Voici une sélection, ce 17 avril 2026, des propos
tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Déclaration sur l'initiative pour la navigation maritime dans le détroit
d’Ormuz] Monsieur le Premier ministre, Monsieur le chancelier, Madame la présidente
du Conseil, Mesdames, Messieurs les ministres, Mesdames, Messieurs les
ambassadeurs, Mesdames, Messieurs, très heureux qu'avec le Premier ministre
britannique, Keir Starmer, nous ayons aujourd'hui rassemblé 49 pays en
visioconférence avec l'Union européenne et l'Organisation maritime
internationale. Et je tiens à remercier très chaleureusement le chancelier
allemand Friedrich Merz et la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni,
pour leur présence à nos côtés et la possibilité de nous exprimer tous les
quatre devant vous en cet instant.
L'objectif de notre réunion était la réouverture du détroit d'Ormuz. Nous
savons que dans le cadre de la guerre aujourd'hui qui se joue dans toute la
région, le blocage du détroit initié par l'Iran a des conséquences
particulièrement graves dans le monde entier. Pour les États riverains bien sûr
dont beaucoup sont des partenaires importants pour nos pays, pour les navires,
les équipages, pour les pays qui dépendent aussi directement des matières
transportées, en particulier en Asie, et pour l'ensemble de la planète et
l'économie mondiale, qu'il s'agisse du pétrole, du gaz ou des engrais,
affectant directement nos économies et affectant aussi tout particulièrement
les pays les plus vulnérables.
À ce titre, les événements récents sont encourageants, même si nous devons les
considérer avec prudence. Nous saluons, bien sûr, le cessez-le-feu entre l'Iran
et les États-Unis. Nous saluons également le cessez-le-feu récemment annoncé
concernant le Liban, qui doit être respecté dans les faits. Et nous saluons
également l'annonce d'une réouverture, en contrepartie, d'ailleurs, de ce
cessez-le-feu, qui a été décidé par l'Iran pour le détroit d'Ormuz. Tout cela
va dans la bonne direction, même si nous notons que cette réouverture d'Ormuz
est conditionnée à une route coordonnée par les autorités iraniennes
elles-mêmes et que les États-Unis ont indiqué vouloir maintenir un blocus ciblé
aux navires iraniens.
En tout cas, tout cela fait avancer, par la diplomatie, la situation. Et
l'initiative que nous avons tenue tous ensemble aujourd'hui est encore plus
légitime parce qu'elle est ce qui va permettre de consolider ces annonces à
court terme et surtout de leur donner une possibilité de tenir dans la
durée.
En effet, face à tout cela, la réunion d'aujourd'hui d'un groupe d'États
indépendants, distinct des hostilités en cours, permet d'adresser un message
simple que je résumerai ainsi. Nous demandons tous la pleine réouverture
immédiate, inconditionnelle, par toutes les parties du détroit d'Ormuz. Nous
demandons la restauration des conditions de libre passage qui étaient en
vigueur avant la guerre et le plein respect du droit de la mer. Nous nous
opposons tous à toute restriction, tout régime de convention qui équivaudrait
dans les faits à une tentative de privatiser le détroit et évidemment tout
système de péage.
Nous travaillerons étroitement avec les armateurs, assureurs et autres gens du
métier de la mer pour leur donner la visibilité qui permettra de reprendre le
trafic dès que possible, et nous soutenons à cet égard les idées de
l'Organisation maritime internationale pour porter secours à ceux qui sont
piégés. Et pour tout cela, nous allons renforcer et accélérer les travaux de
planification que nous avons déjà lancés, qui sont coordonnés avec le
Royaume-Uni, pour permettre la mise en place d'une mission neutre, bien
distincte de belligérants, afin d'accompagner et sécuriser les navires
marchands qui transiteront dans le Golfe.
Dès la semaine prochaine, une réunion de planification se tiendra à Londres, et
tout cela s'accompagnera évidemment d'un travail diplomatique et d'un travail
de déconfliction à l'égard des Iraniens, et d'une coordination étroite avec les
Américains et les Israéliens. Nous avons, pour notre part, d'ores et déjà
déployé de nombreux moyens militaires dans la région pour protéger nos
ressortissants, sécuriser nos partenaires dans la zone et nous donner les
moyens de parer à toute éventualité.
La France a ainsi une force navale robuste en Méditerranée orientale et en mer
Rouge, avec le porte-avions Charles de Gaulle à sa tête, de nombreuses frégates
et plusieurs porte-hélicoptères amphibies, en plus des moyens aériens. Tout
cela sera réorienté en fonction de la planification et une partie sera utilisée
en Méditerranée orientale, une partie en mer Rouge, mais une partie sera
allouée à l'effort que nous venons d'évoquer. Le message d'aujourd'hui est un
message d'espoir, c'est un message aussi de préparation et c'est un message
d'unité.
Les Européens étaient aux côtés des membres pays du Golfe, de l'Asie, du
continent africain, de l'Amérique latine, du Pacifique. Et donc, le monde était
uni dans cette même volonté, cette coalition d'États indépendants, pour faire
respecter le droit international et faire respecter la liberté de navigation.
> J’apporte tout mon soutien au cessez-le-feu entre
le Hezbollah et Israël tel que le Président Trump l’a annoncé hier. J’exprime
aussi ma préoccupation qu’il puisse d’ores et déjà être fragilisé par la
poursuite d’opérations militaires. Je demande la sécurité pour les populations
civiles des deux côtés de la frontière entre le Liban et Israël. Le Hezbollah
doit renoncer aux armes. Israël doit respecter la souveraineté libanaise et
arrêter la guerre.
> Face à l'inattention et à la solitude, il y a la
lecture et les mots. Chérissons-les.
> [Discours à l’occasion de la réception des maires]
Je suis très heureux, nous sommes très heureux de vous retrouver ici à
l'Élysée, d'abord pour vous féliciter, parce que certaines et certains ont été
élus pour la première fois, d'autres ont été réélus. Enfin, vous êtes tous là
parce que vous avez gagné des batailles électorales, vous avez convaincu nos
compatriotes dans vos communes, en jouant un rôle essentiel. Et donc je suis
heureux d'être là.
Certains, d'ailleurs, ont réglé les choses au niveau de l'intercommunalité
déjà, d'autres sont en train de le faire, ce qui explique leur absence. Mais
nous nous retrouvons ce soir avec, au fond, de nouvelles équipes dans nos
communes. C'est un peu pour ça qu'avec le Premier ministre et les ministres, on
voulait vous retrouver et vous proposer de venir passer cette journée, et puis
de la clôturer ici par un moment plus convivial.
Alors, moi, je voulais vous dire simplement quelques mots, quelques
convictions. Je sais qu'il y a eu des groupes de travail sur la sécurité, sur
les relations État-collectivité locale, les services publics du quotidien, et
avec certaines collectivités d'Outre-mer. Il y a eu déjà du travail qui a pu se
faire entre les uns et les autres. Maintenant, moi, je voulais vous dire
quelques convictions.
La première, au fond, c'est que vous sortez de campagnes qui, bien souvent,
je le sais, ont été difficiles. Ça a été retranscrit, ça a été dit, mais le
fond de l'air a été dur. Il y a eu des attaques, il y a eu des menaces, il y a
eu des propos inacceptables, certains élus ont été chahutés, il y a eu des
propos racistes. Je voulais ici vous redire le soutien de la République, du
Gouvernement, et que rien ne justifie jamais, en démocratie, en République,
cela. Vous avez vécu quelque chose qui est un symptôme de la société, mais je
voulais ici vous redire tout notre soutien, notre engagement, celui du Premier
ministre, de son Gouvernement, le respect, le respect, le respect, aucun écart,
et on sera intraitable pour protéger tous les élus. Ceci s'appuie aussi sur un
travail qui a été fait ces dernières années.
Élisabeth Borne est avec nous. Je n'oublie pas que quand elle était
Première ministre, avec Madame la ministre et le ministre de l'Intérieur de
l'époque, Gérald Darmanin, il y a eu à l'été 2023 une série de textes qui ont
été passés, la réforme, pour justement davantage protéger nos élus face à
toutes ces menaces et on continuera de les appliquer.
Maintenant, on ouvre une nouvelle phase. Vous vous installez, vous arrivez,
vous êtes reconfirmés. Je sais que votre souhait, c'est surtout d'installer
maintenant vos équipes et d’œuvrer. Au fond, on a besoin de vous. Je le dis ici
avec un attachement tout particulier, parce que ça va bientôt faire neuf ans
que je suis là. À chaque fois que c'est difficile, les maires sont là. À chaque
fois que la société doute d'elle-même, qu'on est confronté à des grandes
menaces, c'est vous les premières et les premiers qui êtes confrontés à cela.
Quelque chose me dit que les temps qui sont les nôtres ne vont pas être
beaucoup plus simples. Je veux ici vous encourager, vous dire qu'on est à vos
côtés pour le début de vos mandats, pour pouvoir justement à la fois développer
vos projets, mais bâtir ce lien. Parce qu'une nation, la République, c'est
avant tout cela. C'est de porter des ambitions. Il y a eu des accords, des
désaccords. Vous portez des projets pour vos territoires, mais vous êtes les
garants, là où vous êtes, comme je le suis là où je suis, les garants de ce
lien, de ce qui nous réunit, et qui doit aller avec de l'apaisement, avec une
ambition comprise, partagée par tous, mais avec la volonté qu'on se tienne tous
ensemble dans la même cité. C'est très important au moment où nous vivons.
Pour réussir ça, le Gouvernement est à la tâche, et je veux remercier
vraiment le Premier ministre et ses ministres, avec d'abord plusieurs choses
qui sont en train d'être faites et qui ont été faites pour les élus que vous
êtes, la simplification, la déconcentration, la décentralisation aussi. Toutes
ces dernières années, on a, au fond, eu une philosophie assez simple, plutôt de
la stabilité institutionnelle, parce qu'il y avait eu beaucoup de changements,
et d'essayer avec pragmatisme d'accompagner. Il y a eu les lois Engagement et
Proximité, on a fait de la différenciation. Tout ça, d'ailleurs, sortait du
Grand Débat, et c'était grâce aux maires, surtout grâce aux maires ruraux, qui
nous avaient beaucoup aidés.
Je n'oublie pas votre éminent prédécesseur avec qui on avait lancé ce Grand
Débat. On était revenus avec ces lois qui avaient simplifié les choses. J'avais
pris aussi des engagements auprès de vous ou de vos prédécesseurs de mieux
reconnaître l'engagement des élus locaux et des maires en particulier au
service de la République. La loi sur le statut de l'élu adoptée par le
Parlement le 8 décembre 2025 a traduit cette reconnaissance. Et elle a permis
de nombreuses avancées avec un statut de l'élu qui est un vrai bouclier, un
vrai levier d'engagement dans la vie locale, revalorisation des indemnités,
formation, facilité très pragmatique pour concilier les différentes dimensions
de la vie, et renforcer la protection, meilleur accompagnement dans l'après. Je
veux vraiment remercier le Premier ministre et la ministre Gatel qui ont porté
ce texte. Et madame la ministre, je sais combien cela vous importait.
Là, maintenant, on a ouvert de nouveaux chantiers. Je veux juste que vous
les ayez en tête, d'abord renforcer le couple préfet-maire, ce fameux couple
dont on a tant parlé pendant le covid et qui a si bien marché. Au fond, moi,
mon obsession, c'est d'essayer de vous aider, d'aider aussi les services de
l'État, parce que je dis tout ça avec beaucoup de reconnaissance pour vos
collègues élus, pour les fonctionnaires territoriaux et pour tous les services
de l'État qui travaillent avec vous. Mais on s'est tous émerveillés, on
s'émerveille tous à chaque crise en disant « ça marche bien ». Dès qu'on
revient, si je puis dire, en temps de paix, on remet toutes les procédures qui
compliquent la vie. Donc là, on a une chose qu'on fait avancer et qu'on
accélère avec les textes en cours, le couple préfet-maire, capacité à pouvoir
déroger, aller plus loin. Et donc là-dessus, il y a un renforcement de l'état
local qui sera pris avec un texte qui arrive.
