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dimanche 23 novembre 2025

La Quotidienne centriste du 23 novembre 2025. Et si on s’occupait vraiment des temps de l’enfant


Vient donc de sortir le rapport de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant.

Et les participants de celle-ci émettent des propositions pour un aménagement nécessaire de ces temps après un constat sur l’inadaptation actuel de ceux-ci.

Dire par exemple, que le temps scolaire n’est pas organisé pour le bien-être maximum de l’enfant est une réalité.

Proposer la création d’un grand ministère de l’enfance qui regrouperait tout ce qui concerne cet âge de la vie est une demande de bon sens.

Et l’on pourrait dire la même chose des autres constatations et des solutions à mettre en place.

Le problème est que tout ce qui est dans ce rapport est su depuis des décennies!

Et que, malgré les démarches des professionnels de l’enfance, des enseignants aux médecins en passant par les chercheurs et autres sociologues ainsi que des doléances des parents, rien ne bouge ou presque.

Oui, ce rapport aurait pu être fait à l’identique il y a quarante, trente ou vingt ans.

Ce qui manque, c’est la volonté politique de vraiment s’occuper du problème dont les mesures à prendre pour le résoudre sont transversales et nécessitent un changement radical dans l’organisation de la société.

Il faut aussi s’attaquer à des lobbies dont le poids est le plus souvent bien plus grand que celui du bien-être de l’enfant.

Alors, saluons tout de même ce rapport et souhaitons que, cette fois-ci, ce qu’il préconise sera réellement implémenté.

Mais le doute de l’existence d’une ambition et d’un courage politiques à la hauteur de l’enjeu afin d’imposer ces propositions sont là sachant que tous les nombreux rapports sur le sujet ont rejoint ces fameux et désespérants rayonnages de la défaillance des pouvoirs publics.

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour] 

 

 


Vues du Centre. C’est quoi le deal entre Trump et Poutine ?

Par Aris de Hesselin et Alexandre Vatimbella


Le nouveau plan de paix de Trump serait en fait celui de Poutine…

C’est en tout cas ce qu’ont prétendu des sénateurs républicains expliquant que le document avait été envoyé par les Russes au secrétaire d’Etat Marco Rubio et que celui-ci le leur avait été transmis.

Ils ont ajouté que ce plan ne reflétait pas leur point de vue sur la question, un des sénateurs estimant même que son contenu était similaire à l’accord de Munich qu’Hitler fit signer en 1938 aux représentants du Royaume-Uni et de la France et qui conduisit tout droit à la Deuxième guerre mondiale…

Mais Rubio puis la Maison blanche puis, enfin, Trump ont contredit leurs propres sénateurs en expliquant que c’était un plan des Etats-Unis.

Cependant, son contenu ressemble fort aux desideratas de Poutine.

Voilà qui semble confirmer une nouvelle fois que ce que veut Poutine, Trump est prêt à l’imposer à Zelensky.

Le président américain a d’ailleurs menacé le président ukrainien si celui rejetait «son» plan tout en le blâmant – faussement – de ne pas l’avoir remercié pour ses efforts en faveur de la paix!

Tout cela ressemble à une mauvaise comédie de boulevard où deux escrocs, Trump et Poutine, essaie d’enfumer un honnête homme, Zelensky, pour se partager son magot.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, faire en sorte que l’Ukraine capitule en faveur de Poutine ce qui permettra à Trump de pouvoir faire des affaires juteuses avec ce dernier.

C’est bien un deal entre deux malfrats.

Et il est basé sur un pacte de corruption qui ne date pas de l’agression de Poutine contre l’Ukraine mais des aides financières fournies par le dictateur du Kremlin à celui qui n’était alors qu’un promoteur newyorkais proche de la faillite et ce, avec l’aide de la mafia russe, des faits parfaitement documentés.

Peut-être se surajoute à cela des documents compromettants que possèderait Poutine sur Trump comme le suggère un mail du frère du délinquant sexuel et ami de l’extrémiste populiste de la Maison blanche, Jeffrey Epstein, récemment publié par les médias américains.

Néanmoins, comment expliquer les allers-retours de Trump où il s’en est pris successivement à Poutine et Zelensky?

Au-delà d’avancer sans dévoiler ses liens avec Poutine, le président américain est connu pour sa versatilité et pour être influencé par le dernier qui lui parle.

De même, son hubris et sa mégalomanie démesurée produisent sans cesse des accès d’autoritarisme où il s’en prend à tous ceux qui ne font pas ses quatre volontés.

Reste que sur le fond, sa position n’a pas changé ce que confirme ce plan qu’il l’ait écrit ou qu’il soit de la main de Poutine.

D’ailleurs, peu importe qui en est l’auteur puisqu’il est issu d’un deal entre les deux hommes.

 

[Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste. 
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. 
Alexandre Vatimbella est directeur du CREC]

 

 


Chronique centriste. Borloo se prépare pour 2027 en dressant un tableau apocalyptique et populiste de la France


Jean-Louis Borloo a donc décidé de revenir en politique et il va de studios de radio en plateaux de télévision pour porter sa bonne parole.

Cette bonne parole est de faire un constat particulièrement effrayant et anxiogène de la situation de la France, «un pays où rien ne fonctionne» et «où rien ne va» afin de proposer évidemment sa solution miracle puisqu’il a même affirmé sur BFMTV que l’on pouvait faire un changement radical en six mois!

Il serait donc une sorte de messie de la politique avec quelques miracles à la clé car tous ceux qui sont en charge de la France ont échoué depuis qu’évidemment, il ne fait plus partie du gouvernement…

Une de ses recettes c’est de créer des «provinces» et de supprimer les départements et les régions pour éliminer des strates administratives…

Une autre est d’avoir une vision ultra-libérale du rôle de l’Etat, renvoyant aux plus extrêmes conceptions de l’Etat minimum qui ne doit plus se charger que de la sécurité intérieur et extérieur ainsi que de la diplomatie.

Tout le reste va au secteur privé ou aux «provinces» qui auront des pouvoirs qui ressemblent aux Landers allemands ou aux Etats étasuniens qui, selon Borloo, sont plus capables de déterminer les besoins de la population qu’une administration centrale.

En outre, il porte désormais un discours anti-européen et préfère s’occuper de l’Afrique plutôt que de l’Ukraine…

Le problème, selon lui, c’est que tout va mal et que toute mesure est critiquable sauf celles qu’il propose, bien sûr.

Au-delà d’une révolution qui semble impossible à faire en six mois, ce discours aux relents populistes va dans le sens de ce que disent les extrêmes.

Avec cette antienne bien connue, «c’était mieux avant» -- entre autres quand il était aux affaires – qui est celle des conservateurs nostalgiques.

Même si les constats ne sont pas tous faux, les solutions sont, soit éloignées de la réalité politique, soit des promesses qui n’ont aucune chance d’être implémentées en quelques semaines ou en quelques années, voire pas du tout.

Jean-Louis Borloo surfe donc sur le mécontentement ambiant, ce qui ne fait pas une politique responsable et efficace, ni réalisable.

Il profite de sa cote de popularité dans les sondages, due en grande partie à son éloignement des affaires depuis plusieurs années qui lui a redonné une virginité bien connue.

Par ailleurs, à part une UDI moribonde qu’il avait créé puis quitté avec fracas en critiquant ses membres et qui semble soutenir son retour, il n’a guère de troupes pour aller à l’assaut de l’Elysée puisque c’est bien de cela qu’il s’agit.

Enfin, se pose la question de savoir où il se situe sur l’échiquier politique.

Sans doute pas au Centre.

Nicolas Levé