lundi 20 novembre 2017

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Tous les jours doivent être la journée de l’enfant!

Ce 20 novembre comme tous les ans depuis 1993, est la journée internationale des droits de l’enfant.
Loin de moi de vouloir supprimer cette date qui a le mérite d’exister en faisant parler un peu plus des problèmes des enfants et de l’enfance comme on peut le constater dans les médias.
Mais, cette journée ne doit pas être un alibi, un gadget ou une manière d’évacuer le problème les trois cent soixante quatre autres jours de l’année.
De même, comme pour la journée de la femme ou d’autres journées de ce type, c’est bien tous les jours, toute l’année, que l’on devrait célébrer les enfants et leurs droits.
Non pas parce que ceux-ci sont des dieux à vénérer comme l’affirment tous les adultes frustrés qui croient que les enfants sont des rois et sont respectés, si ce n’est dans le monde entier, en tout cas en France et qui, pour certains, ont oublié qu’ils ont été des enfants.
Mais parce que, si la condition de l’enfant est évidemment bien plus enviable dans les pays avancés, affirmer qu’il est respecté comme une vraie personne et qu’il n’est victime d’aucune violence, discrimination et condition de vie parfois indigne, est tout simplement un mensonge.
D’abord, tordons le cou à cette infâme idée que l’enfant serait un roi.
En réalité, dans notre société où pullulent les égocentristes égocentriques, l’enfant est mis par ceux-ci sur un piédestal uniquement parce qu’il est leur rejeton.
Car les rois ce sont eux et leur progéniture fait partie de la famille royale mais n’est pas du tout respectée comme des personnes.
Voilà qui est dit.
Maintenant, tous les jours nous apprenons que des enfants ont été violentés physiquement ou psychologiquement, assassinés, qu’ils vivent dans la rue ou dans des taudis, qu’ils ne sont pas scolarisés, qu’ils vivent dans un état de pauvreté indigne, etc.
Et tout cela, pas à des milliers de kilomètres mais, ici, en France.
Imaginons ce que c’est, ailleurs, où certains sont des esclaves (comme travailleurs ou comme objets sexuels), de la chair à canon ou des bombes humaines télécommandées (à ce sujet, il faudrait que les médias arrêtent de dire qu’ils se sont fait sauter dans un attentat-suicide alors qu’ils sont quasiment tous jetés au milieu de gens avec une bombe munie d’un minuteur ou télécommandée et qu’ils seront les premières victimes des monstres qui les ont obligés à la porter).
Imaginons dans quelles conditions exécrables ils vivent dans les pays pauvres où ils n’ont pas assez à manger, où ils ne peuvent pas étudier, où ils n’ont aucune perspective d’avenir.
Alors, au lieu de se raconter des histoires sur l’état de l’enfance en France (pays qui, rappelons-le, a été critiqué récemment sur nombre de points par l’UNICEF dans un rapport détaillé) et de croire que tout ne va pas si mal parce que des ONG tentent de palier au plus pressé, agissons.
Et pas seulement le jour de la journée internationale de l’enfant.
Comme le dit l’ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny et défenseur infatigable de la cause des enfants, Jean-Pierre Rosenczveig, dans son blog (lire ici l’entier article intitulé «20 novembre, jour des droits de l’enfant: une blague?), «on ne sent pas un appétit, on ne sent plus une dynamique sur le thème ‘droit des enfants’. On va commémorer quand il faudrait s’engager. On met le focus sur le seul dossier économique. Et on a tort: pour essentiel il ne suffit pas à rendre justice aux plus faibles ou à prendre en compte les plus fragiles.»
Et de s’interroger comme je l’ai fait ici voici quelques mois: «L’enfant est-il encore un objet explicite de politique publique? On peut en douter avec la disparition d’un ministère de l’enfance même associé à la famille. Qui sait aujourd’hui quel est le ministre en charge du dossier ‘droits des enfants’?»
Oui, monsieur Macron, s’occuper des enfants nécessite un ministère à part entière.
En tant qu’humanistes, les centristes doivent être au cœur de ce combat pour les droits de l’enfant mais, plus largement, pour le respect du aux enfants et à l’enfance parce qu’en protégeant, en accompagnant et en reconnaissant ceux-ci comme des personnes, il en va de ce que nous sommes, de cette part du divin qui est en nous et de ce que nous voulons bâtir sur cette planète pour nous, pour eux.


