lundi 24 décembre 2018

Vues du Centre. La démocratie américaine bientôt débarrassée de l’escarre purulente Trump?

Par Aris de Hesselin & Alexandre Vatimbella



Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.

Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. Ses propos sont les siens et non ceux du CREC.

Alexandre Vatimbella est directeur du CREC


Donald Trump
La tragédie grotesque et grossière, mettant en scène un personnage vulgaire et inculte entouré de toute une clique d’escrocs et de minables, que vit les Etats-Unis mais aussi le monde entier va peut-être enfin connaître un happy end avec le renvoi de l’olibrius qui s’est installé il y a maintenant deux ans à la Maison blanche.
Et il ne faut sans doute pas trop tarder tant le bonhomme est en train de prendre des décisions délirantes et dangereuses pour l’avenir de son pays et de la planète mais également pour éviter de devoir rendre des comptes devant la justice.
Déjà d’un équilibre psychique tanguant, les difficultés auxquelles il doit faire face tant judiciaires (le Washington Post a recensé 17 affaires dans lesquelles il pourrait être inculpé) que politiques (avec des oppositions de plus en plus frontales même au sein de sa propre formation, le Parti républicain) et médiatiques, n’ont certainement pas amélioré son instabilité chronique.
Mais il faut espérer qu’un sursaut de responsabilité rayonne dans toute la société américaine pour que le show de ce clown vraiment triste fasse rideau au plus vite.
Les investigations menées par Robert Mueller, le procureur spécial sur les interférences russes lors des élections présidentielles et législatives de novembre 2016, ont déjà conduit à la condamnation de plusieurs proches de Donald Trump et montrent, à l’évidence, qu’il a eu connaissance, voire même qu’il y ait participé ou donné l’ordre de les commettre, aux faits délictueux qui leurs sont reprochés.
D’autres enquêtes sur d’autres affaires, comme celle d’un des parquets de la ville de New York avancent au même rythme avec les mêmes constatations.
Faut-il rappeler pour montrer toute la saleté du personnage que sa «fondation» vientt d’être obligée de fermer ses portes parce que celle-ci servait avant tout à financer ses pots-de-vin, ses frasques et des politiciens pour les mettre dans sa poche mais que pratiquement rien n’a été versé pour les causes qu’elle était sensée défendre…
Aujourd’hui, une des thèses principales des rapports entre les Russes et Trump relate que les affaires de ce dernier connaissant de véritables problèmes, plus aucune banque américaine ne voulait lui prêter de l’argent.
Il a donc du se tourner vers la Deutsche Bank (banque allemande) qui a été condamné voici peu à une amende record pour avoir blanchi l’argent gagné frauduleusement par les oligarques milliardaires russes, alliés et soutiens de Vladimir Poutine…
D’où la forte possibilité que ce soit cet argent qui ait permis de renflouer les caisses des sociétés du promoteur newyorkais avec un évident moyen de pression que le pouvoir de Moscou peut avoir sur la personne du président des Etats-Unis…
La toute récente démission du secrétaire à la Défense, James Mattis – qui ne pouvait accepter les décisions de retirer les troupes américaines de Syrie et d’Afghanistan alors même que ce sont les autocrates Poutine, Erdogan et Assad mais aussi Daesh qui vont en profiter –, est particulièrement angoissante lorsque l’on sait qu’il était le dernier rempart face aux décisions aberrantes de Trump, notamment celles qui avantagent les ennemis de la démocratie républicaine et affaiblissent le camp occidental…
Alors, il ne reste plus à Trump que ses fantasmes et ses lubies comme le fameux mur avec la frontière du Mexique qu’il veut toujours construire alors que tous les spécialistes savent qu’il est totalement inutile.
Celui-ci a été la raison invoquée pour le dernier fait d’arme du populiste démagogue, c'est-à-dire le refus de signer le financement pour les prochains mois de toutes les administrations fédérales, provoquant leur «shutdown» (fermeture), tactique utilisée normalement par les opposants à la Maison blanche et non par son hôte et mis en œuvre plusieurs fois par le Parti républicain face à Bill Clinton et Barack Obama!
Mais il n’est sans doute pas au bout de ses tentatives de déstabilisation de tout l’appareil politique et administratif du pays puisqu’au-delà de ses limites intellectuelles et psychologiques ainsi que de son incompétence à gouverner, il poursuit un but de terre brûlée consistant à rendre impossible le gouvernement du pays, une stratégie de l’extrême-droite qui le soutient et l’influence tous les jours via certains médias dont la tristement célèbre Fox news.
Ainsi, sa décision de fermer les administrations a été prise après que des activistes dangereux, présentateurs de talk-shows populistes sur cette chaîne du magnat des médias, Rupert Murdoch, lui aient demandé de le faire!
Si les démocrates qui ont gagné les élections de mi-mandat en novembre dernier vont tenter, dès la prise de fonction du nouveau Congrès en janvier prochain, de contrecarrer sa présidence erratique et lancer des commissions d’enquêtes sur ses amis et sa famille, ses finances et les faits délictueux dont il est soupçonné d’être l’auteur, les républicains, eux, ont adopté un comportement indigne du courage et de la responsabilité politiques nécessaires pour être un élu digne de la confiance de leur mandat reçu du peuple.
Ils ne peuvent plus être dans le déni grotesque de la dangerosité du bonhomme mais ils ne peuvent le lâcher de peur d’être victimes de campagnes de haines et de diffamation cde la part des extrêmes et des radicaux de droite (dans lesquels on retrouve, entre autres, les racistes, les nazis et les antisémites), relayés par Trump lui-même.
Alors, la plupart font semblent d’adopter une position «centriste» qui est de critiquer Trump pour ses errements, tout en le soutenant pour ses «bonnes» actions (c'est-à-dire celles qui peuvent leur rapporter en termes électoraux…).
Il faut espérer pour le bien des Etats-Unis, donc du monde, donc de l’Europe, donc de la France, que l’ère de Donald Trump touche bientôt à sa fin en rappelant ici que, comme beaucoup d’autres, nous avons toujours dit ce qu’était véritablement ce personnage et que nous n’avons jamais dévié, à l’inverse de certains qui ont cru qu’il serait capable de raison et d’intelligence.

Aris de Hesselin
Alexandre Vatimbella