mercredi 14 septembre 2016

Présidentielle 2017. Juppé recadre une nouvelle fois Bayrou

François Bayrou et Alain Juppé
Alain Juppé est content que François Bayrou le soutienne.
Mais ce soutien du leader centriste doit demeurer dans un certain cadre et ne pas dépasser certaines limites.
On se rappelle ainsi des réactions agacées de Juppé lorsque Bayrou avait indiqué qu’il voulait «centriser» la campagne du maire de Bordeaux.
Ce dernier avait rappelé sèchement qu’il n’était pas centriste mais de droite.
Quant à ses lieutenants, dont Hervé Gaymard, ils avaient eu des paroles assez féroces sur le président du MoDem.
Et à périodes répétées, la campagne de Juppé se distance de ce soutien parfois un peu embarrassant.
C’est ce qui vient de se produire avec les propos du candidat à la primaire de LR face aux critiques particulièrement fortes de Bayrou sur Nicolas Sarkozy et son intention même plus voilée de se présenter à la présidentielle si l’ancien président de la république est le représentant de la Droite.
Ainsi, au micro de RTL, Juppé a indiqué qu’il respecterait les résultats de la primaire si celle-ci se déroulaient de manière «transparentes».
Et d’ajouter en direction de son «ami» Bayrou: «Si pour rassembler la France on commence par excommunier tel ou tel, on est mal barré. (…) Je ne fais pas une campagne de revanche et de vengeance».
Car le soutien de Bayrou, s’il est intéressant est également problématique pour Juppé.
D’abord parce que le président du MoDem n’est pas bien vu par une partie importante de l’électorat LR notamment parce qu’il a fait voter pour Hollande en 2012 contre Sarkozy.
Mais aussi parce qu’il s’est montré très critique envers l’UMP et LR ces quinze dernières années avec des propos et des actes qui ne lui sont pas pardonnés.
Ensuite et surtout parce que les ambitions de Bayrou sont totalement contradictoires avec le type de campagne que doit désormais mener Juppé pour remporter la primaire alors que, dans le même temps, Sarkozy a comblé une partie de son retard dans les sondages.
Les velléités du centriste de se présenter ne sont un mystère pour personne et évidemment pas pour Juppé.
Or, pour donner de la consistance à une possible candidature, Bayrou doit multiplier les apparitions et les déclarations afin de donner une identité originale à une future campagne.
Il doit donc se démarquer le plus possible de la primaire de LR et poser ses propres idées publiquement.
Même si celles-ci sont souvent proches de celles de Juppé, elles ne le sont pas toujours, ce qui est déjà source de conflit entre les deux hommes.
Néanmoins, la pierre d’achoppement principale c’est que pour crédibiliser une possible candidature, Bayrou doit s’en prendre à Sarkozy (et à Hollande).
Or, les propos très virulents de Bayrou sur Sarkozy n’arrangent évidemment pas les affaires de Juppé qui doit absolument jouer le jeu de l’union de LR, là où se trouvera essentiellement ses électeurs lors de la primaire (même si les centristes feront la différence) et lors de la présidentielle.
Aller à ces deux scrutins avec un allié qui n’arrête pas de semer la désunion dans les rangs de son parti au risque de provoquer des polémiques mortifères pour sa candidature n’est pas jouable pour Juppé.
D’où les recadrages opérés et les distances prises vis-à-vis de Bayrou et qui pourraient se multiplier dans les semaines qui viennent.
Cela ira-t-il jusqu’au clash?
Sans doute pas parce que Juppé a besoin de Bayrou mais Bayrou a également besoin de Juppé pour leurs ambitions respectives.

Alexandre Vatimbella



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