mercredi 18 février 2026

Propos centristes. France – Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Sécurité à l’école / Violences dans les universités / Politique de santé / Agression de Poutine contre l’Ukraine / Menaces économiques chinoises…


Voici une sélection, ce 18 février 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Compagnon de Martin Luther King, Jesse Jackson, promoteur infatigable des droits civiques, n’a cessé de défendre la paix, la justice et la fraternité. Il a partagé les valeurs des Lumières universelles au cœur de notre projet républicain. Sa disparition est une perte immense.

> Inde et France, nous décidons d’élever notre partenariat stratégique au rang de partenariat stratégique global spécial. En diplomatie, cela veut dire beaucoup.

> Au Taj Mahal Palace de Mumbai, nous avons rendu hommage aux victimes des attentats de 2008. À leurs familles, à leurs proches, à l’Inde : la France est à vos côtés. Face au terrorisme, unité et détermination.

> [Déclaration lors de sa rencontre avec Narendra Modi] (…) La relation franco-indienne, vous venez de le rappeler, Monsieur le Premier ministre, est dans une phase d'accélération remarquable, et ce, en réponse à la mutation de l'ordre international.
Comme nos discussions aujourd'hui l'ont montré, nous allons poursuivre cela tout au long de la journée et dans les jours qui suivent, cette relation, marquée par la confiance, l'ouverture, l'ambition, a décidé d'élever encore d'un cran la structuration, et nous avons opté pour un partenariat stratégique spécial mondial, ce qui donne une nouvelle coloration et des ambitions nouvelles au lien entre l'Inde et la France.
Cela part d'abord d'un constat commun et d'une volonté commune que nous portons depuis 8 années et qui n'ont été que, année après année, je veux dire malheureusement, confirmés par les événements, que nous croyons dans une troisième voie, un Indo-Pacifique libre et ouvert, la coopération en matière de technologie, de défense, de commerce, et la volonté de ne subir aucune forme d'hégémonie. Nous croyons dans l'État de droit, nous croyons dans la prévisibilité, nous croyons dans le multilatéralisme efficace, et nous l'avons ensemble, ces dernières années, démontré avec des initiatives très concrètes, comme l'IMEC qui a été lancée et dont nous partageons le secrétariat lors de votre G20. Évidemment, la gouvernance de l'intelligence artificielle, avec cette année ce sommet que vous accueillez, et je n'oublie pas l'Alliance solaire internationale que nous avons portée ensemble il y a 8 ans.
Cette confiance est le socle de notre coopération, et si je reviens aux sujets bilatéraux, nous souhaitons en effet avancer encore davantage. Nous avons décidé d'ambitions nouvelles, pour nos étudiants, pour nos entreprises, et en particulier nos start-ups et nos PME, pour notre commerce bilatéral. La France s'enorgueillit d'être un partenaire de confiance qui a trouvé sa place dans le programme Make in India, pour lequel nous et nos industriels sommes prêts à offrir des formes de coopération inédites. C'est le sens de la coopération que nous avons, en matière de défense en particulier. Je dois convoquer ici les Rafales, comme les sous-marins, les nombreux projets que nous lançons ensemble, tels que la chaîne d'assemblage finale que Tata met en place pour les hélicoptères et Airbus H125 à Bangalore, et nous venons à l'instant d'en inaugurer les capacités, le moteur du futur avion de combat, AMCA, de 5ᵉ génération, la production de l'arme air-sol de précision HAMMER en Inde, etc.,
etc. Nous sommes des partenaires de confiance du Make in India qui savons échanger sur les meilleures technologies et aussi donner toute sa place à la création d'emplois dans votre pays, comme vous l'avez souhaité.
L'importance qu'accordent nos deux pays au concept d'autonomie stratégique, pilier de nos souverainetés respectives, sous-tend l'approfondissement de notre coopération dans tous ces domaines. La défense, vous venez de l'évoquer, je viens de le rappeler, je voudrais aussi citer quelques-uns des autres segments de cette relation et de la même vision que nous avons. Le spatial, où l'Inde a fait des prouesses et où nous avons, depuis plusieurs années, une relation extrêmement forte. J'ai invité, évidemment, l'Inde et à la fois le Premier ministre et l'ensemble des représentants de la filière au sommet que la France tiendra en juillet prochain en la matière.
L'énergie nucléaire civile. Nous avons des projets comme celui de Jaitapur qui sont ô combien importants pour nous et nous verrons les partenaires privés qui ont été désignés comme pertinents pour pouvoir faire avancer ce projet. Les métaux et minerais critiques, nous allons signer, là aussi, une feuille de route commune. L'Inde et la France ont la même vision sur ce sujet, celle qui consiste, là aussi, à ne subir aucune forme d'hégémonie et à ne pas tomber dans la conflictualité de quelques-uns, mais d'avoir une approche partenariale ouverte et lucide. Évidemment, l'aéronautique est un domaine clé de cette relation, comme les transports ferroviaires et en particulier les trains à grande vitesse, où la France a commencé et souhaite être plus encore un partenaire de confiance dans la durée.
La confiance a été au cœur des discussions que nous venons d'avoir avec Monsieur le Premier ministre. Conversation franche, opérationnelle, ambitieuse, qui s'inscrit dans celle que nous bâtissons et que nous avons bâtie toutes ces dernières années et qui, au fond, repose sur l'ambition que nous voulons nourrir, je l'ai dit : l'augmentation substantielle de notre commerce, la volonté d'avoir encore plus d'échanges et de transferts de technologies. Et dans quelques instants, nous allons lancer conjointement avec le Premier ministre l'année franco-indienne de l'innovation, le réseau franco-indien de l'innovation, une plateforme numérique unique pensée pour connecter nos entreprises, nos start-ups, nos investisseurs, nos universités et nos centres de R&D. C'est là une avancée importante qui correspond à l'esprit que nous portons l'un et l'autre dans les domaines clés qui ont été identifiés par nos ministères.
Une autre initiative majeure sera le Centre franco-indien pour l'intelligence artificielle en santé. Je serai demain aux côtés des équipes à New Delhi avec la Sorbonne Université, l’AIIMS, l'hôpital le plus prestigieux de l’Inde, et notre ambition est de placer l'innovation au cœur de cette relation bilatérale en structurant notre partenariat plus étroitement autour de cet impératif pour la croissance de nos économies ainsi que pour le dynamisme de nos sociétés. L'innovation toujours, la rupture technologique, et c'est cette vision qui est développée plus en détail dans la feuille de route « Horizon 2047 », que nous avons annoncée ensemble en 2023 à Paris, à l'occasion du 25ᵉ anniversaire de notre partenariat stratégique. Elle définit les grands objectifs vers lesquels nous tendons pour renforcer notre relation bilatérale, structurante, et nous avons placé la recherche, la technologie, l'enseignement supérieur, la mobilité étudiante et scientifique au cœur de notre partenariat.
C'est d'ailleurs dans cet esprit que se tiendront demain à Delhi les rencontres universitaires et scientifiques de haut niveau, RUSH, sur l'avenir de la coopération franco-indienne, événement majeur réunissant plus de 200 institutions françaises et indiennes, et nous gardons le cap de ce triplement au nombre d'étudiants indiens que nous voulons voir en France. Ces dernières années, nous avons été trop lents. C'est notre responsabilité commune, sans doute en fléchant insuffisamment dans certaines institutions la France comme destination, et en étant, de notre côté, pas assez simples et pragmatiques sur les visas accordés aux étudiants. Et donc, nous avons bien identifié les sujets auxquels nous allons remédier. Je veux ici redire l'importance de cette ambition. Il ne faut pas lâcher.
De la même manière, nous souhaitons simplifier la vie des projets, le Premier ministre l'a évoqué, avec l'accord fiscal de non-double imposition, avec aussi la décision que nous avons prise de lever les visas de transit dans nos aéroports pour faire de la France un hub de transit dans les connexions longue distance.
C'est également dans cet esprit que je rencontrerai demain à l’Institut français en Inde les nouveaux Passeurs de culture qui développent les échanges artistiques et renforcent nos liens dans l'industrie culturelle et créative qui est importante pour nous deux. L'Inde et la France sont deux nations qui ont beaucoup à raconter au monde, à dire, à partager. Nous nous respectons, nous nous admirons. L'illumination spectaculaire de La Porte de l'Inde ce soir sera aussi un symbole de cette célébration des arts et de la culture. J'étais tout à l'heure avec des acteurs, réalisateurs, producteurs et productrices indiens, et j'ai pu voir l'importance de ce lien. Et donc, nous allons régler les difficultés qui ont pu apparaître dans un temps plus récent pour favoriser nos coproductions. Et nous avons décidé de donner une ambition nouvelle, là aussi, en matière d'industrie culturelle et créative, avec des projets très concrets qui seront détaillés demain et que nous porterons dans les prochains mois.
Cet agenda bilatéral est au service de ce multilatéralisme efficace auquel je crois, de la vision que nous portons. C'est celle qui préside à nos choix dans la région, celle d’une stratégie indopacifique ouverte, respectueuse, c'est aussi ce qui correspond à une vision commune en matière de commerce. Nous croyons dans le commerce international. Nous récusons les méthodes de coercition. Et c'est pourquoi l'accord de libre-échange entre l'Inde et l'Union européenne est une étape importante que soutient fortement la France et sur laquelle nous souhaitons continuer d'avancer. De la même manière, c'est cette même vision du multilatéralisme efficace qui porte notre ambition commune en matière d'intelligence artificielle. Vous étiez là l'année dernière, je serai à vos côtés demain, et nous souhaitons évidemment avoir un agenda qui soutient l'innovation, qui permet à nos pays d'être dans la compétition internationale, celle des datacenters, des capacités de calcul, celle, évidemment, des modèles de langage, mais plus largement de l'innovation et de la diffusion de ces innovations dans tous les segments de l'industrie.
Je veux, à cet égard, dire combien nous portons ensemble la même volonté d'avoir une intelligence artificielle respectueuse du multilinguisme. C'est l'ambition que nous portons aussi pour la francophonie, que vous portez pour l'hindou, et qui consiste à avoir une IA qui correspond à, justement, notre monde, pluriel, et combien nous partageons ensemble la nécessité de mieux réguler l'intelligence artificielle et les réseaux sociaux, qu'il s'agisse des algorithmes que nous voulons voir plus transparents ou qu'il s'agisse de la protection de nos enfances.
Enfin, ce multilatéralisme, c'est celui que nous voulons aussi dans les grands conflits. Nous devons agir pour mettre fin à la guerre d'agression menée par la Russie et établir une paix juste et durable, conformément aux principes de la Charte des Nations unies. Comme le cessez-le-feu reste, et je le déplore, difficile à obtenir, nous pourrions unir nos efforts pour soutenir la mise en place d'un moratoire immédiat et durable sur les frappes contre les civils, les infrastructures civiles, qui sont un objectif de court terme salutaire, indispensable en la matière. Et de la même manière, nous souhaitons aussi multiplier les initiatives communes pour lutter contre le terrorisme, assécher son financement et dénoncer tous les groupes terroristes qui nous ont fait souffrir les uns et les autres durant ces dernières années.
Cette année 2026 est une année d'accélération de notre partenariat, de concrétisation de beaucoup de cet agenda. C'est aussi l'année durant laquelle, monsieur le Premier ministre, vous présidez le groupe des BRICS et la France préside le groupe du G7. C'est dans ce sens que j'ai invité le Premier ministre Modi, comme invité tout à fait particulier du sommet du G7 à Évian, c'est aussi dans cet esprit que nous avons la volonté de bâtir des convergences quelques semaines
avant ce sommet du G7 par une réunion ad hoc qui nous permettra d'essayer d'établir des convergences concrètes sur l'agenda international, le règlement des grands déséquilibres avant Évian. Et c'est aussi à cette fin que nous avons décidé ensemble de pouvoir avoir, dans le cadre d'un segment bilatéral qu'effectuera le Premier ministre, un moment pour l'innovation, nos jeunesses, associant la jeunesse indienne des meilleures universités et centres de recherche, nos jeunesses, en France, européennes et celles du G7, pour pouvoir continuer, justement, de mobiliser au service de l'innovation et du règlement des grands problèmes qui sont les nôtres.
Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je souhaitais dire en complément du Premier ministre : la confiance, l'ambition, le redoublement de nos actions communes. Au fond, le partenariat entre l'Inde et la France est un partenariat stable, prévisible, au service de nos deux peuples, qui a apporté beaucoup de résultats ces dernières années, mais que nous voulons rendre encore plus efficace, en particulier en matière de recherche, d'échanges entre nos étudiants et de commerce. Mais c'est aussi un partenariat qui, lorsqu'il propose au reste du monde des choses concrètes, qu'il s'agisse du solaire, des grandes infrastructures de connectivité, ou de l'intelligence artificielle, a su avoir des résultats extrêmement concrets. C'est dans cet esprit que nous voulons continuer à avancer avec le Premier ministre, et c'est aussi dans cet esprit qu'au-delà des partenariats bilatéraux, nous allons avancer dans le cadre de nos présidences communes pour faire converger le G7 et les pays du BRICS, mais aussi pour faire converger nos vues communes sur les grands sujets que je viens d'évoquer.

