mardi 30 juin 2026

Propos centristes. France – Canicule / Présidentielle 2027 / Le Peine de mort n’est pas une solution / Baisse de l’inflation / Organisation du sport professionnel / L’ère de la géoéconomie / Défense européenne et coopération industrielle…


Voici une sélection, ce 30 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Discours à l’occasion du 9e Congrès mondial contre la peine de mort] Je suis très heureux, Président, d'être là à vos côtés en cette journée. C'est au fond, un vieil engagement, engagement pris aux côtés de Robert Badinter lorsque nous avions célébré ensemble les 40 ans de la loi d'abolition en France, engagement pris à Chaillot lorsqu'on célébrait des textes ô combien importants au fondement de nos principes et de nos valeurs, et engagement pris auprès des uns et des autres durant toutes ces dernières années, qui sont des engagements que la France a pris depuis des décennies, même plus loin que cela. En accueillant aujourd'hui le 9e Congrès mondial contre la peine de mort, la France retrouve au fond un rendez-vous qu'elle avait contribué à inaugurer à Strasbourg il y a 25 ans avec le tout premier Congrès. Elle continue d'être aux côtés de celles et ceux qui se battent pour l'abolition.
Depuis, le monde a profondément changé, c'est une évidence de le dire. Nombre d'États abolitionnistes ont rejoint. L'abolition de la peine de mort est en effet l'un des rares droits humains en constante progression et l'espérance d'une abolition universelle constitue un horizon accessible. Toutefois, et j'y reviendrai, les risques demeurent dans beaucoup de pays et quand je vois les débats dans nos pays, je considère que rien n'est acquis. La France, l'Europe, de nombreux États à travers le monde, dont je veux ici saluer l'engagement et les représentants, ont endossé ce combat, continuent à le faire, il est essentiel. La France elle-même sait que l'abolition de la peine de mort est un combat. Beaucoup de gens font semblant de croire que c'est au fond une évidence, que cela aurait toujours été, que c'est très simple. Je n'oublie pas le combat qui a été mené il y a plus de 40 ans contre l'opinion publique, contre, au fond, l'opinion telle qu'elle semblait s'exprimer, mais au nom des principes qui guident cette abolition.
Je sais que dans beaucoup de pays où cette abolition continue de progresser, rien de ce chemin n'est évident. C'est toujours le fruit d'un débat profond, parfois douloureux, traversant nos sociétés, nos consciences, nos convictions les plus intimes. Une majorité de nos compatriotes était encore en effet opposée à l'abolition quand, le 18 septembre 1981, l'Assemblée nationale adoptait la loi portant abolition de la peine de mort, initiative alors portée par le garde des Sceaux Robert Badinter, soutenu dès sa campagne par le Président François Mitterrand. Nous avons appris et compris qu'une démocratie pouvait se montrer inflexible à l'égard du crime sans pour autant renoncer à l'humanité, sans pour autant, au fond, devenir ce qu'elle combat. Cette expérience aussi nous invite à beaucoup d'humilité. Aucun peuple ne transforme ses représentations de la justice en un jour. La peine de mort, je le dis ici avec beaucoup d'humilité devant plusieurs femmes et plusieurs hommes qui ont vécu ces situations.
La peine de mort, c'est d'abord un silence, celui que décrit Hugo et beaucoup d'autres, celui qui suit le prononcé de la sentence, chape de plomb froide qui s'abat sur l'individu et assassine déjà une part de son humanité. La peine de mort, c'est ensuite une attente. Cette attente du condamné qui vit ses derniers jours, parfois nombreux, le corps et l'esprit enchaînés à une seule et même pensée, terrible, insoutenable, incommensurable : la mort. Depuis des siècles, la peine de mort accompagne l'histoire des Hommes. Elle a été présentée comme une nécessité, comme une justice, parfois comme une protection, mais nous savons qu'il n'en est rien. Je ne veux pas ici revenir sur les débats, les démonstrations, sur l'instrumentalisation de celles-ci, les biais, le caractère toujours faillible de nos décisions de justice qui vont avec notre justice elle-même. Je voudrais simplement dire à cet égard deux choses très simples.
La peine de mort n'a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu'elle ne dissuade pas. C'est faux. Ça a été montré, observé, mesuré. La peine de mort n’a et n'a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs, souvent autoritaires, qui la défendent voudraient lui accorder. Elle peut être une arme, elle n'est jamais un bouclier. La deuxième chose fondamentale à mes yeux, c'est qu'au fond l'abolition, c'est la reconnaissance de la dignité humaine, c'est le fait que quoi que l'un ou l'une d'entre nous ait pu faire, nous n'avons pas le pouvoir de lui nier cette appartenance à notre humanité. Ce principe est au fondement de toutes nos sociétés démocratiques. Ce principe est la possibilité même de vivre ensemble. Même avec le pire des hommes ou la pire des femmes, nous devons faire et nous ne pouvons lui nier sa part de dignité humaine. Nous pouvons le punir, nous devons le punir. Nous devons contribuer à la restauration des droits de la victime, de ses ayants droit, de sa famille. Nous devons le punir pour lui faire comprendre, porter réparation au nom de la société, mais nous n'avons pas le droit de lui enlever cette appartenance à l'humanité.
Il y a en quelque sorte une trahison de ce que nous sommes et de ce que sont nos sociétés démocratiques dans la peine de mort, en ce qu'elles viennent d'une part nier la dignité de l'autre, ce qui nous est interdit, mais en ce qu'elles pensent qu'on peut chasser le mal de la société. Être une démocratie, c'est construire la possibilité de prendre des décisions ensemble, de donner des représentations, de prendre des lois, de prendre des décisions, mais c'est reconnaître la part de tous au sein d'une société démocratique, la part de chacun, et d'accepter qu'on ne chasse pas le mal qui est le nôtre hors de notre société. On le contraint, on le réduit, on le sanctionne, on le prévient par l'éducation, parfois par le soin, mais on ne peut pas le chasser et le nier, et en aucun cas la peine de mort véritablement ne le supprime. C’étaient les deux choses que je voulais rappeler à cet égard, qui me paraissent importantes.
La peine de mort n'est pas efficace, contrairement à ce qu'on nous dit, la peine de mort est une négation de l'humanité et du principe de dignité humaine qui est en chacun de nous. C'est pourquoi, à cet égard, une démocratie ne se mesure pas seulement à la force de ses lois, mais à sa capacité à préserver la dignité de chacun, de réussir ce combat pour l'abolition. L'histoire de l'abolition, c'est celle d'une marche en avant, je le rappelais en commençant mon propos, et nous pouvons en effet nous réjouir du nombre croissant d'États abolitionnistes, mais la peine de mort reste cependant encore dans de nombreuses régions du monde une réalité. Alors que le monde n'a jamais été aussi proche de l'abolition, jamais les exécutions n'ont été aussi nombreuses dans les pays qui ont encore ce principe. Le nombre d'exécutions a même atteint l'année dernière son niveau le plus haut depuis 1981, avec 2 707 personnes exécutées par les autorités de 17 pays seulement. 25 000 personnes se trouvent, à l'heure où nous sommes réunis, dans l'attente insoutenable de leur exécution.
C'est devant cette réalité et adossés aux principes humanistes qui ont fait rayonner leur histoire commune que la France et l'Europe sont pleinement engagées dans la voie de l'abolition universelle. Après avoir retiré de leurs législations respectives la peine capitale, les Européens réunis au sein du Conseil de l'Europe ont décidé collectivement de fonder en 2003 le premier et plus vaste espace politique de l'histoire sans peine de mort, à travers la ratification du 13e protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l'Homme. C'est une fierté. Notre Union européenne a également fait de l'abolition une condition à l’intégration par de nouveaux États. L'idéal abolitionniste est au cœur des principes et de l'édifice européen, mais il n'est en aucun cas réductible à l'Europe seule. D'abord, faisant référence au Conseil de l'Europe, il doit s'étendre à la totalité de son espace, y compris jusqu'à ses confins, y compris jusque dans des pays qui, aujourd'hui encore, le bousculent.
Surtout, au-delà de l'humanisme qu'il y a derrière l'abolitionnisme, je veux ici redire, je l'évoquais à l'instant avec quelques-uns et quelques-unes de nos combattants de la liberté, c'est un principe universel. En aucun cas, l'idée abolitionniste ne pourra être réduite à une conception strictement européenne, ni même occidentale. Il y a des combats qui transcendent les frontières, les époques, les régimes politiques, et l'abolition universelle de la peine de mort en est un. S’il suffisait de convoquer aussi des arguments historiques et géographiques, on pourrait ici rappeler que dès 1863, le Venezuela faisait le choix historique d'abolir la peine de mort, ouvrant un chemin qui allait progressivement être emprunté sur tous les continents. Depuis notre dernier rendez-vous à Berlin en 2022, le mouvement de l'histoire a poursuivi sa marche sur d'autres continents. La Zambie et le Zimbabwe ont pris la décision d'abolir la peine capitale.
Je veux saluer l'annonce importante faite par le ministre pour le Liban, je les en remercie ô combien. Je pense qu'il n'y a rien d'innocent à prendre pour le Liban une telle décision si courageuse, au moment où dans le voisinage d'autres décisions funestes sont prises qui vont dans le sens contraire. Je veux saluer tous les États aussi qui, comme la Malaisie, ont engagé des réformes importantes réduisant le recours à la peine de mort, même si des étapes sont encore à franchir pour aller jusqu'au bout. Ces décisions nous rappellent qu'aucune fatalité n'attache durablement un peuple à la peine de mort et que l'abolition n'est pas un idéal lointain. Mais un chemin concret sur lequel chaque étape compte. A ce titre, je ne peux voir qu'avec inquiétude ce que dans le Sahel, en Israël, certains poussent avec des textes de loi proposés, que je l'espère, les cours suprêmes en indépendance et en conscience auront à juger.
Enfin, la cause de l'abolition universelle ne saurait être menée sans la mobilisation indispensable des sociétés civiles, des organisations non gouvernementales, des défenseurs des droits qui sont les forces vives du mouvement abolitionniste. Je souhaite ici leur rendre hommage, en particulier à « Ensemble contre la peine de mort », organisateur de ce Congrès, à la « Commission internationale contre la peine de mort » également, à laquelle a longtemps appartenu Robert Badinter, à l'ensemble des organisations de la société civile et à leurs jeunes militants qui sont engagés dans ce combat, aux Nations unies, Monsieur le Haut-Commissaire, et à l'importance, là aussi, de votre soutien, et à l'ensemble des lauréats Marianne que je viens de voir et qui sont, là aussi, une des initiatives portées par la diplomatie française qui visent à accompagner ces femmes et ces hommes qui, avec courage, se battent pour les droits humains, pour la dignité humaine et pour l'abolition.
Voilà, mesdames et messieurs, ce que j'étais venu vous dire en soulignant, au fond, au-delà de tout cela, l'importance de ce Congrès et de votre mobilisation. Permettez-moi aussi de saluer la décision des autorités marocaines d'accueillir le prochain Congrès mondial contre la peine de mort, choix important. Au fond, en concluant mon propos, je voudrais simplement nous rappeler collectivement une chose, ça vaut pour ceux qui vivent dans des pays qui pratiquent encore la peine de mort comme dans les nôtres, y compris dans ce vieux pays qu'est la France, après les débats que nous avons encore eus ces dernières semaines. Ça n'est jamais acquis, jamais. Ne pensez pas que vous êtes les combattants d'une cause qui vaut pour tel ou tel pays qui n'a pas encore aboli, ou que vous êtes les combattants d'une mémoire qui a déjà vieilli. La bataille pour l'abolition, parce que c'est une bataille pour la dignité humaine, est éminemment contemporaine.
Parce qu'aujourd'hui, dans nos sociétés, ce débat revient. Parce qu'aujourd'hui, dans nos sociétés, beaucoup se remettent à penser que la peine de mort serait une réponse, dans une confusion des principes et du langage. Ne croyez pas une seule seconde que le combat qui est le vôtre ne vaut pas aussi pour ici et pour aujourd'hui. Je le dis aux plus jeunes qui sont nés, c'est une chance, dans des pays où l'abolition était déjà là, qui n'ont pas eu à vivre ces débats et qui pourraient penser au fond que c'est de toute évidence, comme tous les combats pour les droits humains. C’est le fruit de luttes et ces luttes sont toujours à reprendre. C'est pourquoi votre Congrès est important, c'est pourquoi le combat qui est le vôtre est essentiel. Je dirais même que pour nos sociétés démocratiques, il est existentiel.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Avant de vous [Les écologistes] répondre, au nom du gouvernement, je veux dire à nouveau notre émotion à l’égard de l’ensemble des victimes, de leurs familles et de leurs proches et –
 puisque vous ne l’avez pas fait – saluer l’engagement remarquable des services de l’État, celui des soignants qui font tenir l’hôpital, des pompiers, du corps préfectoral, des policiers, des gendarmes. On peut critiquer le gouvernement, mais pas semer le doute sur l’action de l’État, comme je vous entends le faire dans les médias depuis plusieurs jours, alors que l’État tient face à chaque crise !
Deuxième point : je ne souhaite pas polémiquer. C’est vous qui, par votre question, vous tirez une balle dans le pied en cherchant à susciter une polémique purement politicienne au sujet d’une question particulièrement grave.
En bon républicain, j’ai la faiblesse et l’humilité
 une qualité que votre propos ne transpirait guère! – de considérer que tous les gouvernements, singulièrement depuis l’élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, ont, chacun à sa mesure, agi contre le réchauffement climatique. Le nier, c’est abîmer le consensus républicain ! Pendant le quinquennat du président de la République François Hollande, plusieurs ministres issus de votre famille politique ont d’ailleurs été aux responsabilités : vous ne pouvez pas dire de vous-mêmes que vous avez été inactifs ces dernières années ! Là encore, ce qui se joue derrière tout cela, notamment entre les républicains, c’est le consensus au sujet de l’avenir en matière de climat.
Avançons. Vous ne pouvez pas dire qu’aucune mesure n’a été prise. Le Plan national d’adaptation au changement climatique a ainsi été élaboré en 2011 puis actualisé en 2018 et en 2025.
Des outils existent, tel le fonds Vert créé par le gouvernement en 2023. Vous avez le droit de critiquer des choix budgétaires annuels, mais il n’y a pas eu un monde avant la création du fonds Vert, dans lequel il y avait des ministres écologistes et rien d’autre, et un monde après sa création, qui aurait tout réglé.
Juger que le gouvernement a été inactif à l’aune de la seule évolution du financement du fonds Vert –
 alors que nous l’avons créé ! – est tout à fait absurde politiquement.
Continuons : 4,5 milliards d’euros, 25 000 projets, tout ça, c’est concret. Quelque 18 milliards étaient consacrés à l’adaptation au changement climatique en 2021 contre 28 milliards en 2025. On peut toujours considérer que ce n’est pas suffisant, mais il faut bien expliquer aux Françaises et aux Français que le déficit public est dû précisément au choix politique que nous avons fait de consacrer davantage d’argent à de telles mesures. Alors pourquoi caricaturer, pourquoi travestir la réalité et la vérité ?
Ce matin, à l’issue de votre réunion de groupe, vous avez demandé l’organisation d’une commission d’enquête parlementaire relative aux politiques publiques de lutte contre le changement climatique et d’adaptation du pays.
Je vais vous surprendre : j’y suis favorable, pour la simple et bonne raison qu’elle fera objectivement état du rôle de chacun. Et quelque chose me dit que cette commission d’enquête se retournera contre vous comme un boomerang, madame la présidente, car elle permettra d’établir calmement les faits et constatera que, si nous avons évidemment besoin d’accélérer, les gouvernements successifs n’ont pas été inactifs. Sur ce besoin, nous pouvons construire un consensus.
Mais je forme le vœu que cette commission d’enquête ne s’arrête pas là. Elle devra aussi se pencher sur l’action des maires, y compris dans les grandes villes à la destinée desquelles vous présidez parfois depuis 2014, et où votre bilan n’est pas si édifiant qu’il puisse servir de modèle –
 les électeurs vous ont d’ailleurs désavoué dans certaines d’entre elles ! Souhaitons que l’humilité soit contagieuse et cherchons, sur ce sujet aussi, à construire des compromis et un consensus.
La commission d’enquête parlementaire nous permettra peut-être aussi de comprendre pourquoi, à chaque fois qu’il faut agir, vous nous faites défaut ! Je pense à la programmation pluriannuelle de l’énergie, dont l’étude a été l’occasion pour votre groupe de déposer une motion de censure alors que l’extrême droite attaquait le gouvernement au sujet de la décarbonation, ou au plan d’électrification des usages, duquel votre groupe n’a pas dit un mot. C’est tout le problème de l’écart entre écologie politique et instrumentalisation de l’écologie à des fins politiques !
Dernier point –
 c’est la première fois que je sors de mes gonds lors d’une séance de questions au gouvernement : d’où sortez-vous ce bilan humain fallacieux de 10 000 morts, dont vous-même et les vôtres, du président Gontard, votre collègue sénateur, à Mme la députée Rousseau, faites état sur les plateaux de télévision depuis plus de trois jours ? C’est scandaleux, c’est indigne ! Chaque mort est un mort de trop, mais si votre formation politique, qui est un parti de gouvernement, ne fait pas confiance à Santé publique France, à l’administration sanitaire du pays, comment nous en sortirons-nous ? De grâce, madame la présidente, faites preuve d’un peu de dignité et de responsabilité 

