Voici une sélection, ce 6 mars 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la
République)
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Je me suis
entretenu avec le Président syrien Ahmad Al-Charaa ainsi que le Président
libanais Joseph Aoun. La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le
conflit ne se propage davantage dans la région. La souveraineté et l’intégrité
territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, doit
être respectée. Les déstabilisations en cours ne peuvent laisser aucune place
au terrorisme. La France y veillera. Alors que la Force des Nations unies au
Liban joue un rôle clé de stabilisation au sud du Liban, je condamne fermement
l’attaque inacceptable qui a frappé aujourd’hui des membres de son contingent.
La France y restera engagée.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Pour le Liban, nous devons agir. Tout doit être fait pour empêcher que ce pays proche de la France soit à nouveau entraîné dans la guerre. Les Libanais ont droit à la paix et à la sécurité. Comme tous au Moyen-Orient. C’est pour enrayer la guerre et prévenir le pire que, dans la suite de mes échanges avec le Président Trump et le Premier ministre Netanyahou, je suis entretenu ce jour avec les autorités libanaises au plus haut niveau afin d’établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires que le Hezbollah et Israël mènent actuellement de part et d’autre de la frontière. Le Hezbollah doit immédiatement cesser les tirs vers Israël. Israël doit renoncer à toute intervention terrestre ou d’envergure sur le territoire libanais. Les autorités libanaises ont pris auprès de moi l’engagement de prendre le contrôle des positions tenues par le Hezbollah et d’assumer pleinement la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Je leur apporte tout mon soutien. La France va renforcer sa coopération avec les Forces armées libanaises et mettre à leur disposition des véhicules de transport blindés ainsi qu’un soutien opérationnel et logistique. Le détachement français au sein de la Force des Nations unies au Liban poursuit en outre sa mission au sud du pays. Préoccupé par le déplacement des dizaines de milliers de civils libanais qui fuient actuellement le sud, j’ai décidé de l’envoi immédiat d’une aide humanitaire à leur attention. Plusieurs tonnes de médicaments sont en cours d’acheminement, ainsi que des solutions d’abri et d’aide. C’est le témoignage de l’amitié que les Français portent aux Libanais. Dans ce moment de grand danger, je demande au Premier ministre israélien de ne pas étendre la guerre au Liban. Je demande aux responsables iraniens de ne pas impliquer davantage le Liban dans une guerre qui n’est pas la sienne. Le Hezbollah doit renoncer aux armes, respecter l’intérêt national, montrer qu’il n’est pas une milice aux ordres de l’étranger et permettre aux Libanais de se rassembler pour préserver leur pays.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Je me suis entretenu ce jour avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, ainsi qu'avec le Président de la République libanaise Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, pour évoquer la situation au Liban, qui est très préoccupante. J'ai réaffirmé la nécessité que le Hezbollah cesse immédiatement ses attaques contre Israël et au-delà. Cette stratégie d'escalade constitue une faute majeure qui met en péril l'ensemble de la région. De même, j'ai appelé le Premier ministre israélien à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à s’abstenir d’une offensive terrestre. Il est important que les parties reviennent à l’accord de cessez-le-feu. La France poursuivra, avec ses partenaires, son soutien aux efforts des Forces armées libanaises, afin qu'elles puissent assumer pleinement leurs missions de souveraineté et mettent un terme à la menace posée par le Hezbollah. Face à l'urgence humanitaire dans le Sud du Liban, la France prendra des initiatives immédiates pour soutenir les populations libanaises déplacées. Notre solidarité avec le peuple libanais et notre engagement pour la stabilité régionale restent au cœur de notre action.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Je viens de parler au Premier ministre irakien Mohammed Chia al-Soudani. Je lui ai exprimé la pleine solidarité de la France avec l’Irak face à l’escalade en cours au Proche et au Moyen-Orient. J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit. La stabilité du pays est essentielle pour toute la région. La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran / Menace terroriste]
Pas de menaces connues et identifiées mais un renforcement de la vigilance sur
le territoire national français. Notre vigilance est au plus haut niveau. (…)
Nous avons mis en place une protection d'un certain nombre d'individus
appartenant à l'opposition iranienne mais aussi "un gros dispositif de
protection des intérêts de la communauté juive, notamment les lieux de culte,
dont la protection est renforcée.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran / Menace terroriste] Il y a lieu d’être extrêmement vigilant sur la protection des intérêts de l’opposition iranienne sur le territoire national... Des protections physiques sont mises en place le temps que durera la crise
Catherine Vautrin (ministre des Armées et
des Anciens combattants)
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Le Liban est un
pays ami de la France, et tout doit être fait pour qu’il ne soit pas entraîné
dans la guerre.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Quand nos partenaires et alliés au Moyen-Orient sont attaqués par la République islamique d’Iran et nous demandent de les appuyer pour leur défense, la France répond présent.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Dans un contexte de tensions en Méditerranée orientale, je suis en contact étroit avec mon homologue chypriote. La France est résolument aux côtés de Chypre, partenaire stratégique et membre de l’Union européenne. Notre solidarité et notre soutien sont très concrets : Chypre peut compter sur la France, qui renforce sa présence avec des moyens de défense anti-aérienne supplémentaires et la frégate Languedoc, afin de contribuer à la sécurité et à la stabilité de la région.
> À Valduc, au cœur du dispositif scientifique et industriel de notre dissuasion nucléaire, j’ai tenu à saluer l’engagement des ingénieurs, chercheurs et techniciens du CEA-DAM. Leur travail, dans la discrétion et l’excellence, contribue directement à la crédibilité de notre dissuasion et à l’indépendance stratégique de la France.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Tout d’abord, ni les Israéliens ni les Américains ne nous ont prévenus de leur action militaire mais nous n’avons pas été surpris compte tenu des mouvements de forces qui ont pu être observés. Certains des pays de la région avec lesquels la France a conclu des accords de défense nous ont demandé de les aider et c’est ce que nous avons fait. Ainsi, les moyens militaires français prépositionnés au Moyen-Orient ont permis, dans des situations purement défensives, d’abattre plusieurs drones ciblant le territoire de nos partenaires.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Le Groupe aéronaval du porte-avions Charles de Gaulle est un outil militaire de projection de puissance qui offre une palette d’options allant du renseignement aux actions offensives en passant par les missions de protection et de défense. Bien entendu, il est encore trop tôt pour spécifier les missions qui lui seront allouées.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz est une priorité du président de la République et nous y travaillons activement depuis plusieurs jours. La France n’est pas la seule à être concernée par les risques d’un blocage, raison pour laquelle une telle opération ne peut s’envisager qu’en coalition. Je rappelle que ce type de coalition existe. Je pense à l’opération européenne EMASOH dans le détroit d’Ormuz entre 2020 et 2023 ou encore à l’opération Aspides menée par l’Union européenne en réponse aux attaques des Houthis contre le transport maritime en mer Rouge. Nous travaillons donc à mobiliser nos alliés européens mais aussi nos autres partenaires, notamment asiatiques, qui ont de nombreux intérêts dans cette région. »
> La France est le pays qui déploie le plus de troupes et de capacités militaires au Proche et Moyen-Orient. Ces capacités sont très variées. Elles sont terrestres, navales et aériennes.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] À ce stade, la France est une puissance fiable, qui tient les accords de défense qu’elle a conclus avec des partenaires comme le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis… Nous nous tenons prêts pour eux s’ils en expriment le besoin.
Au risque de perdre des soldats ?