> [Extraits du discours à l’occasion du lancement de l'année franco-indienne de l'innovation]
(…) L'innovation est un moteur de notre croissance économique. Comme l'a souligné le prix Nobel français Philippe Aghion : « L'innovation est aussi ce qui nous permet de relever les grands défis de notre époque, du changement climatique aux inégalités. » C'est pourquoi nous avons créé le plan France 2030, qui prévoit d'investir plus de 50 milliards d'euros dans les secteurs d'avenir, créant ainsi des milliers de projets et près de 200 000 emplois. Je suis très fier d'accueillir ici une délégation française exceptionnelle, représentative de tous les secteurs possibles : transports, activités portuaires, ciment, intelligence artificielle… Tous les secteurs, énergie, infrastructures, sont représentés, avec de nombreux acteurs innovants. Mais l'innovation est d'autant plus forte qu'elle est partagée. L'Inde le sait mieux que quiconque. Lors de la pandémie de covid19 en 2021, elle a mené la plus grande campagne de vaccination de l'histoire, administrant 25 millions de doses en une seule journée et atteignant le milliard de doses en seulement neuf mois. Fidèle à cette philosophie, l'Inde a créé CoWIN, une plateforme numérique open source, et l'a mise à disposition de 142 pays pour qu'ils puissent faire de même. (…)
Lutter contre le changement climatique implique aussi de transformer notre façon de produire de l'énergie. La France soutient l'ambition de l'Inde d'élargir son accès à une énergie décarbonée grâce aux grandes centrales nucléaires et aux petits réacteurs modulaires. Cette année, nous développerons plusieurs projets majeurs dans ce domaine. Nous avons lancé ensemble, il y a huit ans, l'Initiative Alliance Solaire, qui fonctionne d'ailleurs très bien. Nous avons de nombreuses initiatives nucléaires civiles en Inde. Cette année, avec Airbus, nous développerons un démonstrateur pour la production de carburant d'aviation durable, contribuant ainsi à accélérer la décarbonation du transport aérien en Inde. Je pourrais citer bien d'autres initiatives de ce type pour illustrer la force et la profondeur de ce partenariat.
Notre partenariat est également guidé par une conviction commune : l'innovation ne se limite pas aux grandes avancées technologiques, mais concerne aussi le bien commun, l'amélioration du quotidien, la rendant plus saine et plus sûre. C'est l'ambition qui sous-tend des initiatives telles que le projet « De la ferme à l'assiette », mené par l'Institut français de Pondichéry en partenariat avec le Groupe Vilavi. Ce projet permettra de suivre les produits agricoles à chaque étape, d'en garantir la qualité et de protéger les consommateurs.
Permettez-moi également de souligner que l'innovation exige d'investir dans l'éducation et la formation de nos populations. Si j'évoque le bien commun, le lancement du Campus franco-indien d'aéronautique représente une formidable opportunité pour nos pays de développer une expertise unique. Ce campus repose lui aussi sur un partenariat très solide en matière d'éducation et de recherche. Alors que nous célébrons le 40e anniversaire du Centre franco-indien pour la promotion de la recherche avancée, je crois que nous avons également une précieuse occasion d'approfondir nos liens scientifiques et universitaires. (…)

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche] La Présidente du groupe LFI affirmait aujourd’hui qu’«aucun insoumis n’est impliqué de près ou de loin dans ces violences ». Ce soir, un assistant parlementaire d’un Député LFI a été interpellé. Sans présager de la suite de l’enquête et attenter à la présomption d’innocence, je redis que oui, le ménage doit être fait dans vos rangs. Et vite.

> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche/ Intervention à l’Assemblée] Comme l’a fait le garde des sceaux, ministre de la justice, à l’instant, et en s’associant à l’hommage que la présidente de l’Assemblée nationale a rendu au nom de la représentation nationale, le gouvernement de la République dit toute sa solidarité et toute sa compassion à la famille du jeune Quentin et lui présente ses condoléances. C’est un drame absolument épouvantable, les images sont insoutenables. Ce qui s’est passé ne doit pas rester impuni.
La première chose à faire, le garde des sceaux vient de le dire, c’est de s’assurer que la vérité judiciaire passe sans aucune pression sur les enquêteurs ni sur l’autorité judiciaire. Le gouvernement dit toute sa confiance dans les institutions pour que la vérité des faits soit établie et que les responsabilités soient engagées.
La deuxième exigence porte précisément sur les responsabilités. Je vois bien qu’il y a une tentation de nier la responsabilité individuelle. Or dans notre société, chaque individu est responsable individuellement de ses actes. Et je ne veux pas qu’on fasse évoluer le centre de gravité de cette responsabilité, comme je commence à le voir dans la presse depuis quarante-huit heures, où on peut lire que ce serait la responsabilité du corps préfectoral et de la police de Lyon qui aurait manqué à sa mission, en n’assurant pas la sécurité aux abords de Sciences Po Lyon. Les responsables sont celles et ceux qui commettent des actes de violence. Il ne faut pas inverser le récit !
La troisième exigence –
 vous la connaissez, vous qui en plus avez été ministre de lenseignement supérieur –, cest notre capacité à protéger les débats intellectuels au sein des universités. Les troubles répétés à lordre public  plusieurs dizaines – menacent ce qui fait lidentité de luniversité française, qui est un lieu de liberté de rencontres et de débats intellectuels. Ces troubles mettent en danger cette liberté.
J’ai demandé au ministre Philippe Baptiste de resserrer le lien avec les recteurs et les présidents d’universités. Malheureusement, si nous devons interdire un certain nombre de conférences, ce qui doit demeurer l’exception, il faudra le faire, parce que c’est le seul moyen de défendre nos principes de liberté du dialogue et de la production intellectuelle, auxquels nous sommes tous attachés.
La quatrième exigence, c’est évidemment le refus de la violence politique. Elle demande une grande clarté et nécessite de sortir de toutes les formes d’ambiguïté. C’est vrai du rapport à la violence mais aussi du rapport à l’antisémitisme. Nous assistons à un moment de vérité au cours duquel certaines formations politiques ne pourront s’abriter derrière des raisonnements trop compliqués. Soit on lutte et on refuse la violence, soit on ne lutte pas contre elle. Il n’y a pas de double standard, il n’y a pas deux poids, deux mesures. Cela vaut pour tout le monde. On ne peut pas manier la rhétorique de la confrontation en permanence et ne pas voir que ce qui se passe parfois dans cet hémicycle peut infuser dans l’ensemble de la société.
J’en appelle donc à la responsabilité individuelle et à la responsabilité de chaque formation politique dans le respect du vote des Français et des valeurs de la République.

> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Madame la présidente Panot, ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject. On peut avoir des divergences politiques, mais lorsqu’on est un humaniste, c’est-à-dire lorsqu’on est attaché à l’être humain, on n’oppose pas un mort à un autre, un assassinat à un autre. Il n’y a pas une violence acceptable d’un côté et une violence inacceptable de l’autre. Le refus de la violence, de la violence physique comme de la violence verbale, vaut pour tout le monde, en tout temps, en tout lieu.
Voilà peut-être ce qui nous sépare : je suis le premier à condamner les violences perpétrées contre des députés Insoumis et je suis le premier à donner des instructions, par la voix du ministre de l’intérieur, aux forces de l’ordre que vous insultez quant à vous à longueur d’année ! Vous reprochez à la police de la République de tuer, et pourtant, parce que c’est ça la République, la police de la République se tiendra toujours aux abords de vos permanences et de vos meetings pour protéger la démocratie. C’est une différence profonde entre nous ! Mais la vraie question, c’est de savoir pourquoi tout le monde doute de votre sincérité et pourquoi personne ne veut vous croire : tout simplement parce qu’il est temps que vous fassiez le ménage, madame la présidente Panot ! Le ménage dans vos propos, dans vos idées et surtout dans vos rangs ! Depuis de nombreux mois, nous assistons à la multiplication de prises de parole d’une violence inouïe, parfois à caractère antisémite et ambiguës sur la question de la violence. Que ce grave assassinat, que cet homicide involontaire, serve au moins à ce que vous vous posiez les bonnes questions et à ce que vous en tiriez enfin des leçons et des conclusions !

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> Nos compatriotes de religion chrétienne et musulmane entrent aujourd’hui dans une période importante pour leur foi, le Carême et le Ramadan, que je leur souhaite pleine de paix et de joies partagées. La liberté de croire ou de ne pas croire doit nous rassembler dans le respect et la fraternité. En tant que ministre des Cultes, j’ai adressé dès le 13 février un télégramme aux préfets appelant leur attention sur la nécessaire vigilance à maintenir autour des manifestations et lieux à caractère religieux pendant ces festivités, pour que les fidèles puissent exercer leur culte en sécurité.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> À l’issue du 6ᵉ dialogue annuel de défense franco-indien, le Directeur général adjoint des relations internationales et de la stratégie pour la France et le Secrétaire à la Défense pour l’Inde ont signé un amendement prolongeant, pour dix ans renouvelables, l’accord de coopération dans le domaine de la défense entre nos deux gouvernements. Conclu le 20 février 2006 à New Delhi, cet accord structure depuis près de vingt ans notre coopération militaire et industrielle : dialogue stratégique, exercices conjoints, échanges de personnels, coopération industrielle, acquisition de matériels. En l’amendant avant son échéance de février 2026, nous en garantissons la continuité et la pleine efficacité au service de notre partenariat stratégique spécial.

