jeudi 8 octobre 2026

Propos centristes. France – Situation de la France / Protection des enfants / Blocage des lycées / Budget 2027 / Les mensonges du contre-budget du RN / Prix des carburants / 7 octobre 2023…


Voici une sélection, ce 8 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> 7 octobre. 3 ans que les attaques terroristes barbares du Hamas ont coûté la vie à plus de 1200 personnes, dont 51 de nos compatriotes. 3 ans que nous partageons la douleur de l’État d’Israël et des familles endeuillées. 3 ans plus tard, nous n'oublions ni les noms, ni les visages : ceux de Maya, d’Ohad, de Valentin, et de tant d’autres. Combattre l’antisémitisme et le terrorisme, partout et toujours, œuvrer pour la paix et la sécurité de tous : c’est l’engagement de la France.

> Agir sur les prix de l’énergie et sécuriser nos approvisionnements, œuvrer à la stabilité au Moyen-Orient, préparer le prochain Conseil européen : c'est tout l'enjeu du Sommet entre pays méditerranéens de l'Union européenne réuni en Croatie. Nous bâtissons ensemble l'avenir de l'Europe et de la Méditerranée, pour investir dans notre compétitivité et renforcer notre souveraineté, tout en protégeant nos espaces naturels.

> La France et l’Allemagne savent le prix de la guerre, l’exigence de la réconciliation et la valeur de la paix. Scellée dans l’Histoire, notre amitié est notre force et une promesse pour toute l’Europe. Bienvenue en visite d’État, Président Frank-Walter Steinmeier, cher ami.

> Une immense fierté pour le pays ! Félicitations à Henri Kagan, prix Nobel de chimie aux côtés du Japonais Kenso Soai, pour leurs découvertes majeures sur les molécules asymétriques. Une reconnaissance à la mesure d’une vie de recherche. De Paris-Saclay au Nobel, la science française rayonne.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Allocution sur la situation de la France] Nous sommes dans une situation difficile, mais nous ne sommes pas pour autant sans réponse, et c'est dans cet esprit que je veux vous parler ce soir. 

Ce qui se passe dans les lycées nous touche toutes et tous, élèves, parents, enseignants ou simplement citoyens. Des lycéens manifestent, c'est leur droit, y compris pour contester le Gouvernement. Nous avons le devoir de les écouter. Prendre les jeunes au sérieux, c'est autant soutenir leur engagement que partager avec eux les difficultés, mais aussi les contraintes. 
Mais nous avons également vu ces derniers jours des violences, des élèves et des personnels agressés, des policiers et des gendarmes blessés, des établissements incendiés ou dégradés, des milliers d'heures de cours perdues, sans oublier les menaces et les insultes. Les responsables politiques qui utilisent cette colère pour mener leurs batailles électorales prennent une responsabilité grave. On ne peut pas jouer avec la sécurité des jeunes de France.
Je veux donc être clair. Contrairement à ce que certains racontent et répètent, les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens. Leur mission est de protéger les biens, mais surtout les personnes, de faire respecter la loi et de permettre l'accès aux établissements scolaires. Elles doivent agir pour cela de manière proportionnée, dans un contexte souvent très difficile, il faut le reconnaître, et je veux leur redire notre soutien. Mais lorsqu'un jeune est gravement blessé, les enquêtes doivent en établir les circonstances en toute transparence, comme pour toute atteinte aux personnes. Je l'ai rappelé hier à l'Assemblée nationale, le respect de l'État de droit s'impose à chacun. 
Mais la colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu'ils expriment. Ces lycéens, on le sait, étaient enfants ou en tout cas entraient dans l'adolescence pendant le Covid. Nous leur avons demandé des efforts considérables. Depuis, ils voient les guerres, le changement climatique, parfois leurs parents ou leurs proches en difficulté. Malgré ces angoisses, nous leur demandons pourtant de choisir leur orientation et de regarder l'avenir avec confiance. Et la responsabilité du Gouvernement et de l'ensemble des formations politiques doit être de rétablir cette confiance, et cela commence évidemment et déjà par les écouter. Les temps de dialogue engagés aujourd'hui se poursuivront à partir de demain dans chaque lycée et jusqu'à la semaine prochaine. La plateforme, ouverte lundi dernier par le ministre de l'Éducation nationale, a déjà recueilli plus de 40 000 contributions. Elle nous permet d'entendre directement celles et ceux qui ne s'expriment pas toujours dans les instances habituelles. Certains ont accueilli l'ouverture de cette plateforme avec moquerie ou dérision. Ils ont eu tort. Les 40 000 premières contributions montrent qu'il y avait une attente, en particulier, on le sait, sur l'organisation du temps scolaire et sur les conditions matérielles dans les lycées. Ces contributions constituent une matière précieuse, elle nous permettra de répondre à ces préoccupations en lien avec les conseils régionaux. Tout sera publié en transparence. Dans les 8 mois qui nous séparent de l'élection présidentielle, le Gouvernement agira donc avec pragmatisme pour répondre aux attentes des lycéens. Nous avons lancé 5 chantiers pour assurer les cours lorsqu'un enseignant est absent, même si beaucoup a été fait ces dernières années, pour améliorer les conditions matérielles dans les bâtiments, notamment face aux fortes chaleurs, pour mieux organiser les temps scolaires, pour rendre Parcoursup plus transparent et intelligible, et pour donner, et c'est peut-être d'ailleurs la principale revendication, un cadre d'expression plus clair et renouvelé aux lycéens dans une démocratie qui évolue, une démocratie vivante. 
Les premières décisions du Gouvernement seront présentées à la fin du mois d'octobre, et bien sûr, il y a la question des moyens. Le budget pour l'année prochaine, 2027, porte les crédits de l'Éducation nationale à 64 milliards d'euros, avec une nouvelle hausse de 1,2 milliard d'euros par rapport à l'année dernière. C'est un des rares ministères d'ailleurs qui voit ses crédits augmenter, et cette augmentation devra permettre de financer les priorités des lycéens, pas que. Et le budget de l'Éducation nationale sera d'ailleurs discuté à l'Assemblée nationale le 12 novembre prochain. Cela nous laisse donc un mois pour traduire les contributions et les propositions des lycéens en amendements sur lesquels les députés et les sénateurs devront s'entendre. Les débats auront lieu, chacun prendra ses responsabilités, le Gouvernement en tête. 
Je le dis aussi, dans le passé, il y a eu trop de promesses qui n'ont pas été tenues, tout simplement parce qu'elles n'étaient pas tenables. Ce que je souhaite, ce sont des réponses concrètes, rapides et donc financées. Un Gouvernement qui n'a aucune échéance électorale peut s'y engager avec sincérité. 
Mes chers compatriotes, ces inquiétudes sur l'avenir, nous les retrouvons aussi dans les familles qui subissent la hausse du prix de l'énergie, la guerre au Moyen-Orient, comme d'ailleurs celle en Ukraine, sont entrées dans notre quotidien. Quand on habite loin de son travail, sans transports collectifs à proximité, faire le plein pour partir le lendemain pèse lourd dans le budget mensuel. Pour un artisan ou un transporteur, cela peut même mettre en cause l'équilibre de l'activité. 
Nous avons, vous le savez, renforcé l'aide aux grands rouleurs et les soutiens aux professions les plus exposées : les agriculteurs, le secteur du bâtiment, les pêcheurs, les aides à domicile, les infirmiers libéraux. Le chèque énergie sera versé dès janvier, non plus au printemps, pour les ménages les plus modestes. Alors, je comprends dans le débat public la demande d'aides générales ou d'une baisse massive des taxes, mais il faut le rappeler, au cours de la précédente crise énergétique, à partir de la fin de l'année 2021, plus de 70 milliards d'euros ont été dépensés à l'époque en boucliers et en aides. Tout cela a fortement pesé sur les comptes publics de la Nation et nous remboursons encore la dette contractée pour le financer et à des taux d'intérêt bien supérieurs malheureusement qu'à l'époque. Nous ne pouvons pas rouvrir les mêmes dépenses à chaque crise, surtout désormais avec des taux d'intérêt plus élevés. Il faut le dire clairement, ce serait soulager une facture aujourd'hui en en préparant une autre encore plus lourde pour demain. 
Il faut donc utiliser tous les moyens dont nous disposons. Le président de la République agit sur le terrain diplomatique depuis plusieurs semaines avec nos partenaires, notamment les pays producteurs, je cite l'Irak, l'Arabie saoudite ou le Nigeria entre autres, pour sécuriser les approvisionnements et, par-delà même, au-delà, rechercher l'apaisement dans les régions concernées. Vendredi dernier, il a réuni en urgence le G7 et celui-ci a décidé de mobiliser des stocks stratégiques de manière coordonnée. Dans ce cadre, nous mettrons donc 10 millions de barils de gazole issus de nos stocks à la disposition des distributeurs en France. Je signerai prochainement le décret permettant cette opération prévue pour durer trois mois. Cela a été notifié ce matin à l'Agence internationale de l'énergie. Les générations précédentes ont constitué ces réserves pour faire face aux pénuries. Nous allons les utiliser de manière nouvelle pour agir sur les prix. Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours, il sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks, ce qui permet mécaniquement de baisser les prix à la pompe dans un ordre de grandeur évalué entre 12 centimes et 18 centimes par litre de gazole. Je réunirai à Matignon l'ensemble des distributeurs pour y travailler dans les tout prochains jours. Cette baisse bénéficiera à toutes celles et ceux qui achètent du gazole et s'ajoutera évidemment aux aides existantes. 
Les cours mondiaux continueront d'évoluer, vous le savez, vous le voyez, mais nous pouvons ainsi amortir une partie du choc. Les volumes seront évidemment encadrés pour préserver notre sécurité d'approvisionnement, cela va sans dire, et les opérateurs auront jusqu'à un an pour reconstituer ces stocks. Cette mesure nous donne un répit, du temps pour réduire une dépendance qui nous expose, crise après crise, à des décisions prises ailleurs. 
C'est d'ailleurs pour ne pas subir les crises décidées à l'autre bout du monde, qui sont durables, on le sait, que nous avons lancé le plan d'électrification. Je ne rentre pas dans le détail ce soir, mais les premiers résultats sont bons, encourageants. Les ministres y reviendront. Mais dans ce cadre et par cohérence, je veux vous dire que le Gouvernement se fixe un objectif concret et ferme : le prix de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver. Nous prendrons donc les décisions nécessaires pour le tenir. J'y reviendrai prochainement et je demande par ailleurs à EDF de mobiliser au maximum ses capacités de production dans le respect des exigences de sûreté. Les investissements que nos prédécesseurs ont réalisés doivent protéger les Français aujourd'hui, ceux que nous avons décidés nous-mêmes devront rendre le même service à nos enfants. 
Mais parmi celles et ceux qui subissent le plus durement l'accumulation de ces crises, je voudrais avoir un mot particulier pour nos agriculteurs. Pour beaucoup d'entre nous, la canicule appartient déjà à l'été passé. Pour eux, malheureusement, ces conséquences sont encore devant : des récoltes perdues, du fourrage à trouver, des troupeaux en danger, des trésoreries qui ne permettent plus du tout de faire face. Des milliers d'exploitations sont en péril. C'est inédit. Un plan d'urgence a donc été engagé. Demain, au Sommet de l'élevage qui a lieu à Cournon, la ministre de l'Agriculture le complétera avec de nouvelles mesures que nous avons discutées récemment ici à Matignon avec l'ensemble des organisations syndicales. Et nous travaillons en plus et en parallèle à un plan de relance qui sera proposé au Parlement et je souhaite d'ailleurs y associer l'ensemble des forces politiques de la nation. Les décrets d'application de la loi d'urgence agricole seront pris aussi rapidement, je tiens à être rassurant sur ce point. Mais je le dis avec gravité ce soir, l'agriculture française ne pourra pas attendre l'élection présidentielle. Il faut permettre aux exploitations françaises de tenir et de préparer la suite. Notre agriculture est un atout essentiel pour nous nourrir, faire vivre nos territoires, mais plus que tout aussi pour notre souveraineté. 
Mes chers compatriotes, cette volonté de protéger le pays nous oblige aussi à regarder en face notre situation financière. Je manquerais à mon devoir en ne vous en parlant pas ce soir. Depuis un an, la stabilité politique a permis d'engager une stabilisation budgétaire. Je remercie d'ailleurs les formations politiques qui ont contribué sans renoncer à leurs convictions. Elles ont fait passer clairement l'intérêt général avant le bénéfice cynique et immédiat d'une crise politique. Cela a compté pour le pays. Mais les bouleversements internationaux ont depuis ralenti notre croissance. Moins de croissance, c'est moins de recettes pour financer les services publics. Et malgré les mesures de redressement déjà prises, le déficit est prévu cette année à 5,4 %. Les taux d'intérêt, vous le savez, se tendent. Cela alourdit la charge de la dette et rend encore plus difficiles les projets des entreprises et des ménages potentiellement. À cela s'ajoute aussi une réalité démographique, notre pays vieillit. Et donc les besoins en matière de santé, de retraite, d'accompagnement augmentent mécaniquement. L'avenir de notre protection sociale pour l'année prochaine doit être assuré maintenant, en dépit des débats pour l'avenir.
Le budget que nous proposons porte donc un effort de redressement précis de 54 milliards d'euros. Pour l'activité, l'emploi et le pouvoir d'achat, nous avons fait le choix de la stabilité fiscale. Cela suppose donc que l'État montre l'exemple. Il s'impose par-delà même l'objectif le plus strict et le plus exigeant depuis de nombreuses années, en général une ambition en début de quinquennat avec une majorité. Si nous le faisons, c'est parce que prendre ces décisions aujourd'hui, en répartissant l'effort équitablement, permettra d'éviter des décisions beaucoup plus brutales demain. Adopter un budget après la présidentielle prolongerait l'incertitude jusqu'à l'automne prochain, bloquerait des investissements et fragiliserait considérablement le pays, cela le rendrait vulnérable. Je suis donc convaincu que le Parlement permettra à la France d'avoir un budget. L'opposition a le droit de contester. Le texte peut être évidemment discuté, amendé, modifié ligne à ligne s'il le faut. Mais c'est la responsabilité du Parlement, sa première des responsabilités, que de donner un budget au pays. J'en appelle donc au patriotisme de chacun pour que les échanges engagés aboutissent aux compromis nécessaires. Notre engagement est de ramener le déficit public à 5 % en 2027. Je le dis avec gravité, pas davantage. La cible initiale est de 4,8 % et nous l'avons portée à 5 % pour les besoins de notre défense nationale. Les moyens d'atteindre cet objectif seront discutés et c'est naturel, mais nous devons redresser le déficit. Les Français, nos partenaires, mais aussi celles et ceux qui nous prêtent sur les marchés doivent savoir que cet engagement sera tenu. 
Mes chers compatriotes, dans quelques mois, l'élection présidentielle vous permettra de choisir une direction pour le pays. Le Gouvernement en préparera le bon déroulement dans la sécurité, la neutralité de l'État, mais aussi évidemment le respect de chacun. Le Gouvernement saura et devra être entièrement et uniquement consacré à sa mission avec le plus grand des sérieux. La France tient grâce au travail de millions de femmes et d'hommes, qui font leur part, souvent sans bruit. Ne doutons pas de nous-mêmes. Nous avons des ressources dont nous n'avons pas suffisamment conscience : notre jeunesse, nos entreprises petites comme grandes, nos capacités de production d'électricité, je le disais, notre agriculture, notre diplomatie, notre armée, nos forces vives. 
Appuyons-nous sur elles pour sortir de nos difficultés et j'appelle clairement à l'unité. Le Gouvernement s'y emploiera avec le seul souci de servir le pays, pour le seul intérêt général. 

