Voici une sélection, ce 10 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> [Déclaration sur les hostilités au Moyen-Orient / Chypre] Je suis heureux
d'être aujourd'hui à Chypre. Et alors que la situation de crise en Iran, de
guerre en Iran, affecte l'ensemble de la région, venir ici à vos côtés avec le
Premier ministre de la Grèce, et vous dire que lorsque Chypre est attaquée,
c'est l'Europe qui est attaquée et que la défense de Chypre est évidemment une
question essentielle pour votre pays, pour votre voisin, partenaire et ami la
Grèce, mais aussi pour la France et avec elle l'Union européenne.
Nous sommes liés les uns et les autres par des partenariats stratégiques et les
déploiements qui se sont faits ces derniers jours, notre présence tous les
trois, côte à côte, aujourd'hui dit la force de ces partenariats, leur
robustesse et que vos compatriotes peuvent véritablement y croire et savoir que
derrière ces textes signés, il y a la solidarité de nations et leur engagement
armé.
Donc le premier objectif de ce déplacement à vos côtés est de marquer la pleine
solidarité avec Chypre qui a été la cible la semaine dernière de plusieurs
drones et tirs de missiles. C'est ce qui nous a conduits à déployer une section
de défense antiaérienne Mistral et à déployer immédiatement la frégate
Languedoc qui ont pu être déployées et l'un et l'autre dans le courant de la
semaine dernière. Je veux saluer la mobilisation également de nos amis grecs.
Vous avez cité les frégates grecques qui signent aussi la force du partenariat
entre nos deux pays, le partenariat industriel, il y a un peu de Lorient qui
est ici présent au large de vos côtes, au fond. Et je salue également les
collègues européens qui se sont mobilisés et qui ont pu joindre cet effort.
Au-delà de cette présence, comme vous le savez, le groupe aéronaval avec le
porte-avions Charles de Gaulle est désormais à proximité de Chypre pour
contribuer à la posture de défense d'ensemble et assurer celle-ci dans la
durée.
Le deuxième objectif que nous poursuivons est aussi de coordonner nos efforts
et nous l'avons évoqué tous les trois à l'instant, pour assurer la sécurité de
nos ressortissants et des ressortissants européens dans la région et
accompagner les opérations de rapatriement et prévoir, consolider aussi toute
opération d'urgence qui s'imposerait.
Troisième objectif est aussi de réassurer tous nos partenaires. Et nous avons
les uns et les autres pu échanger avec plusieurs pays qui ont été attaqués ces
derniers jours. Je veux redire ici notre soutien aux Émirats arabes unis, au
Qatar, au Koweït, avec lesquels nous sommes liés par des accords de défense,
mais également la Jordanie, l'Arabie saoudite ou l'Irak, qui ont été
déstabilisés, frappés, auxquels nous avons apporté des éléments de soutien.
Au-delà de pays qui, heureusement, sont préservés de ces attaques, mais avec
lesquels j'ai pu également m'entretenir, comme vous-même, je pense à l'Égypte.
Et en vous rejoignant ce matin, j'ai à nouveau, comme vous l'avez fait ces
derniers jours, pu échanger avec aussi le Premier ministre d'Israël. Notre objectif
est de nous tenir de manière strictement défensive aux côtés de tous les pays
qui sont attaqués par l'Iran dans sa riposte, d'assurer aussi notre crédibilité
et de contribuer à la désescalade régionale.
Enfin, ce que nous voulons faire, c'est d'assurer la liberté de navigation et
la sûreté maritime. En Méditerranée orientale, où nous nous trouvons, en Mer
Rouge, de Suez à Bab-el-Mandeb, dans le cadre en particulier de l'opération
dite Aspides, qui est une coalition qui existe déjà, dont le quartier général
est en Grèce, qui est coordonnée en ce moment par la Grèce. La France y
apportera sa contribution avec, dans la durée, deux frégates qui seront dédiées
à cet effort.
Nous sommes en train de mettre en place, et nous l'avons évoqué à l'instant
aussi, une mission purement défensive, purement d'accompagnement, qui doit se
préparer avec des États européens et non européens, et qui a vocation à
permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus
chaude du conflit, qui permettra l'escorte de porte-conteneurs et de tankers,
pour rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz, ce qui est essentiel au
commerce international, mais également à la circulation du gaz et du pétrole,
qui doit pouvoir sortir à nouveau de cette région. Nous préparons cette mission
avec nos partenaires. Elle se fera en bon ordre, et nous avons commencé à
l'évoquer aujourd'hui. Elle a pour but d'être strictement pacifique, défensive,
d'accompagner, mais elle est essentielle, justement, là aussi, à nos économies
et notre économie mondiale.
Enfin, nous sommes vigilants, et je le dis depuis cette pointe avancée
orientale de l'Union européenne dans la région, à la situation du Liban. Le
Liban, en effet, depuis que le Hezbollah a pris la responsabilité et a commis
la faute majeure d'attaquer Israël et de viser Chypre, le Hezbollah a déclenché
une réaction israélienne. Israël, aujourd'hui, par ses opérations terrestres et
ses frappes, a répondu, évidemment, à l'attaque du Hezbollah. Cette situation
est évidemment très préoccupante, et au fond, notre objectif est simple. Le
Hezbollah doit cesser toutes frappes depuis le sol libanais, car il met en
danger toutes les Libanaises et tous les Libanais. Israël doit ensuite cesser
au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre
à la souveraineté et l'intégrité territoriales du Liban d'être recouvrées, et
aux forces armées libanaises seules légitimes d'assurer la sécurité de leur
sol.
C'est ce que nous avons veillé les uns et les autres à redire ces derniers
jours. J'ai pu, chaque jour, l'évoquer avec le président Aoun, et je veux
redire ici à nos amis libanais notre soutien, et nous œuvrons pour que le calme
puisse revenir, que cette désescalade puisse se faire, et pour que les forces
armées libanaises soient en situation, justement, de pouvoir ainsi
opérer.
Afin de porter cet effort, au-delà des positions qui sont déjà les nôtres dans
la région, au-delà de ce qui a été livré en système de défense dans les
différents pays avec lesquels nous sommes liés par des accords et de ce qui a
été fait pour Chypre, la présence française qui se déploiera de la Méditerranée
orientale en mer Rouge et, justement, au large d'Ormuz, mobilisera huit
frégates, deux porte-hélicoptères amphibies et notre porte-avions. Elle permet
aussi de mobiliser et d'attirer avec elle la contribution de plusieurs autres
pays européens, et je veux saluer ceux qui, d'ailleurs, ont suivi notre
porte-avions Charles de Gaulle depuis l'Atlantique jusqu'à la Méditerranée.
Plusieurs collègues européens ont fait le choix de continuer à nous
accompagner. Cette mobilisation de notre marine est inédite. Elle se fait
évidemment avec la mobilisation aussi de nos forces aériennes et terrestres
dans la région, et elle manifeste la volonté de la France de contribuer à la
désescalade, à la sécurité de nos ressortissants, à la sécurité de nos
partenaires et à cette libre navigation et cette sûreté maritime à laquelle
nous voulons, par ce biais, œuvrer.
Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais ici rappeler. Nous aurons
d'autres initiatives à prendre dans la semaine. Nous allons continuer de
travailler aussi sur les questions énergétiques, qui sont extrêmement
importantes, et les questions économiques. Un G7 finance s’est tenu
aujourd'hui. Il y aura une réunion demain en marge du sommet à Paris sur le
nucléaire qui se tiendra entre ministres de l'Énergie, et j'ai souhaité qu'on
puisse mobiliser au niveau du G7 une coordination étroite pour piloter au mieux
les sujets énergétiques. Et par les initiatives que nous prenons, nous allons,
je l'espère aussi, contribuer à la désescalade indispensable.
En tout cas, je remercie à nouveau le Président et le Premier ministre de
m'accueillir aujourd'hui, redire ici notre soutien à Chypre, à tous les pays de
la région, redire combien c'est important pour notre Europe, et alors même que
Chypre assure la présidence de l'Union européenne, dire que l'autonomie
stratégique des Européens et l'unité d'une Europe qui sait se défendre, en
fait, l'Europe de la défense, que nous appelons nos vœux, ne sont pas
simplement des mots, des concepts maintenant que nous avons élaborés, des
instruments et des financements que nous avons mis en place, ce sont aussi des
femmes et des hommes engagés, ce sont aussi des capacités militaires déployées
et c'est, au fond, la solidarité en acte de nos nations. Pour toutes ces
raisons, je suis très heureux et très fier d'être à vos côtés aujourd'hui et de
pouvoir dire aux Chypriotes notre soutien réel. Merci,
> [Déclaration sur les hostilités au
Moyen-Orient / à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle] Je suis heureux de
vous retrouver tous et de pouvoir vous dire quelques mots.
D'abord, pour vous remercier de la manœuvre qui vient d'être opérée il y a
quelques jours. Je sais que vous étiez partis depuis fin janvier, que vous
aviez déjà mené plusieurs exercices en Atlantique Nord, et compte tenu des
frappes décidées il y a un peu plus de huit jours par Israël et les États-Unis
d'Amérique, des frappes en réponse de l'Iran et de la déstabilisation de toute
la région, j'ai en effet pris la décision et demandé au CEMA et au CEMM de
pouvoir vous donner instruction de faire route pour rejoindre la région. Peu de
marines sont capables de faire ce qui a été fait, et vous l'avez fait à vitesse
soutenue, je le sais, et dans une manœuvre exceptionnelle, et je voulais avant
toute chose vous en remercier.
C'est une grande fierté pour moi d'être à nouveau parmi vous, de vous retrouver
dans ce hangar et d'être à nouveau sur le Charles de Gaulle avec l'ensemble du
GAN. C'est aussi une fierté de le faire avec l'ensemble de nos moyens français
et de vous voir coordonnés de manière parfaite avec plusieurs Européens. Nous
avons vu les frégates néerlandaises, espagnoles, maintenant italiennes, bientôt
grecques, qui vous rejoignent.
Alors pourquoi cette manœuvre et quel est le cadre dans lequel vous allez
opérer ? Pour vous en dire quelques mots avec malgré toute la prudence
d'usage, parce que le cadre est encore mouvant. D'abord, pour protéger nos
compatriotes. Dans la région, nous avons plus de 400 000 ressortissants qui
vivent et il était important de ramener des moyens pour pouvoir, en cas de
rapatriement, de difficultés, être à la manœuvre. Et le GAN, avec l'ensemble de
ses moyens, plus ce que nous sommes en train de rapporter ici, en Méditerranée
orientale, nous permettra d'être à l'initiative et de le faire aussi en lien
avec les autres Européens et de ne pas subir.
La deuxième chose, c'est de protéger aussi nos alliés, nos amis, ceux avec qui
nous avons des accords de défense. Depuis le premier jour, on a envoyé des
moyens, système Mistral, Rafale, etc. C'est important de pouvoir être aussi aux
côtés des pays de la région avec lesquels nous avons des accords de défense et
qui peuvent être fragilisés par ce qui se passe, et de pouvoir opérer
l'ensemble de la manœuvre et, tout particulièrement, le faire pour Chypre, ce
sera le début de votre mission. La Languedoc est arrivée il y a quelques jours,
système Mistral aussi, et de le faire pas trop loin du Liban qui est aussi sous
très forte pression.
Puis la troisième chose, c'est de pouvoir coordonner une manœuvre plus large,
elle aussi totalement pacifique, défensive, mais qui est notre responsabilité,
qui est dans ce cadre très désorganisée, de pouvoir préserver la liberté de
navigation et participer à la sûreté maritime. C'est important pour beaucoup de
pays qui sont alliés et c'est important aussi pour les intérêts de la France,
en particulier pour la liberté du commerce, pour permettre au pétrole et au gaz
de pouvoir circuler, parce que nos compatriotes vivent déjà les conséquences de
ce qui se passe. Donc nous aurons à opérer des manœuvres en Méditerranée
orientale, vous allez les orchestrer au premier chef, de pouvoir aussi
participer aux opérations en Mer Rouge et de Suez à Bab-el-Mandeb, de continuer
de faire ce que nous avons plusieurs fois fait ces dernières années, qui est de
préserver cette liberté de navigation, dans le cadre en particulier de la
mission ASPIDES, et de concevoir aussi une mission ad hoc, au moment voulu,
elle aussi pleinement défensive, pour pouvoir restaurer, quand les conditions
seront permises, la circulation et l'ouverture calibrées dans le détroit
d'Ormuz, mission qui nous est familière et qu'on a pu accomplir avec d'autres
il y a maintenant quelques décennies.
