dimanche 18 février 2024

Une Semaine en Centrisme. L’alliance d’axe central à l’aube de la fracturation?


Qu’y a-t-il de commun entre Edouard Philippe, Gabriel Attal, François Bayrou, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin et quelques autres politiques ambitieux de la majorité présidentielle?

Réponse: Emmanuel Macron et son «en même temps» qui est la devise de cette alliance d’axe central, de cette «centralité» qu’il a mis en place pour se faire élire en 2017 puis pour gouverner le pays et se faire réélire en 2022.

Mais comme il ne peut se représenter en 2027, ses potentiels successeurs – et le vainqueur de la joute politique qui s’annonce – vont devoir mener un combat entre eux qui pourrait bien être fratricide et surtout sonner le glas de cette alliance alors même qu’elle est le dernier rempart contre la prise du pouvoir par les extrêmes et, en l’état des forces politiques, contre l’extrême-droite.

Ainsi, si l’avenir du «macronisme» et de la «macronie» après le départ de l’Elysée d’Emmanuel Macron n’est pas du tout assuré –la première manquant d’assises philosophiques solides, surtout d’un imaginaire qui, tel le gaullisme, pourrait lui donner une légitimité historique et le deuxième étant un rassemblement hétéroclite de personnes autour d’un homme –, c’est également le cas de cette alliance d’axe central qui en est la résultante et qui, elle, est indispensable pour l’avenir de la démocratie républicaine libérale, en l’état et qui n’est pas liée consubstantiellement au macronisme et à la macronie même si ceux-ci ont eu le grand mérite de la faire vivre concrètement et ont empêché par deux fois l’extrême-droite d’arriver au pouvoir..

Mais, au-delà de cette alliance de circonstance, dans le sens où c’est la conjoncture politique qui l’impose, les personnalités politiques qui en sont l’incarnation ne sont pas amis, surtout, ont des ambitions personnelles qui sont pas compatibles.

En revanche, s’ils n’ont pas exactement les mêmes positionnements politiques, cela ne devrait pas empêcher la constitution d’une alliance de leurs soutiens et de leurs électeurs si la bagarre des chefs ne devient pas paroxystique ce qui aura comme conséquence une impossibilité de s’entendre pour des questions de personnes.

Il y aura donc un vainqueur et des vaincus dans cette course présidentielle et il risque de n’y avoir que des perdants si l’union ne peut se réaliser ensuite.

Or si l’on peut penser qu’un rassemblement de la galaxie «macroniste» peut se réaliser sans trop de difficultés autour d’un Edouard Philippe, voire d’un Gabriel Attal ou d’un Bruno Le Maire, cela semble beaucoup plus hypothétique concernant un François Bayrou ou un Gérald Darmanin.

Aujourd’hui, plus de trois ans avant la présidentielle de 2027, les mieux placés sont Edouard Philippe et Gabriel Attal mais absolument rien ne garantit que ce soit le cas dans  deux ans quand les ambitions devront commencer à se déclarer définitivement.

De même, un outsider voire un «inconnu» style Macron peut également émerger.

Reste que les potentiels candidats cités plus haut ont commencé à se préparer et à envoyer des signaux sur leur volonté d’être candidat, le dernier en date étant François Bayrou, même si personne ne doutait qu’il voulait se présenter depuis le lendemain de la victoire d’Emmanuel Macron en 2017!

Il est à espérer que l’enjeu de cette élection où, pour l’instant, la favorite n’est autre que Marine Le Pen, fera en sorte de faire passer en premier la démocratie républicaine avant les problèmes de personne et les inimitiés.

Mais espérance n’est pas assurance.

Jean-Louis Pommery
Alexandre Vatimbella

 

 

La quotidienne centriste du 18 février 2024. La Russie éternelle, totalitaire et soutien des extrémistes français


Hier, c’était Georges Marchais qui se pressait au Kremlin pour aller voir Brejnev, dire tout le bien qu’il pensait de son invasion de l’Afghanistan et prendre son chèque.

Aujourd’hui, c’est Marine Le Pen qui défend Poutine, le criminel de guerre et assassin d’opposants et subsidiairement celui qui a permis au FN/RN de ne pas faire faillite en demandant à ses officines de lui fournir le financement adéquat.

La Russie a toujours été sous la coupe de tsars: les blancs, les rouges et maintenant les gris.

Et depuis toujours, les extrémistes français ont été les amis et les affidés de ces régimes totalitaires tout simplement parce qu’ils partagent la même vision et les mêmes intérêts.

Le voyage à Moscou est ainsi pour leurs dirigeants une sorte de pèlerinage où l’on vient rendre ses hommages à ses supérieurs et faire allégeance.

Au-delà des postures parfois critiques – le PC avait condamné l’invasion de la Tchécoslovaquie, le FN/RN rend hommage aujourd’hui à Alexeï Navalny alors qu’il a systématiquement refusé de voter des résolutions condamnant sa détention – dictées par un opportunisme afin de tenter d’accompagner une indignation d’une très grande majorité des Français, tous les agirs de ces partis, hier et aujourd’hui, démontrent un soutien sans faille qui se serait traduit ou se traduirait, s’ils avaient été ou étaient au pouvoir par un suivisme de la ligne politique et une application des instructions venues du Kremlin.

L’internationale, qu’elle soit rouge ou brune fonctionne à plein et sans faille depuis toujours, prenant le pas, non seulement, sur la défense de  démocratie que ces partis extrémistes abhorrent, mais sur leur appartenance nationale.

Néanmoins, Poutine qui était une sorte de sauveur du RN/FN pourrait, au vu de ses dérives et de ses crimes, devenir à terme une très grosse épine dans le pied de Marine Le Pen et ses ambitions présidentielles.

C’est san doute pour cela que elle et ses sbires font des déclarations pour ne pas prêter le flanc à des critiques sur leur réel positionnement.

C’est évidemment gros comme le nombre de crimes du personnage mais, malheureusement, risque de marcher si l’on se réfère au peu de dommage que l’idylle de Trump envers Poutine lui cause chez ses fan(atique)s…

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]