jeudi 12 janvier 2017

Présidentielle 2017. Sondage: Macron, 16 à 20%, Bayrou 5% et 6%

François Bayrou & Emmanuel Macron
La huitième vague du sondage BVA pour Orange et la presse régionale le confirme, l’espace central est bien devenu celui d’Emmanuel Macron, plus celui de François Bayrou.
Et les scores du Fondateur d’En marche lui permettent d’espérer être au second tour de la présidentielle alors que ceux du président du MoDem lui promettent une déculottée.
Ainsi, dans les quatre hypothèses retenues, selon le candidat du PS, Macron est entre 16% et 20% (toujours en deuxième position) tandis que Bayrou obtient 5% et 6% (toujours en sixième position) des intentions de vote.
Quant à Manuel Valls, il obtient 11% et se classe en cinquième position derrière Jean-Luc Mélenchon.
De leur côté, François Fillon est second dans toutes les hypothèses et Marine Le Pen première, confirmant ainsi les difficultés du candidat LR qui apparaît de plus en plus comme fragile et, surtout, le candidat de la droite radicale incapable d’être consensuel, notamment avec une partie importante de l’électorat centriste mais aussi de la droite modérée.
Les quatre hypothèses:
- Hypothèse Manuel Valls candidat du PS: Macron, 16%; Bayrou 5%; Valls 11%; Mélenchon, 13%; Fillon, 24%; Le Pen, 25%.
- Hypothèse Arnaud Montebourg candidat du PS: Macron, 20%; Bayrou 5%; Montebourg 6,5%; Mélenchon, 12,5%; Fillon, 24%; Le Pen, 25%.
- Hypothèse Benoit Hamon candidat du PS: Macron, 20%; Bayrou 6%; Hamon 6%; Mélenchon, 12,5%; Fillon, 24%; Le Pen, 26%.
- Hypothèse Vincent Peillon candidat du PS: Macron, 20%; Bayrou 6%; Peillon 5%; Mélenchon, 13%; Fillon, 24%; Le Pen, 26%.
Concernant les électeurs d’Emmanuel Macron, leurs trois principales priorités qui kes amènent à voter pour lui sont le chômage (à 90%), l’avenir de la sécurité sociale (à 88%) et la sécurité (à 86%).
A noter que l’institut BVA s’est lancé dans la quantification du «potentiel électoral» de chaque candidat.
Le potentiel «haut», c’est-à-dire celui où, en plus des électeurs certains de voter pour un candidat, celui obtient le vote de ceux qui sont «incertains» tout en bénéficiant de tout «son potentiel de ‘second choix’», donne 26% à Macron, 10% à Bayrou, 16% à Valls, 30% à Fillon et 28% à Le Pen.
Enfin, 77% des Français se disent intéressés par l’élection présidentielle et 76% «des Français inscrits sur les listes électorales ont l’intention certaine de voter au premier tour de l’élection présidentielle».
(Sondage BVA réalisé du 6 au 8 janvier 2017 par internet auprès d’un échantillon de 946 personnes âgées de plus de 18 ans et représentatives de la population française / méthode des quotas / marge d’erreur de 3 points)


Alexandre Vatimbella



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Actualités du Centre. De l’eau dans le gaz entre Fillon et l’UDI?

Jean-Christophe Lagarde & Hervé Morin
Lors de son premier meeting de 2017, le 11 janvier à Nice, François Fillon s’est cru obligé de remercier de manière assez ostentatoire l’UDI pour le soutien de ses dirigeants et de ses militants à sa candidature à la présidentielle après sa victoire aux primaires de LR.
Sans doute, ces remerciements étaient destinés à leur marquer un certain respect que les centristes ne constatent pas vraiment dans leurs relations avec le candidat et son équipe de campagne.

Ainsi, tant dans les discussions sur les législatives – où l’UDI demandent 80 circonscriptions là où LR ne lui en propose qu’entre 40 et 60 –, que dans le programme de Fillon – que l’UDI voudrait amender alors que le candidat de la Droite s’y refuse, allant jusqu’à réaffirmer qu’il n’était pas négociable, que sa radicalité était conforme aux défis que le pays devait relever et en ajoutant encore une dose de radicalité notamment en matière d’immigration –, les frictions existent.

Même si personne de sérieux ne croit que l’UDI pourrait réellement aller au clash tellement la formation centriste a besoin de se refaire une santé et compte pour cela sur les législatives afin de demeurer tout simplement un parti en évitant l’implosion mais aussi de pouvoir acquérir une crédibilité aux yeux des Français qui lui manque terriblement et dont elle a écorné le peu qu’elle possédait dans les affrontements lamentables et calamiteux entre Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin.

Cependant, les parlementaires UDI n’ont pas participé aux vœux du candidat Fillon, un boycott qui voulait exprimer leur mécontentement sur les investitures pour les législatives dont la liste devrait être définitive le 14 janvier prochain lors de sa ratification par le Conseil national de LR.


C’est en ce sens qu’il faut apprécier les déclarations de Jean-Christophe Lagarde qui a affirmé qu’«on ne peut pas dire qu'on ait la même dynamique qu'au lendemain de la primaire. Il ne faudrait pas en plus qu'on soit en panne d'union. On ne gagne pas une élection sans faire des additions.»
De même, Hervé Morin – qui se veut pourtant le premier et inconditionnel soutien de François Fillon – s’est un peu démarqué du programme de ce dernier dans une interview: «nous, au sein du parti ‘Les centristes’, nous disons que cette présidentielle et les législatives à venir vont être un moment essentiel et le combat va être rude. Dans ce contexte, l'UDI doit avoir des positions très claires. Et je crois qu'il y a moyen avec François Fillon d'approfondir des points importants. Sur l'Europe, sur la place des territoires, mais aussi sur l'enjeu majeur qu'est la souveraineté numérique européenne. De ce point de vue, l'Europe ne doit pas être une terre colonisée. Nous pouvons aussi amender le projet présidentiel sur une politique sociale juste, sur la culture, sur l'environnement, sur la réduction de la dépense publique, par exemple».

Manifestement, Fillon lui a répondu par un niet sans appel.

Et de poursuivre: «je suis autant que possible pour des accords avec Les républicains. Il n'échappe à personne qu'ils ont un potentiel plus important que le nôtre, mais on ne pourra pas gagner sans nous. Il en va de la diversité de la majorité. Pour conduire le pays, il faut un pilier centriste solide, loyal et fiable», sous-entendu, le parti de droite doit faire des efforts en direction de l’UDI.

Ce n’est évidemment pas une menace – Morin n’en a pas la capacité – mais un vœu fort et clair.

Sera-t-il exaucé, ça c’est une autre affaire…

On le voit, la confédération centriste aimerait bien exister autrement qu’en étant un trophée dans la vitrine des ralliements.

Mais cela ne serra guère facile d’autant que François Fillon va sans doute aller chercher à droite les voix dont il a besoin sachant que du côte de l’espace central, Emmanuel Macron est en train de les lui siphonner.