Voilà le cadre, si je puis dire, dans lequel nous nous inscrivons. La France
est là pour protéger les siens, pour être aux côtés de ses alliés et de ses
amis qui sont frappés, et pour pouvoir participer à des missions ô combien
essentielles, de liberté de navigation et de sûreté maritime. C'est dans ce
cadre strict que nous opérons. Nous ne participons pas à un conflit en cours,
mais nous opérons dans ce cadre.
Votre présence aujourd'hui démontre la puissance de la France, celle d'une
puissance d'équilibre, de paix, aux côtés de ses amis, celle aussi d'une
puissance européenne qui sait organiser autour d'elle et orchestrer la présence
de plusieurs autres Européens, et c'est exactement ce que nous allons
consolider dans les jours, les semaines, peut-être les mois qui viennent, avec
le degré d'incertitude que les événements font porter sur la situation.
Voilà ce que je voulais vous dire en vous disant ma confiance, ma
reconnaissance pour la manœuvre tout particulièrement des derniers jours, mais
aussi les exercices que vous avez préalablement conduits, et pour vous dire
aussi ma confiance pour les jours, les semaines, les mois qui viennent. La
mission est exigeante, mais je vous sais à la hauteur de celle-ci, et tout
particulièrement dans cette année un peu particulière pour notre Marine
nationale, mais également avec l'ensemble de nos aviateurs, nos soldats et
toutes celles et ceux qui concourent à la mission du GAN. Merci à tous.
Avec ma confiance, vive la République, vive la France !
> [Hostilités au Moyen-Orient] Le
Charles de Gaulle, il était, il y a quelques jours, à Malmö, donc, en
Atlantique Nord, à mener des opérations en lien avec nos partenaires. Et la
frégate qui est derrière nous, la Bretagne, était, il y a quelques semaines, au
Groenland pour assurer les missions qu'on lui avait données, être aux côtés de
nos alliés pour la sûreté et la sécurité dans cette région. Ça montre notre
capacité de projection quand on le décide.
Il y a, en effet, quelques jours, j'ai pris la décision de demander au groupe
aéronaval de venir en Méditerranée orientale. Pourquoi ? Parce qu'il y a
maintenant une semaine, la guerre a commencé dans la région. Les frappes
d'Israël et des États-Unis d'Amérique sur l'Iran, les répliques de l'Iran et
les bombardements de beaucoup de pays de la région, beaucoup étant liés à
nous-mêmes. Et donc, faire revenir le porte-avions avec l'ensemble des frégates
qui l'accompagnent, avoir l'ensemble de ses forces, c'est à la fois pour nous
une évidence et ce qui va nous permettre d'agir.
D'abord parce que nous avons des ressortissants dans la région. On a, ces
derniers jours et encore ces dernières heures, permis à beaucoup de nos
compatriotes de passage en vacances ou les plus vulnérables de revenir, à
travers des rotations militaires, des avions affrétés et l'ouverture d'avions
de compagnie aérienne de la région. Néanmoins, nous pouvons être confrontés à
des situations d'urgence et il est important de pouvoir opérer. Donc, le
porte-avions, avec aussi les portes hélicoptères amphibies, nous allons en
déployer deux au total dans l'ensemble de ces opérations, et les frégates vont
nous permettre, en lien avec les autres Européens, d'organiser, de prévoir, de
planifier des opérations d'évacuation de rapatriements s'il devait y en avoir.
Ça, c'est la première chose, protéger nos compatriotes dans une région qui
s'est embrasée.
La deuxième chose, c'est que nous avons des accords de défense avec beaucoup de
pays qui sont aujourd'hui attaqués. Alors, on a réagi tout de suite, on a
envoyé des rafales, des systèmes de défense antiaérien. Vous étiez ce matin à
Chypre, on a vu les systèmes Mistral, on a envoyé plusieurs autres, à Chypre
évidemment, aux Émirats arabes unis, au Qatar, au Koweït, à l'Arabie saoudite.
On envoie aussi des systèmes en Jordanie ou en Irak, pour les aider à se
protéger. Et l'ensemble des moyens maritimes que nous sommes en train de
déployer vont peut-être participer à ces missions purement défensives. On est
aux côtés de nos amis et nos alliés.
Et puis, la troisième chose, c'est la liberté de navigation et la sûreté
maritime. C'est de permettre la libre circulation de ce qui fait le commerce
international et de ce qui fait aussi la circulation du pétrole et du gaz.
Là-dessus, avec notre porte-avion et les moyens qui se déploient autour, on se
donne des options pour pouvoir intervenir le moment voulu. D'abord, donc,
assurer la libre circulation en Méditerranée orientale. C'est pour ça que, dans
un premier temps, il rejoindra la frégate Languedoc, qui depuis plusieurs jours
est déployée au large de Chypre. Ensuite, la circulation en mer rouge du canal
de Suez à Bab-el-Mandeb. Et là, nous avons une mission qui est structurée parmi
les Européens, qui s'appelle la mission Aspides. Donc, cette mission, nous y
déléguerons environ deux frégates. En tout cas, on a prévu dans la durée de
pouvoir faire cela. Elle est coordonnée par nos amis grecs et on est avec les
Italiens, les Grecs, les Néerlandais et plusieurs autres. Elle permet
d'escorter les bateaux. Aujourd'hui, les portes-conteneurs qui passent ne sont
pas menacées. Il y a 18 mois de cela, ils l'étaient et on escortait ces
portes-conteneurs. On se met en situation de le faire s'il y avait une reprise
de l'hostilité, en particulier parce que là, ce sont les houthis, qui, comme
vous le savez, sont des groupes terroristes proches de l'Iran, qui pourraient
reprendre leurs activités.
Et puis, le troisième théâtre important pour la liberté de circulation, c'est
le fameux détroit d'Ormuz. Il est aujourd'hui de fait fermé. C'est partie des
choses que j'ai demandées hier au Président Pezechkian, le président de la
République islamique d'Iran. Aujourd'hui, les frappes ne permettent pas
d'envisager une réouverture à court terme. C'est un théâtre de guerre. Mais
quand les circonstances le permettront, ce que nous sommes en train de
concevoir, c'est au fond une mission intergouvernementale, c'est-à-dire avec
plusieurs pays. On a plusieurs Européens qui sont prêts à le faire avec nous.
On a les Indiens avec qui on en parlé. On a d'autres pays asiatiques qui sont
frappés par les conséquences de ce qui se passe. L'objectif, ce serait, quand
il y a une baisse de ces conflits, de manière totalement pacifique, de pouvoir
escorter des tankers, des portes-conteneurs et de rouvrir la route du gaz et du
pétrole en sortie d'Ormuz pour aller alimenter les marchés mondiaux, et puis la
route aussi des portes-conteneurs pour alimenter beaucoup de pays de la région
qui, aujourd'hui, sont en train de manquer de certaines denrées ou de certains
éléments.
C’est une mission que le prédécesseur du Charles-de-Gaulle a accomplie il y a
maintenant 40 ans, dans ce qu'on a appelé la guerre des tankers. Il ne le
ferait pas seul, ça se ferait avec plusieurs autres pays et ça se ferait dans
un moment où, en tout cas, le cadre doit être clair avec les parties prenantes.
Ce n'est pas dans une mission offensive, c'est dans une mission
d'accompagnement. Au moment où je vous parle, les conditions ne sont pas
remplies, mais nous nous mettons en situation de pouvoir le faire en temps
voulu.
Journaliste
> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous nous mettons en situation de pouvoir
durer et je pense que rien n'indique que cette guerre cessera dans les jours à
venir. Donc, cette guerre, je pense, durera à coup sûr, dans cette phase
intense, en tout cas, plusieurs jours, peut-être plusieurs semaines. Et tout
dépend aussi de la clarification que les uns et les autres font sur leur
objectif final et, au fond, ce qu'on appelle l'effet final recherché. Je ne
pense pas qu'on puisse avoir des changements profonds de régimes, de systèmes
politiques uniquement par des bombardements. Par contre, si l'effet final
recherché est de neutraliser des capacités balistique, une marine, c'est
possible dans un temps de quelques semaines.
Pour la France, quel est l'objectif ? Nous, nous ne faisons pas partie de
cette offensive. Nous, notre objectif, c'est d'abord de protéger nos
ressortissants, je vous l'ai dit, et nous nous mettons en situation de pouvoir
les protéger pour des semaines, des mois, si c'était nécessaire. Ensuite, c'est
d'être aux côtés des pays qui sont nos alliés, nos amis, s’ils devaient encore
être sous la pression et sous le feu. Et c'est tout particulièrement ce qui,
pour la Méditerranée orientale, est clé, de nous mettre en situation aussi
d'aider le Liban qui est sous une forte pression aujourd'hui.
Et puis, la troisième chose, c'est d'assurer ces missions, dans la durée, de
liberté de circulation et de sûreté maritimes. Donc, voilà, si je puis dire,
nos objectifs. Ils sont clairs. C'est dans ce cadre-là que nous opérons et nous
nous mettons en situation de pouvoir durer et d'avoir le maximum d'options à
notre main. Et cela, la France peut le faire parce qu'elle a un groupe
aéronaval comme celui-ci, parce qu'elle a les frégates qui l'accompagnent et
parce qu'elle sait agréger autour d'elle des partenaires européens. C'est notre
force.
Et je veux remercier les partenaires européens qui sont avec nous. Comme je
vous le disais, au moment où je vous parle, nous aurons fini dans les 48
prochaines heures les déploiements. Nous aurons dans cette région, c'est-à-dire
Méditerranée orientale, Mer Rouge jusqu'au détroit d'Ormuz, huit frégates, deux
porte-hélicoptères amphibies et le porte-avions Charles de Gaulle, avec
évidemment tous les moyens aériens qui l'accompagnent. C'est trois Hawkeyes,
vingt Rafales, trois hélicoptères qui sont ici sur le porte-avions.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Il y a
eu des interceptions qui ont continué ces derniers jours. Il appartient aux
pays concernés de donner les chiffres qu'ils veulent donner. Nous le faisons,
nous, dans le cadre des partenariats qui sont les nôtres. Et on continue aussi
d'apporter les systèmes de défense anti-aériens. Je ne qualifierais pas plus
que cela la situation. Il y a des risques d'escalade aujourd'hui qui existent,
en tout cas. C'est clair. Des risques d'escalade géographique, des risques
d'escalade quand je vois que, ces derniers jours, des infrastructures ont été
touchées, en particulier des usines de désalinisation, en plus des moyens aussi
de production d'hydrocarbures. Donc, tout cela montre que la situation demeure
extrêmement volatile. Elle est fragile.
