vendredi 22 mai 2026

La Quotidienne centriste du 22 mai 2026. Pourquoi le duo Trump-Netanyahu se chamaillent


Ils sont deux extrémistes populistes, démagogues, corrompus et sans doute responsables de crimes de guerre et qui, grâce à leurs fonctions respectives, ne sont pas en prison pour leurs méfaits dans leurs pays respectifs.

Trump et Natanyahu ont donc tout pour s’entendre.

Et cela s’est confirmé lors du nettoyage de la bande de Gaza par le premier ministre israélien et leur équipée commune contre l’Iran.

Cependant, en réalité, les deux politiciens ont des agendas différents qui n’ont que des convergences factuelles mais des objectifs qui n’ont rien à voir.

Pour Netanyahu, au-delà d’éviter la prison s’il n’était plus à la tête d’Israël, il y a un but idéologique très précis, réaliser le grand Israël, c’est-à-dire faire de toute la Palestine, un Etat hébreu, tout en mettant à genoux, voire à terre ceux qui s’opposent à ce projet ainsi que ceux qui veulent la destruction du pays.

Pour Trump, il y a un désir mégalomaniaque de résoudre tous les conflits du monde, de se proclamer roi du monde tout en détournant les Américains de tous les scandales et de tous les fiascos de sa présidence, de l’affaire Epstein à une économie en difficulté avec un taux d’inflation élevé.

Or donc Netanyahu a voulu cette guerre contre l’Iran pour aller jusqu’au bout pour renverser le régime des mollahs alors que Trump – qu’il a réussi à convaincre de l’accompagner en l’espèce –, n’y a vu qu’une opportunité pour son narcissisme maladif et pour faire taire les critiques et les accusations grâce à une aventure gagnante quitte à recommencer ensuite jusqu’à la fin de sa présidence (dont il espère qu’elle sera à vie…).

On comprend bien que les difficultés rencontrées sur le terrain ne découragent pas Netanyahu mais plonge Trump dans le désarroi.

Du coup, le premier veut recommencer les opérations militaires quand le second fait tout pour que les armes se taisent pour ne pas apparaître comme un vaincu afin de ne pas être affaibli aux Etats-Unis.

D’où son obsession à trouver un arrangement avec la dictature iranienne qui a si bien compris son manège peu secret et encore moins subtil, qu’elle s’amuse à le mettre constamment dans l’embarras à sa grande rage mais à sa grande impuissance et à son impéritie.

Alors, on dit que les deux hommes se sont engueulés lors de leur dernière discussion.

C’est possible.

Néanmoins, au-delà de leurs aspirations contraires, ils sont en espèce, exactement de la même espèce, des adversaires déterminés de la démocratie républicaine libérale.

Et comme tout autocrate nationaliste, ils sont d’abord focalisés sur leur pays et leur popularité quitte à se brouiller après avoir été les meilleurs amis du monde.

Ce qui pourrait être le cas si cette guerre tourne au fiasco total car alors Netanyahu aura beau jeu d’accuser Trump qui, sans aucune doute, lui rendra l’appareil…

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour] 

 

 


Présidentielle 2027. Gabriel Attal annonce sa candidature


Ça y est et c’était un secret de Polichinelle: Gabriel Attal, le secrétaire général du parti Renaissance est candidat à l’élection présidentielle.

Dans un message sur les réseaux sociaux il explique pourquoi:
«Je suis candidat à l’élection présidentielle. Parce que je refuse d’être de ceux qui ne proposent que de gérer le déclin. Parce que je souhaite proposer un projet d’avenir et d’espoir aux Français. Parce que je veux que chaque génération vive mieux que celle de ses parents et de ses grands-parents.»

Et sur son site dédié à sa candidature, il se présente ainsi:
«Élu local, député des Hauts-de-Seine, ancien Premier ministre, j'ai placé la jeunesse et la liberté de choisir sa vie au cœur de tous mes engagements.
Depuis vingt-cinq ans, je fais le même constat : la France est bloquée dans un système qui sacrifie l'avenir pour colmater les brèches du passé. Dette, éducation, climat, salaires, logement. Le risque est réel, celui d'une fracture entre les générations, où les plus jeunes vivraient moins bien que leurs parents.
Face à cela, certains se résignent, d'autres colmatent. Moi, je veux construire Je suis candidat à l'élection présidentielle pour débloquer l'avenir et faire en sorte que chaque génération vive mieux que la précédente.

L’ancien premier ministre d’Emmanuel Macron avec qui il est en rupture est le premier candidat centriste/central à se déclarer pour 2027.

Avant lui, un autre ancien premier ministre d’Emmanuel Macron, membre de la coalition présidentielle et membre de la droite de l’axe central, Edouard Philippe, avait déjà fait acte de candidature.