> [Canicule] Je me permets évidemment de faire un retour d'expérience, comme on dit dans les armées, assez précis de l'épisode caniculaire précédent. Avec Météo-France et les équipes, faire un point évidemment sur la situation en cours sur le terrain hospitalier, à venir sur le terrain météorologique, mais enfin évidemment, et je le fais devant les médias, avoir une pensée particulière pour les victimes, non seulement d'ailleurs en France, mais aussi dans désormais beaucoup de pays en Europe de cette canicule, leurs familles et celles et ceux qui sont évidemment éprouvés par cette crise climatique et de chaleurs extrêmes sur lesquelles on va revenir dans un instant. 
Je pense que pour cette CIC, je vous propose de regarder de la manière la plus rationnelle possible, globalement, la liste de ce qui a fonctionné — et beaucoup de choses ont fonctionné — et d'ailleurs, ce qui a fonctionné globalement et ce qui a été anticipé, puis les éléments, à mon avis, qui méritent une attention particulière, et je le dis clairement, les choses qui ont moins bien fonctionné et sur lesquelles je souhaite qu'on puisse trouver un certain nombre de réponses. 
Certaines ont déjà été documentées par les équipes et les ministères, et je vous en remercie, et ça a été remonté, et qu'on puisse prendre un certain nombre de décisions dans les jours qui viennent, étant entendu que la perspective d'une reprise d'un épisode caniculaire est possible, avec la prudence évidemment qu'il convient d'avoir. 
Sur ce qui a bien fonctionné, je le dis vraiment pour les équipes Météo-France. Je veux le dire parce que, globalement, l'ensemble de la chaîne de prévision et ensuite de réaction, au fond, des agents de Météo-France jusqu'aux agents hospitaliers à l'entrée des urgences de nos hôpitaux, en passant par les forces de sécurité civile, l'ensemble de la chaîne a tenu, et notamment sur la qualité des prévisions. 
Je me rappelle qu'il y a quelques années, parfois, Météo-France faisait l'objet de procès un peu faciles et on voit bien que les différents investissements, la qualité des équipes nous a quand même permis d'avoir des modèles qui sont solides et qui nous permettent en plus d'avoir des partenariats avec les différents pays qui nous entourent. Donc ça, évidemment, cette réactivité-là nous a permis notamment de traiter aussi la question de la Fête de la musique dans des temps records, puisqu'entre le moment où les alertes ont été données, le moment où on est rentrés en discussion avec l'ensemble des préfets, des forces de sécurité civile, forces de sécurité intérieure, on a eu une organisation qui a bien fonctionné. 
La deuxième des choses, c'est évidemment la solidité et la réactivité des capacités hospitalières. Heureusement qu'on a pris les décisions d'ORSAN 2, par la ministre de la Santé, d'ORSAN 3 dans les temps, avec beaucoup de subsidiarité, qui ont permis de déclencher les différents plans blanc ou bleu aussi pour les établissements médico-sociaux. Enfin, on va y revenir parce qu'il y a de l'inertie évidemment sur la tension hospitalière. Et si les températures sont meilleures, ce n'est pas pour autant que la situation n'est pas tendue dans les différents hôpitaux. On va y revenir. 
La troisième des choses, évidemment, Monsieur le ministre de l'Intérieur, la réactivité des forces de sécurité civile. Les chiffres sont impressionnants. Je le dis pour le directeur général, l'ensemble de la chaîne, que ce soit les militaires évidemment sur Paris et Marseille, mais c'est vrai aussi de l'ensemble des SDIS du pays. L'activité opérationnelle a été très, très forte et donc évidemment ça pose des questions aussi d'endurance sur les semaines à venir avec la question des risques des feux de forêt.
La quatrième des choses, c'est évidemment, et à la fois ça a fonctionné, mais on va y revenir, c'est pour moi le sujet de préoccupation numéro 1, c'est les dispositifs locaux de la protection des personnes. Globalement, toute personne fragile confiée à un établissement spécialisé, je pense très fort aux EHPAD, ça a fonctionné. Je pense aussi à l'hébergement d'urgence. Ici ou là, il y a évidemment toujours des difficultés. Mon propos est national, donc il peut souffrir d'exceptions locales. Ces publics sont connus, il existe des plans, ils ont été déclenchés. La chaîne de commandement, si j'ose dire, a bien fonctionné. Sur les populations de nos concitoyennes et nos concitoyens fragiles à domicile, à la fois, les plans ont bien été déclenchés. L'exécution de ces plans, j'en dirai un mot dans un instant, a été beaucoup plus difficile, ce qui explique la décision que nous avons prise avec les ministres de cette activation du réseau des « facteurs » pour permettre de venir ici ou là, venir suppléer les différentes difficultés locales parce que des mairies parfois ayant un manque de moyens, des centres communaux d'action sociale qui ont pu être débordés, un réseau associatif qui avait besoin de suppléances. En tout cas, on voit que c'est perfectible, j'en dirai un mot dans un instant. 
Enfin, de manière plus générique, le système énergétique a tenu. Je le dis parce que parfois beaucoup de contre-vérités l'électricité circulent ici ou là. Je vous rappelle quand même que globalement, avec la climatisation, on est à 25 % de consommation en plus par rapport à la période ordinaire. Quelque chose comme globalement 58 gigawatts. On est loin des 80 gigawatts des pics de l'hiver. Enfin, globalement, la tension était là et le réseau était non seulement de qualité, mais en plus, on a continué à exporter de l'électricité pendant toutes ces périodes. J'en parle maintenant parce que c'est un des défis qu'il va falloir relever aussi sur la résilience de ces réseaux dans la durée. 
Et enfin, un mot pour les transports et la SNCF, dans lequel il y a eu des situations un peu chaotiques au début, mais il y a eu une réactivité très importante du ministère des Transports et des équipes de la SNCF. Il faudra le dire à ces équipes parce que s'il y a eu vraiment des situations très pénibles, il y a aussi un principe de précaution qui s'est évidemment très vite installé : retrait des rames qui ne sont pas encore climatisées, moyennant quoi ? Ça a créé évidemment des perturbations réelles, mais la capacité à protéger les voyageurs est largement ce qui a dominé et je crois pouvoir dire que ça a fonctionné. 
Si j'avance, toute comparaison mécanique, si j'ose dire, et la ministre de la Santé l'a dit, et je pense que les chiffres de Santé publique France viendront encore le démontrer dans les heures qui viennent, toute comparaison mécanique avec 2003 serait assez mal à propos. Je le dis prudemment, c'est un peu tôt, mais on le voit bien, le nombre de victimes à domicile est bien plus important que sur tous les épisodes précédents. En clair, la surmortalité à domicile, c'est-à-dire quand les forces de secours arrivent, malheureusement, les personnes sont déjà décédées. Et à l'inverse, les EHPAD ont tenu, avec une pression qui est forte, un engagement important, évidemment, des équipes, mais aussi beaucoup d'argent qui a été mis ces dernières années. Le fameux Ségur du médico-social aussi est passé par là. Enfin, je le dis comme ancien président de département. On a donc quelque chose qui a bien tenu, mais sur lequel il va falloir y revenir. 
Et puis évidemment, le point d'intention particulier, c'est l'hôpital. Si j'avance maintenant sur les fragilités sur lesquelles ensuite, dans le clos de cette CIC, je souhaite que nous avancions, mais en transparence, je les mets ici sur la table. Oui, oui, je le fais devant la presse pour l'instant et ensuite on y reviendra sur les réponses sans la presse et entre nous. La première fragilité, c'est évidemment la fragilité hospitalière et l'inertie sur les hôpitaux. Je remercie les organisateurs de nombreux événements qui ont accepté les décisions des préfets de gré à gré, en tout cas souvent de gré à gré, mais si on les a prises, ces décisions, c'était pour éviter d'avoir une tension hospitalière plus forte que ce que nous avons connu. Je le dis en revanche tout de suite, sans attendre la CIC, il va sans dire que ORSAN 2 et 3 doivent être maintenus dans les jours qui viennent pour laisser la capacité aux différents hôpitaux de maintenir les plans blancs, l'ensemble des scénarios de déprogrammation sur lesquels on viendra dans le détail, les rappels évidemment de personnel soignant, avec un message de gratitude particulier, là aussi on en reparlera, pour qu'elles ne soient pas oubliées, évidemment, dans cette période particulière. 
La deuxième fragilité qui a largement occupé les débats publics, voire politiques, pour ne pas dire parfois politiciens, c'est la capacité de rafraîchissement des établissements de santé. Donc, la ministre m'a fait une proposition qu'on a tout de suite validée avant le week-end, de l'acquisition de 30 000 climatiseurs. Les premiers milliers de ces climatiseurs, sous l'autorité de la ministre, vont être livrés en fin de semaine-début de semaine prochaine. Il y a un défi logistique et de priorisation important, mais c'est une priorité pour nous absolue en cas de reprise du phénomène, d'avoir une situation hospitalière qui soit beaucoup plus douce, beaucoup plus amortie. Et ensuite, les ministres de la Transition écologique et ministre de l'Énergie et ministre de la Santé auront à réfléchir sur des solutions beaucoup plus structurées, car je le redis, ces dernières années, c'est sûr, quand on a remis 100 euros sur l'hôpital, c'est davantage la revalorisation des soignants ou le matériel médical qui a été priorisé. Le bâtimentaire faisait partie aussi de ces 100 euros, mais de manière plus résiduelle. En tout cas, on ne peut pas rattraper tous les retards en seulement quelques années. En tout cas, la commande des 30 000 climatiseurs est bien validée et les premières livraisons, en quelque sorte, vont intervenir rapidement. 
La troisième fragilité, je le disais en introduction, pour moi, c'est la plus préoccupante. Elle dit aussi quelque chose de notre société sur la question de la solitude, la question des personnes qui vivent seules, des personnes qui vivent seules parce qu'elles n'ont plus de proches. Parfois aussi, je l'ai vu chez moi à Vernon, des personnes qui vivent seules et qui ont des proches qui ne s'occupent plus d'eux, ce qui pose aussi la question du rôle de la puissance publique dans cette affaire. Bon, là clairement, on a quelque chose qui théoriquement fonctionne bien mais sur lequel, on a vu cette semaine que c'était perfectible. La tenue des registres communaux des personnes vulnérables, parfois les fichiers sont de mauvaise qualité. À l'heure du numérique et de l'intelligence artificielle, on a du mal à comprendre, mais en tout cas c'est un défi qui s'impose à nous et ça évidemment, il va falloir le traiter. Ce qui explique ce pourquoi au fond sur les publics, EHPAD [ph] ou sans-abris, ça a été plus facile de les mettre en protection que sur des personnes qui sont tout simplement dans leur sphère privée. Et ça, je crois qu'il va nous falloir avancer dans la planification, ce qui est une des grandes différences avec 2003. S'il y en a une, c'est bel et bien celle-ci. Elle va concerner la puissance publique, elle va aussi concerner tout un chacun parce que, pardon, mais il y a aussi une géographie de cette affaire, davantage en milieu urbain, encore plus d'ailleurs en Île-de-France que dans le reste du pays. Et donc aussi, c'est la question un peu de l'anonymat de cette société dans laquelle, il y a moins de solidarité. Alors ça ne veut pas dire que l'État ne va pas faire des choses, mais enfin, je le mets aussi là comme ça, sur une dimension beaucoup plus culturelle peut-être, à laquelle en tout cas, je suis à titre personnel très attaché. 
La quatrième fragilité, et je le dis, et avec le ministre de l'Intérieur, on a fait de notre maximum avec ses équipes, si ça dure, il faut qu'on ait une doctrine générale encore plus claire. Les manifestations sportives, les grands événements, etc., que tout le monde arrive à bien comprendre dont il s'agit, sans abîmer la subsidiarité et la capacité au niveau local. Je pense que là, c'est un des grands retours d'expérience. Moi, en tout cas, c'est ma culture d'élu local, mais j'y suis très attaché. Doctrine générale : à l'État de prendre les très grands événements. Les questions se poseront s'il y avait une reprise, évidemment, sur un certain nombre de grands événements pour cet été, mais surtout ne pas abîmer l'intelligence locale. Et ce sont les ministres, j'ai parfois entendu dire, le Gouvernement se défausse sur les préfets. C'est le [inaudible], c'est oui, les préfets sont les représentants du Gouvernement. Ce n'est pas grave. En tout cas, moi, je ne peux pas dire que tout est centralisé tout le temps. Et je pense que les ministres délèguent leur pouvoir au corps préfectoral. C'est ce qu'on a appris des dernières crises. Et je pense qu'évidemment, il faut le maintenir. 
Enfin, évidemment, il nous faut préciser les choses et donner de la visibilité, c'est-à-dire qu'avant même une reprise d'une éventuelle canicule, d'un coup d'un seul, la plupart des acteurs du pays arrivent à comprendre globalement comment ça va s'organiser, qu'est-ce qui va se passer, qu'est-ce qui doit être supprimé, qu'est-ce qui ne l'est pas. Et je crois beaucoup évidemment à cette intelligence-là. Ensuite, il nous faudra avancer, mais je ne suis pas trop long, sur la question des remontées territoriales. On a encore des efforts à faire sur les remontées chiffrées. C'est un peu Paris et le désert français. Beaucoup, beaucoup d'informations qui nous reviennent de la PAC parisienne, beaucoup d'informations reviennent de systèmes d'information et de données, ont parfois un peu de décalage. Et si on se compare avec d'autres pays proches de nous, comme l'Espagne, ce n'est pas complètement satisfaisant. 
Et puis, enfin, certaines réponses sont en cours, mais on a un enjeu sur les infrastructures. On a beaucoup parlé des écoles qui sont de la responsabilité des communes. J'ai parlé des réseaux de distribution d'électricité, de transport d'électricité et de distribution. On a une électrification de la France d'après-guerre qui a fait notre fierté, mais on voit bien aussi qu'on a des réseaux qui sont un tout petit peu vétustes. Inversement, les réseaux centraux qu'on a beaucoup entretenus, sur lesquels on a mis beaucoup d'argent, vont tenir. C'est moins vrai des petits réseaux de proximité sur lesquels on a un effort à faire. Avec le ministre Tabarot, on a déjà fait ce qu'il fallait sur la régénération des transports ferroviaires, de l'argent a été mis sur la table. Mais on parle d'adaptation au changement climatique. Il n'y a pas que la climatisation. La question des réseaux de manière globale est un sujet très important et qui emporte d'ailleurs plusieurs chefs de file très différents dans la société civile ou privée. 
Dernier point, on va l'évoquer en CIC : il y a des impacts économiques, notamment beaucoup sur le monde agricole, sur lequel je souhaite qu'on retrouve, en tout cas, qu'on arrive à prendre du temps ce soir pour prendre un certain nombre de décisions pour accompagner nos agriculteurs sans oublier la question des risques de feux de forêt, qui, cette semaine va être particulièrement prégnante et nous amènera aussi à prendre un certain nombre de décisions. 
Pour finir, j'ai demandé au ministre pour cette réunion (et le travail va se poursuivre dans les 48 à 72 heures), qu'on imagine une nouvelle planification pour les chaleurs extrêmes parce qu'on ne peut pas faire comme si ce qui s'était passé n'était pas extraordinaire. Ça l'était, ça l'était. On ne peut pas faire non plus comme si ça ne peut pas se reproduire. Ça va se reproduire. Et donc, on va déclencher, construire et potentiellement déclencher si besoin en été, un « plan ORSEC, chaleurs extrêmes » qui n'existe pas aujourd'hui, qu'on va créer, qui va emporter les différents acteurs du pays, qui va créer de la subsidiarité et qui va pouvoir clarifier le rôle de chacun, à la fois sur la gestion de crise de court terme, mais aussi sur l'adaptation de plus long terme. 
Dernier message, sans langue de bois : je veux vraiment remercier l'ensemble des équipes de l'État. On gérait beaucoup de crises dans ma vie de ministre ou dans ma vie d'élu local, ce n'est jamais très agréable d'être sous le feu de la critique, qu'elle soit justifiée ou non. Souvent, on l'a vécue de manière très injustifiée par celles et ceux qui n'ont pas beaucoup dormi ces jours derniers dans les différentes équipes. Mais comme on dit chez moi en Normandie : « Il y a les diseux, il y a les faiseux ». Et donc, je vous propose de continuer de gérer ces différentes crises avec beaucoup de sang-froid parce que c'est ce que les Françaises et les Français attendent de nous. 

