Voici une sélection, ce 6 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Mort de Lyhanna] Les choses
ne sont pas passées comme elles auraient dû se passer, c’est inacceptable.
Il est clair qu’il y a eu un
dysfonctionnement et que nous ne pouvons pas ne pas voir que des failles se
sont révélées.
L’enquête administrative doit être
le plus rapide possible afin de clarifier les responsabilités qui sont à
l’œuvre collectives, systémiques
et éventuellement individuelles.
Nous devons clarifier ce qui s'est passé
pour Lyhanna et pour aussi, potentiellement, toutes les autres victimes.
(…)
J’invite à regarder les moyens qui ont
été mis dans la justice et la gendarmerie depuis 2017. C’est une question de réponses, de fermeté,
d’organisation, de responsabilités. Elles doivent être établies, mais ça
participe aussi de cet effort qui est fait sur la protection de nos enfants.
Aujourd’hui nous avons un système collectif, du système judiciaire à ce qui est
fait par l’aide sociale à l’enfant, qui doit être encore amélioré et rehaussé.(…)
J’adresse à la famille la solidarité et l’affection de la Nation. On ne peut pas regarder en face sa famille et
lui dire que tout s'est bien passé. C'est faux.
> Derrière cette photo de famille des Européens au Monténégro, il y a l’élan des peuples des Balkans occidentaux vers l’Europe. Parce que l’Europe porte en elle cette promesse de liberté, d’égalité, de démocratie et de souveraineté. Nous sommes aux côtés des peuples des Balkans pour accompagner leurs efforts de réformes et de coopérations concrètes vers l’adhésion à l’Union européenne.
> [Intervention à l’occasion de la visite au Monténégro] Nous sommes très heureux, avec
les ministres, les parlementaires, l'ensemble de la délégation qui
m'accompagne, d'être à vos côtés aujourd'hui, parmi vous, au Monténégro pour la
première visite d'un Président de la République française dans l'histoire de
nos relations bilatérales. C'est un honneur, d'autant que cette visite
intervient à un moment particulièrement symbolique pour votre pays, 20 ans
après la restauration de votre indépendance, mais aussi un moment important
pour toute la région, à la veille d'un sommet entre l'Union européenne et les
États des Balkans occidentaux. Je voudrais remercier avant toute chose, très
chaleureusement, le Président Milatović, cher Jakov, pour son accueil ici, à
Cetinje. Nous avons eu l'occasion de nous entretenir de sujets d'intérêt commun
et nous allons poursuivre tout au long de la journée et demain avec nos
collègues.
Je suis très heureux de vous retrouver tout particulièrement dans cette ville,
à Cetinje, donc ancienne capitale royale où s'est forgée l'identité
monténégrine. Mais aussi certains de nos liens bilatéraux, comme en témoigne
l'ancienne légation française à quelques rues d'ici, que nous irons voir tout à
l'heure, construite il y a 115 ans de cela, qui venait aussi témoigner du fait
que la France, dès après le Congrès de Berlin, fut parmi les premiers à
reconnaître dès ce moment-là le Monténégro, comme nous l'avons fait aussi il y
a 20 ans dans un contexte plus contemporain. Vous l'avez dit, votre pays s'est
toujours illustré dans la région par sa capacité à se défendre, à rester
souverain, à défendre son identité, son histoire, sa force. Tout cela force le
respect. Au fond, je voudrais essentiellement avoir deux messages à votre
endroit ce matin. Le premier, ce sont nos relations bilatérales.
Nous développons un partenariat et nous voulons développer un partenariat
ambitieux avec le Monténégro. La France n'était pas à sa juste place
jusqu'alors ici, nous n'étions pas suffisamment investis et présents. Nous
avons ensemble, ces dernières années, beaucoup réinvesti la relation
bilatérale. D'abord, elle correspond à notre histoire, au lien singulier qui
est le nôtre, qui a pu irriguer notre littérature, qui a aussi inspiré
plusieurs de vos dirigeants. Vous avez fait référence à Nicolas. Nous avons beaucoup
progressé ces dernières années grâce à la signature d'un accord
intergouvernemental qui facilite le développement de nos coopérations
économiques autour notamment des secteurs de la santé, des infrastructures et
de l'énergie. Nous signerons tout à l'heure d'importants accords qui sont les
illustrations qui vont nous permettre, avec nos entreprises, avec l'Agence
française de développement, les ministères compétents, de décliner ces accords
dans tous les domaines que je viens d'évoquer, avec le grand projet d'hôpital,
des grands projets d'infrastructures et des projets d'énergie, entre autres.
Je n'oublie évidemment pas aussi notre coopération en matière de défense, avec
la livraison future de deux patrouilleurs qui sont actuellement en cours de
construction à Concarneau, et le projet aussi emblématique que nous portons
ensemble, Monténégro, Slovénie et France, avec le Centre de développement des
capacités cyber à Podgorica. Je veux ici aussi dire que notre relation
bilatérale va nous permettre d'avancer ensemble sur des sujets d'intérêt
commun. Je pense à la lutte contre les ingérences étrangères et à la
manipulation de l'information, où, là aussi, nous avons des coopérations entre
nos meilleurs experts qui sont en train de s'établir, entre les agences que
nous avons mises en place, car nos démocraties sont à protéger partout et la
France a bâti une expertise que nous souhaitons partager avec vous. Le deuxième
message, il est pour l'Europe. Vous l'avez dit, Monsieur le Président, la
France est aux côtés du Monténégro pour continuer de l'accompagner alors que
vous êtes dans la dernière ligne droite de l'adhésion.
Nous parlerons tout à l'heure et nous parlerons demain avec notre collègue de
notre vision pour l'ensemble de la région, car il est important dans mon esprit
que nous continuions de concilier la nécessité de reconnaissance des mérites
propres à chaque candidat et l'unité de la région. Je veux ici saluer le
remarquable travail que vous avez conduit ces dernières années vous-même, votre
Premier ministre et le Gouvernement. Vous avez réussi à mener des réformes très
profondes, à parachever déjà le travail sur de nombreux chapitres, à les ouvrir
tous et à avancer avec détermination, force, et au fond, cette volonté
européenne, notre devoir. Moi qui crois profondément à cette réunification de
l'Europe, c'est de l'accompagner, parce que c'est une chance, je crois
profondément, pour votre pays, pour la région, pour l'Europe, d'avoir des
dirigeants jeunes qui veulent moderniser leur pays et qui ont compris que la
souveraineté du pays va avec l'adhésion à l'Europe, choisie, décidée, pour plus
de croissance, de prospérité, de paix et la protection des démocraties.
À ce titre, nous serons à vos côtés pour vous permettre d'avancer dans les
prochains mois et tenir les objectifs ambitieux que vous vous êtes donnés,
parce que je crois qu'en la matière, seule l'ambition permet d'avoir des
résultats. Je veux ici vous redire combien la France est et sera à vos côtés,
renforçant ce faisant l'indéfectible amitié entre nos deux pays.
> [Liban] Nous soutenons le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, et tout ce qui permet, en effet, de restaurer la paix, de lutter contre les activités terroristes, et de pleinement établir la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban. Dans ce cadre, la France se tient, évidemment, comme nous l'avons toujours fait, à disposition pour avancer sur ce chemin. Il y a un mécanisme de coordination qui a été mis en place, où les États-Unis et la France sont ensemble. Si le cessez-le-feu est sérieux, c'est ce mécanisme qu'il faut réactiver pour pouvoir faire le suivi et vérifier sa mise en œuvre. Il faut ensuite définir les voies et moyens de permettre de restaurer la souveraineté libanaise et le retour des forces armées libanaises pour retrouver le monopole des armes, car c'est bien de cela dont il s'agit. Monopole des armes aux forces armées libanaises, intégrité territoriale libanaise et souveraineté libanaise sur son territoire et maintien du cessez-le-feu dans la durée pour une paix durable. C'est la politique que nous défendons, c'est celle que nous sommes prêts à soutenir.
> [Union européenne] Tout au long de notre
histoire, à chaque fois que nous avons conduit des élargissements, ils ont eu à
être approuvés par les autres États membres. À chaque fois, évidemment, les
États, les Gouvernements, les dirigeants qui, au nom de ces États, avaient pu
accompagner un processus qui prend des années pour aller vers l'adhésion,
n'étaient pas forcément ceux qui étaient là lorsque l'adhésion se finalisait.
Je ne vais pas ici préempter le vote des Français. Dans un peu moins d’un an,
ils auront à s'exprimer. Je serai ici prudent. Mais quoi qu'il arrive, il me
semble que la garantie qu'il s'agisse de la France, comme de tous les pays de
l’Union européenne qui ont des élections à venir, plus le Monténégro est résolu
dans ses réformes, plus il avance vite sur ce chemin de l'adhésion, ce qu'il
fait, plus il est clair dans ses explications, y compris à l'égard de
l'ensemble des formations politiques, quelle que soit leur sensibilité, ce que
font votre Président et votre Premier ministre en se déplaçant dans les capitales.
Ils ont encore été voir nos parlementaires récemment, plus l'adhésion se fera.
Je suis à cet égard confiant.
Comme vous le savez, en France, il y a plusieurs voies possibles, celle du
référendum, celle aussi qui est à la main de ceux qui dirigeront, d'aller vers
les majorités déterminées dans les deux chambres. En tout cas, je pense que si
ce processus est continu sur ce chemin, c'est-à-dire un vrai volontarisme des
réformes faites et qui est incontestable, je ne fais pas d'inquiétude au-delà
du raisonnable. Si je pouvais me permettre un conseil, d'abord, comme je le
rappelle, je n'ai pas ici à préempter ni le vote des Françaises et des
Français, ni celui qui se fera dans tous les autres pays. Ne doutez pas de
vous. Quand on est sur un chemin si difficile, il y a toujours mille et une
raisons de dire c'est très difficile, il va arriver ceci, cela. Il y a beaucoup
de gens pour écrire les scénarios de malheur qui justifient l'inaction. On a
les meilleurs experts partout, c'est vrai dans tous les pays, vous savez. La
chose qui permet de réussir, c'est de faire et d'y croire. Croyez en vous, ayez
confiance en vous. Le chemin qui a été fait, en l'espace de plus de deux ans
est remarquable et même au-delà de ce que beaucoup croyaient, il vient après
déjà des premières réformes et je suis très confiant parce que je vous vois
croire en vous, mais continuez et le reste suivra.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> À la base aérienne de la sécurité civile Nîmes-Garons, j’ai ouvert la
saison des feux de forêts. Derrière chaque feu maîtrisé se trouve une
mobilisation collective et une stratégie : mieux prévenir, mieux combattre et
mieux reconstruire ! A cette occasion, j’ai signé la commande de deux nouveaux
Canadairs avec le constructeur De Havilland aircraft of Canada pour compléter
la flotte actuelle de 12 Canadairs et deux autres commandes datant de 2024 avec
la participation financière de l’Union européenne, soit 16 au total à l’horizon
2032/2033 conformément à l’engagement du Président de la République !