C'est aussi pour cela qu'au-delà de ces missions strictement défensives que la
France assure et auxquelles elle contribue avec ses partenaires, nous voulons
coordonner les choses au niveau économique. La France, comme vous le savez,
depuis le 1er janvier, à la présidence du G7, s'est tenue aujourd'hui une
réunion des ministres des Finances. Demain, une coordination se fera entre
ministres de l'Énergie. J'ai proposé qu'on ait une coordination entre chefs
d'État et de gouvernement pour pouvoir, là aussi, essayer d'optimiser les
choses avec nos réserves stratégiques, avec des prises de décisions
coordonnées, d'essayer d'atténuer l'impact sur les prix du gaz et du pétrole,
autant que nous le pouvons. C'est important parce que, pour beaucoup de nos
compatriotes qui nous écoutent, l'impact de cette guerre se fait déjà ressentir
dans les prix à la pompe et se fera ressentir aussi sur les prix du gaz dans
les semaines qui viennent. (…)
D'abord, il y a une coordination à faire. Il est important, au-delà du G7, même
plus largement, que les pays coopèrent. Toutes les mesures de restriction de
l'export créent des problèmes parce qu'elles disloquent un peu le marché
mondial et donc elles créent des emballements de prix. Par notre coordination,
qu'on puisse réduire la volatilité et les effets de spéculation. Et ensuite,
les pays du G7 ont en effet des réserves stratégiques. Elles sont faites pour
ça, pour piloter les choses dans les moments de tension. Donc, il faudra le
faire avec les éléments objectifs qui nous seront donnés par l'Agence
internationale de l'énergie et en étant coordonnés. Mais je pense qu'on
s'oriente, en tout cas, vers des mesures techniques de cet ordre.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Aujourd'hui,
je peux dire aux Français que la France, dans ce grand désordre de la région,
opère avec calme, méthode, au service de la protection de ses ressortissants,
en partenariat avec ses alliés et de manière strictement défensive, et au
service de la liberté de circulation, pour défendre, au fond, nos intérêts
propres, nos ressortissants, notre sécurité et l'accès aux ressources dont on a
besoin et l'économie mondiale, et puis pour être à la hauteur de nos
responsabilités, c'est-à-dire aux côtés de nos partenaires et de ceux avec qui
on a des accords de défense. Pas plus. (…)
Il y a le lot d'incertitudes qui va avec un tel conflit. La France n'a pas
déclenché ce conflit, elle n'y est pas partie prenante. Mais nous agissons là
comme puissance de paix, puissance d'équilibre. On défend les nôtres, on est
aux côtés de nos alliés. Voilà le cadre strict dans lequel nous opérons
aujourd'hui.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous n’avons pas voulu cette guerre, mais nous avons la responsabilité de tout faire pour protéger nos compatriotes, protéger nos économies, et éviter une escalade dans la région, au Liban et au Moyen-Orient. Ensemble avec le Président chypriote Nikos Christodoulides et le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotakis, nous œuvrons pour la sécurité autour de Chypre, en Méditerranée orientale. La France est solidaire de ses amis et alliés dans la région ciblés par les missiles et les drones. Notre responsabilité est aussi de protéger nos compatriotes restés dans la région, dont 400 000 Français. Nous coordonnons nos efforts afin d'assurer leur sécurité et accompagner les opérations de rapatriement de ceux qui le souhaitent. Enfin, la fermeture de fait des voies maritimes a un impact sur l’économie mondiale. Nous agissons pour rétablir la liberté de navigation et assurer la sécurité de ces voies essentielles, avec notamment l'opération maritime de l'Union européenne, Aspides. Dans le cadre de la Présidence française du G7, j’ai initié une coordination au niveau des chefs d’État et de gouvernement pour apporter des réponses aux défis énergétiques.
> [Hostilités au Moyen-Orient] À l’invitation du Président Nikos Christodoulides, je suis à Chypre, aux côtés du Premier ministre grec Kyriákos Mitsotakis. La sécurité de tous les Européens est notre intérêt commun. Nous avons immédiatement pris des mesures de solidarité avec Chypre, qui a été frappée par plusieurs drones et missiles. Nous avons déployé dans la zone la frégate Languedoc et une section de défense antiaérienne Mistral. Élément majeur qui contribue à la posture de défense d'ensemble : le porte-avions Charles de Gaulle et son groupe aéronaval sont désormais à proximité de Chypre. Avant de rentrer à Paris, je m’y rendrai pour un point de situation.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Je me suis entretenu avec le Roi de Bahreïn, auprès duquel j’ai tenu à marquer notre pleine solidarité face aux attaques dont le Royaume a été la cible. La France se tient résolument aux côtés de Bahreïn, auquel nous sommes liés par un partenariat ambitieux. Nous sommes convenus de rester en contact et d’œuvrer ensemble, avec nos partenaires, à la désescalade dont la région a besoin, pour la sécurité de tous.
> [Sommet sur l’énergie nucléaire] L’énergie nucléaire, c’est la compétitivité, la baisse de nos émissions de CO2 et la réduction de nos dépendances.
> [Sommet sur l’énergie nucléaire] L’énergie nucléaire nous donne ce dont notre époque a plus que jamais besoin : l’indépendance, la résilience face aux crises, la compétitivité et la capacité de tenir nos ambitions climatiques. Au moment où nos économies s’électrifient, où le numérique et l’intelligence artificielle transforment nos usages, où l’industrie a besoin de s’électrifier, la demande mondiale d’électricité progresse deux fois plus vite que durant la décennie passée. Face à cette montée des besoins, la France dispose d’un atout que beaucoup de nations nous envient : 57 réacteurs répartis sur 18 sites, soit le parc nucléaire le plus important au monde rapporté à notre population. Le nucléaire civil est aussi un levier décisif pour la décarbonation : le nucléaire c’est 12 grammes de CO2 par kilowattheure contre 490 pour le gaz et 820 pour le charbon ! À Belfort en 2022, j’avais fixé un cap clair : reprendre en main notre destin énergétique, en sortant de la dépendance aux énergies fossiles et en retrouvant notre souveraineté industrielle et énergétique. Nous y sommes et nous tenons ce cap. En 2025, nos centrales ont produit environ 370 térawattheures d’électricité, et la France a exporté plus de 90 térawattheures d’électricité décarbonée. Notre programme de construction de nouveaux réacteurs avance et nous accélérons. Au niveau européen, la neutralité technologique, de la standardisation, des financements à renforcer, des compétences et une vraie chaîne de valeur européenne. Au niveau mondial, des collaborations sur les enjeux de recherche et de développement, et un travail collectif sur la sûreté. Voilà notre ambition sur le nucléaire et ce que j’ai dit à Paris à tous les pays ce matin. Dans un monde plus instable, plus fragmenté, plus incertain, il est un choix de souveraineté, un choix de compétitivité, et une garantie pour l’avenir. Ce choix, la France l’a fait.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans
cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de
Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un
homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du
fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Prix de l’essence] La guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de
prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe. À ma demande, un plan
exceptionnel de 500 contrôles sera réalisé, dans les stations-service, entre
lundi et mercredi par la répression des fraudes (DGCCRF). C’est l’équivalent
d’un semestre complet du plan de contrôle habituel qui sera réalisé sur
seulement 3 jours. Je remercie tous les agents mobilisés pour protéger les
Français contre ces pratiques abusives.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Opération majeure de la gendarmerie contre la DZ Mafia : 42 personnes ont
été interpellées et placées en garde à vue. Sous l’autorité des magistrats,
voilà le résultat d'un travail rigoureux, patient et déterminé qui répond aux
objectifs fixés par le Gouvernement : attaquer au cœur la criminalité
organisée. L’Etat ne cède rien face aux organisations criminelles : il les
démantèle. Félicitations aux enquêteurs de la gendarmerie pour leur
détermination exceptionnelle. Notre mobilisation est totale.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et
des Anciens combattants)
> [Discours aux militaires] N’oubliez
jamais qu’au moment de l’épreuve, ce ne sont ni les procédures ni les
technologies, aussi importantes soient-elles, qui tiennent la ligne : 𝐜𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐮𝐫𝐞𝐳 𝐬𝐮 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐢̂𝐧𝐞𝐫.
> [Discours aux militaires] S’il y avait une seule qualité sur laquelle je souhaiterais insister, ce serait le courage : 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐚𝐠𝐞 𝐩𝐡𝐲𝐬𝐢𝐪𝐮𝐞, celui d’aller au bout de vous-mêmes lorsque la Nation vous appellera ; 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐚𝐠𝐞 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥, celui de penser par vous-mêmes et d’aller au bout de vos convictions ; et 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐚𝐠𝐞 𝐦𝐨𝐫𝐚𝐥, celui de rester fidèle aux valeurs de la République même lorsque les repères vacillent.
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> J’ai réuni ce lundi un G7 Finances d’urgence avec l’ensemble des membres
du G7 afin d'aborder les conséquences sur l'économie, les marchés financiers et
énergétiques de la situation au Moyen-Orient Nous avons évoqué la possibilité
de puiser dans les réserves stratégiques pour stabiliser les marchés.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> L’actualité
marquée par la brutalisation du monde ne doit pas nous faire perdre de vue le
principal défi géopolitique : la rivalité croissante menant à la
confrontation inéluctable entre deux superpuissances, la Chine et les
États-Unis.
Soyons lucides, la force n’a jamais disparu des
relations internationales. Elle n’a pas été abolie par le droit international,
ni dissoute dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Elle a été
domestiquée. Comment ? En faisant en sorte que ce qui est fort soit juste,
conformément à l’intuition visionnaire de Blaise Pascal.
Les efforts pour domestiquer la force se succédèrent
tout au long du XXe siècle. La Société des Nations fut une première tentative
admirable, mais néanmoins inaboutie, car elle demandait aux États de renoncer à
la force, sans leur offrir de garanties crédibles sur son encadrement.
Après 1945, l’Organisation des Nations unies et les
institutions de Bretton Woods tirèrent les leçons de cet échec. Elles ne
cherchèrent pas à nier les rapports de puissance, mais à les organiser. Les
grandes puissances y virent leur intérêt, non par altruisme, mais par calcul
rationnel. Et elles bénéficièrent d’une position d’oligopole, matérialisée par
leur siège de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies associé
au droit de veto.
Sans ces concessions faites aux grandes puissances,
aucun multilatéralisme durable n’aurait été accepté.
Et de fait, les États-Unis d’Amérique tirèrent des
dividendes exorbitants du multilatéralisme.
Dividende sécuritaire, avec les opérations de maintien
de la paix, avec l’architecture de non-prolifération, avec l’OTAN, dont nombre
de ses membres ont servi de débouchés à leur puissante industrie de défense.
Dividende monétaire, avec le système de Bretton Woods,
le dollar devint une monnaie de réserve mondiale.
Dividende commercial, avec les règles du GATT, puis de
l’OMC, les services financiers et numériques américains purent se répandre sans
contrainte sur toute la planète.
Mais cet équilibre des forces garanti par le droit se
fragilisa avec la fin de la guerre froide. La fin du face-à-face structurant
entre les deux blocs fut interprétée, en Occident, comme la victoire définitive
du modèle occidental. Et l’on vit l’hyperpuissance américaine, sûre de son
fait, prendre des libertés avec le droit dont elle était pourtant garante.
Dans le même temps, une grande partie du reste du
monde vécut cette période comme une mise sous tutelle. La mémoire des
humiliations coloniales, les ajustements structurels imposés, les interventions
unilatérales nourrirent une frustration qui devint un désir de revanche.
La manifestation la plus spectaculaire de ce désir de
revanche fut le réveil de la Chine. Une civilisation millénaire, convaincue
d’avoir été reléguée au rang de périphérie. En moins d’un demi-siècle, sa part
dans le PIB mondial passa de 2% à 20%. Cet essor sans équivalent dans
l’Histoire permit à des centaines de millions de personnes de sortir de la
pauvreté. Il s’accompagna d’une industrialisation phénoménale et d’une montée
en gamme technologique, guidée par le primat de l’efficacité.
Mais à cette ambition économique vint se superposer
une ambition politique explicite : rétablir la prééminence de la Chine
dans l’ordre international et s’imposer, face à l’hyperpuissance du XXe siècle.
Et pour cela, mobiliser l’ensemble des leviers de puissance à sa disposition.
Puissance économique, la Chine a dépassé l’année
dernière le trilliard de dollars d’excédent commercial, grâce à une politique
industrielle très offensive qui vise à assurer la condition de la prospérité,
tout en plaçant le reste du monde, y compris les États-Unis, dans une situation
de dépendance. Et ce sont aujourd’hui l’ensemble des pays de l’Union européenne
qui accusent un déficit commercial vis-à-vis de la Chine.
Puissance diplomatique, la Chine s’investit dans le
dialogue bilatéral comme dans les enceintes internationales pour défendre ses
intérêts, mais aussi pour contenir et faire refluer l’influence américaine,
avec l’Organisation de coopération de Shanghai, avec les BRICS qui, en
population comme en richesse, ont désormais dépassé le G7.
Puissance militaire, l’Armée populaire de libération
compte plus de 2 millions de soldats, ce qui en fait la plus grande armée du
monde en effectifs, devant les États-Unis d’Amérique.
L’objectif semble clair : s’imposer comme
puissance centrale, en rattrapant, puis en dépassant les États-Unis.
La Chine veut redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû
cesser d’être, l’Empire du milieu.
À Washington, la Chine est présentée comme :
« le défi géopolitique le plus déterminant pour les États-Unis ». Des
mesures de plus en plus conflictuelles sont adoptées. C’est l’annonce de droits
de douanes allant jusqu’à 145%. L’interdiction du réseau social TikTok. Des
restrictions de visas pour les étudiants et les chercheurs chinois.