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Nous avons engagé et nous continuons à engager nos Rafales et nos pilotes en défense de l’espace aérien de nos partenaires attaqués.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Les services de renseignement français sont en alerte maximale. Le renseignement militaire (DRM) suit quotidiennement l’évolution de la situation, tout comme la DGSE. En amont de la crise, nous savions que les déploiements massifs de forces américaines annonçaient très clairement une opération militaire imminente. »
> [Essence] Nous pourrions observer une hausse des prix dans les semaines qui viennent, mais je voudrais rappeler qu’il n’y a pas de risques de pénurie à ce stade, car nous avons en effet très peu d’approvisionnements qui passent par le détroit d’Ormuz. Ceux qui se ruent à la pompe pour créer des stocks risquent de créer eux-mêmes une situation de pénurie.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Je suis extrêmement préoccupée par la situation au Liban. Dans la Finul, il n’y a pas que les Français, il y a aussi les Italiens, les Espagnols et d’autres pays… Nous sommes tous attachés à̀ la souveraineté et à la stabilité du Liban. Nous essayons d’apporter des réponses au quotidien pour continuer à̀ aider ce pays. Je rappelle que le rôle de la Finul à laquelle la France contribue est de surveiller la cessation des hostilités mais aussi d’accompagner et d’appuyer les forces armées libanaises qui sécurisent le sud de leur pays.
> C’est à Valduc sur le site de la
direction des applications militaires du CEA que se concentre une partie de nos
expérimentations et de la fabrication des composants de nos têtes nucléaires.
Face au durcissement du monde et à la multiplication des conflits, le
président a souhaité que nous augmentions notre arsenal.
L’évolution des défenses anti-missiles, la complexité croissante des scénarios
de crise, la possibilité de menaces simultanées imposent cette adaptation qui
s’inscrit ici dans la longue tradition française de puissance assumée. (…)
Cette «surmarche» est prévue dans la Loi de programmation militaire. Je
rappelle que 13 % des 57 milliards d’euros du budget de la défense sont alloués
à la dissuasion. (…)
Nous avons conservé les matières fissiles (uranium et plutonium) issues des
têtes nucléaires démantelées après la guerre froide. À ce titre, nous disposons
d’un stock totalement suffisant pour produire les nouvelles têtes nucléaires
annoncées par Emmanuel Macron. Concernant le tritium qui, lui, ne peut pas être
recyclé, le président a lancé un programme national dédié pour assurer notre
approvisionnement.
> À l’image de nos sous-marins qui peuvent être dilués dans les océans du globe, nos avions porteurs de charges nucléaires pourront être disséminés dans la profondeur européenne. Les intérêts français ne peuvent pas être dissociés de ceux de l’Europe. Cette discussion a toujours été sur la table sans avoir été matérialisée. Le président a décidé de passer de la parole aux actes. Il nous faut maintenant avancer avec chacun des huit pays européens qui se sont montrés intéressés. »
> La France ne fait pas seulement le choix d’augmenter le nombre de ses avions de chasse, mais aussi de les moderniser, c’est pourquoi nous travaillons sur l’évolution du Rafale au standard F5.
> Le drone est très clairement l’un de nos chantiers prioritaires. En Ukraine, 79 % des destructions sur la ligne de front sont faites par des drones. Il faut que nous avancions plus vite et plus fort, c’est la volonté du président, en soutenant l’agilité des entreprises productrices de drones comme Alta Ares, Harmattan et d’autres. J’ai demandé à la Direction générale de l’armement (DGA) d’accélérer dans ce domaine tout comme dans la lutte anti-drones.
Roland Lescure (ministre de l’Economie,
des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> J’ai demandé à la DGCCRF d’effectuer des contrôles pour s’assurer que les
prix à la pompe reflètent la hausse du prix du baril que nous observons
actuellement avec le conflit au Moyen-Orient.
> Nous avons réuni avec Serge Papin et Maud Bregeon les distributeurs de carburants pour échanger avec eux sur la situation au Moyen-Orient, les impacts qui en découlent et s’assurer que l’évolution des prix à la pompe correspond à l’évolution des prix du baril de pétrole actuellement observée.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères)
> Nous devons tout faire pour éviter que ce pays ami, ce pays frère, sombre
dans le chaos (...) Nous allons continuer et des voix vont s'élever pour
appeler Israël à s'abstenir de toute forme d'opération prolongée et généralisée
au Liban
> Nous allons livrer à l'armée libanaise des véhicules blindés (...) Nous avons décidé que 5 tonnes de matériel médical et que plusieurs tonnes d'aide humanitaire seraient dépêchées et arriveraient dès la semaine prochaine au Liban
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Le président de la République a répondu à l’appel du président libanais face à une situation où le Liban est une nouvelle fois entraîné par le Hezbollah dans une guerre qu’il n’a pas choisie. Et nous devons tout faire pour éviter que ce pays ami, ce pays frère, sombre dans le chaos. La première des choses, c’est évidemment, le Président l’a fait à son niveau, je l’ai fait au mien, d’appeler les autorités israéliennes à s’abstenir de toute forme d’incursion terrestre au Liban, de s’abstenir de toucher les infrastructures portuaires, aéroportuaires, mais aussi les civils.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque de l’Iran] Nous allons continuer à les appeler, et des voix vont s’élever pour appeler Israël à s’abstenir de toute forme d’opération prolongée et généralisée au Liban. La deuxième des choses, c’est évidemment de soutenir les forces armées libanaises qui ont vocation à poursuivre le désarmement du Hezbollah, qui doit rendre ses armes. Et pour cela, nous allons livrer à l’armée libanaise des véhicules blindés pour leur permettre de mener leurs opérations. Et puis enfin, il nous faut apporter un soutien humanitaire aux populations qui, par dizaines de milliers, sont désormais déplacées et éloignées de chez elles. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé que 5 tonnes d’aide médicale, de matériel médical, que plusieurs tonnes de matériel humanitaire seraient dépêchées et arriveraient dès la semaine prochaine au Liban.
> [Hostilités au Moyen-Orient suite à l’attaque
de l’Iran] C’est environ 5.000 personnes qui souhaitent quitter la région, dont
80% aux Émirats arabes unis. Et c’est la raison pour laquelle nous avons, d’une
part, affrété des vols. Quatre vols sont partis de l’Égypte, d’Oman et des
Émirats arabes unis. Trois autres sont programmés et sont en cours
d’affrêtement. Et puis nous avons insisté auprès des autorités émiriennes pour
qu’elles puissent accélérer la cadence des vols qui, au départ des Émirats,
gagnent la France. (…)
La situation est effectivement très compliquée et les espaces aériens sont,
pour la plupart, fermés. Certains ouvrent au compte-gouttes, et nous profitons
de ces ouvertures pour faciliter le retour en France de nos compatriotes. Et
par ailleurs, vous l’imaginez bien, nous déployons une activité diplomatique
pour appeler à la désescalade, pour que les hostilités puissent cesser, parce
qu’au fond, elles sont cet engrenage dans lequel la région est en train d’être
entraînée par la prolongation d’opérations militaires dont les buts ne sont pas
précisément définis, qui s’inscrivent à l’écart du droit international, sont
porteuses de risques pour nos compatriotes, nos intérêts et nos partenaires.
