vendredi 14 octobre 2016

Présidentielle 2017. Macron se déclarera fin 2016-début 2017

Macron répondant aux questions de Bloomberg
S’il décide de se présenter à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron ne le dira que dans deux à trois mois selon ses déclarations à la chaîne américaine Bloomberg.
A la question de la journaliste qui l’interviewait, «mais vous voulez devenir président de la république française?», il a répondu, «je ne veux rien exclure».
Et à celle de savoir quand il annoncerait son choix: «Cette importante question interviendra à la fin de l’année, probablement en décembre ou en janvier», a-t-il ainsi affirmé.
«Ce que je souhaite pour le moment c’est de construire une vision, finaliser un projet» a-t-il expliqué en se targuant que son mouvement En marche avait 88.000 adhérents, «ce qui rivalise avec le Parti socialiste».
Son choix qui ne sera pas «un spectacle de l’égo» se fera donc après les résultats de la primaire LR (qui aura lieu les 20 et 27 novembre), mais avant, sans doute, la primaire de la gauche (22 et 29 janvier) ce qui signifie qu’il saura à ce moment là si Alain Juppé est le candidat de la Droite soutenu par une bonne partie du Centre alors qu’il ne semble pas s’intéresser plus que cela à celui qui représentera le PS...
C’est sans doute ce qu’il appelle être «en situation», c’est-à-dire être en position d’être un des acteurs principaux du scrutin.
Si le maire de Bordeaux n’était pas choisi, les chances de bien figurer et de se qualifier pour le second tour de la présidentielle, selon les sondages, seraient réelles ce qui, évidemment, serait un puissant moteur pour Macron de se présenter et de récupérer une grande partie de l’électorat centriste et de la droite modérée qui ne suivrait pas Nicolas Sarkozy ou peu un Fillon, un peu plus un Le Maire.
Il pourrait même trouver des soutiens dans les partis centristes, notamment à l’UDI où plusieurs leaders ont indiqué que leur ralliement à Juppé ne valait que pour lui et non pour tout candidat autre qui sortirait vainqueur de la primaire.
En attendant Emmanuel Macron va répétant que «les politiciens ne proposent plus aucune solution aux citoyens en rapport avec leurs problèmes quotidiens» et que ses principes politiques «vision et pragmatisme» sont au service de mesures «gagnant-gagnant».
Les amis de Macron, de leur côté et en entendant ces propos, sont persuadés de sa candidature, sans doute encouragés à le dire et le redire dans les médias par l’intéressé lui-même…

Alexandre Vatimbella



A lire aussi:


Présidentielle 2017. Laurent Hénart et le Parti radical choisissent Juppé par dépit

Jean-Louis Borloo & Laurent Hénart
Quand, il y a six ans, le Parti radical dont Jean-Louis Borloo était alors le président quitta l’UMP, c’était pour reconquérir son indépendance passée et être à même de peser directement sur la vie politique.
Lorsque Jean-Louis Borloo décida de créer l’UDI et de faire du Parti radical une des formations majeures de cette confédération centriste et de droite modérée, il voulait créer un pendant à l’UMP (devenue depuis LR).
Après son retrait de la vie politique, son fidèle lieutenant et successeur à la tête du parti, Laurent Hénart, s’inscrivit dans la démarche de Borloo et fut un ardent défenseur de l’indépendance de l’UDI.
Quoi de plus normal, d’ailleurs.
Les radicaux n’avaient pas quitté l’UMP pour se jeter dans les bras de LR.
C’est ainsi que Hénart fut le plus fervent avocat d’une candidature de l’UDI à la présidentielle, refusant que la formation centriste se range derrière LR ou participe même à la primaire pour désigner le candidat du parti de droite et poussant Jean-Christophe Lagarde à se déclarer.
Une fois qu’il sembla acter que l’UDI n’aurait pas de représentant à la présidentielle, le président du Parti radical milita pour une candidature de François Bayrou – mais celui-ci continua son allégeance à Alain Juppé – voire d’Emmanuel Macron dont il fut un des premiers au Centre à voir dans le leader d’En marche, un allié évident.
Mais la politique est ce qu’elle est et le Parti radical n’est plus un parti dominant depuis bien longtemps.
Devant toutes les opportunités qui se fermaient les unes après les autres, Laurent Hénart et ses troupes ont donc décidé, la mort dans l’âme, de soutenir Alain Juppé, se satellisant à nouveau vis-à-vis du parti de droite après avoir voulu voler de leurs propres ailes.
Réfutant, lors d’une interview au Figaro, l’idée d’avoir choisi le camp de la victoire après avoir attendu qu’il se dessine plus sûrement dans les sondages au profit de Juppé, Laurent Hénart a justifié le soutien de «90% du Parti radical» par la proximité des visions politiques avec l’ancien premier ministre de Jacques Chirac.
Selon lui, c’est un choix d’adhésion pour tourner la page Hollande et Juppé est le mieux placé pour rassembler les Français.
Si «le centre de gravité de la nouvelle majorité doit être composé de la Droite et du Centre», il considère «qu’il faudra recomposer le paysage politique» en intégrant dans la nouvelle majorité après la présidentielle le Mouvement démocrate et les Radicaux de gauche ainsi que des personnalités comme Emmanuel Macron et d’autres membres du PS.
De même, «la mission du Parti radical sera d’élargir l’UDI».
«La majorité de demain doit être beaucoup plus large que l’opposition d’aujourd’hui» estime-t-il, notamment pour faire barrage au FN, faire les réformes nécessaires et «mettre la république à l’heure du XXI° siècle».
Revenant sur Emmanuel Macron, il ne partage pas les critiques de Jean-Christophe Lagarde à l’encontre de l’ancien ministre de l’Economie, parlant d’une «présidentielle qui hystérise tout le monde» et ce dernier reste pour lui «quelqu’un avec qui l’on peut travailler» même s’il ne semble plus une option pour la présidentielle.
Quoique.
Car Laurent Hénart est catégorique: «si Juppé ne gagne pas la primaire, le Parti radical restera libre de son choix».

