Voici une sélection, ce 27 mai 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Notre indépendance se construit par notre électricité. À Belfort, en 2022,
j’ai fixé le cap : sortir progressivement des énergies fossiles grâce à
une électricité décarbonée, produite en France. Pour y arriver, toute l’Équipe
de France de l’électrification se mobilise.
C’est très concret :
- Plus de véhicules électriques accessibles : nous poursuivons le leasing
social, qui a déjà permis à 100 000 Français modestes, en particulier en
zone rurale, de passer à l’électrique. 50 000 nouveaux ménages pourront en
bénéficier.
- Plus de voitures électriques françaises : Renault produit à Douai et
Maubeuge ; Stellantis investit dans une nouvelle usine à Mulhouse pour
produire des modèles électriques de nouvelle génération d’ici 2029. Ce n’est
que le début !
- Plus de bornes de recharge : les opérateurs se sont engagés ce matin à
déployer 240 000 bornes supplémentaires d’ici 2030. Grandes surfaces,
copropriétés, flottes, poids lourds : la recharge doit devenir simple,
rapide, partout.
- Plus de pompes à chaleur françaises : plus de 40 sites de production,
60 000 emplois, 400 000 PAC par an. Objectif : 1 million de PAC
produites en France en 2030. Nous nous donnons les moyens d’y arriver. La
filière s’y engage.
- Plus d’industrie en France : Octopus Energy s’engage jusqu’à 150
millions d’euros pour une usine en France ; nos industriels développent
les équipements connectés, les maisons sobres, les solutions qui font baisser
les factures.
- Plus de mobilité lourde électrique : Renault Trucks renouvelle sa gamme
de camions électriques de 12 à 50 tonnes, fabriqués en France, avec jusqu’à 600
km d’autonomie.
- Plus de réseaux : RTE accélère les raccordements et triplera ses
investissements pour les porter à 8 milliards d'euros d’ici 2030 ; Enedis
investira 33 milliards d’euros entre 2026 et 2030 et réduira de 30 % les
délais. Plus vite et plus fort !
- Plus d’industrie décarbonée : acier bas-carbone, fours verriers
électriques, chaudières électriques, data centers, bâtiments sobres, engins
agricoles et de chantier électriques : partout, la France innove et nous
accompagnons.
Ce qui se joue est essentiel car c’est plus de pouvoir d’achat pour les
Français, plus d’indépendance énergétique, plus de compétitivité pour la
Nation.
L’électrification, c’est la souveraineté en actes. Un grand merci à tous les
acteurs mobilisés : vous l’avez montré ce matin, la France ne manque pas
d’énergie pour réussir cette transition !
> Heureux d’avoir échangé avec le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul à l’occasion de sa visite en France. 170 ans après l’établissement de nos relations diplomatiques, la Thaïlande et la France continuent de faire vivre un partenariat fondé sur la confiance, des liens culturels étroits et des coopérations économiques, scientifiques et de sécurité, utiles au renforcement de nos souverainetés.
> [Discours lors de la réunion de l’équipe de
France de l’électrification]
(…) L'actualité nous rappelle ô combien ce qui se joue est important pour le
pays et combien nos vulnérabilités, en tout cas nos dépendances, en particulier
à l'égard des énergies fossiles, peuvent nous fragiliser dans des dérèglements
géopolitiques. Parler d'électrification pour le pays, c'est parler
d'indépendance et de souveraineté, c'est parler de décarbonation et de
compétitivité et de création d'emplois industriels. Ces trois objectifs sont
ceux que nous devons poursuivre et qui sont tout à fait atteignables. Je veux
voir dans la réunion d'aujourd'hui une réunion de confiance dans nos capacités
à réussir et de mobilisation collective. Confiance parce qu'on a de vrais
atouts. Je crois qu'on est structurés, on a les éléments, j'y reviendrai,
d'indépendance énergétique. Beaucoup d'entre vous investissent et vont
réinvestir. Nous sommes d'ores et déjà plus résilients qu'en 2022. Je regarde
les difficultés qu'on avait au moment de la guerre d'agression russe en Ukraine
et des difficultés à produire. On était en train d'importer, on est aujourd'hui
déjà plus forts. Il faut simplement aujourd'hui continuer à nous mobiliser,
innover et réindustrialiser encore plus vite et fort.
Notre atout repose sur le modèle historique qui est le nôtre. C'est une chance
que nos aînés aient fait les bons choix, aient investi dans la durée. Je pense
que ces dernières années, on a conforté ces bons choix. La stratégie dite de
Belfort demeure totalement valide, c'est-à-dire celle qui repose sur trois
piliers, tels qu'annoncés en février 2022 : l'efficacité énergétique, la
meilleure énergie, c'est celle qu'on ne dépense pas, qu'on ne consomme pas.
Donc partout, on peut réduire notre consommation par de l'innovation, en
isolant davantage, en améliorant nos systèmes, en étant plus efficaces, c'est
bon.
Ensuite, c'est évidemment de développer nos renouvelables de manière appropriée
avec, là-dessus, les axes évoqués à Belfort et que nous déployons. Puis, c'est
le nucléaire, en confortant justement notre programme avec de nouveaux
réacteurs. L'objectif de cette stratégie est simple, c'est de consolider le
modèle français, mais d'accélérer nos résultats, et à travers la Programmation
pluriannuelle de l'énergie qui en a donné la trajectoire, passer de 60 %
aujourd'hui de consommation fossile à 30 % à horizon 2035, ce qui est tout à
fait faisable avec cette stratégie.
Alors, on connaît les solutions. La biomasse, le gaz renouvelable, la chaleur
fatale, on doit continuer à les exploiter. Évidemment, nous en avons des
quantités limitées. Il y a la géothermie, que nous devons massivement
développer, et la Programmation pluriannuelle de l'énergie prévoit de la
multiplier par quatre d'ici 2030. L'hydrogène naturel, demain peut-être, dont
les premiers retours nous donnent espoir, sans qu'il puisse encore tenir lieu
de réponses immédiates, mais c'est un axe d'effort. Puis, il y a l'électricité
que nous produisons sur notre sol, c'est ce que j'évoquais. Elle est à 95 %
décarbonée, abordable, indépendante, et dont les axes d'effort qu'on va faire
sur le renouvelable et le nucléaire sont les bons.
D'ores et déjà, je le disais, on a amélioré les choses à cet égard. Parce que
là où, en 2022, on importait de l'électricité, parce qu'on finissait notre
grand carénage et nos investissements, là, nous sommes des exportateurs nets
d'électricité décarbonée. On a exporté plus de 90 TWh l'année dernière et
l'année d'avant, donc on a des bons résultats. Ce qui veut dire qu'à peu près
20 % de notre production est exportée aujourd'hui. Ça, c'est une force.
Ce qui fait qu'en effet, la France peut s'enorgueillir d'être une grande
puissance électrique, ce qui est un atout dans le contexte géopolitique qu'on
évoque. Nous avons construit la stratégie qui permet de conforter cette
position. C'est ce qui fait aussi que les hausses sur les prix de l'électricité
ont été limitées en France, quand elles ont été beaucoup plus sensibles
ailleurs. Je vais ici rappeler les chiffres, parce que c'est une force de notre
pays, ce qui aussi a permis d'expliquer certaines différences qui sont parfois
pointées par certains. Le prix de gros pour l'année prochaine est de 55 euros
par MWh en France, il atteint 93 euros en Allemagne, 107 euros par MWh en
Italie. C'est clé.
Il faut maintenant donner cette visibilité du prix de l'électricité, de la
stabilité pour avoir la confiance des ménages et des entreprises et permettre
d'accélérer notre stratégie. On a cet avantage aujourd'hui compétitif. Comment
on le transforme ? En continuant les investissements dans la durée. Il
faut pour ça, produire, raccorder, électrifier, réindustrialiser. C'est ça, nos
axes d'effort pour l'Équipe de France de l'électrique.
D'abord, produire, c'est un peu la déclinaison de cette stratégie de Belfort,
mais c'est un axe d'effort important. Nous devons continuer à faire avancer le
programme du nouveau nucléaire que nous avons lancé, six EPR, et une extension
à venir pour huit réacteurs supplémentaires. Nous devons faire avancer les
appels d'offres sur l'éolien en mer qu'a annoncés le Gouvernement et qui seront
publiés dans les prochaines semaines. En restant à des prix abordables, c'est
très important, et je le dis aussi très clairement. Moi, je ne soutiendrai pas
des projets d'éoliens en mer, quels qu'ils soient, à des prix qui défient toute
concurrence. Il ne faut pas refaire les erreurs du passé, parce qu’on voit bien
les difficultés qu'on a parfois eues d'avoir des projets qui étaient hors de la
maille, où on continue à payer parfois 15 ans plus tard des prix qui sont
totalement déconnectés du marché, donc, les autres énergies renouvelables aussi
à développer de manière équilibrée. Tout ça parce que c'est une affaire de long
terme, 2050, 2060, 2100. C'est aussi l'axe qui est le nôtre pour les
générations à venir. C'est le sens aussi des travaux que mène RTE sur les
évolutions de long terme de notre mix électrique et dont les conclusions seront
rendues pour la fin d'année. Elles permettront d'éclairer notre décision sur
l'extension du programme dit EPR2 à de nouveaux réacteurs, et à continuer le
travail. C'est aussi ce qui nous permettra de dessiner les prochains conseils
de politique nucléaire. Là aussi, quand je parle de 2050, 2060, 2100, c'est
exactement l'horizon de temps qui a conduit à décider tout ce qu'on a pu faire
lors du dernier Conseil de politique nucléaire sur la fermeture du cycle et les
éléments d'une plus grande autonomie. Produire de l'électricité, donc premier axe.
Le deuxième axe d'effort, c'est d'accélérer le raccordement. Si je puis dire,
pour que ça marche, il faut pouvoir se brancher et se brancher le plus
rapidement possible. Ça fonctionne déjà, on a des progrès qui sont
perceptibles. Nous savons raccorder rapidement pour proposer des solutions pour
les centres de données ou pour certains industriels. La France attire en
particulier des grands centres de données et Choose France va encore le montrer
dans les prochains jours. Il y a eu des annonces encore en Hauts-de-France ces
derniers jours qui ont montré cette force. Il est très clair que quand on parle
d'intelligence artificielle, de capacité de calcul, l'avantage comparatif de la
France, c'est d'avoir cette électricité décarbonée, disponible et une capacité
à raccorder dans les temps et de manière compétitive. Sur le raccordement, RTE
aura lancé d'ici la fin de l'année la réalisation de cinq grands projets dits «
fast-track ». Cette procédure consacre la place justement de notre pays comme
premier pays européen pour l'accueil des grands centres de données, en
s'appuyant sur la résilience du réseau, l'abondance de cette électricité
bas-carbone et l'efficacité des équipes de RTE. Mais notre objectif doit être
clair. Nous devons élever nos exigences, revoir notre cadre s'il le faut, parce
que ce qui est aujourd'hui l'exception, ces quelques projets dits fast-track,
en termes de délai, doit devenir la norme pour le raccordement. C'est attendu
de beaucoup de projets industriels, dont certains sont dans cette salle, de
beaucoup de projets agricoles et autres.
Je salue à cet égard les engagements de RTE pour accélérer les délais de
raccordement très concrètement. Ce sont des investissements pour les grandes
zones industrielles au portuaire : Dunkerque, Le Havre, Fos. Les grands
ports français seront aussi compétitifs pour l'accueil de nouvelles industries,
et ce sont des accélérations dont ils ont besoin. Accélération aussi dans les
zones industrielles de taille intermédiaire, en Île-de-France, Sud-Alsace,
Saint-Avold, Valenciennes-Maubeuge, Port-la-Nouvelle, là aussi où c'est
attendu. C'est une nouvelle logique avec une application pionnière des
principes du premier prêt, premier servi. Ce n'est pas lors de la pile du
dossier de dépôt qu'il faut prendre, c'est quand les projets ont avancé sur le
reste, il faut pouvoir raccorder et s'adapter, et donc être en une logique
beaucoup plus adaptable pour suivre le rythme ou de nos besoins ou de
l'industrie. Il faut pour ça mobiliser plus.
Je salue donc les équipes de RTE, je salue aussi Enedis, qui s'engage à
raccorder ses projets d'électrification 30 % plus rapidement que précédemment.