> Nouvelle étape dans le renforcement de notre coopération de défense avec l’Inde. À l’issue du 6ᵉ dialogue annuel de défense franco-indien, Safran Electronics & Defense et Bharat Electronics Ltd. ont acté la création d’une joint-venture dédiée à la fabrication, la customisation, la commercialisation et la maintenance en Inde de l’armement air-sol modulaire de haute précision HAMMER. Un partenariat industriel concret au service de notre partenariat stratégique.

> Sixième dialogue annuel de défense franco-indien à Bangalore. Depuis plus de 25 ans, notre partenariat stratégique repose sur trois piliers structurants : confiance mutuelle et attachement commun à l’autonomie stratégique ; collaboration industrielle croissante ; entraînements et exercices opérationnels conjoints réguliers. Nations de l’Indopacifique, puissances mondiales, la France et l’Inde partagent une vision commune pour la sécurité et la stabilité dans le monde. Franc et substantiel, ce dialogue nous permet d’aborder ces enjeux et les évolutions rapides de l’environnement sécuritaire international.

> À l’occasion de la visite officielle du Président Emmanuel Macron en Inde, le Président de la République et le Premier ministre Narendra Modi ont inauguré à distance la ligne d’assemblage final des hélicoptères Airbus H125 à Bangalore. Je représentais la France sur place pour cet événement, qui illustre l’implication de la France dans la démarche indienne de développement de sa base industrielle et technologique dans le cadre du « Make in India ». C’est une nouvelle illustration du partenariat industriel de confiance que nous bâtissons avec l’Inde, qui devient le quatrième pays au monde à accueillir une ligne d’assemblage du H125.

> Profonde, dynamique et ambitieuse, la coopération de défense franco-indienne constitue un pilier majeur de notre partenariat stratégique et se renforce dans tous les secteurs, opérationnels comme capacitaires. (…)
Notre partenariat stratégique, fondé sur la confiance et l’autonomie stratégique, se renforce par une coopération opérationnelle et industrielle toujours plus étroite, au service de la stabilité dans l’Indo-Pacifique.

> La France et ses alliés luttent contre la « flotte fantôme » qui finance la guerre russe en Ukraine. Le 22 janvier, la Marine nationale, avec le concours de plusieurs alliés, a arraisonné le pétrolier Grinch, sous sanctions et en défaut de pavillon. Après trois semaines d’immobilisation et une lourde amende, il va quitter nos eaux. Nos forces sont engagées pour faire respecter les conventions internationales dans le cadre de l’action de l’Etat en mer : elles concourent ce faisant à la protection de la paix et de la sécurité en Europe et dans le monde.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
>
Je viens de présider la première réunion des ministres des affaires étrangères du G7 sous présidence française. Première réunion physique puisque nous nous étions parlé au moment de l'intervention américaine au Venezuela.
Une présidence qui entend s'emparer, vous le savez, de la question des déséquilibres mondiaux et de leur réduction, de même que du renouvellement des partenariats avec les pays en développement. Deux sujets qui figureront en bonne place des discussions que le Président de la République accueillera à Évian du 15 au 17 juin prochains.
Une présidence qui entend aussi jeter avec les autres grandes puissances, conjurer les logiques de bloc, ce qui m'a conduit d'ailleurs à inviter aujourd'hui l'Inde, grande puissance émergente qui préside les BRICS cette année, un groupe avec lequel nous voulons nous coordonner plutôt que nous affronter.
Et puis une présidence qui entend obtenir des résultats concrets au service de la sécurité mais aussi de la prospérité des pays du G7 et donc de la France et des Français. En somme, un G7 d'équilibre, de convergence et de résultats.
Aujourd'hui, nous avons d'abord accueilli l'Ukraine qui a pu faire état de l'avancée des négociations, de même que de la situation énergétique. Nous sommes accordés sur la coordination dans la poursuite de notre politique de pression et donc de sanctions sur la Russie, accordés sur la mobilisation en soutien à la résilience énergétique de l'Ukraine. Vous vous souvenez qu'il y a deux semaines, nous avons réuni un groupe qui s'appelle le G7+ Énergie à la demande ukrainienne pour mobiliser la communauté internationale. Il m'a d'ailleurs conduit à annoncer l'envoi de 150 générateurs sur place qui sont arrivés, puis coordonnés sur l'objectif d'entraîner la communauté internationale à participer au financement de la réparation de l'arche de Tchernobyl. Tchernobyl, catastrophe dont nous allons marquer dans quelques semaines le 40e anniversaire, qui a fait l'objet d'une mobilisation par le passé du G7 pour que l'arche d'endiguement de la radioactivité puisse être construite. Arche qui a été frappée à l'hiver dernier par un drone russe occasionnant des centaines de millions d'euros de dégâts et un risque pour la sûreté nucléaire.
Nous avons ensuite accueilli le docteur Jaishankar, ministre des affaires étrangères de l'Inde, qui préside donc le groupe des BRICS cette année. L'Inde qui a récemment approfondi ses relations avec les membres du G7, ce dont nous nous sommes collectivement félicités. L'Inde avec laquelle, en tant que telle, mais aussi comme présidente des BRICS, nous voulons justement obtenir des résultats concrets, notamment sur la résilience des chaînes d'approvisionnement, sur la sécurité maritime et puis sur la réforme jugée indispensable et urgente des Nations Unies par les pays du G7 comme par l'Inde.
Dans un troisième temps, nous avons abordé les grandes crises régionales et internationales sur lesquelles nous sommes mobilisés. L'Iran, Gaza, la Syrie, le Liban, le Venezuela, Haïti ou encore le Soudan. La prochaine rencontre dans ce format se tiendra les 26 et 27 mars prochain à l'abbaye des Vaux-de-Cernay, dans les Yvelines, qui est ma terre d'élection. Et puis nous nous retrouverons à New York au mois de septembre, au moment de l'Assemblée Générale des Nations Unies et de la semaine de haut niveau. Puis nous nous réunirons enfin à Marseille les 9 et 10 novembre prochains. Nous nous réunirons d'ailleurs aussi souvent que nécessaire en visioconférence pour coordonner nos positions si nécessaire. Ne vous attendez pas à un G7 de la parole, mais à un G7 des actes : je le disais tout à l'heure, un G7 d'équilibre, de convergence et de résultats.

> Contourner les sanctions européennes a un prix. La Russie ne financera plus impunément sa guerre via une flotte fantôme au large de nos côtes. Le pétrolier Grinch va quitter les eaux françaises après plusieurs millions d’euros versés et 3 semaines d’immobilisation coûteuse à Fos-sur-Mer. Continuons.

> [Haïti / Intervention au Sénat] Haïti est confronté depuis plusieurs années à une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent. Son retour à de meilleures conditions de sécurité fait partie des objectifs de la France comme nation de la Caraïbe. En avril dernier, votre assemblée a adopté une résolution invitant le Gouvernement à favoriser la restauration de la sécurité en Haïti, avec le soutien de l'ensemble des groupes.
Nous avons pris acte de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, conformément à l'accord politique du 3 avril 2024. Nous saluons la transmission ordonnée du pouvoir exécutif par le président Laurent Saint-Cyr au Conseil des ministres dirigé par Alix Didier Fils-Aimé. Nous soutenons les efforts des autorités intérimaires pour rétablir la sécurité et saluons les progrès accomplis ces dernières semaines.
La France soutient les forces armées haïtiennes et continuera de le faire. Nous avons appuyé la création de la force de répression des gangs au Conseil de sécurité et versé une nouvelle contribution au fonds d'affectation spéciale, à hauteur de 3,5 millions d'euros. Les milliers de policiers et soldats attendus devraient être déployés progressivement, en avril et septembre : nous souhaitons que ce déploiement sécurise le pays et garantisse les conditions nécessaires à l'organisation d'élections.
Nous poursuivrons notre engagement au côté d'Haïti -  une quarantaine de millions d'euros l'année dernière comme la précédente, dont dix-sept pour l'aide humanitaire et quatre pour la sécurité.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> La santé ne se joue pas uniquement dans le système de soin, mais dans toutes les politiques publiques et c'est ce à quoi nous sommes engagés.

> [Politique de santé / Intervention à l’Assemblée] Vous nous interrogez sur la nécessité d’une politique de santé publique pleinement fondée sur l’approche One Health, « une seule santé ». Vous l’avez dit, les faits scientifiques sont très clairs : l’environnement a un impact direct sur la santé. L’exposition à la pollution de l’air, au bruit, à des substances chimiques et au dérèglement climatique contribue à des millions de morts dans le monde.
Cette réalité nous oblige à agir de façon coordonnée et globale. Sous l’impulsion du président de la République, la France porte cette ambition au plus haut niveau. Le 7 avril prochain, Lyon accueillera un sommet international « une seule santé » réunissant des chefs d’État, des organisations internationales, des experts et des représentants de la société civile. Ce sommet abordera les maladies infectieuses et la résistance antimicrobienne, mais aussi les maladies chroniques, l’alimentation durable, l’urbanisme favorable à la santé et la lutte contre la pollution.
Cette approche élargie marque une étape décisive. Elle se traduit déjà par des actions concrètes : la stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat 2025-2030, la feuille de route dans la lutte contre les cancers dont le volet prévention s’inscrit pleinement dans cette logique. Protéger la santé suppose d’agir sur l’environnement de notre vie.
Vous l’avez dit, la santé ne se joue pas uniquement dans le système de soins. Elle doit se construire dans toutes les politiques publiques. C’est ce à quoi nous sommes engagés

> [Santé publique France / Intervention à l’Assemblée] Votre question me donne l’occasion de confirmer le caractère stratégique des missions de Santé publique France : préparation et réponse aux urgences sanitaires, surveillance de l’état de santé de la population, prévention et promotion de la santé.
Il est vrai qu’à la suite des recommandations formulées par un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, le gouvernement a décidé d’opérer un recentrage stratégique de l’Agence autour de deux axes d’évolution.
Premièrement, la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire sera placée sous l’autorité hiérarchique directe du ministre de la santé. Les objectifs de cette évolution sont clairs : raccourcir la chaîne de commandement, unifier les dispositifs existants et renforcer la capacité de décision, notamment en période de crise.
La création d’un service à compétence nationale de haut niveau, qui vous sera proposée prochainement, s’inscrit d’ailleurs dans cette logique interministérielle et européenne.
Deuxième évolution : les campagnes nationales de communication grand public seront transférées au ministère et à l’assurance maladie, dans le cas d’une réforme plus large de la communication de l’État. Il ne s’agit pas de remettre en cause les missions de SPF en matière d’expertise, de surveillance épidémiologique et de prévention et promotion de la santé, mais de rendre la parole publique plus lisible et mieux coordonnée.
Une mission interne à l’Inspection est encore en cours, afin de définir les modalités précises de cette réforme et de veiller à préserver le lien indispensable entre l’expertise scientifique et la communication. Il ne s’agit en aucun cas d’une mesure d’économie mais d’un choix d’efficacité. L’application de cette évolution sera progressive ; son entrée en vigueur est prévue au début de l’année 2027.