L’inscription sur liste noire d’un grand nombre d’entreprises chinoises. Le
renforcement massif de la présence militaire américaine dans l’Indopacifique. La
tentative de rapprochement avec la Russie dans l’espoir de détacher Moscou de
Pékin, dans une manœuvre diplomatique inversant celle de Nixon. L’ensemble de
ces mesures dessine une stratégie assumée : contenir la Chine et éviter
qu’elle ne supplante les États-Unis d’Amérique.
Chacun des deux grands acteurs de ce duopole développe
une vision alternative à celle de la Charte des Nations unies, pour ériger un
ordre international nouveau au sein duquel il jouerait le premier rôle.
La Chine promeut, depuis septembre 2025, l’Initiative
pour la gouvernance mondiale.
Quant aux États-Unis, ils ont créé un Conseil pour la
paix, le Board of Peace ; avec pour responsabilité principale la paix et
la sécurité du monde, à Gaza comme ailleurs.
Tout semble se passer comme si un choc majeur entre la
Chine et les États-Unis était à termes inéluctable. Avec des conséquences très
lourdes pour le reste du monde, et donc pour nous même. Au mieux, le monde
pourrait glisser vers un partage en sphères d’influence, un duopole
sino-américain imposant ses règles, ses normes et ses dépendances dans deux
hémisphères différents. Au pire, la rivalité pourrait basculer dans une
confrontation ouverte, entre deux puissances dotées, membres permanents du
Conseil de sécurité.
Ce choc est-il vraiment inéluctable ?
N’avons-nous plus qu’à choisir notre camp et à subir ? Je n’y crois pas.
Car dans ce système d’équations par nature complexe, il y a une variable
inconnue, qui peut tout changer.
Cette variable inconnue, c’est l’Europe.
Oui, l’Europe est la grande inconnue de l’équation stratégique mondiale. Parce
que la résistance à la brutalisation du monde s’organise ici, en Europe.
De l’Asie du Sud-Est à l’Amérique latine, en passant par l’Afrique, des peuples
libres, et désireux de le rester, attendre que l’Europe se lève et montre la
voie, la voie de l’équilibre. Elle est attendue par des États de plus en plus
nombreux, attachés à leur indépendance, qui refusent toute logique de bloc et
montrent qu’une architecture de sécurité collective fondée sur le dialogue est
possible et qu’elle passe aujourd’hui par une Europe forte.
Oui, l’Europe est la grande inconnue de l’équation et à bien des égards une
variable que certains préféreraient voir disparaître, une variable que l’on
cherche parfois à effacer.
Côté chinois, les autorités cherchent à effacer l’Europe en cultivant par
priorité des relations bilatérales avec les pays européens et en faisant
l’impasse sur les institutions de l’Union autant que de possible.
Côté américain, l’effacement est théorisé explicitement dans la Revue nationale
stratégique publiée le 5 décembre 2025. L’Europe y est décrite comme un
continent condamné, je cite : « à l’effacement
civilisationnel ».
La vérité est ailleurs, une Europe éclatée serait une Europe plus facilement
vassalisée.
Non, l’Europe n’est pas au bord de l’effacement civilisationnel, la
civilisation européenne est ineffaçable, c’est une civilisation de l’esprit.
L’Europe est cette forge de l’idée selon l’expression de Stefan Zweig où furent
frappées, à partir du sang et de l’esprit de nations latines, germaniques,
anglo-saxonnes et slaves, certaines des plus grandes pensées du monde. Des
idées qui changèrent le cours de l’Histoire, et s’il est vrai que l’Europe a
donné au monde le pire et le meilleur, c’est précisément ce qui la rend
aujourd’hui adulte.
L’esprit européen est un esprit de résistance contre tous les
totalitarismes, : c’est l’esprit des républicains espagnols, c’est
l’esprit de résistance contre le joug soviétique, une civilisation de l’esprit
qui apporta tant au monde et qui mit fin à des décennies de guerres fratricides
en donnant naissance à l’une des constructions politiques les plus abouties de
l’Histoire, l’Union européenne, qui naquit le 9 mai 1950, assurant à l’Europe
huit décennies de paix et de prospérité.
Dix pays, peut-être même onze ou douze ou treize sont aujourd’hui candidats
pour rejoindre l’Union européenne.
Quelle autre organisation politique dans le monde peut en dire autant ?
Oui, à Tbilissi comme sur le Maïdan en 2014, des peuples se lèvent et chantent
leur aspiration à la démocratie, au son de l’Ode à la joie et en brandissant le
drapeau européen comme un symbole d’espérance et de liberté. Quel autre idéal
politique dans le monde suscite un tel engouement ?
Le fait, on vit mieux en Europe qu’aux États-Unis ou en Chine. Notre espérance
de vie est plus longue, la mortalité infantile plus faible, deux fois plus
faible, les inégalités aussi. Ceux qui annoncent l’effacement de la
civilisation européenne devraient donc commencer par s’interroger sur leur
propre faiblesse.
Non, l’Europe n’est pas au bord de l’effacement civilisationnel.
Mais oui, l’esprit européen est travaillé par un doute profond, un doute qui
interroge sa capacité à peser dans l’équation stratégique mondiale que je
décrivais il y a quelques instants. Ce doute est d’abord de nature spirituelle
et morale.
Il tient à une lente corrosion de l’esprit européen par la rouille de
l’individualisme et l’opium du matérialisme. Un doute qui s’accompagne, et
c’est un paradoxe pour le continent le plus démocratique du monde, d’une
lassitude démocratique ancrée dans des sentiments mêlés.
Le sentiment que la démocratie ne nous protège pas ou plus des bouleversements
mondiaux.
Le sentiment d’injustice et de frustration malgré le bien-être sans précédent
dont nous jouissons par rapport à l’immense majorité de la population mondiale.
Le sentiment que les citoyens ne sont pas entendus, que les sujets qui leur
tiennent à cœur ne sont jamais traités et qu’une élite lointaine, à Paris, à
Bruxelles, décide à leur place sans leur rendre de compte.
Cette lassitude démocratique n’est pas tombée du ciel. Elle résulte de
décennies d’aveuglement des élites face à un monde en bouleversement, de leur
déni face à la colère légitime des classes moyennes et populaires, fatiguées
d’être méprisées et mises à l’écart.
Le président de la République l’avait dit en 2024 à la Sorbonne, le chancelier
allemand l’a répété il y a quelques semaines, rien ne garantit aujourd’hui que
nous vivrons encore au sein de l’Union européenne dans dix ans.
L’Union européenne, notre organisation politique, est en danger. Rien n’est
perdu, mais l’Europe ne se relèvera que si elle conclut un pacte nouveau avec
les peuples. Des peuples qui aspirent à maîtriser leur avenir, qui aspirent à
la souveraineté.
Non pas une souveraineté illusoire, repliée et solitaire, mais une souveraineté
européenne véritable.
Des peuples qui n’acceptent ni les capitulations face aux guerres d’invasion,
ni le renoncement dans les guerres commerciales. Des peuples qui attendent de
l’Europe qu’elle protège, qu’elle défende et qu’elle maîtrise ses frontières.
Contre toutes les menaces, contre toute forme de concurrence déloyale, de
coercition économique, de chantage énergétique. Contre toute ingérence
étrangère dans les processus électoraux de ses États membres.
Que l’Europe tienne bon, qu’elle tienne ferme et qu’elle sache dire non.
Non aux États-Unis quand ils s’en prennent à ce qu’elle a de plus intime, sa
démocratie ou son intégrité territoriale. Rappelons que les États-Unis ont un
besoin vital de l’Europe. Les grandes entreprises du numérique réalisent un
quart de leurs chiffres d’affaires et sans doute la moitié de leurs profits sur
notre continent. Les pays de la zone euro détiennent 3000 milliards d’euros
d’actifs de plus que les américains n’en détiennent en Europe. Personne ne sort
jamais gagnant d’une guerre commerciale. Et j’ajoute que nous disposons
d’instruments très puissants pour nous défendre contre toute atteinte à nos
intérêts essentiels qui nous permettent de restreindre l’accès aux marchés
européens et refermer nos marchés publics.
Dans ce contexte, les peuples de l’Europe attendent d’elle qu’elle se saisisse
pleinement de la ligne donnée par le président de la République dans ses
discours à la Sorbonne, celle de l’autonomie stratégique. Clauses de sauvegarde
pour l’acier, protection des ferroalliages, préférence européenne dans les
instruments européens de la défense, projet capacitaire commun, soutien à la
Moldavie contre les tentatives d’ingérence, nouvel emprunt commun pour soutenir
l’Ukraine.
L’Europe se réveille mais elle doit accélérer car il reste peu de temps.
Pour cela, la diplomatie européenne doit se renforcer, nos coopérations doivent
se renforcer. La coopération consulaire et de gestion de crise, capitales pour
protéger les Européens. Nous le constatons aujourd’hui au Moyen-Orient et dans
les cas de détention arbitraire de nos ressortissants. La coopération entre les
institutions et les États membres. En la matière, votre rôle de coordination et
d’impulsion pour que chacun joue en équipe Europe, est primordiale pour que sur
le terrain, chacun contribue efficacement à mettre en œuvre notre politique
commerciale, notre politique de partenariat.
Renforcer la coopération aussi face aux attaques informationnelles. En Géorgie,
c’est l’ambassadeur Pawel Herczynski qui est pris pour cible de façon honteuse
comme ses collègues allemands et français. En Arménie, c’est la mission EUMA et
la représentation française qui sont diffamées. Au Niger, en Russie, en
Biélorussie, au Venezuela, les exemples malheureusement ne manquent pas. Et
quand des ambassadeurs de l’Union sont visés, c’est toute l’Europe qui est
attaquée.
Je veux également souligner le rôle des chefs de mission de PSDC. Ces missions
sont un outil de coopération opérationnelle, mais aussi de partenariat
politique. La capacité du SEAE à proposer des missions PSDC, civiles et
militaires, est une grande force. Elle doit être pleinement mobilisée et nous
ne devons pas hésiter à réfléchir à de nouvelles opérations PSDC si nécessaire,
notamment à l’avenir pour le Liban. Je mesure aussi la concurrence
institutionnelle à laquelle vous êtes confrontés et le risque de voir le SEAE
traité comme une direction générale parmi d’autres.
Ce n’est pas la conception française de votre rôle.
C’est grâce à votre statut hybride, inscrit dans les traités, que vous avez été
si efficaces dans la lutte contre la flotte fantôme sur Gaza, sur les sanctions
contre la Russie et le soutien à l’Ukraine.
Vous pouvez compter sur la France pour défendre votre rôle.
Et nous comptons en retour sur un SEAE fort, un SEAE qui s’affirme au sein des
institutions, en coordination étroite avec les États membres et qui veille à
rappeler les compétences propres de chaque institution, notamment dans la
future stratégie européenne de sécurité. Et c’est le lointain successeur de
Robert Schuman, ministre des affaires étrangères de la France qui le dit,
fidèle à son héritage politique et spirituel. La Commission doit s’astreindre
au respect le plus strict de la subsidiarité, de la lettre et de l’esprit des
traités. Et de ce point de vue-là, l’article 18 du traité de l’Union européenne
est limpide. La Haute représentante conduit la politique étrangère et de
sécurité commune de l’Union. Elle contribue par ses propositions à l’élaboration
de cette politique et l’exécute en tant que mandataire du Conseil. L’obéissance
au traité, le respect de la subsidiarité, c’est la condition de l’efficacité
européenne. C’est la condition pour que l’Europe puisse éviter au monde et
s’éviter à elle-même les conséquences délétères de la rivalité croissante entre
les États-Unis et la Chine.
Telle est la responsabilité que nous avons en partage devant les générations
qui viennent.
> Liban : face à la dégradation brutale de la situation, la France a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Pour venir en aide au peuple libanais, nous avons débloqué une aide d'urgence de 6 millions d'euros pour les organisations humanitaires déjà présentes sur le terrain. Nous préparons un envoi de 20 tonnes d’aide humanitaire qui arrivera sur place dès demain. Nous avons ouvert le fonds de concours du Centre de crise du Quai d'Orsay aux contributions des entreprises et collectivités qui le souhaitent. Nous poursuivons nos échanges avec les autorités libanaises et israéliennes pour éviter que le pays ne sombre dans le chaos, obtenir un cessez-le-feu et poursuivre l'indispensable processus de désarmement du Hezbollah.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Depuis le début de la
guerre, nous avons permis à 900 ressortissants français, les plus vulnérables,
de rentrer en France grâce aux 7 vols que nous avons affrétés et nous préparons
à affréter 7 vols supplémentaires dans les prochains jours.