C’est un premier effort, mais il faut continuer et poursuivre cette réduction
des délais. Je sais aussi que la Commission de régulation de l'énergie poursuit
le même objectif en donnant un cadre réglementaire qui permettra d'aller encore
au-delà, et c'est un effort important.
Enfin, il nous faudra construire dans cet axe d'effort du raccordement de
nouvelles lignes électriques, et ça ne se fera qu'en bonne coopération et
concertation avec les territoires. C'est le cas notamment de la ligne qui doit
alimenter la zone industrielle de Fos. Ce n’est pas simplement pour le port,
mais c'est vraiment une électrification de tout le Sud et de cet axe
méditerranéen. Cette ligne est nécessaire et nous devons donner un signal clair
pour fournir la visibilité aux industriels qu'ils veulent investir et tout
mettre en œuvre pour que cette ligne soit en service d'ici 2029, pour faire
face aux augmentations de consommation, permettre l'électrification des
industries présentes et à venir.
Ensuite, il y a une mobilisation à avoir après la production, le raccordement,
une mobilisation collective sur les usages. On en a beaucoup parlé, vous en
avez reparlé ce matin. Il y a en effet à électrifier nos usages, c'est l'axe
d'effort sur lequel nous portons ces dernières années, et c'est un axe d'effort
essentiel, c'est le cœur du plan d'électrification, qui est, je le rappelle,
avant tout aussi un grand plan industriel. C'est un grand plan de
transformation qui embarque 6 000 entreprises et va créer ou pérenniser plus de
600 000 emplois. C'est vous qui portez les solutions, ce sont les Français qui
choisiront et donc, je crois à cet égard qu'il faut leur faire confiance,
mettre en capacité d'avoir cette mobilisation collective sur les usages et rendre
le passage à l'électrique en quelque sorte naturel et désirable, parce que
c'est bon pour le pouvoir d'achat, c'est bon pour la compétitivité, c'est bon
pour l'indépendance du pays. Pour ça, il faut donner confiance par la
visibilité sur les prix, avant tout. C'est indispensable, parce qu'il y a eu
beaucoup de messages et contre-messages dans les années qui ont précédé. Je
remercie l'ensemble des acteurs compétents d'avoir œuvré pour améliorer les
choses dans les derniers mois, au premier rang desquels l'EDF. L'État a donné
une direction sur la production pour avoir une électricité compétitive et donc,
nous devons continuer d'avancer. C'est maintenant aux fournisseurs de traduire
cela pour les consommateurs en donnant des prix, eux aussi, compétitifs sur la
durée et des prix prévisibles. Je salue les engagements qui ont été pris pour
fournir de nouvelles offres à prix fixe aux particuliers, leur faire bénéficier
des heures les plus compétitives pour la recharge de leurs véhicules ou pour
profiter de l'abondance de l'énergie solaire, ce que fait EDF, ce que fait
Total, Engie, Octopus. Je ne peux qu'encourager les autres à le faire, étant
convaincu qu'aussi, on a une carte à jouer plus largement, la grande
distribution a aussi à s'engager avec nous sur ce sujet.
De même qu'investir dans le nucléaire et le renouvelable nous a rendus
résilients aujourd'hui, et davantage que d'autres, investir dans le véhicule
électrique, le chauffage électrique, la pompe à chaleur, nous rendra plus
résilients pour demain. Cela vaut aussi pour des usages parfois insoupçonnés,
comme pour la production d'engrais. J'y reviendrai. Cette visibilité sur le
temps long vaut tout autant pour les industriels dont les investissements
engagent une, deux, parfois trois décennies. Je salue aussi les progrès faits
par EDF pour proposer des contrats de long terme, parfois à 8, 10, voire 15
ans, adossés au parc historique pour faire profiter les entreprises de cet
avantage compétitif. Au total, ce sont plus de 50 térawattheures qui sont
mobilisés au profit de l'industrie. Ça a été le fruit d'un travail de notre
part à l'égard des autorités européennes, pour sécuriser le cadre juridique,
puis un engagement de l'opérateur historique pour le fournir à l'industrie.
Mais maintenant, on a de la stabilité, de la visibilité et, je crois pouvoir le
dire, de la compétitivité. Au-delà de cette confiance et de la visibilité sur
les prix, dans ces axes d'efforts, il y a évidemment tout le travail autour du
véhicule électrique. La mobilité électrique est là, c'est déjà une réalité, les
chiffres sont en croissance constante. Nous allons lancer la troisième édition
du leasing électrique. Stellantis et Renault ont prévu de mettre en place des
services de pré-réservation accessibles dans les prochains jours. C’est une mobilisation
collective, là aussi, qui est attendue pour continuer ce développement. C'est
tout l'effort qu'on a mené ces dernières années pour avoir les bons dispositifs
d'accompagnement, de l'offre et de la demande, pour avoir une politique
européenne aussi cohérente, qui vienne accompagner l'offre européenne, et en
particulier française, et moins, si je puis dire pour rester pudique, l'offre
non européenne.
Au-delà des particuliers, la mobilité intéresse également les professionnels.
Les aides mises en place par le Gouvernement pour l'acquisition de véhicules
utilitaires légers doivent permettre de démultiplier le recours à l'électrique.
Le réseau Mobilians, de son côté, mettra 10 000 véhicules électriques à
disposition dans ses agences de location. Ça fait partie aussi des efforts très
concrets et sur lesquels nous voulons continuer d'avancer. Au-delà, la mobilité
électrique lourde, que l’on pensait impossible il y a quelques années, devient
une réalité. Grâce à notre savoir-faire, nous produisons en France, chez
Renault Trucks, des poids lourds électriques. Geodis s'engage à électrifier sa
flotte de fret. C'est donc une chaîne complète, sur la mobilité lourde que l’on
est en train de structurer. L'exemple que je viens de donner le montre. Un
constructeur français, un grand opérateur logistique français et des kilomètres
se faisant décarboner.
Là-dessus, je veux être aussi très clair, pour tordre le cou parfois à des
idées qu'on entend. Quand on parle de véhicules électriques, ne nous trompons
pas, on n'est pas en train d'accompagner une désindustrialisation. D'abord, je
le rappelle, depuis sept ans, on réindustrialise le pays, mettant fin à douze
ans de désindustrialisation. Le véhicule électrique est un levier de notre
réindustrialisation. La part d'industrie française, le nombre d'emplois créés
en France est supérieur sur le véhicule électrique que sur le thermique. Parce
que l’on a toute une stratégie intégrée, parce que l’on a relocalisé des
gigafactories de batteries dans notre pays, on en a créé l'installation.
Dans cette même salle, il y a bientôt dix ans, être un vétéran me permet
d'avoir ces remarques, l'industrie elle-même me disait : « malheureux,
n'allez pas trop vite sur le véhicule électrique. Non, ne faites pas ça,
Président. On ne sait pas produire de batteries électriques en Europe. On n'en
fait pas. On dépend totalement des Chinois et des Coréens du Sud. Donc surtout,
n'allez pas, ceux qui étaient là peut-être s'en souviennent, n'allez pas sur le
véhicule électrique, grosse erreur ». On a montré que l’on savait installer
chez nous de la production de batteries électriques, de gigafactory. On va
bientôt produire plus de batteries électriques qu'on ne produit de véhicules
sur le sol français. Derrière, on remonte vers l'amont, vers le lithium, sur
lequel on a encore des dépendances. On était ensemble avec le Premier ministre
et les ministres, là aussi, pour montrer notre base. On est en train de
structurer toute une filière : lithium, on va progressivement raffiner,
batterie électrique, construction de véhicules électriques. Douai est la
parfaite illustration de cette nouvelle stratégie.
On produit par du transfert de technologie, en ayant réussi un pari, dans la
relation aussi avec le continent asiatique, en transférant des emplois de la
technologie, en formant chez nous, on produit les batteries qui sont, de
l'autre côté de la cour, installées sur les R5 électriques produites sur le sol
français. De la même manière que la R4 électrique, produite quelques kilomètres
plus loin, elle, à Maubeuge, est aussi faite avec des composants français. Vous
le voyez bien, c'est du concret, l'électrification et les véhicules
électriques, les usines Renault qui produisent la R5 à Douai, la R4 à Maubeuge,
notre capacité à avoir bâti toute une filière, y compris quand il s'agit de
modèles de constructeurs étrangers qui sont prêts à investir chez nous et qui
produisent chez nous. Je veux ici aussi remercier tous les constructeurs qui
s'engagent et vous annoncer de nouveaux investissements en la matière,
j'évoquais la R5 à Douai, la R4 à Maubeuge, Stellantis, à Mulhouse, va investir
plus d'un milliard d'euros nouveaux, pour produire de nouvelles générations de
véhicules électriques à partir de 2029.
C’est un engagement de notre autre grand constructeur dans cette logique,
produire de l'électrique en France et d'installer chez nous de nouveaux
modèles. C'est un véritable avenir industriel que nous offrons à ce site de
Mulhouse, le cœur de la stratégie concrète que nous portons sur une terre qui
aime l'automobile, qui a cette histoire et qui y croit. Nous continuons
d'avancer et je suis très heureux sur les sites que j'évoquais, de Douai,
Maubeuge pour Renault et de Mulhouse pour Stellantis. Ceci nous permet
d'aborder avec confiance la hausse de la production de véhicules électriques en
France, 400 000 véhicules par an l'an prochain et une accélération forte dans
les prochaines années sur la base des investissements que je viens d'évoquer et
qui s'appuie sur tout l'amont que l’on a développé : la Vallée de la
Batterie dans les Hauts-de-France que j'évoquais, nos mines de lithium dans
l'Allier, etc.
Tout cela, c'est une stratégie cohérente que nous allons consolider. Pour que
cette stratégie soit pleinement soutenable, nous devons penser évidemment à
l'électrification de tous les usages et ne jamais être à court d'électricité
pour nos véhicules. Les opérateurs de bornes de recharge ont donc un rôle
essentiel à jouer. C'est toute la stratégie qu'on a eue ces dernières années.
Ils se sont engagés à déployer 240 000 bornes, dont 60 000 points de charge
rapides et ultrarapides. Je veux ici saluer plusieurs acteurs présents dans la
salle qui ont pris des engagements particuliers, Electra, qui investira 300
millions d'euros d'ici 2030, Engie également, et je veux saluer les grandes et
moyennes surfaces, notamment le groupe Leclerc, qui s’est engagé au déploiement
de 10 000 bornes à horizon 2030 et la grande distribution montre ici qu'elle a
un rôle d'entraînement à avoir dans les territoires comme sur les prix.
Je veux également remercier la Banque des Territoires qui a annoncé 1,2
milliard d'euros d'investissement sur cette stratégie des bornes électriques.
Ces bornes et ces annonces viendront compléter les plus de 185 000 bornes déjà
en service pour atteindre notre objectif de 400 000 points de recharge ouverts
au public en 2030. Je veux vraiment remercier tous les acteurs, dans la
diversité que je viens d'évoquer, qui participent à cet effort collectif. Une
critique forte est également celle du manque de transparence des prix pour la
recharge, c'est pourquoi je salue dans ce contexte l'initiative lancée par la
fédération Charge France de mettre à disposition un calculateur qui permettra
de calculer les gains économiques du passage d'une voiture thermique à une
voiture électrique. Je sais que toute cette émulation que je viens de rappeler
nous permettra de tirer les prix vers le bas et vers la transparence.
Je fais confiance à nos distributeurs qui savent le faire, mais c'est pour le
bien du consommateur et pour la confiance que j'évoquais, pour accélérer ce
passage à l'électrique. Au-delà de cette électrification de notre parc
automobile, les transports au-delà de la route doivent continuer d'être
électrifiés. L'utilisation de carburants fossiles, en effet, ce n'est pas
simplement sur les trajets du quotidien, c'est aussi la production du pays,
engins de chantier, engins agricoles, engins de voirie. Ce sont des pans
entiers de l'économie qui peuvent s'affranchir des énergies fossiles. Nous
avons le savoir-faire, je pense en particulier à Mecalac, qui va produire sur
son site d'Annecy de nouvelles chargeuses électriques. Ce matin, les engins que
vous avez pu voir dans la cour de l'Élysée, pelles mécaniques, appareils
agricoles, tracteurs électriques, démontrent justement notre capacité
d'innovation et notre savoir-faire industriel en la matière. Pour décarboner,
il faut aussi décarboner nos moyens de chauffage, et donc je poursuis dans
l'énumération des axes d'effort.