Deuxièmement, simplification. Là, il y a tout un chantier qui a été lancé.
L'un d'entre vous, d'ailleurs, a beaucoup porté ce chantier, nous a beaucoup
aidé, Boris Ravignon, maire de Charleville-Mézières. Sur la base de ce travail,
il y a eu tout un tas de textes réglementaires qui ont été faits, qui ont
permis de simplifier beaucoup de choses, souvent des choses qui paraissent
évidentes quand on dit qu'on les supprime.
Enfin, elles existaient, et qui ont un impact direct dans la vie locale. Et
là, au Conseil des ministres, dernier Conseil des ministres, projet de loi de
simplification de l'action locale qui a été examiné et qui va permettre de
nombreuses simplifications qui étaient du domaine législatif et bien souvent
attendues par vous, demandées par vos prédécesseurs, parfois, je devrais dire,
demandées par les anté-prédécesseurs même, quelquefois.
Et puis, il y a le chantier de la décentralisation. Et là, je veux
remercier Éric Woerth qui a fait un très gros travail et qui a préparé la
piste. Là-dessus, il y a tout un travail qui est en train d'être finalisé sous
l'autorité du Premier ministre, avec des idées en matière de logement en
particulier, assez radicales, auxquelles on croit beaucoup, mais qui va là
aussi arriver dans les prochaines semaines. Tout ça pour vous dire que ça
continue, on continue d'avancer, d'être à vos côtés pour vous permettre d'agir.
La deuxième chose dont je voulais vous dire un mot, c'est au fond le moment
qu'on est en train de vivre. Je ne vais pas ici vous parler de politique
internationale. Vous la voyez chaque jour, elle m'inquiète autant que vous,
mais ce que nous vivons depuis des années nous dit une chose très simple. Le
Covid, la guerre en Ukraine et donc le retour de la guerre sur le sol européen,
le doute qu'on peut avoir sur certains alliés, le désordre international et
maintenant la guerre en Iran avec tout ce qu'elle a comme conséquence sur nos
vies. Tout ça doit forger en nous, en plus des grandes transformations
technologiques et des changements climatiques qui impliquent aussi des
changements dans nos vies, tout ça doit nous donner une conviction qu'on doit
porter ensemble.
Nous devons être plus indépendants. Indépendant, ça ne veut pas dire vivre
comme une île, ça ne veut pas dire se couper du monde. Mais au fond, ces chocs,
ces grandes crises que nous vivons tous ensemble disent une chose. Partout où
notre nation et ses territoires ont des vulnérabilités excessives, des
dépendances, ce sont des fragilités, compte tenu du monde dans lequel nous
vivons, Cela peut être de grands risques. On l'a vu au moment de la pandémie.
On pensait que c'était rien de ne plus faire de masques chez nous. On a vu le
drame. Il faut regarder partout où nous avons des dépendances du tel ordre et
agir. Et au fond, le fil rouge pour moi de ces dernières années, de ce qu'on
fait au niveau français et européen, c'est ça, une bataille pour notre
indépendance. Et ce qu'on doit continuer de faire, c'est cela.
C'est ce qui va scander l'action du gouvernement dans les jours, si j'ose
dire, les semaines, les mois à venir. L'indépendance agricole. Beaucoup d'entre
vous sont sur des territoires agricoles. Avec le Premier ministre et Madame la
ministre, il y a une loi d'urgence qui arrive, elle va être débattue, puis
votée dans les meilleurs délais. Au fond, qu'est-ce qu'elle porte, cette loi
d'urgence agricole ? Notre possibilité de continuer de produire. Parce que
l'empilement des règles européennes, et parfois nationales, pour mieux faire,
et nous voulons continuer, et d'ailleurs nous avons l'agriculture sans doute la
plus exigeante au monde en termes de standards, Mais partout où la réponse à
l'exigence, c'est de ne plus produire chez nous et d'importer des choses qui
sont produites avec des standards moins élevés que les nôtres depuis
l'étranger, on est fou, mais on crée des dépendances. On doit absolument se
battre, là, dans les prochains mois, renforcer notre action pour cette
souveraineté alimentaire et agricole. Elle est nécessaire, ça passera par ces
textes de loi, l'action de nos préfets à vos côtés et la capacité à sortir des
projets agricoles.
Même chose du côté industriel. On a fait beaucoup de réformes ces dernières
années. On est le pays le plus attractif d'Europe, c'est vrai, depuis six ans.
Formidable. On réindustrialise. Pendant douze ans, on a détruit de l'emploi
industriel dans notre pays. Depuis six ans, on en recrée. Il y a des
territoires qui voient de l'industrie qui revient. C'est encore trop lent. Et
on tient beaucoup mieux que les voisins. Mais là aussi, on a besoin d'aller
plus vite parce que la souveraineté industrielle et technologique est clé.
C'était France Relance, c'est maintenant France 2030. Mais là, de la même
manière, il y a une conclusion heureuse qui a été trouvée au projet de
simplification qui va nous permettre d'aller plus vite sur le terrain. Mais on
va continuer de simplifier et d'avancer pour renforcer notre souveraineté
industrielle à vos côtés. La souveraineté industrielle et agricole, vous êtes
aux avant-postes de celle-ci. C'est clé pour l'indépendance du pays. Et
là-dessus, au-delà des textes de loi, ce qu'on est en train de faire avec le
Premier ministre et les ministres, c'est au fond de répondre à quelque chose de
très simple, qui quand même légitimement nous indigne.
Comment nous pouvons vivre dans une nation qui a su faire des Jeux
olympiques et paralympiques extraordinaires en sept ans ? Comment on peut
être dans une nation qui rebâtit Notre-Dame en cinq ans, et à qui on dit :
un agriculteur qui veut étendre son poulailler, ça sera cinq ans. Parce que
c'est ça, ce qui se passe aujourd'hui. À quelqu'un qui veut monter une
entreprise industrielle, dans le meilleur des cas, ce sera sept ans, si on fait
toutes les procédures comme il faut. Philosophie Notre-Dame. Voilà. Méthode
Notre-Dame, méthode Jeux olympiques, mais partout en France.
La semaine prochaine, le 22, on est avec le Gouvernement dans l'Allier. On
va installer cette méthode avec une carte, tous les projets qu'on sort, Et on
mobilise nos préfets à vos côtés dans cette philosophie pour sortir ces
projets. Il faut redonner de l'espoir à vous, à vos administrés, montrer qu'on
peut, pour vous à hauteur de mandat, pour eux à hauteur de la concurrence
internationale, sortir des grands projets agricoles, industriels.
Et quand je dis des grands, c'est aussi des petits. On doit aller beaucoup
plus vite en mettant les procédures en parallèle, en s'affranchissant des
choses qui sont inutiles et des bureaucraties tatillonnes, et en retrouvant un
peu de la philosophie d'action. Parce qu'au fond, c'est ça ce que vous portez,
c'est ça, ce qu'on porte. Il y a ici des maires ruraux, vous avez le maire de
Paris, le maire de Marseille qui sont là à vos côtés. Ce qui vous unit tous,
c'est que vous portez des projets. Ce qu'on doit faire, c'est vous aider à
réaliser vos projets. Et donc, au-delà des grands projets agricoles et
industriels, on va continuer aussi cette méthode qu'on a porté ces dernières
années, celle d'Action Corps de Ville, de Petite Ville de Demain, de Village
d'Avenir, qui se dit, on agrège l'action publique et on vous aide à aller plus
vite pour résoudre vos difficultés. Et donc ça, vous pouvez compter sur le
Gouvernement dans ce sens.
Et puis, quand on parle d'indépendance, on parle aussi d'indépendance
climatique, énergétique. La dépendance, la fragilité aux aléas climatiques,
c'est une dépendance. C'est pour ça que là, on est en train d'accélérer. Vous
avez vu que la fameuse programmation pluriannuelle dont on parlait depuis tant
d'années, elle a été votée là il y a quelques semaines. On a la planification,
ce qui était un engagement que j'avais pris en 2022 au niveau national.
Maintenant, ce qu'on va faire, c'est qu'on va la faire descendre, si je puis
dire, au terrain pour la faire exister. Et ça, c'est fondamental, parce que si
on veut être plus indépendant sur les sujets climatiques, on doit faire deux
choses.
On doit réduire nos dépendances à ce qu'on ne produit pas. On le voit en ce
moment avec l'impact qu'a la fermeture du détroit d'Ormuz sur nos économies,
c'est-à-dire qu'on doit accélérer l'économie d'énergie dans nos territoires,
l'électrification, c'est la politique du bâtiment, de la rénovation thermique,
des transports, et donc des transports en commun, de l'électrification du parc.
Tout ça, ça se décline, les ministres, au niveau local. Les
intercommunalités et les communes ont évidemment un rôle clé pour porter cette
politique aux côtés du Gouvernement, et c'est ce que le Premier ministre va
lancer avec ses ministres, là, dans les semaines qui viennent, et le faire avec
vous, c'est de décliner maintenant, de territorialiser cette planification pour
vous donner les moyens de faire, avec aussi des acteurs essentiels, que sont
les départements et les régions à vos côtés. Mais ça doit aller plus vite sur
le terrain en vous donnant les moyens de le mettre en œuvre. Et puis être plus
indépendant, c'est aussi mieux répondre aux aléas climatiques, ce qu'on fait
pour s'adapter, et adapter nos communes.
Le Fonds vert a été un instrument important pour vous accompagner dans vos
investissements, et on sait qu'on est dans une période plus difficile
budgétairement, mais les préfets, le Gouvernement vont continuer d'accompagner
cela à vos côtés pour avancer.
Mon dernier mot, une fois que j'ai parlé de vous, de cette simplification,
que j'ai parlé d'indépendance dans le moment qu'on vit, tous ensemble, on a un
devoir que vous portez, je le sais qu'on porte aussi, qui est en quelque sorte
de protéger la nation et de la préparer à l'avenir. Evidemment, c'est
inséparable de l'indépendance, mais c'est clé. Alors, vous en avez parlé
aujourd'hui, et je ne veux pas m'étendre, mais on va continuer de s'engager à
vos côtés sur les sujets de sécurité.
Il y a beaucoup de textes parlementaires en cours, ils sont très
importants, c'est une priorité, de la sécurité du quotidien des élus que vous
êtes. Et ces dernières années, sur les rodéos, sur les trafics, sur
l'amélioration, justement, de la vidéosurveillance, beaucoup de choses ont été
faites.
Il y a une vraie révolution qui s'est faite avec les maires ces dernières
années pour améliorer ce qu'on appelle le « continuum de sécurité ». Il faut
qu'on le consolide absolument, et vous savez pouvoir compter sur l'État. Je
veux vous remercier pour vraiment la formidable coopération entre les polices
municipales, la police nationale.
Je voudrais vous dire que pour moi, il y a une grande cause nationale sur
ce sujet, sur laquelle on ne va rien lâcher, c'est le narcotrafic. Les trafics
de drogue sont un fléau qui touche maintenant la totalité du territoire. C'est
pour moi vraiment une des priorités. Elle touche tous les départements
ministériels. On va continuer d'agir comme on l'a fait. On a passé des textes
de loi, on a organisé. Au fond, on est en train de faire comme on a fait sur la
lutte contre le terrorisme. On a réorganisé les services, on a spécialisé la
justice, on a mis des moyens spécifiques. Ce combat, on n'y cédera rien. Parce
qu'ils fichent en l'air la vie de nos villes, de nos communes, et qu'on savait
depuis des années que ça touchait certaines grandes villes plus particulièrement,
et qu'ils se sont toujours battus face aux réseaux de la drogue. Maintenant,
ils touchent toutes les communes. Donc ça, vraiment priorité.
