lundi 25 mai 2020

Propos centristes. France – Lancement du Ségur de la santé; contre l’auto-French bashing; 450 milliards € d’aides et de garanties de l’État pour sauver l’économie; la transition écologique, un mieux pour tous; réconcilier capital et travail; impôt sur la fortune; journée des enfants disparus…



Voici une sélection, ce 25 mai 2020, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

● Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Edouard Philippe (Premier ministre)
- Il serait insupportable pour nos concitoyens, pour les médecins, les infirmiers, les aides-soignants, que cette crise du COVID19 ne soit pas l’occasion de changements radicaux.
- J’ai entendu beaucoup de critiques à l’encontre de l’État ces dernières semaines. Il y a eu de grandes difficultés et il est de notre devoir de les comprendre et de les corriger. Mais les Français peuvent être fiers de leurs fonctionnaires et de leur système de santé: il a tenu.
- Aucune faiblesse ne doit être masquée. Mais il y a une différence entre les discours de vérité et l’auto-dénigrement, le « French Bashing » que les ultra-commentateurs nous infligent à longueur de journée.

Christophe Castaner (ministre de l’Intérieur)
Pendant le confinement, nous avons cependant pu constater la recrudescence de rodéos motorisés d'un nouveau genre, avec des groupes plus importants. Les forces de l'ordres sont intervenues partout avec une consigne claire : que leurs auteurs ne restent pas impunis. Depuis l'adoption en 2018 de la loi réprimant les rodéos, plus de 39 000 interventions des forces de l'ordre ont été réalisées, pour près de 3600 infractions constatées. Des cellules anti-rodéos ont aussi été créées pour mieux travailler en commun et agir plus efficacement.

Nicole Belloubet (ministre de la justice)
Bilan des dispositifs de lutte contre les violences intrafamilales (…). Des dispositifs pris dans l’urgence ont démontré leur nécessité et se poursuivent dans la durée. Une priorité.

Bruno Le Maire (ministre de l’Economie et des Finances)
- Notre réponse à la crise du Covid19 a été immédiate et massive : 450 milliards € d’aides et de garanties de l’État, soit 20 % de la richesse nationale pour sauver notre économie.
- Pour tous les plans de soutien, quel que soit le secteur, il y a un fil rouge : la décarbonation de l’économie française.
- Emmanuel Macron fera des annonces fortes pour soutenir le secteur automobile. 3 grandes orientations: relancer la demande et renouveler le parc auto pour qu’il émette moins de CO2, soutenir les PME, engagements des constructeurs de localisation des véhicules nouveaux en France.
- J’ai beaucoup discuté avec les commerçants et je suis favorable à un report des soldes de quelques semaines pour qu’ils refassent leur trésorerie. Nous allons continuer à en discuter avec les fédérations de commerçants.

Elisabeth Borne (ministre de la Transition écologique et solidaire)
- Pour Air France, on a demandé à la compagnie de prendre des engagements sur l'accélération de sa transition écologique, dont le fait de réduire les vols sur les trajets pour lesquels il y a une alternative ferroviaire en moins de 2h30.
- Le mot "solidaire" veut dire que la transition écologique n'est pas pour quelques happy few, elle doit permettre à chacun de vivre mieux.
- Le gouvernement intégrera les propositions de la convention citoyenne dans le plan qu'il prépare pour la sortie de crise.
- C'est une approche totalement dépassée que de penser qu'on doit choisir entre la transition écologique et l'emploi. Ne pas prendre le virage écologique aujourd'hui, c'est mettre en danger son entreprise.

Olivier Véran (ministre de la Solidarité et de la Santé)
[La réforme du système de santé] passera par une remise en question de certains carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage.

Franck Riester (ministre de Culture)
Progressivement, les tournages redémarrent. Il y a plusieurs jours, j'ai annoncé la mise en place d'un fonds spécifique permettant l'indemnisation du futur risque COVID19. J'en ai présenté les modalités aux professionnels ce matin.

Gérald Darmanin (ministre de l'Action et des Comptes publics)
- Le gouvernement va exonérer 3 milliards d'euros de charges sociales des entreprises de secteurs particulièrement touchés par les conséquences de la crise sanitaire.
- Les exonérations de charges porteront sur 3 milliards d'euros et toutes les autres charges sociales reportées bénéficieront d'un étalement long allant jusqu’à 36 mois. Ces mesures sont sans précédent pour aider les entreprises qui en ont le plus besoin.
- L’idéologie fiscale ne marche pas. Il faut augmenter le pouvoir d'achat des Français sans tuer l'emploi, en baissant les impôts ou en ayant des idées comme la participation. - Notre priorité c'est l'émancipation des Français par le travail.
- Nous devons réconcilier le capital et le travail pour répondre à la possible lutte des classes sociales que l’on voit resurgir. C'est pour cela que je propose de ressusciter la grande idée gaulliste de la participation pour un meilleur partage des richesses.
- Depuis 3 ans, le Président de la République fait confiance aux acteurs économiques. C'est parce que nous baissons les impôts des Français, c'est parce que nous croyons aux entreprises que nous créons de la richesse pour rembourser la dette.
- Dédoublement des classes, défiscalisation des heures supplémentaires, suppression des cotisations sociales pour les bas salaires, suppression de la taxe d'habitation, baisse de l'impôt sur le revenu... Depuis le début du quinquennat le gouvernement mène une politique sociale.

