vendredi 30 septembre 2016

Une Semaine en Centrisme. Les centristes sont-ils des progressistes et Macron un centriste?

Macron, Bayrou, Lagarde, Morin, tous progressistes, tous centristes?
Il faut se méfier des étiquettes.
Quand Emmanuel Macron estime que le réel clivage aujourd’hui en politique est entre les progressistes et les conservateurs et non plus dans l’ancienne confrontation entre la Gauche et la Droite, il dit vrai tout en caricaturant à l’extrême le débat des idées dans cette opposition simple voire simpliste.
D’abord parce qu’il faut s’entendre sur les termes employés (nous ne parlerons pas ici du courant conservateur anglo-saxon structuré autour de la théorie d’Edmund Burke, voire David Hume, support des Tories en Grande Bretagne).
Si être progressiste c’est vouloir que les choses aillent de l’avant et qu’être conservateur c’est vouloir qu’elles restent en l’état ou qu’elles retournent parfois en arrière, on ne peut pas dire que cette distinction apporte beaucoup de clarté.
En effet, peu de politiques font de l’immobilisme leur profession de foi et veulent que rien ne bouge même ceux qui se disent conservateurs.
Ils veulent aller de l’avant mais pour défendre des thèses et mettre en place des mesures qui confortent une vision d’une société qui doit demeurer ancrée sur ses fondamentaux qu’ils ont définis comme intangibles et qui sont différents d’un conservatisme à l’autre.
Quant aux progressistes, tout dépend ce qu’ils appellent aller de l’avant.
Est-ce améliorer l’existant ou le transformer radicalement, réformer ou révolutionner et qu’est-ce qu’il faut changer ou pas?
Si l’on en reste à cette distinction assez large entre progressistes et conservateurs qu’emploie généralement Macron, alors on peut dire que tout le monde est à la fois progressiste et conservateur.
Un exemple: les centristes sont des réformistes et à ce titre ils veulent dans une sorte de mouvement perpétuel améliorer une démocratie républicaine pour qu’elle remplisse correctement son rôle auprès des citoyens.
Dans ce réformisme, ils souhaitent ajuster constamment la société à son temps pour la rendre meilleure mais ne sont pas pour céder à tous les effets de mode qui pourraient remettre en cause les valeurs et les principes humanistes sur lesquels cette démocratie républicaine se fonde.
Dès lors, leur réformisme est bien un progressisme qui s’appuie sur la volonté de conserver un système politique considéré comme le meilleur possible.
Maintenant, si le progressisme c’est «être de son temps», c’est-à-dire être dans l’action émancipatrice de toutes les lourdeurs du passé et lutter contre tous les «conservatismes», c’est-à-dire tous les blocages politiques, économiques et sociétaux qui empêchent la modernisation indispensable de la société, alors, dans ce cas, Macron a raison d’opposer les deux attitudes et les centristes sont bien des progressistes et pas des conservateurs.
Un exemple: pour permettre à la société française de s’adapter au monde qui l’entoure, il faut des mesures de libéralisation en matière de travail, non pas parce que cela colle à l’ère du temps, ni parce que cela fait apparaître dynamique ou à la remorque d’une «mondialisation des financiers» mais parce que cela est absolument nécessaire si l’on veut lutter contre le chômage et retrouver de la croissance.
Ici, les conservatismes, ce sont toutes les situations acquises et qui n’ont plus lieu d’être dont la plupart, en plus, créent des inégalités injustifiables.
De même, le mouvement d’émancipation des femmes et celui de certaines communautés qui étaient discriminées sans oublier une montée en puissance – pas assez vigoureuse malgré tout – des droits des enfants, sont progressistes car ils se justifient par une recherche de liberté et d’égalité dans la sécurité qui sont bien les promesses de la démocratie face à de vieux réflexes qui veulent conserver une situation qui n’a aucune légitimité autre que de se perpétuer au profit de quelques uns et d’une vision rétrograde de la société.