> Je salue l’accord trouvé aujourd’hui en commission mixte paritaire sur la proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat. Le vote final aura lieu dans 10 jours. J’appelle tous les parlementaires à adopter définitivement ce texte qui permettra de mieux protéger les Français : - en renforçant l’arsenal antiterroriste que nous bâtissons depuis 2015 ; - en permettant le maintien en rétention des étrangers dangereux au-delà de la limite actuelle de 90 jours.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> La relation entre la France et les États-Unis, ce sont 250 ans
d’histoire. Un anniversaire célébré cette année outre-Atlantique et où la
France sera très présente. Overlord est le symbole extraordinaire de cette
relation. Elle reste encore aujourd’hui la plus grande opération militaire de
tous les temps en partant du Débarquement du 6 juin 1944 et tous les
combats de la Bataille de Normandie pendant l’été. 82 ans après cette
formidable opération, nous sommes toujours alliés mais il peut, pour autant,
nous arriver de ne pas être alignés…
> Il est fondamental de parler avec nos alliés, de continuer à avoir des échanges. J’étais récemment à Singapour pour une session plénière du Shangri-La Dialogue. L’occasion de rencontrer mes homologues ministres de la Défense, de la zone Indo-Pacifique, des Européens. Mon homologue américain, Pete Hegseth, était présent. Il sera aussi à nos côtés samedi en Normandie pour les commémorations. J’aurai un entretien bilatéral avec lui avant la cérémonie au cimetière américain de Colleville-sur-Mer (Calvados). Autant d’occasions d’échanger sur les notions d’interopérabilité, de complémentarité, sur notre capacité à travailler ensemble face aux conflits contemporains.
> [Mission
militaire multinationale pour la sécurisation d’Ormuz] Elle est constituée.
Quarante pays, tous des non-belligérants, en partagent le principe. Cette
mission est en accord avec l’engagement de la France depuis le début de ce
conflit. La protection de nos 400 000 ressortissants dans cette partie du monde
et de nos intérêts sont au centre de notre action. Le respect des traités
internationaux sur la liberté de navigation est au cœur de cet engagement. (…)
Notre position est claire. Un accord pour rétablir la liberté de navigation est
nécessaire pour l’économie mondiale, mais un droit de péage pour Ormuz serait
un précédent inacceptable.
> [Liban] Je ne peux que saluer l’annonce de ce cessez-le-feu. Il doit maintenant être mis en œuvre. Pour la France, c’est un enjeu majeur que de soutenir la souveraineté de l’État libanais. La situation humanitaire au Liban est dramatique. Permettez-moi de dire également un mot sur la Finul : je ne peux pas m’empêcher de penser aux deux soldats français, des Casques bleus, qui sont morts pour la France et pour la paix. Le mandat de la Finul s’arrête à la fin de cette année. L’idée est de déterminer comment nous continuons. Nous avons des discussions avec nos collègues européens engagés au Liban pour définir des prochaines missions. La France restera aux côtés des autorités et de la population du Liban.
> La revue nationale stratégique publiée l’an dernier met en avant le scénario d’un potentiel conflit majeur de haute intensité en Europe à horizon 2030. Mon obsession, quand je me lève le matin, c’est que nous soyons prêts à cette éventualité avant cette échéance. Que nos troupes soient entraînées et opérationnelles en permanence, et équipées en conséquence. Le conflit au Proche-Orient a démontré que c’est le cas. Peu de pays en Europe peuvent aligner ce que nous avons aligné en frégates et forces aéronavales, dans une posture défensive.
> Le groupe Turgis et Gaillard s’est associé à Renault pour produire des drones français, c’est le projet Chorus, dans l’usine Ampère de Cléon, près de Paris. Ils en sont à la phase des essais ; la production de masse, à cadence industrielle automobile, débutera avant la fin de cette année. Mais c’est un domaine qui évolue si vite qu’il faudra adapter nos modèles régulièrement. Rien ne sert de constituer de larges stocks de matériels qui pourraient être dépassés rapidement. Et nous avons autant besoin de drones que de systèmes de défense antidrones.
> [3 000 recrues pour le service militaire] Nous atteindrons cet objectif, ventilé de la manière suivante : 60 % pour l’armée de Terre, 20 % pour l’armée de l’Air et 20 % pour la Marine. C’est un peu plus difficile pour la marine. Pour tous, c’est l’occasion unique d’acquérir de nouvelles compétences, de vivre une expérience nouvelle tout en servant la France. Pour les jeunes s’étant inscrits sur Parcoursup, dont les premières réponses étaient données ce mardi, je rappelle que s’ils ont obtenu le vœu de leur choix, ils le conservent pour l’année suivant leur service national. Pour les autres, ils peuvent repostuler.
> [Flotte fantôme russe] Le pétrolier Tagor est suspecté d’arborer un faux pavillon. C’est le quatrième bateau de ce type que nous arraisonnons au large de nos côtes. C’est un moyen d’aider l’Ukraine, grâce aux importantes amendes auxquelles sont soumis les armateurs qui enfreignent l’embargo international sur le pétrole russe. Mais notre marine intercepte également un nombre croissant de navires qui transportent de la drogue. L’Europe est devenue une plaque tournante, notamment depuis l’Amérique du Sud, et nos marins sont en première ligne. Ils ont saisi plus de 85 tonnes en 2025, et déjà 30 tonnes depuis le début de cette année.
> Notre engagement en faveur d'un Indo-Pacifique libre, ouvert et stable reste à toute épreuve", a déclaré Vautrin. "La guerre en Ukraine et la situation instable au Moyen-Orient ne diminuent pas notre attention envers la région.
> Sans stabilité dans la région Indo-Pacifique, il ne peut y avoir de sécurité en Europe.
> Nous nous opposons à toute remise en cause unilatérale du statu quo, notamment par la force ou la coercition que ce soit dans le détroit de Taiwan ou en mer de Chine méridionale, nos transits s'effectuent dans le plein respect du droit international et, en particulier, de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
> Mes pensées vont à la famille, aux proches et aux camarades du Casque bleu serbe de la FINUL décédé ce matin au Sud-Liban. Je souhaite également un prompt rétablissement aux deux soldats blessés. La France condamne toute attaque visant les forces de maintien de la paix. La protection des Casques bleus doit être garantie. Plus que jamais, la consolidation du monopole de l’Etat libanais sur les armes demeure une condition essentielle au retour durable de la sécurité et de la stabilité au Liban.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> Un an après l’adoption de la Déclaration de New York et la reconnaissance
de l’État de Palestine, je réunirai à Paris, le 12 juin, les responsables de la
société civile israélienne et palestinienne engagés en faveur de la solution à
deux États. Il est impératif de mettre en œuvre le Plan de paix global pour
Gaza, de faire face aux menaces existentielles qui pèsent sur la solution à
deux États.
Hier à Beit Jala se sont réunies 37 organisations de la société civile de
Palestine et d'Israël, ils incarnent l’espoir. La France sera toujours à leurs
côtés pour avancer vers la paix.
Aujourd'hui à Tel-Aviv, une cinquantaine de participants issus de la société
civile poursuivent ce travail à travers des réunions thématiques, en écho à la
séquence de Beit Jala.
> Ce
fut un honneur de coprésider à tes côtés cette troisième édition du Comité de
coopération frontalière entre la France et l'Italie, d'être accueilli par le
président de la région autonome du Val d'Aoste et pour ton invitation, ton
accueil dans ce cadre exceptionnel qui est le Fort de Bard. Nous sommes ici en
effet dans un concentré de relations franco-italiennes. La langue française y a
une histoire singulière qui s'exprime aujourd'hui dans un bilinguisme et une
vivacité qui sont autant de gages d'intimité avec la France. Bonaparte a bien
sûr laissé quelques traces en ces lieux et c'est aussi dans ces lieux qu'un
jeune homme de 17 ans s'est inscrit dans ces pas avant de devenir Stendhal et
d'épouser l'Italie au point d'y devenir diplomate.
De part et d'autre des Alpes, il y a donc une proximité, une intimité qui
s'incarne à travers les millions d'habitants des territoires frontaliers de
France et d'Italie, les dizaines de milliers de travailleurs pendulaires. Pour
reprendre les termes du traité du Quirinal, signé en 2021 par le président du
Conseil italien et le président de la République française, la frontière
terrestre franco-italienne constitue un bassin de vie continu où les
populations françaises et italiennes partagent un destin commun. Servir un
destin commun, telle est la raison d'être du comité que nous avons réuni
aujourd'hui pour la troisième fois après Nice en février 2025 et Turin en 2024.
Je veux rendre hommage à l'engagement collectif et personnel des acteurs
français et italiens, élus, services de l'État, des collectivités qui agissent
au quotidien pour nos concitoyens. Soyez assurés du soutien, chaque fois que
cela est possible, du gouvernement français et des services de l'État à vos
ambitions légitimes.
Cet engagement porte ses fruits. Nous avons pu le constater avec les
réalisations concrètes qui se sont matérialisées depuis notre dernier comité il
y a 16 mois. En matière de transport terrestre, bien sûr, après les
catastrophes naturelles des dernières années que personne n'a oubliées, les
faits sont là : rétablissement du trafic du tunnel de Tende et de la liaison
ferroviaire du Montseny ; ouverture du second tube du tunnel du Fréjus ;
ratification de la nouvelle convention relative à l'exploitation de la ligne
Cuneo-Breil-Vintimille, ligne sur laquelle nous devons maintenant engager les
travaux qui permettront un retour à la normale, sans oublier naturellement le
Lyon-Turin qui avance et qui est essentiel pour la décarbonation de nos
économies.
