Voici une sélection, ce 18 février 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> Compagnon de Martin Luther King, Jesse Jackson, promoteur infatigable des
droits civiques, n’a cessé de défendre la paix, la justice et la fraternité. Il
a partagé les valeurs des Lumières universelles au cœur de notre projet
républicain. Sa disparition est une perte immense.
> Inde et France, nous décidons d’élever notre partenariat stratégique au rang de partenariat stratégique global spécial. En diplomatie, cela veut dire beaucoup.
> Au Taj Mahal Palace de Mumbai, nous avons rendu hommage aux victimes des attentats de 2008. À leurs familles, à leurs proches, à l’Inde : la France est à vos côtés. Face au terrorisme, unité et détermination.
> [Déclaration lors
de sa rencontre avec Narendra Modi] (…)
La relation franco-indienne, vous venez de le rappeler,
Monsieur le Premier ministre, est dans une phase d'accélération remarquable, et
ce, en réponse à la mutation de l'ordre international.
Comme nos discussions aujourd'hui l'ont montré, nous allons poursuivre cela
tout au long de la journée et dans les jours qui suivent, cette relation,
marquée par la confiance, l'ouverture, l'ambition, a décidé d'élever encore
d'un cran la structuration, et nous avons opté pour un partenariat stratégique
spécial mondial, ce qui donne une nouvelle coloration et des ambitions
nouvelles au lien entre l'Inde et la France.
Cela part d'abord d'un constat commun et d'une volonté commune que nous portons
depuis 8 années et qui n'ont été que, année après année, je veux dire
malheureusement, confirmés par les événements, que nous croyons dans une
troisième voie, un Indo-Pacifique libre et ouvert, la coopération en matière de
technologie, de défense, de commerce, et la volonté de ne subir aucune forme
d'hégémonie. Nous croyons dans l'État de droit, nous croyons dans la
prévisibilité, nous croyons dans le multilatéralisme efficace, et nous l'avons
ensemble, ces dernières années, démontré avec des initiatives très concrètes,
comme l'IMEC qui a été lancée et dont nous partageons le secrétariat lors de
votre G20. Évidemment, la gouvernance de l'intelligence artificielle, avec
cette année ce sommet que vous accueillez, et je n'oublie pas l'Alliance
solaire internationale que nous avons portée ensemble il y a 8 ans.
Cette confiance est le socle de notre coopération, et si je reviens aux sujets
bilatéraux, nous souhaitons en effet avancer encore davantage. Nous avons
décidé d'ambitions nouvelles, pour nos étudiants, pour nos entreprises, et en
particulier nos start-ups et nos PME, pour notre commerce bilatéral. La
France s'enorgueillit d'être un partenaire de confiance qui a trouvé sa place
dans le programme Make in India, pour lequel nous et nos industriels
sommes prêts à offrir des formes de coopération inédites. C'est le sens de la
coopération que nous avons, en matière de défense en particulier. Je dois
convoquer ici les Rafales, comme les sous-marins, les nombreux projets que nous
lançons ensemble, tels que la chaîne d'assemblage finale que Tata met en place
pour les hélicoptères et Airbus H125 à Bangalore, et nous venons à l'instant
d'en inaugurer les capacités, le moteur du futur avion de combat, AMCA, de 5ᵉ
génération, la production de l'arme air-sol de précision HAMMER en Inde, etc., etc. Nous sommes des partenaires de confiance
du Make in India qui savons échanger sur les meilleures technologies
et aussi donner toute sa place à la création d'emplois dans votre pays, comme
vous l'avez souhaité.
L'importance qu'accordent nos deux pays au concept d'autonomie stratégique,
pilier de nos souverainetés respectives, sous-tend l'approfondissement de notre
coopération dans tous ces domaines. La défense, vous venez de l'évoquer, je
viens de le rappeler, je voudrais aussi citer quelques-uns des autres segments
de cette relation et de la même vision que nous avons. Le spatial, où l'Inde a
fait des prouesses et où nous avons, depuis plusieurs années, une relation
extrêmement forte. J'ai invité, évidemment, l'Inde et à la fois le Premier
ministre et l'ensemble des représentants de la filière au sommet que la France
tiendra en juillet prochain en la matière.
L'énergie nucléaire civile. Nous avons des projets comme celui de Jaitapur qui
sont ô combien importants pour nous et nous verrons les partenaires privés qui
ont été désignés comme pertinents pour pouvoir faire avancer ce projet. Les
métaux et minerais critiques, nous allons signer, là aussi, une feuille de
route commune. L'Inde et la France ont la même vision sur ce sujet, celle qui
consiste, là aussi, à ne subir aucune forme d'hégémonie et à ne pas tomber dans
la conflictualité de quelques-uns, mais d'avoir une approche partenariale
ouverte et lucide. Évidemment, l'aéronautique est un domaine clé de cette
relation, comme les transports ferroviaires et en particulier les trains à
grande vitesse, où la France a commencé et souhaite être plus encore un
partenaire de confiance dans la durée.
La confiance a été au cœur des discussions que nous venons d'avoir avec
Monsieur le Premier ministre. Conversation franche, opérationnelle, ambitieuse,
qui s'inscrit dans celle que nous bâtissons et que nous avons bâtie toutes ces
dernières années et qui, au fond, repose sur l'ambition que nous voulons
nourrir, je l'ai dit : l'augmentation substantielle de notre commerce, la
volonté d'avoir encore plus d'échanges et de transferts de technologies. Et
dans quelques instants, nous allons lancer conjointement avec le Premier
ministre l'année franco-indienne de l'innovation, le réseau franco-indien de
l'innovation, une plateforme numérique unique pensée pour connecter nos
entreprises, nos start-ups, nos investisseurs, nos universités et nos
centres de R&D. C'est là une avancée importante qui correspond à l'esprit
que nous portons l'un et l'autre dans les domaines clés qui ont été identifiés
par nos ministères.
Une autre initiative majeure sera le Centre franco-indien pour l'intelligence
artificielle en santé. Je serai demain aux côtés des équipes à New Delhi avec
la Sorbonne Université, l’AIIMS, l'hôpital le plus prestigieux de l’Inde, et
notre ambition est de placer l'innovation au cœur de cette relation bilatérale
en structurant notre partenariat plus étroitement autour de cet impératif pour
la croissance de nos économies ainsi que pour le dynamisme de nos sociétés.
L'innovation toujours, la rupture technologique, et c'est cette vision qui est
développée plus en détail dans la feuille de route « Horizon 2047 »,
que nous avons annoncée ensemble en 2023 à Paris, à l'occasion du 25ᵉ
anniversaire de notre partenariat stratégique. Elle définit les grands objectifs
vers lesquels nous tendons pour renforcer notre relation bilatérale,
structurante, et nous avons placé la recherche, la technologie, l'enseignement
supérieur, la mobilité étudiante et scientifique au cœur de notre partenariat.
C'est d'ailleurs dans cet esprit que se tiendront demain à Delhi les rencontres
universitaires et scientifiques de haut niveau, RUSH, sur l'avenir de la
coopération franco-indienne, événement majeur réunissant plus de 200
institutions françaises et indiennes, et nous gardons le cap de ce triplement
au nombre d'étudiants indiens que nous voulons voir en France. Ces dernières
années, nous avons été trop lents. C'est notre responsabilité commune, sans
doute en fléchant insuffisamment dans certaines institutions la France comme
destination, et en étant, de notre côté, pas assez simples et pragmatiques sur
les visas accordés aux étudiants. Et donc, nous avons bien identifié les sujets
auxquels nous allons remédier. Je veux ici redire l'importance de cette ambition.
Il ne faut pas lâcher.
De la même manière, nous souhaitons simplifier la vie des projets, le Premier
ministre l'a évoqué, avec l'accord fiscal de non-double imposition, avec aussi
la décision que nous avons prise de lever les visas de transit dans nos
aéroports pour faire de la France un hub de transit dans les connexions longue
distance.
C'est également dans cet esprit que je rencontrerai demain à l’Institut
français en Inde les nouveaux Passeurs de culture qui développent les échanges
artistiques et renforcent nos liens dans l'industrie culturelle et créative qui
est importante pour nous deux. L'Inde et la France sont deux nations qui ont
beaucoup à raconter au monde, à dire, à partager. Nous nous respectons, nous
nous admirons. L'illumination spectaculaire de La Porte de l'Inde ce soir sera
aussi un symbole de cette célébration des arts et de la culture. J'étais tout à
l'heure avec des acteurs, réalisateurs, producteurs et productrices indiens, et
j'ai pu voir l'importance de ce lien. Et donc, nous allons régler les
difficultés qui ont pu apparaître dans un temps plus récent pour favoriser nos
coproductions. Et nous avons décidé de donner une ambition nouvelle, là aussi,
en matière d'industrie culturelle et créative, avec des projets très concrets
qui seront détaillés demain et que nous porterons dans les prochains mois.
Cet agenda bilatéral est au service de ce multilatéralisme efficace auquel je
crois, de la vision que nous portons. C'est celle qui préside à nos choix dans
la région, celle d’une stratégie indopacifique ouverte, respectueuse, c'est
aussi ce qui correspond à une vision commune en matière de commerce. Nous
croyons dans le commerce international. Nous récusons les méthodes de
coercition. Et c'est pourquoi l'accord de libre-échange entre l'Inde et l'Union
européenne est une étape importante que soutient fortement la France et sur
laquelle nous souhaitons continuer d'avancer. De la même manière, c'est cette
même vision du multilatéralisme efficace qui porte notre ambition commune en
matière d'intelligence artificielle. Vous étiez là l'année dernière, je serai à
vos côtés demain, et nous souhaitons évidemment avoir un agenda qui soutient
l'innovation, qui permet à nos pays d'être dans la compétition internationale,
celle des datacenters, des capacités de calcul, celle, évidemment, des
modèles de langage, mais plus largement de l'innovation et de la diffusion de
ces innovations dans tous les segments de l'industrie.
Je veux, à cet égard, dire combien nous portons ensemble la même volonté
d'avoir une intelligence artificielle respectueuse du multilinguisme. C'est
l'ambition que nous portons aussi pour la francophonie, que vous portez pour
l'hindou, et qui consiste à avoir une IA qui correspond à, justement, notre
monde, pluriel, et combien nous partageons ensemble la nécessité de mieux
réguler l'intelligence artificielle et les réseaux sociaux, qu'il s'agisse des
algorithmes que nous voulons voir plus transparents ou qu'il s'agisse de la
protection de nos enfances.
Enfin, ce multilatéralisme, c'est celui que nous voulons aussi dans les grands
conflits. Nous devons agir pour mettre fin à la guerre d'agression menée par la
Russie et établir une paix juste et durable, conformément aux principes de la
Charte des Nations unies. Comme le cessez-le-feu reste, et je le déplore,
difficile à obtenir, nous pourrions unir nos efforts pour soutenir la mise en
place d'un moratoire immédiat et durable sur les frappes contre les civils, les
infrastructures civiles, qui sont un objectif de court terme salutaire,
indispensable en la matière. Et de la même manière, nous souhaitons aussi
multiplier les initiatives communes pour lutter contre le terrorisme, assécher
son financement et dénoncer tous les groupes terroristes qui nous ont fait
souffrir les uns et les autres durant ces dernières années.
