vendredi 6 octobre 2023

La quotidienne centriste du 6 octobre 2023. Le prix Nobel de la paix ne sert à rien mais louons son attribution à la journaliste Narges Mohamadi

Depuis que Liu Xiaobo le défenseur chinois des droits humains et prix Nobel de la paix en 2010 est mort dans les geôles du dictateur Xi Jinping en 2017, depuis qu’ Ales Bialiatski, le défenseur biélorusse des droits humains et prix Nobel de la paix en 2022 croupis dans les geôles du dictateur d’Alexandre Loukachenko, nous savons que cette distinction ne sert pas à grand-chose pour la protection de ses lauréats et pour leur capacité à continuer à mener leur combat.

Sans oublier le combat de Dmitri Mouratov, le défenseur russe de la liberté de la presse et prix Nobel de la paix en 2021 qui est sans cesse harcelé et agressé par le régime totalitaire de Poutine.

Et l’on peut craindre que ce soit exactement la même chose pour la journaliste iranienne Narges Mohamadi, également défenseuse des droits humains qui vient d’être distinguée par l’académie Nobel en cette année 2023 et emprisonnée actuellement dans les geôles des mollahs.

Au moins peut-on se dire que ces personnalités ont bien mérité d’être récompensées pour leur combat ce qui n’a pas toujours été le cas pour d’autres lauréats au cours des années.

De même, on peut se féliciter que le combat pour les droits humains mobilisent encore dans nos démocraties pourtant en proie à des attaques internes et externes.

Alors, même si l’on est obligé de faire le constat que cela ne changera pas grand-chose dans la marche du monde, ni même dans le pays d’origine de Narges Mohamadi où règne un des pires régimes de la planète, nous pouvons louer que ce prix lui soit décerné et que, pour quelques instants beaucoup trop court, l’Humanité apprenne qu’elle existe et quel est son combat essentiel.

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]

 

 

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Seules les cultures individuelles sont compatibles avec la démocratie, pas le communautarisme

L’échange des cultures est, non seulement, une très bonne chose mais une pratique de l’Humanité depuis qu’elle existe.

Et malgré les fantasmes des nationalistes et autres extrémistes de droite, nous sommes – au-delà même des mélanges sanguins de nos aïeuls – tous des individus cosmopolites qui, en xénophiles, puisons notre culture personnelle un peu partout, là où notre intérêt intellectuel, nos choix de vie et nos goûts, nos inclinaisons artistiques nous mènent.

Boire du café et manger des loukoums en écoutant de la musique marocaine tout en lisant un livre de Gabriel Garcia Marquez habillé d’un jean sur un futon, voilà un choix multiculturel parmi des milliards d’autres que tous les habitants de notre planète font quotidiennement.

Cela pourrait être, tout aussi bien, de manger des chouquettes et boire du thé en regardant un film australien en kimono tout et jetant un coup d’œil aux réseaux sociaux sur son mobile.

Nous pratiquons ainsi pour notre contentement un mélange des cultures qui font de chacun de nous des individus uniques possédant des cultures personnelles.

Et la somme de ces cultures personnelles font la culture mondiale d’une richesse incomparable et d’échanges foisonnant et fructueux.

Tout le contraire du multiculturalisme communautaire.

Défendu par les communautaristes et des mouvements souvent issus de l’extrême-gauche, il est, non seulement, néfaste mais dangereux parce qu’il se traduit systématiquement par une confrontation entre groupes ethniques, religieux, culturels ou autre.

De plus l’individu est souvent soumis ou mis sous pression afin qu’il respecte un ensemble de normes supposées propres à son groupe d’origine, voire à un contrôle de ses opinions, croyances et comportements.

Dès lors, on comprend bien que le seul multiculturalisme qui est réellement compatible avec les principes de la démocratie et les valeurs humanistes est celui qui permet un échange entre les cultures individuelles dans le respect de l’autre et qui n’est imposé par rien ni personne.

Constitué aujourd’hui de plus de huit milliards de cultures, il est enrichissant pour chaque individu mais aussi pour l’Humanité toute entière.

De plus il est universaliste car n’imposant nulle part et pour personne, une culture hégémonique et dominatrice.

Il respecte la dignité de chaque individu et son individualité propre, sa différence et ses choix.

Il représente parfaitement la devise républicaine: liberté, égalité, fraternité.