Les pompes à chaleur sont à cet égard un pilier de notre stratégie. Là aussi,
on entend et on a entendu beaucoup d'idées fausses, notamment que les pompes à
chaleur ne fonctionneraient pas quand il fait froid. Alors d'abord, toutes les
études démontrent le contraire. Ensuite, j'invite les sceptiques à aller en
Norvège, qui n'est pas réputée pour la douceur de ses hivers et qui est l'un
des pays dont le taux d'équipement de pompe à chaleur est l'un des plus élevés
au monde. Donc, faites le voyage d'études, pour ceux qui n'y croient pas, ou
invitez les sceptiques à s'y rendre.
Contrairement à ce que j'ai pu entendre, il ne s'agit pas de mettre une pompe à
chaleur dans tous les logements. Et là, il faut faire du pragmatisme. On peut
également avoir des chauffages électriques performants, couplés à une bonne
isolation. Dans certaines zones, le recours à un réseau de chaleur sera plus
pertinent. Dans d'autres, ce sera la géothermie. Et on sait qu'il y a aussi des
habitations qui continueront à avoir besoin du gaz. Et il ne faut stigmatiser
personne. Il faut accompagner et convaincre. C'est beaucoup plus efficace. Il
n'y a d'ailleurs pas de solution unique. Mais la pompe à chaleur doit devenir
la solution de référence quand les autres options décarbonées ne sont pas
disponibles.
Le phénomène météorologique que nous vivons nous rappelle également que nous
devons prendre en compte le confort d'été, ce que peuvent faire certains
équipements réversibles produisant également du froid.
Les pompes à chaleur sont un investissement important, et cela peut constituer
un frein, je le sais, et c'est pourquoi je salue l'engagement de certains
d'entre vous : Effy, Octopus, EDF, pour avoir répondu à notre appel et
donné de la visibilité à vos clients pour leur assurer que le passage à
l'électrique soit bien la forme la plus économique et leur permettre un lissage
de l'investissement dans le temps.
C'est aussi une filière qui repose sur un tissu français dense. La France
dispose aujourd'hui de plus de 40 sites de production capables de produire plus
de 400 000 pompes à chaleur par an, et la filière représente plus de 60 000
emplois dans la production et dans l'installation. Cet écosystème riche et
mobilisé d'installateurs est tout à fait clé dans le déploiement de ces
équipements. Je salue, à ce titre, l'engagement pris par les industriels pour
aller plus loin encore, viser le million de pompes à chaleur produites en
France en 2030 et la création d'un centre d'expertise qui permettra de
renforcer la transparence et la confiance dans cette solution. Là aussi, de la
même manière, on veut stabiliser toute une filière, la déployer et créer des
emplois.
C'est une opportunité industrielle très forte pour être en mesure de produire
des pompes à chaleur sur notre sol de façon compétitive. Octopus Energy annonce
ainsi aujourd'hui même l'implantation d'une nouvelle usine sur notre sol,
accroissant encore la réindustrialisation du pays par ses filières.
Puis, je voudrais terminer par là. Quand on parle de décarbonation,
d'électrification, on doit continuer à parler de réindustrialisation. Pour
l'industrie, on ne compte plus les exemples d'investissements pour décarboner
les procédés. France 2030, a construit le vaisseau amiral de cette stratégie.
Nous avons ici même lancé il y a quelques années une stratégie de décarbonation
de nos 50 plus gros sites émetteurs, et ceux-ci avancent. Du ciment à l'acier,
en passant par tous les secteurs industriels qui sont les plus lourds, nous
sommes en train de montrer que réindustrialisation et décarbonation sont
totalement compatibles, en doublant cette stratégie d'une stratégie européenne
cohérente qui consiste, avec le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières,
avec les bonnes protections, eh bien d'accompagner justement cette
décarbonation.
L'électrification a un potentiel gigantesque dans l'industrie, des milliers de
sites qui produisent encore de la vapeur à partir d'énergies fossiles le
montrent. Nous avons des solutions innovantes. Je pense par exemple à
l'entreprise EPYR qui va inaugurer ce vendredi sa première unité de stockage
thermique sur le site industriel de WEPA à Troyes, une installation mise en
service en moins de 6 mois qui permet de fournir 25% des besoins en vapeur du
site pour gagner en compétitivité par rapport au gaz.
À plus long terme, nous savons aussi que les projets de petits réacteurs
modulaires apporteront des solutions, et donc on a une stratégie complète, mais
qui a commencé et qui, à marche forcée avec ce qu'on a fait sur les grands
sites de nos ports, de nos grandes cimenteries, de nos aciéristes, a déjà
produit des premiers résultats. Je pense aussi aux start-ups de l'industrie
décarbonée qui innovent vers des procédés industriels 100 % électriques, comme
GravitHy pour l'acier ou FertigHy pour les engrais.
À ce titre, permettez-moi un mot sur nos engrais. Produire de façon décarbonée
des engrais est essentiel pour notre souveraineté alimentaire. Nous devons
produire en France les engrais dont nous avons besoin, à court terme en
relançant les sites existants et en trouvant les bonnes solutions et en
répondant aux demandes des industriels, et à moyen terme par des mesures
d'implantation de nouveaux sites, et nous préparons des annonces très
prochaines sur ce volet.
Vous voyez bien, l'électrification est une démarche collective. Je pense aussi
à des groupes comme le groupe Schneider qui mobilise l'ensemble de sa chaîne de
valeur pour tenir ses objectifs de décarbonation, avec, par exemple, le
transformateur exposé dans la cour, qui est un exemple de l'innovation
française, qui fonctionne sans gaz fluoré et qui, là aussi, montre comment
l'innovation de pointe permet d'obtenir ces résultats.
Voilà. Je n'ai pas pu, malheureusement, citer toutes les entreprises qui sont
présentes dans cette salle et qui sont déjà engagées directement ou
indirectement dans ce grand objectif d'indépendance nationale qu'est
l'électrification. Mais je tiens ici à toutes les saluer et à saluer tous les
secteurs qui sont présents, du logement au transport, du véhicule électrique au
secteur portuaire, de l'industrie lourde aux start-up. Il n'y a aucun secteur
qui fait exception.
L'électrification est un combat contemporain et une stratégie pour notre pays
pour être plus indépendant, plus compétitif, créer davantage d'emplois sur le
pays et décarboner. Nous sommes en train de montrer que c'est possible avec des
vrais résultats, il faut poursuivre cet axe d'effort. C'est ce que je viens ici
de détailler. L'État y jouera sa part. Le Premier ministre en a fait les
annonces avec la Programmation pluriannuelle de l'énergie et, avec le
Gouvernement, nous continuerons à accompagner les Français dans la période
actuelle en ayant cette perspective.
Au fond, par cette mobilisation d'aujourd'hui, je veux aussi qu'on ait tous un
axe, une ligne d'horizon qui soit claire. Il y a évidemment le quotidien, et
vous êtes pour beaucoup d'ailleurs aux côtés des Françaises et des Français,
comme le Gouvernement, pour les aider à faire face à la crise énergétique
qu'ils subissent, qu'ils soient particuliers, agriculteurs, pêcheurs,
industriels, indépendants. Beaucoup de nos compatriotes souffrent très
directement de l'augmentation des prix des hydrocarbures fossiles. Alors, nous
les accompagnons par des aides indispensables.
Mais le court terme ne doit pas nous faire oublier cet investissement qui est
de moins en moins long terme parce que nous en avons rapproché en quelque sorte
la réalité. L'électrification, c'est déjà une réalité. Il faut en accélérer le
déploiement parce que c'est la manière la plus structurante et responsable de
répondre aux conséquences de nos dépendances fossiles.
À chaque fois qu'on arrive de manière efficace à aider des ménages ou des
entreprises à électrifier, on réduit leur dépendance à des énergies que nous
importons, on réduit leur dépendance à la volatilité des événements
géopolitiques et on règle de manière beaucoup plus durable leur problème de
pouvoir d'achat ou de compétitivité. Ce n'est pas un problème renvoyé à demain,
une solution renvoyée à demain, pardon. C'est réel et aujourd'hui. Et donc
l'accélération du Plan d'électrification français est véritablement la réponse
collective la plus efficace et la plus responsable à la situation que nous
connaissons.
Donc, je veux vous remercier pour cet engagement collectif. Vous savez pouvoir
compter sur le Gouvernement dans ses efforts et sur l'ensemble des opérateurs
que j'ai pu évoquer dans ces propos. Merci à toutes et tous pour votre présence
ce matin, votre mobilisation pour l'électrification de la France.
Vive la République et Vive la France.
> Heureux de recevoir Roumen Radev, Premier ministre de Bulgarie. Défense et sécurité, énergie, compétitivité, nous renforçons notre partenariat et œuvrons ensemble à une Europe plus souveraine et plus unie.
> Bienvenue, cher Milojko Spajic. Nous renforçons aujourd’hui la relation entre le Monténégro et la France dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment de l’économie et des transports. La France est aux côtés du peuple monténégrin pour l’accompagner sur le chemin de l’intégration européenne. À très bientôt au Monténégro !
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Assurance chômage / Intervention à l’Assemblée] Le Gouvernement revient
aujourd'hui devant l’Assemblée avec un texte particulier, particulier par son
fond, mais surtout particulier par sa méthode. Car ce texte n'est pas né dans
un cabinet ministériel, il n'est pas le produit d'une décision solitaire du
Gouvernement, il n'est pas non plus une réforme imposée d'en haut. Ce texte est
le fruit du dialogue social. Il est le résultat d'une négociation entre celles
et ceux qui, dans notre pays, représentent les salariés et les entreprises. Je
veux ici les citer : la CFDT, Force ouvrière, la CFTC, le MEDEF, la CPME et
l'U2P. Je veux aussi saluer celles et ceux qui, sans signer l'accord, ont
participé à la discussion. Car discuter, chercher un compromis, c'est déjà
servir l'intérêt général. Et je le dis clairement, dans la période politique
que nous traversons, tout cela n'est pas un détail.
Depuis trop longtemps, dans notre pays, tout se bloque trop facilement. Le
dialogue politique se crispe, le dialogue parlementaire s'abîme, le dialogue
social se fige. Comme si plus personne ne croyait possible de se parler sans se
renier, comme si le compromis était devenu une faiblesse. Je pense, et je sais
qu'un certain nombre d'entre vous s'y associent, exactement l'inverse. Le
compromis n'est pas l'effacement des convictions. Le compromis, c'est la preuve
que la démocratie peut fonctionner. C'est pourquoi ce texte dépasse la seule
question de l'assurance-chômage. Il pose une question simple : dans la France
d'aujourd'hui, respecte-t-on encore le dialogue social lorsqu'il arrive à
produire un accord ?
Alors oui, le Parlement est souverain. Oui, le Parlement débat. Oui, le
Parlement vote. Mais en première lecture, que s'est-il passé ? Un amendement de
suppression avant même le débat, avant même l'examen du fond, avant même que la
représentation nationale n'entre dans la discussion. Je le dis avec gravité :
tout cela n'est pas un bon signal, non pas tellement pour le Gouvernement,
contrairement à ce que certains ont pu dire mais pour les partenaires sociaux,
pour les travailleurs qu’ils représentent. Pour toutes celles et ceux à qui
l'on dit depuis des années qu'il faut négocier, discuter, construire des
compromis. Quel message leur envoie-t-on si, lorsqu'ils y parviennent, la
représentation nationale balaie leur accord sans aucun débat ?
Mesdames et messieurs les députés, le Gouvernement n'est pas ici pour
contourner le Parlement. Il est ici, au contraire, pour lui demander d'exercer
pleinement sa responsabilité : débattre, amender, bien sûr, si nécessaire, mais
débattre. Car au fond, puisque ce texte n'est pas celui du Gouvernement, nous
en devenons en quelque sorte presque des greffiers. Car ce texte appartient
d'abord, je le disais, à la démocratie sociale. Sur le fond, il faut aussi nous
parler clairement. La rupture conventionnelle est un outil utile. Elle a
permis, depuis sa création, de fluidifier le marché du travail. Elle protège
mieux qu'une démission. Elle évite parfois des conflits longs et destructeurs.