Nous allons continuer à œuvrer dans le même esprit de coopération, de
concertation et de détermination pour la desserte de la gare de Vintimille, si
importante pour nos travailleurs frontaliers, pour les connexions maritimes
entre la Corse et la Sardaigne dans le respect des meilleurs standards sociaux
et juridiques, pour mieux gérer la ressource en eau de notre bassin de vie
frontalier. Nous appuyons les démarches des parties concernées et sommes prêts
à faciliter les discussions. Et puis sur la question des forêts également,
mentionnée aujourd'hui par le vice-président du Sénat de la République
française, Loïc Hervé, lors de notre réunion.
Un mot enfin sur nos démarches en faveur des contacts entre les jeunesses de
nos deux pays et l'apprentissage de la langue du voisin. Là aussi, les
initiatives sont nombreuses et les résultats prometteurs. Les missions de
services civiques transfrontaliers franco-italiens en attestent. Nous ne
relâcherons pas nos efforts.
Coopération, concertation, interdépendance, solidarité de fait, autant de
traits distinctifs d'une démarche intrinsèquement européenne. Vous me direz
quoi de plus naturel ici, au cœur des Alpes, au carrefour de l'Europe ? Vous
avez raison, mais il y a parfois une certaine vertu à rappeler les évidences.
La France et l'Italie ont une responsabilité singulière dans le projet
européen, comme Antonio Tajani l'a rappelé en introduction de notre réunion à
travers leurs gouvernements, leurs parlementaires et leurs élus. C'est dans cet
esprit de responsabilité et d'engagement que nous agissons avec Antonio Tajani
en vue du sommet qui réunira les gouvernements et les dirigeants de nos deux
pays et qui se tiendra à la fin du mois de juin, au début de l'été, et qui nous
permettra d'approfondir cette relation déjà si étroite que nous voulons
projeter dans les années et décennies qui viennent entre la France et l'Italie,
pour que vive l'Italie, que vive la France, que vive l'amitié entre la France
et l'Italie.
> [Déclaration sur le Liban cosignée avec la ministre des Affaires étrangères du
Canada, Anita Anand ; la ministre des Affaires étrangères de l’Australie, Penny
Wong ; le ministre des Affaires étrangères du Danemark, Lars Løkke Rasmussen ;
le ministre des Affaires étrangères de l’Estonie, Margus Tsahkna ; la ministre
des Affaires étrangères de la Finlande, Elina Valtonen ; la ministre des
Affaires étrangères de l’Islande, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir ; la ministre
des Affaires étrangères de la Lettonie, Baiba Braže ; le ministre des Affaires
étrangères de la Lituanie, Kęstutis Budrys ; le ministre des Affaires
étrangères de la Norvège, Espen Barth Eide ; la ministre des Affaires
étrangères de la Suède, Maria Malmer Stenergard ; et la haute représentante de
l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité,
Kaja Kallas] Nous exprimons notre profonde préoccupation face à
l’escalade continue des hostilités au Liban et nous saluons les efforts en
cours pour mettre en œuvre le cessez-le-feu. Le peuple libanais a déjà enduré
d’immenses difficultés.
Nous appelons toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue, à
respecter pleinement le cessez-le-feu, à s’abstenir de toute action susceptible
d’entraîner une nouvelle escalade et à assurer la protection des civils.
Nous appuyons les efforts du gouvernement libanais visant à étendre son
autorité à l’ensemble du pays, conformément à la résolution 1701 du Conseil de
sécurité des Nations Unies, notamment en renforçant les institutions et les
forces de sécurité de l’État libanais et en faisant progresser le désarmement
du Hezbollah. Le Hezbollah doit cesser ses attaques contre Israël.
Toutes les parties doivent respecter le droit international, y compris le droit
international humanitaire. À cet égard, nous appelons Israël à respecter la
souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban, et à mettre fin à son
escalade militaire.
Nous encourageons la poursuite des efforts diplomatiques en cours, notamment
ceux menés par les États-Unis et les partenaires internationaux, afin de
favoriser une solution négociée en vue de promouvoir la stabilité et la
sécurité à long terme pour le Liban et Israël.
Les peuples du Liban et d’Israël ont le droit de vivre dans la paix, la
sécurité et la dignité, à l’abri de la menace d’un nouveau conflit. »
> Vous n'y avez pas échappé : la France est
(encore) championne d'Europe !
Neuf ans après son lancement par le Président de la République Emmanuel Macron,
le Sommet Choose France témoigne de la dynamique d’attractivité de la France.
Pour la septième année consécutive, la France est la première destination
européenne pour les investissements étrangers. Depuis 2018, 231 projets
d’investissement ont été réalisés, générant près de 170 000 emplois en France.
La mobilisation du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères pour
attirer des entreprises du monde entier, des réformes pour rendre le pays plus
attractif ont été mises en œuvre : PPE3, loi Industrie verte, dispositifs clés
en main, France2030, stratégie IA… autant d’outils pour simplifier, renforcer
la compétitivité et l’attractivité du pays. Depuis dix ans, nous œuvrons sans
relâche pour la réindustrialisation et le soutien de l’activité dans les
territoires.
Cette année, l’intelligence artificielle est au cœur des préoccupations, avec
des investissements importants dans les data centers et l’arrivée d’acteurs
mondiaux de l’hyperscale !
L’édition 2026 bat tous les records : 71 annonces d’investissements
internationaux ont été dévoilées, représentant un montant total de 93 milliards
d’euros et la création de plus de 15 600 emplois qui bénéficieront à tous les
français et à l'ensemble du territoire national et notamment aux régions loin
des grandes métropoles qui ont subi de plein fouet la désindustrialisation.
Soyons fiers et sachons savourer nos succès. Alors on ne lâche rien, on
continue pour que la France tienne sa place au premier rang.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> À Orléans, aux côtés d’Élisabeth Laithier, nous lançons aujourd’hui le
Tour de France du Service public de la petite enfance. Cette mobilisation ira à
la rencontre des élus et des acteurs locaux partout en France pour les
accompagner dans leurs nouvelles responsabilités au service des familles. Nous
voulons garantir à chaque enfant un accueil de qualité et à chaque parent une
solution adaptée à ses besoins, quel que soit son lieu de résidence. Parce que
la petite enfance est un investissement essentiel pour l’égalité des chances,
l’égalité femme homme, la cohésion de nos territoires et l’avenir de notre
pays.
> Au Congrès Urgences 2026, pour présenter notre stratégie nationale de désengorgement des services d’urgence. Nous devons redonner de l’air à nos urgences pour qu’elles puissent se concentrer pleinement sur leur mission. C’est le sens de l’objectif que nous nous fixons : réduire de moitié les passages évitables, soit près de 4 millions de passages en moins chaque année. Pour y parvenir, nous renforçons les alternatives aux urgences avec le Service d’accès aux soins, développons la réorientation et la régulation a l’entrée des urgences, et nous améliorons l’aval hospitalier pour fluidifier les parcours de soins. Nous rappelons aussi les bons réflexes à adopter : appeler le 15 avant de se rendre aux urgences. Parce que les urgences, ce n’est pas une évidence.
> Ce matin, je me suis rendue au Centre hospitalier de Saint-Denis pour rencontrer les équipes des urgences et échanger sur les réalités du terrain. J’ai pu mesurer tout l’engagement des soignants, les difficultés auxquelles ils font face et leurs attentes Nous avons échangé sur les mesures que je porte pour améliorer l’accès aux services d’urgence et leur fonctionnement : renforcer la régulation en amont et fluidifier l’aval.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> [Violences en marge de la victoire du PSG] On a tous été écœurés par les émeutes qui se sont déroulées après la
victoire du PSG et qui ont gâché la fête de très nombreux Français. Il y a eu
environ 900 interpellations, et il faut évidemment que les casseurs paient. Ce
sera le cas, parce que des consignes ont été passées par le Premier ministre
aux différents ministères pour continuer à renforcer cela. Ce n’est pas aux
Français de payer, c’est aux casseurs de le faire.
Les chiffrages sont en cours et je ne
peux pas vous donner de chiffre ce matin. C’est une affaire trop sérieuse pour
qu’on donne ici des approximations ou qu’on commente des montants qui
circulent. Dès que ces chiffres seront connus, je les rendrai publics.
L’essentiel, c’est que cela ne doit pas être l’argent des Français, mais celui
des casseurs.
Il faut les taper au portefeuille. La
première chose, c’est de pouvoir les interpeller, et c’était l’enjeu du
dispositif policier record mis en place samedi soir. Ensuite, il faut qu’il y
ait des condamnations et des suites judiciaires. Puis il faut regarder comment
tout cela peut être saisi, et c’est ce que nous travaillons avec l’ensemble des
ministres concernés.
À la demande du Premier ministre, nous
regardons comment on peut saisir sur un certain nombre de revenus, y compris
les prestations sociales en dehors du reste à vivre. Il faut chercher l’argent
des émeutiers, quelle que soit leur source de revenus. Les casseurs doivent
payer, et c’est bien ce qui est en cours.
> [Coût en France des hostilités au Moyen-Orient] On sera à plus de 6 milliards d’euros de coût de la crise, et c’est très important de le dire. Beaucoup de gens ont expliqué que l’État s’enrichissait avec cette crise, mais en réalité elle appauvrit tout le monde. Elle appauvrit les Français, les entreprises, et elle représente aussi un coût très dur pour les finances publiques. Il faut aider les Français, mais ces aides doivent être financées.
> [Prix des carburants] Le 1,4 milliard d’euros annoncé prend en compte les aides mises en place
entre mars et juin, puis prolongées pour l’ensemble de l’été. Nous adapterons
évidemment le dispositif en fonction de l’évolution du conflit, afin de
continuer à aider les Français qui en ont besoin tout en faisant des économies.
Il y a déjà 700.000 personnes qui ont demandé le soutien de 100 euros parce
qu’elles travaillent loin de leur domicile et ont besoin de leur voiture.