> La parole lycéenne est précieuse et doit être entendue. Après les manifestations d’hier, place aujourd’hui à un temps de dialogue « Temps Lycéens » dans chaque lycée pour permettre aux élèves d’exprimer leurs difficultés et leurs propositions pour améliorer leur temps à l’école. Ce dialogue se poursuit à l’échelle nationale avec la consultation « Lycéennes, lycéens : vous avez la parole ». En moins de 24h, elle a déjà réuni 30 000 contributions anonymes qui nourriront un plan d'action concret (https://agora.gouv.fr/consultations/lycee). Le retour en classe et le dialogue doivent aller de pair.

> De 12 à 18 centimes de moins par litre de gazole à la pompe : c’est la baisse attendue grâce à la mobilisation de nos stocks stratégiques. Nous mettrons sur le marché français 10 millions de barils de gazole. Cette opération est prévue pour durer trois mois. Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours : il sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks, ce qui permet mécaniquement de faire baisser les prix à la pompe. Cette baisse bénéficiera à toutes celles et ceux qui achètent du gazole et s’ajoutera aux aides existantes. Dès lundi, je recevrai les distributeurs à Matignon pour organiser concrètement cette baisse des prix à la pompe. J’ai également confié au Ministre Forissier une mission pour identifier de nouvelles sources d’approvisionnement en hydrocarbures et engager des démarches auprès des pays producteurs. Objectif : sécuriser nos approvisionnements et contribuer à faire baisser les prix.

> L’agriculture française ne peut pas attendre l’élection présidentielle. Les mesures annoncées aujourd’hui par Annie Genevard renforcent notre plan d’urgence : soutenir les trésoreries, faciliter l’accès aux aides et garantir qu’elles bénéficient à ceux qui travaillent la terre. Le décret d’avance, mis en consultation cette semaine auprès des parlementaires, va permettre de dégager 224 millions d’euros pour que ces aides arrivent au plus vite dans les cours de ferme conformément au travail engagé à Matignon avec les organisations professionnelles. Ce n’est pas pour solde de tout compte : la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole, issus de nos stocks stratégiques, bénéficieront aussi aux agriculteurs pour une réduction de prix du GNR. Nous en discuterons avec les distributeurs pour que cela s’ajoute à la poursuite des aides ciblées. Les décrets d’application de la loi d’urgence, votée cet été, seront pris rapidement pour que les mesures entrent en vigueur le plus vite possible. Enfin, nous présenterons très vite le plan de relance agricole avec un objectif clair : regagner notre souveraineté alimentaire. Nous porterons dès le budget 2027 les moyens d’accompagner durablement les agriculteurs : j’appelle l’ensemble des forces politiques à prendre leur part dans ce travail. Permettre à nos agriculteurs de tenir, de produire et de transmettre : cet engagement nous oblige dans la durée.

> Trois ans après les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël, nous n’oublions pas les victimes, parmi lesquelles 51 de nos compatriotes, ni la souffrance de leurs familles. Hier, au CRIF pour l’exposition « 7-Octobre, 3 ans après – Pavillon mémoriel » avec Laurent Nuñez et Aurore Bergé, nous avons réaffirmé notre détermination à combattre l’antisémitisme sous toutes ses formes. Parce qu’aujourd’hui encore, des Français sont menacés, insultés ou agressés simplement parce qu’ils sont juifs. Cette réalité est inacceptable et appelle une mobilisation constante. Face à l’antisémitisme, aucune complaisance, aucune banalisation, aucun renoncement.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> [Blocage des lycées / Intervention à l’Assemblée] Tous les jours –
⁠ c’était le cas hier, avant-hier et les jours précédents ; ce sera le cas dans les jours qui viennent –, nous déployons un important dispositif policier et de gendarmerie et nous continuerons à le faire. Ainsi, chaque fois qu’il y a des violences ou des troubles, chaque fois que les enseignants ou les élèves sont menacés par des manifestants qui se transforment trop souvent en casseurs, nous intervenons systématiquement : vous pouvez compter sur le ministre de l’intérieur pour donner des instructions en ce sens, tout en rappelant l’exigence de proportionnalité.
Par ailleurs, le garde des sceaux a adressé une circulaire au parquet : dès lors qu’un individu pourra être identifié, il verra sa responsabilité civile engagée et devra payer pour les dommages qu’il a causés. En outre, le Sénat examinera à partir du 27 octobre un projet de loi qui renforce le dispositif casseurs-payeurs. Il contient une disposition inédite dans notre droit mais importante : quand il y aura des attroupements accompagnés de violences, la responsabilité collective de ceux qui participent à ces attroupements pourra être engagée, dans la limite de 10 000 euros par personne. Il y aura évidemment des garde-fous, il faudra que l’individu en question sache que des dégradations sont commises et qu’il ait délibérément ignoré les sommations de dispersion. Dans ce contexte, la responsabilité de l’État est engagée : on parle d’une responsabilité sans faute.
Cette nouvelle disposition permettra dans ce cas à l’État d’intenter une action récursoire contre les individus ayant participé à l’attroupement. Nous comptons sur la représentation nationale pour adopter ce texte majeur.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> 7 octobre. 3 ans après, nous n’oublions pas. La France reste plus que jamais engagée contre l’antisémitisme et le terrorisme.

> Je me réjouis de la sortie et des performances annoncées du modèle Mistral AI Large 4. Conçu et entraîné sur des moyens de calcul en France, il répond aux enjeux de souveraineté du ministère. Demeurer dans la course au renforcement de la cybersécurité et à l’autonomie décisionnelle est un objectif stratégique pour les armées, et ce nouveau modèle va y contribuer de manière décisive.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> Ce 7 octobre marque les trois ans de l'attaque terroriste du Hamas contre Israël. Je pense aux plus de 1200 personnes assassinées, parmi lesquelles 51 de nos compatriotes. Nous ne vous oublierons pas. Face à l'antisémitisme, au terrorisme et à la haine, notre combat doit continuer.

> [Contre-budget du RN / Intervention à l’Assemblée] J’ai bien compris que ce matin, Marine Le Pen avait présenté son contre-budget, et j’ai bien compris aussi qu’avec un budget Le Pen, on rêverait en couleurs et on raserait gratis.
Vous rêvez en couleurs. Ainsi, j’ai entendu un certain nombre de vos collègues soutenir que Mme Le Pen faisait baisser les taux d’intérêt. Vous le direz à Mme Meloni, car les taux d’intérêt italiens ont baissé autant que les taux d’intérêt français. C’est un mouvement global qui concerne la France, l’Italie et tant d’autres pays.
Vous rêvez en couleurs car vous prévoyez 1,8 % de croissance pour les cinq ans qui viennent, ce qui est bien au-dessus de ce que tous les économistes sérieux français et internationaux prévoient.
Vous rêvez en couleurs car vous prétendez qu’il suffit d’inscrire dans la Constitution un texte pour que les économies s’ensuivent, alors que ça ne marche pas comme ça.
Surtout, comme toujours, vous passez de l’Europe à l’immigration, avec des mesures parfaitement incantatoires et totalement inapplicables.
Vous savez que le budget de l’Union européenne est adopté à l’unanimité. Alors si on fait 9 milliards d’euros d’économies sur la contribution à l’Union européenne tous les ans comme vous le proposez, il faudra le faire adopter par les vingt-six partenaires, ce qui n’est pas acquis.
Mais surtout, à qui les ferez-vous payer ? Aux agriculteurs français, qui sont les premiers bénéficiaires de la politique agricole commune ? Aux entreprises françaises, qui perçoivent des subventions ? Aux laboratoires français, qui bénéficient des programmes de recherche européens ?
Bien sûr, il y a l’immigration: 15 milliards d’euros d’économies grâce à des mesures pour la plupart inconstitutionnelles, qui auraient des impacts délétères sur la santé, non seulement des immigrés mais aussi des Françaises et des Français, des mesures à la va-comme-je-te-pousse que vous déposerez sans doute à travers des amendements sur le budget et que nous aurons l’occasion de discuter plus en détail. Vous prétendez obtenir 11 milliards en taxant les rachats d’actions, alors que le montant total de ces rachats s’élève à 30 milliards d’euros. Si vous deviez récupérer 11 milliards d’euros, il n’y aurait plus de rachats d’actions, et pas davantage de 11 milliards.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> C'est ici, il y a trois ans, que le Hamas perpétra le pire massacre antisémite depuis la Shoah. Plus de 1200 personnes perdirent la vie dans ces actes terroristes barbares, parmi lesquelles 51 ressortissants français. Dans les kibboutz de Be’eri, de Kfar Aza, de Zikim, de Nir Oz, des familles entières furent décimées. Dans les rues de Sdérot, des innocents sauvagement abattus. Sur le site du festival Nova, la jeunesse insouciante assassinée. Autant de destins tragiques à l'image de celui de Vivian Silver, éminente figure du camp de la paix, tuée de sang-froid par le Hamas alors qu'elle avait consacré l'intégralité de sa vie à la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens. Face à l'atrocité du mal, il y eut aussi, ce matin-là, la simplicité du bien, le courage de ces femmes et de ces hommes ordinaires et justes qui résistèrent à l’arbitraire de la violence et de la haine et donnèrent leur vie pour que d’autres puissent sauver la leur. Il y eut Liel Itach, citoyen français de 22 ans qui décida d'attirer sur lui le feu des terroristes pour que ses amis puissent vivre. Il y eut Bar Zohar, citoyenne française de 23 ans qui renonça à sauver sa vie pour porter secours à ses proches et qui fut, elle aussi, abattue par le Hamas. Tous deux consentirent pour les autres au sacrifice suprême. Ils moururent en résistants. Ce jour-là, Liel et Bar furent l'honneur de la France. Au moment où nous commémorons cet attentat abominable, qui a blessé le peuple israélien et tous les juifs dans leur chair et laissé un traumatisme qu'il est interdit de relativiser, nous nous inclinons devant le courage de toutes celles et ceux qui se sont levés contre la folie antisémite, devant l'humanité irréductible de tous nos enfants assassinés. Avant de revenir en ce sanctuaire où eut lieu le Festival Nova, j'ai échangé ce matin avec le cercle des familles endeuillées qui mettent leur humanité au service de la paix et de la réconciliation. Je me suis rendu sur la place des otages. J'ai visité les kibboutz Be’eri et Nir Oz et rencontré là-bas les familles des victimes françaises tombées sous le feu de terroristes. Nous ne laisserons pas leurs noms être effacés. C'est la raison pour laquelle le Président de la République a voulu qu'un hommage national leur soit rendu le 7 février 2024. C'est pourquoi je me tenais ici même il y a deux ans aux cotés des familles françaises endeuillées. Alors que nos sociétés sont confrontées au retour d'un antisémitisme désinhibé, nous ne laisserons pas ce poison se diffuser au sein de la République. Tout dans l’âme de la France rejette l'antisémitisme et la haine de l’autre. Alors que le Hamas a voulu ce jour-là tuer la possibilité même de la coexistence, nous continuerons inlassablement à agir pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Tous les récits que nous avons entendus aujourd'hui nous enseignent, pour reprendre les mots de Vassili Grossman, que l’histoire des hommes n'est pas le combat du bien cherchant à vaincre le mal. L'histoire de l'homme c'est le combat du mal cherchant à écraser la minuscule graine d'humanité. Mais si même maintenant l'humain n'a pas été tué en l'homme, alors jamais le mal ne vaincra.

> Je suis aujourd’hui en Israël pour rendre hommage aux victimes du 7 octobre. Ce jour-là, le Hamas perpétrait le pire massacre antisémite depuis la Shoah, dans lequel 51 ressortissants français ont perdu la vie. Nous ne les oublierons jamais. Rien n’effacera ni leurs visages, ni leurs noms.