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> [Mort de Louis / Intervention à l’Assemblée] Personne ne minimise ce drame ; personne ! On a vu des jeunes agir avec une violence inouïe, se comporter comme de véritables barbares et s’en prendre au jeune Louis. Au moment où je vous réponds, j’ai évidemment une pensée pour sa famille. Que les choses soient claires : personne ne minimise ce drame ! L’enquête en cours déterminera la part de responsabilité des uns et des autres et nous espérons toutes et tous que les sanctions seront exemplaires.
Vous avez employé le mot d’ensauvagement pour vous me reprocher d’avoir refusé de l’utiliser. C’est –
 vous le savez – un mot connoté politiquement.
Ministre de l’intérieur, je préfère des mots objectifs et un choc d’objectivité à des chocs de mots. Personne ne nie –
 je ne l’ai jamais fait – qu’il y a chez certains jeunes la montée d’une violence insupportable, qui se manifeste dans de nombreux domaines. On le voit dans les home jacking, les vols violents et dans d’autres circonstances. Malheureusement, on l’a vu ici, au cas d’espèce, et franchement, c’est ignoble. Évidemment, tout est fait pour confondre les auteurs et les enquêtes se poursuivent.
On m’a accusé par ailleurs de parler de « récupération ». Avez-vous vu les manifestations qui se sont tenues ? Deux groupuscules d’ultradroite nationaliste ont parlé de francocide, de blancocide et de crime raciste, alors même que le procureur n’a pas employé ces mots ? Je veux aussi répondre sur ce sujet. On m’accuse de minimiser les faits parce que je ne veux pas nommer les choses de cette façon. Je ne les nomme pas ainsi parce que ça n’est pas ainsi. Il faut savoir le dire ! Et, quand je parle de récupération, vous savez très bien que je ne vise pas votre formation politique mais d’autres : M. Zemmour, M. Ravier et M. Messiha ont tenu des propos qui ne sont pas acceptables !
Ce que nous devons faire, c’est lutter tous ensemble contre cette violence des jeunes, qui ne regarde pas seulement le garde des sceaux et le ministre de l’intérieur. Il faut, à tous les étages, rappeler ce choc d’autorité indispensable et, évidemment, de ce point de vue, je partage votre préoccupation.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> [Actualisation de la loi de programmation militaire / Intervention au Sénat]
Le Gouvernement a souhaité présenter une actualisation de la LPM ; nous le devions à nos concitoyens avec le retour de la guerre de haute intensité, le durcissement des rapports de force, la multiplication des menaces hybrides, cyber, spatiales et informationnelles. Attendre l'échéance de 2027, cela aurait signifié fermer les yeux sur ces réalités.
La programmation aurait pu être actualisée budget après budget, mais le Gouvernement a préféré la soumettre au débat - lequel a été riche - pour parvenir à une accélération de 36 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2030, en plein contexte budgétaire dégradé. À votre demande, 1,2 milliard d'euros seront avancés sur l'année 2028.
Le Gouvernement souhaite se donner une ambition crédible. Ce texte a engendré un consensus et est devenu le texte du Parlement. Je remercie chacun d'entre vous d'y avoir contribué. La CMP en témoigne.
Je salue la qualité des rapports qui nourrissent chaque année la réflexion stratégique de la nation.
La LPM prépare nos armées en vue d'un conflit majeur. Elle concentre les efforts sur les urgences opérationnelles, les munitions, les drones, l'espace, la guerre dans le champ électromagnétique, l'innovation opérationnelle et la préparation des forces. Elle amplifie notre effort industriel et, s'agissant de la dissuasion, s'inscrit dans la continuité du discours prononcé par le Président de la République à l'Île Longue. Elle fait une place à la subsidiarité, avec les 150 millions d'euros laissés à la main des chefs d'état-major.
Nous avons abouti à un équilibre sur le volet normatif en adaptant nos règles aux menaces nouvelles.
Enfin, la France ne fera face qu'en renforçant sa cohésion et sa force morale : c'est le rôle de la journée de mobilisation, du service militaire volontaire, du correspondant défense.
Depuis 2017, sous l'autorité du Président de la République, la France a choisi la cohérence et la constance, permettant le doublement du budget entre 2017 et 2027. L'échéance présidentielle sera l'occasion d'un débat sur notre souveraineté, devant les Français. J'appelle à voter ce texte pour nos armées, mais surtout pour la France.

> Au Venezuela, les sapeurs-sauveteurs de la Brigade des Militaires de la Sécurité civile démontrent une nouvelle fois l’excellence du savoir-faire français en matière de secours d’urgence. Spécialistes des interventions dans des régions frappées par des catastrophes naturelles, ces militaires de la Sécurité civile mettent leur expertise, leur sang-froid et leur engagement au service des populations sinistrées. Leur action a déjà permis de sauver des vies. Je veux saluer leur professionnalisme, leur courage et leur sens de la mission. Ils font honneur à la France et illustrent, par leur engagement, l’excellence de nos armées au service de la protection des populations, en France comme à l’international.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Bonnes nouvelles : après un printemps difficile, l’inflation repasse sous les 2% pour s’établir à 1,8% en juin et la consommation des ménages progresse de 0,5% pour le mois de mai. C’est le signal de la relance de la croissance en France. Le taux du Livret A sera également augmenté.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Discours lors du 9e Congrès mondial pour l’abolition universelle de la peine de mort] Il y a 45 ans, la France tournait une page de son histoire. Le 9 octobre 1981, sous l’impulsion du Garde des Sceaux, Robert Badinter, la loi abolissant la peine de mort était promulguée. Ce jour-là, comme le dit Robert Badinter devant l’Assemblée nationale, la justice française cessa d’être une « justice qui tue », « une justice d’angoisse et de mort ». Au nom de la dignité de la personne humaine, la France cessa d’appliquer en son territoire ce supplice inhumain, qui ne répondait d’aucune justification, ni morale, ni juridique. 
Mais ce combat n’est pas terminé, et c’est un combat universel. Or si la France a aboli, si l’Europe a aboli, trop de pays dans le monde pratiquent encore la peine de mort. En Iran, la peine capitale et les exécutions se sont multipliées depuis 2022. N’oublions pas nos frères et sœurs iraniens. En Chine, en Arabie saoudite, aux États-Unis, la peine capitale est encore largement appliquée. En 2025, Amnesty International recensait plus de 2.700 exécutions dans 17 pays.
Cette réalité doit nous alerter : jamais autant d’exécutions n’ont eu lieu depuis 1981. Ce sont des milliers de vies arrachées au nom d’une justice qui se trompe de cible. Car tous les rapports le montrent, qu’ils proviennent des Nations unies ou de la société civile : la peine de mort n’a aucun effet dissuasif. Son application est le plus souvent discriminatoire à l’égard des opposants politiques, des groupes les plus vulnérables et des minorités. Les procédures ont un coût exorbitant. Non, la peine de mort ne répare pas : elle détruit.
Aujourd’hui, un mouvement mondial pour l’abolition s’est levé, et je souhaite lui rendre hommage. Il est porté par l’Europe et par une majorité des États membres des Nations unies. Mais aussi par des acteurs issus des systèmes judiciaires du monde entier : avocats, magistrats et surtout par la société civile et par une jeunesse qui refuse d’hériter d’un monde où l’État a le droit de tuer. 
Je remercie du fond du cœur Ensemble contre la peine de mort qui fait avancer ce combat en organisant depuis 25 ans des Congrès régionaux et mondiaux. En menant des campagnes de plaidoyer. En formant les magistrats et les avocats. En décembre 2023, le Président de la République avait appelé de ses vœux l’organisation de ce Congrès : aujourd’hui, nous y sommes. L’action et la mobilisation d’Ensemble contre la peine de mort ont fait de cet engagement une réalité. 
Mes remerciements vont aussi à la Coalition mondiale contre la peine de mort et à toutes les organisations de la société civile, parmi lesquelles Amnesty International, qui, chaque année, informent, plaident et mobilisent. La société civile internationale est le moteur du changement.
Merci à tous les avocats, magistrats et parlementaires présents aujourd’hui à Paris, qui portent ce combat au quotidien dans leurs pays, encourant parfois de grands risques. Votre engagement est indispensable.
La tenue de ce Congrès, ici même à Paris, est particulièrement symbolique. Nous nous trouvons à quelques encablures du Palais de Chaillot. C’est là que fut adoptée en 1948 la Déclaration universelle des droits de l’Homme, à laquelle René Cassin participa. Prix Nobel de la Paix pour son combat inlassable pour la dignité de la personne humaine, il disparut il y a cinquante ans et demeure pour nous un phare et une source d’inspiration.
Nous sommes engagés au niveau multilatéral pour parvenir à l’abolition universelle. En 2007, la France a inscrit dans sa Constitution la prohibition de la peine de mort. Cette modification nous a permis de ratifier le deuxième protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort. Avec ce pacte et d’autres textes, les membres des Nations unies ont fait de l’abolition de la peine de mort une priorité. Des résolutions majeures ont été adoptées dans les enceintes internationales. En 2007, la première d’entre elles, qui demandait un moratoire universel sur les exécutions, a été adoptée à une large majorité. Ces résolutions montrent une tendance irréversible : le monde se détourne de la peine de mort ; notre combat porte ses fruits. En 2024, 130 États à l’Assemblée générale ont voté en faveur de cette résolution.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme joue un rôle clé pour porter ce combat sur la scène internationale. Je salue à ce titre le Haut-Commissaire, M. Volker Türk, et le remercie d’être à nos côtés. L’Alliance mondiale pour les droits de l’Homme, lancée il y a quelques jours à Genève, contribuera à mobiliser les opinions publiques, les acteurs du monde privé, comme ceux de la société civile.  Monsieur le Haut-Commissaire, face aux attaques contre les droits qui se multiplient partout dans le monde, cette initiative est essentielle ; vous avez notre soutien.
De nombreux États se mobilisent aux côtés de la France pour l’abolition universelle de la peine de mort. Je tiens donc à remercier chaleureusement les 24 États membres de la Commission internationale contre la peine de mort pour leur action, ainsi que les États membres du Core group des amis des Congrès mondiaux pour leur mobilisation dans la préparation de ce Congrès. 
Le pouvoir judiciaire est aussi un allié incontournable vers l’abolition universelle. La Cour européenne des droits de l’Homme a joué un rôle fondamental en ce sens, et je salue la présence parmi nous du Secrétaire général du Conseil de l’Europe, M. Alain Berset. La Cour a progressivement érigé l’abolition en principe intangible, grâce à son interprétation de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme. C’est une fierté pour les peuples d’Europe. Car chaque fois qu’un juge refuse de recourir à la peine de mort, il porte sa pierre à l’édifice de l’abolition. Quant aux avocats, ils sont la dernière ligne de défense entre l’accusé et la chambre d’exécution. Souvenons-nous de l’exemple de Robert Badinter, que la Nation française a fait entrer au Panthéon, avec les Lumières et l'esprit de 1789, le 9 octobre 2025. Pour lui, la peine de mort était l’échec de la justice, et aucun échec n’est irréparable.
La jeunesse est l’espoir de l’abolition universelle. Les étudiants, les militants, les influenceurs, toutes celles et ceux qui sont ici avec nous et portent le combat de l’abolition avec une énergie nouvelle. C’est pourquoi le Congrès a décidé de mettre en lumière l’engagement de la jeunesse. Pour nous, il s’agit de renforcer l’éducation en matière de droits de l’Homme, de former les futurs juristes à défendre l’abolition, et de promouvoir les initiatives portées par les réseaux de jeunes militants partout dans le monde.
La lutte contre la peine de mort n’est pas qu’un combat juridique ou politique, c’est l’affirmation d’un principe simple : la dignité de la personne humaine ne saurait connaître ni exception, ni hiérarchie. Elle est le socle vivant de nos démocraties, le principe cardinal qui fonde la primauté de la personne humaine sur toute forme de pouvoir. 
De cette exigence découlent l’ensemble des libertés fondamentales auxquelles la France demeure indéfectiblement attachée : la liberté d’expression, le droit à l’éducation, le droit de participer à la vie publique dans le cadre d’élections libres. La France soutient toutes celles et ceux qui, avec détermination, se battent pour que ces droits soient protégés. Alors que les démocraties sont mises à l’épreuve, nous devons réaffirmer avec clarté ce qui nous unit : notre attachement à l’universalité des droits et aux principes qui fondent nos sociétés libres.
« La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne. » Ainsi parlait Victor Hugo en 1848. Nous reprenons ses mots et son combat aujourd’hui, pour faire de ce projet de civilisation une réalité. 
Par votre présence nombreuse, par vos engagements et vos témoignages, vous donnez corps à ces valeurs et vous faites vivre la dynamique dont nous avons besoin pour atteindre l’abolition universelle de la peine de mort. Grâce à votre mobilisation collective, à vous toutes et tous qui êtes présents aujourd’hui, la promesse d’un monde sans peine de mort est accessible. Alors ne baissons pas la tête, ne baissons pas les bras, et travaillons sans relâche pour atteindre l’abolition universelle.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Permettez-moi de commencer par saluer tous les personnels soignants. Aujourd’hui encore, la tension persiste au sein du système hospitalier en raison de l’effet retardé de la canicule sur le corps humain. Vous l’avez dit, nos soignants travaillent parfois dans des conditions compliquées, certains de nos établissements étant dépourvus de climatisation ou de système de rafraîchissement.
Rappelons cependant ce qui a été fait, car il serait faux de dire que rien ne l’a été. Pour la période 2021-2030, 3 milliards ont été mobilisés dans le cadre de l’adaptation des Ehpad au changement climatique. Depuis 2003, ces établissements ont l’obligation de disposer d’une pièce rafraîchie ou climatisée. Nous avons par ailleurs reconstruit ou réhabilité 40 % des hôpitaux en tenant compte de la nécessaire adaptation au changement climatique. Les services les plus sensibles, comme les blocs opératoires et les salles de réanimation, sont climatisés. Les autres bâtiments sont rafraîchis. Depuis le Ségur de la santé de 2020, 19 milliards ont été investis dans nos établissements. Par comparaison, 4 milliards seulement avaient bénéficié aux hôpitaux entre 2012 et 2017. Des crédits ont donc bien été alloués à leur reconstruction. Je l’ai annoncé récemment, une enveloppe de 6 milliards est prévue pour l’investissement hospitalier au cours des dix prochaines années. Au sein de cette enveloppe, des financements spécifiques pour l’adaptation au changement climatique sont programmés. Nous avons décidé de les doubler car, comme l’a dit le premier ministre, nous devons accélérer l’adaptation de nos établissements. À plus court terme, j’ai débloqué en urgence une enveloppe pour équiper, dès la fin de la semaine et tout au long des prochaines semaines, nos hôpitaux et nos Ehpad en climatiseurs.

> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Monsieur Garot, je rappelle que vous appartenez à un parti [PS] qui a consacré 4 milliards d’investissements à l’hôpital pendant cinq ans alors que, depuis depuis 2017, date à laquelle je suis devenue députée, ce sont 19 milliards qui lui ont été alloués –⁠ 3 milliards pour les Ehpad, 16 milliards pour les établissements de santé. Grâce au Ségur de la santé, les projets de reconstruction d’hôpitaux et d’Ehpad intègrent désormais systématiquement des exigences d’adaptation au changement climatique.
Certains font comme si le gouvernement français était responsable des températures élevées. Ils ont certes le droit de nous critiquer en nous reprochant de ne pas en avoir fait assez. Mais regardons autour de nous. L’épisode caniculaire qui nous a touchés la semaine dernière affecte actuellement nos voisins, qui sont confrontés à la même situation que nous, l’Allemagne et le Royaume-Uni connaissant en outre de graves difficultés d’approvisionnement en électricité. Nous sommes tous contraints à nous adapter rapidement.
Enfin, vous avez évoqué le chiffre d’un millier de morts en raison de la canicule. Je vous remercie d’avoir retenu cette information publiée dimanche par Santé publique France, dont je rappelle l’indépendance scientifique. Ce chiffrage doit cependant être considéré avec précaution. Environ 60 % des certificats de décès sont transmis par voie électronique, le reste l’étant par voie papier. Or les premières données reposent sur les seules transmissions électroniques. Le chiffre de Santé publique France est donc nécessairement en dessous de la réalité. L’organisme a annoncé que la surmortalité liée à la canicule s’élevait à 1 000 décès environ, avec une journée à 1 200 décès, toutes causes confondues. Nous ne disposons pas de chiffres consolidés sur la surmortalité : Santé publique France devrait les publier dans les prochains jours. Quoi qu’il en soit, ces chiffres témoignent d’une surmortalité beaucoup plus faible qu’en 2003, ce qui montre que nous avons progressé.

> J’ai échangé aujourd’hui avec Bernard Tranchant, président de l’UNAF, partenaire essentiel de notre politique familiale. Nous avons salué l’engagement quotidien du réseau des UDAF (Union Départementale des Associations Familiale) auprès des familles, des parents, des aidants et des personnes les plus vulnérables. Nos échanges ont porté sur les suites des Assises du soutien à la parentalité, la protection de l’enfance, la santé mentale et l’accompagnement des majeurs protégés. J’ai réaffirmé ma volonté de construire les évolutions à venir avec les acteurs de terrain et de poursuivre un dialogue étroit avec l’UNAF dans les prochains mois au service des familles.

 

Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative)
> [Organisation du sport professionnel / Intervention à l’Assemblée] Je suis très heureuse d’être avec vous pour l’examen de la proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel. Je souligne tout d’abord à quel point ce texte est essentiel, attendu, structurant. Je sais que vous en avez conscience. Preuve en est que vous avez accepté le principe d’une procédure de législation en commission (Plec) sur six des trente-sept articles qui le composent, et je vous en remercie. J’aspire à ce que nos débats soient constructifs et permettent une adoption du texte d’ici à la fin de la journée.
À l’heure où nous sommes toutes et tous supportrices et supporters de l’équipe de France de football, nous mesurons la capacité du sport à réunir au-delà de nos différences, ce dont témoigne la volonté, exprimée par chaque groupe, de voir ce texte aboutir. Si certains ont tendance à n’y voir qu’une manière de répondre à la crise que traverse le football français, ce texte fait, selon moi, bien plus que cela : il permettra notamment d’adapter l’organisation du sport professionnel en lui donnant les outils pour être plus compétitif dans un environnement de plus en plus concurrentiel et de renforcer le rôle du ministère des sports dans sa relation avec les fédérations et les ligues.
Cette proposition de loi s’articule autour de quatre grands axes, indissociables les uns des autres. Le premier axe est de lutter plus efficacement contre le piratage, fléau qui touche bien d’autres domaines que le sport. L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) chiffre les pertes qui en découlent à 1,5 milliard d’euros, dont plus de 300 millions pour le sport. Des clubs, des emplois et la capacité à investir sont directement menacés. Au-delà de l’enjeu économique, il s’agit de protéger les publics, qui s’exposent, via des plateformes de télévision sur IP (IPTV), à des contenus illicites ou à une utilisation frauduleuse de leurs données. À cet égard, je salue les ajouts à l’article 10 que Mme la rapporteure Sophie Mette a utilement proposés.
Lutter contre le piratage, c’est aussi créer les conditions pour l’accès à une offre sportive payante à un tarif décent. Dans sa rédaction initiale, l’article 5 visait à permettre la commercialisation des droits audiovisuels en un seul lot, ouvrant la voie à une offre plus lisible et plus attractive pour le public. Même s’ils poursuivent le but louable de rendre le sport visible par le plus grand nombre, les amendements adoptés en commission peuvent produire des effets contraires au but recherché. En effet, contraindre à la diffusion en clair d’un match par journée conduira inévitablement à favoriser une commercialisation en plusieurs lots, ce qui risque de dévaluer les droits audiovisuels.
Rappelons qu’un spectateur ayant basculé dans le piratage est très difficile à ramener vers une offre légale et sécurisée. À cet égard, l’article 10 bis C, introduit à l’initiative de Mme la rapporteure Sophie Mette, tend à interdire aux influenceurs la promotion directe ou indirecte de contenus piratés. C’est une mesure efficace au regard de l’objectif poursuivi.
Deuxième axe : le texte vise à réaffirmer l’architecture du modèle du sport professionnel français. À l’heure où de plus en plus de modèles de ligues fermées émergent en Europe, s’inspirant de ce qui se fait notamment aux États-Unis, il est essentiel de défendre notre modèle, mais aussi de le porter au-delà de nos frontières –
 je l’ai appelé de mes vœux au niveau de l’Union européenne lors de la réunion, au mois de mai, du Conseil éducation, jeunesse culture et sport. Ce texte nous permet de faire un premier pas en ce sens au niveau français en rappelant trois principes : le caractère conventionnel de notre organisation, par délégation et subdélégation de service public ; le système de ligue ouverte, qui favorise à la fois le mérite sportif et l’ancrage territorial de nos clubs ; la solidarité financière entre monde professionnel et monde amateur.
Dans cette organisation pyramidale, la place du ministère des sports est essentielle. C’est tout l’objet de l’article 2. En commission, vous avez décidé de renforcer le pouvoir du ministère de s’opposer au retrait par une fédération de la subdélégation accordée à une ligue. Cette évolution me semble utile afin de limiter les effets potentiels de conflits de personnes.
À l’inverse, dans le cas de négociations sur le renouvellement d’une subdélégation qui n’aboutiraient pas, vous avez décidé de revenir sur la capacité du ministère à donner force exécutoire à un projet de convention temporaire. Par souci de cohérence, je proposerai un amendement tendant à réintroduire cette disposition car il me semble essentiel que le ministère dispose de moyens de médiation autres que la menace de retrait d’une délégation accordée à une fédération –
 c’est la sanction ultime.
Le modèle français repose aussi sur des organes de contrôle de gestion. Dans sa rédaction initiale, le texte prévoyait la possibilité pour le comité d’administration d’une fédération, sur proposition de la direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), de s’opposer à un projet de rachat. M. le rapporteur Lionel Duparay a fait évoluer utilement cette disposition en ramenant cette possibilité au niveau de la DNCG elle-même, seule autorité compétente pour juger les risques associés à l’arrivée d’un nouvel investisseur. Néanmoins, cette disposition présente des risques d’inconstitutionnalité, ce qui me conduira à proposer sa suppression.
Troisième axe : ce texte donne les moyens au sport professionnel féminin de se développer. Trop souvent, le secteur féminin demeure la variable d’ajustement d’un secteur masculin en difficulté. Ce texte ouvre de nouvelles possibilités de croissance au secteur féminin. Il autorise par exemple une même association sportive à constituer deux sociétés commerciales distinctes, l’une dédiée à la structure féminine, l’autre à la structure masculine. Il prévoit également qu’une fédération puisse créer plusieurs ligues professionnelles afin de gérer distinctement les compétitions masculines et féminines.
Je suis très attachée au fait d’offrir au sport féminin un maximum de souplesse pour organiser ses compétitions professionnelles sur le modèle le plus adapté à la maturité et à la stratégie de chaque discipline. C’est un préalable indispensable à son développement économique. J’en profite pour saluer le travail que Mme la rapporteure Véronique Riotton réalise depuis longtemps sur ces sujets.
Quatrième axe : le texte vise à accompagner la réforme de la gouvernance du football professionnel. Le football français traverse une crise profonde, qui est d’abord économique. D’après les estimations, les droits de diffusion audiovisuelle devraient s’établir à 205 millions d’euros en 2026, contre 1,153 milliard en 2020, soit une baisse de plus de 80 % en six ans. Malgré l’apport d’oxygène par le fonds d’investissement CVC en 2022, la baisse des droits audiovisuels et les conflits de diffuseurs ont mis en lumière les limites du modèle économique actuel et des difficultés de gouvernance majeures.
La mission d’information sur la financiarisation du football professionnel, confiée aux sénateurs Laurent Lafon et Michel Savin, est née de cette crise. Ses conclusions, qui sont à l’origine de la présente proposition de loi, ont été déposées au mois d’octobre 2024. Je tiens à remercier MM. Lafon et Savin et à saluer leurs réflexions, qui ont suscité des travaux indispensables à la refonte de la gouvernance du sport professionnel français.
La situation que nous connaissons est aussi la conséquence d’une évolution structurelle du football. Les flux financiers qu’il génère nécessitent des organisations plus agiles et plus transparentes, capables d’accompagner des évolutions extranationales. Compte tenu de leur, les nouvelles formes d’investissement, notamment la multipropriété, appelle une régulation. Néanmoins, celle-ci doit s’opérer, au minimum, au niveau européen si nous voulons qu’elle porte ses fruits sans affaiblir les clubs hexagonaux.
Cette proposition de loi prévoit de créer une société de clubs pour gérer l’organisation et la commercialisation des compétitions professionnelles. Cette structure, qui sera une nouvelle forme de ligue professionnelle, responsabilisera les acteurs –
 les clubs et la fédération –, qui en deviendront actionnaires. À l’heure où le déficit opérationnel cumulé des Ligues 1 et 2 est estimé à 1,3 milliard d’euros, ce qui rend nécessaire une recapitalisation des clubs à hauteur de 700 millions, cette évolution paraît indispensable.
En conclusion, cette proposition de loi poursuit le double objectif de moderniser l’organisation du sport français et de renforcer un modèle reconnu dans le monde entier. En consolidant les relations entre fédérations, ligues et ministère, nous réaffirmons une singularité française. En élargissant les champs d’action de nos organes de contrôle, nous valorisons la reconnaissance de leurs compétences. Enfin, en offrant la possibilité aux clubs de s’organiser en sociétés de clubs, nous renforçons leur compétitivité, dans un écosystème de plus en plus concurrentiel.
Je termine mon propos en rappelant que, sur le plan des résultats sportifs, les clubs français se portent bien, et même très bien ! En football, le Paris Saint-Germain a réussi son back-to-back en remportant la Ligue des champions pour la deuxième année consécutive. Les joueuses de l’OL Lyonnes ont, quant à elles, atteint la finale de la Ligue des champions féminine.
En rugby, l’Union Bordeaux Bègles a remporté la finale de la Champions Cup, tandis que le Montpellier Hérault Rugby a remporté la Challenge Cup. Je félicite aussi le Stade toulousain pour sa belle victoire en finale du Top 14.
En basket-ball, le JL Bourg-en-Bresse a gagné l’ Eurocup masculine et l’ESB Villeneuve-d’Ascq a remporté l’ Eurocup féminine.
En handball, deux clubs français ont participé au Final Four de la Ligue des champions. Je voudrais avoir un mot tout particulier pour les handballeuses du Metz Handball, si chères à M. le rapporteur Belkhir Belhaddad : première équipe française à remporter la Ligue des champions féminine, elles ont réalisé un formidable exploit, que je tiens à saluer devant la représentation nationale.
Nos clubs et nos territoires rayonnent dans toute l’Europe. L’affluence dans les stades et les salles n’a jamais été aussi haute, ce qui témoigne de l’attachement des Français à leurs clubs.
Si nous sommes performants sportivement, et si la qualité de nos formations n’est plus à démontrer, nous devons encore progresser dans la structuration de notre modèle professionnel. Face à une offre sportive de plus en plus importante et désormais sans frontières, nous ne pouvons pas risquer de prendre du retard sur nos voisins.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Les discriminations, c'est un gâchis humain et une aberration économique. 42% des Français vivent dans une commune rurale ou un quartier populaire. Il est impensable de laisser 42% des Français de côté.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> L’intégration, c’est bien plus qu’un emploi. C’est retrouver une place, reconstruire un parcours, gagner en autonomie et participer pleinement à la vie de notre pays. À l’occasion de la première édition du Prix « Entreprises avec les réfugiés », nous avons eu le plaisir de récompenser des entreprises qui s’engagent concrètement en faveur de l’intégration par le travail. Derrière chaque initiative, il y a des femmes et des hommes qui se forment, travaillent, reprennent confiance et construisent un nouvel avenir. L’intégration est une réalité qui se vit sur le terrain, grâce à l’engagement de celles et ceux qui accompagnent ces parcours avec exigence et humanité.
Félicitations aux entreprises lauréates
Parce que l’intégration par le travail n’est pas seulement une opportunité pour les personnes concernées : c’est aussi une richesse pour nos territoires, notre économie et notre cohésion nationale.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> [Ultrafast fashion / Intervention au Sénat]
Ce texte, qui marque une étape importante, est le fruit de plus de deux années de travail parlementaire, au cours desquelles les lignes ont évolué, les scandales se sont succédé et les pratiques de certaines plateformes ont été mises en lumière. Chacun a mesuré les dérives d'un modèle fondé sur la production massive, le renouvellement rapide des collections et les prix dérisoires.
Je salue l'action de la rapporteure et de son homologue à l'Assemblée nationale, Anne-Cécile Violland.
Aujourd'hui, nous serons le premier pays européen adoptant des mesures pour lutter contre l'ultrafast fashion.
Nous choisissons d'agir sans culpabiliser le consommateur et sans faire peser le moindre risque sur l'emploi français.
Derrière ces prix se cachent des modes de production polluants et des déchets qui mettent sous tension nos filières de tri. Cette industrie ne crée pas de valeur, mais détruit notre environnement, nos ressources, et une partie de notre tissu économique via une concurrence déloyale. Elle fragilise les acteurs de l'ESS.
Nous agissons sur plusieurs leviers : le prix, l'information des consommateurs, l'encadrement de certaines pratiques publicitaires et une meilleure connaissance des flux de déchets textiles.
Il serait insensé d'opposer écologie et économie. Nous ne pénalisons pas les entreprises qui innovent et créent des emplois.
Nous ne prendrons pas le risque de détruire un seul emploi français, puisque notre cible est claire : les plateformes extra-européennes.
Je salue les travaux de la CMP, qui a amélioré le texte en tenant compte des apports des deux chambres. Toutefois, nous devons adapter certaines dispositions pour permettre une meilleure coordination avec la directive Déchets. L'amendement du Gouvernement vise à rehausser la plage du montant des malus. C'est une amélioration importante.
Ce texte s'inscrit dans une action plus large de la France : nous voulons donner aux entreprises les moyens d'écoconcevoir leurs produits et aux consommateurs de réaliser des choix éclairés sur les produits les plus responsables, sans les culpabiliser.
Nous renforçons par ailleurs nos capacités de collecte, de tri, de réemploi et de recyclage. Nous portons cette ambition à Bruxelles, car seule une réponse européenne permettra une régulation efficace.
Ce n'est pas un texte contre l'industrie textile ni contre les consommateurs, mais contre les excès d'un modèle économique. Avec cette proposition de loi, nous ouvrons la voie à une dynamique européenne indispensable, sans pénaliser l'emploi français ni donner de leçons aux consommateurs. Je vous appelle à adopter les conclusions de la CMP.

