Voici une sélection, ce 20 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.
► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Allocution suite aux violences et pillages des séditieux et des voyous] Mes
chers compatriotes, je m'adresse à vous ce soir dans un moment d'une extrême
gravité, après ce que nous avons vécu hier dans de nombreuses villes de France,
en hexagone comme dans nos Outre-mer. Hier, samedi 17 octobre, des factieux,
issus de groupuscules d'ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants, se
sont livrés à une violence débridée dans nos villes. Des commerces ont été
pillés, des bâtiments publics, des magasins, des mairies ont été attaqués et
pour certains détruits. Plusieurs centaines de policiers et de gendarmes ont
été blessés.
En regardant ces images, nous nous sommes tous demandé, qu'ont-ils dans la
tête ? Comment des Français peuvent faire cela à la France ? Pourquoi
brûler la mairie de Limoges, l'office de tourisme à Lyon, envahir la mairie à
Marseille ou attaquer la résidence du préfet à Bordeaux ? Comment
peuvent-ils en arriver là ? Rien ne le justifie, rien ne l'explique, rien
ne l'excuse.
Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte. Voir les rues de nos
villes ainsi saccagées est insupportable. En votre nom, j'exprime le soutien de
la nation à nos forces de l'ordre et à nos forces de sécurité intérieure. Elles
ont tenu et ont fait de leur mieux. Nous pensons aux nombreux blessés ainsi
qu'à leurs familles. J'exprime aussi notre soutien à tous nos maires et tous
nos élus. Je veux dire aussi notre soutien aux nombreux commerçants, artisans,
acteurs économiques qui ont subi les conséquences de ces violences et qui sont
aujourd'hui dans le désarroi. Certains ont défendu eux-mêmes leurs magasins et
leurs vitrines face aux délinquants. Je veux leur dire qu'ils ne seront pas
laissés seuls face à ces difficultés. Le gouvernement leur apportera des
réponses. Dès demain, le Premier ministre présidera une cellule de crise pour mobiliser
les aides les plus rapides possibles et accompagner celles et ceux qui
traversent ces heures si difficiles.
Il faut être lucide. Hier, nos forces de l'ordre, malgré leur
professionnalisme, ont eu à subir une violence inouïe dans de nombreuses villes
à plusieurs reprises. J'ai demandé au gouvernement d'en tirer toutes les leçons
en matière de renseignement et d'anticipation et faire en sorte que cela ne
puisse pas se reproduire. J'attends des réponses claires et toute la
transparence sera faite. C'est ce que j'ai demandé au ministre de l'Intérieur.
Les enquêtes seront conduites avec toute la diligence nécessaire le plus
rapidement possible et la plus grande fermeté a été demandée au procureur par
le garde des Sceaux. Le suivi judiciaire doit être exemplaire. Nos juges
rendent la justice en votre nom et ils savent ce que vous attendez. Chaque fois
que des infractions sont commises, elles doivent donner lieu à des suites
judiciaires appropriées. Ceux qui ont détruit doivent payer. Ceux qui ont pillé
doivent rembourser. Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à
en répondre.
Il faut aussi regarder lucidement ce qui s'exprime dans le pays. Hier,
plusieurs centaines de milliers de nos compatriotes ont manifesté avec la
volonté de porter des revendications légitimes. Jamais nous ne devons confondre
ces derniers avec ceux qui ont détruit, cassé, pillé. Ces manifestants ont fait
part d'une inquiétude sur le coût de la vie, sur le prix des carburants, qui
trouvent leur source dans le conflit lancé dans le golfe Persique, auquel la
France n'a pas pris part et dont nous subissons les conséquences. Je comprends
parfaitement leur inquiétude. Elle s'exprime d'ailleurs aussi dans plusieurs
autres capitales en Europe. A ce titre, j'ai pris plusieurs initiatives au
niveau international pour garantir notre carburant, notre gaz et agir sur les
marchés de l'énergie. Je poursuivrai ces actions dès demain matin, en allant
dans les pays du Golfe pour sécuriser nos approvisionnements. Le Premier
ministre et le gouvernement ont également pris des décisions en lien avec les
distributeurs de carburant pour que ces efforts se répercutent concrètement sur
les prix. Le gouvernement fait le maximum pour que cette question essentielle
du pouvoir d'achat soit traitée. Je sais que les Français attendent des
résultats concrets et nous continuerons à agir.
Depuis plusieurs semaines aussi, notre jeunesse exprime une angoisse profonde
dans les lycées comme dans les universités. Une inquiétude sur l'avenir, sur
les conditions de vie et d'études, sur la capacité à s'orienter, à se projeter,
à trouver sa place dans la société. L'idée qu'il n'y aurait pas de futur
désirable en quelque sorte. Je comprends nos lycéens et nos étudiants. Ils sont
au cœur de mon engagement politique depuis plus de dix ans. Leur parole doit
être entendue, sans a priori et sans minimiser les difficultés. Le travail est
déjà engagé par le gouvernement. Le ministre de l'Education nationale s’est
mobilisé et a mis en place une plateforme qui a recueilli plus de 100 000
contributions qui s'ajoutent aux réunions tenues au niveau des académies et des
lycées. Cela nous permettra de construire avec notre jeunesse des réponses
adaptées.
Notre responsabilité est donc double. Entendre la colère et agir sur ses causes
et faire respecter fermement l'ordre républicain. Nous ne devons ni confondre
les revendications légitimes avec les violences, ni laisser les violences
empêcher que ces revendications soient entendues. C'est pourquoi je veux ce
soir donner une méthode claire. Premièrement, dans le contexte actuel, les
préfets prendront les décisions en lien avec les maires pour protéger nos
villes, nos bâtiments publics et nos commerces, y compris en allant jusqu'à
interdire quand il le faut certains rassemblements et en prenant toute action
nécessaire. Deuxièmement, j'appelle l'ensemble des partis politiques, des
organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté toutes
les violences et à appeler au calme. Chacun doit prendre ses responsabilités.
Le pays a besoin d'ordre, d'apaisement et pas d'une escalade. Le Premier
ministre réunira dans les prochains jours ces formations afin d'obtenir des
positions claires et publiques. Troisièmement, Nous ne pouvons pas demander à
notre jeunesse de croire en l'avenir sans lui donner la possibilité de
construire les réponses et d'être autour de la table. Oui, il nous faut nous
asseoir autour de la table et construire ensemble des solutions. Élèves,
étudiants, enseignants, représentants des organisations patronales et syndicales,
collectivités territoriales, parlementaires travailleront dès cette semaine
avec le gouvernement à des propositions concrètes. Le Premier ministre les
réunira dans les prochains jours à cet effet. Je veux être ici très clair, À
l'égard des casseurs et de tous ceux qui se livrent à des violences, nous
serons intraitables. L'écoute et le dialogue ne signifient ni la faiblesse, ni
l'impunité.
Mes chers compatriotes, nous sommes à six mois de notre élection
présidentielle. À six mois. Et donc tous ceux qui aujourd'hui vous expliquent
que l'urgence est d'aller dans la rue, de manifester, de créer le désordre,
n'ont qu'un but. Abîmer la République et voler le débat. Les choix d'avenir que
vous aurez, que nous aurons à faire dans six mois, ils sont essentiels. La
France est une grande force démocratique. Elle mérite ces débats. Ils doivent
se faire dans les réunions publiques. Ils doivent se faire avec les partis, et
non pas dans la rue par la violence. Ils doivent se faire dans les journaux,
sur les plateaux de télévision, dans les rassemblements pacifiques, où l'on
parle et l'on s'explique dans le respect, jamais dans le désordre et dans la
casse. Notre pays mérite une belle élection présidentielle dans six mois. C'est
aussi maintenant qu'elle se joue, par l'esprit de responsabilité. Oui au
dialogue, oui à la réponse concrète de court terme et à la préparation des
décisions futures. Mais non toujours à la violence quelle qu'elle soit. Nous
avons besoin d'unité, de calme et de respect.
Vive la République et vive la France.
► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il
n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti
centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite;
c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a
composé un gouvernement d’axe central.]
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Les couvre-feux ciblés
ont contribué au calme de cette nuit. Je remercie les policiers et les
gendarmes qui ont veillé à leur application, ainsi que les préfets pour leur
mobilisation. Ce soir, de nouveaux couvre-feux seront décidés là où la
situation le nécessite. Ces décisions seront prises sur le terrain, par les
préfets, en lien avec les maires.
> [Violences et pillages des séditieux et des
voyous] Dans ce contexte, nous avons décidé plusieurs choses.
La première, évidemment, c'est une réponse pénale particulièrement importante,
massive. On est sur un nombre de gardes à vue (enfin : d'interpellations ayant
donné lieu à des gardes à vue), qui désormais se transforment avec un taux de
poursuite, une réponse pénale élevée, avec pratiquement 80 %. Le garde des
Sceaux s'est exprimé ce matin. Il est actuellement en déplacement où il voit
les procureurs généraux. Il s'exprimera de nouveau ce soir au journal de 20h,
mais enfin, il va sans dire que là, on a deux tiers de majeurs, on n’a
pratiquement que des hommes, on a des gens qui sont déjà souvent connus des
services de police, et donc évidemment, la judiciarisation va nous permettre
aussi de calmer les choses pour mettre un certain nombre d'individus hors
d'état de nuire.
Le deuxième mouvement de judiciarisation, c'est celui-ci qui va se faire à
froid. Il ne vous a pas échappé que sur les réseaux sociaux, beaucoup de
pilleurs sont des « génies », donc ont la bonne idée de ne pas mettre de
cagoule ou de masque. Et donc là, on a une opération judiciaire très
importante, massive, qui démarre aujourd'hui. Je crois que sur la plaque
parisienne, c'est pratiquement 200 enquêteurs pour la seule préfecture de
police de Paris qui vont analyser les images, les films. Et d'ailleurs, le
préfet de police y reviendra avec le ministre de l'Intérieur dans les heures
qui viennent sur des outils aussi nouveaux pour permettre à nos concitoyens de
participer, de venir alimenter ces enquêtes. Ça, c'est pour le volet
judiciaire, mais le garde des Sceaux et le ministre de l'Intérieur y
reviendront.
La deuxième décision que j'ai prise dans cette cellule interministérielle de
crise, c'est qu'on a une situation qui est géographiquement très disparate.
C'est sûr que les Françaises et les Français, derrière leur télévision, se
disent : c'est le « bordel » partout. Heureusement non, on a un « bordel
», pour être trivial, pardon de ce mot, qui est très localisé sur des centres
urbains. Aussi, j'ai demandé aux préfets de déclencher un certain nombre de
couvre-feux pour ce soir, couvre-feux partiels dans lesquels les préfets vont
faire ce travail de discussion, non seulement avec les maires, mais enfin aussi
avec les chambres de commerce et d'industrie, parce que l'un des enjeux de ce
couvre-feu, c'est la protection des personnes, mais aussi des biens, et
singulièrement des commerces. Là, on n'est pas sur, comment dire, une
délinquance générale classique, on est véritablement sur une délinquance
générale très précise, très spécifique, de pillage, de revente d'ailleurs d'un
certain nombre de ces biens pillés. Et il n'est pas question que les choses
s'installent comme ça dans la durée, c'est le moins qu'on puisse dire. Et donc
j'ai donné cette instruction aux préfets d'engager des couvre-feux. Ils seront
partiels, ils peuvent être très localisés. Et donc, dans le courant de
l'après-midi, le ministère de l'Intérieur pourra vous donner une cartographie
assez précise de ce que les préfets auront décidé, parce que je leur laisse le
temps d'avoir une discussion notamment avec les maires des communes concernées,
mais aussi le monde économique, parce qu'on va y revenir dans un instant. On va
mettre de l'argent public sur la table : c'est normal, enfin, ça n'a pas de
sens si, à un moment donné, on n'est pas capable de rétablir l'ordre dans les
meilleurs délais.
Troisième décision qui a été prise, c'est précisément les mesures
d'accompagnement. Je le dis parce que je vois aussi le débat monter, il est
bien légitime : c'est avant tout ceux qui ont cassé qui doivent payer. Ça
explique le projet de loi, évidemment, qui est le nôtre, y compris ce projet de
loi qui arrive au Parlement, qui va permettre d'aller saisir des allocations
sociales pour ce faire. Cela a fait quand même des années que tout le monde en
parle, il aurait fallu que mon Gouvernement « s'y colle » et je pense que
ça tombe malheureusement à pic, malheureusement à pic. Mais enfin, on a déjà aussi
une responsabilité civile qui existe et dans les instructions qui ont été
données par le garde des Sceaux, c'est de permettre sur l'ensemble des
personnes dont la judiciarisation est faite, si elles sont condamnées, d'être
appelées à la responsabilité civile. Je le dis y compris d'ailleurs pour le
maire de Limoges parce que pour un certain nombre de destructions, avant même
que l'argent public ne soit sollicité, il est quand même bien logique que la
responsabilité individuelle de celles et ceux qui ont cassé soit respectée. En
tout cas, nous le ferons.
La deuxième des choses, pour les commerces, pour nous (le ministre Papin, le
ministre du Budget est là aussi, le collègue de l'Économie rentre actuellement
d’un déplacement à l'étranger) il va sans dire qu'il faut permettre aux
commerçants de redémarrer très vite. Redémarrer très vite, c'est ne pas abîmer
évidemment les emplois, et les commerces de France sont évidemment de grands
employeurs et c'est pour ça qu'avec Jean-Pierre Farandou, on a décidé de déclencher
le chômage partiel dès demain, c'est-à-dire qu'on va le faire par une
instruction ministérielle et sans attendre les délais que nous connaissons, et
on ne va pas le faire à 70 %, on le fait tout de suite à 100 %. Ce n'est pas
une mesure de continuité de l'activité en tant que telle, c'est une mesure de
protection de l'emploi. Il n’est pas question qu'il y ait de la casse sociale
dans cette affaire après avoir connu la casse tout court. Ensuite, nous
allons débloquer un fonds de soutien spécifique pour l'ensemble de ces
commerces. Il y a un débat entre exonération sociale et fiscale ou fonds de
soutien. Je crois comprendre du terrain qu'il y a davantage une envie de fonds
de soutien pour faire du cousu main. En tout cas, je me range à ce que les ministres
décideront dans les concertations qu'ils vont mener sur le terrain entre cet
après-midi et demain. Mais enfin, il y a un besoin de trésorerie. Bon nombre de
commerçants avaient déjà fait leurs stocks, y compris pour Noël. Bon ! Pas
question de paumer la saison. Donc ça, pour le coup, on va y répondre de
manière, évidemment, très précise et très directe.
Puis, troisième chose, évidemment : les assurances, dans lesquelles une
discussion a déjà démarré avec elles depuis ce week-end. Capacité à
accélérer les différentes expertises, éviter d'emmener nos commerçants dans des
tracasseries de procédures qui n'en finiraient pas, être capable évidemment
très vite d'ouvrir les guichets, être capable de verser des acomptes sur
évidemment les sommes d'accompagnement pour les assurer. Il y a un gros travail
évidemment qui est en cours, sur lequel aussi les ministres reviendront.