> [Discours lors de la septième édition de la Conférence nationale humanitaire] Ce rendez-vous me tient à cœur, comme à vous tous, car il rassemble tout l'écosystème de la solidarité internationale : organisations internationales, États, institutions, élus, organisations non gouvernementales, mais aussi fondations, entreprises, acteurs de la société civile. Ce rendez-vous nous donne l'occasion de nous retrouver, de dialoguer, de réaffirmer notre engagement, de faire le bilan de ce que nous avons accompli au cours des dernières années et de préparer les actions à venir.
Je voudrais commencer par rendre hommage à l'ensemble des acteurs humanitaires qui, par leur courage et leur dévouement, œuvre au quotidien, au plus près du terrain, dans des contextes qui se dégradent. Au cours des trois dernières années, mille d'entre eux ont payé de leur vie cet engagement. J'ai évidemment, et avec vous, une pensée particulière pour les humanitaires français, tués dans l'exercice de leur mission, et en particulier notre compatriote Karine Buisset, disparue le 11 mars dernier à Goma, abattue par un drone en République démocratique du Congo, pays dont je reviens et où j'ai pu faire valoir la nécessité que justice soit faite.
Il n'y a sans doute pas de métier plus risqué ni plus noble que celui de travailleur humanitaire, ne l'oublions jamais. Alors oui, leur protection doit être renforcée dans les faits et en droit. Les nouvelles menaces doivent être traitées, notamment celle des drones qui frappent aveuglément les convois et les lieux de soins. La redevabilité doit être renforcée. C'est pourquoi la France soutient le projet de résolution porté par le Danemark au Conseil de sécurité des Nations unies pour renforcer la protection des personnels humanitaires médicaux. Protéger ceux qui portent secours, c'est la condition même de l'action humanitaire.
Les diplomates, les acteurs humanitaires, les entreprises, les responsables politiques agissent sur des théâtres qui peuvent paraître bien éloignés les uns des autres et pourtant notre but est le même : agir pour ce qui est juste. Et dans ce combat qui nous anime, chacun a un rôle à jouer. Ayons le courage d'être optimistes, de nous mobiliser et d'être utiles, de ne rien céder à l'esprit du temps ou à l'esprit de défaite. Voilà ce à quoi nous a exhortés le président de la République il y a quelques jours à la tribune des Nations unies.
L'action humanitaire n'est pas une œuvre de bienfaisance anodine. C'est beaucoup plus que cela. C'est tout à la fois un engagement de principe, un acte de solidarité et une dynamique collective.
Un engagement de principe tout d'abord qui s'inscrit au cœur de notre attachement au droit international et au droit international humanitaire. Alors que les principes fondateurs de notre ordre international sont remis en cause, notre boussole doit rester celle du droit. Il protège les plus vulnérables, comme ceux qui leur portent assistance, et c'est pourquoi la France continuera d'en défendre les principes, les règles et de soutenir les juridictions internationales.
C'est la raison pour laquelle nous menons activement campagne pour la candidature de François Alabrune au poste de juge à la Cour internationale de justice, cette juridiction centrale pour la communauté internationale doit demeurer un lieu de règlement pacifique des différends par la qualité de sa jurisprudence et par une interprétation rigoureuse, indépendante et transparente du droit international.
C'est aussi le sens du soutien de la France à la Cour pénale internationale, seule juridiction à même de combattre l'impunité en poursuivant les auteurs des crimes les plus graves. Aujourd'hui, la Cour est prise pour cible par des campagnes visant à la détruire, par des tentatives d'intimidation, par des mesures de rétorsion. Face à ces attaques répétées, la France continue de défendre l'indépendance, l'impartialité et l'intégrité de la Cour avec l'ensemble des États qui partagent sa vision. Le droit doit aussi permettre de concilier l'efficacité de nos sanctions avec la nécessité de l'action humanitaire. Là encore, et bien souvent face à des vents contraires, la France s'est engagée pour l'introduction et la pérennisation d'exemptions humanitaires dans les régimes de sanctions onusiens et européens. Aux Nations unies, ces efforts ont commencé avec l'adoption de la résolution 2462 du Conseil de sécurité, qui, pour la première fois en 2019, demandait aux États de veiller à ce que leurs mesures de lutte contre le financement du terrorisme tiennent compte des activités exclusivement humanitaires. La France a également soutenu en 2022 l'adoption de la résolution 2664, qui prévoit une exemption humanitaire générale étendue ensuite au régime de sanctions contre Daech et Al-Qaïda. Au niveau européen, nous sommes mobilisés pour mener à bien la transposition de la directive sur la violation des mesures restrictives de l'Union européenne.
Pour protéger efficacement, le droit international humanitaire doit être connu, promu et renouvelé. Faisons vivre l'héritage d'Henry Dunant et son message d'humanité. Bouleversé par les cris des blessés sur le champ de bataille de Solferino, il décida qu'on ne laisserait jamais plus mourir un homme sans secours. C'est précisément l'objectif de l'initiative que nous avons lancée avec le Comité international de la Croix-Rouge aux côtés de la Jordanie, du Brésil, de la Chine, du Kazakhstan et de l'Afrique du Sud. Peu d'États croyaient à cette initiative il y a deux ans, mais grâce à notre mobilisation, 120 pays nous ont rejoints. L'objectif de cette initiative est simple, le plein respect du droit international humanitaire, toujours et partout. Je salue d'ailleurs la présence parmi nous du vice-président du Comité international de la Croix-Rouge.
Pour que le droit évolue avec son temps, la France poursuit aussi ses efforts pour établir un futur instrument international qui interdise les systèmes d'armes complètement autonomes et encadre les systèmes intégrant des fonctions autonomes.
La protection du droit doit s'appliquer à tous et d'abord aux plus vulnérables, les enfants. Alors que les violations graves commises contre eux n'ont jamais été aussi nombreuses à Gaza, en République démocratique du Congo, en Ukraine, au Liban ou en Haïti, la protection des enfants dans les conflits armés ne peut être reléguée à un objectif de second ordre. La France ne l'acceptera pas.
C'est pourquoi, à l'occasion du 20e anniversaire des principes et engagements de Paris, lancés par la France avec l'UNICEF, nous organiserons, je vous l'annonce, une conférence de haut niveau à Paris en février 2027. 115 États soutiennent d'ores et déjà ce texte de référence qui définit des mesures concrètes en matière de prévention, de protection et de réinsertion des enfants dans leur famille ou leur communauté. Notre objectif est de convaincre les autres pays du monde de souscrire à ces engagements et nous mènerons ce travail avec la représentante spéciale Vanessa Frazier, dont je salue la présence.
Enfin, nos institutions internationales doivent pouvoir agir sans entrave pour défendre les populations civiles. Trop souvent, par un emploi abusif du droit de veto, le Conseil de sécurité des Nations unies a été empêché de prendre des décisions pour faire cesser des atrocités de masse. Ce fut le cas en Syrie, au Proche-Orient, en Ukraine ou encore au Soudan. C'est pourquoi la France a décidé de redonner une impulsion décisive à l'initiative qu'elle avait lancée avec le Mexique en 2015 pour encadrer le droit de veto au Conseil de sécurité dans les cas d'atrocités de masse, crimes de génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre les plus graves.
Grâce à notre mobilisation, 128 États membres des Nations unies soutiennent désormais cette initiative, c'est-à-dire 21 de plus qu'il y a six mois, dont un autre membre permanent du Conseil de sécurité, le Royaume-Uni. Nous poursuivrons notre campagne sans relâche pour qu'elle rassemble le plus largement possible.
Défendre tous ces principes ne suffit pas. Encore faut-il leur donner une traduction tangible. C'est pourquoi l'action humanitaire doit être un acte de solidarité concret et efficace. Notre pays dispose d'un écosystème humanitaire reconnu dans le monde entier qui agit sur le terrain et obtient des résultats incontestables. Il concrétise chaque jour et partout le triptyque fondamental de l'action humanitaire que la France a apporté au monde : impartialité, neutralité et indépendance. Oui, nous pouvons être fiers de notre action collective.
J'étais il y a quelques jours en République démocratique du Congo où la propagation du virus Ebola aggrave les souffrances d'une population déjà meurtrie par les conflits. L'épidémie a fait 4000 morts, dont un millier d'enfants de moins de cinq ans. Elle constitue un enjeu de santé mondial. À Bunia, épicentre d'Ebola, au nord-est de la République démocratique du Congo, j'ai constaté que ce sont des scientifiques français et des humanitaires français qui sont en première ligne face à cette épidémie meurtrière. Leur courage est remarquable.
Je suis allé leur annoncer que nous apporterons une aide supplémentaire de sept millions d'euros, renforçant ainsi notre contribution qui atteindra 23 millions d'euros cette année. Pour prévenir une plus grande propagation de l'épidémie, nous continuerons, avec l'Agence française de développement, à soutenir l'Institut national de recherche biomédicale congolais.
Avec les autorités congolaises, nous allons aussi développer un projet fondé sur l'action des ONG locales et internationales pour garantir l'accès à la justice pour les survivantes de violences sexuelles liées au conflit.
Cette action s'inscrit plus largement dans le cadre de notre diplomatie féministe qui vise à protéger les femmes et les filles, elles qui sont souvent les victimes les plus durement affectées par les conflits et par les crises. En 2025, ce sont plus de 200 projets qui ont été financés par la France et qui ont ainsi contribué à les protéger, à les soigner et à promouvoir l'égalité de genre.
Notre mobilisation à tous est visible partout. C'est celle d'Action contre la faim, qui répond aux besoins vitaux des victimes du tremblement de terre au Venezuela. C'est celle de la Chaîne de l'espoir qui redouble d'efforts pour maintenir l'activité de l'Institut médical pour la mère et l'enfant à Kaboul, en Afghanistan, dans des conditions particulièrement difficiles. Toutes ces actions font notre fierté.
Et la France n'oublie aucune des nombreuses, trop nombreuses, crises humanitaires qui continuent de nous mobiliser en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient. Je pense notamment au Yémen, où l'offensive des Houthis sur le détroit de Bab al-Mandeb a provoqué un nouveau choc humanitaire. Face à cette tragédie, j'ai décidé d'allouer un soutien supplémentaire de trois millions d'euros portant notre aide totale en faveur de la population yéménite à plus de sept millions d'euros en 2026.
Certaines crises, nous le savons, ne reçoivent pas l'attention politique et médiatique que justifie pourtant la souffrance des populations civiles. C'est pourquoi j'ai demandé que les financements dont nous disposons encore en 2026 puissent être dirigés en priorité vers ces zones de crise négligées -- je pense notamment à Haïti et à la Birmanie.
Ce n'est pas un hasard si la France, forte de sa tradition humanitaire, a accueilli récemment les plus grandes conférences de soutien aux populations frappées par la guerre. À Paris, en novembre 2023, un milliard d'euros d'engagements pour la protection des civils à Gaza. À Paris, en avril 2024, deux milliards d'euros pour le Soudan et les pays voisins. À Paris, en octobre de la même année, un milliard de dollars, dont 800 millions d'aides humanitaires pour la population du Liban. À Paris, en octobre 2025, deux milliards d'euros pour répondre à la crise dans l'est de la République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs.
Mobiliser les volontés, réunir les acteurs et les moyens financiers, créer l'étincelle de la solidarité, tel est le rôle que la France entend continuer de jouer.
Et de fait, le secteur de la solidarité est une force pour notre pays et pour nos compatriotes. Ce sont des compétences et des vocations que l'on croise partout sur notre territoire, des engagements bénévoles qui font tenir la société française, des milliers, des dizaines de milliers d'emplois qui ne sont pas délocalisables et qui bénéficient directement à la France et aux Français.
Alors bien sûr, pour que nous puissions continuer à agir concrètement et efficacement, il nous faut des moyens. Je ne veux mettre en aucun cas ce débat de côté. Après une augmentation inédite de ses contributions humanitaires, la France a fait face, comme de nombreux bailleurs, à une contraction de ses budgets. Cela a des effets directs sur les populations vulnérables et les acteurs de l'aide humanitaire qui sont, je le disais, aussi des acteurs économiques. Or, préserver notre politique de solidarité internationale, c'est contribuer au rayonnement de la France et soutenir une expertise nationale précieuse que le monde entier nous envie. Prévenir ou répondre à l'aggravation des crises, c'est aussi directement défendre nos intérêts. Les exemples ne manquent pas, je pense à la pandémie de Covid-19 ou aux conséquences économiques et sécuritaires des conflits au Moyen-Orient.
Je veux donc prendre devant vous un engagement clair. En 2027, les moyens financiers accordés par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères à l'aide humanitaire augmenteront. Et notre soutien aux organisations non gouvernementales à travers le guichet sera stabilisé après plusieurs années de baisses consécutives.
Nous nous mobilisons aussi au niveau européen, vous le savez, dans le cadre des négociations du prochain budget de l'Union européenne, le cadre financier pluriannuel pour la période 2028-2034. Nous y défendons une aide humanitaire fondée sur les besoins, respectueuse des principes humanitaires -- impartialité, neutralité, indépendance -- et délivrée sans conditionnalité. Nous œuvrons pour un budget ambitieux afin de préserver le rôle de l'Union européenne en tant que premier bailleur humanitaire mondial et poursuivre une diplomatie humanitaire européenne fondée sur nos valeurs et sur nos engagements.
En parallèle, il nous appartient de développer des outils de financement innovants, complémentaires. Ce sera l'objet de discussions approfondies aujourd'hui. Je pense notamment à la proposition d'établir des loteries solidaires. Cela fonctionne en Allemagne, cela fonctionne aux Pays-Bas. Alors pourquoi cela ne fonctionnerait pas en France ? Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a déjà pris contact à la fois avec la Française des Jeux et avec des parlementaires qui ont pris des initiatives pour identifier les moyens de concrétiser cette proposition. C'est une première étape vers quelque chose de plus ambitieux. Les travaux se poursuivront avec les autres ministères et régulateurs concernés.
Mais il nous appartient aussi collectivement d'être lucides sur l'état de la société française et de l'opinion publique. Elle tend à se polariser, à se fragmenter. Pour certains, dont ma famille politique fait partie, la solidarité est une valeur, un principe suffisant pour agir. Pour d'autres, en revanche, à un moment où l'on doit faire des choix difficiles pour redresser nos finances publiques, la solidarité n'est pas une évidence, elle n'est plus une évidence. Alors oui, c'est un combat politique que de continuer à démontrer sans relâche que la solidarité est une valeur républicaine, une valeur en somme qui découle en droite ligne de la devise de la République française : liberté, égalité, fraternité. Et vous pouvez compter sur moi pour mener ce combat, je compte sur vous pour le mener également.
Face aux attaques politiques dont fait l'objet désormais l'engagement humanitaire, il faut rappeler que l'action humanitaire de la France, c'est quatre euros par Français et par an. C'est un minimum moral. Un minimum moral. Mais c'est aussi une protection nécessaire. Comme je le rappelais à Bunia en République démocratique du Congo, les épidémies ne connaissent pas de frontières, ni Ebola, ni la Covid-19. Et si nous entendons nous en prémunir, alors l'action humanitaire est indispensable. Et ces quatre euros par Français et par an sont bien à la fois une exigence morale, un principe d'action républicain, mais également le moyen de protéger les Françaises et les Français contre bien des calamités dont les racines se trouvent à l'autre bout du monde.
Et c'est vrai de beaucoup d'autres crises. Les atrocités qui se déroulent au Soudan, où deux camions d'aide humanitaire affrétés par le Programme alimentaire mondial ont été pris pour cibles samedi dernier, justifient en elles-mêmes notre action humanitaire. Les Français doivent avoir conscience que notre action est nécessaire pour assurer la stabilité et pour assurer la paix. Je sais que cette vision peut parfois interpeller, mais je crois profondément que cette lucidité face aux doutes de certains de nos compatriotes nous permettra de bâtir un récit politique plus partagé, plus unanime et donc plus efficace. Au fond, l'impartialité de l'action humanitaire et la protection des Français sont dans la quasi-totalité des crises parfaitement complémentaires.
L'action humanitaire doit être toujours plus un acte de partenariat. Le président de la République en parlait à l'instant. Nous portons cette ambition dans le cadre de la présidence française du G7, en donnant la priorité à l'efficience des chaînes humanitaires pour projeter le plus rapidement possible les biens humanitaires au plus près des besoins, en structurant avec nos partenaires du G7 un réseau mondial de stocks et de capacités logistiques humanitaires afin d'optimiser nos modalités de réponse collective, en continuant à soutenir les efforts des Nations unies pour que le projet de plateforme logistique commune aux organisations humanitaires internationales soit un succès. Nous nous mobilisons aussi aux côtés de l'Union européenne en investissant dans des projets innovants qui soutiennent les efforts de mutualisation logistique.
Grâce aux équipes de la Direction générale de la protection civile et des opérations d'aide humanitaire européennes, dont je salue le travail et la présence aujourd'hui, nous avons participé à sept ponts humanitaires européens cette année. Nous sommes venus en aide au Népal, à la Colombie ou encore à l'Ukraine. Structurer nos capacités de réponse aux urgences, c'est aussi développer nos partenariats bilatéraux. La France dispose désormais de six stocks humanitaires à travers le monde, du Pacifique aux Caraïbes et désormais en Malaisie au profit des pays de l'ASEAN et à Dubaï pour un accès rapide aux théâtres de crise du Moyen-Orient et de l'Afrique de l'Est. Nous prévoyons par exemple de mobiliser ce stock pour acheminer très rapidement des abris, des kits d'hygiène et des équipements à Gaza en prévision de l'hiver.
Nous continuerons d'unir nos forces avec les autres bailleurs internationaux pour soutenir de tels projets dimensionnants. En 2026, nous avons déjà cofinancé des projets humanitaires au Cameroun, au Nigeria, en Mauritanie, en Syrie, en République démocratique du Congo, en Ukraine et au Yémen pour un montant cumulé de 15 millions d'euros. J'appelle de mes vœux la poursuite et le développement de ces collaborations pour conjuguer les efforts de tous ceux qui, aux côtés de la France, veulent continuer à agir.
Notre coopération avec les ONG et le secteur privé sera déterminante pour les années à venir. Nous œuvrons déjà aux côtés de la fondation CMA-CGM en soutenant par exemple l'établissement d'un entrepôt solidaire opéré par l'association Bioport à Mions, près de Lyon, qui sera opérationnel dès 2027. Et nous continuerons à bâtir de tels partenariats avec la fondation Veolia pour envoyer des experts et des unités de potabilisation d'eau, avec l'entreprise Nutriset pour des produits nutritionnels spécialisés, avec le groupe BNP Paribas pour le réassort de stocks humanitaires.
Autant de partenaires avec lesquels nous établissons aujourd'hui un club humanitaire France qui se réunira deux fois par an pour favoriser le partage d'expertise et identifier des opportunités de coopération entre entreprises et ONG.
Nous sommes par ailleurs heureux de poursuivre notre partenariat pour la réponse d'urgence avec la Croix-Rouge française. Cette coopération permet le déclenchement en 48 heures d'interventions d'urgence en lien avec les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. 18 opérations ont déjà été réalisées.
Enfin, je veux saluer avec vous l'action des collectivités locales françaises qui sont elles aussi des maillons essentiels de la solidarité internationale. À l'approche de l'hiver, nous avons décidé d'envoyer des générateurs en Ukraine de soutenir des projets dans le secteur de l'énergie, notamment grâce au concours de la métropole de Lyon. De même, notre réponse au Népal a été très utilement complétée par l'appui de la ville de Chambéry.
Mesdames et Messieurs, à vous toutes et tous, je veux redire ce message de fierté et de mobilisation. Vous pouvez compter sur le soutien actif de la France pour contribuer avec vous à la solidarité internationale. Alors, tâchons, malgré toutes les difficultés, à l'occasion de cette septième Conférence nationale humanitaire, de garder la tête haute et pleine d'espoir, de garder l'optimisme et la volonté tenace de changer le monde, de le rendre un peu meilleur, de ne céder à rien jamais et surtout pas à ceux qui essaient parfois de discréditer notre engagement collectif au service de la solidarité internationale. Pour que vive la solidarité, que vive l'action humanitaire, que vive la République et que vive la France.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> À ceux qui interrogent le bilan de ces dix dernières années, je réponds par des faits. Depuis 2017, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, notre système de santé a profondément évolué. Fin du numerus clausus, plus d’internes et de médecins formés j’aurai d’ailleurs l’occasion d’y revenir, des investissements massifs dans nos hôpitaux, le Ségur, des compétences renforcées pour les professionnels de santé. Oui, il reste encore à faire, notamment pour l’accès aux soins. Depuis un an, avec le Premier ministre, nous renforçons encore notre action dans les territoires, notamment avec le déploiement des maisons France Santé.

