Voici une sélection, ce 25 janvier 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France à propos de la nomination du gouvernement puis de la démission du premier ministre.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> Quand l'Europe réagit de manière unie, en utilisant les instruments
qu'elle a à sa disposition, tandis qu'elle est menacée, elle peut se faire
respecter, et c'est une très bonne chose.
> Ravi d’accueillir aujourd’hui à Paris le Président indonésie. Ensemble, nous renforçons encore le partenariat stratégique qui unit l’Indonésie et la France dans de nombreux domaines, et notre convergence sur les enjeux globaux et internationaux que la France est déterminée à porter dans le cadre de sa présidence du G7.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Budget de l’État 2026 :
- le pouvoir d’achat des Français qui travaillent est une priorité ;
- il n’y a pas de hausse d’impôts pour les entrepreneurs ;
- il n’y a pas de hausse d’impôts pour les ménages ;
- il n’y a pas de hausse d’impôts pour les entreprises.
> Plan relance logement
Je l'ai dit à de nombreuses reprises depuis maintenant quatre mois, il y a un
certain nombre de politiques publiques, de problèmes que connaît le pays qui
pourront peut-être attendre la présidentielle, trouveront un traitement dans le
cadre de la campagne présidentielle et devront être arbitrés par les électeurs
dans le cadre de la campagne présidentielle. Enfin, il y a quand même des
grandes urgences dans le pays qui ne pourront pas attendre le grand débat de
2027 et qui nécessitent de manière la plus consensuelle, en tout cas de la
manière la plus transpartisane possible, de trouver des solutions dès
maintenant. Et la question du logement, comme d'ailleurs d'autres sujets sur
l'énergie, ce sont des sujets de grande urgence, ce sont des sujets de
souveraineté, ce sont des sujets qui tiennent aussi à la quête de croissance
économique que nous devons aller chercher tout au long de l'année 2026, selon
l'adage bien connu : quand le bâtiment va tout va.
Évidemment, une approche particulièrement aussi humaine, sociale, parce que la
promesse d'avoir un logement, c'est comme la promesse d'avoir un travail, ça
participe à la promesse républicaine. Un enjeu d'aménagement du territoire. On
est ici dans aussi les grandes dynamiques de ce que la métropolisation de Paris
et les nouveaux aménagements du territoire de demain, dans les équilibres entre
le rural et l'urbain, puis évidemment une approche aussi environnementale,
parce qu'on le sait tous, notre transition énergétique, notre capacité à
décarboner une partie de notre économie, notre production d'énergie etc.
passent énormément par les mobilités et le logement et le logement évidemment
va avec les mobilités.
Il faut bien le reconnaître, depuis la sortie du Covid, nous sommes dans une
panne plus que préoccupante sur le secteur du logement.
Il y a pourtant une forte demande, une population qui ne demande qu'à se loger,
en fonction de ses besoins, qui suit aussi d'ailleurs les modifications des
structures familiales, par définition. Le peuple français évolue dans sa
structure depuis maintenant 20 ans, 30 ans, 40 ans, et donc aussi la politique
de logement doit s'adapter à cela. Une politique, en plus, dans laquelle il y a
beaucoup de cuisiniers dans la cuisine, parce que l'État a ses compétences, les
collectivités locales ont leurs compétences, le monde de la construction et des
promoteurs ont les leurs, et évidemment ça crée aussi un ensemble qui peut être
très performant lorsqu'il est aligné, mais lorsqu'il se désaligne, on a eu un
déjeuner de travail ce midi, peut créer un certain nombre d'inerties. Et depuis
la guerre en Ukraine, le coût des matériaux, depuis la sortie du Covid, on a,
au fond, un ralentissement de la production de logements qui est
extraordinairement préoccupant.
Et donc, je considérais qu'il fallait qu'on soit capable de créer une rupture.
C'est un travail qui a commencé depuis maintenant près de quatre moi (…)
Quelques principes sur ce plan de Relance logement. Le ministre viendra
compléter évidemment dans un instant ce que nous allons y mettre à partir de
maintenant puisque cet après-midi, à partir de cet après-midi s'ouvre une
séquence importante sur l'ensemble de la question de la construction. Le
premier principe, c'est que je souhaite qu'on fasse confiance. Et comme aurait
dit le président Pompidou, il faut qu'on arrête « d'emmerder » les
Français, et donc, là, il faut qu'on arrête « d'emmerder » les
acteurs. Et ça, je crois que c'est clé. C'est dans une approche dans laquelle,
que l'on soit maire, on a bientôt des élections municipales avec un
renouvellement important des conseils municipaux, que l'on soit représentant de
l'État, messieurs les préfets, que l'on soit des professionnels de la
construction.
Si on veut avoir du résultat rapidement, il faut que l'on fasse, au fond, une
œuvre de confiance et non plus forcément de contrôle systématique. C'est l'état
d'esprit qui est le nôtre et qui va expliquer aussi un certain nombre de
dispositions que nous allons vous présenter. La deuxième des choses, c'est
qu'il faut s'en donner les moyens. Les moyens, d'ailleurs, ce n'est pas que de
l'argent, même si on va en mettre, c'est aussi une philosophie globale, une
approche globale. Et donc, c'est vrai dans le projet de loi de finances, si on
fait aussi ce déplacement cet après-midi, c'est parce que ce midi, la partie 1
des recettes a été adoptée, mais dans les recettes, on a aussi les niches, tout
le volet aussi fiscal en miroir, et donc ce qui est vrai pour l'aide et
l'accompagnement aux bailleurs sociaux, avec 1,5 milliard d'euros, 500 millions
d'euros, qui sont débloqués en urgence pour accompagner pratiquement 700
bailleurs pratiquement en France, partout sur le territoire, pour venir réussir
et développer des programmes qui sont menés en lien entre les collectivités
territoriales et les bailleurs sociaux, ce qui devait aussi s'accompagner d'une
rupture profonde sur ce qu'on appelle le bailleur privé, c'est-à-dire la
capacité pour les ménages à venir défiscaliser sur leurs impôts sur le revenu
pour débloquer des fonds et faire effet de levier pour produire des logements
sur un certain nombre d'endroits sur le territoire. Et au fond, on le voit
bien, si d'autres dispositifs fiscaux ont pu exister dans le passé, on a
cherché à travailler autrement et à aborder, justement, non pas cette affaire
comme étant une énième niche, mais au contraire, un véritable outil levier
d'aménagement du territoire.
Et au fond, en allant chercher une fois de
plus, l'épargne des Français, parce qu'on en a beaucoup parlé. Et là, on a de
l'épargne, qui peut être mobilisée dans une approche complètement
gagnant-gagnant, pas de manière punitive, mais au contraire, qui permet de
faire de la défiscalisation intelligente. Et au fond, s'il ne faut pas
« emmerder » les Français, s'il faut être capable de ne pas
remonter le social contre le privé et le privé contre le social, il faut en
tirer aussi des conclusions sur l'ensemble de la dynamique que l'on souhaite
créer. Il ne faut pas opposer le rural et l'urbain. Parce qu'on le voit bien,
les modifications, l'aménagement du territoire sont en train de construire des
dynamiques qui sont évidemment très différenciées entre il y a 10 ans et dans
10 ans. On le voit bien autour des métropoles, autour des grandes villes en
province, on a des modifications sociologiques qui sont extraordinairement
importantes. Et donc, au fond, c'est une petite révolution aussi qu'on va
mettre là, c'est que d'habitude, l'ensemble de ces dispositifs ont toujours
fait l'objet de zonages. Zonages pas forcément toujours très lisibles,
d'ailleurs, pour les Françaises et les Français, parfois même, d'ailleurs, pour
les élus locaux. Comme maire de Vernon, jadis, il y a près de cela 10 ans, j'avais
dû me battre pour que ma commune soit dans un fameux territoire qu'on appelait
B1. Déjà, c'est une petite révolution, c'est de se dire, il n'y aura pas de
zonage. Et en tant que tel, c'est déjà un des moyens de faire une grande
réconciliation entre les territoires ruraux et urbains, et même dans une
dynamique aussi urbaine que le département de la Seine-Saint-Denis, ça évite
des effets de trappe et des effets de bord dans lequel, au fond, en fonction
des volontés locales, il y aura l'outil fiscal qui permettra d'accompagner ces
projets.
Et puis, évidemment, ne pas opposer le neuf et l'ancien. Et ça, je crois que
c'est un des grands enjeux aussi, y compris en matière de transition
énergétique et environnementale, de protection du patrimoine. Il y a du
patrimoine qui n'est pas classé, le nombre de communes rurales aujourd'hui qui
sont propriétaires d'un presbytère, d'un ancien presbytère, dans lequel il faut
faire une rénovation d'ancien, et dans lequel on se dit, soit on peut rien
faire, soit, au contraire, on a les outils d'accompagnement pour le faire, ça,
c'est évidemment quelque chose qui est particulièrement populaire chez les
élus, y compris les élus locaux dans les communes les plus rurales, et donc, au
fond, ne pas opposer le privé et le public, ne pas opposer le rural et
l'urbain, ne pas opposer l'ancien et le neuf, sachant que sur l'ancien, des
dispositifs sont encore à prendre dans les semaines qui viendront.
Là, on a évidemment quelque chose qui, philosophiquement, vient petit à petit
trancher, en tout cas créer la rupture avec la période récente, ce qui fait de
ce plan, je le crois en tout cas, un des plans les plus radicaux de ces dix
dernières années, en tout cas dans sa philosophie, sachant que nous allons
continuer. L'objectif, il est simple. Il est assez ambitieux. Je ne doute pas
que nous serons surveillés dans notre capacité collective avec la profession à
le réussir. C'est être capable de sortir 2 millions de logements d'ici à 2030.
Donc, c'est absolument colossal. C'est 400 000 logements par an. Globalement,
nous sommes plutôt dans un point bas, même si le début de l'année laisse
peut-être quelques perspectives d'optimisme. Mais enfin, on était plutôt tombé
sur une moyenne autour de 300 000 logements par an en fonction de la manière
dont on le calcule.