> Échange avec mon homologue belge, Frank Vandenbroucke, sur les grands enjeux de souveraineté sanitaire européenne. Préserver l’attractivité de l’Europe, sécuriser l’approvisionnement en médicaments critiques et garantir un financement ambitieux pour la santé européenne. La coopération franco-belge est essentielle pour construire une Europe de la santé forte et souveraine.

> [Soins psychiatriques pour les personnes engagées dans la délinquance / Intervention à l’Assemblée] La délinquance n’est pas une pathologie psychiatrique, mais quand une pathologie est reconnue, elle doit être prise en charge. Avec le garde des sceaux, Gérald Darmanin, nous travaillons pour améliorer cette prise en charge en développant des unités hospitalières spécialement aménagées ainsi que des équipes mobiles transitionnelles financées par le fonds d’innovation organisationnelle en psychiatrie.
En tant que ministre de la santé, j’insiste également sur le travail de prévention. Notre stratégie de lutte contre la délinquance repose sur des mesures d’information pour les parents et les jeunes ainsi que sur des lieux d’écoute, dont le nombre augmente. Nous maintenons notre soutien aux cent vingt-cinq maisons des adolescents. Nous avons aussi poursuivi l’augmentation du nombre de consultations pour les jeunes consommateurs qui ont des troubles addictifs, puisque nous savons qu’il existe un lien important entre les troubles addictifs chez les jeunes et le développement de pathologies psychiatriques. Nous allons d’ailleurs lancer une grande campagne de communication sur certaines des addictions, notamment les plus fréquentes.
Enfin, le projet de loi de financement de la sécurité sociale inclut des mesures en faveur de la psychiatrie, pour un montant de 65 millions d’euros supplémentaires cette année. Plus de professionnels seront formés, et l’offre de soins va progressivement augmenter sur le territoire.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> À Yad Vashem. Le combat contre l'antisémitisme n'est pas le combat des Juifs : c'est le combat des Justes.

> La force de la France, c’est de ne pas trier les haines, de ne pas les hiérarchiser, mais de les combattre toutes.

> L'antisionisme est la volonté de délégitimer Israël comme étant le seul Etat refuge au monde et c'est insupportable.

> Ils étaient venus à Nova pour danser, chanter, aimer. Ils habitaient paisiblement avec leurs familles à Nir Oz et pronaient la paix. Jamais nous n'oublierons le 7 octobre. Jamais nous n'oublierons les 51 Français assassinés. Toujours nous nous dresserons face à l'antisémitisme.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur)

● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature

> La biodiversité du Var est une richesse exceptionnelle. Elle est aujourd’hui sous pression.
C’est précisément pour cela que j’ai souhaité avoir les retours directs des acteurs de terrain en participant au comité de pilotage départemental « espèces invasives », en présence de tous les services de l'Etat au niveau local.
Élus, services de l’État, scientifiques, pêcheurs, apiculteurs, professionnels de la forêt : vous êtes en première ligne. Votre expérience concrète est indispensable pour adapter notre action nationale.
Car laisser les espèces invasives se développer, c’est mettre en danger :
- notre biodiversité ;
- les filières économiques qui en dépendent ;
- le bien-être de nos concitoyens et parfois leur santé.
Le phénomène s’intensifie sous l’effet de la mondialisation et du réchauffement climatique. Certaines espèces sont installées depuis longtemps, comme le frelon asiatique. D’autres, plus récentes, comme la fourmi électrique détectée dans le Var, appellent des réponses rapides et coordonnées.
Nous disposons d’un cadre national structuré : stratégie dédiée depuis 2017, plan d’action renforcé en 2022. Mais nous devons être lucides : l’éradication complète est souvent incertaine. Nous devons apprendre à vivre avec et à mieux réguler l’arrivée et le développement de ces espèces.
Et cela suppose d’écouter le terrain.
Je veux que les retours d’expérience du Var alimentent directement nos travaux nationaux.
Ce qui fonctionne doit être partagé.
Ce qui doit évoluer doit pouvoir être ajusté.
Je salue, en particulier, la mobilisation de la Région Sud - Provence-Alpes-Côte d'Azur, pour le déploiement de sa stratégie régionale et de plans d’actions spécifiques sur certaines espèces.
D’autres actions sont en cours pour continuer à renforcer ce cadre.
Sur les espèces évoquées lors de ce copil, nous avons prévu de :
- renforcer les actions contre la fourmi électrique sur les sites concernés ;
- finaliser au printemps le plan national contre le frelon asiatique ;
- accompagner les initiatives locales face au crabe bleu ;
- poursuivre, avec le ministère de lAgriculture, la recherche de solutions face à la cochenille tortue du pin.
Protéger la biodiversité, c’est protéger nos paysages, nos activités économiques et notre qualité de vie.
Cela exige coordination, pragmatisme et une écoute constante du terrain.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Je tiens d’abord à adresser des mots d’empathie et de compassion à la famille de Quentin et à tous ceux qui le connaissent. Soyez assurés que M. le ministre de l’intérieur, actuellement en déplacement officiel en Algérie, et moi-même mettons les moyens, auprès du procureur de Lyon comme de la police judiciaire lyonnaise, pour que les auteurs soient interpellés, présentés devant la justice, et, nous l’espérons, condamnés à la hauteur de l’homicide volontaire, puisque c’est ainsi que les faits ont été qualifiés par le procureur de la République de Lyon.
Vous m’interrogez sur les groupuscules qui utilisent la violence physique pour mettre leurs idées en avant et qui tuent, vous l’avez dit, madame la présidente, non pas de mort lente, comme le disait Brassens, mais physiquement, déplaçant ainsi une démocratie dans un état de sauvagerie. Comme ministre de l’intérieur, j’ai dissous de nombreuses associations d’ultradroite et d’ultragauche. Nous devons continuer à le faire : M. Laurent Nuñez le fera, comme l’a fait Bruno Retailleau. Le gouvernement sera toujours à vos côtés –
 le Parlement aussi, je lespère – lorsquil faudra mettre fin à des agissements contraires à la démocratie.
Vous l
avez dit, tout comme M. Glucksmann  je tiens à souligner la quasi-unanimité politique –, la brutalisation de la vie politique doit sarrêter. Il y a de la brutalisation quand on dit que la police tue, alors que dix à quinze policiers et gendarmes meurent chaque année, lorsque l’on se déchaîne sur un ballon de football qui représente la tête d’un ministre, en l’occurrence Olivier Dussopt, ou encore lorsqu’on justifie l’action de la Jeune garde et qu’on investit comme candidat aux élections législatives son dirigeant, déjà condamné pour violences physiques.
Jean-Paul Sartre disait que les mots étaient des revolvers chargés. Que ceux qui arment les revolvers des mots les déchargent pour que nous puissions avoir une démocratie vivante et qui ne se termine pas par la mort de jeunes hommes et de jeunes femmes dans la rue.

> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Après M. le premier ministre, je m’associe à vous pour condamner toutes les formes de violence physique et surtout celle qui a entraîné la mort et qui endeuille tout un pays, qui endeuille la démocratie et qui endeuille, bien sûr, la famille de Quentin.
Après que le président Wauquiez l’a dénoncée, vous évoquez la clarté avec laquelle on doit s’exprimer sur la violence, qu’elle soit physique, dans l’hémicycle, à la télévision ou sur les réseaux sociaux. J’ai une pensée pour ces journalistes de l’AFP qui, quelques heures après le décès de Quentin, ont été pris à partie nominativement par le leader de la France insoumise qui les a quasiment montré du doigt. Or les fatwas numériques, je l’ai vu dans bien des affaires quand j’étais ministre de l’intérieur, tuent parfois autant que les fatwas physiques, que chacun s’en souvienne ici. Je pense à M. Haziza, qui a été une nouvelle fois vilipendé par les dirigeants de la France insoumise, alors qu’il faisait son métier de journaliste face au président de la République. Je pense aussi à tous ceux qui arment moralement les tueurs.
D’autres que vous et nous ont dénoncé la violence. Je pense à M. Glucksmann, qui a été très courageux, à M. Guedj, à M. Corbière et à Mme Autain, qui avaient dénoncé le fonctionnement interne du parti dont ils étaient adhérents, à Mme Delga, à M. Delafosse et à Mme Trautmann qui ont dénoncé la violence de la France insoumise.
Il y a une violence incontestable entre la France insoumise et la Jeune garde. M. Mélenchon disait, le 30 avril 2025, que celle-ci « est une organisation alliée, liée au mouvement insoumis. (...) Ont-ils fait une seule fois fait l’apologie de la violence ? Jamais. » Lors du meeting de Champigny, le 5 juillet 2024, il disait : « J’en parle avec passion, car ce sont mes jeunes camarades. » Pour finir, je cite un communiqué de presse du groupe LFI à l’Assemblée nationale, daté de la veille de la mort de Quentin : « Nous le disons fièrement, la Jeune garde est essentielle. »
La Jeune garde tue et la France insoumise devrait la condamner !

> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Je sais que vous êtes particulièrement touché par ce drame, qui a eu lieu dans votre circonscription, dans ce territoire que vous aimez tant. Je ne peux que m’associer à votre demande de calme et d’une discussion civilisée, comme il se doit dans une grande démocratie comme la nôtre. Nous constatons cette sauvagerie depuis de nombreuses années sur les réseaux sociaux. Elle s’est intensifiée au cours des derniers mois. Vous avez, avec votre groupe, pris des initiatives très importantes pour limiter cette violence aveugle, cette violence courageusement anonyme qui harcèle nos compatriotes juifs.
Les élus subissent des agressions lorsqu’ils prennent leurs responsabilités et émettent une opinion. Cette violence contre les élus, particulièrement contre les élus locaux –
 les candidats aux élections municipales la subissent tous les jours – montrent que notre société est tendue, en écho aux réseaux sociaux, à la violence du monde et, parfois, à la violence de cet hémicycle. Certains parlementaires, élus de la nation, se permettent en effet d’insulter, de menacer et d’interpeller de façon extrêmement violente, ce qui a toujours des conséquences dans le monde physique sur des élus qui, eux, n’ont pas la protection de Paris ou de la télévision. Vous avez donc raison de dénoncer ce drame.
À la demande du gouvernement, j’adresserai dans quelques jours une circulaire aux procureurs de la République pour leur rappeler que, en plus des cas touchant à la probité, tout élu qui utilise sa fonction tribunitienne en dehors de cet hémicycle –
 où vous êtes protégés par limmunité parlementaire – pour attaquer nos compatriotes juifs ou toute autre personne sous des prétextes religieux, ethniques, politiques ou dorientation sexuelle doit être poursuivi et, je lespère, condamné. Nous ne pouvons laisser des personnes, sous prétexte quelles sont élues, tenir de tels propos dans les amphithéâtres, dans la rue ou sur les réseaux sociaux.

> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Comme le premier ministre, je m’associe une nouvelle fois à l’hommage rendu à Quentin et à sa famille et je veux dénoncer la violence politique et physique qui tue et qui agresse – vous lavez vous-même subie. Le débat public devrait permettre de sopposer, parfois même durement  cest le propre de la politique –, mais jamais toucher à l’âme et au corps des personnes.
Vous
évoquez les groupuscules soutenus par des élus, mais ils nappartiennent pas uniquement à lultragauche : ils sont aussi dultradroite ou masculinistes, incel, survivalistes, accélérationnistes et surtout islamistes, ne l’oublions pas. Nous sommes tous d’accord ici, nous devons nous battre contre ces groupes et ces associations de fait qui prônent le séparatisme et la violence. M. le ministre de l’intérieur est actuellement en Algérie, je l’ai dit, mais souhaitons que l’Assemblée accompagnera les démarches qu’il mènera – et que mèneront aussi peut-être les prochains ministres de lintérieur – pour obtenir les moyens juridiques nécessaire à cette entreprise. La loi « séparatisme », que j’ai défendue ici, prévoyait de nouveaux critères autorisant la dissolution d’associations religieuses – je pense, bien sûr, aux associations islamistes –, mais aussi dassociations politiques extrêmement violentes. Ayant proposé au Conseil d’État la dissolution des Soulèvements de la terre, ce quil avait refusé, jen avais tiré les conséquences juridiques pour favoriser laction du ministère de lintérieur. Bien que la loi « séparatisme » ait été adoptée, elle n’a pas obtenu le soutien de l’intégralité des députés et je constate, sans vouloir polémiquer, que ceux qui m’ont interrogé tout à l’heure m’avaient alors refusé les moyens juridiques permettant de sécuriser la dissolution de ces groupuscules. Je veux le dire devant les Français : il est très important de dissoudre ces associations, car on assiste souvent à la reconstitution des ligues dissoutes, ce qui permet des interpellations – donc des qualifications pénales et des condamnations – alors même que les personnes n’ont commis aucun acte répréhensible si ce n’est celui de se réunir. J’espère donc que la prochaine fois qu’un ministre de l’intérieur lui demandera des moyens juridiques pour agir, l’Assemblée le soutiendra.

 

Serge Papin (ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> [Transposition du droit européen / Intervention au Sénat] Le projet de loi que je vous présente aujourd'hui n'est pas un texte technique supplémentaire : c'est un texte de souveraineté, un texte qui vise à faire en sorte que les décisions adoptées au niveau européen servent pleinement nos priorités nationales, à savoir l'amélioration concrète du quotidien des Français, qu'on les envisage comme des travailleurs, des consommateurs ou des citoyens, et la préparation de l'avenir des prochaines générations.
Ce projet comporte soixante-dix articles assurant la transposition ou l'adaptation de soixante-quinze textes européens. Le Gouvernement ne procède donc à aucune surtransposition : il veille simplement à garantir la compétitivité de nos entreprises.
De fait, nous appliquons le droit européen avec rigueur, sans en ajouter, mais avec une ambition claire : faire de l'Europe un levier pour renforcer la puissance française, et non une contrainte subie.
Sans anticiper nos débats ni détailler chacun des dispositifs, je souhaite souligner les deux axes qui ont guidé l'action du Gouvernement : protéger et innover.
Il s'agit, d'abord, de protéger le consommateur, et en premier lieu sa santé.
En effet, le texte renforce les pouvoirs des autorités de surveillance du marché afin d'améliorer le contrôle de la conformité et de la sécurité des produits, conformément au cadre européen sur la sécurité générale des produits. Les capacités d'enquête et d'intervention de ces autorités de surveillance seront ainsi consolidées.
Protéger la santé du consommateur, c'est aussi agir pour l'environnement et la qualité de vie. À cet égard, le projet de loi complète les règles relatives à la prévention du bruit, notamment dans le secteur aérien, améliore la gestion des déchets et des emballages et assure la transposition des dispositions européennes relatives aux émissions industrielles polluantes.
Protéger le consommateur, c'est également mieux l'informer. À cet effet, le texte adapte notre droit au règlement européen qui instaure un système unifié de protection des indications géographiques pour les produits industriels et artisanaux. Il s'agit de défendre et de valoriser des savoir-faire emblématiques, comme la porcelaine de Limoges, la charentaise de Charente-Périgord ou la dentelle de Calais, en garantissant la transparence et en luttant contre les contrefaçons à l'échelle européenne.
Le projet de loi adapte également notre droit aux règlements européens concernant les indications géographiques relatives au vin, aux boissons spiritueuses et aux produits agricoles, et met en cohérence la durée des certificats d'obtention végétale nationaux avec celle des certificats délivrés au niveau communautaire.
La protection passe aussi par la lutte contre l'écoblanchiment. Les consommateurs devant pouvoir faire des choix éclairés, les allégations environnementales trompeuses seront mieux encadrées afin de restaurer la confiance.
Les sanctions vont par ailleurs être renforcées à l'égard des entreprises qui ne contribuent pas aux filières à responsabilité élargie du producteur. Le Gouvernement est en effet déterminé à préserver pleinement les objectifs de la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire (Agec), qui a constitué une étape majeure dans l'engagement de la France en faveur de la transition écologique.
Il convient également de protéger les ménages et les PME face aux enjeux énergétiques. Pour ce faire, le texte renforce l'information sur les factures d'électricité et de gaz : une estimation claire et obligatoire du coût total sera désormais fournie dès la souscription et en cas d'évolution tarifaire. Nous mettons ainsi fin à des pratiques d'affichage illisibles qui empêchaient toute comparaison effective.
Il s'agit encore de protéger les travailleurs en adaptant les règles relatives aux équipements de protection individuelle et aux machines. Un amendement tend par ailleurs à mettre notre droit en conformité avec la jurisprudence nationale et européenne concernant le report des congés payés en cas d'arrêt maladie survenant pendant les congés.
Le texte vise enfin à protéger le citoyen et la démocratie : il adapte notre droit au règlement européen relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique, afin de garantir un débat public ouvert, tandis que l'un de nos amendements a pour objet de préciser les modalités d'enquête et de sanction confiées à l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom).
À ce premier volet de protection s'ajoute un volet résolument offensif. En effet, notre économie ne pourra croître durablement que si elle innove et si elle dispose, pour cela, d'un cadre clair, stable et compétitif.
Pour innover, nous devons d'abord favoriser l'investissement. Le texte transpose la directive concernant les marchés d'instruments financiers, afin d'offrir aux investisseurs un meilleur accès aux données de marché nécessaires à leurs décisions. Il intègre également les dispositions européennes visant à mieux encadrer le risque de concentration, pour réduire la dépendance des acteurs financiers européens à l'égard de contreparties centrales situées dans des pays tiers, notamment au Royaume-Uni.
Nous proposons en outre au Parlement d'habiliter le Gouvernement à légiférer par ordonnances pour adapter notre droit aux textes européens destinés à renforcer l'attractivité des marchés de capitaux et à faciliter l'accès des petites et moyennes
entreprises au financement – le paquet dit Listing Act. C'est important : il s'agit de lever des freins inutiles, de simplifier et de permettre à nos entreprises de grandir en Europe plutôt que d'aller chercher ailleurs les moyens de leur développement.

Innover, c'est aussi investir pleinement le champ de l'intelligence artificielle (IA). Le projet de loi adapte notre droit au règlement relatif aux données numériques, le Data Act, et prévoit des mesures pour réduire le coût du déploiement des réseaux de communications électroniques à très haut débit.
Cependant, comme nous n'opposons jamais innovation et sécurité, nous transposons également les exigences européennes en matière de cybersécurité et d'encadrement de l'intelligence artificielle, dans un esprit d'équilibre qui consiste à protéger sans étouffer, à réguler sans freiner.
Il s'agit également d'innover grâce aux outils numériques, au service des collectivités. Un article du projet de loi permet ainsi de conforter la création d'un téléservice national dédié à l'activité et à l'enregistrement des meublés de tourisme, offrant aux maires un outil de régulation renforcé.
Je tiens à cet instant à souligner la qualité du travail conduit avec les rapporteurs pour clarifier le régime de surveillance des systèmes d'IA et poser les bases d'une gouvernance cohérente, fondée sur une logique sectorielle. Nous aurons l'occasion d'y revenir au cours des débats.
Enfin, il convient d'innover en posant l'exigence que cette innovation soit durable. La transition écologique doit être pensée non comme une contrainte, mais comme un moteur de compétitivité.
À nouveau, je veux remercier les parlementaires pour la qualité du travail conduit en matière de transition écologique et d'économie circulaire. Le nombre important d'amendements déposés sur ces volets témoigne de l'engagement du Sénat face à ces enjeux cruciaux pour notre pays.
Les enjeux énergétiques occupent une place centrale du projet de loi, qu'il s'agisse de la réforme du marché de l'électricité, de la décarbonation des transports ou du développement du stockage du CO2. Nous mettons en œuvre les règles européennes sans attendre, parce que chaque mois compte dans la lutte contre le changement climatique.
Nous corrigeons également une anomalie : les projets hydroélectriques et de stockage, trop longtemps laissés à la marge, seront pleinement intégrés aux zones d'accélération.
Nous créons de telles zones pour les énergies renouvelables, simplifions les règles applicables à l'hydrogène et au biogaz et favorisons la solarisation des parkings. Chaque mètre carré peut contribuer à notre souveraineté énergétique !
Permettez-moi enfin d'évoquer le secteur des transports, lui aussi stratégique. Avec ce texte, nous déployons les infrastructures nécessaires aux carburants alternatifs et adaptons notre droit pour contribuer à la construction d'un espace ferroviaire unique européen. La mobilité décarbonée est un pilier de notre compétitivité future. La transition écologique n'est pas une option : c'est une urgence et une opportunité !
Mesdames, messieurs les sénateurs, ce projet de loi est un outil. Il doit devenir une force dans la défense de notre modèle social, de notre industrie et de notre environnement, une force au service de nos TPE et de nos PME, de nos commerçants, de nos entrepreneurs, mais aussi des consommateurs.
C'est précisément parce qu'il faut veiller à ce que chaque adaptation au droit européen renforce concrètement nos entreprises, protège nos concitoyens et soutienne l'activité dans nos territoires que le ministre chargé des PME, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat que je suis est présent devant vous aujourd'hui.
À ceux qui doutent de l'Europe, je réponds que l'Europe se construit ici, par des actes concrets.
À ceux qui redoutent la complexité, je dis que la France sait transposer avec rigueur, sans renoncer à ses intérêts ni à ses principes.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Sécurité à l’école / Intervention au Sénat] Face à la montée de l'extrême violence, il y a deux réponses. D'abord, la fermeté absolue : 1 500 contrôles de sacs par mois aux abords des établissements, plus encore depuis dix jours ; 525 couteaux trouvés ; 1 636 conseils de discipline avec exclusion.
Un tabou est tombé, il faut le restaurer : on ne touche pas à une figure de la République, à un personnel de l'éducation nationale, à un professeur. Point. À chaque fois qu'un élève a un couteau, qu'un parent menace ou porte des coups, nous déclenchons la protection fonctionnelle, faisons un signalement article 40 ou portons plainte.
L'autre réponse, c'est l'éducation. L'extrême violence scolaire trouve ses racines dans le terreau de la violence ordinaire, entre élèves, vis-à-vis des personnels. C'est là-dessus qu'il faut agir, en co-éducation avec les parents. C'est pourquoi je leur ai écrit, et j'ai des retours intéressants.
Si l'un de ces maillons lâche, c'est la chaîne éducative qui casse. Pour garantir à chaque élève les meilleures conditions d'apprentissage, il faut que l'école reste, sinon un sanctuaire, du moins un abri.