Toutes ces aides seront financées à l’euro près. (…)
Si l’on faisait exploser la dette et les
déficits aujourd’hui, cela ferait exploser les impôts demain. Le gouvernement
s’y refuse. Trop souvent, des responsables viennent annoncer des aides
immédiates, puis la dette augmente et d’autres reviennent ensuite pour
augmenter les impôts. Je refuse de promettre aujourd’hui d’une main ce que
d’autres viendraient reprendre demain de l’autre.”
> Les chiffres et les risques pour le déficit en 2027 seront rendus publics. Nous avons missionné quatre économistes indépendants, ce qui est complètement inédit, pour établir un rapport qui sera rendu au mois de juillet. Ce rapport montrera précisément ce qui se passe si l’on ne fait pas d’économies en 2027, en 2028, en 2029 et en 2030. Et oui, évidemment, s’il n’y a pas de mesures, le déficit explosera.
> La raison pour laquelle nous prenons ces mesures d’économie, qui sont difficiles et suscitent des critiques, c’est précisément de tenir l’objectif de 5% de déficit en 2026. Les projections alarmantes sont faites à politique inchangée, c’est-à-dire si le gouvernement n’agissait pas. Le gouvernement agit justement pour éviter ces scénarios catastrophes.
> Ceux qui réclament une loi de finances rectificative le font parce qu’ils veulent augmenter les impôts. Les mesures d’économie peuvent être prises par voie réglementaire, et c’est ce que nous avons fait. Ce qu’on ne peut pas faire sans loi de finances rectificative, c’est augmenter massivement les impôts. Ce n’est pas la ligne du gouvernement.
> J’ai fait partie d’une majorité qui a supprimé la taxe d’habitation et qui a refusé d’augmenter l’impôt sur le revenu. Nous n’augmenterons pas les impôts des classes moyennes et des classes populaires. C’est notre ligne depuis dix ans, et nous n’en changeons pas. La réponse à la crise ne peut pas être d’alourdir massivement la fiscalité des Français.
> En matière de finances publiques, il y a plus de croyants que de pratiquants. Beaucoup de responsables réclament des économies en gros, mais les refusent dans le détail. Pour cette année, nous avons demandé à l’ensemble des ministères de faire des efforts, parce que dans cette crise qui frappe les Français et les entreprises, l’État aussi doit se serrer la ceinture. Les décrets d’annulation et de surgel ont été transmis au Parlement avec le détail ministère par ministère.
> Il ne faut pas se tromper de diagnostic. La raison pour laquelle les dépenses publiques augmentent depuis 50 ans, c’est d’abord en raison des dépenses sociales. 80% de l’augmentation de la dépense publique depuis 50 ans vient des retraites et de la santé. C’est sur ces deux sujets que je veux faire la transparence.
> Les Français doivent savoir où vont leurs impôts et leurs cotisations. Je souhaite que lorsqu’on sort d’un rendez-vous chez un médecin, d’une pharmacie ou d’un centre de santé, on puisse recevoir immédiatement un SMS indiquant combien cela a coûté et combien la Sécurité sociale a remboursé. À l’hôpital, cela prendra plus de temps parce que les développements informatiques sont plus longs. Cette prise de conscience est indispensable, et nous travaillons à des progrès très concrets dès les prochains mois.
> Je pense que les
Français sont très conscients du coût de la santé. En revanche, je pense que la classe politique fait l’autruche en matière
de dépenses publiques et refuse de voir la réalité de la situation. Je ne serai
pas le ministre qui mettra la poussière sous le tapis, ni sur les causes de la
dépense publique, ni sur l’état des finances. Depuis le début de cette crise,
nous faisons preuve d’une transparence inédite, notamment en publiant
régulièrement l’évolution des recettes. (…)
Concernant le diagnostic général, 80% de
l’augmentation de la dépense publique depuis 50 ans vient des dépenses
sociales. Quand on parle de dépenses sociales, il s’agit d’abord des retraites
et de la santé. J’ai défendu une réforme des retraites il y a quelques années,
mais il n’y a plus de majorité au Parlement pour la poursuivre. Oui, il faut
s’attaquer dans les prochains mois et les prochaines années à l’explosion de la
dépense sociale, qui n’est pas soutenable.”
> Le prochain budget nécessitera un compromis. Il est extrêmement important de le répéter, parce qu’on voit bien la tentation des uns et des autres de faire de ce dernier budget du mandat un meeting politique ou un tract électoral. Pour cela, il y aura l’élection présidentielle, où chaque force politique pourra présenter ses choix aux Français. Mais nous avons besoin d’un budget, car sans budget l’année prochaine, s’il y a une crise, nous ne pourrons pas aider les Français comme nous le faisons aujourd’hui.
> Ma priorité est de construire les conditions politiques qui permettront d’avoir un budget et de réduire le déficit. Il ne s’agit pas de régler des comptes idéologiques, mais de répondre à ce que l’on doit aux Français. Avoir un budget et réduire le déficit sont nos deux priorités. Le budget 2027 nécessitera un compromis.”
> Personne ne pourra dire « je ne savais pas ». Nous avons lancé une mission de transparence budgétaire inédite. Elle est confiée à quatre économistes : Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Natacha Valla et Jean-Luc Tavernier, avec l'appui de l'IGF. Elle établira l’étendue du défi pour les finances publiques, en 2027, 2028, 2029, 2030. Résultats attendus début juillet.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> Écouter sans condition. Accueillir sans jugement.
Protéger les femmes victimes de violences et leurs enfants. À Avignon, un
nouveau lieu ouvre aujourd’hui.
Un
refuge pour reprendre pied et se réparer.
Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et
des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée
de la Mer et de la Pêche)
> 1966-2026 : 60 ans d’engagement au service de la sécurité en mer !
Hier à Etel, berceau historique des CROSS (Centres régionaux opérationnels de
surveillance et de sauvetage), j'ai célébré avec fierté l'ensemble des
personnels qui assurent une veille permanente, ces héros discrets de la mer qui
font la richesse des CROSS ainsi que leur résilience.
Des chiffres qui parlent :
- 17 000 opérations coordonnées en 2025.
- 82 000 personnes secourues ou assistées.
- 24 millions de km² surveillés.
- Une chaîne secours unie et efficace grâce aux partenaires des CROSS :
SNSM, Marine nationale, gendarmerie nationale, pompiers, douanes, unités des
affaires maritimes, gendarmerie nationale.
Et demain ? La pratique des activités nautiques se développe et se diversifie,
les conflits d’usage exigent une vigilance accrue, le dérèglement climatique
intensifie les risques : nous nous adaptons et nous nous préparons pour les 60
prochaines années !
Mais la sécurité, c’est aussi l’affaire de tous! Chaque année, les accidents se
multiplient en raison du manque de préparation ainsi que des comportements
dangereux (vitesse trop élevée par exemple). C'est pourquoi j'ai pris un décret
qui sanctionne les comportements dangereux ainsi que l'ivresse manifeste en
mer. La mer est un espace de liberté, mais elle doit aussi être un espace de
responsabilités.
Ce message s'adresse aussi aux professionnels. Aux pêcheurs, un message clair :
votre métier est essentiel, mais aussi exigeant et dangereux.
Lors de la journée de prévention maritime à l'institut maritime de
prévention , j'ai rappelé l'obligation de porter les vêtements de flottabilité
et le renforcement des contrôles de cette obligation, et la nécessité de
travailler collectivement à adapter les équipements à la diversité des
pratiques. Pour cela, nous accélérons le projet « VFI Andro » porté par les
professionnels , pour des équipements plus ergonomiques et nous travaillons sur
la modernisation de la flotte pour des navires plus surs.
Merci aux CROSS, merci aux marins, merci à tous les acteurs de la sécurité en
mer ! Vos engagements font de la France un modèle de sauvetage et de
prévention.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Face à la complexité et aux lourdeurs administratives, l'État s'engage
pour simplifier les procédures et soutenir la compétitivité et la croissance
d'une filière bois d'excellence en France. Objectif : concilier la préservation
de la biodiversité et activité économique sur nos territoires.
> Opposer économie et économie circulaire n’a pas de sens. Grâce aux entreprises de la mode circulaire, notre pays se dote d’une véritable filière économique : meilleure pour l’environnement, le pouvoir d’achat et notre tissu industriel. Les entreprises sont la clé !
> Le Rassemblement national vient de voter contre la proposition de loi qui interdit clairement la vaisselle en plastique dans les cantines pour les enfants de moins de 6 ans. Chacun appréciera la mobilisation de ce parti pour la santé des Français, singulièrement de nos enfants.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> On va présenter un grand plan de sécurité et de santé au travail pour les
5 ans à venir avec 4 priorités : les jeunes, les femmes, la santé mentale et
les chaleurs intenses.
Monique Barbut (ministre de la Transition écologique,
de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la
nature
> Au commencement, il y avait la nature. Puis l’humain est arrivé, et c’est
là que l’idée d’environnement a émergé.
Comme en témoigne son étymologie – qui vient de l’action d’encercler,
l’environnement n’est pas la nature : il est la nature qui entoure l’humain.
En cette Journée mondiale de l’environnement, nous ne célébrons donc pas que la
nature et sa beauté. Nous célébrons aussi les nombreux liens qui nous unissent
à elle, notamment à travers les nombreux services qu’elle nous rend.
Car c’est elle qui produit les ressources dont nous avons besoin pour produire
de l’énergie ou pour nous alimenter. C’est elle qui absorbe le carbone que nous
rejetons en excès. Et c’est d’elle dont nous avons besoin pour être plus
résilients face à certains aléas climatiques, telles que les inondations ou les
sécheresses.
Bien souvent, ces services sont rendus à l’abris des regards : dans l’obscurité
des océans ou dans l’intimité d’une fleur. C’est pour cela qu’il est si facile
de les oublier.
Or, plus nous les omettons et plus nous négligeons la nature, plus sa capacité
à nous rendre des services s’atténue. Elle produit moins de ressources, elle
absorbe moins de carbone et son rôle de rempart s’affaiblit.