> La loi contre l’ultra fast-fashion est définitivement adoptée au Sénat ! Merci aux rapporteures ainsi qu'aux parlementaires engagés derrière ce texte historique qui concilie ambition écologique, compétitivité et souveraineté industrielle. Nous mettons en place un malus financier incitatif pour protéger notre environnement, sans jamais détruire le moindre emploi français ni pénaliser nos commerçants. La France ouvre la voie !

> Le taux de collecte et de recyclage des bouteilles en plastique et des canettes n’était que de 58,4% en 2024, contre un objectif de 90%. C’est donc une certitude : compte tenu de la non-atteinte de nos objectifs, la mise en oeuvre de la consigne pour recyclage sera obligatoire au 1er janvier 2029. La question est donc désormais de savoir si l’on anticipe ou si l’on subit. Je regrette le choix fait par les associations de représentants d’élus de ne pas accepter la concertation que propose le Gouvernement. Seul le dialogue permet de répondre efficacement aux enjeux environnementaux.

> Aucun Président de la République, aucune majorité n’a fait autant que celle d’Emmanuel Macron aussi bien en termes d’adaptation que d’atténuation du changement climatique.
- Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de près de 25% depuis 2017, contre seulement 15% entre 1990 et 2017,
- Le budget de l’écologie a doublé, passant de 11 milliards en 2016 à 22 milliards en 2026,
- Création de MaPrimeRénov’, qui a permis de rénover plus de 2,5 millions de foyers,
- Création du Fonds vert qui a permis de financer la rénovation de plus de 3 500 écoles.
25 000 projets ont été accompagnés, pour un total de 4,5 milliards d’€ d’investissement Bien sûr, beaucoup reste encore à faire face à des décennies antérieures de sous-investissements. Mais dire que rien n’a été fait est une contre-vérité qui dessert le débat public.

> Face au choc de la guerre en Iran, le sérieux budgétaire porté par le Premier ministre est la seule option responsable. On ne peut pas nous accuser de laxisme budgétaire et critiquer la moindre économie. Avec une dette dont les intérêts pourraient frôler les 100 milliards d’euros dans les prochaines années, des choix courageux s’imposent pour préserver nos capacités de financement de la transition écologique.

> Main dans la main avec LFI, le RN a voulu censurer Sébastien Lecornu quand il a proposé une ambitieuse programmation pluriannuelle de l’énergie, fondée sur le nucléaire comme sur le renouvelable. La canicule leur rappelle un peu tard la nécessité d’être souverains et de compter aussi sur le renouvelable pour y parvenir.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Nous menons des efforts diplomatiques pour obtenir le respect du droit international humanitaire. Avec mes homologues britannique et quatarienne, j’étais la semaine dernière au Liban. J’y ai réaffirmé le soutien de la France au peuple libanais et à son gouvernement, ainsi que la poursuite de notre engagement humanitaire, diplomatique et militaire.

 

● Autres ministres
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)

> [Ultrafast fashion / Intervention au Sénat]
Il est question non pas seulement de vêtements, mais du modèle de société que nous voulons défendre. Derrière cette proposition de loi, deux combats se rejoignent.
L'écologie d'abord, car l'industrie visée par ce texte inonde nos marchés avec des articles portés seulement quelques semaines.
Un défi économique, ensuite, car l'ultrafast fashion pose la question de notre souveraineté. Sommes-nous capables de faire respecter nos propres règles sur notre territoire ? Les derniers contrôles de la DGCCRF sont sans appel : 75 % des produits importés via les plateformes Shein et Temu sont jugés non conformes et 43 % sont dangereux. Comment accepter qu'un producteur français soit en concurrence avec des acteurs qui ne respectent pas nos règles ? C'est injuste.
Nous fabriquons encore en France des jeans à moins de 50 euros, à Roubaix ; ou des tee-shirts à moins de 10 euros. Ce « fabriqué en France » fait vivre nos territoires et nos savoir-faire, et renforce notre modèle social.
L'avenir économique de notre pays passera par une reconquête de la production des biens du quotidien. C'est pourquoi j'œuvre au rassemblement des acteurs pour reconstruire des filières accessibles au plus grand nombre.
Mais ces efforts seront réduits à néant si nous laissons entrer des produits qui ne respectent pas nos règles. Nous avons dénoncé le scandale de la vente en ligne d'armes ou de poupées pédopornographiques. La Commission européenne a condamné Temu à une amende de 200 millions d'euros et la DGCCRF a infligé une amende de 22 millions d'euros à Shein, en plus des 40 millions d'euros d'amende prononcées en novembre. Nous agissons donc avec détermination.
La suppression de l'exemption des droits de douane pour les colis de moins de 150 euros entrera en vigueur le 1er juillet. Cela rétablira un minimum d'équité entre ceux qui respectent les règles et les autres.
Mais le secteur a besoin des outils que seul le Parlement peut lui donner. Ce texte y pourvoit.
Je salue l'engagement de Sylvie Valente Le Hir ainsi que celui des parlementaires.
Ce texte apporte trois réponses : mieux informer - les plateformes devront afficher des messages en faveur d'une consommation plus sobre - ; pénaliser - un malus sera mis en place en fonction de deux critères : l'étendue de la gamme proposée et l'incitation à la réparabilité des produits - ; interdire la publicité à compter du 1er janvier 2027- les entreprises de l'ultrafast fashion ne pourront plus y recourir.
Quel modèle de société voulons-nous encourager ? Celui qui pousse à acheter toujours plus, toujours plus vite ? Ou celui qui choisit de produire plus durablement ?
La liberté du commerce ne peut durablement prospérer que dans des conditions de concurrence équitables. Ceux qui ne respectent pas nos règles doivent être pénalisés.
La transition écologique et la reconquête productive relèvent d'un seul et même projet. Car une économie qui crée durablement de la valeur est une économie qui préserve. Je vous invite à adopter les conclusions de la CMP.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Protection de l'enfance] Nous voulons créer une «liste noire» des personnes écartées de l'Éducation nationale, du périscolaire ou du sport afin qu'elles ne puissent plus être recrutées au contact de mineurs.

> Tu as raison Mahaut : c'est un ensemble de mesures qu'il nous faut déployer. Le fait de planter un arbre dans une cour d’école est tout aussi important que de mettre un climatiseur là où c’est nécessaire. Il n’y a pas de solution unique à nos problèmes.

> La France compte 144 nouveaux auteurs. Grâce au projet « Écrire », 144 élèves de CM1 et CM2 ont pu découvrir le processus de création littéraire, de la structuration de la pensée jusqu’à la possibilité d’être édité chez Gallimard. Car écrire, c’est avant tout apprendre à penser : c’est organiser ses idées, progresser au fil des textes et affiner sa réflexion. Un immense merci aux enseignants impliqués, dont l’engagement a rendu cette aventure possible.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Canicule / Intervention à l’Assemblée] Tout d’abord, un point sur la situation du parc nucléaire : il a largement tenu et a répondu présent depuis plusieurs jours malgré la canicule. Trois réacteurs ont certes été arrêtés pour des raisons de protection environnementale –
 Golfech, Bugey et Nogent – mais, je le répète, le nucléaire a encore une fois répondu présent. Nous sommes restés exportateurs nets pendant l’ensemble de la crise, produisant même davantage pour permettre à nos voisins de bénéficier des prix bas de l’électricité en France – je pense notamment à l’Allemagne. Le réseau électrique, dans sa globalité, a également tenu. J’en profite pour remercier l’ensemble des services d’Enedis notamment, qui ont fait un travail extraordinaire pour intervenir là où c’était nécessaire dans les plus brefs délais.
S’agissant de la question des batteries, il y a un besoin de flexibilité évident. Des installations se multiplient partout en France sans soutien public. Et il est extrêmement important d’avoir un modèle qui fonctionne économiquement. Il faut certes déployer la production de ces batteries plus rapidement et nous travaillons à un arrêté qui précisera le cadre réglementaire et qui doit être publié d’ici à la fin de l’année.
On travaille aussi sur les systèmes duaux, c’est-à-dire ceux qui associent photovoltaïque et batterie pour faciliter le travail de stockage, de régulation et de flexibilité. Nous allons ainsi faciliter dans les prochains appels d’offres que nous nous sommes engagés à prendre dans le cadre de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, la candidature de dispositifs qui intègrent également des batteries. Cela va vraiment dans le sens qui est le vôtre et je vous remercie pour votre question.

> [Canicule] Pour les hôpitaux, les premiers milliers de climatiseurs seront livrés en fin de semaine.

> [Présidentielle] En responsabilité, j'ai fait le choix d'une part d'aller au meeting d'Édouard Philippe la semaine prochaine et puis plus globalement de le soutenir dans sa candidature. C’est quelqu'un qui a beaucoup d'expérience, expérience de premier ministre, expérience de maire, et que je crois que dans les temps extrêmement troublés que nous vivons aujourd'hui, c'est quelque chose qui est important. Il est le plus à même aujourd'hui à rassembler très largement, bien au-delà de sa propre famille politique. Ce rassemblement est un impératif absolument vital pour le pays, pour notre accession au second tour et pour éviter l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir. Si on n'est pas capable d'opérer ce rassemblement, nous n'arriverons pas à éviter ce duel [entre] la France insoumise et le Rassemblement national" au second tour de l'élection présidentielle.

> [Canicule] L'État a beaucoup appris depuis 2003. Nous avons massivement avancé dans la coordination des services entre Météo-France, entre les services déconcentrés de l'État, l'ARS. (…)
Bien sûr qu'il ne faut pas mettre de la climatisation partout mais c'est une des réponses à apporter. Nous sommes favorables à la climatisation partout où c'est nécessaire, dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les maternités, dans l'ensemble des services publics où on voit que nous n'avons plus d'autre choix (...), pour autant, ce n'est pas la seule réponse à apporter. (…)
Le réchauffement climatique va plus vite que nous, donc il va falloir aller bien plus loin que ce que nous sommes en train de faire.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Nous sommes rentrés dans l’ère de la géoéconomie, c’est-à-dire l’imbrication des dimensions stratégiques, économiques et politiques. Quand on parle de compétitivité, d’innovation, de ressources ou d’intelligence artificielle, ce sont d’abord des leviers de puissance. Les Américains et les Chinois ont bien compris cette bascule. Ils accélèrent dans cette instrumentalisation des dépendances. Début 2025, Gina Raimonda, qui était la secrétaire au Commerce de Joe Biden, l’expliquait déjà parfaitement en quittant son poste. Elle estimait que sa fonction consistait fondamentalement à piloter un département de sécurité nationale et de technologie. Quant aux Chinois, ils ont intégré cette dimension depuis longtemps via la planification. (…)
Cette évolution, majeure, demande aux Européens un changement de logiciel. Ce changement est en cours, mais nous devons accélérer. Ce que l’Europe a réussi en s’émancipant du gaz russe, ou en livrant aujourd’hui un effort massif sur le réarmement, nous devons le répliquer dans d’autres secteurs comme le numérique, l’IA ou l’espace. À nous de retrouver une ambition européenne presque civilisationnelle. Il faut que l’Europe trouve l’envie de prendre des risques, de repousser les frontières, de rêver.

