mardi 3 mars 2026

La Quotidienne centriste du 3 mars 2026. Attaque de l’Iran: première perdante, l’information


Si l’on ne sait pas encore qui va perdre ou qui va gagner entre l’Iran et la coalition américano-israélienne, en revanche, on connait la première perdante et elle s’appelle l’information.

Voilà qui semble une affirmation pour le moins incongrue alors que depuis quatre jours nous sommes abreuvés, même inondé d’images et de propos sur cette guerre.

Mais, justement, comme c’est le cas depuis la naissance des chaînes d’information en continu et d’internet, l’adage «trop d’informations tue l’information» se vérifie une nouvelle fois.

Pourquoi?

Parce qu’une concurrence effrénée agite le monde médiatique.

Dès lors, il faut attirer le chaland – le citoyen – par tous les moyens possibles.

«Amusez-vous» donc à zapper sur votre écran entre les chaînes d’information quelles soient françaises ou étrangères ainsi qu’entre les différents sites internet d’information et, parions, qu’in fine, vous ne saurez, plus trop ce qui se passe dans ce conflit!

Entre les nouvelles qui n’en sont pas (beaucoup de «breaking news» qui font croire à un développement majeur de la situation alors qu’il ne se passe pas grand-chose, voire rien du tout de nouveau), les commentaires d’experts et de journalistes qui ne connaissent pas l’Iran ou les Etats-Unis ou Israël ou les pays du Golfe ou tous à la fois, sans parler de ceux qui font passer leurs souhaits ou leurs fantasmes avant la réalité et ceux qui viennent asséner leurs vérités qui ne sont que des opinions discutables, le pauvre citoyen, qui aimerait bien comprendre ce qui se passe, quels sont les enjeux, qui est qui et qui fait quoi, en est pour ses frais.

Ici, on apprend que l’Iran n’est pas aussi puissant qu’on l’imaginait, là, qu’il est plus fort qu’on le pensait.

Ici on affirme que Trump ne veut pas la chute du régime, là, qu’il a décidé de le détruire.

Ici on est certain que ce sont les Etats-Unis de Trump qui dirigent la coalition, là, que c’est l’Israël de Netanyahu qui impose ses désidératas.

Ici, on prédit que l’Iran n’aura bientôt plus d’armes pour se battre, là, qu’il regorge de drones qui vont lui permettre de durer et d’infliger des dégâts considérables à ses adversaires.

Ici, on prétend que les Etats-Unis n’ont pas assez de munitions pour une guerre longue, là, que ses stocks sont pleins.

Là, on déclare que l’Iran peut bloquer le détroit d’Ormuz pendant des semaines avec une crise énergétique à la clé, là, qu’il lui est impossible d’empêcher les pétroliers et gaziers de l’emprunter et que de toute façon, il a besoin qu’il soit praticable afin d’envoyer son pétrole en Chine.

Et ainsi de suite.

Dans ce genre d’événements, c’est vrai, il est souvent difficile d’avoir un tableau clair de la situation et de prédire l’avenir.

Mais il est aussi vrai que ceux qui sont sensés nous permettre de comprendre ce qui se passe, trop souvent sèment la confusion plutôt qu’ils nous donnent des clés pour nous rendre la situation compréhensible parce que l’information est de plus en plus un simple produit soumis aux lois d’une concurrence commerciale et dont la finalité n’est pas le savoir mais de raconter des histoires dont l’objectif est d’attirer puis de retenir le public le plus nombreux possible comme c’est le cas sur les réseaux sociaux.

 

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour] 

 


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