On le voit bien, on est quand même sur une accélération qui est prodigieuse et
qui ne doit pas intervenir dans trop longtemps. C'est pour ça que la réussite
de ce plan, dès 2026, la capacité à aller mobiliser l'épargne, à voir
l'ensemble de la profession, tant sur le privé que pour les bailleurs sociaux,
à vite démarrer ces projets, sont évidemment absolument clés. Moi, je veux
vraiment remercier la mobilisation de tout le monde. On a parlé beaucoup de ces
réunions à l'Assemblée nationale, au Sénat, ces travaux de compromis, ça a
commencé à devenir obscur pour beaucoup de nos concitoyennes et concitoyens. On
commence à mettre aussi un peu de lumière sur les objets concrets ; dont un
certain nombre, d'ailleurs, je les avais plus ou moins listés lors de différentes
déclarations à l'Assemblée nationale sur le perron de Matignon, en disant qu'il
y avait des thématiques, vous ai-je dit, au mois de novembre, au mois de
décembre, sur lesquelles on pouvait créer des voies de passage et des voies où,
au fond, l'ensemble des parlementaires pouvaient se retrouver. Cette question
du logement en est une. Je ne connais aucun sénateur, aucun député, quelle que
soit leur tendance politique, qui ne nous ait dit : « on n'a pas un
problème de logement dans notre circonscription ». Et donc, c'est aussi un peu
la méthode que je veux essayer de prescrire au Gouvernement, et que le
Gouvernement emmène l'ensemble des partenaires, c'est, au fond, de bien trier
les sujets avant 2027, après 2027, et sur tout ce qui est urgent, être capable
très, très vite de se mettre en mouvement et d'obtenir des résultats.
Le prochain rendez-vous sera sans nul
doute le grand texte sur la réforme de l’État, la décentralisation, en clair
l'approche territoriale nouvelle que l'on veut avoir de l'action de l’État
parce qu'il est clair qu'il faudra traiter la question du logement. On en
parlait avec les professionnels ce midi suffisamment pour donner de la
confiance, pas de grands soirs pour rompre justement cette confiance et faire
en sorte que 2026 ne soit pas une année perdue. Mais je crois qu'on a bien vu
quand même que le modèle Jeux olympiques ou le modèle Notre-Dame, c'est-à-dire
être capable en repartant de projets d'avoir des mesures de simplification, pas
la simplification comme on en parle à chaque fois, dont on parle toujours et
qu'on ne voit jamais arriver pour être complètement transparent. Mais en tout
cas, une méthodologie type Notre-Dame ou Jeux olympiques appliquée au logement,
en tout cas dans des zonages précis dans le pays, j'y crois énormément. On a
des zones qu'on est en train de réindustrialiser. Il y a des zones dans
lesquelles nous sommes en train d'avoir une nouvelle approche de
l'énergie.
Comme ancien ministre des Armées, il y a des zones dans lesquelles nous sommes
en train massivement de réinvestir sur des régiments, des bases navales ou des
bases aériennes sur lesquelles on aura besoin de logement. Vous avez des maires
qui commencent à se poser la question de comment on prend le défi de la
démographie, notamment en matière scolaire, toute la question de la carte
scolaire avec les fermetures, les ouvertures de classes, d'écoles. Au fond,
plutôt que de subir, et d'ailleurs de faire peut-être la part belle à quelques
extrêmes, c'est de dire aussi aux élus qui auront envie de créer justement une
nouvelle méthode territoriale, surtout avec le début du mandat municipal, en
lien avec les collègues présents de départements et les élus régionaux, c'est
de se dire que là où on veut construire, là où on veut bâtir, en respectant les
équilibres locaux, en étant capable de faire de l'ancien ou du neuf, en étant
capable de coller aussi à une demande territoriale, une demande sociale,
humaine, il y aura les outils pour le faire.
Voilà. En tout cas, c'est une nouvelle approche que nous proposons cet
après-midi avec vous, qui justifie aussi une forme d'urgence. C'est pour cela
aussi que je suis venu me déplacer dès cet après-midi même, après l'adoption de
la partie 1 du projet de loi de finances, qui ne vaut pas adoption définitive,
mais qui vient dire aussi que sur un certain nombre de sujets, de
préoccupations de la vie quotidienne, en clair de la défense de l'intérêt
général, il est désormais temps aussi que nous avancions.
Monsieur le ministre, peut-être pour donner quelques éléments de précision ?
> Qu'est-ce que nous demande, au fond, la plupart des acteurs de ce pays, toutes filières confondues ? Stabilité, visibilité. On l'entend 300 fois par jour dans les cérémonies de vœux en ce moment. Il y a la stabilité politique, la stabilité fiscale, parce qu'en dépit de ce que peuvent raconter les uns et les autres, pas d'augmentation d'impôts, ni ménage, ni entreprise, dans la copie. Puis après, vous avez des filières particulières, représentées ici, où là, il y a des blocages particuliers. Et moi, c'est la consigne que j'avais donnée au début du mois d'octobre. Ça peut être vrai pour l'industrie de défense sur certains sujets, ce qu'on a appelé l'économie de guerre. On a les sujets énergétiques, on va reparler d'agriculture, parce qu'il y a bientôt le Salon de l'agriculture et toutes les crises qu'on a pu connaître, là, on a le logement. Au fond, on tourne toujours autour du même sujet : la production. Comment, dans ce pays, on est capable de produire ? C'est quand même une thématique dont on n'a pas assez parlé lors des débats parlementaires pendant 4 mois. Quand on a dit qu'il ne faut pas toucher à l'outil de production, on l'a joué en défensif. Là, vous le voyez, cet après-midi, moi, je souhaite aussi qu'on la joue en offensive, pas sur 300 sujets. Je l'ai déjà dit à de nombreuses reprises, on ne va pas faire comme si on était au début de quinquennat avec 350 députés et beaucoup d'argent. Je n'ai rien de tout cela. En revanche, dans les semaines, mois qui viennent, est-ce que des thématiques qui sont absolument fondamentales pour l'intérêt général, pour la croissance et pour la vie des Françaises et des Français, est-ce qu'on est capable de sortir un certain nombre de secteurs de la mauvaise spirale dans laquelle elles peuvent s'installer où elles sont installées ? Je crois que c'est possible. En tout cas, si on a de la volonté politique et de l'organisation, on peut le faire. On a travaillé en chambre depuis maintenant plusieurs semaines. Là, il y a quelque chose qui va être publié au Journal officiel si on va jusqu'au bout du débat budgétaire sans incident. Le vrai sujet, c'est que très vite, l'ensemble des acteurs s'en emparent. Et au fond, ça dit aussi quelque chose du moment dans lequel on est. Il va falloir arrêter aussi avec des discussions politico-budgétaires hors sol et qu'on commence à passer à la logique, aussi, résultats. Et au fond, tous ces amendements, tous ces textes, derrière, traduisent du réel. Et là, on est dans le réel.
> Si on veut enfin réussir l'ancien et la rénovation de l'ancien, il ne faut pas de zonage. Il ne faut pas se raconter d'histoire. Deuxième des choses, à un moment donné, on est un peu... On marche sur la tête. On a commencé par édicter plein de normes sur la revente d'un certain nombre de logements et de passoires thermiques. On n'a pas forcément donné les outils qui permettaient justement d'en sortir. Donc, y compris dans la dynamique environnementale, y compris dans une dynamique territoriale, rurale, de rénovation de l'ancien, le zonage, c'est prendre trois fois plus de temps pour arriver à un résultat qui sera trois fois plus incertain. Si on est dans une logique de relance, j'assume une forme de radicalité. Après, avec les professionnels, on l'évaluera, on regardera ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas. Il ne faut pas être têtu. Mais là, je ne voulais pas qu'on reparte dans quelque chose comme d'habitude. Parce qu'on n'est pas dans la situation d'habitude et qu'il y a cette urgence qui doit être largement entendue. J'ajoute qu'on aura la question des maisons individuelles à traiter dans un autre chapitre aussi, parce que cette question-là aussi, on y revient, peut-être moins en milieu urbain dense, peut-être davantage en milieu rural, encore que, en tout cas, je veux qu'à un moment donné, on puisse avoir, y compris dans le duo maire-préfet, dans la relation à la promotion immobilière et aux bailleurs sociaux, je veux qu'on ait quelque chose qui soit le plus souple possible. Alors c'est sûr que c'est un petit pari de confiance, ce n'est pas un réflexe, la norme pour la norme, et qu'on prend un risque. Avec un outil de défiscalisation très puissant, que Bercy va adorer. Mais je l'assume. Et je l'assume parce que je sais que c'est de l'argent, c'est de l'épargne des Français qu'on va aller chercher qui va permettre un effet levier absolument formidable sur la construction et l'aménagement du territoire. Mais c'est pour ça aussi qu'on doit s'approprier très vite les outils pour qu'on ait les premiers résultats.
> On voit bien que depuis le début du
mois de janvier, il y a une vie politique, peut-être même un peu politicienne,
qui a redémarré de plus belle là où il y avait plus de gravité tout au long de
l'automne. Ce qui nous a permis, avec les ministres, en novembre, en décembre,
d'essayer de remettre du calme, de repousser le désordre, d'écouter chacun avec
tous les compromis qu'il faut faire pour les uns et les autres. C'est certain
que je ne suis pas du tout dupe que ce mois de janvier est un peu plus politique
et que la vie des bêtes reprend.
Ceci étant dit, les motions de censure sont bien légitimes
constitutionnellement, démocratiquement. Je prononçais un discours ce matin
pour y répondre le plus sincèrement possible. Désormais quand même, il faut
qu'on reconnecte toute cette vie politique à l'Assemblée nationale au réel, le
réel international, le réel de ce que vivent ici les habitants de Rosny, le
réel de ce que vivent les filières concernées en matière de logement. Et en
fait, dans ce moment un peu particulier, un peu politicien, j'ai quand même été
un peu frappé des commentaires sur le budget. Faire trois jours de presse pour
expliquer que les impôts augmentent alors qu'ils n'augmentent pas. Le pays a
déjà suffisamment de problèmes, on n'est peut-être pas obligé, en plus, de lui
expliquer des problèmes qui n'existent pas. C'est un peu comme les dépenses. On
dit qu'il n'y a pas de mesure d'économie, 0,2 point de PIB. Et c'est ce que
j'ai dit ce matin. Celles et ceux qui disent qu'il n'y a pas de mesure
d'économie seront les premiers dans 3 jours, 3 semaines, 3 mois, je ne sais
pas, qui nous reprocheront d'avoir tapé trop fort sur tel ou tel poste de
dépense.
