jeudi 4 juin 2026

Propos centristes. France – Santé mentale des jeunes / Choose France / Violences en marge de la victoire du PSG / Situation au Liban / Lutte contre le narcotrafic…


Voici une sélection, ce 4 juin 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Bienvenue, cher Peter Magyar. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre en Hongrie, mais aussi pour la Hongrie en Europe ! Nous décidons aujourd’hui de lancer la préparation d’un nouveau partenariat stratégique entre la Hongrie et la France, à signer d’ici la fin de l’année. Il permettra d’approfondir nos relations dans des secteurs stratégiques comme la défense, l’énergie nucléaire, les infrastructures, les transports ou encore l’agriculture. Il contribuera également à notre agenda de souveraineté européenne, capable d’agir pour sa sécurité et sa défense, de renforcer sa compétitivité et de protéger sa démocratie.

> [Discours à l’occasion de l’inauguration du mémorial en hommage aux victimes du génocide perpétré contre les Tutsis] Ce monument est un aboutissement. Il inscrit désormais le génocide des Tutsi au Rwanda, au cœur de notre capitale et de notre histoire. Il est l'aboutissement d'un long et patient travail de vérité que nous avons collectivement fait nôtre et qui s'appuie sur des décennies de témoignages, d'écrits, de travaux, d'une mobilisation acharnée. Et merci pour les mots à l'instant prononcés, Madame, avec courage. La lumière devait être faite, les mots devaient être posés, la reconnaissance devait être accomplie.
À Kigali, en mai 2021, au mémorial de Gisozi, j'ai reconnu au nom de la France les responsabilités de notre pays dans un engrenage qui a conduit à mener au génocide des Tutsi. J'ai dit alors ce que notre nation a fait, a laissé faire, a dit ou n'a pas dit. Je n'entends rien retrancher de ces mots qui sont autant de pierres ajoutées à l'édifice de vérité que nous voulons bâtir. Je n'ai oublié aucun de ces mots. Je n'ai pas oublié non plus votre regard dans ces instants, président, votre attention, puis vos propres mots, comme toujours, choisis, pudiques, mais qui accueillaient cette reconnaissance. 
Je veux ici, aujourd'hui, à Paris, vous remercier infiniment pour cela. En cela, j'entends demeurer fidèle à notre volonté de respecter les leçons de l'histoire, toujours et partout, comme nous le faisons et comptons continuer de le faire avec l'Algérie, comme nous l'avons fait au Cameroun, au Sénégal, en Haïti. Moment toujours arasé par le sel des silences, de l'injustice, de l'absence trop longue de reconnaissance. Et soyez ici assurés de notre détermination à poursuivre cette œuvre de vérité et de justice. Oui, notre nation regarde son histoire en face, devoir pour elle-même, devoir envers autrui lorsque les actes commis en son nom s'écartent de l'idéal qui est le sien, devoir envers les victimes, les survivants, leurs enfants et les enfants de ceux qui ne sont plus, de celles et ceux qui, durant ces jours et ces nuits, ont vécu la terreur, comme vous l'avez admirablement rappelé.
La France le doit aussi au regard des liens fraternels qu'elle entend nouer avec les peuples amis, au premier rang desquels le peuple rwandais. Elle le doit enfin, car dire et nommer le passé permet d'ouvrir l'avenir. Depuis ces mots prononcés, depuis ce moment, pour les présents et les absents, depuis lors, un rapprochement inédit s'est dessiné entre le Rwanda et la France. Et votre présence aujourd'hui à Paris, Monsieur le Président, Madame, donne à ce moment un sens profond et une portée historique. Cette reconnaissance a été permise dans l'ombre et la persévérance par des esprits courageux. Et je veux ici saluer, comme vous l'avez fait, le travail des associations, et en particulier celui d'Ibuka France, cher Marcel Kabanda, sans lequel ce monument n'existerait pas.
Ce monument est l'enfant de cette persévérance et de cette reconnaissance. L'œuvre de l'artiste, ce dialogue entre deux masses, formant un jardin où chacun peut prêter voix au souffle du temps. Cette œuvre, nous la devons à Grada Kilomba. Ces archives, c'est leur nom, ont quelque chose du « Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur », pour évoquer Mallarmé. Ce désastre, c'est celui du génocide, où les Tutsis furent massacrés pour ce qu'ils étaient. Ce désastre est formé des appels à la haine, des nuits de massacre ininterrompues, des corps amoncelés sous la besogne des bourreaux. Le désastre, c'est celui de l'absence, de la nuit perpétuelle de l'anéantissement, de l'épouvante au cœur des survivants.
Cette œuvre incarne cette puissance du désastre, où se figent la haine et l'esprit de mort. Cette œuvre relève aussi d'un mouvement inverse, celui de la mémoire à travers les mots inscrits en français, en anglais, en kinyarwanda, en swahili. Ces blocs sombres ne sont pas seulement un mausolée, mais un livre ouvert, et qui, comme les livres, reste et traverse le temps par-delà l'aube et le crépuscule. Et dans ces pierres imaginées se dessine la résistance de la vie à l'oubli, à la mort. Comme l'a dit Esther Mujawayo, « survivre, c'est apprendre à vivre avec les absents. » Près de ce mausolée, les absents sont là. Ils sont dans le cœur des vivants et dans ces blocs, avec nous, ici pour toujours. Je veux remercier en cela l'artiste, l'ensemble de ceux qui ont œuvré pour l'édification de cette œuvre, qui dit avec force, calme et beauté, la permanence pour nous du souvenir. Et je veux remercier Monsieur le maire de Paris, Monsieur Grégoire et sa prédécesseure, Madame la maire, Anne Hidalgo, pour avoir voulu ici cette œuvre, l'avoir portée et nous avoir accueillis par vos mots, Monsieur le maire.
Mais ce monument, s'il est un aboutissement, il n'est pas une fin. C'est un jalon sur un chemin que nous avons ouvert. Nous avons collectivement, ces dernières années, beaucoup travaillé, vous, vous avez beaucoup lutté, pour que des mots soient prononcés en 2021. Comme je l'ai dit, président, vous les avez accueillis avec beaucoup de courage. Et je ne sous-estime pas qu'il y avait beaucoup de gens pour vous dire que ça n'était pas assez, que ça aurait dû arriver plus tôt, et cela d'autant plus que vous, vous aviez combattu. Mais par ce travail de tous, par ces mots prononcés, parce que vous les avez accueillis, nous avons ouvert des chemins. Ils sont fragiles, ces chemins, encore, mais nécessaires. Et le rassemblement d'aujourd'hui doit nous rappeler aussi tout le soin que nous devons y mettre. Chemin de vérité.
Dans un monde où les empires, parfois, ont la tentation de falsifier l'histoire, dans ce moment aussi où le passé est un champ de bataille, dire la vérité est plus que jamais nécessaire. C'est la condition de la paix. Et tous ceux qui, y compris aujourd'hui encore, dans votre région, nient cette vérité, prennent le risque du retour de la guerre. D'abord, nous devons continuer d'écouter la parole des survivants. Je pense aujourd'hui aux rescapés, aux témoignages bouleversants que nous venons d'entendre, à l'innocence du quotidien opposée à la mécanique du crime de masse, à celles et ceux qui ont vu disparaître leurs proches, à celles et ceux qui ont traversé ces mois atroces et qui ont pourtant trouvé la force de témoigner, de transmettre, de reconstruire.
Je pense à tant d'écrits, de romans, de témoignages. Je pense aux récits brûlants de Jean Hatzfeld, dont je me souviens encore, et les voix des rescapés de Nyamata, aux livres, aux textes de Gaël Faye et de tant d'autres. Je pense aussi à la diaspora rwandaise de France, à celles et ceux qui portent en eux le deuil, la survie, parfois l'attente longue, difficile de la justice. Ensuite, ce chemin de vérité, nous le ferons en donnant aux historiens les moyens de travailler, en écoutant leurs recommandations, en continuant, chaque fois qu'il le faut, d'accompagner cette œuvre scientifique. Et je veux ici remercier Monsieur Duclerc et tous les membres de la Commission sous sa direction. Merci, cher Vincent, vous et tous vos collègues, pour le travail mené avec rigueur, courage, par la Commission de recherche sur les archives françaises.
Pour nous, la vérité se fonde et se fondera toujours sur le dialogue, la recherche historique, l'ouverture des archives, le travail des historiens mené dans le silence des livres, aux côtés des sources et des traces de l'histoire. L'histoire prend ainsi sa juste place. Elle donne aux témoignages, aux traces. Elle accueille les mémoires. Elle fait justice. Elle permet la vérité et la reconnaissance. Chemin de justice, ensuite. Ces dernières années encore, la justice française a poursuivi son travail. Il le fallait. Mais ce que vous avez dit pour conclure tout à l'heure, Madame, est juste. Et nous allons y veiller. Des procès se sont tenus, d'autres enquêtes se poursuivent. Personne n'est ni ne sera au-dessus des lois. Et à celles et ceux qui pensaient avoir trouvé sur notre sol le refuge du temps ou l'abri de l'oubli, la justice française s'est trouvée les moyens de répondre. Aucun crime contre l'humanité ne peut bénéficier de la prescription ou de l'impunité, aucun. Et je le redis avec force, justice sera rendue.
Et je salue, à ce titre, le travail inlassable des associations de partis civils qui jouent un rôle fondamental dans ce processus, le travail des avocats, le travail des magistrats. Chemin de vigilance aussi. Ces blocs irrécusables sont devant nous aussi comme des injonctions, injonctions à ne jamais nous accommoder, ne jamais oublier que ces masses obscures renferment aussi ce que l'esprit humain peut avoir de barbare. Ne cédons rien à la haine raciste de tous les jours. Et comme le dit l'auteur rwando-canadien Benjamin Sehene : « le génocide commence quand on regarde son voisin comme un étranger. » C'est vrai. Le seul remède à cet abandon de chaque jour, à ce mal qui n'est jamais banal mais qui devient courant, est un devoir de fraternité. Et comment ? Comment imaginer que le risque a disparu ? Comment ne pas s'épouvanter devant la force de frappe aujourd'hui des propagandes en ligne ? Il y a, derrière nos écrans, d'autres radios Mille Collines. Ouvrons les yeux. Soyons lucides aussi sur les logiques ethniques, racialistes, qui fleurissent ici ou là. Les mots peuvent varier, les masques changer. La logique, à la fin, demeure.
Haine de l'autre, haine de tous les autres, haine totale et implacable qui conduit au meurtre de masse. La logique de ce crime de masse a été parfaitement décrite, là aussi par plusieurs historiens, Stéphane Audoin-Rousseau et plusieurs autres, qui ont montré cette continuité, le retour de ces cycles dont vous avez parlé, Président. Ceci nous oblige. Ce monument, est donc aussi un enseignement : qui commence à haïr l'autre en raison de sa couleur de peau, de son identité, de son origine, de son ethnie, enclenche une mécanique qui emporte tout.
Une soif de meurtre qui tenaille les esprits et, le jour venu, frappe, massacre, efface. Chemin de vigilance, car le génocide est un crime contre l'humanité, et par son caractère systématique, sa barbarie, sa volonté d'anéantissement et d'oubli, il est une offense que les bourreaux commettent contre tous les hommes. Une blessure faite à la conscience universelle. Oui, ce génocide porte en lui la mémoire de tous les autres génocides, dans leur différence particulière et irréductible, sans hiérarchie, sans confusion, avec la même indignation, la même douleur, la même résolution aussi à ne pas laisser se commettre le pire. Et notre conception de l'universel revient à dire cela. Nul ne peut être en paix dans le secret de sa conscience si l'humanité, quelque part, est prise pour cible.
Chemin d'action, ensuite. Car toute cette histoire nous oblige à toujours œuvrer pour la paix, le dialogue, pour que les armes cessent et que la mécanique des crimes ne se réenclenche plus jamais. À ce titre, être là nous oblige à vouloir la paix pour tous, le respect de chacun et de toutes les souverainetés dans ce drame en cours depuis trop longtemps dans la région des Grands Lacs. Chemin d'espérance, enfin.
C'est un âpre chemin, mais il est de notre devoir de le tracer et d'avancer ensemble. Rien n'est acquis, rien n'est conquis, rien n'est achevé. Mais ces blocs sont là pour nous rappeler ce passé, pour nous dire ce qui est désormais reconnu, et pour nous permettre ensemble ce chemin. À nous de transmettre avec rigueur, dignité et fidélité ce message, de redire vos mots, de dire ces poèmes, de porter ensemble avec courage cette histoire. Tui Buke, Tui Ubaka. Se souvenir, bâtir ensemble. Et nous serons là. Je vous remercie.

