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mardi 27 mai 2025

Chronique centriste. Quand le MoDem accuse Renaissance de ne penser qu’à la présidentielle: c’est l’hôpital qui se fout de la charité!


En 2007, lorsque François Bayrou crée le Mouvement démocrate, plus connu aujourd’hui comme le MoDem, c’est pour capitaliser sur son bon score à l’élection présidentielle où il vient de terminer en troisième position avec plus de 18% des voix.

Pourquoi veut-il une nouvelle formation politique?

Deux raisons principales.

La première et la plus importante, c’est qu’il veut un outil entièrement dédié à son ambition élyséenne.

Il croit qu’il a un destin présidentiel depuis longtemps, destin que lui a prédit… François Mitterrand!

La deuxième est qu’il pense que l’UDF, dont il est le leader, est trop marquée au centre, voire au centre-droit.

Or, pour gagner une présidentielle, il doit ratisser le plus large possible.

Il pense que les centristes lui sont acquis et sa volonté est de s’ouvrir à la fois à la mouvance gaulliste et, surtout, au centre-gauche et à la social-démocratie.

D’ailleurs, à des militants UDF qui lui demandent alors comment il se définirait, il répond qu’il n’est pas centriste mais qu’il cherche encore une appellation qui serait plus en accord avec ce qu’est son positionnement politique.

Et le MoDem va être cet objet peu identifié au départ qui va être uniquement axé sur la présidentielle de 2012 et les suivantes.

Ces échéances électorales seront plus que décevantes pour Bayrou qui ne réussira jamais à réunir autant d’électeurs derrière son nom qu’en 2007.

En même temps, son parti est devenu une coquille vide où les élus se comptent quasiment sur les doigts d’une main, ayant sacrifié toutes les autres élections et n’ayant plus aucune alliance qui lui permettrait de gagner quelques sièges.

Cette situation deviendra critique en 2016, à l’orée de la présidentielle qui verra la victoire d’Emmanuel Macron le 7 mai 2017.

François Bayrou veut évidemment se présenter une nouvelle fois mais les sondages sont si bas que les membres du MoDem le découragent de se lancer dans une aventure qui détruira le parti et l’engagent à soutenir Macron ce qu’il fera du bout des lèvres après avoir été son principal pourfendeur…

En récompense, il aura des postes ministériels et un groupe à l’Assemblée nationale, un véritable sauvetage politique qu’il doit uniquement à Emmanuel Macron.

Et il réinstallera son parti au Centre en revendiquant qu’il est le seul centriste de l’échiquier politique…

Ce long rappel était nécessaire pour bien comprendre pourquoi aujourd’hui lorsque les dirigeants du MoDem comme Marc Fesneau ou Jean-Noël Barrot ruent dans les brancards en accusant Renaissance et plus particulièrement Gabriel Attal de ne penser qu’à la présidentielle de 2027, c’est l’hôpital qui se fout de la charité!

Sans doute que c’est en partie vraie mais c’est aussi le cas du MoDem!

Car François Bayrou n’a pas renoncé à son ambition présidentielle et se verrait bien candidat dans deux ans.

Mais il part de très loin et ses chances sont infimes sauf s’il montre qu’il est le seul vraiment du Centre alors que ses concurrents de l’axe central et de la coalition présidentielle, Edouard Philippe, Gérald Darmanin et surtout Gabriel Attal sont des hommes de droite ce que sont en train d’entreprendre ses lieutenants notamment en accusant ce dernier d’un virage qui flirte avec l’extrême-droite!

Une attaque sous la ceinture qui a fait les choux gras de tous les médias anti-Macron.

Oui, le MoDem a aussi les yeux fixés sur 2027 parce que c’est dans son ADN et parce qu’elle a besoin pour continuer à exister après le départ d’Emmanuel Macron de l’Elysée de représenter le «vrai» Centre dont les sympathisants sont sa base électorale.

C’est ainsi que l’on peut comprendre l’offensive contre Renaissance qui était jusqu’à maintenant à fleuret moucheté et qui a pris un tour plus agressif parce que Bayrou et Fesneau comme Attal savent compter et connaissent le nombre de jours avant le scrutin de 2027.

Jean-Louis Pommery
Alexandre Vatimbella

 


lundi 28 avril 2025

Une Semaine en Centrisme 2025/16 (21-27 avril). L’entente Trump-Poutine / La tension Inde-Pakistan / La brouille Canada-Etats-Unis / La Chine veut séduire l’Europe


Certains analystes estiment que Trump dans sa mégalomanie agit comme si tout le monde devait être à ses ordres.
D’autres pensent que Poutine connait bien le narcissisme du président américain et qu’il sait comment le manipuler.
Sans doute que les deux affirmations sont justes mais dans la globalité de leur relation tant lors de la première présidence de Trump que depuis qu’il est à nouveau au pouvoir, c’est plutôt l’entente entre les deux hommes qui est le plus notable.
Et l’on peut même se demander si les anicroches et les commentaires peu amènes qui peuvent jalonner cette relation ne sont que des leurres pour faire accroire qu’il y aurait des différends voire de l’inimitié.
Car si l’on se réfère à ce qui est réellement concret comme les revendications de Poutine sur l’Ukraine mais aussi sur l’OTAN et le contenu du plan de paix proposé par Trump pour faire cesser le conflit dont est entièrement responsable le dictateur russe, on s’aperçoit du total accord entre eux.
Ainsi, l’entente Trump-Poutine est une réalité quand on prend les finalités et les objectifs de chacun d’entre eux d’où l’importance pour le monde libre de ne pas tomber dans le panneau.
Evidemment, ces deux personnages à l’égo surdimensionné sont capables de se fâcher si l’un pense que l’autre le manipule d’où les déclarations parfois anti-Poutine de Trump.
Mais les deux hommes ont tellement à gagner à s’entendre sur le dos de l’Ukraine qu’il serait étonnant que leur entente se fracasse sur des détails.

