lundi 26 octobre 2026

Propos centristes. France – Mouvements sociaux et lycéens: revendications, violences, instrumentalisations, «convergence des brutes» et annonces du gouvernement / Attentat raciste de Trappes / Présidentielle / Dette publique…


Voici une sélection, ce 26 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Mouvements sociaux] Au nom de tous, je tiens à remercier nos forces de l’ordre, mobilisées cette semaine pour assurer partout l’ordre républicain. Grâce à elles et malgré un contexte difficile, l’État a été au rendez-vous de ses missions. J’ai rencontré vendredi les syndicats lycéens et entendu les attentes légitimes de notre jeunesse. Le Premier ministre et les ministres poursuivront ce dialogue et apporteront des réponses très concrètes.

> [Mouvements sociaux] À Marseille ce matin, je suis venu témoigner de la solidarité de la Nation à tous ceux qui ont été frappés par les violences du 17 octobre. J’ai échangé avec le maire, les élus du territoire, les autorités préfectorales, des commerçants, des habitants, et les forces de sécurité intérieure. Nous avons tiré les leçons du 17 octobre. Ce samedi 24, le droit de manifester a été préservé et l’ordre républicain a été tenu. Je remercie vivement nos forces de l’ordre pour leur engagement aux côtés des élus. Notre détermination est entière pour que le calme demeure. Nous maintiendrons les dispositifs de sécurité nécessaires et travaillerons à pérenniser des parcours de manifestation en dehors du centre-ville, pour concilier la liberté de manifester, la sécurité des habitants et la reprise de l’activité économique. Notre priorité : préserver le calme, permettre aux commerces de rouvrir et à la vie de reprendre pleinement ses droits. Pour soutenir les commerçants qui ont subi des pillages ou qui ont été contraints de fermer, différentes aides dont un fonds de soutien ont été mises en place, en lien avec les collectivités territoriales et le secteur privé. Nous travaillons avec les assureurs et les banques pour accélérer les indemnisations, aider à financer les nouvelles commandes et accompagner ceux qui ont subi des pertes de revenus. Derrière chaque commerce, il y a des femmes et des hommes qui travaillent, des emplois, des familles, des années d’efforts. C’est la vie économique de notre pays. Nous devons la protéger et leur permettre de reprendre leur activité. Marseille en a besoin. Nos compatriotes en ont besoin. L’État est à leurs côtés et le restera. Je sais aussi les colères qui s’expriment. La vie chère, les inquiétudes de nos lycéens et de nos étudiants pour leur avenir : ces préoccupations sont légitimes et appellent des réponses concrètes. Le Gouvernement annoncera dès cet après-midi des mesures. Mais aucune colère ne saurait justifier les violences, les pillages ou les attaques contre nos institutions. Manifester est un droit. Détruire n’en sera jamais un. À six mois de l’élection présidentielle, notre pays a besoin d’un débat démocratique, pas d’une spirale de violences. Les désaccords doivent pouvoir s’exprimer, les propositions se confronter et les Français choisir librement leur avenir. Nous serons au rendez-vous de cette responsabilité collective : garantir l’ordre républicain, permettre le débat démocratique et préserver ce qui nous unit. Marseillais, commerçants, élus, forces de sécurité : vous pouvez compter sur le Gouvernement et sur mon engagement. Nous serons là.

> Toutes mes félicitations Lula pour ta réélection. La France et le Brésil ont beaucoup à construire ensemble. Face aux grands défis de notre temps, renforçons notre partenariat stratégique et faisons vivre l’amitié entre nos deux pays au service d’un monde plus juste.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Mobilisation des lycéens) La réussite de nos jeunes ne doit dépendre ni de leur origine sociale, ni de leur lycée, ni du territoire dans lequel ils grandissent. Ces dernières semaines, les lycéens et les étudiants ont exprimé des attentes fortes. La consultation nationale des lycéens menée sur notre plateforme Agora a permis de faire remonter leurs préoccupations et leurs propositions. Nous les avons écoutés. Leurs revendications doivent maintenant déboucher sur des réponses concrètes.
Le Gouvernement prend donc plusieurs engagements :
- Remplacer Parcoursup en 2028, avec de premières évolutions dès 2027 pour davantage de transparence.
- Limiter à 28 le nombre d’élèves par classe de seconde.
- Engager un plan d’investissement d’un milliard d’euros pour rénover les universités.
- Mobiliser 4 milliards d’euros de prêts à taux réduit d’ici 2030 pour aider les collectivités à rénover les écoles, collèges et lycées.
- Créer 15 000 nouvelles places dans l’enseignement supérieur.
- Indexer les bourses étudiantes sur l’inflation dès 2027.
- Créer 500 postes supplémentaires au lycée.
- Créer 500 postes pour renforcer l’accompagnement des élèves en matière de santé mentale.
Ces engagements seront traduits en actes, notamment dans le budget pour 2027. L’orientation et la sélection des lycéens dans l’enseignement supérieur sont des sujets essentiels pour leur avenir. Ils méritent un véritable débat démocratique. Dès mercredi, un débat sera organisé au Parlement sur ces questions. Chaque groupe politique devra pouvoir présenter ses propositions concrètes et contribuer à la construction d’un système plus simple, plus transparent et plus juste. Nous ne pouvons pas nous substituer au débat qui aura lieu lors de l’élection présidentielle. Mais cette échéance ne doit pas nous empêcher d’agir dès maintenant pour notre jeunesse.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

>
Le gouvernement tiendra jusqu'à l'élection présidentielle. Mon travail c'est de maintenir l'ordre public dans la rue. Je resterai aussi longtemps qu'on me fera confiance, je suis là pour servir mon pays et rien d'autre. Je n'ai aucun projet politique personnel, je ne me projette pas au-delà de l'intérêt général et l'intérêt général c'est la stabilité de notre pays.