> Il ne faut plus être naïfs. Nous sommes entrés dans une période brutale en matière de relations internationales. Les Américains ont pivoté et n’ont pas attendu Donald Trump pour faire du « buy american act », lancé sous Joe Biden. La montée en gamme technologique de la Chine représente, dans le même temps, un défi économique colossal. L’Europe s’est rassurée face à ces changements en s’appuyant sur la jambe réglementaire avant même d’avoir mis en place une jambe innovation suffisamment dotée. Une prise de conscience des Européens est nécessaire : il n’y aura pas de retour à une forme de normalité du monde tel que nous l’avons connu. Le monde a changé, nous devons en prendre acte.

> Si nous voulons réduire nos dépendances, l’échelle pertinente reste l’Europe et je ne dis pas cela pour nous défausser du travail que nous avons à faire en France. Il faut des solutions européennes pour ne pas dépendre des autres. En réalité, il y a un déficit d’investissement en Europe. Nous avons donc un intérêt, face à ces nombreux défis existentiels, à continuer à investir en commun. Cela veut dire travailler à de nouvelles ressources propres de l’Union européenne: pour financer nos nouvelles priorités d’avenir et conserver les politiques essentielles, tout stabilisant nos contributions nationales. La dette commune ne doit pas être taboue. Nous l’avons fait dans un moment existentiel comme le COVID. Nous sommes à un autre tournant existentiel pour l’Europe. Nous voulons travailler aux conditions d’un accord d’ici la fin de l’année sur ce prochain cadre financier pour l’Europe. Le monde a changé, nous devons en prendre acte.

> Nous avons besoin d’être plus agiles. Avancer en Européen et passer à l’échelle ne veut pas forcément dire tout faire à 27. Nous le faisons sur le soutien à l’Ukraine avec la coalition des volontaires. Sur les sujets de financement et de défense, nous pouvons faire des coopérations à plusieurs. Être pro-européen ne veut pas forcément dire passer par les institutions européennes.

> Notre marché intérieur est un formidable atout qu’il nous faut maintenant approfondir et simplifier. L’Union européenne nous confère une importante force de frappe financière, et nous ne devons pas nous en priver. C’est aussi une importante source de stabilité, ce qui a beaucoup de valeur dans ce monde turbulent. Il ne faut donc pas voir ces deux approches comme contradictoires. 

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> L’Assemblée nationale a adopté en nouvelle lecture le texte relatif à l’aide à mourir.
Ce vote est l’aboutissement de plusieurs années de travaux et d’un débat en séance publique approfondi, mené avec sérieux, respect et dignité.
Je remercie l’ensemble des députés qui ont permis à notre Assemblée d’être à la hauteur de ce sujet si intime.
Le texte poursuit désormais son parcours parlementaire au Sénat.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Je fais une promesse aux Français : que leurs enfants aient une vie meilleure que la leur. Pour y arriver, il faut devenir la première puissance d'Europe et c’est possible en 10 ans. En concentrant nos efforts sur 4 chantiers capitaux : École, salaires, frontières, IA.

> J’explique au Rassemblement national qu’il y a un moyen pour que la guerre en Ukraine s’arrête dès demain : que la Russie cesse de tirer sur les Ukrainiens.

> Lors du vote qui a eu lieu au Parlement européen pour soutenir Alexeï Navalny, le premier opposant à Vladimir Poutine, pourquoi est-ce que le RN ne l’a pas voté ? Lors des votes sur les paquets de sanctions contre les oligarques russes et le financement de la guerre par la Russie, pourquoi est-ce que le RN ne les a pas votés?

> Si Marine Le Pen avait été élue en 2022, nous serions dans une crise européenne majeure. Nous serions soumis à Donald Trump. Et nous ne serions en train d'aider les Russes à attaquer les Ukrainiens.

> Manuel Bompard, vous proposez une taxe sur tout. Depuis 2017, nous sommes le pays le plus attractif d'Europe pour les investissements étrangers. Entre 2017 et 2024, le chômage a baissé. Et il y a eu plus d'ouvertures d'usines que de fermetures. Vous voulez nous faire revenir en arrière, mais dans votre monde, il n'y aura plus personne à taxer.

> Je cherche à rassembler les Français, à apaiser et à unir notre pays. Faire siffler la Marseillaise, nier l'antisémitisme, dresser nos compatriotes les uns contre les autres, c'est tout faire pour le diviser.

> Je propose de bâtir un nouveau modèle pour notre système de retraite. Je propose un système universel, libre, sans âge légal de départ et avec une part de capitalisation.

> Je demande à être jugé sur mes actes pour résorber la dette publique. Premier ministre, j'ai mis fin au bouclier tarifaire sur l'électricité qui coûtait 80 milliards d'euros publics pour subventionner les prix de l'énergie. Et j'ai pris un décret pour suspendre 10 milliards d'euros de dépenses.

> Je veux me battre pour la liberté, la liberté d'entreprendre. Je veux me battre pour conquérir de nouveaux droits et l'égalité.

> Je pense que c'est possible de mettre fin au doute français.

> Une entreprise chinoise sur quatre exporte en Europe à perte dans l'unique but de couler nos industries. Nous devons nous défendre et assumer une politique commerciale beaucoup plus ferme. Vous voulez vendre vos voitures en Europe ? C'est joint-venture à 50/50 avec nos industriels et vous leur transférez la technologie.

> Lors des élections législatives, en 2024, j'ai été le seul à me rendre sur le terrain pour affronter Raphaël Arnault, le candidat LFI fiché S. Il y a aujourd'hui moins de députés LFI à l'Assemblée nationale qu'en 2022. Et je pense y être pour quelque chose.

> Les sujets régaliens, de sécurité, de justice, sont pour moi aussi importants que les sujets économiques. Et dans toutes mes fonctions, j'ai démontré que j'avais la force d'agir pour garantir le respect de l'État et des valeurs de la République. Sur ces sujets, il ne peut y avoir de en même temps.

> Se battre contre les extrêmes, c'est bien, mais ça ne fait pas un projet présidentiel. C'est pourquoi je me bats pour bâtir un projet d'espoir. Pour un projet d'espoir autour de 4 chantiers capitaux : École, salaires, frontières et IA.

> Je souhaite mettre fin à l'excuse de minorité automatique. Pour que les narcotrafiquants cessent d'utiliser les mineurs comme de la chair à canon. Pour protéger les jeunes de France. Pour protéger les Français.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [RN] Assumez ! Si vous voulez supprimer l'ADEME, assumez aussi de vouloir supprimer ses véritables missions. Assumez de stopper la lutte contre la précarité énergétique, de stopper l’électrification de notre industrie qui permet à nos entreprises de ne plus dépendre du gaz russe ou américain, de stopper le développement des réseaux de chaleur et de froid qui baissent la facture des Français. Car 92 % du budget annuel de l'ADEME finance ces projets concrets sur le terrain. Vous le savez parfaitement, mais vous préférez caricaturer et mentir. Car vous avez toujours soutenu le pétrole et le gaz de vos amis poutiniens et trumpiens. Et assumez surtout que vous n’en avez rien à faire de l’environnement, et de ce que protège cette politique : la qualité de l’air, la qualité de l’eau, la qualité de l’alimentation et la santé des Français.

> Quel football voulons-nous ? Un championnat français relégué au second rang et écrasé par une ligue européenne réservée aux vingt clubs aux budgets les plus élevés ? Ou un championnat national qui tire l’ensemble du football professionnel et amateur vers le haut et qui permet à des collectifs sportifs fortement engagés de battre les clubs les plus puissants, un championnat, en résumé, où l’argent n’achète pas tout ? Ce qui vaut pour le foot vaut pour les autres sports : basket, handball, volley… Aujourd'hui, l'Assemblée nationale a tranché en adoptant la proposition de loi sur le sport professionnel. Et c'est une victoire pour tout le sport français !

> La loi visant à lutter contre les dérives de l'ultra fast-fashion est désormais définitivement adoptée. J'ai engagé ce chantier quand j’étais ministre et aujourd'hui, nous franchissons une étape importante pour encadrer ces pratiques, garantir une concurrence plus loyale avec notre industrie textile et nos commerçants physiques et défendre les droits de nos consommateurs, malmenés par ces plateformes. C’est aussi une manière de se battre contre l’impact environnemental et social dramatique de ces activités. Face à des plateformes comme Shein ou Temu, nous avons refusé de rester spectateurs.

> La France n'est pas condamnée à choisir entre deux extrêmes qui se nourrissent l'un de l'autre. L'heure n'est plus au barrage, l'heure est à porter un projet. Dans cette tribune, Gabriel Attal démonte le piège politique tendu aux Français : celui d'un face-à-face entre le RN et LFI. Deux partis qui empruntent le pire des méthodes de Trump ou de Poutine : polariser, diviser et désigner des boucs émissaires pour mieux conquérir le pouvoir. Il est temps de desserrer cette tenaille, parce que la France mérite mieux que le choix entre les outrances, les renoncements et le chaos. Elle mérite un projet. Nous en portons un.

 

Elisabeth Borne (députée)
> Je pense qu’on ne peut pas faire reposer l’essentiel du financement de la protection sociale sur des cotisations assises sur les salaires. C’est un débat que nous devons avoir dans le cadre de la présidentielle à venir.

> Depuis 2017, nous avons réduit de 25 % les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons démontré qu'il était possible d'agir, mais l’action doit se poursuivre dans la durée. Alors que notre pays a fait face à un nouvel épisode de canicule, chacun mesure que le dérèglement climatique est une réalité. Pour y répondre, il faut une action globale et collective. C'est tout le sens de la planification écologique que j'ai portée en tant que Première ministre.

 

Marc Ferracci (député)
> Le sport professionnel français traverse une mutation profonde, et il fallait l'accompagner. J'ai voté pour la proposition de loi relative à son organisation, sa gestion et son financement. Dans le sillage des Jeux de Paris 2024, ce texte pose des bases concrètes : il accompagne l'évolution des modes de financement des clubs, protège la valeur économique du sport face à un piratage qui représentait déjà 290 millions d'euros de manque à gagner en 2023, et structure enfin un sport féminin trop longtemps sous-financé et sous-médiatisé. Une première étape essentielle pour un sport plus solide, plus attractif et plus juste. Au service de celles et ceux qui en sont le socle : les clubs, les éducateurs, les bénévoles et les licenciés.

> Mardi 23 juin, j'ai eu l'honneur de conclure la Soirée des mémoires des ingénieurs-élèves du corps des Mines, à l’école des Mines de Paris. J'y suis intervenu autant en ancien ministre qu'en chercheur et professeur d’université. J’ai souhaité rappeler aux personnes présentes que notre époque réclamait de respecter une certaine éthique de la vérité, en respectant les faits, mais aussi la rationalité, qui permet de leur donner sens. Ce qui m'a frappé en suivant les travaux de cette promotion, c'est qu'aucun des sujets de mémoire n'a été choisi au hasard. Métaux critiques et renouveau minier, industrie de défense, sortie des carburants fossiles, intelligence artificielle, innovation en santé, contrôle de nos échanges… Ces questions sont les lignes de défense de notre souveraineté. Ce ne sont pas seulement des sujets d’étude, mais aussi les batailles que cette génération devra mener. Aucune ne se gagnera par décret. Toutes se gagneront par notre capacité à comprendre, à maîtriser et à produire nous-mêmes ce dont nous dépendons. Un pays qui renonce à former ses esprits finit par dépendre des autres pour penser à sa place. En septembre, ces nouveaux ingénieurs prendront leurs premiers postes et passeront de l'analyse à la décision. Ils le feront avec un avantage rare : celui d'avoir appris à chercher avant de conclure et à douter avant d'affirmer. La France a de la chance de les avoir. Merci aux organisateurs pour cette invitation, et bravo à toutes et à tous pour la qualité de ces mémoires. J'ai été heureux de pouvoir leur souhaiter, de vive voix, plein succès dans leurs carrières.

> Protéger les femmes et les enfants devrait rassembler la nation. Le Premier ministre Sébastien Lecornu l'a annoncé devant l'Assemblée nationale : la proposition de loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants sera examinée à l'automne. C'est un texte que j'ai cosigné, aux côtés de près de 150 collègues issus de presque tous les bancs de l'hémicycle. La preuve que, sur ce sujet, nous savons dépasser nos divisions.
Il faut une réponse à 360 degrés : prévention, protection des plus vulnérables, justice, réparation, lutte contre la récidive. Il faudra tenir le calendrier annoncé. Il faudra tenir l'ambition du texte. C'est le cap que nous devons garder.