> Maîtriser la dépense ne veut pas dire moins protéger. C’est protéger mieux et protéger dans le temps. Face au moment que nous traversons, nous devons faire preuve de lucidité et agir. Ce PLFSS est une copie initiale. Il n’élude pas les difficultés et fait le choix de les traiter. Le débat parlementaire permettra de l’enrichir. Retrouvez mon propos liminaire devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.

> La psychiatrie a traversé des années difficiles. Je connais la réalité des services sous tension, la fatigue des soignants et leur engagement immense auprès des patients et de leurs familles. Devant la Commission nationale de psychiatrie, présidée par le Pr Michel Lejoyeux, j’ai réaffirmé ma volonté d’avancer avec les professionnels. Leur expertise et leur expérience du terrain sont indispensables pour améliorer l’accès aux soins, répondre aux urgences et préparer l’avenir. Nous devons continuer à agir pour renforcer l’attractivité de la psychiatrie, mieux former dans les territoires et améliorer les conditions de travail. Merci à toutes celles et ceux qui font vivre la psychiatrie au quotidien.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> Le projet de budget 2027 a une ancre intangible : la réduction du déficit. Cela nécessite de ramener le déficit au moins à 5% du PIB en 2027, après 5,1% en 2025 et 5,4% en 2026 - année marquée par la guerre dans le détroit d’Ormuz. Pour atteindre cet objectif, le Gouvernement propose un effort de 43 milliards d’euros en 2027 - 54 milliards si l’on inclut les mesures déjà engagées en 2026. Cet effort est d’autant plus important que les taux d’intérêt flambent désormais, ce qui veut dire toujours plus de charge d’intérêts à payer à nos créanciers. Un déficit de 5% en 2027 c’est en fait un déficit de 2,1% avant le paiement des intérêts de la dette, ce qu’on appelle le déficit primaire. Ce serait le plus bas niveau de déficit primaire depuis 2019.

> Quand les taux d’intérêt flambent, on ne peut pas regarder ailleurs. Depuis la fin de la session parlementaire cet été, les taux d’intérêt ont augmenté d’un point. Un point de taux en plus durablement, c’est 36 milliards d’euros de charge supplémentaire à terme. L’élection présidentielle ne peut pas être un prétexte pour mettre la tête dans le sable. Et pourtant, en commission des finances ce matin, les premiers votes ont déjà conduit à creuser le déficit public de près de 4 milliards d’euros. Ce n’est pas tenable. J’en appelle à la gravité collective dans la poursuite des débats. Nous serons toujours ouverts sur le « comment », c’est-à-dire les mesures, mais nous devons être très fermes sur le « combien », c’est à dire l’objectif de réduire le déficit public à 5,0 % au moins.

> Réduire le déficit, cela commence par réduire la dépense publique. C’est pourquoi notre projet de budget 2027 fait un effort important sur les dépenses publiques. Pour le mesurer, il faut regarder sur la durée. En 2027, avec notre projet, les dépenses publiques baisseraient en part du PIB : 56,9 % du PIB, contre 57,1 % en 2026. L'effort se lit encore plus nettement si l'on retire les intérêts de la dette (dépense dite « primaire »), qui augmentent fortement en ce moment à cause des taux d’intérêts. La dépense publique primaire baisserait d'environ 0,6 point de PIB en 2027, pour revenir à son plus bas niveau depuis 2019, sous son niveau de 2017.

> Il y a 3 ans, le 7 octobre 2023, le Hamas et ses alliés islamistes perpétraient contre Israël l’attaque terroriste la plus meurtrière de son histoire : 1 219 morts, des milliers de blessés et 251 otages. Parmi eux, 51 Français tués. Cette date doit rester gravée dans nos mémoires. Partout sur notre territoire et dans le monde, les actes antisémites se multiplient. Face à eux, la République ne transigera jamais. Cet antisémitisme, nous le combattrons toujours, sans relâche, partout où il se manifeste, que ce soit sous sa forme ancienne ou sous les habits de « l’antisionisme ».

> Le RN présente un « budget Potemkine » : une « règle d’or » mais des économies en carton. Sur les 78,8 milliards d’euros de baisse des dépenses proposée par le RN pour 2027, environ 69 milliards seraient soit contraires à nos engagements internationaux ou constitutionnels, soit carrément inventés, soit complètement gonflés. Contraires aux engagements internationaux ? Exemple : la baisse de 11 milliards de la contribution française à l’Union européenne, alors que le cadre ne peut se modifier qu’à l’unanimité. Qui en paierait tout de suite le prix ? Les agriculteurs qui attendent, eux, la PAC en 2027 ! Carrément inventés ? Exemple : 3 milliards d’économies sur les retraites dès 2027, sans rien dire de la manière de les faire. Ajoutons d’ailleurs que le RN annonce dès 2027 2 milliards de dépenses supplémentaires sur les retraites (liées à la baisse de l’âge). Comprenne qui pourra ! Car, au-delà de 2027, le mystère s’épaissit : le RN propose une économie à terme de 15 milliards sur les retraites (sans dire comment) tout en admettant que sa proposition sur les retraites coûte 10 milliards d’euros (sans doute 2 à 3 fois plus en réalité). Complètement gonflés ? Exemple : 3 milliards d’économies sur les patients en affection longue durée sans oser dire ce qu’ils veulent faire.
Regardons maintenant les recettes proposées par le RN. Pour l’essentiel, de la fausse monnaie. Des recettes qui disparaissent, comme les 11,35 milliards d’euros de taxe sur les rachats d’actions : ce serait multiplier par 56 la taxe existante, donc faire disparaître les rachats d’actions, et donc rapporter 0 ! Des tours de passe-passe, comme les 8 milliards d’euros pour l’État liés aux CEE. Résultat : ce qui servait à financer des aides aux Français (comme la rénovation énergétique) ira désormais dans les caisses de l’État. Des chiffrages fantaisistes, comme les 18 milliards de TVA en plus en raison du « prélèvement à la source de la TVA »… alors que le RN a demandé l’annulation de la facturation électronique !

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Les violences sexuelles ont aussi lieu en ligne. Et elles ont des conséquences dans la vie réelle de tant de jeunes filles, de femmes. Il est temps de lutter contre cette exploitation sexuelle.

> L'inceste est le crime absolu. Celui qui est supposé aimer et protéger est celui qui abuse. Il prive l'enfant de son enfance, de sa parole, de ses repères. Aujourd'hui, nous le reconnaissons pour ce qu'il est.

> J'en appelle à la responsabilité des parents. Il faut ramener à la raison, ramener à la maison leurs enfants. Et les protéger. Est-ce qu'il y a des revendications entendables ? Oui. Est-ce qu'il y a des violences acceptables ? Non. Jamais.

> Trois ans depuis le 7 octobre 2023. 1200 enfants, femmes et hommes assassinés. 51 Français. Les otages. Les viols. Les tortures. Les corps mutilés. J'ai pris dans mes bras ces mères endeuillées. J'ai marché sur cette terre qui a vu cette jeunesse être prise pour cible. Le 7 octobre est un point de bascule. Aujourd'hui, nous nous souvenons. Ni oubli, ni pardon. Ni résignation face à l'antisémitisme.

> Je me suis rendue sur le site du Festival Nova et dans les kibboutz. J'ai serré dans mes bras des mères qui ont perdu leurs enfants. Jamais je ne les oublierai. Ne soyons pas amnésiques. N'oublions pas le 7 octobre. N'oublions pas les 51 Français assassinés. Ne nous habituons jamais à l'antisémitisme.

> Aucun Français juif n'est responsable de la situation à Gaza. Aucun Français juif n'aura jamais à s'excuser. Aucun Français juif ne doit douter de sa place dans son pays, notre pays : la France.

> Dans le combat face à l'antisémitisme, nous n'aurons jamais de leçon à recevoir d'un parti fondé par Jean-Marie Le Pen et présidé aujourd'hui par Jordan Bardella.

> Je crois en notre pays. Je crois en la capacité de la France et des Français à se relever des crises, à se redresser. Il nous appartient de montrer une autre voie que celle du duel mortel entre le RN et LFI.

> Ce qui se passe dans les rues de notre pays est un avant-goût de ce que donnerait un second tour RN-LFI. LFI veut embraser le pays. Nous ne laisserons pas faire.

> Embraser les lycées. Nourrir la violence. Désigner des cibles. Encourager l’affrontement. Et ensuite s’en indigner : LFI face à ses contradictions.

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> N'ayons pas peur de nos enfants, donnons-leur la parole. Et il faut commencer par ceux dont on parle le moins. Un lycéen sur trois est en voie professionnelle. Pourtant, quand on parle du lycée, on parle rarement d'eux, médias et politiques compris. De leur quotidien, entre cours, plateaux techniques et périodes de formation en milieu professionnel, de leur fierté d'apprendre un métier, et des perspectives qui s'offrent à eux. Depuis ma nomination, je vais à leur rencontre et ils me disent tous la même chose : la voie professionnelle est une voie d'excellence qui doit être reconnue à sa juste valeur. C'est pourquoi je vais convoquer un Conseil national de la refondation. Autour de la même table : lycéens, familles, enseignants, chefs d'établissement, partenaires sociaux, entreprises, élus. Une instance de dialogue immédiat et sans filtre, pour construire des réponses concrètes adaptées aux besoins de chaque territoire. La voie professionnelle doit être au cœur de notre ambition pour l’École et pour la jeunesse.

> Au lycée professionnel Maurice Viollette de Dreux, dans le cadre du temps de démocratie interne souhaité par le Premier ministre. Certains élèves avaient participé aux blocages, d’autres non. Mais tous ont partagé, avec respect et sincérité, leurs difficultés (rythmes scolaires, cours non assurés, Parcoursup, discriminations) mais aussi leurs projets et leurs espoirs. Loin des clichés, ces jeunes ont du talent et de l’ambition. Ils peuvent compter sur moi pour les défendre et faire reconnaître l’excellence de la voie professionnelle.
À chaque échelon, élus et collectivités ont un rôle essentiel à jouer. Ces échanges nourriront les chantiers dont nous rendrons compte au Premier ministre fin octobre. D’ici là, j’irai au contact, comme toujours, pour écouter ceux qui font vivre l’École de la République.

> Il y a trois ans, Israël était frappé par l'attaque terroriste la plus meurtrière de son histoire. Au festival Nova, dans les kibboutz de Kfar Aza, Be'eri, Nir Oz et tant d'autres localités du sud d'Israël, des femmes, des hommes et des enfants ont été assassinés, parmi lesquels des victimes françaises que nous n'oublions pas. Trois ans après, la douleur des familles reste intacte. Je pense à elles, à tous ceux et celles qui sont endeuillées en ce 7octobre. Cette mémoire nous oblige : combattre l'antisémitisme sous toutes ses formes, en France comme ailleurs, sans jamais détourner le regard.

> François Ruffin, je respecte votre engagement pour le lycée professionnel. Sur ce sujet, nous avons au moins un objectif commun : la réussite de tous les jeunes qui s’y engagent et la reconnaissance d’une filière trop longtemps délaissée. C’est précisément l’ambition portée par le Président de la République lorsqu’il a engagé sa transformation pour en faire une véritable voie d’excellence, plus attractive et davantage choisie. Et les résultats doivent aussi être regardés : cette année, le bac professionnel est le seul dont le nombre de candidats progresse. Mais deux précisions. D’abord, non : la mobilisation actuelle ne « part » pas des lycées professionnels. Leurs élèves n’y sont pas surreprésentés. Il faut être très prudent avec ce type de raccourci : on sait trop bien à quelles caricatures il peut conduire. Ensuite, non : l'orientation au collège, ce n'est pas « zéro heure ». Depuis la rentrée 2025, dès la 5ème, quatre demi-journées par an y sont consacrées : visites d'entreprises, forums, rencontres avec des professionnels. S'y ajoutent les heures de vie de classe et, en 3ème, un stage d'observation de cinq jours. On peut vouloir aller plus loin ou commencer plus tôt : ce débat est légitime. Mais dire qu'il n'existe aucun temps d'orientation au collège est factuellement faux. Sur le fond, retrouvons-nous sur l’essentiel : faire de la voie professionnelle une voie choisie, exigeante, une voie d’excellence et porteuse d’avenir, et donner à chaque jeune les moyens de construire son parcours.