> [Attentat raciste de Trappes] Ce qui s'est passé à Trappes c'est très grave, c'est un attentat terroriste raciste, que les choses soient claires (…), du à l'ultradroite: c'est clair, net et précis. C’est un individu mu par la haine, le racisme et il a tué pour ça. C'est du terrorisme. (…) C'est très grave pour le vivre-ensemble et pour la cohésion de notre pays.

> [Mouvements sociaux] Au-delà des solutions de maintien de l'ordre, j’appelle un certain nombre de groupes politiques, de syndicats à faire attention au vivre ensemble, à la cohésion, et à la mesure dans la façon dont on exprime les demandes, même si les revendications sont légitimes.

> [Mouvements sociaux] Je déplore un niveau d'engagement de violences contre les forces de l'ordre partout sur le territoire national. Samedi de nombreux militants de l'ultragauche avaient la volonté d'en découdre.

> [Mouvements sociaux] Je veux saluer l’engagement exceptionnel et le professionnalisme de l’ensemble des préfets de zone, des préfets, des policiers, des gendarmes et des sapeurs-pompiers mobilisés partout en France pour garantir la sécurité de nos concitoyens et permettre le bon déroulement des cortèges. Mais notamment à Paris, Marseille, Lyon, Grenoble, Nantes, Angers, Lille, et dans bien d’autres villes, des individus d’ultra gauche et d’extrême gauche radicale ont une nouvelle fois cherché à semer le désordre, notamment lors de la dispersion des cortèges. Ces actes sont inacceptables. J’apporte aussi mon soutien total aux policiers et gendarmes blessés aujourd’hui. La violence dont les forces de sécurité intérieure ont été victimes, une fois encore, est insupportable. Elles sont délibérément visées en raison de leur uniforme et surtout parce qu’elles sont les remparts de notre République que ces militants radicaux cherchent à faire tomber.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> Bienvenue à Balard, au ministère des Armées et des Anciens combattants, à mes homologues allemand, italien, polonais et britannique pour une nouvelle réunion des ministres de la défense du E5. Au cœur de nos échanges aujourd’hui : le renforcement de la défense de l’Europe, notre soutien à l’Ukraine et les enjeux de sécurité au Moyen-Orient, en lien étroit avec l’Union européenne et l’OTAN. Face aux défis de sécurité auxquels nous devons faire face, une conviction commune et un message d’unité : les Européens doivent prendre une responsabilité plus grande dans la sécurité de leur propre continent. Une Europe plus forte dans une OTAN plus forte.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> [Attentat raciste de Trappes] Ce qui s'est passé à Trappes et la Verrière vendredi appelle à une réponse politique déterminée : un attentat terroriste raciste. Le jour même, nous étions sur place avec le Ministre de l'Intérieur pour réaffirmer l'engagement du gouvernement. Le président de la République s'y est rendu pour témoigner de l'unité de la nation et de sa solidarité avec les victimes. Aucun Français ne devrait craindre pour sa sécurité, pour sa liberté et celles de ses enfants du fait de sa couleur de peau, de son origine, de sa religion ou de son identité réelle ou supposée. Ce combat n'est pas celui d'un parti politique. C'est celui de toute la Nation. Avec comme seule boussole, la République et son caractère universaliste. Et c'est celui qui a forgé mon engagement politique et continuera de l'animer. De nombreux rassemblements à l'initiative d'associations ou de maires ont lieu aujourd'hui partout en France. C'est un signe d'espoir de voir les Français prêts à se rassembler et se mobiliser dans la concorde et le calme. En accord avec les principales associations qui mènent le combat contre le racisme, je les réunirai ce vendredi pour voir toutes les actions qui doivent encore pouvoir être renforcées, notamment dans l'optique du futur débat parlementaire sur le projet de loi que je porte sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme.

 

Eléonore Caroit (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger)
> Parabéns, Presidente Lula, pela sua reeleição! Je vous adresse mes sincères félicitations pour cette victoire et pour la confiance renouvelée du peuple brésilien. Au cours de ces dernières années, nous avons renforcé le partenariat entre la France et le Brésil. Continuons à approfondir notre coopération pour protéger le climat et la biodiversité, défendre la démocratie et le multilatéralisme.

 

● Autres ministres
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)

> [Mobilisation des lycéens] Lycéennes, lycéens : vous avez pris la parole, nous en tirons des décisions. Avec plus de 100 000 contributions sur la plateforme de consultation Agora, des échanges dans vos établissements et partout sur le terrain, vous nous avez dit vos difficultés, vos attentes et votre envie de réussir. Nous présentons aujourd’hui les réponses du Gouvernement : des classes moins chargées, des cours mieux assurés, des bâtiments rénovés et davantage de possibilités pour poursuivre vos études. Des engagements concrets, des moyens et un calendrier. Voici ce qui change pour vous.

> [Mobilisation des lycéens] Les lycéens nous parlent de leurs conditions d’apprentissage et de leurs inquiétudes pour l’avenir. Nous avons pris leur parole au sérieux et nous en tirons des décisions qui se traduisent concrètement dans le budget de l’État. Plafonner les classes de seconde à 28 élèves, mieux remplacer les professeurs absents et ouvrir davantage de places en BTS, c’est leur donner les conditions pour apprendre et réussir. Cette consultation doit aussi changer la place des lycéens dans les décisions qui les concernent. Avec Philippe Baptiste, nous prenons ces engagements devant eux ; je veillerai à ce qu’ils se traduisent dans leur quotidien.

> [Mobilisation des lycéens] J’annonce l’annulation des 836 suppressions de postes qui étaient prévues dans le second degré public et la création de 500 postes de professeurs supplémentaires dans le second degré public à destination des lycées.

> [Lycées] Le gouvernement a décidé d’ouvrir 4 milliards d’euros de lignes de crédits supplémentaires mis à disposition des régions à taux bonifié.