Ensuite, protéger, c'est évidemment parler de la santé. Là-dessus, vous en
avez parlé aujourd'hui. C'est un service public essentiel. C'est souvent la
première demande de vos administrés, parce qu'on a ce sujet
démographique : des médecins qui vieillissent et il y a eu trop peu
d'anticipation. On a fait beaucoup de choses pour rouvrir en médiant simplement
à former au moins un médecin. Et là, vraiment aussi, la solution est dans la
territorialisation. Il y a beaucoup de choses qui sont portées par le Premier
ministre et la ministre.
On a fait ces dernières années ces comités de la refondation au niveau
local, en travaillant au niveau des bassins de vie, parce que c'est là que se
joue l'offre de santé. C'est au niveau d'un bassin de vie, c'est-à-dire d'une
interco. Qu'entre l'hôpital, la médecine privée, les médecins, les
paramédicaux, l'offre s'organise pour qu'il n'y ait pas d'un seul coup un
désert. J'ai vu beaucoup d'entre vous ces dernières années sur ce sujet
spécifiquement. Mais France Santé, qui a été lancée par le Premier ministre il
y a quelques mois et qui, au fond, est la sœur, si je puis dire, des maisons
France Services, par laquelle on a remis au niveau de chaque canton du service
public. C'est ce qui va permettre d'agréger dans une logique de projet, en
répondant aux spécificités de chaque territoire, la réponse à ce besoin, au
fond, qu’il n’y ait plus de désert. Je ne vais pas ici m'étendre, parce qu'on
sait que la réponse est multifactorielle. Nos ARS vont aussi être réformées
pour pouvoir accompagner cela.
Sur l'éducation, c'est la même chose. Il y a tout un travail qui a été fait
ces dernières années. On est en train de le consolider avec la formation des
maîtres, la possibilité aussi de recruter plus proches du terrain, la
préservation des réformes qui ont permis d'avoir moins d'élèves par classe, et
puis les revalorisations salariales, le pacte enseignant qui est en train de se
déployer et qui est absolument fondamental. Il y a même des maires-recteurs,
paraît-il, et qui va nous permettre de, là aussi, préparer et protéger. Et
puis, quand je parle de protection, je veux juste avoir un mot — et je vous
rassure, je vais terminer mon propos là-dessus — pour parler des réseaux
sociaux, des écrans. Vous les avez manifestement vécus en campagne.
C'est une formidable innovation démocratique, technologique, mais comme je
le disais ce matin à des jeunes avec qui j'étais dans l'Aisne. Vous savez,
comme dans Platon, il y a le pharmakon, c'est le médicament et le poison. On
est à ce moment-là. C'est le propre des grandes démocraties. Il faut savoir, au
fond, maintenant, les domestiquer. C'est le défi d'une République. Il faut
revenir à hauteur d'hommes, de femmes, et que ces réseaux sociaux soient au
service du projet collectif qui est le nôtre, qui est de vivre en harmonie, en
démocratie, en République, et qu'ils ne soient pas en train de transformer ce
qu'est la République.
La première chose qu'on est en train de faire, j'y tiens beaucoup, c'est un
combat essentiel, on l'a commencé depuis des années, c'est interdire les
réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Cette mesure, elle a été fondée
scientifiquement, elle vient de loin, et j'en parle vraiment en vous disant en
2018, j'ai d'abord cru qu'on pouvait convaincre les réseaux sociaux d'enlever
les contenus qui étaient négatifs. Ils ne veulent pas coopérer, ça ne les
intéresse pas. On a après mis du contrôle parental. Le contrôle parental, ça ne
marche pas et c'est assez injuste parce qu'en vrai, ce sont les parents les
plus modestes ou les parents déjà les plus sous pression qui ne peuvent pas le
faire. Comme on sait que c'est mauvais pour des enfants et des ados, il faut
l'interdire.
La deuxième chose, on va prendre toute une série de textes pour permettre
de mieux protéger le débat démocratique des vicissitudes des réseaux sociaux.
Aujourd'hui, les algorithmes ne sont pas transparents. Aujourd'hui, il est
manifeste qu'il y a des gens qui ont les réseaux sociaux qui ont certaines
idées politiques qui ne sont peut-être pas celles de certaines ou certains dans
cette salle. Ils les utilisent et ils poussent les contenus des gens auxquels
ils croient. C'est établi par des scientifiques. La transparence des
algorithmes, elle est clé. Bataille européenne. La deuxième chose, aujourd'hui,
on peut pousser des contenus dans des campagnes avec des faux comptes. On va se
battre au niveau européen pour interdire ces faux comptes. L'Europe doit être
le premier territoire où on les interdit. L'anonymat, c'est un sujet beaucoup
plus délicat, on peut le lever devant le juge, mais déjà, si on interdit les
faux comptes, c'est une révolution, parce qu'on interdit les batailles
numériques où, d'un seul coup, vous vous retrouvez avec des centaines de
milliers de gens qui sont achetés par un tel ou un tel, qui vous attaquent et
disent le pire. Et puis, on doit réguler la parole sur les réseaux sociaux, et
en particulier la possibilité d'acheter cette parole dans les périodes
électorales, comme on le fait dans la vraie vie, si je puis dire. Et donc ça,
ce sont des chantiers qu'on est en train de finaliser.
Il y aura un projet qui sera là aussi finalisé, en même temps qu'on a
consolidé le rôle de Viginium, du secrétariat général de la Défense et de la
Sécurité nationale. Le Gouvernement aura à présenter un projet de loi et des
mesures réglementaires pour améliorer la protection de nos élections contre les
ingérences étrangères qui vous ont parfois touchés et qui ont touché beaucoup
de nos voisins. Ça, je voulais vous le dire avant de clôturer.
Voilà, Mesdames, Messieurs les maires. Je ne veux pas être plus long, mais
je voulais avoir ces quelques mots pour vous dire. Le Gouvernement continue
d'être à la tâche pour vous aider à mener votre mission. Ce que j'avais promis
à certains d'entre vous, à vos prédécesseurs, il y a deux ans, on l'a fait. On
se bat tous et on doit continuer de se battre pour l'indépendance de la France
et l'indépendance de l'Europe. Cette bataille est clé. Et on est à vos côtés
pour aider à avancer et à protéger. Ayant dit tout cela, je vous souhaite un
magnifique mandat. Moi, je sais une chose, depuis neuf ans, vous avez toujours
été à mes côtés, quelles que soient les sensibilités politiques. Et j'ai
toujours vu des femmes et des hommes en responsabilité, avec nos trois couleurs
au cœur, qui, à chaque fois que ça a été dur, ont été là et se battent au
quotidien. Et moi, je ferai tout jusqu'au dernier quart d'heure pour que vous
puissiez réaliser vos projets, vous battre au quotidien et faire ce qui vous
tient à cœur. Ça, je vous le promets. Vous avez un Gouvernement qui sera à vos
côtés jusqu'au bout pour vous permettre de simplifier la vie, d'aller plus vite
dans vos projets, de protéger où il faudra protéger, au fond, de servir la
France et la République. Parce que c'est ça, ce qui nous anime. C'est ça ce qui
fait que, pour certains d'entre vous depuis quelques jours, pour d'autres
depuis quelques années ou quelques décennies, vous avez décidé de mener cette
aventure folle et magnifique qui est d'aller demander à des gens de mettre un
bulletin dans l'urne avec son nom. C'est ça ce qui nous lie. C'est l'une des
plus belles expériences qui soit. C'est l'une des plus intimidantes. C'est
aussi l'une, au fond, des plus fortes et responsabilisantes. Et donc vous
m'aurez toujours à vos côtés.
Vive nos maires, vive la République et vive la France.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> 1er Mai : le Gouvernement a remis de la méthode et de la clarté. Oui, les
artisans boulangers et les artisans fleuristes pourront ouvrir ce 1er mai. Oui,
ils pourront faire travailler leurs salariés : sur la base du volontariat, et
avec une rémunération doublée comme le prévoit la loi. Un projet de loi de
sécurisation sera présenté avant la fin du mois en Conseil des ministres. Le
problème est donc réglé pour nos artisans boulangers et fleuristes. Le dialogue
social, branche par branche, aura lieu pour ces artisans. On peut défendre les
salariés sans fragiliser les artisans. On peut défendre la liberté économique
en respectant le dialogue social. On peut défendre le travail sans créer des
clivages inutiles. Le Gouvernement ne changera pas de méthode.
> Les règles sont trop lourdes et trop complexes
pour de nombreuses TPE, PME et commerçants. La loi de simplification de la vie
économique, adoptée cette semaine, y répond concrètement. - Mensualisation des
loyers commerciaux, - Gratuité de la clôture des comptes professionnels, -
Frais bancaires plus encadrés et plus lisibles, - Facilitation de la
résiliation de certains contrats. Objectif : moins de contraintes au quotidien
pour les entreprises.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> À Beauvau cet après-midi, j’ai accueilli de nombreux maires autour des
questions de la sécurité dans les territoires. En première ligne, dans un
continuum avec l’Etat, les maires élus ou réélus à qui j’adresse mon soutien
sincère et républicain dans les défis d’aujourd’hui comme de demain, sont un
maillon déterminant de la production de sécurité, qui est une préoccupation
majeure de nos concitoyens.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> Sous les deux présidences d'Emmanuel Macron, le budget de la Défense aura
été doublé.
> Le premier pays qui sera en capacité de sortir un
ordinateur quantique aura une capacité de maîtrise fondamentale. La France est
absolument dans la course et totalement mobilisée, c'est fidèle à notre logique
de souveraineté.
> Vous ne pouvez pas rétablir la circulation à
Ormuz sans discuter, notamment, avec les Iraniens.
> Quand on parle de liberté de navigation, par
définition, on ne veut pas de péage (...) Personne ne sait aujourd'hui si le
détroit est ou pas miné (...) Nous sommes plusieurs pays à avoir des capacités
de déminage.
> Tous les pays réunis aujourd'hui, vendredi, à
l'Élysée, autour de la réouverture et de la sécurisation du détroit d'Ormuz, qui
ne sont pas belligérants, sont des pays engagés pour restaurer la liberté de
navigation.
> Personne ne peut remettre en cause les relations
entre la France et le Liban (...) Il y a une histoire commune et un
accompagnement que rien ne pourra supprime.
> Il ne faut pas oublier le cessez-le-feu, il faut
au contraire tout faire pour qu'il soit respecté (...) La situation libanaise
est absolument dramatique et je pèse mes mots.
Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances
et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Sous la présidence française du G7, j'ai eu le plaisir de réunir avec François
Villeroy de Galhau mes homologues et les Gouverneurs des banques centrales à
Washington, en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale.
Dans un contexte international complexe, notre coordination est plus que jamais
la clé de notre souveraineté économique. Avec François Villeroy de Galhau, nous
avons porté trois priorités essentielles :
- Stabilité face aux crises géopolitiques
Aux côtés des dirigeants du FMI, de la Banque Mondiale et de l'OCDE, nous avons
analysé les répercussions de la crise au Moyen-Orient. Le constat est unanime :
il est urgent de limiter le coût économique d'une prolongation du conflit et de
protéger les États les plus vulnérables face aux chocs énergétiques.
- Souveraineté et Minerais Critiques
C’est une priorité phare de notre présidence. Pour garantir notre résilience
industrielle et réussir la transition climatique, nous devons sécuriser nos
chaînes d’approvisionnement. Un consensus fort se dégage pour accélérer nos
actions d'ici le Sommet d'Évian en juin prochain.
- Soutien indéfectible à l’Ukraine
En présence de mon homologue Sergii Marchenko, nous avons réaffirmé notre
soutien face à l'agression russe.
Nos discussions ont porté sur :
- La poursuite des réformes structurelles.
- Le maintien de la pression économique sur la Russie.
- La sécurité énergétique pour l'hiver prochain et la réhabilitation de l'arche
de Tchernobyl.
Merci à mes collègues du G7 et aux chefs des institutions internationales pour
la qualité de ces échanges. Nous avançons ensemble vers une économie mondiale
plus stable et plus robuste. Rendez-vous le mois prochain à Paris !