Muriel Pénicaud (ministre du Travail)
Dans les crises les inégalités risquent de s’accroître. Ne lâchons rien! Nous voulons atteindre rapidement l’égalité de salaires et de carrières entre les femmes et les hommes, à tous les niveaux. L’Index EgaPro est le levier pour mesurer, et donc changer, progresser et réussir.

Julien Denormandie (ministre de la Ville et du Logement)
Nous pouvons le dire : nos infrastructures ont tenu le choc face à la crise. Nous pouvons être fiers de la mobilisation des opérateurs et de tous les acteurs. Mais il ne faut pas oublier que la fracture numérique perdure et s'est révélée encore plus violemment en cette période de crise sanitaire. Il est plus que jamais essentiel d’accélérer et d’amplifier collectivement nos efforts pour la réduire.

Marc Fesneau (ministre des Relations avec le Parlement)
- Notre monde est complexe. Les citoyens en ont parfois été évincés. Cela vient percuter toutes les démocraties et tend certains à se tourner vers le populisme et les réponses simplistes. Il faut accompagner le changement avec les citoyens. C'est le défi du siècle.
- Les institutions fonctionnent même en effectif réduit. Durant la crise sanitaire, il y a eu un contrôle parlementaire, les lois ont été votées, le Conseil constitutionnel a pu œuvré. Contrairement à d'autres pays qui s'en sont affranchis, nous avons préservé l'essentiel.
- Il faut relancer tout de suite l'économie, tout en faisant de la relance verte. Il faut immédiatement des mesures qui permettent aux entreprises de survivre et leur envoyer des signaux pour une transition écologique plus rapide. Les deux mouvements sont possibles.
- Il faut décaler notre regard. Pourquoi avions-nous supprimé une partie de l'ISF? Pour renforcer l'investissement dans le tissu économique et industriel français. Cela a marché. La restauration de l'ISF ne serait pas à la hauteur du défi budgétaire devant nous.
- Equilibre du système de retraites, fin des régimes spéciaux, justice sociale : ces questions sont-elles derrière nous ? Non. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle que le projet de loi sur les retraites puisse revenir dans le débat public, même s'il n'est pas à l'ordre du jour aujourd'hui.
- Nous verrons, à l'usage, lors du vote des textes, comment se positionnera le neuvième groupe, qui dit n'être ni dans la majorité, ni dans l'opposition. Je comprends mal sa temporalité et ses fondements. Le débat politique peut se mener à l'intérieur des groupes.
- Les maires ont eu la main sur le déconfinement des écoles, des plages, des forêts. La question sera reposée pour les parcs et jardins des villes très concentrées. Nous procédons par étapes. N'attisons pas entre le pouvoir central et local des querelles inutiles.
- Plus des deux tiers de l'humanité ont fait le choix du confinement. Le risque était important. Les pays qui ont fait le choix du non-confinement font face à un pic épidémique très virulent. L'humanité a fait le choix de préserver la population. Il faut en être fier.

Adrien Taquet (secrétaire d’Etat à la Protection de l’enfance)
- L'enjeu de la période de déconfinement est que la vigilance collective sur l'enfance en danger ne retombe pas. La sécurité de nos enfants repose un peu sur chacun d'entre nous: gardons le "réflexe 119".
- Réunion avec les ministres de la santé européen sur les mesures de soutien et d'adaptation dans le secteur du tourisme. La France défend 3 priorités: haut niveau de protection sanitaire; soutien économique; accompagnement des plus modestes.
- Fugue, enlèvement par un parent ou une personne malveillante : chaque année, 50 000 enfants disparaissent en France. Certains ne sont jamais retrouvés. Un numéro existe, le 116 000. Faisons le connaître à l'occasion de cette Journée internationale des enfants disparus.
- La crise du COVI19 a mis en lumière l'engagement extraordinaire des personnels soignants en première ligne. Le Ségur de la santé mettra sur la table, sans tabou, l'augmentation nécessaire de leurs rémunérations.
- Le Ségur de la santé qui s'ouvre aujourd'hui avec l'ensemble des acteurs concernés est une démarche inédite. Hausse des salaires en hôpital et en EHPAD, avancées sur les carrières et parcours, l'objectif fixé par Olivier Véran est clair: aller vite et fort.
- Il est urgent de transformer notre système de santé, de revaloriser les salaires des personnels soignants et redonner de nouvelles perspectives de carrières.

