mercredi 14 octobre 2026

Propos centristes. France – Adoption de la loi intégrale à l’Assemblée / Fusillade au collège d’Aubagne / Blocage des lycées / Dominique Bernard, assassiné il y a 3 ans / Cyberattaque des grandes surfaces / Budget 2027 / Dette / Union européenne…


Voici une sélection, ce 14 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> Le 13 octobre 2023, Dominique Bernard était lâchement assassiné parce qu’il incarnait ce que les fanatiques islamistes haïssent : la liberté, l’égalité et la fraternité. Trois ans ont passé. Son courage, la douleur des siens, cette blessure infligée à notre République, trois ans après l’assassinat de Samuel Paty : rien ne s’efface. À la famille de Dominique Bernard, à ses proches, à ses élèves, la Nation exprime sa gratitude et son attachement à sa mémoire. À tous les enseignants de France, elle dit sa reconnaissance et son respect. Un professeur ne doit jamais avoir à craindre pour sa vie lorsqu’il enseigne. Aucune colère, aucune cause, aucune conviction ne justifiera jamais qu’on s’en prenne à celles et ceux qui font de la transmission leur vocation. Lorsqu’on s’attaque à un enseignant, c’est la République et ses valeurs qu’on veut atteindre et faire taire. La République ne se taira pas.

> Les crises internationales ne doivent pas devenir le prétexte à l’inaction climatique. Le combat du siècle reste celui du climat. La France ne lâche rien. Depuis 2017, nos émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 23 %. C’est 5 fois plus rapide qu’entre 1990 et 2016. Autre bonne nouvelle : les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 4,1 % au premier semestre 2026 par rapport au même semestre de l’année précédente. Cela dit une chose : malgré les crises, nous ne nous détournons pas de notre objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Ces résultats ne doivent rien au hasard. Ce sont ceux des Français. Ils sont le fruit des efforts de la Nation et des transformations profondes engagées dix ans durant dans notre économie, notre industrie et nos modes de production. Le combat continue. Nous le devons à notre jeunesse.

> Jensen Huang le sait : la France est le pays le plus attractif d’Europe pour l’intelligence artificielle, grâce à nos talents, nos infrastructures et nos entreprises qui nous permettent de rester à l’avant-garde. Depuis Choose France, notre coopération avec NVIDIA s’accélère, des startups aux grands acteurs industriels, en passant par les infrastructures de calcul et la recherche. Avec une nouvelle étape aujourd’hui : NVIDIA investit dans des entreprises françaises et s’engage à soutenir notre initiative franco-allemande pour développer la recherche ouverte en Europe. Cela a d’autant plus de valeur que nous partageons et portons la même exigence d’une intelligence artificielle ouverte, sûre et au service de notre souveraineté. Merci cher Jensen pour votre confiance et votre soutien.

> Il y a 10 ans, on nous disait qu’il était impossible de produire des batteries électriques en Europe et que l’automobile française ne ferait pas le poids face à la concurrence mondiale. Impossible n’est pas Français ! Aujourd’hui nous avons 4 gigafactories en France, nous produisons des centaines de milliers de véhicules électriques et nos R4 et R5 sortent de nos usines avec des batteries fabriquées chez nous. C’est très concret, c’est bon pour nos emplois, notre économie, et cohérent avec nos objectifs climatiques. Au Mondial de l’Auto ce matin, j’ai réaffirmé une ambition claire : notre industrie automobile française et européenne innove, accélère et se réindustrialise. Nous devons continuer et aller plus loin. Trois priorités : 1. Protéger notre industrie. L’accord engagé entre l’Union européenne et la Chine marque une étape pour lutter contre la concurrence déloyale, notamment sur les véhicules hybrides. Nous voulons une concurrence juste, qui protège nos entreprises et nos emplois. 2. Accélérer l’électrification et la réindustrialisation. Plus de 40 % des véhicules vendus en septembre étaient électriques. Avec France 2030, nous avons investi dans l’innovation, relancé des filières industrielles et démontré qu’on pouvait créer des emplois tout en décarbonant notre économie. Nous continuerons, notamment avec le véhicule autonome. 3. Renforcer notre souveraineté européenne. Avec nos partenaires allemands, nous avançons vers un accord pour concilier décarbonation, compétitivité et protection de notre industrie. Avec une priorité : produire en Europe nos véhicules et leurs composants. Nous avons montré que nous pouvions y arriver. Soyons fiers de nos industries et de nos savoir-faire. Continuons à décarboner sans désindustrialiser, innover sans dépendre et défendre notre capacité à produire en Europe. Croyons en nous, en notre industrie et en notre avenir !