 

Véronique Riotton (députée)
> [Organisation du sport professionnel / Intervention à l’Assemblée] Je me réjouis que nous examinions aujourd’hui une proposition de loi qui donne des outils pour développer la pratique éthique et le financement du sport professionnel. Ce texte est nécessaire pour deux raisons : le système actuel doit progresser en matière de transparence et d’équité ; il faut aussi permettre au sport professionnel féminin de prendre toute sa part des financements.
L’article 1er, pour lequel je suis rapporteure, renforce les obligations des ligues professionnelles. Désormais, afin d’éviter les conflits d’intérêts, un dirigeant de ligue ne pourra plus occuper simultanément à ses fonctions un poste dans une entreprise de diffusion audiovisuelle ou de paris sportifs. Les rémunérations des dirigeants seront plafonnées, à l’image de celles des dirigeants d’entreprises publiques, et un rapport devra être publié chaque année pour garantir la transparence. Au regard des dérives qui ont pu être observées dans certaines disciplines, ces mesures sont proportionnées et répondent aux attentes légitimes des citoyens.
Nous donnons en outre des outils supplémentaires au sport professionnel féminin. Je félicite le Sénat d’avoir introduit ces éléments, qui étaient absents du texte initial. Grâce à ces dispositions, les ligues professionnelles féminines pourront désormais exister juridiquement, en développant leurs propres structures.
En commission, à la lumière des auditions et des travaux que nous avions engagés depuis plusieurs années, nous avons poursuivi ce travail afin de rendre le sport professionnel féminin plus visible, d’offrir des perspectives à nos athlètes et de renforcer la solidité juridique et l’attractivité de ce secteur pour les investisseurs. Nous avons par exemple prévu explicitement la possibilité pour une même ligue professionnelle de gérer concomitamment le secteur masculin et le secteur féminin. Les ligues seront ainsi libres de s’organiser comme elles le souhaitent. Nous avons aussi défini un cadre, dans le code du sport, pour les ligues qui ne sont pas dotées de la personnalité juridique.
Je remercie mon collègue rapporteur Belkhir Belhaddad : sa force de proposition et sa conviction ont permis l’adoption en commission d’amendements dont je partage pleinement l’orientation. Notre texte prévoit désormais un principe de solidarité entre les secteurs féminin et masculin, ainsi qu’une contribution accrue des services de télévision à la visibilité du sport féminin et une expérimentation des parrainages et de la publicité virtuelle, outils qui devraient permettre d’accroître les ressources du sport féminin.
Toutes ces mesures sont importantes et nécessaires. Il serait toutefois erroné de les croire suffisantes, tant le sport féminin reste sous-financé et sous-médiatisé. En 2025, il ne représentait que 6 % de la valeur des partenariats sportifs. Pour combler le retard accumulé durant plusieurs décennies, il faudra aller plus loin, par exemple en instaurant des quotas de diffusion télévisée ou en améliorant les infrastructures pour favoriser la pratique et garantir un spectacle de qualité. Comme le souligne le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), il est urgent de structurer l’écosystème du sport professionnel féminin autour de ses principaux piliers : professionnalisation des organisations sportives, modernisation des infrastructures, accroissement de la diffusion et de la visibilité, amélioration de l’engagement des fans.
Les mesures de la proposition de loi que nous examinons gagneraient à être complétées par voie réglementaire ou dans le cadre de futurs textes budgétaires. Nous l’avons dit en commission, madame la ministre : vous pouvez compter sur nous pour lancer de tels travaux. Il faut notamment accompagner la professionnalisation des organisations sportives féminines par des mesures fiscales et sociales. Au-delà des enjeux en matière d’amélioration des conditions de travail, nous pourrions alléger les charges sociales pour favoriser le recrutement des sportives qui sortent de centre de formation.
Ces propositions montrent bien que la féminisation du sport professionnel est désormais au centre de nos débats sur la politique publique du sport. Les nombreux amendements que vous avez déposés à ce sujet témoignent de notre ambition à tous en la matière –⁠ je ne peux que le saluer. Il nous faut à présent engager un nouveau cycle de travail pour mettre au point une proposition de loi transpartisane dédiée à cette question. Je vous donne rendez-vous pour travailler ensemble sur cette proposition de loi.
Je remercie mes collègues rapporteurs, Sophie Mette, Lionel Duparay et Belkhir Belhaddad ; nous avons travaillé dans une parfaite concorde.
Une loi se construit par étapes. Ce qui compte, c’est que nous avancions dans la bonne direction, en adoptant des mesures solides et applicables. Avec cette proposition de loi, nous posons des bases qu’il nous appartiendra de consolider dans les mois à venir ; le travail continue.

 

● MoDem 
François Bayrou (président)

> [Loi sur la fin de vie] Je ne l'aurais pas voté. C'est un immense problème de conscience. Parce que dans tous les pays où ce genre de texte est peut-être encore moins engageant que chez nous, dans tous les pays où ce texte a été voté, cela a fait tache d'huile. C'est pour cela que c'est très difficile et douloureux. Parce qu'il y a des gens qui, eux, pour leur propre destin, pensent que cela serait mieux d'avoir cette issue. Mais à partir du moment où on dit : « la mort est un soin », nous qui avons construit notre société sur : « normalement, je ne te laisserai pas seul. Je ne te laisserai pas malade et je ne te laisserai pas souffrir », à partir du moment où on introduit l'idée qu’il existe un soin qui est pour mettre un terme à tout cela et qui est la mort, partout cela fait tache d'huile parce que cela s'introduit, cela s'immisce dans la conscience générale et cela se multiplie. (…)
Cela se multiplie pour qui ? Pas pour les gens qui sont avantagés, qui ont les moyens, qui ont des relations, de la famille. C'est pour les autres que cela vient. Je n'ai jamais oublié une lettre qui m'a bouleversée. C'est une maman qui m'écrivait alors parce qu'elle avait une petite fille trisomique. Et elle me disait : « mais quand je ne serai plus là, avec cette loi, elle est tellement gentille, elle veut tellement faire plaisir à tout le monde, qu'on lui expliquera que c'est pour rejoindre sa maman ». Je ne dis pas que cela se passera. Je ne dis pas que c'est dans les intentions de ceux qui rédigent la loi. Mais il y a ce risque. En tout cas, je sais une chose, c'est que tous les médecins qui travaillent dans ces admirables services de soins palliatifs, dans les établissements dédiés à cela, Jeanne Garnier par exemple, tous disent qu'il ne faut pas faire cela. Tous disent : « donnez-nous les moyens de soulager la douleur ». On a constaté une chose très simple. Parmi tous les gens qui sont en soins palliatifs et qui voulaient avant qu'on leur applique cette fin de vie, parmi tous ceux-là, il n'y en a plus que 2 ou 3% s'ils sont soulagés de la douleur qui veulent continuer. Alors cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas des personnes, j'en connais, et j'ai parlé beaucoup avec elles, qui disent : « mais moi j'ai une maladie très lourde, dégénérative, comment je fais le jour où je ne pourrai plus bouger ? ». Eh bien c'est cette question-là qui, à mon avis, se traite. Les yeux dans les yeux avec les médecins, on est là pour aider, comme cela se fait tous les jours alors que la loi n'existe pas. (…)
Si on croit que notre démocratie ou notre République doit être transparente et honnête. C'est pourquoi j'ai voulu deux votes, un sur les soins palliatifs et un sur cette fin de vie. 

> [Justice] Vous avez des attitudes qui sont des attitudes très antagonistes. Vous avez les Français qui voudraient juger les juges, qui exigent de juger les juges. Et vous avez les juges qui disent ne touchez pas aux magistrats. Il va falloir trouver. Et c'est un bon exemple de toutes les réconciliations qu'il va falloir conduire en France. Et vous voyez que vous avez ces antagonismes qui excitent complètement les positions. Moi, je suis du côté des parents. Alors, ce n'est pas très original de dire ça. Cela fait homme politique qui a ses formules sur ses sujets. Et aucun d'entre nous ne peut être indifférent. Mais dans l'affaire Lyhanna, par exemple, on voit bien que ce qui a provoqué le drame, c'est une erreur de fonctionnement de la justice ou un dysfonctionnement, comme on dit. C'est-à-dire, non seulement cela n'a pas fonctionné, mais cela a fait le contraire, cela a poussé sous le tapis la poussière. Ce dysfonctionnement est hélas, et je dis cela en pensant aux parents de cette petite fille, cela a hélas provoqué le drame. Ce n'est pas un drame qui a été subi, c'est un drame qui a été provoqué.

> Il y a des secteurs de la société qui sont tellement en panne et tellement enflammés. Par exemple, l'aide sociale à l'enfance. C'est exactement le cas. Nous avons dans nos rangs, dans notre groupe à l'Assemblée nationale, une jeune femme formidable sur ce sujet qu'elle connaît intimement, qui s'appelle Perrine Goulet, et qui mène le combat sur la réforme en profondeur qu'il faut conduire, parce que ces jeunes garçons et ces jeunes adolescents, dans des familles d'accueil qui sont parfois démunis pour maîtriser ou pour orienter leur développement. C'est un immense travail à conduire et dans un pays qui n'a plus les moyens d'augmenter les dépenses perpétuellement. 

> Il y a quelque chose d'une violence tellement forte dans toute la société que c'est un ensauvagement de la société tout entière. Exemple, vous allez sur les réseaux sociaux et vous lisez les postes qu'il y a sous chacun de vos gestes, de vos actes, vous journaliste, responsable politique, chef d'entreprise. C'est d'une violence, d'une méchanceté, d'une haine recuite, une volonté d'abattre, de déshonorer, de tuer. Par centaines et milliers, protégés par l'anonymat. Comme si -j'ai un chapitre dans le livre sur ce sujet- comme si se révélait par l'anonymat le tréfonds de la nature humaine dans les sociétés où nous sommes, qui ne sont plus cadrées, qui ne sont plus guidées, et qui donne aux responsables de la société une très importante charge. Personne ne pourra éluder, y compris dans les campagnes qui viennent.

> On va vers une guerre de génération si on ne fait rien. Une guerre des générations par négligence, par laxisme. Il y a 50 ans, 50 ans, que la France n'a plus voté un budget en équilibre. Cela veut dire des déficits tous les ans, des déficits croissants. Et ces déficits, il faut les emprunter pour payer les salaires, pour payer les charges de l'État et de la Sécu. Ce sont ces déficits qu'il faut emprunter, qui accumulés au fil du temps, forment la dette incroyable dans laquelle nous sommes. Et alors autrefois, vous savez que je mène campagne sur ce sujet depuis longtemps. (…)
Autrefois on disait bon, d'accord François Bayrou a raison, c'est une obsession chez lui, mais c'est pour plus tard, c'est un jour qu'on aura des ennuis. Mais aujourd'hui, vous l'avez vu, et la Cour des comptes et toutes les analyses que j'ai développées dans ce livre montrent que cela n'est plus pour plus tard. C'est désormais aujourd'hui. Cela n'est plus un risque, c'est une fatalité que nous affrontons aujourd'hui. A telle enseigne que l'année prochaine, la totalité des impôts sur le revenu que paient chacun de ceux qui nous écoutent quand ils en paient, et vous, et moi, et tous ceux qui sont là, la totalité de l'impôt sur le revenu de toutes les villes et de tous les villages français ne suffira plus à rembourser seulement les intérêts de la dette. Pas la dette, on n'a jamais remboursé un euro de dette depuis 50 ans. 

> Quand nos générations avaient 20 ans, il n'y avait pas de dette. En 80, il n'y avait pas de dette. Et puis, tout d'un coup, cela s'est installé, cela s'est accéléré. C'est devenu un réflexe pour chacun des gouvernants et chacun des citoyens. Tout le monde dit mais sur ce problème, il faut des moyens. Tous les grands sujets que vous avez évoqués, il faut des moyens. Et on doit donner les moyens supplémentaires. Il n'y aura plus de moyens supplémentaires. Parce qu'on a la défense, on a l'école, on a la sécurité. On devrait avoir la science et la recherche. On a l'intelligence artificielle. Et donc vous voyez que tout cela, en réalité, exige une prise de conscience de la société. Parce que s'il n'y a pas de prise de conscience, alors les gouvernants qui suivent toujours la société, qui suivent toujours la demande, qui suivent toujours les sondages, ne feront pas face. 

> Je pense que cette élection présidentielle, elle n'est pas comme les autres. Autrefois, on allait à l'élection présidentielle pour se faire connaître, pour se faire voir, pour que les Français découvrent les charmes immenses qui sont ceux des candidats successifs. Mais c'est fini ! Cette année, l'élection présidentielle, ce n'est pas cela. Cette année, l'élection présidentielle, c'est la menace des extrêmes. Et il n'y a aucun pays dans le monde, aucun pays dans le monde, qui se soit relevé des extrêmes. Jamais. Je ne veux pas citer des noms, mais vous les avez en tête. Et donc, la menace immense créée par cette tenaille, elle doit être conjurée et elle change la nature de l'élection présidentielle et des candidatures. Pourquoi ? Parce que cela veut dire qu'il ne faut pas se présenter pour participer, il ne faut pas se présenter pour témoigner, il ne faut pas se présenter pour faire connaître, il faut se présenter pour gagner. Et se présenter pour gagner, cela veut dire aussi qu'il faut des candidats, je suis sûr qu'il y en a qui vont apparaître, qui ont les épaules pour être demain matin président de la République. 

> Le pays se laisse envahir par des pratiques qui sont des dérives, en réalité, et celle de la dette n'est pas la plus mince, mais ce n'est pas la seule. Vous avez dit tout à l'heure, il n'y a plus rien qui marche dans le pays. C'est vrai ce qui veut dire qu'il faut changer notre organisation profondément. (…)
Est-ce qu'on va changer par force, méchamment ? Ou bien est-ce qu'au contraire, on va comme un peuple debout, ouvrir les yeux, ce que j'ai proposé et qui a été refusé à l'Assemblée nationale il y a neuf mois. On va ouvrir les yeux et dire voilà le constat et donc on va décider tous ensemble de faire ce qu'il faut pour s'en sortir. Ce qu'il faut sur plusieurs années, ce qu'il faut pour s'en sortir avec un plan sérieux, exigeant de retour à l'équilibre. Les mois que nous allons vivre, je ne parle même plus d'années, je parle de mois, les mois qui viennent sont un danger terrible pour le pays et donc il faut une prise de conscience, et donc il faut les yeux ouverts et du courage. 

> C’est la première fois, je crois, qu’en France un livre explique à destination du grand public, des citoyens, ce qu’est cette dette, comment elle s’est constituée, ce qu’elle représente, quel est son mécanisme. Voilà 50 ans qu’on n’a plus voté en France un budget en équilibre. Donc tous les ans des déficits, de plus en plus importants. Ces sommes, il faut les emprunter. Comme les sédiments au fond de la mer, s’est accumulée cette colossale et abyssale quantité de dette. Aujourd’hui, nous venons de dépasser les 3 500 milliards d’euros. Pour les gens, ce sont des chiffres très lointains, très abstraits. Mais depuis que j’ai mis sur la place publique ce sujet vital, il commence à être identifié. (…)
Les gens commencent à se dire : « La dette, c’est dangereux, il a raison. Mais, c’est pour plus tard. Ce sont les générations futures qui paieront ». C’est cela le grand mensonge : nous avons atteint un seuil où désormais, ce sont les générations actuelles qui non seulement paient, et paient bien au-delà de tout ce qui avait été imaginé. L’année prochaine, la totalité de l’impôt sur le revenu de tous les foyers fiscaux de tout le pays, toutes ces sommes que vous payez, que nous payons tous, additionnées, ne suffiront pas à compenser les intérêts de la dette ! Cette année, 80 milliards d’euros, l’année prochaine 90 ! Cela change tout, car cet argent, on en aurait la plus urgente utilité, pour les jeunes, pour l’école, pour la justice, pour la sécurité, pour les hôpitaux, mais on ne l’aura plus.

> Le bilan, il vient d’être confirmé. Ne serait-ce que par une baisse importante du déficit. Mais pour durer on voulait m’imposer par exemple de renoncer à la réforme des retraites. De Gaulle et Mendès (et je ne me compare pas à ces géants) ont vécu cela avant moi. Qu’ont-ils dit ? « Si on m’empêche de poser les questions essentielles, à quoi bon rester au pouvoir ? » C’est le sens de cette épreuve de vérité. Et cela a plus de gueule que de se faire censurer tête basse…
> Sébastien Lecornu a été ministre de la Défense dans mon gouvernement et je ne l’ai pas oublié. Et tout a toujours été clair entre nous : je savais que si j’étais renversé, c’est lui qui serait nommé. Et nommé dans cet esprit : pour chercher des accommodements, des compromis qui permettraient que le gouvernement dure. Ma philosophie au contraire était de prendre de face la vérité. D’ici peu de mois, je ne sais pas si c’est 6 ou 18, mais pas beaucoup plus, il n’y aura plus de discussion possible sur ce sujet. Parce que la France ne peut pas échapper à la même crise qu’ont vécue la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal… Tous ces pays qui ont été obligés d’entrer dans une démarche incroyablement sévère.

