jeudi 15 mars 2018

Actualités du Centre. Etats-Unis- Le centriste Lamb inflige un camouflet à Trump en Pennsylvanie

Le centriste démocrate Conor Lamb
Le centriste Conor Lamb a infligé un camouflet à Donald Trump en remportant l’élection législative partielle de Pennsylvanie dans une circonscription – la dix-huitième – que le démagogue populiste avait très largement remporté lors de la présidentielle de 2016 face à Hillary Clinton (et que le candidat républicain à la Chambre des représentants avait gagné avec plus de vingt points d’avance), en promettant aux «cols bleus» une politique sociale qu’il n’a jamais mis en place, préférant servir les intérêts des plus riches et des plus extrémistes de ses électeurs.
Cette élection était devenue emblématique pour le Parti républicain qui a dépensé pas moins de dix millions de dollars pour faire élire son candidat, Rick Saccone, un radical populiste très proche de Trump, ce dernier s’étant même impliqué fortement dans la campagne en tenant un grand meeeting de soutien à celui-ci.

Sa défaite montre, après d’autres résultats positifs pour le Parti démocrate dans plusieurs scrutins, que les prochaines élections législatives de novembre 2018 pourraient voir les républicains perdre leur majorité au Congrès, à la fois à la Chambre des représentants et au Sénat.

Ce qui serait, non seulement, un affront pour Trump mais aussi une grande menace quant à sa présidence où les scandales se multiplient.

C’est la première fois depuis 2003 qu’un démocrate s’impose dans ce «district».

Membre du Parti démocrate, ce jeune avocat et ancien procureur fédéral de 33 ans s’est clairement positionné au centre de l’échiquier politique pour ce scrutin, affirmant même qu’il lutterait contre la gauche de sa formation s’il était élu à la Chambre des représentants.

Les priorités du programme de Conor Lam sont la crise de l’addction à l'héroïne, la création d’emplois, les projets d’infrastructures nouvelles et de réparation des existantes, les soins de santé abordables pour tous, le sauvetage de Medicare (assurance santé pour les plus de 65 ans), le sauvetage du système des retraites, la reforme du système de prêts étudiants, la défense du des droits des syndicats et le développement d’une énergie moderne ainsi qu’un plus strict contrôle de la vente des armes à feu notamment sur la vérification des antécédents des acheteurs.

Il est également défenseur de la loi sur l’assurance santé de Barack Obama même s’il est ouvert à ce qu’elle soit amendée pour être plus efficace.

Dans un Etat où les aciéries font partie du paysage, il a soutenu les mesures protectionnistes prises récemment par Donald Trump sur l’acier et l’aluminium.

Sa victoire sur le fil démontre une nouvelle fois que le postionnement au centre/centre-gauche du Parti démocrate est la seule manière de pouvoir contrer l’extrémisme radical et populiste du Parti républicain et de Trump.




Actualités du Centre. Valls «Macron a été élu pour réformer sur la base d'un dépassement de la gauche et de la droite»

Manuel Valls
Dans un entretien au magazine Le Point, l’ancien premier ministre et député apparenté La république en marche, Manuel Valls déclare que «les réformes se font, car elles ont été annoncées clairement avant l'élection. Emmanuel Macron a été élu pour réformer sur la base d'un dépassement de la gauche et de la droite. Il amplifie le mouvement que j'avais engagé en avril 2014 avec le soutien sans précédent aux entreprises, pour améliorer leur compétitivité, et avec la réforme du marché du travail.»
Dans les Echos, il ajoute que «le mandat que les Français ont donné à Emmanuel Macron est de réformer. Ils attendent de lui qu'il incarne la fonction, dépasse le clivage gauche droite, porte le projet européen et réforme. Il peut y avoir des critiques sur le contenu ou la méthode mais il y a une attente de transformation réelle. Le mouvement ne peut pas s'arrêter».
Il estime, par ailleurs, qu’il existe bien un «effet Macron»:
«Nous aurions pu sombrer dans la crise politique ou le populisme. L'élection d'Emmanuel Macron, à rebours de ce qui se passe en Europe, est une chance. Nous profitons ainsi d'une confiance retrouvée des acteurs économiques. «France is back», a-t-il dit à Davos. De ce point de vue là, la combinaison de ce que nous avions fait et de la dynamique amplifiée par l'élection présidentielle est incontestable. Nous avions aussi réformé le marché du travail dans des conditions extrêmement difficiles.»
Concernant la réforme constitutionnelle, il l’approuve «dans l'ensemble»:
«Je pense notamment à la baisse du nombre de parlementaires ou à l'amélioration du travail des assemblées. Mais je suis opposé à la mention de la Corse dans la Constitution. Une inscription purement symbolique n'existe pas. C'est une fausse bonne idée. La Corse, qui est un territoire métropolitain et pas ultramarin bénéficie déjà d'un statut particulier avec la collectivité territoriale unique. Inscrire la Corse dans la Constitution revient à ouvrir la boîte de Pandore à des revendications multiples. J'appelle aussi à la prudence sur la limitation du droit d'amendement. Il faut respecter les oppositions.»
Dans un entretien au quotidien Le Monde, il affirme se considérer comme «un député de la majorité» rappelant qu’il avait «appelé à voter Macron dès le premier tour pour éviter un second tour Fillon-Le Pen et parce que la stratégie d'Hamon nous menait au désastre».
Plus largement, il estime que «la réussite de Macron se conjugue avec la réussite du pays, donc il faut être utile. Moi, je peux être utile au pays et au sein de la majorité».
En outre, il dit se retrouver dans «l'équilibre social-libéral» de La République en marche et qu’il n’a pas de «désaccords majeurs sur la sécurité, l'économie ou l'immigration».
Concernant un de ses principaux chevaux de bataille, il s’estime «en profond désaccord avec les partisans d'une ligne libérale sur la laïcité. Pour moi, ce n'est pas à la laïcité de s'adapter à l'islam mais à l'islam de s'adapter à la laïcité
Dans l’entretien aux Echos, il parle également d’une autre de ses principales préoccupations:
«La question fondamentale en Europe, c'est la démocratie. L'avenir de l'Europe est fondamentalement lié à la démocratie. Les populismes contestent le système, c'est-à-dire la démocratie représentative et libérale. Cette démocratie est imparfaite, elle doit être modernisée, mais elle ne peut pas être remplacée. Le vrai face-à-face est désormais entre la démocratie et les populismes. Et pour les faire reculer, il faut construire autrement l'Europe et répondre à la demande de protection des peuples.»