Cette réunion de ce matin me permet évidemment d'avoir plusieurs rendez-vous
dans la semaine. Tout à l'heure, avec le ministre de l'Intérieur, on fera un
point spécifique avec tous nos services de renseignement parce que désormais,
il est démontré qu'on a quand même un mouvement de l'ultra-gauche qui a envie
d'organiser un désordre, pour ne pas dire plus, un désordre profond dans le
pays jusqu'à l'élection présidentielle. Je crois que ça nous a été dit
clairement par les services de renseignement ce matin. Il y a toute une
nébuleuse qui même peut s'activer pour remettre en cause le calendrier même de
l'élection présidentielle et la tenue de l'élection présidentielle. Je l'ai dit
à de nombreuses reprises ces derniers temps, je n'ai pas toujours eu le
sentiment d'avoir été entendu et cru, donc je le dis de manière beaucoup plus
directe. Ça pose donc plusieurs questions pour nous.
La première, c'est : comment protéger justement ce cadre démocratique qu'est
l'élection présidentielle. Pas question que des minorités violentes imposent un
agenda de violence et nous empêchent évidemment de tenir cette élection. Ça
pose la question pour moi de la sécurité des candidats, leur sécurité
personnelle. Ça pose la question
de la sécurité des meetings, quelles que soient les formations politiques. Ça
fait partie des points que je vais voir avec le ministre de l'Intérieur cet
après-midi, parce que je vois bien que l'agenda démocratique va être percuté
par cet agenda de désordre tel qu'il est imaginé par ces différents
groupuscules. Ça pose aussi des questions de liberté syndicale. Moi, j'en suis
un très, très grand défenseur, [qui vient de] ma culture politique comme
gaulliste.
Enfin, il n'y a pas de schéma dans lequel désormais la liberté de manifester
peut être à ce point abîmée par des mouvements de casseurs. On a déjà connu ça
pendant le quinquennat du Président Hollande, pendant les lois Touraine. On se
rappelle de ce qui s'est passé pendant la réforme des retraites, etc. Enfin là,
ça fait partie des choses dont je veux discuter, moi, avec les formations et
les organisations syndicales pendant cette semaine. Elles ont elles-mêmes
déposé un préavis pour une manifestation le 5 novembre 2026. C'est leur droit.
Mais justement, il faut qu'à haut niveau, c'est-à-dire : Premier ministre,
ministre de l'Intérieur, on puisse, avec elles, regarder les conditions de la
sécurité, de l'expression de ces mouvements de manifestation, parce qu'on ne
peut pas mettre en danger évidemment les salariés, les Françaises et les Français,
parfois des mineurs, qui ont manifesté. Et beaucoup de gens ont manifesté dans
le calme, il faut le redire quand même, samedi dernier. Et ce sont parfois les…
Ils ne sont pas d'accord avec la politique que le Gouvernement peut mener, mais
enfin, c'est le rôle du Gouvernement de leur donner un cadre d'expression,
comme la campagne présidentielle. Donc, c'est quand même aussi la question des
libertés qui est posée.
Puis enfin, je réunirai les différentes formations politiques, non pas
tellement que pour leur parler de violence. J'ose espérer que chacun sait où il
habite, même si, comme je l'ai dit samedi, il faut désormais choisir son camp ;
c'est plutôt un moment de clarification. Avec le ministre de l'Intérieur, je
veux leur parler de police. J'ai vu que depuis maintenant trois semaines, on
nous explique que la police tue ou la police blesse. Puis depuis deux jours, on
nous dit, que fait la police ? C'est une schizophrénie de notre débat politico-médiatique. Je ne l'ai pas découverte
ce week-end. Mais enfin, on ne peut pas avoir une instrumentalisation de la
police dans le débat électoral de cette élection présidentielle. Ce
n'est pas possible dans un sens comme dans un autre. Donc, tout le monde parle
de doctrine de maintien de l'ordre. [Il n'est] pas sûr que tout le monde la
connaisse bien parmi la classe politique. Je ne suis pas certain que, si on
interrogeait d'ailleurs les responsables politiques, ils soient bien informés
de comment cette doctrine de maintien de l'ordre a été imaginée, comment justement
elle est appliquée sur le terrain.
Enfin, je veux aussi le redire : samedi, si on a eu des scènes très difficiles
sur des violences sur les biens, il n'y a pas eu de personnes tuées et c'est un
« miracle » que le bilan ne soit pas plus lourd, il faut le redire. Donc, ça
veut dire aussi que les policiers et gendarmes font leur travail dans un cadre
qui est très difficile et justement avec une doctrine qui est connue. Est-ce
qu'il faut faire évoluer cette doctrine ? J'entends que beaucoup en parlent. Eh
bien, ça fera partie justement des points que je souhaite aussi évoquer avec
les formations politiques en disant : « puisque tout le monde en fait un objet
politique, traitons-le de la manière la plus sérieuse possible. Et de la
manière la plus technique possible, parce qu'une fois de plus, moi, j'ai porté
l'uniforme comme officier de réserve dans la gendarmerie et je vis très, très
mal les remises en cause des policiers et des gendarmes telles qu'on a pu les
connaître ces derniers temps ».
> [Violences et pillages des séditieux et des
voyous] Donc tous les outils qui sont à la main du gouvernement et
singulièrement à la main du Premier ministre, sous l'autorité évidemment des
compétences du président de la République pour ce faire, si c'est utile, je le
ferai. Après, pour connaître un peu ces sujets, l'état d'urgence, ce n'est pas
un objet politique. C'est quand même quelque chose qui est lourd, y compris
dans sa mise en place. Donc si c'est nécessaire, évidemment que nous pourrions
le faire. À date, la question des couvre-feux, la mise en œuvre de ces
couvre-feux, me paraît davantage adaptée à la situation que nous pouvons
connaître. Ces couvre-feux devront être territorialisés et partiels. Il n'est
pas question de mettre tout Paris sous couvre-feu. Ça n'aurait pas de sens. Ça
ne correspond pas d'ailleurs à ce qu'on a vu hier soir. C'est le problème des
images aussi. Les images donnent l'impression que tout est égal partout. Non,
fort heureusement. Quand même.
En revanche, on voit bien qu'on a des zones dans lesquelles, à chaque fois,
pour des raisons qui tiennent aussi aux transports en commun : les Halles, pour
des raisons qui tiennent à une charge symbolique ; République, dans lesquelles
il est évident qu'on ne peut plus continuer comme ça. Donc moi,
progressivement, j'utilise aussi les outils qui sont dans notre main, ce qui,
pour le coup, en contrepartie, nécessite pour le Gouvernement d'avoir une
discussion de bon niveau avec les formations politiques, et surtout celles qui
sont dans l'opposition, avec les partenaires sociaux, parce qu'ils ont le droit
de manifester. Donc c'est l'équilibre à trouver dans un grand pays comme le
nôtre. C'est déjà arrivé dans notre histoire. Donc il faut aussi rester calme
et faire preuve de sang-froid entre le rétablissement de l'ordre public, qui
est ma priorité absolue parce qu'il est hors de question de laisser s'installer
ce bordel permanent, et en même temps ne pas attenter aux libertés. Voilà, je
pense qu'un grand pays comme la France a déjà su trouver cet équilibre dans le
passé.
> [Violences et pillages des séditieux et des
voyous] Je découvre tout ce que vous me dites sur le Rassemblement national.
Après, je n'ai pas encore envoyé la lettre avec l'ordre du jour, donc je les
invite à reconsidérer leur position en fonction de l'ordre du jour, parce que
précisément, la sécurité de la campagne présidentielle fait partie des choses
que je veux mettre à l'ordre du jour, parce que je pense qu'on doit le faire en
transparence avec les formations politiques. C'est trop facile de dire que c'est
la faute du Gouvernement. Je prendrai toute ma part à chaque fois. Je n'ai pas
d'autre agenda, de toute façon, tout le monde l'a bien compris. Tout va bien,
ma carrière est faite. En revanche, je veux que tout le monde, justement,
prenne aussi sa responsabilité dans ce moment-là. C'est vrai pour la
dénonciation de la violence, c'est vrai aussi d'ailleurs pour l'organisation
des meetings des services d'ordre. Moi, je veux, pour désormais être au clair
sur le fait qu'il y a un agenda de « bordélisation » de l'ultragauche jusqu'à
l'élection présidentielle, c'est donc l'affaire de tous les candidats à la
présidentielle de faire en sorte que ça puisse fonctionner. Est-ce que Laurent
Nuñez a ma confiance ? Oui, sinon il ne serait plus à côté de moi. Je pense que
la situation est suffisamment difficile pour que justement on joue au jeu des
démissions, etc.
Moi, j'ai une culture, j'étais ministre des Armées, je vous l'ai dit, j'étais
réserviste dans la gendarmerie. Quand c'est difficile, l'État tient. Et quand c'est
difficile, on réaffirme la confiance dans les gens qui ont le courage de
prendre des décisions, parce que c'est la différence entre acteurs et
commentateurs. En revanche, on a l'humilité d'aller devant le peuple français
en disant : « Voilà ce qu'on a réussi, et voilà ce qu'on a merdé. » Parce que,
comme dans toutes les opérations difficiles, il y a des choses qu'on réussit et
il y a des choses qui merdent. Voilà. Il faut le dire avec beaucoup de
sang-froid et beaucoup de respect pour celles et ceux qui rendent le service de
l'État. Laurent Nuñez, ce n'est pas un politicien, c'est le DGSI, directeur
général de la sécurité intérieure, il a été préfet de police, il a été préfet
de police de Marseille. Bon, on a un expert des questions de sécurité comme
ministre de l'Intérieur. Est-ce que ça suffit à empêcher toutes les emmerdes ?
Non. Est-ce que ça permet quand même d'y répondre sereinement et
professionnellement dans tous les jours qui vont venir pour corriger les choses
et faire en sorte que tout ça évidemment rentre dans l'ordre ? La réponse est
oui.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Sur tout le volet économique, les ministres compétents auront l'occasion de reprendre la parole entre aujourd'hui et demain. L'idée, c'est de laisser le temps de concertation. Et on voit bien quand même que, d'un centre-ville à l'autre, ce n'est pas complètement la même chose. Donc, il faut s'inscrire dans la durée. Et on a une seule chance, dans notre malheur, c'est qu'évidemment, les discussions budgétaires sont en cours, ce qui permet aussi d'injecter au fur et à mesure des amendements du Gouvernement pour changer la copie. Donc, en fait, on a l'outil qui nous permet aussi d'adapter les outils de soutien. Donc ça, c'est notre petite souplesse que nous avons en ce moment.
► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Le président de la
République – il l'a dit dans son allocution – m'a demandé de prévoir sous
l'autorité du Premier ministre un certain nombre de mesures pour endiguer,
empêcher d'agir les casseurs-pilleurs. Et évidemment, on va les mettre en place
dès ce soir. Déjà hier soir, ça a un peu bougé dans Paris, dans certaines
agglomérations régionales. Voilà, beaucoup de mobilité, beaucoup de réactivité.
Tout ça, on va le mettre en place. Premier élément de réponse à votre question.
Deuxième élément de réponse à votre question : oui, on va encore renforcer les
effectifs de police et de gendarmerie sur le terrain, et notamment ce week-end.
Clairement, oui.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] À Marseille, hier soir, je me suis rendu à l’hôtel de ville pour échanger longuement avec le maire, Benoît Payan, après la journée du 17 octobre. J’ai également tenu à rencontrer les policiers et les gendarmes mobilisés ce samedi, violemment pris à partie par des individus particulièrement déterminés. Ils ont dû faire face, avec courage et sang-froid, à une situation d’une extrême complexité, les exposants physiquement et psychologiquement. J’ai souhaité aussi rencontrer les syndicats de police avec qui j’ai eu un échange franc, nourri et constructif sur le ressenti des policiers mais aussi sur leurs attentes. Je veux redire aux forces de sécurité intérieure mon soutien total et ma profonde reconnaissance pour leur engagement pour protéger nos concitoyens. Face à ceux qui s’attaquent à nos institutions, défient l’autorité de l’État et cherchent à imposer le désordre par la violence, les forces de sécurité intérieure sont un rempart essentiel de notre République.
Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens
combattants)
> C'est un élément de souveraineté absolument majeur, avec un sujet que je
veux mettre en avant, qui est ce choix français qui date du général de Gaulle :
le programme de dissuasion nucléaire. Vous avez entendu le discours du
président de la République à l'île Longue le 2 mars dernier. Cette
souveraineté, elle n'a jamais évolué dans notre pays, au sens où elle n'a
jamais changé, quels qu'aient été les exécutifs depuis soixante ans.Et au
moment où on va avoir un rendez-vous démocratique très important, qui est celui
des présidentielles, il ne faut jamais oublier que celui qui détient la
responsabilité de la dissuasion, par son élection au suffrage universel, c'est
le président. C'est majeur.
> Un budget, c'est un choix politique. Un choix politique fait par l'exécutif. Vous l'avez dit au début de notre entretien, notre enjeu absolument majeur, c'est celui de l'évolution de la situation mondiale. On voit que le monde se réarme, on voit que nous avons besoin… Le chef des armées, qui est le président de la République, doit avoir une armée qui est une armée entraînée, une armée opérationnelle, une armée équipée. Tout cela nécessite bien évidemment des choix qui sont des choix d'équipement. Et on voit l'importance de ces choix d'équipement. Je viens de parler des emplois à Cherbourg avec Naval Group. Je pourrais dire que, globalement, en France, l'industrie de la défense représente 240 000 emplois. Donc vous voyez cette importance. Donc, il y a pour un euro dépensé dans les armées, on génère 1,80 euro dans l'économie, donc c'est un sujet majeur.
> [Service militaire volontaire] Ce que l'on
propose aux jeunes, c'est de s'engager pour une période de dix mois : un mois
de formation, neuf mois de service utile dans nos armées. Les jeunes
choisissent les armées dans lesquelles ils veulent servir, entre la Marine,
l'armée de l'Air ou l'armée de Terre. Après le mois de formation, ils ont un
service dans nos armées où, là, ils acquièrent une expérience. Ils sont payés,
ils sont évidemment nourris, chauffés et logés. Mais l'idée, c'est vraiment,
d'une part, de rapprocher le lien entre l'armée et la Nation, de leur
permettre, dans un concept d'année de césure pour ceux qui sont étudiants,
d'une trêve d'un an pour d'autres qui, par exemple, peuvent déjà être en
activité, puisque ça concerne tous les jeunes, garçons ou filles, entre 18 et
25 ans. (…)
Ça permet ensuite, pour ceux qui voient l'intérêt qu'ils portent à la
militarité, cela leur permet de s'engager, pour ceux qui voudraient le faire,
pour d'autres qui préfèrent rester dans le civil, mais qui veulent un
engagement, d'aller dans la réserve. Et ça nous permet de constituer une armée
qui est une armée hybride, qui dépassera les 300 000 personnes packs, avec une
armée d'active, une armée de réserve et des appelés du service national.