À ces opérations s’ajoutent les vols commerciaux encore possibles dans la
région. Ils ont déjà permis « de faire rentrer en France autour de 15 000
personnes, dont une grande partie de Français ». Le ministère a enregistré
« environ 7 500 demandes d’assistance au rapatriement », auxquelles
les services de l’État s’efforcent d’apporter une réponse adaptée.
> Iran : La question n’est pas de savoir qui est le
nouveau guide suprême. La question est pour le régime de consentir à des
concessions majeures et un changement radical de posture, de mettre fin à ces
actions déstabilisatrices et dangereuses, à respecter les droits des Iraniens
et à leur permettre de construire librement leur avenir.
Ces actions déstabilisatrices et dangereuses, violences d’État tournées contre
les manifestants, sont à l’origine de cette escalade militaire qui porte avec
elle le risque d’un embrasement de la région.
Il faut que cette escalade s’arrête, parce qu’elle emporte sans doute plus de
risques encore pour la sécurité, la stabilité de la région, qu’elle n’apporte
de solution aux problèmes majeurs des actions du régime iranien.
J’ai entendu le président de la République islamique d’Iran se dire prêt à
l’arrêt des frappes, et je crois que c’est dans cette direction-là qu’il doit
aller.
> La France sauve aussi l'honneur de l'Europe en étant un partenaire fiable et solidaire, aux côtés des pays amis qui sont ciblés par les frappes iraniennes injustifiables et entraînés dans une guerre qu'ils n'ont pas choisie. C'est le sens du déplacement du président de la République à Chypre.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Quand je me retourne sur l’année et demie que j’ai passé dans mes fonctions,
je m’aperçois qu’il y a peu de pays qui ont apporté autant de solutions et qui
ont agi de manière aussi positive sur le Moyen et le Proche-Orient. Il y a un
peu plus d’un an, on a obtenu un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah,
qui plongeaient le Liban au bord du gouffre. Il y a un peu moins longtemps, on
a réussi, sur Gaza, à rassembler l’ensemble de la communauté internationale
autour d’une déclaration de principe qui, à la fois, condamne le Hamas et
appelle à son désarmement, et à la fois appelle au respect du droit des
Palestiniens. C’était la première fois depuis 30 ans, depuis les accords d’Oslo
qu’on avait un tel assentiment de la communauté internationale sur la solution
à trouver.
Et plus récemment, en Syrie, c’est encore
la France qui a facilité un accord entre les Kurdes syriens et le nouveau
gouvernement syrien. Et donc nous sommes en capacité d’agir.
Le monde a changé et la France n’est
plus, comme c’était le cas il y a 50 ans, il y a 80 ans, l’une des cinq grandes
puissances du monde, d’autres puissances ont émergé. Et si nous voulons peser à
l’extérieur dans les années, les décennies qui viennent, il faut que nous
soyons forts à l’intérieur et que nous ayons de la force économique,
diplomatique, militaire, mais aussi de la force morale. C’est pourquoi les
décisions que nous prenons pour nous-mêmes et pour notre pays auront, dans les
décennies à venir, un impact ou une influence sur notre capacité à peser sur le
cours du monde.
> [Liban] A l’automne 2024, on a connu ce type d’escalade. Et on a vu des milliers de morts, des dizaines de milliers de blessés et plus d’un million de personnes déplacées, qui ont dû trouver refuge ailleurs au Liban, dans des conditions extrêmement précaires. On a vu des tensions intercommunautaires se développer. On a vu des épidémies commencer à se propager. Et on a eu très peur, nous qui sommes si proches du Liban, pays frères et pays amis, qu’il s’effondre sur lui-même. Et donc aujourd’hui, il faut que le Hezbollah arrête de tirer sur Israël. Il faut qu’Israël s’abstienne évidemment de rentrer sur le territoire libanais, de cibler les infrastructures, de viser les civils et qu’on parvienne au plus vite à un cessez-le-feu qui nous évite de nous retrouver une nouvelle fois dans une situation catastrophique sur le plan humanitaire. Mais sans attendre qu’elle s’aggrave, nous avons déjà décidé de faire parvenir aux Libanais de l’aide humanitaire, du matériel, des abris, des couvertures, des tapis, parce qu’on en est déjà là.
> [Hostilités au Moyen-Orient] L’intérêt d’Israël, c’est d’avoir à sa frontière nord un Liban fort, disposant d’un État contrôlant les armes, capables d’assurer la sécurité de toutes les communautés au sein du Liban et de vivre en paix, en sécurité avec son voisinage. Et que, alors même que la responsabilité première de cette situation dramatique au Liban revient évidemment au Hezbollah qui a commis là une lourde faute, il ne faudrait pas que, par la prolongation de ces opérations militaires, Israël vienne fragiliser le Liban, qui était pourtant, vous le savez, sur la voie du redressement. Un nouvel espoir s’était levé, que nous accompagnons, avec des réformes financières, avec le désarmement du Hezbollah. Une conférence devait se tenir jeudi dernier à Paris pour le renforcement de l’armée libanaise, qui a dû évidemment être annulée. Nous étions en train, progressivement, de voir renaître le Liban. Il ne faut pas que, par la prolongation des opérations militaires, Israël vienne étouffer cet espoir.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Israël a été attaqué par le Hezbollah, comme ça avait été le cas dès le lendemain du 7 octobre. Israël souhaite écarter la menace. Menace que les Libanais, eux aussi, veulent écarter, puisque le gouvernement avait déjà pris des décisions courageuses. Celles de mettre en place un plan de désarmement du Hezbollah, décision courageuse qui date de l’été dernier, mais à laquelle se sont ajoutées des décisions récentes qui consistent à déclarer illégale toute la branche armée et sécuritaire du Hezbollah. La décision, aussi, d’imposer des visas aux ressortissants iraniens, puisqu’on sait l’influence que l’Iran a sur le Hezbollah. Mais aussi de demander le départ des conseillers militaires iraniens présents au Liban. Évidemment, c’est un État qui est fragilisé par des années de d’incertitude et de crise politique. Et donc dans ce moment, il faut qu’on puisse le renforcer pour qu’il puisse prendre ses responsabilités, c’est-à-dire le monopole des armes, comme on dit.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous n’avons pas approuvé ces opérations militaires américano-israéliennes, qui n’avaient pas de buts clairement définis, qui étaient conduites en dehors du droit international - on pourra revenir sur ce débat si vous le souhaitez -, et qui emportent avec elles le risque d’un embrasement régional. Des risques et des dangers qui sont sans doute supérieurs aux solutions que les Israéliens et les Américains entendent apporter à un problème auquel nous sommes directement confrontés, qui est le caractère déstabilisateur et lui aussi dangereux du régime iranien en place.
> [Hostilités au Moyen-Orient] On nous reproche parfois d’invoquer le droit international, mais ce n’est pas parce que l’Iran a violé le droit international en développant un programme nucléaire, que l’Iran a violé les droits de l’Homme en tournant ses armes contre son propre peuple dans des répressions sanglantes qui nous ont toutes et tous choqué ces dernières semaines, ce n’est pas parce que les États-Unis et Israël violent le droit international que nous, les Européens, qui avons été à l’origine de ces règles, devons nous taire. Nous devons rappeler lorsque le droit international est violé. Parce qu’au fond, notre projet à nous, notre civilisation, notre empire à nous, il s’est construit sur ces règles-là, qui nous ont permis d’ailleurs de mettre fin à un cycle infini de violence.
> [Hostilités au Moyen-Orient] La France a été l’un des pays les plus durs vis-à-vis du régime iranien l’année dernière. À trois reprises, nous avons obtenu que des sanctions européennes et internationales soient prises contre l’Iran. Et si aujourd’hui, l’Iran est affaibli, c’est notamment du fait de ces sanctions. Mais nous l’avons fait dans le cadre du droit international.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous considérons que ces opérations militaires emportent avec elles des risques et des dangers qui sont sans doute, l’histoire le dira, supérieurs aux solutions qu’elles peuvent apporter aux problèmes que nous avions pourtant identifiés et auxquels nous travaillions. Notre responsabilité, celle du Président de la République, c’est d’assurer la sécurité de nos compatriotes, de nos emprises, qui sont évidemment très exposées. C’est d’assurer la sécurité de nos partenaires dans la région, avec lesquels nous sommes liés par des accords de défense. C’est aussi de limiter l’impact de cet embrasement régional sur l’économie mondiale et donc, in fine, sur nos entreprises et sur le pouvoir d’achat des Françaises et des Français. Et puis d’œuvrer, parce que c’est une responsabilité particulière de la France, à la stabilité, la sécurité et la paix dans le monde.
> [Coopération sur la dissuasion, donc on appelle ça dans le jargon militaire la défense conventionnelle.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du
Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la
Lutte contre les discriminations)
> Dans un monde où la loi du plus fort menace l’État de droit, il faut
affirmer le multilatéralisme sans naïveté. Pas de paix durable sans règles
communes. La France défend un multilatéralisme lucide et exigeant.
> [Droits des femmes / Intervention
lors de la 70ème
session de la commission de la condition de la femme]
L’Histoire connaît des saisons. Il y a des saisons calmes, où les droits
humains paraissent solides et s’imposent comme des évidences. Et puis viennent
les saisons d’orage. Partout, les lignes bougent, le terrorisme et les guerres
s’installent dans la durée, des territoires brûlent. Des peuples vivent sous
les bombes et la loi de régimes autoritaires, théocratiques ou de groupes
terroristes. Les démonstrations de force prennent le pas sur le respect du
droit.
L’ordre international tangue sous les rafales de l’époque.
Oui, nous vivons l’âge des tempêtes. Et dans les tempêtes, une tentation surgit
toujours : renoncer, reculer, alléger. On commence par dire que certains
principes peuvent attendre. Que certains droits ne sont pas prioritaires. Que
certaines libertés seront pour plus tard. C’est ainsi que les reculs
commencent.
Dans l’âge des tempêtes, une question se pose à chaque nation : qu’est-ce
que nous refusons d’abandonner ?
Pour la France, la réponse est claire et non négociable. Nous refusons
d’abandonner l’égalité. Parce que l’égalité n’est pas un confort des temps
calmes. Elle est la boussole qui nous guide par tous les temps. Elle n’est pas
derrière nous comme un acquis. Elle est devant nous comme un combat.
Car partout où l’on veut affaiblir la démocratie et la liberté, on commence par
s’en prendre aux femmes et aux filles. On limite leurs droits, on les masque,
on les cache. On s’en prend à leur droit de disposer de leurs corps librement
pour elles-mêmes et par elles-mêmes, jusqu’à leur accès à l’avortement. On
étouffe leurs voix.
Dans certaines régions du monde, les jeunes filles voient se fermer devant
elles les portes de l’école.
Dans les zones de guerre, leurs corps deviennent des champs de bataille, avec
les violences sexuelles et les viols.
Et désormais les technologies peuvent prolonger et amplifier ces violences.
Ces réalités ne sont pas dispersées ; elles révèlent une constante de
l’histoire : lorsque les démocraties vacillent, ce sont les droits des
femmes qui reculent en premier.
Pour la France, ces droits ne sont pas une variable d’ajustement. Ils ne
s’équilibrent pas contre des traditions. Ils ne se négocient pas au gré des
crises. Ils appartiennent à ce socle irréductible sur lequel reposent la paix,
la démocratie et la liberté.
Alors, à celles qui continuent d’apprendre malgré les interdits, qui marchent,
chantent et se battent pour leur liberté et leurs droits malgré les menaces, qui
témoignent et s’engagent malgré la peur, qui font vivre chaque jour les droits
humains, aux femmes d’Iran, d’Afghanistan, et d’Ukraine, à toutes les filles,
toutes les femmes partout dans le monde, la communauté internationale doit plus
que de simples déclarations. Elle leur doit un engagement : nous ne
détournerons pas le regard et nous mènerons le combat.
Dans cet âge des tempêtes, la France choisit de tenir la ligne du
multilatéralisme, de la justice et du droit. Car dans la tempête, cette ligne
n’est pas seulement une direction. Elle est un cap que la France tient et
tiendra toujours. Avec la conviction que là où les femmes sont libres, les
sociétés sont fortes. Et qu’à l’âge des tempêtes, tenir la ligne de l’égalité,
c’est tenir la promesse de l’humanité commune.