> Nous aurons perdu dans le premier degré un million d’élèves entre 2019 et 2029, passant de 6,7 millions à 5,7 millions d’élèves. Avec la natalité que nous connaissons en 2025 par rapport à celle qui prévalait il y a quinze ans, nous perdons une génération tous les quatre ans. Soit nous en tirons des conséquences en nous projetant à un horizon pluriannuel, soit nous nous contentons d’en reparler chaque année. Depuis mon arrivée, je n’ai cessé de répéter qu’il fallait avoir une vision à vingt ans. Je viens de généraliser les observatoires des dynamiques rurales et territoriales à l’ensemble du territoire, car tout le territoire est affecté. Et j’ai demandé la réalisation de projections à un an, à trois ans, à cinq ans et plus, à l’échelle des départements et des intercommunalités, pour penser l’offre scolaire à long terme.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Interdiction de la violence dans les universités / Intervention à l’Assemblée] Je tiens à dire à mon tour quelques mots du drame qui s’est déroulé il y a quelques jours. Toute la communauté de l’enseignement supérieur est en deuil. Quentin était étudiant à Lyon 2, en science des données. Poursuivre et condamner les auteurs de cette ignominie est la première des priorités, mais il faut aussi traiter le problème que vous soulevez : celui de la violence politique qui s’exerce aussi, parfois, dans les établissements. Oui, des responsables politiques attisent la haine, excitent les passions, manipulent les consciences de certains étudiants. Oui, cette haine peut se retrouver dans l’enceinte de nos établissements. Cela arrive, car l’université n’est ni plus ni moins que la caisse de résonance de notre société.
C’est une chose qu’un élu soit invité à débattre par une association étudiante ; tous les élus de la République peuvent intervenir dans des conférences, il n’est pas question de l’interdire par principe. En revanche, lorsqu’une conférence présente un risque sérieux et avéré de troubles à l’ordre public, elle ne doit pas pouvoir se tenir. Cette décision doit être prise au cas par cas, en responsabilité, par les établissements. L’interdiction doit, autant que possible, être exceptionnelle, mais elle doit pouvoir être décidée. J’ai signé hier, avec mon collègue ministre de l’intérieur, une circulaire à destination des recteurs et des préfets pour leur rappeler l’importance de leur accompagnement dans l’appréciation et l’encadrement de telles situations. S’il existe des risques élevés inhérents à l’organisation d’une conférence, il faut l’interdire.
Le rôle de l’université est d’être un espace de débat contradictoire, apaisé, fidèle à sa mission d’enseignement. J’appelle tous les établissements à veiller au respect scrupuleux de ce principe simple et évident, que vous avez rappelé.

> [Interdiction de la violence dans les universités / Intervention au Sénat] L'université doit rester un espace de savoir, de recherche et de transmission, un lieu de débats contradictoires parfois vifs, mais jamais violents. Tous les élus de la République doivent pouvoir y intervenir, mais si ces conférences représentent un risque pour l'ordre public, elles ne doivent pas se tenir.
D'où la circulaire que j'ai signée lundi avec Laurent Nunez à destination des recteurs et des préfets, pour qu'ils accompagnent les présidents d'université. Sur son fondement, ils peuvent décider de ne pas laisser les réunions se tenir.
Notre message est clair : nous ne tolérerons dans les universités aucun comportement contraire aux principes et aux valeurs de la République.
Je prendrai mes responsabilités chaque fois que cela sera nécessaire.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement)
> Le temps de la clarification est venu : LFI doit prendre une position claire et exclure Raphaël Arnault. Les doubles discours ne trompent plus personne.

> LFI a une responsabilité morale dans ce climat de violence. Depuis des années, ils l’encouragent, assument une filiation avec l’ultra gauche, ont fait élire un membre fiché S de la Jeune Garde, et demandait la semaine dernière au Gouvernement de revenir sur sa dissolution.

 

Alice Rufo (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur de la ministre des Armées et des Anciens combattants)
> [Agression de la Russie contre l’Ukraine / Intervention au Sénat]
Voilà quatre ans que la Russie agresse l'Ukraine, menaçant directement les intérêts européens. Militaire, diplomatique, hybride : l'escalade russe est permanente.
Voilà quatre ans que l'Ukraine résiste avec un courage qui force l'admiration.

Voilà quatre ans que nous sommes à ses côtés. Je salue en particulier le rôle de la diplomatie parlementaire.
Quelles leçons tirer ? La Russie n'a pas atteint ses buts de guerre : soumettre l'Ukraine et fracturer l'Europe. L'Europe a fait front en immobilisant les avoirs gelés, en créant la coalition des volontaires, en faisant pression sur la Russie, par exemple en visant sa flotte fantôme, et en se réarmant.
Quelles que soient l'issue des négociations en cours et l'action des États-Unis, les Européens devront être autour de la table si nous voulons une paix robuste en Ukraine. Ce sont eux qui soutiennent l'Ukraine et sont prêts à lui apporter des garanties de sécurité. Et de la manière dont se terminera le conflit dépendra la sécurité à long terme de l'Europe.
Nous poursuivrons notre engagement pour le réarmement européen et l'intégration de l'Ukraine dans la future architecture européenne de sécurité. L'Ukraine a beaucoup à nous apporter : nous venons d'ailleurs de signer un accord pour la coproduction de drones.

 

Charlotte Parmentier-Lecocq (ministre délégué de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Accueil des enfants souffrants d’autisme / Intervention à l’Assemblée] Le problème que vous soulevez, qui touche les personnes que vous avez rencontrées, est grave. Il importe beaucoup au gouvernement. Nous souhaitons apporter des réponses concrètes à ces enfants et à ces familles, nous avons donc engagé une démarche volontariste qui consiste à créer de nouvelles solutions.
En 2023, à l’occasion de la dernière Conférence nationale du handicap, le président de la République s’est engagé à créer 50 000 nouvelles solutions, tant pour les enfants que pour les adultes. Depuis la fin d’année 2024 et pendant toute l’année 2025, nous avons pu, grâce aux lois budgétaires adoptées par le Parlement, en créer 17 000. Il s’agit aussi bien de places en institut médico-éducatif –
 vous en avez souligné le besoin, et nous en créons – que de dispositifs pour accompagner scolairement les enfants avec autisme : je pense aux unités externalisées à cet effet  les UEMA en maternelle, les UEEA en primaire –, aux Ulis et bien sûr aux pôles dappui à la scolarité, nouvellement créés, qui sadossent aux pôles inclusifs d’accompagnement localisé et permettront de mieux guider les familles. Vous avez souligné que celles-ci, souvent, ne savaient pas vers qui s’orienter ; désormais, grâce aux près de 500 PAS déjà créés, nous pourrons rapidement identifier à l’école les enfants qui ont des besoins particuliers et leur proposer les aménagements nécessaires. Nous poursuivrons notre démarche volontariste cette année grâce à l’adoption de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui prévoit les mêmes budgets supplémentaires.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] C’est avec émotion que nous avons appris le décès du jeune Quentin Deranque. Victime d’une agression d’une violence inouïe commise par plusieurs individus à Lyon, il a succombé à ses nombreuses blessures. Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir pour ses idées. En notre nom à tous, j’adresse nos pensées à sa famille et à ses proches endeuillés.
L’Assemblée nationale condamne unanimement, et sans réserve, tous les actes de violence et de haine. Comme le rappelait Robert Badinter, « Dans une démocratie apaisée, ce n’est pas l’affrontement qui doit régner, mais le droit. […] La première [des évidences dans une démocratie], c’est le refus de la violence physique. » Il revient à chacun de nous d’être les garants de la dignité du débat public et d’appeler au calme. Dans l’intérêt de notre nation, assumons collectivement cette responsabilité dans les mois qui viennent. Mes chers collègues, en hommage au jeune Quentin, je vous demande d’observer une minute de silence.

> Quand le Parlement vote une loi, les Français s’attendent à ce qu’elle s’applique concrètement dans leur vie. Si les décrets ne sont pas pris, la confiance se fragilise. Appliquer les lois est un enjeu vital pour notre démocratie.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
> Le décès de Quentin, 23 ans, après une agression en marge d’une manifestation à Sciences Po Lyon, est un drame absolu. Rien ne justifie la violence pour des idées. Le Groupe Ensemble pour la République appelle à l’apaisement et à la fin de la violence politique.

 

Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Une fois de plus, la France est submergée par les crues. Ces derniers jours, et ces dernières heures encore, c’est tout l’Ouest de notre pays qui est en état d’alerte. Ce sont des centaines de milliers de Français qui ont vu les eaux monter et emporter sur leur passage leurs maisons, leurs commerces, mais aussi leurs photos, leurs souvenirs. Ce sont des centaines de milliers de Français qui vivent dans l’angoisse de nouvelles crues, impuissants face au déchaînement des éléments. Ce sont des victimes, aussi, des disparus, des blessés, à qui je pense. À qui je veux dire toute ma solidarité et mes pensées. La douleur de tout perdre dans les crues, je la connais. En janvier 2024, j’étais Premier ministre depuis quinze minutes à peine quand j’ai tenu à me rendre aux côtés des habitants du Pas-de-Calais, victimes pour la deuxième fois d’inondations. Je ne pourrai jamais oublier les larmes, la fatigue, la douleur. Jamais oublier les doutes, l’attente, l’angoisse. Car pour Jean-Michel, Lydie, Allan, Pascal, Christine au PMU de Clairmarais, le drame, ce n’était pas seulement d’avoir perdu leur logement sous les eaux et la boue, c’était de voir le fruit d’une vie détruit, des souvenirs souillés, des albums photo emportés. C’était l’incertitude sur les assurances, bien sûr, mais surtout le doute sur quand la vie pourrait reprendre, si la vie pouvait reprendre. C’était la peur, comme une épée de Damoclès, que les crues recommencent encore et encore, et que la vie devienne impossible. Le dérèglement climatique n’est pas un concept ni une crainte éloignée. C’est une réalité concrète, vécue, subie par des femmes et des hommes. Ce sont des vies brisées, parfois perdues. Ce sont des drames de plus en plus fréquents et des conséquences de plus en plus dévastatrices. Ceux qui continuent à le minimiser voire le nier portent une responsabilité immense. Il n’y a qu’une solution : l’action. Nous devons accélérer notre transition écologique, nous adapter aux changements inévitables. Nous devons identifier, territoire par territoire, les risques et mettre au point des plans adaptés pour anticiper les catastrophes, protéger les populations. C’est ce que nous avions lancé à Matignon et que l’instabilité ne peut pas, ne doit pas empêcher aujourd’hui. Merci à nos sapeurs-pompiers, à nos forces de l'ordre et à tous les services de secours mobilisés. Votre courage fait la fierté du pays. Restons prudents et solidaires. Restons mobilisés.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Apprendre à reconnaître les produits ultra-transformés, comprendre ce qu’on met dans son assiette et d’où viennent les aliments, savoir cuisiner, développer le goût : ce sont des compétences essentielles. C’est pourquoi nous avons adopté à l'unanimité la proposition de loi portée qui vise à rendre l’éducation à l’alimentation obligatoire à l’école. C’est une vraie avancée pour la santé publique, pour la prévention et pour redonner aux enfants, puis aux adultes, le pouvoir de choisir ce qu’ils mangent, plutôt que de le subir.