> [Lycées] Dès la rentrée 2027, j’ai décidé que les classes de seconde seraient plafonnées à 28 élèves dans les 50 % des établissements les moins favorisés.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Mobilisation des lycéens] Les lycéens et les étudiants qui se sont mobilisés ces dernières semaines nous ont posé des questions simples : où pourrai-je étudier, comment pourrai-je vivre pendant mes études, dans quelles conditions. Nous leur répondons par des actes. Des places nouvelles dès la rentrée 2027, des bourses qui suivront désormais le coût de la vie, un milliard d'euros pour nos campus d’ici 2029, le repas à 1 € pour tous, et un Parcoursup refondé en profondeur, de l'orientation jusqu'aux débouchés. Avec Édouard Geffray, nous avons voulu travailler ensemble, du lycée à l'université, parce que c'est le même parcours et la même jeunesse. Ces engagements sont chiffrés, financés, avec des échéances connues de tous : ils seront tenus.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Aujourd’hui à Gizycko en Pologne aux côtés de mes homologues polonais et allemand pour les 35 ans du triangle de Weimar. La France, l’Allemagne et la Pologne sont des partenaires historiques stratégiques avec des intérêts communs.
Nous avons discuté de nos ambitions communes pour :
- défendre l’Ukraine face à l’agression russe
- assurer notre défense européenne face aux menaces hybrides et ingérences étrangères
- renforcer la compétitivité de l’Europe par l’approfondissement du marché intérieur
- investir par l’adoption d’un futur budget européen financé par de nouvelles ressources propres

> Félicitations au mouvement étudiant serbe pour sa victoire ce soir. Je salue cet élan démocratique marqué par une forte participation. La France est l’amie historique de la Serbie et continuera de l’accompagner dans le chemin européen pour la réunification de notre continent.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
> [Attentat raciste de Trappes] Jeune engagé, espoir du MMA français, Pengo Bossio Wangi est mort. Mort à 26 ans. Mort assassiné dans un attentat raciste. Mort seulement en raison de sa couleur de peau. En 2026, la haine tue encore. Cette attaque en est le terrible rappel. Toutes nos pensées vont à sa famille et à ses proches. Jamais, nous n’oublierons son nom.

> Pendant une émeute, un seul live suffit à rameuter des casseurs dans la rue d’à côté. Gabriel Attal propose de pouvoir bloquer temporairement un réseau social dans une zone en proie aux émeutes, le temps de ramener le calme.

> [Mobilisation des lycéens] Un professeur devant chaque classe, c’est le socle minimal que nous devons à notre jeunesse.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> Avec le RN la souveraineté énergétique c’est donc bien non. Est-ce si grave de se soumettre à Poutine et Trump ? Surtout quand ils font campagne pour vous ?

 

● MoDem 
François Bayrou (président)

> Aujourd'hui, le fond du climat de la société française, c'est la haine généralisée, la haine de tous contre tous. Les extrêmes nourrissent beaucoup cette haine, mais il faut avouer que ceux qui sont des démocrates et des républicains n'ont pour l'instant pas trouvé l'antidote. Or cet antidote existe, parce que ceux qui ne veulent ni de l'extrême gauche LFI ni de l'extrême droite RN, j'en suis persuadé, sont une majorité.

> Ce qui est incroyable, ce qui revient de manière obsessionnelle, c'est la recherche de boucs émissaires. Vous n'aurez pas d'efforts à faire, parce que ce sont les autres qui vont être obligés de faire des efforts. Ce sont les autres qui vont payer en particulier. Et donc cette détestation érigée en principe, cette détestation qui dit : « Voilà la clé de tous vos problèmes. » Pour les uns, vous allez faire payer les immigrés, vous allez faire payer l'Europe ; pour les autres, vous allez faire payer les riches ou les entreprises. En tout cas, cela se réglera à coups d'impôts. Cette disposition d'esprit qui refuse de voir la réalité des problèmes que nous avons devant nous, c'est cela, le fond du moment où nous sommes. Et il y a en face de cela une expression qui essaie de naître, qui est pour l'instant timide et divisée, et qui est celle des gens qui croient que nos concitoyens demandent plusieurs choses en même temps. Je vais les dire, même s'il n'est pas facile de les mettre ensemble. Ils demandent à être entendus. Ils demandent à être protégés. Et ils demandent qu'on leur dise la vérité. Très souvent, ce troisième aspect des choses, dire la vérité à un peuple sur son avenir et l'inviter à prendre sa part de cet avenir-là, on l'a vu, c'est terriblement difficile.

> Ce qui me fascine, c'est la fascination. Ce qui me fascine, c'est l'obsession : tout le monde politique français est devant le RN et devant LFI comme les petits oiseaux devant le boa constrictor. Dans Le Livre de la jungle, Kaa, le serpent, roule des yeux comme cela, et ils ne peuvent pas s'en détacher, ils se précipitent.

> On était pour ou contre le RN, et puis il y a LFI sur l'autre rive. Et les « pour » et les « contre » se renvoient la balle. Ils sont l'un et l'autre leur meilleur carburant. Il y a donc une voie nécessaire, indispensable pour l'avenir du pays, et cette voie, je le crois, se trouvera.