Amélie de Montchalin (secrétaire d’Etat aux Affaires européennes)
- Notre initiative franco-allemande est bien plus qu'un accord à mi-chemin des intérêts allemands et français. C’est une vision de ce que doit être l'Europe pour les 20 à 30 ans à venir.
- Il ne faut pas voir cette initiative franco-allemande uniquement pour son volet budgétaire, mais comme une initiative « refondatrice » pour l'Europe. Nous avons eu beaucoup de débats sur le fait de savoir comment cette crise doit nous faire aller au-delà de ce qu'on fait d'habitude en construisant le budget européen. Pas de place ici à des désaccords et des petits calculs qui nous éloigneraient de cet objectif. Nous proposons une vision de l'Europe. Maintenant, il y a une deuxième étape : la Commission européenne doit être à la hauteur de la crise et prendre ses responsabilités. La Commission a pour mandat, dans les traités, de promouvoir l'intérêt européen. Le but ne doit pas être de trouver le point médian ou le plus petit dénominateur commun entre les États membres. La proposition franco-allemande est, je le répète, bien plus qu'un accord à mi-chemin des intérêts allemands et français. Il s'agit d'une vision de ce que doit être l'Europe pour les 20 à 30 ans à venir afin de rester pertinente dans un monde où de grands défis comme celui de la transition écologique du climat nous attendent. Cette déclaration est en fait le point de départ d'une nouvelle Europe à l'image de ce qu'a été la déclaration Schuman du 9 mai 1950. C'est la première fois depuis longtemps que la France et l'Allemagne ont rédigé un récit, commun, qui est vraiment européen, qui trace une voie vers un destin commun qui n'est pas juste la rencontre de leurs intérêts à un moment. Ce récit pose les jalons du besoin d'une vraie souveraineté et solidarité européennes.
- La nature de la crise sanitaire est très différente de la crise de 2008. Aujourd'hui, ce n'est pas une crise générée par un manque de réformes. C'est une crise déclenchée par un élément extérieur, la propagation d'un virus qui nous impose à tous, au même moment, de reprendre en main notre destin commun. Chacun fait le double constat, d'abord que nous sommes extrêmement dépendants de l'extérieur, ensuite que nous sommes tous interdépendants les uns des autres à l'intérieur. Cette interdépendance du marché intérieur qui est le socle de notre prospérité peut, si on ne l'assume pas pleinement, devenir une fragilité. Ce concept de souveraineté commune, de souveraineté européenne, engagé par le président de la République, sort conforté par les faiblesses européennes que la crise du coronavirus a mises au jour. Or, aucun pays n'a les moyens de s'en sortir seul. Quand la chancelière Angela Merkel répète qu'il n'y a pas d'« Allemagne forte dans une Europe faible », c'est un raisonnement qu'on a beaucoup poussé avec les Allemands, mais aussi avec tous les autres États membres.
- [Union européenne] Les pays frugaux ne sont pas sur une île. Le modèle exportateur qui fait leur force et leur récit « on est fort, compétitif et vous n'avez qu'à vous réformer » ne résiste pas à l'analyse car, quoiqu'ils en disent, ils sont dépendants de la bonne santé économique des autres pays européens. Avec l'Allemagne, on a réussi à avancer en comprenant que cette interdépendance n'est pas une contrainte mais une force. J'invite les pays frugaux à prendre conscience que l'on doit dépasser un débat de chiffres et d'ingénierie financière. J'en veux pour preuve que 70 % de l'industrie des Pays-Bas est exportée au sein du marché intérieur. Ils peuvent mettre tout l'argent qu'ils veulent dans leur plan de relance national, s'ils n'ont pas de clients et de fournisseurs ailleurs en Europe, ça ne marchera pas. Autre exemple, les Suédois : les différentes études du FMI, de la Commission ou de l'OCDE prévoient un recul de l'économie suédoise de 6 à 8 % du PIB. Donc, ils n'auront pas une récession beaucoup moins importante que les autres Européens parce que leurs clients et leurs fournisseurs sont en Europe… En conséquence, cette interdépendance, qui est la source de notre prospérité, il faut qu'on la fasse perdurer comme une force. L'Allemagne a compris qu'elle devait prendre ses responsabilités. La chancelière Angela Merkel a clairement choisi cette voie.
- Nous partageons avec les Pays-Bas la même vision de l'avenir de l'Europe. Simplement, à la fin, leur conclusion est que l'Europe a besoin de prêts et non d'aides budgétaires. Je le redis : la reprise aux Pays-Bas ne se fera pas sans relance européenne solidaire et le Premier ministre Mark Rutte aura besoin pour se faire réélire d'une économie qui reparte. On a bien sûr besoin d'une relance nationale, mais cela ne suffira pas. Nos grandes filières industrielles ne repartiront pas, les emplois d'hier seront fragilisés et ceux de demain n'existeront pas si la prospérité n'est pas partagée en Europe. Il faut que nous arrivions, dans les jours qui viennent, à démontrer que ce qui se joue, ce n'est pas la contribution nationale de l'un ou de l'autre au budget européen, c'est la vitalité du projet économique qui nous a rendus prospères.
- L'initiative franco-allemande est une déclaration Schuman de la santé. Nous proposons de constituer des stocks médicaux pour qu'en cas de crise, personne ne réagisse au détriment des autres. Il faut que la recherche, les médicaments, les équipements médicaux soient a minima partagés ou, en tout cas, que l'on connaisse la situation de chacun pour qu'en cas de difficultés, un partage de ressources soit possible rapidement. Sur le climat, notre interdépendance s'impose là aussi comme une évidence. Personne n'arrêtera le réchauffement climatique tout seul dans son coin. Quand on dit qu'il faut qu'on renforce nos objectifs de réduction de gaz à effet de serre pour 2030, c'est ensemble. Sinon, on va recréer des distorsions entre nous qui vont nous conduire à nous fragiliser les uns les autres. Si on ne fait rien de manière coordonnée, l'un sera meilleur sur la mobilité, l'autre sur l'énergie mais, à la fin, ça ne marche pas. Enfin, la dernière partie de la déclaration franco-allemande qui parle d'adapter les règles de concurrence, l'encadrement des aides d'État, qui parle aussi de convergence sociale, c'est un point fondamental de notre vision du monde. Cette crise accélère sans doute un processus que les uns et les autres étaient en train de mener et va bien au-delà d'un plan de relance conjoncturel. C'est ce qui fait notre identité et notre souveraineté européennes face aux autres.