> Le dépôt d’une bombe au domicile d’un ingénieur travaillant sur le projet Cigéo est un acte extrêmement grave. Il témoigne d’un glissement dangereux pour la démocratie. Le débat est sain. Et s’agissant du projet de Bure, il a lieu. Mais la menace et la violence individuelle sont inacceptables. Je n’ose imaginer que l’objet de cette attaque est le caractère nucléaire du projet, alors même que cette technologie est essentielle pour notre souveraineté et notre indépendance. Je veux exprimer tout mon soutien à cet ingénieur, à ses proches et à ses collègues. Leur travail est essentiel pour notre pays. Je me suis battue comme ministre, et je continuerai en tant que députée pour que la France se dote d’un mix énergétique équilibré. Je veux le redire clairement : nous avons besoin du nucléaire pour produire une électricité décarbonée, pilotable et souveraine. Cigéo est un projet important. Ce projet est destiné à assurer le stockage profond des déchets radioactifs les plus dangereux, ceux que nous avons déjà produits et dont nous devons assumer la responsabilité. C’est un impératif de sûreté à long terme.

> Ces crues à répétition ne sont pas une anomalie météo : elles sont la conséquence directe d’un climat plus chaud, donc plus chargé en eau, donc plus violent. La France, comme le reste du monde, entre dans une ère où l’inondation devient un risque structurel. Pendant longtemps, nous parlions d’« épisodes exceptionnels ». Aujourd’hui, ce mot n’est plus adapté. Nos villes, nos assurances, notre aménagement du territoire ont été pensés pour le climat d’hier. L’enjeu n’est plus de savoir si ces événements vont se reproduire. L’enjeu est de décider si nous voulons encore les subir, ou enfin les anticiper. Arrêter d’artificialiser les sols qui devraient absorber l’eau. Intégrer le risque d’inondation dans chaque décision publique : urbanisme, logement, infrastructures, agriculture, assurance. Et, lorsque c’est nécessaire, organiser la relocalisation plutôt que la reconstruction à l’identique. C’est le sens du Plan national d’adoption au changement climatique que j’ai présenté en mars dernier, qui prépare la France à la multiplication des événements climatiques extrêmes et dont les plus de 200 actions sont en cours de déploiement. Je le dis avec force : s’adapter, ce n’est pas renoncer. C’est protéger. Et face à l’accélération du dérèglement climatique, nous devons nous aussi accélérer.

 

Marc Ferracci (député)
> Dans la France de Macron, on nomme les choses. On peut contester les mots. On ne peut pas contester les faits.
- Quand on attise la violence et la haine
- Quand on délégitime la police ou la justice
- Quand on fracture la société
On est dans les extrêmes. La France de Macron, c’est le choix de la République, de l’État de droit et de la responsabilité.

> Dans la France de Mélenchon on a le droit de frapper pour blesser, pour estropier, mais pas pour tuer. Voilà de laborieuses et misérables circonvolutions pour masquer la responsabilité politique de LFI dans la progression de la violence.

> Sur franceinfo ce matin, j’ai rappelé une chose simple au sujet de la France Insoumise:
- Quand on remet en cause l’autorité de la police, de la justice,
- Quand on fragilise nos institutions, l’État de droit,
- Quand on oppose communautarisme et universalisme républicain, on n’est pas un parti politique classique. On est aux extrêmes.

> CIGEO : S’attaquer à un ingénieur chez lui, c’est s’attaquer à la République. Un engin explosif a été découvert au domicile d’un collaborateur de l’ANDRA lié au projet Cigéo, projet de centre de stockage géologique profond pour les déchets radioactifs. Une action revendiquée par des opposants au projet d’enfouissement de Bure dans la Meuse. C’est inacceptable. Je veux dire ici mon soutien plein et entier à cet ingénieur, à sa famille, et à toutes celles et ceux qui travaillent pour la sûreté nucléaire de notre pays. On peut débattre du nucléaire. On peut contester un projet. Mais on ne menace pas nos agents, nos scientifiques, nos ingénieurs dans leur vie privée. Jamais. Au-delà de cet acte grave, cette affaire rappelle une vérité : nous avons fait le choix du nucléaire pour produire une électricité décarbonée, pilotable et souveraine. Nous devons donc assumer la gestion sûre et durable de nos déchets. C’est précisément l’objectif du projet Cigéo, fruit de décennies de recherches scientifiques, d’évaluations indépendantes et de procédures démocratiques. Ce projet n’est pas idéologique. Il est nécessaire. La responsabilité politique, ce n’est pas céder à la peur ou à la pression. C’est préparer l’avenir avec lucidité. La République protége celles et ceux qui servent l’intérêt général. Et le projet Cigéo avancera, parce que l’intérêt national ne se négocie pas sous la menace.

 

Olivia Grégoire (députée)
> Ma proposition de loi visant à créer un enseignement obligatoire d’éducation à l’alimentation est adoptée à l’unanimité.
Des années d’engagement collectif reconnues pour que chaque enfant apprenne à bien manger, comprenne ce qu’il mange et d’où cela vient.

 

Daniel Labaronne (député)
> Notre proposition de loi pour étendre et renforcer le droit de préemption commercial est adoptée.
- Garantir aux maires la capacité de préempter les baux commerciaux
- Préserver le dynamisme et la diversité des commerces de proximité
- Assurer la vitalité de nos centres villes.

 

Julie Delpech (députée)
> [Situation salariale et statutaire des psychologues exerçant dans les services publics de santé mentale, en particulier au sein des établissements publics de santé et des centres médico-psychologiques (CMP) / Intervention à l’Assemblée] Ces professionnels, qui assument des responsabilités cliniques essentielles dans la prise en charge des troubles psychiques, travaillent dans un contexte de très forte tension des services marqué par des besoins croissants et un manque persistant de moyens humains.
Pourtant, leur rémunération demeure structurellement faible en raison d’une stagnation des grilles indiciaires, dénoncée de longue date par la profession. Je tiens à souligner que les mesures issues du Ségur de la santé, souvent mises en avant, prennent essentiellement la forme de primes. Or celles-ci ne constituent pas des éléments de rémunération pérennes intégrés aux grilles indiciaires et ne répondent donc ni aux enjeux de carrière ni à ceux de reconnaissance statutaire et d’attractivité du métier à long terme. Je relève par ailleurs que les perspectives d’évolution de carrière restent particulièrement limitées, notamment en raison d’un accès très restreint au grade hors classe, dont le taux, actuellement fixé à 9 %, figure parmi les plus bas de la fonction publique hospitalière. Cette situation conduit à des inégalités importantes entre agents et alimente un sentiment durable de déclassement professionnel.

 

Jean-Luc Fugit (députée)
> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Ce samedi, un habitant de ma circonscription est mort. Quentin n’avait que 23 ans. Quentin est mort sous les coups. Quentin est mort victime d’un déchaînement de violence. Quentin est mort lynché par des militants d’ultragauche venus en découdre en marge d’une intervention de la députée européenne de la France insoumise Rima Hassan à Lyon. Ce crime nous révolte. Au nom du groupe Ensemble pour la République, j’adresse mes condoléances les plus sincères à la famille et aux proches de Quentin. Rien, absolument rien, ne justifie la mort de ce jeune homme. Aucune cause, aucune idéologie ne justifie que l’on tue pour elle. Aucune cause, aucune idéologie ne mérite qu’on soit tué à cause d’elle.
Ce meurtre nous indigne mais il est aussi la conséquence inévitable de la radicalisation des opinions, de la culture de la haine et de la banalisation de la violence promue chaque jour par l’ultragauche et l’ultradroite. Cette culture de la brutalité et de la haine est parfois entretenue ici même. Oui, collègues de la France insoumise et du Rassemblement national, je parle de vous, de vos mots, de vos actes !
Vous attisez les divisions et instrumentalisez les haines. Vous encouragez la brutalisation constante de notre société et vous transformez vos adversaires politiques en ennemis à abattre. Rejetons la haine des extrêmes, car c’est notre responsabilité d’élus de contribuer à apaiser. Avec les députés du groupe Ensemble pour la République et le parti Renaissance, nous voulons de la décence, de l’écoute, du respect et de la dignité dans le débat public.

● MoDem 
Delphine Lingemann (dépuée)
> [Lynchage d’un militant d’extrême-droite par un groupe d’extrême-gauche / Intervention à l’Assemblée] Il y a cinq jours, un jeune homme de 23 ans, Quentin, a perdu la vie en marge d’une conférence organisée à Sciences Po Lyon. Ce drame nous oblige. Au-delà de l’émotion, il révèle une réalité plus profonde : la fragilisation progressive de l’État de droit dans certains espaces universitaires. Les faits sont là, répétés, tous convergents : à Lyon 2, un cours interrompu ; à Rennes 2, des dégradations ; à Nantes, un campus évacué ; à Paris 1, l’intervention des forces de l’ordre. Il ne s’agit pas simplement d’une série d’incidents – pourtant nombreux –, mais dun basculement. Certaines universités, de lieux de savoir et de confrontation intellectuelle, deviennent des espaces de conflictualité politique où le débat cède à linvective et, trop souvent, à lintimidation. Il sy déploie un véritable entrisme, stratégie assumée doccupation des lieux de savoir par des acteurs politiques extrémistes qui ne cherchent plus à convaincre mais à imposer leur doctrine. Or une démocratie repose sur l’équilibre entre la liberté du débat et la garantie de l’ordre public. Quand cet équilibre se rompt, c’est l’État de droit qui vacille.
Oui, l’autonomie universitaire est essentielle, mais elle ne peut servir d’alibi à l’inaction. La liberté ne saurait couvrir des logiques de radicalisation par les extrêmes, de gauche comme de droite.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
> Il y a deux ans, Alexeï Nalvany mourait dans les geôles du régime de Vladimir Poutine. Emprisonné dans des conditions inhumaines, il a été assassiné par empoisonnement. C’est ce qu’a confirmé une enquête menée par plusieurs pays, dont la France. Vladimir Poutine est prêt à tout, y compris contre son propre peuple, pour se maintenir au pouvoir. N’oublions jamais cette réalité. Nous rendons hommage à Alexeï Nalvany, figure de la résistance face à l’oppression exercée par Vladimir Poutine. Son combat pour une Russie démocratique et libre continue.