> Heureux d’accueillir le président de la République du Tchad, Mahamat Idriss Déby, à Paris. Avec la signature aujourd’hui d’une déclaration d’intention, nous franchissons une nouvelle étape et actons le renforcement de notre partenariat de défense, dans la logique d’une relation renouvelée. Ensemble, nous bâtissons un partenariat fondé sur le respect mutuel et des coopérations concrètes au bénéfice de nos peuples, en particulier aux plans culturel et économique, avec de nombreuses avancées pour nos entreprises.

> [Déclaration au Mondial de l’auto] Heureux d’être avec vous ici pour cette nouvelle édition du Mondial de l’auto. C’est un salon important pour nous, pour l’industrie, l’industrie française mais aussi européenne. Je pense que c'est très bien qu'on se retrouve aujourd'hui avec un salon, on le voit, qui vraiment a retrouvé une grande forme.
Alors le marché européen reste difficile, on le sait, on connaît les chiffres, surtout sur la période d'après-Covid, mais on a des industriels qui innovent, qui accélèrent et je crois que les derniers jours en particulier, ce que nous sommes en train de consolider, permet d'aller dans la bonne direction. D'abord parce qu'un accord a été conclu, qui est le début d'un processus entre l'Union européenne et la Chine, qui va permettre de mieux protéger le marché européen de la concurrence déloyale, et en particulier sur les hybrides. C'est le fruit d'un travail, vous le savez, depuis plusieurs années, dans lequel nous avons souhaité rétablir une concurrence juste et loyale entre Européens et non-Européens lorsqu'il y avait des éléments de sur-subventions ou des concurrences déloyales. Donc ça, c'est un premier point.
Le deuxième, on a une industrie qui innove, qui avance, qui accélère et on veut l'accompagner. C'est le sens de ce que la France a porté ces dernières années en matière d'électrification, avec des résultats d'ailleurs qui sont explicites. On a plus de 40 % des véhicules vendus en septembre 2026 qui sont des véhicules électriques. Cette électrification qui permet une réindustrialisation, on a 4 gigafactories de batteries électriques. On produit beaucoup de ces véhicules en France et en Europe. Donc on est en train d'accélérer l'électrification et l'industrialisation.
Troisième élément, on est en train aujourd'hui aussi de conclure, de finaliser un accord avec nos partenaires allemands pour que l'Europe puisse avancer afin justement de mieux protéger notre industrie et de garder nos objectifs de décarbonation, améliorer notre compétitivité, et renforcer notre souveraineté. Cet accord, il est imminent. C'est celui qui va permettre en partie d'avoir les bonnes flexibilités, de trouver aussi un accord sur le contenu européen. Je finirai sur ce point, c'est qu'on a besoin de défendre un contenu européen pour les véhicules, pour aussi l'ensemble des composants de ces véhicules, et c'est pour nous très important qu'on préserve cette souveraineté européenne et cette capacité à produire en Europe.
Au-delà de ces grands sujets, qui est au fond de renforcer notre industrie, de la consolider, de permettre de relever nos défis qui sont à la fois le climat, la souveraineté et la compétitivité, on aura l'occasion, y compris au cours de ce salon, de revenir sur le véhicule autonome, qui est aussi un des défis qu'on a devant nous, qui est très important pour l'innovation européenne, dans lequel on veut avoir une Europe qui prend toute sa place, et donc montrer qu'on est ouverts à ces innovations. Mais on veut là aussi que notre chaîne de valeur puisse pleinement en bénéficier. En tout cas, moi, j'invite l'ensemble de nos compatriotes à continuer d'avancer, d'accompagner et d'avoir confiance dans leur industrie automobile. En venant ici, je veux aussi redire à la fois notre fierté et notre volonté d'accompagner l'ensemble des industriels ici présents.

