Voici une sélection, ce 21 avril 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Propos lors du déplacement en Pologne et la rencontre avec Tusk, Premier
ministre de la République de Pologne] Merci Monsieur le Premier ministre pour vos
mots et je veux ici vous dire combien ma délégation et moi-même sommes très
heureux d'être à vos côtés dans votre ville de Gdansk qui résonne ô combien
dans l'histoire européenne. D'abord, je le disais, parce que c'est votre ville.
Ensuite, parce que nous venons ici célébrer, en effet, cette première édition
de l'amitié entre nos deux pays que nous avons décidé et qui fait écho à la
reconnaissance aussi de ce que Marie Curie a représenté dans l'histoire
française et qui nous lie ô combien, et enfin, parce que cette ville,
évidemment, résonne pour nous tous comme étant le berceau de solidarité, le
symbole de l'amitié entre nos deux pays, le symbole aussi d'un combat de
liberté.
Vous l'avez rappelé, ce combat, au fond, nous est contemporain. Nous
continuons de nous battre contre toutes les idées qui peuvent réduire la
liberté des uns ou des autres, le retour des nationalismes qui fracturent et ce
faisant le retour de la guerre, parce que nous croyons dans un patriotisme et
dans une Europe qui protège davantage et qui prépare l'avenir. Mais notre
liberté, c'est aussi la capacité que nous avons en Européens à nous protéger,
nous défendre, à bâtir les solutions d'avenir pour nos enfants et à moins
dépendre. Et au fond, c'est ce qui a nourri l'agenda de nos travaux. Et c'est
pour ça que je dis que ce n'est pas simplement un symbole que d'être ensemble à
Gdansk, mais que les combats qui ont nourri cette ville, la vôtre, sont à nos
yeux profondément contemporains.
Nous croyons l'un et l'autre, dans l'indépendance de nos pays, dans
l'indépendance de notre Europe, et c'est par un travail de construction, une
confiance mutuelle que nous voulons avancer. Nos ministres, nos équipes ont pu
préparer beaucoup de travaux ces derniers temps.
Nous venons de signer des accords importants et ils vous ont été présentés.
Au fond, nous avançons ensemble en matière de défense. D'abord, l'un et l'autre
en soutien de l'Ukraine. Nous soutenons évidemment ensemble les décisions qui
ont été prises en décembre dernier et le prêt de 90 milliards d'euros pour les
Ukrainiens. Nous continuerons dans les semaines, les mois qui viennent, les
années qui viennent, si c'est nécessaire, et aussi longtemps que ce sera
nécessaire, de soutenir l'Ukraine dans son combat de liberté. Je veux ici aussi
dire combien nous sommes reconnaissants à la Pologne d'avoir accueilli tant de
réfugiés venant d'Ukraine, et je sais, ce que cela représente, et vous l'avez
fait avec beaucoup de dignité et de solidarité.
Entre nos deux pays, nous renforçons aussi les liens en matière de défense
et de sécurité. L'exercice Orion cette année a été une première, avec la
participation de la Pologne, et nos forces armées participeront à l'exercice
Dragon 27. Nous avons décidé de nouvelles capacités communes dans le transport
aérien, dans le satellitaire, mais nous souhaitons avancer encore davantage, au
fond, pour placer le partenariat entre nous, sur le plan qui doit être le sien,
construire les solutions d'avenir pour la défense et la sécurité de nos pays.
Les systèmes de défense solaire, la haute précision et la grande profondeur, le
spatial sont des domaines dans lesquels, dans les prochains mois, nous
souhaitons avancer encore davantage. Mais d'ores et déjà, nous avons vu qu'au
fond, la confiance mutuelle n'était pas qu'un mot.
Nous avons signé un traité de Nancy en mai 2025 qui, si je puis dire,
malheureusement, dès le mois de septembre dernier a été activé et son article
4, vous avez vu que ce n'était pas simplement du papier et que lorsque vous
avez été en effet menacé, nous avons tout de suite réagi et avons été en
solidarité et vous pouvez continuer de compter sur la France et de lui faire
confiance.
En matière d'énergie et d'économie, c'est la même chose. Nous souhaitons
avancer ensemble. Nous sommes en train de construire un partenariat global et
intégré dans le domaine du nucléaire civil, plus largement dans le domaine de
l'énergie. Évidemment, nous pourrions ici convoquer les mannes de Marie Curie,
mais point n’est besoin. Évidemment, nous le faisons malgré tout, mais c'est
aussi une technologie d'avenir dans laquelle nous croyons. C'est une
technologie centrale pour la France, son énergie, son électricité. Nous nous
félicitons de l'accord qui a été signé il y a quelques mois pour fournir les
turbines pour la première centrale nucléaire polonaise. C'est Arabelle
Solutions qui a été retenue. Nous avançons ensemble sur le réacteur. Nous
sommes candidats pour l'aval du cycle et la France est déterminée à participer
au dialogue compétitif ouvert pour le deuxième projet nucléaire polonais en
proposant une solution européenne et intégrée, de la recherche à la coopération
industrielle, en passant par la sûreté et le développement de compétences.
Au fond, je l'ai rappelé à plusieurs égards, nous avons ces capacités
complètes. L'État en est l'actionnaire, quand ça n'est pas principal,
l'exclusif, et non seulement le nucléaire est au cœur du modèle français, mais
nous avons décidé d'investir massivement dessus pour l'avenir. Plus largement,
vous l'avez rappelé, nous croyons à la nécessité de favoriser davantage la
production en Europe, la préférence européenne et de protéger nos industries
dans les secteurs stratégiques. Nous voulons, là aussi, avancer ensemble sur ce
volet industriel, mais également financier, car il en va de la souveraineté
financière de notre Europe.
Notre partenariat s'enrichit aussi des coopérations culturelles, du
rapprochement de nos sociétés civiles. Nous serons tout à l'heure aux côtés du
comédien et metteur en scène André Séverine, célébrant cette histoire d'amitié
ô combien importante. Nous avons à l'instant signé les textes qui permettront
de bâtir cette saison culturelle croisée en 2027 entre la Pologne et la France,
la première depuis l'adhésion de la Pologne à l'Union européenne, anomalie
qu'il nous fallait corriger. L'apprentissage de nos langues, l'amour de nos
cultures, les échanges sont essentiels. Je le disais, la première édition du
Prix Geremek permettra aussi de continuer de renforcer ce lien, en même temps
que nous bâtissons ensemble de manière affinitaire une politique pour mieux réguler
les réseaux sociaux, et vous l'avez dit, mieux protéger nos enfants et nos
adolescents. Nous tenons beaucoup à cette approche européenne, cette initiative
européenne pour mieux protéger nos enfants et nos adolescents des réseaux
sociaux et de ceux qui s'en suivent.
Voilà, mesdames et messieurs, ce que je pouvais ici rappeler. Mais au fond,
tous les partenariats, les discussions très riches que nous avons eues
aujourd'hui viennent consolider une relation qui atteint un niveau historique
entre nos deux pays. Cette confiance, nous voulons la renforcer avec monsieur
le Premier ministre, car elle est au service de l'intérêt de nos deux pays, de
notre Europe, parce qu'elle intervient dans un moment, on le voit bien, où la
guerre est revenue sur le continent européen, où le dérèglement mondial est
omniprésent.
Avoir des amis qui se font confiance et qui bâtissent ensemble est plus
précieux que jamais, et nous ne voulons pas le négliger. Nous avons aussi
défini la feuille de route pour les prochains mois sur laquelle nous
entreprendrons qu'il s'agisse de défense et de sécurité, de nucléaire et
d'énergie, de culture, de réseaux sociaux, d'intelligence artificielle et de
quantique. Et nous continuerons d'avoir des résultats ensemble pour nos deux
pays et pour l'Europe. Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre. Merci,
cher Donald.
> [Hongrie] Je crois pouvoir dire que c'est une nouvelle ère qui s'ouvre en Hongrie avec monsieur Magyar et que celle-ci va aussi être une nouvelle ère en Europe. A ce titre, nous pouvons être raisonnablement optimistes sur, en effet, la bonne avancée et la mise en œuvre du prêt de 90 milliards d'euros qui a été acté au mois de décembre dernier par le Conseil européen, ce qui est une bonne chose à la fois pour l'Ukraine, pour nous-mêmes et notre crédibilité. Donc oui, c'est une nouvelle ère.
> [Dissuasion nucléaire et épaulement stratégique] Nos équipes les plus rapprochées vont se rencontrer dans les prochaines semaines et il y aura des travaux d'ici à l'été qui permettront d'avancer sur les avancées concrètes et la mise en œuvre de ce partenariat en matière de dissuasion avancée. Dans les choses que nous allons évidemment considérer, il y a l'échange d'informations, il y a des exercices conjoints, il peut y avoir des déploiements. Je ne vais pas ici préempter l'éventail des solutions possibles que j'ai d'ailleurs rapidement présentées dans ce discours à l'Île Longue, mais de tout cela, nos équipes parleront et nous aurons à décider ensemble dans les prochains mois. En parallèle, évidemment, de cette plus grande intimité en matière de dissuasion nucléaire, il y a aussi ce que nous voulons faire en matière d'épaulement stratégique. C'est-à-dire que si on veut avancer ensemble sur le nucléaire, c'est bien d'avancer ensemble sur la défense sol-air, la longue portée, les systèmes d'alerte avancés, et aussi de regarder tout ce qu'on peut faire ensemble sur le spatial, qui est un élément critique. Sur tous ces sujets, on regarde de la même manière. Puisqu'on regarde, on est en train de prendre des décisions qui permettent d'avancer de manière conjointe.
> [Nucléaire civil] Quand on parle du nucléaire français et de ce qu'on peut apporter à la Pologne, ayez toujours en tête deux choses. La première, la France, ce n'est pas un pays qui est en train de faire des forages de pétrole ou de gaz pour son énergie. C'est un pays qui a une électricité produite à 75 % par le nucléaire, qui exporte plus de 90 TWh par an, et qui reproduit du nucléaire avec six centrales, six réacteurs déjà décidés et une nouvelle tranche de huit qu'on prépare. Quand on vous propose quelque chose, c'est quelque chose qu'on a pour nous. On en est dépendant. Et ça marche. On ne vous vend pas quelque chose qu'on ne pratique pas.
La deuxième chose, c'est qu'on ne vous propose pas d'offre d'une entreprise qui a des acteurs financiers à son capital. Quand on parle d'EDF, c'est 100 % l'État français. C'est une grosse responsabilité, le nucléaire. Et c'est une grosse responsabilité parce que le cycle de vie du nucléaire, entre le moment où on prend une décision et le moment où on aura à gérer les déchets, le cycle de vie, etc., sont des décennies. Il faut toujours avoir ça en tête. L'EDF, c'est 100 % le gouvernement français. Bon, vous savez qui vous avez en face pour très longtemps. Ça a beaucoup de valeur. Voilà, j'ai fait mon argument, mon plaidoyer. Mais je pense qu'il est important dans ce moment-là, parce que quand on parle de confiance, c'est évidemment des confiances à l'égard de compétences, de scientifiques, de technologies, d'entreprises. Mais là, quand on parle de nucléaire et que vous regardez la France, c'est aussi une confiance d'État à État compte tenu de ce que ça représente pour nous et de la structure capitalistique de nos entreprises.
> [Décès d’un soldat français au Liban] Laissez-moi
d'abord m'incliner avec respect et affection devant la mémoire de l'adjudant
Florian Montorio, sa famille et ses frères d'armes. Vous l'avez rappelé, il est
mort samedi au Liban, alors qu'il opérait dans le cadre de la FINUL, la mission
dans laquelle nous sommes présents, en soutien des forces armées libanaises et
des populations civiles libanaises. Je veux ici dire de manière très simple
qu’il a été visé avec ses frères d'armes dans le cadre d'une mission qui
correspond au mandat donné à la FINUL par la résolution des Nations unies, que
c'est le Hezbollah qui, en effet, a visé nos soldats. Ils ne les ont pas visés
parce qu'ils étaient français, ils les ont visés parce qu'ils tenaient la
mission, être aux côtés des populations civiles, aller déterrer une mine, en
tout cas, un instrument qui aurait très clairement conduit à des pertes
civiles.
Ils ont été pris à partie et visés par le Hezbollah. Les autorités libanaises
ont condamné cette attaque du Hezbollah et vont procéder aux diligences
requises pour pouvoir arrêter les coupables et qu'ils soient sanctionnés. La
mission de la France dans le cadre de la FINUL se poursuit. Ce que nous tenons,
c'est que la justice soit faite et c'est aussi que le cessez-le-feu soit tenu
et qu'une paix durable soit construite qui permette de rétablir la souveraineté
territoriale libanaise, mais qui conduise aussi le Liban à prendre toutes ses
responsabilités pour lutter efficacement contre le Hezbollah et mettre en
vigueur ce qu'il s'est engagé à faire, c'est-à-dire le monopole de la détention
des armes et de toutes les armes. C'est ainsi que nous devons avancer.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Sur ce qui s'est
passé ces dernières heures dans le détroit d'Ormuz, la France n'a pas été prise
à partie ou visée spécifiquement suite à des échanges qui se sont tenus entre
les autorités iraniennes et les compagnies, et entre les services iraniens et des
différents pays concernés, parce qu'il y avait aussi Malte, l'Inde et plusieurs
autres pays, plusieurs tankers et porte-containers ont engagé une sortie du
détroit d’Ormuz, comme d'ailleurs cela avait été fait ces dernières semaines.
Il est vraisemblable que, suite à la décision américaine de maintenir un blocus
ciblé sur Ormuz, en particulier, pour tout ce qui touchait l'Iran, les
autorités iraniennes ont changé leur position initiale. Je pense que c'est une
erreur des deux côtés. Ils ont ensuite procédé à des alertes et des tirs de
sommation qui ont conduit les équipages à revenir en arrière, et ils ont eu
raison. Il n'y a pas eu de dommage et de blessés du côté français. Tout ça ne
doit pas nous conduire à l'escalade. Tout ça doit nous conduire plutôt à
consolider ce qui avait été obtenu vendredi, la réouverture inconditionnelle,
sans sélection, sans péage du détroit d'Ormuz. C'est ce que nous défendons, ce
que nous plaidons. Et derrière celle-ci, nous avons mis ensuite en place une
mission ad hoc avec 49 gouvernements qui étaient présents autour de nous
vendredi, l'Organisation maritime internationale et l'Union européenne, qui
s'est mobilisée pour bâtir une solution diplomatique, militaire, défensive,
technique et financière pour permettre la reprise durable du commerce
international par Ormuz.