> [Discours à l’occasion de l’Hommage national à Edgar Morin] Tant de fois, Edgar Morin avait vu la mort en face. À dix ans, quand son père se posa, grave, devant lui, le jeune Edgar Nahoum comprit en un instant que sa mère était morte. Chagrin premier et inconsolable, qui l'accompagna jusqu'au bout de son existence. L'année suivante, le petit garçon, frappé d'un mal mystérieux, condamné par tous les médecins, en réchappa à force de soins donnés par sa tante.
À 20 ans, Edgar Nahoum, devenu Edgar Morin, Résistant, se rendit à un rendez-vous. Au bas de l'escalier, un pressentiment, comme un étourdissement : il rebroussa chemin. Un piège était en effet tendu par la Gestapo.
À 30 ans, Edgar Morin fit paraître L'Homme et la mort, son premier livre. Dix ans plus tard, une hépatite le laissa dans le coma.
Chaque fois, Edgar Morin ressuscita. Chaque fois, il voulut encore davantage « vivre de mort, mourir de vie ». Oui, Edgar Morin aimait la vie. Il l'aimait et fut, tout au long de la sienne, cet homme des renaissances. Esprit de la Renaissance aussi, mu par une ambition intellectuelle digne des siècles de l'humanisme et qui, comme Montaigne, entendait embrasser toutes les facettes de notre condition : les idées, les lois, les arts, les sciences, les technologies. Homme de toutes les Renaissances, esprit de la grande Renaissance. La pensée complexe qu'il établit et qu'il enseigna fut au fond avant tout cette pensée de la vie.
Ce fut dans la résistance, d'abord, qu'Edgar Morin trouva sa voie. Il s'y engagea en patriote, enfant d'un enseignement laïc dispensé à l'école de Ménilmontant, vibrant de son identité de Français juif traqué, opprimé, fort de sa conscience politique forgée devant la montée des fascismes dans les années 30. Malgré le deuil des camarades, la peur au ventre, il ne cessa de lutter. Dans la Résistance, Edgar Nahoum avait trouvé son nom clandestin, Morin. Il avait aussi et surtout trouvé un sens à sa vie, une fraternité avec des camarades extraordinaires, Jean Cassou, Florence Malraux, Mascolo, Jankélévitch ou sa future épouse, Violette Chapellaubeau. Au plus près de la mort, la vie s'était éclaircie. Et la pensée complexe, déjà, pour comprendre comment la barbarie fut enfantée par la civilisation. Alors, après la guerre, Edgar Morin, encore soldat, s'établit un temps en Allemagne sur les traces du nazisme, produit par la même nation qui avait inventé Nietzsche ou Beethoven, génies si chers à son cœur. Il en tira un livre à rebours de l'époque, pour défendre l'idée de l'Allemagne qu'il aimait, l'idée de l'Europe qu'il aimait et ces idées dont il espérait la renaissance.
Penser par soi-même, même contre l'époque, même contre les siens.
Dans la France de l'après-guerre, encore sous les décombres, dans ces jours de dénuement passés rue Saint-Benoît, avec Robert Antelme et Marguerite Duras, vibrer au tourbillon de la vie, chacun chez soi est reparti. Il se fit, durant ces décennies, penseur de son temps, de l'époque, avec lucidité, exigeant toujours sans jamais donner quelque leçon. C'est parce qu'il s'exerçait à cette pensée de vérité et de contradiction qu'Edgar Morin aperçut, dans la conduite de la guerre en Algérie, les risques fatals encourus par la République, et qu'il s'engagea, pour Messali Hadj, et l'indépendance de l'Algérie. C'est ainsi qu'Edgar Morin sut discerner dans la puissance du Parti communiste le risque totalitaire et qu'il s'en affranchit en publiant un livre de rupture qui fit date : Autocritique. C'est ainsi qu'à l'inverse de sa génération intellectuelle prompte à effacer la figure de l'Homme au profit des lois de l'économie ou des formes du langage, lui ne cessait de placer l'Homme, ses passions, sa Raison, au cœur de tout.
Oui, Edgar Morin, par sa vie, qu'il refusait de séparer de son œuvre, avait appris à penser contre les apparences, contre les écoles, parfois contre lui-même.
Pensée inclassable, intempestive et donc intemporelle.
Il fut aussi ce chercheur, traquant les émergences, saisissant la société dans chacun de ses soubresauts. Devenu chercheur au CNRS, il sut décrire la rumeur d'Orléans avec ses emballements, ses croyances, ses lâchetés, et son travail éclaire encore ce que nous savons de ses poussées de fièvre imaginaire. Dans la Folle nuit de la place de la Nation, un concert de Johnny et Sylvie Vartan, il aperçut l'émergence de la génération des yéyés, enfants nés après la guerre, animés de l'urgence de vivre.
Dans les Stars, il vit l'avènement d'une nouvelle culture de masse.
Dans le Journal de Plozévet, écrit après une immersion en Bretagne, la fin de la société rurale. Mort, naissance, renaissance toujours. Vie d'une société, description de la France.
Dans la Californie des années 1970, Edgar Morin se réinventa une vie, laissa son existence de chercheur et engloutit de nouveaux continents du savoir. Sur les rives du Pacifique, il se laissa gagner par l'air de la modernité à toute allure : informatique, révolution de la jeunesse, science nouvelle. À la manière d'Arthur Rimbaud, il voulut se faire voyant, par ce « long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens ». Comprendre, toujours, comment ce qui transforme est lui-même transformé. Pour Edgar Morin, cela revenait à savoir pourquoi, après la chute du mur de Berlin, après l'essor de la mondialisation, le modèle occidental entrait en crise.
Au moment de sa victoire politique et économique, il se corrodait de ses excès et de ses succès. C'était la crise écologique qu'Edgar Morin avait discernée dès 1972. C'était, au cœur même de la modernité politique, le retour du fondamentalisme religieux. C'était la crise de l'ordre international avec le surgissement des guerres, des conflits, des massacres à grande échelle. C'était au moment même du triomphe de la pensée humaine par le progrès matériel et technologique, la menace de son asservissement par les machines et de sa colonisation par les empires numériques. Aussi, jusqu'à la fin, Edgar Morin enseignait à des millions d'esprits à travers le monde à ne jamais se résigner aux simplismes. Pour lui, la vérité ne résultait jamais d'un seul camp, d'un seul dogme. L'engagement ne pouvait être l'embrigadement, et l'avenir était promis au chaos si l'on cédait à l'accablement ou à l'inaction.
Pour Edgar Morin, cette pensée complexe fut toujours le prélude à l'action juste. Pensée complexe - le mot intimide.
Edgar Morin, pourtant, l'avait illustré par sa vie.
La partie vaut pour le tout, vie d'un siècle français. À présent, il n'est plus. Et jamais Edgar Morin n'a paru si vivant.
Vivant par ses intuitions, son travail sur les rumeurs, devançant les algorithmes devenus fous. Vivant grâce à son œuvre somme, la Méthode, plaidant l'unité de tous les savoirs, vision éclairée à l'heure de l'intelligence artificielle. Vivant, parce que la nécessité de réconcilier les hommes avec la nature et avec eux-mêmes n'a jamais été si impérieuse.
Ce qui transforme est lui-même transformé.
Certes, il demeurait tel qu'en lui-même. Enfant de Ménilmontant, fou de cinéma, de Rimbaud, de Dostoïevski, juif et méditerranéen, passionné du Maroc, Monsieur le Premier ministre, proche des siens, de sa famille, de ses filles, amoureux de la vie, de son épouse, cher Sabah, complice d'existence et de pensée, aimant ses amis, fidèle de chaque instant.
Humaniste planétaire, certes, mais irréductiblement Français, toujours. Pour ses combats de liberté, celui de la Résistance et du front de Libération. Pour ses combats d'égalité, d'émancipation. Pour ses combats de fraternité aussi, avec tous les peuples privés de leurs droits.
Pourtant, Edgar Morin, au fil de ses 104 ans de pensée et de combat, avait lui-même été changé et transformé par la vie. Il avait opéré tant de renaissances, quittant les dogmes, les étiquettes, les partis et les appartenances pour se réinventer sans cesse. Parce qu'il guettait en tout l'imprévu. « Êtes-vous heureux ? ». C'était la question que posait aux passants Edgar Morin dans son film documentaire tourné avec Jean Rouch, « Chronique d'un été ».
Sommes-nous heureux ? Heureux de l'écouter encore.
Car Edgar Morin enseigne que nos générations, confrontées à tant d'épreuves politiques, climatiques, stratégiques, économiques, ne doivent jamais perdre l'espérance dans l'Homme, seul et ultime responsable du monde tel qu'il est.
Avec Edgar Morin s'éteint un destin exceptionnel dans le siècle.
Mais cette énergie française, généreuse, ambitieuse, universelle, va continuer de renaître. Sommes-nous heureux ? Nous sommes désormais sans lui, privés de son sourire, de sa voix, de sa bienveillance, mais là, avec son œuvre, sa pensée.
« Elle est retrouvée. Quoi ? L'Eternité. C'est la mer allée avec le soleil ». Alors, cher Edgar, vous avez retrouvé l'éternité et vous êtes heureux. Alors nous sommes heureux. D'accord. Car c'est là l'élégance de la vie que vous nous avez aussi transmise. Chacun, en guettant ce chapeau qui pourrait s'envoler, le revoit là, avec son sourire, sa voix. On revoit ses yeux fendus de bonheur et ce qui sent peut-être un pas de danse, vivre en poésie.
Merci, Edgar.
Vive la République. Vive la France.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Violences en marge de la victoire du PSG / Intervention à l’Assemblée] Nous devons, ici, soutenir, quoi qu’il arrive, les forces de sécurité intérieure –
 les policiers et les gendarmes –, pour une simple raison : leur mission est d’appliquer les lois de la République, celles que vous avez vous-mêmes votées !
Il n’y a pas pire schizophrénie que celle dont une parlementaire a fait preuve en laissant entendre, avant même la diffusion des images, que les forces de l’ordre créeraient le désordre ! L’inversion du récit et l’inversion des valeurs, voilà les premières cibles du combat culturel que nous devons mener. Comment attendre d’une jeunesse qu’elle respecte des règles si les élites politiques elles-mêmes introduisent un doute ou un quiproquo dans les lois de la République que vous avez votées?
Nous sommes dans une société de responsabilité, fondée sur la responsabilité individuelle et sur l’État de droit. On a dénombré près de 900 interpellations. Elles ont été suivies de nombreuses gardes à vue, qui se sont elles-mêmes achevées –
 c’est en cours – sur de nombreux défèrements, qui donneront lieu, l’autorité judiciaire le confirmera, à de nombreuses sanctions. La justice passera, grâce à l’application des lois de la République que vous avez votées.
En écoutant les questions au gouvernement et les réponses du ministre de l’intérieur –
 j’en profite pour le remercier, ainsi que, derrière lui, l’ensemble des préfets et des chefs de notre police et de notre gendarmerie –, je note quand même qu’on ne peut pas faire l’économie d’une analyse du profil des personnes interpellées : 98 % d’hommes et 2 % de femmes. Un tiers de mineurs et le reste, de jeunes majeurs pour l’essentiel. Et surtout, des récidivistes extraordinairement minoritaires.
Sachant cela, on ne peut faire l’économie d’une analyse et prendre quelques instants de réflexion, pour mieux adapter notre droit à ces constats. Il ne s’agit pas seulement de violences de supporters, mais d’une délinquance plus globale, qu’il faut analyser avec un certain recul.
On ne peut pas en rester là. La question de l’adaptation de notre droit se pose, notamment en matière de répression des tirs de mortier, d’utilisation de la vidéosurveillance algorithmique, d’interdictions de stade –
 dans le cas présent, elles n’auraient pas servi à grand-chose, mais on a encore des compétitions sportives devant nous –, de sanction de l’usage de stupéfiants et du protoxyde d’azote. L’autorité judiciaire le confirmera : ces violences sont parfois commises sur fond d’addiction.
On n’a pas attendu. Le ministre l’intérieur a présenté le projet de loi Ripost en conseil des ministres. Il a été voté par le Sénat et il y a urgence à ce que l’Assemblée nationale l’examine et le vote. En lien avec sa présidente et les présidents de groupes, je proposerai au président de la République de convoquer une session extraordinaire au début du mois de juillet. Le projet de loi pourrait être discuté ici même lors de la semaine du 6 juillet : nous pourrions ainsi faire entrer très rapidement dans notre droit une réponse à cette délinquance.
Il faut aller plus loin.
La question des courtes peines est posée. Le garde des sceaux, Gérald Darmanin, a travaillé, dans le cadre du projet de loi « Sure 2 », sur des peines de quinze jours ou un mois d’emprisonnement, qu’il est aujourd’hui impossible de prononcer. Il s’agit de donner plus de souplesse à nos magistrats et d’adapter notre procédure pénale et notre droit à une délinquance nouvelle.
Mais je pense qu’il faut aller encore plus loin. Notre système est essentiellement fondé sur la réponse pénale. Or nous parlons ici de dégradations matérielles qui coûtent extraordinairement cher à la société, au travers des polices d’assurance que paient chaque citoyenne et chaque citoyen, mais aussi au travers des impôts et des contributions dont chaque Française et chaque Français s’acquittent annuellement. Cela pose la question de la réparation civile.
À l’heure actuelle, les victimes sont correctement indemnisées, et c’est la force de notre système. Mais il est regrettable que ce système ne se retourne pas suffisamment vers les auteurs des dégradations pour recouvrer, au civil, les sommes correspondant au montant des réparations –
 lesquelles sont à la charge de la société. Je pense qu’il faut se pencher sur cette question rapidement, sans tabou et intervenir de manière beaucoup plus coercitive. Je vais demander au ministre de faire des propositions assez rapidement.
Je ne suis pas favorable à la suspension des prestations sociales. Néanmoins, je crois qu’il y a un chemin de bon sens : permettre que ces prestations sociales, en dehors du reste à vivre, financent les réparations, avec des solutions adaptées.
L’auteur d’un acte de violence ou d’une dégradation doit prendre ses responsabilités et réparer.