 

Catherine Chabaud (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargée de la Mer et de la Pêche)
> Lancement du prêt à taux zéro à destination des entreprises de pêche
Conformément à l'engagement que j'avais pris auprès des pêcheurs lors de mes
rencontres avec eux ces dernières semaines, la Bpi lance aujourd'hui le prêt à taux zéro à destination des pêcheurs pour répondre à leurs difficultés de trésorerie.
Chaque demandeur sera recontacté par les équipes de Bpifrance pour un traitement individualisé de chaque dossier.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> [Agences de l’eau / Intervention à l’Assemblée] la sécheresse historique que nous avons vécue cet été appelle des moyens supplémentaires. Elle rappelle la nécessité de mieux préserver la ressource et de mieux la partager ainsi que d’aider les collectivités locales à moderniser leurs réseaux. Les plafonds des agences de l’eau ont été relevés à plusieurs reprises. L’an passé, ils ont été relevés à hauteur de 135 millions d’euros grâce au compromis parlementaire que vous avez trouvé, ce qui nous rapproche considérablement de l’effort annoncé par le président de la République en 2023, à savoir une augmentation de 475 millions d’euros des moyens des agences de l’eau.
Dans un contexte budgétaire contraint, les moyens consacrés aux agences de l’eau sont stables, à hauteur de 2,5 milliards d’euros. Mais comme le premier ministre l’a rappelé, ce projet de budget est un point de départ : le gouvernement sera naturellement attentif à l’ensemble des amendements parlementaires qui permettront de traduire en actes la promesse du président de la République de relever substantiellement les moyens des agences de l’eau.

> Face à la hausse des prix du carburant, le Président de la République et le Premier ministre agissent pour le pouvoir d'achat. Grâce à l'action de la France au G7 et à la libération des stocks stratégiques, le diesel baissera de 12 à 18 centimes par litre pendant trois mois, soit 10 euros d'économie par plein.

> Prendre le risque d’une France sans budget, c’est prendre le risque d’une année blanche pour les investissements favorables à la transition écologique. Dans un contexte de budget contraint, le Premier ministre a fait de l’adaptation au dérèglement climatique une priorité.

 

Camille Galliard-Minier (ministre délégué auprès de la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> La Semaine bleue a débuté! 8 000 événements sont organisés sur tout le territoire pour valoriser l’importance des liens entre les générations et l’engagement des territoires.
Lutter contre l’isolement des personnes âgées, partager des activités culturelles ou sportives, créer des rencontres et transmettre une mémoire ou des compétences : c’est toute la richesse que défend depuis 75 ans la Semaine bleue.
365 jours pour agir, 7 jours pour le dire !

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> Simplifier la vie des Français, c’est aussi leur faciliter l’accès à leurs droits. À la CAF de Nanterre, j’ai pu découvrir concrètement le travail quotidien des équipes : accueillir les allocataires, traiter leurs demandes, mais aussi les accompagner à chaque étape importante de leur vie. Avec la solidarité à la source, les démarches sont déjà plus simples et plus sûres : déclarations préremplies, moins d’erreurs, des droits mieux sécurisés. Aujourd’hui, 96 % des déclarations sont validées sans modification. Mais les CAF, ce ne sont pas seulement des prestations versées. Ce sont aussi des femmes et des hommes présents aux côtés des allocataires lorsqu’ils traversent un moment important de leur vie : une séparation, un décès ou un changement de situation familiale. Merci aux équipes de la CAF de Nanterre pour leur accueil, cette immersion et surtout pour leur engagement quotidien au service des allocataires.

> L’intelligence artificielle est une vague qui transforme déjà en profondeur notre manière de travailler. Notre responsabilité, c’est de nous y préparer pour pouvoir la prendre, plutôt que de la subir. Avec le plan Impulsion IA, nous avançons autour de trois axes : former chacun aux nouveaux usages, accompagner les entreprises et anticiper, avec les partenaires sociaux, les effets de l’IA sur les métiers et les compétences.
Retour sur le lancement du plan à Station F : notre objectif est de donner à chacun les moyens de faire de cette transformation une opportunité professionnelle.

 

Serge Papin (ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat)
> Le gouvernement débloque 10 millions de barils de nos réserves stratégiques, comme annoncé par Sébastien Lecornu.
Ces stocks ont été constitués avant la crise, quand les prix étaient bien plus bas.
Nous les injectons sur le marché, ce qui va faire mécaniquement baisser les prix.
C'est une décision inédite.
Nous attendons un effet de 12 à 18 centimes, dès la mise en place du dispositif.
Cette mesure s'ajoute bien sûr aux aides existantes, notamment l'aide grands rouleurs.

 

Annie Genevard (ministre de l'Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire)
> Ce matin, au Sommet de l’élevage, j’ai annoncé de nouvelles mesures d’urgence qui complètent le plan déjà engagé. Ce plan de 1,3 milliard d’euros représentait déjà un effort important, et le dialogue qui a suivi a fait émerger de nouvelles préoccupations sur la trésorerie. Nous mettons donc en place des prêts de trésorerie à taux zéro, pour 2 mds€ d’encours : l’État prendra en charge les intérêts, pour que ces prêts ne coûtent rien à l’agriculteur. Pour les jeunes installés, l’État prendra à sa charge les intérêts et le surcoût en cas de report du capital en fin de tableau. Nous débloquons dès octobre la réserve du fonds de réarmement agricole, soit environ 21 M€. Concernant le dégrèvement de la taxe foncière : nous renforçons les règles pour assurer la bonne répercussion sur les fermiers. Le guichet GNR rouvre pour avril, mai et juin. Le Premier ministre a également annoncé la mobilisation de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques afin de faire baisser le prix du GNR (estimation entre 12 et 18 centimes). Sur le guichet engrais, une facture non acquittée pourra désormais être déposée pour réserver sa place. Enfin, 200 vacataires viendront renforcer les services de l’État pour accélérer le versement des aides. Les premières sont d'ores et déjà en train d'arriver. Sur l’assurance-récolte, je l’ai dit aux éleveurs : il n’y aura ni déni, ni angélisme. J’ai entendu leurs attentes sur le satellite. Une carte supplémentaire de l’indice à fin septembre sera publiée mi-octobre. Je demande aux préfets de réunir les comités départementaux d’expertise en octobre, puis fin novembre, pour confronter les données satellitaires à la réalité du terrain. J’écris aux assureurs pour que les voies de recours soient simples et accessibles à tous. Et les données des fermes de référence seront croisées avec celles du satellite, puis rendues publiques. Si des évolutions s’avèrent nécessaires, nous les mettrons en œuvre. Notre responsabilité est d’agir vite, au plus près des exploitations, pour protéger notre agriculture et lui permettre de continuer à produire.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Blocage des lycées / Intervention à l’Assemblée] Je peux d’abord vous rassurer sur un point : vous avez parlé de « desseins électoraux ». Or, comme vous le savez, je n’ai jamais été encarté, ni élu, et je ne suis candidat à rien. Au contraire, ceux qui expliquent que la manifestation d’hier est la première marche vers 2027 et invitent les jeunes à observer une « discipline de combat » –
⁠ ce sont les termes de Jean-Luc Mélenchon – ont des desseins électoraux assez nets dont ils ne font d’ailleurs pas mystère.
Nous apportons bien une réponse à la mobilisation. Cette réponse est démocratique. Tout au long de la semaine dernière, j’ai entendu des élus, y compris sur vos bancs, dire qu’il fallait débattre avec les jeunes, les écouter et aller à leur rencontre. C’est exactement ce que nous faisons depuis lundi dernier. Je me suis moi-même rendu dans deux établissements, j’ai rencontré les élus de l’académie.
Nous avons créé une plateforme sur laquelle 35 000 élèves ont d’ores et déjà répondu à notre consultation : 35 000 réponses en vingt-quatre heures, vous pouvez trouver cela savoureux, pour moi cela montre que la mesure est raisonnable et utile. Nous avons aussi lancé un plan d’action ; je me suis exprimé très longuement à ce propos ce matin devant la commission des affaires culturelles et de l’éducation dans un cadre assez calme et respectueux, pour lequel je remercie les députés présents.
Il porte sur Parcoursup, les remplacements, le bâti et les instances de démocratie scolaire. Nous avançons sur ces quatre chantiers.

> Écouter les lycéens, prendre leurs difficultés au sérieux et apporter des réponses concrètes : c’est l’engagement réaffirmé ce soir par le Premier ministre. Le dialogue se poursuit dans les lycées, avec plus de 40 000 contributions déjà recueillies sur http://agora.gouv.fr. Cette parole compte et nourrira nos décisions.
Cinq chantiers sont engagés :
- Remplacement des enseignants absents,
- Conditions matérielles dans les lycées avec les régions,
- Organisation du temps scolaire,
- Transparence de Parcoursup,
- Démocratie lycéenne.
Les premières décisions seront présentées dès la fin du mois d’octobre. Nous proposerons des réponses concrètes, rapides et financées.

> Donner la parole aux lycéens, c'est leur permettre à tous de s'exprimer dans un cadre libre et démocratique, et c'est aller à leur rencontre.
Après mes échanges avec les équipes du lycée Gutenberg à Créteil, avec les élus du conseil académique de la vie lycéenne de l'académie de Versailles jeudi dernier, puis avec les élus du conseil national de la vie lycéenne vendredi, nous avons longuement échangé avec les délégués de classe du lycée de Villaroy à Guyancourt. Dans tous les lycées de France, des temps d'échanges sont organisés avec les élèves, mais aussi les personnels, les élus et les parents. Au cours des prochains jours, je poursuivrai, comme tous les cadres de l'éducation nationale, ces échanges au cœur des établissements comme au niveau national.
Tous les lycéens et lycéennes sont également invités à faire part de leur difficultés et de leurs attentes sur la plateforme Agora.gouv.fr . Plus de 40 000 d'entre eux l'ont déjà fait en moins de 48 heures !
Nos lycéens ont besoin d'être écoutés, et nous leur devons des réponses efficaces. Toutes leurs contributions viendront nourrir les mesures qui seront proposées dans les jours à venir.

> Quand on me parle de « casse de l’éducation », je pense d’abord aux 88 personnels délibérément visés, aux 24 lycées incendiés ou saccagés et aux équipes profondément traumatisées. Nous sommes prêts à débattre de tout, des moyens comme des choix pour notre École, mais aucune revendication ne peut justifier qu’on s’en prenne à celles et ceux qui la font vivre. Nul ne peut s'en prendre à l'institution scolaire. Elle est notre bien commun et le fondement de notre contrat social.

> L’État pleinement mobilisé aux côtés des régions pour accélérer la réparation et la sécurisation des lycées. Notre priorité commune : permettre à tous les lycéens de retrouver au plus vite leur lycée et leurs classes, en sécurité, avec leurs professeurs.

> Nous avons échangé avec les représentants des régions de France autour des enjeux du bâti scolaire des lycées, pour faire le point des dégradations et identifier ensemble les besoins prioritaires pour poursuivre leur réhabilitation. Avec une priorité commune : permettre aux élèves et aux personnels d’apprendre et de travailler dans de bonnes conditions.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> Des croix gammées et des propos antisémites au sein d’une université française. C’est une honte. C’est abject. C’est intolérable. J’ai échangé avec Léa Hanoune, présidente de l’uejf, à la suite des faits signalés à l’Université Paris-Est Créteil. L’antisémitisme n’a sa place nulle part dans notre République. Et certainement pas dans nos universités. Ces faits vont faire l’objet d’un signalement au procureur de la République au titre de l’article 40. Je tiens à saluer et à remercier la mobilisation de l’université face à ces actes inacceptables. Aucune banalisation, aucune excuse, aucune impunité. Les auteurs de ces actes devront en répondre. Aucun étudiant juif ne doit avoir peur d’aller à l’université. Jamais.

> Trois ans après, je pense à toutes celles et ceux dont la vie a basculé le 7 octobre 2023. Aux victimes des attaques terroristes du Hamas, aux 51 Français qui ont perdu la vie, à leurs familles et à leurs proches. Je pense aussi à tous ceux qui, depuis ce jour, vivent avec la peur et la résurgence de l’antisémitisme, y compris au sein de nos universités. Nous ne devons jamais nous habituer à l’antisémitisme. Nous ne devons jamais laisser la haine s’installer. Aujourd’hui, nous nous souvenons. Et nous continuons à œuvrer pour la paix.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Budget 2027 / Intervention à l’Assemblée] Cette année, le déficit sera de toute évidence supérieur à 5 %. Il est impératif qu’il soit inférieur à 5 % l’année prochaine. Pour y parvenir, nous aurons besoin de vous. Le gouvernement a tracé quelques lignes claires sur sa copie de départ, qui sera discutée au Parlement. D’abord, le gros de l’effort devra être supporté par l’État, d’où le gel des crédits des ministères –
⁠ exception faite de la défense –, qui constitue un effort considérable demandé à l’ensemble des ministères représentés ici. Le budget des collectivités territoriales suivra le niveau de l’inflation et une priorité sera donnée à la santé –⁠ on en voit la nécessité dans chacune de nos circonscriptions : l’augmentation de l’Ondam sera supérieure à l’inflation.
À la fin, c’est le Parlement qui votera. Il devra prendre le contre-pied tant des augmentations d’impôt de 35 milliards d’euros que le RN a votées l’année dernière…

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> On demande beaucoup à notre jeunesse. À nous aussi d’être à la hauteur de ce que nous lui demandons. L’écouter. Lui faire confiance. Lui donner les moyens de construire son avenir.

> Oui, je suis en colère quand je vois que nous avons eu une Convention citoyenne sur les temps de l’enfant et laissé ses recommandations de côté. Les jeunes réclament aujourd’hui ces changements. Il est temps de donner suite à ce travail.

> Le 7 octobre ne s’effacera jamais de nos mémoires. En ce lieu de mémoire, la Représentation nationale s’incline devant les vies fauchées par l’horreur terroriste et antisémite. Avec Gérard Larcher, nous sommes réunis dans un même hommage et un même combat. Chaque nom est une vie. Chaque visage, une absence. Chaque souvenir, une exigence : défendre la République et combattre l’antisémitisme. Toujours, sans fléchir ni faillir.

> Trois ans après le 7 octobre 2023, la France se souvient. Elle se souvient des victimes du terrorisme du Hamas, parmi lesquelles 42 de nos compatriotes. Elle se tient aux côtés de leurs familles et de tous ceux que cette journée a meurtris. Face à la haine et à l’antisémitisme, notre République ne cédera rien. Nous n’oublions pas.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> La jeunesse se mobilise. Elle doit être entendue, avec méthode et des résultats concrets. C'est la seule voie pour sortir de la crise. Partout à travers le pays, les lycéens que j'ai rencontrés portent le même espoir : un avenir meilleur. Nous devons leur garantir.

> Se rendre à l'École, c’est demander un effort. Et cet effort est vital, car pendant qu'on discute, la Chine et les États-Unis ne nous attendent pas sur l'intelligence artificielle, la robotique ou le quantique. Pour redevenir une grande nation scientifique, nous n'avons pas le choix : nous devons renouer avec l'exigence et le renforcement massif des savoirs fondamentaux. C'est l'avenir de la France qui se joue sur les bancs de nos Écoles.

> Fatigue, stress, baisse de concentration : on ne peut pas ignorer ce que la science nous dit sur les rythmes de nos jeunes, notamment sur les cours qui commencent à 8h. Quand j'étais ministre, j'ai lancé une expérimentation inédite dans l'académie de Créteil pour que les lycéens ne commencent plus avant 9h. Les premiers résultats sont très positifs. Je suis pour que nous étendions cette mesure partout où c'est possible, en laissant les lycéens et les professeurs voter eux-mêmes sur cette question dans leur établissement.