> [Droits des femmes] Nous avons espéré que le sens de l’histoire était d’avancer vers plus de progrès, de droits, de libertés. Ça ne va pas de soi. A travers le monde, les filles, les femmes, leurs corps leurs libertés sont attaqués. L’égalité est un combat que nous devons réaffirmer.
> Ma ligne est claire : ni RN, ni LFI. Pas un maire RN ou LFI aux municipales. Pas de tête à tête RN et LFI en 2027. Que la gauche clarifie et définitivement avec LFI. Que chacun fasse le ménage et prenne ses responsabilités.
> [Droits des femmes] Depuis les rues de Téhéran, le cri "Femme, Vie, Liberté" a traversé le monde entier. Partout les femmes sont à l'avant-garde des révolutions et font trembler les régimes. Partout les femmes sont les premières attaquées pour la liberté qu'elles incarnent.
> Le droit international n'est pas mort. Il est nécessaire. Il est une condition de la paix. Et le droit sans la puissance ne tient pas. La France a la puissance. L'Europe a la puissance.
Camille Galliard-Minier (ministre délégué
auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des
Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Droits des femmes] En cette Journée internationale des droits des femmes,
je souhaite mettre à l’honneur Chloé Fonvielle. Jeune femme engagée en situation de handicap, j’ai eu la
chance de rencontrer Chloé en 2020 et de suivre son parcours depuis.
Après des études à Sciences Po Grenoble, elle est aujourd’hui vice-présidente
et chargée de communication de l’association Simon 2 Savoie. Par son parcours,
son énergie et son engagement, elle incarne une génération qui agit pour une
société plus inclusive.
Son action rappelle une évidence : les femmes en situation de handicap ont
toute leur place dans la vie associative, citoyenne et dans les
responsabilités. En ce 8 mars, rendons visibles ces parcours inspirants et
continuons à faire progresser ensemble l’égalité et l’inclusion.
● Autres ministres
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> [Droits des femmes] À l’occasion de la journée internationale des droits
de la femme, j’ai envoyé aux magistrats une circulaire de politique pénale
visant à améliorer notre réponse contre les violences intrafamiliales :
- Améliorer notre réactivité dans la prise de décisions
- Améliorer l’utilisation des téléphones grave danger, en particulier avec une
réflexion systématique sur la mise en place d’une mesure civile de protection
- Apporter des réponses judiciaires globales aux situations les plus complexes
en jugeant ensemble le pénal et le civil
- Former spécifiquement les magistrats en charge des violences intrafamiliales
- Mieux prendre en charge les victimes et éviter la victimisation secondaire
Les femmes et les enfants victimes de violences, qu’elles soient physiques,
psychologiques ou sexuelles, doivent trouver en la justice confiance, soutien
et protection.
Edouard Geffray (ministre de l’Education
nationale)
> Aujourd’hui, c'est le Quart d'heure de lecture national =! Que nous soyons
élève ou parent, enfant ou adulte, nous sommes tous invités à nous arrêter
quinze minutes pour lire. Des romans, des bandes dessinées, des poèmes, mais
aussi des productions d’élèves, comme ce cahier de mémoires que m’ont offert
les élèves du lycée Jules Ferry de Paris. Un quart d'heure de lecture par jour,
ça change une vie : lire, c'est voyager, s'évader, s'ouvrir au monde. Et c'est
aussi l'un des meilleurs moyens d'aider son enfant à progresser. Alors
aujourd’hui, glissez un livre dans votre sac... et ne le lâchez plus !
> [Droits des femmes] Cette Journée internationale
des droits des femmes est l’occasion de rappeler une évidence : l’égalité entre
les femmes et les hommes se construit d’abord à l’École. Aujourd’hui encore,
les filles restent sous-représentées dans certaines filières scientifiques, en
particulier en mathématiques et dans les formations d’ingénierie. Ce n’est
évidemment pas une question de talent, mais bien de stéréotypes et
d’autocensure. À l’École, notre responsabilité est d’encourager les vocations,
de combattre les biais et d’ouvrir tous les horizons. C’est le sens du plan Filles
et Maths, initié par Elisabeth Borne, que nous renforçons :
- Travail sur les pratiques pédagogiques dès le premier degré
- Création début février du collectif « Filles et sciences », qui rassemble
près de 40 acteurs engagés pour permettre aux collégiennes de rencontrer des
rôles modèles
- Déploiement des classes à horaires aménagés sciences dans tous les
départements, avec un objectif de parité entre filles et garçons
Le respect des droits des femmes à l’École passe aussi par la lutte contre les
violences sexistes et sexuelles. Déploiement de l’éducation à la vie affective
et relationnelle, et à la sexualité (EVARS), facilitation des signalements : là
aussi, notre mobilisation est totale. Garantir les droits des femmes n’est pas
négociable. C’est le combat de millions d’entre elles à travers le monde. C’est
également le nôtre.
Benjamin Haddad (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de
l’Europe)
> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous, nous avons une approche qui défend nos intérêts, qui défend notre
sécurité. La France a dit de façon très claire la responsabilité immense de
l’Iran dans le conflit qui a lieu, que ce soit à travers ses activités de
prolifération, en violation avec le droit international sur les questions
nucléaires, que ce soit son soutien à des proxys terroristes dans la région, le
Hamas, le Hezbollah, ses ingérences dans la politique de ses voisins, ses
menaces répétées contre l’existence même d’Israël, et puis bien sûr la
répression féroce, criminelle, que l’on a vu au mois de janvier de dizaines de
milliers de manifestants pacifiques, démocratiques, qui voulaient juste pouvoir
contrôler leur destin. Après, cette opération a lieu en dehors d’un cadre
multilatéral, en dehors d’un cadre légal. La France, évidemment, n’y participe
pas. Nous, nous avons des intérêts. Nous avons des partenaires, aussi, à
défendre dans la région. Et c’est l’honneur de la France d’honorer ses
partenariats de défense, que ce soit avec des pays comme les Émirats, comme le
Qatar ou le Koweït. Nous avons un allié aussi de l’Union européenne, Chypre,
avec lequel la France a signé récemment un partenariat stratégique. Le
président chypriote était à Paris il y a quelques mois, le président Níkos
Christodoulídis, pour signer ce partenariat stratégique. Nous avons envoyé du
matériel défensif comme des défenses sol-air. Nous avons bien sûr, vous le
savez, rapproché le Charles de Gaulle et le groupe aéronaval en Méditerranée
orientale aussi.
Notre objectif, c’est de défendre la sécurité de nos
ressortissants, la sécurité de nos partenaires et de nos alliés, et bien sûr de
nos emprises, de nos bases dans la région. C’est pour ça que la France a
participé à des opérations défensives, comme le fait d’abattre, par exemple,
des drones qui, notamment, s’en étaient pris à nos emprises aux Émirats.
> [Hostilités au Moyen-Orient] Nous
n’avons pas comme intention d’être entraînés dans la guerre, nous ne
participons pas à la guerre, mais nous avons des alliés, nous avons des
partenariats de défense avec des pays comme les Émirats arabes unis, le Qatar,
le Koweït et d’autres dans la région, des alliés comme Chypre au sein de
l’Union européenne. Donc ça s’est traduit concrètement par des livraisons de
matériel défensif, des défenses sol-air. Ça s’est traduit, le cas échéant, par
des interceptions de drones. Nous avons une présence dans la région avec le
porte-avion Charles de Gaulle. (…)
La France a les moyens de se défendre. Vous avez raison, nous le faisons aussi
en coordination avec nos partenaires européens, à commencer par les partenaires
du E3, c’est-à-dire les britanniques et les allemands, et nous sommes en
coordination proche avec nos alliés et nos partenaires dans la région,
précisément pour pouvoir assurer, c’est notre objectif, la désescalade.
> [Hostilités au Moyen-Orient] L’un des objectifs du Président de la République, il l’a dit, c’est de pouvoir rouvrir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, qui est un carrefour, on le sait, qui est menacé aujourd’hui par l’Iran, par lequel transite énormément de ressources énergétiques, 20% des exportations de pétrole, de gaz. Et nous avons d’ailleurs des précédents pour avoir mis en place des coalitions de liberté de navigation, je pense par exemple à la mission européenne Aspides en mer Rouge, où la France a une frégate aux côtés des Italiens et des Grecs pour faire face à la menace des Houthis, les Houthis qui déstabilisaient la liberté de circulation en mer Rouge. Nous avons d’ailleurs d’autres opérations un peu plus loin, par exemple l’opération Atalante, qui est au large de la côte de l’Afrique pour lutter contre la piraterie. Donc il y a des modèles qui existent. L’objectif maintenant, c’est de mettre en place une coalition pour pouvoir permettre la liberté de circulation sur le détroit d’Ormuz.
> [Hostilités au Moyen-Orient] La France a été très claire depuis le début sur la responsabilité écrasante du régime iranien dans la situation, aussi bien dans la répression de sa population, dans ses activités de déstabilisation à travers la région. Très claire dans la dénonciation aussi du rôle cynique du Hezbollah aujourd’hui, qui entraîne la population libanaise dans cette guerre, comme elle l’avait fait d’ailleurs après le 7 octobre. Mais aujourd’hui, effectivement, c’est toujours plus facile de commencer une guerre que de la terminer. Et donc la question qui se pose et qu’a posé d’ailleurs Jean-Noël Barrot hier lors de son interview, c’est les buts de guerre, c’est la stratégie. On voit d’ailleurs que même dans les déclarations des dirigeants américains, il y a eu une succession de buts de guerre ou d’objectifs qui ont été prononcés les uns après les autres. Et donc, c’est pour ça, encore une fois, que l’objectif du Président de la République, c’est à la fois d’appeler à la désescalade, et puis de défendre, encore une fois, nos intérêts. Nous sommes une puissance qui a ses propres intérêts, ses propres partenaires. Nous avons 400.000 ressortissants dans la région. Et donc, la boussole aujourd’hui, de façon très réaliste, c’est de défendre nos intérêts de sécurité.
> [Hostilités au Moyen-Orient] La France a condamné de façon très claire l’action du Hezbollah. Le Hezbollah, aujourd’hui, qui entraîne une fois de plus les Libanais, avec un cynisme absolu, dans cette catastrophe. Et c’est ce Hezbollah qui agit d’ailleurs comme un proxy de l’Iran. C’était déjà le cas après le 7 octobre. Notre priorité d’ailleurs ces derniers mois, en travaillant avec les autorités libanaises, c’était précisément de donner les moyens aux autorités libanaises de reprendre le contrôle de l’intégralité du territoire, de former, de développer les forces armées libanaises. Il devait y avoir d’ailleurs une conférence à ce sujet, qui a bien sûr été reportée, mais conférence à ce sujet jeudi à Paris. Et d’ailleurs, je constate que les autorités libanaises ont eu un discours très ferme, très dur, en annonçant par exemple que la branche militaire, sécuritaire, armée du Hezbollah serait mise hors la loi, et même des dirigeants politiques, d’ailleurs, de confession chiite, ont soutenu cette initiative ; que les visas de dirigeants ou de conseillers iraniens qui venaient pour pouvoir instrumentaliser le Hezbollah seraient révoqués. La France, le Président de la République, a demandé aux Israéliens de ne pas s’engager dans une invasion, dans une incursion terrestre. Et c’est pour ça aussi que nous prenons nos responsabilités, en soutien humanitaire à la population civile du Liban. Il y aura dans les prochains jours à peu près cinq tonnes d’aide médicale et puis du matériel.
> [Hostilités au Moyen-Orient] La France fait passer des messages clairs. La France, après, prend ses responsabilités sur le plan humanitaire, je le disais tout à l’heure, avec l’envoi de matériel humanitaire et de médicaments en masse pour les populations civiles. Et la France travaille aussi avec les autorités libanaises et tous nos partenaires, les partenaires européens aussi qui participent, précisément, pour pouvoir lutter contre l’influence du Hezbollah, pour pouvoir renforcer le rôle des forces armées libanaises pour qu’elles prennent le contrôle du Sud-Liban. C’est un travail structurel de long terme. Là, j’ai vu, encore une fois, des déclarations fortes et des mesures fortes de la part des autorités libanaises. Une fois de plus, le Hezbollah, qui est un proxy de l’Iran, qui entraîne aujourd’hui le Liban dans cette guerre, c’est une trahison, d’une certaine façon, de la population libanaise. Et donc, nous, nous souhaitons travailler, c’est ce que nous faisons, nous avions une conférence qui était prévue, encore une fois, à Paris il y a quelques jours, précisément en ce sens.