> [Mouvements sociaux] Il faut essayer de voir, au travers de ces manifestations, de ces choses inacceptables pour un très grand nombre d'entre elles – les commerçants qui ont été pillés, les gens qui ont été confrontés à la violence, tout cela est évidemment très frappant –, qu'il y a quelque chose derrière. Et ce quelque chose, on ne le dit pas assez, on n'en parle pas assez, n'est pas seulement français. Le mouvement qui a été lancé en France, ce mouvement des lycéens au départ, puis de la société sur la vie chère, s'est propagé sur toute la planète : en Europe, hors de l'Europe, à nos frontières, en Albanie, en Serbie, en Italie, très fort, en Espagne aussi. Ces mouvements disent quelque chose, ils sont un symptôme du plus grand problème que notre société a devant elle, c'est-à-dire – pardon d'employer ces mots-là – nos raisons de vivre, le sens de ce que nous vivons. Que disent les lycéens ? Ils disent : « Mais est-ce que tout cela a du sens ? » À la fois la manière dont sont organisées les études – peut-être en dira-t-on un mot en France –, et puis, au bout du compte, vers où cette société va-t-elle ? Et comme c'est une société mondiale très profondément marquée par le matérialisme, par la domination du fort sur le faible, ce qui est vrai au niveau international et aussi au niveau de la vie de tous les jours, il y a le sentiment que certains ont tout et que d'autres n'ont accès à rien.

> [Présidentielle] L'obsession des sondages n'est pas la mienne. Mais vous voyez bien le piège. Qui ne voit pas le piège ? Qui ne voit pas que l'épée de Damoclès, la menace suprême qui est au-dessus de notre pays, de notre nation, c'est l'affrontement des deux extrêmes, dont l'un et l'autre, à mes yeux, sont mortels. Mortels dans l'immédiat, parce que cela va provoquer des crises et des violences, et certains n'attendent que ça. Ce qu'ils attendent, c'est l'élection de l'un pour que l'autre s'oppose dans la rue. (…)
Ils se nourrissent l'un l'autre. Mais regardez, je vais prendre des exemples précis. Nos compatriotes juifs n'auraient jamais imaginé voter pour le Rassemblement national. C'était, vous le savez bien, quelque chose de dominant dans la communauté juive. Et voilà qu'en raison des menaces de LFI, ils se précipitent. Et nos compatriotes d'origine ou de religion musulmane, eh bien, ils ont le sentiment d'être tellement menacés par l'affirmation de la préférence nationale, qu'ils ressentent comme dirigée contre eux, même s'ils sont là depuis des générations, même s'il ne s'agit que de leurs grands-parents ou arrière-grands-parents, qu'ils le ressentent pour eux.

> [Présidentielle] 33 % pour Marine Le Pen, 17 % pour Mélenchon. Cela veut dire que 50 % des voix ne veulent ni de l'un ni de l'autre. Et cette réalité-là, à mes yeux, doit se construire, se former, se rassembler.

> [Présidentielle avec Le Pen ou Mélenchon gagnant] L'effondrement concomitant de la France et de l'Europe. À partir de l'instant où le Rassemblement national dit : « Nous n'assumerons plus les engagements que nous avons pris à l'égard de l'Europe », et à partir du moment où LFI dit la même chose, par exemple à propos de la dette, il n'y a aucun doute pour moi que la mécanique lancée sera celle de l'aggravation rapide, instantanée, de la crise que nous traversons – dont on va dire un mot. Et, deuxièmement, vous vous trouverez dans la situation d'avoir une crise européenne.

> [Mélenchon] Vous voyez ce qu'il cherche, vous voyez les menaces. Ce sont des menaces d'affrontement dans la rue. Mais c'est l'idée de Jean-Luc Mélenchon. Depuis des années, il a théorisé cela. Il a appelé cela, souvenez-vous, « tout conflictualiser » : l'idée qu'on prend toutes les situations, qu'on en fait un conflit, qu'on en fait un affrontement. Et cela le sert, cela sert sa vision des choses.

> Si j'avais un conseil à donner à Emmanuel Macron, ce serait de se focaliser sur le problème le plus grave, le plus urgent, le plus dramatique du pays, qui est ce conflit des générations. Les plus jeunes se sentent abandonnés, sentent qu'on ne leur ouvre pas de porte, que tout le pays est concentré, disent-ils, sur les plus âgés. Et les retraités disent : « Mais enfin, ce n'est pas nous qui allons devoir payer, on a cotisé toute notre vie, on a travaillé jusqu'à quarante, quarante-cinq heures par semaine. » Ces affrontements-là nécessitent une vision qui permette d'imaginer la manière dont les générations vont pouvoir travailler ensemble au lieu de s'affronter. Et cela est une responsabilité à la dimension de celle du président de la République. Je ne suis pas du tout de ceux qui disent qu'il ne s'occupe plus de rien, parce que c'est tellement facile. Ils ont là encore trouvé un bouc émissaire.

> [Attentat raciste de Trappes] Vous vous souvenez de ces crimes que vous évoquez à l'instant : Merah, à l'école juive Ozar Hatorah, qui a tué des enfants parce qu'ils étaient juifs. Et aujourd'hui, vous avez un homme dérangé sans doute, mais l'acte lui-même a sa signification : il tire sur un garçon parce qu'il est noir, il tire sur une petite fille parce qu'il la sent musulmane. Est-ce que c'est un tournant ? Oui, c'est un tournant. On en a connu d'autres, des tournants. Mohamed Merah, c'était une épouvante, et la liste est sans fin. Excusez-moi, il y a des gens qui cultivent cela. (…)
Je ne pointe pas, mais je dis qu'il y a des gens qui font tout pour remettre sur la table la question de la couleur de la peau, la question de la race, la question des Noirs et des Arabes, comme ils disent, sans se préoccuper de savoir qui est français, naturellement, sans se préoccuper de savoir qui rend des services à la communauté. Je dis toujours : s'il vous plaît, quand vous passez au pied des échafaudages, levez les yeux pour savoir qui est sur les échafaudages ; quand vous allez déjeuner dans un restaurant, allez voir qui est dans les cuisines. La base de la société française, les tâches souvent réputées rebutantes : qui les assume ? Et cette manière de scinder la société française en raison de l'origine ou de la religion, pour moi, c'est le symptôme le plus grave du cancer qui nous ronge. Si nous avons un devoir, c'est précisément de nous battre contre cela, directement, frontalement, les yeux dans les yeux, en disant que ceux qui sont là sont nos compatriotes.