Alexandre Vatimbella



A lire aussi:



L’Humeur du Centriste. Flip-flop Lagarde retombe dans ses errements

Alain Juppé & Jean-Christophe Lagarde
Il voulait «dialoguer» avec Emmanuel Macron afin de construire une nouvelle majorité pour 2017, le voilà qui l’invite maintenant au micro de RTL, à rejoindre sans dialogue cette nouvelle majorité lorsqu’Alain Juppé aura gagné la présidentielle en le critiquant, a priori, de refuser de le faire alors que l’intéressé n’a absolument rien dit à ce sujet!
Jean-Christophe Lagarde retombe une nouvelle fois dans ses errements où après avoir dit une chose, il dit son contraire sans aucune gêne et avec une certaine agressivité.
Reprenons.
Après avoir affirmé qu’il voulait un candidat UDI à la présidentielle – c’était d’ailleurs sa promesse phare de sa campagne pour l’élection à la présidence de l’UDI qu’il remporta en grande partie à cause de celle-ci –, il n’a même pas essayé d’y parvenir, essayant de négocier en vain son soutien et son ralliement à LR par un accord électoral pour les législatives de 2017.
Et on se rappelle que Lagarde avait conclu auparavant un accord très généreux pur l’UDI avec Nicolas Sarkozy pour les régionales et les départementales.
Il pensait que ce serait une simple formalité.
Mais ses appels du pied ne menèrent à rien.
Vexé par ce refus de tous les candidats potentiels à la primaire de discuter du sujet, il menaça de présenter son propre candidat à la présidentielle, en l’occurrence lui-même, et dénia à la primaire qu’il qualifiait d’interne à LR d’avoir une quelconque influence sur la position de l’UDI à la présidentielle.
Il déclara alors qu’il ne soutiendrait personne pour la primaire et qu’il voulait parler avec Emmanuel Macron en vue d’un éventuel rapprochement, voire d’une alliance.
Jusqu’à sa prise de position en faveur d’Alain Juppé – face à un Sarkozy dont il était un des porte-paroles pour la présidentielle de 2012 –  dans une primaire qu’il qualifie désormais «de la Droite et du Centre».
Et voilà que le leader d’En marche est redevenu un adversaire politique.
Sans doute qu’il estime qu’il est un fin stratège et qu’il a obtenu auprès du maire de Bordeaux des garanties pour des circonscriptions gagnables en nombre suffisant pour les législatives et des places de choix dans le gouvernement du président Juppé.
Exit donc l’indépendance de l’UDI qui lui était si chère hier.
En réalité, tout cela le fait apparaitre comme un politicien à la remorque de celui qui voudra bien le faire exister et lui promettre quelques miettes par de vagues promesses.
En l’occurrence Juppé.
Toujours au cours de son intervention sur RTL, Jean-Christophe Lagarde a refusé de répondre à la question de savoir s’il soutiendrait le candidat LR qui sera choisi au cas où il ne s’agirait pas d’Alain Juppé, notamment si celui-ci s’appelle Nicolas Sarkozy.
Et «sans vouloir faire parler Borloo à sa place», il affirme qu’il partage la même vision que le fondateur et ancien président de l’UDI, donc que celui-ci soutiendra Juppé.
On saura bientôt s’il «parle vraiment avec lui sans le faire parler» comme il l’affirme.
Parce que croire ce que dit Flip-flop Lagarde devient de plus en plus compliqué…

Centristement votre

Le Centriste