lundi 3 juin 2019

Vues du Centre. Les centristes savent bien que les extrêmes se rejoignent… naturellement

Par Jean-François Borrou


Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Jean-François Borrou est le pseudonyme d’un journaliste proche des idées centristes.
 

Blanc bonnet et bonnet blanc?...

Or donc six électeurs sur dix (61% très exactement) de Jean-Luc Mélenchon au premier tour d’une prochaine présidentielle, voteraient Marine Le Pen au second tour en cas de nouveau duel avec Emmanuel Macron (qui l’emporterait encore facilement mais avec une marge plus réduite).
Bien entendu, ce n’est qu’un sondage (réalisé par l’Ifop pour le JDD), de ceux qui trottent dans la tête de responsables de médias qui manquent cruellement d’imagination et pensent faire un bon coup de promo (si cela les intéresse, il y a beaucoup de sujets de sondage beaucoup plus importants…).
Mais au-delà de cette récurrence à vouloir sans cesse refaire le match, ce résultat n’étonnera que ceux qui le veulent bien.
Si, historiquement, on trouve plutôt les haineux du côté de l’extrême-droite et les envieux du côté de l’extrême-gauche, on sait bien que les extrêmes, loin de se rejeter, s’attirent et que les ponts sont souvent encombrés de ceux qui passent d’un côté à l’autre.
De même, avec la montée des populismes démagogiques, les lignes de partage se sont un peu brouillées avec des haineux et des envieux qui dorénavant se mélangent de chaque côté des extrêmes.
Du coup, que des électeurs de Mélenchon préfèrent Le Pen à Macron est dans l’ordre des choses.
D’autant que s’il y a bien une chose qui réunit les extrémistes, c’est la haine des centristes, ces empêcheurs de la révolution (nationale ou populaire) qui prônent un humanisme qui réunit plutôt qu’une opposition radicale et haineuse.
N’oublions pas que tous les sondages sur le mouvement de foule des gilets jaunes ont montré que les deux groupes qui les soutenaient majoritairement étaient les sympathisants de la France insoumise et ceux du Rassemblement national.
CQFD.
C’est pourquoi, d’ailleurs, le Centre ne fait pas de distinction entre les extrêmes qu’il estime être, tant celui de gauche que celui de droite, comme des ennemis de la démocratie républicaine libérale, la seule à instituer une liberté que ces extrêmes détestent parce qu’elle n’est pas compatible avec leurs idéologies fermées et totalitaires dans leur essence.
Bien sûr, Staline n’était pas Hitler et Hitler n’était pas Staline mais, pour un défenseur des droits de l’humain, y avait-il vraiment un des deux régimes préférable à l’autre et dans lequel il aurait pu vivre plus en sécurité?!
Quant aux centristes, ils se battent contre l’un et l’autre, indistinctivement, parce qu’ils sont des humanistes.

Jean-François Borrou

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Tienanmen ou la mort de la démocratie universelle