> [Discours lors de la remise du prix Louise Weiss du journalisme européen] Le 17 juillet 1979 à Strasbourg, l'histoire européenne retenait son souffle. Pour la première fois, un Parlement européen élu au suffrage universel se réunissait et à la tribune, une voix s'élançait : « L'Europe ne retrouvera son rayonnement qu'en rallumant les phares de la conscience, de la vie et du droit. », ainsi parlait Louise Weiss. Journaliste, infirmière de guerre, députée européenne, pionnière du féminisme, elle fut une conscience morale de l'Europe, lucide et engagée au service de la paix. À 25 ans, elle fonda l'Europe nouvelle. Dans ses colonnes, elle défendit le rapprochement franco- allemand, le désarmement, la Société des nations. Louise Weiss appartenait en effet à cette génération de Locarno, ses visionnaires qui, dans le sillage d'Aristide Briand et Gustave Stresemann en 1925, esquissèrent une réconciliation que l'on croyait impossible. Ses femmes et ses hommes avaient compris une chose essentielle, la paix ne naît pas spontanément, elle se prépare. Elle se cultive dans les mouvements de jeunesse, dans les écrits, dans les esprits. Un autre journaliste, Marc Sangnier, a singulièrement incarné ce mouvement et c'est dans le sillon même où le sang s'était déversé que des graines ensuite furent semées. Elles ont donné des fleurs qui ont permis à l'Europe de vivre huit décennies de paix et de prospérité. Nous savons aujourd'hui ce que nous devons à cette génération. Louise Weiss fut journaliste pour faire la guerre à la guerre, pour expliquer les relations internationales afin de prévenir les conflits, pour que le dialogue l'emporte toujours sur la confrontation. Lui rendre hommage ici, au Quai d'Orsay, où Robert Schuman prononça sa célèbre déclaration du 9 mai 1950, a une portée symbolique forte, c'est rendre hommage à l'une des mères fondatrices de l'Europe, car depuis 20 ans, le prix Louise Weiss du journaliste européen prolonge son héritage. Créé à l'initiative de la section française de l'Association des journalistes européens, avec le soutien du ministère de l'Europe et des affaires étrangères et de la Fondation Hippocrène, il encourage la solidarité européenne. Il distingue celles et ceux qui, chaque jour, défendent une information fiable, celles et ceux qui ont choisi la vocation exigeante de journaliste à l'heure où elle est concurrencée par l'industrie de l'approximation et de la manipulation. Nous vivons aujourd'hui un temps de brutalisation des relations internationales. La dangereuse escalade militaire dans laquelle est entraîné le Moyen-Orient depuis samedi nous le rappelle. Aucun citoyen n'échappe désormais à cette réalité. Ni les diplomates, ni les journalistes qui se trouvent souvent côte à côte face aux grandes convulsions du monde. Mesdames et Messieurs les journalistes, je veux saluer votre indispensable travail. Ils demandent un courage que seuls les esprits libres savent trouver. En l'accomplissant, vous êtes tout à la fois un révélateur, un antidote et une vigie. Vous donnez à voir ce que l'on ne voit pas, soit parce que l'on ne parvient pas à le voir, soit parce que l'on refuse de le voir. C'est le calvaire des soldats ukrainiens emprisonnés en Russie. L'émotion de ce combattant libéré qui, de retour à Soumy, reconnaît la voix de sa femme et laisse couler ses larmes sur le drapeau ukrainien. C'est le courage de la jeunesse géorgienne prête à sacrifier son innocence au nom du projet européen. C'est la détresse des migrants refoulés loin des côtes. Ce sont les séquelles environnementales causées par des tonnes de munitions enfouies. Ce sont les mécanismes parlementaires européens et les stratégies d'influence opaques déployées par les géants américains. Tous ces reportages ont un point commun. Ils replacent l'humanité au cœur de l'équation. Ils éclairent, expliquent, contextualisent avec pédagogie et rigueur. Mesdames et Messieurs les journalistes, vous êtes aussi un antidote contre la pandémie de désinformation qui menace la démocratie. La désinformation s'insinue partout dans l'espace public. Elle met quotidiennement à l'épreuve notre esprit critique. Face à elle, nous avons besoin d'une presse libre, indépendante et pluraliste, car produire une information de qualité ne s'improvise pas. Cela suppose d'aller sur le terrain, d'écouter, de rendre compte de la complexité du monde. C'est un effort infiniment plus exigeant que la manipulation de contenus. Journalistes, vous remettez de la raison lorsque dominent l'émotion et la rumeur. Vous apportez des éléments tangibles et factuels qui sont des conditions nécessaires à un débat démocratique éclairé. Voilà pourquoi les citoyens ont tant besoin des journalistes. Enfin, vous êtes les vigies de notre politique étrangère, par vos enquêtes, par vos analyses. Vous obligez les autorités à expliquer leurs choix, à rendre compte de leurs décisions, à exposer les fondements de leurs actions. Certains régimes y voient une entrave, nous y voyons une exigence démocratique. Le contre-pouvoir n'affaiblit pas l'État. Il le renforce en garantissant sa redevabilité, en favorisant la transparence de son action, en le conduisant même à une plus grande efficacité. Les migrations, les catastrophes climatiques, le retour des conflits, ces préoccupations majeures de nos compatriotes prouvent tout ou partie de leur réponse dans l'action internationale de la France. Or, c'est vous qui en rendez compte dans vos colonnes et dans vos reportages. La diplomatie française est à l'œuvre pour que vous puissiez accomplir ce travail librement et en sécurité. Vous le savez, nous aidons les journalistes en exil afin qu'ils puissent continuer leur travail. Le programme « Voix en exil », lancé en 2024 et porté par Canal France International, s'apprête à accueillir une nouvelle promotion. Le hub de Bucarest, mis en place avec France Média Monde et CFI, soutient les journalistes ukrainiens, biélorusses et russes en exil. Nous poursuivons également nos efforts pour permettre aux journalistes palestiniens à Gaza d'exercer leur métier dans les conditions les plus sûres possibles, malgré des défis considérables. Nous soutenons le Fonds international pour les médias d'intérêt public. Lors du Forum de Paris pour la paix, le président de la République a annoncé une participation à hauteur de dix millions d'euros pour la période 2026-2028. Son rôle est essentiel. Au sein du ministère, la direction de la communication et de la presse, dont je salue le directeur, a été transformée pour faire face au nouveau paradigme de la guerre informationnelle et mieux répondre à vos sollicitations. En administration centrale, comme dans nos ambassades, les conseillers presse et communication sont mobilisés. Et j'ai demandé à nos ambassadeurs d'être plus offensifs dans leur communication, d'augmenter notre présence en ligne et de vous ouvrir davantage les portes de nos ambassades, je vous invite à les solliciter. Enfin, dans un monde où les règles internationales sont battues en brèche, où le désordre devient la norme, vous devez pouvoir travailler sans craindre pour votre vie. Je n'ignore pas que dans certaines régions du monde, sur certaines plateformes, vous êtes devenu des cibles. J'ai une pensée pour vos collègues, victimes de pressions, d'intimidations, d'emprisonnement pour la seule raison qu'ils informent. Je pense notamment à notre compatriote Christophe Gleizes, détenu depuis plus de deux ans en Algérie pour des motifs injustifiables et injustifiés. En contact avec sa famille et avec les initiatives citoyennes, nous sommes mobilisés pour qu'enfin nous obtenions sa libération. Je pense aussi au photojournaliste français, Anthony Lallican, tué en Ukraine le 3 octobre 2025 par une attaque de drone russe alors qu'il portait un gilet sur lequel était floqué le mot « presse ». Sa mort, la première d'un journaliste tué par un drone en Ukraine, nous rappelle le prix de l'information. Chaque fois qu'un journaliste est réduit au silence, c'est une part de nos libertés qui vacillent. Alors ensemble, sous le regard bienveillant de Louise Weiss, rallumons les phares de la conscience, de la vie et du droit. Félicitations à tous les lauréats 2026. Vive le prix du journalisme européen. Et j'appelle désormais la présidente du jury à me rejoindre pour l'attribution des prix.
> La France pleinement mobilisée pour défendre les droits des femmes en Iran. Nous leur disons toute notre solidarité, toute notre affection, toute notre admiration. "Ce 8 mars, c’est le leur ! "
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des
Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Avec la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du
Numérique, nous avons réuni hier à Bercy la société Cegedim afin d’obtenir des
clarifications complètes sur l’incident de cybersécurité et sur les mesures
mises en œuvre pour informer les professionnels de santé et les patients
concernés. Nous avons demandé à l’entreprise de préciser l’ampleur exacte de
l’incident, la chronologie des faits, la nature des données concernées ainsi
que les modalités d’information des professionnels et des patients. Nous avons
également exigé que Cegedim accompagne pleinement la communication auprès des
professionnels de santé et leur fournisse des kits d’information destinés aux
patients concernés. La déclaration de cyberattaque déposée en octobre auprès de
la CNIL concernait alors deux professionnels de santé uniquement. Elle a été
actualisée en janvier avec l’information d’une cyberattaque touchant environ 1
500 professionnels de santé, sur 3 800 utilisateurs du logiciel. Les données
potentiellement exposées sont majoritairement administratives ; environ 169 000
comporteraient des données sensibles, et non 15 millions. Je précise que je
n’ai été informée de la situation que le 26 février 2026. Depuis le 26 février
2026, j’ai réuni l’ensemble des parties prenantes afin de coordonner la gestion
de cet incident, de renforcer l’information des patients et la protection des
données. Avec la ministre chargée du Numérique, nous avons enfin demandé à
l’entreprise d’accélérer sa mise en conformité avec la directive NIS 2 et le
Cyber Resilience Act, de renforcer immédiatement sa cybersécurité, notamment
par la généralisation de l’authentification multi-facteurs, et de rendre compte
régulièrement et en toute transparence de l’avancement de la situation. La
protection des données de santé est une exigence absolue.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée
auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Protéger les Français est notre priorité. Et ces enjeux dépassent
largement nos frontières nationales. Aujourd’hui à Bruxelles, au Conseil «
Justice et affaires intérieures », j’ai échangé avec nos homologues européens
dans un contexte international particulièrement tendu. Guerre sur le continent
européen, situation au Moyen-Orient, pression migratoire, crime organisé : face
à ces défis, l’Europe doit agir avec plus de fermeté.