La seule chose que je demande, puisque je souhaite que le Gouvernement se
tienne le plus éloigné de la campagne présidentielle, les ministres s'engagent
sur la campagne municipale, moi, le premier. Ça, c'est normal, c'est la vie
locale. Mais néanmoins, il faut quand même que désormais l'ensemble des élites
politiques, l'ensemble des élites tout court d'ailleurs, regardent le fond du
texte du budget tel qu'il est et regardent ce qu'il veut dire. Et si j'ai voulu
ce déplacement aussi cet après-midi, c'est pour rompre un tout petit peu cette
routine qui est en train de s'installer là, dans lequel, regardez le fond du
texte. Au fond du texte, il y a une niche fiscale, un accompagnement fiscal, un
levier, plus des outils d'accompagnement des bailleurs sociaux qui sont
réclamés par des acteurs depuis des années. Donc oui, soit ça rentre dans la
vie des gens et c'est adopté, soit ça ne l'est pas.
Mais je vais même plus loin, au-delà de nous, de là où je viens et de la
gestion de crise politique que je me retrouve à gérer depuis le mois de
septembre, ce n’est plus tellement de sujets à vrai dire. Désormais, on est
quand même la France, on est regardé, on est attendu, quelles que soient nos
opinions politiques, ce qu'on pense du Gouvernement, du président de la
République, de l'actuel, de l'ancien, du futur, est-ce qu'on se laisse aller à
ce déclin potentiel qui peut nous tomber dessus, parce que quand le monde va
vite, soit on s'accroche, soit on décroche. Et il y a un moment patriotique
aussi à avoir.
Donc, il y a la vie politique, il y a les campagnes présidentielles qui
démarrent, on l'a bien compris, Enfin, il y a aussi un moment de gravité qu'il
faut avoir. Donc moi, je n'appelle pas à la responsabilité toutes les 5
minutes. Je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. Que celles et
ceux qui veulent travailler leur programme le fassent, c'est très bien. Mais
là, pour l'instant, on est quand même dans un moment dans lequel je crois qu'il
faut être sérieux. J'ai de bonne foi permis à tous les groupes politiques à
l'Assemblée nationale de travailler avec nous. Et on va continuer de
s'exprimer. On a même pris des idées qui n'étaient pas les nôtres pour bien
montrer justement que nous étions dans une logique de compromis sincère et
réel. Et même le 49-3, que je fais à regret, parce que pour moi c'est le
Parlement qui n'a pas voulu aller jusqu'au bout de sa responsabilité. Je suis
moi-même parlementaire et je crois au Parlement. C'est comme ça. Enfin, entre
un entêtement du Premier ministre et ne pas avoir de budget pour le pays, le
choix, malheureusement, a été fait. Mais maintenant, il faut avancer. Il y a
une crise qui a démarré au mois de septembre. Je crois désormais qu'il faut
savoir terminer une crise politique. Et c'est aussi pour ça que j'ai pris ma
responsabilité et que je vais continuer de la prendre.
> Il y a encore 10-15 jours de vie politico-budgétaire devant nous et donc il faut évidemment être concentré sur cette tâche-là parce que c'est effectivement la première mission que le président de la République nous a confiée, pas qu'à moi, à l'ensemble des ministres. Après, il y a les élections municipales. Très vite, la campagne présidentielle va débuter. De toute façon, la projection du gouvernement sera réaliste. On ne va pas rien faire. Il n'y aura pas d'immobilisme. Ce n'est pas ce que demandent les Françaises et les Français. Comme je vous l'ai dit, il y a des sujets qui ne peuvent pas attendre. C'est faire preuve de patriotisme que de se dire qu'on va bosser aussi longtemps que le Président et le Parlement nous confieront cette mission. Ça vaut pour moi, ça vaut pour les ministres. En plus, c'est l'avantage, vous le savez, de ne pas avoir d'agenda. 9 ans que je suis ministre, j'ai eu la chance d'être ministre des Armées, ministre des Outre-mer. Bon, ma carrière, elle est faite « ministériellement » parlant. Donc, en fait, maintenant, le but de la manœuvre, c'est d'être le plus utile possible et pas s'installer dans une forme de routine dans laquelle on va parler des problèmes en disant que ça sera génial plus tard. Non, on va faire en sorte que ça soit mieux maintenant.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté
industrielle, énergétique et numérique)
> Plan relance logementD
ans la période actuelle, il n'y a pas de l'argent magique, mais il y a de l'argent efficace. Et là, ce qu'on a souhaité, c'est que l'argent public soit efficace. C'est simple, c'est puissant, c'est rapide, on l'espère en tout cas. Et l'objectif, il est évidemment que les triples ou même quadruples dividendes de ce projet soient présents très vite. Donc le premier, tu l'as dit, c'est quand même de construire des logements parce qu'on en a besoin, et on parle insuffisamment, vous l'avez dit M. le Premier ministre, des énormes projets industriels qui vont se déployer dans les années qui viennent. A Cherbourg, l'usine Orano, ça va être 15 000 emplois dans les 10 ans qui viennent. Les centrales nucléaires, à Dunkerque, à Saint-Nazaire, à Fosse, on a des dizaines de milliers d'emplois industriels et des emplois de la construction qui vont aller avec, qu'il va falloir loger. On va construire des logements, on va relancer l'activité. Quand le bâtiment va, tout va. On va l'épuiser dans les pannes des français, vous l'avez dit. C'est un moteur de croissance très fort. Et en plus, on le fait avec des dispositifs, je pense que tu rentreras dans le détail, qui vont permettre de limiter l'impact parfois inflationniste, notamment sur les loyers de ce type de dispositifs. Et ça aussi, c'est très important. Donc, vraiment, évidemment, ça va coûter de l'argent. Et à Bercy, on est en train de commencer à sortir les compteurs. Mais ça va produire de l'activité économique, de l'emploi. On sortira… et accessoirement de la fiscalité au passage et évidemment on intégrera ça dans les compteurs également. Donc l'impact net de tout ça sera évalué et vous sera communiqué en temps réel mais n'oublions pas qu'aujourd'hui on est dans une logique quand même où la croissance va plutôt bien en France et le ministre de l'économie souhaite qu'elle aille encore mieux plutôt que moins bien et ça ça va y contribuer.
> Budget] D'abord, on compte sur le fait qu'on a très vraisemblablement atteint 5,4 % de déficit l'année dernière et qu'on a très probablement en plus atteint une croissance supérieure à celle qu'on anticipait. On souhaite tout faire en 2026 pour avoir à la fois, on l'espère, de bonnes nouvelles sur la croissance, les enquêtes de l'INSEE qui sont sorties ce matin montrent que ça démarre plutôt bien, et un objectif de déficit public qui est à 5% qui sera respecté. On a un budget. Les parlementaires sont désormais amenés à se prononcer dessus. Ils l'ont fait une première fois sur la partie dite 1, fiscalité, ce matin. Ils vont le faire dans les jours qui viennent sur la partie dite 2, dépense. Et moi, ce dont je suis franchement particulièrement satisfait, c'est que ce budget, contrairement à d'autres dans le passé, il repose à peu près moitié-moitié sur des économies de dépenses, elles sont importantes, et sur de la fiscalité. Elle repose sur une fiscalité globalement des ménages qui est parfaitement inchangée, une fiscalité des entreprises qui est très largement inchangée aussi et qui va permettre aux entreprises, enfin, de mettre en place leurs projets d'investissement, leurs projets de croissance, leurs projets de croissance à l'exportation. On a donné un cadre stable à notre économie, on a une dynamique économique forte, on a quelques projets comme celui-là, la programmation pluriannuelle de l’énergie qui va permettre de lancer des grands chantiers, qui va nous mettre sur des rails de croissance plus tôt, je l'espère, en accélération qu'en ralentissement. On a besoin de retrouver confiance dans ce pays. La France, elle fait face à des défis majeurs, y compris à l'international, la France, elle ne va pas si mal que ça. Et il faut qu'elle aille de mieux en mieux, notamment du côté de la croissance. Donc on va faire 5 %, comme on a fait 5,4 % l'année dernière, et on va continuer à croître. Et évidemment, je remercie d'avance, si c'est le cas, les parlementaires qui nous permettront de le faire, parce que la course, on le sait, n'est pas tout à fait terminée encore.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> Les Européens sont prêts à prendre en charge les questions de
sécurité, y compris dans l’Arctique et au Groenland.
> [Gaza] Nous soutenons sans réserve la mise en œuvre du plan de paix. Nous saluons les efforts de l’administration américaine pour faire avancer ce plan de paix que le Président Trump a présenté. Plan de paix auquel nous avons ouvert la voie pendant un an.
> L’Europe a été absolument centrale dans les discussions entre les États-Unis et l’Ukraine qui ont permis de bâtir un paquet pour le cessez-le-feu que Vladimir Poutine doit aujourd’hui saisir, sans quoi nous continuerons à accentuer la pression.
Amélie de Montchalin (ministre de l’Action
et des Comptes publics)
> Le RN ment aux entreprises et aux entrepreneurs. Il y a un fossé entre ce
que dit Jordan Bardella publiquement et ce que ses troupes votent dans
l’hémicycle.
Ils disent vouloir protéger les entreprises françaises de la concurrence
étrangère, mais votent contre la taxe sur les petits colis.
Ils affirment être en soutien aux PME, mais votent la suppression du dispositif
Madelin.
Ils affirment ne pas vouloir augmenter les impôts sur les entreprises mais
joignent leurs voix aux Insoumis pour voter 34 milliards de hausses
d’impôts sur les entreprises. Le populisme et l’entreprise font toujours
un mariage malheureux.