Ce dernier est le favori dans les sondages.

C’est sans doute pourquoi Attal qui a un déficit en la matière a décidé de se déclarer maintenant car s’il veut avoir une chance d’être le candidat de cette coalition présidentielle, il doit occuper au plus vite le terrain afin d’essayer de combler son retard.

Le dernier sondage sur la présidentielle le donnait à 14% des voix au premier tour et qualifié, s’il était le seul représentant de la coalition, pour le second tour.

 


Actualités du Centre. Etats-Unis – Sondage: une majorité de démocrates veulent un parti centriste qui ne penche pas vers la gauche


Selon un sondage de l'institut Sienna pour le New York Times, seuls 28% des sympathisants du Parti démocrate souhaitent qu’il penche plus vers la gauche alors que 47% souhaitent qu’il soit plus centriste et que 19% estiment que son positionnement actuel (centre/centre-gauche) est le bon.

Et, pour la présidentielle de 2028, ils ne sont que 25% à estimer que le parti doit évoluer vers la gauche pour l’emporter alors que 52% souhaitent au contraire qu’il se positionne plus au Centre et que 18% affirment qu’il ne doit pas changer de positionnement.

Ce sondage va à l’encontre de l’idée reçue selon laquelle les électeurs démocrates se seraient radicalisés et pencheraient de plus en plus vers la Gauche.

Une idée qui est véhiculée principalement par les activistes de gauche aux Etats-Unis et dans le monde qui affirment que Kamala Harris a perdu la présidentielle de 2024 parce qu’elle était trop centriste et que l’élection à la mairie de New York de Zoran Mamdani est une preuve que les électeurs démocrates sont de plus en plus à gauche.

Or si l’on sait que les socialistes et gauchistes américains sont plus nombreux ces dernières années et ont fait perdre Hillary Clinton en 2016 et qu’ils ont une responsabilité dans la défaite de Kamala Harris, pour cette dernière ce n’est certainement pas une des raisons principales.

Quant à la victoire de Mamdani à New York, elle montre, une fois de plus, l’atypisme de la plus grande ville étasunienne où la Gauche possède une position forte qui peut faire pencher la balance lors des primaires démocrates où, rappelons-le, ce sont les plus radicaux des électeurs des deux partis qui se déplacent et sélectionnent un candidat.

Par ailleurs, tous les candidats démocrates élus depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale étaient tous des centristes: Truman, Kennedy, Johnson, Carter, Clinton, Obama, Biden.

Et lorsqu’un socialiste a été le candidat du parti – McGovern en 1972 – il a été balayé.

(Sondage Sienna réalisé par téléphone du 11 au 15 mai 2026 auprès d’un échantillon de 1507 personnes représentatif de la population américaine / Marge d’erreur selon l’institut de 2,8 points)

 


L’Humeur du Centriste. Les nominations de Macron sont non seulement légales mais aussi une toile de protection de la démocratie


Comme il a déjà été écrit ici, les nominations faites par Emmanuel Macron pour des postes importants de l’Etat sont, non seulement légales, mais ne dérogent pas à ce qu’ont fait tous les présidents avant lui.

De plus, un an avant une élection présidentielle qui pourrait porter au pouvoir un candidat extrémiste et populiste dont le but serait de mettre en péril l’ordre démocratique républicain, elles entrent aussi dans une défense de celui-ci avec des personnalités dont l’attachement aux valeurs humanistes sont connues et reconnues.

Parce qu’Emmanuel Macron ne peut pas prendre le risque ô combien énorme de laisser la place à un pouvoir antidémocratique et illibéral sans faire tout ce qu’il faut pour l’empêcher de changer de régime.

Et ceux qui douteraient que cela puisse être le cas, ils n’ont qu’à regarder ce qui se passe aujourd’hui à grande échelle aux Etats-Unis et dans une moindre mesure en Italie et ce qui s’est passé pendant des années en Hongrie et en Pologne.

Oui, l’appareil d’Etat sera une des premières cibles d’un président issu d’un parti extrémiste et populiste.

Et les nominations n’auront plus rien à voir avec la compétence ou l’attachement à la démocratie mais, au contraire, à la mise en place d’un démantèlement de tout ce qui fait que la république peut assurer ses missions en regard de la loi basée sur les principes de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Plus largement, Emmanuel Macron s’est attelé à la tâche, à la fois, d’empêcher les extrêmes et plus particulièrement le RN qui a le plus de chances, de s’installer à l’Elysée et de bâtir une protection efficace face aux attaques qui suivront contre la démocratie républicaine libérale.

En cela, au lieu de le critiquer, il faut le remercier.

Centristement votre.
Le Centriste