> Il y a des sujets sur lesquels les Européens ont eu un front uni très ferme. Je pense par exemple à la question du soutien à l’Ukraine, où nous avons mis en place la Coalition des volontaires depuis un an. Il y a des sujets, et c’est historiquement plutôt le cas du Moyen-Orient, où les États européens ont parfois des approches, des traditions, des relations qui ne sont pas les mêmes. Nous, nous avons, encore une fois, des partenaires de défense avec lesquels nous avons des accords comme les Émirats arabes unis. Nous avons des pays avec lesquels nous avons même une présence historique dans la région, des partenaires avec lesquels nous avons des liens historiques très forts.
> La mission Aspides, c’est une mission européenne sur laquelle nous travaillons notamment avec les Grecs et les Italiens, qui est une mission de liberté de navigation en mer Rouge, face à la menace des Houthis. Nous travaillons aujourd’hui précisément à mettre en place une coalition européenne pour ouvrir la navigation dans le détroit d’Ormuz. Ça précisément, c’est les sujets sur lesquels nous travaillons avec nos partenaires européens. Mais une fois de plus, la France a une voix très forte, elle défend ses intérêts et elle est aux côtés de ses partenaires et c’est apprécié. Moi, je vois aujourd’hui les déclarations des dirigeants chypriotes, des dirigeants émiriens. Je l’ai vu d’ailleurs aussi après le discours du Président de la République sur la dissuasion nucléaire. Parce que fondamentalement, qu’est-ce que l’on dit ? On dit que nos intérêts ne peuvent pas se barricader. Ce qui se passe en dehors de nos frontières, ce qui se passe sur le continent européen ou au Moyen-Orient, ça a un impact bien sûr sur nos intérêts de sécurité. C’est pour ça que nous avons une responsabilité, aussi, pour protéger nos partenaires.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> À 11 ans, au Pakistan, une jeune fille décidait de tenir tête à ceux qui
voulaient la faire taire. Aujourd’hui, Malala Yousafzai porte au monde entier
le combat pour l’éducation des filles et alerte sur la situation en
Afghanistan, où les talibans imposent un véritable apartheid de genre. Cette
rencontre m’a profondément touchée. La France sera toujours à ses côtés.
> Nos règles de droit constituent le meilleur rempart contre la loi du plus fort. Alors que la guerre fait rage au Moyen-Orient et qu'elle se poursuit en Ukraine, j’ai rappelé au secrétaire général des Nations unies, le plein soutien de la France pour la défense d'un multilatéralisme efficace, fondé sur le droit international et des institutions internationales réformées.
> [Droits des femmes] Le droit des femmes est un combat permanent. De notre corps à notre sécurité, de la justice à nos libertés : partout dans le monde les attaques se multiplient. À New York, s’ouvre la 70e Commission de la condition de la femme à l’ONU. J’y défendrai nos droits avec la plus grande fermeté.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Droits des femmes] En 2026, il y a encore du boulot. Parce que, encore en
France en 2026, ce n'est pas facile tous les jours d'être une femme. Être une
femme en France en 2026, c'est être encore moins payée que les hommes. Les
femmes subissent les temps partiels et parce que, dès l'École, des stéréotypes
les conduisent à renoncer aux filières d'avenir, encore trop vues comme des
métiers et des carrières pour les hommes. Être une femme en France en 2026,
c'est publier une photo de soi sur les réseaux sociaux et voir des types demander
à l'IA de te mettre en bikini. Être une jeune fille en France en 2026, c'est
faire face à un retour en force des conservatismes, à une génération de jeunes
hommes influencés par les pires masculinistes. Être une femme en 2026, c'est
encore connaître l'insécurité, le danger, dans la rue comme dans son propre
domicile. Être une femme en 2026, en France, c'est voir sa plainte pour
violences sexuelles ou sexistes être classée sans suite neuf fois sur dix. Neuf
fois sur dix. C'est ce chemin long, encore trop long pour être protégée d'un
ancien conjoint violent. C'est encore le risque, malgré tous les efforts mis en
place, de mourir sous les coups. Et puis bien sûr, être une femme en 2026, ce
sont toutes ces inégalités, toutes ces injustices du quotidien : C'est encore
partager sa localisation à une amie quand on rentre seule chez soi. C'est
encore serrer ses clés dans sa main quand on marche seule la nuit. C'est encore
faire semblant de téléphoner pour éviter qu'un inconnu insiste dans la rue.
C'est encore réfléchir deux fois à la tenue qu'on met pour éviter les
remarques. Être une femme en 2026, c'est parfois rire à une blague sexiste
juste pour éviter que la situation devienne gênante. C'est encore entendre
qu'on est « trop sensible », « trop agressive » ou « trop ambitieuse ». C'est
encore devoir démontrer tous les jours sa légitimité au travail. C'est encore
recevoir des messages déplacés sur LinkedIn après une simple interaction
professionnelle. Être une femme en 2026, c'est encore être interrompue en réunion...
et entendre quelqu'un reprendre la même idée quelques minutes plus tard. Alors
bien sûr, et ces dernières années notamment, beaucoup a été fait pour mieux
protéger, pour inscrire les droits des femmes dans le marbre de la
Constitution, pour une prise en charge efficace des victimes de violences, pour
que l'égalité entre les femmes et les hommes soit une réalité, pas un slogan.
Mais il est encore long le chemin de l'égalité. Il est encore long et je le dis
à tous ceux qui s'endorment, à tous ceux qui estiment que la cause de
l'égalité, que la cause des femmes serait secondaire ou plus un sujet : nous
n'avons pas fini le travail. Nous n'avons pas fini et nous allons continuer à
nous battre. Je vais continuer à me battre. Continuer à me battre pour les
mamans solos qui, comme l'a été ma mère, galèrent en élevant seules leurs
enfants. Continuer à me battre contre les discriminations, le sexisme et les
injustices du quotidien qui touchent encore mes sœurs et trop de femmes en
France. Pour elles, pour mes amies, pour toutes les femmes de France, je suis
déterminé à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour faire avancer cette
cause. Ce combat pour l'égalité n'a pas de frontières. Je n'oublie pas les
femmes afghanes et iraniennes, qui paient le prix de leur liberté au péril de
leur vie. Face à l'obscurantisme qui veut les effacer, nous ne détournerons pas
le regard. Leur courage nous oblige. Être solidaires ici, c'est aussi porter la
voix de celles qu'on tente de faire taire là-bas. Je porterai chaque projet. Je
défendrai chaque avancée. Je me battrai pour chaque combat. La cause des
femmes, c'est la cause de la France. Et nous nous battrons jusqu'à l'Égalité,
la vraie.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [Sommet sur l’énergie nucléaire] Ursula von der
Leyen l’a reconnu aujourd'hui au Sommet sur l'Énergie Nucléaire : « Lorsque
l’Europe a fait le choix de réduire la part du nucléaire dans son mix
énergétique, ce n’était pas la bonne décision. » Cette position enfin portée au
plus haut niveau de l’Union européenne est le fruit de huit ans de combat aux
côtés du Président de la République. Un combat que je n’ai cessé de porter
parce que j’étais convaincue d’une chose simple : sans nucléaire, l’Europe se
condamne à rester dépendante des énergies fossiles. J’étais convaincue que
c’était une condition pour bâtir une Europe puissance et une France robuste.
Alors je me suis battue pour en arriver là. Mais il faut se souvenir d’où nous
venons. Pendant longtemps, le nucléaire était marginalisé dans les débats
européens. Avant l’engagement porté par la France, sa reconnaissance était tout
simplement inenvisageable. J’ai lancé l’Alliance européenne du nucléaire avec
plusieurs États membres. Une alliance qui a permis de remettre enfin le
nucléaire dans la salle du Conseil de l'UE, sans qu’on ait besoin de s’excuser.
Aujourd’hui, les choses ont changé. Le nucléaire est pleinement reconnu au
niveau européen comme une énergie essentielle pour atteindre nos objectifs
climatiques et garantir notre souveraineté énergétique. La déclaration d’Ursula
von der Leyen est importante parce qu’elle met des mots sur une réalité que
nous constatons aujourd’hui : notre dépendance aux énergies fossiles nous
fragilise. Les tensions géopolitiques dans les régions productrices de pétrole
et de gaz, comme celles que nous observons aujourd’hui au Moyen-Orient,
rappellent à quel point notre sécurité énergétique reste exposée et à quel
point nous sommes encore trop dépendants des énergies fossiles. Tant que nos
déplacements reposent majoritairement sur les énergies fossiles, chaque crise
se traduira par une facture plus élevée. Car les empires des énergies fossiles
prospèrent sur une chose : notre dépendance. Alors, ne tombons pas dans le jeu
des pays producteurs d’énergies fossiles. Qui est pourtant la logique que
pousse le Rassemblement national lorsqu’il préfère surtaxer l’électricité
nucléaire produite en France plutôt que le gaz fossile importé, notamment de
Russie. La véritable réponse à cette dépendance, c’est l’électricité décarbonée.
Et pour la produire, deux piliers sont essentiels : le nucléaire et les
énergies renouvelables. À la clé, ce sont des milliers d’emplois industriels en
France et des dizaines de milliards d’euros d’importations d’énergies fossiles
évitées qui pèsent aujourd’hui sur notre balance commerciale. En France, nous
avons un atout considérable : nous sommes l’un des pays qui produisent le plus
d’électricité nucléaire au monde. Il serait paradoxal de continuer à importer
massivement des énergies fossiles alors que nous disposons déjà d’une
électricité largement décarbonée. Face à cette situation géopolitique, nous
devons donc redoubler d’efforts pour renforcer notre souveraineté énergétique
et accélérer la construction d’un système énergétique européen plus solide,
plus indépendant et pleinement décarboné.
Elisabeth Borne (députée)
> [Droits des femmes] Au lendemain du 8 mars, je me
suis rendue à la Maison des femmes de Saint-Denis. Pour les femmes victimes de
violences, disposer d’un endroit où elles peuvent être protégées, soignées et
accompagnées dans leurs démarches est fondamental. Comme je l’avais annoncé
lorsque j’étais Première ministre, nous devons garantir une structure de ce
type dans chaque département. Le travail est engagé, mais il est encore long :
nous devons accélérer. Merci aux équipes pour leur travail et leur engagement.
Marc Ferracci (député)
> La dépendance aux énergies fossiles nous rend vulnérables. La situation
que nous vivons rappelle que notre dépendance aux énergies fossiles nous expose
et affecte la vie quotidienne des Français. Hier, c’était le gaz russe au
moment de la guerre en Ukraine. Aujourd’hui, ce sont les tensions sur le
pétrole au Moyen-Orient qui influencent directement les prix. La réponse ne
peut pas être de rouvrir toujours plus les vannes du pétrole et du gaz. La
seule stratégie durable est de sortir progressivement de cette dépendance. Cela
passe par des choix clairs :
- décarboner notre économie
- électrifier davantage nos usages
- renforcer nos capacités nucléaires et renouvelables
La France dispose d’atouts majeurs pour produire une énergie décarbonée,
souveraine et stable.
> Ce matin sur franceinfo, j’ai rappelé que face à la hausse des prix de l’énergie, certaines solutions présentées comme évidentes sont en réalité de mauvaises solutions. Le blocage des prix, comme le propose LFI, ne protège pas. Mais partout où il a été appliqué, il a conduit à des pénuries. Et la peur de la pénurie peut elle-même provoquer la pénurie. La baisse massive de la TVA sur les produits énergétiques comme le propose le RN serait tout aussi trompeuse : elle coûterait 17 milliards d’euros, sans garantie que cette baisse profite réellement aux automobilistes. Dans un contexte où les prix évoluent d’heure en heure sur les marchés, il est aujourd’hui trop tôt pour envisager des réponses budgétaires massives. La responsabilité du gouvernement est claire : agir de façon coordonnée au niveau international pour faire baisser les prix, sans créer de pénuries et sans fragiliser nos finances publiques.