> [Budget] Nous avions plusieurs impératifs : tenir notre cible de 5% de déficit public. Ne pas avoir plus de prélèvements obligatoires en 2026 qu’en 2019, dernière année où nous étions sous les 3% de déficit. Et faire en sorte que la réduction du déficit se fasse pour moitié par des économies (à hauteur de 0,2% du PIB) et à moitié par de la fiscalité (0,2% du PIB également).
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> Le combat contre le sexisme
est un combat fondamental pour notre République. Il est à la racine de mon
engagement politique et de mon action comme ministre. Le masculinisme n’est pas
une menace qui ne concernerait que les femmes, c’est un danger pour toute notre
société. Une société qui méprise les femmes, qui tolère leur mise à l’écart ou
leur domination, est une société qui va mal et qui se fragilise elle-même.
Notre jeunesse est particulièrement concernée, avec un fossé qui se creuse avec
les jeunes hommes qui adhèrent de moins en moins aux notions d’égalité et de
respect et qui au contraire se sentent en phase avec des idéologies basées sur
la violence et la soumission. Les réseaux sociaux ont une responsabilité
écrasante dans la propagation de ces discours. Cette réalité nous oblige à agir
et c’est ce que nous faisons avec l’interdiction des réseaux sociaux pour les
moins de 15 ans.
> Les violences faites aux femmes ne se traitent pas à distance. Elles se combattent partout, sur chaque kilomètre carré de la République.
> Pendant des décennies parfois, ils se sont engagés au service des Français. Nos maires ruraux sont des piliers de la République.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée
auprès du ministre de l’Intérieur)
> Aux côtés de mes homologues européens, j’ai participé au Conseil informel JAI
des ministres de l’Intérieur consacré aux enjeux migratoires : maîtrise des
flux, politique de retour et préservation de l’espace Schengen. Face aux défis
communs, une meilleure compréhension et une gestion plus efficace des
migrations en Europe passent par un renforcement déterminé de la coopération
transfrontalière, en particulier en amont de l’entrée en vigueur du Pacte
européen sur la migration et l’asile prévue en juin prochain. En marge de ces
travaux, des échanges bilatéraux ont permis d’aborder des sujets essentiels,
notamment la lutte contre l’immigration irrégulière et l’efficacité des
politiques de retour. La France continue de porter une ambition claire : une
politique migratoire à la fois exigeante, responsable et humaine.
Eléonore Caroit (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la
Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Notre mission est de servir les Français. Le budget n’a pas été voté comme
on l’aurait souhaité, mais il fallait avancer.
> [Aide au développement] L’AFD n’est pas de l’argent donné : 85 % ce sont des prêts pour des projets structurants. Et 7 fois sur 10, ce sont des entreprises françaises qui remportent les appels d’offres.
> [Aide au développement] On investit dans des pays, et c’est pour ça que les entreprises peuvent répondre aux appels d’offres, que ça crée de l’emploi. Il faut arrêter de parler d’aide, et parler d’investissement.
> [Francophonie] On a une vision décliniste de nous-mêmes, à tort. Le français est la 5ᵉ langue la plus parlée au monde. La francophonie, c’est du plurilinguisme et une influence qu’il dépend de nous de maintenir.
David Amiel (ministre délégué
auprès de la ministre de l’action et des comptes publics chargé de la
Fonction publique et de la Réforme de l’État)
> Le combat pour la souveraineté européenne que mène le chef de l’État se
joue à la fois sur la scène internationale et dans la vie la plus quotidienne,
parce que les dépendances qui semblent les plus anodines en temps calme peuvent
être brutalement exploitées contre nous en temps de crise. C’est
particulièrement vrai dans le secteur numérique. Face à cela, l’État a un rôle
clé à jouer au côté du secteur privé pour assurer sa propre résilience et
soutenir, nous y tenons avec Amélie de Montchalin [ministre de l’Action et des
Comptes publics], à travers la commande publique nos entreprises, qui ont
besoin de clients plus que de subventions. Nous devons sortir progressivement
de la dépendance aux outils américains et plus globalement non-européens. Nous
avons déjà commencé à le faire en matière de stockage de données sensibles avec
l’émergence de solutions de cloud souverain sécurisé. Mais il faut continuer ce
sevrage avec détermination. (…)
Ne laissons aucun angle mort croître ! Regardons la communication. Depuis la
crise sanitaire, la visioconférence s’est beaucoup développée dans la vie de
l’État comme des Français. Nous sommes devenus dépendants à Teams, à Zoom. Il
faut donc au sein de l’État se désintoxiquer pour assurer la sécurité de nos
échanges en toutes circonstances. C’est pourquoi nous allons généraliser d’ici
2027 une solution de visioconférence au sein de l’administration française,
Visio. Le Premier ministre va ces prochains jours diffuser une circulaire pour
l’officialiser : 100 % française, Visio sera progressivement déployée pour
100 % des agents de l’État.
● Autres ministres
Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement
du territoire et de la Décentralisation)
> Plan relance logement
Merci monsieur le Premier ministre. Le Premier ministre l'a dit, on a un enjeu
de logement dans l'ensemble du territoire national, y compris dans ce qu'on
appelle le périurbain le long du littoral. Donc, cet enjeu est majeur pour les
raisons que vous connaissez bien et il y a aussi un enjeu d'émancipation
sociale et d'attractivité économique. Aujourd'hui, 31 % de l'industrie
française est dans la ruralité et on n'a pas de logement pour permettre que les
entreprises puissent recruter ou à l'inverse que des gens qui habitent dans
certains territoires puissent se loger. Et puis moi je prendrais un exemple
monsieur le ministre de l'efficacité de la décentralisation et de la pertinence
de la décision à une échelle territoriale c'est l'exemple du PINEL breton où
dans cette région de Bretagne on a su en intelligence travailler ensemble,
c'était les promoteurs, c'était les maires, le conseil départemental pour dire
qu'il y a aussi des territoires où il y a une entreprise agroalimentaire où on
a besoin de loger des gens, de faciliter un dispositif locatif ou d'accession
sociale à la propriété. Et sincèrement je pense que la proximité, la
responsabilité des acteurs territoriaux est vraiment la garantie d'une
efficacité, d'une réussite de ce dispositif.
Vincent Jeanbrun (ministre de la Ville et
du Logement)
> Plan relance logement
[Ce plan va nous] permettre de répondre à cette terrible crise du logement qui
frappe notre pays. On a dans notre pays quatre millions de mal logés, 12
millions de personnes fragilisées par le logement. Le défi est immense et nous
sommes ici aujourd'hui pour annoncer, Monsieur le Premier ministre, ce plan de
Relance du logement que vous avez voulu, car il était urgent d'agir et vous
avez décidé que le Gouvernement serait au rendez-vous. Au rendez-vous pour quoi
? Au rendez-vous d'abord pour avoir un véritable choc d'investissement. C'est
tout l'esprit du nouveau statut, du nouveau dispositif fiscal qui a été adopté
ce matin, faire en sorte que les Français mobilisent leur épargne pour nous
aider à produire du logement. Aujourd'hui, un quart des familles françaises
sont logées dans un appartement, dans un bien qui appartient à un petit
propriétaire privé, à une famille française qui a décidé d'investir dans la
pierre. C'est cet argent-là qu'il est important de mobiliser, et c'est le
premier choc que nous avons souhaité mobiliser.
Un choc également de confiance. Il faut faire en sorte que demain, tous les
acteurs du logement se disent l'ambition est claire, l'objectif est clair, on
va tous se mobiliser, 2 millions de nouveaux logements produits, qu'il s'agisse
de construction à neuf, de réhabilitation à neuf, tout ça est essentiel. Et le
choc de confiance, c'est aussi faire en sorte que demain, un maire, un élu
local soit assuré d'avoir la main sur la politique de peuplement, évidemment en
lien avec les préfets, Monsieur le préfet de région, c'est essentiel et ça fait
partie des dispositifs sur lesquels on va se battre. Et puis ça a été dit tout
à l'heure dans la discussion avec les habitants, un besoin aussi de choc de
confiance pour que ceux qui décident d'être propriétaires bailleurs puissent se
dire : « Je vais pouvoir avoir l'usufruit de mon bien jusqu'au bout ». Ça
nécessite probablement d'aller travailler sur une meilleure confiance entre le
locataire, le propriétaire et le bailleur, de manière à ce qu'on baisse les
obstacles à l'entrée. C'est le modèle canadien. C'est facile de louer un
logement, c'est facile aussi si on ne respecte pas les règles du jeu d'être
sorti du logement.
Il faut évidemment travailler dans le respect de chacun et avec beaucoup
d'humanité, mais c'est important de redonner confiance dans les propriétaires
bailleurs, c'est-à-dire ceux qui investissent dans la pierre et qui mettent en
location. On a vocation également à produire un véritable choc économique, parce
que « quand le bâtiment va, tout va », disait Monsieur le Premier ministre, ça
signifie aussi que la construction est au rendez-vous, et ce sont des dizaines
de milliers d'emplois qui sont en jeu dans notre pays.
Avec ce plan de relance, nous allons donner une impulsion forte à notre
économie, à notre croissance, et c'est évidemment un objectif majeur. Et
là-dessus, il n'y a pas de doute à avoir. Et puis enfin, un choc de
simplification, ça a été dit à de nombreuses reprises, nous en y parlons avec
tous les acteurs, avec les élus locaux, les procédures sont beaucoup trop
longues dans notre pays. Et comme le disait très justement Monsieur le Premier
ministre, il ne s'agit pas de faire moins bien ou de faire trop vite. Non, il
s'agit de faire efficace. Et ça tombe bien parce que nous avons eu, vous le
disiez Monsieur le Premier ministre, deux exemples extraordinaires : Notre-Dame
et les Jeux olympiques. Alors, je pense que c'est l'exemple à suivre. Nous
pouvons avoir dans notre pays les Jeux olympiques du logement et le Notre-Dame
de la construction, faire en sorte de simplifier considérablement les choses.