> La France attire encore et toujours les
investisseurs 🇫🇷
J’étais à New-York en début de semaine pour rencontrer les représentants et CEO
des plus grandes banques, fonds d’investissements et institutions financières
américaines.
Pour eux, la France est une destination phare pour investir.
Alors que le conflit au Moyen-Orient crée des incertitudes sur l’économie
mondiale, la France apparaît plus résiliente.
Les investisseurs sont unanimes : notre mix énergétique unique nous confère une
grande indépendance et une meilleure résilience face au choc énergétique.
Lors d’un déjeuner avec la communauté d’affaire organisé par Mike Bloomberg,
j’ai rappelé que la France est une terre d’opportunité : IA,datacenters,
projets industriels...
Tous les atouts sont réunis pour y investir : une énergie bas carbone et
compétitive, une main d’œuvre qualifiée et des territoires dynamiques.
Plus largement, l’Europe est un marché qui attire grâce à sa prévisibilité.
Lors de mes échanges avec le secteur financier, les entreprises ont souligné
l’importance d’une Europe forte pour continuer de se développer, d’innover, de
créer de l’emploi.
Depuis 2017 nous avons réformé, simplifié, soutenu et accéléré.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Déclarations lors de la Conférence internationale humanitaire pour le
Soudan] Des millions de personnes déplacées qui fuient les combats, les
exactions, les violences sexuelles. Des millions de femmes et d’enfants qui
manquent de tout : de nourriture, de médicaments mais aussi de tentes pour
s’abriter dans des camps où vivent des centaines de milliers de réfugiés. Il
existe pourtant un autre avenir pour le pays, il est entre les mains des
Soudanaises et des Soudanais. Il est entre les mains de ceux qui se sont levés
il y a sept ans en 2019 pour faire naître l’espoir d’un printemps soudanais.
C’est eux que j’ai invités hier au Quai d’Orsay, pour pouvoir entendre leurs
attentes et leurs revendications, et c’est leurs voix que je viens de porter
ici à Berlin, à l’occasion de cette conférence internationale pour le Soudan,
la troisième depuis le début de cette guerre, co-présidée par la France, le
Royaume-Uni, l’Allemagne, les États-Unis, l’Union africaine et l’Union
européenne. N’oublions pas le Soudan parce qu’au fond, c’est dans ce pays que
se joue aujourd’hui une part de notre humanité. Et agissons en conséquence
d’abord pour lever l’aide humanitaire nécessaire pour apporter secours aux
populations qui en ont tant besoin.
Grâce à la mobilisation des 54 pays qui ont fait le déplacement aujourd’hui,
nous devrions sous réserve des conclusions de la conférence, dépasser 1,3
milliard d’euros d’aide au profit des populations soudanaises et des pays du
voisinage.
Deuxièmement, mettre fin aux combats. Nous appelons les belligérants à
respecter une trêve humanitaire immédiate, à déposer les armes. Nous appelons
aussi les pays étrangers qui mettent de l’huile sur le feu en armant les
belligérants à cesser de le faire. Et nous appelons à ce que soit étendu
l’embargo sur les armes au Darfour, à l’ensemble du Soudan, parce que chacun le
voit, les combats font rage bien au-delà du Darfour, au Kordofan, dans le Nil
Bleu ou encore à Khartoum.
Troisièmement, nous voulons soutenir les efforts de la société civile
soudanaise qui, en 2019, je le disais, a fait se lever l’espoir d’une solution
politique qui est indispensable si nous voulons éviter la partition de ce pays.
Il y a une demande en particulier qui est portée par la jeunesse soudanaise et
dont je me suis fait le relais, c’est que les examens nationaux puissent se
tenir dans toutes les zones du Soudan, celles qui sont tenues aujourd’hui par
les Forces armées soudanaises, mais aussi celles qui sont tenues par les Forces
de soutien rapide, car nous ne pouvons pas nous résoudre à ce qu’une génération
entière de Soudanais soit sacrifiée par cette guerre, en compromettant leur
capacité à passer les examens et à poursuivre leurs études.
C’est dans ce contexte d’urgence humanitaire, d’urgence sécuritaire et de
nécessité absolue de redonner sa voix à la société civile soudanaise que nous
avons décidé avec mon homologue, ministre des Affaires étrangères allemand, que
nous nous rendrons dans les prochains mois ensemble sur le territoire
soudanais.
> [Soudan] Parmi les pays qui sont très engagés
dans cette conférence, cette édition qui se tient aujourd’hui à Berlin, la
précédente qui s’était tenue à Londres et la première qui s’était tenue à
Paris, la priorité est donnée dans nos dialogues bilatéraux, dans nos échanges
diplomatiques avec les pays en question à la résolution de la crise soudanaise,
parce que c’est la pire des crises humanitaires aujourd’hui dans le monde et
parce que, je le disais, c’est une part de notre humanité qui s’y joue.
[Liban] D’abord, je suis très satisfait de constater
que le gouvernement israélien s’est résolu à répondre à la demande de la
France, que j’avais moi-même exprimée le 3 mars dernier à Jérusalem, que le
gouvernement israélien saisisse la main tendue par le gouvernement libanais
pour engager un dialogue de haut niveau, historique, pour parvenir à consolider
un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement
du Hezbollah, et puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des
décennies. Je suis heureux de constater que le gouvernement israélien ait
confié à M. Leiter, un homme qui apparemment est très diplomate, très fin
et très subtil, le soin de mener cette négociation. Il est apparemment
déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura
besoin pour se redresser. Et je me permets simplement et humblement de faire
deux suggestions : la première, que M. Leiter puisse se coordonner
avec son ministère de tutelle, avec lequel mon ministère est en lien très
fréquent puisque même lorsque nous avons des désaccords profonds, nous
échangeons sur la situation régionale dont M. Leiter voudrait que la
France se tienne éloignée ; puis la deuxième suggestion, dans l’intérêt de
cette négociation historique entre le gouvernement israélien et le gouvernement
libanais, c’est que M. Leiter lui-même se tienne le plus éloigné que
possible des micros et des caméras de télévision.
> L’OTAN n’a rien à voir vraiment avec la guerre
qu’Israël et les États-Unis ont initiée contre l’Iran. L’OTAN est une alliance
qui va dans les deux sens et ce n’est pas nouveau que les États-Unis ont décidé
d’une réduction à venir de leur engagement au sein de l’OTAN et d’un passage de
relais aux Européens. Nous y voyons l’opportunité d’y développer notre propre
vision et nos propres capacités d’européaniser l’OTAN. En tout cas, c’est ce à
quoi nous devons tendre.
> [Déclaration lors de sa visite officielle au
domaine national du château de Rambouillet] Je suis au château de Rambouillet
pour porter un message simple : les affaires étrangères sont les affaires de
tous. Jamais ce qui se passe au-delà de nos frontières, sans doute, n'a eu
autant d'impact sur nos vies quotidiennes. Je pense notamment, mais pas
seulement, au blocage d'Ormuz, dont nous subissons les conséquences dans nos
vies quotidiennes. Les Françaises et les Français n'ont pas tellement envie
d'être spectateurs de l'action internationale menée par la France. Ils ont
envie d'avoir des cartes en main.
La première raison de ma présence ici, c'est d'apposer un label sur le château
de Rambouillet, le label « Patrimoine et diplomatie », et d'annoncer que 15
sites dans l'Hexagone et les Outre-mer ont été identifiés, notamment sur des
propositions qui sont remontées du terrain pour être ainsi labellisés et être
identifiables par nos compatriotes, par les Françaises et les Français, qui
savent que la diplomatie ne se fait pas uniquement au Quai d'Orsay ou dans les
ambassades, mais qu'elle s'est faite tout au long de notre histoire dans
l'ensemble des territoires de la République.
La deuxième raison de ma présence ce matin, c'est que le président de la
République a voulu que la France, qui accueille le G7 cette année et qui le
préside, en fasse une présidence ouverte, participative. Et donc 50 ans après
la première réunion du G7, qui s'est tenue ici même, au château de Rambouillet,
nous recevrons les groupes d'engagement, les groupes de la société civile qui
travaillent depuis de longs mois pour contribuer, venant de chacun des pays du
G7, aux travaux des dirigeants de ces sept pays. Qu'ils soient représentants
des entreprises, représentants des universités, des mouvements de jeunesse, des
mouvements féministes ou de défense des droits civiques, nous recueillerons
aujourd'hui leurs propositions et leurs recommandations de manière à les
intégrer dans nos propres réflexions et les déclarations qui, tout au long de
l'année et singulièrement à l'occasion du sommet qui se tiendra à Évian au mois
de juin, pour qu'ils reflètent ce que les citoyens attendent de leurs
gouvernements et de leurs dirigeants.
C'est donc une journée consacrée ici à Rambouillet, à resserrer les liens entre
les Françaises et les Français, entre les citoyens d'une part, et la
diplomatie, dans un monde où nous avons précisément besoin que ces liens soient
de plus en plus forts. (…)
Le château de Rambouillet, c'est d'abord et avant tout le lieu où se
retrouvèrent, il y a 50 ans, quasiment jour pour jour et pour la première fois,
les six pays puis les sept pays du G7, ce groupe des démocraties
industrialisées les plus avancées du monde qui, après le choc pétrolier de
1973, se sont résolues à débattre ensemble des solutions à apporter aux
problèmes mondiaux. Il faut rendre hommage au président Valéry Giscard
d'Estaing, visionnaire, qui a eu cette intuition de réunir dans un même lieu,
le château de Rambouillet, il y a 50 ans, ces dirigeants, pour qu'ils puissent
travailler à faire émerger des solutions communes aux préoccupations vécues et
ressenties de leurs concitoyens.
> Chacun le voit, le blocage du détroit d'Ormuz a
des conséquences majeures sur l'économie mondiale et donc sur la vie
quotidienne des Françaises et des Français, la vie des entreprises françaises.
Il est donc essentiel que la liberté de navigation puisse être restaurée au
plus vite dans ce point névralgique des échanges internationaux. Pour y
parvenir, le président de la République a lancé une initiative, celle qui
consiste à former une mission internationale qui pourra, le moment venu, une
fois le calme rétabli, de manière pacifique, de manière strictement défensive,
en coordination avec les pays riverains du détroit, fluidifier la circulation
des navires pour que le trafic puisse reprendre et que les impacts de la guerre
sur l'économie mondiale puissent diminuer au plus vite. Et c'est l'objectif de
la réunion de demain que le Président co-présidera, accueillera, avec le
Premier ministre britannique, que de fédérer tous les pays qui, dans ce même
esprit, souhaitent participer à une telle initiative. Participer à cette
initiative pour la France, à une initiative de ce type, est pour la France pas
tout à fait nouveau, puisque ça fait plusieurs années déjà que la France
contribue en mer Rouge à faciliter la circulation des navires et à limiter le
risque auquel ils s'exposent, et notamment le risque d'agression ou de frappes
des Houthis, qui, depuis le Yémen, ont harcelé par phases et par périodes les
navires transitant par la mer Rouge. Donc c'est dans ce même esprit pacifique,
défensif que nous voulons constituer cette mission, en rappelant demain à Paris
à quel point il est essentiel que la liberté de navigation et que la sécurité
maritime dans les eaux internationales, qui sont des biens communs de
l'humanité, puissent être préservées partout et en toutes circonstances.
> Il doit impérativement y avoir un cessez-le-feu
au Liban, que nous puissions revenir aux arrangements qui avaient été trouvés
grâce aux efforts déployés par les États-Unis et la France au mois de novembre
2024 qui avaient permis de mettre fin à une escalade meurtrière au Liban et que
sur cette base-là, un travail coordonné entre le gouvernement libanais et le
gouvernement israélien puisse s'engager pour désarmer le Hezbollah, pour
restaurer l'autorité de l'État libanais qui doit disposer du monopole des armes,
de manière à être en capacité d'assurer la sécurité sur l'ensemble de son
territoire, au profit de toutes les communautés du Liban, et à vivre en paix et
en sécurité avec ses voisins.