Jean-Baptiste Lemoyne (secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères)
- C'est autour du 15 juin que l'on pourra avoir des éléments précis sur l'évolution des contrôles aux frontières au sein de l'UE.
- [Réouverture des bars et restaurants] Le Haut Conseil de la santé publique s'est montré encourageant sur les modalités de reprise de ces activités sociales. Je pense que d'ici jeudi tout le monde sera fixé.

Agnès Pannier-Runacher (secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances)
- Avec les actions combinées du public et du privé, des producteurs historiques et des nouveaux entrants, la production hebdomadaire de masques sanitaires atteindra les 50 millions d’unités d’ici début octobre.
- L’encadrement des prix des masques de type chirurgical est très majoritairement respecté. Des progrès restent à faire pour que les bonnes informations soient apportées aux consommateurs : présence des notices d’usage et qualité des informations qui y sont inscrites.
- Cette crise renforce notre détermination à poursuivre le rythme de déploiement des réseaux fixes et mobiles pour que tous les Français bénéficient d’un niveau de service compatible avec les exigences du télétravail et de la télé-école.

Brune Poirson (secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire)
- [Encyclique Laudato si] Je l’ai lue quand elle est sortie en 2015. Puis une nouvelle fois, quand j’ai été nommée au gouvernement. Le pape porte un diagnostic lucide sur la situation. D’une certaine manière, il remet l’Église au milieu du village. De nombreux anthropologues, comme Claude Lévi-Strauss, ont marqué leur rupture avec l’idéologie dominante de l’homme comme maître de la nature, d’une nature extérieure à l’homme, ou appréciée comme un objet. Lévis-Strauss dit même que nous souffrons de cette ivresse-là. La force de cette encyclique tient au fait qu’elle nous invite à dépasser cette division. En ce sens, elle offre une minirévolution. Elle vient aussi nous rappeler l’importance de la transcendance.
- J’ai été très marquée par la citation du philosophe Kierkegaard : « L’homme est cet être dont la chair finie, est transpercée par l’épée de l’infini. » L’homme a besoin de sens et de spiritualité. Bien que je ne sois pas catholique, je pense que l’Église avec cette encyclique préempte cette question, comme d’autres religions pourraient le faire, et vient ainsi contrer la tentation d’une « religion verte », qui pourrait représenter une menace pour elle, portée par certains écologistes. Tant que nous n’intégrerons pas dans nos vies l’idée de transcendance, qui peut tout à fait être laïque, nous n’arriverons pas à mettre en œuvre la transition écologique car il nous faut porter l’éthique au même niveau que l’économie. C’est pour cela que j’aime consulter des hommes de religion comme le cardinal Peter Turkson, que j’ai récemment revu au forum de Davos. Les religions sont porteuses de ce message.
- En tant que guide spirituel, le pape donne une finalité. Il fixe une méthode : l’écologie doit inclure le sujet des solidarités, passer par-dessus les méthodes technocratiques, la logique consumériste. Nous ne pouvons croître à l’infini. Il incombe aux politiques de le traduire dans l’action. Je ne crois pas à une approche trop radicale, qui ne pourrait pas emmener tout le monde. Mais depuis la crise sanitaire, des messages forts ont été passés. Élisabeth Borne et Bruno Le Maire ont conditionné l’aide aux entreprises à des changements écologiques forts. Ainsi, l’État apporte une aide de 7 milliards d’euros à Air France, et en contrepartie la compagnie doit devenir une entreprise leader en matière de transition écologique.
- Dès le début, Élisabeth Borne a rappelé combien le Green Deal constituait une réponse essentielle au même titre que la relance économique. L’un ne va pas sans l’autre. Ce texte est un projet englobant : il touche à la biodiversité, à l’économie circulaire, met en œuvre la banque européenne pour le climat, la neutralité carbone pour 2050… C’est très « écologie intégrale » !
- [La loi antigaspillage] a été promulguée en février par le président de la République après avoir été votée à l’Assemblée nationale et au Sénat à l’unanimité. Nous avons six mois pour rédiger la centaine de décrets d’application. Compte tenu du confinement, nous allons prendre un peu plus de temps dans le calendrier de concertations nécessaires mais la loi et ses délais d’application ne changeront pas d’une virgule. L’ambition reste inchangée.