Elle rend service à des salariés comme aux employeurs. Le sujet n'est donc
certainement pas de supprimer un droit utile. Notre sujet est d'éviter qu'un
droit utile ne soit détourné de son objet initial. Car chacun voit la dérive.
Une montée continue des ruptures conventionnelles, des comportements
d'optimisation, une pression croissante sur le régime de l'assurance-chômage.
Et quand notre modèle social finance des abus, ce sont toujours les
travailleurs honnêtes qui les paient à la fin.
Les partenaires sociaux ont bien vu ce problème. Ils ont choisi d'y répondre,
en responsabilité, sans brutalité, sans posture, par un compromis équilibré.
Cette réforme permettra donc davantage de retours vers l'emploi. Elle génèrera
des économies substantielles pour notre régime d'assurance-chômage. Et surtout,
elle préservera la crédibilité d'un système fondé sur la solidarité, car la
solidarité n'a de sens que si elle reste juste. Mais au-delà des chiffres, il y
a peut-être une question plus profonde : comment réforme-t-on encore la France
? Par l'affrontement permanent, par la verticalité, par des décisions prises
seul puis contestées malheureusement partout, ou heureusement, c'est selon, ou
en assumant enfin une méthode différente ? Car au fond, le vrai sujet de ce
texte est là.
Quelle place accordons-nous pour aujourd'hui et pour demain au paritarisme,
héritage que nous ont laissé nos grands anciens ? Un mot : le paritarisme, que
tout le monde invoque volontiers, un principe auquel beaucoup disent croire,
mais qu'en réalité peu acceptent vraiment de pratiquer jusqu'au bout. Et
pourtant, le paritarisme fait partie de l'histoire sociale française. C'est une
certaine idée de notre République sociale, celle qui considère que le travail
ne se gouverne pas uniquement depuis l'État. Que celles et ceux qui créent la
richesse, qui travaillent, qui emploient, qui cotisent, peuvent aussi prendre
leurs propres responsabilités. C'est l'esprit même de notre modèle social. Mais
depuis trop longtemps, reconnaissons-le collectivement, cette promesse s'est
peu à peu affaiblie. Par facilité parfois, par méfiance aussi, parce qu'il est
toujours plus simple pour un gouvernement de décider seul et parfois plus
confortable pour certains de célébrer le dialogue social en théorie tout en
refusant ses conséquences concrètes lorsqu'un compromis émerge.
Le résultat, nous le connaissons. Des réformes annoncées, ensuite contestées,
des débats sans issue, de la défiance et finalement l'immobilisme. Ce texte dit
exactement l'inverse. Il démontre qu'une autre méthode est possible. Alors oui,
c'est une réforme structurelle d'ampleur sur l'assurance-chômage, comme nous
n’en avons plus connue depuis longtemps. Oui, c'est une avancée concrète,
négociée avec les partenaires sociaux sur un sujet qui avançait difficilement
depuis l'abandon d'une réforme qui devait être prise par décret. Oui, c'est là
une réforme structurelle issue du dialogue social.
Donc, oui, c'est encore possible. Tout cela n'est pas un hasard, c'est
précisément parce que la méthode a changé. J'avais parlé de rupture. Au fond,
nous revenons à l'essentiel, comme nous l'avons connu dans le passé. Parce
qu'au lieu d'imposer, nous avons proposé. Au lieu de contraindre, nous avons
laissé négocier dans un cadre clair. Et au lieu de contourner les partenaires
sociaux, nous leur avons demandé de prendre leurs responsabilités. Mesdames et
messieurs les députés, ils l'ont fait. Alors quand les partenaires sociaux
prennent leurs responsabilités, je considère que la classe politique doit, à
son tour, pouvoir prendre les siennes.
Mesdames et Messieurs les députés, je ne vous demande pas un vote de confiance,
je vous demande mieux, en quelque sorte. Je vous demande de respecter ce débat,
de respecter le travail accompli, de respecter la démocratie sociale. Le
Gouvernement propose, le Parlement débat, le Parlement vote, mais encore
faut-il accepter de débattre.
C'est désormais votre, notre responsabilité ce soir.
> C’est fait : après le Sénat, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi transposant l’accord des partenaires sociaux sur l’assurance chômage. Cette réforme n’est pas née dans un cabinet ministériel. Elle est le fruit d’un compromis entre représentants des salariés et des entreprises sur un sujet bloqué depuis des années. La méthode a changé : au lieu d’imposer, nous avons laissé négocier dans un cadre clair. Confiance dans le Parlement pour le vote solennel de la semaine prochaine pour conclure cette réforme issue du dialogue social.
> [Politique économique / Intervention à l’Assemblée]
La question que vous nous posez pourrait faire l’objet d’un colloque ! En
tout cas, elle nous mobilisera jusqu’à la préparation des textes financiers
dont nous discuterons cet automne.
Je partage votre sentiment d’urgence. Les choses ne peuvent pas attendre et
c’est bien ce qu’a dit le ministre Lescure au sujet de l’électrification. Il
faut vraiment méconnaître la situation géopolitique pour ne pas entendre et
comprendre une bonne fois pour toutes que la dépendance aux hydrocarbures est
une laisse étrangleuse terrible pour le peuple français et pour notre économie.
Notre modèle de production d’électricité, que certains des pays qui nous
entourent n’ont pas la chance d’avoir, implique de nous engager encore plus
franchement vers le tout-électrique. Nos grands anciens, dans les années 1970,
ont su appliquer une politique de l’offre : il faut la poursuivre et
l’accompagner d’une politique de la consommation d’électricité – l’une
des principales composantes de notre action, parfois source de clivages, mais
autour de laquelle j’ai bon espoir que nous convergions.
Vous parlez d’ornière. La situation géopolitique est compliquée, comme
l’actualité du week-end l’a bien démontré. Le cours du baril dépassait
100 dollars avant qu’il commence et s’établissait en deçà de ce seuil
quand il s’est achevé ; en outre, il a été marqué par une certaine
irrationnalité, sensible dans les prises de paroles de différents acteurs.
Les services de Bercy l’ont documenté sérieusement : quand on ouvre le
capot de l’inflation – révisée à 2,2 % – on voit bien que l’augmentation
des prix ne concerne, au moment où nous nous parlons, que les hydrocarbures et
les dérivés d’hydrocarbures. J’ai demandé au ministre de rendre publique cette
analyse précise, car certaines interventions ont volontiers évoqué une
inflation générale des denrées alimentaires, de l’ordre de 3 ou 4 % :
on a déjà suffisamment de vrais problèmes pour éviter d’en créer des faux, qui
viennent de surcroît saper la confiance en notre économie !
Notre économie et notre croissance s’appuient sur de vrais moteurs, parmi
lesquels la consommation, qui tend toutefois à se tasser du fait du prix des
hydrocarbures.
Par ailleurs, beaucoup d’outils ont été mis sur la table par les ministres. Ils
ont désormais vocation à produire des effets, notamment le soutien à
l’économie. Évidemment, il y a toujours des oubliés et c’est le principe quand
on n’applique pas de mesure générale. Si une mesure de cet ordre devait être
prise, elle ne consisterait pas à encourager la consommation d’hydrocarbures – ce
serait un contresens historique, un non-sens total –, mais plutôt à
baisser la fiscalité sur l’électricité, parce que nous la produisons chez nous.
Distinguer la fiscalité appliquée à l’énergie produite dans le territoire
national de celle appliquée à l’énergie produite à l’étranger, voilà un début
de réflexion qui me semble aller dans le bon sens, y compris en vue de la
discussion relative au prochain projet de loi de finances.
À ces outils s’ajouteront des mesures structurelles qui, étonnamment, n’ont
guère été évoquées dans le débat public, en dépit de leur incidence réelle sur
les finances publiques et sur le modèle économique. Pour ce qui concerne
l’augmentation du smic, il semble qu’il n’y ait plus que les ultralibéraux pour
la déplorer, et plus personne pour s’en réjouir. Certes, cette augmentation est
toujours trop modeste, mais si nous ne l’avions pas décidée, et bien qu’elle
figure dans la loi. Certes, mais elle n’en était pas moins bienvenue : il
faut le dire et l’expliquer ; c’est le signe que notre modèle fonctionne
et qu’il faut le défendre.
D’autres pourraient souligner l’existence de la prime d’activité, qui a fait
l’objet de compromis importants lors de l’examen du projet de loi de
finances : son versement, au 1er juillet prochain,
interviendra au bon moment et bénéficiera aux Français qui travaillent et qui
attendent des mesures en soutien de leur pouvoir d’achat. Là encore, il
convient de faire de la pédagogie, sans quoi on s’y perd un peu. N’oublions pas
non plus les dispositifs créés entre-temps, telle que l’indemnité destinée aux
grands rouleurs.
Je sais votre groupe attentif aux sujets industriels, monsieur Naegelen, du
fait de la sociologie des circonscriptions où sont élus ses membres. De
nombreux pans de l’activité du pays restent à couvrir, par exemple les
dépanneurs ou des acteurs de filières purement industrielles telles que la
chimie – les ministres Roland Lescure et Sébastien Martin
annonceront d’ailleurs demain des mesures ciblées sur cette filière clé, puisqu’elle
engage notre souveraineté.
Ne faisons pas comme d’habitude, lorsque l’on se rend compte que certaines
activités ont tellement morflé – pardonnez-moi l’expression – qu’elles
finissent par disparaître, au point qu’il faut beaucoup d’argent public pour
les faire redémarrer. La politique du gouvernement est d’injecter des fonds
publics là où c’est indispensable pour maintenir l’activité économique, en
l’occurrence celle de la filière chimie, ce qui bénéficiera, par ricochet, à la
production d’engrais et de l’ensemble des intrants nécessaires aux activités
industrielles.
Mais le meilleur soutien à l’économie repose sur la philosophie qui présidera à
l’examen du PLF et du PLFSS pour l’année 2027 : je reste persuadé qu’avoir
pour unique boussole le refus de toute forme d’augmentation d’impôts est le
seul moyen d’envoyer un signal de confiance au monde économique dans son
ensemble, notamment aux commerçants, aux petites et moyennes entreprises ainsi
qu’à tous ceux dont l’activité du pays dépend. Je rappelle que nous avons
refusé d’augmenter la fiscalité dans le projet de loi de finances pour l’année
2026 sur l’adoption duquel le gouvernement a engagé sa responsabilité.
> [Fermetures de classes / Intervention à l’Assemblée]
Merci pour cette question, qui me donne l’occasion de m’exprimer sur un sujet
qui occupe beaucoup l’actualité, et ce, aux quatre coins du pays – vous
avez évoqué Saint-Denis et d’autres députés auraient pu poser la même question,
mais au sujet de communes rurales.
Je ne veux pas être trop long, mais le sujet mérite une clarification, tant sur
la méthode de préparation de la prochaine rentrée scolaire que sur celle qui
permettra de préparer toutes les autres. Il ne faudrait pas qu’on passe du déni
démographique dans lequel une partie des élites du pays ont été plongées
pendant les quinze ou vingt dernières années à une logique purement comptable,
« froide et aveugle » pour reprendre vos termes.
Sortons du déni démographique : 1,7 million d’élèves en moins entre
2025 et 2035, c’est une réalité qui s’impose à nous toutes et tous, y compris à
ceux qui seront amenés à nous succéder en 2027.
C’est vrai pour le service public scolaire, mais aussi pour d’autres aspects de
l’aménagement du territoire – j’y reviendrai dans un instant.
J’en profite pour ouvrir une parenthèse : je me garderai d’opposer les crédits
militaires à ceux de l’éducation nationale, car je pense que l’armée de la République
est aussi importante que l’école de la République. Eu égard aux menaces qui pèsent
sur nous actuellement, les opposer ne serait pas rendre service au pacte républicain !
En revanche, je suis convaincu qu’un changement d’approche est nécessaire. À
cet égard, vous me permettrez de soutenir le ministre de l’éducation
nationale : d’abord parce que ce que c’est mon devoir, ensuite parce que
ce qu’il fait est juste. Il a eu le courage, comme certains de ses
prédécesseurs, dont certains siègent désormais ici, de prôner plusieurs
ruptures dans l’approche adoptée par le ministère de l’éducation nationale.