Cette année 2026 est une année d'accélération de notre partenariat, de
concrétisation de beaucoup de cet agenda. C'est aussi l'année durant laquelle,
monsieur le Premier ministre, vous présidez le groupe des BRICS et la France
préside le groupe du G7. C'est dans ce sens que j'ai invité le Premier ministre
Modi, comme invité tout à fait particulier du sommet du G7 à Évian, c'est aussi
dans cet esprit que nous avons la volonté de bâtir des convergences quelques
semaines avant ce sommet du G7 par
une réunion ad hoc qui nous permettra d'essayer d'établir des
convergences concrètes sur l'agenda international, le règlement des grands
déséquilibres avant Évian. Et c'est aussi à cette fin que nous avons décidé
ensemble de pouvoir avoir, dans le cadre d'un segment bilatéral qu'effectuera
le Premier ministre, un moment pour l'innovation, nos jeunesses, associant la
jeunesse indienne des meilleures universités et centres de recherche, nos
jeunesses, en France, européennes et celles du G7, pour pouvoir continuer,
justement, de mobiliser au service de l'innovation et du règlement des grands
problèmes qui sont les nôtres.
Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je souhaitais dire en complément du
Premier ministre : la confiance, l'ambition, le redoublement de nos
actions communes. Au fond, le partenariat entre l'Inde et la France est un
partenariat stable, prévisible, au service de nos deux peuples, qui a apporté
beaucoup de résultats ces dernières années, mais que nous voulons rendre encore
plus efficace, en particulier en matière de recherche, d'échanges entre nos
étudiants et de commerce. Mais c'est aussi un partenariat qui, lorsqu'il
propose au reste du monde des choses concrètes, qu'il s'agisse du solaire, des
grandes infrastructures de connectivité, ou de l'intelligence artificielle, a
su avoir des résultats extrêmement concrets. C'est dans cet esprit que nous
voulons continuer à avancer avec le Premier ministre, et c'est aussi dans cet
esprit qu'au-delà des partenariats bilatéraux, nous allons avancer dans le
cadre de nos présidences communes pour faire converger le G7 et les pays du
BRICS, mais aussi pour faire converger nos vues communes sur les grands sujets
que je viens d'évoquer.
> [Extraits du discours
à l’occasion du lancement de l'année franco-indienne de l'innovation]
(…) L'innovation est un moteur de notre
croissance économique. Comme l'a souligné le prix Nobel français Philippe
Aghion : « L'innovation est aussi ce qui nous permet de relever les grands
défis de notre époque, du changement climatique aux inégalités. » C'est
pourquoi nous avons créé le plan France 2030, qui prévoit d'investir plus de 50
milliards d'euros dans les secteurs d'avenir, créant ainsi des milliers de
projets et près de 200 000 emplois. Je suis très fier d'accueillir ici une
délégation française exceptionnelle, représentative de tous les secteurs
possibles : transports, activités portuaires, ciment, intelligence
artificielle… Tous les secteurs, énergie, infrastructures, sont représentés,
avec de nombreux acteurs innovants. Mais l'innovation est d'autant plus forte
qu'elle est partagée. L'Inde le sait mieux que quiconque. Lors de la pandémie
de covid19 en 2021, elle a mené la
plus grande campagne de vaccination de l'histoire, administrant 25 millions de
doses en une seule journée et atteignant le milliard de doses en seulement neuf
mois. Fidèle à cette philosophie, l'Inde a créé CoWIN, une plateforme numérique
open source, et l'a mise à disposition de 142 pays pour qu'ils puissent faire
de même. (…)
Lutter contre le changement climatique
implique aussi de transformer notre façon de produire de l'énergie. La France
soutient l'ambition de l'Inde d'élargir son accès à une énergie décarbonée
grâce aux grandes centrales nucléaires et aux petits réacteurs modulaires.
Cette année, nous développerons plusieurs projets majeurs dans ce domaine. Nous
avons lancé ensemble, il y a huit ans, l'Initiative Alliance Solaire, qui
fonctionne d'ailleurs très bien. Nous avons de nombreuses initiatives
nucléaires civiles en Inde. Cette année, avec Airbus, nous développerons un
démonstrateur pour la production de carburant d'aviation durable, contribuant
ainsi à accélérer la décarbonation du transport aérien en Inde. Je pourrais
citer bien d'autres initiatives de ce type pour illustrer la force et la
profondeur de ce partenariat.
Notre partenariat est également guidé par
une conviction commune : l'innovation ne se limite pas aux grandes avancées
technologiques, mais concerne aussi le bien commun, l'amélioration du
quotidien, la rendant plus saine et plus sûre. C'est l'ambition qui sous-tend
des initiatives telles que le projet « De la ferme à l'assiette », mené par
l'Institut français de Pondichéry en partenariat avec le Groupe Vilavi. Ce
projet permettra de suivre les produits agricoles à chaque étape, d'en garantir
la qualité et de protéger les consommateurs.
Permettez-moi également de souligner que
l'innovation exige d'investir dans l'éducation et la formation de nos
populations. Si j'évoque le bien commun, le lancement du Campus franco-indien
d'aéronautique représente une formidable opportunité pour nos pays de
développer une expertise unique. Ce campus repose lui aussi sur un partenariat
très solide en matière d'éducation et de recherche. Alors que nous célébrons le
40e anniversaire du Centre franco-indien pour la promotion de la recherche
avancée, je crois que nous avons également une précieuse occasion d'approfondir
nos liens scientifiques et universitaires. (…)
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche] La
Présidente du groupe LFI affirmait aujourd’hui qu’«aucun insoumis n’est
impliqué de près ou de loin dans ces violences ». Ce soir, un assistant
parlementaire d’un Député LFI a été interpellé. Sans présager de la suite de
l’enquête et attenter à la présomption d’innocence, je redis que oui, le ménage
doit être fait dans vos rangs. Et vite.
> [Lynchage d’un militant
d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche/ Intervention à l’Assemblée] Comme
l’a fait le garde des sceaux, ministre de la justice, à l’instant, et en
s’associant à l’hommage que la présidente de l’Assemblée nationale a rendu au
nom de la représentation nationale, le gouvernement de la République dit toute
sa solidarité et toute sa compassion à la famille du jeune Quentin et lui
présente ses condoléances. C’est un drame absolument épouvantable, les images
sont insoutenables. Ce qui s’est passé ne doit pas rester impuni.
La première chose à faire, le garde des sceaux vient de le dire, c’est de
s’assurer que la vérité judiciaire passe sans aucune pression sur les
enquêteurs ni sur l’autorité judiciaire. Le gouvernement dit toute sa
confiance dans les institutions pour que la vérité des faits soit établie et
que les responsabilités soient engagées.
La deuxième exigence porte précisément sur les responsabilités. Je vois bien
qu’il y a une tentation de nier la responsabilité individuelle. Or dans notre
société, chaque individu est responsable individuellement de ses actes. Et
je ne veux pas qu’on fasse évoluer le centre de gravité de cette
responsabilité, comme je commence à le voir dans la presse depuis quarante-huit
heures, où on peut lire que ce serait la responsabilité du corps préfectoral et
de la police de Lyon qui aurait manqué à sa mission, en n’assurant pas la
sécurité aux abords de Sciences Po Lyon. Les responsables sont celles et ceux
qui commettent des actes de violence. Il ne faut pas inverser le récit !
La troisième exigence – vous la connaissez, vous qui en plus avez été ministre de l’enseignement supérieur –, c’est notre capacité à protéger les débats intellectuels au
sein des universités. Les troubles répétés à l’ordre public – plusieurs dizaines – menacent ce qui fait l’identité de l’université française, qui est un lieu de
liberté de rencontres et de débats intellectuels. Ces
troubles mettent en danger cette liberté.
J’ai demandé au ministre Philippe Baptiste de resserrer le lien avec les
recteurs et les présidents d’universités. Malheureusement, si nous devons
interdire un certain nombre de conférences, ce qui doit demeurer l’exception,
il faudra le faire, parce que c’est le seul moyen de défendre nos principes de
liberté du dialogue et de la production intellectuelle, auxquels nous sommes
tous attachés.
La quatrième exigence, c’est évidemment le refus de la violence politique. Elle
demande une grande clarté et nécessite de sortir de toutes les formes
d’ambiguïté. C’est vrai du rapport à la violence mais aussi du rapport à
l’antisémitisme. Nous assistons à un moment de vérité au cours duquel certaines
formations politiques ne pourront s’abriter derrière des raisonnements trop
compliqués. Soit on lutte et on refuse la violence, soit on ne lutte pas contre
elle. Il n’y a pas de double standard, il n’y a pas deux poids, deux mesures.
Cela vaut pour tout le monde. On ne peut pas manier la rhétorique de la
confrontation en permanence et ne pas voir que ce qui se passe parfois dans cet
hémicycle peut infuser dans l’ensemble de la société.
J’en appelle donc à la responsabilité individuelle et à la responsabilité de
chaque formation politique dans le respect du vote des Français et des valeurs
de la République.
> [Lynchage d’un militant
d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Madame
la présidente Panot, ce que vous venez de faire est absolument ignoble et
abject. On peut avoir des divergences politiques, mais lorsqu’on est un
humaniste, c’est-à-dire lorsqu’on est attaché à l’être humain, on n’oppose pas
un mort à un autre, un assassinat à un autre. Il n’y a pas une violence
acceptable d’un côté et une violence inacceptable de l’autre. Le refus
de la violence, de la violence physique comme de la violence verbale, vaut pour
tout le monde, en tout temps, en tout lieu.
Voilà peut-être ce qui nous sépare : je suis le premier à condamner les
violences perpétrées contre des députés Insoumis et je suis le premier à donner
des instructions, par la voix du ministre de l’intérieur, aux forces de l’ordre
que vous insultez quant à vous à longueur d’année ! Vous reprochez
à la police de la République de tuer, et pourtant, parce que c’est ça la
République, la police de la République se tiendra toujours aux abords de vos
permanences et de vos meetings pour protéger la démocratie. C’est une
différence profonde entre nous ! Mais la vraie question, c’est de
savoir pourquoi tout le monde doute de votre sincérité et pourquoi personne ne
veut vous croire : tout simplement parce qu’il est temps que vous fassiez
le ménage, madame la présidente Panot ! Le ménage dans vos propos,
dans vos idées et surtout dans vos rangs ! Depuis de nombreux mois, nous
assistons à la multiplication de prises de parole d’une violence inouïe,
parfois à caractère antisémite et ambiguës sur la question de la violence. Que
ce grave assassinat, que cet homicide involontaire, serve au moins à ce
que vous vous posiez les bonnes questions et à ce que vous en tiriez enfin des
leçons et des conclusions !
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Nos compatriotes de religion chrétienne et musulmane entrent aujourd’hui
dans une période importante pour leur foi, le Carême et le Ramadan, que je leur
souhaite pleine de paix et de joies partagées. La liberté de croire ou de ne
pas croire doit nous rassembler dans le respect et la fraternité. En tant que
ministre des Cultes, j’ai adressé dès le 13 février un télégramme aux préfets
appelant leur attention sur la nécessaire vigilance à maintenir autour des
manifestations et lieux à caractère religieux pendant ces festivités, pour que
les fidèles puissent exercer leur culte en sécurité.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et
des Anciens combattants)
> À l’issue du 6ᵉ dialogue annuel de défense franco-indien, le Directeur
général adjoint des relations internationales et de la stratégie pour la France
et le Secrétaire à la Défense pour l’Inde ont signé un amendement prolongeant,
pour dix ans renouvelables, l’accord de coopération dans le domaine de la
défense entre nos deux gouvernements. Conclu le 20 février 2006 à New Delhi,
cet accord structure depuis près de vingt ans notre coopération militaire et
industrielle : dialogue stratégique, exercices conjoints, échanges de
personnels, coopération industrielle, acquisition de matériels. En l’amendant
avant son échéance de février 2026, nous en garantissons la continuité et la
pleine efficacité au service de notre partenariat stratégique spécial.