> [Liban / Intervention à l’Assemblée nationale] Depuis le début de cette guerre, et à vrai dire depuis la guerre des douze jours, la diplomatie française a pour objectifs la sécurité de nos ressortissants au Liban –⁠ je commence par là car il s’agit d’un enjeu de taille –, la liberté de circulation maritime dans le détroit d’Ormuz – j’en dirai un mot dans un instant, car la question libanaise a un impact très direct sur les discussions entre l’Iran et les États-Unis – et le soutien dû à nos partenaires – vous avez rappelé le lien historique singulier qui unit la République française à la République libanaise.
Notre pays est l’un des rares États européens à avoir assuré aux États-Unis, dès les premiers moments de cette guerre en Iran, qu’elle ne trouverait pas de résolution d’ensemble si on laissait de côté, comme certains ont tenté de le faire au début, la question libanaise. Cela s’explique par des raisons éminemment géopolitiques : chacun connaît le rapport que Téhéran entretient avec son proxy, le Hezbollah, et laisser de côté la question libanaise était une erreur, une faute –
 eu égard, notamment, aux différentes évolutions observées en Syrie. Aujourd’hui, cette faute nous rattrape.
Comme vous, je l’affirme officiellement à mon tour : il est évident non seulement que le cessez-le-feu doit être respecté –
 il est pour le moins fragile et l’on pourrait même parler d’un cessez-le-feu par le feu, ce qui est inacceptable –, mais encore qu’Israël doit mettre fin à cette guerre injustifiée et à son occupation illégale du territoire libanais.
Il faut toujours distinguer précisément le peuple israélien, l’État israélien et le gouvernement israélien, mené par son premier ministre. En l’occurrence, ce que fait le gouvernement israélien met en danger sur le moyen et le long terme la sécurité de l’État d’Israël, précisément parce que ses opérations militaires, par le trouble et le flou qu’elles visent à créer, suscitent un problème de sécurité pour Israël. Il y va même de la sécurité de l’ensemble de la région. Nous devons combattre et entraver l’application de la stratégie de la guerre permanente que le premier ministre Netanyahou déploie sous nos yeux. Nous le faisons et il faut convaincre les partenaires de la région, ainsi, évidemment, que les États-Unis d’Amérique, d’avancer sur ce chemin.
Pour avancer, aucune solution ne saurait faire l’économie de l’affirmation d’un État libanais. De ce point de vue, du chemin a été parcouru, et la diplomatie française y est pour quelque chose ! Je remercie d’ailleurs l’ensemble des groupes politiques, dont le vôtre, qui se sont mobilisés à cet égard. Il y a quelque temps, il n’y avait pas de chef d’État au Liban. À présent, il y en a un, il y a un gouvernement, il y a des autorités constitutionnellement établies, qui sont des interlocuteurs légitimes. Les discussions directes organisées entre Israéliens et Libanais constituent également une avancée historique, qu’il faut évidemment préserver et protéger.
On a dit que le Hezbollah était un État dans l’État, puis un État sans l’État. En tout état de cause, l’affirmation de l’État libanais doit passer par son désarmement. Il doit également passer par un soutien aux forces armées libanaises. En effet, dans le moment diplomatique que nous traversons, il convient de combler rapidement deux vides potentiels. Le premier est de nature sécuritaire. Nous devons beaucoup aux forces armées libanaises dans la lutte contre le terrorisme, mais il est clair que le désarmement du Hezbollah requiert leur montée en puissance. Je vous confirme que les moyens dont vous avez voté l’attribution dans la loi de programmation militaire permettront de remplacer du matériel ancien par du matériel neuf pour nos propres capacités. Cela permettra aux ministres de céder davantage de matériel aux forces armées libanaises dans les temps qui viendront.
S’agissant de l’engagement de la Finul, il renvoie à des enjeux compliqués. Je pense au pouvoir de veto de la Russie et de la Chine, mais aussi à la conviction que nous devons faire partager au partenaire américain. D’ores et déjà, la France met sur la table une offre de moyens militaires qui permet d’imaginer un mandat nouveau. Vous avez parlé d’interposition ; je ne sais pas si c’est le terme adéquat –
 vous savez que la Finul n’agit pas sous mandat d’interposition. En tout état de cause, la qualification de ce nouveau mandat reste à débattre et à définir.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> [Disparition de Lyhanna / Intervention à l’Assemblée] La petite Lyhanna, âgée de 11 ans, a disparu le 26 mai à la sortie de son collège, à Fleurance. En votre nom et en celui, je pense, de l’ensemble de la représentation nationale, vous avez fait part de votre soutien à sa famille. Ce soutien est aussi celui du gouvernement. Nous sommes évidemment très attentifs à cette situation.
Vous avez rappelé, et je vous en remercie, la mobilisation très importante, notamment des services de gendarmerie –
 gendarmes territoriaux et gendarmes mobiles –, pour retrouver trace de cette jeune enfant. Des moyens techniques, en particulier aériens et nautiques, ont été engagés. Dans un élan formidable, nos concitoyens, encadrés par la gendarmerie, se sont eux aussi lancés dans ces recherches. Encore une fois, je veux, au nom de l’ensemble du gouvernement, témoigner tout notre soutien à la famille de la petite Lyhanna.
Vous m’interrogez sur des faits très précis. Un homme a effectivement été placé en détention provisoire après avoir été interpellé, comme l’a révélé le procureur de la République d’Agen. Vous faites en outre état d’une plainte déposée contre cet individu pour des faits de viol, comme l’a signalé la procureure de la République d’Auch. Cette plainte remonte à l’été 2025.
Les questions que vous posez sont évidemment très légitimes : vous souhaitez savoir quels actes d’enquête ont été engagés, combien de temps a pris l’accomplissement de ces actes, qui a été saisi et quelles suites concrètes ont été données. Après en avoir discuté, le garde des sceaux et moi-même avons décidé de diligenter sur cette question une enquête administrative, qui sera confiée à l’Inspection générale de la justice et à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale, afin d’identifier d’éventuels dysfonctionnements.
Voilà ce que je peux vous dire, monsieur le député. En attendant, il faut évidemment laisser toute leur place aux recherches. Nous prenons très au sérieux les faits que vous avez cités, notamment cette procédure antérieure. Nous allons évidemment regarder cela de très près.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> 36 milliards d’euros en plus d’ici 2030, c’est l’actualisation de la loi de programmation militaire que je viens de présenter au Parlement. Elle permet une indispensable accélération de l’effort de réarmement. Nous devons à nos armées un cadre financier ambitieux et robuste, c’est-à-dire réaliste. Mon engagement pour nos armées et pour les entreprises de notre industrie de défense m’a dicté un discours de vérité, la majorité des sénateurs a appuyé cette position en faveur d’un effort de 36 milliards d’euros. C’est une étape importante, il conviendra d’aller plus loin et d’inscrire cet effort dans la durée. Le chemin tracé depuis 2017 aura permis en dix ans de doubler le budget annuel de la défense sous l’impulsion du Président de la République. Après le vote solennel de mardi, il reviendra aux parlementaires des deux assemblées de s’accorder sur un texte. Je les appelle à faire le choix de l’accélération soutenable du réarmement.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Choose France / Intervention au Sénat]
La 9e édition de Choose France est un succès phénoménal. Félicitons-nous des investissements dans l'énergie, l'industrie traditionnelle - avec le développement de l'acier vert -, les data centers... Plus de 90 % des projets annoncés ces huit dernières années sont en train de devenir réalité.
Cela n'arrive pas par hasard, mais bien grâce aux politiques menées depuis dix ans. Il y a dix ans, on nous parlait fiscalité et droit du travail ; aujourd'hui, permis de construire et raccordement aux réseaux d'énergie.
Le Président de la République a annoncé que 150 sites industriels seraient développés « à la Notre-Dame ». Nous devons simplifier les procédures et aligner tous les acteurs, y compris les collectivités territoriales.
Sachez que, souvent, ces investisseurs internationaux concluent des partenariats avec de grandes entreprises françaises, comme SofBank avec Schneider. Vorwerk, qui fabrique des Thermomix, a choisi la France, car l'obtention d'un permis de construire y est plus rapide qu'en Allemagne.
Soyons fiers de nos succès et poursuivons !

> Il faut regarder le monde tel qu’il est. Le monde a changé, et avec lui les règles du jeu économique. Les tensions géopolitiques actuelles, le durcissement de la compétition internationale et le retour de logiques de prédation, dans les rapports commerciaux, les chaînes d’approvisionnement et les stratégies d’acquisition industrielle soulignent l’urgence de sécuriser et de développer les secteurs stratégiques, garants de nos intérêts nationaux. Face à cette réalité, le gouvernement est plus que jamais déterminé à assurer la pérennité, sur le territoire national, de nos capacités industrielles, de nos savoir-faire et de nos technologies, et à faire obstacle à leur captation par des acteurs étrangers dont les intérêts divergeraient des nôtres. C’est à cette mission que je m’attelle chaque jour, avec pour instrument clé le contrôle des investissements étrangers en France.
La France dispose aujourd’hui de l’un des dispositifs de contrôle des investissements étrangers les plus robustes, les plus exigeants et les plus matures des pays de l’OCDE. Pionnière en la matière, elle a posé dès 1966 les premiers jalons d’un régime d’autorisation préalable pour les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques. L’État a depuis renforcé cet outil, d’abord sous l’impulsion d’Arnaud Montebourg en 2014, puis par la loi PACTE en 2019 que j’ai portée comme rapporteur.

> L’ambition de la doctrine française en matière d’investissements étrangers est double : attirer les capitaux et protéger nos intérêts. J’en suis le garant.
Je souhaite que la France continue d’attirer des capitaux étrangers. L’économie française est ouverte, attractive et résiliente. Pour la septième année consécutive, la France est le premier pays d’accueil des investissements directs étrangers en Europe. Cette attractivité n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’un travail de fond sur la compétitivité de notre économie, porté par le président de la République, notamment dans le cadre de Choose France dont la 9e édition s’est tenue ce lundi 1er juin 2026. À ses côtés, je me suis engagé pour la renforcer, d’abord comme président de la Commission des affaires économiques puis comme ministre de l’Industrie et de l’énergie : réforme de la fiscalité des entreprises, maîtrise du coût du travail, montée en puissance de France 2030, excellence de notre écosystème de recherche et d’innovation, compétitivité énergétique.
Les entreprises étrangères contribuent à notre vitalité économique, avec des résultats tangibles pour nos concitoyens dans chacun de nos territoires. En 2023, la France accueillait 19 100 entreprises sous contrôle étranger, représentant 2,3 millions d’emplois, 17 % de la valeur ajoutée produite en France et 16 % de l’investissement des entreprises. Depuis 2018, les sommets Choose France ont mobilisé 87,8 milliards d’euros d’investissements étrangers et généré plus de 163 000 emplois sur notre territoire. L’édition de 2026 comptabilise à elle seule 93 milliards d’investissements et 71 projets pour plus de 15 000 emplois générés. Ces chiffres sont la preuve que le contrôle des investissements étrangers en France ne constitue en rien un frein à l’attractivité de son économie. Ceux qui voudraient faire de ce dispositif un instrument de repli, un moyen de s’opposer à tout investissement étranger se trompent. La France a besoin des investissements étrangers pour nourrir sa croissance, soutenir l’innovation et contribuer au financement de son système social aux côtés d’investissements nationaux.
Pour autant, nous devons être en mesure de protéger nos intérêts. Dans un monde marqué par les rivalités de puissance et les ruptures technologiques, cette ouverture ne peut être inconditionnelle. Certains investissements, dans certains secteurs, peuvent compromettre les fondamentaux de notre souveraineté. L’État doit conserver la capacité d’avoir le dernier mot. C’est la raison d’être du contrôle des investissements étrangers en France. (…)
Aujourd’hui, l’ouverture reste la règle, l’interdiction l’exception. Les chiffres en témoignent… Sur les quatre dernières années, seuls huit investissements étrangers ont été formellement refusés au titre du contrôle des investissements étrangers en France. C’est là toute la logique du dispositif : il nous permet de séparer le bon grain de l’ivraie. Le bon grain, c’est la préservation de notre autonomie stratégique. Le mauvais grain serait de décourager des investissements qui financent nos entreprises, nos usines, et contribuent même parfois à renforcer notre souveraineté. C’est d’ailleurs un signe de confiance et d’attractivité que les investisseurs se tournent vers la France lorsqu’ils souhaitent déployer des capitaux dans des technologies stratégiques en Europe.
Le contrôle des investissements étrangers en France repose sur un cadre juridique qui impose aux investisseurs étrangers de solliciter une autorisation préalable avant toute prise de contrôle, et certaines prises de participation minoritaires, dans des entreprises relevant de domaines jugés essentiels.
Le gouvernement a progressivement complété le dispositif pour tenir compte notamment de la reconfiguration des alliances et des ruptures technologiques. Plusieurs députés travaillent d’ailleurs actuellement sur une mission pour étudier notamment ce qui se fait ailleurs dans le monde en la matière et voir, le cas échéant, s’il faut adapter certains aspects de notre politique de sécurité économique. Le champ d’application et le seuil de contrôle ont été étendus. Aux industries de défense se sont ajoutées des activités essentielles à la continuité de la vie nationale, notamment : l’approvisionnement en énergie, les télécommunications, la sécurité alimentaire, la santé publique. Nous avons enrichi la liste des technologies critiques depuis l’arrêté du 31 décembre 2019 : à la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la robotique, les semi-conducteurs et les technologies quantiques se sont ajoutées les biotechnologies (2020), les technologies bas carbone et la photonique (2023). À la suite de la pandémie de covid-19, nous avons également abaissé le seuil de prise de participation déclenchant un contrôle à 10 % des droits de vote d’une société française cotée afin de renforcer notre souveraineté industrielle.
Le cadre juridique est aujourd’hui stable, clair et prévisible, autant de gages de sécurité juridique aux yeux des investisseurs. Il définit de manière objective, précise et documentée les secteurs stratégiques, les opérations éligibles et les pouvoirs de l’administration lors de ces contrôles, ce qui constitue un atout décisif dans les décisions d’investissements. L’instruction s’effectue dans des délais maîtrisés et limités à 75 jours ouvrés – 30 jours ouvrés pour la première phase, 45 jours ouvrés supplémentaires si un examen complémentaire est nécessaire –, ce qui garantit aux investisseurs une prévisibilité qu’ils apprécient. Ces garanties permettent aux investisseurs de planifier leurs opérations en toute connaissance de cause, et à la France de rester une destination de premier rang pour les capitaux du monde entier. (…)
Le dispositif français repose sur deux principes cardinaux : l’individualisation et la proportionnalité.
Chaque dossier fait l’objet d’une analyse individualisée et approfondie, pilotée par la Direction générale du Trésor, dans le cadre du Comité interministériel des investissements étrangers en France (CIIEF), qui réunit l’ensemble des administrations compétentes. Cette analyse se concentre sur la nature de l’actif concerné et les risques que son acquisition ferait peser sur nos intérêts nationaux, et tient compte du profil de l’investisseur. Les entreprises nous sollicitent également en amont dans le cadre d’un investissement projeté, parfois lorsqu’il est encore à l’étude, ce qui leur donne de la visibilité sur le caractère potentiellement sensible de leurs activités. En 2025, 417 dossiers ont été examinés par la Direction générale du Trésor, contre 309 en 2023, reflet de l’élargissement du champ des activités contrôlées et de la visibilité accrue du dispositif. Le nombre de dossiers déposés a plus que triplé depuis 2014. Les investisseurs s’approprient le dispositif, ce qui est une bonne nouvelle. Nous veillons pour autant à rester à l’écoute des investisseurs et attentifs à ce que cette exigence de contrôle ne se traduise pas par une charge administrative excessive.
La réponse de l’État à une demande d’investissement est proportionnée au risque stratégique identifié. Elle s’étend sur un large spectre, allant de l’autorisation sans condition à l’interdiction formelle, en passant par une large gamme de conditions. Ces conditions peuvent viser, sans limitation de durée, à assurer la pérennité des activités sensibles sur le territoire national et à protéger les savoir-faire et brevets de l’entité française. Elles peuvent porter sur l’adaptation de la gouvernance de l’entité cible, par exemple via la mise en place d’un comité de sécurité soumettant certaines décisions stratégiques à l’autorisation d’un représentant de l’État, ou par des mécanismes de protection renforcée tels que l’obtention par l’État d’une action spécifique, aussi appelée golden share.
Les services de l’État assurent un suivi rigoureux du respect des conditions imposées dans le temps, afin de garantir l’effectivité du dispositif. Le Service de l’information stratégique et de la sécurité économiques (SISSE), rattaché à la Direction générale des entreprises, y joue un rôle central aux côtés de la Direction générale du Trésor et des autres administrations compétentes, au moyen de contrôles sur place et sur pièces. Les entreprises sont tenues de remettre un rapport annuel à l’État sur l’exécution de leurs obligations, et l’État peut exiger le recours à un auditeur indépendant. En 2025, la moitié des investissements éligibles au contrôle ont été assortis de conditions. En cas de manquement caractérisé, l’ensemble des mesures de police et de sanction peut être mobilisé, pouvant atteindre le double du montant de l’investissement irrégulier, 10 % du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise, ou 5 millions d’euros pour une personne morale.
Enfin, la doctrine française s’articule avec le mécanisme européen de coopération en matière de filtrage des investissements directs étrangers, dont la France a été l’un des artisans. Ce mécanisme renforce notre capacité collective à défendre nos intérêts à l’échelle du continent. Entré en vigueur le 11 octobre 2020, il permet aux États membres et à la Commission européenne d’échanger des informations et des analyses sur les opérations d’investissement réalisées par des investisseurs extra-européens. La France soutient sa modernisation prochaine. (…)
Protéger sans fermer, renforcer notre puissance et notre indépendance sans renoncer à notre attractivité, rester maître de notre destin industriel : telle est l’ambition que je porte, et qui sous-tend ce dispositif. J’assume pleinement la volonté de préserver notre autonomie stratégique. J’assume tout autant celle de rester un grand pays d’accueil pour les capitaux du monde entier, parce que la France a besoin de ces investissements pour financer sa croissance, consolider ses filières d’avenir et nourrir son ambition industrielle. Je reste également convaincu de la nécessité de développer, au-delà du contrôle et de manière proactive, les conditions de notre souveraineté industrielle, énergétique et numérique, par exemple en orientant l’épargne nationale vers le financement du développement de nos entreprises et leur innovation. Ces ambitions ne sont pas contradictoires. Elles sont les deux faces d’une même exigence de puissance que je défends chaque jour.