C'est l'initiative que nous avons prise avec nos partenaires britanniques et
qui a permis cette avancée. Il faut continuer de calmer les esprits, d'avancer
vers la réouverture de cette voie qui est importante pour le commerce
international, la sécurité énergétique internationale, et aussi parce que ce
sont les conséquences directes pour la vie de nos compatriotes en Pologne, en
France, à travers l'Europe et même au-delà, à travers le monde. Nous restons
sur cette ligne qui consiste à dire les choses se règlent par la voie
diplomatique, tout le monde doit revenir au calme, on doit revenir aux
décisions qui avaient été actées vendredi. On doit maintenir le cessez-le-feu
dans le Liban le plus longtemps possible et construire une solution de paix
durable par la négociation sur le nucléaire, le balistique, Ormuz et le reste.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous sommes des partenaires et des alliés fiables pour tous les pays de la région qui sont nos amis et avec lesquels nous avons des accords de défense, et nous les avons aidés de manière rapide et immédiate pour les protéger. Nous sommes pour la désescalade et la reprise des négociations sur le nucléaire, le balistique, les déstabilisations régionales et la question de la liberté de navigation. Nous avons d'ailleurs les moyens d'assurer cette mission sur le plan défensif en déconflictuant avec toutes les parties prenantes. C'est ce que nous disons depuis le premier jour. Pour le reste, on fait ce qui dépend de nous et on avance.
> [Traité franco-polonais] La Pologne pourra
compter sur la France. Pour cette mission comme pour toutes celles qui
pourraient advenir si vous étiez à nouveau provoqués ou menacés, parce que
c'est l'esprit du traité de Nancy et c'est ainsi que nous voyons les choses.
Mais regardez le chemin que nous avons fait en quelques années, même quelques
mois. On parle de ça, on l'a cité dans un traité il n'y a même pas un an, on
l'a mis en œuvre en septembre, et nous, nous avancerons si besoin était, en
fonction de vos besoins. Mais regardez l'Ukraine aussi, quand on bâtit des
garanties de sécurité ensemble dans notre coalition des volontaires.
Jamais nous n'avions fait depuis des décennies, en liant des États, nos États
européens, libres, indépendants, respectueux entre eux, membres de l'Union
européenne ou non, puisque nos amis britanniques comme norvégiens font partie
de cette coalition des volontaires, nos amis canadiens sont là. Comme nos amis
du Pacifique. Il y a aujourd'hui une volonté des démocraties qui croient dans
l'État de droit, dans le droit international, de travailler ensemble et d'être
solidaires, parce qu'elles ne veulent céder à aucune forme d'hégémonie et elles
ne veulent pas non plus céder à l'anomie, c'est-à-dire la fin du droit
international. C'est ça, ce qui nous lie. C'est exactement ce qui est en train
de se faire.
► Sébastien Lecornu (Pre.mier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Carburants] Le Gouvernement renforce et élargit les aides aux secteurs économiques les plus touchés pour faire face aux hausses de prix des carburants dues à la guerre au Moyen-Orient.
Ces aides mensuelles sont ciblées et seront réévaluées en fonction de l‘évolution des prix.
L’Etat est pleinement engagé pour soutenir l’activité économique.
> [Carburants] On a décidé de faire des aides mensualisées et ciblées, on refuse toute logique de chèques généraux et de baisses massives de taxes. J'ai donné mandat aux ministres de préparer différents plans de soutien pour le mois de mai.
> La guerre au Proche et Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz ont des répercussions immédiates sur notre pays. (…) Il faut mettre en œuvre 4 milliards d'euros d'économies supplémentaires. (…) Le comité d'alerte des finances publiques, qui se réunira ce jour, tirera les conséquences des impacts économiques et budgétaires de la guerre au Proche et Moyen Orient et sa durée dans le temps. Ainsi, la prévision de croissance pour l'année en sera révisée de -0,1 point, la ramenant à 0,9
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> J’étais ravi d’accueillir à Beauvau, avec Gérald Darmanin, nos homologues
de l’Intérieur et de la Justice, à l’occasion du C7, la réunion ministérielle
de la Coalition européenne contre la criminalité organisée. Une journée dense
pour échanger sur les moyens de sécurisation des ports maritimes et fluviaux,
sur l’intérêt d’avoir une approche européenne au sujet de l’usage détourné du
protoxyde d’azote et sur l’accès à la preuve numérique pour mieux démanteler
les filières criminelles.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Au cimetière militaire français de Gdańsk, j’ai participé à la cérémonie
d’hommage présidée par le Président de la République en mémoire des soldats
français tombés loin de leur terre pour notre liberté. Ici, chaque nom gravé
témoigne du courage, de l’engagement et du sens du devoir. En les honorant,
nous réaffirmons notre fidélité à celles et ceux qui ont servi la France jusqu’au
bout, et la force du lien qui unit la France et la Pologne.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Discours à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe] Si je suis
venu devant vous, aujourd’hui, dans cet hémicycle du Palais de l’Europe, c’est
d’abord pour rappeler l’attachement indéfectible de la France à ce Conseil dont
elle est pays hôte mais c’est aussi pour sonner l’alarme.
Chaque jour, la force gagne du terrain sur le droit. Parfois frontalement,
souvent à bas bruit, les droits de l’Homme sont menacés ; l’état de droit est
mis à mal ; la démocratie foulée aux pieds.
Pour l’Europe, de telles régressions sont insupportables. Car ces principes ont
été forgés dans une longue histoire marquée par la guerre et entachée de sang.
Car ils sont les seuls susceptibles de garantir la paix civile comme la paix
internationale. Car ils sont universels et appartiennent désormais à tous les
peuples du monde.
C’est pourquoi l’Europe se doit d’être exemplaire, de défendre les droits et
les libertés fondamentales avec ardeur, ici même, au Conseil de l’Europe et en
toutes circonstances. De tenir bon face à tous les vents contraires.
Oui, un vent mauvais souffle sur le monde.
L'état de droit est dénoncé comme une entrave à l'expression de la volonté du
peuple souverain. La démocratie, comme une organisation politique fatiguée,
incapable de répondre aux attentes de nos contemporains. Les droits de l'Homme,
comme un système de valeurs du passé, fondé par les élites occidentales pour
les élites occidentales.
Ce vent mauvais souffle désormais jusque dans des pays pourtant à l'avant-garde
de ces combats.
Après des décennies de progrès, voilà qu'une internationale réactionnaire s'est
constituée, qui rejette radicalement cet héritage. Les élections sont
contestées jusque dans le pays de Jefferson, de la Déclaration d'indépendance
et de la démocratie quand le Capitole est pris d’assaut. Quand les juges, les
journalistes, les universitaires, les fonctionnaires sont soumis aux chantages
et aux intimidations. Quand les libertés publiques sont bafouées. Quand les
droits durement acquis par les femmes sont remis en question.
Quand le spectre de la peine de mort s'étend, comme ce fut le cas récemment en
Israël, avec l'adoption consternante d’une loi étendant la peine de mort par la
Knesset – avec le soutien et les voix des ministres du gouvernement portant à
la boutonnière un nœud coulant, symbole de la mort. Consternante car l'éthique
d'Israël, humaniste et universaliste, forgée par des siècles d'exode et de
persécution, rejette l'arbitraire de la peine de mort. Consternante car cette
loi rétrograde, qui ne vise de fait que les Palestiniens, est profondément
dégradante et porte atteinte à leur dignité. Ni la paix ni la sécurité ne peut
être bâties sur les discriminations et l’injustice.
Ce vent mauvais souffle désormais sur l'Europe.
Oui, au sein même de l'Europe, continent le plus démocratique du monde, la
démocratie est attaquée.
Attaquée par ses ennemis de l'extérieur, au premier rang desquels, Vladimir
Poutine, dont les guerres coloniales, de la Géorgie en 2008 à l’Ukraine depuis
2014, s'expliquent par sa peur panique de voir ces deux pays se tourner vers
l’Europe et menacer sa sphère d’influence de contagion démocratique. Vladimir
Poutine qui ne cesse de cibler l'Europe, par du sabotage, des cyberattaques,
des campagnes de désinformation, des tentatives d’assassinat. Pourquoi ? Parce
que l’Europe est un authentique projet démocratique. Peut-être le projet le
plus démocratique de tous les temps. Il la déteste, pour ce qu’elle est et ce
qu’elle représente.
Attaquée de l’intérieur par des forces populistes qui ont fait de l'état de
droit leur bouc émissaire. Qui profitent avec cynisme de la fatigue
démocratique qui s'est installée dans le cœur de nos contemporains. Qui,
lorsqu'ils accèdent aux responsabilités, s'emploient à s'arroger le pouvoir,
pour eux-mêmes, pour leur famille et pour leurs castes, au mépris des peuples,
de leur liberté et de leur prospérité. Qui, comme c’est le cas du principal
parti d’extrême droite dans mon pays, la France, cultive le projet funeste et
coupable de sortir de la Convention et donc du Conseil de l’Europe.
Il y a néanmoins quelques raisons d'espérer.
Regardez la Pologne, qui se redresse courageusement après huit ans de dérive
illibérale. Des juges injustement sanctionnés ont été réintégrés dans leurs
fonctions. Des procédures disciplinaires engagées pour des motifs politiques
ont été abandonnées. Des changements ont été engagés pour mettre fin à
l’instrumentalisation des médias publics. Le Président de la République est
aujourd’hui même à Gdansk avec le Premier ministre Tusk où ils traceront la
voie d’une souveraineté européenne plus grande.
Regardez la Hongrie, qui a décidé de tourner la page d’un pouvoir qui s’est
fourvoyé dans le démantèlement de l’état de droit et des libertés
fondamentales, la désinformation et la collusion avec la Russie. Seize années
de concentration du pouvoir, de pressions sur les associations, les
universités, les médias. Seize années d’atteintes aux droits des minorités.
Seize années auxquelles les Hongrois ont décidé de mettre un terme. Une leçon
magistrale adressée par ce grand peuple à tous ceux qui voulurent écrire son
histoire à sa place. Bien sûr, cela ne règle pas tout. Les institutions restent
fragilisées, mais l’espoir du rétablissement de l’état de droit renaît.
Regardez la Moldavie qui a résisté admirablement aux pressions colossales du
Kremlin qui n’a reculé devant rien pour y étendre son emprise. Aux oligarques
qui payent des gens pour descendre dans la rue. Aux campagnes de désinformation
massives qui visent à semer la terreur. Aux tentatives de corruption qui
touchent jusqu’aux membres du clergé pour relayer des discours prorusses et
fragiliser le gouvernement.
Oui, nous avons quelques raisons d’espérer mais nous aurions tort de nous
reposer, la conscience tranquille, rassurés par la résistance héroïque du
peuple de Pologne, de Hongrie, de Moldavie aux pressions contre la démocratie.
Car le vent souffle fort, et c’est un vent mauvais.
Et pour tout citoyen européen, ce vent est insupportable. Car l’état de droit,
la démocratie et les droits de l’Homme ne sont pas tombés du ciel. Ils sont nés
ici, sur notre continent, de la douleur, de la peine et du sang. Oui, l’Europe
a connu le pire : les guerres fratricides, l’esclavage, le totalitarisme, la
colonisation, l’horreur absolue des génocides. Mais de cela, l’Europe est
parvenue à se relever. Elle a su trouver, dans les tréfonds de son âme, les
ressources nécessaires pour formuler une exigence dont la portée est
universelle.
La Déclaration de 1789 est née des ruines de l’absolutisme. La Déclaration
universelle de 1948 est née des cendres de la Seconde Guerre mondiale.
« Affirmer la liberté, c’est prendre sur soi l’origine du mal » écrivait Paul
Ricœur : c’est en reconnaissant les limites qui l’avaient conduite à l’abîme
que l’Europe a pu apporter au monde ces trésors si précieux et en même temps si
fragiles que sont les droits de l’Homme, l’état de droit, la démocratie.
Certains serons tenté de penser que tout cela est dépassé. Que la priorité
d’aujourd’hui va au réarmement de l’Europe. Que le respect du droit lui est
secondaire.
Oui, face au retour de la guerre sur notre continent, aucun effort ne doit être
ménagé pour dissuader les menaces. Le Président de la République l’a dit : «
Pour être libre, il faut être craint et, pour être craint, il faut être
puissant ». L’Europe doit impérativement reconstituer ses forces. Ses forces
militaires, diplomatiques et économiques. Ce réarmement est engagé, et c’est
heureux.
Mais pour préserver durablement la paix et la stabilité, ce qui est notre
objectif ultime, le réarmement militaire de l’Europe doit impérativement
s’accompagner de son réarmement démocratique. Ça en est la contrepartie
vitale.
Car la puissance militaire livrée à elle-même n’est jamais neutre : elle a
besoin d’un cadre. Ce cadre, c’est celui de l’état de droit, de la démocratie,
du respect des droits de l’Homme. Seuls ces principes peuvent encadrer la
force. Faire en sorte qu’elle soit utilisée à bon escient, qu’elle ne se
retourne jamais contre ce qu’elle prétend défendre.
« La justice sans la force est impuissante. Mais la force sans la justice est
tyrannique. » C’est dans cette dialectique pascalienne que se trouve le chemin
de crête qu’il nous faut emprunter pour échapper et à l’impuissance, et à la
tyrannie.
Chaque progrès de notre réarmement militaire doit s’accompagner d’un progrès de
notre réarmement démocratique.
C’est donc avec la même ardeur qu’il nous faut tout à la fois donner à l’Europe
la force et l’indépendance nécessaires pour n’être pas la proie des nouveaux
empires, et préserver l’Europe des vents mauvais qui voudraient en déraciner
l’état de droit, la démocratie et les droits de l’Homme.
Et résister. Résister aux vents contraires du populisme. Résister à la défiance
et au révisionnisme. Résister à la remise en cause du droit que les générations
qui nous ont précédés ont si patiemment bâti.
Le Conseil de l’Europe est le bastion de cette résistance. Car ce Conseil est
né d’une intuition visionnaire. Celle d’une poignée d’Européens convaincus que
le continent ne se relèverait pas seulement par l’économie et l’industrie, mais
aussi par le droit. En édifiant une communauté de valeurs.
C’est là la vocation première du Conseil de l’Europe. Il tire sa force de ce
qu’il est : une union d’États animés d’un même esprit et possédant un
patrimoine commun d’idéal et de traditions politiques. Ce patrimoine commun,
c’est d’abord la Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés
fondamentales. Faire de la défense des droits de l’Homme le ciment de l’unité
européenne : cette intuition visionnaire doit continuer à nous guider.