> Nouvelle étape dans le renforcement de notre coopération de défense avec l’Inde. À l’issue du 6ᵉ dialogue annuel de défense franco-indien, Safran Electronics & Defense et Bharat Electronics Ltd. ont acté la création d’une joint-venture dédiée à la fabrication, la customisation, la commercialisation et la maintenance en Inde de l’armement air-sol modulaire de haute précision HAMMER. Un partenariat industriel concret au service de notre partenariat stratégique.
> Sixième dialogue annuel de défense franco-indien à Bangalore. Depuis plus de 25 ans, notre partenariat stratégique repose sur trois piliers structurants : confiance mutuelle et attachement commun à l’autonomie stratégique ; collaboration industrielle croissante ; entraînements et exercices opérationnels conjoints réguliers. Nations de l’Indopacifique, puissances mondiales, la France et l’Inde partagent une vision commune pour la sécurité et la stabilité dans le monde. Franc et substantiel, ce dialogue nous permet d’aborder ces enjeux et les évolutions rapides de l’environnement sécuritaire international.
> À l’occasion de la visite officielle du Président Emmanuel Macron en Inde, le Président de la République et le Premier ministre Narendra Modi ont inauguré à distance la ligne d’assemblage final des hélicoptères Airbus H125 à Bangalore. Je représentais la France sur place pour cet événement, qui illustre l’implication de la France dans la démarche indienne de développement de sa base industrielle et technologique dans le cadre du « Make in India ». C’est une nouvelle illustration du partenariat industriel de confiance que nous bâtissons avec l’Inde, qui devient le quatrième pays au monde à accueillir une ligne d’assemblage du H125.
> Profonde, dynamique et ambitieuse, la
coopération de défense franco-indienne constitue un pilier majeur de notre
partenariat stratégique et se renforce dans tous les secteurs, opérationnels
comme capacitaires. (…)
Notre partenariat stratégique, fondé sur la confiance et l’autonomie
stratégique, se renforce par une coopération opérationnelle et industrielle
toujours plus étroite, au service de la stabilité dans l’Indo-Pacifique.
> La France et ses alliés luttent contre la « flotte fantôme » qui finance la guerre russe en Ukraine. Le 22 janvier, la Marine nationale, avec le concours de plusieurs alliés, a arraisonné le pétrolier Grinch, sous sanctions et en défaut de pavillon. Après trois semaines d’immobilisation et une lourde amende, il va quitter nos eaux. Nos forces sont engagées pour faire respecter les conventions internationales dans le cadre de l’action de l’Etat en mer : elles concourent ce faisant à la protection de la paix et de la sécurité en Europe et dans le monde.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> Je viens de
présider la première réunion des ministres des affaires étrangères du G7 sous
présidence française. Première réunion physique puisque nous nous étions parlé
au moment de l'intervention américaine au Venezuela.
Une présidence qui entend s'emparer, vous le savez, de
la question des déséquilibres mondiaux et de leur réduction, de même que du
renouvellement des partenariats avec les pays en développement. Deux sujets qui
figureront en bonne place des discussions que le Président de la République
accueillera à Évian du 15 au 17 juin prochains.
Une présidence qui entend aussi jeter avec les autres
grandes puissances, conjurer les logiques de bloc, ce qui m'a conduit
d'ailleurs à inviter aujourd'hui l'Inde, grande puissance émergente qui préside
les BRICS cette année, un groupe avec lequel nous voulons nous coordonner
plutôt que nous affronter.
Et puis une présidence qui entend obtenir des
résultats concrets au service de la sécurité mais aussi de la prospérité des
pays du G7 et donc de la France et des Français. En somme, un G7 d'équilibre,
de convergence et de résultats.
Aujourd'hui, nous avons d'abord accueilli l'Ukraine
qui a pu faire état de l'avancée des négociations, de même que de la situation
énergétique. Nous sommes accordés sur la coordination dans la poursuite de
notre politique de pression et donc de sanctions sur la Russie, accordés sur la
mobilisation en soutien à la résilience énergétique de l'Ukraine. Vous vous
souvenez qu'il y a deux semaines, nous avons réuni un groupe qui s'appelle le
G7+ Énergie à la demande ukrainienne pour mobiliser la communauté
internationale. Il m'a d'ailleurs conduit à annoncer l'envoi de 150 générateurs
sur place qui sont arrivés, puis coordonnés sur l'objectif d'entraîner la
communauté internationale à participer au financement de la réparation de
l'arche de Tchernobyl. Tchernobyl, catastrophe dont nous allons marquer dans
quelques semaines le 40e anniversaire, qui a fait l'objet d'une mobilisation
par le passé du G7 pour que l'arche d'endiguement de la radioactivité puisse
être construite. Arche qui a été frappée à l'hiver dernier par un drone russe
occasionnant des centaines de millions d'euros de dégâts et un risque pour la
sûreté nucléaire.
Nous avons ensuite accueilli le docteur Jaishankar,
ministre des affaires étrangères de l'Inde, qui préside donc le groupe des
BRICS cette année. L'Inde qui a récemment approfondi ses relations avec les
membres du G7, ce dont nous nous sommes collectivement félicités. L'Inde avec
laquelle, en tant que telle, mais aussi comme présidente des BRICS, nous
voulons justement obtenir des résultats concrets, notamment sur la résilience
des chaînes d'approvisionnement, sur la sécurité maritime et puis sur la réforme
jugée indispensable et urgente des Nations Unies par les pays du G7 comme par
l'Inde.
Dans un troisième temps, nous avons abordé les grandes
crises régionales et internationales sur lesquelles nous sommes mobilisés.
L'Iran, Gaza, la Syrie, le Liban, le Venezuela, Haïti ou encore le Soudan. La
prochaine rencontre dans ce format se tiendra les 26 et 27 mars prochain à
l'abbaye des Vaux-de-Cernay, dans les Yvelines, qui est ma terre d'élection. Et
puis nous nous retrouverons à New York au mois de septembre, au moment de
l'Assemblée Générale des Nations Unies et de la semaine de haut niveau. Puis
nous nous réunirons enfin à Marseille les 9 et 10 novembre prochains. Nous nous
réunirons d'ailleurs aussi souvent que nécessaire en visioconférence pour
coordonner nos positions si nécessaire. Ne vous attendez pas à un G7 de la
parole, mais à un G7 des actes : je le disais tout à l'heure, un G7
d'équilibre, de convergence et de résultats.
> Contourner les sanctions européennes a un prix. La Russie ne financera plus impunément sa guerre via une flotte fantôme au large de nos côtes. Le pétrolier Grinch va quitter les eaux françaises après plusieurs millions d’euros versés et 3 semaines d’immobilisation coûteuse à Fos-sur-Mer. Continuons.
> [Haïti / Intervention au Sénat] Haïti est confronté depuis
plusieurs années à une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent. Son
retour à de meilleures conditions de sécurité fait partie des objectifs de la
France comme nation de la Caraïbe. En avril dernier, votre assemblée a adopté
une résolution invitant le Gouvernement à favoriser la restauration de la
sécurité en Haïti, avec le soutien de l'ensemble des groupes.
Nous avons pris acte de la fin du mandat du Conseil
présidentiel de transition, conformément à l'accord politique du 3 avril
2024. Nous saluons la transmission ordonnée du pouvoir exécutif par le
président Laurent Saint-Cyr au Conseil des ministres dirigé par Alix Didier
Fils-Aimé. Nous soutenons les efforts des autorités intérimaires pour rétablir
la sécurité et saluons les progrès accomplis ces dernières semaines.
La France soutient les forces armées haïtiennes et
continuera de le faire. Nous avons appuyé la création de la force de répression
des gangs au Conseil de sécurité et versé une nouvelle contribution au fonds
d'affectation spéciale, à hauteur de 3,5 millions d'euros. Les milliers de
policiers et soldats attendus devraient être déployés progressivement, en avril
et septembre : nous souhaitons que ce déploiement sécurise le pays et
garantisse les conditions nécessaires à l'organisation d'élections.
Nous poursuivrons notre engagement au côté d'Haïti -
une quarantaine de millions d'euros l'année dernière comme la précédente,
dont dix-sept pour l'aide humanitaire et quatre pour la sécurité.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des
Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> La santé ne se joue pas uniquement dans le système de soin, mais dans
toutes les politiques publiques et c'est ce à quoi nous sommes engagés.
> [Politique de santé / Intervention à
l’Assemblée] Vous nous interrogez sur la nécessité d’une politique de santé
publique pleinement fondée sur l’approche One Health, « une seule
santé ». Vous l’avez dit, les faits scientifiques sont très clairs :
l’environnement a un impact direct sur la santé. L’exposition à la pollution de
l’air, au bruit, à des substances chimiques et au dérèglement climatique contribue
à des millions de morts dans le monde.
Cette réalité nous oblige à agir de façon coordonnée et globale. Sous
l’impulsion du président de la République, la France porte cette ambition au
plus haut niveau. Le 7 avril prochain, Lyon accueillera un sommet
international « une seule santé » réunissant des chefs d’État, des
organisations internationales, des experts et des représentants de la société
civile. Ce sommet abordera les maladies infectieuses et la résistance
antimicrobienne, mais aussi les maladies chroniques, l’alimentation durable,
l’urbanisme favorable à la santé et la lutte contre la pollution.
Cette approche élargie marque une étape décisive. Elle se traduit déjà par des
actions concrètes : la stratégie nationale pour l’alimentation, la
nutrition et le climat 2025-2030, la feuille de route dans la lutte contre les
cancers dont le volet prévention s’inscrit pleinement dans cette logique.
Protéger la santé suppose d’agir sur l’environnement de notre vie.
Vous l’avez dit, la santé ne se joue pas uniquement dans le système de soins.
Elle doit se construire dans toutes les politiques publiques. C’est ce à quoi
nous sommes engagés
> [Santé publique France / Intervention
à l’Assemblée] Votre question me donne l’occasion de confirmer le caractère
stratégique des missions de Santé publique France : préparation et réponse
aux urgences sanitaires, surveillance de l’état de santé de la population,
prévention et promotion de la santé.
Il est vrai qu’à la suite des recommandations formulées par un rapport de
l’Inspection générale des affaires sociales, le gouvernement a décidé d’opérer
un recentrage stratégique de l’Agence autour de deux axes d’évolution.
Premièrement, la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire
sera placée sous l’autorité hiérarchique directe du ministre de la santé. Les
objectifs de cette évolution sont clairs : raccourcir la chaîne de
commandement, unifier les dispositifs existants et renforcer la capacité de
décision, notamment en période de crise.
La création d’un service à compétence nationale de haut niveau, qui vous sera
proposée prochainement, s’inscrit d’ailleurs dans cette logique
interministérielle et européenne.
Deuxième évolution : les campagnes nationales de communication grand
public seront transférées au ministère et à l’assurance maladie, dans le cas
d’une réforme plus large de la communication de l’État. Il ne s’agit pas de
remettre en cause les missions de SPF en matière d’expertise, de surveillance
épidémiologique et de prévention et promotion de la santé, mais de rendre la
parole publique plus lisible et mieux coordonnée.