1989 est cette année cruciale pour notre deuxième millénaire actuel où le monde a, tout à la fois, cru en la démocratie planétaire et vu ses espoirs en la liberté universelle se fourvoyer.
Parce que 1989, c’est à la fois la chute du mur de Berlin, le 9 novembre, mais aussi la terreur qui s’est abattue sur la place Tienanmen de Pékin quelques mois auparavant, dans la nuit du 3 au 4 juin, tuerie d’une barbarie inouïe dont nous fêtons le triste trentenaire aujourd’hui.
A l’espoir et à la joie de voir la libération des peuples à l’Est de l’Europe, nous avons également expérimenté, dans la même année, le désespoir et la douleur d’assister, impuissants aux massacres de ce peuple chinois qui voulaient seulement goûter à l’ivresse de cette liberté chérie qui soi-disant ne fait partie de «sa culture» (ce que tous les sondages sérieux, c'est-à-dire non-trafiqués par la pouvoir communiste, disent sans aucune contestation possible).
Mais même si la libération de l’Est de l’Europe de la chape de plomb soviétique continua – la chute du mur est postérieure aux chars de la honte –, c’est bien la révolution mondiale de la liberté qui s’est brisée ce 4 juin parce que les autocrates du PC chinois ont montré aux peuples encore sous le joug de dictatures que ce mouvement vers la liberté n’était pas inéluctable, ce qu’ont très bien compris très rapidement des régimes comme Cuba, l’Iran, la Syrie, le Vietnam, etc. et que comprennent très bien d’autres aujourd’hui comme la Russie, la Turquie, le Venezuela et toujours Cuba, l’Iran, la Syrie, le Vietnam…
Oui, Tienanmen n’est pas seulement l’écrasement du désir de la démocratie en Chine mais bien la pierre angulaire sur laquelle s’appuient tous les régimes autocratiques, dictatoriaux et totalitaires pour résister et empêcher leurs peuples de les chasser du pouvoir et d’installer des régimes démocratiques.
Sans parler des mouvements terroristes qui, eux aussi, ont trop bien retenus la «leçon Tienanmen» comme Daesh, par exemple, en expliquant, dans un bourrage de crâne aussi simpliste qu’efficace pour des personnalités fragiles et ignorantes, que la «démocratie occidentale» était le diable.
Or, non seulement ce n’est évidemment pas le cas mais, surtout, il ne s’agit pas d’un régime «occidental» mais d’une légitime demande de vivre libre par tout individu vivant sur notre terre.
La Chine est devenue aujourd’hui le modèle de la société totalitaire.
Intelligemment, le pouvoir «communiste» a su jouer profil bas depuis l’élection de Donald Trump, les provocations incessantes de personnages comme Poutine, Erdogan, Orban, Duterte, Assad ou encore Salvini (liste non exhaustive!), pour avancer son «agenda».
Comme Narendra Modi en Inde qui a met en place une société dominée par un nationalisme ethnique et religieux à l’ombre des frasques des mouvements populistes extrémistes, Xi Jinping travaille à l’élaboration d’une société policière de la surveillance des Chinois grâce aux instruments traditionnels de toute dictature mais aussi de toutes les avancées technologiques – sans parler de la présence d’une terrible et gigantesque administration–, qui permettent un fichage de toute une population, le visionnage de tous ses actes, physiques et intellectuels, dans la rue mais aussi chez chaque citoyen grâce à des caméras et des micros, avec un système abjecte de punition et de récompense.
Les «mauvais» citoyens, ceux qui, par exemple, ne traversent pas sur les passages piétons et dont on publie la photo sur des écrans géants de leurs quartiers avec leurs noms et leurs adresses, ne peuvent prétendre à un emploi ou un appartement, les «bons», ceux qui par exemple, dénoncent leurs «mauvais» voisins, peuvent plus facilement voyager et obtenir un crédit.
Sans même parler des prisonniers politiques qui croupissent dans des camps de «rééducation» qui n’ont rien à envier à ceux de la période maoïste (dont monsieur Xi est un admirateur) ou assignés à résidence et victimes sans cesse de brimades.
Oui, c’est cela la Chine du XXI° siècle.
Oui, la victoire du totalitarisme sur la liberté, il y a trente ans, place Tienanmen, voulue par Deng Xiaoping, a engendré une société de la surveillance, de la traque, de la délation et de la mise au pas systématiques, Cette société si redoutée au XX° siècle est en train de se mettre en place grâce aussi au silence assourdissant des dirigeants des  démocraties.
Et l’on se dit que si la révolte pacifique de Tienanmen avait réussie…
Mais on se dit aussi que la Chine, qui ne fait plus mystère de dominer le monde en devenant la première puissance mondiale, a vocation à exporter son «modèle» de société (qui intéresse déjà bien des pays en Asie et en Afrique).
C’est pourquoi, trente ans après, tout démocrate qui se respecte, doit être solidaire de tous les dissidents chinois actuels ainsi que tout aussi volontaire que les manifestants pacifiques de la place Tienanmen, afin d’empêcher les maîtres de Pékin de parvenir à leurs fins.
Oui, ce monde est en train de prendre un virage de plus en plus dangereux où les pires prédictions d’Orwell ou de Huxley ne sont plus des fantasmes mais souvent des réalités présentes ou en devenir.
Peut être que je vois un peu trop le verre à moitié vide.
Alors, vivement le 9 novembre pour célébrer la chute du mur de Berlin!
Tout en pensant à cette jeunesse écrasée sur le macadam face à la cité interdite, lieu d’un pouvoir qui massacra tant de gens aux cours de son histoire…


Propos centristes. Environnement dans la Constitution et à l’école; 7 attentats déjoués en 2019; acte II du quinquennat à commencé…

Voici une sélection, ce 3 juin 2019, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France et dans le monde.