La Convention fut le premier instrument à rendre contraignants certains des
droits énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Cette
Déclaration, adoptée à Paris en 1948, à laquelle René Cassin participa. Premier
juge français à la Cour européenne des droits de l’Homme, premier président
français de la Cour, prix Nobel de la Paix pour son combat inlassable pour la
dignité de la personne humaine.
Rendons hommage à cet immense juriste, si profondément européen, en cette année
qui marque le cinquantenaire de sa disparition. Il demeure pour nous un phare,
et une source d’inspiration.
Les liens entre la France et le système de la Convention sont historiques et
étroits. La France a donné de grandes figures à la Cour : Pierre-Henri Teitgen,
qui siégea dans votre Assemblée avant de succéder comme juge à René Cassin ;
plus près de nous, Jean-Paul Costa, président de la Cour de 2007 à 2011, et
bien sûr son président actuel, Mattias Guyomar. La jurisprudence de la Cour a
imposé au droit français des évolutions qui nous paraissent aujourd’hui
naturelles mais qui, à l’époque, n’allaient pas de soi : en matière de lutte
contre les discriminations, de respect de la vie privée, de droits de la
défense, de liberté d’expression.
Nous savons tout ce que nous devons à la Cour.
À l’heure où elle essuie des critiques, notamment en matière de politique
migratoire, la France réaffirme son soutien absolu à l’indépendance et
l’autonomie de la Cour et continuera à mettre pleinement en œuvre ses
décisions.
Car par ses décisions et sa jurisprudence, la Cour assure un niveau de
protection des droits de l’Homme sans équivalent dans le monde, au bénéfice de
presque 700 millions de personnes.
Ce faisant, elle protège très concrètement les citoyens européens :
- Lorsqu’elle condamne un État pour n’avoir pas accordé d’avocat à un mineur
lors de sa garde à vue.
- Lorsqu’elle fait adopter des mesures spécifiques pour empêcher les mauvais
traitements et le travail forcé.
- Lorsqu’elle juge que le droit des journalistes de taire leurs sources est
constitutif du droit à l’information.
- Lorsqu’elle veille au respect de la vie privée dans les publications de
presse
- Lorsqu’elle juge que la surpopulation carcérale et la vétusté des prisons
sont contraires aux droits fondamentaux des détenus.
Le Conseil de l’Europe, lui aussi, n’a cessé de faire progresser l’état de
droit, la démocratie et les droits humains. Depuis 1949, ce sont 232
conventions qui y ont été élaborées.
C’est le combat pour l’égalité, avec la Convention d’Istanbul sur la prévention
et la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Cette Convention, que la
France fut l’un des premiers pays à signer, est l’instrument juridique
international le plus abouti en la matière et la France continuera de veiller à
son application et d’œuvrer à son universalisation.
C’est le combat pour les droits sociaux – le droit au travail, à la santé, à un
logement digne, à la protection sociale – que garantit la Charte sociale
européenne.
Le 19 mars dernier, comme je m’y étais engagé, la France est devenue le premier
État membre du Conseil de l’Europe à étendre le bénéfice de la Charte sociale
européenne à ses territoires ultra-marins. C’est une avancée historique et la
preuve de notre attachement à un modèle social fort, inclusif et protecteur, au
bénéfice de tous.
C’est le combat pour l’abolition de la peine de mort, pour lequel le Conseil de
l’Europe a montré la voie en l’éradiquant au sein de ses 46 États membres, et
en faisant de son abolition un préalable à toute adhésion. Il a permis de créer
une zone sans peine de mort que bien des peuples du monde nous envient. Votre
Assemblée a joué un rôle déterminant dans cette bataille essentielle.
« La peine de mort ne défend pas la société des femmes et des hommes libres,
disait Robert Badinter, elle la déshonore. Ainsi, devons-nous refuser toujours
et partout, sous couvert de justice, que la mort soit la loi ! »
Je sais que vous partagez ce combat, Madame la Présidente, et je salue la tenue
d’un débat dans cette Assemblée, après-demain, sur l’abolition universelle de
la peine de mort en toutes circonstances. Fidèle à l’héritage et au combat de
Robert Badinter, la France accueillera le 9e Congrès mondial contre la peine de
mort, à Paris, cet été et continuera de lutter sans relâche jusqu'à son
abolition universelle.
Plus récemment, c’est aussi le combat pour l'accès à la justice et la
protection de ceux qui la font vivre : les avocats.
La Convention pour la protection de la profession d’avocat, signée par la
France dès le 13 mai 2025, est le premier instrument international
juridiquement contraignant qui place la protection de la profession d’avocat au
cœur du respect de l’état de droit et de l’accès à la justice. Ce traité
permettra de répondre au nombre croissant d’agressions et d’ingérences qui
visent les avocats. Il accordera une protection supplémentaire à une profession
dont le rôle est crucial pour la démocratie. J’appelle tous les États membres à
signer cette Convention et à la ratifier, afin qu’elle puisse entrer en
vigueur.
Je veux saluer le rôle de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
Votre Assemblée est la plus ancienne enceinte internationale de parlementaires
élus. Vous êtes la conscience démocratique de l'Europe, la voix de ses
citoyens, la « force motrice » du Conseil de l'Europe, par vos idées, vos
propositions, vos initiatives.
J’en veux pour preuve le rôle que vous avez joué, en contribuant directement,
en mars 2022, à l’exclusion de la Russie du Conseil de l’Europe. Grâce à vous,
le Conseil a pris la tête des efforts menés en faveur de la justice pour
l’Ukraine et pour son peuple. Ces efforts ont permis, dès 2023, d’établir le
Registre des dommages, premier pilier du mécanisme de réparation demandé par
l’Ukraine.
Aux côtés de ses partenaires européens et internationaux, la France a soutenu
et continuera de soutenir ce mécanisme : c’est en ce sens que nous avons signé,
en décembre dernier, la Convention établissant la Commission des Réclamations
pour l’Ukraine.
Mais la réparation des dommages ne suffit pas. Les dirigeants russes devront
rendre des comptes. Non seulement pour les massacres perpétrés à Boutcha et
Marioupol, les déportations d’enfants, les attaques sur les civils, le meurtre
de journalistes, et tous les crimes de guerre, mais aussi pour la planification
et la mise en œuvre de cette guerre d’agression coloniale, injustifiable et
injustifiée.
Il n’y a pas de paix sans la justice. Et il n’y a pas de justice sans la
vérité.
C’est pourquoi j’ai l’honneur de vous annoncer que la France soutient la mise
en place du Tribunal spécial pour juger le crime d’agression contre l’Ukraine,
complémentaire à la Cour pénale internationale. Et je l’affirme devant vous :
la France rejoindra le comité de direction du Tribunal spécial, dont nous
espérons voir aboutir la création lors de la réunion ministérielle de Chisinau,
les 14 et 15 mai prochains.
Je salue le travail considérable accompli par la présidence moldave, ainsi que
la présidence maltaise avant elle, qui ont permis ces avancées significatives
depuis la signature de l’accord bilatéral entre l’Ukraine et le Conseil de
l’Europe, en juin dernier.
Au-delà de l’Ukraine, au-delà du continent européen, votre Assemblée ne ferme
les yeux sur aucune des violations des droits fondamentaux. Je salue les
travaux initiés par la Commission des affaires politiques sur la situation en
Iran.
Il ne peut y avoir aucune impunité pour les violences d’État qui se sont
abattues aveuglément sur les manifestants iraniens au mois de janvier dernier,
dans la répression la plus brutale et la plus sanglante de l’histoire
contemporaine de l’Iran. Les prisonniers politiques doivent être libérés. Les
exécutions doivent cesser. Le blocage d’internet doit être levé. Le peuple
iranien doit être respecté dans ses droits fondamentaux et construire librement
son avenir.
Et les citoyens européens encore retenus en Iran, doivent être libérés.
Quelques jours après leur libération après quatre ans de détention dans des
conditions indignes, permettez-moi de vous livrer le témoignage édifiant que
Cécile Kohler et Jacques Paris m’ont chargé de vous communiquer :
« Durant plus de quatre ans, nous avons été retenus en Iran dont trois ans et
demi dans le centre d’interrogatoire des services de renseignement iraniens, la
section 209 de la sinistre prison d’Evin et enfin dans une prison secrète à
Téhéran, c’est là que nous avons été transférés après le bombardement de la
prison d’Evin le 23 juin 2025. Nous sommes des victimes de la diplomatie des
otages pratiquée par la République islamique d’Iran depuis des dizaines
d’années. Nous avons été arrêtés en raison de notre qualité de citoyens
français, toutes les accusations formulées à notre encontre sont sans
fondement. Le 7 mai 2022, nous avons été victimes de disparition forcée, nous
avons été enlevés brutalement par des individus puis emmenés dans un lieu
inconnu. Aucun mandat d’arrêt ne nous a été présenté. Nous avons été placés en
isolement total pendant trois mois, notre interrogatoire s’est assorti de
menaces aussi systématiques que multiples, dont des menaces de mort. Notre
cellule était éclairée 24 heures sur 24 de façon à provoquer des troubles du
sommeil et la perte de nos repères dans le temps et dans l’espace. Nous
n’avions ni lit ni chaise. Nous étions nourris mais privés de tout le reste, y
compris de lecture et de moyens d’écrire. Pendant sept mois, nous avons été
privés de tout contact avec nos familles, qui furent ensuite irréguliers et
brefs. Nous sommes restés 17 mois sans nous voir. Durant trois et demi, nous
n’avons eu droit qu’à sept visites consulaires. Il s’agissait de nous placer
dans un état d’incertitude absolue afin de nous briser. Après un an et demi de
détention provisoire, nous avons été présentés à un tribunal d’exception, la
quinzième branche du tribunal révolutionnaire, présidée par le juge Salavati,
placé sur la liste noire par l’Union européenne en 2011. Ce juge nous a accusés
de corruption sur Terre, un crime religieux, puis de collusion dans le cadre
d’un complot contre la sécurité de l’État et enfin d’espionnage, passible de la
peine de mort. Les avocats de nos familles ont été écartés, nos prétendus
avocats ont été désignés par les services de renseignement iraniens. Les peines
prononcées à notre encontre par le juge Salavati le 14 octobre 2025 ont été
respectivement de 17 et de 20 ans de prison. Nous avons été victimes de
méthodes éprouvées, employées très largement par les services de renseignement
iraniens, méthodes qui, selon la convention pertinente, relèvent de la torture.
Notre épreuve n’est malheureusement pas un cas particulier. Nous pensons aux
otages encore emprisonnés en Iran, nous pensons aux Iraniens victimes d’une
répression aussi féroce qu’aveugle, confrontés désormais à une situation de
guerre. Nous vous remercions, Mesdames et Messieurs, pour l’attention que vous
avez portée à notre témoignage. Cécile Kohler et Jacques Paris »
Je le dis aussi avec gratitude à ceux d’entre vous qui s’engagent pour
l’observation du bon déroulement des élections, comme ce week-end encore en
Bulgarie, il n’y a pas de plus noble mission que celle de sentinelle de la
démocratie.
Au moment de conclure, je veux réaffirmer que notre organisation peut et doit
se consolider. C’est le sens des engagements pris au Sommet de Reykjavik, en
mai 2023, des engagements auxquels la France est profondément attachée. Je
salue la détermination du Secrétaire général du Conseil de l’Europe à traduire
ces orientations en actes, avec le Nouveau Pacte démocratique mis en œuvre
depuis 2024.
Soyez assurés que la France se tient aux côtés du Conseil de l’Europe et de son
Assemblée parlementaire. Elle prend la mesure de la responsabilité qui est la
sienne, elle qui accueille sur son sol le Conseil, ici, à Strasbourg.
50 ans après la disparition de René Cassin, elle demeure fidèle à son exemple,
à son courage inébranlable, à son intuition visionnaire.
« Tant qu’il y aura de l’injustice à l’égard d’un seul homme, nous ne pourrons
pas avoir la conscience tranquille » disait René Cassin.
C’est donc avec la conscience inquiète, doublée d’une invincible résolution,
que nous nous levons. Pour résister à tous les vents mauvais, et transmettre à
nos enfants un continent prospère et une Europe en paix.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Le soutien de l’Iran
à des milices qui déstabilisent la région et qui, dans le cadre de cette guerre
lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, ont pris pour cible des pays
voisins et des soldats français, eh bien, elle est accablante, bien évidemment,
et nous l’avons dénoncé depuis de nombreuses années. C’est la raison pour
laquelle, d’ailleurs, il n’y aura pas de solution à cette crise, à cette guerre
sans que le régime iranien puisse se résoudre à un changement radical de
posture et à des concessions majeures. (…)
Il faut que tout change, et en
particulier en matière nucléaire, balistique, mais aussi le soutien à ces
groupes armés dont on voit bien qu’il fait couler le sang au Proche et
Moyen-Orient.
> [Soldat français tué au Liban] les soldats de la
paix, les Casques bleus des Nations unies, sont identifiables à tout moment et
en tout lieu. Ils circulent dans des véhicules de couleur blanche. Ils portent
un uniforme que chacun peut reconnaître. Il n’y a donc absolument aucune justification,
aucune excuse possible lorsqu’ils sont pris pour cible ou lorsque, comme ça a
été le cas, ils sont tués dans l’exercice de leur mission. (…)
La simple présence des militaires français au sein de la FINUL, de la Force des
Nations unies, est un soutien capital apporté par la France au Liban. Et vous
observerez que malgré l’intensité des combats et des hostilités depuis plus de
40 jours maintenant, les militaires français sont restés présents à leur poste
en exerçant leur mission avec beaucoup de courage et de professionnalisme. (…)
Le président de la République s’est exprimé très clairement. Il a exigé de la
part des autorités libanaises que les responsables soient arrêtés. Cet appel a
été entendu par les autorités libanaises qui nous ont assuré qu’elles
mettraient tout en œuvre et donneraient la priorité absolue à l’arrestation des
responsables.
> [Désarmement du Hezbollah] C’est un processus qui est engagé grâce aux efforts que nous avons déployés avec les États-Unis. Vous vous souvenez du cessez-le-feu obtenu au mois de novembre 2024, qui a précédé l’élection du président de la République, Joseph Aoun, puis la formation d’un gouvernement qui, l’été dernier, a pris la décision historique d’adopter un plan de désarmement du Hezbollah - processus qui s’est interrompu avec la guerre en Iran, mais qui doit impérativement reprendre, puisque les résolutions successives des Nations unies et la seule solution politique pour assurer la paix et la stabilité au Liban, c’est de désarmer le Hezbollah, qu’il restitue ses armes à l’État, qui doit disposer du monopole des armes, être en capacité de protéger toutes les communautés. Puis c’est évidemment le retrait d’Israël du sud du Liban, de manière à ce qu’au sud du Liban comme au nord d’Israël, les populations civiles puissent vivre en paix et en sécurité.