Une mission interne à l’Inspection est encore en cours, afin de définir les
modalités précises de cette réforme et de veiller à préserver le lien
indispensable entre l’expertise scientifique et la communication. Il ne s’agit
en aucun cas d’une mesure d’économie mais d’un choix d’efficacité.
L’application de cette évolution sera progressive ; son entrée en vigueur
est prévue au début de l’année 2027.
> Échange avec mon homologue belge, Frank Vandenbroucke, sur les grands enjeux de souveraineté sanitaire européenne. Préserver l’attractivité de l’Europe, sécuriser l’approvisionnement en médicaments critiques et garantir un financement ambitieux pour la santé européenne. La coopération franco-belge est essentielle pour construire une Europe de la santé forte et souveraine.
> [Soins psychiatriques pour les
personnes engagées dans la délinquance / Intervention à l’Assemblée] La
délinquance n’est pas une pathologie psychiatrique, mais quand une pathologie
est reconnue, elle doit être prise en charge. Avec le garde des sceaux, Gérald
Darmanin, nous travaillons pour améliorer cette prise en charge en développant
des unités hospitalières spécialement aménagées ainsi que des équipes mobiles
transitionnelles financées par le fonds d’innovation organisationnelle en
psychiatrie.
En tant que ministre de la santé, j’insiste également sur le travail de
prévention. Notre stratégie de lutte contre la délinquance repose sur des
mesures d’information pour les parents et les jeunes ainsi que sur des lieux
d’écoute, dont le nombre augmente. Nous maintenons notre soutien aux cent
vingt-cinq maisons des adolescents. Nous avons aussi poursuivi l’augmentation
du nombre de consultations pour les jeunes consommateurs qui ont des troubles
addictifs, puisque nous savons qu’il existe un lien important entre les
troubles addictifs chez les jeunes et le développement de pathologies
psychiatriques. Nous allons d’ailleurs lancer une grande campagne de
communication sur certaines des addictions, notamment les plus fréquentes.
Enfin, le projet de loi de financement de la sécurité sociale inclut des
mesures en faveur de la psychiatrie, pour un montant de 65 millions
d’euros supplémentaires cette année. Plus de professionnels seront formés, et
l’offre de soins va progressivement augmenter sur le territoire.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> À Yad Vashem. Le combat contre l'antisémitisme n'est pas le combat des
Juifs : c'est le combat des Justes.
> La force de la France, c’est de ne pas trier les haines, de ne pas les hiérarchiser, mais de les combattre toutes.
> L'antisionisme est la volonté de délégitimer Israël comme étant le seul Etat refuge au monde et c'est insupportable.
> Ils étaient venus à Nova pour danser, chanter, aimer. Ils habitaient paisiblement avec leurs familles à Nir Oz et pronaient la paix. Jamais nous n'oublierons le 7 octobre. Jamais nous n'oublierons les 51 Français assassinés. Toujours nous nous dresserons face à l'antisémitisme.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée
auprès du ministre de l’Intérieur)
● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature
> La biodiversité du Var est une richesse exceptionnelle. Elle est
aujourd’hui sous pression.
C’est précisément pour cela que j’ai souhaité avoir les retours directs des
acteurs de terrain en participant au comité de pilotage départemental « espèces
invasives », en présence de tous les services de l'Etat au niveau local.
Élus, services de l’État, scientifiques, pêcheurs, apiculteurs, professionnels
de la forêt : vous êtes en première ligne. Votre expérience concrète est
indispensable pour adapter notre action nationale.
Car laisser les espèces invasives se développer, c’est mettre en danger :
- notre biodiversité ;
- les filières économiques qui en dépendent ;
- le bien-être de nos concitoyens et parfois leur santé.
Le phénomène s’intensifie sous l’effet de la mondialisation et du réchauffement
climatique. Certaines espèces sont installées depuis longtemps, comme le frelon
asiatique. D’autres, plus récentes, comme la fourmi électrique détectée dans le
Var, appellent des réponses rapides et coordonnées.
Nous disposons d’un cadre national structuré : stratégie dédiée depuis 2017,
plan d’action renforcé en 2022. Mais nous devons être lucides : l’éradication
complète est souvent incertaine. Nous devons apprendre à vivre avec et à mieux
réguler l’arrivée et le développement de ces espèces.
Et cela suppose d’écouter le terrain.
Je veux que les retours d’expérience du Var alimentent directement nos travaux
nationaux.
Ce qui fonctionne doit être partagé.
Ce qui doit évoluer doit pouvoir être ajusté.
Je salue, en particulier, la mobilisation de la Région Sud -
Provence-Alpes-Côte d'Azur, pour le déploiement de sa stratégie régionale et de
plans d’actions spécifiques sur certaines espèces.
D’autres actions sont en cours pour continuer à renforcer ce cadre.
Sur les espèces évoquées lors de ce copil, nous avons prévu de :
- renforcer les actions contre la fourmi électrique sur les sites
concernés ;
- finaliser au printemps le plan national contre le
frelon asiatique ;
- accompagner les initiatives locales face au crabe
bleu ;
- poursuivre, avec le ministère de l’Agriculture, la
recherche de solutions face à la cochenille tortue du pin.
Protéger la biodiversité, c’est protéger nos paysages, nos activités
économiques et notre qualité de vie.
Cela exige coordination, pragmatisme et une écoute constante du terrain.
Gérald Darmanin (garde des sceaux,
ministre de la Justice)
> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche /
Intervention à l’Assemblée] Je tiens d’abord à adresser des mots d’empathie et
de compassion à la famille de Quentin et à tous ceux qui le connaissent. Soyez
assurés que M. le ministre de l’intérieur, actuellement en déplacement
officiel en Algérie, et moi-même mettons les moyens, auprès du procureur de
Lyon comme de la police judiciaire lyonnaise, pour que les auteurs soient
interpellés, présentés devant la justice, et, nous l’espérons, condamnés à la
hauteur de l’homicide volontaire, puisque c’est ainsi que les faits ont été
qualifiés par le procureur de la République de Lyon.
Vous m’interrogez sur les groupuscules qui utilisent la violence physique pour
mettre leurs idées en avant et qui tuent, vous l’avez dit, madame la
présidente, non pas de mort lente, comme le disait Brassens, mais physiquement,
déplaçant ainsi une démocratie dans un état de sauvagerie. Comme ministre de
l’intérieur, j’ai dissous de nombreuses associations d’ultradroite et
d’ultragauche. Nous devons continuer à le faire : M. Laurent Nuñez le
fera, comme l’a fait Bruno Retailleau. Le gouvernement sera toujours à vos
côtés – le Parlement aussi, je l’espère – lorsqu’il faudra mettre fin à des agissements contraires à la démocratie.
Vous l’avez dit, tout comme M. Glucksmann – je tiens à souligner la quasi-unanimité politique –, la brutalisation de la
vie politique doit s’arrêter. Il y a de la brutalisation quand on dit que la police tue, alors que
dix à quinze policiers et
gendarmes meurent chaque année, lorsque l’on se déchaîne sur un ballon de football qui représente
la tête d’un ministre, en l’occurrence Olivier Dussopt, ou encore
lorsqu’on justifie l’action de la Jeune garde et qu’on investit comme candidat
aux élections législatives son dirigeant, déjà condamné pour violences
physiques.
Jean-Paul Sartre disait que les mots étaient des revolvers chargés. Que ceux
qui arment les revolvers des mots les déchargent pour que nous puissions avoir
une démocratie vivante et qui ne se termine pas par la mort de jeunes hommes et
de jeunes femmes dans la rue.
> [Lynchage d’un militant
d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Après
M. le premier ministre, je m’associe à vous pour condamner toutes les
formes de violence physique et surtout celle qui a entraîné la mort et qui
endeuille tout un pays, qui endeuille la démocratie et qui endeuille, bien sûr,
la famille de Quentin.
Après que le président Wauquiez l’a dénoncée, vous évoquez la clarté avec
laquelle on doit s’exprimer sur la violence, qu’elle soit physique, dans
l’hémicycle, à la télévision ou sur les réseaux sociaux. J’ai une pensée pour
ces journalistes de l’AFP qui, quelques heures après le décès de Quentin, ont
été pris à partie nominativement par le leader de la France insoumise qui les a
quasiment montré du doigt. Or les fatwas numériques, je l’ai vu dans bien des
affaires quand j’étais ministre de l’intérieur, tuent parfois autant que les
fatwas physiques, que chacun s’en souvienne ici. Je pense à M. Haziza, qui
a été une nouvelle fois vilipendé par les dirigeants de la France insoumise,
alors qu’il faisait son métier de journaliste face au président de la
République. Je pense aussi à tous ceux qui arment moralement les tueurs.
D’autres que vous et nous ont dénoncé la violence. Je pense à
M. Glucksmann, qui a été très courageux, à M. Guedj, à
M. Corbière et à Mme Autain, qui avaient dénoncé le fonctionnement
interne du parti dont ils étaient adhérents, à Mme Delga, à
M. Delafosse et à Mme Trautmann qui ont dénoncé la violence de la
France insoumise.
Il y a une violence incontestable entre la France insoumise et la Jeune garde.
M. Mélenchon disait, le 30 avril 2025, que celle-ci « est une
organisation alliée, liée au mouvement insoumis. (...) Ont-ils fait une seule
fois fait l’apologie de la violence ? Jamais. » Lors du meeting de
Champigny, le 5 juillet 2024, il disait : « J’en parle avec
passion, car ce sont mes jeunes camarades. » Pour finir, je cite un communiqué
de presse du groupe LFI à l’Assemblée nationale, daté de la veille de la mort
de Quentin : « Nous le disons fièrement, la Jeune garde est
essentielle. »
La Jeune garde tue et la France insoumise devrait la condamner !
> [Lynchage d’un militant
d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Je
sais que vous êtes particulièrement touché par ce drame, qui a eu lieu dans
votre circonscription, dans ce territoire que vous aimez tant. Je ne peux que
m’associer à votre demande de calme et d’une discussion civilisée, comme il se
doit dans une grande démocratie comme la nôtre. Nous constatons cette
sauvagerie depuis de nombreuses années sur les réseaux sociaux. Elle s’est
intensifiée au cours des derniers mois. Vous avez, avec votre groupe, pris des
initiatives très importantes pour limiter cette violence aveugle, cette
violence courageusement anonyme qui harcèle nos compatriotes juifs.
Les élus subissent des agressions lorsqu’ils prennent leurs responsabilités et
émettent une opinion. Cette violence contre les élus, particulièrement contre
les élus locaux – les candidats aux élections municipales la
subissent tous les jours – montrent que notre société est tendue, en écho aux réseaux sociaux, à la violence du monde
et, parfois, à la violence de cet hémicycle. Certains parlementaires, élus de la nation, se permettent en effet d’insulter,
de menacer et d’interpeller de façon extrêmement violente, ce qui a toujours
des conséquences dans le monde physique sur des élus qui, eux, n’ont pas la
protection de Paris ou de la télévision. Vous avez donc raison de dénoncer ce
drame.
