jeudi 24 septembre 2020

Vues du Centre. Covid19: ceux qui veulent sacrifier les vieux et les faibles n’ont qu’à le dire

Par Jean-François Borrou & Alexandre Vatimbella

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.
Alexandre Vatimbella est le directeur du CREC.

Beaucoup des mêmes qui reprochaient au gouvernement de ne pas agir pour empêcher la covid19 de se propager, pestent désormais contre le même gouvernement quand il prend des mesures pour qu’une seconde vague aussi forte que la première ne déferle pas sur le pays.

Voilà les indignés que notre époque mérite, sans doute.

Il est pathétique de les voir se contredire et trouver un moyen de critiquer le gouvernement parce que, le pire est évidement que, si ce dernier n’avait pas agi, ils lui seraient tombés dessus de la même manière…

Sans parler de ceux qui depuis le début, rebelles de pacotille, s’exhibent en défenseurs de la liberté (sic!) pour refuser toute contrainte pour éviter des morts, non pas comme un défi à la grande faucheuse mais tout simplement parce qu’ils font partie des populations qui ne sont pas à risques.

On a le courage que l’on peut!

Plus profondément, s’il y en a qui sont prêts à sacrifier les vieux et les faibles pour sauver l’économie, qu’ils le disent.

S’il y en a qui préfèrent aller s’enivrer dans les bars plutôt que de penser à la santé de leurs proches et de leurs voisins, qu’ils s’expriment clairement et non pas en cachant leur égoïsme et leur irrespect de l’autre par des envolées lyriques sur le sens de la vie.

Parce qu’il est une chose qu’ils veulent passer absolument sous silence pour apaiser ce qu’ils ont de conscience: les comportements que l’on doit adopter le sont pour sauver les autres et non pas soi-même le plus souvent puisqu’une énorme majorité de la population même si elle a la covid19 n’en souffrira que peu ou pas du tout.

Donc, c’est bien pour prendre soin des autres, ceux qui peuvent en mourir, qu’on leur demande de faire un effort, parfois très important pour certaines professions (dont on rappelle tout de même que le plan de relance prévoit de les indemniser et/ou de les aider).

Nous sommes donc bien dans une question existentielle, une vraie question philosophique.

Doit-on, en tant que communauté, protéger les plus vulnérables ou doit-on les sacrifier au nom d’intérêts qui seraient alors plus importants que des vies humaines.

Cette question ne date pas de l’épidémie mais traverse l’Histoire et le vécu de l’espèce humaine.

Dans certaines communautés, on laissait mourir les «vieux» qui n’avaient plus d’utilité sociale, voire qui étaient un poids pour la collectivité, ou on leur demandait de s’en aller pour mourir ailleurs parce qu’ils étaient un poids trop lourd pour la survie du groupe, notamment en matière alimentaire.

Nous n’en sommes évidemment pas là aujourd’hui pour ce qui est de la crise sanitaire même si elle a généré une crise économique et sociale.

De même, alors que nous acceptions la mort de nombre d’entre nous autrefois, celle-ci nous semble inacceptable depuis que l’on peut sauver ces vies.

Si les valeurs humanistes se fracassaient sur le réel, sur ce qu’étaient les conditions d’existence et nos connaissances scientifiques, ce n’est plus vrai dans bien des cas désormais.

Dans quelques jours, la covid19 aura fait un million de morts officiellement (et beaucoup plus dans la réalité) et a déjà tué plus de 200.000 personnes dans la première puissance de la planète, les Etats-Unis.

Nous pouvons toujours dire que c’est moins – pour l’instant – que la grippe espagnole, que la Première guerre mondiale et que la Deuxième, voire que les accidents de la route chaque année.

Mais ce n’est pas une excuse pour accepter toutes ces morts comme une fatalité parce que ce n’est pas le cas.

Ni de refuser de faire les efforts quand nous pouvons encore les faire.

Et être tout simplement des humains qui ont une dignité.

Nous en avons tellement manqué, tellement de fois que notre honneur serait d’en avoir cette fois ci en espérant que ce sera le début de quelque chose, on n’ose pas dire d’une nouvelle ère mais on ose l’espérer.

 

Jean-François Borrou & Alexandre Vatimbella

 

 

L’Humeur du Centriste. Le Haut-commissariat, l’Elysée de Bayrou?!

François Bayrou
Il est content et il parle, beaucoup.

François Bayrou semble réellement revivre politiquement depuis qu’il a été nommé haut-commissaire au plan par le Premier ministre (et il vient de recevoir sa lettre de mission du Président de république).

Des plateaux de télévision à la tribune du CESE (Conseil économique social et écologique), en passant par les studios de radio et les visio-conférences, il est partout.

Et n’a de cesse d’expliquer pourquoi il est content.

Et en quoi consiste sa fonction.

Et pourquoi elle si importante pour le pays.

