lundi 2 novembre 2020

Présidentielle USA 2020. Sondage quotidien USC Dornsife / J-1: Veille de vote et le centriste Biden à plus de 53% et 10,5 points d’avance


Voici les résultats au 2 novembre du sondage quotidien réalisé par USC Dornsife (le centre d’études politiques Dornsife de l’université de Californie du Sud) qui donnent le candidat démocrate et centriste, Joe Biden, toujours en tête de l’élection présidentielle américaine à la veille du scrutin (mardi 3 novembre).

Son avance est de 10,49 points sur le président républicain sortant, Donald Trump, auprès des personnes qui disent qu’elles iront certainement voter («likely voters»).

Un écart impossible à combler pour Donald Trump en si peu de temps.

 

► Moyenne de la semaine:

Joe Biden (démocrate): 53,29%

Donald Trump (républicain): 42,80%

Joe Biden en tête avec 10,49 points d’avance (-0,49 point par rapport au 1er novembre en incluant le correctif réalisé par USC Dornsife aujourd’hui)

(Le sondage quotidien USC Dornsife est constitué d’un panel d’environ 6 000 électeurs éligibles disséminés dans tout les Etats-Unis. Ensemble, ils constituent un échantillon représentatif de la population américaine. Chaque jour, environ 430 d'entre eux sont invités à répondre à quatre questions en ligne dans le sondage quotidien. Chaque jour juste après minuit, les chercheurs mettent à jour les résultats, qui sont basés sur une semaine de réponses.)

 

► Moyenne des agrégateurs de sondages:

Joe Biden +7,8 points (-0,2 point par rapport au 1er novembre)

● Principaux agrégateurs:
- Agrégateur FiveThirtyEight: Joe Biden +8,6 points (0,0 point par rapport au 1er novembre)
- Agrégateur RealClearPolitics: Joe Biden +7,2 points (-0,4 point par rapport au 1er novembre)

(La différence des résultats entre le sondage quotidien USC Dornsife et les agrégateurs de sondages RealClearPolitics et FiveThirtyEight tient à ce que ces derniers prennent en compte l’ensemble des sondages qui ne sont pas constitués uniquement de panels de «likely voters» mais aussi, simplement d’adultes ou de personnes habilitées à voter. La prise en compte uniquement des électeurs qui se disent certains d‘aller voter donne une meilleure qualité aux résultats.)

 

Nota:
On entend, dans plusieurs médias français, que l’écart entre Bident et Trump est en train de se réduire fortement.
Au-delà de certaines fluctuations quotidiennes, les résultats des enquêtes d’opinions sur la durée ne confirment absolument pas ces propos qui sont souvent tirés d’un sondage ici ou là qui est choisi exprès pour défendre une thèse.
Il ne s’agit pas de dire ici que les jeux sont faits ou que les résultats que nous publions ici sont la seule vérité mais qu’on ne peut pas tordre le cou à des chiffres globaux en ne publiant que ceux qui vous intéressent.
Bien entendu, nous ne sous estimons pas l’organisation particulière du scrutin qui permet à celui qui l’emporte d’une seule voix dans la plupart des Etats de remporter l’ensemble des grands électeurs de celui-ci et qui permit à Trump de rentrer à la Maison blanche voici quatre ans alors qu’il avait perdu le vote populaire.
Mais il est extrêmement difficile dans ce que l’on appelle les «swing states» et que l’on traduit souvent par «Etats pivots» – c'est-à-dire les Etats où le résultat est susceptible de revenir à l’un ou l’autre candidat de deux grands partis alors que dans les autres ne subsistent quasiment aucune inconnue sur le nom du vainqueur – de faire des sondages de grande précision avec des marges d’erreur qui sont parfois très importantes au vu de la volatilité extrême de l’électorat.
Cette situation est une constante dans le travail des instituts de sondages qui ont souvent été pris en défaut même les plus sérieux, vu qu’il ne faut qu’un déplacement infime de voix pour changer complètement le résultat du à la règle que nous avons énoncée plus haut du «winner takes all» («le vainqueur remporte tout la mise»).
C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de ne pas les publier et les commenter.
En revanche, une autre légende veut que les instituts se soient trompés dans le résultat de l’élection de 2016 ce qui est un mensonge.
A part quelques uns qui avaient prédit faussement que Trump remporterait l’élection avec une majorité des voix (et qui souvent s’en vantent aujourd’hui!), pratiquement tous avaient annoncé la victoire de Clinton et avec des chiffres assez précis, elle qui a obtenu près de trois millions de voix de plus que son adversaire.