En revanche, les lignes de partage entre progressisme et conservatisme ne sont pas toujours aussi claires et les luttes de lobbies peuvent brouiller totalement les cartes.
Dans le débat autour du mariage pour tous, interdire le mariage des homosexuels est une position conservatrice qui s’appuie, en plus, sur une vision idéologique de la société et non sur une soi-disant «nature» qui serait bafouée.
En revanche, le débat sur l’adoption d’enfants par les coupes homosexuels qui était sous-tendu par celui du mariage homosexuel posait une tout autre question qui ne se résumait pas à ce que les «progressistes» soit pour et les «conservateurs» soit contre.
En l’occurrence, bien des progressistes étaient contre ou, à tout le moins, très enclins à demander de conserver la situation tant que l’on n’avait pas démontré que cette adoption n’allait pas à l’encontre du bien être de l’enfant et n’ouvrait pas la porte à des pratiques encore plus discutables.
Et ceux qui se paraient du progrès positif contre l’affreuse conservation réactionnaire n’étaient souvent que des membres de lobbies qui luttaient pour leur propre cause, voire seulement leur propre idéologie sans se préoccuper le moins de monde des droits et du bien être des enfants.
Pour en revenir à Macron et aux centristes qui semblent partager ensemble une vision du progrès, en tout cas qui refusent d’être des conservateurs, c’est-à-dire ceux qui ne veulent pas réformer la société pour améliorer le sort de ses membres, ce n’est évidemment pas le «ni gauche, ni droite» ou le «et gauche, et droite» qui doivent être les devises de leur action.
Si le leader d’En marche, au lieu de voir dans le Centre un rendez-vous de modérés, se penchait sur le Centrisme, il verrait que cette pensée politique est basée sur l’humanisme et qu’elle défend des valeurs et des principes sur lesquels s’appuie un progressisme positif par la réforme.
Il verrait également que la notion fondamentale de cet humanisme est le juste équilibre, c’est-à-dire, pour la question qui nous occupe ici, qu’il ne sacrifie pas ce que nous avons construit de bien et de fort à des volontés gesticulatrices de changer pour changer.
Dès lors, lorsque dans un entretien au magazine Marianne il déclare que «l'objectif d'En marche est de réunir des gens venant de la gauche ou de la droite et qui ne se satisfont pas de leur engagement actuel, et des personnes sans engagement politique issues de la société civile», cette affirmation est une coquille vide qui ressemble à une sorte d’union nationale ad minima comme peut la défendre parfois François Bayrou.
En réalité, mais il ne veut ou ne peut pas le dire parce que cela rétrécirait aujourd’hui son espace politique, c’est que son projet est centriste, issu essentiellement du Centrisme qu’il ne faut évidemment pas confondre avec les pratiques des partis ou les hommes et les femmes politiques qui se disent centristes et qui sont souvent éloignées de l’idée du Centre quand ils ne sont pas de simples opportunistes.
Un Centrisme qui, bien évidemment, serait capable d’attirer à lui toute une frange d’une population qui en est proche mais qui demeure encore positionnée sur ce clivage réducteur gauche-droite ainsi que des modérés de droite et de gauche.
Toujours dans Marianne, Emmanuel Macron liste les «cinq grands défis (qui) nous sont posés»: «la transformation de notre modèle productif qui nous fait passer d'une économie de rattrapage en crise à une économie de la connaissance et de l'innovation intégrant les transitions numériques et environnementales; la question des inégalités qui fracturent l'ensemble des sociétés occidentales et émergentes; notre rapport à la mondialisation; la construction d'une souveraineté européenne; la définition d'une société ouverte dans un monde incertain et donc l'articulation entre liberté individuelle et sécurité».
Mais, monsieur Macron, ce ne sont pas des «grands défis (qui) fracturent profondément la gauche et la droite», ce sont des défis centristes...

