samedi 10 septembre 2016

Vues du Centre – Aris de Hesselin. Les Américains vont-ils élire un «autoritariste fanatique pathologiquement malhonnête»

Dans cette rubrique, nous publions les points de vue de personnalités centristes qui ne reflètent pas nécessairement ceux du CREC. Ces points de vue ont pour but d’ouvrir le débat et de faire progresser la pensée centriste.
Aris de Hesselin est un avocat international, centriste et un européen, défenseur d’une mondialisation humaniste. Ses propos sont les siens et non ceux du CREC.

Donald Trump
D’un côté, il y a une femme qui a consacré une partie de sa vie pour la cause des enfants ainsi que celle des femmes et qui continuent à le faire.
De l’autre, il y a un homme qui a fait sortir une femme et son enfant d’un de ses meetings au motif qu’il ne supportait pas les pleurs de ce dernier et après s’être moqué méchamment de la mère et de son enfant.
On pourrait penser que la première est aimée et respectée de ses compatriotes alors que le second est stigmatisé et méprisé.
Et bien, pas du tout.
Les deux sont détestés par une majorité d’entre eux.
Le second a même une chance de devenir président des Etats-Unis!
Et s’il n’était que ce personnage n’aimant pas les petits enfants, capable d’en expulser un de ces meetings, on se dirait que ce n’est peut-être pas si grave que cela pour être le «commander in chief» de la première puissance mondiale.
Mais, Donald Trump, puisqu’il s’agit de lui, vient d’être qualifié par un journaliste d’«autoritariste fanatique pathologiquement malhonnête» est bien pire que ce pauvre type qui s’en prend à un petit enfant en pleurs.
Car ce portrait peu flatteur de ce journaliste est loin d’être le plus négatif sur la personnalité du milliardaire américain.
Il aurait pu en effet ajouter les qualificatifs utilisés par ses confrères de raciste, d’escroc, d’incompétent, de xénophobe, de mégalomaniaque, pour n’en citer que quelques uns.
Beaucoup de journalistes, d’experts et de politiques, de droite comme de gauche ou du Centre, se sont demandés s’il n’était pas un fou, voire un fou psychopathe…
D’autres, experts militaires et en politique étrangère, tout autant démocrates que républicains, ont noté qu’il était totalement incompétent en matière géopolitique et de questions internationales, qu’il représentait une grave menace pour la paix mondiale et qu’il était particulièrement inconscient de lui confier la première force nucléaire du monde surtout qu’il s’est enquis plusieurs lors d’un meeting avec des conseillers pourquoi il ne pourrait pas appuyer sur le bouton de la bombe atomique pour punir les ennemis du pays.
Sans parler des ceux qui, encore plus nombreux, ont déclaré qu’il était inapte à diriger le pays, que ses politiques dans tous les domaines étaient ineptes et, parmi eux, des sommités économiques, républicaines, démocrates et indépendantes, qui assurent que son dangereux programme économique conduirait les Etats-Unis à la faillite totale.
Oui, c’est ce personnage raciste et haineux, sorti d’un mauvais film de série B, qui, à longueur de journées, insulte (les femmes, les étrangers, les héros de guerre, les handicapés, etc.), ment, dit le contraire de ce qu’il disait la veille, menace, risque de se retrouver à la Maison blanche.
Un personnage qui a fait faillite plusieurs fois, qui refusent de publier sa feuille d’impôts pour que l’on ne puisse pas voir les informations compromettantes qu’elle révèlerait, qui loue l’autocrate russe Poutine et affirme le préférer à Obama, qui n’a pas réussi à présenter un quelconque programme de gouvernement, qui prétend qu’il sera plus capable de battre Daesh que les généraux américains (puis qui déclare qu’il leur demandera comment faire…), qui dit qu’il pourrait tuer quelqu’un sur la V° Avenue de New York sans que cela ne l’empêche d’être élu, qui a escroqué des étudiants qui s’étaient inscrits à son «université», qui expliquait qu’il ne voulait pas de locataires noirs pour ses appartements en termes injurieux et j’en passe et des meilleurs tellement la liste est longue.
Alors, les sondages, même si l’avance d’Hillary Clinton s’est rétrécie, prédisent la défaite de Donald Trump.
Tout centriste doit s’en féliciter.
Mais la défaite de ce personnage malfaisant ne suffira pas à effacer sa présence en tant que candidat d’un des deux grands partis américains et avec des intentions de vote au-dessus de 40% dans certaines enquêtes d’opinion.
Si le principal est, là, immédiatement, dans moins de deux mois (le 8 novembre), de lui barrer la route et que les Américains prennent vraiment conscience du danger qu’il représente comme les Français l’ont fait en 2002 lors de la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle (et comme on espère qu’il le feront si sa fille est présente lors du second tour en 2017), il faudra bien aller au fond des choses et se demander comment il a pu, en flattant les pires instincts de ses compatriotes, se retrouver le représentant du Parti républicain à la présidentielle.
Et comme le dit un éditorial cinglant du Washington Post: «Comment l’Histoire jugera les Américains d’aujourd’hui si, regardant cette élection, l’analyse montrera que les électeurs ont donné le pouvoir à un homme dangereux… à cause d’un petit scandale concernant des e-mails. Il n’y a absolument aucune équivalence entre les torts de madame Clinton et la manifeste incompétence de monsieur Trump pour le poste» de président des Etats-Unis.
Oui, comment l’Histoire jugera les Américains en cas de victoire de Trump?!

Aris de Hesselin




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