> Les attaques du 8 avril dernier qui ont
ensanglanté le Liban et fait en moins de dix minutes plusieurs centaines de
morts qui viennent s'ajouter aux 1.500 morts au Liban depuis le début de cette
offensive étaient intolérables. Nous les avons condamnées avec la plus grande
fermeté, notamment parce qu'elles fragilisaient un cessez-le-feu qui avait été
trouvé entre les États-Unis et l'Iran, mais aussi parce que le Liban ne doit
pas être la victime expiatoire de dynamiques régionales ou de guerres qu'il n'a
pas choisi, et que détruire le Liban ne permet pas de détruire le Hezbollah, au
contraire, cela le renforce.
> La France veut la réouverture complète du détroit
d’Ormuz. Parce que les eaux internationales, je le disais, sont un bien commun
de l'humanité. Il ne peut y avoir aucune entrave, aucun droit de passage dans
les eaux internationales. Vous imaginez un monde où chacun se mettrait à
imposer des blocages ou à imposer des droits de douane sur la circulation des
navires ? C'est une humanité qui se retrouverait appauvrie, qui se retrouverait
repliée sur elle. Donc nous avons besoin que cette circulation soit rétablie,
non seulement pour que l'impact de la guerre sur l'économie mondiale soit
contraint, et ensuite, pour ne pas créer un précédent grave, c'est l'un des
objectifs de la réunion de demain, d'une part, réaffirmer ces principes
auxquels nous sommes très attachés, liberté de navigation partout et en toutes
circonstances, et créer les conditions par la mobilisation de pays partenaires
qui veulent se placer dans une logique strictement défensive et pacifique pour,
grâce à un système d'escortes, faciliter la circulation des navires, dire que
nous sommes prêts, dès lors que le calme sera rétabli, à œuvrer activement pour
que le trafic puisse reprendre.
> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Oui, la
Russie qui échoue à percer la résistance héroïque des Ukrainiens sur le front
tente de masquer cet échec en pilonnant les villes de l'arrière avec des
attaques meurtrières qui visent délibérément des civils, des infrastructures
énergétiques, des infrastructures de transport. Tout cela, ça constitue
évidemment des crimes de guerre qui s'ajoutent à la longue liste dont Vladimir
Poutine est le premier des responsables. Dans ce contexte, notre
responsabilité, c'est évidemment d'accroître notre soutien à l'Ukraine et notre
pression sur la Russie. Et je regrette que certains représentants responsables
politiques français se désolidarisent aujourd'hui de l'Ukraine, alors même que
l'Europe a décidé, avec un prêt de 90 milliards d'euros, d'apporter cette aide
financière à l'Ukraine, lui permettant d'être à l'abri de toute difficulté
financière pendant les deux années qui viennent, et surtout d'aborder les
futures échéances de négociations dans une position de force. (…)
Les sanctions à l'encontre de la Russie vont se poursuivre. Le 20e paquet de
sanctions est prêt. Il y a une voix qui s'est levée lorsque, par le passé, nous
avons tenté de le faire adopter. C'était celle de Viktor Orbán, qui a été
sèchement battu dans les urnes par le peuple hongrois. Je souhaite vivement
qu'une fois la transition réalisée en Hongrie, ce 20e paquet de sanctions
puisse être adopté.
> En septembre dernier, j’ai reçu les familles des
victimes de l’odieux attentat antisémite de la rue des Rosiers. Je leur ai
promis que nous mettrions tout en œuvre pour amener les suspects devant un
tribunal. Aujourd’hui, Hicham Harb, le principal accusé, a été extradé de
Palestine grâce à la mobilisation de la diplomatie française. Quarante-quatre
ans après les faits, justice va enfin pouvoir être rendue. Face à
l’antisémitisme et au terrorisme, la France n’oublie jamais et ne renonce
jamais.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Avec Aurore Bergé, nous avons choisi d’agir ensemble pour faire progresser
concrètement la santé des femmes, et en particulier celle des étudiantes. Sur
le terrain, à l’Université Paris Cité, les échanges avec les étudiantes et les
professionnels de santé l’ont confirmé. Trop de jeunes femmes renoncent encore
à des soins essentiels, notamment en matière de santé sexuelle. Ces dernières
années, des avancées importantes ont été mises en place : contraception prise
en charge jusqu’à 26 ans, dépistages accessibles sans ordonnance et gratuits,
préservatifs féminins et masculins désormais pris en charge à 100% pour les
jeunes. Mais nous devons aller plus loin face à une réalité trop souvent passée
sous silence : la précarité menstruelle. Nous franchissons aujourd’hui une
étape décisive. Le décret permettant le remboursement des protections
périodiques réutilisables a été signé ! Dès la rentrée universitaire 2026, les
cups et les culottes menstruelles réutilisables seront prises en charge pour
toutes les femmes de moins de 26 ans ainsi que pour les bénéficiaires de la
complémentaire santé solidaire. Agir pour la santé sexuelle et lutter contre la
précarité menstruelle, c’est faire avancer concrètement l’égalité entre les
femmes et les hommes. Nous y sommes pleinement engagées.
Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier
ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte
contre les discriminations)
> [Rendre imprescriptibles les crimes sur mineurs] C'est un combat
nécessaire, juste, que je porte depuis des années avec les associations. Pour
les victimes, la peine se porte à vie. Ils doivent pouvoir avoir accès à la
justice jusqu'à la dernière minute. Les criminels ne doivent jamais dormir
tranquille.
> [Tribune: «Loi Yadan : la République face à
l’antisémitisme»] Depuis le 7 octobre 2023 et les massacres perpétrés par le
Hamas en Israël, une bascule s’est opérée. En France comme dans toutes les
démocraties, l’antisémitisme a franchi un seuil et menace de se réenraciner
durablement. Et à l’antisémitisme qui frappe, insulte, agresse, incendie, viole
et assassine, s’ajoute désormais un "antisémitisme d’atmosphère". Un
climat dans lequel trop de nos concitoyens apprennent à se faire discrets, à se
cacher, à douter de leur avenir ici, chez eux, en France.
L’antisémitisme mute. C’est là sa force : s’adapter sans cesse pour survivre et
épouser le langage de son époque. Aujourd’hui, il emprunte, travestit puis
trahit les mots du droit international, de la justice, de la cause des peuples.
Il avance masqué mais obéit toujours à la même mécanique : essentialiser,
désigner, exclure. Toujours les mêmes cibles. Il faut avoir le courage de
nommer : depuis le 7-Octobre, la responsabilité de l’extrême gauche dans le
réenracinement de l’antisémitisme est écrasante. Des parlementaires qui
reprennent des slogans comme "du fleuve à la mer" qui signifient la
destruction de l’Etat d’Israël. Des élus qui ont fait de la haine
obsessionnelle d’Israël non pas un dérapage, mais une stratégie électorale. Des
représentants de la Nation qui entretiennent une ambiguïté constante face au
terrorisme, refusant de nommer clairement le Hamas, relativisant l’horreur,
inversant les responsabilités jusqu’à la nausée.
L’antisionisme est devenu l’un des principaux instruments de l’antisémitisme.
Et il n’est pas la critique libre d’un gouvernement - qui est un droit que
personne ne remet en cause - mais la négation du droit à l’existence d’un Etat
et, à travers lui, la disparition d’un peuple. Derrière les slogans, les
justifications et les appels à la résistance "par tous les moyens" se
rejoue une histoire ancienne : celle qui consiste à faire des juifs des
coupables par nature, des cibles à éliminer. Et cette mécanique fait des
victimes. Près d’un tiers des actes antisémites recensés en France fait
explicitement référence à la Palestine. Jusqu’au pire : une enfant de 12 ans,
violée parce qu’elle était juive et qu’un conflit à 4 000 kilomètres de la
France avait été projeté sur elle. Voilà ce que produit la haine quand elle ne
rencontre plus de limite.
La proposition de loi sur les formes renouvelées de l’antisémitisme répond
précisément à cette réalité. Elle ne crée pas un délit d’opinion. Elle fixe une
limite claire : la République refuse l’appel à la destruction d’un Etat – quel
qu’il soit - et la légitimation de la violence contre les civils. En face, se
déploie une campagne de désinformation d’une violence inouïe. Faire croire que
ce texte interdirait la critique d’un Etat est un mensonge. Répété. Organisé.
Instrumentalisé. Ce que certains appellent un débat n’est qu’une stratégie :
empêcher de nommer, refuser de tracer, éviter d’assumer.
Et disons-le clairement : ce texte n’est pas celui d’une députée seule mais
celui déposé par 130 d’entre eux, voté par la Commission des lois de
l’Assemblée nationale, retravaillé et juridiquement sécurisé à la lumière de
l’avis du Conseil d’État. Le Gouvernement soutient sans ambiguïté le texte dans
sa version issue du Conseil d’Etat qui sera débattu cette semaine. Car il y a
une ligne que la République doit tracer. On peut contester la politique d’un
gouvernement. Jamais appeler à la destruction d’un État. On peut défendre une
cause. Jamais justifier le terrorisme.
Le combat contre l’antisémitisme est un combat universaliste. Un combat pour la
démocratie. Accepter que des Français se sentent de trop, chez eux, chez nous,
en France, c’est la République qui vacille. Et la République ne peut pas
hésiter. Elle doit tenir. Et nous tiendrons.
> Le gouvernement français critique largement la
politique menée par B. Netanyahou. Chacun est libre d'avoir l'avis qu'il
souhaite sur la politique menée par un gouvernement. Ça n'est pas la même chose
que d'appeler à la destruction d'un État.
> Aujourd'hui, on voit qu'on a un défaut de
caractérisation de ce qu'est devenu l'antisémitisme, qui prend de nouvelles
formes : dans ces nouvelles formes, il y a la question de la nazification des
Juifs.
> Il faut partir de ce que nous disent les victimes
et ce que disent les victimes et des Français juifs qui subissent
l'antisémitisme (...) c'est qu'ils en ont marre et attendent que la France les
protège.
> Chaque jour, des Français juifs s'interrogent sur
leur avenir en France. Et nous ne donnerions pas un cadre clair au combat
contre l'antisémitisme ? Mais qui sommes-nous devenus si nous sommes incapables
de ça !
> 3 ans après son lancement, le Plan national pour
l'égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ produit des
résultats : 90 % des mesures engagées, 62 400 forces de l'ordre formées, un
engagement historique pris avec Grindr, Tinder, Happn et Bumble pour lutter
contre les guet-apens LGBTphobes, une première mondiale. Les avancées
sont réelles. Les attentes aussi. Une nouvelle phase s'ouvre
aujourd'hui. Je présenterai le prochain plan à l’été 2026.
Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre
du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée
de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Décrocher une alternance. C’est l’objectif du jour pour des dizaines
de milliers de jeunes venus au le Salon de l’alternance. À la recherche
d’opportunités, ils peuvent compter sur France Travail, les missions locales et
les centaines d’entreprises et institutions venues recruter. La mobilisation
est au rendez-vous. L'alternance, c'est apprendre un métier en étudiant. Dans
tous les secteurs, les employeurs sont là. L’alternance doit être accessible à
tous, sur tous les territoires et quel que soit le parcours.
Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et
des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée
de la Mer et de la Pêche)
> À la rencontre des pêcheurs méditerranéens à Marseille
Aujourd'hui, je me suis rendue en préfecture à Marseille pour une rencontre de
fond avec les représentants de la pêche méditerranéenne.
La filière fait face à une situation difficile. La crise du gasoil, aggravée
par les tensions au Moyen-Orient, pèse lourdement sur leur trésorerie et leur
capacité à rester en mer. J'ai voulu les entendre directement, comprendre leurs
réalités et réaffirmer l'engagement du gouvernement à leurs côtés.