> Attirer les investissements, protéger nos intérêts. Telle est notre double ambition en matière de contrôle des investissements étrangers.  L’économie française est ouverte, attractive et résiliente. Pour la septième année consécutive, la France est le premier pays d’accueil des investissements directs étrangers en Europe. Cette attractivité n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’un travail de fond sur la compétitivité de notre économie, porté par le président de la République, notamment dans le cadre de Choose France dont la 9e édition s’est tenue ce lundi 1er juin 2026.
Pour autant, nous devons être en mesure de protéger nos intérêts. Dans un monde marqué par les rivalités de puissance et les ruptures technologiques, cette ouverture ne peut être inconditionnelle. Certains investissements, dans certains secteurs, peuvent compromettre les fondamentaux de notre souveraineté. L’État doit conserver la capacité d’avoir le dernier mot. C’est la raison d’être du contrôle des investissements étrangers en France.
Le gouvernement est plus que jamais déterminé à assurer la pérennité, sur le territoire national, de nos capacités industrielles, de nos savoir-faire et de nos technologies, et à faire obstacle à leur captation par des acteurs étrangers dont les intérêts divergeraient des nôtres.
C’est à cette mission que je m’attelle chaque jour, avec pour instrument clé le contrôle des investissements étrangers en France.
Les fondements de ce dispositif et l’équilibre qu’il incarne : rester une économie ouverte et attractive, tout en protégeant les intérêts fondamentaux de la Nation dans un contexte de compétition économique et technologique accrue.
Un cadre qui illustre une réalité simple : l’ouverture économique et la souveraineté ne s’opposent pas, elles se construisent ensemble.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> Repoussée par la résistance ukrainienne, la Russie de Vladimir Poutine a reculé sur le front au mois de mai, comme ce fut déjà le cas au mois d'avril. Ses frappes massives n'y changent rien : cette guerre impérialiste est un échec, car rien ne résiste à un peuple qui aspire à l'indépendance et à la liberté.

> [Liban] Vous savez, nous reconnaissons le droit d'Israël à la légitime défense, y compris face aux attaques inacceptables du Hezbollah, mais rien ne peut justifier la poursuite des opérations militaires et l'occupation prolongée d'Israël dans la profondeur du territoire libanais. C'est la raison pour laquelle nous avons appelé, évidemment, à un cessez-le-feu, que le Hezbollah cesse d'attaquer Israël, qu'Israël cesse d'attaquer le Liban, et que ce dialogue qui s'est engagé pour la première fois depuis si longtemps entre le gouvernement israélien et le gouvernement libanais puisse se poursuivre. Des réunions sont prévues cette semaine à Washington pour aller vers la restauration de l'autorité de l'État libanais, le désarmement du Hezbollah et le retrait d'Israël du Sud-Liban.

> [Liban] Le président de la République s’est entretenu avec le président Trump dimanche. Moi-même, j'ai échangé avec mes homologues iranien et américain hier, car il est hors de question que le Liban soit en quelque sorte une victime expiatoire d'un accord qui peine à se conclure entre l'Iran et les États-Unis. Ce que nous voulons, c'est que les discussions qui sont prévues cette semaine, entre le gouvernement israélien et le gouvernement libanais puissent se tenir dans les meilleures conditions. Et ça n'aurait pas pu être le cas si Israël avait, je dirais, mis à exécution ses menaces, c'est-à-dire des frappes contre Beyrouth.

> [Liban] J'entends des voix, et notamment en France, qui dénoncent une supposée inaction de la France au Liban. Mais c'est oublier que c'est bien la France qui a appelé, face à cette escalade, à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. Mais bien avant ça, c'est la France qui, la première, s'est tenue aux côtés du peuple libanais et des autorités libanaises en apportant une aide humanitaire d'urgence dès le début de la guerre, et en apportant plus récemment un soutien militaire avec une quarantaine de véhicules blindés. Et ceux qui dénoncent aujourd'hui l'inaction de la France insultent la mémoire des Casques bleus français, l'adjudant Montorio et le sergent-chef Girardin, qui ont donné leur vie au sein du contingent français de la FINUL, de la force des Casques bleus au Liban qui, présents sur place, par leur courage et par leur dévouement, contribuent à faire baisser la pression.

> Chacun est libre de sa ligne éditoriale, mais qu'ouvrir ses plateaux, ses colonnes à Mme Fedorova, c'est tout simplement servir la soupe de Vladimir Poutine, puisque, je crois qu'elle ne s'en cache même pas, elle sert de relais à la désinformation du Kremlin. (…°
Il y a un État de droit. En France, on n'expulse pas les gens sur la base, comme ça, d'opinions. Et donc, il y a un certain nombre de critères qui peuvent déterminer si, oui ou non, il y a un trouble à l'ordre public. C'est d'ailleurs ce qui fait la différence entre la France et la Russie, où on ne s'embarrasse pas de telles précautions pour envoyer ceux qu'on identifie comme des agents de l'étranger ou des opposants politiques au goulag ou dans des colonies pénitentiaires.

> Face à une situation dans laquelle nous ne parvenons plus à garder le contrôle et à maîtriser l'immigration irrégulière, nous avons pris un certain nombre de lois européennes, car c'est un sujet qui ne peut en aucun cas, contrairement à ce que disent les extrêmes, être traité au niveau national. 

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> [Santé mentale des jeunes] Il y aura une organisation, sur le territoire, des professionnels de santé entre eux qui permettra d'avoir un rendez-vous dans les 24-48 heures [avec un psychologue ou un psychiatre]. Il y a le service d'accès aux soins qui permet d'avoir un médecin dans les 24-48 heures quand on n'a pas de médecin traitant et cela marchera de la même façon. Certains territoires sont déjà organisés comme cela. En s'organisant différemment, on arrive à libérer des créneaux pour de l'urgence. (…)
On a doublé le nombre de psychologues depuis 2020, on a augmenté de presque 10% le nombre de psychiatres formés. En 2020, il y avait trois chefs de clinique en pédopsychiatrie, nous en avons 50 qui sont formés et nous continuons évidemment à augmenter – avec l'augmentation liée à la suppression du numerus clausus – le nombre de médecins formés.
Je ne nie pas les difficultés, je connais l'état du système de santé, mais en agissant plus tôt, on évitera des hospitalisations.

> [Psychiatrie] Nous devons avoir cette volonté politique forte, que dans notre pays, il n'y ait plus de contention en 2030. Nous devons aller vers le zéro contention en 2030. Un établissement sur dix en France est engagé dans ce zéro contention, que ce soit à Marseille, à Bordeaux, à Lyon. Il y a des pays, la Norvège, l'Espagne, qui sont à plus de 90% de diminution de leur contention. Pour cela, ce n'est pas uniquement plus de professionnels, il faut un nombre de professionnels adaptés, il faut des locaux adaptés et il faut surtout une formation de toute l'équipe de l'aide-soignante au médecin. Ça prend du temps. Évidemment, ce n'est pas du jour au lendemain, mais nous devons avoir cet engagement collectif.

> [Proposition de loi visant à améliorer la protection et l’accompagnement des parents d’enfants atteints d’un cancer, d’une maladie grave ou d’un handicap / Intervention à l’Assemblée] Je veux remercier les auteurs de cette proposition de loi, ainsi que les parlementaires des deux chambres qui ont contribué à l’enrichir au fil de ses lectures. Le texte que vous examinez aujourd’hui touche à ce qu’il y a de plus essentiel, la capacité de notre société à entourer les familles lorsque la maladie, le handicap ou un accident viennent bouleverser la vie d’un enfant.
Lorsqu’un enfant est atteint d’un cancer ou d’une maladie grave, ce n’est pas seulement une épreuve médicale. C’est une rupture dans le temps familial. Le temps s’arrête brutalement, les priorités basculent. Le travail, les ressources, l’équilibre psychologique, l’organisation du foyer : tout peut vaciller !
Dans ces moments, les familles n’attendent pas des discours. Elles attendent de la simplicité, de la rapidité, de la protection et de la considération. C’est pourquoi le gouvernement partage pleinement l’esprit de cette proposition de loi.
Je veux également saluer le rôle déterminant des associations engagées depuis des années auprès des familles, notamment Eva pour la vie ou Grandir sans cancer, qui portent avec constance une exigence de justice et d’humanité.
Au fil des travaux parlementaires, plusieurs dispositions ont permis de renforcer utilement le texte. Je pense d’abord aux mesures destinées à sécuriser plus rapidement les familles confrontées à une interruption brutale d’activité professionnelle. La possibilité de débloquer de manière anticipée certains contrats d’assurance vie ou plans d’épargne retraite lorsqu’un enfant est atteint d’une maladie grave ou victime d’un accident grave répond à une réalité très concrète : celle de familles qui doivent, du jour au lendemain, faire face à des dépenses imprévues, à des déplacements fréquents, à une diminution de revenus ou à une réorganisation complète de leur vie professionnelle. Cette logique de souplesse et de soutien immédiat mérite d’être saluée.
Je pense également aux dispositions renforçant les droits des proches aidants, notamment la possibilité d’aménagements horaires pour les parents concernés. Permettre à un parent d’accompagner son enfant sans être contraint de choisir entre sa présence auprès de lui et le maintien de son emploi constitue un enjeu humain, social et économique majeur. Le gouvernement soutient pleinement la conciliation entre vie familiale et professionnelle.
Le texte vise aussi à réduire la charge administrative qui pèse sur les familles. L’annonce d’une maladie grave s’accompagne trop souvent d’un parcours administratif complexe. Les évolutions de l’article 4, qui visent à mieux identifier les dossiers urgents au sein des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) pour accélérer le traitement des demandes d’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) vont dans le bon sens.
Cette mesure complète le travail engagé par le gouvernement pour simplifier les démarches des personnes en situation de handicap et réduire les délais de réponse.
Nous devons collectivement faire en sorte que les familles puissent se consacrer à leur enfant plutôt qu’à la gestion des dossiers, des justificatifs et des relances administratives. Plusieurs dispositions visent par ailleurs à mieux accompagner les conséquences psychologiques et cognitives des pathologies graves.
L’ajout d’une prise en charge des bilans neuropsychologiques réalisés en ville pour certains enfants atteints d’une affection de longue durée répond à des situations médicales bien identifiées, notamment celles des enfants atteints de tumeurs cérébrales.
L’objectif d’éviter que le reste à charge ne constitue un frein à l’évaluation des troubles cognitifs ou du développement est légitime. Le gouvernement sera néanmoins attentif à ce que les critères d’éligibilité et les conditions de prise en charge soient précisément définis, en lien avec la Haute autorité de santé (HAS), afin de garantir la pertinence médicale et l’équité du dispositif.
Si le gouvernement partage l’intention profondément louable de cette proposition de loi, il souhaite également rappeler plusieurs points de vigilance. Dès lors que l’on traite de questions d’ordre social ou médico-social, l’exigence d’humanité doit toujours s’accompagner d’une exigence de cohérence et d’équité. Or certaines dispositions peuvent conduire à des différences de traitement entre des familles confrontées à des situations pourtant tout aussi lourdes. L’application concrète d’autres dispositions soulève des interrogations, notamment lorsque des mécanismes automatiques risquent de créer des situations d’indus, de complexité administrative supplémentaire ou d’inégalités territoriales.
Notre responsabilité collective est double : répondre l’urgence des familles, sans fragiliser l’équilibre global des dispositifs de solidarité.
Enfin, je veux dire un mot de l’article relatif au répit des aidants. La création d’un crédit d’impôt visant à soutenir le recours à un suppléant pendant des périodes de vacances ou de repos traduit une réalité trop souvent oubliée : les parents aidants ont eux aussi besoin de souffler, de préserver leur équilibre et, parfois, simplement de tenir dans la durée. Le répit est devenu un enjeu majeur de santé publique et de soutien aux aidants.
La proposition de loi porte une ambition profondément humaine. Elle nous rappelle que derrière chaque dispositif, chaque allocation, chaque délai administratif, il y a des familles qui traversent parfois l’épreuve la plus difficile de leur vie.
Le gouvernement en partage pleinement l’esprit. Il faut encore sécuriser, préciser ou adapter certaines dispositions pour en garantir l’effectivité et nous continuerons à travailler à cette fin avec le Parlement dans un objectif commun : mieux protéger et mieux accompagner les familles.

> [Thérapie géniques / Intervention à l’Assemblée] Les thérapies géniques, qui font partie du groupe des médicaments de thérapie innovante ; la compétitivité de la recherche clinique française, en particulier dans ce domaine soumis à de fortes contraintes réglementaires et associé à des coûts très élevés de production.
En matière de thérapies géniques, la France, grâce à son expertise, reste pourtant l’un des pays les plus actifs d’Europe. Dans ce contexte très stratégique et compétitif, elle s’est dotée d’une stratégie d’accélération concernant les biothérapies et médicaments de thérapie innovante, afin de répondre à des enjeux qui touchent la recherche mais aussi la souveraineté industrielle, la formation. Les financements sont au rendez-vous ; néanmoins, vous avez raison de poser la question de l’accès aux essais cliniques, essentielle au sein de cette stratégie.
En lien avec l’ANSM, mon ministère a récemment instauré, pour les essais consacrés aux maladies rares et thérapies innovantes, une procédure réglementaire accélérée, réduisant à quatorze jours les délais d’autorisation –⁠ ANSM et comité de protection des personnes. Toujours au sein du ministère de la santé, la nouvelle direction consacrée à la recherche, à l’innovation et au numérique en santé qui verra très prochainement le jour aura pour mission d’accélérer cette recherche – de concert avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche – et de faciliter l’accès aux médicaments de thérapie innovante. Enfin, j’ai pu constater hier, lors du sommet Choose France, à l’occasion d’échanges avec des industriels, que ces derniers continuent d’investir en France, créent des emplois liés à ces thérapies innovantes, mettant notamment en avant l’expertise de nos scientifiques, que je remercie.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> [Maîtrise des finances publiques / Intervention au Sénat]
Malheureusement, nous sommes entrés dans une ère où les tempêtes se succèdent, année après année : guerre commerciale des États-Unis, guerre dans le Golfe persique... On ne reviendra pas au temps de la géopolitique calme des années 2000.
Nous devons donc protéger les Français qui sont en première ligne face à l'augmentation du prix du pétrole, mais aussi permettre aux gouvernements futurs de continuer à le faire. C'est pourquoi nous ne pouvons pas faire exploser la dette publique et le déficit.
Évidemment, tout le monde ne peut que partager cette position. Mais, en matière de finances publiques, il y a plus de croyants que de pratiquants, sur tous les bancs.
Ce Gouvernement fait des choix difficiles. Il a ainsi choisi de cibler les entreprises des secteurs en première ligne, sans toucher aux allègements généraux de l'ensemble des entreprises.
Autre choix difficile : soutenir les travailleurs des classes populaires et moyennes qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, plutôt que de baisser la fiscalité sur les carburants pour tous.
Nous avons déjà engagé 4 milliards d'euros d'économies, sur les 6,2 milliards d'euros que nous coûte la crise. D'autres mesures seront prises si ce coût était amené à s'alourdir.