La première consiste à faire enfin la transparence sur les chiffres. Dans le
courrier parlementaire que je reçois, je suis frappé du fait que
l’incompréhension naît toujours d’un désaccord entre les chiffres avancés par
les services de l’État et ceux dont se prévalent les élus locaux et qui sont
fonction de la réalité de leur territoire – le
vôtre est urbain, M. le député, mais en milieu rural, les dynamiques
peuvent varier, puisque certaines intercommunalités, avec les syndicats
intercommunaux à vocation scolaire (Sivos), peuvent reprendre la compétence.
En bref, on est face à un jardin à l’anglaise, dans lequel personne n’arrive à
se retrouver. J’irai même plus loin : en la matière, nous sommes myopes,
puisque nous commençons à recevoir les chiffres relatifs à la rentrée scolaire
en février ou en mars alors que la problématique démographique est, par
définition, pluriannuelle !
Si on était capables de partager des projections à moyen terme, les stratégies
des élus locaux, qu’ils soient de gauche, de droite, ruraux ou urbains,
seraient différentes.
Dix ans, ce serait formidable, mais des projections à cinq ou six ans, soit
environ la durée d’un mandat municipal, permettraient d’embarquer les
municipalités et celles et ceux avec qui nous entretenons un lien de compétence
– je vous rappelle que certaines compétences, comme celles qui touchent
au bâti scolaire, sont décentralisées.
La deuxième rupture, qui n’est pas facile et que le ministre a commencé à opérer,
est d’ordre géographique. Pendant longtemps, le maillage scolaire a été pensé
au niveau du rectorat, soit à un échelon trop élevé. Il l’a ensuite été au
niveau de la direction académique des services de l’éducation nationale
(Dasen), à un échelon encore trop élevé. Sa gestion doit être faite au niveau
de la circonscription de l’éducation nationale : elle doit revenir aux
inspecteurs de l’éducation nationale (IEN) – on
sait très bien que la municipalité de Saint-Denis discute avec l’IEN compétent
sur son territoire, qui est son point de contact. Le ministre, que j’encourage
beaucoup et que j’aiderai, a commencé à travailler sur cette réforme.
On sait bien que la démographie n’est pas homogène. C’est vrai dans l’Eure, un
département que je connais bien, et en Seine-Saint-Denis, où on compte une
quarantaine de circonscriptions scolaires, qui possèdent chacune leur propre
dynamique. C’est ainsi que certaines moyennes peuvent sembler bonnes et que les
chiffres relatifs à certains établissements particuliers se trouvent difficiles
à justifier. C’est tout l’enjeu de notre feuille de route.
Comme dirait le ministre de l’éducation nationale, notre carte scolaire a été
imaginée au XVIIIe siècle, à une époque où les naissances
étaient plus nombreuses et où les enfants se rendaient à l’école à pied. La
mobilité et l’accessibilité des établissements, voilà un autre sujet à traiter
avec les collectivités locales : d’un territoire à l’autre, l’offre de
mobilité varie fortement.
Je souhaite qu’on avance dans les dix-huit départements où est expérimentée la
nouvelle méthode de construction de la carte scolaire, laquelle doit permettre
de rompre avec la méthode comptable et aveugle que certains ont pu décrire.
Cela ne nous dispensera pas d’un meilleur diagnostic s’agissant de l’énorme
défi démographique auquel nous faisons face.
En repartant du taux d’encadrement et en l’individualisant au niveau d’une
école, voire d’une classe, on trouvera les bons paramètres pour construire le
budget de l’éducation nationale et une nouvelle carte scolaire.
Dernier point, je demanderai aux différents ministres de recréer un embryon de
Datar spécifiquement dédiée à ce sujet. L’enjeu est bien, en effet, celui de l’aménagement
du territoire, une politique qui doit être construite avec les élus locaux. Les
dynamiques territoriales sont si différentes qu’on n’y arrive plus : il
faut donc changer de méthode.
Merci pour votre interpellation, qui m’a permis de clarifier ce que nous
souhaitons faire. Il n’est pas question de traiter ce sujet à l’aveugle, de
manière purement comptable, ni de remettre en cause ce qui fonctionne bien. La
décision de solliciter l’avis du maire avant une fermeture d’école,
qu’Élisabeth Borne avait prise en son temps, et le dédoublement des classes,
défendu par Jean-Michel Blanquer et qui avait permis d’augmenter le taux
d’encadrement, sont autant de mesures positives qu’il faut conforter, mais le
système actuel atteint ses limites et il faudra le réformer en profondeur. Nous
commencerons dès l’année prochaine, mais ce ne sera pas suffisant.
> 1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035 : cette réalité s’impose à nous. Mais il ne faut pas passer du déni démographique à une logique purement comptable, froide et aveugle. Les réalités démographiques ne sont pas les mêmes d’un territoire à l’autre, parfois d’une école à l’autre. La carte scolaire ne peut plus être pensée uniquement depuis Paris avec des moyennes nationales.
> Il faut engager une rupture de méthode.
1- transparence sur les chiffres et visibilité pluriannuelle pour les élus
locaux
2- une carte scolaire pensée à partir des réalités de mobilité, d’accessibilité
et d’aménagement du territoire
Des expérimentations seront lancées dans 18 départements. J’ai demandé aux
Ministres la reconstitution d’un outil inspiré de la DATAR pour mieux anticiper
les conséquences territoriales du choc démographique. L’objectif est clair : ne
plus gérer la carte scolaire à l’aveugle, mais préparer l’avenir avec les élus
locaux et adapter l’école de la République aux réalités du pays.
> Depuis plusieurs jours, face au cluster d’hantavirus détecté à bord du navire MV Hondius, le Gouvernement agit avec une seule priorité : protéger les Français. Oui, certains cas contacts ont contesté devant la justice les mesures d’isolement préventif imposées. La justice a validé la légalité de ces décisions. Oui, cette attente est éprouvante humainement. Mais alors que deux nouveaux passagers ont encore contracté le virus ces dernières 48 heures en Espagne et aux Pays-Bas, chacun comprend pourquoi, face à une maladie à incubation longue, relâcher la vigilance maintenant serait irresponsable. Le choix du Gouvernement est simple : le principe de précaution plutôt que le risque de propagation. À celles et ceux qui acceptent aujourd’hui cette contrainte, la Nation sait ce qu'elle vous doit. La solidarité d’une vingtaine de personnes contribue à protéger 66 millions de Français.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> Le Sénat a adopté solennellement aujourd’hui, à une large majorité, le
projet de loi RIPOST. Ce texte consensuel apporte des réponses concrètes à des
phénomènes qui empoisonnent la vie de nos concitoyens : rodéos urbains,
mortiers d’artifice, protoxyde d’azote, violences dans les stades, squats ou
encore trafic de stupéfiants. Construit avec les forces de sécurité, il
renforce aussi les moyens d’action de nos policiers et de nos gendarmes face à
la criminalité organisée et les nouvelles formes de délinquance. Je salue le
travail des sénateurs et la richesse des débats parlementaires. L’examen du
texte enrichi se poursuivra désormais à l’Assemblée nationale.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Situation de l’économie / Intervention à l’Assemblée]
70 000 défaillances d’entreprise, c’est énorme, mais je préciserai
d’abord qu’elles sont compensées par un niveau inédit de créations
d’entreprises – on en compte 1,2 million de nouvelles. C’est
un des succès de l’économie française.
Comme vous l’avez rappelé, nous accompagnons les ménages, les entreprises, les
secteurs, en suivant une seule boussole : le travail. Nous devons
accompagner les entreprises qui sont en première ligne. Vous avez mentionné
certains des secteurs pour lesquels nous avons déjà annoncé des aides :
les transporteurs routiers, les agriculteurs, les pêcheurs, et tant d’autres.
Comme cela a été annoncé la semaine dernière, nous souhaitons étendre ces
dispositifs aux secteurs industriels les plus affectés – je
sais que vous y êtes sensible. La chimie et la production d’engrais sont ainsi
deux industries très intensives en énergie qui sont directement frappées alors
qu’elles faisaient déjà face à des vents contraires.
S’agissant des normes, que vous avez mentionnées, nous devons d’abord nous
assurer à Bruxelles que l’on puisse alléger le fardeau. Sébastien Martin combat
pour s’assurer, en ce qui concerne notamment les trajectoires carbone, que les
paramètres seront modifiés afin de ne pas amplifier la crise par des normes
excessives qui nous viendraient de Bruxelles.
De plus, nous souhaitons accompagner les industries à court terme, par le
versement d’aides spécifiques – c’est un peu technique, mais dans le cadre des
trajectoires carbone, nous pourrons accompagner les industries placées en première
ligne.
Je l’ai déjà dit dans ma réponse à la question précédente, mais l’électrification
est essentielle pour projeter l’industrie dans l’avenir. Qu’il s’agisse de l’industrie
automobile, de celle de l’acier ou des engrais, on doit pouvoir décarboner nos
industries tout en les rendant compétitives. C’est le défi qui nous attend pour
les prochains mois et les prochaines années.
> [Situation de l’industrie automobile /
Intervention à l’Assemblée] Monsieur Chenu, votre question me surprend, parce
que sa réponse, c’est ce que vous refusez depuis des années. Pour faire évoluer
l’industrie automobile française et européenne en direction de l’avenir, la
réponse, c’est l’électrification. Vous connaissez bien le site d’Hordain ;
il se trouve dans votre circonscription. Il produit des véhicules utilitaires
légers – diesel, hybrides et électriques – pour
Stellantis. Si le site ne produit plus que des véhicules diesel, que fera-t-il
dans dix ou vingt ans ? Plus rien.
Nous accompagnons comme jamais la transition vers les véhicules électriques, en
particulier les véhicules utilitaires légers, notamment par le versement d’une
prime qui peut atteindre jusqu’à 10 000 euros. Elle permettra
d’acheter des Jumpy fabriqués à Hordain, monsieur Chenu.
Que ferait-on à Valenciennes, chez vous, où Stellantis a investi ces huit
dernières années près de 300 millions d’euros ? Le site produisait
jusqu’à présent des boîtes de vitesses, demain, on y assemblera des moteurs
électriques.
L’avenir de l’automobile est électrique. Les cinq premiers modèles de véhicules
électriques vendus en France sont produits en Europe – le
premier l’est en France ! Ils le sont grâce au bonus électrique financé
par les fameux certificats d’économie d’énergie, que vous n’avez pas
mentionnés, mais auxquels vos collègues font si souvent référence, et que vous
voulez supprimer, alors qu’ils nous permettent de financer l’électrification.
Regardons l’industrie telle qu’elle est. Projetons-la vers l’avenir, y compris
grâce à des partenariats avec des constructeurs chinois, comme celui conclu à
Rennes, que vous avez mentionné.
Stellantis gardera la majorité de l’entreprise commune et fabriquera à Rennes
des véhicules que personne ne produit en France ou en Europe.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> L'encyclique du Pape Léon publiée aujourd'hui, Magnifica Humanitas, est
une invitation à réflexion et à l'action. Elle dessine une troisième voie entre
le rejet et la peur de l'intelligence artificielle, et son usage sans limite et
sans règle. Celle qui consiste à mettre la technologie au service de l'Homme et
pas l'inverse, à reconnaître le rôle irremplaçable de la personne, et à mettre
toujours l'humain au centre.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Dômes de chaleur / Intervention à l’Assemblée] Dès l’annonce par Météo
France d’une vigilance orange possible dans les jours suivants, l’État s’est
organisé. Depuis la canicule de 2003, les choses sont désormais bien
rodées : à chaque passage en vigilance, le centre de crise sanitaire du
ministère de la santé s’organise en vue de mener deux actions.
D’abord, de la communication de prévention, qui a débuté dès vendredi dernier.
Vous me pardonnerez de répéter les consignes, mais il faut le faire: boire de
l’eau tout au long de la journée – tout le monde le sait, mais peu le font –,
fermer les volets, être attentif à ses voisins et aux personnes fragiles,
réduire l’activité sportive, manger léger mais manger, éviter la consommation
d’alcool, et appeler le 15 en cas de sensation de malaise. Cette prévention est
indispensable. Dès vendredi, nous avons communiqué pour ce qui relève des
activités physiques et des risques de noyades avec ma collègue du ministère des
sports et de la jeunesse Marina Ferrari ; et avec le ministre du travail
s’agissant des accidents du travail liés à la chaleur.