> [Décision de Donald Trump d'acheter du diesel russe pour faire baisser le prix du carburant] Je pense qu'il ne peut y avoir de réouverture sur les sujets énergétiques que s'il y a une vraie trêve des deux côtés. Je n'ai pas constaté ces 48 dernières heures de trêve énergétique du côté russe. Donc on a toujours dit les choses de manière très claire, et d'ailleurs le président Trump l'a lui-même présenté comme tel en disant : « J'ai obtenu une trêve des deux côtés ». Les faits sont là, qui disent que les Russes ont continué de bombarder des infrastructures énergétiques dans les dernières heures. J'aurai l'occasion de lui parler tout à l'heure. Je pense qu'il faut qu'on soit collectivement sérieux.
On n'a aujourd'hui, je crois, aucune raison factuelle de changer notre position. La Russie continue de bombarder à la fois les civils et les infrastructures en Ukraine. Donc oui, pour chercher un cessez-le-feu, sur l'énergie et, je dirais aussi, sur la mer Noire, et reprendre des discussions de paix, non pour céder face, au fond, à la menace russe.
Nous sommes après favorables à continuer d'œuvrer de manière coordonnée pour baisser les prix du carburant pour l'ensemble de nos compatriotes et sécuriser le gaz. C'est exactement le sens du G7 que nous avons tenu, c'est-à-dire pas de restrictions d'export entre les partenaires du G7 et la libération de stocks stratégiques. Ce que la France est d'ailleurs en train de faire.

> [Prix des carburants] La première chose, c'est que les carburants montent à cause de la géopolitique. Et donc le cœur du travail qui est le nôtre, c'est de tout faire pour faciliter à la fois le transit à travers Ormuz et Yanbu. Nous avons des moyens et des capacités pour aider à sécuriser d'ailleurs certains de ces sites qui sont sur place. C'est ensuite réduire le coût de transport, et donc c'est tout le travail qu'on est en train de faire avec les transporteurs pour améliorer les mécanismes d'assurance et baisser ce coût qui a été multiplié par 10.
Enfin, c'est avec la libération des stocks stratégiques et les discussions, en particulier avec nos grandes entreprises, qui permettent de faire qu'à la pompe, ce prix soit le plus bas possible. C'est le sens de ce que le Premier ministre a annoncé la semaine dernière. Aujourd'hui se tiennent des réunions en ce sens avec l'ensemble des distributeurs. Donc le Gouvernement est à la manœuvre pour justement baisser ces prix au maximum, mettre la pression et donc baisser les marges aujourd'hui du côté raffineurs et utiliser à plein la libération de ces stocks stratégiques pour aider à baisser les prix à la pompe. Il y a ensuite eu des mécanismes d'accompagnement qui ont été décidés et annoncés par le Gouvernement, comme le Premier ministre et les ministres l'ont dit, ils accompagneront l'évolution et ensuite il y aura des débats parlementaires et ceux-là je ne veux pas les préempter.

> [Blocage des lycées] La plateforme qui a été mise en place et les discussions qui doivent se structurer dans chaque lycée sont importantes. Pour ma part, je les souhaite. Je vous rappelle qu'il y a quelques années, nous avions lancé ces conseils nationaux de la refondation locaux, invitant d'ailleurs les communautés pédagogiques, les familles, les élèves, les maires, les responsables de périscolaire à se mettre autour d'une table pour améliorer les choses, que nous nous sommes battus pour améliorer le remplacement des professeurs. On a beaucoup baissé durant mon premier mandat les non-remplacements longs. Il y a encore, même quand on arrive à 95 %, les 5 % qui restent, c'est toujours trop. On s'est attaqués ensuite aux non-remplacements courts, les moins de 15 jours. Donc on ne découvre pas ce chantier. Il faut continuer d’œuvrer, c'est le sens aussi des annonces qu'a faites le ministre de l'Éducation nationale. On sait aussi qu'il y a la question de l'aménagement des horaires, qui est une demande forte de nos lycéens. J'avais souhaité une convention citoyenne sur ce sujet des rythmes scolaires. On sait les difficultés que ça soulève. J'ai pu noter aussi le faible consensus qu'il y avait. Il faut à coup sûr remettre cette question sur la table. Je pense qu'elle est très importante. Tout ça, ce sont des sujets qui méritent du temps, de la concertation, de la discussion, du respect. Ceci impose par ailleurs que ça soit fait dans le calme, dans l'ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens. Le Gouvernement avance. Les ministres, le ministre de l'Éducation nationale, la ministre en charge de l'apprentissage, l'ensemble des ministres concernés sont sur le terrain aussi pour mener ce travail d'écoute, de concertation puis de décision.

