samedi 18 avril 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Et si au lieu de nous vendre leur «rêves», les politiques s’attachaient au réel


«Rêve américain», «rêve chinois», «rêve européen», «rêve français», etc., dans chaque pays le politique «rêve» pour nous d’un futur idyllique à défaut de pouvoir le proposer au présent.

Car, comme le bonheur, contenu par exemple dans la Constitution américaine, c’est sa «recherche» qui est un droit, encore faudrait-il savoir ce qu’il recouvre tout comme celle du rêve.

D’autant que le rêve d’un peuple ou d’une nation se bâtit souvent sur celui des autres et à leur détriment.

En cela, le rêve politique peut être extrêmement dangereux comme celui qu’essaye de nous vendre les dictateurs tel Xi Jinping.

Et puis, le rêve est souvent un motif d’affrontement comme c’est le cas aux Etats-Unis où pour les démocrates, il est tourné vers le bonheur de la classe moyenne alors que pour les républicains il est éminemment lié à la réussite sociale et financière de l’individu.

Il peut être également un argument électoraliste.

Ainsi, en France, François Hollande avant la présidentielle de 2012 nous avait parlé de son rêve tout comme vient de le faire Gabriel Attal pour celle de 2027 en vue de séduire les électeurs sur la construction d’un monde enchanté.

Mais, surtout, le rêve n’est pas le réel.

Il est une construction fantasmagorique de ce que l’on voudrait qui soit.

Bien, il n’est pas négatif en soi d’avoir des représentations idylliques de ce que l’on voudrait que devienne la réalité.

Et certains rêves qui s’appuient sur des valeurs humanistes ne peuvent être condamnés comme le rêve européen par exemple.

Reste, qu’en attendant, il faut mettre les mains dans le cambouis.

Et le cambouis, à l’inverse des songes, il salit, il demande que l’on agisse face à ce qu’est le monde.

Ici, le danger est la tromperie ou ce que le peuple peut estimer comme tel.

On lui vend du rêve alors qu’il vit dans la difficulté et pour certains dans le cauchemar, voilà qui crée une distance qui peut amener à une déconnexion entre le monde de la politique et le monde réel et qui peut se manifester par des réactions violentes.

Alors, loin de moi de dire qu’il faut arrêter de rêver et, par là-même, de détruire tout espoir et toute volonté de changer le monde (et pas de monde, ce que propose souvent les rêves politiques).

Cependant, le rôle du politique c’est d’abord de s’attaquer aux problèmes très concrets du quotidien et de proposer des solutions qui peuvent fonctionner en regard de la réalité.

C’est à cela d’ailleurs que l’on reconnait une grande personnalité politique ou comme certains le disent, un homme ou une femme d’Etat à qui on ne demande pas d’être un grand philosophe.

Sa vraie postérité se mesurera à ce qu’il a fait, pas à ce qu’il a rêvé.