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC


mercredi 28 septembre 2016

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Faut-il désespérer de la démocratie?

A l’image de son année de campagne, Donald Trump, lors du débat qui l’a opposé à Hillary Clinton, lundi, a menti une cinquantaine de fois, a coupé la parole de son adversaire de manière intempestive une vingtaine de fois, l’a attaquée personnellement sans relâche et n’a pas été capable de se montrer présidentiable tout en présentant ses propositions de manière brouillonne.
Après le débat, il a fait ce qu’il fait d’habitude en se déclarant vainqueur puis, lorsque l’entière médiasphère a dit le contraire, il a accusé le micro (pour les bruits de sa respiration), le modérateur, les journalistes, sa «gentillesse» envers Clinton d’être responsable de sa mauvaise prestation avant de promettre qu’il serait plus méchant pour le deuxième rendez-vous avec la candidate démocrate.
Le plus incompréhensible et le plus inquiétant, ce n’est pas son comportement d’égocentrique narcissique utilisant le mensonge et l’insulte comme principales armes politiques.
Non, c’est que cette contre-performance comme toutes ses bourdes, ses âneries, ses insultes, ses mensonges et ses bêtises, ne l’ont pas déjà disqualifié et depuis longtemps dans la course à la présidence selon les sondages.
D’où cette question que l’on doit désormais se poser: faut-il désespérer de la démocratie?
Elle n’est pas nouvelle, bien sûr.
Dès son instauration aux Etats-Unis puis en France au XVIII° siècle, l’interrogation était de mise et pas seulement chez ses adversaires.
On pouvait évidemment se la poser lorsqu’Hitler est arrivé au pouvoir grâce aux institutions démocratiques.
On pouvait encore plus se la poser à la fin de la Deuxième guerre mondiale lorsque l’on a découvert les horreurs des crimes nazis.
Et nombre de dirigeants totalitaires ou autoritaires qui ont conquis le pouvoir ces dernies temps, comme Chavez ou Poutine ont également conquis le pouvoir dans les urnes.
Le premier a ruiné son pays où l’on ne mange plus à sa fin et où la malaria est de retour.
Quant au deuxième, il est un danger pour la paix dans le monde, n’ayant pas hésité, comme vient de le confirmer une commission d’enquête, à abattre un avion de ligne au-dessus de l’Ukraine en juillet 2014 et à tuer sans discernement hommes, femmes et enfants dans les bombardements en Syrie et même les convois humanitaires de l’ONU.
Et les pleurs sincères de millions de Soviétiques et de Chinois lors de la mort de Staline et de Mao, deux des trois plus gros bouchers du XX° siècle avec Hitler, interpellent tous les démocrates, dont les centristes, qui pensent qu’il faut malgré tout faire confiance au peuple.
Avec Churchill, ils se disent, avec raison, que c’est le moins mauvais système pour gouverner les humains.
Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il faut demeurer les bras croisés en attendant que les dérives de la démocratie la détruisent de l’intérieur.
Car, contrairement à ce que disent les démagogues et les populistes avant d’arriver au pouvoir avant de s’attaquer aux libertés et de trafiquer les élections pour s’y maintenir, le peuple n’a pas toujours raison.
Il lui arrive de se tromper comme lorsqu’il a élu Hitler, comme lorsqu’il a élu Poutine, comme lorsqu’il risque d’élire Trump ou Le Pen, porter au pouvoir l’AfD en Allemagne ou l’UKIP en Grande Bretagne.
Donc, à la question, certains attendent le résultat du scrutin le 8 novembre pour répondre par l’affirmative.
Si Trump est battu, même d’une courte tête, ils pousseront un ouf de soulagement et clameront partout que la démocratie est plus forte que les populistes démagogues et que le peuple, dans son infinie sagesse, a su faire le bon choix.
Un peu comme nous avons réagi en France en 2002 lorsque Jacques Chirac a écrasé Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle.
Sauf que, depuis, le Front national a remporté les élections européennes et régionales (même si l’UMP a revendiqué la victoire qu’elle n’a pu obtenir qu’avec l’appui des centristes).
Sauf que Marine Le Pen est, pour l’instant et selon les sondages, à coup sûr au deuxième tour.
Faudra-t-il, pour vraiment se réveiller et lutter contre cette gangrène de la démocratie que sont des démagogues et ces mouvements populistes que Trump l’emporte puis que, six mois plus tard, ce soit Marine Le Pen?!
Le problème n’est pas l’idée de démocratie républicaine libérale qui est en cause mais bien son application.
C’est cette dernière qu’il faut repenser avec la mise en œuvre de mesures pour que le peuple, cette base sur laquelle s’appuie l’idée de démocratie, soit en capacité de choisir en toute connaissance de cause et de manière responsable ses dirigeants et non pas des bateleurs d’estrade prêts à tout pour s’emparer du pouvoir à leur profit ou leurs fantasmes dangereux.
Cela passe par le savoir, c’est-à-dire l’instruction et l’information.
Force est de constater un certain échec du côté de la première et une grande irresponsabilité du côté de la seconde.
Mais cela passe également par le respect des uns envers des autres et de la société envers ses membres.
Sans oublier un personnel politique à la hauteur des enjeux.
Peut-être que c’est demander trop et que l’humain étant ce qu’il est, la démocratie républicaine est vouée à être un système systématiquement en danger, survivant grâce à une alchimie miraculeuse dont l’équilibre peut se rompre à tout moment.
Reste que le désespoir ne peut être de mise lorsque l’on regarde autour de soi, dans le monde entier, et que l’on voit tant de gens se battre et mourir pour la liberté que seule la démocratie peut leur offrir.