> [Dette publique] Le danger est extrêmement simple : c'est que nous soyons placés dans une situation où les emprunts nécessaires pour vivre, nécessaires pour payer les retraites et la fonction publique – cet argent que nous empruntons tous les ans en faisant augmenter notre dette –, le moment va venir où il sera trop cher, où nous ne le trouverons plus. Les Anglais se sont trouvés, il y a quelque deux ans, dans cette situation, dans l'impasse. Nous allons tout droit vers cette impasse. On peut dire que ce n'est pas vrai, on peut dire que c'est pessimiste, on peut raconter des histoires.

> [Dette publique] Quand on essaie de parler avec les agences de notation, elles disent : « Mais ce n'est pas si grave, la dette de la France, parce qu'on doit 3 500 milliards à l'étranger, pour 60 %, en tout cas à nos créanciers. Ce n'est pas grave, parce que les Français ont 6 500 milliards d'épargne. » C'est très grave de dire cela. C'est l'épargne des Français, ce n'est pas l'épargne de l'État. Et c'est pourquoi les zozos qui passent leur temps à dire cela, comme s'ils étaient des savants et des sachants. (…)
Lorsque la Grèce a été dans la même situation, on a mis en cause une partie de l'épargne grecque. L'argent de l'épargne, c'est l'argent des Français. Ce n'est pas l'argent de l'État. Heureusement, en France, il y a une séparation entre les Français et l'État. 

> [Detten publique] Nos engagements européens, c'était de redescendre en quatre ans à moins de 3 % de déficit par rapport à notre produit intérieur. Quand je suis entré au gouvernement, le déficit était à 5,8 %. Nous l'avons ramené, mon gouvernement et moi, en une seule année, en neuf mois, à 5,1 % pour l'année. Donc on peut le faire. Mais évidemment, si l'on se met dans la situation où non seulement on n'a pas continué cet effort, mais on a laissé rebondir le déficit en sens inverse – au lieu de 5,1 %, on va être cette année à 5,5 % ou quelque chose comme ça –, et que le gouvernement dit : « En 2027, on va se fixer 5 % », alors qu'en réalité tout le monde sait que c'est compromis, eh bien, tout cela est une trahison de l'intérêt national.

 

Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> [Opinion] La démocratie à l’épreuve de la convergence des brutes

Les violences des 17 et 18 octobre ont frappé ceux qui vivent de leur travail et servi les extrêmes. À quelques mois de la présidentielle, quelques lignes et idées pour rassembler un pays éprouvé.

À l’heure où j’achève ces quelques lignes sur le week-end dernier et sans aucun rapport avec ces événements, j’apprends avec stupeur l’attentat terroriste survenu à Trappes et à La Verrière.
Un homme de 26 ans est mort et quatre personnes, dont une fillette de 12 ans, sont en urgence absolue. L’auteur présumé de cette attaque, qui pourrait avoir un caractère raciste, a été interpellé grâce à nos forces de sécurité.
Violence croissante et débridée, dans une société toujours plus divisée. Plus que jamais, ce drame doit nous conduire à dire et à nous dire qu’il ne faut jamais attiser la haine ou la violence. Voilà ce qu’elles peuvent hélas produire.
Samedi 17 octobre, en voyant les images de l’hôtel de ville de Limoges en flammes, j’ai d’abord pensé à ceux qui y travaillaient. Aux agents municipaux, aux élus, aux habitants. À tous ceux pour qui cette mairie était un lieu familier, un repère dans leur vie quotidienne. Puis, j’ai pensé aux forces de l’ordre et finalement à tous les Français.
Il y avait dans l’image du beffroi qui s’écroule, rongé par les flammes, quelque chose d’un « Notre-Dame de la République » qui s’effondrait.
J’ai été maire et je sais ce que représente une mairie dans le quotidien des gens. C’est là que l’on déclare une naissance, que l’on célèbre un mariage, que l’on vient chercher de l’aide. C’est le premier visage de la République, souvent le plus proche des gens. Ceux qui ont incendié la mairie de Limoges n’ont pas abattu une citadelle. Ils ont détruit un symbole de notre maison commune, un lieu de concorde et de dialogue.
Ce même week-end, des scènes semblables de violence et de pillage se sont multipliées dans notre pays. Des commerces dévastés, des policiers, des gendarmes et des pompiers blessés, des habitants sidérés. J’ai ressenti, comme tant de nos compatriotes, de la colère et de la honte. J’ai aussi ressenti une profonde inquiétude.
Depuis samedi dernier, j’entends des Français réclamer l’intervention de l’armée, l’interdiction des manifestations, des mesures d’exception. Ils expriment un épuisement, une exaspération et surtout le sentiment que la République ne parvient plus à les protéger.
De tout cela naît un sentiment d’impuissance généralisée, notamment à rétablir l’ordre, y compris dans nos finances publiques, que l’absence de responsabilité collective ne permet pas d’assainir.
C’est pourquoi il nous faut créer les conditions d’un débat apaisé, dans lequel s’expriment les préoccupations de ceux qui manifestent pacifiquement pour faire face aux défis du monde.
Nous aurions tort de ne pas entendre ces avertissements multiples et plus encore d’y répondre par le mépris. L’impuissance nourrit la colère et affaiblit toujours les démocraties.
Et cette défiance est grande chez nos concitoyens concernant notre capacité collective à agir. À nous, responsables publics, qui sommes leurs représentants, d’agir, de protéger et de préparer l’avenir.
C’est là toute la force, mais aussi toute la fragilité de la démocratie : elle repose d’abord sur l’adhésion des citoyens et non sur la contrainte. Et sur l’adhésion à l’idée que c’est par elle que l’on peut affronter les défis et infléchir le destin d’une nation.