Plusieurs dispositifs de court terme sont déjà mobilisés :
- Un remboursement de 20 centimes par litre de carburant pour le mois
d'avril
- Un étalement des cotisations sociales et des échéances fiscales
- Des prêts de trésorerie garantis par BpiFrance
En parallèle, nous explorons toutes les pistes, financières et technologiques,
de court, moyen ou long terme, afin d’éviter que les bateaux restent à quai et
d’envisager une accélération de la décarbonation de la flotte. Pour cela, j’ai
reçu mandat du Premier Ministre pour demander à la Commissions européenne une
adaptation du cadre européen.
Nous avons aussi échangé sur le plan West Med, les arrêts temporaires, et le
calendrier d'application du règlement contrôle avec une attention particulière
pour les plus petites unités, pour lesquelles des dérogations seront pleinement
utilisées jusqu'en 2029.
Merci aux professionnels présents et aux représentants de l’Etat présents et
qui les accompagnent au quotidien.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> Réunion ce matin avec les acteurs de la protection animale : notre
boussole est le plein et strict respect de la loi de 2021 visant à lutter
contre la maltraitance animale.
Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des
Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> La diplomatie et la désescalade sont la clé pour mettre fin à ce conflit.
> Ensemble pour la nutrition! À Washington, j’ai eu
l’honneur d’intervenir lors de la 35e Martin J. Forman Lecture, un moment fort
dédié à la lutte contre la malnutrition. Dans cette dynamique, la France a
affirmé son rôle moteur notamment à travers les sommets Nutrition pour la
croissance, en mobilisant la communauté internationale autour d’engagements
concrets pour lutter contre toutes les formes de malnutrition. Continuons de
travailler ensemble en faveur de la nutrition.
● Autres ministres
Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la
Souveraineté alimentaire)
> Les Français sont
attentifs, à juste titre, à leur pouvoir d'achats, mais il est clair que les
conditions dans lesquelles on produit aujourd'hui sont plus coûteuses qu'elles
ne l'étaient avant le conflit. Le GNR, les engrais,
l'augmentation du prix du gaz. Enfin, bref, un certain nombre de déterminants
augmentent les coûts de production. Ça, c'est certain. Cela sera-t-il répercuté
sur l'alimentation ? Là, c'est à voir. J'espère que non. Mais il est clair que
ça peut amener à renégocier ou à discuter des avenants dans les contrats qui
viennent d'être signés entre les fournisseurs et la distribution.
> C'est
une immense fragilité pour notre agriculture, la dépendance dans laquelle nous
sommes à l'égard des fournisseurs d'engrais. Alors, avant, on se fournissait
chez les Russes, un engrais de bonne qualité. Aujourd'hui, pour des raisons
évidentes, ce n'est plus possible. Mais l'essentiel de notre approvisionnement
concerne une très large partie de nos besoins en engrais. Il faut absolument
qu'on reconquière de la souveraineté en engrais, qu'on reconstitue ou qu'on
constitue une filière de production en France. C'est indispensable. Il faut qu'on
réduise nos dépendances, qu'on réduise nos fragilités. Dans un monde qui est
devenu de plus en plus incertain, de plus en plus éruptif, tout ce qui nous met
en dépendance à l'égard d'autrui est une fragilité maximale. Il faut reconstituer un outil
industriel de production d'engrais. Et nous y travaillons.
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> Une transition énergétique qui a du sens passe par nos territoires. Avec
les maires réunis par le président Emmanuel Macron, nous avons échangé sur
l’implication, les attentes et les défis de nos communes dans les politiques
publiques et les projets portés par le Gouvernement.
Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du
ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Orbán a trouvé ses dignes héritiers. Ce prêt européen vise à sécuriser les
besoins économiques et militaires de l’Ukraine. Il permettra aussi de
rapprocher notre industrie de défense de l’armée ukrainienne. Alors que les
Etats-Unis se détournent, nous assumons nos responsabilités et défendons nos
intérêts de sécurité. Le RN s’est opposé à toutes les mesures de soutien à
l’Ukraine depuis 2022. Un rappel de plus que s’il avait été au pouvoir depuis 4
ans, nous aurions laissé les Ukrainiens seuls face à l’agression russe, avec
des conséquences catastrophiques pour notre sécurité collective au seul profit
de Poutine.
> Le Royaume-Uni rejoint le programme Erasmus+ !
Une excellente nouvelle pour les jeunes qui pourront vivre ces échanges
étudiants. 10 ans après le Brexit, le Royaume-Uni fait le choix de se
rapprocher de l’UE: une leçon pour ceux qui, chez nous, voudraient tourner le
dos à l’Europe.
> Quand on est français et que l'on se rend en
Arménie, on mesure la relation unique entre nos deux pays. Une relation faite
de liens culturels, historiques, familiaux aussi grâce aux nombreux arméniens
qui se sont installés en France au fil des âges. Nous partageons une mémoire
qui est aussi une mémoire européenne. J'ai visité le mémorial du génocide : un
lieu, des visages, des noms que je n'oublierai jamais. Les relations
franco-arméniennes se sont aussi celles tournées vers l’avenir : innovation,
IA, espace, défense, technologies vertes... Construisons ensemble le paix et la
prospérité de notre continent.
> L’Europe doit assumer sa propre défense :
- financements européens à la hauteur,
- montée en puissance industrielle
- préférence européenne claire.
C’est le sens de SAFE : les 15,09 Mds€ destinés à la France financeront des
capacités stratégiques comme ces missiles.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> À l’occasion de la première visite d’État de la Mauritanie à Paris depuis
1993, j’ai reçu le Président Mohamed Cheikh El Ghazouani à l’Assemblée
nationale. Partenaire stratégique, la Mauritanie partage avec la France une
ambition commune sur le plan économique et régional. Nous avons évoqué les
enjeux de francophonie, de coopération européenne, de sécurité et le droit des
femmes. Notre partenariat, solide et ancien, est tourné vers l’avenir.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> L’exercice du pouvoir m’a changé. Et depuis que j’ai quitté Matignon, j’ai
ressenti le besoin d’écrire ; pour raconter ce que j’ai vécu, ce que j’ai vu,
sur le pouvoir, sur notre pays, ses atouts, ses blocages. Avec ce livre, je
veux parler au cœur des Français et repartir à leur rencontre. J’y affirme mes
convictions et un projet sur lesquels je veux les convaincre. C’est une étape
supplémentaire avant d’aller plus loin.
> Ce n’est pas une petite affaire que de se
présenter à la présidentielle. Je ne serai jamais dans une candidature de
manœuvre ou du quart d’heure de gloire. Il y a deux ans, je n’aurais d’ailleurs
sans doute pas pu répondre à cette question. Depuis, j’ai réfléchi. J’ai eu
l’expérience de gouverner le pays, je pense aujourd’hui savoir comment il faut
le présider. J’ai les idées claires pour la France.
Il faut changer radicalement notre façon d’exercer le pouvoir.
Au niveau national, j’ai vu ce qui ne fonctionnait pas, et j’en ai tiré des
enseignements. Le premier, c’est l’entrave du pouvoir, notamment par nos
finances publiques. Un gouvernement n’est plus libre quand ses choix sont
entravés par la situation budgétaire. Le deuxième, c’est que notre démocratie
s’est muée en « vétocratie ». Vous avez toujours, partout, quelqu’un en
situation de s’opposer, de bloquer un projet. Le troisième, c’est qu’il faut
changer radicalement notre façon d’exercer le pouvoir, mieux le partager pour
être plus efficace. Au niveau international, le contexte a profondément changé.
Ces derniers mois m’ont aussi permis de repenser une doctrine d’influence de la
France en Europe et à l’international.
> Nous avons beaucoup agi ces dix dernières années.
Mais il est vrai que le partage du pouvoir est l’une des promesses les plus
déçues du macronisme. En 2017, une grande partie des Français ont été
enthousiasmés par l’idée que tout le monde pourrait participer à la
transformation du pays. Ça n’a pas été le cas : ils ont perçu une gestion
finalement assez classique et trop verticale du pouvoir.
> [Travail le 1er mai] C’est l’exemple
parfait de tout ce qu’il faut changer dans notre pays. Une absurdité
technocratique qui permet aux McDonald’s de travailler le 1er mai mais pas à
nos artisans fleuristes et boulangers, une procédure parlementaire qui ne
permet plus d’avancer notamment à cause de l’obstruction de LFI, et pour finir,
des manœuvres politiciennes venues de la gauche, qui instrumentalise le sujet
pour des intérêts partisans. Je suis sidéré d’un tel gâchis. Ce sujet dit aussi
beaucoup du rapport au travail de certains, qui sont restés enfermés dans une
logique passéiste. Oui, il faut protéger les salariés, et on était d’ailleurs
loin de la casse sociale sur ce sujet ! Globalement, la protection doit
toujours aller de pair avec la liberté. Je défends un droit au travail pour
ceux qui voudraient faire plus et en sont empêchés. Les artisans évidemment
mais je pense aussi aux temps partiels subis, aux seniors qui veulent rester
sur le marché et aux jeunes qui peinent à y entrer. (…)
Il faut sortir par le haut de cette situation. Le gouvernement s’est engagé à
ce que le problème soit réglé d’ici au 1er mai 2027, il faut que cet engagement
soit tenu. En attendant, pour le 1er mai 2026, personne ne comprendrait que les
artisans concernés soient sanctionnés : il faut de la tolérance pour cette
année et ne pas sanctionner les artisans concernés qui souhaiteraient ouvrir
leurs commerces le 1er mai.
> Les Français doutent d’eux-mêmes et de leur pays,
mais ils sont aussi capables du meilleur, de se rassembler. C’est cela, la
beauté de notre peuple. Mais pour le réconcilier, il faut leur permettre de
renouer avec un sentiment d’élévation, d’ascension. Sur le plan individuel, en
leur permettant de vivre mieux de leur travail et d’avoir la certitude que
leurs enfants en auront un. Sur le plan collectif, en faisant en sorte que la
France progresse à nouveau. Je suis convaincu que nous pouvons grimper dans le trio
de tête des pays européens dans le classement Pisa en dix ans, redevenir le
pays le plus prospère d’Europe et conduire de grands projets – l’avion bas
carbone, l’ordinateur quantique…
> Moi, je parle de la France. Je l’aime comme elle
est. Je veux la faire grandir et progresser, pas la changer pour revenir à un
passé fantasmé, ou pour la projeter vers un futur qui ne lui ressemble pas. Ce
qui m’importe, c’est surtout d’identifier pourquoi ces thèses prospèrent et de
chercher à y répondre, par exemple ce concept de « nouvelle France ». Jean-Luc
Mélenchon développe cette idée pour mieux attester la thèse du grand
remplacement portée par le RN. Et le RN, en déployant ses thèses anti-immigration,
qui s’attaquent même aux Français binationaux, vient renforcer les discours de
Jean-Luc Mélenchon sur le péril fasciste. Nous devons briser cette tenaille. La
solution réside dans un projet d’espoir qui montre que l’élévation est possible
pour tous, quelles que soient la couleur de peau, les origines sociales,
territoriales.
> La liberté est pour moi la valeur la plus
importante. Quand Emmanuel Macron a créé son parti, il a fait souffler un vent
de liberté à la fois économique et sociétal. Mais on ne gagnera pas en 2027 en
photocopiant 2017. J’ai aussi de vraies différences avec la ligne du président,
que je me suis forgées par l’exercice du pouvoir. (…)
Dans le macronisme des origines, il y avait l’idée que quand l’économie va,
tout va. Et, donc, que sur les questions de sécurité et d’immigration, il y
avait moins besoin d’agir – parce que le fait d’avoir tous un travail
permettrait aux Français de bien vivre ensemble. C’est important, mais ça ne
suffit pas. Quand l’économie va, tout ne va pas. Les questions régaliennes sont
au moins aussi importantes que les enjeux économiques, sur lesquels nous avons
eu des résultats.