> [Aide aux forces libanaises] Après le cessez-le-feu du mois de novembre 2024, nous avons construit un mécanisme avec les États-Unis pour veiller sur le maintien du cessez-le-feu, qui était fragile, qui était violé à un certain nombre de reprises, mais qui a permis d’éviter que la situation ne dégénère. À partir de ce mécanisme, à partir de la FINUL, qui elle aussi joue un rôle majeur dans le cadre du mandat qui lui a été confié par les Nations unies, jusqu’au 31 décembre prochain, et dans la coopération et la coordination avec le gouvernement libanais, qui a proposé au gouvernement israélien un dialogue de haut-niveau, ce qui ne s’était jamais produit depuis des décennies, de façon à ce que le processus puisse se faire de manière coordonnée et sans passer par les frappes massives et coupables qui ont ensanglanté le Liban ces derniers jours et je pense en particulier aux frappes du 8 avril dernier.
> [Liban] Ce n’est pas en détruisant le Liban ou l’État libanais que l’on détruira le Hezbollah. Bien au contraire, on le renforcera. C’est donc un processus ordonné qu’il faut mettre en place.
> [Liban] Ce qui est parfaitement légitime, qui est souhaitable et que nous avons salué, c’est que s’engagent au plus haut niveau des discussions et des négociations entre le gouvernement libanais et le gouvernement israélien. C’est la seule manière de consolider un cessez-le-feu durable, de procéder au désarmement du Hezbollah de manière efficace et de régler le différend qui oppose les deux pays depuis trop longtemps.
> [Hezbollah] a position de la France est connue.
Sur le volet militaire, les activités du Hezbollah sont considérées comme des
activités terroristes. Mais nous reconnaissons comme partie prenante du
processus politique libanais les responsables issus du Hezbollah qui y
contribuent. Ce qui est essentiel à nos yeux, c’est que le Hezbollah rende ses
armes. Et toutes ses armes. (…)
L’objectif, c’est le désarmement du Hezbollah, qui doit se faire de manière
ordonnée, ce qui ne peut pas se faire exclusivement par la force. L’histoire du
Liban et des relations entre Israël et le Liban l’a démontré. (…)
Le Hezbollah devrait reconnaître sa responsabilité écrasante dans la situation
actuelle, puisque c’est le Hezbollah qui a entraîné, le 2 mars dernier, le
Liban à nouveau, dans une guerre qu’il n’avait pas choisie, en décidant, en
soutien à l’Iran, et peut-être sur instruction de l’Iran, de se joindre aux
frappes de l’Iran contre Israël. Et c’est pourquoi il est indispensable que
cette situation cesse, que le Hezbollah rende ses armes, et que l’État
libanais, que l’armée libanaise, exerce le monopole des armes au Liban. (…)
En entraînant le Liban une nouvelle fois dans la guerre, le Hezbollah fragilise
l’État libanais que nous avons pour objectif de renforcer. D’ailleurs, vous
vous souvenez que le 5 mars dernier, nous devions accueillir à Paris une
conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises dans leurs
efforts pour désarmer le Hezbollah, sécuriser les frontières du Liban et
restaurer leur autorité. (…)
Ce qui est essentiel pour que le processus en cours puisse se poursuivre, c’est
que le cessez-le-feu entre le Hezbollah et le gouvernement israélien tienne. Il
ne doit être violé sous aucun prétexte. Et évidemment, les deux parties doivent
s’astreindre à respecter le droit international, le droit international
humanitaire. Et je veux redire notre condamnation la plus ferme du meurtre d’un
militaire français de la FINUL, dont tout laisse à penser qu’il porte la
signature du Hezbollah.
> [Liban] Nous avons là une occasion historique sur les fondements d’une guerre que nous n’avons pas approuvée, qui a fait tant de mal au Liban et qui a fait tant de sang, de bâtir les conditions de la paix dans un dialogue politique de haut niveau entre Israël et le Liban.
> Le Hezbollah, ce n’est pas le Liban. Et le Liban ne peut en aucun cas se résumer au Hezbollah. Mais force est de constater que dans la stratégie qui est la sienne, le gouvernement israélien a décidé de frapper massivement des quartiers résidentiels à Beyrouth, des infrastructures civiles dans le sud du Liban, a décidé de détruire des villages entiers au mépris du droit international humanitaire, ce qui, je le redis, n’est pas conforme à l’objectif que nous partageons pourtant de désarmement du Hezbollah. Chaque fois que le gouvernement israélien a décidé dans l’histoire de désarmer par le prolongement indéfini des opérations militaires des milices au Liban, ça s’est toujours mal fini.
> [Liban] Nous sommes au contact avec toutes les parties. Nous avons appelé les premiers à un dialogue de haut niveau entre le gouvernement israélien et le gouvernement libanais. Il va avoir lieu, il a déjà commencé à avoir lieu. Nous avons appelé à ce que le cessez-le-feu trouvé entre les États-Unis et l’Iran couvre le Liban, le cessez-le-feu couvre désormais le Liban. Les prescriptions, les exigences de la France ont été suivies. Et pour la suite, évidemment, nous faciliterons autant que de possible ce dialogue qui doit conduire à la consolidation du cessez-le-feu, au désarmement du Hezbollah et au règlement du différend historique entre les deux pays. C’est l’intérêt de la région et c’est donc notre intérêt.
> [Israël] La
France est indéfectiblement attachée à la sécurité d’Israël. C’est la raison
pour laquelle depuis plusieurs décennies, nous sommes en lien étroit avec les
autorités israéliennes s’agissant notamment de la menace nucléaire que
représente l’Iran et que ces échanges ont vocation à se poursuivre au moment où
nous cherchons les voies d’un règlement de la question iranienne dans toutes
ses composantes. (…)
La France est indéfectiblement attachée à l’État d’Israël, son existence et sa
sécurité. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir parfois des désaccords très
profonds avec la politique qui est menée par le gouvernement israélien et de
condamner, de dénoncer, voire de sanctionner certaines de ses attitudes lorsque
nous considérons justement qu’elles hypothèquent la sécurité d’Israël et de son
peuple. Condamnation de la prolongation indéfinie des opérations militaires à
Gaza qui, heureusement, s’est interrompue à l’automne dernier. Condamnation de
la politique d’extension de la colonisation en Cisjordanie et de l’explosion
des violences des colons qui n’a jamais été aussi préoccupante que ces
dernières semaines, je proposerai d’ailleurs mardi prochain lors du Conseil
européen des affaires étrangères qui se tiendra à Luxembourg que nous prenions
un troisième paquet de sanctions à l’encontre des entités et individus
responsables de cette extension.
Il faut que ce phénomène cesse et il faut que les autorités israéliennes
tiennent leur engagement, c’est-à-dire de traduire devant la justice les
responsables de ces meurtres, les responsables de ces incendies qui aujourd’hui
fragilisent la perspective d’une paix et d’une solution politique reposant sur
deux États vivant côte à côte et en paix et en sécurité. Consternation aussi,
je le disais, face à l’adoption récente à la Knesset, avec le soutien et les
votes de certains ministres du gouvernement israélien qui arboraient un nœud
coulant, symbole de mort, à la boutonnière, de cette loi étendant l’application
de la peine de mort qui nous paraît contraire à l’éthique universaliste,
humaniste qui est celle d’Israël.
> Sous l’autorité du Premier ministre, le
gouvernement est pleinement mobilisé pour faire face avec beaucoup de fermeté à
l’explosion des actes antisémites. (…)
La proposition de loi de Mme Yadan était fragile initialement. Après
l’avis du Conseil d’État, elle a été renforcée. Le groupe politique qui l’avait
déposée a décidé de la retirer. Le gouvernement a indiqué qu’il la présenterait
à nouveau après l’avoir retravaillée et en veillant à ce que les libertés
fondamentales puissent être respectées.
> [Peine de mort en Israël] J’ai dit, c’est ma
consternation après l’adoption par la Knesset. Cette loi est dégradante,
profondément discriminatoire, qui vise exclusivement les Palestiniens en
étendant les cas d’application de la peine de mort. Et j’ai dit ma
consternation car la France reconnaît dans le peuple d’Israël non seulement un
peuple ami mais aussi une éthique humaniste et universaliste forgée par des
siècles d’exode et de persécution qui rejettent l’arbitraire de la peine de
mort. Et même chez les dirigeants israéliens les plus durs de ces dernières
décennies, et bien on retrouve ce rejet de l’arbitraire de la peine de mort et
c’est le cas chez Golda Meir. (…)
Dans l’éthique d’Israël, il y a ce rejet de l’arbitraire de la peine de mort et
que vous alliez chercher des dirigeants à gauche ou à droite de l’échiquier
politique et même les plus durs à l’encontre des Palestiniens, vous aurez
toujours retrouvé ce rejet-là, ce qui signifie que cette loi adoptée récemment
par la Knesset est au fond une trahison de l’éthique d’Israël.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Je souhaite évidemment que le cessez-le-feu puisse tenir et je souhaite que les négociations puissent se poursuivre et qu’elles permettent de régler les questions que cette guerre au fond a laissées en suspens. L’encadrement strict et vérifiable du programme nucléaire iranien, le programme de missiles de l’Iran, son soutien à des groupes terroristes qui déstabilisent la région, son blocage du détroit d’Ormuz, mais aussi un règlement qui permette au peuple iranien de construire librement son avenir. Voilà quel est l’objectif qui doit être poursuivi dans ces négociations dont je souhaite qu’elles puissent continuer.
> [Detroit d’Ormuz] Les eaux internationales sont
un bien commun de l’humanité et la liberté de navigation est protégée par le
droit international. Il est hors de question qu’elle soit entravée par quelques
obstacles ou quelques droits de passage que ce soit. Cela créerait un précédent
majeur qui remettrait en cause très profondément l’organisation des échanges à
l’échelle mondiale. (…)
Le président de la République a accueilli vendredi à Paris une cinquantaine de
pays qui ont dit d’une seule voix qu’ils refusaient tout blocage d’où qu’ils
viennent, du détroit d’Ormuz ou de tout autre détroit à l’échelle de la
planète. (…)
Les eaux internationales sont un patrimoine de l’humanité qui doit être
préservé de la guerre en toutes circonstances.
> [Nucléaire iranien] Le seul moment dans notre
histoire récente où nous avons obtenu un recul significatif et vérifié du
programme nucléaire iranien, c’est lorsqu’un accord a été trouvé il y a 11 ans
maintenant, dont la France a été l’un des artisans majeurs, qui imposait à l’Iran
des contraintes non seulement sur son stock, mais aussi sur ses capacités
d’enrichissement et de militarisation. Et qui lui imposait aussi un régime
d’inspection de la part de l’Agence internationale responsable, l’Agence
internationale de l’énergie atomique, des contrôles s’assurant que les règles
étaient respectées. (…)
Il y a plusieurs scénarios possibles. Ça n’est pas la première fois que nous
avons ces discussions et ces négociations, je vous rappelle que tout au long de
l’année dernière, nous avons nous-mêmes entretenu des négociations très serrées
avec les autorités iraniennes. N’ayant pas obtenu les compromis nécessaires,
nous avons décidé au mois de septembre dernier de réappliquer les embargos
mondiaux sur les armes, les banques et les équipements nucléaires qui avaient
été levés il y a dix ans. Bref, c’est un sujet complexe qu’on ne peut pas
d’ailleurs résoudre dans une émission de radio, mais que ce soit le stock, les
capacités d’enrichissement et les capacités de militarisation, c’est-à-dire de
constitution d’armes nucléaires, c’est tout cela qui devra être encadré par un
accord très robuste, vérifiable, imposant à l’Iran un régime strict
d’inspection de l’Agence internationale pour l’énergie atomique. (…)
L’accord qui a été trouvé il y a dix ans autorisait l’Iran à enrichir de
l’uranium à 3,67%, ce qui a été compatible avec un programme nucléaire civil,
mais en aucun cas avec un programme nucléaire militaire.
> [Iran] Le grand peuple iranien n’est pas oublié
et que nous n’oublions rien des violences d’État aveugles qui se sont abattues
sur sa révolte légitime avec des milliers, peut-être des dizaines de milliers
de morts tués à bout portant par des fusils d’assaut, avec un blocage
d’Internet, avec une répression sanglante. Et nous appelons à la libération des
prisonniers, nous appelons à la fin des exécutions, à la levée de ce blocage
d’Internet et nous appelons à ce que le peuple iranien puisse disposer de son
propre avenir, qu’il puisse être respecté dans ses droits. (…°
Il n’y aura pas de solution politique à cette crise sans un changement radical
de posture et des concessions majeures, sans que les responsables du régime
iranien acceptent de tout changer.
> Il y a une forme d’imprévisibilité, le président de la République l’a dit, dans la politique qui est menée par les États-Unis d’Amérique qui suscite une réaction dans les pays européens.
> Dans un moment où nous voyons bien que ce qui se joue devant nous, c’est la rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine et que si nous ne faisons rien, nous risquons de payer le prix de guerres que nous n’avons pas choisie, comme c’est le cas aujourd’hui de cette guerre au Proche-Orient dont nous subissons les conséquences dans nos vies quotidiennes, dans la vie de nos entreprises, avec le prix du carburant notamment. Et donc, le seul moyen d’éviter de nous retrouver ballottés dans une actualité internationale où se multiplieront les crises et les conflits, c’est d’être plus forts et plus indépendants. C’est tout le projet que porte le président de la République depuis dix ans. Nous avons fait des progrès ces derniers mois. Il faut maintenant accélérer.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Ce que nous avons dit depuis le début, c’est que le refus de l’Iran de remettre en cause son programme nucléaire, son programme de missiles, son soutien aux groupes terroristes dans la région et donc de renoncer à constituer pour la région et pour nos intérêts une menace, est au fond à l’origine de cette crise, même si la guerre qui a été lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Nous ne l’avons pas approuvée car ses buts étaient imprécisément définis et car elle s’écartait du droit international.