Puis quand on parle de Jeux olympiques, il y a à la fois ce côté normatif où on
compresse les démarches, on fait en sorte d'aller plus vite, mais je crois
aussi qu'il y a ce côté équipe de France auquel je crois tellement, parce qu'en
réalité c'est en étant tous ensemble mobilisés que nous arrivons à avancer et à
résoudre la crise.
Donc, ayons cet esprit JO. Nous avons, Monsieur le Préfet de région, réussi en
Île-de-France quelque chose d'extraordinaire en ayant autour de la table, avec
un objectif commun, l'État et ses représentants, la Présidente de région, la
maire de Paris, toutes les collectivités, Monsieur le président du département,
aux côtés et ça a changé vraiment notre capacité à faire. C'est aussi ça ce
plan de relance sur lequel on s'engage aujourd'hui et c'était l'esprit du
document, du pacte d'engagement pour la relance du logement que nous avons
signé avec l'ensemble des professionnels tout à l'heure. C'est pour moi
évidemment fondamental.
Et puis, peut-être un point aussi, parce que quand on parle logement, on parle
environnement, on parle transformation de la ville, on parle aussi de notre
écosystème, et donc c'est aussi un choc écologique que nous allons porter tous
ensemble. Nous sommes aujourd'hui les mieux-disants au monde en matière de
normes. Nous construisons en France comme nulle part ailleurs. C'est une fierté
immense, mais ça signifie aussi qu'on a des normes extrêmement contraignantes,
qui renchérissent le coût de la construction, de fait, le coût d'accès. Il faut
que tous ensemble, on garde cette ambition écologique et environnementale, mais
qu'on simplifie, là aussi, encore une fois, les démarches pour faire en sorte
qu'on construise vite et bien notre pays, parce que, et j'en conclurai par là,
on ne cherche pas à construire pour construire. On cherche à loger les gens.
C'est fondamental. En 20 ans, les Français ont perdu, en termes de pouvoir
d'achat, 25 mètres carrés. Ça n'a l'air de rien, mais 25 mètres carrés,
Mesdames et Messieurs. C'est une chambre d'étudiants, d'un étudiant qui
probablement va renoncer à ses études parce qu'il va juste pas réussir à se
loger près de son université. 25 mètre carré, c'est potentiellement la chambre
d'un jeune actif qui n'arrivera pas à se rapprocher de son travail, et moi qui
ai été député du marché de Rungis, qui sera peut-être obligé de dormir dans sa
voiture pour pouvoir garder son travail. 25 mètre carré, on en parle aussi
d'enjeux démographiques, c'est aussi peut-être ces chambres d'enfants qu'une
famille renoncera à avoir parce qu'elle n'est pas en capacité de loger
dignement.
Donc, quand on parle logement, on parle bien plus que simplement d'économie, de
construction, on parle bien plus simplement que de chiffres, on parle de vie
humaine, on parle de famille, on parle de bien vivre, et c'est pour ça que cet
enjeu doit nous réunir tous, au-delà des clivages partisans, et c'est ainsi que
sous l'impulsion du Premier ministre, nous pourrons être utiles pour nos
concitoyens. Je suis extrêmement fier de porter cette mission sous votre
autorité, monsieur le Premier ministre, avec mes collègues et, encore une fois,
avec toute l'équipe de France du logement. (…)
L'ambition, elle est très forte. 2 millions de logements produits d'ici 2030,
avec la mobilisation du secteur privé, on ambitionne plusieurs dizaines de
milliers de logements par an. 50 000 logements est une ambition importante,
mais qu'on pense pouvoir atteindre. Et puis une mobilisation du secteur social
également, ainsi que de l'intermédiaire. Nous tutoyons cette année. C'est une
très bonne année. Je veux saluer tout le secteur du logement social, Madame la
ministre Emmanuelle COSSE. On tutoie les plus de 110 000 logements cette année.
L'ambition, c'est d'aller encore au-delà. Plus, évidemment, toute la
réhabilitation, toute la production à neuf. J'utilise parfois le terme de
logement reconditionné. Vous savez, on retrouve du neuf, même si c'est de l'ancien.
Et puis, effectivement, la réhabilitation de l'ancien, qui est encore un petit
peu difficile à chiffrer précisément, mais l'objectif, il est clair, 400 000
logements par an, 2 millions d'ici 2030, en mobilisant l'intégralité des
acteurs et toute la profession. (…)
Il faut arrêter d'opposer la zone dense à la zone moins dense, la ville
métropolitaine très dense à la ruralité. Et donc, l'idée que l'investisseur
privé puisse choisir, en toute liberté, là où c'est pour lui pertinent
d'investir, eh bien on pense que cette liberté, elle est utile. Et elle est
d'autant plus utile qu'il y a dans des petits villages, on n'aura jamais ni de
grands promoteurs immobiliers, ni de grands bailleurs sociaux qui viendront
parce que c'est trop petit. Par contre, vous avez, à l'échelle du village, des
gens qui auront peut-être envie de dire « moi, je vais investir dans cette
ancienne habitation pour la rénover. Et en plus, j'y suis incité par ce nouveau
statut fiscal, j'y serai incité parce que les règles peut-être de construction
sont peut-être plus simples». En tout cas, on va veiller à simplifier la vie de
tout le monde. Et puis, comme la contrepartie à ce statut fiscal, c'est que les
loyers soient abordables, la feuille de route, comme a confié le Premier
ministre, elle est simple, c'est du logement partout et pour tous. Donc pour
tous, ça veut dire abordable. Eh bien ça sera peut-être l'occasion de créer un
logement dans ce petit village pour l'institutrice, pour le cantonnier, pour le
policier municipal dont on a besoin. Et donc on laisse cette liberté. Et comme
l'acteur est libre de choisir là où c'est rentable ou pas rentable pour lui, eh
bien; il a intérêt effectivement à aller dans une zone où il va quand même se
rassurer. C'est d'ailleurs pour ça qu'on a des professionnels de l'immobilier,
y compris des agences immobilières qui sont capables de guider et d'accompagner
les investisseurs. C'est très important. Ce qui n'empêche pas, comme le disait
très justement le Premier ministre, à l'échelle du plan de relance global — là
je dépasse le simple cadre du statut fiscal qui a été adopté ce matin — c'est
de se dire qu'il peut y avoir des enjeux stratégiques où l'État stratège vient
se positionner en disant à tel endroit spécifiquement il y a des enjeux
majeurs, parce qu'effectivement, on installe une caserne, parce qu'on installe
une centrale nucléaire, Monsieur le ministre, et qu'on a besoin d'accompagner
ces investissements majeurs des logements qui vont bien autour et; de fait, là
on peut justement parler de Jeux olympiques. Monsieur le Premier ministre parlait
de grands projets qui justifient un contexte exceptionnel. Et bien ça peut être
typiquement ce genre d'exemples. On rentrera dans le détail là-dessus. (…)
En plus on a un dispositif qui génère plutôt des recettes d'abord, puisque au
moment de la vente de l'appartement, il y a des rentrées fiscales notamment de
TVA, là où l'exonération se fait à partir du moment où le locataire rentre dans
les lieux, ce qui échelonne quand même pas mal la dépense. Et c'est des choses
que de toute façon on regarde avec l'ensemble des partenaires. Je veux dire, on
a une équipe de France pour cette relance du logement, elle est fondamentale.
Je citais beaucoup de partenaires. Je voudrais saluer aussi la Caisse des
dépôts et consignations qui avec CDC Habitat est un partenaire extraordinaire
et la Banque des territoires. Vous voyez, on est tous mobilisés pour faire en
sorte qu'on produise du logement partout et pour tous à des loyers abordables
et plafonnés.
Maud Bregeon (porte-parole du
Gouvernement)
> Budget : "On est sur une trajectoire de baisse du déficit.
> Budget : "Quand on nous dit : 'vous avez trop discuté avec le PS', très bien, moi je dis 'avec qui aurions-nous dû discuter ? Avec LFI ? Avec le RN ?"
Benjamin Haddad (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de
l’Europe)
> J’ai travaillé aux Etats-Unis. J’ai vu l’éloignement avec l’Europe, le
protectionnisme et l’unilatéralisme déjà sous Obama. L’histoire s’accélère sous
Trump qui désormais nous cible. La réponse est l’indépendance des Européens
portée par Emmanuel Macron depuis 2017.
> Groenland, Ukraine, relations transatlantiques: la France a besoin d’unité et de stabilité pour agir et défendre ses intérêts. Ce budget est le fruit de l’esprit de compromis et de responsabilité à l’Assemblée, défendu par le Premier ministre.
> Le Danemark est un État européen souverain: toute remise en cause de ses frontières est inacceptable. Les Européens ne sont pas faibles: nous avons des moyens puissants pour répondre comme l’instrument anticoercition. Nous n’aurons pas peur de les utiliser.
> Nous n’avons ni insultes ni leçons à recevoir des Américains. À Davos, Emmanuel Macron a incarné la voix de la fermeté européenne. C’est la même ligne que nous défendons depuis 2017. Le monde l’a vu et salué, les Français peuvent en être fiers.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> « Femme. Vie. Liberté ». Trois mots qui font trembler un régime de
terreur. À l’Assemblée nationale, j’ai décidé que ce buste, mêlant les traits
de Mahsa Amini à ceux de notre Marianne, soit installé à l’entrée de l’hôtel de
Lassay. Un signe visible, assumé, de notre soutien indéfectible au peuple
iranien qui lutte pour la liberté.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
> Régulation des écrans et des réseaux sociaux chez les enfants et les
adolescents
Protégeons nos enfants : bâtissons ensemble une bulle de protection de la
jeunesse
Nos enfants et adolescents passent en moyenne entre 3
et 5 heures par jour sur les écrans. C’est une catastrophe sanitaire et
éducative en puissance. C’est l’épanouissement et l’avenir de notre jeunesse
qui est menacé.