> On a construit un modèle qui ment à nos jeunes et à nos familles. On leur ment quand on leur laisse croire qu’un élève, que leur enfant, peut glisser de classe en classe sans avoir le niveau pour passer dans la classe supérieure. On leur ment quand on leur dit qu’on peut entrer au collège sans savoir lire, écrire et compter convenablement. On leur ment avec un brevet au rabais. C’est pour ça que j’ai agi pour le retour du redoublement. Et c’est pour ça que je veux continuer à agir pour rétablir le certificat d’études, pour rendre le brevet obligatoire pour passer au lycée. Pour renouer avec l’exigence.

> L'École a besoin de nos professeurs. Ministre de l'Éducation nationale, j'ai porté la plus forte revalorisation de leurs salaires depuis 1990 et obtenu 6000 créations de postes supplémentaires fin 2023. Face à la baisse du nombre d’élèves dans les années qui viennent, je veux en profiter, non pas pour faire des économies, mais pour faire plus. Pour avoir des classes moins chargées et plus de solutions pour les remplacements.

> Choc des savoirs, retour du redoublement, mise en place de groupes de niveau en français et en maths, méthode de Singapour pour les mathématiques, lutte contre le harcèlement... En 6 mois comme ministre de l’Éducation nationale, j’ai voulu agir à tous les niveaux pour élever le niveau et pour faire de l’École un sanctuaire.

> Face à la jeunesse, il y a deux impasses politiques aujourd'hui : ceux qui l'instrumentalisent pour bordéliser le pays, et ceux qui la stigmatisent en voyant un délinquant derrière chaque jeune en colère. Je refuse ces deux caricatures. La jeunesse mérite un dialogue sincère, d’être écoutée, pas d'être manipulée.

> Je l'ai toujours dit : on n'a pas besoin d'avoir 18 ans ou le droit de vote pour être écouté. Je suis venu débattre ce soir avec les lycéens parce que j'ai une conviction profonde : la priorité de notre pays doit être d’éviter une fracture générationnelle.

> Au Pavillon mémoriel des victimes du 7 octobre, j'ai voulu réaffirmer que nous n'oublierons jamais celles et ceux dont la vie a été arrachée ce jour-là. Nous n'oublierons jamais leurs noms, leurs visages, leurs rêves. Nous n'oublierons jamais leurs familles, leurs proches, tout le peuple israélien. Leur douleur est aussi la nôtre. Nous leur devons cette promesse. Celle de ne jamais détourner le regard, de ne jamais laisser l'antisémitisme se banaliser, la haine se répandre, le relativisme abject l'emporter. Le 7 octobre est à jamais gravé dans nos mémoires.

> Le RN ment. J'ai passé au peigne fin les 140 milliards d'économies promises par Marine Le Pen : les trois quarts sont de fausses économies. Son budget ne tient pas la route et elle le sait. Ce qu'elle propose, c'est le plus grand choc fiscal de l'histoire, cinq fois plus lourd que celui de 2012. Qui va payer l’addition ? Pas eux. C'est vous.

> Une IA française s'appelle « Le Chonk ». Et c'est une très bonne nouvelle. Le nom est drôle. Le fond est très sérieux. Mistral vient de lancer sa nouvelle IA phare. Entraînée en Europe, dans ses propres centres de calcul. Elle rivaliserait même avec les meilleures IA ouvertes chinoises. Et elle sera ouverte. D'ici la fin du mois, un hôpital, un ministère ou une grande entreprise pourra l'installer chez lui. Ses données ne partiront pas de l'autre côté de l'Atlantique. La souveraineté, ce n'est pas un slogan. C'est ça. C'est une excellente nouvelle. Il faut maintenant accélérer. La guerre de l'IA a commencé. Il y aura des gagnants et des perdants. Je veux que la France soit dans le premier camp. C'est l'un des quatre chantiers capitaux de ma campagne. Pour y arriver, il faut investir massivement, comme nous l'avions fait pour le nucléaire, et maîtriser toute la chaîne : – l'énergie, avec une électricité décarbonée que peu de pays possèdent ; – les centres de calcul, sur notre sol ; – la commande publique, avec la priorité aux acteurs européens ; – les maths. Elles ont fait naître Mistral. Elles feront naître les prochains champions. Il y a urgence à élever le niveau. Je veux faire de la France la patrie de l'IA. Nous avons tout pour le faire. Bravo à Arthur Mensch, Guillaume Lample, Timothee Lacroix et à toutes les équipes de Mistral. Le prochain Chonk, on le veut aussi made in France.

 

Agnès Pannier-Runacher (députée)
> [Blocage des lycées] Je crois en tout cas qu'il faut y répondre avec le plus grand sérieux. Il y a plusieurs choses dans ce mouvement. Il y a évidemment les violences. Les violences sont inacceptables d'où qu'elles viennent. Personne n'est au-dessus des lois. Et on voit bien qu'il y a un certain nombre d'acteurs, d'adultes qui essaient d'instrumentaliser cette colère lycéenne et d'en faire un capital politique et un capital de bordellisation. Ça, c'est inacceptable. Mais ce n'est pas le sujet principal et il ne doit pas écraser les demandes et les revendications des lycéens.
Et les revendications des lycéens, elles sont de deux ordres. Vous avez des revendications qui sont d'ordre très profond. Ces lycéens, ils arrivent aujourd'hui dans un monde où il y a la guerre aux portes de l'Europe, vous avez l'intelligence artificielle qui menace potentiellement leur avenir, vous avez le dérèglement climatique qui, dans ma génération, était une abstraction totale et qui est une réalité de leur quotidien, notamment quand ils passent des examens par 35° dans les classes, et ça c'est une angoisse qui monte chez eux. 
Et il y a les problèmes qu'ont leurs parents pour boucler les fins de mois. Et puis il y a le deuxième ensemble de revendications qui sont des revendications très concrètes : avoir des professeurs qui sont là en cours et qui leur permettent d'étudier correctement, avoir des salles de classe qui soient à la bonne température, pas à 15° l'hiver et à 35° l'été. »

> [Blocage des lycées] Le gouvernement aurait sans doute pu être plus à la manœuvre. Après, ce qu'il faut faire, c'est regarder comment on peut répondre à ces revendications. Moi, il me semble que les deux revendications sur lesquelles on est en droit, moi en tant que députée, d'avoir des réponses rapides du gouvernement, c'est :
- Comment on met des professeurs face aux élèves lorsqu'ils n'en ont pas. Ça, c'est une urgence absolue.
- Comment Parcoursup est humanisé, parce qu'on a transformé Parcoursup en machine à dire non aux lycéens. Alors, ce n'est pas que ce soit en soi un mauvais système, parce qu'on oublie qu'avant c'était un tirage au sort, ce qui était franchement absolument détestable. Mais le problème, c'est que personne n'accompagne les lycéens sur Parcoursup, et il y a une forme d'hypocrisie de la part des adultes qui disent : «Ah bah ce n'est pas moi, c'est Parcoursup.» Non, quand un lycéen demande des formations qui ne correspondent pas à son niveau ou à son profil, il faut qu'il y ait quelqu'un qui lui dise pourquoi il risque de ne pas avoir de succès et qui accompagne ses orientations. Et là, on a loupé quelque chose. (…)
Il faut avoir un langage de vérité, c'est-à-dire dire : cette filière est une filière qui, compte tenu des notes que vous avez, risque de vous mener à l'échec. Quand on voit qu'un quart des étudiants en première année abandonnent leurs études, en tout cas leurs filières, on voit bien qu'il y a des erreurs d'aiguillage. Et puis c'est partir beaucoup plus en arrière. 
Il y a un nombre de métiers qui sont accessibles aux étudiants et qui sont méconnus de ces étudiants, qui sont des métiers qui payent bien. Moi, j'étais ministre de l'Industrie pendant 4 ans, qui peinaient à recruter des compétences. Il faut essayer d'être beaucoup plus dans l'accompagnement.
Ce n'est pas qu'une compétence du gouvernement, c'est aussi la compétence des régions, et les régions ont un rôle à jouer. Il faut aussi que chacun soit au rendez-vous de ses compétences. Mais à la limite, ce qui est essentiel aujourd'hui, c'est que dès la 5e ou la 4e, on parle des métiers, pas pour dire tout de suite que vous devez décide, mais pour dire voilà le panel de tout ce que vous pouvez faire, choisissez et essayez de vous engager dans ce qui vous parle le plus.

> [Rythmes scolaires] C'est une bonne idée de commencer à 9h puisqu'on sait que les adolescents d'abord ne dorment pas assez, que ça a des conséquences dramatiques sur la qualité de leur apprentissage. 
Alors, ça va aussi avec la pénétration des écrans, des réseaux sociaux, etc. sur lesquels ils restent très longtemps, et c'est vraiment un appel aux parents à essayer d'encadrer ça, mais démarrer à 9h, c'est une bonne mesure pour l'apprentissage des adolescents. (…)
Raccourcir les vacances est un sujet qui doit être pris du point de vue de l'élève et de l'étudiant. On a longtemps pris ce sujet du point de vue de l'organisation des adultes, des conséquences touristiques, des conséquences économiques. Il y avait eu une convention citoyenne sur ces sujets-là d'ailleurs sur laquelle s'était appuyé Gabriel Attal à l'époque. Des choses avaient été faites et c'est très dommage qu'elles aient été arrêtées dans l'élan.  (…)
Cette question des rythmes scolaires doit être abordée, mais il ne faut pas la faire de manière descendante en disant qu’on va imposer tel rythme scolaire. Ça suppose d'avoir une vraie concertation avec les parents, avec les professeurs et avec les premiers concernés, les lycéens et les collégiens.

> Il y a beaucoup moins d'élèves par classe qu'il y en avait avant parce qu'il y a un effondrement de la démographie : il y a moins d'élèves pour un nombre de professeurs qui est certes en baisse, mais en baisse très légère.
Le deuxième élément c’est que les profs non remplacés, ce n'est souvent pas pour des raisons de budget, c'est parce qu'il y a des professeurs qu'on n'arrive pas à recruter. Lorsque vous regardez la situation de la Seine-Saint-Denis, qui est probablement la situation la plus aiguë en la matière, les professeurs qui arrivent en Seine-Saint-Denis sont souvent des professeurs débutants qui ont peu d'expérience, qui se trouvent face à des classes surchargées, et qui, dès qu'ils ont leurs points d'ancienneté, partent pour se rapprocher de leur région d'origine. 
Vous avez un turnover très élevé et vous n'arrivez pas à recruter. Les professeurs préfèrent enseigner au centre de Paris qu'en Seine-Saint-Denis parce qu'on sait que c'est plus difficile. Cela appelle une politique où on essaie de valoriser les professeurs qui sont prêts à prendre ce défi, qui ont plus de bouteille, et probablement qu'il faut mieux les payer. La question n'est pas toujours celle des moyens, c'est la question de l'attractivité de la profession. Et quel est le ministre qui a augmenté les professeurs ? C'est Gabriel Attal, et ce n'est pas l'épaisseur du trait : 500 €.

> [Présidentielle] Gabriel Attal fait le constat que si on veut que les Français se reconnaissent dans un candidat pro-européen, qui porte les valeurs de progrès, les valeurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme et la compétitivité, ça ne peut pas s'arrêter à la droite et au bloc central. 
Si on veut gagner demain face au Rassemblement national, il faudra être capable de réunir des électeurs qui viennent de la droite modérée jusqu'à la gauche responsable. C'est une évidence. Ceux qui pensent qu'ils vont gagner avec des propositions d'une droite un peu élargie, ça ne fonctionnera pas, les gens ne se reconnaîtront pas. On ne gagne pas face au RN et à LFI en disant juste 'halte aux extrêmes'. Il faut un vrai projet incarné.

> [Présidentielle] À un moment, il faut que les candidats se regroupent sur un projet fort. Quand on avance, au contraire de l'extrême droite et de l'extrême gauche, qu'il ne faut pas détricoter l'Europe et qu'au contraire il faut la renforcer avec les États-Unis d'Europe, on porte un vrai projet. J'ai toujours dit qu'on partage des choses fondamentales de Xavier Bertrand grosso modo jusqu'à Raphaël Glucksmann. On est pro-européens, mais pour une Europe plus exigeante et plus protectrice. 
Quant à Bruno Retailleau, il est un peu curieux parce qu'il reprend les propositions du Rassemblement national : quand il attaque les juges, la Constitution, les ONG ou l'Europe, on n'est pas dans ce que nous portons. Autant il y a des électeurs de droite qui peuvent se reconnaître dans une Europe puissance et la compétitivité, mais nous ne nous allierons pas avec des gens qui disent le contraire de nous. Les Français ne seront pas dupes d'une alliance de circonstances.

> J'aimerais qu'on arrête avec ce mot de macronisme. Si une chose est sûre pour la prochaine élection présidentielle, c'est que le président Macron ne se représentera pas. C'est un mot-valise. Aujourd'hui, la coalition au pouvoir est essentiellement conduite par Les Républicains, et je ne me reconnais pas dans cette coalition. J'ai des points de désaccord majeurs avec le gouvernement.
Je reconnais tout le travail fait lors du premier quinquennat : création de 2,5 millions d'emplois, réindustrialisation, attractivité pour les investissements étrangers. Mais depuis 2024, ce n'est plus le macronisme. Les politiques menées ne correspondent pas à nos engagements : on ne parle plus de planification écologique, et la réindustrialisation s’est un peu effacée. Il y a eu une vraie rupture en 2024. 
Vous savez, je suis beaucoup sur le terrain, et je suis sur un terrain de ruralité, dans le Pas-de-Calais, où vous avez 10 députés RN sur 12, donc je connais un peu tout ça, et j'habite, j'habite Lens, donc j'habite dans un territoire qui n'est pas le plus privilégié de France, donc j'entends tout ça. Mais moi, je le redis, j'ai démissionné du gouvernement. J'ai fait le choix de quitter ce gouvernement, parce que je ne m'y reconnaissais pas.  
Je sais combien c'est difficile aujourd'hui de gouverner. Je suis consciente des efforts déployés par Sébastien Lecornu pour tenir les deux bouts, et c'est extrêmement difficile, et on l'aidera parce qu'on aime notre pays. Donc aujourd'hui, on n'est pas là pour mettre des bâtons dans les roues du gouvernement, mais on a le droit d'avoir un peu de distance critique.

