dimanche 17 avril 2022

Présidentielle 2022. Une semaine après le premier tour et à une semaine du second, Le Pen n’a jamais été en tête d’un seul sondage

Quel bilan peut-on faire des sondages de second tour à propos du duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen à une semaine du vote final.

- Le premier enseignement est qu’Emmanuel Macron a toujours été donné gagnant par tous les sondages sans exception depuis que les instituts réalisant ceux-ci ont demandé leurs intentions de vote aux Français concernant la présidentielle.

A contrario, Marine Le Pen n’a jamais été en tête des intentions de vote pour le second tour.

- Le deuxième enseignement est que depuis les résultats du premier tour avec la victoire de Macron et ses 4,69 points d’avance sur Le Pen, donc de la semaine qui vient de s’écouler, l’écart entre le président sortant et la représentante d’extrême-droite est demeuré stable voire s’est accru avec certains sondages donnant jusqu’à 12 points d’avance à Macron.

- Le troisième enseignement est que, selon les sondages, le score de 2022 devrait être plus serré que celui de 2017 notamment par le nombre de personnes qui vont s’abstenir ou voter blanc.

- Le quatrième enseignement est que cet écart peut encore être comblé par Le Pen même si cela parait compliqué en une seule semaine; certains estiment que le débat pourrait être décisif en la matière or il faut rappeler qu’aucun d’entre eux, en France et à l’étranger n’a jamais changé le résultat final d’une élection, même pas celui entre Kennedy et Nixon en 1960 aux Etats-Unis ou celui entre Mitterrand et Giscard d’Estaing en 1981 en France, ni le précédent débat entre Macron et Le Pen en 2017 comme certains le prétendent mais qu’aucun élément ne vient confirmer.

 

 

Présidentielle 2022. Propos de campagne de Macron du 17 avril – Le «progrès du quotidien» remplace le progressisme / Corriger les inégalités à la racine / Le «quoi qu’il en coûte», meilleure dépense publique possible/ Nouvelle ère avec la guerre de Poutine contre l’Ukraine…

Retrouvez ici les derniers propos tenus pas le candidat représentant le Centre et l’axe central, Emmanuel Macron, lors de la campagne présidentielle.

> Un besoin de limites existe. C’est pour cela que je parle de progrès du quotidien et non plus vraiment de progressisme. Parce que le progressisme brandi comme étendard peut parfois apparaître comme une fuite en avant sans borne, comme une dépossession de ce qui est. Or les sociétés occidentales ne veulent pas de cela, être dépossédées.

> Ce que je veux faire pour les années à venir est un projet pour les outsiders de correction des inégalités à la racine et de lutte contre les vies empêchées.

> Je mettrai toute mon énergie à convaincre que c’est par l’Europe que nous pourrons les défis des temps et défendre nous valeurs.

> En permettant aux enseignants et aux directeurs d'école de bâtir un projet pédagogique adapté pour mieux répondre aux problèmes des quartiers ruraux comme des quartiers en difficulté des villes.

> Un des enjeux de ce second tour est de mettre en lumière la vérité du projet de la candidate d’extrême droite. Projet de soumission à l’étranger, projet de sortie de l’Europe, projet de division des Français, projet de régression climatique, projet qui menacerait nos retraites, notre épargne, nos emplois.

> Une majorité de Français a fait le choix de candidats qui portent un projet d’ouverture, d’indépendance et de progrès comme je le fais.

> [Guerre de Poutine en Ukraine] On est au début d’un changement d’ère. On peut mourir à nouveau sur le sol européen

> Le sentiment d’humiliation ressenti en Russie après la chute du mur de Berlin et l’éclatement de l’URSS (…) ce ressentiment s’est ensuite métabolisé en paranoïa.

> Poutine a décidé qu’il n’arrêterait pas son offensive, car il a besoin pour lui-même d’une victoire militaire. (…) S’il ne parle plus à personne, alors on ne sait pas jusqu’où il peut aller. C’est mon obsession avec lui, je lui dis à chaque fois..