J’ai porté trois priorités pour la France:
- une réponse européenne beaucoup plus ferme contre le narcotrafic et les
filières de passeurs,
- une lutte renforcée contre le trafic de migrants et la prévention des
départs, dans le respect de nos valeurs et du droit international,
- des moyens accrus pour Europol afin de soutenir plus
efficacement les États face à la criminalité organisée.
En matière migratoire, nous devons aussi avancer rapidement sur le règlement «Retour».
Nos concitoyens attendent des résultats concrets : nous devons être capables
d’organiser plus efficacement le retour des personnes en situation irrégulière,
volontairement ou de manière contrainte. Face à ces défis, l’Europe doit être à
la hauteur. Il en va de notre crédibilité
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès
du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education
nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de
l’Apprentissage)
> Avant d’entrer au gouvernement, j’ai été cheffe
d’entreprise. Recruter, chercher des talents, parfois peiner à les trouver : je
l’ai vécu. J’ai surtout vu combien une formation peut changer une trajectoire
et révéler des talents. Je suis née et j’ai grandi dans le quartier le plus
pauvre d’Europe. Je sais ce que signifie partir de loin. Donner des
compétences, c’est offrir une chance réelle. Parce que l’égalité des chances et
l’émancipation par le travail sont au cœur de mon engagement, ma feuille de route
est claire : faire en sorte que chaque formation soit utile, qu’elle débouche
sur un emploi, et que chacun puisse se former tout au long de sa vie. Dans un
monde qui évolue très vite, il faut anticiper : intelligence artificielle,
transition écologique, industrie, défense — sans oublier les métiers qui font
la France. Les actions du Président de la République ont permis un changement
profond de regard et de moyens. J’entends poursuivre cette ambition. J’ai 14
mois pour être utile aux Français, il n’y a pas de temps à perdre. Dès demain,
j’agirai avec l’ensemble des acteurs de cet écosystème : entreprises, Régions,
élus locaux, partenaires sociaux, administrations, établissements et équipes
éducatives.
Catherine Chabaud (ministre délégué
auprès de la ministre de la Transition écologique, de
la Biodiversité et des Négociations internationales sur le
climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> Retour sur une semaine au Salon de l'Agriculture… de la pêche et de
l'aquaculture
Je voulais revenir sur mes nombreux échanges avec les filières de la pêche, de
la pisciculture, de la conchyliculture ou encore des algues, dans les allées de
ce salon, dont je complète volontiers le nom « de la pêche et de l’aquaculture
». Car ces filières aussi nourrissent les Français, elles façonnent nos
littoraux et portent un savoir-faire unique au monde.
J'ai également eu l'honneur de retrouver le Président de la République et le
Premier ministre ainsi que ma collègue ministre de l'Agriculture pour des
échanges approfondis avec l'ensemble des filières. Un moment important pour
faire entendre les enjeux concrets de ces professions : leurs défis
économiques, environnementaux, et réglementaires, leur avenir face au
changement climatique. Ces enjeux autour du renouvellement des flottes de pêche
ou de la situation du maquereau, ces voix entendues dans les allées du Salon de
l'agriculture, je les ai portées dès lundi au Commissaire européen à la pêche
et aux océans, Costas Kadis, à l'occasion de l'ouverture des Journées
européennes de l'océan.
Eléonore Caroit (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la
Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Echange avec Mariam Al Misnad, Ministre d’Etat à la Coopération
internationale de l’Etat du Qatar. Je me suis entretenue aujourd’hui par
téléphone avec mon homologue qatarienne. Face aux attaques inacceptables de
l’Iran, je l’ai assurée de la solidarité active de la France et lui ai dit
notre reconnaissance pour la sécurité assurée à tous au Qatar, y compris à nos
8700 ressortissants, dont plus 1500 Français de passage. La sécurité de nos
compatriotes est notre priorité absolue. Nous avons évoqué ensemble la
situation, très volatile, et les options qui pourront permettre le retour de
ceux qui le souhaitent, en particulier les plus vulnérables.
● Autres ministres
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des
Négociations internationales sur le climat et la nature
> Notre pays ne doit plus dépendre d'acteurs tiers pour faire tourner son
économie et permettre à ses citoyens de se déplacer ou de se chauffer.
Il en va de la préservation de notre pouvoir d’achat, mais aussi de notre
souveraineté.
Cette exigence est d’autant plus importante que le contexte géopolitique nous
rappelle l’urgence à agir. Les incertitudes qui frappent notre monde depuis ce
week-end se traduisent déjà sur les prix du pétrole et du gaz.
Si elles n’exposent pas notre pays à un risque d’approvisionnement à court
terme, elles nous rappellent, avec brutalité, notre vulnérabilité face à la
volatilité des marchés fossiles.
C’est précisément pour répondre à cette réalité que nous avons engagé dans une
démarche ambitieuse de planification. Celle-ci se décline aujourd’hui à travers
différents outils.
La stratégie nationale bas carbone, qui fixe des objectifs de décarbonation
secteur par secteur.
La Programmation Pluriannuelle de l'Énergie, qui doit nous permettre de
produire une électricité abondante, décarbonée et souveraine.
Et le plan d’électrification grâce auquel que nous rendrons ces deux premiers
outils opérationnels. Cela, en proposant des mesures concrètes pour accompagner
les Français vers l’électrique dans quatre domaines clés : l’industrie, le
numérique, le bâtiment et les transports.
C’est pour aborder ce quatrième volet que nous avons lancé la première réunion
du groupe de travail sur l’électrification des transports.
Quelques orientations pour nourrir les réflexions à venir :
- Notre approche ne doit pas se limiter à la voiture individuelle.
Les aides à l’achat doivent prendre en compte les différents types de véhicules
: les véhicules utilitaires légers, les camions, les autobus… et même les
engins de chantier. Pour cela, une réflexion sur le coût total de possession
doit être menée pour l'ensemble de ces véhicules.
- Nous devons concentrer nos efforts là où les effets seront les plus
significatifs.
Nous devons cibler en priorité les populations qui dépendent le plus de leur
voiture et qui n'ont pas forcément les moyens d'acquérir un modèle électrique.
Le succès du leasing social a prouvé que l'attente était forte et qu’un modèle
économique existait. Nous devons aujourd’hui ouvrir d'autres horizons pour
garantir l'accès au véhicule électrique au plus grand nombre.
- Ce plan d’électrification doit être mis au service de nos industries.
Pour cela, nous devons généraliser la préférence européenne à l’ensemble des
véhicules.
Il est essentiel d’accompagner nos champions industriels qui investissent,
innovent et produisent. Car ils démontrent que les technologies vertes sont une
opportunité pour créer de l’activité et de l’emploi sur notre territoire.
- Nous devons faire en sorte que l’électrique soit plus facile à l’usage.
La France possède aujourd'hui le troisième maillage de bornes en Europe. C'est
un acquis précieux que nous devons continuer à améliorer.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement
et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du
ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle,
énergétique et numérique)
> La France soutient ses partenaires dans la région, avec une posture
strictement défensive, pour circonscrire le conflit et éviter autant que
possible l’embrasement.