Emmanuelle Wargon (secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire)
Accélérer la rénovation énergétique dans le cadre de la relance permettra de répondre à la fois aux urgences sociale, économique et écologique. Échanges constructifs ce matin avec les associations de lutte contre la précarité énergétique et du Pacte pour le pouvoir de vivre.

Marlène Schiappa (secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes et à la Lutte contre les discriminations)
Edouard Philippe le dit sans ambiguïté: la revalorisation salariale des métiers de l’hôpital sera significative. Cela concerne nombre de métiers féminisés. C’est une belle avancée.

Sophie Cluzel (secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargée des Personnes handicapées)
- La plateforme "Mon Parcours Handicap", est un outil construit par et pour les personnes en situation de handicap. Objectif: centraliser en un seul lieu virtuel toutes les informations et démarches à suivre concernant l'emploi.
- Nous avons développé des communications pour que les personnes en situation de handicap ayant des problèmes de santé puissent décider elles-mêmes de rester confinées ou non. L’enjeu est de favoriser le pouvoir d’agir des personnes dans le cadre du déconfinement.

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Stanislas Guerini (délégué général)
- Nous n'avons besoin ni d'un coup de barre à gauche, ni d'un coup de barre à droite. Ne retombons pas dans ces clivages stériles. Je crois au « en même temps ». Nous devons accélérer le « libérer et protéger » qui a toujours été notre mantra politique.
- Un Ségur de la santé pour bâtir le système de santé de demain et traduire nos applaudissements en réponses concrètes. Le temps est venu de répondre pour de bon aux maux de l'hôpital et de nos soignants. La République En Marche y prendra toute sa part.
- Je propose de mettre en place un plan d'aide pour les associations. Nous devons à tout prix venir en aide à ceux qui aident.
- Je propose de créer un « chèque déconfinement » pour aider les plus précaires à se nourrir et à s’offrir des loisirs.

Gilles Le Gendre (président du groupe à l’Assemblée nationale)
Lancement par Olivier Véran du Ségur de la santé réunissant les acteurs de la santé, dont les députés LaREM soutiennent les ambitions élevées: revalorisation des rémunérations, plan d'investissement, organisation nouvelle. Aucun tabou, au service des soignants et des patients.

Aurore Bergé (porte-parole)
- La crise révèle les fragilités du monde culturel qui lui pré existaient. La grande diversité de statuts et régimes entre artistes, techniciens et lieux culturels doit nous obliger à repenser et adapter tous les dispositifs de soutien.
- Nous avons besoin que la vie culturelle reprenne ses droits. La crise peut devenir une opportunité pour élargir et renouveler les publics.