► France
● Gouvernement
François de Rugy (ministre d’Etat de la Transition écologique et solidaire)
- La République française agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques» L’écologie sera inscrite à l’article 1er de notre Constitution aux côtés des autres principes fondamentaux de la République française
- En matière d’écologie, il ne faut pas seulement faire bouger l’État. Il faut que tout le monde participe. La Convention citoyenne pour le climat a été pratiquée en Irlande. Cela a permis de faire changer les choses
- Avec le score de Yannick Jadot aux élections européennes, les Français nous ont dit qu’ils voulaient que le Gouvernement fasse plus pour l’écologie. Je ne peux que m'en réjouir. Nous devons faire plus vite et aller plus loin.
- Si les Verts veulent être efficaces pour l'écologie ils ne peuvent pas rester tout seul dans leur coin
- Si on interdit tous les vols là où il y a un train qui met moins de 5h, ça veut dire qu'on ne peut plus utiliser l'avion en France.
- [Fin des moteurs thermiques pour 2040] C'est bien d'avoir une perspective.

JeanMichel Blanquer (ministre de l’éducation)
- Le 15 mars dernier, nous avons organisé des débats dans les lycées sur les questions d’environnement. Mercredi prochain, nous présenterons des mesures pour que l’environnement soit un enjeu de la vie quotidienne à l’école, au collège et au lycée.
- En juin 2017, certains doutaient de notre capacité à dédoubler les classes de CP en zones défavorisées. Or nous l’avons fait et 20% d’une classe d’âge bénéficieront de ce grand pas vers plus de justice sociale. Un des objectifs de notre politique d’éducation.

Laurent Nunez (secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur)
- Sept attentats ont été déjoués depuis le début de l'année. L'action de nos services est aussi le résultat des réformes structurelles portées dès le début du quinquennat par Emmanuel Macron pour mieux coordonner l'ensemble des acteurs de l'antiterrorisme.
- Avec Christophe Castaner, nous savons que les policiers sont plus exposés au suicide car ils sont confrontés à la détresse, à la violence de la société : c’est pour cette raison que nous avons mis en place un plan permettant d’améliorer la prise en charge et la détection.
- Le procureur de la République de Paris a salué le sang-froid des policiers et des gendarmes. Il a aussi rappelé que la République leur était reconnaissante. Le nombre d’enquêtes ouvertes est infime au regard de l’hyperviolence à laquelle nos forces ont été confrontées.

● LREM
Gilles Le Gendre (président du groupe à l’Assemblée nationale)
L'acte II du quinquennat a commencé, les députés LREM sont mobilisés pour accélérer la transformation du pays, avec deux priorités : développer l'emploi et mettre en place des protections réelles pour les Français les plus fragiles.

Hugues Renson (député)
- C’est parmi les Marcheurs du 15eme que j’ai annoncé ma candidature pour être le prochain Maire de Paris Les Marcheurs sont les garants de notre promesse originelle. Je leur devais C’est à leurs côtés que je me consacrerai à la construction de ce projet.
- La qualité de vie à Paris se dégrade, le prix de la vie, lui, explose.Et les solutions se perdent dans un enchevêtrement politico administratif incompréhensible. Je veux remettre les Parisiens au cœur de l’action, pour inventer avec eux des solutions efficaces de proximité. (…) La municipalité doit faire de la qualité de vie et du coût de la vie des obsessions.

Thierry Solère (député)
- La recomposition que Macron a engagé il y a 2 ans, certains croyaient que c'était un accident politique de l'histoire et en fait, c'est une recomposition profonde.
- Je crois que la suite pour Les républicains, c'est d'être les supplétifs de l'extrême droite.
- J'appelle aujourd'hui tous les maires à venir aider à la reconstruction du pays et à rejoindre la majorité présidentielle.

Nathalie Loiseau (députée européenne)
Avec Renaissance, les Français ont choisi une alliance de partis pro-européens pour porter une ambition française en Europe. D’autres se sont préoccupés exclusivement de la survie de la droite et du rassemblement de la gauche. Ça n’intéresse pas les Français.