L'objectif, en 2030, c'est d'avoir déjà 10 000 appelés du service national, on
sera à 80 000 réservistes et on aura 230 000 militaires d'active.
Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires
étrangères)
> [Procès Rima Hassan] Gravissime attaque de Jean-Luc Mélenchon contre
l'indépendance de la justice qui confirme, s’il en était encore besoin, la
dérive profondément anti-démocratique de son projet politique.
Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de
l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Canicules, feux de forêt, risques épidémiques… Cet été, notre système de
santé a dû faire face à plusieurs crises sanitaires majeures. J’ai réuni
aujourd’hui l’ensemble des acteurs mobilisés pour tirer les enseignements de
ces événements et améliorer notre préparation aux crises à venir. Renforcer la
coordination entre les services de l’État, mieux anticiper les risques
climatiques et sanitaires, améliorer nos dispositifs d’alerte et de prévention
et mieux accompagner les populations les plus vulnérables. Face à des crises de
plus en plus complexes, nous devons poursuivre ce travail collectif pour
renforcer la résilience de notre système de santé et protéger les Français.
> L’hiver se prépare dès maintenant. J’ai réuni aujourd’hui les acteurs du système de santé pour anticiper les tensions hivernales, renforcer la coordination entre la ville et l’hôpital et éviter l’engorgement des urgences. J’ai demandé aux ARS d’identifier les établissements les plus fragiles pour organiser, d’ici au 1er décembre, une régulation préventive de l’accès aux urgences, en lien avec les soignants et les élus locaux. Orienter chaque patient vers une prise en charge adaptée, c’est aussi préserver les urgences pour ceux qui en ont besoin.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Comme beaucoup de Français, je suis profondément choquée et révoltée par ce qui s’est passé hier partout en France. Des commerces dévastés, des pharmacies pillées, des mairies attaquées, des policiers et des gendarmes pris pour cible, des pompiers et des ambulanciers mobilisés au milieu du chaos. C’est absolument intolérable. Quand on attaque une mairie, c’est notre démocratie que l’on abîme. Je veux exprimer mon soutien total à ceux qui protègent, soignent et secourent les Français, ainsi qu’aux élus, aux commerçants, aux professionnels de santé touchés et à tous les blessés. Le droit de manifester est fondamental. Le droit de casser, de piller et de tout détruire n’existe pas. Chacun doit prendre ses responsabilités. On ne peut pas prétendre incarner une alternative politique pour la France, attiser sans cesse la confrontation et rester ambigu face aux violences. Le débat démocratique autorise tous les désaccords, jamais la complaisance envers les casseurs ou la justification des pillages. Alors que nous devons débattre d’un budget pour le pays, pour assurer la pérennité de notre modèle social, et à quelques mois de l’élection présidentielle, certains semblent préférer la casse au débat démocratique. C’est un scandale. À qui sert ce chaos ? Certainement pas aux Français. La France a besoin d’un véritable débat démocratique, pas de chaos.
David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes
publics)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Ils sont pris pour
cible, attaqués, blessés et risquent leur vie alors qu’ils défendent la
République et servent la population. Les agents publics sont toujours en
première ligne de toutes les violences, et ce week-end encore une fois : merci
à eux.
> [Finances locales / Intervention à l’Assemblée] En
ce qui concerne les collectivités locales et leur contribution, nous avons
suivi deux principes : la proportionnalité et la justice. L’État adresse
des demandes aux collectivités locales : cela lui impose d’être exemplaire
et de proportionner à ces demandes l’effort qu’il consent. Et l’effort doit
être justement réparti, non seulement entre les différentes strates des
collectivités mais encore au sein de chacune des strates.
S’agissant d’abord de la proportionnalité, nous demandons aux collectivités que
la hausse de leurs dépenses de fonctionnement ne dépasse pas l’inflation. Cela
constitue un effort moindre que celui que l’État s’impose à lui-même, puisque
les crédits des ministères, en valeur, seront gelés relativement à l’an
dernier, hors dépenses consacrées à la défense. Il est vrai que la dette des
collectivités ne représente qu’une faible part de la dette publique totale – à
peu près 8 % en 2025. Mais notre destin est commun : en 2025, les
transferts financiers de l’État vers les collectivités représentaient
156 milliards d’euros, soit 57 % de leurs recettes, et près d’un
quart des recettes de la TVA reviennent aux collectivités. Et quand les temps
sont durs, la solidarité nationale joue : l’État a pris en charge les
dépenses liées à la crise sanitaire et aidé les collectivités pendant la crise
énergétique de 2022-2023, comme il était intervenu en 2014 pour accompagner
celles qui avaient été victimes d’emprunts toxiques.
Ces données d’ensemble ne révèlent cependant pas ce que chaque collectivité
peut supporter. C’est pourquoi, parce que nous voulons être justes, l’effort ne
peut peser de manière disproportionnée sur certaines d’entre elles, comme cela
a été le cas cette année – disons-le franchement –, à l’issue
notamment de la navette parlementaire. Je remercie vivement les députés
Christine Pirès Beaune et Jean-René Cazeneuve ainsi que la sénatrice
Sylvie Vermeillet pour le travail qu’ils ont accompli dans le cadre de la
mission que nous leur avons confiée – je précise à leur place que cela n’implique pas
qu’ils approuvent la copie gouvernementale : il ne s’agit pas de les
compromettre ! Cette mission a permis de faire converger des sensibilités
différentes s’agissant d’un effort différencié en fonction de la situation
financière. Car derrière les moyennes nationales, les écarts de richesse
peuvent être considérables : même en retirant les 10 %
d’intercommunalités les plus riches et les 10 % les plus pauvres, le
potentiel financier des communautés de communes de moins de
10 000 habitants varie presque du simple au double.
Nous proposons donc d’instaurer une contribution progressive à l’équilibre
budgétaire, ou CPEB. Environ 40 % des collectivités l’acquitteront et les
collectivités les plus fragiles financièrement, parmi lesquelles on compte
beaucoup de communes rurales, en seront exemptées. Deux chiffres témoignent que
l’effort demandé aux collectivités sera adapté : les 10 % des
établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) les plus riches
supporteront 50 % de la contribution progressive à l’équilibre budgétaire
intercommunal. À l’inverse, les communes de moins de 5 000 habitants
représenteront seulement 20 % de la CPEB des communes.
J’ai vu que certains des amendements déposés tendaient à exonérer de
contribution toutes les communes de moins de 500 habitants, tandis que
d’autres visent à remplacer les critères de potentiel fiscal des communes par
des critères de charge. Nous sommes prêts à examiner avec vous les critères qui
permettront de l’apprécier au mieux. Comme je l’ai dit à d’autres occasions,
nous devons tenir bon collectivement s’agissant du « combien »,
c’est-à-dire de l’effort budgétaire global qui constitue la condition de la
maîtrise de nos déficits publics. Mais nous pouvons et devons assurément
discuter du « comment », c’est-à-dire des mesures qui permettent
d’atteindre cet objectif.
Je sais que la situation des départements est souvent précaire. Leur épargne
brute avait baissé d’un tiers en 2024, elle a augmenté d’un tiers en 2025, mais
les disparités restent considérables. L’activité du marché immobilier, qui
détermine les recettes des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), n’est pas
la même partout. Les besoins de solidarité diffèrent aussi profondément d’un
territoire à l’autre. C’est pourquoi nous proposons d’exonérer de la CPEB les
40 % des départements dont l’indice de fragilité sociale est le plus
élevé.
J’entends aussi les débats qui ont débuté lors de l’examen en commission et se
sont poursuivis en séance. Je veux aborder deux points. Oui, le PLF propose de
verdir le FCTVA en diminuant le taux des dépenses non vertes. Par ailleurs,
est-il normal que l’État finance 16 % des investissements, quels qu’ils
soient, de l’ensemble des collectivités, quelle que soit leur situation ?
Nous avons choisi de préserver les dotations d’investissement pour les
territoires les plus fragiles, notamment en maintenant la DETR à
1 milliard d’euros et en augmentant la DSIL de 200 millions afin de
préserver les capacités de soutien de l’État là où l’effet de levier est le
plus grand. Cela permettra de préserver l’investissement public local, si
nécessaire à la vitalité économique du pays. Le débat sur les modalités de
l’effort est ouvert, mais le quantum de l’effort est impératif. La situation
financière du pays nous oblige.
J’en viens aux difficultés rencontrées ces dernières années par certaines
collectivités dans la perception de la taxe d’aménagement. Nous ferons toute la
transparence sur les conséquences de la réforme du transfert de gestion,
notamment sur les délais de recouvrement et de reversement des recettes aux
collectivités. Je serai très clair devant vous, et devant les représentants des
collectivités qui nous écoutent : les collectivités ne doivent pas subir
de difficultés de trésorerie du fait de décalages dans la perception de
recettes qui leur reviennent. Si en fin d’année, des recettes restaient à
recouvrer, nous appliquerions un mécanisme d’avances pour préserver la
trésorerie des collectivités concernées. En ce qui concerne la date
d’exigibilité de la taxe d’aménagement, j’ai demandé à la direction générale
des finances publiques (DGFIP) de nous indiquer précisément les conséquences
d’un retour au schéma de gestion antérieur, ses avantages et ses inconvénients,
pour que nous menions au cours de la navette parlementaire un débat
transparent, sans tabou, afin de peser les mérites et les défauts des
différentes dates d’exigibilité. Ces éléments seront transmis aux associations
d’élus dès le mois de novembre.
Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du
ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Le
Premier ministre se rendra à Limoges, pour rencontrer les élus, évaluer les
besoins et définir, avec la Ville, un calendrier, une méthode et les moyens
nécessaires à la reconstruction de cet hôtel de ville, auquel les Limougeauds
sont profondément attachés. Depuis l’incendie, les échanges avec le maire et
les équipes municipales permettent d’identifier les besoins les plus urgents.
C’est en partant des réalités du terrain, des attentes des habitants et des
besoins des agents que nous devons bâtir des réponses concrètes, adaptées et
efficaces. Notre priorité immédiate est d’assurer la continuité du service
public. Derrière une mairie, il y a des habitants qui comptent sur leurs
services municipaux, des familles qui doivent accomplir leurs démarches et des
agents qui doivent pouvoir poursuivre leurs missions. Tout est mis en œuvre
pour garantir cet accompagnement, notamment l’accueil des administrés et les
démarches d’état civil. Notre cap est clair : accompagner Limoges aujourd’hui
et lui permettre de retrouver demain son hôtel de ville. La solidarité
nationale sera au rendez-vous.
Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la
ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations
internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition
écologique)
> [Reconnaître une politique nationale d'adaptation au changement climatique
et à adapter les mécanismes d'assurance / Intervention au Sénat] Nous voulons mieux préparer notre pays au
changement climatique, qui frappe douloureusement les territoires, et mieux
protéger les Français face aux risques naturels. Les phénomènes extrêmes se
multiplient et mettent des vies en danger. Une politique d'atténuation ne
suffit pas, l'adaptation n'est pas une option : c'est une vraie politique
régalienne.
La France dispose d'un cadre clair pour réaliser son adaptation, grâce au
plan national d'adaptation au changement climatique (Pnacc). Mais nous
souhaitons aller plus loin. Le travail confié à Monique Barbut vise à accélérer
les mesures d'adaptation, dont beaucoup sont d'ordre organisationnel. J'ai
aussi confié à Arnaud Murgia, maire de Briançon, le soin de proposer des
mesures de prévention des risques.
L'État fixe le cap, mais nous ne pourrons oeuvrer qu'en coconstruction avec
les élus locaux.
Le texte donne une assise législative nationale au Pnacc et à la
trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement
climatique (Tracc). Nous avons déjà signé le décret établissant les principes
et modalités de mise à jour de la Tracc, laquelle figure donc dans la partie
réglementaire du code de l'environnement.
Depuis le 13 octobre, deux projets de textes réglementaires sont en
consultation, pour simplifier les procédures relatives aux plans de prévention
des risques naturels (PPRN), conformément aux textes législatifs adoptés en mai
dernier. La Tracc sera systématiquement intégrée dans les plans de prévention
des risques d'inondation et de submersion marine.
Nous proposons d'aller plus loin en inscrivant dans la loi la prise en
compte de cette trajectoire, mais nous ne voulons pas l'intégrer dans
l'ensemble des documents d'urbanisme : ce serait trop lourd pour les élus
locaux, et source de contentieux.
Le deuxième volet de ce texte adapte notre modèle assurantiel aux risques
climatiques.
Il s'agit de concilier une meilleure protection des sinistrés et la
préservation de la soutenabilité du système d'indemnisation, avec une
innovation majeure : les assureurs financeront les travaux de manière
résiliente. Réparer oui, mais pour mieux résister demain. Je défendrai un
amendement précisant le régime d'optionalité afin que cette faculté ne pèse pas
sur l'ensemble du régime assurantiel public. Mme Lavarde a aussi proposé
que l'indemnité puisse être utilisée pour acquérir un nouveau bien lorsque la
réparation est trop coûteuse.
Vos commissions ont enrichi le texte, par exemple, pour mieux encadrer les
relations entre la Caisse centrale de réassurance (CCR) et les assureurs. Ces
dispositions font oeuvre utile.
Le Gouvernement proposera des amendements pour préserver cet équilibre. Le
premier concerne les conditions de financement des réparations résilientes. Le
second concerne le RGA, sujet transversal et majeur. Aujourd'hui, les
réparations reposent sur des interventions lourdes sur les fondations, de
l'ordre de plusieurs milliers d'euros. Or des mesures horizontales, moins
coûteuses, existent, pour un coût moyen de 10 000 euros en 2023.
Nous ne pouvons plus nous contenter de réparer les dégâts du changement
climatique : nous devons anticiper, pour protéger nos concitoyens, et
adapter notre modèle assurantiel, ce afin de préserver la solidarité nationale.
Le Gouvernement porte cette ambition. Je salue la qualité des travaux de la
commission. Ce sujet est régalien. Nous avons l'occasion de franchir une
nouvelle étape et de faire de ce sujet une priorité durable.
● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Soutien total à nos
commerçants et à leurs salariés touchés par les dégradations. Je me suis rendu
auprès d’eux pour leur apporter mon soutien, échanger sur leurs besoins et leur
donner des réponses concrètes. Pour certains, c’est le travail de toute une vie
qui a été saccagé. J’ai entendu leur inquiétude, mais aussi leur volonté de se
relancer très vite. Notre priorité est de permettre la reprise d’activité et de
préserver les emplois. Les entreprises touchées peuvent dès à présent mobiliser
l’activité partielle, avec une indemnisation intégralement prise en charge par
l’État, sans reste à charge pour l’employeur. Nous travaillons également avec
les représentants des commerçants et des indépendants pour trouver des
solutions adaptées à leur situation. Nous sommes à leurs côtés!