En parallèle, le centre de crise coordonne des réunions interministérielles et
des réunions quotidiennes avec les agences régionales de santé, les
établissements de santé et médico-sociaux mais aussi, évidemment, avec Santé
publique France et Météo France, ce qui nous permet d’adapter les mesures en
fonction des prévisions.
Nous sommes au début d’une vague de chaleur exceptionnellement précoce. Je
récapitule donc nos deux actions : messages de prévention et suivi
interministériel. Le premier ministre tiendra prochainement une réunion sur le
sujet.
> Je me suis rendue aujourd’hui au Centre de crise sanitaire pour faire le point sur l’épisode de fortes chaleurs qui touche plusieurs départements placés en vigilance orange. L'ensemble des acteurs sont mobilisés : agences régionales de santé, établissements de santé, services de secours et ministères concernés. Un suivi quotidien de la situation est assuré afin de protéger les Français. J’appelle chacun à la vigilance : hydratez-vous régulièrement, évitez les efforts aux heures les plus chaudes, prenez des nouvelles de vos proches les plus fragiles et soyez particulièrement prudents aux abords des lieux de baignade, afin d’éviter les noyades.
> [Fuite des données de santé / Intervention au Sénat] La fuite des données de santé est un enjeu majeur. Une vigilance de chaque instant est nécessaire. Pour Almerys, les investigations sont en cours. Cet incident rappelle l'absolue nécessité de mettre en place une authentification forte sur ces plateformes. Le Gouvernement est particulièrement mobilisé. Nos établissements de santé et structures médico-sociales accusent un retard lié à un sous-investissement passé dans le numérique, mais nous agissons résolument pour leur sécurisation. L'impact des cyberattaques diminue, alors que la menace reste élevée. Nous développons l'authentification forte des utilisateurs. La deuxième vague du Ségur du numérique en santé est en cours, en ville comme à l'hôpital. En outre, le Premier ministre souhaite des mesures fortes en faveur du pilotage interministériel du numérique.
> [Dôme de chaleur / Intervention au Sénat] Cette
vague de chaleur est exceptionnellement précoce. Depuis 2003, l'État est
organisé pour répondre aux canicules : dès l'alerte, jeudi, nous étions en
ordre de marche. Le centre de crise du ministère de la santé coordonne les
services interministériels et nous prenons les mesures nécessaires, en
coordination avec Météo France et Santé publique France, en fonction des
vigilances.
En phase de canicule, la prévention sauve des vies. Il faut boire
régulièrement, se mettre à l'abri aux heures les plus chaudes, faire preuve de
solidarité envers les plus fragiles, surveiller les baignades des jeunes
enfants. La ministre des sports et celui du travail ont prévu des mesures de
précaution. Nous avons des réunions interministérielles quotidiennes et un
suivi au jour le jour.
Les élus locaux jouent un rôle essentiel, tout comme les centres communaux
d'action sociale (CCAS), qui disposent d'une liste de personnes fragiles.
Demain, nous aurons une réunion avec le Premier ministre pour anticiper les
vagues de chaleur qui ne manqueront pas de suivre.
> [Ebola / Intervention au Sénat] Dès l'alerte de l'OMS sur l'épidémie d'Ebola Bundibugyo en RDC et en Ouganda, nous nous sommes mis en ordre de marche avec les agences sanitaires, les experts et les centres de crise.
Dans les pays touchés, la situation est préoccupante. En particulier, le risque est très élevé en RDC, dans un contexte de conflit armé et de difficultés d'accès aux soins.
Selon l'OMS comme Santé publique France, le risque d'introduction du virus est très faible dans l'Hexagone comme dans les territoires de l'océan Indien. Une vigilance particulière s'impose toutefois pour Mayotte, en raison de sa fragilité.
Après l'alerte, l'ARS et le centre hospitalier de Mayotte ont pris sans délai des mesures d'anticipation : organisation des circuits de prise en charge, préparation de chambres d'isolement, mobilisation d'équipements de protection, formation des équipes. Dès demain, une mission interministérielle d'appui sera déployée sur l'île pour renforcer les capacités d'anticipation et d'organisation.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> J'ai décidé avec mon collègue Roland Lescure de faire une opération
transparence inédite. 4 économistes indépendants vont faire un état des lieux
des finances publiques à l'horizon 2030.
> Face à la déferlante de cocaïne, il faut un plan douanes massif : à Dunkerque 13 tonnes saisies depuis le début de l'année, après un record national de 10 tonnes en une seule prise en 2025. Sur le port, j'ai annoncé une brigade douanière 100% dédiée aux contrôles portuaires dès septembre, un scanner haute intensité d'ici fin 2026, un scanner fixe d'ici 2030. Les trafiquants ne relâchent pas leurs efforts. Nous non plus.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> [Dôme de chaleur] Face à l'épisode de fortes chaleurs qui touche notre
territoire, la sécurité de tous les jeunes est notre priorité absolue. Dans les
lycées et centres d'examen, des consignes claires ont été transmises à toutes
les directions : hydratation, adaptation des activités, aménagement des espaces,
attention renforcée pour les publics les plus fragiles. Pour les apprentis et
stagiaires, en entreprises et sur les lieux de stage, la chaleur se vit souvent
différemment et parfois plus durement. Moins enclins à signaler un malaise,
moins protégés par les routines scolaires, ils dépendent aussi des mesures et
actions de prévention prévues lors de la survenue d’un épisode de chaleur
intense et, au besoin, adaptées en cas d’intensification par ceux qui les
accueillent. Les employeurs et maîtres d'apprentissage sont les premiers à
mettre en œuvre ces mesures et actions de prévention. Je compte sur leur
mobilisation, leur sens des responsabilités envers ces jeunes pour adapter le
rythme de travail, veiller à l'hydratation voire les retirer des travaux les exposant
à des températures extrêmes susceptibles de nuire à leur santé et maintenir le
lien avec le CFA ou l'établissement. Chaque geste de vigilance compte.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Face à la détresse de nos éleveurs et à l’augmentation continue de la
prédation du loup, le statu quo est impossible. Le Gouvernement propose un
juste équilibre : protéger les troupeaux et sécuriser les éleveurs, tout en
veillant au bon état de conservation de l’espèce.
> L’électrique c’est moins cher, plus souverain et plus compétitif. Mobilisation historique à l’Élysée autour d’Emmanuel Macron: avec l’« Équipe de France de l’Électrification », nous passons collectivement à la vitesse supérieure autour du plan d’électrification du Premier ministre pour continuer à réduire nos dépendances.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> [Aide publique au développement / Intervention au Sénat] Prenons la mesure du tournant historique que
nous vivons. D'un côté, les besoins augmentent, notamment parce que conflits et
crises s'intensifient ; une menace réelle pèse sur la stabilité et la
prospérité collectives. De l'autre, l'endettement et les déséquilibres
macroéconomiques s'aggravent. Cette situation rend d'autant plus indispensable
une refonte efficace de notre approche.
La quatrième conférence internationale sur le financement du développement,
en juillet dernier, a souligné la nécessité de cette réforme. La France joue
depuis plusieurs années un rôle moteur dans cette perspective. Du sommet sur le
financement des économies africaines de 2021 au récent sommet de Nairobi,
nous nous employons à bâtir des ponts entre Nord et Sud et oeuvrons en faveur
d'un développement durable fondé sur l'idée qu'aucun pays ne devrait avoir à
choisir entre lutte contre la pauvreté et préservation de la planète.
Notre approche repose sur la notion de partenariats mutuellement
bénéfiques. La construction de ce nouveau modèle est au cœur des priorités
fixées par le Président de la République pour la présidence française du G7.
Dans cette perspective, lors de la réunion ministérielle des ministres du
développement, le mois dernier, nous sommes parvenus à adopter une déclaration
assez ambitieuse, appelant à des partenariats équilibrés soucieux à la fois de
nos intérêts et des besoins des plus vulnérables. Nous avions invité à cette
réunion des représentants des sociétés civiles, des banques et des bailleurs
multilatéraux et six pays partenaires ont été associés aux travaux : le
Brésil, la Corée du Sud, la Côte d'Ivoire, l'Inde, le Kenya et le Maroc.
L'APD doit être utilisée stratégiquement en concentrant nos ressources
concessionnelles dans les pays les moins avancés, les plus fragiles et les plus
exposés au changement climatique. Dans le même esprit, il faut prioriser les
secteurs les plus éloignés des financements privés : santé, éducation,
nutrition.
Nos investissements doivent aussi renforcer la souveraineté de nos
partenaires. Il s'agit de sortir d'une logique de dépendance. Ainsi, la Corée
du Sud a eu recours au financement de son développement par des bailleurs de
fonds internationaux avant de devenir elle-même l'un des bailleurs les plus
importants. Les pays partenaires doivent avoir le contrôle de leur stratégie de
développement et nous devons appuyer davantage la mobilisation de leurs
ressources propres.
Enfin, la nouvelle architecture internationale du développement doit être
plus efficace et plus inclusive. Dans cet esprit, nous soutenons une réforme
ambitieuse du cadre de l'OCDE pour mieux refléter les réalités mondiales.
Repenser les partenariats internationaux autour de la notion de bénéfices
mutuels, c'est considérer que nos investissements ne sont pas un soutien à sens
unique. Le nouveau directeur général de l'AFD s'inscrira dans cette dynamique
en privilégiant l'impact, la visibilité et l'efficacité. Le paradigme autour de
l'architecture du développement s'est ainsi beaucoup étoffé depuis la loi de
programmation de 2021, mais nous avons tenu l'ensemble des engagements
pris devant le Parlement en matière de redevabilité, de transparence et
d'évaluation.
Dans un contexte difficile, nous tenons notre rang. Je suis engagée pour
améliorer continuellement cette politique, bras armé de notre diplomatie, de
notre rayonnement dans le monde et de notre sécurité.
● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature
> [Dôme de chaleur et changement climatique / Intervention à l’Assemblée] La
chaleur atteint en effet un niveau inédit en ce mois de mai. Malheureusement,
nous disons chaque année qu’un niveau inédit est atteint – en
début d’année, nous l’avons dit au sujet des crues.
Toutes ces questions sont liées, comme vous l’avez dit, au réchauffement
climatique. Face à ce phénomène, il faut marcher sur deux jambes : la
première est la réduction des émissions – c’est ce que nous nous efforçons de faire avec
le plan et j’espère que vous le soutiendrez. La seconde est l’adaptation au
changement climatique : nous ne pouvons pas en faire l’économie. Vous ne
pouvez pas dire que nous ne faisons rien.
Le plan national d’adaptation au changement climatique comprend un certain
nombre d’actions : végétalisation des écoles, lutte contre les îlots de
chaleur urbains, amélioration de la connaissance des vulnérabilités locales et
transformation de l’espace public.
Dans le cadre de la loi de finances pour 2026, nous avons décidé de flécher
50 % des crédits du fonds Vert vers l’adaptation au changement climatique
et vers les plans climat-air-énergie territoriaux, qui sont essentiels pour les
élus locaux.
Le logement sera, j’en conviens, l’un des principaux enjeux de l’adaptation.
C’est pourquoi nous avons maintenu les moyens de l’Agence nationale de
l’habitat à 3,5 milliards d’euros, soit le même niveau qu’en 2025.
Pour ce qui concerne les îlots de chaleur, la problématique thermique dans les
constructions neuves a été prise en compte ; elle est inscrite dans la
réglementation environnementale RE2020.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> [Violences dans le périscolaire / Intervention à l’Assemblée] L’immense
détresse des familles qui, à Paris et ailleurs, s’inquiètent pour leurs enfants
est légitime et compréhensible. À Paris, la justice enquête après avoir été
saisie de faits très graves ; d’autres scandales, cependant, touchent le
monde scolaire et périscolaire comme les associations sportives. Cette
violence, nous le savons tous, sévit malheureusement aussi, et souvent, au sein
des familles.
