe aux pressions chinoises sur Taïwan, les démocraties sont attaquées non pour ce qu’elles font mais pour ce qu’elles sont : un modèle ouvert et attractif. Quelle autre entité politique que l’Union européenne compte un nombre croissant de pays candidats à l’adhésion ? Défendre nos élections, cœur de la démocratie, n’est pas seulement un impératif de sécurité : c’est un devoir politique et moral pour préserver un modèle de société auquel nous sommes profondément attachés.
Que fait-on aujourd’hui ?
En France, la réponse institutionnelle s’est structurée autour du service de vigilance et de protection contre les ingérences numériques étrangères (Viginum), rattaché au Premier ministre. Dans un cadre soucieux de préserver la liberté d’expression, Viginum a identifié 
et documenté 259 phénomènes manipulatoires dont 174 liés à des ingérences étrangères depuis sa création en 2021, ainsi que 25 opérations lors des élections européennes et législatives. Pour les dernières élections municipales, la campagne de plusieurs candidats a été visée par une attaque informationnelle attribuable à des acteurs russes. Face à ces attaques, Viginum constitue un dispositif essentiel, mais uniquement réactif.
À l’échelle européenne, la Commission a aussi posé les bases d’un « bouclier démocratique
 » en 2024 puis 2025, combinant notamment conseils pour la protection des élections, coopération dans la lutte contre la manipulation de l’information et responsabilisation des plateformes. Ce cadre en construction pèche encore par son manque de rapidité dans des situations de crise ; il est pourtant déjà violemment attaqué par l’administration Trump, qui a elle-même renoncé à lutter contre les ingérences visant les États-Unis et qui n’hésite pas à interférer avec les débats politiques des États européens. 
Les peuples européens sont de plus en plus conscients de ces risques. Selon une enquê
te Eurobaromètre de novembre 2025, 79 % des Européens craignent l’influence de la désinformation sur le vote et 70 % une ingérence étrangère directe ; en France, 76 % se disent inquiets de la désinformation étrangère, d’après le dernier baromètre annuel du journal La Croix.
Il faut donc aller plus loin !
De l’autre côté de l’Atlantique, il n’y a pas seulement les États-Unis… Le Canada a lancé en 2019 le « Plan pour protéger la démocratie canadienne», qui repose sur une architecture articulant renseignement, transparence et information du public. Au cœur du dispositif, la « Task Force SITE» coordonne les services de renseignement pour détecter les menaces pendant les périodes électorales, tandis que le « Protocole public en cas d’incident électoral majeur »introduit un mécanisme inédit de responsabilité démocratique: un panel indépendant peut décider, de façon apolitique, neutre et impartiale, d’informer directement les citoyens lorsqu’un événement grave menace l’intégrité du scrutin. Cette transparence assumée a contribué à désamorcer les tentatives d’ingérence étrangères constatées lors des élections canadiennes de 2019, 2021 et 2025, comme l’amplification de contenus sur WeChat attribuée à des acteurs chinois. Aucun de ces épisodes n’a eu d’impact significatif sur le vote ou sur les résultats des scrutins, précisément parce qu’ils ont été exposés dans un cadre institutionnel pré-établi, transparent et robuste. Un cadre qui suscite la confiance des électeurs.
La leçon est claire : notre pays gagnerait à se doter d’une task force électorale, inspirée du modèle canadien, reposant sur une coordination renforcée entre services de renseignement, autorités administratives apolitiques et dispositifs de vigilance existants, et adossée à un Conseil des sages. Une telle structure permettrait de dépasser une logique strictement réactive et d’assurer, en période électorale, une capacité d’anticipation, d’analyse et surtout d’alerte publique, contribuant ainsi à informer l’opinion et à renforcer la confiance des citoyens dans le processus démocratique.
Cette réponse nationale doit trouver un relais à l’échelle européenne : en période électorale, il doit d’abord être possible d’activer des mécanismes d’urgence en lien avec le règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act - DSA) pour responsabiliser – retrait, amendes, etc. – sans délai les plateformes face aux risques systémiques d’ingérences sur le fonctionnement de nos démocraties.

En outre, il devient indispensable d’organiser une solidarité concrète entre États membres, permettant le déploiement temporaire d’équipes d’experts de la lutte contre les ingérences issues d’autres pays de l’UE, pour soutenir les autorités nationales qui le souhaitent à l’occasion d’une élection, comme l’Union européenne a pu le faire en Moldavie : spécialistes de la lutte contre les manipulations de l’information, de la cybersécurité ou du traçage des financements opaques et de la criminalité organisée… peuvent aider les pays qui craignent d’être exposés à des opérations d’ingérence et qui veulent s’en protéger. Cette force européenne de protection démocratique serait un outil concret et efficace, ainsi qu’un symbole de solidarité et d’attachement partagé au modèle démocratique européen.
À l’heure où la France s’apprête à connaître des échéances électorales majeures, où des élections clés sont prévues ailleurs en Europe (Italie, Pologne, Espagne, etc.), mieux protéger nos démocraties contre des opérations d’ingérence étrangères n’est pas un luxe. C’est une nécessité de sauvegarde démocratique, à la fois nationale et européenne. C’est ce qu’attendent nos concitoyens, et c’est un effort que nous leur devons si nous voulons qu’ils retrouvent confiance dans la politique et la démocratie.

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Tolérance zéro. Des plateformes sans contrôle mettent des enfants en contact avec des prédateurs. J’ai saisi la justice. Il faut en finir avec les zones grises : responsabilité totale, vérification d’âge réelle, action dès la conception.

> Éduquer sans violence, ça s’apprend et ça se transmet. En cette Journée de la non-violence éducative, un constat : rappelons que pour protéger un enfant, il faut soutenir les parents. La doctrine est claire : outiller et accompagner.

> Décision majeure de la Commission européenne : fini les protections déclaratives. Pour protéger les mineurs, il faut des résultats. Sécurité dès la conception, vérification d’âge robuste, responsabilité totale des plateformes. La protection en ligne est une exigence européenne.

> Les enfants seront les premières victimes d’une intelligence artificielle non régulée. Parce qu’ils sont les plus exposés, les plus influençables et les plus vulnérables, ils doivent être au cœur des politiques de protection. 

> L’innovation technologique ne peut se faire au détriment de la dignité humaine, et encore moins de celle des enfants.

> L’IA doit être un levier d’autonomie, pas un accélérateur de vulnérabilités. C’est une bataille culturelle, éthique et politique que nous devons mener dès aujourd’hui.

> Après mes signalements, la justice ouvre une enquête sur Cocoland. J’ai également alerté sur d’autres plateformes du même type : ces zones de non-droit où des mineurs sont exposés à des prédateurs n’ont pas leur place en ligne. La traque continue.

 

 


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