> Comme annoncé, nous poursuivons la transparence sur les recettes fiscales liées aux carburants tous les 10 jours. Depuis le début de la guerre par rapport à la même période l’année dernière : les recettes reculent de 40 millions d’euros (+302 millions d’euros pour la TVA, -342 millions d’euros pour les accises en raison de la baisse de la consommation). En face : 1,4 milliard d’euros d’aides d’urgence annoncées. À ce jour, 636 500 personnes ont demandé à bénéficier du dispositif d’aide grands rouleurs. Les effets de la crise continuent de peser directement sur les recettes fiscales. Il n’y a pas, et il n’y a jamais eu, de « cagnotte ».

> j'ai signé le contrat d'objectifs et de performance 2026-2028 de l'UGAP avec son président-directeur général, Edward Jossa, en présence des membres du conseil d'administration, des collaborateurs de l'UGAP, de la Direction des Achats de l'État et des services de l'État. Parce que la commande publique est un sujet politique, ce COP ne se limite pas à des objectifs de gestion. Il fixe une orientation. Trois priorités pour les trois prochaines années : la souveraineté industrielle et numérique, avec la valorisation des solutions françaises et européennes dans les marchés publics ; une performance-prix exigeante et transparente, déjà illustrée par la mise en place d'un dispositif d'alerte-prix et complétée par la publication des enquêtes de satisfaction ; une politique d'achat responsable, social et écologique. L'objectif : une commande publique plus souveraine, plus simple, plus efficace.

 

Marina Ferrari (ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative)
> [Violences en marge de la victoire du PSG] Nous sommes tous excédés par les images que nous avons vues. Beaucoup de choses ont été faites, parce que moi je tiens à saluer le travail des forces de l'ordre. Les forces de l'ordre ont fait un travail remarquable. (…) Il y a eu « 45 % d’interpellations en plus. Maintenant c'est la justice qui doit faire son travail avec des peines sévères. Nous ne lâchons rien sur le sujet. Et il faut absolument continuer. (…) Aujourd’hui, nous appliquions un principe simple : qui casse doit aussi payer. (…)
On est aujourd'hui, je pense, confrontés à des personnes qui veulent en découdre avec les forces de l'ordre. Ce n'est pas spécifique à la France, on l'a vu dans d'autres mouvements, dans d'autres pays, mais c'est vrai que c'est un phénomène qui aujourd'hui s'installe en France et contre lequel nous sommes extrêmement mobilisés.

> Les jeunes filles, les petites filles, les femmes aussi, malheureusement, c'est tout le sport qui souffre d'un manque de féminisation. (…) C'est une des grandes thématiques qui m'occupe beaucoup au ministère des Sports. 

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Je salue l’adoption au Sénat du projet de loi sur la régulation de l’enseignement supérieur privé. C’est une étape importante et attendue qui a été franchie. Protection des apprentis, extension de Qualiopi, clarification des règles d’ouverture des organismes de formation privés : ce texte est fondé sur le principe clair de régulation par la qualité pour garantir des règles lisibles et équitables pour tous. Le débat parlementaire doit désormais se poursuivre à l’Assemblée nationale.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> Protéger la santé des Français est une priorité absolue du Gouvernement. Sur le cadmium, nous agissons avec détermination : nous réduisons l'usage des engrais et en limitons la teneur selon une trajectoire réaliste, européenne et soutenable, pour garantir à la fois notre santé et notre souveraineté alimentaire.

> L’adoption du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles par l’Assemblée nationale permet d’apporter des réponses concrètes à nos agriculteurs ainsi que des progrès environnementaux, notamment en matière de qualité de l’eau.

> [Proposition de loi sur l’interdiction de la vaisselle en plastique dans la restauration collective accueillant du jeune public et liée à la petite enfance / Intervention à l’Assemblée] Le texte que nous examinons est un texte de cohérence, de responsabilité et de protection. Je veux singulièrement vous remercier, madame la rapporteure. Je salue l’ensemble des groupes qui ont bien voulu inscrire ce texte à l’ordre du jour et plusieurs députés qui ont joué un rôle remarquable dans l’élaboration de la proposition de loi : Mme Riotton, M. Thierry, M. Delautrette Mme Pannier-Runacher.
C’est un texte de cohérence, parce qu’il s’inscrit dans le prolongement direct des choix que le Parlement a faits depuis plusieurs années pour réduire utilisation du plastique dans notre quotidien et protéger les publics les plus vulnérables ; un texte de responsabilité, parce qu’il apporte la sécurité juridique nécessaire à une politique publique dont personne ne conteste désormais la légitimité ; un texte de protection, enfin, parce qu’il concerne la santé de nos enfants, des nourrissons, des femmes enceintes et de tous ceux que la puissance publique a le devoir particulier de protéger.
Le gouvernement soutient donc pleinement cette proposition de loi. L’unanimité ou en tout cas la convergence sur les bancs de l’Assemblée est importante : ces enjeux doivent nous rassembler au-delà des clivages politiques.
Depuis plusieurs années, la France a fait le choix d’être à l’avant-garde de la réduction de l’usage du plastique. Les choix effectués dans la loi Egalim puis dans la loi Agec n’étaient ni symboliques ni accessoires. Ils répondaient à une préoccupation de santé publique et à une exigence environnementale.
Nous connaissons la place considérable que les plastiques occupent dans notre environnement quotidien et nous savons que certaines substances entrant dans leur composition peuvent migrer au contact des aliments. Face à ces constats, le législateur a fait le choix de la prudence et de la protection. Le gouvernement partage pleinement cette approche. Lorsqu’il s’agit de l’alimentation des enfants, des publics les plus sensibles, nous devons toujours privilégier le plus haut niveau de protection possible.
Les collectivités territoriales se sont saisies de cette ambition et je les en remercie. La transition écologique et la protection de la santé environnementale ne sont à l’évidence pas uniquement l’affaire de l’État mais un continuum entre l’ensemble des pouvoirs publics et nos concitoyens.
L’action des collectivités démontre qu’une transition écologique concrète est possible lorsqu’un cap clair est fixé et que chacun se met en mouvement. Elle démontre également que les acteurs de terrain ont besoin de stabilité et de visibilité. C’est précisément ce que vise le texte qui nous est présenté aujourd’hui.
En effet, les difficultés apparues récemment ne portent pas sur l’objectif poursuivi par le législateur, mais sur la manière dont certaines dispositions ont été interprétées et mises en œuvre. La notion de « contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service » a suscité des interrogations quant à son périmètre exact. Afin d’éclairer cette question, le Conseil national de l’alimentation (CNA) a conduit un important travail de concertation associant l’ensemble des parties prenantes. Son avis, adopté à l’unanimité, a retenu une interprétation large et cohérente du dispositif voté par le Parlement.
Le gouvernement en a tiré toutes les conséquences par décret en janvier 2025. Ce décret, comme l’a rappelé Mme le rapporteur, a fait l’objet de recours contentieux. Le Conseil d’État a considéré qu’il aurait dû être préalablement notifié à la Commission européenne. Nous le ferons quand ce texte, adopté par votre assemblée et le Sénat, sera devenu loi de la République. Ainsi, nous éviterons de nouvelles difficultés juridiques.
Constatant cette absence de notification, le Conseil d’État a annulé partiellement la partie du décret relative aux définitions, tout en conservant les dérogations qui permettent de répondre à des exigences sanitaires et opérationnelles. Je veux être clair : le Conseil d’État n’a pas remis en cause le principe même de l’interdiction du plastique dans les cantines. Il n’a pas davantage remis en cause l’objectif poursuivi par le législateur. Sa décision repose sur une question procédurale. Comme Mme le rapporteur, je ne peux que regretter ce qui a été intenté, au regard des impératifs de santé publique sous-jacents.
Cette décision a de fait créé une incertitude juridique, qui doit être levée. C’est tout le sens de cette proposition de loi. Le gouvernement considère en effet qu’il serait incompréhensible que les efforts consentis depuis plusieurs années, notamment par les collectivités territoriales, soient fragilisés par une difficulté de procédure. Afin d’en garantir la robustesse juridique, le gouvernement notifiera ce texte à la Commission européenne dès son adoption par l’Assemblée nationale, conformément aux exigences du droit européen. Nous voulons ainsi assurer la pleine effectivité de la volonté du législateur dans le respect de nos engagements européens.
Parce que nous souhaitions avancer rapidement, la procédure accélérée a été engagée le 20 mai dernier. C’est la raison pour laquelle le gouvernement sera défavorable à l’ensemble des amendements. Il souhaite une adoption conforme entre les deux chambres afin que cette clarification puisse entrer en vigueur dans les meilleurs délais. Je ne serai pas plus long. Je tiens à saluer l’ensemble des volontés politiques qui concourent à cet objectif, que j’espère unanime, de politique publique. Cette proposition de loi est plus que bienvenue. Elle apportera la clarté juridique indispensable à l’assurance de la protection environnementale de nos concitoyens.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> [Salaires / Intervention au Sénat]
Compte tenu de l'inflation importée liée au blocage du détroit d'Ormuz, le Smic vient, en effet, de connaître une augmentation automatique de 2,41 %. Soulignons que ce système d'indexation protège au moins les salariés rémunérés au Smic.
Reste qu'il faut s'interroger sur toute la grille des salaires - vous avez raison. La loi est claire : la responsabilité de la négociation des salaires revient aux branches et aux entreprises. Dans les entreprises, elle prend la forme de la négociation annuelle obligatoire, qui peut comprendre une clause de revoyure - c'était le cas dans mon entreprise.
Les branches sont tenues de fixer le minimum conventionnel au moins au niveau du Smic. Depuis trois jours, 126 d'entre elles sont en dessous : elles ont quarante-cinq jours pour ouvrir des négociations.
J'ai réuni la semaine dernière un comité national des salaires et insisté sur la nécessité de respecter ce planning. Tous les partenaires se sont montrés d'accord pour négocier.
Enfin, l'article 20 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 prévoit une pénalité pour les branches qui ne respecteraient pas cette obligation au bout d'un an, sous forme de baisse des allégements généraux de charges.

> [Accidents du travail / Intervention à l’Assemblée] Aucun jeune ni aucun salarié ne devrait mourir ni être victime d’une blessure grave dans le cadre de son travail. C’est un drame à chaque fois, et ce sont des drames évitables : si les règles de prévention étaient strictement respectées, ils pourraient tous être évités.
Les statistiques exposent l’ampleur du sujet : 764 décès au travail en 2024, cinq de plus qu’en 2023, c’est beaucoup trop. Même si le nombre global d’accidents du travail a diminué, le nombre d’accidents mortels a augmenté. S’agissant du cas particulier des mineurs, l’inspection du travail a signalé quatre décès en 2023, deux en 2024 et cinq en 2025. Des accidents mortels ont effectivement touché des jeunes gens cette année, notamment le 17 avril à Bagnols-sur-Cèze. Nous avons souhaité réagir immédiatement avec le ministre de l’éducation nationale et la ministre déléguée chargée de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle. Les inspections ont été dépêchées afin de disposer immédiatement de l’analyse et des recommandations afin que dans le cadre de stages d’observation, les jeunes ne soient pas exposés à des risques professionnels.
L’inspection du travail se mobilise sur ce sujet. En 2025, 90 000 suites à intervention ont été recensées, soit 300 par jour, c’est considérable. Ce travail de vérification et de contrôle est absolument indispensable. L’inspection du travail joue aussi un rôle de prévention en intervenant dans les CFA pour  sensibiliser les apprentis.
Je me suis rendu sur le terrain le 28 avril, dans un chantier de BTP, car comme vous l’avez relevé, bien que les entreprises du BTP s’organisent avec un office spécifiquement consacré à la santé au travail, nous savons qu’il faut être très vigilants s’agissant de cette activité. J’ai pu échanger avec les compagnons et les employeurs sur ces chantiers. S’agissant des risques liés à la chaleur intense, j’étais vendredi dernier sur un chantier de rénovation de bâtiment public en région parisienne et nous avons à nouveau parlé de la prévention en cas de grande chaleur.