J’ai rendu visite aux magistrats et aux agents du parquet de Paris qui
instruisent ce dossier, à la fois médiatique et particulièrement emblématique
des dysfonctionnements que connaissent les collectivités locales – emblématique,
aussi, de notre manière de protéger les enfants. De très nombreuses personnes,
recrutées dans des collectivités très importantes, ont pu se livrer à des
violences, des agressions sexuelles et des viols sur des enfants. Si nous
attendons que la justice rende ses décisions, nous pouvons d’ores et déjà dire
que le principe de précaution doit absolument s’appliquer quand il s’agit de la
protection de nos enfants.
Des faits de ce genre surviennent dans le milieu scolaire : je travaille
avec mon collègue Édouard Geffray pour que l’éducation nationale renforce
considérablement ses moyens et ses contrôles, en lien avec la justice et la
police – qu’il s’agisse des établissements publics ou des
établissements privés sous contrat ou hors contrat. Ces faits surviennent
également dans le milieu périscolaire ; je tiens à rappeler la
responsabilité des collectivités locales. Il faut non seulement vérifier
l’honorabilité des personnes, ce que la loi prévoit déjà, mais aussi, à chaque
soupçon, signaler immédiatement aux services de police tout ce qui pourrait
s’apparenter à une agression sexuelle ou à un viol. Une circulaire a rappelé
les ministres du culte et le monde périscolaire, les collectivités locales et
les médecins à une obligation de dénonciation immédiate de toute violence faite
à un enfant, afin que nous puissions intervenir. Les sites de recrutement de
garde d’enfant sont également concernés, qui aujourd’hui ne contrôlent pas
l’honorabilité des personnes ni leur casier judiciaire. Sur ce point, je
changerai le droit.
Monsieur le député, vous avez pris connaissance de ma circulaire d’instruction
au procureur de la République : vous savez que je vous soutiens dans votre
demande, comme je soutiens tous les parents qui ont à vivre ce drame affreux.
> [Violences dans le périscolaire / Intervention au Sénat] Premièrement, nous devons tous mieux entendre la parole de l'enfant. Nous savons qu'il y a beaucoup de viols, d'incestes, d'agressions sexuelles au sein même de la famille : il faut pouvoir les dénoncer, et je souhaite que l'on applique la loi sur le secret médical. Idem s'agissant du périscolaire - et j'associe la ministre des sports.
Deuxièmement, nous devons travailler avec les collectivités locales qui embauchent les animateurs. Ayant été maire moi-même, je sais combien c'est difficile, s'agissant d'une multitude de contrats courts - mais ce n'est pas une excuse. Les casiers judiciaires sont à la disposition des collectivités locales.
Il y a eu de très nombreuses interpellations, y compris au sein d'un même établissement parisien ; j'ai d'ailleurs remercié Mme la procureure de la République et les agents du tribunal pour leur action. En effet, aucun signalement n'avait été transmis à la justice. (Mme Agnès Evren lève les bras au ciel.)
Nous devons changer en profondeur notre mode de fonctionnement. Cette remarque vaut pour les parquets - d'où la circulaire que j'ai prise dès la révélation de ces sujets -, mais aussi pour les collectivités, à commencer par la plus importante d'entre elles.
Pour que la parole des enfants soit entendue, il faut que celui qui a embauché la personne mise en cause signale les faits à la justice. Dès qu'un enfant est en danger, le principe de précaution doit s'appliquer !
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> [Pouvoir d’achat / Intervention à l’Assemblée] Le pouvoir d’achat ne se
résume pas à des chiffres ; c’est aussi un ressenti, et cela compte autant
à mes yeux.
Depuis octobre dernier, mon action se fonde sur trois convictions fortes.
La première est que nous devons redonner de la liberté : chacun doit
pouvoir utiliser son argent comme il le souhaite. Ce sera le sens de la mesure,
appelée à être débattue par le Parlement, permettant le déblocage à titre
exceptionnel de l’épargne salariale ; le sens également de l’extension de
l’usage des titres-restaurants aux courses alimentaires, que je souhaite
pérenniser et dont vous aurez l’occasion de débattre.
La seconde est que nous devons agir sur les prix pour proposer du made in
France accessible. Je me bats pour un pouvoir d’achat créateur, dans tous les
territoires, d’emplois et d’activité. Nous devons reconquérir les premiers
quartiles de prix, y compris dans des secteurs que nous avions abandonnés,
comme le textile. T-shirts, jouets ou brosses à dents : nous savons faire
ces produits du quotidien. Cela vaut également pour le secteur alimentaire. Au
moyen d’une meilleure péréquation des marges, nous devons favoriser les
produits sains et locaux par rapport aux produits ultratransformés. Il y a
quelques années, j’avais eu cette petite phrase : « Il faut que le
coco de Paimpol arrête de financer le cola d’Atlanta. » Autrement dit, sur
les produits locaux et sains, la grande distribution doit accepter, à l’inverse
de ce qu’elle pratique actuellement, de faire moins de marge que sur les
produits ultratransformés.
La troisième, enfin, est que la hausse du pouvoir d’achat passera par une
hausse des revenus du travail – et pas seulement du salaire. Je veux ainsi
développer le partage de la valeur – intéressement, participation –, notamment
dans les PME de moins de cinquante salariés où ces pratiques n’existent pas
toujours. Je milite également activement pour l’actionnariat salarié.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Plan électrique / Intervention à l’Assemblée] L'électrification de nos usages est capitale
pour notre économie et notre souveraineté. Le contexte de guerre au Proche et
au Moyen-Orient le met particulièrement en lumière. Les énergies fossiles
importées nous coûtent 60 milliards d'euros par an, et davantage encore
quand des crises surviennent.
Or les crises énergétiques ponctuent désormais notre quotidien ;
hélas, elles n'épargnent personne. Pour le pouvoir d'achat des ménages et la
compétitivité des entreprises, nous devons opérer le plus vite possible cette
transition. C'est le sens du plan d'électrification présenté le mois dernier,
qui s'inscrit dans la continuité de l'action menée ces dernières années et
n'exclut évidemment pas les réponses de court terme pour le soutien au pouvoir
d'achat des Français qui trinquent le plus à la pompe.
Nous avons la chance de disposer d'une électricité décarbonée abondante et
compétitive : la production nucléaire a retrouvé un niveau élevé et les
énergies renouvelables ont connu un développement important ces dernières
années, ce qui protège le pouvoir d'achat des Français de difficultés plus
graves. La troisième PPE vise à poursuivre cette dynamique, prévoyant
notamment le développement des EPR2 et confirmant le rôle essentiel des
énergies renouvelables dans notre mix.
En ce qui concerne l'éolien en mer, nous avons lancé le dixième appel d'offres,
pour 10 gigawatts sur l'ensemble de nos façades maritimes. Pour l'éolien
terrestre, un nouvel appel d'offres sera lancé avant l'été, avec une priorité
donnée au renouvellement des parcs actuels. S'agissant du solaire, un cahier
des charges a été récemment publié.
Les Français sont prêts à opérer cette transition. À
nous de les aider, notamment en réduisant l'investissement de départ. Faciliter
le déclic, c'est le sens du plan d'électrification.
L'État, les collectivités territoriales ont un rôle, mais aussi les acteurs
privés. Ce matin, de grands énergéticiens, comme EDF, se sont engagés à
proposer des offres encore plus compétitives.
Nous serons vigilants sur les travaux de raccordement menés par RTE, qui
doivent aboutir dans les mois qui viennent. Nous continuerons à travailler avec
vous pour passer du « premier arrivé, premier servi » au
« premier prêt, premier servi ». Vous connaissez tous des industriels
en difficulté.
Nous aurons l'occasion d'en reparler dans les semaines et les mois à venir.
> La transition énergétique est une révolution industrielle et un changement de modèle. C’est l’affaire de tous : de l’Etat, des collectivités et des entreprises, réunies par le président qui s’engagent pour atteindre les objectifs du plan d’électrification.
> Nous vivons une crise énergétique qui impacte nos concitoyens… Il y a donc urgence à en sortir, pour l’indépendance française et pour le pouvoir d’achat des ménages.
> [Dôme de chaleur] Un dispositif de veille, activé il y a deux jours par le ministre de l’Intérieur, monte en puissance avec les préfectures et les communes. (…) La vigilance de l’État est totale.
Jean-Didier Berger (ministre délégué auprès du
ministre de l’Intérieur)
Alice Rufo (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur de
la ministre des Armées et des Anciens combattants)
> [Aide militaire à l’Ukraine / Intervention au Sénat] La France a engagé un travail de coproduction
étroit avec l'Ukraine dans le domaine des drones, au rôle désormais décisif.
C'est en temps réel que les armées tirent les leçons des conflits en cours.
L'actualisation de la LPM de 2023 tient donc compte du développement des
attaques saturantes et de la nécessité d'être agile sur le low cost,
tout en conservant un modèle d'armée cohérent.
Oui, il faut de la masse, mais aussi de la cohérence. L'Ukraine a
grandement besoin de moyens de défense aérienne. La LPM prévoit de tels
investissements.
Nous avons été cohérents dans l'augmentation de notre budget de défense et
dans le pilotage stratégique de notre modèle d'armée.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> A Bruxelles. J’ai défendu un budget européen ambitieux pour soutenir nos
agriculteurs, investir dans l’innovation et réarmer. Ce budget ne pourra pas
reposer uniquement sur les contributions des États: il est urgent de doter
l’Union de ressources propres.
> Les Européens ne peuvent pas être les derniers évangélistes d’une religion à laquelle plus personne ne croit. L’UE doit protéger son secteur contre les pratiques commerciales déloyales de la Chine. Le libre-échange oui, mais avec réciprocité.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Le 27 mai 1943, dans un Paris occupé, 17 résistants se réunissaient
clandestinement autour de Jean Moulin pour poser les bases de ce que serait la
France une fois libérée. Au-delà de leurs différences, ils avaient en partage
une conviction : celle d’une République à reconstruire, fidèle à ses valeurs.
83 ans plus tard, leur courage demeure un héritage précieux.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> En matière d'immigration, il faut que la France accueille moins pour
accueillir mieux. Je souhaite que la France assume désormais une préférence
travail, définie entre les partenaires sociaux et le parlement.
> Nous avons tous les atouts pour redevenir la première puissance d'Europe, à condition de nous concentrer sur 4 priorités claires : École, salaire, frontières, IA.
> Il n’y a pas d’arrière-pays, il n’y a qu’un pays. Réduire nos villages à de simples « cartes postales », c'est faire preuve d'un profond mépris pour la France rurale. Et c'est à toute la France et à tous les Français que je veux m'adresser.
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> L’adaptation au changement climatique est une transformation profonde,
il ne faut pas la minorer. Mais il ne faut pas non plus tomber dans une logique
de fin du monde. Beaucoup de pays ont 5 ou 10 ans d’avance sur nous sur des
sujets auxquels ils ont été confrontés depuis plus longtemps. On peut apprendre
de l’Espagne sur la gestion de l’eau, de la Grèce sur l'organisation du travail
pendant les canicules. Les solutions existent et il faut regarder les
meilleures pour les mettre en place en France. Nous avons désormais un plan
national d’adaptation au changement climatique. Maintenant, il faut le
dérouler. Oui, cela nécessite de l’argent public, mais pas seulement. Nous
avons la Caisse des dépôts. Beaucoup de grandes entreprises ont déjà des plans
d’adaptation. Mais nous devons développer les compétences pour gérer ces
travaux, accompagner les plus petites entreprises et donner des solutions clés
en main aux Français.
> Sur la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique, il y a des gens qui sèment le doute et défendent les intérêts des énergies fossiles. Ces narratifs sont très souvent relayés par l’extrême droite et une partie de la droite et cela rend ces politiques publiques beaucoup plus compliquées à mener auprès du grand public.
> [Dôme de chaleur] Dans les îlots de chaleur, dans des quartiers de tours verticales sans espaces verts, tels qu’on en rencontre en banlieues, il peut y avoir jusqu’à 7 degrés d’écart entre la température annoncée à la météo et celle au dernier étage d’une tour. C’est un problème majeur de santé publique et d’inégalités sociales et ça soulève un vrai enjeu de rénovation thermique et de financement. S’il fait 40 degrés chez vous, vous n’arriverez pas à 26 degrés en mettant la clim. Dans ces territoires, il faut mener une vraie politique publique d’adaptation au changement climatique avec des maires, des collectivités locales et des bailleurs sociaux à la manœuvre et le soutien de financements de l’État.