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Quand une entreprise est contrainte de fermer à la suite de dégradations, ce sont des salariés qui risquent de perdre leur revenu, des commerçants qui voient leur activité s'arrêter et des emplois qui sont menacés. Avec l'accord du Premier ministre, dès demain, l’activité partielle pourra être mobilisée pour protéger les salariés empêchés de travailler qui toucheront 60% de leur salaire. Nous mettons en place un dispositif d’aide exceptionnelle pour accompagner les entreprises avec une prise en charge intégrale par l'Etat. En parallèle, nous travaillons à des solutions spécifiques pour soutenir les commerçants et travailleurs indépendants, en lien avec leurs représentants et les assureurs. À tous ceux qui ont été frappés par ces dégradations, je veux dire une chose : l'Etat ne les laissera pas seuls.
Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la
Justice)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] J’ai donné des
instructions très claires aux procureurs de la République pour que la réponse
pénale soit implacable face aux casseurs et aux pilleurs. Ce matin, 123
personnes sont incarcérées, en détention provisoire ou condamnées avec mandat
de dépôt, et plus de 700 personnes sont ou vont être déférées. Merci aux
magistrats, aux greffiers et aux agents du ministère mobilisés.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] L'incendie de la mairie de Limoges nous affecte autant que celui de Notre-Dame. Je veux assurer au maire de Limoges, Guillaume Guérin, ainsi qu’aux habitants que nous prenons la situation très au sérieux. Le parquet national antiterroriste s’est placé comme observateur. Il évalue la situation avec attention et déterminera dans les prochaines heures s’il se saisit de cette affaire.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Je réunirai ce mercredi l’ensemble des tribunaux de commerce concernés pour accompagner tous les commerçants victimes, leur permettre de déposer plainte ou demander la responsabilité civile afin d’être dédommagés de la perte du fruit d’une vie de travail.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] J’ai envoyé une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de retenir les qualifications de criminalité organisée face à ces actes extrêmement graves. Sous ce régime, les gardes à vue pourront être prolongées jusqu’à 72 heures, des géolocalisations et des écoutes téléphoniques seront possibles et, pour la première fois dans ce contexte, nous aurons recours à la reconnaissance faciale pour identifier ceux qui revendiquent des violences et des pillages, notamment sur les réseaux sociaux.
Merci aux magistrats, aux greffiers et aux agents du ministère de s’être mobilisés tout le week-end et toute cette semaine. J’ai donné comme instruction que la réponse pénale soit implacable. Il faut être d’une extrême fermeté envers les casseurs, qui attaquent des bâtiments publics ou des commerces, et ceux qui s’en prennent aux forces de l’ordre ou aux pompiers.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] J’ai demandé aux procureurs de la République une réponse pénale très ferme, avec des placements en détention provisoire et des comparutions immédiates pour les auteurs des violences urbaines et des pillages.
> [Violences et pillages des séditieux et des
voyous] À la suite des gardes à vue de ce samedi, dont l’immense majorité sont
toujours en cours, et conformément aux instructions que j’ai données aux
parquets (dont je salue la grande mobilisation), de premières détentions
provisoires ont été ordonnées par les magistrats.
Quelques exemples :
- Individu de 46 ans, interpellé samedi avec des vêtements neufs en sortant
d’un commerce vandalisé.
- Individu de 34 ans, interpellé après être entré et sorti à plusieurs
reprises d’un commerce vandalisé. S’est rebellé lors de son interpellation.
Multirécidiviste (rébellion, dégradations, vol, violences et délits routiers).
- Individu de 23 ans, interpellé alcoolisé à proximité d’un magasin vandalisé
porteur de clés d’un scooter volé dans ce commerce. Sans antécédents
judiciaires.
- Individu de 22 ans, interpellé après avoir jeté des pierres et des pavés
sur des CRS en marge des manifestations avec le visage dissimulé.
Multirécidiviste (vols, outrage, violences sur policiers).
- Individu de 19 ans, interpellé à l’intérieur d’un magasin pillé, caché dans
la cabine d’essayage. Déjà condamné pour trafic de stupéfiants et rébellion.
- Individu de 20 ans, interpellé porteur de nombreux objets provenant de
commerces vandalisés, de munitions et d’un couteau à cran d’arrêt.
Serge Papin (ministre des Petites et moyennes
entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Des articles volés ce
week-end sont proposés à la vente sur certaines plateformes. De tels
comportements ne resteront pas impunis. Nous ne laisserons pas passer. Nous
réunissons dès aujourd’hui les plateformes en question, en présence de
représentants des ministères de l’Intérieur et de la Justice. Nous attendons de
ces plateformes qu’elles retirent sans délai les annonces en question. Elles
seront par ailleurs amenées à collaborer étroitement avec les services de
l’État pour que les revendeurs soient poursuivis.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Sur le nombre de commerces qui ont subi des dégradations ou des pillages, l'évaluation que l'on a aujourd'hui, c'est sans doute 3 000 au moins, donc ce n'est pas rien. On a mis en place un dispositif d'aide, de soutien. En tant que ministre du Commerce, je coordonne sous l'autorité du Premier ministre et avec mes collègues, on a parlé de l'activité partielle, on a parlé du déport de charges aussi fiscales et sociales, un peu comme on avait fait pour les incendies en Gironde. On a un soutien qu'on est en train de travailler, un soutien dédié. Et puis, pour la dernière partie de votre question, nous allons produire un communiqué de presse dans l'après-midi pour, effectivement, faciliter la coordination entre les enquêteurs et les plateformes.
Françoise Gatel (ministre de l’Aménagement du
territoire et de la Décentralisation)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous / Intervention à l’Assemblée]
Je voudrais revenir sur les violences d’une gravité exceptionnelle qui ont
frappé notre pays ce week-end. Chacun a encore en tête ces images
insupportables de l’hôtel de ville de Limoges s’effondrant sous les flammes,
ces images de la mairie de Marseille, de l’office du tourisme de Lyon, du
saccage de la résidence de la préfète à Bordeaux, des commerces dévastés à
Paris et dans tant de villes.
Je veux dire ici toute ma solidarité et celle du gouvernement avec les maires,
les élus, les agents publics, mais aussi les commerçants et les artisans qui
ont parfois vu disparaître en quelques heures le travail de toute une vie. Je
voudrais aussi saluer l’engagement des préfets, des forces de l’ordre et des
sapeurs-pompiers car, lorsqu’une mairie brûle, c’est bien davantage qu’un
bâtiment qui est détruit. C’est un symbole de notre République, cette maison
commune qui appartient à tous. Aucune colère, aucune revendication ne saurait
justifier de telles agressions contre la République.
À la fermeté de notre condamnation doit désormais répondre la force de notre
engagement, car il faut reconstruire. Je veux redire devant vous l’engagement
pris par le premier ministre : l’État sera aux côtés des collectivités.
Nous mettrons en place sans tarder, auprès des préfets, un guichet unique pour
accompagner chacune des collectivités sinistrées qui auront ainsi un interlocuteur
clairement identifié, chargé de coordonner les services de l’État et de
faciliter leurs démarches.
Nous allons également mobiliser un fonds exceptionnel de soutien à la
reconstruction des équipements publics. Nous engagerons les assouplissements
nécessaires des procédures d’urbanisme et de commande publique pour que les
travaux puissent commencer au plus vite. Enfin, nous assurerons, avec les
assureurs, un suivi étroit des expertises et des indemnisations pour que les
collectivités et les acteurs économiques touchés puissent reprendre leur
activité sans délai injustifié. Les élus qui doivent aujourd’hui reconstruire
trouveront l’État à leurs côtés avec des moyens, des décisions, et non des
procédures réglementaires.
Je veux enfin souligner une chose au moment où nous nous apprêtons à débattre
des finances locales : ces destructions auront un coût considérable pour
notre pays car des moyens précieux devront être consacrés à réparer ce qui
existait, plutôt qu’à construire ce dont nos concitoyens ont besoin.
> [Finances locales / Intervention à l’Assemblée] Notre
dette publique approche les 3 600 milliards d’euros. Le redressement
de nos comptes publics ne peut plus être une perspective que l’on renvoie,
année après année, à ceux qui nous succéderont. Je veux dire d’emblée que la
nécessité de redresser les comptes de la nation ne nous dispense pas de
réfléchir à la manière dont nous le faisons ; au contraire, elle nous y
oblige davantage. Fragiliser les services publics dont nos concitoyens ont
besoin ne saurait être un alibi. C’est précisément le sens du débat que nous
ouvrons.
L’État doit prendre sa part – la plus grande part – de l’effort national,
et c’est bien normal. C’est ce que nous faisons dans la proposition de budget
soumise à votre assemblée. Hors défense, les crédits des ministères seront
gelés en valeur à leur niveau de 2026. Avec une inflation attendue à
1,8 %, c’est un effort réel et important.
Les collectivités territoriales sont appelées, elles aussi, à contribuer à
cette responsabilité collective. Personne au sein du gouvernement n’a considéré
ni dit que les collectivités étaient responsables de cette dette. Je les
connais d’ailleurs suffisamment pour savoir que leurs dépenses ne sont pas
toutes facultatives, que leurs ressources ne sont pas toujours maîtrisables,
que leurs investissements répondent à des besoins qui ne disparaîtront pas avec
le vote du budget, et je connais leur sens des responsabilités.
La question est donc de savoir comment nous pouvons redresser nos comptes sans
compromettre notre capacité collective à agir. Je crois que le temps est venu
d’affronter un dispositif des finances locales en coma dépassé et
d’entreprendre une réforme profonde. Il faut notamment sortir d’une approche
exclusivement annuelle des finances locales. Depuis des années, nous avons
accumulé les compensations, les mécanismes correcteurs et les dispositifs de
péréquation, ce que d’autres appelleraient des rustines. Nous avons corrigé un
déséquilibre ici au risque d’en créer un autre ailleurs.
Je l’ai dit devant votre assemblée au mois de février, nous ne pouvons pas
continuer à gérer les finances locales à coups de rustines. Je n’ai pas changé
d’avis. C’est précisément pourquoi nous avons engagé, avec vos collègues
parlementaires Christine Pirès Beaune, Jean-René Cazeneuve et la sénatrice
Sylvie Vermeillet une mission transpartisane sur l’avenir des finances locales.
Je salue leur travail courageux et responsable, qui nous a permis de commencer
à nous poser les bonnes questions. Comment mieux faire correspondre les
ressources aux compétences ? Comment répartir plus équitablement
l’effort ? Comment donner aux collectivités la visibilité nécessaire à une
bonne gestion ? Nous avons voulu tirer les enseignements de cette
réflexion dès le PLF – projet de loi de finances – pour 2027, sans
attendre une grande réforme dont personne ne peut aujourd’hui garantir le
calendrier mais que les candidats à la présidentielle ne pourront éviter.
C’est dans cet esprit que le gouvernement a construit sa proposition, une
proposition qui assume l’effort nécessaire, cherche à le répartir plus
justement, à préserver les moyens d’action essentiels et à préparer des
évolutions plus profondes.
Le premier choix que nous avons fait est celui de la proportionnalité de
l’effort. Les dernières remontées comptables montrent une amélioration globale
– je dis bien « globale » – de la situation financière
des collectivités en 2026, avec une épargne brute qui augmente. Mais je me
garderai bien de dire ici que toutes les collectivités vont bien. Je n’oublie
pas non plus les charges supplémentaires qui pèsent sur les budgets locaux,
notamment au titre de la CNRACL – Caisse nationale de retraites des agents des
collectivités locales.
Une moyenne nationale ne fait pas une politique budgétaire juste. C’est
pourquoi nous avons souhaité instaurer un premier garde-fou. La contribution
des collectivités au redressement de nos comptes est fixée dans cette
proposition de budget à 5,5 milliards d’euros car, après les propositions
du PLF, les recettes de fonctionnement des collectivités devraient continuer à
progresser globalement de 5 milliards d’euros en 2027, si on les aligne
sur l’inflation. C’est une différence importante avec la situation de l’État
dont une partie des dépenses, je le répète, est gelée en valeur.
Mais préserver cette progression d’ensemble ne suffit pas. Il faut tenir compte
des capacités réelles de chaque collectivité. Nous avons donc tiré les leçons
des exercices budgétaires précédents, notamment de la multiplicité des mesures
d’économie dont les effets cumulés avaient été insuffisamment anticipés. Je
pense au Dilico – dispositif de lissage conjoncturel des recettes
fiscales des collectivités territoriales –, aux mesures prises sur la
DCRTP – dotation de compensation de la réforme de la taxe
professionnelle – ou au PSR VLEI – prélèvement sur recettes créé pour compenser la
baisse des valeurs locatives des établissements industriels.
C’est pourquoi nous proposons de substituer à ces dispositifs une contribution
progressive à l’effort budgétaire, que nous appelons la CPEB, avec un taux
individualisé compris entre 0 % et 2 % tenant compte des ressources
et des charges des collectivités. Cette progressivité permettrait notamment de
préserver près de 20 000 collectivités du bloc communal et tous les
territoires d’outre-mer.
Nous avons également voulu différencier l’effort entre les strates. Les
départements, qui représentent 31 % des recettes des collectivités, ne
supporteraient dans la copie que nous proposons que 18 % de la
contribution demandée ; 40 % d’entre eux seraient exonérés de la
CPEB. C’est la reconnaissance du poids de leurs dépenses sociales obligatoires
non choisies et de leurs contraintes particulières. Quant aux régions, nous
avons retenu une approche différente en les exonérant de CPEB et en préservant
la dynamique de leurs recettes de TVA.
Je sais que les modalités de cette contribution suscitent des interrogations.
Nous aurons à examiner son ciblage, ses effets de seuil et les situations
particulières qu’elle peut créer, mais je crois que nous avons posé une base
sur laquelle nous pouvons utilement construire.
Notre deuxième choix est celui de préparer l’avenir. Nous devons être attentifs
à une chose : toutes les économies décidées aujourd’hui ne sont pas
nécessairement de bonnes économies pour demain. Une école que l’on ne rénove
pas, une infrastructure que l’on laisse se dégrader, un territoire que l’on
n’adapte pas aux conséquences du changement climatique, ce sont souvent des
dépenses que l’on reporte d’une manière douloureuse.
C’est toute la difficulté du débat que nous avons sur le FCTVA – fonds
de compensation pour la TVA. Son montant a considérablement augmenté entre 2019
et 2025. Dans le contexte que je viens de rappeler, il nous a semblé que cette
dynamique ne pouvait pas être entièrement soustraite à l’effort national que
nous souhaitions répartir de manière plus équitable.
Nous proposons donc d’en ramener le taux de droit commun à 11,404 %. Nous
n’avons supprimé aucune des dépenses éligibles existantes et nous maintenons le
taux actuel pour les dépenses concourant à la transition écologique et les
investissements de voirie, outil majeur d’aménagement du territoire.