 

Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la Justice)
> [Narcotrafic / Intervention à l’Assemblée] Donner à l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) –
 qui dépend des deux ministères de la justice et des comptes publics – les moyens de sa mission face au narcotrafic est un sujet de consensus national, raison pour laquelle le gouvernement a engagé la procédure accélérée sur ce texte, dont il a souhaité l’inscription rapide à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.
Je remercie le rapporteur Jean-Luc Warsmann, père de l’Agrasc, d’avoir imaginé les outils que des agents courageux, issus de divers ministères, utilisent pour faire en sorte que le crime ne paie plus ou en tout cas qu’il paie beaucoup moins.
Ensemble, gouvernement et Parlement doivent faire œuvre utile pour l’Agrasc, ses agents, la justice et la sécurité des Français. En effet, la menace que représente la criminalité organisée, notamment le narcotrafic, traverse nos frontières, infiltre nos quartiers, s’installe dans notre vie quotidienne et, pire encore, dans notre économie. Des communes les plus modestes aux grandes métropoles, les élus de terrain que nous sommes savons que toute la France affronte cette violence –
 qui peut être qualifiée d’ultraviolence – comme l’affrontent également tous les pays occidentaux, qui connaissent les mêmes difficultés que nous.
Une violence économique, une contre-société du profit sans loi, le narcotrafic est, au fond, un capitalisme sans règle, un amour exclusif de l’argent sans l’État de droit, une société parallèle, dépourvue de scrupules, dont la seule boussole est l’appât du gain. Florent Boudié parlerait de l’argent qui corrompt jusqu’au cœur des hommes. Derrière les fusillades et les règlements de compte, il y a la logique claire de l’hyperprofit, à n’importe quel prix, fût-ce celui de la vie humaine, parfois celle d’enfants que l’on torture dans les caves parce qu’ils ne rapportent pas assez ou veulent fuir ceux qui les obligent à tenir des points de deal.
Voilà le visage du crime organisé : protéiforme, cynique et animé par la seule obsession de l’argent.
Face à cela, nous n’avons pas détourné le regard. Nous sommes à la veille du 1er anniversaire de la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic, très largement adoptée le 13 juin 2025. Grâce à ce texte, nous avons frappé fort en engageant une réforme de fond. Nous avons repensé ensemble notre organisation pour lutter contre la criminalité organisée, armé les acteurs judiciaires, créé le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), qui a désormais pour objectif de lutter contre l’économie souterraine des organisations criminelles, et nous avons ouvert des prisons de haute sécurité.
À présent, nous devons concentrer nos efforts sur l’argent, nerf de la guerre ! « Follow the money » disait feu le juge Falcone. L’assèchement des organisations criminelles doit devenir notre priorité absolue car, tant que le crime paie, qu’il peut blanchir, réinvestir et transmettre, l’hydre trouve toujours le moyen de renaître.
Les magistrats mènent ce combat et sont, de ce fait, parfois menacés par le crime organisé. Je les remercie comme je remercie les services enquêteurs de la police, de la gendarmerie, des douanes et de l’administration fiscale, ainsi que l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués, créée en 2010.
Cette noble institution, souvent discrète mais essentielle, est devenue un pilier de notre politique pénale. Elle incarne l’idée simple, mais puissante, selon laquelle chaque euro du crime doit revenir à la nation. Après de nombreux déplacements à l’étranger, je peux témoigner que de nombreux pays souhaitent copier cette invention française, dont vous êtes le père, monsieur Warsmann. L’Agrasc améliore les saisies et, plus encore, les confiscations.
Pour vaincre le crime organisé, nous devons le priver d’oxygène –
 c’est-à-dire d’argent –, couper les flux financiers, saisir les biens et récupérer les profits : c’est ainsi que nous briserons la chaîne de l’impunité.
L’Agrasc est un outil stratégique, performant et désormais indispensable aux juridictions. Son bilan pour 2025 atteste que celles-ci sont désormais entrées dans une très bonne dynamique en la matière. Le rapport du sénateur Lefèvre, disponible sur le site du Sénat, fait état de plus de 1,6 milliard d’euros saisis, 200 millions confisqués et de très nombreux cryptoactifs gelés pour un montant supérieur à 10 millions d’euros. En 2024, le montant des saisies dépasse de plus de 200 millions d’euros celui de 2023 ; dans le détail, 6 600 biens ont été vendus, 4 611 biens ont été affectés aux services enquêteurs et aux services judiciaires, 188 biens immobiliers confisqués ont été vendus pour 40 millions d’euros. Le crime ne doit plus payer mais –
 je l’ai dit à la directrice de l’Agrasc – nous devons améliorer le rapport entre les saisies et les confiscations.
Ces fonds saisis sont restitués à la collectivité et, plus précisément, au budget de l’État, aux forces de l’ordre, à la lutte contre les addictions, la traite des êtres humains et le proxénétisme et, évidemment, aux victimes. À titre d’exemple, en 2025, plus de 4 000 véhicules, biens meubles, ont été réaffectés aux services de police, de gendarmerie ou du ministère de la justice.
Cette réussite est due à la loi Warsmann du 24 juin 2024, qui a fait de la confiscation non plus une exception mais un réflexe judiciaire. Je vous remercie une nouvelle fois, monsieur le rapporteur, pour votre œuvre au service du ministère de la justice. Il appartient désormais aux procureurs d’avoir le réflexe de confisquer, ce que je rappelle dans chacune de mes circulaires de politique pénale.
Cette efficacité a un prix ; l’Agrasc gère désormais des biens plus nombreux, plus complexes, plus volatiles, tels les cryptoactifs, les véhicules, des biens de luxe, comptes bancaires et participations financières dont le spectre s’est considérablement étendu. C’est pourquoi, vous-même et le sénateur Lefèvre avez raison de vouloir lui donner plus de moyens pour agir, s’adapter et être plus agile. Nous accompagnons votre souhait puisque l’Agrasc est une des agences qui enregistrent une hausse de leurs effectifs dans le budget que j’ai l’honneur d’exécuter.
Il est nécessaire de renforcer l’Agrasc. La proposition de loi répond à cette exigence en apportant des solutions concrètes à certains blocages opérationnels bien identifiés –
 biens de faible valeur dont la conservation coûte plus cher à l’État que ce qu’ils pourraient rapporter ; procédures trop longues exposant l’État à des risques financiers ou à des contentieux ; volatilité de certains actifs, notamment numériques, qui fragilise l’équilibre des procédures ; inexécution de décisions de confiscation, faute de mécanismes adaptés.
L’exécution provisoire des décisions de vente avant jugement de biens meubles corporels constitue une mesure importante de cette proposition de loi. Elle autorisera l’Agrasc à vendre un bien meuble corporel au meilleur prix, le plus rapidement possible après sa saisie, afin d’assurer sa valeur et d’éviter sa dépréciation. Elle permettra aussi de diminuer les coûts de conservation et de gardiennage des immeubles –
 j’ai en mémoire un immeuble dont le coût de conservation s’élève à 1 million par an, ce qui n’est pas une bonne chose pour les deniers publics – et des véhicules automobiles pesant sur les juridictions. Même si nous avons diminué ce dernier poste de près de 20 % en un an, des progrès restent à accomplir en la matière. Enfin, cette disposition permettra de diminuer les frais de gestion des biens atypiques – avions ou bateaux – qui pèsent sur les juridictions ou sur l’Agrasc.
Sur tous ces points, votre texte propose les réponses pragmatiques demandées par les agents de terrain. Sans remettre en cause les garanties fondamentales, il cherche à mieux articuler efficacité pénale, bonne gestion des deniers publics et sécurité juridique. Autant de mesures de bon sens, qui vous ressemblent, monsieur le rapporteur, et que le gouvernement soutiendra pleinement.
Très concrètement, si le texte est adopté, l’Agrasc gagnera en efficacité et notre réponse pénale sera plus rapide et plus crédible. Nous protégerons mieux les victimes, en leur restituant plus facilement les sommes saisies en cas d’escroquerie, en les informant sur la possibilité d’être indemnisées sur les biens confisqués et en les associant à la détermination des biens ayant servi à commettre l’infraction. Grâce aux travaux de la commission des lois, ces biens seront désormais mieux identifiés.
Nous éviterons ensuite des coûts inutiles en autorisant la destruction des biens de faible valeur plutôt que de payer des années de gardiennage pour des véhicules parfois invendables. Au 30 septembre 2025, les frais annuels de gardiennage des véhicules du ministère de la justice s’élevaient déjà à 27 millions d’euros !
Les procédures seront accélérées : les juges devront ordonner l’exécution provisoire des ventes, sans attendre la fin des recours, et les cryptoactifs pourront être vendus dès leur saisie pour neutraliser toute volatilité. Ces mesures, simples et concrètes, visent à faire en sorte que chaque euro saisi, chaque bien confisqué, chaque décision de justice produise ses effets.
Par ailleurs, la commission des lois a étendu les possibilités d’affectation avant jugement des biens meubles saisis à l’ensemble des agents des services placés sous l’autorité de mon ministère ainsi qu’à la douane administrative. C’est une excellente mesure pour saluer l’engagement de tous les services qui concourent concrètement à l’effort commun.
Je pense en particulier à l’administration pénitentiaire et à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).
Nous aurons l’occasion de débattre du sujet des experts, réapparu en commission, et j’espère que nous trouverons un compromis sur ce point.
Le dispositif doit trouver des moyens d’action puissants pour être efficace. Je vous proposerai un amendement n° 62 visant à transposer dans notre droit la directive européenne du 24 avril 2024 relative au recouvrement et à la confiscation d’avoirs, étant observé que cette transposition doit impérativement intervenir avant novembre 2026.
Si notre droit est déjà largement conforme aux exigences européennes en la matière, ce dont nous pouvons nous réjouir, certains ajustements législatifs doivent être apportés. Ainsi, la peine de confiscation doit être généralisée pour l’ensemble des délits punis d’un an d’emprisonnement, tandis que les outils de coopération entre les bureaux des avoirs criminels –
 soit, en France, la plateforme d’identification des avoirs criminels (Piac) et l’Agrasc – doivent être renforcés. La Piac doit pouvoir geler en urgence des biens très volatiles dans l’attente de la formalisation d’un certificat de gel, sur le modèle du droit d’opposition de Tracfin.
Enfin, les droits des personnes concernées doivent être renforcés, en particulier s’agissant des tiers à la procédure, qui détiennent des droits sur un bien saisi ou confisqué. L’ensemble de ces ajustements contribuent à améliorer notre dispositif de saisie et de confiscation des avoirs criminels.
Enfin, cette proposition de loi s’inscrit dans une stratégie plus large de refondation de la lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée. En neuf mois, nous avons inauguré un parquet national anti-criminalité organisée composé de soixante magistrats et agents ; en sept mois, nous avons construit deux prisons de haute sécurité. Toutes les autorités de recours en ont validé la constitutionnalité et la conventionnalité.
Nous avons aussi renforcé les juridictions interrégionales spécialisées (Jirs) et les infra-Jirs sur tout le territoire en créant une centaine de postes de magistrats supplémentaires. Dans certaines régions –
 je pense à la Corse –, nous avons considérablement renforcé les moyens des services d’enquête.
Mais si nous interpellons beaucoup et si nous saisissons de grandes quantités de drogue, nous saisissons trop peu d’argent ou de biens. J’en profite pour remercier des pays comme le Maroc ou les Émirats arabes unis, qui coopèrent désormais avec notre pays en matière de saisie et de confiscation, ce qui n’était plus le cas depuis plus de vingt ans.
Après avoir créé le Pnaco et les quartiers de lutte contre la criminalité organisée et lancé la nouvelle diplomatie qui nous permet d’obtenir des saisies et des confiscations à l’étranger, nous allons pouvoir améliorer l’action de ce partenaire privilégié qu’est l’Agrasc et donner ainsi toute leur puissance opérationnelle aux saisies et aux confiscations. Lutter contre la drogue et la criminalité organisée, c’est refuser que le crime paie en donnant à la justice les moyens de frapper juste, vite et fort.
L’Agrasc se situe aujourd’hui au cœur de cette bataille. La renforcer, c’est renforcer l’État et raviver la confiance de nos concitoyens en une justice qui protège, agit et tient bon. Nous soutiendrons cette proposition de loi et le gouvernement contribuera à l’améliorer. Je n’imagine pas un seul instant qu’un groupe politique puisse être défavorable à votre proposition, monsieur le rapporteur.

 

Serge Papin (ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Budget de l’Education nationale]
Oui, la jeunesse est une priorité : le budget de l'éducation nationale a augmenté et nous créons cette année 8 000 postes pour recruter les futurs professeurs. Dans Parcoursup, 85 000 étudiants ont candidaté à la nouvelle licence de professorat des écoles, soit dix candidats par place. L'école attire : c'est une bonne nouvelle.
Nous ne pouvons pas ne pas tenir compte de la démographie à long terme, alors que nous avons perdu 600 000 élèves en cinq ans et que nous allons en perdre 1,7 million au cours des dix prochaines années.
Mais on ne peut pas se contenter de la logique de double annualité : scolaire et budgétaire -  je vous rejoins. Et on ne peut pas annoncer en mars qu'une classe va fermer en septembre, au maire qui l'a rénovée il y a deux ans...
J'ai donc lancé, dans dix-huit départements, une expérimentation visant à élaborer une offre scolaire, et une carte scolaire associée, à horizon cinq ans, avant d'en déduire ensuite les moyens nécessaires - c'est un changement de logique. C'est une politique d'aménagement du territoire par l'école et autour de l'école.
Vous évoquez un pachyderme disparu : mais l'éducation nationale est le ministère dont l'administration est la plus légère au regard du nombre de personnels gérés. Et ce, par comparaison avec les administrations non seulement françaises, mais aussi européennes ! Ce n'est pas là que l'on pourra tailler.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Campus connectés / Intervention à l’Assemblée] Les campus connectés permettent d’offrir de réelles opportunités à de jeunes étudiants éloignés de l’enseignement supérieur par la distance géographique les séparant des grands centres universitaires. C’est un moyen d’inscrire une réussite étudiante au sein des territoires. Ils sont d’ailleurs fortement soutenus par les collectivités territoriales, qui fournissent des moyens financiers et parfois des ressources humaines. Au vu de la réussite du dispositif, nous avons souhaité l’installer dans la durée et en 2026, nous consacrons 2 millions d’euros à son renouvellement, l’État apportant jusqu’à 50 % du financement, qui peut atteindre 50 000 euros par an.
Nous visons un refinancement total, à hauteur de 12 millions d’euros, sur la période 2026-2028. Mon engagement est complet sur ce point. C’est l’un des dispositifs, mais pas le seul, destinés à soutenir la déconcentration de l’enseignement supérieur au plus proche des territoires.
S’agissant du campus de Villeneuve-sur-Lot, l’université de Bordeaux a en effet engagé tardivement et unilatéralement une réflexion sur son engagement dans ce dispositif. Des échanges sont en cours entre la région académique Nouvelle-Aquitaine et l’université de Bordeaux afin d’assurer la poursuite du projet. Ce dernier pourrait s’appuyer davantage sur les services de l’éducation nationale au niveau local afin de partager certaines fonctions de gestion et de pilotage. Les discussions vont s’engager sur ce fondement. Si cette solution n’aboutissait pas, d’autres pistes seront naturellement recherchées, notamment la possibilité d’une association avec un autre établissement.
Le gouvernement étant soucieux de garantir l’accès de toutes et de tous à l’enseignement supérieur, vous pouvez compter sur notre engagement en faveur de l’ensemble de ces dispositifs.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Violences en marge de la victoire du PSG / Intervention à l’Assemblée] Moi, je ne comprends pas, en tant que citoyenne, que je puisse me retrouver dans l’obligation de payer pour une minorité qui pille des commerces ou brûle des voitures. (…) Ceux qui cassent doivent payer, y compris lorsque ça amène l’État à prélever les sommes dues sur les allocations sociales. Plus personne ne comprend que l’immense majorité paie, dans un contexte budgétaire extrêmement contraint, pour les agissements intolérables d’une minorité. Si cela doit passer par les faire payer au cas par cas, indépendamment de leur situation personnelle ou familiale, y compris si cela doit nous amener à prélever les sommes dues sur les prestations sociales versées, il faut le faire.