●MoDem
François Bayrou (président)
- Ce qui s'est passé depuis le début du quinquennat tout le monde en voit bien les résultats. Il y a eu un effort de redressement qui a fait que le chômage était en train de baisser et il y a une attente qui, pour l'instant, n'a pas trouvé de réponse et cette attente est, à mes yeux, double. La première, c'est que la France, notre pays retrouve une faculté de réagir vite, d'agir vite, d'être capable de relever les défis qui sont les siens et c'est probablement une question d'organisation de son pouvoir, de sa société. La deuxième, c'est l'attente que toutes les catégories de la population, toutes les catégories sociales se sentent associées à cet effort. Je ne sais pas ce que l'on veut appeler «le peuple». Pour moi, le peuple, ce sont tous les Français, quelle que soit la catégorie à laquelle ils appartiennent. Il y a des Français qui sont en effet travailleurs, salariés, retraités, avec des petits revenus et il faut que ceux-là également soient naturellement associés à cela. Il y a des propositions, des projets sur ce sujet, que j'avais formulés à d'autres élections présidentielles.
- Je n'ai jamais regardé l'avenir en pensant à moi-même, en pensant à ma personne ou à ma carrière. Il y a – si vous me le permettez de le dire – un bail que je ne pense plus en termes de carrière et, par ailleurs, je suis, comme vous le voyez sur l'écran, enraciné dans une ville dont j'ai la responsabilité et avec laquelle je me sens absolument en phase. Pour le reste, je suis Président d'un courant important dans le pays, qui est important depuis longtemps et qui est important dans la majorité et, à la tête de ce courant-là, oui, je ferai tout ce que je peux pour que le pays assume les défis qui sont posés devant lui aujourd'hui. Tout à l'heure vous évoquiez cette sidération dont la France a été saisie. La vérité, ce n'est pas que la France seule a été saisie. C'est la première fois dans l'histoire des hommes qu'un événement bloque, congèle la totalité de la planète en même temps et dans un moment où, comme vous le savez, les échanges de marchandises, de données numériques, de capitaux et donc de femmes et d'hommes, ces échanges n'ont jamais été aussi importants. C'est ce qui fait que l'événement que nous avons devant nous est absolument sans précédent. Il est sans précédent dans sa réalisation, dans sa réalité, mais surtout sans précédent dans ses conséquences. Il est très important de prendre la mesure de cela.
- Je suis toujours battu contre la dette improductive, contre la dette de fonctionnement, pour les dépenses de tous les jours. Je trouvais anormal que ces dépenses de tous les jours, y compris les dépenses sociales, quotidiennes, nous les fassions porter aux générations futures. Je me suis beaucoup battu sur ce sujet, sans être toujours entendu par tout le monde, comme vous savez. Pourquoi est-ce que je plaidais cette rigueur ? Pour que nous puissions agir si une situation grave se présentait. Les États bien gérés, ce sont des États qui font des économies quand cela va bien, pour pouvoir agir massivement quand cela va mal. De ce point de vue, en effet, nous n'avons pas été, gouvernements après gouvernements, sans aucune exception au travers du temps, depuis vingt ou vingt-cinq ans, à la hauteur de cette exigence. (…) Je pense que cette dette due au Coronavirus doit être traitée et regardée de manière différente des autres. Pourquoi ? Tout d'abord, le Coronavirus, personne n'en est responsable. D'habitude, les États qui font des dettes, c'est parce qu’ils ne sont pas très bien gérés ou qu'ils n'ont pas su organiser leur société et qu'ils sont obligés de tirer des chèques en blanc ! Ce n'est pas du tout le cas de la situation dans laquelle nous sommes. Aucun État, aucun pays n'est responsable de cette épidémie, même pas la Chine, contrairement à ce que certains disent.
- Je ne crois pas que les impôts soient la bonne manière de faire repartir l'activité du pays. Au contraire, assommer une société d'impôts nouveaux, alors que nous sommes le pays le plus fiscalisé de tous ceux qui nous ressemblent, assommer une société d'impôts nouveaux, c'est l'empêcher de repartir. La question que nous devons traiter de manière obsessionnelle, c'est rétablir la vitalité, l'activité, l'inventivité et la créativité de la France. Ce pour quoi nous sommes dans une situation délicate, y compris en termes de commerce extérieur, c'est parce que nous n'avons pas établi cette vitalité du pays comme nous aurions dû le faire et parce que nous avons laissé partir un certain nombre de centres d'activités et de décisions au travers du temps. La France s'est, de ce point de vue, affaiblie et c'est la raison pour laquelle, j'insiste – ce sera mon dernier mot sur le sujet – sur le fait qu'il nous faut renouer avec l'obligation – autrefois, le Général de Gaulle évoquait l'ardente obligation – de prévoir et de se fixer des objectifs. Le marché tout seul ne peut pas répondre aux impératifs d'une nation. Il faut qu'une nation soit capable de donner sa liberté et sa créativité au marché et, en même temps, qu'elle soit capable de dire: "Voilà les objectifs que nous nous fixons, voilà ce que nous voulons atteindre en termes, par exemple, d'autonomie, de souveraineté sur un certain nombre de productions". Nous venons de le voir, nous ne pouvons pas abandonner la production de médicaments et baisser les bras sur quelque chose de vital si un pépin arrive dans une société.