A l’inverse, plus nous la fortifions, plus nous nous fortifions nous-même. Car
la nature n’est, au fond, que notre prolongement.
« En la nature c’est toi-même » disait George Sand.
> Un feu évité ne fait jamais la une. C’est
pourtant notre première victoire.
Dans le Gard, avec Laurent Nuñez, nous avons lancé la saison 2026 de prévention
et de lutte contre les feux de forêt et de végétation.
Le ministère de l'Intérieur est en première ligne lorsque le feu se déclare. Le
ministère de la Transition écologique agit, lui, en amont et dans la durée :
pour prévenir les départs de feu, adapter nos forêts au changement climatique
et restaurer les milieux touchés.
Car le risque change. Les sécheresses sont plus longues, les sols plus secs,
les épisodes de chaleur plus précoces. Le risque incendie reste très fort dans
les territoires historiquement exposés, mais il progresse aussi vers le nord et
l’ouest du pays.
Depuis les grands feux de 2022, nous avons renforcé notre action.
La mission de défense des forêts contre les incendies confiée à l’ONF (Office
National des Forêts) est désormais déployée dans 86 départements. L’an dernier,
les patrouilles de l’ONF ont permis d’éteindre 170 départs de feu avant qu’ils
ne dégénèrent et de sensibiliser 50 000 personnes.
Pour cette saison, nous avançons avec des outils très concrets :
- une nouvelle campagne nationale de sensibilisation ;
- la Météo des forêts, lancée dès le 28 mai cette année ;
- bientôt une nouvelle cartographie de l’IGN (Institut national de
l'information géographique et forestière), pour rendre plus lisibles les
obligations de débroussaillement.
C’est essentiel, car 9 feux sur 10 sont d’origine humaine. Beaucoup peuvent
donc être évités.
Le meilleur feu reste celui qui ne démarre pas.
> « Don’t look down ».
Cela pourrait être le titre d’un film.
Le récit d’une civilisation qui, malgré les avertissements des scientifiques,
refuse de reconnaître l’importance de préserver le fondement même de sa survie
: ses sols.
Cette civilisation pourrait être la nôtre, car nous avons trop longtemps échoué
à voir nos sols pour ce qu’ils sont réellement. À voir « la corde qui nous
relie au puits, comme un cordon ombilical au centre de la Terre », pour
reprendre les mots de Saint-Exupéry.
Le sol est bien plus qu’une surface sur laquelle construire ou circuler. C’est
l’un des écosystèmes les plus vivants de la planète. Et le protéger, c’est nous
protéger nous-mêmes : pour notre alimentation, notre résilience face aux crises
climatiques, et notre économie.
Pourtant, il reste massivement dégradé : jusqu’à 40 % des terres émergées dans
le monde, et déjà 1,4 % du territoire français concerné par la désertification.
Le secteur privé fait partie de la solution. Les entreprises ont la possibilité
de changer leurs pratiques, de choisir leurs partenaires, afin de stopper la
dégradation des terres et de contribuer à leur restauration. Elles le font
déjà, mais il est temps de changer d’échelle. C'est précisément le sens de
l’annonce que j'ai faite au World Living Soils Forum: le lancement d'un hub
français dans le cadres de l'initiative “Business for Land” portée depuis 2024
par la UN Convention to Combat Desertification.
Ce hub réunira les entreprises 🇫🇷 qui choisissent de se mobiliser
pour démontrer une chose simple mais essentielle : la prospérité économique
peut aller de pair avec la protection des sols.
Ce que nous lançons n’est pas symbolique. C’est une dynamique appelée à être
portée jusqu’à la prochaine COP sur la désertification en Mongolie en août
prochain. J’espère qu’elle inspirera bien au-delà de nos frontières.
Il existe un mot français unique : le terroir. Il dit le lien intime entre un
sol, un climat et celles et ceux qui le font vivre. C’est ce lien que nous
devons remettre au centre.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> [Mort de Lyhanna] L'institution judiciaire que je représente a pour but de
protéger, au nom du peuple français, les Français les plus vulnérables et
notamment les enfants. Aujourd'hui, l'institution judiciaire n'a pas su
protéger cette petite fille. J'en tirerai toutes les conséquences. Au nom de la
justice, comme ministre, je veux présenter mes excuses à cette famille et aux
Français qui sont légitimement choqués et terrifiés de voir de telles
défaillances.
> [Mort de Lyhanna] Nous n'écoutons pas la parole des enfants, notre machine policière judiciaire même si elle a fait des efforts (...) nous ne faisons pas encore assez.
> [Mort de Lyhanna] Je suis père de famille et je comprends la douleur des familles. Je suis furieux que mes instructions n’aient pas été suivies, notre machine judiciaire et policière n’écoute pas assez la parole des enfants. Comme ministre, je vais continuer à me battre de toutes mes forces pour réformer la Justice.
> [Mort de Lyhanna] Depuis la loi Taubira, le ministre de la Justice n’a plus le droit de donner des instructions individuelles aux magistrats, qui sont indépendants. Il peut donner des instructions collectives, appelées circulaires générales. Depuis mon arrivée au ministère de la Justice il y a un an, j’ai demandé à 3 reprises aux parquets de traiter en priorité absolue les plaintes pour des violences faites aux femmes et aux enfants. Ces instructions n’ont manifestement pas été suivies. L’inspection, qui rendra son rapport dans quinze jours, définira les fautes commises.
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Mort de Lyhanna] Toutes mes pensées vont aux parents de Lyhanna, à sa
famille, à ses proches, frappés par une indicible souffrance. Aucun mot n'est à
la hauteur de ce que nous ressentons. Je pense aussi à ses camarades du collège
de Fleurance, à ses professeurs, à toute la communauté éducative qui l’a
connue. Ils ne traverseront pas ce deuil seuls. Lyhanna avait 11 ans. C’était
une enfant. Nous devons faire toute la lumière sur ce qui s’est passé, c’est
pourquoi l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche se
joindra à l’enquête administrative engagée, dont les conclusions seront rendues
publiques.
> Pour élaborer la future carte scolaire, il faut partir du terrain et coconstruire avec les acteurs locaux. C'est le sens de l'expérimentation que j'ai lancée dans 18 départements, dont le Pas-de-Calais. Alors que ce département va perdre plus de 50 000 élèves d’ici 2035, nous avons échangé avec les élus à la préfecture d’Arras cet après-midi pour en lancer les travaux. Ici, comme dans les 17 autres départements, les remontées de terrain construiront la prochaine carte scolaire et viendront nourrir les discussions sur la loi de finances. Une expérimentation qui répond à un besoin : l'École doit anticiper la baisse démographique, qui touche l'ensemble des territoires - ruraux comme urbains - afin de garantir une offre scolaire adaptée à leurs réalités.
> Pour sa première année sur Parcoursup, la licence professorat des écoles est déjà la 8e licence la plus demandée sur la plateforme, avec plus de 87 000 vœux formulés. Un signe que le métier de professeur attire. Avec cette licence, nous offrons un chemin lisible vers le concours, dès la fin du lycée.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> [Mort de Lyhanna] La mort de Lyhanna nous bouleverse. L’hypothèse que des
alertes aient pu être ignorées avant ce drame est insupportable. Toute la
vérité devra être faite. Si des défaillances sont établies, elles devront être
reconnues et leurs conséquences pleinement tirées. Nous le devons à Lyhanna.
Mes pensées vont à sa famille et à ses proches.
> Avec nos pêcheurs ce matin. Chaque jour, ils prennent la mer avant l’aube pour nourrir le pays et faire vivre nos territoires. À nous d’être au rendez-vous : soutenir la filière, moderniser la flotte et donner à la pêche française les moyens de se projeter dans l’avenir.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Mort de Lyhanna] La mort tragique de Lyhanna est insupportable. C'est
toute la chaîne, toute la protection des enfants et la place que nous accordons
à leur parole qui est remise en question. Mes pensées vont à la famille de
Lyhanna et à tous les parents de France en colère, rongés par l'inquiétude et
bouleversés par cette mort qui aurait dû être évitée. L'enquête administrative
doit permettre de faire toute la lumière sur les dysfonctionnements qui ont
conduit à ce drame. Et des changements, nécessairement radicaux, devront
suivre.
> Ma candidature à l’élection présidentielle repose sur une conviction : nous pouvons faire de la France la première puissance d’Europe. Cela veut dire rester la première puissance agricole d’Europe.
> À Bourg-en-Bresse avec les Jeunes Agriculteurs, ce matin. L'agriculture française est un pilier de notre souveraineté et une fierté nationale. Nous serons toujours à leurs côtés pour les accompagner, les protéger, valoriser leur travail et garantir le renouvellement des générations.
> Nous avons défendu une écologie de solutions : protéger l’eau, protéger les sols, mais aussi protéger la capacité de production.
> [Agriculteurs] Avec moi, votre revenu ne sera plus une variable mais une condition de votre épanouissement et de votre reconnaissance.
Elisabeth Borne (députée)
> La jeunesse est notre avenir. Investir dans la formation,
l’apprentissage et l’accompagnement vers l’emploi doit rester une priorité
absolue.
Violette Spillebout (députée)
> [Mort de Lyhanna] Je suis profondément choquée et attristée par la
tragédie terrible dont a été victime la petite Lyhanna. Je pense à la douleur
extrême et à la colère de sa famille et de ses proches. Oui les responsabilités
doivent être établies, des sanctions prises et les process totalement revus.
L’enfant doit etre cru et protégé.
Vincent Caure (député)
> [Sécurité routière / Intervention à l’Assemblée] En 2025,
3 515 Françaises et Français sont morts sur nos routes – un
chiffre malheureusement toujours en hausse, de 2,4 %. La mortalité routière
stagne : cela fait maintenant trois ans qu’elle ne baisse plus. Derrière
ce bilan, il y a 3 515 familles dévastées et une question qui s’impose :
sans évaluation consolidée, incontestable, du coût réel de cette violence,
comment piloter sérieusement nos politiques de prévention routière ?