> [Essence] Dans un moment d’inquiétude
légitime et alors que les prix à la pompe sont impactés par le conflit au
Moyen-Orient, nous devons la transparence aux français. (…)
On constate une augmentation de plusieurs centimes, avec de grandes disparités.
Face à cela, toute la transparence doit être faite. Nous appelons bien sûr
chacun à être raisonnable. (…)
Nous mettrons tout en œuvre pour effectuer des contrôles si nécessaire. Nous
avons tous intérêt à nous serrer les coudes. (…)
À l’heure où l’on se parle, il n’y a aucun risque de rupture
d’approvisionnement, ni sur le carburant ni sur le gaz. Nous ne sommes
absolument pas dans la situation que la France a connue entre 2021 et 2023.
Benjamin Haddad (ministre délégué
auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de
l’Europe)
> La France reste fidèle à la doctrine de dissuasion nucléaire depuis le
général de Gaulle : elle relève de la seule autorité du Président. On
matérialise en revanche que nos intérêts vitaux ne s’arrêtent pas à notre
frontière, mais ont bien une dimension européenne. Pour concrétiser cette
dimension, on invite désormais nos partenaires et voisins à s’associer à des
exercices, participer aux signalements ou accueillir les forces stratégiques
françaises sur leur territoire. La dissuasion nucléaire avancée est toujours
parfaitement indépendante et française de bout en bout, mais on y associe nos
partenaires. C’est l’affirmation de notre puissance dans un moment de bascule
géopolitique.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> La position de la France sur le conflit au Moyen-Orient est claire : appel
à la désescalade, protection de nos ressortissants et de nos intérêts,
libération de nos otages en Iran, solidarité avec nos alliés et notamment le
Liban, nécessité de permettre au peuple iranien de décider lui-même de son
avenir démocratique.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne
sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus
retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Aujourd’hui à La Haye, avec Rob Jetten, nouveau Premier ministre des
Pays-Bas. Sa victoire démontre que les idées pro-européennes, libérales et
progressistes peuvent convaincre face au projet de repli et de division de
l’extrême droite. Nous appartenons à la même génération, pour laquelle la
souveraineté et la puissance de l’Europe sont vitales. L’Europe a tous les
atouts pour réussir à relever les défis du climat, de la technologie et de
l’apaisement du monde. Unis, nous y parviendrons.
> À Athènes, avec le Premier ministre de Grèce, je continue de rencontrer les chefs d’État et de gouvernement européens. Nous partageons cette même conviction : la sécurité est un préalable indispensable à la prospérité de l’Europe. La situation au Moyen-Orient et la guerre en Ukraine nous le rappellent sans cesse, pour protéger nos intérêts, pour nous protéger, pour peser dans les nouveaux équilibres mondiaux, l’Europe a plus que jamais besoin de renforcer ses capacités de défense et son indépendance. La puissance de l’Europe ne pourra se faire sans autonomie stratégique. L’axe de défense qui unit la France et la Grèce en est un pilier. C’est en développant ces coopérations que nous construirons une Europe forte, résiliante et souveraine. Voilà notre volonté.
> Je poursuis à Madrid mes rencontres avec des chefs d’État et de gouvernement européens. Avec le Président du gouvernement d’Espagne, Pedro Sánchez, nous partageons la conviction profonde que notre capacité à peser dans le monde et à défendre nos valeurs passe par le renforcement de l’Europe, et non par son affaiblissement. Approfondissement des coopérations en matière de défense, capacités d’investissement renforcées grâce aux eurobonds, transition énergétique : nous avons de réelles convergences sur ces sujets. C’est aussi en confrontant nos points de vue parfois différents sur l’état du monde et l’actualité géopolitique qu’une relation de confiance et de transparence, indispensable à nos deux pays, peut s’établir dans la durée.
Charles Rodwell (député)
> Dans un monde en guerre économique, Il est
absolument crucial de renforcer le réarmement industriel et l'indépendance
stratégique de la France et de l'Europe. Pour répondre à ce défi, la loi
européenne sur l'accélération industrielle, présentée ce mercredi par Stéphane
Séjourné, poursuit un objectif clé : ramener l’industrie à 20% du PIB européen
d’ici 2035, contre 14% aujourd’hui. Le texte porte 3 séries de mesures afin de
produire davantage dans nos secteurs stratégiques en France et en Europe.
● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> Temps d’échange en préfecture de la Gironde.
Partout dans notre département, les maires et leurs équipes portent des projets
essentiels pour l’aménagement des territoires, le maintien des services de
proximité et l’avenir de nos communes. Leur engagement est précieux.
Le dialogue entre l’État et les collectivités est indispensable pour
accompagner ces initiatives, lever les blocages et donner aux élus locaux les
moyens d’agir. C’est ensemble que nous construisons des territoires dynamiques,
équilibrés et au service de nos concitoyens.
► Autres
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie
industrielle)
> [Remarques sur la loi sur l'accélérateur industriel]
Après de longues semaines de débat, je vous présente la loi sur l'accélération
industrielle.
Aujourd'hui, le « made in Europe » fait sa grande entrée dans la loi
européenne.
Ce que je vous présente aujourd'hui, c'est plus qu'un simple changement de
mode opératoire, c'est un changement de doctrine - encore impensable il y a
seulement quelques mois.
Et pour cause : ce qui se passe actuellement - notamment en Iran -
nous le démontre chaque jour un peu plus : nous devons renforcer nos
secteurs stratégiques.
Car sans base industrielle forte, pas de modèle social européen, pas de
transition climatique, pas d'autonomie stratégique.
Notre objectif est clair : ramener l'industrie à 20 % du PIB européen d'ici
2035.
Contre 14 % aujourd'hui.
Face aux subventions massives de certains concurrents, face aux distorsions
de marché, nos entreprises jouent avec un handicap, sur leur propre terrain de
jeu : l'Europe.
Comment expliquer à nos concitoyens que la décarbonation est une chance si nos
batteries sont faites en Chine ?
Qui va investir dans nos sites industriels si nos produits sont plombés par un
dumping injuste ?
Nous voulons, nous devons produire davantage dans nos secteurs
stratégiques.
C'est l'engagement de la Présidente, c'est l'esprit du rapport Draghi,
c'est la demande n°1 de nos acteurs industriels.
Aujourd'hui, nous délivrons.
Et nous le faisons à travers trois mesures structurantes.
Première mesure : l'argent du contribuable doit d'abord bénéficier à
la production européenne et aux emplois en Europe
Nous assumons une préférence européenne lorsque l'argent public est en
jeu : marchés publics, aides à l'achat ou subventions directes.
Trois piliers de notre industrie sont concernés :
- Les industries à forte intensité énergétique : aluminium, ciment et acier
mais aussi la chimie – dès lors qu'ils sont bas-carbone.
- L'automobile : véhicules électriques, hybrides rechargeables, jusqu'aux
camions et bus.
- Les technologies propres : batteries, éolien, électrolyseurs, pompes à
chaleur, photovoltaïque, nucléaire.
Dans la pratique, nous adoptons une approche secteur par secteur, dans le
respect de la réalité économique et de l'exposition internationale de chacun.
Pour chaque secteur, nous exigeons un certain nombre ou pourcentage de
composants critiques originaires d'Europe. Pour certaines technologies clés,
nous identifions même les composants en question : dans la batterie par
exemple, il s'agit de la cellule. Dans le panneau solaire, de l'onduleur et de
la cellule photovoltaïque.
Avant de poursuivre sur la deuxième mesure, un mot sur nos partenaires de
confiance – puisque je sais que c'est un point de questionnement.
Une clarification importante d'emblée : cet accélérateur se concentre sur
le lieu de production, pas sur la nationalité de l'entreprise.
Une fois cela dit, l'idée est simple. Nos partenaires de confiance – c'est à
dire ceux avec lesquels nous avons des engagements commerciaux - seront
intégrés au dispositif, s'ils respectent leurs engagements – en réciprocité.