> [Blocage des lycées] Qu'il y ait des lycéens qui s'expriment, qui réfléchissent à leur avenir, à l'amélioration de leurs conditions de travail, d'apprentissage, devrais-je dire, et qui réfléchissent à leur avenir et veulent se saisir de ces grandes questions, je pense que c'est une bonne chose. C'est le cas d'ailleurs de ce qui doit se faire dans la vie lycéenne. Donc ça, je suis toujours là pour l'accompagner, lui donner sa place, et je pense que c'est ce qu'on doit à cette génération. Je vois aussi que c'est une génération, vous savez, il faut qu'on regarde exactement ce qui est en train de se passer. Nos lycéens d'aujourd'hui, ce sont les jeunes collégiens qui ont vécu le Covid. C'était les jeunes qui étaient en école primaire au moment des attentats. Donc c’est des générations qui ont traversé des épreuves avec toute la nation. Ça, on doit le regarder en face. C'est aussi la fin d'une génération qui a été très nombreuse parce que ce sont les dernières générations où il y a beaucoup d'élèves par classe, malgré les efforts qu'on a pu faire, parce qu'ils étaient plus nombreux. Juste après eux, il y aura moins d'élèves par classe parce que, malheureusement pour notre pays, il y a eu moins de naissances. Donc c'est une jeunesse qui est aussi confrontée à de vrais défis. Donc ça, on doit l'accompagner, on doit l'aider, on doit la mettre en situation de mieux apprendre.
Après, moi, je ne saurais évidemment pas approuver en quoi que ce soit ou justifier quelque violence. Et ce qu'on a pu voir chez les lycéens et chez tous ceux qui, n'étant plus lycéens, viennent profiter de tout cela pour brûler, détruire ou conduire des violences, ça, c'est inacceptable. (…)
Tout a été dit là-dessus et je crois que c'est assez clair pour dire que dans plusieurs endroits, oui, il y a eu une volonté de récupérer. Mais, encore une fois, ça, il faut le condamner parce qu'on a besoin d'ordre et de respect. Ça ne doit pas simplement nous conduire à ne pas regarder en face tout ce qui doit être considéré et accompagné. Mais on a besoin, pour que les choses avancent, que les discussions se passent dans le calme, dans l'esprit de responsabilité, pour qu'elles donnent lieu à des décisions.

> [Accord avec l’Allemagne] On est en train de le finaliser. Après il y a des contraintes aussi politiques outre-Rhin et je respecte totalement les discussions de coalition. Donc en tout cas, on est à deux doigts d'un accord qui est très important parce que c'est celui qui va permettre de définir le périmètre géographique pour l'accélérateur industriel et nos grandes décisions. C'est celui qui va permettre d'avoir une approche pragmatique de nos objectifs de décarbonation, de définir le contenu européen, d'avoir des mesures pour les véhicules dits légers. Il y a tout un tas de mesures qui sont très importantes, qu'on va finaliser dans cet accord, qui sont attendues et qui ont fait l'objet d'un très gros travail entre nos gouvernements. Donc on va continuer d'œuvrer. Ça, en plus des mesures de protection face à la concurrence déloyale, c'est ce qu'attend légitimement l'ensemble des industriels.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> Tous les français doivent avoir accès à un médecin près de chez eux. Depuis 2017, nous avons engagé un effort historique pour former davantage de professionnels de santé, notamment avec la suppression du numerus clausus. Les résultats sont là : 10 260 postes d’internat ouverts en 2026, soit 1 341 de plus qu’en 2025, dont plus de 4 000 en médecine générale. Cette progression concerne aussi des spécialités essentielles : +32 % de postes pourvus en psychiatrie, +20 % en pédiatrie et près de +20 % en médecine d’urgence. Et nous allons plus loin. Dès novembre, plus de 3 000 docteurs juniors en médecine générale débuteront leur dernière année de formation sur le terrain, dont 80 % dans les territoires où l’accès aux soins est le plus difficile. En mai 2027, 500 internes supplémentaires viendront renforcer ce dispositif. Cette réforme poursuit un double objectif : améliorer la formation des futurs médecins en les confrontant davantage à la pratique et favoriser leur installation dans les territoires où ils auront exercé. Elle permettra également de réaliser plusieurs millions de consultations supplémentaires au plus près des patients. Nous voulons également doubler, dès 2027, le nombre d’infirmiers en pratique avancée en formation pour renforcer les équipes de soins. Notre objectif est clair : former davantage de professionnels de santé, renforcer leur présence dans les territoires qui en ont le plus besoin et améliorer concrètement l’accès aux soins pour tous les Français.