Les travaux les plus récents, conduits par l’ONISR dans le cadre du projet de
recherche européen Valor, évaluent ce coût à 83,4 milliards d’euros en
2024, soit 2,8 % du PIB ; en y intégrant tous les coûts annexes
administratifs, médicaux, les pertes de production, l’estimation atteint le
chiffre pharaonique de 104 milliards, soit 3,6 % du PIB. En
proportion de la richesse nationale, c’est davantage que notre propre objectif
de retour du déficit public sous les 3 % du PIB à l’horizon 2029 !
Trois constats structurent notre analyse. Le premier est humain,
démographique : en 2024, selon le bilan définitif de l’ONISR, plus de
230 000 personnes ont été blessées sur les routes de France, dont
environ 16 000 gravement. Les jeunes adultes demeurent bien sûr les
premières victimes évitables : cette même année, 531 personnes de 18
à 24 ans ont perdu la vie, ce qui représente un risque d’accident mortel
deux fois supérieur à la moyenne nationale.
Le deuxième est budgétaire : aucun document comptable de synthèse ne
retrace le coût de l’insécurité routière pour les finances publiques. Celui-ci
se diffuse entre le programme 207 de la mission Sécurités, le
compte d’affectation spéciale Contrôle de la circulation et du stationnement
routiers, les régimes obligatoires de sécurité sociale, etc. Cette
dispersion rend impossible une appréciation rigoureuse du rendement de notre
politique de prévention renforcée ; elle empêche, en somme, de savoir si
nous investissons avec justesse, si nous investissons bien.
Le troisième constat est européen : la France s’est engagée à réduire de
moitié, durant la décennie 2020-2030, le nombre de tués et de blessés graves.
En raison de la stagnation que nous observons, je le répète, depuis trois ans,
cet objectif exigerait désormais près de 11 % de baisse annuelle.
Sans indicateurs consolidés et partagés entre tous les acteurs concernés – État,
collectivités, assurance maladie –, aucun pilotage crédible n’est
possible.
C’est précisément à cette triple lacune que répond la proposition de notre collègue
Éric Pauget. On ne crée pas une nouvelle instance, on ne duplique pas des
travaux existants, notamment ceux menés par l’Observatoire national interministériel
de la sécurité routière ou par le projet de recherche européen Valor.
La présente résolution recommande au gouvernement de mandater une étude
chiffrée approfondie, et par conséquent indiscutable, intégrant l’ensemble des
dimensions que j’évoquais – économique, sociale, sanitaire et psychologique –
de l’insécurité routière. En 2026, on ne peut pas dire à cette tribune que les
petits excès de vitesse ne tuent pas. Une telle évaluation consolidée
permettrait enfin d’apprécier le rendement réel de chaque euro que la nation
investit dans la prévention routière, et de mieux arbitrer nos politiques
publiques avec la rigueur qu’impose l’état de nos finances publiques.
Ce n’est ni de la surenchère répressive, ni de la démagogie, ni une posture
symbolique ; c’est simplement une exigence que nous devons à nos
concitoyens, ainsi qu’au travail et à l’engagement de toutes les associations
qui luttent pour la prévention et la sécurité routières.
L’inscription de ce texte à l’ordre du jour de la semaine transpartisane
constitue en elle-même un signal fort. Soixante et onze cosignataires issus de
sept groupes parlementaires ont été réunis par notre collègue Éric Pauget – signe
que la sécurité routière transcende largement les clivages habituels. C’est
dans cet esprit que l’ancienne députée Anne Brugnera et moi-même avions défendu
la proposition de loi instituant le délit d’homicide routier, une mesure
attendue de longue date par les familles des victimes, la Ligue contre la
violence routière et l’association Antoine Alléno.
Pour ces raisons, le groupe Ensemble pour la République votera bien sûr pour
cette proposition de résolution.
● MoDem
Perrine Goulet (députée)
> [Mort de Lyhanna] Je suis en colère! Lyhanna encore une enfant dont la
parole n’a pas été pris au sérieux Notre pays doit mieux traiter ses enfants et
quand ils dénoncent des violences les croire et les protéger Il n’y a pas que
le narcotrafic qui tue notre jeunesse, les violences aussi!
Louise Morel (députée)
> [Sécurité routière / Intervention à l’Assemblée] Nous sommes réunis
afin de débattre d’un sujet d’une importance capitale : la violence
routière, qui continue d’endeuiller nos familles, de peser lourdement sur notre
société. Derrière chaque chiffre, chaque statistique que nous consultons, il y
a des vies brisées, des destins bouleversés. C’est à ces victimes, directes et
indirectes, que je pense à l’instant où nous abordons l’examen de cette
proposition de résolution.
L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière nous rappelle
une dure réalité : l’insécurité routière tue – chaque
année 3 500 décès, mais aussi 16 000 blessés graves, dont 3 500
resteront durablement handicapés. Les jeunes de 18 à 24 ans sont
malheureusement surreprésentés : près de 500 par an perdent la vie sur nos
routes. Ce triste bilan fait de l’accidentalité routière la première cause de
mortalité évitable dans cette tranche d’âge, constat inacceptable qui exige de
notre part une mobilisation absolue. De surcroît, comme l’a très justement
souligné Éric Pauget, nous devons considérer les covictimes. Chaque année
encore, au-delà des personnes directement impliquées, près de
200 000 conjoints, enfants ou parents subissent l’onde de choc d’un
accident de la route, ce qui les confronte bien souvent à leurs propres
traumatismes, à la dépression.
Cette proposition de résolution a le mérite d’aborder l’insécurité routière
dans sa globalité, de s’attarder sur sa réalité sociétale tout en abordant son
impact tangible sur les finances publiques. Elle préconise avec justesse une
étude gouvernementale approfondie et chiffrée du coût total des accidents de la
route en France, intégrant toutes les dimensions économiques, sociales,
sanitaires qui en découlent. Le groupe Les Démocrates soutient sans équivoque
cette démarche. La violence routière constitue un enjeu majeur de santé
publique, je dirais même de santé sociétale, qui transcende nos habituels
clivages politiques. La valeur d’une vie humaine reste incommensurable ;
en outre, il est de notre devoir de mesurer l’impact de ce fléau dans
l’ensemble de la société. Les accidents de la route exercent sur nos services
publics une pression importante : dépenses de santé, secours en urgence,
prise en charge du handicap, autant de coûts qu’il conviendrait d’identifier
précisément.
Mieux comprendre les conséquences de l’insécurité routière permettra de fait
non seulement d’affiner nos politiques publiques, mais de les rendre plus
efficaces et d’améliorer la prévention. Je tiens toutefois à souligner que nous
ne partons pas d’une feuille blanche. Des efforts ont été faits ;
répondant à une question écrite de l’auteur de cette proposition de résolution,
le ministère de l’intérieur estimait le coût de l’insécurité routière, comme
l’ont rappelé de précédents orateurs, à 104 milliards d’euros pour l’année
2024, soit 3,6 % du PIB. Les données existent ; elles gagneraient
sans doute à être consolidées, détaillées, davantage partagées.
C’est pourquoi, je le répète, notre groupe apporte un soutien total à cette
initiative. Pour l’équilibre de nos comptes publics, la performance de nos
services, avant tout pour la protection et la vie de nos concitoyens, nous
voterons avec conviction en faveur de cette proposition de résolution.
Philippe Latombe (député)
> [Numérisation de la France] Nous sommes extraordinairement dépendants. D’une
part, économiquement, comme en témoigne l’étude du Cigref d’avril 2025,
laquelle se trouve dans la droite ligne du rapport Draghi. Il suffit d’ailleurs
d’interroger les chefs d’entreprise pour voir que le budget des DSI a fortement
augmenté ces dernières années, pas tant pour faire des investissements que pour
combler l’augmentation des prix des licences. La capacité unilatérale
d’augmenter les prix sans risquer de perdre en volume d’affaires est le signe
d’un pouvoir de marché très important dont disposent les fournisseurs de
technologie, nous plaçant dans une situation dite de « preneur de prix ». Je
pense notamment à SAP.
D’autre part technologiquement. Sur le
logiciel, bien sûr, vis-à-vis des Américains, et des Israéliens sur la partie
défense et sécurité, mais aussi sur le hardware, avec les puces
taïwanaises, les GPUs américains, ou encore les terminaux dominés par les
Coréens, les Chinois et les Américains. Sans même parler de l’IA où la
dépendance à ChatGPT est assez forte, mais où elle est atténuée par l’existence
de modèles open source, ou plutôt « open code », ou l’existence d’un
acteur tel que Mistral ou Anthropic qui semble ne pas vouloir jouer la
partition du Pentagone.
Il y a néanmoins quelques domaines dans
lesquels ce sont les autres qui dépendent de nous. Je pense à la fonderie pour
les puces avec ASML, ou dans la défense avec des acteurs comme Thales, Dassault
et Airbus qui ont la capacité de produire tous seuls, sur de petites séries,
des éléments essentiels de leurs produits. (…)
On pourrait évoquer l’épisode VMware, ou
l’augmentation du prix des licences de Microsoft.
Ces hausses de prix, c’est un mouvement
de fond qui n’est pas près de s’arrêter car les entreprises étrangères nous
savent captifs. Les négociations tarifaires nous sont systématiquement
défavorables, surtout pour les PME.
Sur la partie « dépendance technologique
», je pense utile de prendre Salesforce comme exemple illustratif. C’est un
exemple évocateur car on ne change pas de CRM tous les quatre matins, mais tous
les dix ou quinze ans. Un tel choix oblige à souscrire à tous les add-ons,
ce qui réduit de nouveau la capacité future à changer de fournisseur.
Enfin, on peut aussi parler de dépendance
sociétale. Quand je dis « je t’ai envoyé un Word ou un Excel », cela démontre
que ces logiciels sont devenus durablement des commodités, raison pour laquelle
les développeurs cherchent à intégrer le secteur de l’éducation pour habituer
les gens à utiliser l’outil au plus tôt, et à y demeurer fidèles. Ce qui est
valable pour le logiciel l’est tout autant pour les terminaux, notamment le
téléphone.
Mais là encore, l’intelligence
artificielle pourrait rebattre les cartes à l’avenir.
On voit à quel point la recherche sur
Internet est en train de muter via l’IA, notamment agentique. Il y a peut-être
une place à prendre pour des acteurs européens dans ce mouvement de mutation
pour faire valoir des alternatives éthiques et conformes à notre modèle. Et si
on n’y parvient pas, on risque de remplacer une dépendance par une autre.