Je sais les inquiétudes que cette proposition suscite. Je les ai entendues à
Dunkerque, au congrès des Intercommunalités de France, et à Reims, au congrès
des Départements de France. Ces préoccupations sont justes. Les élus ont besoin
de pouvoir compter sur des règles suffisamment stables pour préparer leurs
projets et leurs plans de financement. C’est pourquoi nous maintenons en
parallèle les principaux instruments de soutien à l’investissement :
1 milliard d’euros, montant inchangé, pour la DETR – dotation
d’équipement des territoires ruraux –, 420 millions pour la DSIL – dotation
de soutien à l’investissement local –, ce qui représente une augmentation
significative, et 1 milliard pour le fonds Vert, dont la moitié sera
consacrée à l’adaptation climatique.
Nous confortons également les moyens de fonctionnement des collectivités avec
150 millions supplémentaires pour la DGF – dotation
globale de fonctionnement – et un nouvel effort de péréquation en faveur
des territoires ruraux, mais aussi des territoires urbains. Nous proposons
enfin une dotation inédite, appelée dotation de ressources durables, de
50 millions pour les communes qui contribuent à l’adaptation climatique, à
la souveraineté alimentaire, à la production de la ressource en eau et en
énergies renouvelables. Cette dotation bénéficiera à plus de
9 000 communes. Par cette introduction, c’est une réforme de la
DGF que nous initions.
Mais la capacité d’agir des collectivités ne dépend pas simplement de leurs
moyens financiers. Elles doivent pouvoir s’appuyer sur une ingénierie – vous
en parlez souvent – pour faire émerger leurs projets et garantir l’accès
aux services essentiels. Comme vous l’avez noté, nous poursuivons notre
engagement à travers les grands programmes de l’ANCT – Agence
nationale de la cohésion des territoires : Action cœur de ville, Petites
Villes de demain et Villages d’avenir. Nous les renforçons, avec cinquante
chefs de projet supplémentaires pour Petites Villes de demain. Ces programmes
ont fait leurs preuves car ils partent des besoins des territoires et
accompagnent les élus dans la réalisation concrète de leurs projets.
C’est aussi le sens de notre engagement envers France Services. L’objectif
annoncé de 3 000 espaces France Services en 2027 sera tenu et le
financement est porté à 50 000 euros par structure en 2027.
Cette exigence d’efficacité des dépenses ne doit pas seulement nous conduire à
accorder un soutien budgétaire, mais aussi à mieux organiser les compétences et
à simplifier les procédures. Depuis un an, 146 mesures de simplification
ont été prises à la suite de la publication du rapport de Boris Ravignon sur le
coût du millefeuille administratif. Elles se traduisent déjà par des économies
de l’ordre de 115 millions d’euros pour les collectivités. Nous souhaitons
aussi réduire les coûts de l’enchevêtrement de l’action publique : c’était
le sens du projet de loi visant à renforcer l’État local, dont le but était de
faire du préfet de département un ensemblier des services et agences de l’État
– je regrette que ce texte n’ait pas prospéré.
Je veux insister sur la manière dont la copie a été préparée. Le gouvernement a
fait des choix – c’est son rôle et son devoir –, il assume
leur cohérence et l’équilibre financier qui en résulte. Mais je sais qu’un
texte gagne à être discuté et amendé, dans le respect du rôle des assemblées.
C’est pourquoi depuis plusieurs semaines, nous avons engagé avec les
associations d’élus locaux un dialogue qui commence à produire des résultats.
Je pense d’abord à la rénovation du bâti scolaire pour l’adapter à l’enjeu
climatique. Nous examinerons des amendements prévoyant que les rénovations de
bâtiments scolaires bénéficieront du taux de TVA maintenu : le
gouvernement émettra à leur sujet un avis favorable et tiendra par là sa
parole.
Je pense également aux départements, dont la situation est très spécifique et
parfois fragile. Nous avons prévu un fonds de soutien de 100 millions
d’euros pour les plus fragiles, mais nous sommes prêts à travailler sur son
montant et ses modalités, pour apporter une réponse plus pertinente aux
difficultés structurelles de certains départements.
Nous souhaitons aussi avancer sur le financement de l’autonomie et aller enfin
au bout de la décentralisation, en corrélant compétences et ressources. Le
projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) prévoit
l’attribution aux départements d’une part de contribution sociale généralisée
(CSG) : nous proposons d’ajouter 100 millions, pour une enveloppe
totale de 400 millions d’euros. C’est une étape importante, attendue par
les départements, pour le financement des solidarités nationales.
Enfin, nous avons entendu les importantes difficultés provoquées par les
retards de recouvrement de la taxe d’aménagement depuis la modification, à la
fois du fait générateur et de son mode de gestion. Je le dis très
tranquillement : il n’est pas normal que des collectivités supportent les
effets, sur des recettes qui leur reviennent, d’un dysfonctionnement
administratif. Je travaille avec David Amiel, que je remercie, à la création
d’un fonds d’avances pour sécuriser et liquider le versement de ces ressources
et résorber dès 2027 les retards accumulés.
Ces évolutions ne régleront pas toutes les difficultés, mais elles montrent que
le gouvernement est ouvert à la discussion et à des ajustements. Je souhaite
que le travail de votre assemblée nous permette de poursuivre dans cette voie.
Une exigence de redressement des comptes publics s’impose à nous. Le déficit
n’est pas celui de l’État, mais celui de la nation. Je le souligne avec
beaucoup de calme : je n’ai vu personne manifester quand le gouvernement a
décidé, au moment de la crise sanitaire, de soutenir les entreprises menacées de
fermeture et les salariés menacés de chômage ; je n’ai entendu personne
s’indigner quand le gouvernement a créé le bouclier énergétique lorsqu’a éclaté
la crise de l’énergie consécutive à la guerre en Ukraine. Il nous appartient de
chercher ensemble les solutions les plus justes et les plus soutenables.
Pour terminer, j’en viens à la perspective qu’a ouverte la mission
parlementaire sur les finances locales. Nous avons certes un budget à présenter
– nul ne peut imaginer qu’une élection présidentielle se déroulerait
sans budget – mais nous avons aussi commencé à tirer des enseignements de
ses travaux. Il faut redonner aux collectivités une capacité de prévoir :
que certaines d’entre elles doivent attendre le mois d’avril pour connaître
leurs dotations ne constitue pas une manière satisfaisante de conduire l’action
publique. Nous devons aussi renouer plus régulièrement le dialogue
financier : c’est une condition de la bonne gestion des finances
publiques. La situation politique est ce qu’elle est ; les collectivités
attendent de nous moins de grandes promesses et davantage de règles stables, de
décisions compréhensibles et d’engagements tenus. Ce n’est pas parce que nous
ne pouvons pas tout faire aujourd’hui qu’il ne faut rien commencer.
Ce budget constitue une proposition de responsabilité. Il demande un effort,
mais préserve des moyens essentiels et instaure des mécanismes que nous devrons
prendre en compte pour réformer les finances locales. Je souhaite – et
je ne doute pas que ce soit le cas – que le travail de votre assemblée
nous permette d’aller plus loin, dans le respect de l’équilibre proposé par le
gouvernement. (
Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de
l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et
numérique)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] De toute évidence, la
République a été attaquée samedi. La République a été attaquée, des policiers
ont été attaqués, des gendarmes ont été attaqués, des pompiers ont été
attaqués, des mairies. On a tous vu ces images absolument dramatiques et d'une
infinie tristesse sur vos écrans. Et je pense bien sûr aux commerçants qui ont
perdu le fruit de plusieurs semaines de travail.
> [Violences et pillages des séditieux et des
voyous] Le ministre de l'Intérieur est responsable, notamment, du maintien de
l'ordre. Et donc, je crois que c'est tout à son honneur que d'avoir tenu ces
paroles ce matin. Une fois qu'on s'est dit ça, on a besoin de continuité, on a
besoin de garantir la continuité de l'État, notamment durant la période qu'on
traverse, avec les actes de violence. (…)
Il a présenté sa démission. Le président l'a refusée au nom de la continuité de
l'État. Je pense que chacun peut le comprendre. Et je le redis, encore une
fois : tout à l'honneur de Laurent Nuñez que de prendre ses
responsabilités et de les assumer jusqu'au bout.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Ce qui intéresse les Français, c'est d'avoir la garantie que ça ne se reproduira pas.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Les vrais responsables, les vrais responsables, les premiers responsables, ce sont les factieux et ce sont les racailles qui se sont attaqués à la République ce week-end. Les premiers responsables, ce sont ceux qui ont pillé des commerces, ce sont ceux qui ont brûlé des mairies, ce sont ceux qui se sont attaqués à des commissariats, à des offices du tourisme et, encore une fois, à l'ensemble des représentants de l'État. Donc, n'inversons pas la charge de la preuve. Il n'empêche qu'il conviendra bien sûr de comprendre. Y a-t-il eu des défaillances ? Pourquoi la mobilisation a été sous-estimée ? Comment est-ce qu'on y répond ? Le président de la République a demandé une réflexion sur la doctrine de maintien de l'ordre. Et je crois que c'est bienvenu, parce qu'encore une fois, on ne peut pas s'habituer à ce qu'on a vu ce week-end. Mais n'inversons pas les rôles. Les premiers responsables, ce sont bien, encore une fois, je le redis, les factieux et les racailles qui se sont attaqués ce week-end à l'ensemble des lieux, encore une fois, qui, normalement, nous rassemblent.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Tout le travail sera fait pour comprendre très précisément ce qui s'est passé. Là encore, d'où vient le manque d'anticipation, d'où vient le manque de moyens, s'il y en a eu dans certaines villes ou dans certains quartiers. Et qu'un travail de fond, encore une fois, sur la question du maintien de l'ordre sera mené. Ça va prendre un peu de temps. Et je voudrais aussi dire ce matin que les policiers et les gendarmes ont fait un travail remarquable. Ils ont fait de leur mieux, dans des conditions extrêmement difficiles, extrêmement difficiles, avec des vidéos qui, je crois, nous ont tous pris aux tripes. Et donc, on doit être aussi à leurs côtés aujourd'hui.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] La priorité, c'est de rétablir l'ordre. Et rétablir l'ordre, ça passe par toutes les actions qui sont menées, encore une fois, depuis plusieurs jours, plusieurs heures maintenant. Ça passe aussi par une parole extrêmement claire de l'ensemble de la classe politique. Force est de constater que ça n'a pas toujours été le cas. Le Premier ministre recevra les forces politiques dans les jours à venir, à la demande du président de la République.
> [Violences et pillages des séditieux et des
voyous] LFI a évidemment une responsabilité morale et politique dans les
violences qui traversent le pays. (…) Et ça ne date pas d'il y a quelques
jours. C'est une stratégie d'engrenage de la violence qui, encore une fois, les
anime, qu'ils animent eux-mêmes à des fins électorales, dans une volonté de
toute-conflictualiser. Jean-Luc Mélenchon l'a d'ailleurs théorisé lui-même
comme une approche politique. (…)
Jean-Luc Mélenchon se moque du monde. Il n'a pas juste appelé à manifester.
Regardons ce qui s'est passé, encore une fois, depuis plusieurs années. Les
exemples sont légion : son rapport à l'autorité, les propos qui ont pu
être tenus, jamais condamnés dans ses rangs, à l'encontre des forces de
l'ordre, les profils de parlementaires qu'il a fait élire. (…)
Je crois que Jean-Luc Mélenchon prône, sans le dire ouvertement, parce qu'il
est habile, une forme de sédition avec la République ou, en tout cas, avec les
symboles de la République. Lorsqu'on s'en prend aux forces de l'ordre comme le
fait La France insoumise depuis plusieurs années, lorsqu'on le fait dans la
rue, lorsqu'on le fait à l'Assemblée nationale, lorsqu'on défie l'autorité, et
lorsqu'on incite la population, et spécifiquement la jeunesse, à défier l'autorité,
on est dans une forme de stratégie de sédition vis-à-vis de ce qui fait la
République et vis-à-vis de ce qu'en sont ses valeurs. Voilà. Et donc, il ne
s'agit pas de rejeter l'entièreté de la faute sur Jean-Luc Mélenchon. Parce que
moi, j'ai été très claire au début de cette interview : les premiers
responsables, ce sont les casseurs, les pilleurs qui étaient dans la rue
samedi. Mais pour autant, quand on est en responsabilité, quand on incarne
quelque chose, comme Jean-Luc Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon incarne quelque
chose, notamment aux yeux d'une partie de la jeunesse, on se doit d'être
absolument exemplaire.
> [Violences et pillages des séditieux et des
voyous] Aujourd'hui, les réseaux sociaux font partie des incubateurs de la
violence. Ce ne sont pas les seuls. Il y a, derrière les réseaux sociaux, un
enjeu d'éducation, d'éducation aux réseaux sociaux.
D'éducation au civisme, d'éducation à la capacité des uns et des autres, et
spécifiquement des jeunes, à vivre en société. Donc, il y a une question de
responsabilité parentale qui ne peut pas être éludée ; quand bien même,
d'ailleurs, les jeunes qu'on a vus dans la rue ne sont pas nécessairement
mineurs. Lorsqu'on agit de la sorte, il y a, derrière, un enjeu d'éducation
absolument majeur.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Le président de la République a fait, dès le début, et à juste titre, une parfaite distinction entre des revendications légitimes, des revendications lycéennes, des revendications sur le pouvoir d'achat. Vous savez, moi, je suis ministre de l'énergie, j'ai parfaitement conscience de la difficulté que traversent de nombreux Français lorsqu'ils vont faire leur plein d'essence le matin. Et ces attentes-là, cette colère-là, ces craintes-là, elles sont réelles, et il faut y répondre. Ça n'a rien à voir avec ce qui s'est passé hier et ce qui se passe depuis plusieurs semaines en marge des manifestations lycéennes. Et donc, je crois que là encore, il faut arriver à distinguer, à faire la part des choses entre des revendications démocratiques, le droit de manifester est un droit fondamental que l'on doit préserver, et des violences et des débordements que rien ne saurait justifier.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] On peut manifester en France. Ne dressons pas un tableau trop éloigné de ce qu'est la réalité. Il y a eu, de toute évidence, un manque d'anticipation samedi. Il faut comprendre comment ça a pu arriver précisément pour permettre ce droit de manifester d'être garanti.
> [Violences et pillages des séditieux et des
voyous] Il est inconcevable aujourd'hui pour nos concitoyens, et donc pour le
contribuable, de devoir prendre en charge et payer directement ou indirectement
– de par leur franchise d'assurance ou de par leurs impôts – les dégradations
d'une minorité.
Et donc il est temps de prendre encore une fois nos responsabilités. Nous le
faisons comme Gouvernement. Je n'ai aucun doute sur le fait que les
parlementaires le feront, aucun doute. Nous trouverons une majorité sur ce
texte parce qu'il n'est plus entendable qu'une majorité paye encore une fois
les débordements et la violence d'une minorité.
► Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet (présidente)
> Nous examinons en ce moment le Budget. Je ne veux pas que nous oubliions
les revendications des 500 000 Français qui ont manifesté ce week-end. Il y a
de vraies inquiétudes, notamment chez nos jeunes. Notre responsabilité est de
les écouter et d’y répondre, sans laisser le débat sur le maintien de l’ordre
prendre toute la place.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Ce qui s'est passé ce week-end est indigne et ne doit pas se reproduire. C'est pourquoi sur les sujets de maintien de l'ordre, de possibles ingérences étrangères ou encore des moyens d'actions utilisés sur les réseaux sociaux, la commission d'enquête parlementaire aura pour objectif de regarder là où il y a eu défaillance.
► Partis politiques
● Renaissance
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes
et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du
groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Il faut des images de
jeunes traqués, retrouvés et cherchés à leur domicile. Les images des casseurs,
des pilleurs, qui rentrent peinards chez eux sont insupportables. Nous devons
faire des exemples. Nous les devons aux Français. Nous les devons aux
commerçants qui ont tout perdu.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Permettre la mobilisation de nos policiers et gendarmes pour garantir le respect de l’ordre public doit être l’unique priorité. Si pendant quelques jours, des excès de vitesse ne sont pas verbalisés car nos forces sont concentrées sur la protection de nos compatriotes et des biens, ce n’est pas grave. La réalité a changé. Le maintien de l’ordre doit évoluer lui aussi.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] De nombreux commerçants ont vu partir en fumée, en une nuit, ce qu’ils ont mis des années à bâtir. Ils se sont retrouvés seuls, abandonnés, contraints de se défendre eux-mêmes. C’est un traumatisme pour eux et pour tous les Français. La priorité absolue, la seule qui compte aujourd'hui : rétablir l’ordre.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] La France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon soufflent sur les braises depuis des mois. Quand un maire LFI explique que la violence est légitime, personne ne peut s'étonner de voir une mairie brûler la semaine qui suit. C'est totalement irresponsable et je les combattrai toujours.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Il est temps de nous doter de tous les outils pour garantir l'ordre et le respect de l'autorité de l'État. La France est en retard sur l'usage de la reconnaissance faciale, de l'intelligence artificielle et des drones. Je veux une réforme rapide pour autoriser ces nouvelles technologies. Pour identifier les casseurs et de faire payer les responsables. Pour mettre fin à l'impunité.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Je souhaite libérer nos forces de l'ordre pour qu'elles puissent assurer notre sécurité et restaurer l'ordre. Nos policiers et gendarmes doivent être sur le terrain pour lutter contre la casse et les pillages, pas en garde statique devant des bâtiments. Je propose de les décharger de ces missions de surveillance en ayant recours aux réservistes et à nos forces armées, comme c'est déjà le cas avec le dispositif Sentinelle.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] l faut des exemples. Des jeunes pillent des magasins, se filment à visage découvert et rentrent chez eux en toute impunité. En face, il faut des images de pilleurs qu’on vient chercher chez eux. Nous avons les moyens de les identifier et de les retrouver.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Les réseaux sociaux ne peuvent pas être le point de ralliement des casseurs et le moteur du mimétisme violent. Lors des émeutes, nous devons pouvoir bloquer temporairement et de manière ciblée l'accès à certaines plateformes pour stopper l'effet de meute.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] En 2024, en tant que Premier ministre, j’avais fait du retour de l’autorité chez nos jeunes une de mes priorités. Mon projet de loi contre la délinquance des mineurs devait être voté à l'été 2024. La dissolution a tout stoppé. Quel temps précieux perdu !
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Nous avons un problème civilisationnel avec une partie de la jeunesse qui considère qu'il n'y a aucun collectif et une telle impunité qu'ils peuvent aller piller et frapper. Mais je le dis aux Français : il n'y a pas de fatalité. Avec des décisions fortes, c'est possible d'agir.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Face aux casseurs, il faut que tous les moyens, y compris administratifs, soient utilisés : perquisition administrative, assignation à résidence, état d'urgence s'il le faut. On ne peut pas faire dans la dentelle. Il faut des exemples très vite en utilisant la reconnaissance faciale et l'intelligence artificielle.
Jean-René Cazeneuve (député)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous / Intervention à
l’Assemblée] Le Président de la République a rappelé ce soir une exigence
essentielle : la violence n’a pas sa place dans notre démocratie. Fermeté face
aux casseurs, soutien aux commerçants, réponses concrètes sur le pouvoir
d’achat et écoute de notre jeunesse : l’ordre et le dialogue doivent aller de
pair.
> [Finances locales / Intervention à l’Assemblée] Les
relations entre l’État et les collectivités territoriales se sont largement
dégradées – pas depuis votre arrivée, madame la ministre,
mais depuis bien plus longtemps. La confiance est rompue : c’est l’un des
principaux constats que nous avons dressés avec notre collègue Christine
Pirès Beaune et la sénatrice Sylvie Vermeillet, après les nombreuses
auditions menées dans le cadre de la mission que nous avait confiée le premier
ministre sur les finances publiques et les ressources des collectivités
territoriales. Or nous ne trouverons de solutions aux crises successives que collectivement.
Ce débat sur les finances locales appelle trois exigences. La première est de
rebâtir la confiance. Le problème n’est pas seulement une affaire d’argent,
c’est aussi une affaire de méthode : un dialogue trop rare et trop
tardif ; des gels de dotations en cours d’année ; des règles qui
changent et des décisions dont les effets s’accumulent sans être anticipés.
Dans le PLF pour 2026, la Cour des comptes dénombre huit mesures de
contribution. Résultat : l’Occitanie supporte 19,5 % de la baisse
nationale de la DCRTP, alors qu’elle ne représente que 9 % de la
population française ; Dunkerque, que nous voulons tous réindustrialiser,
se voit prélever 5 % de ses recettes de fonctionnement. Ce n’est ni juste
ni cohérent.
Notre mission propose des solutions concrètes : des indicateurs communs,
un suivi partagé de l’autonomie fiscale, un renforcement de l’Observatoire des
finances et de la gestion publique locales (OFGL) et un dialogue continu entre
l’État, le Parlement et les collectivités territoriales. En effet, on ne peut
débattre utilement que si l’on s’accorde sur un constat partagé.
La deuxième exigence est celle de la lucidité sur la santé financière des
collectivités. Oui, globalement, les finances locales se portent bien, et c’est
une bonne nouvelle.
Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la Cour des comptes : une réduction du
déficit de 2,7 milliards en 2025, une épargne brute qui s’élève à
40 milliards, un investissement record et des charges maîtrisées. Bravo et
merci aux élus locaux pour la qualité de leur gestion !
Mais une moyenne ne reflète pas la réalité de chaque territoire. Le bloc
communal se porte mieux, avec près de 27 milliards d’épargne brute,
notamment grâce à une fiscalité foncière dynamique. Les départements, eux,
subissent des dépenses sociales contraintes, des recettes volatiles et une
épargne inférieure d’un quart à celle de 2019. Seize d’entre eux sont encore
sous le seuil d’alerte. Leur investissement a reculé de plus de 8 %.
C’est pourquoi une participation des collectivités au redressement de nos comptes
publics est justifiée. Avec 40 milliards d’épargne brute, un effort de
plusieurs milliards peut s’entendre, à condition qu’il soit ciblé sur les
bonnes collectivités.
La troisième exigence, c’est la justice de l’effort demandé. Il doit être
juste, proportionné et concerté. Or, aujourd’hui, il ne l’est pas. Dans le
Gers, on ferme des piscines, pendant qu’ailleurs on construit des complexes
multibassins ; on cherche 10 000 euros pour boucler le budget
d’un musée rural, pendant qu’ailleurs on dépense des millions pour en
construire un flambant neuf. Les inégalités entre collectivités n’ont jamais
été aussi fortes.
Nous défendrons plusieurs amendements visant à créer un bouclier plafonnant à
3 % des recettes réelles de fonctionnement l’impact cumulé, en 2027, des
mesures du PLF pesant sur les ressources des collectivités, en tenant compte – nous
y tenons – des efforts déjà engagés en 2025 et 2026. Nous souhaitons
exclure de cet effort les communes de moins de 500 habitants et accroître
la péréquation entre collectivités.
Les élus locaux ne demandent pas à être exemptés de l’effort de solidarité. Ils
souhaitent seulement qu’on leur dise combien, pourquoi et pour combien de
temps. Ils veulent de la visibilité, ils veulent être respectés et
consultés : c’est la moindre des choses.
Mais ils ne peuvent pas non plus tenir un double discours. Le
président-candidat de l’AMF ne peut pas réclamer des milliards d’économies à
l’État tout en demandant une augmentation des transferts aux collectivités
territoriales. On ne peut pas davantage attribuer la hausse de la taxe foncière
à la suppression de la taxe d’habitation, quand toutes les études montrent le
contraire.
À l’approche de 2027, laissons les postures de côté. Redonnons confiance à ceux
qui font vivre nos territoires et à qui nous devons tant : les élus
locaux.
Prisca Thevenot (députée)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Pas une nuit de plus !
Loin des commentaires, Gabriel Attal propose :
1. Mobiliser pleinement les forces de l’ordre comme lors des JOP
2. Traquer les pilleurs s’affichant sur les réseaux
3. Autoriser les perquisitions administratives et, si besoin, décréter l’état
d’urgence.
> Je persiste et signe : Mélenchon est un homme méchant et aigri. 30 ans de mandats cumulés et sa seule action pour la France ? Rima Hassan au Parlement européen et Louis Boyard à l’Assemblée nationale. Aucune solution pour les Français. Juste attiser le chaos et les colères.
Pieyre-Alexandre Anglade (député)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Les évènements
violents qui ont frappés la France sont d’une extrême gravité. Ils exigent une
réponse à la hauteur du choc subit. Le gouvernement doit y œuvrer sans tarder
et les partis s’élever à la hauteur du moment et agir ensemble pour faire bloc
autour de la République.
Violette Spillebout (députée)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] J’adresse tout mon
soutien au Préfet du Nord, aux forces de l’ordre, aux pompiers, aux soignants
et à tous les personnels en charge des suites de ce dramatique 17 octobre. ll
ne faut ni une journée ni une nuit de plus qui laisse passer des attaques et des
dégradations. Je pense aussi à nos commerçants Lillois tristes, révoltés,
démunis et encore si inquiets pour les jours à venir. Enfin courage aux élus et
services de la Mairie de Lille qui assurent la remise en état de nos rues.
Marie Lebec (députée)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Ce matin, des
entrepreneurs et des salariés n’ont pas pu regagner leur entreprise,
vandalisée. Des fonctionnaires territoriaux et des élus n’ont pas pu regagner
leur mairie. Des policiers, des gendarmes et des pompiers, blessés ou en
convalescence, n’ont pas pu retrouver leurs collègues et leurs équipes. Des
agents de la voirie se mobilisent, depuis samedi soir, pour redonner vie à des
rues, des monuments, des bâtiments, leur grandeur. À toutes ceux qui subissent,
qui protègent, qui réparent et qui continuent de faire vivre notre pays, je
veux témoigner ma solidarité et mon admiration. Ils sont ceux qui œuvrent sous
le fronton de notre devise « Liberté, Égalité, Fraternité ». Profitant des
manifestations légitimes, certains groupes et bandes de pillards sillonnaient
les rues et détruisaient tout. Leur devise n’était pas celle de notre
République, c’était la doctrine du chaos et du nihilisme. Ces comportements
sont inacceptables et ceux qui s’y livrent doivent en répondre. Je souhaite que
nos enquêteurs identifient et interpellent le plus grand nombre de ces auteurs.
J'appelle nos magistrats à prononcer des condamnations à la hauteur des faits
commis : notre arsenal juridique leur donne toute capacité pour le faire. Quand
on casse, on doit être condamner, quand on dégrade, on doit contribuer à
réparer. La fermeté n’est ni un excès ni une posture, c’est une exigence
républicaine. Enfin, la France est un grand pays, avec un destin national que
nous devons continuer de construire ensemble. À tous ceux qui croient au débat
démocratique, à la confrontation des idées et à la capacité de faire nation
autour d’un projet et de valeurs communes, je veux adresser un message : ne
cédez ni à la colère ni au fatalisme. Engagez-vous pleinement dans la campagne
présidentielle qui s’ouvre, pour faire vivre le débat, confronter les visions
et défendre, projet contre projet, l’avenir que nous voulons pour notre pays.
La France est une terre d’opportunités, pour tous. À nous de la défendre, de la
faire avancer pour que les mêmes chances soient garanties à tous, et de ne
jamais laisser ceux qui détruisent prendre le dessus sur ceux qui construisent.
Anne Genetet (députée)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] La violence, le
pillage et la destruction n'ont pas leur place en République. L'ordre et la
sécurité doivent être restaurés sans délai en mobilisant les moyens
nécessaires.
Paul Midy (député)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] 1 800
interpellations. 500 policiers et gendarmes blessés. Près de 600 commerces
pillés. Des rues saccagées. Des mairies vandalisées. Les images d’hier sont
révoltantes. Derrière chaque vitrine brisée, il y a des emplois, parfois le
travail de toute une vie réduit à néant. Derrière chaque mairie attaquée, c’est
notre République que l’on prend pour cible. Et comme toujours, ce sont les
mêmes qui cassent. Et les mêmes qui paient. Ces violences ne surgissent pas de
nulle part. Quand Mélenchon explique que la violence peut être légitime, quand LFI
entretient la défiance envers nos institutions, quel message envoie-t-on ? Les
mots ont un poids. Ceux qui les prononcent doivent en mesurer les conséquences.
Manifester est un droit. Piller, incendier, agresser sont des délits, pas des
opinions. Pendant que certains cherchent à mettre la République à terre,
d’autres se lèvent pour la faire tenir debout. Merci aux forces de l’ordre, aux
pompiers, aux agents municipaux, aux équipes de nettoyage et à tous ceux qui se
mobilisent pour rétablir l’ordre et remettre nos villes sur pied. Hier, nous
avons eu un aperçu de la France que nous promet l’extrême gauche, notamment en
cas de victoire de Le Pen. Moi, je ne veux ni de la France de Le Pen, ni de
celle de Mélenchon. Et je suis convaincu que nous sommes une majorité à refuser
ce choix. Alors, battons-nous ensemble. Dans les urnes !
Charles Rodwell (député)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Il est urgent de
faire payer les casseurs pour tous les dégâts qu’ils ont commis. Ponctionnons
leurs revenus et, s’il le faut, leurs prestations sociales. Les parents sont
responsables de l’éducation de leurs enfants. Ponctionnons les allocations des
parents de casseurs.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Face à un tel niveau de violences, seule une politique sécuritaire massive permettra de rétablir l’ordre. J’appelle le Gouvernement à déclarer l’état d’urgence dans les villes plongées dans le chaos des pillages.
> [Violences et pillages des séditieux et des
voyous] Face au chaos, seule une réponse sécuritaire massive permettra de
rétablir l’ordre. Six premières mesures d’urgence sécuritaire que je porterai
au Parlement.
- Déclarer l’état d’urgence sécuritaire dans les villes affectées.
- Engager la responsabilité pénale de Jean-Luc Mélenchon et de LFI.
- Faire payer les casseurs et leurs familles.
- Supprimer l’excuse de minorité et durcir toutes les condamnations associées.