- L'État actionnaire, j'attends qu'il joue son rôle et, celui-ci, je le définis en quatre mots : "Gouverner, c'est prévoir", c'est-à-dire une capacité à voir les risques qui se présentent dans l'avenir et dieu sait qu'ils sont importants – je pense aux transports aériens, au tourisme, à l'automobile – et que l'État, avec les entreprises, définisse ce que doit être l'attitude de l'État et de la puissance publique dans un moment aussi grave que celui que nous allons vivre. C'est vrai pour les très grands, mais c'est vrai pour les très petits. Vous me permettez d'avoir une préoccupation dirigée vers les plus petits, car le vrai tissu, en tout cas une part importante du tissu économique du pays, ce sont les petits. On se focalise toujours sur les très grandes entreprises avec un succès, comme on le sait, mitigé, mais la vérité est que les petits et les moyens, c'est cela l'essentiel ou en tout cas une part importante du tissu économique du pays.
- Oui, je crains une situation critique. Je crains que beaucoup d'entreprises ne soient déstabilisées au point d'envisager de "baisser le rideau". Oui, je le crains franchement de ce point de vue, mais ce n'est pas seulement le cas en France. Regardez ce qui se passe en Italie, en Espagne, en Belgique ou autour de nous, en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Dieu sait que la situation sanitaire dans ces pays déborde sur la situation économique et la situation des entreprises. De ce point de vue, le Gouvernement a raison de dire que préserver, cela doit être un des verbes qui nous serve de ligne de conduite aujourd'hui, car, quand une entreprise baisse le rideau, après, pour repartir, c'est terriblement difficile.
- Je trouve que la société française souffre d'une centralisation excessive. C'est vrai pour la totalité de l'organisation administrative, y compris dans le domaine de la santé. C'est vrai dans la totalité de l'organisation de l'État. C'est vrai dans le rapport entre l'État et les collectivités locales. Tout cela, c'est le même syndrome et chacune des crises différentes est un symptôme. Regardez ce qui vient de se passer dans cette épidémie. Nous avons découvert tout d'un coup qu'au fond, la ligne de défense la plus efficace, l'action la plus efficace, c'était celle décidée au plus près et, tout d'un coup, les maires – j'en suis un, alors permettez que je m'exprime une seconde en leur nom – qui, hier, se voyaient bloqués, verrouillés, limités dans leurs actions par une autorité, tout d'un coup, les autorités supérieures ont été obligées de s'en remettre à l'action locale.
- Je pense que le Président de la République a été élu en 2017 sur un engagement à l'endroit des Français qui était de changer l'organisation du pays, le mode de gouvernement et la structure ou l'architecture des pouvoirs en France. Il avait fait le diagnostic – juste à mon avis et je l'indique car j'ai participé à la campagne électorale – que là était une faiblesse, que là était une des raisons des blocages du pays et, au fond, la promesse explicite qui était dans tous les chapitres et paragraphes de ses engagements, c'était que l'on allait s'attaquer à cela, sachant qu'aucun Gouvernement jusqu'alors n'avait su apporter une réponse. Si nous devons avoir un regret sur les trois années qui viennent de s'écouler, c'est que l'on n'a pas mis cette volonté ou cet engagement pour changer l'organisation des pouvoirs et la structure de la société française comme on aurait dû le faire. On a, en effet, continué à gouverner avec des changements bienvenus, mais à peu près comme on avait gouverné sur les vingt-cinq années précédentes. Pour moi, cette organisation des pouvoirs, de la société, des hiérarchies et les décisions que l'on doit prendre dans une société comme la nôtre sont l'une des causes principales des difficultés que nous rencontrons. Par exemple, je l'ai dit au début de cette émission, tant que l'on ne se décidera pas à prendre en compte l'impératif de prévision, de plan si je veux employer un mot comme il y avait avant, en définissant des risques et des chances et en se fixant des objectifs, pas en décidant à Paris de tout, comme on le faisait en Union soviétique, mais, au contraire, en rassemblant les acteurs pour leur proposer des objectifs partagés, cela n'évoluera pas. J'ai cité l'objectif de souveraineté sur des domaines essentiel. Concernant les médicaments, on ne peut pas être perpétuellement dépendants de l'extérieur.