> [Immigration] Nous devons continuer les efforts
que nous avons initiés. Le gouvernement est pleinement mobilisé à la fois pour
lutter sans relâche contre l’immigration irrégulière mais aussi en répondant
beaucoup plus efficacement aux besoins du marché du travail avec une
immigration économique qui correspond aux attentes des entreprises de France. (…)
Pedro Sanchez mène une politique qui rappelle celle que Giorgia Meloni a menée
en Italie, ce qui signifie bien que s’agissant de l’immigration économique, il
y a un sujet à intégrer et à retravailler. Autant nous devons être inflexibles
sur l’immigration irrégulière, autant nous devons travailler à mieux faire
correspondre l’immigration économique avec les besoins du marché du travail. (…)
La nécessité absolue c’est, tout en luttant au niveau européen comme le pacte
européen sur l’asile et l’immigration permettra de le faire, de faire échec à
l’immigration irrégulière, aux réseaux de passeurs qui en sont les responsables
tout en faisant correspondre l’immigration en Europe avec les besoins
économiques de la France et des autres pays européens.
> [Attaques de Trump contre le pape] Le Saint-Père est évidemment à sa place lorsqu’il appelle à la paix et à la fraternité, chacun le sait. Je ne comprends pas ces attaques et je ne crois pas qu’elles soient acceptables dans la mesure où la mission du souverain pontife, c’est d’appeler à la paix et la fraternité en tout lieu et en toutes circonstances.
> Le pluralisme et l’indépendance éditoriale est ce qui fait la force de nos grandes maisons littéraires. C’est un trésor qu’il faut préserver. Dès lors qu’il y a un doute sur l’indépendance éditoriale, c’est sans doute une fragilité qui s’installe dans des maisons qui sont parfois centenaires et qui font aussi la fierté de la France et de sa littérature.
> [Discours à l’occasion de la cérémonie de
labellisation « Patrimoine et Diplomatie » au Palais de l’Europe] La mémoire
prend vie quand elle rencontre le citoyen, écrivait l'historien Pierre Nora, à
qui l'on doit un travail remarquable sur les lieux de mémoire dans notre pays.
Mettre en valeur le patrimoine de la diplomatie, c'est permettre aux Françaises
et aux Français de mieux se l'approprier, de redécouvrir leur région et leur
histoire. Dans les palais, les châteaux, les théâtres, mais aussi les lieux de
science et de culture, la diplomatie partout, il nous suffit d'ouvrir les yeux.
Alors, ouvrons grand les yeux ! Le ministère de l'Europe et des Affaires
étrangères, avec sa direction des archives, a engagé un long travail pour
identifier, documenter et faire connaître les sites qui ont contribué à
l'action étrangère de la France. Mais nous comptons aussi sur la mobilisation
de tous les citoyens pour faire valoir le patrimoine qui leur est cher. Le
choix des sites du patrimoine de la diplomatie n'est pas l'affaire de
quelques-uns. Tout le monde peut y participer où qu'il se trouve.
Oui, les affaires étrangères sont les affaires de tous. Car chaque Français est
dépositaire d'un fragment de notre belle et longue histoire diplomatique.
Chaque paysage, chaque ville, chaque rivage en garde la trace. Chaque
génération en porte la responsabilité, à nous de faire vivre cet héritage.
C'est pourquoi je suis fier de dévoiler aujourd'hui avec vous la plaque que
nous apposerons ici, au Palais de l'Europe, qui devient le quatrième lieu
labellisé « Patrimoine de la diplomatie ». Il rejoint ainsi la bibliothèque
Choiseul de Versailles et l'hôtel du ministre au Quai d'Orsay, deux sites qui
ont accueilli et accueillent aujourd'hui le ministère de l'Europe et des
Affaires étrangères, ainsi que le château de Rambouillet, labellisé il y a
quelques jours, qui accueillit le premier G7 dès 1975, il y a un peu plus de
cinquante ans.
Pour la première fois, ce label est attribué à un bâtiment du XXe siècle,
mosaïque contrastée de couleurs que rythment le béton, l'aluminium et ses
grandes baies vitrées, cette structure fonctionnaliste est la preuve que
l'union fait la force. Fruit de l'imagination de Henry Bernard et inauguré en
1977 par le président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, le Palais de
l'Europe abrite en son sein le Comité des ministres et l'Assemblée
parlementaire du Conseil de l'Europe, organisation politique la plus ancienne
de notre continent qui défend sans relâche la Convention européenne des droits
de l'Homme.
Par cette distinction, nous voulons mettre à l'honneur les origines
strasbourgeoises du projet européen et son importance pour la France. Car le
Palais de l'Europe fut le point de départ de la construction progressive des
bâtiments qui abritent aujourd'hui le Parlement européen. C'est ici que bat le
cœur du multilatéralisme européen et Strasbourg est historiquement l'une des
capitales de l'Europe. Les Strasbourgeois et les Strasbourgeoises partagent
cette identité européenne. Ce palais appartient à tous les citoyens de la
grande Europe. Il est un sanctuaire des droits de l'Homme, de l'état de droit
et de la démocratie. En ces murs, René Cassin rappelait qu'il n'y aura pas de
paix sur cette planète tant que les droits de l'Homme seront violés en quelque
partie du monde que ce soit. Notre pays est celui de la Déclaration des droits
de l'Homme et du citoyen, de la Déclaration universelle de 1948, c'est pourquoi
nous y sommes tant attachés, pourquoi nous sommes tant attachés, Monsieur le
secrétaire général, à la Convention. Ce sont ces mêmes droits et libertés dont
le Conseil de l'Europe se fait le gardien et qu'il entend constamment protéger
au nom de tous les Européens pour que vive l'Europe, vive la France et vive le
patrimoine de la diplomatie.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> France Santé, c'est une labellisation pour des structures, soit des
maisons de santé, des centres de santé, des regroupements de professionnels qui
vont, avec cette labellisation, d'une part rendre visible l'endroit pour les
Français qui vont aller pousser la porte et savoir qu'ils auront un accès aux
soins à cet endroit, et d'autre part amener un financement de l'État qui a été
voté dans le budget de la Sécurité sociale, 150 millions qui ont été votés, qui
permettent d'avoir, par exemple, une infirmière de coordination en plus, une
infirmière de pratique avancée, bref, un projet des professionnels qui vont
améliorer l'accès aux soins.
France Santé, c'est la demande des professionnels à un endroit précis où nous
venons apporter un budget, parce que ces professionnels disent, par exemple, si
j'ai une infirmière en plus, je sais que je vais pouvoir améliorer l'accès aux
soins. Si j'ai d'autres professionnels, une secrétaire de coordination, enfin,
un médiateur social… Ce qu'ils veulent, c'est les professionnels du territoire
qui considèrent ce dont ils ont besoin.
> En termes d'accès aux soins, personne en France n'est épargné par la démographie des médecins, qui avec un grand nombre de médecins qui partent à la retraite, et vous saviez le numerus clausus, qui avait entraîné un nombre de médecins diminué. Donc, nous avons agi sur plusieurs plans. Le premier, c'est la formation. On a augmenté le nombre de médecins formés, 27% d'augmentation depuis 2020. Nous avons fait évoluer les compétences des professionnels, notamment pour libérer du temps de médecin. Et puis, nous avons cette territorialisation, c'est-à-dire au plus près des professionnels, pour amener des organisations, des outils, et France Santé vient concrétiser cela.
> Il y a quinze jours, il y avait un sommet international, porté par le président de la République, qui s'appelle One Health, c'est-à-dire une seule santé. Parce qu'on sait très bien aujourd'hui que la santé, elle n'est pas que les soins médicaux, elle est aussi la santé environnementale, donc la santé des mobilités, la santé du logement. Et on ne peut plus considérer à notre époque la santé comme seulement le soin médical. Il faut considérer la santé de façon globale. C'est tout l'enjeu de One Health qui a été porté, qu'on porte de façon internationale, avec des projets internationaux, et les mobilités sont un des sujets qui rentrent dans cette santé.
> Quand un soignant une victime d'une agression, c'est toute l'équipe d'un établissement qui sont touchés. Deuxièmement, je voudrai dire qu'aucune agression, aucune violence même verbale envers les soignants ne doit rester impunie. Il y a eu une loi nationale qui a été votée et qui permet de sanctionner plus fortement les outrages, les agressions évidemment, qui permet aussi que l'employeur et bientôt les Ordres vont pouvoir porter plainte à la place de la personne du soignant qui a été violentée. Et enfin, des signalements plus nombreux et nous allons observer mieux ces signalements pour mieux agir. Et je voudrais dire aussi que l'Agence Régionale De Santé, avec les collectivités, sont en train de porter des mesures, et vraiment je remercie l'ARS, l'Agence Régionale De Santé, pour ce travail très important auprès de chacun des soignants pour un grand plan de sécurisation. Vous avez des soignants qui sont isolés, parfois dans un cabinet libéral, ils pourront avoir des boutons d'alerte. En tout cas, ce grand plan est travaillé avec le président de Région, que je tiens aussi à remercier pour cet engagement, et le directeur de l'ARS qui porte ce projet, donc des mesures nationales, des mesures locales de sécurisation des soignants, des sanctions plus importantes. Et je voudrais redire ici à tous nos concitoyens que les soignants se lèvent le matin pour s'occuper d'eux, pour les soigner, et qu'il est inadmissible de porter des agressions envers eux.
> [Projet de loi sur la protection des enfants] Nous avons l'État, à côté des départements, une responsabilité pour améliorer la condition de vie des enfants placés. J'ai pris des engagements sur leur santé. Depuis janvier, j'ai organisé le parcours renforcé de soins qui permet que tous leurs soins médicaux soient pris en charge, évidemment, avec un bilan tous les ans. Mais avec les départements, avec le président du département de France, je fais un tour de France avant la présentation de ce projet de loi, qui aura lieu mi-mai, pour regarder les expérimentations. Il y en a une dans la maison que je vais aller voir cet après-midi qui permettent d'améliorer la vie de ces enfants placés.
> Dans les Bouches-du-Rhône, poursuite de mon déplacement à la MECS La Reynarde, à Aix-en-Provence, aux côtés des équipes de l’Association Médico-Sociale de Provence. Cette structure accompagne des enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance, dont une part importante présente des situations de double vulnérabilité, nécessitant des réponses à la fois éducatives, sociales et de santé. Nous avançons aussi avec le déploiement du parcours coordonnés renforcés, qui permettra à chaque enfant confié de bénéficier d’un suivi en santé structuré, mieux articulé avec les acteurs éducatifs et sociaux. Pour mieux accompagner ces enfants, nous soutenons des outils concrets comme l’expérimentation « Le Fil » déployé par Docaposte « France 2030 » : un carnet de liaison numérique partagé entre les professionnels, les enfants et, lorsque c’est possible, les familles. Il permet de centraliser les informations, de mieux coordonner les interventions et d’assurer un suivi plus fluide tout au long du parcours. Je tiens à saluer toutes les innovations mises en place pour les enfants. Le gouvernement est pleinement mobilisé aux côtés des départements et des professionnels.
> Labellisation France Santé du centre de santé MaReposa, dans le 14ᵉ arrondissement de Marseille. Ce centre incarne pleinement l’ambition portée par France Santé : une offre de soins de premier recours accessible, pluriprofessionnelle et ancrée dans les territoires, en particulier au cœur des quartiers prioritaires. Ouvert en mars 2025, le centre MaReposa propose déjà une prise en charge globale : médecine générale, sage-femme, orthophonie, médiation en santé, accompagnement social, ateliers de prévention… Sa force, c’est aussi son approche innovante ! Un lieu pensé à la fois comme espace de soins, de prévention et de vie, avec un lien étroit avec les habitants et les acteurs du territoire.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> Réuni ce matin, le Comité d'alerte des finances publiques a fait toute la
transparence sur l'impact de la guerre sur nos finances. Voici les chiffres.
Entre début mars et le 10 avril, les recettes fiscales supplémentaires sur les
carburants s'élèvent à 170M€. Dont 80M€ pour l'État. Une chute de 100M€ sur les
dix premiers jours d'avril du fait de la baisse continue de la consommation.
Ces recettes sont désormais deux fois inférieures au coût des mesures de
soutien : 150M€ déjà engagés au 20 avril. 60M€ pour le chèque énergie, 50M€
pour les transporteurs, 35M€ pour les agriculteurs, 5M€ pour les pêcheurs.
Le coût total de la guerre pourrait atteindre 6Md€ en 2026. Pour les dépenses
publiques, le dérapage est interdit. Chaque euro de dépenses en plus devra être
compensé. Nous nous tenons prêts à stopper 6Md€ de dépenses si les risques se
matérialisent.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Je refuse que le centre et la droite disparaissent. Que nos idées
s'effacent. Qu'on laisse comme seul choix aux Français le duel RN et LFI. Pour
réussir, il n'y a qu'une seule voie possible : une candidature unique.
> La France doit arbitrer en 2027 : qui voulons-nous accueillir ? A quelles fins ? Depuis quels pays ? Face à ceux qui mentent ou instrumentalisent l'immigration, il faut dire la vérité. Nous avons besoin d'une part d'immigration économique et d'une France ferme et respectée.
> Ma méthode est claire : être au travail, écouter les Français, obtenir des résultats. Mon projet de loi de lutte contre l'antisémitisme sera présenté en Conseil des ministres et examiné en 1ère lecture au Sénat avant cet été. Je mènerai les consultations dès le 27 avril.
> Il faut une primaire pour départager les candidats.
> Le nouvel antisémitisme s'écrit en trois lettres : LFI. LFI a fait de l'antisémitisme sa profession de foi.
> Le sergent-chef Florian Montorio représente ce que la France a de plus grand : des femmes et des hommes qui choisissent de la servir, sachant le prix à payer. La France est une grande Nation aussi par sa puissance militaire.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> [Runs sauvages] Il est urgent de répondre à ce phénomène de
délinquance au quotidien devenu très visible ces dernières années. Il faut
durcir les sanctions et donner les moyens d’agir directement en local.
L’acronyme de Ripost
est volontairement très parlant : Réponses immédiates contre les
phénomènes troublant l’ordre public. Notre objectif avec le ministre de
l’intérieur est de faire en sorte que les forces de l’ordre et les préfets
puissent prendre des mesures immédiates. (…)
Il faut bien comprendre que ce choc
d’autorité et d’efficacité voulu par le gouvernement répond au trouble que ces
rodéos génèrent en termes de tranquillité publique et à la nécessité de mettre
un coup d’arrêt à une mise en danger des jeunes qui pratiquent ces rodéos et de
ceux qui pourraient croiser leur chemin. C’est d’autant plus vrai que souvent,
ces rodéos se font sous emprise de stups ou de protoxyde par exemple. (…)
Il y a effectivement un décalage entre ce
qui circule sur les réseaux et la réalité. Il ne s’agit pas de petits faits
d’incivilité mais d’une délinquance décomplexée contre laquelle il faut agir
très tôt par la prévention.