mardi 27 septembre 2016

Actualités du Centre. Grande-Bretagne - Vers renaissance du Centre sur fond de radicalisation de la Droite et de la Gauche?

Tim Farron, leader des Lib dems
Le Brexit avec la victoire des thèses de l’UKIP (extrême-droite), la radicalisation des tories (conservateurs) sous la houlette de Theresa May et de Boris Johnson et celle des travaillistes (socialistes) avec la nouvelle victoire du gauchiste Jeremy Corbyn à la présidence du parti contre la volonté de la majorité des élus du parti, sont autant de bonnes nouvelles pour les Libéraux démocrates (Lib dems, centristes).
Ceux-ci ont connu une terrible déculottée lors des dernières élections législatives (passant de 57 sièges à 8 à la Chambre des députés) après avoir perdu leur crédibilité lors de leur alliance avec les conservateurs dans le gouvernement de David Cameron entre 2010 et 2015, alors qu’ils se réclamaient du centre-gauche et où leur influence fut proche de zéro, obligés d’avaler de nombreuses couleuvres qui ont été sanctionnées durement par ses électeurs extrêmement déçus.
Car voilà que s’ouvre à eux grand espace central où ils peuvent être en mesure de récupérer les pro-européens et nombre de modérés du centre-droit déçus par les tories ainsi que tous les modérés du centre-gauche dépités par le tournant gauche-gauche des travaillistes.
Seront-ils capables d’y parvenir est une autre histoire.
C’est en tout cas ce à quoi veulent s’atteler les leaders centristes, de l’ancien président Nick Clegg (qui démissionna après le désastre électoral) au nouveau, Tim Farron en passant par Paddy Ashdown, réunis récemment pour une convention de leur parti à Brighton.
Un des signes encourageant est le nombre de nouveaux militants, 19.000, depuis le vote de sortie de l’Union européenne, qui permet au parti de compter désormais 80.000 adhérents.
Pour Nick Clegg, cité par Politico, «Notre tâche est maintenant de redécouvrir l'ardeur des insurgés, d'un parti de la réforme. Tim Farron est idéalement placé pour réaffirmer l'identité des Libéraux démocrates comme un parti d’inlassables réformateurs radicaux. Mais nous ne récolterons évidemment pas les dividendes immédiatement.»
Et d’ajouter avec optimisme: «Nous allons connaître beaucoup de hauts et de bas. Mais je peux facilement prévoir que les Démocrates Libéraux, lors de la décennie qui vient, seront d’une manière ou d’une autre de retour au pouvoir.»
En écho, le commentateur politique Andrew Rawnsley a écrit dans les colonnes du Guardian: «Le Centrisme libéral a prospéré parce qu’il était séduisant pour une partie importante d’électeurs. Ils ont aimé les gouvernements qui ont semblé modérés, ont agi pragmatiquement et n'étaient pas trop encombrés par l'idéologie. Beaucoup d'électeurs le veulent toujours. Lorsqu’on lui demande de se placer sur le paysage politique, presque la moitié de l'électorat s’auto-identifie toujours avec le Centre. Le centre n'est pas mort. Il est hébété et confus. Il a besoin d'idées fraîches et de façons plus engageantes de s'exprimer. Il récupérera sa voix un jour.»