> [Contre-budget du RN] Le Rassemblement national veut les bénéfices de l'Union européenne sans payer le prix de l'adhésion, et ça n'existe nulle part ! L'Union européenne vous apporte 9 milliards d'euros de Politique Agricole Commune pour nos agriculteurs, et le marché unique apporte près de 140 milliards d'euros à la France.
Regardez ce qui s'est passé avec le Brexit. Ça a couté des dizaines de milliards d’euros. C'est comme si vous alliez voir votre assureur qui vous demande 100 € et que vous lui dites : 'Non, moi je vais payer 10 €.' Il va vous répondre : 'Changez d'assureur !' 
On a renégocié contrairement à ce qu'on dit, nous on a obtenu des baisses de notre contribution à certains moments. On est allé discuter avec l'Union Européenne, évidemment. On n'est pas idiot, je veux dire, il n'y a pas un pays qui aimerait payer plus que ce qu'il ne doit. Mais aujourd'hui ce que propose le Rassemblement National, c'est de dire à son assureur, pour reprendre cette image, tu veux me faire payer 100 ? Non, moi je vais payer 10. Ça, ça ne tient pas la route : c'est un budget de Pieds Nickelés. Toutes les économies sont gonflées et toutes les dépenses sont sous-estimées. Ce n'est pas sérieux. »

> [Contre-budget du RN] J’aime bien aussi l’économie sur les CEE de 8 Mds euros… alors que les CEE n’ont rien à voir avec la dépense publique, tout comme les CPB d’ailleurs. Ou encore l’économie de plus de 5 Mds euros sur Ma Prim’Renov… un dispositif qui n’a jamais dépassé 2,1Md euros en crédits de paiement et qui serait remplacé par un dispositif plus coûteux au bout de 5 ans… Et je suis certaine que les agriculteurs seront ravis des 1000 euros à débourser pour chaque contrat passé avec un étranger hors UE, un dispositif totalement adapté à des filières qui dépendent de la main d’œuvre étrangère. Ce n’est d’ailleurs pas très rassurant non plus pour l’hôpital public ou les aides à domicile.

> Je pense qu'aujourd'hui, objectivement, on a une guerre qui est aux portes de l'Europe. En Ukraine, on a des Ukrainiens qui tiennent la ligne de front vis-à-vis de la Russie et qui font la guerre pour nous, je dirais, parce que c'est un peu comme ça qu'il faut le regarder. Moi, je préfère que ce soit les Ukrainiens qui tiennent la ligne de front que des Européens. Deuxièmement, vous avez une crise majeure d'approvisionnement de pétrole et de gaz dans le monde. Troisièmement, vous avez un président américain qui a créé des problèmes économiques.

> Je pense que la dissolution, il y a un avant et un après dissolution, et il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas le dire. Ce qui flingue aujourd'hui l'économie française, c'est quand même la situation du gaz et du pétrole au Moyen-Orient, la guerre en Iran qui n'a pas été déclenchée par l'Europe, qui a été déclenchée par Monsieur Trump, et on voit bien les difficultés de remettre le dentifrice dans le tube, et ce sont les décisions en matière de droits de douane de Monsieur Trump. 

Donc à un moment, il faut se dire une chose : Gabriel Attal et Emmanuel Macron ont autre chose à faire et ces petites polémiques sont terribles parce qu'elles nous détournent de l'essentiel. Ça fait 20 ans que je connais Emmanuel Macron, ce n'est pas son langage. Jamais il ne prononcerait un mot comme ça. Ça n'a pas de sens. »

> Monsieur Bardella a été pris la main dans le sac de propos antisémites qui sont caractérisés. (…) Il les conteste certainement, mais enfin manifestement il a du mal à contester les preuves. Et deuxièmement, il y a le fait que dans tout collectif, il peut y avoir des plaisanteries les uns sur les autres. Enfin, ça c'est un grand classique. Je pense qu'on ne découvre pas la lune.

> N’oublions rien du 7 octobre 2023. N’oublions pas les attaques terroristes du Hamas qui ont frappé des civiles israéliens de manière brutale et barbare. N’oublions pas les bébés et les enfants trucidés, les femmes sauvagement violées, les vieillards massacrés, les familles endeuillées, les otages et tous ceux dont la vie a basculé ce jour-là. N’oublions pas nos 51 compatriotes français tués dans ces attaques. On n’échange pas un mort pour un mort. Les attaques qui visent directement des populations palestiniennes sont insupportables. Les attaques contre des civils israéliens également. Alors que l’antisémitisme connaît une résurgence insupportable, en France comme ailleurs, nous devons continuer à le combattre sans relâche, et à ne jamais rien laisser passer.

 

Elisabeth Borne (députée)
> Trois ans après l'attaque terroriste du Hamas, mes pensées vont aux victimes, à leurs familles et à tous ceux que cette journée a meurtris. Trois ans après, leur douleur demeure. Nous n’oublions ni les victimes, ni les vies brisées. Nous devons continuer de combattre sans relâche l’antisémitisme et le terrorisme, protéger les populations civiles et tout faire pour que la paix puisse enfin l’emporter.

 

Caroline Yadan (députée)

> [7 octobre 2023 / Intervention à l’Assemblée] C’était il y a trois ans, c’était hier. À l’aube du 7 octobre 2023, des jeunes dansaient au festival Nova et, dans les kibboutz, des familles dormaient, des enfants se réveillaient. Puis l’impensable a surgi. Le Hamas a décapité, brûlé, mutilé, violé, enlevé, assassiné plus de 1 200 personnes, dont 51 Français.
Certaines dates entrent dans nos vies et les scindent à jamais entre un avant et un après. Députée des Français établis hors de France, j’ai recueilli de multiples récits de nos compatriotes vivant en Israël. Membres de familles endeuillées, survivants ou proches d’otages, ils sont profondément blessés mais toujours debout. La haine, elle, n’a pas attendu. Pour nombre de Juifs, une autre épreuve a commencé dès le lendemain du 7 octobre. Meurtris, ils devaient expliquer pourquoi ils avaient mal ; pleurant leurs morts, ils voyaient leur douleur être relativisée, les attaques être justifiées. Ils avaient subi la haine, puis assistaient à une inversion accusatoire qui finit par retourner le crime contre ses victimes, au point de se demander s’ils devaient rester ou partir.
Je refuse qu’à l’horreur des crimes s’ajoute l’effacement progressif des Juifs de notre récit collectif. Je refuse que la barbarie soit romantisée, que le terrorisme islamiste soit rebaptisé résistance, que le massacre de civils et l’étranglement d’un bébé à mains nues soient tellement dissous dans un « contexte » qu’on ne regarde plus le crime pour ce qu’il est.
Trois ans après, notre responsabilité est aussi de préserver dans le débat public la vérité des faits et la justesse des mots. C’est pourquoi nous ne céderons rien, ni à la falsification du réel, ni à la banalisation de la haine des Juifs, ni à cette accoutumance qui finit par nous permettre de regarder l’inacceptable sans même le voir. Comment notre République peut-elle encore tenir, afin de refuser le mensonge, l’essentialisation et l’humanisme à géométrie variable, et protéger chacun, sans distinction, contre la haine et contre ceux qui choisissent la mort ?

 

● MoDem 
Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)

> Ce matin une majorité de députés, RN-UDR et LFI en tête, ont sauvé l'abattement fiscal de 10% accordé aux retraités au titre de frais pro qu'ils n'ont plus. Coût pour l'État : 1,4 Md€ par an. Les députés Démocrates ont été parmi les seuls à s'opposer à ce mélange d'immobilisme et de clientélisme électoral. Le RN et l'UDR nous donnent matin, midi et soir des leçons de libéralisme et se posent en défenseurs des actifs. La gauche, elle, se fait le chantre de la jeunesse devant les lycées et sur les boulevards parisiens. Mais à l'heure du vote, dans une sorte de ola démagogique, ils choisissent toujours la même facilité et d’envoyer la facture à ceux qu’ils prétendent défendre à longueur de journée. Tartuffes. Au moment où les jeunes sont dans la rue et les actifs inquiets de leur pouvoir d’achat, voilà le message qu’ils reçoivent : le poids de la dette restera sur leurs épaules, pour préserver une niche fiscale dont 90% du coût profite aux retraités qui ont 50% des pensions les plus élevées. Ce vote n'a aucun sens politique et il est profondément injuste. Notre jeunesse mérite mieux que cela. Le redressement des comptes ne peut pas reposer uniquement sur ceux qui travaillent. Chacun doit contribuer à la hauteur de ses moyens. Je le dis avec gravité : si nous n'avons pas le courage d'affronter la dette, alors nous n’aurons aucune marge de manœuvre pour l’avenir, y compris pour nos retraités. Cela ne présage rien de bon pour la suite de la discussion budgétaire. Il faut que chacun se ressaisisse. D'urgence. C'est pourquoi les députés Démocrates déposeront en séance un amendement qui permette de réformer, enfin, cet abattement fiscal.

 

● Parti radical
> La disparition du « médecin de famille », un réel désastre
Plus de 20 ans après la mise en place de l’obligation d’avoir un médecin traitant, 6 millions de nos concitoyens n’en possèdent pas.
Plus dommageable encore 600 000 patients affectés de maladie chronique en sont dépourvus.
Les raisons sont multiples :
-15 % des généralistes se sont éloignés de ce pour quoi ils ont été formés par la collectivité (salariat, remplacement, exercice plus lucratif en soins de santé non programmés …)
-départ massif en retraite des « médecins à l’ancienne »
-changement de la relation à la profession de médecin dans les nouvelles générations avec une aspiration légitime à un équilibre travail vie privée mieux assuré
-dé-idéalisation de la profession par les médecins et les patients.
Le résultat est que la coordination complexe et indispensable n’est plus assurée pour tous, que le nomadisme médical n’a jamais été aussi important avec les risques sur les coûts des soins et la qualité de prise en charge qui vont avec.
La révision du forfait médecin traitant ira peut-être dans le bon sens, nous le verrons à l’usage, mais ne sera sans doute pas suffisant. Un certain nombre de mesures sont nécessaires :
- meilleur contrôle et régulation des centres de soins non programmés et des centres de consultations à but lucratif qui font florès ;
- limitation du nombre d’années d’exercice en tant que médecin remplaçant à 3 ou 5 ans ;
- analyse des pratiques de généralistes plus fines et individualisées pour qu’il y ait au moins un exercice minimal en tant que médecin traitant ou référent quel que soit le titre d’exercice : la fonction de médecin généraliste doit être l’exercice principal pour ces médecins que la communauté nationale a formé, notamment pour les malades chroniques.
- meilleure rémunération et meilleure considération pour les médecins qui exercent ce rôle complexe, chronophage et souvent ingrat de médecin de famille, mais pourtant indispensable.
- sortir du tout paiement à l’acte qui encourage la multiplication des consultations et l’empilement des actes aux dépens de la prévention, de l’analyse et de la réflexion médicale fine.
- continuer le travail de développement des pratiques coordonnées et pluriprofessionnelles.
Dans un contexte indispensable d’évolution à venir de notre système de santé, nous ne pouvons faire l’impasse sur les déviances du système et aussi ce qui les génère. Nous sommes comptables des ressources que nous consacrons à la Santé et nous ne pouvons admettre que des malades chroniques soient livrés à des médecins de « rencontre ».
La disparition du médecin famille est un désastre majeur que l’on a sous-estimé et nous nous devons de restaurer la fonction.

 

► Autres 
● Commission européenne
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Lycéennes et lycéens de France.   Depuis le Parlement européen, je vois votre mobilisation, j’entends vos revendications. Vous êtes une immense majorité à les exprimer dans le calme et pour beaucoup d’entre elles, je les trouve légitimes.   Vous vous demandez peut-être ce que peut faire une députée européenne pour vous.   Eh bien, énormément.   Beaucoup de vos établissements sont construits ou modernisés grâce à d’importants fonds européens.   Le programme Erasmus, dont l’accès vous est possible dès le lycée, c’est l’Union européenne. Celui du FSE+ qui permet de vous aider dans la formation, l’inclusion ou la lutte contre le décrochage ; ou le plan de relance adopté pendant le Covid qui a servi à financer nombre de vos équipements pédagogiques, c’est aussi l’Union européenne.   Vous demandez davantage de moyens pour votre éducation, je vous entends.   C’est pour cela que nous nous battons au Parlement européen pour renforcer le budget de l’Union européenne. Parce que ce budget finance tout ce que j’ai présenté plus haut : la rénovation de vos lycées, l’achat de vos ordinateurs, la possibilité de vous faire découvrir d’autres cultures ou de progresser en langue étrangère.   Mais ce n’est pas tout.   C’est au Parlement européen que nous votons les protections dont vous avez besoin sur les réseaux sociaux. Ces lois, j’en suis fière, parce que vous êtes nombreux à me dire combien Internet peut rendre votre vie impossible quand il est utilisé pour vous harceler. Quand il vous enferme dans une réalité alternative qui vous coupe du monde réel.   C’est au Parlement européen aussi que nous agissons pour vous permettre de grandir dans un monde décarboné, prospère et pacifique. Parce que ce que nous voulons, c’est que vous puissiez trouver un bon emploi, avoir une vie personnelle et familiale la plus épanouie possible, en bonne santé et en sécurité. C’est cela le rôle de la politique.   Ce que je veux enfin vous dire, c’est que les choses ne se résolvent pas d’un claquement d’un doigt. Je suis fière d’appartenir à une force politique dont j’estime qu’elle a beaucoup fait pour vous depuis 10 ans. Il y a des avancées que vous connaissez, d’autres que vous ignorez peut-être, il y a tout ce qui va profiter aux futurs lycéens. Mais contrairement à d’autres partis, nous avons agi. Je vous parlais de l’Europe et de son budget : c’est nous qui l’avons défendu. C’est nous qui continuons de vouloir le renforcer. Pas le RN, ni LFI.   Votre mobilisation – quand elle s’affranchit de toute forme de violence, que je condamne avec la plus grande fermeté – me réjouis sur un point essentiel : vous croyez en la politique. Rien ne serait pire que l’abattement et la résignation. Nous sommes vos élus, alors vous avez raison de nous demander des comptes.   C'est pourquoi je m'engage à vous répondre : je suis à votre disposition sur mes réseaux sociaux, en commentaire ou par message privé.

> Le 7 octobre 2023, Israël a vécu la pire attaque de son histoire. Le plus grand pogrom du 21e siècle. Le Hamas a massacré près de 1200 hommes, femmes et enfants dans une barbarie inouïe. Il a pris en otage des centaines d’autres personnes. J’ai une pensée émue pour eux tous et pour leurs proches. Ce 7 octobre 2023, des femmes et des hommes ont été tués parce que Juifs, victimes d’une haine antisémite intolérable. Celle-là même contre laquelle nous luttons tous les jours. Ces terroristes islamistes du Hamas n’ont pas seulement attaqué Israël. Ils portent aussi une responsabilité immense dans la mort de milliers de Palestiniens. Nous avons condamné la riposte disproportionnée du gouvernement Netanyahu et la poursuite de la politique illégale de colonisation. Mais ce 7 octobre, je sais qui a été l’agresseur et qui a été agressé. Nous devons défendre le droit inconditionnel d’Israël à exister et à se défendre. Nous devons également porter la seule solution que nous savons bonne pour assurer la paix dans la région et la coexistence pacifique entre tous les peuples : celle de deux États, israélien et palestinien. C’est ici le rôle diplomatique que jouent la France et l’Europe. Le 7 octobre 2023 est une date terrible. Universelle. L’humanité a été niée, la haine a triomphé. En ce jour de commémoration, un seul mot d’ordre doit nous guider : plus jamais ça !

> Au Parlement européen, nous faisons du numérique un monde sûr pour toutes et tous. Avec Tim Cook, président du Conseil d’administration d’Apple, nous avons échangé sur les grands sujets sur lesquels nous devons travailler ensemble, législateurs et entreprises : la protection de nos enfants, celle de nos données personnelles, le développement de l’IA. Tout acteur du numérique est le bienvenu dans notre marché européen, d’où qu’il vienne. À la condition qu’il respecte nos règles.