Pour y faire face, Gabriel Attal propose une série de mesures fortes et
concrètes :
- Interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans ;
- Couvre-feu numérique : fermeture des réseaux sociaux de 22h à 8h pour les 15-18 ans ;
- Limitation forte de la durée d’utilisation quotidienne des réseaux sociaux
pour les mineurs ;
- Passage des réseaux sociaux en noir et blanc après 30
minutes consécutives ;
- Entretiens d’évaluation pour détecter une éventuelle addiction à l’entrée du
collège et un à l’entrée au lycée ;
- Création d’un « addict-score » (sur le modèle du nutriscore) pour évaluer la
dangerosité des réseaux ;
- Obligation pour les plateformes de verser 2% de leurs
revenus à un fonds dédié à la lutte pour la santé mentale des jeunes ;
- Interdiction en France des plateformes qui
refuseraient de coopérer.
Notre objectif est simple : sauver la santé mentale de nos enfants menacée par
les écrans et les réseaux sociaux.
Gabriel Attal (député, secrétaire général
de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée
nationale)
> [Manifeste pour une nouvelle république]
Tout a changé, tout doit changer
Il suffit d’écouter les Français.
La lassitude face à des politiques qui passent leur temps à s’injurier au lieu
d’agir, qui multiplient les lignes rouges, les menaces et les censures. Qui ne
parlent plus que d’eux-mêmes et jamais de l’intérêt général.
La colère face à la politique. Une politique malade des débats stériles et des
alliances de circonstance. Où plus aucun projet d’ampleur ne semble pouvoir
être voté. Où les grandes annonces ne sont jamais suivies des faits.
La frustration, quand toutes les initiatives semblent bloquées. Quand on met
des bâtons dans les roues de tout projet. Quand celui qui veut lancer une
initiative ou entreprendre, se sent empêché par les normes, bridé par les
contraintes.
Plus rien n’avance. Et au moment où le monde accélère, la France est bloquée.
La France étouffe. Les Français sont empêchés.
Bien sûr, il y a la responsabilité de la dissolution, véritable bombe à
fragmentation qui a plongé le pays dans la crise constante et dont nous n’avons
pas fini de payer, collectivement, les conséquences.
Mais la crise que nous vivons est d’abord le symptôme : notre modèle est
dépassé.
Ce modèle, nous l’avons construit au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Il a
nous a apporté prospérité, innovation, stabilité. Il a permis à la France de
grandir et tenu la promesse de l’émancipation.
Mais en 1945, la démographie était forte et l’espérance de vie 15 ans plus
faible.
En 1945, le téléphone était un luxe et moins d’un foyer sur deux avait l’eau
courante.
En 1945, la mondialisation était encore un concept.
En 1945, personne ne mesurait les conséquences du dérèglement climatique.
En 1945, l’égalité des droits, notamment entre les femmes et les hommes, était
seulement un idéal.
En 1945, l’Union européenne était encore un rêve.
80 ans plus tard, tout a changé. Alors, tout doit changer.
La France de 2025 ne peut tourner avec un modèle de 1945.
Nous devons le revoir de fond en comble. Lever les blocages. Rendre possible ce
qui est nécessaire et adapter, enfin, notre modèle aux enjeux d’aujourd’hui.
Pour réussir, nous devons bâtir une Nouvelle République.
Une Nouvelle République sociale, où le travail est au cœur de notre modèle, où
il paie mieux et où tout le financement de nos services publics ne repose pas
exclusivement sur les travailleurs. Une Nouvelle République, où l’on sort enfin
notre système de retraites de l’ornière, sans âge et avec la capitalisation
ouverte à tous. Une République du soin, où la santé est accessible à tous, où
l’on lutte contre la solitude.
Une Nouvelle République de l’autorité et du respect, où la loi est la même pour
tous, où la Justice des mineurs est plus ferme, où les peines sont appliquées,
les frontières respectées et où l’on est intraitables contre les
discriminations.
Une Nouvelle République écologique, où l’on ne renonce à aucune ambition, où
l’on se bat contre le déni climatique, où l’on développe le nucléaire et le
renouvelable, où l’on construit une écologie populaire, au service des gens,
pas contre eux.
Une Nouvelle République technologique, moderne, où la France retrouve le goût
des grands projets et investit massivement pour être à la pointe de
l’intelligence artificielle.
Une Nouvelle République pour la jeunesse, qui crée une bulle de protection
autour d’elle pour que chaque jeune puisse choisir sa voie. Une Nouvelle
République qui place l’école au cœur, car c’est la clé de l’élévation et de
l’émancipation.
Une Nouvelle République démocratique, où l’on change radicalement la manière
d’exercer le pouvoir, en acceptant de le partager, en donnant de vrais moyens
d’agir aux collectivités et en faisant confiance au dialogue social.
Une Nouvelle République européenne, car c’est avec l’Europe que nous
construirons notre souveraineté et notre puissance.
Ensemble, construisons la Nouvelle République.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Quand on parle d’alimentation ultra-transformée,
on parle d’enjeux de santé publique, de justice sociale, de valorisation de nos
productions agricoles et d’avenir de nos enfants. Derrière ces produits, il y a
des réalités très concrètes : des maladies chroniques et de décès précoces en
progression, d’enfants exposés à un marketing agressif, de dévalorisation de
notre alimentation. Cela un coût très lourd pour notre système de santé. Et ce
sont souvent les ménages les plus modestes qui en paient deux fois le prix : à
la caisse, puis à l’hôpital. J’ai porté cette tribune transpartisane, aux côtés
de Yannick Neuder, Guillaume Garot et de 24 députés, dont beaucoup ont assumé
ou assument des fonctions de responsabilité en matière de santé, d’agriculture
et d’alimentation. Nous appelons le gouvernement à publier enfin la Stratégie
nationale alimentation nutrition climat. Et à légiférer pour agir contre ce
fléau.
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> [Rétropédalage de Trump sur le Groenland] Il est le fruit de la fermeté
européenne, et en particulier celle du Président de la République. Ces derniers
jours, la France a été à l’initiative de l’envoi de soldats européens et s’est
prononcée pour une réaction forte de l’UE aux menaces de droits de douane. Elle
a tenu un discours de fermeté. Cette séquence nous enseigne que quand l’Europe
fait bloc, elle se fait respecter.
> Les Groenlandais veulent s’affirmer en tant que peuple. Ils veulent pouvoir choisir librement leur destin. Nous traversons un moment singulier qui place le territoire au cœur des enjeux géostratégiques. Donald Trump, en cela, est un formidable vecteur d’unité, alors que le peuple pouvait se montrer divisé sur son avenir.
Nous n’avons pas à nous poser de questions. Les Russes ne s’en posent pas quand ils se battent avec des soldats nord-coréens en Ukraine ou avec du matériel iranien. Il faut qu’il y ait en Europe un avant et un après.
> Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping sont les meilleurs catalyseurs de l’unité et de la souveraineté de l’Europe. Dans une époque où nous assistons au retour des empires, l’unité des Européens est primordiale. C’est parce que la France porte ce message haut et fort qu’Emmanuel Macron est ciblé par ses homologues étrangers. Notre choix est simple : soit nous décidons de renforcer notre souveraineté et notre indépendance — technologique, militaire ou diplomatique —, soit nous serons, dans les années futures, soumis à la volonté de ces nouveaux empires.
> Oui, la période est dangereuse, oui elle est inquiétante, et oui nous sommes menacés. Mais l’Europe est plus forte qu’elle ne le croit. Nous n’avons pas vocation à être le paillasson des empires. À nous d’engager un sursaut européen.
Oui, la période est dangereuse, oui elle est inquiétante, et oui nous sommes menacés. Mais l’Europe est plus forte qu’elle ne le croit. Nous n’avons pas vocation à être le paillasson des empires.
Le monde d’avant n’existe plus. Le coup de force est redevenu la norme. Nous sommes entrés dans un monde de radicalité dans lequel nos démocraties sont des proies et notre Union est vulnérable. Un choix s’impose donc à nous : soit nous sommes capables de bâtir rapidement une Europe souveraine et une véritable puissance économique, industrielle, technologique, numérique, militaire et diplomatique, soit nous subirons les décisions des empires. Mais j’ai confiance : l’Europe est plus forte qu’elle ne le croit et elle peut s’en sortir si elle maintient un cap clair : celui de l’indépendance, celui de la souveraineté, celui du refus obstiné de la vassalisation et de la soumission.
Vincent Caure (député)
> [Tribune co-écrite avec la député écologiste Damien Girard: «
Groenland et Danemark : l’Europe face à la menace des empires]
« Dans 20 jours » ou « dans deux mois ». Depuis 2019 le Président des
États-Unis d’Amérique le martèle avec constance: « le Groenland doit faire
partie des États-Unis ». L’enlèvement du chef d’État en exercice, Maduro, le 3
janvier 2026 le démontre : oui, il faut prendre au sérieux les intentions de
Donald Trump.
Que l’allié américain s’affranchisse du droit international n’est pas chose
nouvelle : du Panama (1955) à l’Irak (2003), l’histoire contemporaine est là
pour en témoigner. Son intérêt pour le
Groenland ne date pas lui non plus d’hier : il essaye d’acquérir le
territoire pour la première fois en… 1867. La dernière offre a été faite en
1946 par un président démocrate, Harry Truman (100 millions de dollars or).
La nouveauté est ailleurs : pour la première fois le Président des États-Unis
envisage, voir prédit, publiquement de recourir la force armée contre la
souveraineté d’un État historiquement allié, membre de l’Union Européenne et de
l’OTAN. C’est-à-dire contre nous. Qu’elle soit mise à exécution ou non, cette
menace appelle de notre part, Français, Européen, une clarification immédiate
et historique quant à notre rôle dans le monde qui vient : l’Assemblée
nationale va offrir cette occasion à la France la première semaine de février
grâce à notre proposition de résolution, que nous portons depuis
janvier 2025, dès les premières semaines du mandat Trump.
Un constat s’impose : l’architecture de la sécurité globale issue de la seconde
guerre mondiale, et qui faisait du droit international le chemin le plus sûr
vers la paix entre les nations, est attaquée. De Taïwan à Kiev en passant par
Caracas et Nuuk, les hyperpuissances n’hésitent plus à s’en prendre à
l’intégrité territoriale des États qui les dérange ou qu’elles
convoitent.