●Mouvement radical
Laurent Hénart (président)
- Les commerçants prennent soin de nous, alors soutenons-les! Comme j’ai encore pu le vérifier cet après-midi, tout est fait pour vous accueillir dans les meilleures conditions possibles. Bravo à eux. Plus que jamais acheter rime avec proximité.
- La crise du COVID19 ouvre la voie à une grande réforme de la santé. La refondation de l’hôpital en sera le cœur. Elle passe par l'abandon du prisme budgétaire inadapté qui prévaut depuis 20 ans, dont les limites sont apparues cruellement!
- Avec plus de 50 Présidents de Conseils de surveillance, directeurs d’hôpitaux et présidents de Commissions Médicales de toute la France, nous appelons le gouvernement à une grande refondation de l’hôpital.

● Autres
(Personnalités ou organisations centristes)
Jean-Pierre Raffarin (ancien premier ministre)
- Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo veut tirer les leçons de la crise du Coronavirus pour "Build Back Better". Be smart! ne reconstruisons pas comme avant, soyons meilleurs!
- Guerre froide, course aux Armements, crise économique et sociale, excès de nationalisme,... ayons conscience de la dangerosité du Monde et intensifions la solidarité européenne.


L’Humeur du Centriste. Bigard?! Vraiment monsieur le président?!

Jean-Marie Bigard

Or donc, Emmanuel Macron veut écouter «tout le monde» selon sa ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, et ce serait une bonne chose selon elle.
Et comme l’humoriste – il serait plutôt de la catégorie comique troupier – Jean-Marie Bigard est «tout le monde», Emmanuel Macron l’a appelé.
Le Président de la République a donc lui-même pris son téléphone pour discuter avec ce monsieur après que celui-ci ait copieusement insulté ses ministres et sa politique sur les réseaux sociaux pour lui demander son avis sur… la réouverture des bars!
On n’aurait jamais pu inventer une fake news à ce propos tellement cette histoire, vraie, est surréaliste et montre une facette bien discutable du chef de l’Etat qui n’en est pas à son premier dérapage en la matière (ses accointances avec Philippe de Villiers, dont les propos sont souvent proches de ceux de la famille Le Pen en sont un autre alors que l’on s’apprête à réautoriser l’ouverture de son parc d’attraction du Puy du Fou par décision venue d’en-haut…).
Grossier, ordurier, graveleux, populiste, trainant de nombreuses casseroles peu ragoutantes (rappelons que parmi les dernières frasques de l’inénarrable auteur de l’indépassable «Lâcher de Salopes», il y a sa fameuse «plaisanterie» faite en 2019 sur le plateau de l’émission de Cyril Hanouna qui a été considérée comme une apologie du viol et lui a valu l’annulation de nombre de ses spectacles), monsieur Bigard a donc une parole qui porte, en tout cas jusqu’à l’Elysée, surtout quand il s’agit de la réouverture des bars, sujet hautement prioritaire en cette période de crise sanitaire, économique et sociale (même si, évidemment, leur situation financière est actuellement très difficile comme pour d’autres commerces).
Mais quelle parole au fait?
Monsieur Bigard avait déclaré dans plusieurs vidéos où le nauséabond le dispute à la vulgarité et mises en ligne sur Facebook et Instagram qu’«on est gouverné par des guignols», que Macron était responsable de tout ce qui fonctionnait mal dans le pays et il lui intimait l’ordre, à propos des bars: «rouvre! rouvre!».
Et Emmanuel Macron, devant cette injonction d’appeler fissa monsieur Bigard comme ce dernier l’a raconté avec la classe qui le caractérise dans une émission de radio:
«Je ramène ma gueule, je chie sur le président et le président m'appelle pour me dire 'Vous avez raison'. Je trouve ça génial. (...) Il m'a appelé, il m'a dit oui, oui, vous avez raison, nous allons faire un 'putain d'échéancier', m'a-t-il dit, comme j'avais demandé. »
Sur Facebook, il précise les circonstances de ce moment hautement historique que l’on enseignera désormais aux écoliers:
«Mon téléphone a sonné avec un numéro "inconnu". À l'autre bout c'était Macron, le vrai (...) Le mec m'a dit "j'ai vu votre vidéo, vous avez raison, on va changer de stratégie".»
Emmanuel Macron a sans doute oublié que monsieur Bigard a qualifié la politique de «caca» et qu’on lui doit cette admirable tirade:
«J'sais pas si vous vous souvenez dans ma carrière. Je parlais des enculés de gauche et des enculés de droite. Moi je préfère être un enculé de droite, parce que au moins le mec il a un peu prévenu. Tu vois un mec de droite arriver, tu serres les fesses. Tu te dis 'attention je risque de me faire enculer'. Tu vois un gars de gauche arriver, t'es complètement détendu. Il t'encule quand même. Là je dis qu'il te l'a met beaucoup plus profond.»
Or donc, comme je suis tout le monde à l’instar de monsieur Bigard, j’attends fébrilement un appel du Président de la République.
Et je lui promets d’être moins vulgaire et de ne pas insulter son gouvernement.
Du coup, en tant que centriste qui n’aime pas parler de caca, de salope, d’enculé, de chier sur les gens à tout va, j’ai bien l’impression que mon téléphone va rester muet…

Centristement votre.

Le Centriste