Lorsqu’elle ne tient plus ses promesses, lorsqu’elle semble impuissante à changer les choses, c’est la légitimité démocratique même qui finit par vaciller.
I. Ceux qui paient le prix du désordre
Samedi dernier, plus de 500 000 Français ont manifesté pour exprimer leurs inquiétudes sur leur pouvoir d’achat, leur avenir ou celui de leurs enfants. Ils avaient le droit de manifester. Nous avons le devoir de les entendre. Les casseurs, les pilleurs et les factieux les ont rendus muets. Ils ont couvert par la fureur et le tumulte leurs attentes.
Ceux qui ont choisi la violence n’ont pas seulement brûlé des bâtiments publics ou volé des biens. Ils ont, en quelque sorte, abîmé et pillé la parole de ceux qui manifestaient pacifiquement.
Raison pour laquelle, il nous revient, en réponse à cette violence et comme un acte politique fort, de dire à ces manifestants que nous sommes prêts au dialogue.
Nous ne serons jamais les otages de la violence : ni dans la rue ni dans l’agenda politique et social du pays, ni dans le fonctionnement de nos institutions républicaines. La violence ne peut se substituer à l’expression démocratique dans notre pays. Républicains et démocrates de tous bords partagent ce point de vue et doivent apporter de nouvelles réponses en ce sens.
Certains appellent depuis des années à la convergence des luttes.
Ce que nous avons vu ce week-end ressemble davantage à une convergence des brutes. Des individus qui se rejoignent dans un même nihilisme et un même mépris de ce qui appartient aux autres et de ce qui nous appartient à tous.
Et pour quel résultat ?
Les commerçants indépendants retrouvent leur boutique vandalisée, l’emploi des salariés est menacé, les habitants voient leur quartier ou leurs services publics dégradés.
On nous explique que les assurances rembourseront, mais un petit commerçant peut y perdre le travail d’une vie. Que ce serait « collatéral », autant dire marginal, et pas digne d’intérêt ou d’empathie. Ajoutant ainsi la violence du déni à la violence physique.
En effet, qui rembourse les journées d’activité perdues, l’angoisse d’un salarié, le découragement d’un entrepreneur ? Qui répare le sentiment d’insécurité de ceux qui vivent là ? Qui répare l’honneur sali, la peur inattendue, les ricanements et les coups?
Les dégâts matériels finissent souvent, pas toujours, par être réparés. La confiance, elle, ne se reconstruit pas à coups de devis et de factures.
Il y a quelque chose de profondément révoltant à voir certains invoquer la justice sociale tout en invisibilisant ceux venus manifester et en s’en prenant à ceux qui vivent de leur travail.
Et une immense hypocrisie à prétendre combattre les puissants en faisant payer les plus fragiles.
Parce que la violence, c’est la loi du plus fort et que par nature elle vient d’abord frapper les plus fragiles.
II. Aucune ambiguïté face à la violence
Le plus préoccupant, peut-être, c’est ce que ces violences révèlent de notre débat politique.
Depuis plusieurs années, une partie de la gauche radicale entretient une conception de l’affrontement qui finit par brouiller les responsabilités. Tout conflictualiser comme seul mot d’ordre.
À l’entendre, la violence serait parfois légitime lorsqu’elle répond à une injustice. Celui qui détruit ne serait plus vraiment responsable de ses actes : il ne ferait que réagir à une violence antérieure, celle de l’État ou de la société.
Je récuse profondément ce raisonnement.
Il ne suffit pas d’être en colère pour avoir raison. Il ne suffit pas d’avoir subi une injustice pour être autorisé à en commettre une autre.
La première des responsabilités demeure celle de l’individu. Celui qui casse est responsable de ce qu’il casse. Celui qui frappe est responsable de celui qu’il blesse.
C’est une exigence de justice, mais aussi une conception de l’humanité.
La France a fait de l’école, de la solidarité et de l’émancipation un choix de société. Ce choix nous honore autant qu’il nous oblige. Il nous appartient de préserver ce modèle de société et de combattre, avec lucidité, les inégalités de destin qui demeurent. Celles qui sont évidentes et celles que l’on ne voit pas ; souvent les plus terribles car elles ne sont pas toujours reconnues.
Car à quoi servirait la démocratie si elle ne cherchait pas, précisément, à réconcilier la liberté de chacun avec l’égalité entre tous ?
Si elle ne donnait pas à chacun, quelles que soient ses origines ou sa condition, les moyens réels de choisir sa vie et de construire son avenir ?
C’est cette promesse d’émancipation qui fonde notre attachement à la démocratie et c’est à l’aune de sa capacité à la tenir que les citoyens la jugent.
La première des injustices, c’est de se voir privé de ses droits fondamentaux. Un jeune de Seine-Saint-Denis doit avoir les mêmes conditions de réussite que celui des beaux quartiers. Celui qui ouvre un commerce, parfois au prix de lourds sacrifices, doit pouvoir vivre dignement de son travail. Sans contrat social, point de démocratie.
Mais comprendre les sous-jacents d’une violence ne peut l’excuser. Des millions de Français connaissent des difficultés sans jamais céder à la brutalité. Ils ont droit à notre respect.
C’est pourquoi je ne peux accepter les ambiguïtés entretenues par certains responsables de La France insoumise, comme ils le font d’ailleurs à propos de l’antisémitisme.
Lorsqu’on appelle à « abattre la citadelle », lorsque l’on fait de la conflictualité permanente une méthode politique, quand des élus viennent en personne agiter les foules ou parler de « violence légitime », on prend le risque d’installer l’idée que nos institutions seraient des forteresses ennemies, plutôt que des biens communs dont chacun peut démocratiquement contester les décisions.
Je ne prétends pas que ces mots suffisent à expliquer les violences de samedi. Mais les responsables politiques ne peuvent s’exonérer de la portée de leurs discours.
Il existe une différence fondamentale entre combattre une politique et délégitimer les institutions qui permettent de la contester.
La démocratie suppose des adversaires, pas des ennemis à abattre et cette distinction, une partie de notre classe politique semble l’avoir oubliée.
Être démocrate, c’est accepter la contradiction et chercher à convaincre celui qui pense autrement plutôt que de lui imposer sa vérité. C’est aussi faire en sorte que les désaccords se règlent par le vote, jamais par la force.
Car la démocratie est le seul régime politique qui peut transformer les conflits en décision collective sans recourir à la violence. Cela suppose que nous acceptions de faire des compromis, de reconnaître la légitimité de l’autre et de respecter un certain nombre de règles communes élémentaires.
On me dira que c’est là une forme de faiblesse, la tiédeur d’un centrisme qui n’oserait choisir. Je crois exactement l’inverse.
Il faut aujourd’hui davantage de courage pour défendre la mesure que pour céder à la surenchère, pour chercher à convaincre que pour se contenter de désigner des coupables.