 

Valérie Hayer (députée, présidente)
> La paix en Ukraine ne pourra se faire sans les Ukrainiens et sans les Européens qui seront là pour assurer les garanties de sécurité. L’enjeu aujourd’hui est de forcer Vladimir Poutine à un cessez-le-feu. Et pour cela il faut aider l’Ukraine. Nous l’avons encore fait il y a une semaine au Parlement européen en validant un prêt de 90 milliards à l’Ukraine. RN et LFI n’ont pas soutenu ce prêt…

> Nos partenaires européens attendent la France. Chacun des discours d’Emmanuel Macron est scruté. Et il y a les résultats : la Coalition des volontaires, la préférence européenne.

> Donald Trump veut des Orbán partout en Europe. Il veut affaiblir notre modèle démocratique et détruire l’Europe pour une raison simple : à 27 nous pouvons lui résister.

 

Pascal Canfin (député)
> [Tribune coécrite avec Sandro Gozi: « L’Europe doit continuer à s’élargir pour arrimer de nouveaux États à sa sphère d’influence »]
Le monde avance à une vitesse qui défie celle du projet européen. Si l’Europe n’ose pas un sursaut d’intégration, elle risque de se retrouver paralysée, incapable de prendre les décisions qui s’imposent dans un monde de tensions géopolitiques grandissantes, de rivalités technologiques acérées et d’urgence climatique. Les forces réactionnaires l’ont déjà bien compris et s’organisent pour défier et affaiblir l’Europe de l’extérieur et de l’intérieur.
À l’extérieur, Trump et Poutine font de l’Union, de ses valeurs, de ce qu’elle représente, leur adversaire numéro un. À l’intérieur, les partis nationalistes, comme l’AFD en Allemagne ou le RN en France, sont leurs relais politiques. Ce qui les unit, c’est une même stratégie : empêcher l’Europe de décider, de financer, de se défendre et donc d’exister comme puissance.
Face à ces menaces, les familles politiques pro-européennes de notre continent ne doivent pas hésiter. Le saut d’intégration que Mario Draghi appelait déjà de ses vœux il y a plus d’un an est dorénavant une question de survie. L’histoire européenne le montre : de grandes avancées politiques comme l’euro ou l’espace Schengen n’ont pas été réalisées à 27. Elles ont été portées par des groupes d’États volontaires. En octobre dernier, le Parlement européen a soutenu le rapport sur la gouvernance et l’élargissement qui promeut une Europe qui fait de la coopération renforcée un moteur de puissance, de souveraineté et de résultats concrets.
Il ne faut pas avoir peur de ce débat : si nous ne pouvons pas faire l’Union des marchés de capitaux et un endettement commun à 27, faisons-le à moins d’États, mais faisons-le maintenant. Nous avons l’un des taux d’épargne les plus élevés au monde, mais pas assez d’investissements. Mobilisons cette épargne au profit de projets stratégiques associant les entreprises et les autorités publiques. Si nous ne pouvons pas faire à 27 l’Union de l’énergie pour faire baisser les prix, renforcer notre résilience et notre indépendance grâce à l’intégration renforcée de nos réseaux électriques, faisons-le à moins d’États, mais faisons-le maintenant.
Nous n’avons pas réussi à nous défaire de l’emprise du gaz russe, qui nous a explosé à la figure avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, pour retomber dans une nouvelle dépendance, au gaz de schiste américain. Si nous ne pouvons pas faire l’Europe de la défense à 27 car elle est bloquée par Viktor Orban, l’allié de Trump et de Poutine, faisons à moins d’États mais faisons-le maintenant.
L’Europe doit continuer à s’élargir pour arrimer de nouveaux États à sa sphère d’influence, à ses valeurs démocratiques, à son marché unique, qui est l’un des tout premiers au monde. Mais, en parallèle, nous devons organiser une plus grande intégration dans des domaines vitaux qui forgeront notre capacité à jouer dans la cour des grands au 21ème siècle : le financement des innovations stratégiques, l’industrie de la défense, le déploiement des énergies décarbonées. 
Après la chute du mur de Berlin, les chefs d’États et de gouvernement de l’époque, à commencer par François Mitterrand et Helmut Kohl, ont forgé l’euro, qui est aujourd’hui un outil clé de la puissance européenne. Cela n’allait pas de soi. Aujourd’hui, faire les sauts d’intégration en matière de défense, d’énergie ou de marchés de capitaux ne va pas de soi non plus. Mais notre liberté et notre indépendance sont à ce prix.
Sans industrie européenne de la défense, pas d’autonomie stratégique face aux Etats-Unis. Sans financement intégré et massif des innovations dont nous avons besoin, impossible de créer les champions européens dont nous manquons cruellement face à la tech chinoise et américaine. Sans intégration de nos réseaux électriques pour que toute l’Europe puisse bénéficier des atouts du nucléaire français comme des renouvelables danoises et espagnoles, impossible de se passer de manière accélérée des énergies fossiles russes, américaines ou qatari.
Des propositions récentes viennent donner corps à cette ambition : Lars Klingbeil, vice-chancelier et ministre allemand des finances, a proposé fin janvier des avancées autour d’un noyau dur de six pays ; La France a également annoncé être prête à passer à des coalitions de volontaires pour avancer plus vite sur différents sujets ; Même la présidente de la Commission européenne a ouvert la voie au recours à la coopération renforcée pour faire à quelques-uns ce que nous ne pourrons pas faire à 27. Il est donc temps d’agir en ce sens !
Nous appelons Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Pedro Sanchez, Donald Tusk…, à être à la hauteur de cette responsabilité historique partagée. Confiez à Mario Draghi la responsabilité de négocier ces avancées européennes. Donnez-vous quelques mois, pas plus, pour y parvenir. Ce sera le signal de la reconquête européenne. 

> Le MACF, le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, plus connu sous le nom de taxe carbone aux frontières, est en vigueur en Europe depuis le 1er janvier de cette année.
C'est une bonne nouvelle pour nos industries qui en bénéficient, ce qui inclut le secteur des engrais, soumis à une forte pression internationale de la part des importations Russes, Biélorusses ou Egyptiennes.
Cependant, j’entends depuis quelques jours que cette entrée en vigueur de la taxe carbone aux frontières amènerait à une pénurie d’engrais en Europe, et poserait donc un risque pour notre souveraineté.
Les chiffres sont malhonnêtes : nous n’avons jamais autant importé d’engrais qu’en décembre dernier. Les stocks sont pleins.
Plutôt que d’attaquer un outil qui a pour objectif de redonner de la souveraineté à l’Europe, à sa base industrielle, et à son agriculture, concentrons-nous sur comment le faire fonctionner, et comment s’assurer que l’offre d’engrais européens et décarbonés soit abordable pour nos agriculteurs et en particulier les céréaliers.
Et le plus important pour moi : mettons-nous d’accord sur les faits et ne propageons pas de fake news !

 

Stéphanie Yon-Courtin (députée)
> Protection des mineurs en ligne. Il faut une protection minimale. C'est une question de santé publique. Enormément d'études scientifiques montrent à quel point jusqu'à 13 ans — alors qu'ils sont encore en plein développement — les enfants n'ont pas le recul nécessaire. L'âge de 13 ans est celui fixé par toutes les plateformes et les réseaux sociaux mais ne l'appliquent pas.

> Enfin ! La Commission européenne se décide enfin à lancer une enquête contre SHEIN dans le cadre du DSA. Cette enquête est le résultat de notre pression : grâce à l’action des autorités et de la DGCCRF qui a rapidement réagi à l’affaire des « poupées » pédopornographiques, j’ai pris l’initiative d’une question écrite et d’une résolution pour que le Parlement européen demande dès novembre dernier à la Commission d’ouvrir une enquête DSA et d’imposer des sanctions contre Shein. Bien que bienvenue, cette décision intervient très tard : la première demande d’information avait été envoyée à Shein dès 2024. La Commission doit désormais conclure les investigations au plus vite et prendre les mesures nécessaires, jusqu’à la suspension de la plateforme si Shein persiste à piétiner nos règles et à mettre les consommateurs en danger, en particulier les plus jeunes.

 

Sandro Gozi (député)
> La vente de poupées sexuelles à l’apparence infantile est une ligne rouge. La Commission européenne a raison d’enquêter. Dans l’UE, protéger les mineurs n’est pas négociable. Le Digital Services Act s’applique : pas de respect des règles, pas d’accès à notre marché. Zéro tolérance.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Le rapport du Plan alerte : l’industrie européenne subit le rouleau compresseur chinois. Dans tous les secteurs, dans tous les pays. En Allemagne, 10 000 emplois industriels disparaissent chaque année. L’Europe a les moyens du sursaut.

> Un seul chiffre : ce sont 55%, donc plus de la moitié, des productions sur le marché européen qui sont fortement menacées par des produits chinois qui pourraient les remplacer. Ce n'est pas un sujet d'une ou deux filières: c'est le sujet de toute notre économie industrielle. Et l'industrie, je le rappelle, c'est la défense, c'est la souveraineté, c'est l'emploi. La filière automobile en Europe, c'est 13 millions d'emplois.

> A Paris, il faut changer. Parce que la ville n'est pas gérée. Parce que la ville, c'est le bordel. Dans la gestion des travaux, dans la gestion de la circulation, dans l'entretien de la voirie, dans la propreté. Les fonctions essentielles de la municipalité sont mal fichues aujourd'hui. C'est ça que les Parisiens ne veulent plus.

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> L’action publique doit s’appuyer sur l’expertise des victimes. Réunion avec 25 assos engagées auprès des enfants victimes pour avancer vers un Conseil des victimes : reconnaître leur expérience, couvrir toutes les violences, créer un outil utile.

> C’est au tour de l’Irlande d’ouvrir une enquête pour l’Union européenne sur les deepfake sexuelles générées par Grok. Voir des enfants et des femmes représentés nus en ligne est une honte absolue. Ceux qui laissent faire ou ferment les yeux seront tenus pour responsables.

> Les jeunes ne manquent pas d’outils numériques : ils ont besoin de clés de compréhension pour devenir des utilisateurs alertes et responsables.

> Le défi du numérique pour les enfants n’est pas technologique, il est éducatif. À l’ouverture du baromètre « Enfance & Numérique », j’ai rappelé une méthode : soutenir les parents avec des repères clairs existants pour faire du numérique un outil safe !

 

 


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