Beaucoup de nos partenaires pratiquent la préférence nationale. Nous attendons
donc d'être intégrés dans leurs marchés, pour qu'ils puissent l'être dans les
nôtres. Nous exclurons par acte délégué, ceux qui ne jouent pas le jeu, ou
encore qui représentent un risque pour notre sécurité économique.
En d'autres termes, et la Présidente l'a déjà dit, la Commission européenne
respectera ses engagements internationaux, tant que nos partenaires respectent
les leurs.
Deuxième mesure : c'est une première – des conditions pour les investissements
étrangers
L'Europe veut maintenir son attractivité et les investissements étrangers. Le
climat international nous conforte comme une valeur refuge. Mais ces
investissements doivent impérativement générer de la valeur ajoutée sur le
terrain.
Dans les secteurs stratégiques – batteries, véhicules électriques,
photovoltaïque, matières premières critiques – nous ciblons les
investissements :
- de plus de 100 millions d'euros
- issus d'un pays étranger qui dispose d'une part de marché mondiale de plus de
40% dans le secteur concerné.
Ces investissements depuis l'étranger devront donc respecter au moins 4 des 6
critères suivants :
- Transferts de technologie.
- Au moins 50 % des employés basés dans l'Union – ce critère est obligatoire.
- Participation étrangère limitée à 49 % du capital.
- Partenariats avec des entités européennes.
- 1 % du chiffre d'affaires mondial investi en R&D dans l'Union.
- 30% des composants achetés du produit fini doivent provenir de la chaîne de
valeur européenne.
On le voit donc aisément ici : l'Europe doit être une base industrielle
complète. Pas une simple plateforme d'assemblage.
Troisième mesure : accélérer les projets industriels
Trop de projets sont annulés faute de permis ou à cause de délais de permis
trop longs.
Aujourd'hui, les délais administratifs freinent l'investissement. Nous créons
des guichets numériques uniques harmonisés dans toute l'Union – «un projet, une
procédure ».
Nous mettons en place des Zones d'Industrialisation Prioritaire. Elles seront à
l'industrie ce que les zones Natura 2000 sont à la nature. Des zones dans
lesquelles les entreprises auront accès à des facilitations d'obtention de
permis, d'accès à l'énergie, aux matières premières et aux financements.
Investir en Europe doit redevenir plus simple et plus rapide.
Cette loi n'est pas une déclaration d'intention.
C'est le début d'un nouveau cycle industriel européen.
C'est un signal fort adressé à nos marchés, pour défendre nos chaînes de valeur
actuelles et futures.
C'est un texte d'équilibre alliant ouverture et réciprocité, transition et
compétitivité, ambition climatique et puissance industrielle. Or c'est dans
l'alliance de ces paradoxes que réside à la fois la force de notre économie, et
l'essence de notre modèle européen.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement
européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Alors que la Roumanie partage une frontière directe avec l’Ukraine,
l’urgence de bâtir une défense européenne est plus présente que jamais. C’est
bien sûr un élément clé de notre indépendance et de notre puissance. Nous avons
échangé sur nos grandes priorités de sécurité pour l’UE avec le ministre de la
défense roumain.
> Merci, cher António Costa, pour votre présence en réunion de groupe Renew Europe. Alors que l’Union européenne est soumise à des défis considérables avec la guerre en Ukraine, celle en Iran, la présidence Trump ou encore nos enjeux de compétitivité, nous avons besoin de renforcer notre indépendance. Ravie de vous voir partager notre vision d’une Europe puissance.
Pascal Canfin (député)
> Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, le conflit au
Moyen-Orient rappelle une fois de plus la vulnérabilité structurelle de
l’Europe et de son économie face à leur dépendance aux importations d’énergies
fossiles.
Diversifier pour réduire notre dépendance est nécessaire mais cela ne sera
jamais suffisant pour assurer la sécurité énergétique de l'Union.
Notre dépendance ne se limite pas à notre incapacité à produire du pétrole et
du gaz sur le continent. Notre vulnérabilité vient aussi des chaînes
logistiques d’importation des énergies fossiles : leur perturbation, quels que
soient nos partenaires, peut entraîner des conséquences désastreuses sur notre
économie.
C’est précisément ce que nous observons aujourd’hui avec le possible blocage du
détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales de
pétrole et de GNL, et l’annonce de l’arrêt d’une partie de la production
qatarie de GNL.
Dès qu’une tension géopolitique éclate, l’Europe se retrouve menacée par une
crise énergétique, non seulement en termes d’approvisionnement, mais aussi en
termes de volatilité des prix. Ces chocs pèsent lourdement sur notre industrie
et sa compétitivité.
Les énergies fossiles ne sont jamais une solution sûre. Même produites par des
partenaires de confiance, leur acheminement vers l’Europe dépend de chaînes
logistiques vulnérables aux crises géopolitiques et aux perturbations.
Tant que nous en dépendrons, notre approvisionnement restera exposé aux risques
— car les routes maritimes, les infrastructures et les réseaux de transport
sont autant de points de faiblesse dans un monde instable.
La seule vraie sécurité, c’est de nous en libérer. La seule stratégie durable ?
Réduire notre dépendance en électrifiant massivement notre économie —
transports, industrie, chauffage — et en accélérant la transition vers des
alternatives domestiques décarbonnées.
Cette crise doit être un rappel d’urgence. Depuis deux ans, à force de
mauvaises décisions, nous ralentissons petit à petit notre transition. J’espère
que ceux qui cherchent à affaiblir et à détricoter le Pacte vert en Europe vont
enfin ouvrir les yeux sur leur erreur stratégique historique.
> Avec l’Industrial Accelerator Act,
l’Union européenne fait un premier pas important vers la préférence pour le «
Made in EU »
Dans une tribune publiée dans Les Échos en janvier dernier, je défendais, avec une
conviction claire : le Made in Europe n’est pas un slogan protectionniste.
C’est un outil de souveraineté.
La crise du covid19 comme la guerre en Ukraine ont révélé la fragilité des
chaînes de valeur mondialisées, nos dépendances stratégiques et l’utilisation
de l’accès aux technologies clés comme arme géopolitique. La Chine planifie,
subventionne et protège ses filières stratégiques depuis plus de vingt ans. Les
États-Unis favorisent leurs
industries avec le Buy American. Nous ne pouvons plus ignorer ces leçons.
Le très attendu Industrial Accelerator Act (IAA) a été présenté aujourd’hui par
la Commission européenne. Avec ce texte, la préférence
pour le Made in Europe, soutenue depuis des années par la France, fait pour la
première fois son entrée dans la politique industrielle européenne, et ce,
grâce à l’action du Vice-Président de la Commission européenne, Stéphane
Séjourné.
Cette première doit être applaudie : cela signe la fin
d’une Europe parfois trop naïve dans la mondialisation. Certaines modalités
devront cependant être renforcées pour être à la hauteur de l'urgence
industrielle à laquelle nous faisons face.
Le Made in EU doit être un vrai Made in EU !
C’est la bataille qui a animé Bruxelles ces derniers mois : que doit-on
considérer comme « d’origine UE » dans nos marchés et soutiens
publics ? Faut-il inclure, dans cette définition, les produits fabriqués dans
des pays ayant un accord de libre-échange avec l’Union européenne ? Ou ceux
liés par une union douanière, comme la Turquie ?
La Commission européenne a fait le choix d’une
définition large. Un produit fabriqué au Canada, en Corée du Sud, au Vietnam-
et demain au Brésil ou en Inde - sera considéré comme européen. Inclure
automatiquement les pays partenaires revient à neutraliser l’objectif même
d’une préférence européenne. Si tout est européen, plus rien ne l’est. Le Made
in EU doit bénéficier d’abord aux travailleurs, aux entreprises et aux
territoires européens.
Il faut toutefois noter que le texte prévoit la
possibilité pour la Commission d’exclure certains pays lorsqu’ils ne respectent
pas les règles de réciprocité. C’est un élément très important. Cela signifie
que seuls les pays qui ouvrent leurs marchés aux entreprises européennes
bénéficieront d’un traitement équivalent de la part de l’Union. Cependant, je
crois que nous devrions adopter l’approche inverse. Nous devrions considérer
comme européen ce qui est produit dans l’Union européenne et conserver une ouverture
à des partenaires, au cas par cas, sur la base d’une réciprocité réelle.
