lundi 26 septembre 2016

Présidentielle USA 2016. La véritable différence de Trump: sa dangerosité

Homme d’une grande vulgarité et menteur pathologique, Donald Trump a promis tout et n’importe quoi aux Américains, des promesses qui, selon tous les experts, risquent de mettre le pays à terre si on les mettait en œuvre concrètement.
Pourtant, alors que le premier débat entre la centriste Clinton et lui se tient aujourd’hui (demain matin en France), ce n’est pas son programme que l’on doit le plus craindre.
Car Trump a fait tellement de promesses, dont beaucoup sont contradictoires entre elles, qu’il ne sait sans doute pas lui-même celles qu’il tiendra si tant est qu’il en tienne, son but en les ayant faites était de se faire élire coûte que coûte…
Non, c’est sa dangerosité, à la fois directe et indirecte qui est le véritable risque pour les Etats-Unis et le reste du monde.
Sa dangerosité directe, c’est son comportement erratique et l’inconnu de ce qu’il pourrait faire de manière impulsive, lui qui s’est enquis à plusieurs reprises de savoir pourquoi il ne pourrait pas employer l’arme atomique.
C’est notamment le cas en matière de politique étrangère avec ses déclarations contre les pays européens alliés des Etats-Unis dans l’OTAN alors qu’il n’a pas cessé de faire de compliments à Vladimir Poutine ainsi que ses menaces à l’encontre de plusieurs pays comme l’Iran.
Mais c’est également le cas dans les affaires intérieures du pays comme, par exemple, dans les nominations à la Cour suprême où il pourrait installer des juges radicaux voire extrémistes.
Sans oublier, évidemment, tous les domaines – et ils sont nombreux – qui ont un lien avec ses affaires ce qui pourrait lui permettre, comme l’ont évoqué plusieurs commentateurs, de ressortir de la Maison blanche beaucoup plus riche qu’en entrant.
Sa dangerosité indirecte c’est surtout que son élection pourrait coïncider avec l’élection d’une majorité républicaine tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat.
Ainsi, le Parti républicain contrôlerait deux des trois institutions principales des Etats-Unis (la Présidence et le Congrès) et serait en mesure de contrôler la troisième (la Cour suprême) avec la nomination à venir d’au moins un juge (bloquée sciemment par les républicains actuellement).
Avec des modérés la tête du parti, cela ne serait pas grave, le cas de figure d’un parti ayant déjà gouverné dans cette situation a déjà existé sans que cela ait porté atteinte à la démocratie, notamment par la remise en cause des droits de la minorité (ou de ceux de groupes sociaux particuliers).
Oui mais voilà, les républicains ont fait un virage très à droite ces deux dernières décennies.
Aujourd’hui les activistes radicaux ainsi qu’extrémistes sont assez nombreux chez les républicains pour imposer une grande partie de leur programme.
Ce qui pourrait être un véritable désastre pour la société américaine tant ils sont obscurantistes en matière de droits des femmes (contre l’avortement, entre autres), de droits des minorités (en supprimant les programmes sociaux et les politiques antidiscriminatoires ainsi que la possibilité de régularisation pour certains immigrés illégaux), de droit à la santé (en supprimant la loi d’assurance-santé d’Obama) d’éducation (partisans des thèses créationnistes et adversaires de celle de l’évolution), d’environnement (ils veulent supprimer les mesures contre le réchauffement climatique mais aussi celles qui limitent la pollution notamment celle du charbon), etc.
C’est donc avant tout pour ce qu’il est et non pour ce qu’il propose que Donald Trump est un risque pour les Etats-Unis.

Sondages des sondages au 26 septembre 2016
Clinton en avance partout

Clinton
Trump
Ecart
Election projection
46,7%
43,6%
Clinton 3,1
Five Thirty Eight (1)
42,4 %
39,7%
Clinton 2,7
Huffington Post
45,8%
41,6%
Clinton 4,2
New York Times
44,0%
41,0%
Clinton 3,0
Polltracker TPM
44,4%
41,3%
Clinton 3,1
Pure Polling
44,8%
42,4%
Clinton 2,3
Real Clear Politics
46,2%
43,2%
Clinton 3,0
270 to win (1) (2)
45,3%
42,2%
Clinton 3,1
(1) Prend en compte 3 candidatures (+ Gary Johnson – Libertarian party)
(2) Prend en compte un mois de sondage alors que les autres prennent
en compte autour de 15 jours de sondages


Alexandre Vatimbella avec l’équipe du CREC



Présidentielle USA 2016

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