À la demande du gouvernement, j’adresserai dans quelques jours une circulaire
aux procureurs de la République pour leur rappeler que, en plus des cas
touchant à la probité, tout élu qui utilise sa fonction tribunitienne en dehors
de cet hémicycle – où vous êtes protégés par l’immunité parlementaire – pour attaquer nos compatriotes juifs ou toute autre personne sous des prétextes religieux,
ethniques, politiques ou d’orientation sexuelle doit être poursuivi et, je l’espère, condamné. Nous ne pouvons laisser des personnes, sous prétexte qu’elles sont élues, tenir de tels
propos dans les amphithéâtres, dans la rue ou sur les réseaux sociaux.
> [Lynchage d’un militant
d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Comme
le premier ministre, je m’associe une nouvelle fois à l’hommage rendu à Quentin
et à sa famille et je veux dénoncer la violence politique et physique qui tue
et qui agresse – vous l’avez vous-même subie. Le débat public devrait permettre de s’opposer, parfois même durement – c’est le propre de la politique –, mais jamais toucher à l’âme et au corps des
personnes.
Vous évoquez les groupuscules
soutenus par des élus, mais ils n’appartiennent pas uniquement à l’ultragauche : ils sont aussi d’ultradroite ou masculinistes, incel, survivalistes, accélérationnistes et
surtout islamistes, ne l’oublions pas. Nous sommes tous d’accord ici, nous
devons nous battre contre ces groupes et ces associations de fait qui prônent
le séparatisme et la violence. M. le ministre de l’intérieur est
actuellement en Algérie, je l’ai dit, mais souhaitons que l’Assemblée
accompagnera les démarches qu’il mènera – et que mèneront aussi peut-être les prochains ministres de l’intérieur – pour obtenir les moyens
juridiques nécessaire à cette entreprise. La loi « séparatisme », que j’ai
défendue ici, prévoyait de nouveaux critères autorisant la dissolution
d’associations religieuses – je pense, bien sûr, aux associations
islamistes –, mais aussi d’associations politiques extrêmement violentes. Ayant proposé au Conseil d’État la dissolution des
Soulèvements de la terre, ce
qu’il avait refusé, j’en avais tiré les conséquences juridiques pour
favoriser l’action du ministère de l’intérieur. Bien que la loi « séparatisme » ait été adoptée, elle n’a pas obtenu
le soutien de l’intégralité des députés et je constate, sans vouloir
polémiquer, que ceux qui m’ont interrogé tout à l’heure m’avaient alors refusé
les moyens juridiques permettant de sécuriser la dissolution de ces
groupuscules. Je veux le dire devant les Français : il est très important
de dissoudre ces associations, car on assiste souvent à la reconstitution des
ligues dissoutes, ce qui permet des interpellations – donc des qualifications
pénales et des
condamnations – alors même que les personnes n’ont commis aucun acte répréhensible si ce n’est
celui de se réunir. J’espère donc que la prochaine fois qu’un ministre de
l’intérieur lui demandera des moyens juridiques pour agir, l’Assemblée le
soutiendra.
Serge Papin (ministre des Petites et
moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir
d’achat)
> [Transposition du droit européen / Intervention au Sénat] Le projet de loi
que je vous présente aujourd'hui n'est pas un texte technique
supplémentaire : c'est un texte de souveraineté, un texte qui vise à faire
en sorte que les décisions adoptées au niveau européen servent pleinement nos
priorités nationales, à savoir l'amélioration concrète du quotidien des
Français, qu'on les envisage comme des travailleurs, des consommateurs ou des
citoyens, et la préparation de l'avenir des prochaines générations.
Ce projet comporte soixante-dix articles assurant la transposition ou
l'adaptation de soixante-quinze textes européens. Le Gouvernement ne
procède donc à aucune surtransposition : il veille simplement à garantir
la compétitivité de nos entreprises.
De fait, nous appliquons le droit européen avec rigueur, sans en ajouter, mais
avec une ambition claire : faire de l'Europe un levier pour renforcer la
puissance française, et non une contrainte subie.
Sans anticiper nos débats ni détailler chacun des dispositifs, je souhaite
souligner les deux axes qui ont guidé l'action du Gouvernement : protéger
et innover.
Il s'agit, d'abord, de protéger le consommateur, et en premier lieu sa santé.
En effet, le texte renforce les pouvoirs des autorités de surveillance du
marché afin d'améliorer le contrôle de la conformité et de la sécurité des
produits, conformément au cadre européen sur la sécurité générale des produits.
Les capacités d'enquête et d'intervention de ces autorités de surveillance
seront ainsi consolidées.
Protéger la santé du consommateur, c'est aussi agir pour l'environnement et la
qualité de vie. À cet égard, le projet de loi complète les règles relatives à
la prévention du bruit, notamment dans le secteur aérien, améliore la gestion
des déchets et des emballages et assure la transposition des dispositions
européennes relatives aux émissions industrielles polluantes.
Protéger le consommateur, c'est également mieux l'informer. À cet effet, le
texte adapte notre droit au règlement européen qui instaure un système unifié
de protection des indications géographiques pour les produits industriels et
artisanaux. Il s'agit de défendre et de valoriser des savoir-faire
emblématiques, comme la porcelaine de Limoges, la charentaise de
Charente-Périgord ou la dentelle de Calais, en garantissant la transparence et
en luttant contre les contrefaçons à l'échelle européenne.
Le projet de loi adapte également notre droit aux règlements européens
concernant les indications géographiques relatives au vin, aux boissons
spiritueuses et aux produits agricoles, et met en cohérence la durée des
certificats d'obtention végétale nationaux avec celle des certificats délivrés
au niveau communautaire.
La protection passe aussi par la lutte contre l'écoblanchiment. Les
consommateurs devant pouvoir faire des choix éclairés, les allégations
environnementales trompeuses seront mieux encadrées afin de restaurer la
confiance.
Les sanctions vont par ailleurs être renforcées à l'égard des entreprises qui
ne contribuent pas aux filières à responsabilité élargie du producteur. Le
Gouvernement est en effet déterminé à préserver pleinement les objectifs de la
loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à
l'économie circulaire (Agec), qui a constitué une étape majeure dans
l'engagement de la France en faveur de la transition écologique.
Il convient également de protéger les ménages et les PME face aux enjeux
énergétiques. Pour ce faire, le texte renforce l'information sur les factures
d'électricité et de gaz : une estimation claire et obligatoire du coût
total sera désormais fournie dès la souscription et en cas d'évolution
tarifaire. Nous mettons ainsi fin à des pratiques d'affichage illisibles qui
empêchaient toute comparaison effective.
Il s'agit encore de protéger les travailleurs en adaptant les règles relatives
aux équipements de protection individuelle et aux machines. Un amendement tend
par ailleurs à mettre notre droit en conformité avec la jurisprudence nationale
et européenne concernant le report des congés payés en cas d'arrêt maladie
survenant pendant les congés.
Le texte vise enfin à protéger le citoyen et la démocratie : il adapte
notre droit au règlement européen relatif à la transparence et au ciblage de la
publicité à caractère politique, afin de garantir un débat public ouvert,
tandis que l'un de nos amendements a pour objet de préciser les modalités
d'enquête et de sanction confiées à l'Autorité de régulation de la
communication audiovisuelle et numérique (Arcom).
À ce premier volet de protection s'ajoute un volet résolument offensif. En
effet, notre économie ne pourra croître durablement que si elle innove et si
elle dispose, pour cela, d'un cadre clair, stable et compétitif.
Pour innover, nous devons d'abord favoriser l'investissement. Le texte
transpose la directive concernant les marchés d'instruments financiers, afin
d'offrir aux investisseurs un meilleur accès aux données de marché nécessaires
à leurs décisions. Il intègre également les dispositions européennes visant à
mieux encadrer le risque de concentration, pour réduire la dépendance des
acteurs financiers européens à l'égard de contreparties centrales situées dans
des pays tiers, notamment au Royaume-Uni.
Nous proposons en outre au Parlement d'habiliter le Gouvernement à légiférer
par ordonnances pour adapter notre droit aux textes européens destinés à
renforcer l'attractivité des marchés de capitaux et à faciliter l'accès des
petites et moyennes entreprises au
financement – le paquet dit Listing Act. C'est important : il s'agit
de lever des freins inutiles, de simplifier et de
permettre à nos entreprises de grandir en Europe plutôt que d'aller chercher
ailleurs les moyens de leur développement.
Innover, c'est aussi investir pleinement
le champ de l'intelligence artificielle (IA). Le projet de loi adapte notre droit au règlement relatif aux données
numériques, le Data Act, et prévoit des mesures pour réduire le coût du
déploiement des réseaux de communications électroniques à très haut
débit.
Cependant, comme nous n'opposons jamais innovation et sécurité, nous
transposons également les exigences européennes en matière de cybersécurité et
d'encadrement de l'intelligence artificielle, dans un esprit d'équilibre qui
consiste à protéger sans étouffer, à réguler sans freiner.
Il s'agit également d'innover grâce aux outils numériques, au service des
collectivités. Un article du projet de loi permet ainsi de conforter la
création d'un téléservice national dédié à l'activité et à l'enregistrement des
meublés de tourisme, offrant aux maires un outil de régulation renforcé.
Je tiens à cet instant à souligner la qualité du travail conduit avec les
rapporteurs pour clarifier le régime de surveillance des systèmes d'IA et poser
les bases d'une gouvernance cohérente, fondée sur une logique sectorielle. Nous
aurons l'occasion d'y revenir au cours des débats.
Enfin, il convient d'innover en posant l'exigence que cette innovation soit
durable. La transition écologique doit être pensée non comme une contrainte,
mais comme un moteur de compétitivité.
À nouveau, je veux remercier les parlementaires pour la qualité du travail
conduit en matière de transition écologique et d'économie circulaire. Le nombre
important d'amendements déposés sur ces volets témoigne de l'engagement du
Sénat face à ces enjeux cruciaux pour notre pays.
Les enjeux énergétiques occupent une place centrale du projet de loi, qu'il
s'agisse de la réforme du marché de l'électricité, de la décarbonation des
transports ou du développement du stockage du CO2. Nous mettons en œuvre les
règles européennes sans attendre, parce que chaque mois compte dans la lutte
contre le changement climatique.
Nous corrigeons également une anomalie : les projets hydroélectriques et
de stockage, trop longtemps laissés à la marge, seront pleinement intégrés aux
zones d'accélération.
Nous créons de telles zones pour les énergies renouvelables, simplifions les
règles applicables à l'hydrogène et au biogaz et favorisons la solarisation des
parkings. Chaque mètre carré peut contribuer à notre souveraineté
énergétique !
Permettez-moi enfin d'évoquer le secteur des transports, lui aussi stratégique.
Avec ce texte, nous déployons les infrastructures nécessaires aux carburants
alternatifs et adaptons notre droit pour contribuer à la construction d'un
espace ferroviaire unique européen. La mobilité décarbonée est un pilier de
notre compétitivité future. La transition écologique n'est pas une
option : c'est une urgence et une opportunité !
Mesdames, messieurs les sénateurs, ce projet de loi est un outil. Il doit
devenir une force dans la défense de notre modèle social, de notre industrie et
de notre environnement, une force au service de nos TPE et de nos PME, de nos
commerçants, de nos entrepreneurs, mais aussi des consommateurs.
C'est précisément parce qu'il faut veiller à ce que chaque adaptation au droit
européen renforce concrètement nos entreprises, protège nos concitoyens et
soutienne l'activité dans nos territoires que le ministre chargé des PME, du
commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat que je suis est
présent devant vous aujourd'hui.