> Il y a à peine plus de cinquante ans, le Portugal vivait sous une dictature. Il y a quarante ans, il rejoignait la famille européenne.   Aujourd’hui, le Portugal est une démocratie solide, une économie florissante, un pays qui compte en Europe. C’est aussi cela la promesse européenne.

> 360 milliards d’euros, c’est le déficit commercial de l’Union européenne avec la Chine en 2025. Près d’1 milliard d’euros par jour !   Ce que révèle ce déficit, c’est qu’on ne lutte pas à armes égales. La Chine organise le déséquilibre commercial avec l’UE.   Nous devons durcir notre doctrine commerciale, justement parce que nous soutenons un commerce international basé sur des règles claires.

 

Pascal Canfin (député)
> Les cinq crises qui risquent de bouleverser la campagne présidentielle
Depuis plusieurs semaines, le sentiment que la France est menacée par le déclenchement d'une crise majeure est monté de plusieurs crans. Cinq crises potentielles pèsent sur notre pays. La probabilité qu’aucune d'entre elles ne se produise avant l'élection du printemps prochain est, à mes yeux, plus faible qu’au moins l’une d'entre elle ne se déclenche. Ce qui ne manquera pas de bouleverser les scénarios de la campagne présidentielle.
La première crise est celle des prix des énergies fossiles. La guerre en Iran et la déstabilisation régionale qu'elle engendre, tout comme les conséquences durables de la guerre que mène la Russie en Ukraine, exercent une pression massive sur le pouvoir d'achat des Français. Les prix des carburants battent des records et personne ne connaît les prochaines étapes : arrêt des exportations de diesel en provenance des États-Unis comme le menace le président Trump ? Poursuite des blocages sur les différentes routes d’approvisionnement dans le Golfe persique ? Nouvelles attaques russes et ukrainiennes contre leurs infrastructures énergétiques ? Augmentation importante cet hiver du prix du gaz en raison de stockage trop faible aujourd'hui notamment en Allemagne ? Les canaux de transmission sont nombreux.
La deuxième crise est celle de la dette publique française. Les taux auxquels la France emprunte battent eux aussi des records et l'écart entre le taux allemand, le plus sûr d'Europe, et le taux français est bien supérieur à ce qu'il a été depuis près de 15 ans. Cela s’explique par quatre facteurs clés cumulés : la France est le seul pays d’Europe à avoir peu de croissance, un déficit qui ne baisse plus, un niveau déjà élevé de dette et une instabilité politique présente et future radicale. Dans ces conditions, la prime de risque ne peut qu'augmenter, faisant peser une pression supplémentaire sur nos finances publiques et créant le risque d'un effet boule de neige.
La troisième crise est également d’ordre financier et peut venir des États-Unis via l'explosion de la bulle IA et la tension que l'augmentation des taux américains fait peser sur le reste du monde. Personne n'a de boule de cristal, mais les signaux d'une possible crise financière américaine sont perceptibles et la dernière, celle de 2008-2009, a montré qu'elle entraineraît des conséquences majeures pour nous, même si nous n’en sommes pas à l'origine, tout comme la crise énergétique.
La quatrième crise est purement sécuritaire : la guerre que la Russie mène en Europe prend des formes de plus en plus ouvertes. Les responsables militaires nous préviennent depuis des années, le président de la République l'a rappelé à tous les chefs de partis récemment et la multiplication des évènements qui ressemblent de plus en plus à des attaques directes est une réalité dans de nombreux pays européens.
Enfin, la cinquième crise est climatique. Les conséquences du bouleversement du climat sont là et bien là. Les canaux de transmission de cette crise sont multiples. Pour n'en prendre qu’un, regardons l’agriculture. La situation de nombreuses filières et de nombreux territoires est catastrophique après l’été et le mois de septembre sans pluie que nous avons connus. Il n’est pas du tout impossible que les agriculteurs se mobilisent de nouveau pendant la période hivernale lorsqu'ils ne seront plus dans les champs.
Or, le déclenchement de l'une de ces crises aura des répercussions sur l'ensemble. Prenons trois scénarios possibles, parmi bien d'autres. L’aggravation des conséquences sociales de la crise des énergies fossiles ou la mobilisation des agriculteurs pourrait pousser le gouvernement à sortir le carnet de chèques. Ce qui conduirait les marchés financiers à faire encore augmenter la prime de risque et mettrait la France réellement au bord de la crise financière. Ou, à l’inverse, la pression pour répondre aux attentes des marchés conduirait à des politiques sociales restrictives qui mobiliseront dans la rue, à l’instar des mobilisations lycéennes des derniers jours, augmentant l'instabilité politique... et donc la pression des marchés. Sur un autre front, l’explosion de la bulle IA aurait nécessairement des conséquences sur notre croissance, déjà presque nulle, amenant probablement la France en récession avant la présidentielle, générant une pression partout en Europe pour des politiques publiques de relance, ce qui impliquerait d'en trouver les ressources financières, et mettrait la question de la politique de la BCE sur le devant de la scène, changeant ainsi totalement les termes du débat budgétaire.
La conclusion politique de cette analyse est simple : il est bien plus probable que la campagne présidentielle ne se passe pas du tout comme prévu aujourd’hui que le contraire. Et chaque semaine qui passe semble nous rapprocher d'un de ces points de rupture.

> Mes amendements sur la réforme du marché européen du carbone
Le marché du carbone (ETS) est un outil climatique, car il vise à réduire les émissions de l’industrie européenne, mais c’est aussi un outil de souveraineté et de compétitivité. À travers le signal du prix du carbone et grâce aux revenus collectés, il permet de générer les investissements dans les capacités de production industrielle décarbonées dont l’Europe a besoin pour rester compétitive dans un monde où nous sommes dépendants de l'évolution incontrôlée du prix des énergies fossiles.
En juillet, la Commission européenne a présenté sa proposition de réforme de l’ETS pour fixer les règles de fonctionnement pour la période 2031-2040. Le texte est maintenant en négociation au Parlement européen d’un côté, et au Conseil de l’autre entre les États membres. La date limite pour que les parlementaires déposent leurs amendements était fixée à ce mardi. J’ai donc déposé hier mes amendements avec un objectif principal : faire de l’ETS un moteur d’accélération de l’investissement dans la décarbonation industrielle en Europe.
Transformer l’ETS en outil d’investissement
L’un des points les plus débattus de la réforme proposée par la Commission en juillet concerne la distribution de quotas gratuits à l’industrie. Pour les secteurs les plus exposés à la concurrence internationale, une partie des quotas qu’ils doivent acheter pour couvrir leurs émissions est distribuée gratuitement, afin d'éviter que ces entreprises ne soient incitées à délocaliser leur production vers des pays où il n'y a pas de prix sur le carbone.
Les quotas gratuits ne sont pas un mauvais outil en soi mais ils doivent être utilisés pour aider les entreprises à investir dans la décarbonation de leur site industriel européen et non pas comme une rente à vie ! La réforme de la Commission européenne prévoit ainsi de conditionner le maintien des quotas gratuits à des investissements en Europe dans la décarbonation. Si je soutiens fortement le principe de conditionnalité, le mécanisme proposé par la Commission soulève des interrogations, notamment car il traite de la même façon les entreprises qui promettent d’investir et celles ayant déjà investi dans les technologies vertes il y a quelques années.
Pour simplifier la conditionnalité, et récompenser les efforts de ceux qui ont pris des risques et jouer le jeu en investissant, je propose trois mécanismes de conformité :
- En cas de soumission d’une “décision finale d’investissement” (FID) pour un investissement à venir ou pris entre 2026 et 2030, l’entreprise reçoit 100 % de ses quotas gratuits, dont 80 % dès la première année, pour réduire le besoin de financement du projet au moment où il est le plus élevé.
- En cas de soumission d’un contrat d'achat de long terme d'intrants bas carbone produits en Europe, comme un contrat d'offtake, l'entreprise garde 100 % de ses quotas car elle participe à créer la demande qui permet à de nouvelles capacités de production verte européennes de voir le jour. Certes, ce n’est pas elle qui fait l’investissement directement, mais elle vient créer de la demande et donc donner de la visibilité pour décarboner l’amont de sa chaîne de valeur.
- La soumission d’un plan d'investissement, pour celles qui ne sont pas encore en mesure de s'engager fermement, tout en tenant compte de la réalité économique de certaines entreprises qui ne peuvent pas investir par manque de capacités financières. Enlever des quotas gratuits à ces sites reviendrait à accélérer leur fermeture sans accélérer l’investissement pour autant.
Par ailleurs, pour soutenir l’investissement, il faut aller plus loin dans la réforme du Fonds d’innovation. Je propose de le rebaptiser « Clean Innovation and Scale-up Fund » pour clarifier le fait qu’il ne doit pas seulement financer des innovations mais aussi le déploiement à l’échelle de ces innovations. Je propose également de le rendre plus efficace et impactant grâce à des outils financiers variés adaptés aux risques : prêts, garanties, contrats pour différence et soutien à la production, pour soutenir à la fois les investissements (CAPEX) et les coûts d'exploitation (OPEX). Enfin, je propose une mesure de simplification administrative. Aujourd'hui, des entreprises doivent remplir des centaines de pages de dossier sans savoir si elles ont une chance d'être retenues. Demain, il y aurait deux étapes, seuls les projets retenus à la première auraient à constituer un dossier complet.
Garantir de la prévisibilité pour les secteurs couverts par le MACF et apporter une réponse aux problèmes des entreprises européennes qui exportent en dehors de l'Union européenne
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) oblige les importateurs de certains produits (acier, ciment, aluminium, engrais, électricité, hydrogène) à payer le même prix du carbone que les entreprises produisant en Europe. Nous sommes en train de renforcer le MACF dans une négociation en cours en parallèle. En cohérence, dans mes amendements sur l'ETS, j’ai décidé de proposer un paquet de quatre mesures cohérentes qui me semblent nécessaires pour assurer la prévisibilité et la compétitivité des secteurs MACF :
- Avec un MACF renforcé, rien ne justifie de décaler la sortie des quotas gratuits. Je propose donc de revenir à la trajectoire actuelle, avec une fin des quotas gratuits en 2034. Cela donne aux investisseurs la prévisibilité dont ils ont besoin.
- En contrepartie, je propose de ne pas appliquer la conditionnalité des quotas gratuits à ces secteurs car ils ont déjà une forte incitation à investir avec la fin des quotas gratuits en 2034.
- Une solution permanente pour les exports est nécessaire. Or la proposition de la Commission ne prévoit aucune solution crédible pour les entreprises qui exportent en dehors de l’Union dans des marchés où il n’y a pas de prix du carbone ce qui risque de nuire fortement à leur compétitivité. Je reprends donc la position adoptée par le Parlement le 15 septembre sur le Fonds temporaire de décarbonation.
- Enfin, il faut soutenir, en priorité, les investissements des secteurs MACF car ce sont des secteurs difficiles à décarboner et fortement exposés à la concurrence internationale. Je propose donc de prioriser leurs projets de décarbonation dans un autre outil financier appelé l’ETS Booster et doté de 30 milliards d’euros d’ici 2030.

Préserver l’ETS 2 requiert des garde-fous solides pour éviter de pénaliser inutilement le pouvoir d'achat
L'ETS 2 couvrira les émissions du bâtiment et du transport routier à partir de 2028. La proposition de la Commission de juillet ne le rouvre pas. Cependant, la crise des carburants que nous traversons actuellement doit nous amener à tirer de nouveaux enseignements.
Le premier, c’est que le signal prix fonctionne. Face à la hausse des prix des carburants, de nombreux ménages décident de se tourner vers la voiture électrique afin de faire des économies. Résultat : les ventes, neuves comme d'occasion explosent. En France, les voitures 100% électriques représentaient 42% des nouvelles ventes sur le mois de septembre !
Le second, c’est qu’ajouter une nouvelle taxe quand les prix sont déjà très élevés serait contreproductif et injuste socialement. Des prix comme ceux que nous avons aujourd’hui fournissent déjà une incitation très forte pour les consommateurs.
Je refuse les deux impasses. Celle du Rassemblement National, qui cherche à supprimer l'ETS 2 et enferme ainsi les ménages dans la dépendance aux énergies fossiles qui pèse dramatiquement sur leur budget à la fin du mois. Mais je refuse aussi la logique consistant à ajouter un prix du carbone lorsque le prix de l’essence est déjà élevé et que le signal prix fonctionne déjà. Je propose donc de :
- Pérenniser et renforcer le mécanisme de stabilité des prix : le seuil de 45 euros la tonne de CO2 serait réindexé sur les prix de 2026, et non plus de 2020, de façon à neutraliser l'inflation récente, et ne serait plus limité dans le temps comme c’est le cas dans la loi actuelle. Avec le renforcement proposé, le prix du carbone sur le chauffage et les carburants serait plafonné durablement à un niveau équivalent à celui de la taxe carbone française. Les ménages français paieraient donc, avec l'ETS2, le même prix que celui qu'ils paient déjà aujourd'hui car cette taxe nationale serait remplacée par le mécanisme européen.
- Introduire un mécanisme de suspension automatique de l’ETS 2 en cas de crise des carburants, notamment quand le prix du pétrole est supérieur à 100 dollars le baril.
- Compenser financièrement les ménages modestes qui dépendent de leur véhicule pour travailler, selon des critères de revenu, de distance parcourue et d'absence d'alternative par exemple en finançant encore plus de leasing de voitures électriques neuves et d’occasion grâce à l’argent collecté par l’ETS2.
- Partager le coût entre propriétaires et locataires pour le chauffage pour faire peser une part croissante sur le propriétaire comme c’est le cas aujourd’hui en Allemagne. C’est un mécanisme indispensable car un ménage locataire paie la facture de chauffage mais ne peut pas décider d’installer une pompe à chaleur ou bien d’isoler son logement. C’est une décision du propriétaire qui, lui, ne supporte pas le coût du carbone sur la facture de chauffage. Pour que le propriétaire soit incité à faire les rénovations nécessaires pour baisser la facture de chauffage de ses locataires, il faut donc qu’il paie une partie du prix du carbone.
Ces amendements sont le reflet de ce que je porte au Parlement : la défense de l’innovation comme moteur de notre compétitivité future, la souveraineté et la justice sociale. Le travail avec les forces politiques pro-européennes commence, avec comme objectif un vote final au Parlement européen avant la fin de l’année.

 

● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)

> 30 000 contributions en moins de 24h : les lycéens ont des choses à dire, et nous devons les entendre ! Leur donner la parole, écouter leurs difficultés et faire vivre leurs propositions, c’est essentiel. Leur participation n’est pas une formalité : c’est une méthode d’action.

> Trois ans après les attaques terroristes du 7 octobre, nous n’oublions pas. Au pavillon mémoriel, en hommage aux victimes et en solidarité avec leurs proches. Notre responsabilité est immense : transmettre leur mémoire, combattre l’antisémitisme sans relâche.

> Ariel avait 4 ans. Kfir, seulement 9 mois. Leurs visages sont devenus ceux d’une enfance arrachée par la barbarie terroriste du 7 octobre 2023. Nous n’oublierons jamais Shiri, Ariel et Kfir, et nous ne cesserons jamais de combattre l’antisémitisme.