Actualités du Centre. Grèce – Naissance d’une alliance de centre-gauche

Stávros Theodorákis, leader de To Potoma (centre)
Le parti centriste To Potami (la Rivière) vient de s’allier avec la gauche social-démocrate du PASOK (Mouvement socialiste panhellénique), de Kinima Dimokraton Sosialiston (Mouvement démocratique socialiste) et de Dimokratiki Aristera (Gauche démocratique) qui font déjà partis d’une coalition, Dimokratiki Symparataxi (Harmonie démocratique).
To Potami a actuellement six députés à la chambre des députés (après la défection de trois d’entre eux et l’expulsion d’un autre) et a obtenu un peu plus de 4% des voix aux dernières élections de 2015.
Mais, dans les sondages, elle n’est créditée que de 1,5% des intentions de vote.
Avec cette alliance, la gauche social-libérale et social-démocrate espère bien retrouver de la crédibilité alors qu’elle est coincée entre l’extrême-gauche de Syriza (qui veut dire «radicalement» mais le nom véritable du parti est Synaspismós Rizospastikís Aristerás) et le centre-droit de Nea Dimokratia (Nouvelle démocratie).
Pour To Potami, s’allier avec la social-démocratie est une opportunité d’avoir une plus grande exposition politique.
Le Centre grec est représenté par deux partis, To Potami et Enosi Kentroon (Union des Centristes).
Cette dernière a sept députés après avoir obtenu un peu plus de 3% des voix lors des législatives de 2015
Actuellement au pouvoir jusqu’en 2019, sauf élection anticipées, Syriza serait battu par Nouvelle démocratie si un scrutin se déroulait aujourd’hui.


Actualités du Centre. Allemagne – L’improbable «coalition jamaïcaine» n’aura pas lieu

Angela Merkel
Après les élections législatives, l’Allemagne s’est retrouvée dans une situation politique difficile.
Si la CDU-CSU (qui regroupe des conservateurs et des centristes de centre-droit) a remporté le scrutin, elle a perdu nombre d’électeurs et de sièges ne lui permettant pas d’avoir, loin de là, une majorité.
En cause, notamment, la montée en puissance de la formation d’extrême-droite, AfD, qui avec 92 sièges s’est installée au Bundestag pour la première fois depuis la défaite d’Hitler…
Mais aussi la désaffection d’une autre partie de son électorat qui a profité à la formation libérale du FDP qui a fait son retour au même Bundestag.
Comme les sociaux-démocrates du SPD ont décidé de ne pas reconduire la coalition avec la chancelière sortante Angela Merkel (qui leur a été très néfaste, perdant électeurs et sièges), cette dernière a du entamer des discussions avec le FDP mais aussi avec le parti écologique (Grünen) afin de tenter de former une majorité parlementaire que l’on a baptisé «jamaïcaine» du fait des couleurs des différentes formations qui pourraient en faire partie et qui sont les mêmes que celles du drapeau de la Jamaïque...
Exercice périlleux car si Merkel est plutôt une conservatrice libérale proche du centre-droit, une grande partie de sa formation (surtout sa branche bavaroise, la CSU) est installée très à droite alors que les écologistes sont à gauche et que le FDP navigue entre positions centristes et positions très à droite.
Tellement périlleux que les négociations ont été rompues (définitivement?) hier soir sur un constat d’échec et que le FDP a décidé de se retirer des discussions.
Il faut dire que les divergences irréconciliables entre les libéraux et les verts semblent beaucoup plus nombreuses que leurs points d’accord.
Dès lors, de nouvelles élections devraient être organisées au début de 2018.
Si Angela Merkel devrait assurer les affaires courantes jusqu’à cette date, il est des plus probables qu’elle ne conduise pas ses troupes pour le prochain scrutin et sa carrière politique pourrait se terminer après douze ans de pouvoir sur une défaite et une sortie peu glorieuse.
Mais, pour l’instant, elle n’a pas encore jeté l’éponge.