 

Sébastien Martin (ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique chargé de l’Industrie)
> [Coût du travail / Intervention à l’Assemblée] Concernant la question du coût du travail dans notre pays et de la compétitivité de nos entreprises, je veux rappeler que parmi les éléments qui fondent l’attractivité de notre pays auprès des chefs d’entreprise –
 et ceux qui étaient présents à Choose France le rappellent allègrement –, la qualité de la main-d’œuvre française compte énormément. Ne nous dévalorisons pas.
Notre coût du travail est sans doute supérieur à celui d’autres pays, mais il reste inférieur à celui de notre grand voisin industriel qu’est l’Allemagne. Cela démontre qu’un coût du travail important n’empêche pas d’être performant en matière industrielle.
Un autre élément important est la qualité de notre recherche et développement. La qualité de notre recherche est un élément important de la compétitivité du site France, et c’est pourquoi il était indispensable que le crédit impôt recherche soit maintenu dans le cadre des débats budgétaires et des arbitrages rendu par le premier ministre.
Quant à notre système de protection sociale, il a sans doute effectivement beaucoup pesé sur la compétitivité de nos entreprises. C’est la raison pour laquelle nous avons réduit de 20 milliards d’euros par an l’impôt sur les sociétés et les impôts de production au cours des deux quinquennats –
 la baisse engagée sous le précédent quinquennat a été confirmée sous celui-ci – afin de renforcer la compétitivité de nos entreprises.
Enfin, nous agissons au niveau européen. Il faut qu’enfin l’argent public des Européens aille aux projets européens. C’est pourquoi nous défendons la préférence européenne et le contenu local dans le cadre des discussions sur l’Industrial Accelerator Act.

 

Anne Le Henanff (ministre déléguée auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique)
> [G7 numérique / Intervention à l’Assemblée] le G7 numérique présidé par la France avait été un succès. C’est une réalité. Nous y avons obtenu des avancées concrètes, que je ne citerai pas toutes. J’en mentionne néanmoins certaines, car elles sont stratégiques : une vision commune de l’open source, partagée par tous, qui nous permettra de démocratiser l’arrivée de l’IA dans nos sociétés mais également d’être plus souverains ; des outils d’autoévaluation permettant de mesurer la maturité de l’IA et de favoriser son développement rapide dans les entreprises et dans tous les pans de la société ; surtout, l’adoption de principes communs en matière de protection des mineurs en ligne. Ce sujet a pris une dimension internationale lors du G7 numérique qui s’est tenu vendredi dernier ; ce n’était pas le cas jusqu’alors.
Comment la France peut-elle avoir et garder une position de leader en matière d’intelligence artificielle ? D’une part, nous devons continuer ce que nous avons commencé à bien faire, à savoir appliquer le plan « Osez l’IA », qui vise à diffuser l’IA partout dans la société. D’autre part, nous devons poursuivre le développement d’infrastructures sur notre sol, pour l’ensemble de la chaîne de valeur. Un data center correspond à un ensemble de couches, et il faut que nous soyons autonomes pour un maximum de ces couches. C’est ce qui nous permettra d’être souverains.
Pour cela, nous disposons de dispositifs et de moyens. Choose France nous permet d’attirer des investisseurs étrangers qui veulent nous aider à être autonomes s’agissant des data centers. Nous mobilisons d’autres dispositifs français, comme le plan France 2030.
Bien évidemment, nous ne pourrons pas être leader en limitant notre action au territoire national. Il faut absolument que la France soit très présente au niveau européen –
 j’agis précisément en ce sens. De gros programmes sont attendus. En outre, à la faveur de la présidence française du G7, qui se poursuit jusqu’à décembre, nous comptons bien continuer à faire évoluer les décisions qui pourront être prises dans ce cadre.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Je suis favorable à une immigration choisie fondée sur des quotas et des critères clairs. Nos pépites comme Mistral ont besoin de talents et d’ingénieurs. Mais ceux qui n’ont pas vocation à rester sur le territoire doivent partir.

> Avec le règlement retour, l’Europe fait le choix de la fermeté, de la maitrise de son immigration, du contrôle des frontières extérieures. J’en ai fait une priorité en tant que ministre: c’est une bonne nouvelle qui répond aux exigences démocratiques de nos citoyens.

> La France salue l’accord trouvé entre l’Ukraine et la Hongrie sur les droits de la minorité hongroise en Ukraine. Cette avancée significative permettra de débloquer l’avancée du processus d’adhésion à l’Ukraine et la Moldavie.

> La Hongrie est de retour dans la famille européenne ! Nous travaillerons à renforcer nos relations bilatérales et porter une ambition européenne commune.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> La Hongrie a choisi de renouer pleinement avec son destin européen. C'est une excellente nouvelle pour son peuple et pour l'Europe. J'ai reçu aujourd'hui Peter Magyar, Premier ministre hongrois. Nous avons échangé sur les enjeux européens qui nous rassemblent : la défense d'une Europe souveraine, le soutien à l'Ukraine, le respect de l'État de droit et de la démocratie. Une nouvelle page s'ouvre pour notre coopération bilatérale et le Parlement y prendra toute sa part !

> L’heure n’est pas à la présidentielle. L’heure est au travail législatif. À l’Assemblée nationale, nous faisons avancer des textes sur l’urgence agricole, l’assurance chômage, les violences en milieu scolaire, la fin de vie ou encore l’avenir institutionnel de la Corse.

> Une peine non exécutée est une peine inefficace. Dès 2018, je proposais la création de centres pénitentiaires de réinsertion pour garantir l’exécution des courtes peines et mettre fin au sentiment d’impunité.

> Aucun acte de violence ne doit rester sans réponse. C’est pourquoi nous renforçons sans cesse les outils à la disposition de la justice. La loi Riposte, qui sera bientôt débattue à l’Assemblée nationale, constituera une nouvelle étape.

> L’Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. C’était une attente forte du monde agricole. Face à la colère et aux inquiétudes des agriculteurs, nous avions la responsabilité d’agir. Ce texte apporte des réponses concrètes, promeut une agriculture plus rémunératrice pour les producteurs et réaffirme un principe simple : protéger notre agriculture, c’est défendre notre souveraineté et nos territoires.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> La Russie cède, de nouveau, du terrain en Ukraine. Malgré les frappes aveugles, sur les civils et les infrastructures énergétiques. Malgré les nuées de drones. Malgré l'exploitation de combattants étrangers. Malgré son économie entièrement tournée vers la guerre. Face au peuple ukrainien qui se bat pour sa liberté, l'agresseur russe recule.

> Il faut, dès le plus jeune âge, remettre le respect des règles, l’autorité au milieu du village et au milieu de l’école.

> On peut redevenir la première puissance d’Europe en dix ans, à condition de réussir sur quatre chantiers capitaux : école, salaires, frontières, IA.

> [Retraites] Je propose de supprimer l’âge légal de départ, de ne garder que la durée de cotisation. Vous partez très tôt, vous avez peu. Vous partez plus tard, vous avez plus.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Responsabilité collective ! La proposition de loi transpartisane visant à limiter la contamination des aliments par le cadmium a été adoptée à l’Assemblée nationale : elle fixe une trajectoire de réduction progressive des seuils de cadmium dans les engrais. Et corrige une sous transposition indéfendable vis à vis des autres pays européens. C’est un combat que j’ai porté lorsque j’étais ministre, en 2024 au ministère de l’agriculture et que j’ai poursuivi au ministère de l’écologie. Un combat fondé sur les alertes scientifiques, les recommandations de l’Anses et la nécessité de mieux protéger les Français face à un contaminant dont les effets sur la santé sont désormais bien documentés. Le Parlement a tranché. Il a considéré que ce sujet était suffisamment important pour agir et engager cette baisse progressive des seuils de cadmium. Je me réjouis de ce message envoyé au Gouvernement. Car il s’agit en réalité d’une compétence réglementaire. Il appartient désormais au Gouvernement de prendre ses responsabilités et de traduire cette ambition législative en corrigeant le décret actuellement soumis à la consultation du public. Protéger la santé des Français, donner de la visibilité aux industriels tout en sécurisant une trajectoire crédible pour les agriculteurs tels sont les enjeux de ce texte.

> Aujourd'hui, les Françaises et les Français attendent une vision : nous en avons une. Et nous avons un candidat capable de porter cette vision : Gabriel Attal. Nous sommes conscients des deux dettes que nous avons à résorber : la dette écologique et la dette publique. Et nous avons quatre priorités absolues : l’école, les salaires, les frontières, l’intelligence artificielle. Gabriel Attal est d’ailleurs le seul candidat à l’élection présidentielle à faire de l’intelligence artificielle un enjeu majeur et à mesurer véritablement ce qu’il y a derrière ce défi pour nos enfants, pour notre économie et pour notre souveraineté.

> Aujourd’hui, il n’y a plus que 20 % de voitures thermiques neuves qui sont immatriculées, contre 80% de voitures électriques et hybrides. En 2018, nous étions à moins de 5 % de voitures électriques. Ce sont des voitures de plus en plus compétitives à l’achat, sur lesquelles existent des aides. Beaucoup sont produites en France et en Europe. Et elles sont aussi moins chères à l’usage : en carburant, bien sûr, mais aussi en assurance et en maintenance. Il y a donc eu une véritable accélération.

> À l’international, plusieurs pays qui vivent de la vente d’énergies fossiles - du gaz et du pétrole - comme les États-Unis, la Russie, le Brésil ou encore certains pays du Moyen-Orient, ont contribué à freiner l’électrification. En France, ces récits ont trouvé des relais à l’extrême droite et à droite chez certains partis politiques, mais aussi chez des chroniqueurs et des leaders d’opinion. Évidemment, nous en avons constaté l’impact sur la mise en œuvre et l’acceptabilité des politiques d’électrification.

 

Anne Bergantz (députée)
> [Narcotrafic / Intervention à l’Assemblée] Le narcotrafic n’est pas seulement un phénomène criminel. C’est une prédation organisée qui ronge nos territoires, fragilise nos institutions et défie, parfois ouvertement, l’autorité de l’État.
Le combattre est donc bien plus qu’un devoir de politique pénale ; c’est une exigence républicaine. Le combattre efficacement, c’est se donner les moyens de frapper là où on peut réellement lui faire mal : dans les avoirs, dans les flux financiers et dans l’économie souterraine qui fait vivre ces réseaux. Il est impératif d’assécher financièrement les narcotrafiquants –
 avec une efficacité absolue.
C’est tout l’objet de ce texte, qui ne surgit pas du néant. Il est le prolongement opérationnel indispensable d’une trajectoire législative dont la loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic a constitué une étape décisive.
L’Agrasc, dont la loi « Warsmann II » du 24 juin 2024 avait consolidé les compétences, est le bras armé financier de cette stratégie. Depuis sa création, elle a fait ses preuves : en 2025, le montant des saisies a dépassé 1,43 milliard d’euros, pour des confiscations de plus de 240 millions.
Si ces chiffres sont encourageants, nous devons rester lucides. Face aux 3,5 à 6 milliards d’euros auquel se monte, selon un récent rapport sénatorial, le chiffre d’affaires du narcotrafic, il nous faut aller plus loin encore –
 on ne peut pas se battre avec une main dans le dos contre une délinquance toujours plus inventive, toujours plus agile, toujours mieux capitalisée. Il faut adapter notre droit, le rendre plus incisif, plus réactif. C’est exactement ce que propose ce texte.
Nous souscrivons pleinement aux avancées qu’il prévoit dans son premier volet. Nous saluons la possibilité de restituer plus facilement les biens saisis aux victimes ; attention nécessaire, trop longtemps négligée. Nous saluons également l’autorisation –
 pragmatique – de détruire des biens de faible valeur pour éviter des frais de garde disproportionnés.
Permettez-moi de m’arrêter un instant sur l’exécution provisoire des décisions de saisie. Elle met fin à ce paradoxe qui voyait la valeur d’un bien confisqué s’effondrer au fil des recours, pendant que les prévenus peuvent organiser méthodiquement des manœuvres dilatoires. L’État ne peut plus tolérer que la justice soit entravée par ceux-là mêmes qu’elle cherche à sanctionner : c’est une question d’autorité et de crédibilité.
La justice –
 j’en viens au second volet de ce texte – ne se rend cependant pas toute seule. Elle repose sur des femmes et des hommes ; parmi eux, les experts judiciaires, dont nous mesurons peut-être mal l’importance. Sans eux, il n’y a pas de preuves solides ni de condamnations robustes. Or cette profession fait face à une crise des vocations réelle et documentée, liée en grande partie à un problème aussi prosaïque que scandaleux : les délais de paiement de leurs mémoires de frais. Le Sénat avait proposé pour ces paiements un plafond de 180 jours, ramené à 60 jours par la commission. L’intention est louable ; mais 60 jours d’attente, pour un professionnel indépendant qui a mobilisé son temps, ses compétences et, parfois, engagé des frais substantiels au service du bien commun, c’est encore trop long. Inscrire ce délai dans la loi, c’est prendre le risque de légitimer une forme de retard chronique. C’est aussi contraire à l’esprit des directives européennes sur les délais de paiement. L’État ne peut pas exiger des acteurs économiques ce qu’il s’autorise à ne pas respecter lui-même ; l’État doit être exemplaire et, à ce titre, l’horizon des 180 jours n’est pas le nôtre. C’est pourquoi notre groupe proposera un amendement à l’article 6 visant à ramener le délai de paiement à 30 jours, à compter du dépôt ou de la saisie du mémoire. Si nous voulons une justice efficace, exigeante et rapide –  a fortiori quand il est si urgent de lutter contre les trafics –, le ministère de la justice doit en être lui-même le premier garant.
En conclusion, ce texte dote la République des armes juridiques dont elle a besoin pour continuer à sanctionner là où ça fait mal. Il donne une plus grande cohérence et une plus grande efficacité aux rouages de notre procédure pénale. C’est pourquoi notre groupe votera en sa faveur : faisons-en un outil utile, en veillant ensemble à parfaire son équilibre.