> Je crois au dépassement des clivages. C’était
vrai en 2017 avec Emmanuel Macron, ça l’est encore plus au vu de l’ampleur des
défis : le retour de la guerre en Europe et du protectionnisme, l’intelligence
artificielle, le dérèglement climatique. Ce ne sont pas des défis de droite ou
de gauche, ce sont des défis français, de notre époque. Le retour des vieux
clivages créerait plus de divisions que de solutions. D’autant que,
aujourd’hui, la droite n’est plus de droite et la gauche n’est plus de gauche.
La droite devait être le parti qui défend l’entreprise et la compétitivité –
récemment, quand ils ont eu les manettes, ils ont augmenté les impôts. La
gauche devait lutter contre les discriminations – elle est aujourd’hui soumise
à Jean-Luc Mélenchon, qui carbure à l’ethnicisation du débat. En revanche, le «
en même temps » est devenu une forme d’effacement. Sur beaucoup de sujets, en
particulier la sécurité et l’autorité, il ne peut pas y avoir de « en même
temps ».
> Il faut privilégier l’immigration de travail à
celle du regroupement familial. Je propose de se doter désormais de règles
claires : définition des besoins par les partenaires sociaux, quotas votés au
Parlement, système de permis à points pour savoir qui rentre. Sur la question
des reconduites à la frontière, le pays avec lequel on a le plus de mal, c’est
l’Algérie. Je plaide – sans coup de menton – pour une remise à plat complète de
notre relation. C’est pour ça que j’ai appelé à revenir sur l’accord de 1968.
J’appartiens à une génération qui n’a connu ni la colonisation ni la
décolonisation. Et je pense qu’on doit assumer une diplomatie qui place nos
intérêts en première ligne.
> Il manque à l’Europe la conscience de sa
puissance, les réformes, notamment institutionnelles, pour s’affirmer. Le
constat est largement partagé sur le risque de vassalisation, notamment dans la
guerre technologique entre les États-Unis et la Chine. Les solutions sont
identifiées – dans le rapport Draghi, le rapport Letta. Mais c’est toujours la
vitesse d’exécution qui pèche. Sur certains sujets, c’est à cause de nos
procédures. Un exemple : la Commission européenne a annoncé en septembre une
clause de sauvegarde sur l’acier. C’est vital pour notre industrie. Elle
n’entrera en vigueur que prochainement. En Chine ou aux États-Unis, il faut une
semaine pour cela. Sur d’autres sujets, nous n’avançons pas faute d’unanimité.
Je plaide donc pour sortir du « tout-à-27 » et assumer une Europe des
géométries variables.
> Il faut modifier la Constitution. Le rôle
institutionnel du président n’est pas de s’immiscer dans tout, mais de rendre
possible ce qui est nécessaire. C’est vrai dans notre rapport aux institutions
européennes. C’est vrai pour adapter notre Constitution aux enjeux de notre
époque, je pense notamment à la pratique du pouvoir ou aux sujets régaliens. Et
c’est vrai enfin pour notre organisation administrative et territoriale. Si on
veut être plus efficace, il faudra cesser de vouloir concentrer tous les
pouvoirs et faire confiance aux territoires. Et insuffler un vent de liberté et
de simplification pour notre organisation administrative.
> 2027, c’est l’heure des choix. Est-ce qu’on croit
qu’une vie meilleure est encore possible ? Si oui, on doit prendre les
décisions qui s’imposent. Il faudra alors faire sauter un tabou français : 60 %
de la dépense publique sont des dépenses sociales, essentiellement de retraite.
Il faudra assumer des réformes difficiles, qui, si elles sont expliquées, nous
permettront de rétablir nos comptes et d’investir à nouveau dans notre avenir,
notamment dans l’éducation et l’innovation.
>Je suis attaché à notre modèle social. Mais il a
été fondé dans une France qui a radicalement changé. La population active
diminue et on vit de plus en plus longtemps. Nous vivons une crise de modèle où
des Français qui travaillent ont le sentiment de financer un système qui
bénéficie à d’autres qui ne travaillent pas. La réponse ne peut pas passer
uniquement par des réformes paramétriques. C’est pour ça que je ne propose pas
la retraite à 67 ans : ça ne sauvera pas le modèle ! Au contraire, en plus de
créer de la désespérance face à une mesure perçue comme brutale, c’est
inefficace. Le décalage de deux ans dans la dernière réforme n’augmentera l’âge
de départ effectif moyen des Français que de six mois. Je propose un nouveau
modèle libre, universel et productif, avec de la capitalisation.
> Je travaille sur des sujets comme la question des
mères célibataires, la santé environnementale ou notre rapport au travail.
C’est un impensé majeur de la politique alors que c’est la question la plus
centrale : on doit innover. Je ne suis pas pour la réduction du temps de
travail mais pour l’adapter : pouvoir travailler beaucoup plus à certains
moments, et un peu moins à d’autres, en fonction des aléas de la vie. Les
arrêts de travail explosent, notamment chez les jeunes. On ne peut pas faire
comme si de rien n’était.
> On ne doit s’interdire aucun débat. La GPA est
déjà une réalité puisque ceux qui en ont les moyens y ont recours à l’étranger,
deux tiers d’entre eux étant des couples hétérosexuels. Je souhaite qu’on
puisse avoir une réflexion pour sortir de l’hypocrisie.
> J’ai été victime
d’antisémitisme depuis que je me suis engagé en politique. J’ai la chance –
contrairement à ma sœur – de ne pas en avoir été victime quand j’étais
adolescent. J’ai reçu des courriers, des messages sur les réseaux sociaux avec
des relents antisémites. Et c’est aussi ce qui m’a permis de confirmer ce que
m’avait dit mon père : « Tu as beau ne pas être juif par ta mère, tu te
sentiras toujours juif parce que tu subiras comme eux l’antisémitisme toute ta
vie. »
> Je crois que 70 millions de Français ont mal vécu
la dissolution, moi compris. Le choc de cette annonce, je l’ai moins vécu pour
moi-même – j’avais décidé de proposer ma démission au président du fait du
mauvais résultat aux européennes – que pour les ravages que j’anticipais pour
le pays à la suite de cette décision.
> Je ne prendrai jamais les Français pour des
imbéciles. J’ai été élu député en accompagnant le président, j’ai été ministre
dans ses gouvernements, il m’a nommé Premier ministre. Je l’assume et je suis
comptable de ce que j’ai fait dans mes fonctions, les réussites comme les
échecs. C’est aussi à travers cette expérience que j’ai appris comment faire
mieux, et que les Français ont pu mesurer que je suis différent du président,
sur le fond et probablement aussi dans la personnalité.
> Je crois que la ligne que je défends, celle d’une
reprise de contrôle de notre destin par le progrès et notre influence en
Europe, est la plus à même d’empêcher la vassalisation de la France sur tous
les sujets – économiques, technologiques, industriels, culturels. Ce sont ceux
qui proposent des chemins de repli, de rétrécissement, qui seront disqualifiés.
> Il y a besoin d’une vraie campagne, puis d’un
vrai rassemblement. On a vu en 2022 ce que donnait l’absence de campagne ! Il
faut un vrai temps d’affirmation pour laisser un choix aux Français entre des
lignes différentes tout au long de l’année 2026, jusqu’au début de 2027.
Ensuite, il faudra un vrai rassemblement. Nous nous parlons avec Édouard
Philippe, nous en sommes tous les deux conscients. C’est pour cela que j’ai
proposé la mise en place d’un comité de liaison. Par souci de cohérence, il
inclut les partis avec lesquels nous avons gouverné entre 2017 et 2024,
c’est-à-dire Renaissance, le MoDem, Horizons et l’UDI. Pour ce qui est de LR,
il leur revient d’abord de clarifier leur ligne politique. Nous partageons beaucoup
de choses avec des personnalités comme Valérie Pécresse, Xavier Bertrand,
Jean-François Copé ou Gérard Larcher. En revanche, je n’ai pas compris si Bruno
Retailleau souhaitait travailler avec nous ou avec l’extrême droite.
> Sur l’Europe, l’État de droit, l’écologie, j’ai
des divergences profondes avec Bruno Retailleau. Et on a vu à l’occasion des
municipales que la ligne de LR était floue vis-à-vis du RN, lorsqu’il
s’agissait de battre l’extrême droite à Nice, par exemple.
> Mon objectif restera toujours de battre les
extrêmes. J’ai toujours assumé de les mettre sur le même plan : ils ont une
identité différente, mais ce sont deux dangers pour la France. Aujourd’hui, au
regard de ce qui s’est passé depuis deux ans, il est impossible d’appeler à
voter pour LFI.
> Il y a des Français attachés, comme moi, au
projet européen et à la défense de la démocratie, qui ont voté pour Raphaël
Glucksmann et pas pour nous aux européennes. Pour la présidentielle, tout
dépendra des projets. Pour l’instant, le préprojet présidentiel présenté par
Raphaël Glucksmann semblait être, notamment sur les questions régaliennes ou
économiques, un copier-coller du programme du NFP, par exemple en proposant une
hausse massive des impôts ou l’abrogation des lois antisquats. Je rencontre
tous les jours des Français de gauche attachés à l’ordre et à la liberté
économique.
> Comme nous le demandions lundi aux côtés des
professions concernées, le Gouvernement annonce avoir donné une instruction aux
services de l'État pour permettre aux boulangers et fleuristes artisanaux
d’ouvrir dès ce 1er mai sans être verbalisés. Une loi viendra sécuriser
l’ensemble de ces professions dès l’année prochaine. Nous nous tiendrons en
première ligne pour qu'elle puisse être votée. À l’issue d’une séquence
kafkaïenne faite de blocages et de mensonges, c’est une victoire du bon sens,
du travail et de la liberté !
Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Ce qui s’est passé mardi à l’Assemblée nationale est une prise d’otage
par les populistes. Je suis profondément choquée de voir un texte attendu par
les entreprises détourné au service de calculs électoraux à courte vue.
Certains groupes ont fait le choix de sacrifier deux politiques importantes
pour la qualité de l’air et la protection des populations face aux sécheresses
et aux inondations - ainsi que la stabilité dont nos acteurs économiques ont
besoin - pour faire de l’électoralisme à la petite semaine. Cela me désole.
> J’ai reçu à l’Assemblée nationale les
participants de la « Paris Experience » du YPO Greater London pour échanger sur
les grands enjeux du moment. J’ai tenu à leur adresser un message clair :
l’État fixe un cap, mais ce sont les entreprises qui investissent, innovent et
prennent des risques. Aujourd’hui, plus que jamais, il faut assumer pleinement
ce rôle stratégique. Produire en Europe, sécuriser les chaînes de valeur,
intégrer les enjeux écologiques non pas comme une contrainte, mais comme un
levier de transformation et de compétitivité. Je le dis avec conviction : le
rôle des dirigeants d’entreprise n’est plus seulement économique. Il est devenu
profondément politique, au sens noble du terme - celui de contribuer à
l’organisation et à l’avenir de notre société.
Marc Ferracci (député)
> Réindustrialiser sans parler d’immigration ? Démagogie. Monsieur Bellamy,
venez visiter l’usine de Sochaux où travaillent 58 nationalités. C’est ça, la
réalité de notre industrie. Oui, nous avons besoin d’immigration régulière pour
produire en France. Et regardons les faits, sans détour : l’Italie de Madame
Meloni, proche idéologiquement de monsieur Bellamy a relevé à 452 000 les
quotas d’entrée légale pour travail. Pourquoi ? Parce que travailler, c’est
être en capacité de s’intégrer. Et que régulariser, c’est aussi réduire la
délinquance Moins d’idéologie et de postures. Plus de réalisme et de
responsabilité.
> Superprofits : taxer la rente, pas l’innovation
Oui à la performance. Non aux gains tombés du ciel. Quand des profits viennent
d’un choc géopolitique, et non du travail, du risque ou de l’innovation, alors
la question de leur taxation est légitime.
- Ne taxons pas ceux qui investissent
- Ne taxons pas ceux qui prennent des risques
- Ne taxons pas l’innovation Mais taxer la rente, cela peut et doit être
débattu.