Présidentielle USA 2016. La centriste Clinton remporte le premier débat

Selon les experts mais aussi les sondages instantanés (62% contre 27% pour celui de CNN) ainsi que les places boursières de la planète qui sont en hausse, Hillary Clinton a remporté face à Donald Trump le premier débat télévisé de la campagne présidentielle.
Bien entendu, reste à savoir si cela se traduira d’une manière quelconque dans les sondages puis lors du scrutin alors même que l’on sait qu’aucun débat n’a jamais fait l’élection à part peut-être le premier opposant John Kennedy à Richard Nixon même s’il est désormais de notoriété publique que le premier nommé l’a emporté de justesse grâce au bourrage des urnes dans quelques endroits stratégiques par les amis de son père, la mafia…
Quant au débat entre Jimmy Carter et Ronald Reagan auquel on attribue également la victoire de l’ancien acteur d’Hollywood, c’est oublier le pessimisme ambiant qui régnait alors dans le pays et la crise des otages américains en Iran, sans oublier l’opposition frontale d’Edward Kennedy contre le président sortant issu de son propre camp, qui sont les vrais responsables d’un retournement de situation à la fin d’une campagne dominée jusqu’alors par le démocrate.
Pour en revenir au débat Clinton-Trump, le populiste démagogue a été à la hauteur de sa triste réputation avec une attitude très agressive vis-à-vis de son adversaire et une litanie de mensonges éhontés ainsi que de méconnaissances et de contre-vérités de ce qui se passe dans le monde qui ont fait dire à la candidate démocrate qu’il «vivait dans sa propre réalité» fait d’inventions et de fantasmes.
Pendant que le républicain s’enfonçait dans des propos qui ont fait le bonheur de tous les «fact checkers» («chercheurs de vérité» qui épluchent les dires des candidats en temps réel) mobilisés pour l’occasion – notamment sa soi-disant opposition à la guerre en Irak alors qu’il disait le contraire dans les médias à l’époque ou l’assertion selon laquelle Clinton serait responsable de la rumeur voulant qu’Obama ne soit pas américain –, Hillary Clinton a développé son programme, répondu aux mensonges de Trump et rit à ses attaques et ses insultes.
En un mot, elle est apparue «présidentielle» alors que cela n’a pas été le cas pour le candidat républicain souvent sur la défensive, notamment quand elle l’a accusé de sexisme, de racisme et de ne pas vouloir publier sa feuille d’impôt pour cacher les informations gênantes qu’elle contient.
Deux autres débats doivent avoir lieu avant le 8 novembre ainsi qu’un débat entre les deux colistiers des candidats (Tim Kaine pour Clinton et Mike Pence pour Trump).

Sondages des sondages au 27 septembre 2016
Clinton en tête

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
46,5%
44,4%
Clinton 2,1
Five Thirty Eight (1)
41,8 %
41,4%
Clinton 0,4
Huffington Post
47,7%
43,7%
Clinton 4,0
New York Times
45,0%
42,0%
Clinton 3,0
Polltracker TPM
47,7%
45,3%
Clinton 2,4
Pure Polling
44,7%
42,8%
Clinton 1,9
Real Clear Politics
45,9%
43,8%
Clinton 2,1
270 to win (1) (2)
46,0%
42,7%
Clinton 3,3
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC




Présidentielle USA 2016

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lundi 26 septembre 2016

Présidentielle 2017. Comme Bayrou en 2007, Macron devrait être le troisième homme de la présidentielle 2017