> [Manque d’autocritique] Quand on disait cela à Mitterrand, il répondait : « La critique, il y en a suffisamment venant de mes adversaires sans que j’apporte de l’eau à leur moulin ». Peut-être que j’aurais pu mieux faire des choses. Mais je n’aurais pu être de meilleure foi. Et les résultats que nous avons obtenus, personne ne les a obtenus jusqu’à maintenant. Depuis combien de temps il n’y a pas eu un gouvernement qui a fait baisser le déficit de manière aussi importante ?

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Le temps presse à Paris] Il y en a tant que le décompte devient difficile. Entre les déclarés, les virtuels, les probables et les embusqués, les prétendants et prétendantes à la présidence française sont si nombreux qu’on les croirait vraiment décidés à porter l’extrême-droite au pouvoir.
Les centres, les écologistes, les sociaux-démocrates et les droites, tous éparpillent aujourd’hui si bien les voix démocrates en voulant se les disputer que le premier tour paraît joué et le second arrivé. Jean-Luc Mélenchon d’un côté, Jordan Bardella ou Marine Le Pen de l’autre, la gauche de la gauche et la droite de la droite sont face-à-face et la France étant aussi majoritairement à droite que le reste du monde et beaucoup des démocrates refusant de choisir ou préférant même barrer la route à la France insoumise qu’au Rassemblement national, le résultat est acquis.
L’extrême-droite est élue. Donald Trump et Vladimir Poutine sablent le champagne. Ils n’en croient pas leur bonheur car ils n’ont jamais fait mystère de leur soutien aux « patriotes » des démocraties européennes. Alors la France ! La seule puissance nucléaire de l’Union et son seul membre permanent du Conseil de sécurité ! L’inventeur de l’unité européenne ! La deuxième puissance économique de l’Union !
Leur rêve s’est réalisé. L’extrême-droite va réduire de moitié la contribution française au budget de l’Union qui va donc se défaire puisque les 26 autres Etats membres ne combleront pas ce trou et seront au contraire amenés à réduire leur propre contribution. Voilà l’Amérique débarrassée de ce concurrent économique qui lui fait tant d’ombre. Voilà la Russie libre d’accroître sa pression sur toute l’Europe centrale afin de reconstituer une zone d’influence perdue. Voilà l’Ukraine sans plus d’Europe unie pour faire front avec elle et le Kremlin à même de peser sur un continent entier que ne protégeront plus ni les Etats-Unis ni la Défense commune dont l’Union se dotait.
Si mal nommés, les « patriotes » font de la France l’instrument de deux puissances ennemies. Ils l’abaissent et, parallèlement, démantèlent l’audiovisuel public pour l’offrir à de grandes fortunes amies et trahissent leurs électeurs les plus modestes en revenant à leurs racines et réduisant brutalement les protections sociales et les services publics.
Voilà ce qui se prépare. Voilà ce qui sera bientôt joué si les démocrates ne se ressaisissent pas – tous les démocrates, de droite, de gauche et d’ailleurs – mais chaque courant et sous-courant de la démocratie française veut son candidat et espère l’emporter contre les autres sans plus voir leur adversaire à tous.
Comment le comprendre ?
L’ego d’hommes et de femmes auxquels il est difficile de faire admettre que n’est pas De Gaulle qui veut est une partie du problème car le mythe de l’homme providentiel ressurgit en France à chaque moment de crise.
Or une crise, la France en traverse une puisqu’elle ne peut plus se permettre son train de vie, qu’elle perd pied en Afrique, que l’Allemagne prétend lui ravir sa place de première puissance militaire de l’Union, qu’elle ne peut plus jouer la carte gaullienne de l’indépendance entre Washington et Moscou et que l’avenir de ses grandes industries dépend de l’affirmation de politiques industrielles européennes.
Alors même que l’Europe s’est ralliée à leurs idées de défense commune et d’autonomie stratégique, les Français se sentent désorientés et perdus. L’Europe parle français mais au lieu d’en tirer force et fierté, les Français hésitent à adopter l’identité que leur offre ce spectaculaire succès politique, fruit d’une si longue ténacité. Si stupéfiant que cela soit, ils hésitent à endosser ce rôle d’artisans d’une renaissance et, un jour, d’une primauté européennes.
Les Français balancent entre une identité d’hier, singulière jusqu’à l’arrogance, et l’affirmation d’une identité européenne, pourtant autrement plus ambitieuse et conforme à leur Histoire nationale puisque renouant avec les temps où ils guidaient l’Europe vers de nouveaux horizons.
Dans cette présidentielle à venir, il y a la France d’hier, celle du repli sur les siècles passés, celle d’une extrême-droite et d’une extrême-gauche vieillies et radotantes, et la France de demain, bravant le vent du renouveau et défrichant les chemins d’une nouvelle puissance européenne hors desquels il n’y a pas d’autre avenir que celui de devenir le musée d’une grandeur perdue. Le drame de cette France de demain est que ses partisans se croient encore en guerre civile, bourgeois et prolétaires, droite et gauche, entreprises et partageux, alors qu’il y a longtemps que la gauche défend l’entreprise et que la droite a adopté la protection sociale. C’est ensemble qu’elles ont aujourd’hui à les défendre l’une et l’autre contre le dumping chinois, le revanchisme poutinien et la rupture de la solidarité atlantique. Comme à l’Europe entière, il faut à la France un grand parti démocrate, un parti des Lumières, de l’équité sociale et de l’innovation, de l’affirmation de l’Europe unie contre les empires qui rêveraient de se la partager. Il est encore temps mais comme à Londres et Berlin, le temps presse à Paris.

 

Pascal Canfin (député)
> Le monde bascule à vitesse grand V vers la voiture électrique.
En 2019, l'Agence Internationale de l’Energie publiait son scénario le plus optimiste : 30% de voitures électriques dans les ventes mondiales d'ici 2030. Ce cap vient d'être franchi en 2026, soit quatre ans plus tôt que prévu !
Depuis le début de l’année, les voitures électriques (100% électrique et hybrides rechargeables) en Europe ont atteint 30% des ventes. Mais c’est loin d’être une tendance européenne. Bien au contraire, c’est un mouvement mondial, y compris dans des pays qu’on n’attendait pas. En 2025, les véhicules électriques représentaient 37% des ventes de voitures neuves au Vietnam, 24% en Thaïlande, 18% en Turquie ou encore 16% en Indonésie.
Le marché est en train de basculer. Partout. Et rapidement. La guerre au Moyen-Orient et l’explosion des prix du carburant n'ont fait que renforcer cette donne. En Europe, les consommateurs européens ont compris que la voiture électrique était un bouclier pour le pouvoir d’achat.
Dans ce contexte, hésiter et vouloir revenir en arrière comme le propose l’alliance de la droite et de l’extrême droite au Parlement européen c’est prendre du retard. La batterie est au début de sa courbe technologique. Les leaders de l'automobile demain seront sans aucune doute les champions industriels de l'électrique. Changer radicalement les objectifs industriels au moment précis où le monde accélère, c’est envoyer le mauvais signal au pire moment. Laisser ce terrain aux constructeurs chinois serait une erreur historique et un suicide pour l’industrie automobile européenne. Au contraire, c’est le moment d’accélérer l’électrification des usages.
Maintenir le cap, c'est le seul choix cohérent pour l'avenir de notre industrie, notre pouvoir d'achat, notre souveraineté et pour notre climat.

 

Grégory Allione (député)
> « Les services publics, même bien préparés, ne pourront plus faire face seuls. » Cette phrase est dans Le Monde du 28 juin. Je la porte depuis le premier jour de mon mandat.
Au Parlement européen, je traduis cette exigence d'anticipation à travers quatre leviers concrets :

- Une généralisation de la formation aux gestes qui sauvent à l'échelle de l'Union. Pour créer les conditions d'une véritable culture de la résilience.
- La révision du Mécanisme de protection civile de l'Union, dont je suis rapporteur pour Renew Europe. Afin de faire passer l'Europe de la réaction à l'anticipation.
- Un Erasmus de la protection civile, pour former une génération d'Européens à une culture harmonisée de la sécurité civile.
- Une directive européenne sur l'engagement citoyen, pour garantir notre modèle de sécurité civile qui repose sur nos volontaires.
Beaucoup se sont moqués du kit de préparation aux 72 heures, porté en mars 2025 par la commissaire Hadja Lahbib. Aujourd'hui, plus personne ne sourit. En France, la semaine dernière : 72 départements en vigilance rouge canicule, deux en alerte rouge feux, un record national de chaleur dès la fin juin. La saison 2026 commence dans des conditions que personne ne savait imaginer il y a cinq ans. Depuis des années, nous le savons. 2022 a été un avertissement. 2025 a été un tournant. 2026 est le constat. Je salue la prise de conscience générale. Ce matin encore, le directeur général de la Sécurité civile indiquait que « le pire est devant nous ». C'est le cas. Vraiment. Face à cela, notre réaction doit être celle de la sobriété, de la solidarité et du pragmatisme. Ne lâchons rien. Préparons-nous, ensemble, tous. C'est ainsi, et seulement ainsi, que nous résisterons.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> La canicule va passer, l’urgence climatique va rester.
Le commissariat au Plan apporte des diagnostics et des propositions concrètes sur la transition écologique. Pas de « backlash écologique », pas de « stop and go » : nous en faisons une priorité constante.
D’abord pour chiffrer les investissements massifs, publics et privés, nécessaires pour réussir cette transition - lutter contre le changement climatique, atteindre nos objectifs de baisse des émissions, et nous adapter au mieux à ce dérèglement : de 60 milliards supplémentaires à mobiliser chaque année ! C’est ce que montre le rapport de référence, de 2023, de Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz.

Ensuite, en regardant les solutions les plus efficaces pour décarboner au plus vite, au moindre coût.
Aussi en examinant de près des enjeux essentiels liés au changement climatique : les risques sur la gestion de l’eau, par exemple : après la canicule, cette question majeure va revenir ! Et l’été en 2050 risque d’être en moyenne comme celui vécu en 2022…
Ou les manières très concrètes de protéger les Français contre les risques climatiques qui menacent leur Logement.
Et nous allons continuer : bientôt un travail, après cette canicule (qui reviendra), sur l’adaptation de nos villes, de nos vies professionnelles, de nos vies quotidiennes, de nos services publics.
À suivre ! Planifier pour agir et changer.

> Défense européenne : assumer la coopération industrielle comme levier de souveraineté
La défense européenne paraît une évidence autant qu’un mystère. Une évidence car chacun voit l’absolue nécessité d’un investissement renforcé et d’une autonomie accrue pour l’Europe en la matière. Un mystère aussi car derrière les termes de ­ défense européenne ‑, des visions très différentes et parfois un grand flou peuvent se loger. L’Europe de la défense qui s’affirme, c’est d’abord, condition indispensable, une augmentation massive des budgets de défense. Ce mouvement a commencé, à l’est du continent, en 2014, après l’invasion russe de la Crimée ; la dépense polonaise de défense dépasse aujourd’hui 4 % du PIB. La France s’y est inscrite, et aura doublé son budget de défense entre 2017 et 2027. L’Allemagne a aussi doublé son effort, en part du PIB, par rapport à 2018, avec une très forte accélération depuis 2022. Ce fait nouveau s’incarne dans l’adhésion des pays européens à la nouvelle cible de l’OTAN, de 3,5 % du PIB en 2035. Pour la France, un tel ratio n’avait pas été atteint depuis 1971. Mais l’Europe de la défense, c’est aussi une autonomie accrue, notamment sur le plan des équipements militaires, par rapport aux États-Unis. À cet égard, la fragmentation reste massive : seulement 18 % des dépenses européennes en matériels militaires résultent de programmes en coopération et les pays de l’UE comptent 178 types d’équipements différents, contre 30 outre-Atlantique. Sur ce volet – l’autonomie et la coopération européennes –, il est essentiel de développer une industrie de défense plus coordonnée et plus forte : sans capacité collective à produire en quantité et en qualité suffisantes, les États européens, nos partenaires, ne réduiront pas leur dépendance aux achats américains ; les habitudes ancrées, les pressions reçues ne seront surmontées que s’il y a un intérêt national direct à acheter autrement. Cela passe par associer les industriels des différents pays européens à travailler et produire davantage ensemble. Cette note inédite traduit cette double conviction : il n’y aura pas de défense européenne crédible sans industrie de défense plus forte et plus intégrée ; il est nécessaire de clarifier les différents modèles industriels possibles – du morcellement actuel à une logique de spécialisation poussée. Défense européenne : assumer la coopération industrielle comme levier de souveraineté Notre travail identifie ainsi cinq modèles possibles : le maintien de productions nationales séparées pour le maximum d’équipements ; la diversification des approvisionnements ; la production sous licence ; l’intégration complète du marché européen de défense ; des coopérations industrielles renforcées. C’est à moyen terme ce dernier modèle – des coopérations beaucoup plus nombreuses entre États et indus- triels européens – qui paraît le plus réaliste et le plus souhaitable. Pour économiser les coûts, pour assurer l’excel- lence industrielle et technologique, il ne faut pas exclure une logique de spécialisation approfondie, où chaque État ne viserait pas à investir tous les segments dans son industrie nationale ; mais ce niveau d’interdépendances au sein de l’Europe suppose un seuil de confiance mutuelle qui n’est pas encore franchi – et qui doit se construire par étapes. La défiance américaine croissante nous aide en cela ! Dans cette nouvelle architecture européenne de défense qui s’esquisse, quel rôle utile doit jouer l’Union européenne en tant que telle ? Elle ne doit dupliquer ni l’OTAN ni les États membres. Par ses moyens juridiques et financiers, par son cadre même, l’UE doit devenir le grand facilitateur des efforts de défense nationaux et de coopérations industrielles fortes. Avec trois missions centrales : encourager les projets industriels associant plusieurs États membres, par des incitations financières (cofinancement par le budget européen) ; favoriser les efforts d’innovation, pour lesquels les habitudes nationales sont moins enracinées et sur lesquelles la commande publique peut jouer un rôle puissant d’accélérateur (commande commune de drones, robo- tique…) ; suivre les engagements pris par les États membres pour garantir leur réalisation (comme en matière budgétaire, avec des indicateurs propres à l’UE et une revue annuelle pour suivre les écarts entre trajectoire annoncée et dépense de défense effective, et la convergence vers un objectif de 1 % européen ‑, soit 1 % du PIB au minimum consacré à l’achat de matériels militaires européens…). Cette ambition implique – malgré l’échec récent du projet commun d’avion de combat (SCAF) ou plutôt en raison de son abandon – une relance franco-allemande forte avec un double agenda : bilatéral, par l’identification rapide de projets industriels communs, associant potentiellement d’autres États membres ; européen, en promou- vant ensemble le renforcement des outils de l’UE, à commencer par son budget pluriannuel, en encourageant ce triple rôle de facilitateur, au service d’une défense européenne plus puissante et plus autonome.

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Une politique de l’enfance ne peut réussir sans une politique de parentalités. Les propositions remises dans le cadre des assises du soutien à la Parentalité renforcent un cap : faire de la prévention l’investissement le plus utile pour protéger les enfants.

 

 


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