> La rencontre
entre Donald Trump et le chancelier allemand à la Maison Blanche est sidérante.
Trump a expliqué, face aux journalistes, que la Cour suprême lui avait certes
interdit d’appliquer des droits de douane, mais qu’elle l’autorisait à
déréférencer toute entreprise étrangère qui exerçait son activité aux
États-Unis. À la suite de quoi, il a menacé les entreprises espagnoles, au
motif que l’Espagne aurait refusé que les États-Unis utilisent certaines bases
pour attaquer l’Iran.
Trump est coutumier de ce mode opératoire
fait de chantage et d’intimidation, au mépris des règles. Et le prix potentiel
à payer est fort.
Le risque de désalignement n’est pas que
stratégique, mais aussi sur le terrain des valeurs. Par exemple, dans le cadre
de l’agression russe ou du conflit israélo-palestinien, un certain nombre
d’entreprises françaises ou européennes ont décidé de ne plus recourir à des
solutions israéliennes, d’abord pour des questions de réputation, mais aussi
pour se conformer au « cahier des charges » des valeurs européennes.
Reste que la dépendance à l’Asie, et
notamment à la Chine, est très préoccupante. L’exemple de Shein est évocateur
car, malgré une vraie volonté, on n’a pas été en mesure de bannir
l’application. La raison en est simple : dans les matières premières ou les
biens manufacturés, nous dépendons totalement de chaînes de valeur que la Chine
maîtrise. On paie notre pari européen de la mondialisation à 100 %.
Américains et Chinois adorent la
mondialisation… quand ils gagnent ! Ils se sont donc protégés contre certains
excès de la mondialisation, par des mesures protectionnistes ciblées. Ce que
nous avons refusé de faire.
> Il faut d’abord
retrouver notre capacité d’innovation. Donc il faut investir dans la R&D,
dans la science fondamentale et dans l’éducation. On vit trop sur nos acquis
!
On dit qu’on est les meilleurs en IA,
mais on tape dans notre stock d’ingénieurs, et on en produit beaucoup moins et
de niveaux beaucoup plus faibles que ceux qu’on produisait avant.
Il faut, ensuite, une fiscalité
incitative et stopper le dumping intra-européen, à commencer par revoir la
possibilité de rapatrier les profits dans le pays d’origine des entreprises,
parfois loin des lieux de production ou de consommation.
Il y a, enfin, la question de la commande
publique qui doit prioriser l’achat de solutions européennes, ainsi que le
préconise le rapport Draghi.
Il faut donc réinvestir les filières,
mais aussi des capacités intellectuelles, et un marché européen unifié, au
moins sur le plan fiscal. Le problème, c’est que l’Europe n’est pas un pays
unifié comme la Chine, ni un État fédéral comme les États-Unis, mais un espace
économique avec 27 États souverains qui n’ont pas toujours les mêmes intérêts. Soit
nous sommes trop gros, soit insuffisamment fédérés, mais pour l’heure, nous
sommes insuffisamment efficaces.
> [Souveraineté numérique] C’est un sujet des plus complexes qui requiert une forme de cohésion
nationale. Je pense que cela passe là aussi par l’éducation. On a réussi dans
le domaine de l’écologie. Il n’y a plus un gamin aujourd’hui qui ne fasse pas
la morale quand on laisse le robinet ouvert plus que nécessaire, quand on prend
l’avion ou la voiture, ou quand on utilise un pesticide…
On a réussi cette transformation-là
auprès de nos jeunes sur l’écologie, pourquoi ne serions-nous pas en mesure d’y
parvenir pour le numérique ?
C’est essentiel car on leur a mis des
outils technologiques entre les mains, sans jamais leur apprendre à les
utiliser de façon efficiente. Cela ne passe d’ailleurs pas forcément par
l’interdiction, car il ne faut pas renoncer à la valeur éducative de ces
technologies.
Dans tous les cas, je ne pense pas qu’on
ait de solution législative en claquant des doigts. C’est vraiment du travail
de long terme, qui implique les universitaires, les médias, l’école, et des
éléments déclencheurs d’une réaction de l’opinion. Les fuites de données
sensibles ou la prise de conscience du fait que l’IA puisse être déléguée à des
fins militaires peuvent faire bouger les lignes dans la société.
● Parti radical
> Journée mondiale de l’environnement : devenons les acteurs de
l’écologie positive
La vague de chaleur qu’a connu l’Hexagone
la semaine dernière, si elle est exceptionnelle par son ampleur et sa précocité
ne doit pas nous faire oublier que les onze dernières années ont été les années
les plus chaudes jamais enregistrées. Alors que nous célébrons, aujourd’hui 5
juin, la Journée mondiale de l’environnement 2026 sous le thème « Les signaux
sont clairs, la suite nous appartient», les signaux que nous
adresse la nature sont de plus en plus évidents, de plus en plus critiques
alors que les réponses restent toujours aussi ambigües.
« Il est temps aujourd’hui de sortir de
l’écologie punitive pour devenir des acteurs de l’écologie positive, souligne
Joël Thiery, président d’Écologie radicale. Il faut toutefois ne pas se bercer
de mots. Cette écologie positive ne peut pas, à elle seule, être le remède à
l’artificialisation des sols ou réduire les émissions de gaz, mais elle répond
à ce que nous attendons tous, urbains et ruraux : un horizon de progrès partagé
plutôt qu’un horizon de sacrifice différencié. »
Une partie significative de la population
française – paysanne, périurbaine, ouvrière – a vécu les politiques
environnementales de ces dix années comme une succession de contraintes sans
contreparties. Le mouvement des Gilets Jaunes en 2018 et les mobilisations
agricoles de 2024 puis de ce début d’année ont illustré le coût social de
politiques qui ne parviennent pas à articuler urgence écologique et justice
sociale, comme le montre encore actuellement les discussions autour des ZFE,
rythmées par la perte de boussole parlementaire.
Véritable angle mort du débat public
français – monopolisé par le choc entre normes et compétitivité -, la
biodiversité est l’enjeu le plus urgent auquel notre pays est confronté. La
France figure en effet parmi les dix pays hébergeant le plus grand nombre
d’espèces menacées au niveau mondial. Il ne faut pas toutefois perdre espoir.
Les études montrent clairement que là où des mesures de protection ont été
effectivement mises en place, elles fonctionnent. « La biodiversité se
reconstitue quand la pression diminue. Cela démontre que la trajectoire n’est
pas fatale, à condition que les moyens soient engagés durablement et à
l’échelle. »
L’écologie positive, que nous appelons de
nos vœux, n’est pas une écologie d’opposition. Nous souhaitons ainsi que la
tension biodiversité- agriculture soit circonscrite. Il est évident que
certaines pratiques agricoles – intrants chimiques, drainage, artificialisation
des sols – sont des facteurs d’érosion de la biodiversité. Ce n’est pas une
raison de condamner les agriculteurs, dont la majorité subit des contraintes
économiques qui les ont poussés vers des modèles intensifs. Mais c’est une
raison de ne pas confondre défense du monde agricole et défense automatique de
toutes les pratiques agricoles. Il convient véritablement non seulement de
reconnaître le rôle irremplaçable des agriculteurs dans l’alimentation et
l’entretien des paysages mais aussi de rémunérer les services environnementaux
qu’ils rendent déjà et également d’accompagner – financièrement et
techniquement- la transition de ceux qui doivent faire évoluer leurs pratiques.
« Enfin, penser positivement l’écologie
c’est aussi penser aux générations futures », précise Joël Thiery. Les
décisions que nous prenons aujourd’hui sur les habitats, les sols et les
espèces auront des effets sur des horizons de décennies à siècles. Transmettre
un environnement habitable aux générations futures implique trois vecteurs
concrets : une éducation à la nature intégrée aux programmes scolaires dès le
primaire (c’est le sens du projet des maisons écologiques éducatives que porte
le Parti radical) ; la
valorisation et la documentation des savoirs agro-écologiques des agriculteurs
et de l’ensemble des ruraux, patrimoine immatériel irremplaçable ; et la
protection des paysages vivants (bocages, haies, zones humides) qui portent une
mémoire écologique que l’artificialisation pourrait effacer définitivement si
nous n’y prêtons pas plus d’attention et de soin très rapidement.
> Semaine de trois jours pour les enseignants : une
mesure pragmatique au service de l’école
Près d’un enseignant sur deux se déclare
en souffrance émotionnelle ou au bord du burn-out (Observatoire Ecolhuma, mai
2026). La France compte 3 200 postes vacants à la dernière rentrée et se classe
23e sur 85 au classement PISA. Face à cette triple crise humaine,
d’attractivité et de performance, le Parti Radical propose d’expérimenter, sur
la base du volontariat dans l’enseignement secondaire, l’organisation des
heures de cours sur trois jours par semaine. Sans surcout pour l’État, cette
mesure répond simultanément à l’épuisement du corps enseignant, aux défis de
recrutement de la profession, à l’amélioration de la qualité pédagogique et aux
enjeux de mobilité durable.
L’enseignement est l’une des rares
professions où la partie visible du travail, les heures de cours, ne représente
qu’une fraction du temps réellement consacré au métier. La correction d’une
seule évaluation mobilise en moyenne vingt minutes par copie, soit une dizaine
d’heures pour une classe entière. Rapportée à l’ensemble de l’année scolaire,
cette charge représente un volume considérable, accompli en dehors du temps
officiel de service.
S’y ajoutent la préparation des séquences
pédagogiques, l’adaptation des cours aux profils des classes, le suivi
individualisé des élèves en difficulté, les échanges avec les familles, les
conseils de classe et la formation continue. Ces tâches, structurellement
repoussées en soirée ou le week-end, nourrissent un épuisement chronique qui
dégrade à terme la qualité de l’enseignement et de l’accompagnement, et donc le
niveau des élèves.
La possibilité de concentrer les heures
de cours sur trois jours n’est pas une mesure de confort : c’est une
réorganisation pédagogique et professionnelle aux bénéfices multiples.