Les sondages se suivent et se ressemblent.
Voilà que la sixième vague de l’enquête électorale baptisée «Comprendre 2017» lancée par le Cevipof (centre d’étude politique de Sciences po Paris) en association avec IPSOS et Le Monde constate la montée en puissance d’Emmanuel Macron pour la prochaine présidentielle.
Le leader d’En marche et ancien ministre de l’Economie de François Hollande consolide ainsi, sondages après sondages, sa troisième place et peut même espérer ravir la seconde au cas où il serait opposé à Nicolas Sarkozy comme candidat LR (14% contre 18%).
De même, dans l’espace au centre de la vie politique, il continue à dominer François Bayrou (14% contre 9%).
Un François Bayrou qui est directement impact par la présence de Macron puisque 24% des sondés qui choisiraient le président du MoDem au cas où le leader d’En marche ne participerait pas à la présidentielle se reporterait sur lui et quitteraient le centriste.
Macron lui prend 3% d’intentions de vote directement à Bayrou puisque sans lui, ce dernier est à 12%.
Emmanuel Macron n’a pas encore annoncé sa candidature mais ses proches pensent savoir que cela devrait être fait avant le 15 novembre.
(Sondage IPSOS réalisé du 9 au 18 septembre 2016 par internet auprès d’un échantillon de 18659 personnes de plus de 18 ans, représentatif de la population française / méthode des quotas / marge d’erreur de 3 points)

Alexandre Vatimbella



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Présidentielle 2017. Sondage: Juppé remporte la primaire LR grâce aux seuls centristes

Selon la sixième vague de l’enquête électorale baptisée «Comprendre 2017» lancée par le Cevipof (centre d’étude politique de Sciences po Paris) en association avec IPSOS et Le Monde, la primaire de la LR devrait être remportée par Alain Juppé avec 56% des voix contre 44% à Nicolas Sarkozy essentiellement grâce aux voix des sympathisants des partis centristes (MoDem et UDI).
Au premier, l’ancien président de la république revient fort au premier tour puisqu’il talonne désormais l’ancien premier ministre (35% pour Sarkozy contre 37% pour Juppé).
Pour ce scrutin, 8% des sympathisants du MoDem (+1) et 14% de l’UDI (+1) se disent certains d’y aller voter.
Même s’ils ne représenteront que 12% des votants (6% MoDem, 6% UDI), on voit bien qu’ils permettront à Alain Juppé d’être en tête au premier tour puisque 67% d’entre eux le choisissent contre 18% à Bruno Le Maire, 7% à François Fillon et 3% à Nicolas Sarkozy qui perd six points de centristes par rapport à la cinquième vague de l’enquête réalisée en juin, c’est-à-dire avant qu’il n’annonce sa candidature qui a donc eu un effet repoussoir pour une partie de ces électeurs qui comptaient voter pour lui.
Surtout, et c’est une nouveauté qui risque de faire du bruit dans le partir de droite, au second tour, Juppé obtiendrait 100% des votes des sympathisants MoDem et 90% des votes de ceux de l’UDI, c’est-à-dire 95% des votes centristes.
Si l’on se rappelle que ceux-ci comptent pour 12% du total et qu’Alain Juppé l’emporterait avec une marge de 12% face à Nicolas Sarkozy, les électeurs centristes apportent au maire de Bordeaux 11,4 points sur les 12 qui font la différence avec Sarkozy.
Ce sont donc eux qui permettent à Juppé d’être le candidat LR.
Si ces chiffres se confirment et que le maire de Bordeaux l’emporte, on peut être sûr que les partis centristes réclameront leur dû.
On voit bien, dès lors, le risque pour Juppé dans cette campagne de la primaire où il va être accusé, chiffres à l’appui, d’être le candidat du Centre, ce qui troublera certainement une partie de l’électorat de Droite et plus particulièrement celui de LR.
Cette mobilisation centriste derrière sa candidature est peut-être un cadeau empoisonné…
A noter que seuls 1% des sympathisants de droite et du Centre indiquent leur intention d'aller voter à la primaire de la Gauche (où ils représenteraient 10% du corps électoral) mais le sondage ne donne pas d'indications plus précises sur ces électeurs.
(Sondage IPSOS réalisé du 9 au 18 septembre 2016 par internet auprès d’un échantillon de 18659 personnes dont 1216 certaines d’aller voter à la primaire de la Droite et 1017 certaines d’aller voter à la primaire de la Gauche, âgées de plus de 18 ans et représentatives de la population française / méthode des quotas / marge d’erreur de 3 points)

Alexandre Vatimbella



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Présidentielle USA 2016. La véritable différence de Trump: sa dangerosité