Dans la prochaine stratégie, nous
prévoyons également une cinquantaine de mesures qui s’adressent aux parents,
aux maires des communes et aux écoles.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> L'alternance doit être accessible dans tous les domaines et sur tous
les territoires.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Hier se tenait, au Grand Palais, le Festival du livre de Paris : un lieu
de rencontre exceptionnel entre écrivains, éditeurs, lecteurs et tous les
acteurs qui font vivre la littérature. Ce festival est l’occasion de prendre la
mesure de la vitalité de la langue française et des rencontres que la
francophonie peut créer. La littérature en langue française, du Cameroun, de
France ou de Haïti, est indivisible. Continuons de lire et de faire vivre
l’écriture en français !
> [Dénoncer l'accord d'association entre l'Europe et Israël] Rien n'est exclu, la position de la France n'a pas changé (...) cela peut être un outil pour faire pression sur la désescalade.
> Le débat sur l'antisémitisme doit être apaisé et consensuel.
> Aux côtés de M. Masato Kanda, président de la Banque asiatique de développement, pour renforcer nos efforts en matière de financement du développement et la mobilisation des capitaux privés. Un échange essentiel face à l’ampleur des défis internationaux.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la
ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> La coopération entre l’éducation nationale et le médico-social est une
condition indispensable pour réussir l’inclusion de chaque enfant en situation
de handicap à l’école.
C’est la conviction que je partage avec le ministre de l’Education nationale.
Nous nous sommes rendus ce matin au Collège Albert Camus de Bois-Colombes pour
échanger sur la réussite des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS). Dans les
Hauts-de-Seine, ces dispositifs font partie des 479 pôles qui sont mis en œuvre
depuis la rentrée pour apporter des réponses aux enfants présentant des besoins
éducatifs particuliers.
Regards croisés entre professionnels, rapidité de la réponse, outils à
disposition des enseignants… ces retours nous encouragent à soutenir le
principe d’une généralisation à venir !
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> La démocratie parlementaire doit protéger la démocratie sociale pas
l’entraver. Il faut redonner toute leur place aux partenaires sociaux pour
continuer à réformer le pays. A l'approche du 1er mai, j’aimerais faire de ce
mois, le grand mois de la démocratie sociale. C’est un bien précieux.
> L'industrie française a besoin de recruter 600 000 personnes dès 2026. C'est pour poser les bases d'une mobilisation collective que je me suis rendu aujourd'hui à Saint-Nazaire, avec Sébastien Martin pour présenter notre feuille de route pour l'attractivité et l'emploi dans l'industrie. Notre feuille de route répond à cet enjeu sur 3 aspects : L'attractivité en rapprochant les jeunes des entreprises industrielles La formation et la reconversion La mobilisation collective avec la création d’une task force défense et une force stratégique nucléaire, énergie et transition écologique. Les compétences ne doivent pas être un frein à notre développement économique. Elles seront le moteur de notre souveraineté.
> Territoires zéro chômeur est une solution de dernier recours. Les activités développées répondent à des besoins locaux non couverts, et pour une partie des salariés, l'entreprise à but d’emploi devient un tremplin vers un retour à l'emploi. Je veux que ce dispositif vive au-delà de 2026. C'est le sens de la concertation partenariale que j'ai menée autour de la proposition de loi que l'Assemblée nationale a adoptée. À présent, je compte sur le Sénat pour examiner rapidement la proposition de loi et permettre son adoption définitive. J'ai la conviction que la lutte contre le chômage de longue durée se construit territoire par territoire, avec les élus, les associations, les salariés eux-mêmes. C'est exactement ce que j'ai vu ce matin à Saint-Nazaire.
> La démocratie parlementaire doit protéger la démocratie sociale pas l’entraver. Il faut redonner toute leur place aux partenaires sociaux pour continuer à réformer le pays. A l'approche du 1er mai, j’aimerais faire de ce mois, le grand mois de la démocratie sociale. C’est un bien précieux.
> [Travail le 1er mai] Je suis
heureux qu’on ait réussi à trouver une solution par le dialogue social, et que
cette solution s’applique dès le 1er mai 2026. Cela permet de sécuriser les
artisans boulangers-pâtissiers et les artisans fleuristes qui ne savaient pas
s’ils pourraient travailler ou non. Nous avons réussi à le faire en respectant
le symbole du 1er mai, qui est l’unique jour férié et chômé en France. Il
fallait trouver un équilibre, et la seule méthode pour y parvenir était de
passer par le dialogue social avec toutes les parties prenantes. (…)
Il faut revenir à l’esprit initial du texte en permettant seulement à des
artisans boulangers-pâtissiers et artisans fleuristes d’ouvrir le 1er mai,
comme ils l’ont toujours fait. Avec le Premier ministre, nous avons toujours eu
l’intention de sécuriser le travail de ces artisans. Si l’examen parlementaire
a permis de resserrer la liste des secteurs bénéficiant d’une dérogation, elle
pouvait apparaître comme restant trop large au regard de ce que représente le
1er mai dans notre histoire sociale. Nous nous sommes éloignés de cette notion
d’artisans de proximité. Ma conviction est très claire : sécuriser les artisans
de proximité, oui, libéraliser le 1er mai, non !
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> La protection des enfants est une priorité absolue du ministère de la
Justice. Un projet de loi dédié sera présenté en Conseil des ministres dans les
prochaines semaines. Il permettra d’améliorer le parcours des enfants placés,
de renforcer la protection des enfants victimes de violences, de créer des
ordonnance de sûreté de l'enfant pour protéger plus rapidement ceux dont nous
suspectons qu’ils font l’objet de violences. Les contrôles préalables de tous
les professionnels en contact avec des enfants seront également généralisés :
casier judiciaire et fichier des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS)
seront ainsi systématiquement vérifiés. La lutte contre le proxénétisme des
mineurs s'intensifie aussi, en lien direct avec les parquets et la Protection
judiciaire de la jeunesse. C’est un drame qui doit appeler une réponse de toute
la société et notre détermination est totale. Je vais lancer également
l'expérimentation de l'avocat systématique en assistance éducative, avant
l'été, qui renforcera les droits des enfants les plus vulnérables. Je soutiens
également l'initiative parlementaire visant à créer une imprescriptibilité des
crimes commis sur les mineurs. La protection de nos enfants ne souffre d’aucun
compromis : je m'y engage pleinement, chaque jour, avec la même détermination
que l’ensemble des agents du ministère de la Justice.
> Avec Laurent Nunez, nous avons reçu nos six partenaires européens membres de la Coalition européenne contre la criminalité organisée, pour approfondir nos actions de sécurisation des ports européens et d'accès aux preuves numériques. Pour lutter contre la criminalité organisée et assurer la sécurité de nos populations, l'Union européenne doit permettre à nos services enquêteurs d’agir, dans la vie réelle comme en ligne.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Lutte contre les violences dans le périscolaire] On va proposer un
article de loi et faire une «liste noire». Un agent écarté pour comportements
inappropriés ne pourra plus être repris à l’Éducation nationale.
> [Bilan des contrôles des sacs aux abords des établissements] On a fait 20 500 contrôles en un an et on a retrouvé 800 armes blanches en un an.
> L'éducation est le premier budget civil de l'Etat en France et son budget a augmenté de 30% depuis 2017.
> Il y a 3 200 suppressions de postes dans le public pour la rentrée scolaire de septembre prochain.
> Le protoxyde d’azote est un fléau. Il détruit des
vies, des corps, des esprits.
Les équipes éducatives, les pompiers, les policiers, les associations, mais
aussi les victimes définitivement atteintes étaient hier à Saint Gratien pour
une action de prévention auprès des élèves de 3ème. Ce sont plusieurs centaines
de bonbonnes qui ont été ramassées par les services municipaux de cette ville
cette année. Paralysies, troubles cognitifs, atteintes du système digestif,
brûlures, accidents. Il faut montrer pour prévenir.
Avec Marie-Pierre Vedrenne, nous étions auprès des équipes éducatives, des élus
locaux (maire, conseil départemental) et des autorités de l'Etat pour partager
cette action de prévention exemplaire.
Merci à toutes celles et ceux qui s’engagent pour protéger notre jeunesse. Et
merci aux élèves pour la qualité de nos échanges.
> Ecole inclusive : savez-vous ce qu’est un
pôle d’appui à la scolarité (PAS) ?
La scolarité des élèves en situation de handicap et à besoins particuliers
nécessite de répondre à deux enjeux : apporter les réponses adaptées aux
équipes éducatives et permettre l’accessibillité des apprentissages ;
répondre aux besoins et questions des familles. Dans les deux cas, la
coopération entre l’éducation nationale et le médico-social est une condition
indispensable pour réussir l’inclusion de chaque enfant.
Le pôle d'appui à la scolarité répond à ces enjeux : il constitue en effet un
interlocuteur unique pour les professeurs, les AESH et les familles, et associe
dans une même structure les professionnels de l'éducation nationale et du
médico-social.
Depuis la rentrée, 479 PAS ont été mis en place, comme ici, dans les
Hauts-de-Seine, où je me suis rendu avec Camille Galliard-Minier au collège
Albert Camus de Bois-Colombes pour rencontrer les équipes qui font vivre au
quotidien l’École inclusive. Concrètement, les professeurs peuvent saisir le
PAS et bénéficier d’un appui rapide, dans la classe, d’un binôme professeur /
éducateur spécialisés, accélérer la distribution de matériels pédagogiques
adaptés, faciliter les échanges avec les MDPH...
Le PAS apporte une réelle plus-value aux équipes comme aux familles. 1000
nouveaux PAS seront créés à la rentrée. Pour faire de l’École un lieu
d’apprentissage et d’épanouissement pour tous les enfants, sans distinction.
> Ce n'est pas un conditionnel, c'est que nous allons perdre 1 700 000 millions d'élèves en 10 ans. C'est mécanique, c'est l'effet de la chute des naissances. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que oui, évidemment, c'est une opportunité. Pas forcément de baisser le nombre de professeurs. C'est l'opportunité de repenser un peu différemment notre système éducatif. Quand vous perdez 20 % de vos élèves ou 15 % de vos élèves en 10 ans, vous êtes tout simplement obligé de vous réinterroger : il faut se réinterroger sur les contenus, il faut se réinterroger sur l'organisation territoriale. On a aujourd'hui un maillage très, très, fin. Il faut réussir à garder ce maillage. Et en même temps, là où il n'y a plus d'enfants, il faut accepter de penser l'école un peu différemment. Donc, on est à l'aube, en fait, d'à peu près deux décennies de transformation profonde pour le système éducatif.
> Globalement, au cours des 20 prochaines années, la France aura besoin d'un peu moins de professeurs, compte tenu de la chute du nombre d'élèves. Ça, c'est vrai. Deuxième chose, et par ailleurs, il faut augmenter les professeurs, notamment, on se rappelle la première moitié de carrière, puisqu'en réalité, il y a une espèce de plateau pendant 20 ans qui est très, très, long, qui est un peu décourageant, objectivement. Et par contre, après, on a une progression assez nette sur la deuxième partie de carrière. Donc, ce sont des choses qu'il faut repenser, effectivement, pour renforcer l'attractivité. Le nombre d'élèves par classe fait aussi partie de l'attractivité. On est en train de le baisser progressivement. On en a perdu deux, en moyenne : c'est deux élèves par classe en moins depuis 2017. On va continuer cette trajectoire, mais après, on joue sur des données qui sont extrêmement, comment dire, complexes. Moi, j'ai 800 000 professeurs dans 60 000 implantations que je recrute pour 40 ans. Donc, vous voyez, quand on se projette à long terme, dire "On va baisser le nombre de professeurs ou monter le nombre de professeurs", ça ne se fait pas en deux coups de cuir à peau. Et donc, il faut un petit peu de stabilité aussi, si on veut construire quelque chose.
> Dès que possible, il faudra retravailler sur la rémunération des professeurs en première partie de carrière.
> Ce qui est intéressant, c'est qu'on a repensé
complètement le système de recrutement. Vous le savez sans doute, puisque
depuis cette année, nous recrutons à la fin de la licence, donc, à la fin de la
L3. Et en fait, nos candidats seront formés pendant deux ans, en étant
rémunérés pour être formés pendant le master II. (…)
Nos élèves professeurs, voilà, nos professeurs fonctionnaires vont être
rémunérés pour faire leur master, donc, en deux ans. C'est quand même pas
mal, sous statut de professeur. Et puis on a repensé au passage, du coup, le
contenu de la formation pour faire en sorte qu'évidemment, ce contenu soit plus
adapté. Parce qu'on sait bien que pour avoir des bons élèves, il faut des
professeurs bien formés. Ça, c'est mécanique. Et c'est une règle universelle.
Donc, on a repensé cette nouvelle formation. Et au passage, d'ailleurs, ça
s'est traduit par une augmentation très substantielle du nombre de candidats au
concours cette année. (…)
On a plus que doublé le nombre total de candidats, ce qui est logique, parce
qu'il y avait deux promotions. Mais en réalité, ce qui est intéressant, c'est
quand on regarde ceux qui sont en L3, ils sont beaucoup plus nombreux que ceux
qui, jusqu'à présent, étaient en master.
> Le niveau des élèves remonte dans le premier degré. À l'école, très clairement, et à l'entrée en sixième. En revanche, dans le second degré, on a encore du travail à faire, notamment au niveau du collège. C'est d'ailleurs pour ça que je suis très concentré sur le collège. Donc, d'abord, tout n'est pas aussi négatif qu'on le dit. Première chose. Deuxième chose, on a un sujet majeur aujourd'hui sur les mathématiques : c'est la place des femmes. Les femmes en France ne se rendent pas vers les mathématiques, ou en tout cas beaucoup moins que dans d'autres pays. On a grosso modo à peu près un tiers de femmes dans les études d'ingénieur. On a besoin de former plus d'ingénieurs, et concrètement, plus de femmes. Et c'est là qu'on a tous un rôle à jouer, notamment aux entreprises : c'est d'aller chercher les jeunes filles pour les convaincre que les carrières scientifiques sont aussi faites pour elles.
> [Maths] Alors, on a une question de méthode et on a une question de représentation sociale et familiale. Dans la méthode, nous, on est en train de tout repenser. En réalité, le décrochage entre les filles et les garçons, il intervient dès le CP. C'est-à-dire que les filles sont meilleures en maths à l'entrée en CP. Six mois plus tard, elles sont moins bonnes que les garçons. Donc, on a tout un travail à faire, pédagogique, au niveau de l'école, du collège et du lycée. L'autre sujet, c'est une question de représentation sociale. C'est-à-dire que ce décrochage qu'on mentionne sur les femmes et sur les filles et les garçons, le dernier classement PISA a montré qu'il était universel, et qu'il s'était accru, notamment dans des pays comme la Suède, le Japon, qui étaient historiquement très en pointe en termes de parité. Donc, ça veut dire qu'on a aussi un problème de représentation culturelle. Et c'est là que les entreprises ont un rôle à jouer, c'est là que les rôles modèles féminins ont un rôle à jouer, parce qu'en fait, il faut montrer aux jeunes filles aujourd'hui que loin des représentations des réseaux sociaux, les sciences, c'est fait pour elles.