► Union européenne
● Allemagne
Christian Lindner (FDP, président)
[Démission de la présidente des sociauxdémocrates] J'ai du respect pour AndreaNahles du SPD. Elle est une politicienne honnête et compétente. La manière dont a été traitée Nahles devrait faire réfléchir tout le monde sur la politique et les médias ... Sa démission ne répond pas aux questions du SPD, mais ne nous apporte qu'un gouvernement instable.

● Espagne
Melisa Rodriguez (Ciudadanos, députée, porteparole adjointe au Parlement))
- Nous ne pensons pas que la formule tripartite soit la plus appropriée pour le moment. Nous voulons des gouvernements de coalition et notre partenaire prioritaire est le PP.
- Nous étudierons les cas en tenant compte de la défense de notre pays et de la Constitution. Nous ne discuterons avec le PSOE que s’il ya un dissident de Sánchez [Premier ministre espagnol].
- Tout le monde sait que le PSOE a un accord avec Podemos pour gouverner l’Espagne et qu’il aura le soutien des indépendantistes.

Daniel Pérez Calvo (Ciudadanos, candidat à la présidence de la région d’Aragon)
Cohérence, responsabilité et vision de l’État, au-dessus des intérêts particuliers. Nous serons dans les gouvernements [régionaux] ou dans l'opposition; mais il est pratiquement impossible d’être d’accord avec ceux qui ouvrent la voie à ceux qui veulent briser l’Espagne morceau par morceau.

● Italie
Nicola Zingaretti (Partio democratico, secrétaire général)
- L’objectif du Parti démocrate est de construire une alternative pour représenter l’Italie qui souffre et qui a besoin de réponses.
- On ne sait pas s'il y aura une crise parlementaire, mais en réalité une crise politique existe déjà, étant donné que l'exécutif est en contradiction.

● Royaume Uni
Liberal democrats
- Il n'y a aucune raison pour que Donald Trump ait eu droit à une visite d'État complète. Les libéraux démocrates estiment que la Grande-Bretagne est meilleure que la politique haineuse et qui divise de Trump. Rejoignez notre manifestation ce mardi à Londres.
- Alors que les Conservateurs sont prêts à remplacer Theresa May par un dur «brexiter», il est plus important que jamais que les «remainers» fassent entendre leur voix.

► Monde
● Etats-Unis
Parti démocrate
Ces projets de loi extrêmes contre l’avortement sont le dernier exemple de la façon dont le programme de Trump a encouragé les législateurs à interdire l’accès aux soins de santé protégés par la Constitution.

Kamala Harris (Parti démocrate, sénatrice de Californie, candidate à la primaire de la présidentielle de 2020)
- Au lieu d’obliger les femmes à prouver qu’elles gagnent moins que les hommes qui font le même travail, il incombe aux entreprises de prouver qu’elles paient tout le monde de la même manière. Et s'ils ne le font pas, ils seront condamnés à une amende.
- Les revenus des locataires n’ont augmenté que de 5% depuis 1960, tandis que les loyers ont augmenté de 61%. L'augmentation des prix du loyer est scandaleuse. Ma loi Rent Relief permettrait d'alléger ce fardeau accablant et d'augmenter les revenus des familles de travailleurs jusqu'à 500 dollars par mois.
- Rappelez-vous quand Trump a prétendu qu'il protégerait les soins de santé, puis s'est retourné et a essayé de supprimer les soins de santé de millions de familles? Nous avons besoin d'un nouveau président.

Joe Kennedy III (parti démocrate, représentant du Massachussetts)
Qu'il s'agisse de truquer le recensement, de redécouper frauduleusement les circonscriptions du Congrès ou de voler des sièges à la Cour suprême, le Parti républicain d'aujourd'hui ne recule devant rien pour consolider son pouvoir aux dépens des Américains pour lesquels il a été élu.

Hillary Clinton (Parti démocrate, ancienne secrétaire d’Etat)
Je suis dégoûté par le refus des législateurs de dire que cet équipement [le fusil d’assaut] doit être réglementé. Nous n’avons plus besoin de preuves que des vies sont en jeu, et 12 autres personnes ont tout simplement payé le prix fort pour leur inaction continue.