À ceux qui doutent de l'Europe, je réponds que l'Europe se construit ici, par
des actes concrets.
À ceux qui redoutent la complexité, je dis que la France sait transposer avec
rigueur, sans renoncer à ses intérêts ni à ses principes.
Edouard Geffray (ministre de l’Education
nationale)
> [Sécurité à l’école / Intervention au Sénat] Face à la montée de l'extrême
violence, il y a deux réponses. D'abord, la fermeté absolue :
1 500 contrôles de sacs par mois aux abords des établissements, plus
encore depuis dix jours ; 525 couteaux trouvés ; 1 636 conseils
de discipline avec exclusion.
Un tabou est tombé, il faut le restaurer : on ne touche pas à une figure
de la République, à un personnel de l'éducation nationale, à un professeur.
Point. À chaque fois qu'un élève a un couteau, qu'un parent menace ou porte des
coups, nous déclenchons la protection fonctionnelle, faisons un signalement
article 40 ou portons plainte.
L'autre réponse, c'est l'éducation. L'extrême violence scolaire trouve ses
racines dans le terreau de la violence ordinaire, entre élèves, vis-à-vis des
personnels. C'est là-dessus qu'il faut agir, en co-éducation avec les parents.
C'est pourquoi je leur ai écrit, et j'ai des retours intéressants.
Si l'un de ces maillons lâche, c'est la chaîne éducative qui casse. Pour
garantir à chaque élève les meilleures conditions d'apprentissage, il faut que
l'école reste, sinon un sanctuaire, du moins un abri.
> Nous aurons perdu dans le premier degré un million d’élèves entre 2019 et 2029, passant de 6,7 millions à 5,7 millions d’élèves. Avec la natalité que nous connaissons en 2025 par rapport à celle qui prévalait il y a quinze ans, nous perdons une génération tous les quatre ans. Soit nous en tirons des conséquences en nous projetant à un horizon pluriannuel, soit nous nous contentons d’en reparler chaque année. Depuis mon arrivée, je n’ai cessé de répéter qu’il fallait avoir une vision à vingt ans. Je viens de généraliser les observatoires des dynamiques rurales et territoriales à l’ensemble du territoire, car tout le territoire est affecté. Et j’ai demandé la réalisation de projections à un an, à trois ans, à cinq ans et plus, à l’échelle des départements et des intercommunalités, pour penser l’offre scolaire à long terme.
Philippe Baptiste (ministre de
l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Interdiction de la violence dans les universités / Intervention à l’Assemblée]
Je tiens à dire à mon tour quelques mots du drame qui s’est déroulé il y a
quelques jours. Toute la communauté de l’enseignement supérieur est en deuil.
Quentin était étudiant à Lyon 2, en science des données. Poursuivre et
condamner les auteurs de cette ignominie est la première des priorités, mais il
faut aussi traiter le problème que vous soulevez : celui de la violence
politique qui s’exerce aussi, parfois, dans les établissements. Oui, des
responsables politiques attisent la haine, excitent les passions, manipulent
les consciences de certains étudiants. Oui, cette haine peut se retrouver dans
l’enceinte de nos établissements. Cela arrive, car l’université n’est ni plus
ni moins que la caisse de résonance de notre société.
C’est une chose qu’un élu soit invité à débattre par une association
étudiante ; tous les élus de la République peuvent intervenir dans des
conférences, il n’est pas question de l’interdire par principe. En revanche,
lorsqu’une conférence présente un risque sérieux et avéré de troubles à l’ordre
public, elle ne doit pas pouvoir se tenir. Cette décision doit être prise au
cas par cas, en responsabilité, par les établissements. L’interdiction doit,
autant que possible, être exceptionnelle, mais elle doit pouvoir être décidée.
J’ai signé hier, avec mon collègue ministre de l’intérieur, une circulaire à
destination des recteurs et des préfets pour leur rappeler l’importance de leur
accompagnement dans l’appréciation et l’encadrement de telles situations. S’il
existe des risques élevés inhérents à l’organisation d’une conférence, il faut
l’interdire.
Le rôle de l’université est d’être un espace de débat contradictoire, apaisé,
fidèle à sa mission d’enseignement. J’appelle tous les établissements à veiller
au respect scrupuleux de ce principe simple et évident, que vous avez rappelé.
> [Interdiction de la violence dans les
universités / Intervention au Sénat] L'université doit rester un espace de
savoir, de recherche et de transmission, un lieu de débats contradictoires
parfois vifs, mais jamais violents. Tous les élus de la République doivent
pouvoir y intervenir, mais si ces conférences représentent un risque pour
l'ordre public, elles ne doivent pas se tenir.
D'où la circulaire que j'ai signée lundi avec Laurent Nunez à destination des
recteurs et des préfets, pour qu'ils accompagnent les présidents d'université.
Sur son fondement, ils peuvent décider de ne pas laisser les réunions se tenir.
Notre message est clair : nous ne tolérerons dans les universités aucun
comportement contraire aux principes et aux valeurs de la République.
Je prendrai mes responsabilités chaque fois que cela sera nécessaire.
Maud Bregeon (porte-parole du
Gouvernement)
> Le temps de la clarification est venu : LFI doit prendre une position
claire et exclure Raphaël Arnault. Les doubles discours ne trompent plus
personne.
> LFI a une responsabilité morale dans ce climat de violence. Depuis des années, ils l’encouragent, assument une filiation avec l’ultra gauche, ont fait élire un membre fiché S de la Jeune Garde, et demandait la semaine dernière au Gouvernement de revenir sur sa dissolution.
Alice Rufo (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur de la ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> [Agression de la Russie contre l’Ukraine / Intervention au Sénat] Voilà quatre ans que la Russie
agresse l'Ukraine, menaçant directement les intérêts européens. Militaire,
diplomatique, hybride : l'escalade russe est permanente.
Voilà quatre ans que l'Ukraine résiste avec un courage
qui force l'admiration.
Voilà quatre ans que nous sommes à ses
côtés. Je salue en particulier le rôle de la diplomatie parlementaire.
Quelles leçons tirer ? La Russie n'a pas atteint ses buts de guerre :
soumettre l'Ukraine et fracturer l'Europe. L'Europe a fait front en
immobilisant les avoirs gelés, en créant la coalition des volontaires, en
faisant pression sur la Russie, par exemple en visant sa flotte fantôme, et en
se réarmant.
Quelles que soient l'issue des négociations en cours et l'action des
États-Unis, les Européens devront être autour de la table si nous voulons une
paix robuste en Ukraine. Ce sont eux qui soutiennent l'Ukraine et sont prêts à
lui apporter des garanties de sécurité. Et de la manière dont se terminera le
conflit dépendra la sécurité à long terme de l'Europe.
Nous poursuivrons notre engagement pour le réarmement européen et l'intégration
de l'Ukraine dans la future architecture européenne de sécurité. L'Ukraine a
beaucoup à nous apporter : nous venons d'ailleurs de signer un accord pour
la coproduction de drones.
Charlotte Parmentier-Lecocq (ministre
délégué de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des
Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Accueil des enfants souffrants d’autisme / Intervention à l’Assemblée] Le
problème que vous soulevez, qui touche les personnes que vous avez rencontrées,
est grave. Il importe beaucoup au gouvernement. Nous souhaitons apporter des
réponses concrètes à ces enfants et à ces familles, nous avons donc engagé une
démarche volontariste qui consiste à créer de nouvelles solutions.
En 2023, à l’occasion de la dernière Conférence nationale du handicap, le
président de la République s’est engagé à créer 50 000 nouvelles
solutions, tant pour les enfants que pour les adultes. Depuis la fin d’année
2024 et pendant toute l’année 2025, nous avons pu, grâce aux lois budgétaires
adoptées par le Parlement, en créer 17 000. Il s’agit aussi bien de places
en institut médico-éducatif – vous en avez souligné le besoin, et nous en
créons – que de dispositifs pour
accompagner scolairement les enfants avec autisme : je pense aux unités externalisées à cet effet – les UEMA en maternelle, les UEEA en
primaire –, aux Ulis et bien sûr aux pôles d’appui à la scolarité, nouvellement créés, qui s’adossent aux pôles inclusifs d’accompagnement localisé et permettront de
mieux guider les familles. Vous avez souligné que celles-ci, souvent, ne
savaient pas vers qui s’orienter ; désormais, grâce aux près de
500 PAS déjà créés, nous pourrons rapidement identifier à l’école les
enfants qui ont des besoins particuliers et leur proposer les aménagements
nécessaires. Nous poursuivrons notre démarche volontariste cette année grâce à
l’adoption de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui prévoit
les mêmes budgets supplémentaires.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche /
Intervention à l’Assemblée] C’est avec émotion que nous avons appris le décès
du jeune Quentin Deranque. Victime d’une agression d’une violence inouïe
commise par plusieurs individus à Lyon, il a succombé à ses nombreuses
blessures. Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir
pour ses idées. En notre nom à tous, j’adresse nos pensées à sa famille et à
ses proches endeuillés.
L’Assemblée nationale condamne unanimement, et sans réserve, tous les actes de
violence et de haine. Comme le rappelait Robert Badinter, « Dans une
démocratie apaisée, ce n’est pas l’affrontement qui doit régner, mais le droit.
[…] La première [des évidences dans une démocratie], c’est le refus de la
violence physique. » Il revient à chacun de nous d’être les garants de la
dignité du débat public et d’appeler au calme. Dans l’intérêt de notre nation,
assumons collectivement cette responsabilité dans les mois qui viennent. Mes
chers collègues, en hommage au jeune Quentin, je vous demande d’observer une
minute de silence.
> Quand le Parlement vote une loi, les Français s’attendent à ce qu’elle s’applique concrètement dans leur vie. Si les décrets ne sont pas pris, la confiance se fragilise. Appliquer les lois est un enjeu vital pour notre démocratie.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
> Le décès de Quentin, 23 ans, après une agression en marge d’une
manifestation à Sciences Po Lyon, est un drame absolu. Rien ne justifie la
violence pour des idées. Le Groupe Ensemble pour la République appelle à
l’apaisement et à la fin de la violence politique.
Gabriel Attal (député, secrétaire général
de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée
nationale)
> Une fois de plus, la France est submergée par les crues. Ces derniers
jours, et ces dernières heures encore, c’est tout l’Ouest de notre pays qui est
en état d’alerte. Ce sont des centaines de milliers de Français qui ont vu les
eaux monter et emporter sur leur passage leurs maisons, leurs commerces, mais
aussi leurs photos, leurs souvenirs. Ce sont des centaines de milliers de
Français qui vivent dans l’angoisse de nouvelles crues, impuissants face au
déchaînement des éléments. Ce sont des victimes, aussi, des disparus, des
blessés, à qui je pense. À qui je veux dire toute ma solidarité et mes pensées.
La douleur de tout perdre dans les crues, je la connais. En janvier 2024,
j’étais Premier ministre depuis quinze minutes à peine quand j’ai tenu à me
rendre aux côtés des habitants du Pas-de-Calais, victimes pour la deuxième fois
d’inondations. Je ne pourrai jamais oublier les larmes, la fatigue, la douleur.
Jamais oublier les doutes, l’attente, l’angoisse. Car pour Jean-Michel, Lydie,
Allan, Pascal, Christine au PMU de Clairmarais, le drame, ce n’était pas
seulement d’avoir perdu leur logement sous les eaux et la boue, c’était de voir
le fruit d’une vie détruit, des souvenirs souillés, des albums photo emportés.