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> Que personne ne soit dupe. Le RN au pouvoir ce serait l’abandon immédiat
de l’Ukraine et donc l’affaiblissement de toute l’Europe. En se faisant le
relais de la Russie, Bardella est une menace pour la stabilité et la sécurité
du continent et donc de la France !
Violette Spillebout (députée)
> Sur le 1er mai, le texte de Gabriel Attal avait pour objectif de rétablir
une inégalité entre commerces déjà autorisés à ouvrir et artisans comme les
boulangers ou fleuristes aujourd’hui sanctionnés.
Charles Rodwell (député)
> Lutter contre le terrorisme. Empêcher les personnes radicalisées de
passer à l’acte. Maintenir en rétention les personnes dangereuses qui n’ont
rien à faire en France. L'adoption de notre proposition de loi en séance
publique à l'Assemblée nationale permettra de renforcer la sécurité des
Français, tout en protégeant nos libertés publiques. Nous le devons à toutes
les familles frappées par des attaques criminelles et terroristes.
● MoDem
> Les députés Démocrates ont décidé de saisir le Conseil constitutionnel
sur le projet de loi de simplification de la vie des entreprises. En votant les
conclusions de la CMP, notre groupe a choisi de juger ce texte sur son objet
principal : des mesures de simplification attendues par les entreprises, les
collectivités et les associations. Ce choix repose sur des avancées concrètes :
allègement des formalités administratives, mensualisation des loyers pour les
TPE-PME, plateforme unique pour la commande publique, généralisation de la
médiation avec l'administration, ou encore mise en place d'un « test PME » pour
mesurer l'efficacité des nouvelles normes. Depuis le début de son examen,
engagé il y a près de deux ans, ce texte a connu une séquence longue, confuse
et chaotique, malgré la procédure accélérée. La responsabilité en incombe à
certains parlementaires qui ont choisi d'insérer, ou de laisser prospérer, des
cavaliers législatifs sans lien avec l'objet du texte : suppression des ZFE,
démantèlement du ZAN, suppression des CESER. Dès son adoption définitive, les
députés Démocrates saisiront, pour la première fois depuis 2017, le Conseil constitutionnel
pour faire sanctionner ces entorses à notre Constitution. Il est regrettable
qu'un texte attendu de longue date par le secteur économique ait ainsi été pris
en otage. Notre rôle de législateur est double : adopter des mesures utiles au
pays et veiller à ce que la loi respecte les règles fondamentales de notre
République. C'est pourquoi il est temps de mettre un terme aux dérives
démagogiques et politiciennes qui parasitent le fonctionnement normal de nos
institutions, dont l'Assemblée nationale.
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à
l’Assemblée nationale)
> Nous avions demandé le retrait de la loi Yadan car ce texte était
juridiquement trop fragile. Aucune satisfaction pour autant : l'antisémitisme
progresse en France et exige un texte gouvernemental solide.
● Parti radical
> Il y a urgence à agir
contre la recrudescence de l’antisémitisme
Le Parti radical réaffirme son engagement total et entier dans la lutte contre
l’antisémitisme. C’est pourquoi il soutient la proposition de loi de Madame
Caroline Yadan visant à renforcer la lutte contre les formes renouvelées de
l’antisémitisme qui sera examinée en séance plénière les 16 et 17 avril
prochains.
Depuis les attaques terroristes du Hamas
en Israël le 7 octobre 2023, nous assistons à travers le monde, en Europe et en
France, à une recrudescence profonde et préoccupante des actes antisémites,
parfois sous couvert d’antisionisme. Cette réalité appelle une réponse
législative ferme et adaptée. Comme le souligne le député Bastien Marchive, cosignataire du texte,
nous ne pouvons pas rester sans rien faire.
Ce texte, dont la version actuelle
intègre l’ensemble des recommandations du Conseil d’État, établit une
distinction claire entre ce qui relève de la liberté d’expression, pleinement
préservée, et ce qui constitue une atteinte grave à l’ordre républicain.
« Critiquer un gouvernement, ses
choix ou ses pratiques demeure un droit fondamental et intouchable. En
revanche, faire l’apologie d’actes terroristes, les minimiser ou les banaliser
publiquement, ou encore appeler à la destruction d’un État reconnu par la
République française, qu’il s’agisse d’Israël, ou de tout autre État, sont des
actes d’une nature radicalement différente justifiant pleinement une réponse
pénale », rappelle Nathalie Delattre, présidente du Parti radical.
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
> La protection des mineurs en ligne avance en Europe ! La présidente de la
Commission, Ursula von der Leyen, a annoncé que l'application européenne de
vérification de l'âge est prête et sera très bientôt disponible. Troubles du
sommeil, troubles alimentaires, troubles de la concentration, anxiété,
addictions aux écrans, harcèlement mais aussi exposition à des contenus
violents : les dérives orchestrées par les réseaux sociaux ont des conséquences
néfastes pour les plus jeunes. C'est au niveau européen que nous pouvons lutter
efficacement contre ce fléau. Nous avançons et c'est une très bonne nouvelle !
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Nous l'avions demandé avec Renew Europe, le Parlement européen l’a voté :
la Commission y répond. La présidente de la Commission européenne a annoncé
l'introduction de la vérification de l'âge des utilisateurs des réseaux
sociaux. L'objectif? Protéger nos enfants des dangers d'Internet. En janvier
dernier, l'Anses alertait sur les risques que les plateformes numériques font
courir aux plus jeunes : troubles du sommeil, altération de la santé mentale,
perte de confiance en soi, harcèlement, exposition à des contenus violents et
haineux. Cette annonce est décisive car l'échelle européenne est la bonne pour
agir efficacement.
> Ce dimanche, les Bulgares voteront lors
d'élections parlementaires anticipées après les plus grandes manifestations que
le pays ait jamais connues dans son histoire moderne. Les jeunes Bulgares que
j’ai rencontrés aujourd’hui croient en une Bulgarie sans corruption, pleine
d’opportunités et de prospérité. Ils veulent la justice et la prospérité. C'était
une leçon d'humilité d'entendre vos histoires aujourd'hui à Sofia, merci. Avec Renew
Europe et We Continue The Change, nous luttons pour des élections équitables. Le
changement est possible et nous sommes à vos côtés.
> Les élections de dimanche sont parmi les plus
décisives depuis des années en Bulgarie et en Europe. Je suis venu à Sofia
parce que ce moment est trop important pour être suivi à distance. Les enjeux
sont élevés pour reconstruire une Bulgarie forte dans une Europe forte. Vaincre
la corruption, rétablir l’État de droit et restaurer une justice indépendante.
La confiance dans les institutions, dans les élections, dans l'idée que votre
vote change réellement quelque chose de réel, voilà ce qui est mis à l'épreuve.
La Hongrie a montré que chaque vote compte. Je crois que les Bulgares doivent
se mobiliser et voter pour leur avenir ancré au cœur de l’Europe.
Christophe Grudler (député)
> Au Liban, la situation humanitaire reste alarmante. Cette semaine, la
commission Développement du Parlement européen a alerté : déplacements massifs,
accès à l’aide entravé. Le cessez-le-feu doit être respecté et durable. L’UE
doit agir.
Stéphanie Yon-Courtin (députée)
> Prix des carburants : des mesures d’urgence activées au niveau
européen pour soutenir le secteur de la pêche ! Comme annoncé hier suite à mon
intervention au Parlement européen: la Commission européenne a confirmé
aujourd’hui l’activation du mécanisme de crise du Fonds européen pour les
affaires maritimes, la pêche et l'aquaculture (FEAMPA). Cette mesure s'applique
rétroactivement à partir du 28 février 2026, et couvrira les dépenses encourues
jusqu’au 31 décembre 2026. Elle permet aux États membres d'accorder des
compensations financières aux pêcheurs, producteurs aquacoles, transformateurs
et détaillants face aux perturbations causées par la flambée des prix des
carburants, ainsi que des aides au stockage aux organisations de producteurs,
en mobilisant les fonds disponibles dans la programmation 2021-2027 du FEAMPA.
J’appelle donc le Gouvernement à se saisir de ces mesures pour renforcer le
soutien à nos professionnels de la pêche et des produits de la mer. La
Commission européenne a aussi confirmé qu’elle mettra en place d’ici la fin du
mois d’avril un encadrement temporaire sur les aides d’état pour mieux soutenir
les secteurs les plus impactés par la crise, dont la pêche, comme elle l’avait
fait face aux conséquences de la covid19 ou de la guerre en Ukraine. Aux
niveaux local, national et européen : continuons la mobilisation collective
pour soutenir notre filière pêche.
Fabienne Keller (députée)
> Un moment important pour l’avenir de l’Europe, ses moyens et ses
priorités. Nous venons de voter en commission du Budge, la position du
Parlement sur le budget européen pour la période 2028-2034. Face aux nombreux
défis auxquels l’Europe fait face (géopolitiques, économiques, sociaux et
environnementaux) nous demandons une augmentation de 10% par rapport à la
proposition de la Commission. Avec mon groupe Renew Europe, nous nous
réjouissons que la protection des valeurs et de l'Etat de droit ait guidé
l’ensemble de ce budget. Nous avons également poussé pour de nouvelles
ressources propres et la préservation de programmes majeurs, comme LIFE.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> La question de l'immigration économique, qui est un tabou français, il
faudra l'avoir et notamment dans cette campagne présidentielle.
> Gabriel Attal a raison de dire, dans ce moment de
confusion, de grands débats, Il faut commencer par des idées, par un projet' et
puis il y aura un moment de candidature, probablement.
> 1er-Mai : je refuse qu'on s'enferme dans une
polémique, bien française. Le sujet est de savoir si on travaille assez ou pas
dans ce pays, dans la compétition internationale (...) On va devoir travailler
plus et différemment.
> La fin des ZFE a été votée et jeregrette ce recul
sur l'écologie (...) Il y a 40 à 50 000 morts de la pollution de l'air, c'est
un sujet de santé publique majeur qui ne va pas disparaître, il faut agir.
> [Prix des carburants] Il ne faut exclure aucune
mesure qui peut être utile parce qu'on vit dans l'incertitude (...) Il n'y a
pas une recette magique, encadrer les marges, c'est un outil qu'il ne faut pas
écarter.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> Les mineurs victimes d’exploitation sexuelle ne sont pas invisibles. C’est
à nous de mieux les voir et les accompagner.
> Plus on encadre un secteur, plus les prédateurs
se déplacent. Une priorité : généraliser le contrôle d’honorabilité à tous ceux
qui travaillent avec des enfants. Allons plus loin : croiser avec le fichier
des cadres interdits pour écarter tout professionnel en procédure.
> Merci à l'Association des maires d’Ile-de-France d'avoir
rassemblé des élus pour cet atelier de début de mandat sur «Le rôle du maire
pour assurer la sécurité et l’épanouissement de l’enfant». En cette période où
la confiance est ébranlée dans le périscolaire, faisons bloc pour protéger les
enfants.
> [Emmanuel Macron veut instaurer une fois par mois
une journée sans connexion] Une journée sans connexion par mois pour nos jeunes
: une excellente initiative. Retrouver le goût de lire, de bouger, d’échanger…
c’est essentiel pour leur développement et leur bien-être. Oui à des écrans
mieux encadrés, au service de l’enfance.
> Accueillir les enfants, c’est tout simplement
refuser l’exclusion. Lancement de Grandir ici : une mobilisation collective
pour lutter contre le «no kids» et défendre des lieux de vie ouverts à tous.
> Bonne nouvelle pour la protection des jeunes en
ligne : avec une application européenne de vérification d'âge, plus d’excuse. La
France, engagée dès la phase de tests, est au rendez-vous ! Protéger les
enfants doit enfin devenir la règle.
> Comment savoir si une politique publique change
vraiment la vie des jeunes? Il faut passer d’une logique de moyens à une
logique de transformation — et intégrer enfin le temps long dans l’évaluation.