Ce qui est révolutionnaire et profondément radical, paradoxalement, dans ce monde, c’est la mesure et la nuance fondées sur le raisonnement et le respect de l’autre.
À force de tordre les mots pour les soumettre à nos colères, de tordre les réalités les plus évidentes, de transformer chaque désaccord en fracture et chaque adversaire en ennemi, nous faisons de la France un archipel de solitudes et de rancœurs. Nous prenons ainsi le risque de ne plus vivre côte à côte, mais dos à dos, avant de nous retrouver face à face.
III. L’autorité républicaine n’est pas négociable
Il faut aussi avoir le courage de rappeler ce qu’est l’État. Il n’est pas une puissance étrangère aux Français. Ce sont nos institutions, notre justice, nos services publics. Il est par nature à notre service et non à celui d’un gouvernement.
C’est l’organisation que nous nous sommes donnés pour que la loi commune protège chacun de la loi du plus fort.
Nos policiers et nos gendarmes agissent en son nom, donc au nôtre.
Ce que nos concitoyens ont vu samedi dernier, c’est incontestablement que ce n’était pas l’excès de présence policière qui attisait les violences, mais au contraire leur absence qui avait permis les violences les plus excessives. Ce que nos concitoyens attendaient avec angoisse samedi ce sont les forces de sécurité. Ce sont elles qu’ils attendaient. Pas les pillards, pas les ultras, pas les brutes.
La police protège et c’est ce qui a peut-être été rappelé comme une évidence. Ceux qui réclamaient de la voir moins en seront pour leurs frais.
Leur action doit être légitime, proportionnée et contrôlée.
Comme dans toutes communautés, confrontés parfois au pire de la nature humaine, il y a des erreurs, des faiblesses et parfois des fautes. Et donc symétriquement les citoyens doivent être garantis face à ces dysfonctionnements. C’est aussi cela le sens de l’État : répondre des décisions que l’on a prises, y compris lorsqu’elles n’ont pas produit les résultats attendus.
Sans l’autorité républicaine, que reste-t-il pour protéger le commerçant face aux pillards, l’enseignant face aux intimidations, le citoyen face à la violence d’un groupe? Le manifestant face au casseur ? L’agent du service public contre le violent?
Les Français attendent donc des actes et des résultats. Ils ont raison. Sans rodomontades, sans escalade verbale, sans fanfaronnade. L’ordre républicain est d’autant plus puissant qu’il s’impose naturellement à tous par le consentement de la majorité.
IV. Refuser les deux impasses nihilistes
Notre histoire devrait nous avoir appris une chose : la violence employée pour renverser un ordre politique finit parfois par renforcer ceux qui promettent de le rétablir avec le plus de dureté.
À mesure que la confiance dans la République recule, la tentation des solutions autoritaires progresse. C’est d’ailleurs le paradoxe de notre situation politique.
D’un côté, Jean-Luc Mélenchon et l’extrême gauche cultivent la confrontation, au risque d’affaiblir les institutions démocratiques. De l’autre, Marine Le Pen et le Rassemblement national prospèrent sur la peur, la colère et le sentiment d’abandon que les désordres alimentent.
Leurs projets ne sont pas identiques, mais ils tirent chacun profit, à leur manière, de la fragmentation de notre société.
Les uns prétendent défendre le peuple en légitimant ceux qui s’en prennent à lui par la violence. Les autres prétendent le protéger en opposant toujours davantage les Français entre eux et en rabaissant nos libertés.
Ils organisent une forme de servitude volontaire, car rien n’est pire pour un peuple que de se laisser dessaisir et parfois de souhaiter ardemment se dessaisir de libertés qu’il a durement acquises.
Et donc ces deux forces, si puissantes aujourd’hui, se rejoignent dans une même entreprise de défiance envers les institutions et les médiations démocratiques, remettant en cause l’idée que nous nous faisons des décisions communes malgré nos désaccords. Les deux extrêmes ont donc des projets de démolition de nos règles de vie commune et je ne me résous à aucune de ces impasses.
Je crois et nous croyons à une autre conception de la politique : une politique qui ne cherche pas à entretenir la colère, mais à lui apporter des réponses. Qui ne confond pas fermeté et brutalité. Qui fait de l’autorité la condition de la liberté et de l’émancipation, plutôt que leur contraire.
Jean Jaurès disait aux lycéens d’Albi que le courage consistait à « aller à l’idéal et comprendre le réel ». Nous avons besoin des deux, car c’est toujours, in fine, le réel qui s’impose et l’idéal qui peut le transformer.
Comprendre le réel, c’est reconnaître la gravité des violences, les insuffisances de notre réponse collective et les fractures qui traversent la société. C’est dire aussi que tout n’est pas possible et que gouverner, c’est choisir. Aller à l’idéal, c’est refuser que ces fractures deviennent notre seul horizon et les transcender.
C’est aussi redonner des perspectives à cette jeunesse qui s’inquiète de son avenir, qui souhaite étudier et construire sa vie et dont l’immense majorité n’a rien à voir avec les violences passées. Qui a le sentiment que nous décidons, dans nos sociétés vieillissantes, sans elle et donc in fine, contre elle.
À quelques mois de l’élection présidentielle, la question posée à notre pays dépasse celle du retour au calme. Il nous faudra rétablir la paix civile, bien sûr. C’est même un préalable à tout.
Mais aussi reconstruire la confiance dans nos institutions, tenir notre promesse d’émancipation et redonner aux Français des raisons de croire en un avenir partagé, en un pays réconcilié et fier de lui-même. Nous aurions alors, et nous avons d’ailleurs, mille raisons de l’être.
Le prochain Président devra être capable de rassembler ce pays profondément éprouvé et désabusé de lui-même. Il devra parler à tous les Français, y compris à ceux qui ne l’auront pas choisi. Car aucun pays ne peut se relever lorsqu’une moitié de ses habitants finit par regarder l’autre comme un ennemi.
Il nous faudra aussi retrouver l’humilité de reconnaître que le pouvoir politique ne détient pas, à lui seul, toutes les réponses. Faire à nouveau confiance aux collectivités, aux partenaires sociaux, aux associations, à tous ceux qui font vivre la démocratie au quotidien. Cette confiance, elle doit être réciproque. Elle doit être sincère. Elle doit accepter que chacun prenne ses responsabilités.
Cela suppose de rénover nos méthodes de gouvernement : partager davantage les responsabilités, renouer avec la contractualisation, laisser une place à l’expérimentation, accepter d’évaluer nos décisions et de les corriger.
Et retrouver le sens du compromis, non comme un renoncement, mais comme une condition de l’action collective. Car notre pays n’a pas besoin de divisions, n’a pas besoin de haine et d’incompréhension.
Il suffit de voir à quel point nos adversaires ou nos ennemis se réjouissent de notre situation, de Trump à Poutine en passant par le régime iranien : l’amicale des brutes au grand complet.
Notre pays a besoin de s’unir, parce que c’est à ce moment-là que rien ne lui résiste.
Et c’est l’affaire de tous.