> Les métiers ont quand même beaucoup muté, ils mutent beaucoup, et on n'a plus de carrière linéaire. Tout le monde le sait et tout le monde le dit. À partir de là, il faut qu'on articule bien formation initiale et formation continue. Nous, notre objectif, c'est que nos élèves, ils soient capables de conduire une formation, si je puis dire, générale, solide, de s'adapter à des environnements ou à des métiers différents. Qu'ensuite, les entreprises décident, à 25, à 30 ans, à 35 ou à 40 ans, de leur donner une formation complémentaire pour les spécialiser sur un métier, eh bien, ce qui compte, c'est que nous, on soit capables de leur proposer, enfin, de proposer à nos jeunes une formation qui leur assure une adaptabilité à leur environnement. Et ça, c'est quand même ce qu'on fait globalement aujourd'hui. Je ne dis pas que tout va bien, hein. Loin de là. Mais en tout cas, notre volonté, c'est celle-là. Et ce n'est pas incompatible avec le fait qu'ensuite, les entreprises veuillent former plus précisément tel ou tel de leur personnel.
> Soyons clairs : le niveau a baissé depuis 40 ans en France. Maintenant, la question, c'est qu'on est en train de remonter la planche. Je reviens là-dessus, parce que c'est important. Il ne faut pas être dans le déni, ni d'un côté ni de l'autre. Deuxième chose, et c'est pour répondre à votre question. Très clairement, aujourd'hui, dans la chute du niveau qu'on observe, il y a des questions d'attention, de capacité cognitive. Et ça, c'est pollué par les écrans. C'est-à-dire qu'on a des gamins qui passent plus de temps devant un écran qu'en cours. C'est ça, la réalité aujourd'hui, hein. Nos enfants passent plus de temps devant un écran qu'en cours, en moyenne hebdomadaire. Donc, du coup, effectivement, d'abord, on se bat contre la présence des écrans dans l'établissement. Vous savez que c'est déjà interdit à l'école, au collège, ça va l'être au lycée à la rentrée. Et ensuite, dans ce que le Président a annoncé hier, effectivement, c'est qu'il voulait une journée par mois de déconnexion. Alors, dans l'institution scolaire, évidemment, ça se pratique déjà, mais ce qui est intéressant, si vous voulez, c'est la dimension un peu prescriptive. C'est-à-dire, c'est de se dire, effectivement, qu'il y a un peu des rendez-vous où on apprend collectivement à être un peu moins addict à nos téléphones. Au passage d'ailleurs, ça peut s'appliquer aussi aux adultes. Ce n'est pas tout à fait mauvais. Si tout le monde s'y met, on s'aperçoit qu'on peut vivre sans quelques heures. Et ça fera du bien à tout le monde.
> Le problème, ce n'est pas tant de savoir, enfin, raisonner par pourcentage en disant, je veux X % de classe d'âge au bac ou une X % de classe d'âge qui fait ceci. Ça fait un bel objectif politique. On en parle, après, pendant 40 ans. Donc, ça marche bien. En réalité, ce n'est pas ça mon sujet. Moi, mon sujet, c'est qu'un jeune puisse aller au bout de ses potentialités et que quand il y a un examen, cet examen certifie son niveau. Typiquement, ce baccalauréat, j'ai annoncé que j'allais durcir les règles, sur, notamment, tout ce qui était maîtrise de la langue, grammaire, orthographe, et cetera, parce que ça s'est délité et effrité au cours des années. On ne peut pas dire à un gamin qui arrive à 7,5 de moyenne à la fin de ses premières épreuves du baccalauréat, qu'à coup de point-jury, en ne faisant pas très attention, mais on le dit rédige et cetera, il va arriver à 10 et qu'à la fin, il l'aura. Parce qu'à la fin, on lui ment. Mais par contre, l'objectif, c'est quand même d'amener le maximum, enfin, l'objectif républicain, c'est quand même d'amener le maximum de jeunes à un niveau solide. Mais une fois encore, il ne faut pas s'enfermer dans des logiques de dire 80, 85, 90. Il ne faut pas raisonner comme ça.
> Moi, je suis un ministre universel. Je me suis attaqué à la grande difficulté scolaire. J'en ai fait une de mes trois priorités depuis le début. Mais je pense aussi que les très bons élèves ont besoin d'être poussés. On est là pour 100 % des élèves. On n'est pas là pour ni avoir telle ou telle méthode, ni ci, ni ça. Et je dis ça avec le plus grand respect pour tous ceux qui ont appliqué les différentes réformes. Mais je ne dirais pas que je suis l'un ou l'autre. Je pense que comme tous les ministres de l'Éducation nationale, j'ai 12 millions d'élèves et je m'intéresse…
Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Une plaque rendait hommage, à la Maison de l’Argentine, aux victimes du
terrorisme d’État et aux 30 000 disparus de la dictature argentine. Elle a été
retirée par la direction de la Maison de l’Argentine. Ce geste n’est pas un
détail. Il touche à ce que nous avons de plus essentiel : la mémoire. Parce que
ces vies ne peuvent pas disparaître une seconde fois, j’ai décidé
l’installation d’une nouvelle plaque. Elle sera placée à l’extérieur. Visible
de toutes et tous. Et cette fois-ci, elle ne pourra plus être enlevée. La
mémoire n’est pas négociable. Elle ne dépend ni des contextes, ni des
pressions, ni des volontés du moment. Elle nous oblige. Et je le dis clairement
: je me battrai contre toutes les tentatives d’effacement, contre toutes les
formes de réécriture, contre tout ce qui cherche à faire disparaître ces crimes
de notre conscience collective. Parce qu’oublier, c’est déjà céder. Et céder,
nous ne le ferons jamais.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Carburants]: À l'heure où l'on se parle, il n'y a pas de risque de
pénurie.
> [Augmentation des prix due aux hostilités au Moyen-Orient] On demande à chacun d'être raisonnable.
> [Prix des carburants] Si on observait des baisses durables (du baril), elles devraient être répercutées aussi vite que les hausses l'ont été.
> [Hostilités au Moyen-Orient]: C'est l'honneur de la nation française d'être sur place dans une posture défensive.
> [Détroit d'Ormuz]: Il est hors de question que la France paye un droit de passage.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Vladimir Poutine raisonne en termes de sphères d’influence »,
dénonce Benjamin Haddad. « Il considère que la Russie doit maintenir une
forme de domination, voire de vassalité, sur les pays de son voisinage et les
empêcher de choisir leur propre destin. À l’inverse, notre vision de l’ordre
international repose sur la souveraineté des États et des peuples, libres de
nouer des relations diplomatiques et amicales avec leurs partenaires.
● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> [Tribune cosignée avec des sénateurs: «La protection de nos
jeunes des méfaits des réseaux sociaux mérite mieux que des invectives »] Le
31 mars dernier, le Sénat adoptait le principe d’une « liste
noire » des réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans en raison de
leur dangerosité et conditionnait l’accès aux services ne figurant pas sur
cette liste à une autorisation parentale.
Pourtant, Mme Chloé Morin essayiste politique a, dans une tribune publiée
il y a quelques jours, accusé le Sénat d’avoir, par calcul politicien et pour
protéger les intérêts économiques derrière ces réseaux, « vidé de sa
substance » la proposition de loi visant à protéger les mineurs des
risques auxquels les expose l'utilisation des réseaux sociaux !
Il est paradoxal d’écrire contre les réseaux sociaux en employant
précisément les méthodes qu’on leur reproche : inexactitudes, omissions,
insinuations, ton clivant et agressif. C’est pourtant ce que fait l’auteure de
la tribune.
Parmi les inexactitudes : l’auteure demande à ses lecteurs de « bien
noter la formule au cœur de [la] réécriture » effectuée par le Sénat,
soit la « responsabilité individuelle des parents ». Il
s’agirait « mot pour mot » de l’argument des lobbyistes des
réseaux sociaux. En réalité, ces mots ne figurent pas dans le texte adopté et
ne décrivent pas la position du Sénat. Celui-ci est toutefois convaincu que les
parents doivent être impliqués dans toute décision et démarche de
sensibilisation quant aux risques d’un usage mal maîtrisé des réseaux sociaux
et dans toute décision.
Du côté des omissions : à aucun moment, l’auteure de la tribune ne
mentionne l’avis du Conseil d’État qui considère que l’interdiction générale et
absolue adoptée par l’Assemblée nationale est contraire à la Constitution,
alors que cette question a été au cœur du débat en commission et en séance
publique. Mais a-t-elle même pris la peine de les suivre ? Ou de consulter
le rapport de la commission de la culture du Sénat publié sur son site ?
La députée, auteure de la proposition de loi, avait d’ailleurs elle-même
suivi l’avis du Conseil d’État et réécrit le dispositif dans une version
quasi-identique à celle finalement adoptée par le Sénat. Avant que le
Gouvernement, pour des raisons qui lui appartiennent, ne l’incite à revenir en
arrière. Autant dire que, contrairement à ce que l’auteure de la tribune
avance, elle ne devrait avoir aucun mal à reconnaître son texte.
Il est enfin difficile d’entendre des insinuations sur les intérêts
particuliers que défendraient les Sénateurs. Qui peut sérieusement imaginer
qu’un Sénat qui vient d’adopter à l’unanimité, contre les réticences d’un
Gouvernement notablement « pro-tech », un texte créant une
présomption d’utilisation par les entreprises d’IA des contenus protégés par
les droits d’auteur, serait dans la main des GAFAM?
Pour en venir au fond du débat, le Sénat a entendu mettre en place un
dispositif tout aussi ferme que celui proposé par le Gouvernement, mais plus
responsable.
Ferme, car le Sénat fait depuis longtemps le constat des effets extrêmement
nocifs des réseaux sociaux sur les mineurs, prônant des mesures plus sévères à
l’encontre des grandes plateformes. Il adoptait ainsi, dès 2018, une
proposition de loi visant à lutter contre l’exposition précoce des enfants aux
écrans. En 2021, dans son avis sur le Règlement européen sur les services
numériques (DSA), il appelait à une véritable « sécurité par
conception » (« safety by design ») des plateformes.
Deux ans avant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur TikTok,
celle du Sénat soulignait ses dangers pour les enfants et les adolescents. Le
8 août 2025, la commission des affaires européennes du Sénat exigeait la
fixation d’un âge minimal d’accès aux réseaux sociaux.
Enfin, la proposition de loi visant à protéger les jeunes de l’exposition
excessive et précoce aux écrans et des méfaits des réseaux sociaux, adoptée à
l’unanimité du Sénat en décembre 2025, prévoyait une série de mesures
systémiques pour armer les professionnelles de la santé, de l’enfance et de
l’éducation nationale contre ce fléau. Elle attend toujours son inscription à
l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.
Mais c’est aussi un dispositif responsable, car il évite les écueils
signalés par le Conseil d’État. Une interdiction générale et absolue ferait
courir un risque d’inconstitutionnalité et donc d’inapplicabilité pure et
simple. À cet égard, le précédent de la loi « Avia » reste un
souvenir cuisant : le Conseil constitutionnel avait jugé que l’atteinte
portée à la liberté d'expression et de communication n’était pas proportionnée
à l’objectif poursuivi (la lutte contre les contenus haineux en ligne) et la
loi avait donc été amputée de ses principales dispositions.
On peut soit se payer de mots et se satisfaire d’effets d’annonce, soit
travailler le fond des problèmes et proposer des solutions qui aient une chance
de pouvoir être appliquées. C’est cette seconde voie qu’a choisie le Sénat. Il
a ainsi instauré une « liste noire » officielle des réseaux sociaux
jugés dangereux pour les mineurs de 15 ans, dont l’accès leur sera désormais
interdit.
Ces plateformes seront identifiées par l’Arcom selon des critères de
dangerosité liés notamment aux algorithmes addictifs et aux contenus
inappropriés. Pour les plateformes ne figurant pas sur cette liste, l’accès
sera conditionné à l’obtention d’un accord parental explicite.
Les grands réseaux sociaux addictifs seront donc bien interdits, puisque
leur dangerosité n’est plus à prouver. Le système proposé sera d’autant plus
opérant que les plateformes interdites seront immédiatement identifiables par
les parents et leurs enfants. Ce n’était pas le cas du texte issu de
l’Assemblée nationale dont l’application concrète supposait des négociations,
nécessairement opaques, entre le Gouvernement et les plateformes.
Enfin, s’il est exact que le texte doive être notifié à Bruxelles, c’était
aussi le cas du texte issu de l’Assemblée nationale. Et, n’en déplaise à
l’auteure de la Tribune, Bruxelles ne peut pas avoir « jugé
inconventionnelle » une version qui ne lui a pas encore été notifiée.
Le Sénat attend donc sereinement l’avis de la Commission européenne, quel qu’il
soit, pour finir d’élaborer en commission mixte paritaire, avec les députés et
dans le cadre démocratique de la procédure parlementaire ordinaire, un texte
sur lequel nous n’avons plus droit à l’erreur.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> Innover ou disparaître, c’est le défi majeur de l’industrie européenne
dans cette concurrence mondiale effrénée. Et nous avons, nous pouvoirs publics,
un rôle immense à jouer pour mettre en place un cadre qui aide nos industries à
se hisser, ou rester, à la pointe de l’innovation.
> Excellente nouvelle pour la souveraineté numérique européenne ! La Commission UE attribue un appel d’offre de 180M€ sur 6 ans à 4 acteurs européens du cloud afin de faire passer son cloud (et celui de ses agences et autres entités) sous bannière européenne. Avec ce nouveau cap, nous faisons le choix de notre indépendance, de notre sécurité et de l’innovation made in Europe.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> La Bulgarie a tenu ses élections hier. Félicitations à notre parti allié pour
ses efforts en faveur d’une Bulgarie démocratique, anti-corruption et
pro-européenne. Sa voix a été entendue par ceux qui souhaitent une Bulgarie
forte dans une Europe forte. Le vainqueur des élections est connu pour ses
positions pro-russes et pour son opposition à l’aide à l’Ukraine. L’Europe n’a
pas besoin d’un autre cheval de Troie et nous la suivrons de près, le combat
doit continuer. Avec Renew Europe nous sommes ici pour soutenir les forces
bulgares pro-européennes dans le rétablissement de la justice et rester au cœur
de l’Europe.