- Expulser les étrangers impliqués.
- Réorganiser l’action locale de l’Etat en matière de sécurité.
La racaille et l’extrême-gauche veulent mettre le feu à notre pays. Nous ne les
laisserons pas faire.
> Pour reprendre le contrôle de l’immigration, la France doit remettre un pilote dans l’avion. Nicolas Sarkozy avait vu juste en 2007. Il est temps de rétablir un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale.
Olga Givernet (députée)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Notre pays a
besoin de calme et de stabilité. J’appelle les forces politiques à prendre
leurs responsabilités. Je condamne fermement les violences. Entendre les
revendications et maintenir le dialogue doit se faire dans le respect de
l’ordre républicain.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Écouter la jeunesse, oui. Accepter les violences, jamais. Les jeunes méritent des réponses concrètes à leurs préoccupations. Mais les incendies et les dégradations ne font avancer aucune revendication. Je les condamne fermement.
Constance Le Grip (députée)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Ce serait vraiment
le moment de rendre publique, comme nos services et le Quai d'Orsay le
souhaitaient, la note faisant état des ingérences numériques iraniennes
orchestrées par le régime des mollahs et des Gardiens de la Révolution
Islamique contre la France. Ne soyons pas naïfs !
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] La priorité doit être une commission d'enquête œuvrant à faire la lumière sur les mouvements des casseurs et des black blocks : qui sont-ils, comment sont-ils organisés, qui les financent, quels sont leurs liens avec l'ultra-gauche, l'extrême-gauche, quelles sont leurs connexions avec, le cas échéant, des organisations politiques françaises et internationales et des réseaux de narcotrafic, y a-t-il eu des ingérences numériques étrangères ? Le Parlement a déjà tenu ces dernières années plusieurs commissions d'enquête sur le maintien de l'ordre, et on ne saurait mettre un signe équivalent entre les violences commises par des casseurs et des délinquants et la doctrine de maintien de l'ordre.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] La responsabilité politique de LFI dans ces violences est considérable. Il ne faut absolument pas s'interdire de réfléchir aux responsabilités pénales des dirigeants et élus LFI. Y compris celles de Jean-Luc Mélenchon.
● MoDem
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous / Intervention à
l’Assemblée] Monsieur le Premier ministre,
Il n'y a pas de camp à choisir.
Parce qu'il n'y a rien qui puisse se
construire dans la violence et le désordre. Et parce qu'il n'y a pas
d'alternative à l'ordre et à la paix civile.
La loi de la violence, c'est la loi de la
meute et la loi du plus fort. Et c'est l'exact inverse de la démocratie.
La violence débridée, ce ne sera jamais
une réponse aux inquiétudes des jeunes et de leurs parents qui s'interrogent
sur leur avenir et celui du monde.
Ni une solution à la crise du pouvoir
d'achat ou à la peur du déclassement.
Et le désordre finit toujours, tôt ou
tard, par engendrer la servitude et d’abord par frapper les plus fragiles.
La violence, c'est la paralysie. Ne rien
y céder, c'est la condition même pour apporter des solutions concrètes.
Ceux qui érigent la violence en
alternative politique ou ceux qui espèrent prospérer sur le chaos portent la
responsabilité de désespérer un pays qui sait pourtant se dépasser lorsqu'il
s'unit.
S'unir contre la violence, ce ne devrait
pas être une question. Et pour nous, députés Démocrates, ça n’en est pas une.
Rétablir l'ordre et la paix civile, c'est
le moins que l'on doive aux Français.
Mais nous devons aussi avancer.
Pour bâtir.
Pour réparer.
Pour réconcilier.
Monsieur le Premier ministre, vous
réunissez jeudi les forces politiques à Matignon. C'est nécessaire. Mais les
Français, qui ressentent de la honte et de la colère, attendent surtout des
actes.
Comment entendez-vous garantir
durablement la paix civile et protéger les Français?
Sans quoi rien ne sera possible.
Et l’ordre rétabli comme préalable à
tout, quelles initiatives politiques comptez-vous prendre pour redonner des
perspectives à notre jeunesse et engager notre pays sur le chemin de la
réconciliation ?
> [Budget 2027] Notre responsabilité est de ne pas
laisser aux jeunes générations le poids de nos dettes sans leur donner les
moyens de construire leur avenir.
Le réel finit toujours par avoir le dernier mot.
Depuis trop longtemps, nous cherchons à préserver notre mode de vie, à crédit.
Cette fuite en avant menace désormais ce que nous voulions protéger :
notre modèle social, nos services publics et notre capacité à faire face aux
crises.
À la dette budgétaire s'ajoutent les dettes climatique, éducative, démographique
et géopolitique. Et ce sont tous les Français, ceux d’aujourd’hui comme ceux de
demain, qui risquent d'en payer le prix.
Notre responsabilité commence par une exigence : dire la vérité. Sur
l'état de nos finances, sur les efforts nécessaires et sur les choix que nous
devons assumer. À trop les différer, nous risquons de les subir demain sous la
pression de nos créanciers.
Mais le redressement n'est pas une fin en soi. Il doit nous rendre la liberté
de protéger, d'investir et de transformer notre pays. De garantir nos
retraites, de mieux rémunérer le travail, de soutenir les familles et d'ouvrir
de nouvelles perspectives aux jeunes.
C'est le sens du pacte entre les générations que proposent Les Démocrates. Il
prolonge des convictions défendues depuis 2017 et s'enrichit de plusieurs mois
de dialogue avec nos concitoyens, des experts et des acteurs de terrain.
Certaines propositions seront défendues par amendements au budget 2027.
D'autres appellent des transformations plus profondes. Toutes participent d'une
même ambition : préserver notre modèle social en le transformant, pour
transmettre aux générations futures davantage de perspectives que de dettes.
Bruno Fuchs (député)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] On n'est pas préparé à des hordes de dizaines
de milliers de personnes qui viennent là pour casser, et pour tuer pour
certains d'entre eux.
> On parle aujourd’hui des casseurs et pas des 500 000 personnes qui ont manifesté avec un objet réel, avec des vraies préoccupations et des intérêts qu’il faut satisfaire.
> [Présidentielle] Un certain nombre de gens raisonnables vont chercher une solution dans un modèle qui existe, qui est le modèle de la démocratie, du respect du droit, du respect des libertés publiques. C’est ce modèle-là qu’il faut préserver.
> La question de la dette publique est bien plus importante en termes de mauvaise image de la France.
> [Dette publique] On a moins d’argent pour les services publics, on a moins d’argent donc pour la santé, pour la sécurité, pour l’éducation.
> Quand vous pesez moins à l’international, vous n’avez plus moyen de peser avec vos propres principes et donc vous laissez les autres régler le sort du monde.
> [Ingérences étrangères]
Ce sont des opérations menées de
l’extérieur par la Russie ou des proxys pour déstabiliser notre pays. (…)
C’est une guerre qui se traduit non pas
par des chars ou des missiles, mais par des opérations de déstabilisation avec
des effets médiatiques et de déstabilisation du pays.
Emmanuel Mandon (député)
> [Finances locales / Intervention à l’Assemblée] Au lendemain du
week-end particulièrement dramatique que nous venons de connaître, j’ai une
pensée pour toutes les villes qui ont été frappées par un déferlement de
violences inqualifiables : je pense à leurs élus, à leurs commerçants et à
toutes les victimes.
Ce débat sur les finances publiques locales me permet d’exprimer plusieurs
préoccupations de fond s’agissant des dispositions du projet de loi de finances
pour 2027. Dans le contexte financier contraint qui est le nôtre, qui exige de
nous un véritable esprit de responsabilité et suppose lisibilité et
transparence, reconnaissons que l’effort demandé aux collectivités est très
important et très lourd.
Revenons, en premier lieu, sur l’état de la décentralisation française, cet
édifice inachevé que plusieurs de ces dispositions paraissent remettre en
cause. Vous avez parlé avec raison d’un « coma dépassé », madame la
ministre, et vous indiquez qu’un principe de proportionnalité de l’effort a
guidé le gouvernement. Nous constatons cependant que le projet de loi propose
plusieurs mesures qui affectent à nouveau l’autonomie fiscale des
collectivités, certes au nom d’intentions vertueuses. Sans avoir l’air d’y
toucher, ces mesures font litière du principe constitutionnel d’autonomie
financière. Alors, une question se pose : quand pourrons-nous sortir de
l’ambiguïté ? Comme l’ont proposé nos collègues Stéphane Delautrette,
Christine Pirès Beaune et Jean-René Cazeneuve, parmi d’autres, je suis
favorable à ce que nous avancions sur le travail de redéfinition de l’autonomie
financière des collectivités.
Par ailleurs, toutes les mesures d’atténuation qui nous sont proposées en
seconde partie du PLF s’appuient sur le fameux couple maire-préfet et font une
large place au pouvoir réglementaire. Prenons l’article 86, qui propose de
rendre les départements éligibles au dispositif des subventions exceptionnelles
en 2027. Il ne précise ni les critères d’éligibilité ni les critères de
répartition de cet ersatz de fonds de sauvegarde. Je signale d’ailleurs que la
circulaire qui contient actuellement ces indications n’est pas disponible en
ligne. Ses dernières versions indiquent que ne sont éligibles à ces subventions
que les collectivités dont « le budget a été voté en déséquilibre »,
entraînant une « saisine de la chambre régionale des comptes », qui
propose des « mesures de redressement » mises en œuvre par le préfet.
L’article 86 reviendrait-il à attribuer une enveloppe de 100 millions
aux préfets pour négocier des plans de redressement avec des départements
déficitaires ?
L’article 87 ne fait pas mieux. Les attributions au titre du fonds de
soutien à certaines communes acquittant la contribution progressive des
collectivités territoriales à l’effort budgétaire de l’article 37 reposent
sur un critère d’éligibilité flou : la « dégradation significative de
leur situation financière au cours de l’année 2026 ». Le texte se borne à
énoncer l’évidence : l’attribution au titre du fonds de soutien ne peut
excéder le montant de la contribution théoriquement exigible. Les critères de
répartition ne sont pas précisés. En d’autres termes, les préfets disposeraient
d’une enveloppe nationale à répartir librement entre communes fragilisées sans
que cette fragilité n’ait de lien avec le niveau de la CPEB exigible en 2027.
Le projet de loi de finances ne tient en outre aucun compte du rôle essentiel
des intercommunalités, dont on ne soulignera jamais assez le rôle pour la
cohésion et l’aménagement du territoire et le développement des bassins de vie,
à la condition bien sûr que l’on encourage les coopérations plus que la
concurrence. Les intercommunalités portent un projet de résorption des
fractures territoriales, d’où mon inquiétude : il ne me paraîtrait pas
pertinent de faire porter l’essentiel de la contribution sur les
intercommunalités en 2027. Or le PLF propose actuellement une contribution à la
CPEB de 100 % des intercommunalités, sans aucune mesure d’atténuation.
Enfin, je constate que les acteurs publics peinent à fixer le schéma de
financement définitif de la métropole du Grand Paris. Le schéma provisoire
arrêté en 2015 est prolongé de deux nouvelles années. Cette prorogation fait
débat. Où en sommes-nous ? Madame la ministre, vous appelez à la poursuite
du dialogue avec les collectivités selon les différentes strates. Dans un
contexte très contraint, reconnaissons qu’il est difficile de le renouer. Il
nous faudra innover.
Sophie Mette (députée)
> [Finances locales / Intervention à l’Assemblée] Les finances publiques
locales engagent des enjeux qui dépassent largement les dotations, les
compensations et les mécanismes budgétaires dont nous débattons aujourd’hui.
Elles soulèvent des questions de justice entre les territoires, entre les
générations et, finalement, de souveraineté et de résilience pour notre pays.
C’est avec cette conviction que le groupe Les Démocrates aborde ce débat.
Notre position est claire : le redressement des finances publiques appelle
un effort collectif, auquel les collectivités territoriales doivent
naturellement participer. Notre dette est celle de la nation. L’État, la
sécurité sociale et les collectivités appartiennent au même ensemble de
finances publiques. Chacun doit donc contribuer, à proportion de ses capacités,
à retrouver une trajectoire soutenable.
En 2025, l’épargne brute des collectivités a progressé de 7,8 %, pour
atteindre près de 35 milliards d’euros. Leur capacité moyenne de
désendettement – environ cinq ans – demeure maîtrisée. Ces
chiffres témoignent des efforts de gestion accomplis par les élus locaux, que
je tiens à saluer.
Ils recouvrent toutefois des situations très contrastées, notamment pour les
départements, confrontés à la progression de leurs dépenses sociales et à des
ressources plus contraintes. La justice territoriale exige donc un effort
proportionné aux capacités réelles de chaque collectivité.
À cet égard, je souhaite interroger la méthode retenue par le gouvernement. L’article 37
du PLF crée une contribution progressive des collectivités territoriales et de
leurs groupements à l’effort budgétaire, dont le rendement attendu est de
2,5 milliards d’euros. Son fonctionnement apparaît particulièrement
complexe et peu lisible.
Surtout, quelques dizaines d’articles plus loin, les articles 86 et 87
prévoient de nouveaux mécanismes de soutien destinés à atténuer les difficultés
financières de certaines collectivités, dont la plupart des critères
d’attribution sont renvoyés au pouvoir réglementaire. Pourquoi construire une
contribution aussi complexe pour ensuite multiplier les mécanismes destinés à
en corriger les effets ? Nous attendons davantage de lisibilité et de
prévisibilité. C’est pourquoi notre groupe proposera notamment de tenir compte
des pertes de compensations déjà subies par les collectivités dans le calcul de
leur contribution.
La justice entre les générations constitue notre deuxième priorité. Elle passe
notamment par la préservation de l’investissement local. Quand une commune
rénove une école, améliore l’accessibilité d’un équipement public ou engage sa
rénovation énergétique, elle investit pour les générations futures. Ces
investissements participent à la qualité de nos services publics et à la
vitalité économique de nos territoires. C’est pourquoi nous proposerons de
maintenir le taux plein du FCTVA pour ces trois catégories de dépenses,
prioritaires. Nous espérons trouver un accord avec le gouvernement sur ce
point.
La confiance exige également que l’État respecte ses engagements financiers.
Nous défendrons ainsi le rétablissement de la DCRTP du bloc communal à son
niveau de 2025 et nous opposerons à ce qu’elle serve de variable d’ajustement.
Nous proposerons également de maintenir la dotation de gestion de 100 millions
d’euros versée aux régions au titre du Fonds européen agricole pour le
développement rural (Feader), dont la suppression est prévue par ce budget.
Les violences qui ont marqué notre pays ce week-end rappellent combien la
résilience de nos territoires est essentielle. Je veux exprimer notre
solidarité avec les élus locaux, les maires et les conseillers municipaux, les
agents publics et les commerçants confrontés à ces dégradations. Nous serons
particulièrement attentifs aux réponses du gouvernement. Tous les leviers
budgétaires utiles devront pouvoir être mobilisés pour accompagner les
collectivités touchées, y compris dans le cadre de ce projet de loi de finances
si cela s’avère nécessaire.