C’était l’incertitude sur les assurances, bien sûr, mais surtout le doute sur
quand la vie pourrait reprendre, si la vie pouvait reprendre. C’était la peur,
comme une épée de Damoclès, que les crues recommencent encore et encore, et que
la vie devienne impossible. Le dérèglement climatique n’est pas un concept ni
une crainte éloignée. C’est une réalité concrète, vécue, subie par des femmes
et des hommes. Ce sont des vies brisées, parfois perdues. Ce sont des drames de
plus en plus fréquents et des conséquences de plus en plus dévastatrices. Ceux
qui continuent à le minimiser voire le nier portent une responsabilité immense.
Il n’y a qu’une solution : l’action. Nous devons accélérer notre transition
écologique, nous adapter aux changements inévitables. Nous devons identifier,
territoire par territoire, les risques et mettre au point des plans adaptés
pour anticiper les catastrophes, protéger les populations. C’est ce que nous
avions lancé à Matignon et que l’instabilité ne peut pas, ne doit pas empêcher
aujourd’hui. Merci à nos sapeurs-pompiers, à nos forces de l'ordre et à tous
les services de secours mobilisés. Votre courage fait la fierté du pays.
Restons prudents et solidaires. Restons mobilisés.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Apprendre à reconnaître les produits
ultra-transformés, comprendre ce qu’on met dans son assiette et d’où viennent
les aliments, savoir cuisiner, développer le goût : ce sont des compétences
essentielles. C’est pourquoi nous avons adopté à l'unanimité la proposition de
loi portée qui vise à rendre l’éducation à l’alimentation obligatoire à
l’école. C’est une vraie avancée pour la santé publique, pour la prévention et
pour redonner aux enfants, puis aux adultes, le pouvoir de choisir ce qu’ils
mangent, plutôt que de le subir.
> Le dépôt d’une bombe au domicile d’un ingénieur travaillant sur le projet Cigéo est un acte extrêmement grave. Il témoigne d’un glissement dangereux pour la démocratie. Le débat est sain. Et s’agissant du projet de Bure, il a lieu. Mais la menace et la violence individuelle sont inacceptables. Je n’ose imaginer que l’objet de cette attaque est le caractère nucléaire du projet, alors même que cette technologie est essentielle pour notre souveraineté et notre indépendance. Je veux exprimer tout mon soutien à cet ingénieur, à ses proches et à ses collègues. Leur travail est essentiel pour notre pays. Je me suis battue comme ministre, et je continuerai en tant que députée pour que la France se dote d’un mix énergétique équilibré. Je veux le redire clairement : nous avons besoin du nucléaire pour produire une électricité décarbonée, pilotable et souveraine. Cigéo est un projet important. Ce projet est destiné à assurer le stockage profond des déchets radioactifs les plus dangereux, ceux que nous avons déjà produits et dont nous devons assumer la responsabilité. C’est un impératif de sûreté à long terme.
> Ces crues à répétition ne sont pas une anomalie météo : elles sont la conséquence directe d’un climat plus chaud, donc plus chargé en eau, donc plus violent. La France, comme le reste du monde, entre dans une ère où l’inondation devient un risque structurel. Pendant longtemps, nous parlions d’« épisodes exceptionnels ». Aujourd’hui, ce mot n’est plus adapté. Nos villes, nos assurances, notre aménagement du territoire ont été pensés pour le climat d’hier. L’enjeu n’est plus de savoir si ces événements vont se reproduire. L’enjeu est de décider si nous voulons encore les subir, ou enfin les anticiper. Arrêter d’artificialiser les sols qui devraient absorber l’eau. Intégrer le risque d’inondation dans chaque décision publique : urbanisme, logement, infrastructures, agriculture, assurance. Et, lorsque c’est nécessaire, organiser la relocalisation plutôt que la reconstruction à l’identique. C’est le sens du Plan national d’adoption au changement climatique que j’ai présenté en mars dernier, qui prépare la France à la multiplication des événements climatiques extrêmes et dont les plus de 200 actions sont en cours de déploiement. Je le dis avec force : s’adapter, ce n’est pas renoncer. C’est protéger. Et face à l’accélération du dérèglement climatique, nous devons nous aussi accélérer.
Marc Ferracci (député)
> Dans la France de Macron, on nomme les choses. On peut contester les mots.
On ne peut pas contester les faits.
- Quand on attise la violence et la haine
- Quand on délégitime la police ou la justice
- Quand on fracture la société
On est dans les extrêmes. La France de Macron, c’est le choix de la République,
de l’État de droit et de la responsabilité.
> Dans la France de Mélenchon on a le droit de frapper pour blesser, pour estropier, mais pas pour tuer. Voilà de laborieuses et misérables circonvolutions pour masquer la responsabilité politique de LFI dans la progression de la violence.
> Sur franceinfo ce matin, j’ai rappelé
une chose simple au sujet de la France Insoumise:
- Quand on remet en cause l’autorité de la police, de la justice,
- Quand on fragilise nos institutions, l’État de droit,
- Quand on oppose communautarisme et universalisme républicain, on n’est pas un
parti politique classique. On est aux extrêmes.
> CIGEO : S’attaquer à un ingénieur chez lui, c’est s’attaquer à la République. Un engin explosif a été découvert au domicile d’un collaborateur de l’ANDRA lié au projet Cigéo, projet de centre de stockage géologique profond pour les déchets radioactifs. Une action revendiquée par des opposants au projet d’enfouissement de Bure dans la Meuse. C’est inacceptable. Je veux dire ici mon soutien plein et entier à cet ingénieur, à sa famille, et à toutes celles et ceux qui travaillent pour la sûreté nucléaire de notre pays. On peut débattre du nucléaire. On peut contester un projet. Mais on ne menace pas nos agents, nos scientifiques, nos ingénieurs dans leur vie privée. Jamais. Au-delà de cet acte grave, cette affaire rappelle une vérité : nous avons fait le choix du nucléaire pour produire une électricité décarbonée, pilotable et souveraine. Nous devons donc assumer la gestion sûre et durable de nos déchets. C’est précisément l’objectif du projet Cigéo, fruit de décennies de recherches scientifiques, d’évaluations indépendantes et de procédures démocratiques. Ce projet n’est pas idéologique. Il est nécessaire. La responsabilité politique, ce n’est pas céder à la peur ou à la pression. C’est préparer l’avenir avec lucidité. La République protége celles et ceux qui servent l’intérêt général. Et le projet Cigéo avancera, parce que l’intérêt national ne se négocie pas sous la menace.
Olivia Grégoire (députée)
> Ma proposition de loi visant à créer un enseignement obligatoire
d’éducation à l’alimentation est adoptée à l’unanimité.
Des années d’engagement collectif reconnues pour que chaque enfant apprenne à
bien manger, comprenne ce qu’il mange et d’où cela vient.
Daniel Labaronne (député)
> Notre proposition de loi pour étendre et
renforcer le droit de préemption commercial est adoptée.
- Garantir aux maires la capacité de préempter les baux commerciaux
- Préserver le dynamisme et la diversité des commerces de proximité
- Assurer la vitalité de nos centres villes.
Julie Delpech (députée)
> [Situation salariale et statutaire des
psychologues exerçant dans les services publics de santé mentale, en
particulier au sein des établissements publics de santé et des centres
médico-psychologiques (CMP) / Intervention à l’Assemblée] Ces professionnels,
qui assument des responsabilités cliniques essentielles dans la prise en charge des troubles psychiques,
travaillent dans un contexte de très forte tension des services marqué par des besoins
croissants et un manque persistant de moyens humains.
Pourtant, leur rémunération demeure structurellement faible en raison d’une
stagnation des grilles indiciaires, dénoncée de longue date par la profession.
Je tiens à souligner que les mesures issues du Ségur de la santé, souvent mises
en avant, prennent essentiellement la forme de primes. Or celles-ci ne
constituent pas des éléments de rémunération pérennes intégrés aux grilles
indiciaires et ne répondent donc ni aux enjeux de carrière ni à ceux de
reconnaissance statutaire et d’attractivité du métier à long terme. Je relève
par ailleurs que les perspectives d’évolution de carrière restent
particulièrement limitées, notamment en raison d’un accès très restreint au
grade hors classe, dont le taux, actuellement fixé à 9 %, figure parmi les
plus bas de la fonction publique hospitalière. Cette situation conduit à des
inégalités importantes entre agents et alimente un sentiment durable de
déclassement professionnel.
Jean-Luc Fugit (députée)
> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe
d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Ce samedi, un habitant de ma
circonscription est mort. Quentin n’avait que 23 ans. Quentin est mort
sous les coups. Quentin est mort victime d’un déchaînement de violence. Quentin
est mort lynché par des militants d’ultragauche venus en découdre en marge
d’une intervention de la députée européenne de la France insoumise Rima Hassan
à Lyon. Ce crime nous révolte. Au nom du groupe Ensemble pour la République,
j’adresse mes condoléances les plus sincères à la famille et aux proches de
Quentin. Rien, absolument rien, ne justifie la mort de ce jeune homme. Aucune cause,
aucune idéologie ne justifie que l’on tue pour elle. Aucune cause, aucune
idéologie ne mérite qu’on soit tué à cause d’elle.
Ce meurtre nous indigne mais il est aussi la conséquence inévitable de la
radicalisation des opinions, de la culture de la haine et de la banalisation de
la violence promue chaque jour par l’ultragauche et l’ultradroite. Cette
culture de la brutalité et de la haine est parfois entretenue ici même. Oui,
collègues de la France insoumise et du Rassemblement national, je parle de vous,
de vos mots, de vos actes !
Vous attisez les divisions et instrumentalisez les haines. Vous encouragez la
brutalisation constante de notre société et vous transformez vos adversaires
politiques en ennemis à abattre. Rejetons la haine des extrêmes, car c’est
notre responsabilité d’élus de contribuer à apaiser. Avec les députés du groupe
Ensemble pour la République et le parti Renaissance, nous voulons de la
décence, de l’écoute, du respect et de la dignité dans le débat public.
● MoDem
Delphine Lingemann (dépuée)
> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe
d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Il y a cinq jours, un jeune
homme de 23 ans, Quentin, a perdu la vie en marge d’une conférence
organisée à Sciences Po Lyon. Ce drame nous oblige. Au-delà de l’émotion, il
révèle une réalité plus profonde : la fragilisation progressive de l’État
de droit dans certains espaces universitaires. Les faits sont là, répétés, tous
convergents : à Lyon 2, un cours interrompu ; à Rennes 2,
des dégradations ; à Nantes, un campus évacué ; à Paris 1,
l’intervention des forces de l’ordre. Il ne s’agit pas simplement d’une série
d’incidents – pourtant nombreux –, mais d’un basculement.
Certaines universités, de lieux de savoir et de confrontation intellectuelle, deviennent des
espaces de conflictualité politique où le débat cède à l’invective et, trop
souvent, à l’intimidation. Il s’y déploie un véritable entrisme, stratégie assumée d’occupation des lieux de
savoir par des acteurs politiques extrémistes qui ne cherchent plus à convaincre mais à imposer leur doctrine.
Or une démocratie repose sur l’équilibre entre la liberté du débat et la garantie de l’ordre public. Quand
cet équilibre se rompt, c’est l’État de droit qui vacille.