> Face aux extrêmes, les forces républicaines doivent savoir se parler. C’est pourquoi je crois qu’il existe, à gauche comme au centre et à droite, des responsables attachés à la République et à la culture de gouvernement. Entre eux, le dialogue est possible, et nécessaire. Car une chose est certaine : si nous voulons demain éviter un face-à-face entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche , le rassemblement est impératif.
Olivia Grégoire (députée)
> [Droits des femmes] À toutes les femmes qui aident, soignent, protègent,
écoutent. À celles dont on ne parle pas mais qui nous font tenir droit. À nos
infirmières à nos enseignantes à nos policières à nos aidantes. À celles dont
la douceur apaise la brutalité de notre monde. À nos droits.
Anne Genetet (députée)
> [Droits des femmes] En cette journée
internationale des droits des femmes, pensons à toutes celles qui se battent
chaque jour pour leur liberté, leur dignité et leurs droits. À celles qui
élèvent la voix, comme à celles qui résistent dans le silence : solidarité avec
elles, partout, chaque jour.
Caroline Yadan (députée)
> [Droits des femmes] On aurait tort de croire que
les droits des femmes progressent toujours naturellement. L’histoire montre au
contraire qu’ils ont toujours été arrachés de haute lutte, et qu’ils peuvent
reculer dès que la vigilance faiblit. Aujourd’hui encore, cette réalité est
sous nos yeux. En Afghanistan, les femmes sont exclues de la vie publique. En
Iran, elles sont réprimées pour avoir réclamé leur liberté. Et ailleurs, y
compris dans des démocraties, le droit de disposer de son corps reste contesté.
En cette Journée internationale des droits des femmes, il ne suffit pas de
saluer les progrès accomplis. Nous devons regarder les menaces en face, refuser
chaque recul, et poursuivre sans relâche le combat pour l’émancipation. Ce
combat est universel. Il doit aussi s’étendre à toutes celles dont la
souffrance est parfois ignorée, relativisée ou passée sous silence. Je veux à
ce titre exprimer mon soutien aux femmes du collectif «Nous vivrons», qui
poursuivent leur engagement malgré les menaces et les intimidations, pour que
les violences commises contre les femmes juives, notamment lors des attaques du
7 octobre, ne soient pas oubliées.  Car, quand les droits des femmes
vacillent, c’est notre humanité tout entière qui abdique.
Véronique Riotton (députée)
> [Droits des femmes] Le 8 mars n'est pas une
célébration. C'est un rappel. Parce que l'égalité, c'est une femme qui gagne
autant que son collègue. C'est une victime qui ose parler et qui est entendue.
C'est une femme dont la liberté ne dépend pas du pays où elle est née.
Ce 8 mars, nous pensons à toutes celles pour qui cette réalité est encore hors
d'atteinte. En France, où trop d'injustices résistent encore. En Iran, en
Afghanistan et ailleurs, où des régimes ont fait de l'effacement des femmes le
fondement même de leur pouvoir.
Notre engagement est constant, sans concession, aux côtés de toutes ces femmes.
Année après année, loi après loi. Parce que l'égalité ne se concède pas, elle
appartient à tous ceux qui refusent de s'y résigner.
Nathalie Coggia (députée)
> [Droits des femmes] En cette journée du 8 mars,
nous rappelons une évidence : les droits des femmes ne reculent jamais seuls,
ils reculent quand on cesse de les défendre. Vendredi dernier, j’ai participé
au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères à une rencontre consacrée à
l’accès des femmes à la justice face aux violences sexuelles et fondées sur le
genre, un enjeu au cœur de la diplomatie féministe portée par la France. À
cette occasion, Jean-Noël Barrot a remis le Prix Simone Veil de la République
française pour l’égalité entre les femmes et les hommes au Centre MARTA, une
ONG lettone qui accompagne des femmes victimes de violences en Lettonie et
auprès des femmes ukrainiennes touchées par la guerre.
Dans son discours, il a rappelé une réalité trop souvent ignorée : les conflits
frappent les femmes de manière disproportionnée mais leur rôle est déterminant
dans la construction de la paix De Belfast au Guatemala, jusqu’au Liberia,
l’histoire montre que des femmes ont su se lever face à la violence et ouvrir
des chemins vers la paix. Cette mobilisation concerne aussi notre travail de
parlementaires. À l’Assemblée nationale, nous avons voté en faveur de la
proposition de résolution condamnant l’oppression exercée contre les femmes
iraniennes et réaffirmant leur droit fondamental à la liberté.
Nous avons aussi voté en faveur de textes renforçant la protection des femmes,
avec la loi intégrant explicitement la notion de non-consentement dans la
définition pénale du viol, Enfin, l’Assemblée a adopté la proposition de loi
visant à supprimer la notion de «devoir conjugal» du code civil.
Défendre les droits des femmes, c’est aussi défendre la paix, la liberté et la
justice.
● MoDem
Frédéric Petit (député)
> Sortir les jeunes filles afghanes de l'enfer des talibans. L'enseignement
français à l'étranger (EFE) y contribue. En témoigne, la Palme d'honneur
décernée au projet de soutien aux fillettes afghanes, initié par des
associations et le collège de la Sainte Famille au Liban.
> L'Union européenne est unique en cela : nous savons exprimer nos désaccords sans faire usage de la force, ni nous bombarder. Certes, les décisions se prennent moins vite, mais la relation est plus solide.
● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> [Droits des femmes] En cette Journée
internationale des droits des femmes, je salue celles qui s’engagent aux
élections municipales. Aujourd’hui, seules 20% des maires sont des femmes. Ce
chiffre n’est pas une fatalité : c’est un retard démocratique.
> [Droits des femmes] Égalité salariale, lutte contre les violences, droits reproductifs, accès aux responsabilités : les droits des femmes ne sont jamais acquis. Continuons le combat pour l’égalité.
> [Droits des femmes] La parité ne doit pas s’arrêter aux listes. Elle doit aussi exister là où se prennent les décisions. La République ne peut pas se priver de la moitié de ses talents.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Bernard Guetta (député)
> [Opinion: L’Iran, l’Europe et la paresse intellectuelle] L’Europe est
divisée, passive et tellement impuissante que son effacement serait désormais
acquis. On l’entend constamment dire. C’est la première des deux idées reçues
de ce moment iranien mais rien n’est plus faux.
L’Allemagne, c’est vrai, ne désapprouve pas l’entrée en guerre des Etats-Unis
et d’Israël alors que l’Espagne la condamne mais tandis que les Allemands ne
bougent pas un doigt, les Espagnols se sont joints à la France pour aller
protéger Chypre, Etat membre de l’Union européenne auquel ses partenaires
doivent appui.
Seule puissance militaire de l’Union, la France a envoyé son porte-avions en
Méditerranée pour prêter assistance aux pays du Golfe auxquels la lient des
accords de défense. La France n’entend pas participer à l’offensive
israélo-américaine mais en défendant ses alliés proche-orientaux, elle s’oppose
à la riposte iranienne et vient, de fait, contrer la République islamique.
L’Europe n’est pas en guerre mais aucun de ses Etats ne souhaiterait que la
théocratie iranienne ne l’emporte car leur sécurité se joue au Proche-Orient
tout autant qu’en Ukraine. Non seulement les Européens sont loin d’être passifs
mais, hasard du calendrier, c’est au troisième jour de cette guerre qu’Emmanuel
Macron a solennellement proposé d’étendre la dissuasion nucléaire française à
ceux des pays de l’Union qui le souhaiteraient.
Il ne s’agit pas de communautariser la force de frappe et moins encore
l’éventuelle décision d’y recourir. Il ne s’agit pas non plus de substituer un
parapluie français à celui des Etats-Unis mais de progressivement structurer
les défenses nationales autour de la dissuasion française comme elles le sont
aujourd’hui autour du nucléaire américain.
Deux systèmes de protection pourraient ainsi coexister et l’Europe pourrait se
préparer par-là à l’hypothèse dans laquelle les Etats-Unis renonceraient à la
protéger. Allemagne en tête, huit des Etats de l’Union sont déjà partants et,
parallèlement, au cinquième jour de cette guerre, l’Union européenne a annoncé
l’instauration d’une préférence européenne dès lors que l’argent public est en
jeu.
Les Européens sortent des dogmes du libre-échange, commencent à protéger leurs
industries et se préparent à se défendre seuls. L’Europe bouge mais une absolue
paresse intellectuelle conduit à partout dénoncer sa paralysie tout comme on
martèle mécaniquement que seules des troupes au sol pourraient faire tomber un
régime.
Bizarre. Les chaînes de commandement, les stocks d’armes et les infrastructures
civiles et militaires de la théocratie iranienne partent en fumée. Haï de sa
population et très évidemment divisé, ce régime ne se remettra pas des
destructions et de l’humiliation qu’il subit. Peut-être se survivra-t-il en la
personne d’hommes sortis de ses rangs mais les Iraniennes sous le voile, la
réalité du pouvoir à un Guide suprême, les relais régionaux de Téhéran prêts à
prendre part à l’offensive finale contre « l’entité sioniste » et cette
idée que la puissance perse et chiite qu’est l’Iran allait guider les masses
sunnites et arabes dans une revanche historique contre l’Occident – tout ce
rêve d’un demi-siècle s’effondre car, non, la force n’est pas vaine.
Elle détruit et fait plier mais il est en revanche vrai que, même débarrassé de
sa théocratie, l’Iran devra encore échapper aux déchirements politiques et à la
possible sécession de ses minorités ethniques et religieuses. Il n’est
nullement exclu qu’il y parvienne mais il ne pourra pour cela compter que sur
lui-même car ni Donald Trump ni Benjamin Netanyahou ne prétendent même que leur
objectif serait de faire de l’Iran une démocratie.
L’un veut le faire revenir dans la galaxie américaine et priver la Chine d’un
approvisionnement pétrolier qui lui est essentiel. L’autre veut que l’Iran
n’œuvre plus à sa destruction. Ce siècle ne s’embarrasse pas de faux semblants
mais en revient à la force des armes et à la raison d’Etat. Oui, les bombes
changent la donne et, non, l’Europe ne dort pas.
Pascal Canfin (député)
> La guerre au Moyen-Orient rappelle brutalement notre dépendance aux
énergies fossiles. Et quand le prix du carburant flambe, ce sont toujours les
ménages les plus modestes qui paient la facture en premier.
La hausse du prix des carburants génère des recettes fiscales supplémentaires
pour l’État qui devraient être utilisées pour accélérer la transition vers la
mobilité électrique et protéger les ménages les plus vulnérables.
C’est la proposition de François Durovray, président du conseil départemental
de l’Essonne, que je soutiens.
L’idée est d’utiliser le surplus de TVA sur les carburants pour créer un fonds
d’aide à l’acquisition de véhicules électriques à destination des ménages les
plus modestes et dépendants de la voiture.
Plutôt qu'un bouclier tarifaire qui subventionne le problème, on investirait
dans la solution. C'est le genre de pragmatisme dont la transition énergétique
a besoin !
> Deux importantes mesures miroirs
agricoles sont officiellement entrées en vigueur le 7 mars.
A partir de maintenant, aucun produit agricole ne pourra être importé en Europe
s’il contient la moindre trace de deux pesticides néonicotinoïdes parmi les
plus dangereux au monde, et interdits en Europe depuis 2018 : le clothianidine
et le thiamethoxame.
Ces deux substances ont été interdites en raison de leur toxicité très élevée
pour des insectes comme les abeilles et d’autres pollinisateurs, que ce soit
lors d’une exposition immédiate ou surtout lors d’une exposition chronique, car
ces pesticides s’accumulent dans les sols et dans l’eau aux alentours et ont un
impact même en dehors des périodes d’épandage.
Néanmoins, elles ne sont pas interdites dans le reste du monde et sont
utilisées par plusieurs gros importateurs de céréales vers l’Europe, en
particulier les Etats Unis et le Canada pour leur production de maïs et colza,
et pour le Brésil pour sa production de soja et de maïs, ce qui faisait peser
une concurrence déloyale sur nos agriculteurs.
Ces mesures miroirs sont désormais là pour corriger cette situation et empêcher
l’arrivée sur notre marché de denrées produites avec ces pesticides interdits
chez nous.
C’est une excellente nouvelle pour nos agriculteurs.
C’est la concrétisation de notre engagement sur ce sujet depuis 2019. Il
convient maintenant de systématiser cette approche pour les autres pesticides
interdits en Europe, et surtout de nous donner les moyens de contrôler la
conformité de nos importations avec ces obligations.

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