Les marchés publics comme levier stratégique
L’IAA transforme les marchés publics en outil de
décarbonation et de souveraineté industrielle. L’objectif est clair : stimuler
la demande en produits bas-carbone et réduire les émissions des secteurs les
plus énergivores comme l’acier, le ciment ou l’aluminium. C’est un changement
profond de philosophie : l’argent public ne doit plus être neutre. Il doit
orienter l’économie vers une transition écologique qui allie décarbonation et
réindustrialisation. Les autorités publiques devront intégrer des critères d’origine
UE et des exigences bas-carbone pour certains produits :
- 25 % de l’acier utilisé dans un marché public devra
être bas-carbone
- 5 % du ciment devra être bas-carbone et d’origine UE
- 25 % de l’aluminium devra être bas-carbone et
d’origine UE
En ce qui concerne les technologies net-zéro telles
que les batteries, les panneaux solaires, ou encore les éoliennes, des critères
d’origine UE seront également obligatoires dans le cadre des marchés publics.
Certains composants clés de ces technologies devront provenir de l’UE. Par
exemple, pour les systèmes de stockage par batteries, une technologie clé pour
la transition écologique mais aussi critique pour la résilience des réseaux
électriques, le système de gestion de la batterie devra obligatoirement être
d’origine UE. Pour un panneau solaire, il faudra avoir une cellule et un
onduleur européen.
Les exigences en matière de composants d’origine
européenne seront progressivement renforcées pour certaines technologies. La
progressivité des critères d’origine UE est très importante pour laisser le
temps aux chaines de valeur des nouvelles technologies de se localiser en
Europe.
Avec l’IAA, la commande publique devient ainsi un
outil stratégique au service de la décarbonation et du renforcement de la base
industrielle européenne. Un signal fort pour conjuguer transition climatique et
souveraineté économique.
L’argent européen doit soutenir la production
européenne
L’IAA ne s’arrête pas aux marchés publics. Il étend
les exigences d’origine UE et bas-carbone à d’autres formes d’intervention
publique, telles que les subventions à destination des ménages et des
entreprises. Par exemple, un programme d’aides à la rénovation des bâtiments
devra réserver une partie des fonds aux matériaux (ex. : acier, béton,
aluminium) bas-carbone et d’origine UE. En revanche, je regrette que la
proposition de la Commission n’exige d’appliquer ces critères qu’à 45 % du
budget national alloué aux financements publics dédiés à la construction et à
la rénovation de bâtiments et infrastructures. Si nous voulons un véritable
effet d’entraînement industriel, nous devons viser plus haut. L’ambition
industrielle ne peut pas être à moitié.
Concernant les technologies net-zéro, les subventions
à l’achat de panneaux photovoltaïques ou de pompes à chaleur devront soutenir
des technologies Made in EU. Les systèmes d’enchères publiques et d’appel
d’offre intégreront également des critères d’origine UE pour les PV, les
éoliennes, l’hydrogène ou encore les systèmes de stockage par batteries.
Au-delà du Made-in-EU, renforcer la résilience
européenne
Au-delà des exigences d’origine UE, l’IAA prévoit des
mesures pour renforcer la résilience des infrastructures critiques de l’Union.
La souveraineté industrielle ne se limite pas à produire en Europe. Elle
implique aussi de protéger nos infrastructures stratégiques – réseaux
électriques, systèmes de stockage d’énergie, transports, télécommunications –
contre les risques de dépendance technologique et d’ingérence.
Pour garantir notre cybersécurité, l’IAA exclut les
fournisseurs considérés comme à haut risque - selon le Cybersecurity Act - de
la fourniture de composants critiques dans les enchères d’énergies
renouvelables, les marchés publics et les produits bénéficiant d’un soutien
public. Par ailleurs, le Net-Zero Industry Act obligeait à intégrer des
exigences de cybersécurité dans une partie des enchères d’énergies
renouvelables. L’IAA étend ces exigences à la totalité de ces enchères. Ce
point est essentiel : les infrastructures énergétiques, les batteries
connectées, les bornes de recharge, les réseaux intelligents sont désormais des
objets numériques autant qu’industriels. Une faille de cybersécurité peut
devenir une vulnérabilité stratégique.
Dans un contexte où les tensions géopolitiques
s’intensifient, nous devons considérer la cybersécurité comme un pilier de la
politique industrielle. Produire en Europe ne suffit pas : il faut aussi
garantir que les systèmes que nous déployons ne puissent pas être désactivés,
espionnés ou sabotés à distance. C’est aussi cela, le réarmement industriel :
une industrie compétitive, mais également robuste, sécurisée et capable de
résister aux chocs géopolitiques.
Et dans le secteur automobile ?
Les mesures pour le secteur automobile sont bien
là : 100% des soutiens publics seront conditionnés à des critères
d’origine européenne. Ces critères devront être intégrés dans les marchés
publics, par exemple le renouvellement des flottes des administrations
publiques, mais aussi dans les aides publiques comme les subventions à l’achat
ou les bonus.
Pour être Made in EU, une voiture devra cocher
plusieurs critères :
- Premièrement, être assemblé dans l’UE
- Deuxièmement que 70% de ses composants (hors
batteries) soit d’origine UE
- Troisièmement, être équipée d’une la batterie dont 3
composants sont d’origine UE, dont la cellule obligatoirement
Puisque l’objectif est de développer des capacités de
production européenne de batteries, les critères seront renforcés trois ans
après l’entrée en vigueur du texte. Une voiture Made in EU devra être équipée
d’une batterie dont 5 composants sont d’origine UE, dont la cellule, les
matériaux actifs de cathode et le système de gestion de la batterie. De
nouvelles exigences entreront également en vigueur, une voiture Made-in-EU
devra également avoir une chaine électrique et ses principaux systèmes
électroniques d’origine européenne.
Je salue le choix de la Commission d’avoir une
approche Made-in-EU restrictive pour l’obtention des crédits CO2 pour les
petits véhicules électriques et pour les soutiens publics aux flottes
d’entreprises. Mais l’élargissement de la définition de ce qui est européen à
tous les pays partenaires pour le reste de l’Union pose des questions. Est-ce
que cette définition permettra réellement de maintenir nos usines en
Europe et d’engager une dynamique de relocalisation industrielle
essentielle pour éviter une nouvelle dépendance stratégique ? Certaines
flexibilités introduites pourraient également avoir des conséquences qu’il
faudra étudier attentivement : quel impact de la flexibilité accordée pour
les petits véhicules électriques qui constituent le volume des ventes ?
Pour cette catégorie, la Commission propose de laisser la possibilité de
choisir entre 70% de composants européens ou une batterie européenne. Les
constructeurs ont également obtenu une autre flexibilité importante : si un
constructeur prouve que 85 % de ses véhicules immatriculés l’année précédente
respectent ces critères, l’ensemble de ses modèles peuvent bénéficier d’une
conformité automatique pendant 12 mois. Avec une longue liste de pays
partenaires, il serait logiquement plus facile d’atteindre ce seuil de 85%.
La proposition de la Commission européenne va dans le
bon sens. Mais le Parlement va devoir s’assurer que ces critères sont à la
hauteur nécessaire pour engager une réelle dynamique de localisation des
chaines de valeur en Europe. Les flexibilités ne doivent pas aboutir à rendre
la préférence européenne optionnelle.