A nouveau le conflit jamais réglé entre l’Inde et le Pakistan depuis la partition de l’Inde impériale britannique (rappelons qu’avant la colonisation, il n’avait jamais existé un pays unique sur le territoire contrôlé par Londres) refait surface.
Cette fois-ci après le terrible attentat perpétré par les indépendantistes du Cachemire indien qui sont financés et armés par les services secrets pakistanais pour déstabiliser l’Inde.
Même si l’on n’est sans doute pas à l’aube d’un nouvelle guerre entre ces deux puissances nucléaires, il ne faut jamais sous-estimer l’importance de la haine entretenue par les deux gouvernements et du profond ressentiment de deux populations qui ont souffert dans leur chair depuis longtemps des violences perpétrées et/ou téléguidées par les extrémistes musulmans et hindous voire nationalistes.

Une des conséquences les plus improbables de la politique étrangère erratique de Trump est la détérioration extrême des relations entre les Etats-Unis et le Canada.
Les Canadiens – qui se considéraient jusqu’à présent comme les meilleurs alliés et amis des Américains – ont été choqués et désemparés de la violence avec laquelle Trump a déclaré son intention d’annexer leur pays et, ensuite, avec laquelle il a mis en place des droits de douane qui sont excessivement préjudiciable pour l’économie du pays.
Tous les Canadiens ont réagi, notamment le Premier ministre – dans un premier temps Justin Trudeau puis son successeur, Mark Carney – et une sorte d’union nationale antiaméricaine s’est constituée.
Le tout sur le fond d’une campagne électorale pour les législatives anticipées.
On peut penser que les Etats-Unis ont été utilisés jusqu’à plus soif par les deux partis – les libéraux et les conservateurs – pour jouer le rôle de bouc émissaire.
Mais si c’est sans doute en partie vrai, le mal est bien plus profond et les relations entre les deux voisins devraient être grandement affectées pour longtemps.
Surtout, la confiance totale des Canadiens envers les Etats-Unis est définitivement morte.

La Chine dans son conflit économico-commercial avec les Etats-Unis tente de faire de l’Europe son alliée.
Elle propose à l’UE de renforcer leurs liens commerciaux et de mener une campagne commune pour la liberté du commerce international.
Certains, dans les pays européens seraient prêts à se rapprocher de Pékin.
Et ce serait une grande erreur.
Parce que la Chine est la première menace commerciale de l’Europe bien avant les Etats-Unis.
Parce que, surtout, la Chine est le pays qui a mis sur pied l’internationale totalitaire dont le but est de détruire la démocratie républicaine libérale de la planète, le régime qui est en cours en Europe.
Oui, le combat contre les droits de douane de Trump est commun entre la Chine et l’Europe.
Mais il serait inconscient que les Européens tombent dans un piège en faisant leur, en l’espèce, l’adage «l’ennemi de mon ennemi est mon ami».

 

[Retrouvez chaque semaine ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du Centre en France et dans le monde] 

 

 


vendredi 28 février 2025

L’Humeur du Centriste. Trump insulte les démocrates et Zelensky tout en défendant Poutine!


Si tenté qu’il y avait encore à dévoiler quelques chose, en tout cas, les choses sont claires: Trump est désormais l’allié de Poutine.

Après avoir rencontré le Président de la République française et le Premier ministre du Royaume-Uni, Trump recevait ce jour le Président de l’Ukraine pour discuter d’un cessez-le-feu et d’une paix dans l’agression menée par Poutine contre le peuple ukrainien.

Or, la réunion à la Maison blanche a tourné au chantage vis-à-vis de Zelensky et celui-ci n’a pas accepté de se faire rouler dans la farine.

Son refus er sa résistance ont immédiatement entraîné des insultes et des menaces de la part de Trump et de son vice-président Vance, non seulement, à l’encontre de Zelensky mais également de Joe Biden, de son fils Hunter, de Barack Obama, d’Hillary Clinton et du sénateur de Californie, Adam Schiff!

Une bouillie infâme débitée devant les journalistes par un Trump éructant des propos incohérents face à Zelensky calme et digne, accusé de vouloir provoquer la mort de milliers de personnes et de jouer avec une troisième guerre mondiale...

De même Trump n’a pas tari d’éloges envers Poutine, un homme à qui l’on peut faire confiance et qui tient parole selon l’extrémiste populiste!

Des affirmations d’une indécence abjecte quand on sait le nombre de morts que son invasion a causé tant dans la population ukrainienne que dans les forces armées des deux pays.

Tout cela doit être un électrochoc chez les dirigeants européens: Trump est désormais leur ennemi.

Et la défense de l’Ukraine est un devoir.

Centristement votre.
Le Centriste