L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Contre le relativisme démocratique (re)lisons Condorcet

Les adversaires de la démocratie républicaine répètent souvent que ce système, s’il peut marcher dans quelques pays (mais, ajoutent-ils, fort mal), est inapplicable dans la plupart des régions de la planète.
Ce relativisme par rapport à la liberté, à l’égalité et à la fraternité est repris par nombre de ceux qui défendent pourtant ce système.
Il est vrai qu’il y a souvent une différence de niveau.
Les premiers, à l’instar du dictateur chinois Xi Jinping et de l’autocrate russe Vladimir Poutine, affirment que ce système ne correspond pas à la «culture» de la majorité des pays alors que les seconds estiment que ces pays ne sont pas préparés à la démocratie du fait d’un retard de développement ou de blocages qui peuvent être culturels mais que cela ne remet pas en cause le fait qu’ils pourraient l’implémenter lorsqu’ils seront prêts.
Le problème est que cette échéance semble, à les entendre, très très lointaine pour ne pas dire reléguer aux calendes grecques…
Mais, pour un centriste, défenseur de la démocratie républicaine, s’il est vrai que certains pays n’ont pas encore les fondations nécessaires pour devenir des démocraties républicaines stables, aucune autre raison n’est justifiée.
Surtout, le seul objectif raisonnable et légitime est de faire de notre monde une vaste démocratie républicaine.
Car, si cette démocratie républicaine est le meilleur système, ce qu’il est, alors il doit pouvoir être appliqué partout.
Et il faut (re)lire Condorcet, ce grand révolutionnaire girondin et centriste, mathématicien renommé, réformiste et opposant à la peine de mort que les sbires de la Terreur firent emprisonner (sa mort suspecte dans une cellule n’a pas été élucidée).
Celui fait une démonstration brillante sur le sujet:
«Comme la vérité, la raison, la justice, les droits des hommes, l’intérêt de la propriété, de la liberté, de la sûreté, sont les mêmes partout, on ne voit pas pourquoi toutes les provinces d’un Etat, ou même tous les Etats, n’auraient pas les mêmes lois criminelles, les mêmes lois civiles, les mêmes lois de commerce, etc. Une bonne loi doit être bonne pour tous, comme une proposition vraie est vraie pour tous.»
 Et de poursuivre en critiquant le relativisme de Montesquieu:
«Lorsque les citoyens suivent les lois, qu’importe qu’ils suivent la même? Il importe qu’ils suivent de bonnes lois; et comme il est difficile que deux lois différentes soient également justes, également utiles, il importe encore qu’ils suivent la meilleure, il importe enfin qu’ils suivent la même, par la raison que c’est un moyen de plus d’établir de l’égalité entre les hommes. Quel rapport le cérémonial tartare ou chinois peut-il avoir avec les lois? Cet article semble annoncer que Montesquieu regardait la législation comme un jeu, où il est indifférent de suivre telle ou telle règle, pourvu qu’on suive la règle établie, quelle qu’elle puisse être. Mais cela n’est pas vrai, même des jeux. Leurs règles, qui paraissent arbitraires, sont fondées presque toutes sur des raisons que les joueurs sentent vaguement, et dont les mathématiciens, accoutumés au calcul des probabilités, sauraient rendre compte.»
Oui, avec Condorcet, il faut affirmer que si une loi est bonne, elle l’est pour tout le monde, partout et sans exception.
Si la liberté, l’égalité et la fraternité sont bonnes pour les êtres humains – et qui pourraient dire le contraire – alors c’est celles-ci qui doivent être le but poursuivi par tous les gouvernements de la planète.
Un petit rappel qui n’est pas inutile dans l’atmosphère actuelle où la défiance à la démocratie républicaine libérale semble être le plaisir de beaucoup de gouvernants et d’intellectuels.