Emmanuel Macron a pris de bonnes décisions depuis 2017 pour
moderniser et renforcer l’armée française dans un contexte où les dangers de conflits
ont particulièrement augmenté avec cette idée que nous n’en aurons jamais fini
avec les menaces de guerre et plus précisément sur le sol européen.
On pourrait bien évidemment parler de l’inconséquence des humains
en étant dans la sidération des efforts que ceux-ci ont déployé depuis qu’ils
font société pour se détruire les uns, les autres.
Mais la réalité est bien là et il faut, non seulement, la
prendre en compte sans oublier d’agir afin de se protéger contre les prédateurs.
L’agression de Poutine contre l’Ukraine nous le rappelle
notamment à ceux qui rechignent, voire qui s’opposent à l’effort indispensable
pour nous doter d’une défense nationale à la hauteur des enjeux.
Dans les comptes que l’on fait, on se désole de la faiblesse
des effectifs des armées européennes qui ont fondu comme neige ces dernières
décennies, souvent suite à l’abandon du service militaire obligatoire.
Cependant, si l’on compte le nombre des militaires des 26
pays de l’Union européenne, on arrive, selon les chiffres du SIRPI (Institut
international de recherche sur la paix de Stockholm), à 1.400.000 soit plus que
l’armée américaine (1.300.020) ou l’armée russe (1.320.000) et derrière l’armée
chinoise (2.035.000).
Et si l’on compte le nombre d’avions, de bateaux, de canons
et autres matériels militaires, on obtient des chiffres conséquents.
Au-delà de la nécessité de renforcer et de moderniser ces
armées européennes, on comprend bien que le salut des Européens passe par une
armée commune et non par le morcellement de plusieurs forces nationales qui,
souvent, par des décisions politiques, ne se coordonnent pas, n’ont pas les
mêmes matériels et n’ont pas la capacité immédiate de faire face ensemble à une
guerre.
Non pas que des efforts ne soient pas faits dans des
coordinations, des mutualisations de moyens et dans la recherche de création d’une
industrie européenne de l’armement intégrée mais on comprend bien que le
morcellement ne se justifie plus.
Plus important, il met l’Union européenne dans un état de
faiblesse dont se jouent les grandes puissances, on le voit actuellement avec
les discussions sur la paix en Ukraine qui se font sur le dos de Kiev et en ignorant
Bruxelles.
Tel ne serait certainement pas le cas si les Européens se
présentaient avec une armée représentant tous ses membres.
Non seulement ils seraient écoutés mais ils seraient respectés
et craints ce qui permettrait à leurs intérêts d’être pris en compte et de
prévaloir quand il s’agit de leur sécurité.
Ce serpent de mer d’une armée européenne n’a pas cessé d’agiter
l’UE depuis sa création, depuis les tentatives de la CED (Communauté européenne
de défense) initiée en 1950 par les Français et rejeter en 1954 par… les Français!
S’opposer aujourd’hui à la création d’une véritable armée européenne,
c’est affaiblir l’Europe et la démocratie.
La preuve est devant nos yeux quotidiennement.