Oui, l’autonomie universitaire est essentielle, mais elle ne peut servir
d’alibi à l’inaction. La liberté ne saurait couvrir des logiques de
radicalisation par les extrêmes, de gauche comme de droite.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
> Il y a deux ans, Alexeï Nalvany mourait dans les geôles du régime de
Vladimir Poutine. Emprisonné dans des conditions inhumaines, il a été assassiné
par empoisonnement. C’est ce qu’a confirmé une enquête menée par plusieurs
pays, dont la France. Vladimir Poutine est prêt à tout, y compris contre son
propre peuple, pour se maintenir au pouvoir. N’oublions jamais cette réalité.
Nous rendons hommage à Alexeï Nalvany, figure de la résistance face à
l’oppression exercée par Vladimir Poutine. Son combat pour une Russie démocratique
et libre continue.
Valérie Hayer (députée, présidente)
> La paix en Ukraine ne pourra se faire sans les Ukrainiens et sans les
Européens qui seront là pour assurer les garanties de sécurité. L’enjeu
aujourd’hui est de forcer Vladimir Poutine à un cessez-le-feu. Et pour cela il
faut aider l’Ukraine. Nous l’avons encore fait il y a une semaine au Parlement
européen en validant un prêt de 90 milliards à l’Ukraine. RN et LFI n’ont pas
soutenu ce prêt…
> Nos partenaires européens attendent la France. Chacun des discours d’Emmanuel Macron est scruté. Et il y a les résultats : la Coalition des volontaires, la préférence européenne.
> Donald Trump veut des Orbán partout en Europe. Il veut affaiblir notre modèle démocratique et détruire l’Europe pour une raison simple : à 27 nous pouvons lui résister.
Pascal Canfin (député)
> [Tribune coécrite avec Sandro Gozi: « L’Europe doit continuer à s’élargir
pour arrimer de nouveaux États à sa sphère d’influence »]
Le monde avance à une vitesse qui défie celle du projet européen. Si l’Europe
n’ose pas un sursaut d’intégration, elle risque de se retrouver paralysée,
incapable de prendre les décisions qui s’imposent dans un monde de tensions
géopolitiques grandissantes, de rivalités technologiques acérées et d’urgence
climatique. Les forces réactionnaires l’ont déjà bien compris et s’organisent
pour défier et affaiblir l’Europe de l’extérieur et de l’intérieur.
À l’extérieur, Trump et Poutine font de l’Union, de ses valeurs, de ce qu’elle
représente, leur adversaire numéro un. À l’intérieur, les partis nationalistes,
comme l’AFD en Allemagne ou le RN en France, sont leurs relais politiques. Ce
qui les unit, c’est une même stratégie : empêcher l’Europe de décider, de
financer, de se défendre et donc d’exister comme puissance.
Face à ces menaces, les familles politiques pro-européennes de notre continent
ne doivent pas hésiter. Le saut d’intégration que Mario Draghi appelait déjà de
ses vœux il y a plus d’un an est dorénavant une question de
survie. L’histoire européenne le montre : de grandes avancées politiques
comme l’euro ou l’espace Schengen n’ont pas été réalisées à 27. Elles ont été
portées par des groupes d’États volontaires. En octobre dernier, le Parlement
européen a soutenu le rapport sur la gouvernance et l’élargissement qui promeut
une Europe qui fait de la coopération renforcée un moteur de puissance, de
souveraineté et de résultats concrets.
Il ne faut pas avoir peur de ce débat : si nous ne pouvons pas faire l’Union
des marchés de capitaux et un endettement commun à 27, faisons-le à moins
d’États, mais faisons-le maintenant. Nous avons l’un des taux d’épargne les
plus élevés au monde, mais pas assez d’investissements. Mobilisons cette
épargne au profit de projets stratégiques associant les entreprises et les
autorités publiques. Si nous ne pouvons pas faire à 27 l’Union de l’énergie
pour faire baisser les prix, renforcer notre résilience et notre indépendance
grâce à l’intégration renforcée de nos réseaux électriques, faisons-le à moins
d’États, mais faisons-le maintenant.
Nous n’avons pas réussi à nous défaire de l’emprise du gaz russe, qui nous a
explosé à la figure avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, pour retomber
dans une nouvelle dépendance, au gaz de schiste américain. Si nous ne pouvons
pas faire l’Europe de la défense à 27 car elle est bloquée par Viktor Orban,
l’allié de Trump et de Poutine, faisons à moins d’États mais faisons-le
maintenant.
L’Europe doit continuer à s’élargir pour arrimer de nouveaux États à sa sphère
d’influence, à ses valeurs démocratiques, à son marché unique, qui est l’un des
tout premiers au monde. Mais, en parallèle, nous devons organiser une plus
grande intégration dans des domaines vitaux qui forgeront notre capacité à
jouer dans la cour des grands au 21ème siècle : le financement des innovations
stratégiques, l’industrie de la défense, le déploiement des énergies
décarbonées.
Après la chute du mur de Berlin, les chefs d’États et de gouvernement de
l’époque, à commencer par François Mitterrand et Helmut Kohl, ont forgé l’euro,
qui est aujourd’hui un outil clé de la puissance européenne. Cela n’allait pas
de soi. Aujourd’hui, faire les sauts d’intégration en matière de défense,
d’énergie ou de marchés de capitaux ne va pas de soi non plus. Mais notre
liberté et notre indépendance sont à ce prix.
Sans industrie européenne de la défense, pas d’autonomie stratégique face aux
Etats-Unis. Sans financement intégré et massif des innovations dont nous avons
besoin, impossible de créer les champions européens dont nous manquons
cruellement face à la tech chinoise et américaine. Sans intégration de nos
réseaux électriques pour que toute l’Europe puisse bénéficier des atouts du
nucléaire français comme des renouvelables danoises et espagnoles, impossible
de se passer de manière accélérée des énergies fossiles russes, américaines ou
qatari.
Des propositions récentes viennent donner corps à cette ambition : Lars
Klingbeil, vice-chancelier et ministre allemand des finances, a proposé fin
janvier des avancées autour d’un noyau dur de six pays ; La France a également
annoncé être prête à passer à des coalitions de volontaires pour avancer plus
vite sur différents sujets ; Même la présidente de la Commission européenne a
ouvert la voie au recours à la coopération renforcée pour faire à quelques-uns
ce que nous ne pourrons pas faire à 27. Il est donc temps d’agir en ce sens !
Nous appelons Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Pedro Sanchez, Donald Tusk…, à
être à la hauteur de cette responsabilité historique partagée. Confiez à Mario
Draghi la responsabilité de négocier ces avancées européennes. Donnez-vous
quelques mois, pas plus, pour y parvenir. Ce sera le signal de la reconquête
européenne.
> Le MACF, le mécanisme d'ajustement
carbone aux frontières, plus connu sous le nom de taxe carbone aux frontières,
est en vigueur en Europe depuis le 1er janvier de cette année.
C'est une bonne nouvelle pour nos industries qui en bénéficient, ce qui inclut
le secteur des engrais, soumis à une forte pression internationale de la part
des importations Russes, Biélorusses ou Egyptiennes.
Cependant, j’entends depuis quelques jours que cette entrée en vigueur de la
taxe carbone aux frontières amènerait à une pénurie d’engrais en Europe, et
poserait donc un risque pour notre souveraineté.
Les chiffres sont malhonnêtes : nous n’avons jamais autant importé d’engrais
qu’en décembre dernier. Les stocks sont pleins.
Plutôt que d’attaquer un outil qui a pour objectif de redonner de la
souveraineté à l’Europe, à sa base industrielle, et à son agriculture,
concentrons-nous sur comment le faire fonctionner, et comment s’assurer que
l’offre d’engrais européens et décarbonés soit abordable pour nos agriculteurs
et en particulier les céréaliers.
Et le plus important pour moi : mettons-nous d’accord sur les faits et ne
propageons pas de fake news !
Stéphanie Yon-Courtin (députée)
> Protection des mineurs en
ligne. Il faut une protection
minimale. C'est une question de santé publique. Enormément d'études
scientifiques montrent à quel point jusqu'à 13 ans — alors qu'ils sont encore
en plein développement — les enfants n'ont pas le recul nécessaire. L'âge de 13
ans est celui fixé par toutes les plateformes et les réseaux sociaux mais ne
l'appliquent pas.
> Enfin ! La Commission européenne se décide enfin à lancer une enquête contre SHEIN dans le cadre du DSA. Cette enquête est le résultat de notre pression : grâce à l’action des autorités et de la DGCCRF qui a rapidement réagi à l’affaire des « poupées » pédopornographiques, j’ai pris l’initiative d’une question écrite et d’une résolution pour que le Parlement européen demande dès novembre dernier à la Commission d’ouvrir une enquête DSA et d’imposer des sanctions contre Shein. Bien que bienvenue, cette décision intervient très tard : la première demande d’information avait été envoyée à Shein dès 2024. La Commission doit désormais conclure les investigations au plus vite et prendre les mesures nécessaires, jusqu’à la suspension de la plateforme si Shein persiste à piétiner nos règles et à mettre les consommateurs en danger, en particulier les plus jeunes.
Sandro Gozi (député)
> La vente de poupées sexuelles à l’apparence
infantile est une ligne rouge. La Commission européenne a raison d’enquêter.
Dans l’UE, protéger les mineurs n’est pas négociable. Le Digital Services Act
s’applique : pas de respect des règles, pas d’accès à notre marché. Zéro
tolérance.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> Le rapport du Plan alerte : l’industrie européenne subit le rouleau
compresseur chinois. Dans tous les secteurs, dans tous les pays. En Allemagne,
10 000 emplois industriels disparaissent chaque année. L’Europe a les moyens du
sursaut.
> Un seul chiffre : ce sont 55%, donc plus de la moitié, des productions sur le marché européen qui sont fortement menacées par des produits chinois qui pourraient les remplacer. Ce n'est pas un sujet d'une ou deux filières: c'est le sujet de toute notre économie industrielle. Et l'industrie, je le rappelle, c'est la défense, c'est la souveraineté, c'est l'emploi. La filière automobile en Europe, c'est 13 millions d'emplois.
> A Paris, il faut changer. Parce que la ville n'est pas gérée. Parce que la ville, c'est le bordel. Dans la gestion des travaux, dans la gestion de la circulation, dans l'entretien de la voirie, dans la propreté. Les fonctions essentielles de la municipalité sont mal fichues aujourd'hui. C'est ça que les Parisiens ne veulent plus.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à
l’Enfance)
> L’action publique doit s’appuyer sur l’expertise des victimes. Réunion
avec 25 assos engagées auprès des enfants victimes pour avancer vers un Conseil
des victimes : reconnaître leur expérience, couvrir toutes les violences, créer
un outil utile.
> C’est au tour de l’Irlande d’ouvrir une enquête pour l’Union européenne sur les deepfake sexuelles générées par Grok. Voir des enfants et des femmes représentés nus en ligne est une honte absolue. Ceux qui laissent faire ou ferment les yeux seront tenus pour responsables.
> Les jeunes ne manquent pas d’outils numériques : ils ont besoin de clés de compréhension pour devenir des utilisateurs alertes et responsables.
> Le défi du numérique pour les enfants n’est pas technologique, il est éducatif. À l’ouverture du baromètre « Enfance & Numérique », j’ai rappelé une méthode : soutenir les parents avec des repères clairs existants pour faire du numérique un outil safe !

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