> Pour s’adapter au changement climatique, il faudra de la climatisation. Mais il faut le faire correctement : avec des technologies appropriées et en privilégiant les solutions qui ont une bonne performance énergétique (pour baisser la facture) et environnementale. Et c’est encore mieux si ces solutions sont produites en France, comme les pompes à chaleur réversibles.
Elisabeth Borne (députée)
> Le dérèglement climatique est là. Nous avons déjà doublé le rythme de
baisse des émissions de gaz à effet de serre. Mais face à l’urgence climatique,
nous devons agir, collectivement, à l'échelle européenne, et poursuivre avec
détermination cette transition écologique.
Marc Ferracci (député)
> Je suis convaincu que nous pouvons allier croissance et décarbonation. Je
me méfie du discours de la décroissance, parce qu’il porte une vision
décliniste de notre avenir. À force de dire à la jeunesse que produire,
innover, construire ou même fonder une famille nuirait à la planète, on
installe l’idée que l’avenir même serait une menace. Je crois exactement
l’inverse. Nous devons rassurer nos enfants : nous avons un cap, celui de la
décarbonation. Nous avons des leviers : la science, l’innovation, l’industrie,
l’énergie bas carbone, l’efficacité énergétique. Il faudra faire des efforts.
Il faudra réformer. Il faudra créer davantage de richesses pour financer cette
transformation. Mais c’est accessible. À condition de refuser l’immobilisme, de
croire au progrès et de choisir une écologie de la solution plutôt qu’une
écologie du renoncement.
> Remettre les idées au centre de cette campagne J’ai du respect pour Gabriel Attal. Il a du talent politique et il préside le parti auquel j’appartiens. Mais le moment que nous traversons exige dans le bloc central de se rassembler sur les idées. Il exige une ligne claire, des réformes audacieuses et un vrai débat de fond. La création de richesses, le plein emploi, la productivité, la souveraineté économique : voilà des thèmes qui doivent être au centre de la campagne. C’est sur ces sujets que se jouera la crédibilité de notre pays demain. Celles et ceux qui s’en saisiront sérieusement mériteront un large soutien.
> Pour financer la transition écologique, pour financer notre souveraineté (...) on a besoin de créer plus de richesses.
> « L’électrification, fil rouge de la politique économique et industrielle de la France. » BTP, industrie, transports, énergie : toute l’économie française se met en ordre de marche pour accélérer l’électrification du pays. À l’Élysée, le Président de la République a réuni l’«équipe de France de l’électricité » pour lancer un appel à la mobilisation autour d’un objectif clair : réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées, protéger le pouvoir d’achat des Français et faire de notre électricité bas carbone un avantage industriel décisif. Mais notre ambition est claire : nous ne voulons pas remplacer une dépendance par une autre. Sortir du pétrole importé ne doit pas signifier dépendre demain de composants, de batteries, de pompes à chaleur, d’équipements électriques ou de technologies industrielles produits ailleurs. C’est pourquoi l’électrification est aussi une stratégie industrielle. Produire en France, maîtriser nos chaînes de valeur, former nos compétences, sécuriser nos approvisionnements et faire émerger nos filières : c’est la condition d’une transition réellement souveraine. La France a un atout unique : une électricité largement décarbonée, compétitive, produite sur notre sol, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables. C’est un levier de souveraineté, mais aussi un levier concret pour nos entreprises, nos artisans, nos transporteurs, nos logements et nos territoires. En tant que ministre de l’Industrie et de l’Énergie, J’avais annoncé, avec Éric Lombard, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, le déploiement réussi des bornes de recharge pour véhicules électriques en France. En déplacement à L’Haÿ-les-Roses, nous avons pu saluer une réalité concrète : notre pays compte désormais près de 2,5 millions de points de recharge sur l’ensemble du territoire, dont plus de 160 000 ouverts au public. C’est cela, l’électrification : des bornes de recharge déployées partout en France, des pompes à chaleur produites sur notre territoire, des poids lourds électriques, des procédés industriels décarbonés, des engins de chantier et agricoles qui évoluent, des réseaux renforcés et des emplois créés dans nos filières. C’est aussi une stratégie industrielle : France 2030, le crédit d’impôt industrie verte, les investissements dans les batteries, l’hydrogène, les pompes à chaleur, les réseaux électriques et la décarbonation des sites industriels les plus émetteurs ont préparé cette accélération. Aujourd’hui, plus de 100 entreprises s’engagent pour faire passer cette ambition à l’échelle. Électrifier la France, c’est moins importer, moins émettre, mieux produire. C’est faire de la transition énergétique une opportunité industrielle, sociale et territoriale. Et c’est surtout une conviction : la souveraineté énergétique de demain se construit avec les usines, les ingénieurs, les techniciens, les artisans et les salariés d’aujourd’hui.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Les réalités hydriques du Lot ne sont pas celles de Charente. Les chaleurs
extrêmes de cette fin mai nous le rappellent : le débat sur l'eau ne peut se
résumer au mot galvaudé de « méga-bassine ». Chaque territoire a ses
particularités. Adaptons, écoutons les agriculteurs.
Perrine Goulet (députée)
> [Lutte contre les violences
faites aux enfants] Tous les
procès publics qu'on peut avoir sur les violences actuellement sont salvateurs
par rapport à la prise de conscience aussi de notre pays.
> [Lutte contre les violences faites aux enfants] On a vraiment un problème dans notre pays d'écoute de la parole de l'enfant, du signalement quand on a un doute. (…) À partir du moment où un enfant parle, présomption de vérité, on le protège.
> [Lutte contre les violences faites aux enfants] 614 nourrissons de 0 à 2 ans sont passés dans les services de justice pour des agressions sexuelles ou des viols l’an dernier. Un enfant toutes les 7 minutes est victime de viols dans notre pays.
> [Lutte contre les violences faites aux enfants] On voit bien qu'on a un pays qui est violent avec ses enfants. Il faut qu'on le regarde en face et que chacune et chacun, vous, moi, on ait aussi un regard sur l'enfant qui est à côté de nous. Et que quand on a un doute, on le signale.
> [Violences dans le périscolaire] Il serait temps qu'on norme un petit peu et qu'on exige de la formation de ces professionnels. Mais ce qui veut dire aussi que si on exige de la formation, il faut aussi qu'on les paye en conséquence.
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Bernard Guetta (député)
> [Opinion: L’interlocuteur
obligé de Poutine n’est plus l’Amérique mais l’Europe] Balbutiante et fragile, la diplomatie
européenne va faire ses premiers pas en Ukraine. Elle ne sait pas encore à quel
moment et comment entrer en scène mais tout l’y pousse car un vide s’est créé
depuis que Donald Trump s’est essoufflé en Iran et voudrait se refaire à Cuba.
Longtemps, le président américain avait
cru que la Russie avait les cartes en main, que l’Ukraine devrait lui céder
tout le Donbass pour survivre et qu’il pourrait ainsi s’entendre avec Vladimir
Poutine sur le dos des Européens dont ils ne veulent ni l’un ni l’autre voir
s’affirmer l’unité politique. Il n’avait donc eu de cesse de tordre le bras aux
Ukrainiens mais la Russie fait du surplace quand elle ne recule pas, ne
parvient plus à recruter assez d’hommes pour remplacer les quelque 30 000 morts
ou blessés qu’elle perd chaque mois et l’Ukraine parvient à endommager assez de
raffineries russes pour que l’envolée des cours du brut n’ait pas autant
profité au Kremlin qu’il aurait pu l’espérer.
Vladimir Poutine se terre si bien qu’on
le surnomme aujourd’hui « Pépé bunker ». Les grandes fortunes, les classes
moyennes et même des proches du président se laissent gagner par l’inquiétude
et bien que l’armée russe multiplie les provocations contre les Pays baltes
pour tester les réactions occidentales, l’idée qu’il faille en finir avec cette
guerre progresse à Moscou.
C’est tout à fait publiquement que le
Kremlin se dit désormais prêt à des conversations avec l’Europe car Donald
Trump n’est plus en position d’imposer une reddition à Kiev alors que l’Union
vient, elle, de débloquer un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine. Quel
qu’en soit son regret, l’interlocuteur obligé de Vladimir Poutine n’est plus
l’Amérique mais l’Europe et les Européens sont parfaitement conscients, de leur
côté, que c’est leur moment de vérité.
Pour eux, c’est être ou ne pas être. Ou
bien ils savent relever ce défi ou bien l’Union renonce à s’affirmer en acteur
de la scène politique internationale et les voilà donc, depuis plusieurs
semaines, en quête d’un négociateur. Vladimir Poutine leur a suggéré son ami
Gerhard Schröder, l’ancien chancelier allemand dont il a fait le président du
conseil d’administration de Gazprom. Les Européens ont évidemment décliné mais
hésitent entre la responsable en titre de leur diplomatie, l’Estonienne Kaja
Kallas ; l’ancien président de la Banque centrale européenne, l’Italien Mario
Draghi ; le président finlandais Alexander Stubb ; son prédécesseur, Sauli
Niinistö, ou encore le Portugais Antonio Costa qui a pour lui un atout majeur.
En tant que président du Conseil
européen, il exprime le consensus des 27 chefs d’Etat et de gouvernement qui
l’ont placé à la tête de leur cénacle. Cela lui donnerait un poids décisif
vis-à-vis de Vladimir Poutine et ce n’est pas tout car, avec lui, la diplomatie
européenne serait clairement placée sous l’autorité des Etats membres alors que
la Commission a eu ces dernières années tendance à se l’approprier. On verra
mais, sur le fond, les Européens ont-ils la possibilité d’imposer au Kremlin un
compromis que les Ukrainiens puissent accepter ?
A priori non puisque la Constitution
russe a été modifiée pour faire de la totalité du Donbass un territoire de la
Fédération de Russie, que le Kremlin s’est ainsi lié les mains et exige en
conséquence que la négociation lui offre ce qu’il n’a pas su s’attribuer par
les armes.
C’est le nœud du problème mais si
Vladimir Poutine, contraint d’en finir, se résolvait à accepter que le
cessez-le-feu soit établi le long de la ligne de front, un règlement
deviendrait possible. Le Kremlin pourrait dire que la paix demandait qu’une
partie du Donbass reste « occupée » par l’Ukraine tandis que les Ukrainiens
pourraient renoncer à la reconquête des terres contrôlées par la Russie sans
pour autant accepter leur annexion.
Comme il y eut deux Allemagne, il y
aurait une Ukraine russe et une Ukraine indépendante. Les formulations
nécessaires ne sont pas introuvables et tout tient en fait à la garantie de
sécurité que l’Union devrait donner aux Ukrainiens en les acceptant sans délai
dans ses rangs, toutes procédures oubliées. Plusieurs pistes sont explorées et
le chancelier allemand vient de proposer que l’Ukraine soit associée à l’Union
en siégeant dans toutes ses institutions mais sans y avoir immédiatement de
droit de vote.
Les grandes lignes d’un compromis sont
claires mais il n’y aura pas de vraie percée tant que le sort des armes n’aura
pas convaincu Vladimir Poutine de l’impossibilité de s’adjuger la totalité du
Donbass. Il y faudra tout l’été et plus longtemps peut-être.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> À Bruxelles, pour la réunion des « Ministres du futur », organisée par la
présidence chypriote du Conseil de l’UE et la Commission européenne. La Chine a
un plan, l’Europe doit en avoir un : démographie, IA, protection contre les
menaces commerciales… Les lignes bougent !
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Une société qui ne protège pas ses enfants finit par se fragiliser. Avec
les smartphones, des réseaux créent de l'emprise, des situations de violences,
voire de la prédation. Dès la disparition d'un enfant, un réflexe : appeler le
116 000.
> Derrière chaque chiffre de la pauvreté infantile, il y a un enfant, une famille et un avenir qui se joue. La Garantie européenne pour l’enfance nous oblige collectivement : elle nous rappelle qu’aucun enfant ne doit grandir éloigné de ses droits, de l’éducation, de la santé ou de la dignité. La France est pleinement mobilisée pour faire vivre cette ambition européenne sur le terrain, au plus près des familles. Et c’est ensemble que nous réussirons à ne laisser aucun enfant de côté.

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