> L'état de droit et les politiques pro-européennes sont indissociables, et nous continuerons à soutenir nos partenaires dans leurs efforts pour une Bulgarie forte au sein d'une Europe forte. Nous avons vu par le passé que la corruption, l'état de droit et l'influence russe vont de pair. Ils se nourrissent mutuellement, et la lutte contre ces phénomènes est elle aussi indissociable — politiques anticorruption, intégrité et engagement pro-européen.
> La Bulgarie compte. Elle n'est pas à la périphérie, mais au cœur de l'architecture de défense de l'UE — à la frontière extérieure, elle est stratégiquement positionnée en première ligne de l'Europe. La Bulgarie est un important producteur de munitions qui aide l'Ukraine. Radev est susceptible de faire peser des risques sur cette chaîne d'approvisionnement. Les pays qui soutiennent déjà l'Ukraine devraient combler le vide laissé par la Bulgarie, qui est un producteur significatif de munitions de calibre soviétique. Cela pourrait réduire les stocks à travers l'Europe et ralentir les délais de livraison, notamment pour les obus d'artillerie et les munitions pour armes légères qui correspondent aux systèmes plus anciens encore largement utilisés par les forces ukrainiennes.
Bernard Guetta (député)
> [Opinion: Ormuz: une preuve de plus que l’Europe politique existe sur la
scène internationale] C’est un instant que l’Histoire retiendra. Debout
derrière des micros soigneusement alignés, le chancelier allemand, le président
français et les chefs des gouvernements italien et britannique expliquaient,
vendredi dernier, le sens de leur « initiative » pour le détroit
d’Ormuz qui avait réuni quelque cinquante pays à Paris.
C’était comme si la Grande-Bretagne n’était jamais sortie de l’Union, comme
si l’Allemagne et la France avaient effacé tout désaccord, comme si l’Italie
avait cessé de jouer en solo sa carte américaine. Non seulement les quatre
premières économies européennes s’affirmaient en direction politique de
l’Europe mais l’Indonésie et le Japon, l’Ukraine et l’Arabie saoudite,
Singapour ou encore l’Inde et l’Australie, un quart en tout des Etats du monde
et non des moindres, faisaient ce jour-là front avec elles pour s’engager à
assurer la liberté de circulation dans ce détroit essentiel.
Ce n’était bien sûr pas pour l’instant tant il aurait été vain d’ajouter
leurs voix à la confusion en cours. C’était pour plus tard, quand les armes se
seront tues, mais ce rendez-vous n’en était que plus marquant car ce que les
Européens esquissaient vendredi était en fait l’ordre international qu’ils
aimeraient substituer au désordre mondial crée par Donald Trump.
Car cet homme a tant décrédibilisé la puissance américaine que ni le Golfe
ni l’Asie ni l’Europe ne se fient plus aux Etats-Unis et que le monde n’a plus
de gendarme, ni bon ni mauvais. Les monarchies du Golfe elles-mêmes ne veulent
plus dépendre de la seule protection américaine depuis que la plus puissante
armée du monde s’est avérée incapable de les protéger des conséquences de la
guerre lancée contre l’Iran. Les monarchies pétrolières cherchent à s’inscrire
dans de nouveaux équilibres et il en va de même des alliés asiatiques des
Etats-Unis qui leur pardonnent mal d’avoir engagé cette guerre sans se soucier
de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz par où passent plus des
deux tiers de leurs approvisionnements énergétiques.
Japon en tête, ils en sont à se demander si Donald Trump ne pourrait pas
bientôt chercher à s’entendre avec la Chine à leur détriment, exactement comme
il tente de s’entendre avec la Russie sur le dos des Ukrainiens et de l’Europe
entière.
Quant aux Européens, ils ont vu la guerre renaître sur leur continent après
que Trump a donné à comprendre, dès son premier mandat, que leur appartenance à
l’Alliance atlantique ne leur garantissait plus la protection nucléaire des
Etats-Unis. C’est comme si la Russie s’était senti les mains libres pour
envahir l’Ukraine et les Européens ont dû découvrir ensuite que la
Maison-Blanche pouvait envisager de se retirer de l’Otan et même d’annexer par
la force un territoire danois.
Abyssal, un vide s’est créé mais plus il s’approfondit, plus l’Europe
cherche, pas à pas, à s’affirmer en puissance politique. A l’unanimité, les
Etats membres ont d’abord décidé de se doter d’une Défense commune dont, France
mise à part, ils avaient longtemps refusé de jeter les bases par peur
d’accélérer un éloignement des Etats-Unis.
Des crédits sont débloqués et, malgré leur insuffisance, le tournant est si
bien pris que l’idée d’autonomie stratégique s’est elle aussi imposée. L’Europe
a su signifier qu’elle s’opposerait par les armes aux projets d’annexion du
Groenland. Protégeant par-là ses frontières, l’Union assume seule le soutien
aux Ukrainiens et quand Trump a voulu faire accepter à Volodymyr Zelenski un
plan de reddition concocté par le Kremlin, c’est encore elle qui a su s’y
opposer en constituant, à l’initiative de Paris et de Londres, une
« coalition de volontaires » pour défendre l’Ukraine.
C’est l’existence de cette coalition qui a permis de rassembler les 50
Etats de vendredi autour de la question d’Ormuz. Dès l’été dernier, les 27 sont
ainsi devenus un acteur de la scène internationale et parallèlement, Inde et
Australie après le Mercosur, l’Union multiplie les accords commerciaux. Elle
vient d’assouplir ses règles sur la concurrence afin de favoriser la
consolidation de géants industriels pouvant faire face à ceux de la Chine et
des Etats-Unis. Depuis plusieurs mois, la France a entrepris de faire de sa
force de frappe le nouveau parapluie de l’Europe. Défense et industrie,
commerce et rapprochements politiques, l’Union se muscle et tend à faire
émerger un nouveau réseau de pays à même de réinventer une stabilité
internationale.
Tout reste à faire. Les institutions européennes ne sont pas adaptées à
cette nouvelle donne. Tant que les partis du centre et de la social-démocraties
n’auront pas admis qu’ils forment ensemble le camp de la démocratie, la route
restera ouverte aux extrêmes-droites. Le temps presse. Il est tard mais si ce
n’est pas l’Europe, qui ?
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Toutes les trois minutes, un enfant est victime de violences
sexuelles en France, c’est une réalité massive. Dans 70% des cas, ces violences
ont lieu dans l’entourage proche, souvent au sein du foyer. Les silences
commencent à se briser depuis quelques années, et c’est une avancée importante.
Mais cela reste insuffisant et nous devons protéger plus vite et de manière
beaucoup plus efficace.”
> Les premiers responsables sont les prédateurs qui abusent de la confiance des enfants et utilisent des mécanismes bien connus pour les faire taire. Ils déplacent la culpabilité sur les victimes et exploitent leur vulnérabilité. Mais oui, il faut aujourd’hui reconnaître l’ampleur du phénomène et sortir des tabous. Cela implique d’élever notre niveau d’exigence collective avec plus de formation et de moyens.”
> Il existe un délit de non-dénonciation lorsqu’on parle
des violences faites aux enfants, et il faut le rappeler fermement. Quand on se
tait, on prend une part de responsabilité, même si le premier coupable reste
l’agresseur. Les enfants ont toujours parlé, mais ils n’ont pas toujours été
entendus ou crus. Aujourd’hui, la prise de conscience est là, et elle doit
maintenant se traduire concrètement dans les actes. (…)
Lorsqu’on a un doute, il faut agir immédiatement et appeler le 119, qui
déclenche des enquêtes sociales. On ne peut plus détourner le regard ou
considérer que cela ne nous concerne pas. Un enfant ne doit jamais être laissé
seul face à une situation de danger. La protection de l’enfance est une
responsabilité collective qui engage toute la société.”
> [Imprescriptibilité
des crimes sur mineurs] Tout ce qui permet de mieux protéger les enfants et de
faciliter les condamnations doit être soutenu. Je suis favorable à
l’imprescriptibilité des crimes sur mineurs, car cela envoie un signal fort.
Cela permet aussi de reconnaître la parole des victimes, même longtemps après
les faits. Mais il faut rester lucide sur les difficultés liées aux preuves
avec le temps. (…)
Oui, il faut avancer, mais la réponse ne peut pas être uniquement pénale. Il
faut aussi agir en amont avec de la prévention et une meilleure formation des
professionnels. Aujourd’hui encore, beaucoup disent ne pas savoir comment
réagir face à un signalement. C’est un point clé à améliorer rapidement.
> Il faut mieux recueillir la parole des enfants et leur offrir un accompagnement adapté. Cela passe par des structures spécialisées et des professionnels formés. La mobilisation doit être générale, dans tous les secteurs. Protéger les enfants doit devenir une priorité absolue et partagée.
> [Généraliser le certificat d’honorabilité] Oui, c’est
une mesure de bon sens. Personne n’est obligé de travailler avec des enfants,
donc si l’on n’a rien à craindre, on peut demander ce certificat. Il doit être
étendu à tous les secteurs sans exception. C’est une garantie essentielle pour
renforcer la sécurité des enfants. Tous les adultes en contact avec des enfants
doivent être concernés, qu’ils soient professionnels ou bénévoles. Cela inclut
les enseignants, les animateurs, les intervenants à domicile ou encore les
baby-sitters. Il ne doit pas exister de zones non contrôlées. La protection
doit être cohérente partout. (…)
Toute personne qui confie un enfant doit pouvoir demander ce certificat
d’honorabilité. Il permet de vérifier les antécédents judiciaires, notamment
via le FIJAIS. C’est une garantie importante pour les familles. Cela permet de
restaurer un climat de confiance. (…)
Les prédateurs s’adaptent et se déplacent d’un environnement à un autre.
Lorsqu’un secteur devient plus contrôlé, ils en investissent un autre. Il faut
donc harmoniser les règles et fermer toutes les failles. C’est indispensable
pour assurer une protection efficace.
> Le numérique est devenu un espace de prédation massive,
sans frontières. Il faut donc une réponse ferme et coordonnée. L’impunité ne
doit jamais exister. (…)
Ces plateformes ont été citées dans des milliers de procédures pénales. Elles
sont liées à des violences graves, notamment sexuelles. Cela montre l’ampleur
du phénomène. C’est une réalité extrêmement préoccupante qui nécessite une
action forte. (..)
Lorsqu’un site est fermé, d’autres apparaissent très rapidement. C’est un
combat permanent. Il faut donc agir avec constance et détermination. (…)
Il faut remonter toute la chaîne de responsabilité, de l’utilisateur jusqu’aux
plateformes. Chacun doit être responsabilisé, y compris ceux qui financent ou
hébergent ces contenus. C’est la seule manière d’être efficace. Sinon, on ne
traite qu’une partie du problème.
> Comme pour l’écologie, il faut savoir précisément où va
notre argent. Certaines entreprises participent à des modèles économiques qui
peuvent nuire aux enfants. Les épargnants doivent pouvoir en être informés de
manière transparente. C’est une nouvelle exigence à intégrer. (…)
Tous les épargnants sont concernés, qu’il s’agisse des familles ou des
investisseurs. Les grands-parents, par exemple, qui placent de l’argent pour
leurs petits-enfants doivent pouvoir faire des choix éclairés. C’est une
responsabilité collective. Chacun peut agir à son niveau. (…)
Il ne faut pas financer des entreprises qui font du mal aux enfants. L’impact
enfance doit devenir un critère de décision, comme l’impact environnemental.
Cela permet d’aligner nos valeurs avec nos investissements. C’est une évolution
nécessaire. (…)
L’objectif est de mieux protéger les enfants aujourd’hui et dans le futur. Il
s’agit de construire un environnement plus sûr, y compris sur le plan
économique. Les décisions financières doivent intégrer cet enjeu. C’est une
responsabilité collective à long terme.
> Je vais être très
honnête. Je considère que les enfants ont toujours parlé. Mais on n’a pas
toujours voulu les écouter. Il faut leur dire qu’on les croit, garantir leur
santé mentale, bâtir des villes à hauteur d’enfants…
Je suis en train de mettre en place un
Conseil des victimes.
On a renforcé les numéros d’appel 119 et
3018, on a installé les Uaped, des unités d’accueil d’enfants en danger, dans
les services de pédiatrie… En janvier, on a viré plus de
3 000 prédateurs sexuels de l’aide sociale à l’enfance et de la
petite enfance en vérifiant leurs antécédents judiciaires, avec les
attestations d’honorabilité qu’on a créées et que je souhaite élargir.
Le grand combat, c’est aussi contre les
géants du numérique, qui ne se comportent pas comme des entreprises mais comme
des prédateurs. Aujourd’hui, il y a des IA qui déshabillent des images
d’enfants, les gens achètent sur Shein des poupées pédocriminelles… J’ai saisi
la commissaire européenne et lancé des procédures en France.
> Un parent sur cinq se dit en difficulté. Aujourd’hui, les dangers sont XXL. Le parent ne peut pas être tout seul. Et puis on voit la dénatalité. On a moins de solidarité familiale, il y a des difficultés de moyens de garde, le coût de la vie a augmenté… Donc il y a une pression énorme sur les parents.
> [Renforcer le service public de la petite enfance] J’espère que l’on pourra bientôt revaloriser les salaires. On doit mieux faire connaître ces métiers dont on a plus que jamais besoin. J’ai aussi travaillé sur un guide de bonnes pratiques pour les mairies. On a prolongé l’aide pour l’accueil des jeunes enfants dans les familles monoparentales, et allongé le congé de naissance.
> [No kids] C’est un continuum de violences. Jamais on
n’accepterait de dire « ce lieu est interdit aux personnes de plus de
60 ans » ! Comme notre société est vieillissante, on commence à
considérer que le rire des enfants, c’est une nuisance. C’est pour cela qu’on a
fait une contre-offensive, avec le label Le choix des familles.
Les enfants, ce n’est pas juste bien sûr
les photos. Les exclure, c’est la meilleure manière de continuer à briser
l’égalité.
> [Aide sociale à l’enfance] On voit des inégalités d’accompagnement d’un département à l’autre. Or l’État doit être le garant de la protection de l’ensemble des enfants. Avant, on mettait les enfants dans des hôtels. Je l’ai interdit. Il faut sécuriser la question de la fratrie, voir comment on peut accélérer des adoptions… On a aussi renforcé la loi sur les pouponnières, où certains bébés tombaient dans une forme de dépression très profonde, par manque de contact.

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