En menaçant de s’en prendre au Groenland, pays grand comme quatre fois la
France et moins peuplé que la ville de Lorient, sans dissuasion nucléaire et
qui a fait le choix de lui confier sa sécurité depuis 1951, les États-Unis
d’Amérique ont envoyé au monde un message : l’Amérique n’a pas d’alliés. Elle
n’a qu’un « hémisphère » où étendre son hégémonie. Cette hégémonie s’accompagne
d’une volonté de contrôle des ressources stratégiques.
Le Groenland, riche en uranium et
en métaux rares indispensables aux industries énergétiques, numériques et
militaires, est ainsi passé du statut d’« allié » à celui de cible privilégiée,
où évoluent déjà à l’année plus de 150 soldats américains. Dans notre
monde, où il n’existe aucun scenario dans lequel la France et l’Union
européenne abandonnent le Danemark et le Groenland. Ce serait acter notre
incapacité à assurer notre propre souveraineté et notre sécurité.
Il nous est sans doute difficile, en tant qu’Européens, attachés au respect des
accords signés, aux frontières et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,
de comprendre ce qui se joue réellement
au Groenland. Tout cela peut apparaître comme un contresens de
l’histoire, une erreur d’analyse de Donald Trump et de son entourage. Ce serait
une grave erreur de jugement. Ce qui se déroule sous nos yeux n’est pas une
anomalie mais un tournant : pour la première fois depuis 1945 nous devons
apprendre à vivre debout par nous-mêmes, sans le parapluie percé de l’Oncle
Sam. Aux hégémonies répondons par l’histoire : seuls le droit international, le
droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le respect de l’intégrité territoriale
des États peuvent amener la paix durable et la prospérité de tous.
En revendiquant le Groenland, Donald Trump ne menace pas seulement un pays de
l’Atlantique Nord. Il teste notre capacité collective à dire non… et à dire
nous.
Ce qui se déroule sous nos yeux n’est pas une anomalie mais un tournant : pour
la première fois depuis 1945 nous devons apprendre à vivre debout par
nous-mêmes
Français, Européens, notre devoir est donc clair : nous tenir aux côtés du
Groenland et du Danemark, sans ambiguïté. C’est notre mobilisation, celle des
responsables politiques européens autant que celle de nos opinions publiques
qui constitueront les meilleurs remparts à l’ivresse des géants. Et pour cela,
nous disposons de leviers concrets.
Réaffirmons que le droit international et le droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes doivent être respectés. La France et l’Union européenne doivent
garantir que l’avenir du Groenland sera décidé avec et par les Groenlandais.
Crédibilisons notre capacité à garantir la sécurité arctique en renforçant les
capacités militaires françaises aptes à opérer en milieu polaire, en portant
notre format de marine à 18 navires de premier rang et en soutenant la
structuration d’un bataillon arctique européen.
La France et l’Union européenne doivent garantir que l’avenir du Groenland sera
décidé avec et par les Groenlandais.
Augmentons notre partenariat sécuritaire, notamment logistique, avec le
NORDEFCO, programme de coopération majeur pour la paix et la sécurité de la
zone arctique. Intégrons dans le prochain cadre financier pluriannuel européen
l’enjeu de la préservation de la souveraineté économique du Groenland et du
Danemark. Renforçons nos liens scientifiques, culturels et
environnementaux, par exemple avec l’ouverture d’une véritable antenne
permanente au Groenland de l’Institut Français du Danemark.
Soutenons concrètement la sécurisation des infrastructures aériennes, cyber,
sous-marines et de la liberté du débat informationnel du Groenland et du Danemark. Le Groenland et le Danemark
doivent compter sur notre soutien total. L’Europe, née de la volonté de bâtir
la paix par la coopération et le respect des peuples, doit aujourd’hui faire
face aux ambitions prédatrices avec détermination et lucidité. Soyons fiers de
ce que nous sommes !
Notre proposition de résolution appelant à un soutien ferme de la France et de
l’Europe au Groenland et au Danemark est inscrite à l’ordre du jour de
l’Assemblée nationale pour la première semaine de février. Bien plus qu’un
geste symbolique, elle est un appel à se réveiller, à impulser une nouvelle
dynamique de cette coopération(pas compris quelle coopération) et affirmer que
défendre le Groenland et le Danemark, c’est défendre notre propre
liberté.
> Depuis des années, nos adversaires s’évertuent à décrédibiliser notre Union, considérée comme un simple tiroir-caisse, un marché douanier plutôt qu’un outil de puissance régalienne. Les mêmes qui se demandent où Trump « va puiser toute son énergie » n’en ont aucune pour lui résister. Nous, nous sommes cohérents. Emmanuel Macron défend cette vision depuis 2017 et son discours fondateur de la Sorbonne. Lorsque nous parlons ce langage de la puissance, qu’elle soit diplomatique, économique ou militaire, nous sommes respectés. C’est la réussite du Président de ces derniers jours.
> [Crise du Groenland] Tous les interlocuteurs que nous avons rencontrész, qu’ils soient groenlandais, danois ou même français, sont préoccupés. Cela traduit une réalité : les États-Unis sont allés très loin — trop loin — dans l’escalade. En revanche, je note que rarement nous avons pu avoir une telle convergence de vue. Les Groenlandais ont une histoire complexe avec les Danois. Mais aujourd’hui, aucun d’eux ne veut devenir Américain.
> Ceux qui s’attaquent à la souveraineté européenne participent au renforcement du continent face aux menaces extérieures. Il y a une prise de conscience de la réalité du monde par nos opinions publiques. Elles sont alignées ! (…) Nous n’avons pas à nous poser de questions. Les Russes ne s’en posent pas quand ils se battent avec des soldats nord-coréens en Ukraine ou avec du matériel iranien. Il faut qu’il y ait en Europe un avant et un après. Et dans dix ans, je pense que l’on se souviendra de cette crise comme de celle qui a créé un chemin politique pour une Europe plus forte et consciente de sa force.
> Donald Trump est versatile et ne comprend que le rapport de force. Il y a une nécessité pour nous, de manière globale, d’être dans un rapport de force. C’est ce que nous faisons ici en envoyant des troupes. Si nous ne faisons pas cela, ce qui se passe ici se produira ailleurs demain. Mais la réponse n’est pas qu’ici, sous ces latitudes. Elle est aussi à Bruxelles, dans la proposition de « Bazooka commercial » du Président, véritable arme de dissuasion. Le président Trump regarde les cours en bourse avant d’agir. Notre réponse doit être multidimensionnelle : investissement en matière de défense tout comme engagement dans un rapport de force économique.
> Nous sommes contraints d’être dans une logique escalatoire face aux menaces de Donald Trump. Sinon, nous ne parlerons plus d’un « moment Sputnik », mais d’un « moment Groenland ». Car si nous ne faisons rien, qui nous dit que le président américain ne s’intéressera pas à l’Islande ? Puis l’Islande, aux îles britanniques, ou bien à Saint-Pierre-et-Miquelon ou à la Guadeloupe ? Et je peux continuer ainsi. Sans être à l’initiative, il nous faut répondre à toutes les attaques. C’est la logique du moins fort face au fou.
> Nous avons du mal à qualifier la période dans laquelle nous vivons : guerres multiples, hybrides, manipulation des opinions, ingérences en tout genre. Ce qui est sûr, c’est que le moment que nous vivons nous oblige à repenser à court terme la manière dont nous interagissons avec nos interlocuteurs. Lorsqu’on en vient à de tels propos entre alliés, il est sûr que demain nous ne pourrons plus nous regarder de la même manière. La confiance met plus de temps à se construire entre alliés militaires qu’à se détricoter. J’espère que l’Europe en ressortira plus forte.
● MoDem
> Après plus de 350 heures de débats, la première
partie du budget de la Nation est enfin adoptée. Tandis que certains se sont
méthodiquement employés à bloquer le pays, nous avons choisi de le sortir de
l'impasse. Un budget imparfait, mais indispensable.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
> C'est la 7ème fois depuis juin 2024. Alors que le RN répète qu'il soutient
l'Ukraine, les faits restent têtus. C'est la 7ème fois qu'au Parlement
européen, le RN refuse de soutenir l’Ukraine face à la guerre ignoble menée par
la Russie de Vladimir Poutine. Le RN a voté contre la mise en place d’une
coopération renforcée afin d’aider l’Ukraine. Cette dernière permet aux États
qui le veulent de s’unir pour agir dans un domaine spécifique : ici, soutenir
financièrement l’Ukraine avec un prêt de 90 milliards d’euros. L’Europe a
décidé d’une coopération renforcée parce que les alliés du RN refusent d’aider
l’Ukraine : la Hongrie de Viktor Orbán, la Tchéquie d’Andrej Babiš, la
Slovaquie de Robert Fico. Rappelons-le : l’Ukraine se bat pour sa souveraineté,
son intégrité, sa liberté et sa sécurité. Mais aussi pour la sécurité de
l’Europe toute entière. Vladimir Poutine, qui refuse toujours la paix, continue
de bombarder le peuple ukrainien. L’Ukraine a besoin de nous. Elle a besoin de
notre soutien pour acheter du matériel militaire et tenir sur le front. Mais
elle a aussi besoin de notre soutien pour maintenir ses hôpitaux, ses écoles et
ses infrastructures stratégiques, comme son système énergétique, alors que le
pays vit sous des températures négatives. Le RN n'a pas changé : il préfère
soutenir Vladimir Poutine qu'aider l'Ukraine.
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Grâce à Emmanuel Macron, on a des leviers pour faire pression sur Donald
Trump. Si on a ce fameux outil anti-coercition sur la table, c'est parce que
ç'a été poussé par la France. Si on a avancé sur la défense européenne, c'est
parce que ç'a été poussé par le président de la République. Il nous reste
beaucoup à faire en termes d'indépendance mais l'idée d'autonomie stratégique,
portée par la France, on est en train de la rendre concrète.