Des conditions pour les investissements étrangers en
Europe dans les secteurs stratégiques émergents
Les investissements chinois en Europe se multiplient,
à l’instar de l’usine d’assemblage de BYD en Hongrie ou encore la future usine
de batteries de CATL à Saragosse. Actuellement ces implantations ressemblent
surtout à des « usines tournevis » : les composants sont importés de Chine et
simplement assemblés en Europe, mais cela ne génère ni valeur ajoutée locale,
ni transfert de compétences. Or, la Chine a imposé pendant des décennies des
contreparties fortes aux entreprises étrangères qui voulaient accéder à son
marché : obligation de coentreprises, production locale, partage de
technologies et de savoir-faire. Cette stratégie a largement contribué à
l’ascension industrielle du pays. Aujourd’hui, la situation s’est inversée :
des acteurs chinois comme CATL, leaders mondiaux des batteries, maîtrisent des
technologies clés que l’industrie européenne doit impérativement apprendre à
produire à grande échelle. Leur présence en Europe est une opportunité, mais il
est indispensable d’y attacher des conditions pour garantir que cela profite à
l’intérêt de l’écosystème industriel européen.
Avec l’IAA, l’Union européenne renforce son contrôle
sur les investissements directs étrangers (IDE). Désormais, les investissements
de plus de 100 millions d’euros réalisés par des entreprises originaires de
pays détenant plus de 40 % de la capacité de production mondiale de batteries,
d’énergie solaire, de véhicules électriques) et de matières premières critiques
devront respecter des conditions strictes. Pour être considérés comme « à
valeur ajoutée », ces IDE devront respecter au moins 4 critères sur 6. Parmi
les conditions figurent la majorité des actionnaires de l'UE, le transfert de
technologies, l'intégration dans les chaînes de valeur de l'UE et la création
d'emplois.
Conclusion
L’IAA marque un changement de doctrine. Le simple fait
qu’il y ait eu autant de débat autour de la publication de ce texte montre bien
que nous sommes en train de changer le logiciel, ce qui créée naturellement des
tensions. La proposition de la Commission européenne est une première étape qui
va permettre d’ouvrir le débat au Parlement comme au Conseil sur le niveau
d’ambition des exigences d’origine européenne dans les marchés publics et les
financements publics. L’un des défis va être de clarifier comment cette
législation sera mise en œuvre sur le terrain afin que les critères retenus
soient à la fois réaliste mais aussi assez ambitieux pour conserver en Europe
une base industrielle indispensable à la compétitivité européenne.
Notre délégation en Commission de l’Industrie, sera
pleinement mobilisée pour faire de l’IAA un outil de réarmement industriel pour
l’Europe.
Nathalie Loiseau (députée)
> On voit des moyens considérables qui sont
déployés mais on n'est pas sûr de voir une stratégie. C'est ça qui est
inquiétant. Est-ce que Donald Trump veut vraiment abattre le régime iranien, en
a-t-il la possibilité ? Nous souhaitons tous que ce régime tombe. Est-ce une
guerre de haute intensité qui le permet ? Je ne sais pas et je suis pas sûre
que Donald Trump le sache. En Europe, on ne fait pas de guerres quand on n'est
pas obligé de les faire et on n'est pas des apprentis sorciers.
> L'intervention des États-Unis et d'Israël en Iran s'est passée en dehors du droit. En dehors du droit américain puisque Donald Trump n'a pas consulté le Congrès des États-Unis. Il n'a même pas fait mine de consulter le Conseil de sécurité, il n'a pas prévenu ses alliés de l'OTAN. Il s'est placé, de lui-même, en dehors du droit. Le droit n'est pas fait pour être tordu. On ne peut pas invoquer le droit international contre la Russie en Ukraine, contre la Chine qui aurait envie d'envahir Taïwan et décider que, quand ça nous plait, alors il n'y a pas de droit international.
Grégory Allione (député)
> La Commission européenne s’apprête à faire
une erreur à Bruxelles... En pleine explosion des catastrophes climatiques,
elle propose de mettre à mal son seul budget 100% dédié à l’environnement.
Voici pourquoi je me bats pour sauver le programme LIFE.
Dans le cadre des négociations du futur budget européen (CFP), la logique
actuelle est à la "simplification" de l'ingénierie financière de
l'UE. L'idée ? Fusionner nos programmes historiques dans d'immenses enveloppes
nationales globales.
Une idée qui coûterait cher à notre biodiversité.
Petit rappel : c'est quoi exactement le programme LIFE ?
Créé en 1992, c'est l'UNIQUE instrument financier européen exclusivement dédié
à l’environnement, à la biodiversité et aux actions climatiques. Conservation
des habitats, protection des sols, amélioration de la qualité de l'eau… LIFE
couvre de nombreuses actions. Sa plus grande force ? Il outre-passe la
bureaucratie des États pour financer directement les acteurs de terrain : - Les
Parcs Naturels Régionaux ou Nationaux - Les collectivités territoriales - Les
services de secours et de protection civile - Les associations de protection de
l'environnement - Des syndicats de gestion de l'eau ou des forêts En 2025,
c’est 132 projets qui ont été financés pour un montant total de 358 millions
d’euros.
Ce programme LIFE pourtant essentiel, doté de 5,4 milliards d'euros, pourrait
disparaître, être dilué. L'environnement entrera en concurrence directe avec
d'autres priorités nationales. Un non-sens absolu quand on sait que nos acteurs
français y ont un taux de réussite record de 62 % !
Dans la région Sud, le programme LIFE sauve littéralement notre patrimoine
naturel. Il finance directement : - La protection du littoral au Parc national
des Calanques. - La sauvegarde d'espèces uniques en plaine de la Crau. -
L'adaptation de nos forêts face à la sécheresse.
En tant que sapeur-pompier volontaire, j'insiste sur ce point d'ingénierie des
risques : la protection civile et la protection de la biodiversité sont
interdépendantes. Protéger le programme LIFE, c'est investir en amont pour
atténuer la violence des risques naturels que nous connaissons.
C'est pourquoi, avec Renew Europe en commission ENVI, nous posons des
conditions strictes pour le futur CFP : -Le maintien de LIFE comme programme
autonome -Un budget sanctuarisé pour la biodiversité. -Le renforcement vital de
nos moyens aériens de lutte contre les incendies
Nous ne sacrifierons pas 30 ans d'expertise écologique et d'ingénierie
européenne sur l'autel d'une simplification purement comptable. L'urgence
climatique exige une sanctuarisation de nos capacités de résilience.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Depuis plusieurs années, on a vu une offre « adult only » se développer
très fortement en Asie et en Amérique du Nord. Aujourd’hui, elle arrive
crescendo en Europe. Ce débat est révélateur des tensions de nos sociétés qui
mettent en concurrence confort individuel et partage, au détriment du
collectif. Jean Castex, le PDG de la SNCF, s’est dit « sidéré » par l’ampleur
de la polémique. Je suis moi aussi sidérée, mais pas pour le même motif :
comment accepter l’idée que la présence d’enfants puisse être une nuisance et
faire de leur absence un avantage concurrentiel ?
Mes parents étaient commerçants et je comprends parfaitement l’intérêt de créer
des offres différenciées. C’est même sain car cela montre que l’on a réfléchi
aux besoins des différentes cibles de consommateurs visées. Développer une
offre « business », c’est très bien, et je félicite la SNCF de le faire. Mais
elle ne peut pas se baser sur l’interdiction d’accès aux enfants : on peut
choisir l’amélioration et l’aménagement plutôt que l’exclusion.
Il ne faut pas laisser s’installer l’idée que l’on peut améliorer le confort en
effaçant une partie de notre société : l’interdiction équivaut à une
discrimination. Et cela sera quoi ensuite ? Des bars pour jeunes interdits aux
plus de 50 ans ou des thés dansants où je ne pourrais plus accompagner ma
grand-mère car je n’ai pas le bon âge ? Cela n’a aucun sens ! (…)
La lecture est difficile car, si certains assument le « no kids », il est
souvent larvé ou caché : ce sont des familles avec poussette à qui on a refusé
une table dans un restaurant au motif qu’elles n’avaient pas réservé ou à qui
on répond que l’hôtel est complet alors que ce n’est pas le cas. Évidemment,
elles ne peuvent pas porter plainte vu qu’elles n’ont pas été clientes de
l’établissement. Faudra-t-il organiser des testings pour faire jurisprudence ?
Je rappelle simplement aux uns et aux autres que les discriminations tombent
sous le coup de la loi.