Mes chers collègues, ces événements nous rappellent également l’importance d’un
partenariat solide entre l’État et les collectivités. Ce partenariat doit
aujourd’hui être réinventé et reposer sur des responsabilités clairement
définies, des engagements respectés et sur une confiance renouvelée. Il s’agit
aussi d’un enjeu de souveraineté : notre capacité à agir, à investir et à
faire face aux crises repose sur la solidité de nos territoires. Le groupe Les
Démocrates nourrit donc l’ambition de conjuguer responsabilité budgétaire,
justice territoriale et investissement dans l’avenir.
● Parti radical
Nathalie Delattre (présidente)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Piller nos
commerces, saccager nos rues, attaquer nos institutions : ce n’est pas
manifester, c’est défier la République. Face aux casseurs, ni faiblesse ni
impunité !
► Autres
● Organisations centristes
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen)
> Protégeons le flanc oriental de l’UE ! Les attaques russes contre des
navires civils en mer Noire menacent des vies humaines, la sécurité européenne
et l’approvisionnement alimentaire mondial. Renew Europe appelle à :
1. La mise en œuvre de la stratégie pour la mer Noire
2. Le renforcement de la présence de l’OTAN
3. La protection des routes maritimes et des infrastructures.
Valérie Hayer (députée, présidente)
> [Violences et saccages en Europe] Les émeutiers qui saccagent nos villes
doivent être punis avec toute la rigueur de la loi ; rien ne justifie la
violence. Solidarité avec les forces de l’ordre et les citoyens victimes. La
majorité pacifique a des revendications légitimes : concernant
l’éducation, le pouvoir d’achat et le prix des carburants. Fermeté et dialogue.
Voilà la réponse de l’Union européenne.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] La France est meurtrie. Comme des millions de Français, mon écœurement est total depuis samedi. Des délinquants sèment le chaos dans nos villes. Ils ruinent le travail de commerçants et d’acteurs économiques, commettent des violences inouïes contre des biens et des personnes, dont celles dépositaires de l’ordre public. À nos forces de l’ordre, à nos forces de sécurité et de secours, à nos élus, à nos concitoyens victimes de ces violences, j’exprime toute ma solidarité et tout mon soutien. Notre pays est entré dans une période grave, qui va durer, et qui nécessite des réponses à la hauteur. Les pilleurs doivent être empêchés de nuire, jugés et condamnés avec la plus grande sévérité. Ils devront être seuls responsables des frais de réparation des biens publics, parce qu’il serait honteux que cela repose sur les honnêtes contribuables. Ces pilleurs et casseurs doivent savoir ce qu’il en coûte de commettre de tels actes. Rien ne saurait justifier ou excuser leurs agissements et toute tentative de faire porter la responsabilité de leurs violences sur les forces de l’ordre est indigne. Je l’ai hélas trop entendu depuis samedi. Si nous ne faisons pas preuve de la plus grande fermeté sur nos principes républicains, nous ne serons pas en mesure de répondre aux manifestants qui étaient en nombre samedi dans nos villes de France. Pour beaucoup, leurs demandes sont légitimes. Nos écoles sont le fondement de notre pacte républicain. Les demandes des lycéens doivent être entendues et respectées. Elles le seront. La méthode annoncée hier soir par le chef de l’État va dans le bon sens. Quant aux revendications sur le pouvoir d’achat : des mesures d’urgence s’imposent, je les soutiens. Notamment sur les prix de l’essence à la pompe. Mais plus largement – c’est ici une question partagée par tous les pays européens qui ont vécu eux-mêmes de grandes manifestations – l’indépendance énergétique de l’Europe est une nécessité. C’est ce que nous poursuivons et que je défends au Parlement européen. Des forces politiques tireront profit du chaos déclenché depuis ce weekend. Je laisse ces démagogues face à leur indécence. Je soutiens le gouvernement pour agir avec fermeté – la plus grande – responsabilité et solidarité. C’est cela la République.
> Pour obtenir des résultats, nous avons désormais besoin d’une majorité forte et fiable au centre de l’échiquier politique européen. L’Europe ne peut pas se construire avec ceux qui veulent la détruire. Nous avons besoin d’un accord de coalition détaillé, fixant des priorités claires et des engagements que tous les partenaires devront respecter. Sans cet accord, nous ne soutiendrons aucun candidat à la présidence du Parlement européen. Le cap politique de l’Europe pour les années à venir doit être défini avant la répartition des postes clés.
> Nous serons résolument pro-européens et exigerons une Europe qui agisse avec l’urgence et l’ambition que ses citoyens méritent. Nous ne pouvons pas laisser les États-Unis, la Chine et la Russie décider de notre avenir. Nous devons construire une Europe qui dispose des moyens de se défendre, de soutenir l’Ukraine et de protéger ses intérêts sans dépendre de la bonne volonté des autres.
> Je suis fier parce que nous sommes courageux, parce que nous sommes persévérants, parce que nous sommes ambitieux, parce que nous n’abandonnons jamais. Et c’est exactement cela, être radicalement pro-européen.
> Il est tout à fait honteux que Trump soit désormais de connivence avec un fauteur de guerre. Se plier à un criminel de guerre est méprisable et trahit l’Ukraine, l’Europe et la démocratie. L’Europe doit riposter de toutes ses forces et prendre le relais : étouffer les revenus de guerre de Poutine avec des sanctions européennes renforcées et accélérer ses propres infrastructures pour sécuriser l’accès Internet de l’Ukraine au-delà de Starlink.
Bernard Guetta (député)
> Intolérables, ces provocations au large des côtes roumaines et bulgares
doivent nous inquiéter, mais le pire n'est pas là. Le pire est qu'elles ne
préoccupent nullement notre allié de l'Alliance atlantique, qui fut le garant
de notre sécurité collective. Non seulement Donald Trump n'en a pas dit mot,
mais il en est à déclarer, je le cite, que « la Russie s'est bien comportée en
Ukraine » – je répète : que « la Russie s'est bien comportée en Ukraine » – et
qu'il préfère Poutine à Volodymyr Zelensky, autrement dit l'agresseur à
l'agressé, l'impérialiste au résistant. Il y a dans l'air un parfum de partage
du monde; à l'un, Taïwan, à l'autre, l'Ukraine, et l'Europe découpée en zones
d'influence russes et américaines.
Pascal Canfin (député)
> La COP17 biodiversité s’est ouverte hier à Erevan. On en parle beaucoup
moins que des COP climat alors que l’effondrement du vivant est aussi une crise
écologique qui nous affecte tous. Il y a quatre ans à Montréal, presque tous
les pays du monde se sont engagés à protéger 30 % de la planète d’ici 2030. En
Europe, ces engagements se traduisent notamment par la loi sur la restauration
de la nature et par le règlement contre la déforestation importée, qui doit
désormais entrer en application au 1er janvier 2027.
La nature, c’est notre agriculture, notre eau, notre santé, notre économie.
Chaque année de retard dans la protection et la restauration des écosystèmes se
paie en sécheresses, en sols épuisés et, en pertes de rendement, en crues
incontrôlées qui dévastent des régions entières…
Un exemple : des sols en bonne santé, grâce à une agriculture diversifiée,
rendent l’agriculture plus résiliente face aux vagues de chaleur comme celles
que nous avons vécues cet été. Et c'est l'une des meilleures manières de
protéger les revenus des agriculteurs et notre souveraineté alimentaire. La COP
d'Erevan est un moment important pour continuer à construire du
multilatéralisme sur la nature contre tous les régimes qui veulent le faire
dérailler et préfèrent la loi du plus fort.
> Il y a trois semaines, en tant que rapporteur permanent sur les relations UE-Chine pour le Parlement européen, j’ai publié un article de doctrine dans Le Grand Continent sur la réponse de l’Europe à la puissance industrielle de la Chine. J’ai soutenu que le défi n’est pas seulement industriel. Il s’agit d’un test politique : l’UE peut-elle rester unie ? Les développements récents offrent une première réponse. La France et l’Allemagne, longtemps divisées sur la manière de traiter avec la Chine, ont désormais défini une ligne commune. Et à Pékin, alors que la Commission négociait sur cette base, les négociations ont produit des résultats concrets : un accord visant à modérer les exportations chinoises d’hybrides et d’hybrides rechargeables, une baisse des droits de douane sur les produits de l’UE et des licences d’exportation plus faciles pour les terres rares et les aimants permanents. C’est la preuve que le dialogue peut être efficace lorsque l’Europe parle d’une seule voix. Il s’agit d’une toute première étape vers le rééquilibrage de nos relations commerciales. Mais même si le dialogue a produit un premier résultat, nous ne nous faisons aucune illusion : le déséquilibre est systémique. Il faudra aller plus loin avec des mesures concrètes pour d’autres secteurs. Parallèlement à la poursuite du dialogue, nous devons renforcer et étendre notre boîte à outils de défense commerciale pour sauvegarder notre sécurité économique et garantir une concurrence équitable pour nos industries. C’est le mandat clair donné par les chefs d’État et de gouvernement à la Commission européenne lors du dernier Conseil européen. Notre stratégie doit reposer sur deux piliers : la protection dont nous avons besoin, mais aussi l’innovation et l’investissement. Sinon, la réalité économique et industrielle nous rattrapera.
Nathalie Loiseau (députée)
> Alors que l'armée russe piétine sur le front du Donbass, la mer Noire
devient le nouveau front de l'agression décidée par Vladimir Poutine. Les
drones et les missiles pleuvent sur les navires de commerce et sur les ports
ukrainiens, mais aussi dans les eaux territoriales de la Roumanie et de la
Bulgarie. Peu importe, pour Moscou, les pertes civiles ou l'interruption de
l'exportation de céréales ukrainiennes vers le reste du monde. Au contraire :
parce que le front ukrainien tient, Poutine veut désespérer l'arrière et
intimider les soutiens européens de Kiev. Il est temps de monter un Sky Shield
européen.
> Monsieur Mariani, est-ce que vous pouvez, devant cette assemblée, nous dire combien de fois vous vous êtes rendu en Crimée annexée, dans le Donbass occupé, pour participer à des simulacres d'observation électorale au profit du régime de Vladimir Poutine ? Comment est-ce que vous pensez une seconde être légitime pour parler de cette guerre d'agression que la Russie mène contre l'Ukraine, que vous n'avez jamais condamnée, et de l'Ukraine, dont vous n'avez jamais souhaité que nous la soutenions ?
Fabienne Keller (députée)
> Samuel Paty et Dominique Bernard étaient des professeurs. Ils ont été
assassinés pour avoir enseigné la liberté d'expression, pour avoir affirmé les
valeurs de respect et de tolérance. Autant de valeurs qui sont chères aux
Européens et que nous affirmons régulièrement ici dans cet hémicycle.
Aujourd'hui, leur mémoire nous oblige. Alors que les discours de haine et les
fanatismes progressent aujourd'hui partout en Europe, notre responsabilité est
de protéger ces valeurs, de protéger nos enseignants et nos écoles de toutes
formes de fanatisme. La liberté d'expression et la tolérance sont les piliers
de notre modèle européen. Nous leur rendons hommage et ne les oublierons
jamais.
> [Violences et saccages en Europe] Les violences et dégradations que la France, la Belgique, l'Italie ont connues ces derniers jours sont intolérables et doivent être sanctionnées. Rien ne justifie de piller des commerces, de s'attaquer à des équipements publics, de menacer verbalement, physiquement, des élus, des pompiers, des policiers et des gendarmes. Ces violences sont des attaques directes à nos démocraties. Des attaques également sous la forme d'ingérence étrangère visant à menacer nos élections et à semer le chaos. Elles appellent une condamnation ferme et unanime de l'ensemble des groupes de cet hémicycle. Ces violences ne doivent pas occulter les inquiétudes qu'ont exprimées les centaines de milliers de personnes, lycéens, étudiants, salariés, citoyens, qui souhaitaient manifester pacifiquement: le quotidien difficile, l'avenir incertain, le coût de la vie qui augmente. Il faut les écouter.
Laurence Farreng (députée)
> [Violences et saccages en Europe] Paris, Bordeaux, Milan, Bologne,
Liège, Bruxelles : nous avons tous été témoins de scènes de violences urbaines
inouïes. Alors qu'en France des milliers de citoyens voulaient exercer leur
droit constitutionnel de manifester, nous déplorons des centaines de blessés,
d'innombrables commerces qui ont été pillés, saccagés, le travail de toute une
vie réduit à néant. Des symboles de la République ont été vandalisés ou, pire,
réduits en cendres, comme dans ma région, à Limoges. Tout ceci mené par des
ingénieurs du chaos. Mon groupe condamne fermement ces attaques et nous disons
toute notre solidarité aux forces de l'ordre. Au-delà du choc, il faut une
réponse, et une réponse européenne. Une réponse judiciaire ferme contre ces
groupes d'ultra-gauche qui agissent visiblement à l'échelle européenne et qui
veulent mettre à bas nos démocraties. Il faut des enquêtes pour mesurer encore
et toujours la responsabilité des algorithmes dans l'amplification des mouvements.
Et, encore une fois, il faut que nous soyons en capacité de lutter contre les
probables ingérences étrangères.
● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Les casseurs et les
pilleurs ne représentent pas les jeunes et les lycéens. Ils salissent leurs
revendications.
> Pierre Mendès France nous a quittés un 18 octobre. Il disait : « Parce qu'elle dépend essentiellement de la volonté des citoyens, parce qu'elle suppose un effort permanent, la démocratie n'est jamais acquise ». N’oublions pas cette fragilité, faisons ensemble cet effort permanent.
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> La protection de nos enfants avance. Le Conseil des victimes verra le jour
et les contrôles d’honorabilité seront renforcés. Ma doctrine est claire : le
contrôle des antécédents judiciaires pour tout adulte travaillant auprès
d’enfants, quel que soit son secteur !
> Un enfant victime de violences ne doit jamais avoir à raconter plusieurs fois son traumatisme. Je salue le vote unanime des députés en commission en faveur des UAPED (Unités d'Accueil Pédiatrique Enfants en Danger). Une avancée majeure qui doit désormais se traduire par des moyens pérennes et une protection égale partout en France.
> Les lycéens nous invitent à repenser les temps scolaires. Écoutons-les, donnons une suite concrète à leur parole. C'était l’une des propositions de la convention citoyenne des temps de l'enfant et du président Emmanuel Macron. Ouvrons ce chantier !
> Face au cyberharcèlement et aux parents parfois démunis, oui, l’interdiction du téléphone au lycée est utile ! Il faut redonner de l’air aux lycéens, du temps pour apprendre, échanger et grandir, loin de la pression permanente des écrans.
> [Violences et pillages des séditieux et des voyous] Policiers et gendarmes protègent notre sécurité, nos droits et nos libertés. Face aux violences, ils ont tout mon soutien. La responsabilité politique, c’est aussi de préserver la confiance entre les citoyens et celles et ceux qui les protègent.

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