 

 

Présidentielle USA 2020: Seule la Gauche peut faire perdre Biden et gagner Trump

Trump et Biden lors du premier débat

Il n’y a que la Gauche qui puisse faire battre le centriste Joe Biden et permettre au populiste Trump de se faire réélire pour quatre ans, un cauchemar pour tous les défenseurs de la démocratie républicaine.

A un jour de l’élection, pourtant, les jeux semblent faits, tout au moins en ce qui concerne le vote populaire tellement l’avance dans les sondages de Biden est importante.

Car reste l’inconnue des grands électeurs, ceux qui désigneront, au bout du compte, le prochain président.

Il s’agit de la possibilité pour Donald Trump, comme en 2016, de gagner alors même qu’il aurait des millions de voix en moins en remportant certains Etats de justesse et donc leur lot de grands électeurs faisant perdre le candidat démocrate actuel comme ce fut le cas pour Hillary Clinton.

Et, comme en 2016, il ne peut y parvenir que grâce aux électeurs de gauche, ceux-là même qui refusèrent de voter Clinton, ne se déplaçant pas le jour du scrutin, à la fois par une détestation viscérale du Centre et dans ce rapprochement abusif qu’un candidat centriste et un candidat réactionnaire et populiste comme Trump, c’est blanc bonnet et bonnet blanc.

Certains, même, votèrent pour Trump dans une confusion mentale des plus étonnantes que les propos des représentants de la gauche radicale ne cessaient de propager.

Car, la stratégie de tous les radicaux, qu’ils soient de Gauche ou de Droite est de préférer le pire, c'est-à-dire l’élection d’un extrémiste de l’autre camp à celle d’un représentant de la médéité politique.

Dans leurs croyances idéologiques irresponsables, in fine, ce pire doit ouvrir les yeux sur les méfaits de la démocratie libérale et permettre, sinon la Révolution, tout au moins la prise du pouvoir, en l’occurrence, du socialisme dans les urnes en éliminant tout ce qui pourrait être modéré, consensuel et équilibré.

S’il semble que cette gauche a enfin pris conscience de la dangerosité de Trump et de l’inanité de sa stratégie d’il y a quatre ans et qu’elle préfère en 2020 un «tout sauf Trump» à un «tout sauf le Centre», elle continue néanmoins à véhiculer un réquisitoire particulièrement agressif contre l’aile centriste du Parti démocrate.

Ainsi, selon ses tenants, Barack Obama fut un président faible, incapable d’affronter les conservateurs et dont la présidence est globalement négative, voire même une des raisons de la victoire de Trump.

Quant à Hillary Clinton, elle n’est que la représentante de l’élite mondialisée néolibérale et championne du capitalisme financier, une ennemie du peuple qui n’aurait pas gouverné différemment du populiste démagogue.

Le premier a «trahi» alors que la seconde, exécrée, ne devait surtout pas accéder à la Maison blanche en 2016, quitte faire à élire le diable dont certains à gauche disaient ouvertement à l’époque et sans rire qu’il était plus proche du peuple qu’elle...

Voilà comment la Gauche américaine et, en particulier, sa frange la plus radicale, a bâti une logorrhée abracadabrantesque pour rejeter sa responsabilité sur la situation politique présente, notamment l’élection de Trump sur ces traitres exécrés de centristes.

Une justification scélérate et indécente mais qui est toujours de mise.

En effet, Joe Biden a été accusé lors des primaires démocrates de tous les maux «obamesques» et «clintonienrs» de la part de l’aile gauche et des gauchistes qui ne sont pas membres du parti et qui, comme en 2016, étaient des soutiens, voire des fanatiques, de Bernie Sanders, le sénateur socialiste du Vermont et l’adversaire principal du centriste.

On se rappelle d’attaques d’une grande virulence venue notamment d’un petit cercle proche de la gauche radicale et dont l’égérie est Alexandria Ocasio-Cortez, la représentante démocrate de New York.

Pour autant, ce discours est nettement moins inaudible qu’en 2016 parce que les conséquences de la présidence trumpienne le rendent largement irresponsable et indécent aux yeux de tous ceux qui ont pâti de ces quatre ans de gouvernance erratique, notamment les plus démunis, qui ne sont plus prêts pour la plupart à remettre le couvert au populiste démagogue.

Mais les attaques et les intentions sont toujours là.

Et elles ressortiront que Biden gagne ou perde.

Elles peuvent même encore avoir un effet sur le vote d’ultras qui ne veulent faire aucune concession et qui, même s’ils sont peu nombreux le sont cependant assez pour faire basculer certains Etats au profit de Trump.

Dès lors, une chose est sûre: si Joe Biden perd, ce sera aussi et peut être même surtout la faute de la Gauche.

 

Alexandre Vatimbella