- Santé mentale : Un week-end pleinement
libéré restaure la disponibilité psychologique. Un enseignant qui arrive le
lundi reposé est plus présent, plus créatif, et plus à l’écoute de ses élèves.
C’est la condition première d’un enseignement de qualité.
- Efficacité pédagogique : Les plages
dégagées en semaine permettent enfin de consacrer le temps nécessaire à la
correction approfondie, au suivi personnalisé des élèves, à la conception de
séquences adaptées à chaque classe et à l’expérimentation de nouvelles méthodes
pédagogiques.
- Attractivité du métier : Avec 3 200
postes non pourvus, l’Éducation nationale ne peut se permettre d’ignorer les
attentes des jeunes diplômés, qui valorisent la qualité de vie et la
flexibilité. Une organisation du travail modernisée constitue un signal
crédible, à coût marginal, en direction de ceux qui hésitent à rejoindre la
profession.
- Mobilité et transition écologique : La
suppression de deux trajets domicile-établissement par semaine représente une
réduction significative des émissions carbone, particulièrement en zones
rurales où l’enseignant dépend de sa voiture, ainsi qu’une économie directe sur
le budget des ménages dans un contexte de hausse durable du coût de l’énergie.
Si cette proposition concerne en priorité
le secondaire et les disciplines à horaire hebdomadaire réduit, elle ne remet
pas en cause le volume horaire des enseignants ni leurs obligations de service.
Le Parti radical rappelle une
proposition de volontariat stricte : aucune obligation n’est imposée aux
enseignants ni aux établissements. La mise en œuvre s’appuierait sur un
déploiement progressif dans un panel d’établissements volontaires, assorti
d’une évaluation indépendante des effets sur les élèves comme sur les
personnels. Toute généralisation resterait conditionnée aux résultats de cette
expérimentation.
Alors que la santé mentale est érigée en
priorité nationale et que le débat sur la modernisation de l’école s’invite
dans le débat présidentiel, nous appelons le ministère de l’Éducation nationale
à inscrire cette expérimentation dans les concertations en cours.
« L’école est le socle sur lequel se
construit l’avenir d’un pays : la qualité de l’enseignement conditionne celle
de la démocratie, de l’économie et du lien social des décennies à venir. Face à
l’ampleur de cet enjeu, le Parti radical refuse l’immobilisme et propose des solutions concrètes, accessibles
dès aujourd’hui, pour redonner à l’école publique les moyens humains de sa
mission », conclut Alexandra Andre, Secrétaire nationale Education et enseignement supérieur du Parti radical.
► Autres
● Commission européenne
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
Valérie Hayer (députée, présidente)
> En cette Journée mondiale de l’environnement, rappelons-nous une chose :
protéger notre planète n’est pas un frein à notre développement, c’est la
condition de notre avenir. L’Europe a déjà montré la voie, mais nous devons
accélérer. Trop de ressources sont encore gaspillées, nous restons dépendants
des énergies fossiles et la biodiversité continue de reculer. La bonne nouvelle
? Nous avons les outils pour y arriver. Investir dans les énergies propres,
développer une économie circulaire qui recycle davantage, accompagner les
agriculteurs dans la transition, protéger nos océans et nos forêts ou encore
faire de l’innovation européenne un moteur de la transition verte. C’est aussi
le sens du Pacte vert européen, que nous continuons de soutenir plus que
jamais. Il offre un cadre essentiel pour réduire nos émissions, renforcer notre
indépendance énergétique, protéger notre environnement et créer les emplois de
demain. Face à l’urgence climatique, le déni n’est pas une option. Pourtant,
l’extrême droite continue trop souvent de remettre en cause les faits
scientifiques et de s’opposer aux mesures qui protègent notre planète. Nous
refusons ce recul. L’Europe a l’opportunité de devenir le premier continent à
conjuguer compétitivité, innovation et neutralité climatique. À nous de faire
les bons choix aujourd’hui pour transmettre demain une planète plus forte, plus
propre et plus résiliente.
> Oui, je suis favorable à ce que Xenia Fedorova soit sanctionnée par l’UE. Mais il ne s’agit pas d’une cabale personnelle : ce qui se joue, c’est le combat contre les ingérences russes dans nos processus démocratiques. J’ai saisi l’Arcom pour que le rôle de CNews et Europe 1 soit clarifié. Les responsabilités de différents médias, comme la chaîne Thinkerview sur YouTube par exemple, doivent elles aussi être interrogées par les autorités compétentes. Nos voisins de l’est de l’Union européenne sont pleinement mobilisés contre la guerre hybride menée contre nous par la Russie. À moins d’un an de la présidentielle en France, nous devons l’être tout autant.
● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Les violences faites aux enfants demeurent l'une des violations des
droits humains les plus massives, les plus silencieuses et les plus
universelles de notre temps.
> Le temps est venu de regarder l'ensemble de la chaîne
de responsabilité. Dans le monde réel, personne n'accepterait qu'un commerce
expose des images pédocriminelles, qu'un hébergeur ferme les yeux sur des
crimes commis dans ses locaux ou qu'un intermédiaire profite de leur diffusion
sans rendre de comptes. Dans le monde numérique, nous devons appliquer la même
exigence. (…)
Nous devons aller au-delà de la seule responsabilité des auteurs. Ceux qui
hébergent, ceux qui facilitent, ceux qui financent, ceux qui ferment les yeux
malgré les signalements doivent également répondre de leurs actes ou de leurs
manquements. La non-dénonciation, l'inaction et la complaisance ne peuvent plus
constituer des zones grises de l'espace numérique.
> La protection de l'enfance ne peut pas être un sujet de concurrence entre États. Elle doit être un sujet d'alliance. Notre responsabilité collective est de faire en sorte que chaque enfant puisse grandir à l'abri des violences physiques comme numériques.
> [Violences sexuelles sur mineurs] Ce que l'on perçoit comme une explosion est le signe que la société commence, enfin, à regarder ces violences en face. Les victimes ont toujours parlé, mais il y avait de la gêne, du déni, parfois une volonté de ne pas remettre en cause certaines institutions. Des instances comme la Ciivise ou la Ciase ont structuré l'écoute et légitimé la parole des victimes. Il est apparu que ces affaires touchaient tous les milieux sociaux et avaient une ampleur insoupçonnée. La tolérance sociale a reculé. On nomme davantage les violences, y compris l'inceste, qui restait un impensé. Aujourd'hui, les professionnels commencent à être mieux formés pour recueillir cette parole, ce qui fait remonter davantage de signalements. Mais il y a aussi une évolution plus profonde, plus préoccupante. L'exposition de plus en plus précoce à une pornographie violente, souvent accessible sans filtre, y compris sur les réseaux sociaux, n'est pas sans effet. On ne parle plus d'une pornographie érotique mais de contenus très violents, vus dès un très jeune âge, qui viennent altérer les représentations des relations affectives et sexuelles. Ils peuvent créer une addiction, même chez des jeunes adolescents.
> Depuis que j'ai lancé la plateforme qui délivre des « attestations d'honorabilité » pour les intervenants dans les secteurs de la petite enfance et de la protection de l'enfance, il y a eu à date 5 277 refus sur 957 850 attestations. Ce chiffre montre que le dispositif est loin d'être symbolique. Il permet déjà d'écarter des milliers de personnes qui n'avaient pas vocation à travailler au contact d'enfants.
En ce sens,
l'honorabilité constitue une première ligne de protection indispensable qui
repose sur une idée simple : lorsqu'il existe une condamnation ou même une
procédure en cours, il ne doit pas y avoir d'exposition aux enfants.
Mais il faut aussi en voir les limites.
Tous ceux qui n'ont jamais été condamnés ou signalés échappent à ce filtre. La
mise en place d'un fichier complémentaire, parfois qualifié de « liste noire »
, vise à mieux partager les informations issues de procédures administratives
ou disciplinaires, avant même une condamnation, pour éviter qu'elles restent
cloisonnées entre institutions.
Je plaide pour que le projet de loi
autorise les parents employeurs à accéder au certificat d'honorabilité. Les
parents doivent pouvoir vérifier qui s'occupe de leurs enfants. C'est un point
clé. Aujourd'hui, ce droit est réservé aux professionnels, alors même que les
parents confient leurs enfants à domicile, souvent sans aucun outil de
vérification autre que la possibilité méconnue de demander le bulletin 3 de
leur casier judiciaire. Tout un pan des adultes au contact des enfants échappe
encore aux vérifications : les baby-sitters, les cours à domicile, l'aide aux
devoirs, les associations qui ne sont pas déclarées en accueil collectif de
mineurs, les plateformes qui font de la mise en relation entre baby-sitters et
parents.
Pour autant, même renforcé, ce dispositif
ne saurait suffire.
La protection repose sur une approche
globale. Elle suppose de former tous les adultes au contact des enfants, de
mieux armer les enfants eux-mêmes pour reconnaître les violences, et de
renforcer les dispositifs de signalement. Elle implique aussi de lever les
freins culturels qui persistent autour du signalement.
> On ne construira
pas une politique efficace de prévention sans les victimes elles-mêmes. Elles
ont toujours parlé, mais aujourd'hui, il faut aller plus loin et reconnaître
leur expertise. L'idée du conseil des victimes, qui verra le jour en 2026,
s'inscrit dans cette logique. Il ne s'agit pas seulement d'un espace d'écoute,
mais d'un outil pour co-construire les politiques publiques. Parce que ceux qui
ont vécu ces violences savent précisément où sont les failles : dans les
parcours, dans les institutions, dans les moments où la parole n'a pas été
entendue.
Il ne s'agit pas uniquement de traiter
les violences sexuelles mais de prendre en compte l'ensemble des violences
faites aux enfants.
Car, sur le terrain, on observe un
continuum entre le harcèlement, les carences éducatives, les violences
sexuelles et les cyberviolences. Ce conseil doit permettre de bâtir des
politiques de prévention plus justes, plus concrètes, plus ancrées dans le
réel. Il permettra de nourrir les formations, les campagnes, les dispositifs
d'accompagnement.
Alors que les auteurs de violences sont
souvent d'anciennes victimes, il faut tenter de briser un cycle de
reproduction. Et pour cela, il est indispensable de s'appuyer sur ceux qui en
ont fait l'expérience.

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