Christophe Grudler (député)
> Avec Donald Trump, c'est un jour blanc, le lendemain noir. C'est les
chantages et menaces habituels. Ce n'est pas des attitudes vis-à-vis de
partenaires, d'alliés. Avec les États-Unis, nous partagions des valeurs
démocratiques et là, nous sommes dans un autre monde. La guerre commerciale, il
faut s'y préparer.
Laurence Farreng (députée)
> On vit sous la menace et le chantage permanents
des États-Unis de Donald Trump depuis des mois et des mois. Le Parlement
européen a gelé l'accord commercial UE-États-Unis. L'instrument anti-coercition
est aussi une option. Les troupes européennes déployées au Groenland ont
également envoyé un message. Je pense que ça n'y est pas pour rien dans le
recul de Donald Trump. Nous nous battons pour défendre nos intérêts et nos
lois.
> Le sujet des accords commerciaux fait débat quand il s'agit de mauvais accords. Mais à l'heure de l'instabilité et des recompositions géostratégiques, l'Union européenne a besoin de s'ouvrir à de nouvelles régions du monde. L'Inde est un partenaire de choix.
> Le règlement sur la liberté des médias s’applique depuis bientôt six mois et offre des protections contre de telles dérives. À la Commission et aux États membres de prendre leurs responsabilités et de lancer les enquêtes publiques, puisque la Commission en a le pouvoir et qu’elle peut s’appuyer désormais sur le Media Board ! Il y va de la survie de notre modèle démocratique.
> Nous réclamons en effet urgemment une proposition législative pour contrer enfin efficacement le piratage des événements sportifs et autres contenus en ligne. Le piratage est malheureusement en hausse. Les JO de Paris 2024 ont en effet été victimes de cinq fois plus de cas de piratage que les JO de Tokyo, seulement trois ans plus tôt.
Nathalie Loiseau (députée)
> Les États-Unis sont de moins en moins engagés en
faveur de l'Ukraine. On sait qu'aujourd'hui, ce sont uniquement les pays de la
Coalition des volontaires qui payent pour le soutien militaire à l'Ukraine. On
sait que Donald Trump n'a jamais rien de plus pressé que de discuter
directement, ou par ses émissaires, avec Vladimir Poutine. Il vient même de se
flatter que Vladimir Poutine entre dans son «Conseil de la paix». Donc, en quoi
aujourd'hui Donald Trump aide vraiment l'Ukraine ? Nous avons obtenu — les
membres de la Coalition des volontaires — qu'il concède des garanties de
sécurité le jour où il y aurait une paix. Mais que fait Donald Trump pour
convaincre Vladimir Poutine d'aller vers la paix depuis un an ? Rien.
> Le RN vocifère aujourd’hui contre Donald Trump. Pour mieux faire oublier sa soumission d’hier ? Le parti devrait changer de logo: une girouette serait parfaite.
> Non, Marine Le Pen. Une fois pour toutes, vous n’avez aucun droit à parler de la Syrie. Vous, votre parti avez soutenu Bachar El Assad, fermé les yeux sur un demi million de morts et n’avez jamais soutenu les Kurdes. C’est votre allié et modèle Donald Trump qui lâche les Kurdes.
Fabienne Keller (députée)
> C'est une Europe unie, une Europe qui agit. C'est
une Europe qui peut répondre par des mesures de rétorsion. Nous avons aussi, au
Parlement européen cette semaine, décidé de geler les discussions sur la
validation de l'accord conclu avec les États-Unis l'été dernier. L'unité
européenne se renforce beaucoup compte-tenu des agressions répétées de Donald
Trump.
> Le Pacte Asile et migration ne peut être efficace sans un élément clé : un règlement crédible sur les retours – c’est le texte manquant du pacte.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Le « no kids » n’a pas sa place dans nos transports ! On ne règle pas les
besoins des voyageurs pros en excluant les enfants. On les règle en créant des
espaces adaptés pour chacun : enfants, familles, actifs. On n’interdit pas. On
aménage. On inclut. On respecte.
> Je me félicite de l’engagement du Président de la République pour accélérer l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès la rentrée prochaine.
● Propos collectifs
> [Tribune de 26 députés dont d’Agnès Pannier-Runacher, Sandrine Le Feur, Stéphane
Travert (Renaissance) Geneviève Darrieussecq et Pascal Lecamp (MoDem) «Combattre
le poison lent et violent de l’alimentation ultra-transformée»]
Quand la ville de San Francisco attaque en justice fin 2025 huit géants de
l’agroalimentaire comme Mars ou Nestlé
pour avoir « créé une crise de santé publique », cela rend visible
une évidence : la nourriture ultra-transformée est une cause avérée de maladies
et génère un coût énorme pour la collectivité.
Au moment où la question de la
soutenabilité de notre modèle social se pose, les chiffres sont sans appel.
Selon une analyse de 2025 de The Lancet,
les « aliments ultra-transformés » ont contribué à l’explosion de l’obésité, du
diabète, des maladies cardiovasculaires, de la
dépression et de nombreuses pathologies chroniques à l’origine de décès
prématurés. Et si la France n’est pas les États-Unis, ces produits représentent
déjà près de 35 % de nos calories quotidiennes et leur coût pour l’Assurance
maladie atteindrait, au bas mot, 11 milliards d’euros par an. Autrement dit : nous payons deux fois. À la
caisse, puis à l’hôpital. Le plus révoltant concerne nos enfants. L’obésité
infantile progresse et le diabète de type 2 fait son apparition chez des
adolescents. Des pathologies pour la vie. C’est du jamais vu.
Ce n’est pas le résultat d’un manque de volonté des familles, mais le succès
d’un marketing agressif qui bombarde les plus jeunes de produits conçus pour
être addictifs.
Allons plus loin : l’ultra-transformation est
un problème de justice sociale. Les ménages modestes subissent une double peine
: une alimentation dégradée, imposée par des contraintes budgétaires, qui se
paie ensuite au prix fort par une baisse de leur espérance de vie. Cette
situation est inacceptable.
Agir, ce n’est pas culpabiliser, c’est protéger. Protéger, c’est définir
juridiquement ces aliments pour mettre fin à l’hypocrisie. Protéger, c’est
éduquer les plus jeunes au goût. Protéger, c’est bannir le marketing visant les
mineurs et encadrer les promotions massives qui les banalisent. Protéger, c’est
aussi proposer une nourriture peu transformée en restauration collective.
Protéger, c’est enfin garantir la liberté de bien manger en sanctionnant les
allégations santé trompeuses et en donnant une information loyale, comme le Nutri-Score.
Cette bataille est aussi celle pour nos agriculteurs. La crise actuelle le
prouve : produire toujours moins cher, n’est pas viable.
L’ultra-transformation est le moteur d’une agriculture dont la valeur est
toujours plus minimisée.
S’en libérer, c’est reconnaître que la qualité a un coût et construire des
débouchés permettant aux agriculteurs de vivre dignement de leur terre. C’est
promouvoir celles de nos PME, ETI ou grandes entreprises de l’agroalimentaire
qui s’engagent avec les agriculteurs et améliorent sans cesse leurs recettes.
C’est aussi défendre notre culture du goût : en France, manger est un acte de
transmission. L’ultra-transformation est une offense faite à cet héritage
culinaire.
Face à ces défis, la Stratégie nationale alimentation nutrition climat (SNANC)
ne peut plus attendre. Elle doit assumer un cap courageux : réduire la
consommation de produits ultra-transformés, protéger les enfants et soutenir
les filières de qualité. Ce cap peut être traduit sans délai dans un véritable
projet de loi.
Ce combat concerne nos enfants, notre santé et notre souveraineté. Il réunit
tous les Français. Nous avons une responsabilité collective : agir maintenant,
avant qu’il ne soit trop tard.
> [Extrait d’une tribune de députés centristes dont
Elisabeth Borne, Agnès Pannier-Runacher et Marc Fesneau « Face à des
prédateurs comme Donald Trump, nous devons nous servir de l’Etat de droit comme
d’une force d’action »] Le règne de l’arbitraire est de retour dans les
relations internationales, déplore, dans une tribune au « Monde », un
collectif de 50 députés centristes, parmi lesquels l’ancienne
première ministre Elisabeth Borne. Ils appellent la France et l’Europe à rester
fidèles à leurs principes.
Les générations passées ont appris, souvent dans la douleur, ce que devient
le monde lorsque l’arbitraire écrase le droit et que la loi du plus fort
s’impose. Sans valeurs ni principes, chacun devient une cible potentielle dans
une guerre de tous contre tous, où la violence entre les Etats nourrit toujours
celle entre les individus et frappe d’abord les plus fragiles.
C’est pour rompre avec cette logique que, de la naissance de l’Etat de
droit en Angleterre à la philosophie des Lumières, des révolutions française et
américaine à l’après-seconde guerre mondiale, s’est construit un contrat social
fondé sur le droit, la règle commune et les libertés individuelles. De cette
ambition sont nées les Nations unies, l’Union européenne. Car les principes ne
sont pas abstraits : ils émancipent, libèrent, et protègent l’intérêt
collectif. Le chaos, lui, ne profite qu’aux puissants.
Or l’actualité aux frontières orientales de l’Europe, en mer de Chine, en
Afrique, au Proche-Orient ou en Amérique rappelle brutalement que le règne de
l’arbitraire est de retour. L’arrestation du despote Nicolas
Maduro et les menaces sur le Groenland en sont l’illustration. Donald Trump ne se justifie même
plus de la défense de la démocratie, mais revendique une logique de domination
et de prédation. Face à cela, certains prônent l’allégeance à la force comme
nouvelle norme des relations internationales. Nous devons faire le choix
inverse : rester fidèles à nos principes et au droit, tout en bâtissant
une France et une Europe puissantes et souveraines.
Le droit, qu’il soit constitutionnel ou international, n’est ni naïf ni
moraliste. Ces principes sont universels et y renoncer hors de nos frontières,
c’est les fragiliser chez nous. Leur force réside dans leur universalité. Quand
la force prime, alors l’Etat de droit est considéré comme un luxe, les
contre-pouvoirs comme une gêne et les règles comme des entraves, la violence
devient dès lors la seule loi. (…)

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