Et de parler de tout ce dont il veut s’occuper.

Et de faire un état de la France.

Et de détailler les mesures qui devraient être prises.

Et d’imaginer la France de demain

Comme, voyons, ce que l’on a coutume d’appeler… un président de la république!

Parce qu’on a vraiment l’impression que faute de pouvoir être président, le voilà haut-commissaire et qu’il estime que ces deux fonctions sont en quelque sorte similaires.

Et ça tombe bien puisque sa mission concerne tous les domaines possibles et imaginables et que sa réflexion peut porter sur l’entière politique de la France.

Dans un gouvernement, sous la V° République, seuls le chef de l’Etat et son Premier ministre ont des attributions aussi vastes...

Et désormais Bayrou.

Même s’il n’a aucun pouvoir exécutif ce qui, dans un certain sens, est plutôt un énorme avantage pour son avenir politique.

Et s’il veut que son opinion compte, qu’à cela ne tienne, il aura la possibilité de faire avancer sa cause en utilisant les médias et en rappelant aux moments opportuns que, lui et son parti, sont désormais indispensables à son allié, Emmanuel Macron, celui qui est président, donc son égal, voire le petit jeune qu’il estime avoir aidé à être élu (et non celui qui les a sauvés, lui et son parti d’une disparition) et qui est aujourd’hui empêtré dans les humeurs et les vapeurs de ses troupes.

D’autant que le seul à qu’il doit rendre compte de son travail est ce même Macron, le vrai chef de l’Etat ce qui donc lui permet de lui parler d’égal à égal même s’il s’en défend.

Bien sûr, on pourrait penser qu’il n’aura pas l’outrecuidance de se penser comme tel vis-à-vis de celui qui a été choisi par le suffrage universel.

Cependant, le problème avec François Bayrou, c’est qu’il n’a pas l’habitude de se faire profil bas dès qu’il peut se mettre en avant, dès qu’il peut exister.

Et puis quelle formidable tribune pour ce qui reste la seule ambition du président du MoDem: l’Elysée!

Pour ceux qui pourraient douter qu’il n’a rien lâché à ce sujet, ne raconte-t-on pas que le centriste explique, soi-disant en plaisantant, à ses proches qu’il n’aura l’âge de Joe Biden – le candidat du parti démocrate et favori de l’élection présidentielle américaine – qu’en 2026 (les deux prochaines échéances présidentielles sont, en France, 2022 et 2027)…

Alors ce Haut-commissariat n’est peut-être pas son Elysée comme on le croit, juste sont antichambre.

C’est sans doute sa conviction.

Encore faut-il qu’il en convainque les Français.

Et, là, ce n’est pas gagné.

Centristement votre.

Le Centriste

 

 

Présidentielle USA 2020. Sondage quotidien USC Dornsife / 24 septembre:, Biden avec 9 points d’avance

Voici les résultats au 24 septembre du sondage quotidien réalisé par USC Dornsife (le centre d’études politiques Dornsife de l’université de Californie du Sud) qui donnent le candidat démocrate et centriste, Joe Biden, toujours en tête de l’élection présidentielle américaine du 3 novembre 2020.

Son avance est de 9,04 points sur le président républicain sortant, Donald Trump, auprès des personnes qui disent qu’elles iront certainement voter («likely voters»), un statu quo par rapport aux jours précédents.

A noter que le premier des trois débats qui opposeront les deux hommes se tiendra dans dix jours, le 29 septembre.

 

► Moyenne de la semaine de Joe Biden (démocrate): 51,21%

► Moyenne de la semaine de Donald Trump (républicain): 42,17%

► Joe Biden en tête avec 9,04 points d’avance (-0,25 point par rapport au 23 septembre)

(Le sondage quotidien USC Dornsife est constitué d’un panel d’environ 6 000 électeurs éligibles disséminés dans tout les Etats-Unis. Ensemble, ils constituent un échantillon représentatif de la population américaine. Chaque jour, environ 430 d'entre eux sont invités à répondre à quatre questions en ligne dans le sondage quotidien. Chaque jour juste après minuit, les chercheurs mettent à jour les résultats, qui sont basés sur une semaine de réponses)

 

► Moyenne des agrégateurs de sondages:

- Agrégateur FiveThirtyEight: Joe Biden +7,4 points (+0,5 point par rapport au 23 septembre)

- Agrégateur RealClearPolitics: Joe Biden +6,8 points (+0,3 point par rapport au 23 septembre)

(La différence des résultats entre le sondage quotidien USC Dornsife et les agrégateurs de sondages RealClearPolitics et FiveThirtyEight tient à ce que ces derniers prennent en compte l’ensemble des sondages qui ne sont pas constitués uniquement de panels de «likely voters» mais aussi, simplement d’adultes ou de personnes habilitées à voter. La prise en compte des électeurs qui se disent certains d‘aller voter donne une meilleure qualité aux résultats)