> [Le «quoiqu’il en coûte»] C’était la meilleure dépense publique possible. Cette dette est une très bonne dette.

> Il faut assumer de dire que l’on ne peut pas tout faire ! Marine Le Pen, en particulier, raconte n’importe quoi.

> Ma vie est une écriture, c’est comme cela que je la vis.

> On a eu une pandémie historique comme nous n’en avions pas eue depuis un siècle et maintenant la guerre en Europe. Nous avons tenu ensemble, mais ces crises, comme toujours, nourrissent des peurs, les extrêmes en profitent sans proposer de solutions. Donc en effet, les extrêmes n’ont pas baissé, parce qu’elles se sont nourries de ces crises historiques. 

> Je crois que j'ai un projet qui gagne à être connu et j'ai le sentiment que, du côté de l'extrême-droite, il y a un projet qui mérite d'être clarifié> J’ai acquis de l’expérience, j’ai appris et puis j’ai gardé l’énergie que j’avais il y a 5 ans.

> Je ne pense pas qu’on puisse exercer ces fonctions et décider s’il n’y a pas un équilibre affectif. 

> Je n'ai pas de regrets. J’ai fait campagne autant que j'ai pu, et j'ai présidé autant que j'ai dû. Il y a 6 semaines, les bombes tombaient sur Kiev, il était normal que je sois très engagé sur les questions internationales.

> Je ne me projette jamais en faisant ces scénarios. Pour être engagé, il ne faut pas penser à ce qui se passe « si ». Et, le jour d'après sera le jour d’après. Je serai à nouveau un homme libre avec ses convictions.

> Quand quelque chose va mal dans sa vie, on dit c'est celui qui dirige qui est responsable. Nos compatriotes savent que je sais décider en temps de crise.

 

 

La quotidienne centriste du 17 avril 2022. Tous les abstentionnistes et ceux qui vont voter blanc seront des alliés objectifs de Le Pen et de l’extrême-droite

On entend ici ou là que beaucoup de gens qui se disent de gauche vont voter blanc ou s’abstenir le 24 avril prochain au deuxième tour de la présidentielle qui va opposer Emmanuel Macron à la représentante du clan Le Pen.

Nous ne parlerons même pas de ceux qui osent prétendre qu’ils sont de gauche et qui s’apprêtent à voter pou cette dernière tellement leur bêtise et leur haine de la démocratie les aveuglent qu’ils ne sont même plus capables de distinguer qui et qui et quoi et quoi.

On entend également les mêmes choses sur des gens qui se disent de la droite républicaine.

Or donc ces abstentionnistes et électeurs «blancs» ne veulent pas choisir entre un démocrate et une extrémiste sous prétexte que le premier nommé n’est pas de leur bord ou de leur parti.

Comme l’a expliqué le philosophe Charles Pépin, ils ne veulent pas «se salir les mains» et garder leur soi-disant pureté idéologique.

Mais comme il le rappelle fort justement, faire de la politique, s’engager en politique, avoir une opinion politique c’est aussi accepter de se salir les mains parce qu’il faut toujours choisir et que le choix que l’on fait ne correspond jamais exactement à son opinion personnelle.

En ce qui concerne un deuxième tour de présidentielle, l’acte responsable, pour l’électeur qui n’a plus son héraut du premier tour, c’est de choisir celui qui est le plus proche de son opinion ou le moins éloigné.

Surtout lorsqu’il oppose un démocrate et une extrémiste de droite.

Celui qui a choisi Zemmour ou Dupont-Aignan au premier tour se reportera logiquement vers Le Pen.

Mais, celui qui prétend se battre pour la liberté et contre le totalitarisme d’extrême-droite ainsi que ses idées dangereuses et violentes ne peut, s’il veut demeurer fidèle à son engagement, prendre le risque de voir une de ses représentants parvenir au pouvoir avec toutes les conséquences désastreuses que cela engendrera.

Celui qui aura en l’occurrence refusé de se salir les mains aura définitivement sali la cause qu’il prétend défendre.

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]