Homme d’une grande vulgarité et menteur pathologique, Donald Trump a promis tout et n’importe quoi aux Américains, des promesses qui, selon tous les experts, risquent de mettre le pays à terre si on les mettait en œuvre concrètement.
Pourtant, alors que le premier débat entre la centriste Clinton et lui se tient aujourd’hui (demain matin en France), ce n’est pas son programme que l’on doit le plus craindre.
Car Trump a fait tellement de promesses, dont beaucoup sont contradictoires entre elles, qu’il ne sait sans doute pas lui-même celles qu’il tiendra si tant est qu’il en tienne, son but en les ayant faites était de se faire élire coûte que coûte…
Non, c’est sa dangerosité, à la fois directe et indirecte qui est le véritable risque pour les Etats-Unis et le reste du monde.
Sa dangerosité directe, c’est son comportement erratique et l’inconnu de ce qu’il pourrait faire de manière impulsive, lui qui s’est enquis à plusieurs reprises de savoir pourquoi il ne pourrait pas employer l’arme atomique.
C’est notamment le cas en matière de politique étrangère avec ses déclarations contre les pays européens alliés des Etats-Unis dans l’OTAN alors qu’il n’a pas cessé de faire de compliments à Vladimir Poutine ainsi que ses menaces à l’encontre de plusieurs pays comme l’Iran.
Mais c’est également le cas dans les affaires intérieures du pays comme, par exemple, dans les nominations à la Cour suprême où il pourrait installer des juges radicaux voire extrémistes.
Sans oublier, évidemment, tous les domaines – et ils sont nombreux – qui ont un lien avec ses affaires ce qui pourrait lui permettre, comme l’ont évoqué plusieurs commentateurs, de ressortir de la Maison blanche beaucoup plus riche qu’en entrant.
Sa dangerosité indirecte c’est surtout que son élection pourrait coïncider avec l’élection d’une majorité républicaine tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat.
Ainsi, le Parti républicain contrôlerait deux des trois institutions principales des Etats-Unis (la Présidence et le Congrès) et serait en mesure de contrôler la troisième (la Cour suprême) avec la nomination à venir d’au moins un juge (bloquée sciemment par les républicains actuellement).
Avec des modérés la tête du parti, cela ne serait pas grave, le cas de figure d’un parti ayant déjà gouverné dans cette situation a déjà existé sans que cela ait porté atteinte à la démocratie, notamment par la remise en cause des droits de la minorité (ou de ceux de groupes sociaux particuliers).
Oui mais voilà, les républicains ont fait un virage très à droite ces deux dernières décennies.
Aujourd’hui les activistes radicaux ainsi qu’extrémistes sont assez nombreux chez les républicains pour imposer une grande partie de leur programme.
Ce qui pourrait être un véritable désastre pour la société américaine tant ils sont obscurantistes en matière de droits des femmes (contre l’avortement, entre autres), de droits des minorités (en supprimant les programmes sociaux et les politiques antidiscriminatoires ainsi que la possibilité de régularisation pour certains immigrés illégaux), de droit à la santé (en supprimant la loi d’assurance-santé d’Obama) d’éducation (partisans des thèses créationnistes et adversaires de celle de l’évolution), d’environnement (ils veulent supprimer les mesures contre le réchauffement climatique mais aussi celles qui limitent la pollution notamment celle du charbon), etc.
C’est donc avant tout pour ce qu’il est et non pour ce qu’il propose que Donald Trump est un risque pour les Etats-Unis.

Sondages des sondages au 26 septembre 2016
Clinton en avance partout

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
46,7%
43,6%
Clinton 3,1
Five Thirty Eight (1)
42,4 %
39,7%
Clinton 2,7
Huffington Post
45,8%
41,6%
Clinton 4,2
New York Times
44,0%
41,0%
Clinton 3,0
Polltracker TPM
44,4%
41,3%
Clinton 3,1
Pure Polling
44,8%
42,4%
Clinton 2,3
Real Clear Politics
46,2%
43,2%
Clinton 3,0
270 to win (1) (2)
45,3%
42,2%
Clinton 3,1
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC



Présidentielle USA 2016

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