 

Graziella Melchior (députée)
> [Proposition de loi sur l’interdiction de la vaisselle en plastique dans la restauration collective accueillant du jeune public et liée à la petite enfance / Intervention à l’Assemblée] Nous sommes réunis pour examiner la proposition de loi visant à garantir l’interdiction de la vaisselle en plastique dans la restauration collective accueillant du jeune public et liée à la petite enfance, qu’avec Véronique Riotton nous avions déposée en mars 2025.
Je tiens tout d’abord à saluer l’esprit transpartisan et consensuel dans lequel cette proposition de loi est née et à remercier les 142 collègues qui l’ont cosignée, issus de sept groupes politiques différents –
 vous en faisiez d’ailleurs partie, monsieur le ministre chargé de la transition écologique. Je tiens en particulier à mentionner l’implication des premiers cosignataires de ce texte : Nicolas Thierry, Stéphane Delautrette ainsi que notre ancien collègue Philippe Bolo, dont le rapport de 2024 au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) sur les impacts du plastique sur la santé humaine nous a beaucoup aidés.
Ce rapport, comme l’ensemble des travaux de recherche menés ces dernières années, dresse un constat extrêmement inquiétant qui doit tous nous interpeller. Les plastiques sont omniprésents dans l’environnement et ont sur lui des conséquences très néfastes : les trois quarts des sols français seraient pollués par le plastique dont 15 tonnes sont rejetées dans l’océan chaque minute.
En outre, tous les organismes vivants qui ont été étudiés en ont ingéré : du plancton aux grands mammifères marins en passant par les poissons, les oiseaux et, bien sûr, les êtres humains. Nous en absorbons en effet en permanence, que ce soit par inhalation, par contact cutané ou par consommation alimentaire, à tel point qu’une étude citée dans le rapport de l’Opecst montre que 0,5 % du cerveau humain serait désormais constitué de plastique.
Face à ces constats, la question de l’impact sur la santé se pose mais, de fait, il n’est pas aisé pour les chercheurs de l’évaluer. Il existe en effet plus de 14 000 polymères ; chaque objet en plastique en contient des dizaines, voire des centaines, dont il est quasiment impossible d’isoler les effets sur la santé d’un individu. Néanmoins, toutes les études tendent à démontrer qu’une exposition chronique conduit à une dégradation de l’état de santé et de la reproduction. Elles font état de corrélations extrêmement alarmantes entre le contact répété et prolongé avec le plastique et la santé humaine : diabète de type 2, endométriose, maladies respiratoires, malformations génitales, fausses couches, altération du développement cognitif, cancer de l’estomac, etc.
Il est donc impératif de protéger la population, particulièrement les enfants, de ces effets délétères. En effet, ceux-ci sont plus fragiles du fait de leur croissance, qui constitue une phase critique où les organes, encore en formation, sont particulièrement sensibles aux interférences des perturbateurs endocriniens. Les organes d’élimination des substances toxiques tels que le rein et le foie ne sont pas pleinement matures et, à masse corporelle égale, les enfants consomment plus d’aliments que les adultes et ingurgitent donc plus de plastique.
Par ailleurs, les enfants vont à la cantine tous les jours pendant des années et y sont donc exposés de manière continue et répétée. En France, les cantines scolaires servent plus d’un milliard de repas par an. Surtout, les élèves constituent un public captif car ils n’ont pas d’autre choix que de déjeuner à la cantine.
Lors de la discussion de la loi Egalim du 30 octobre 2018, nous avions souhaité interdire le plastique dans les cantines, à partir du 1er janvier 2025 et du 1er janvier 2028 pour les communes de moins de 2 000 habitants. Nous avions alors mentionné dans la loi l’interdiction des « contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en matière plastique dans les services de restauration collective des établissements scolaires et universitaires ainsi que des établissements d’accueil des enfants de moins de six ans ». En outre, par la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (Agec), nous avons étendu cette interdiction à un certain nombre de services de soins accueillant un public jeune ou vulnérable, tels que les services de pédiatrie et d’obstétrique ou les maternités.
Ces deux textes, qui ne sont applicables que depuis le 1er janvier 2025, ont fait l’objet d’un décret d’application qui a précisé la définition des contenants en plastique interdits, en incluant la vaisselle et les couverts.
Un syndicat représentant le lobby du plastique a attaqué ce décret au motif que la vaisselle et les couverts ne constitueraient pas des contenants de service, au contraire de ce que le législateur entendait. Force est de constater que, sur le plan juridique, il y avait une faille ; notons néanmoins que l’industrie du plastique n’était pas contrainte de s’y engouffrer. Quoi qu’il en soit, le risque d’un potentiel retour en arrière a suscité une forte mobilisation citoyenne. Une pétition lancée à ce moment avait recueilli près de 40 000 signatures.
C’est dans ce contexte que nous avons déposé la présente proposition de loi car nous avions immédiatement compris qu’il était nécessaire de repasser par la loi pour clarifier l’interdiction des assiettes, gobelets, récipients et couverts en plastique. Et en effet, un an plus tard, en avril dernier, le Conseil d’État a annulé le décret en question pour une raison de procédure car celui-ci n’avait pas été notifié à la Commission européenne. Néanmoins, il nous paraît clair qu’il aurait pu l’annuler sur le fond.
Depuis plus d’un an désormais, avec Véronique Riotton, nous nous battons pour inscrire cette proposition de loi à l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée. Nous y voici. Je remercie le groupe Ensemble pour la République et l’ensemble des groupes qui ont enfin accepté que nous l’examinions ainsi que le gouvernement qui a engagé la procédure accélérée.
Avec ce texte, notre intention est claire : aller vite pour lever toute ambiguïté et nous assurer que nos enfants ne mangent plus dans de la vaisselle en plastique. En effet, cet imbroglio a donné lieu à un coup de frein de la part de certaines collectivités qui ont décidé de reporter les investissements nécessaires pour se conformer à cette interdiction.
Néanmoins, l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF) ainsi que Départements de France nous ont indiqué lors des auditions et dans une contribution écrite être favorables à ce texte. Il vient en effet lever un flou juridique issu de la décision du Conseil d’État qui complique la tâche des collectivités, résolument engagées dans l’abandon du plastique dans les cantines.
De nombreuses communes, et je tiens à les en remercier, ont, parfois depuis de nombreuses années, opéré cette transition. C’est le cas de petites communes comme de grandes, à l’image de Paris, Bordeaux ou plus récemment Toulouse qui a tout remplacé par l’inox et évite ainsi de consommer 90 tonnes de plastique chaque année. Si se passer du plastique dans les cantines scolaires suppose indéniablement des investissements pour les collectivités, toutes nous l’ont dit : l’équilibre budgétaire est retrouvé dès les premières années.
Rappelons aussi que nous avons, en France, la chance d’avoir des entreprises implantées dans nos territoires et souvent historiques qui assurent l’approvisionnement en matériel de substitution : je pense aux entreprises de l’inox, notamment à Thiers en Auvergne-Rhônes-Alpes, ainsi qu’à des entreprises que nous connaissons bien et que nous devons à tout prix soutenir, de la porcelaine de Limoges à, bien sûr, Duralex.
En outre, cette transition a permis à des entreprises d’émerger dans toute la France, notamment celles qui sont chargées de laver les contenants alimentaires. Néanmoins, je tiens à indiquer que le flou juridique a conduit une entreprise spécialisée en la matière à la liquidation judiciaire. Voilà aussi le résultat de la volonté du lobby du plastique de freiner cette irréversible marche.
Quoi qu’il en soit, les alternatives sont là. J’invite les collectivités à imaginer dès maintenant une transition d’ensemble. Puisqu’elles doivent supprimer le plastique dans les cantines scolaires, elles peuvent aussi songer à le faire pour l’ensemble des lieux de restauration collective dont elles ont la charge, sans que cela soit encore obligatoire.
Au cours de l’examen de ce texte, je me suis d’ailleurs questionnée : ce que nous imposons aux collectivités territoriales, nous devons aussi réfléchir à l’imposer à l’ensemble des établissements qui fournissent un service de restauration collective. Je pense aux cantines des administrations centrales ainsi qu’aux Ehpad ou aux établissements de santé, qui sont déjà concernés pour les services de maternité, d’obstétrique et de pédiatrie. Il y va de l’exemplarité de l’État.
J’avais donc envisagé d’étendre les interdictions, mais force est de constater que nous ne pouvons opérer une telle transition sans avoir mesuré son impact, notamment pour les établissements de santé et les Ehpad. Je souhaite néanmoins profiter de ce moment pour les inviter, d’ores et déjà, à réfléchir à l’élaboration des feuilles de route pour formuler une trajectoire de sortie du plastique.
Par souci de transparence, je souhaite aussi vous indiquer que j’avais déposé, pour l’examen en commission, un amendement demandant un rapport pour évaluer l’impact des interdictions existantes et celui d’éventuelles extensions. Je l’ai néanmoins retiré car j’ai bien compris que l’adoption d’un tel amendement pourrait conduire le Sénat à le supprimer et ainsi à modifier le texte et à retarder sa promulgation. Ce n’est évidemment pas ce que je souhaite car je n’ai qu’un objectif avec cette proposition de loi : nous assurer que le plastique soit bel et bien banni des cantines des établissements scolaires, universitaires, des crèches et des services de maternité, obstétrique et pédiatrique pour que l’intention initiale du législateur dans la loi Egalim 1 soit respectée.
Nous voici donc face à un texte efficace et concis qui contribuera à réduire la consommation de plastique et ses effets sur l’environnement ainsi qu’à protéger très concrètement et rapidement nos enfants.

 

● MoDem 
Bruno Fuchs (député)

> [Liban] Vous ne pouvez pas convaincre le Hezbollah de se désarmer. Il faut respecter le cessez-le-feu et accompagner le Liban pour renforcer son autorité et désarmer le Hezbollah. (…) La solution est politique, elle n’est pas militaire.

> [Hostilités au Moyen-Orient] Il y a une divergence très forte entre Israël qui veut continuer l'action militaire et les États-Unis, dans lequel l'opinion publique et une grande partie aussi, je pense, de l'état-major militaire, lui demande aujourd'hui de sortir de cette crise, de cette opération militaire le plus vite possible. (…)
Trump s’est transformé en souris alors qu’il voulait être le chat. C’est l’Iran aujourd’hui qui a la maîtrise du temps, la maîtrise de la négociation.

> Il y aura un affaiblissement de l’influence des États-Unis dans le monde, très clairement, dans les années qui viennent.

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] On peut condamner une nouvelle fois des attaques meurtrières contre les civils, qui sont certainement des crimes de guerre. 

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Pour nous, Européens, l’Ukraine doit gagner la guerre. La victoire de l’Ukraine pour la paix, pour la liberté des citoyens européens est absolument essentielle.

> Seule une Europe puissante est une Europe qui peut protéger les citoyens français.

 

► Autres 
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie industrielle)

> Avec le paquet souveraineté technologique, l’Europe accélère le développement de ses propres capacités en matière d’IA, de cloud et de semi-conducteurs. J’ai défendu les critères de souveraineté les plus stricts pour les secteurs les plus critiques afin de renforcer notre modèle européen d’économie numérique.

 

● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> J’ai saisi l’Arcom le 13 mai dernier après des propos intolérables de Xenia Fedorova tenus sur CNews et Europe 1. Je partage aujourd’hui la demande de ma collègue Nathalie Loiseau pour que l’UE sanctionne cette propagandiste du Kremlin.

> L’Europe doit se libérer de ses dépendances étrangères pour devenir son propre géant numérique. Les récentes tensions géopolitiques ont mis en évidence une chose : lorsque la technologie devient un outil de pouvoir, la dépendance devient une vulnérabilité. C’est pourquoi le Tech Sovereignty Package est important et pourquoi nous avons besoin d’une loi sur les puces plus forte. Les puces alimentent nos voitures, nos hôpitaux, nos usines et nos réseaux énergétiques. Ils constituent l’épine dorsale de notre économie. Le Chips Act 1.0 a jeté les bases, mais maintenant le Chips Act 2.0 doit transformer la recherche en usines, les usines en part de marché et la part de marché en souveraineté technologique. L'Europe ne doit pas seulement inventer les technologies de demain. Nous devons les produire, les mettre à l’échelle et diriger avec eux. Notre compétitivité, notre sécurité et notre souveraineté en dépendent, notre avenir aussi !

> Il y a près d'un an, contre toute attente, 200 000 personnes sont descendues dans les rues de Budapest pour défendre ouvertement la liberté, la dignité et le droit d'aimer. (…) Depuis des décisions de justice historiques défendant les droits LGBTQI+ jusqu’au regain d’espoir d’un changement démocratique, l’année écoulée a montré que des progrès sont possibles lorsque les citoyens défendent leurs valeurs. Mais notre travail est loin d’être terminé. Nous resterons vigilants face aux discours d’extrême droite qui poussent à l’homophobie. Nous serons toujours aux côtés des communautés LGBTQI+ et nous continuerons sans relâche à lutter pour l’égalité, la liberté et les droits fondamentaux partout en Europe. L'espoir est plus fort que la haine !

 

Pascal Canfin (député)
> La Commission européenne a publié son très attendu paquet sur la souveraineté technologique. Le paquet rassemble quatre piliers : une loi révisée sur les puces 2.0, une loi sur le développement du cloud et de l'IA, une stratégie open source et une toute première définition formelle de la souveraineté numérique à l'échelle de l'UE. L’objectif est clair : l’Europe doit devenir un « continent de l’IA », en réduisant sa dépendance structurelle à l’égard des fournisseurs de technologies américains et asiatiques dans les domaines des semi-conducteurs, des infrastructures cloud et de l’intelligence artificielle. En un mot, sur toute la chaîne de valeur. Je salue cet objectif. La capacité de l'Europe à développer, contrôler et gouverner ses propres technologies critiques est hautement stratégique, pour garantir le fonctionnement de nos hôpitaux, la stabilité de nos réseaux énergétiques et la sécurité de nos services publics.
Les prochains mois seront déterminants pour évaluer et négocier le paquet, mais deux éléments spécifiques m'intéressent particulièrement :

- Le Cloud et le AI Development Act, qui visent à juste titre à renforcer la souveraineté de nos infrastructures et à débloquer les investissements dans les champions européens de l'IA.
- Le Data Center Energy Efficiency Package, une première tentative de compréhension de l’impact réel de cette industrie qui va changer la consommation d’électricité à travers le continent. Les travaux commencent maintenant.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> La souveraineté alimentaire passe aussi par les produits aquatiques, aujourd’hui notre 2ème déficit commercial agro-alimentaire. La France dispose d’atouts considérables : façades maritimes, recherche, compétences, une filière engagée, des collectivités en soutien… Un impératif : simplifier les règles pour développer les projets d’aquaculture de qualité, en France.

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> En déplacement à Turin pour représenter la France à la réunion mondiale de l’Alliance des pays pionniers pour mettre fin aux violences faites aux enfants. La protection ne connaît pas de frontières : la mobilisation internationale est essentielle.

> [No kids] Certains professionnels sont en train de franchir une ligne rouge qui n’est pas anodine. J’entends parler de liberté commerciale alors qu’il s’agit de discrimination. Or, la loi est explicite en la matière puisque qu’elle intègre la discrimination d’âge. Dans notre droit, l’enfant est un sujet, pas un accessoire que l’on pourrait exclure de manière volontaire. (…)
J’ai eu un électrochoc lorsque j’ai vu des campings arriver sur cette tendance no-kids, alors qu’ils sont, par essence, peut-être les lieux les plus familiaux que l’on connaisse, en tout cas dans notre modèle français. (…)
Le sujet principal est celui de la conflictualité d’usage entre les besoins des différentes clientèles. Certains choisissent d’exclure les enfants au lieu de se demander quels aménagements et bonnes pratiques  pourraient être mis en place et permettraient de ne plus avoir à fragmenter leur clientèle. (…)
Il ne faut pas céder à la facilité mais au contraire repenser les espaces et les process. (…)
Bien sûr, je ne minimise pas le fait que cela ajoute quelques contraintes, mais cela permet de créer une offre différenciante grâce à cette complémentarité des usages. (…)
Avec «Le Choix des familles», l’idée est de montrer que l’hospitalité française est bienveillante, qu’elle a vocation à s’adresser à tous les âges et non à exclure une partie de la population.”