 

● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> 256 noms égrenés un à un par de jeunes voix. Un moment glaçant. Entre 1940 et 1944, 256 hommes ont été fusillés à Souge par l’occupant nazi. Résistants, otages, hommes de toutes origines et de toutes convictions. Des femmes et des familles brisées à jamais. Lors de la 82ᵉ cérémonie d’hommage, l’émotion était profonde devant les quatre poteaux d’exécution. Dans le silence de ce lieu, on croyait encore entendre les détonations et les appels de ces hommes à la liberté. Honneur aux fusillés de Souge. Fidélité à leur mémoire.

 

► Autres 
● Commission européenne
Stéphane Séjourné (Vice-président exécutif à la Prospérité et à la Stratégie industrielle)

> À Varsovie pour la 9ème édition de Friends of Industry. En ouverture, échange avec notre hôte Andrzej Domanski sur le budget européen et l'Industrial Accelerator Act. Une conviction partagée autour de la table : investir et produire plus en Europe.

 

● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
> En 2016, le RN et d'autres partis prônant le repli sur soi saluaient les résultats du référendum sur le Brexit. Dix ans plus tard, le Brexit laisse un goût amer et apparaît comme une défaite historique des anti-européens. Aujourd'hui, une majorité de Britanniques regrette ce choix et le Royaume-Uni se rapproche de l'UE. C'est une bonne nouvelle, particulièrement dans le contexte international actuel. Bien sûr, un tel rapprochement doit se faire dans le respect des intérêts des Européens. Nous y veillerons.

> Le Parlement européen a décerné le Prix Sakharov 2026 pour la liberté de l’esprit à la Cour pénale internationale. Un symbole fort, alors que cette haute institution internationale est prise pour cible par Donald Trump et son administration. Elle joue pourtant un rôle essentiel : lutter contre l’impunité, faire respecter les droits humains et défendre le multilatéralisme. En choisissant la Cour pénale internationale comme lauréate du Prix Sakharov, le Parlement européen rappelle un principe fondamental : personne n’est au-dessus des lois.

> Erasmus est un programme emblématique de l’UE. Il a permis à plus de 17 millions de jeunes Européens de vivre cette expérience unique. Erasmus n’est pas réservé aux seuls étudiants. Il est ouvert aux apprentis, aux lycéens, aux enseignants. Nous continuons de nous battre pour le rendre plus inclusif, pour l’ouvrir à davantage de publics. Le Parlement européen a voté en faveur d’un budget ambitieux pour que ce programme continue de toucher de plus en plus d’Européens. Le RN refuse de soutenir Erasmus et cherche à le diaboliser. Il ne voit aucun problème à priver la jeunesse de cette chance. Il n'a jamais été du côté de la jeunesse.

 

Valérie Hayer (députée, présidente)
> La défaite du président serbe Aleksandar Vučić est un immense espoir pour la Serbie. Ce dirigeant nationaliste et autoritaire, qui entretenait des liens très étroits avec Vladimir Poutine et Xi Jinping, a vu sa coalition largement battue lors des élections législatives anticipées de ce dimanche. La « Liste des étudiants », issue du mouvement de contestation contre la corruption, a remporté le scrutin avec plus de 52 % des voix. L’avenir de la Serbie est en Europe. Nous devons accompagner cette aspiration démocratique et accélérer son processus d’adhésion à l’Union européenne. Au-delà de la Serbie, c’est l’avenir de tous les Balkans occidentaux qui se joue. Nous ne pouvons pas laisser cette région stratégique devenir une zone d’influence de la Russie ou de la Chine. C’est un enjeu géopolitique majeur pour notre sécurité, notre souveraineté et la stabilité de notre continent.

 


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