> Les prix du gazole et du fioul domestique vont baisser Dès le 1er novembre, dans toutes les stations services de France, le prix du litre de gazole baissera jusqu’à 18 centimes par litre de gazole. Soit environ 10 € d’économie par plein. Cette baisse se répercutera également sur le prix du fioul domestique, sur le gazole vendu aux professionnels du transport ainsi qu’au gazole non routier, utilisé par les agriculteurs, les pêcheurs ou encore les professionnels du BTP. Elle est permise par une décision exceptionnelle du Gouvernement : la vente à prix coutant de 10 millions de barils de gazole issus de nos stocks stratégiques pour diminuer la facture pour les Français. Pour permettre aux stations services rurales de bénéficier de cette baisse, des avances sur trésorerie et un fonds spécialisé accompagnera plus de 300 stations isolées pour qu’elles appliquent ces nouveaux prix dès le 1er novembre. La Corse et les Outre-Mer, où l’approvisionnement est différent, bénéficieront de dispositifs adaptés. Objectifs de cette mesure inédite : - Une baisse des prix du gazole et du fioul domestique dès le 1er novembre pour tous les Français - Un avantage répercuté intégralement au consommateur grâce à l’engagement des distributeurs et à une tracabilité à toutes les étapes sous le contrôle des services de l’Etat Face à une crise que nous n’avons pas choisi, qui n’est pas en péril nos approvisionnements mais intègre une hausse durable des prix, l’Etat assume ses responsabilités.

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> À l’issue d’une nouvelle journée de mobilisation des lycéens, j’ai tenu à témoigner mon soutien aux effectifs de la préfecture de police, policiers, gendarmes et pompiers ainsi qu’à leur hiérarchie pour leur remarquable implication et professionnalisme. Cette journée a été particulièrement éprouvante pour ces derniers, comme sur tout le territoire national, face à des violences inacceptables que je condamne fermement. Mes pensées vont à tous les policiers et gendarmes blessés, parmi lesquels 11 policiers à Paris ont été hospitalisés dont 2 sont au bloc opératoire. Je veux rappeler ma fermeté face aux individus violents qui s’en prennent aux forces de l’ordre. À Paris comme sur le reste du territoire les forces de sécurité intérieure seront aux côtés de nos concitoyens pour préserver l’ordre public et garantir la liberté de manifester.

> [Fusillade dans un collège d’Aubagne / Intervention à l’Assemblée] S’agissant de la fusillade qui a eu lieu hier, je m’associe au soutien apporté à la communauté éducative par le ministre de l’éducation nationale que j’ai accompagné sur place, en particulier dans le contexte de l’anniversaire, à quelques jours d’intervalle, des attentats terroristes qui ont tué Samuel Paty et Dominique Bernard.
Tout notre dispositif de lutte antiterroriste n’a cessé de s’adapter à l’évolution des menaces. Le parquet national antiterroriste saisi de l’affaire d’hier semble confirmer nos soupçons quant à la probable appartenance de ce jeune de 14 ans à la True Crime Community, une mouvance qui se tisse sur les réseaux sociaux et fédère des jeunes qui s’isolent, se marginalisent, s’enferment dans leur bulle et finissent par fréquenter d’autres jeunes, qu’ils ne rencontrent même pas physiquement, pour évoquer des tueries de masse.
Ce phénomène, né aux États-Unis, au Canada et ailleurs, n’a émergé qu’en 2025. Il ne s’agit pas du terrorisme islamiste, mais bien d’une autre forme de violence et de radicalité, que les services de renseignement suivent. Plusieurs dizaines de jeunes font ainsi l’objet d’un suivi, et nous formons les enseignants à la détection des signes de radicalisation, afin de prévenir le plus en amont possible le passage à l’acte.
Ma réponse, monsieur le député, est celle d’une personne ancrée dans la réalité. Comme toujours lorsqu’il s’agit de formes de violences nouvelles, les services de sécurité intérieure s’y adaptent dès aujourd’hui.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> La relation de défense franco-tchadienne, fondée sur le respect mutuel et les intérêts communs, se renforce : très heureuse de signer ce jour avec le général Issakha Malloua Djamouss, ministre des Armées du Tchad, une déclaration d'intention. Celle-ci, tournée vers l'avenir, vient structurer la coopération en matière de capacités de défense, dans des champs innovants.

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Budget 2027 / Intervention à l’Assemblée pour sa présentation] Nous sommes devant vous ce soir pour entamer l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Je présenterai pour ma part le contexte économique et les grands équilibres de ce budget avant de laisser la parole à M. le ministre de l’action et des comptes publics, qui vous détaillera son contenu.
L’année 2026 n’est pas terminée et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a été marquée par une multiplication des crises. Crises internationales d’abord : deux conflits, au Moyen-Orient mais aussi en Ukraine, car les frappes ukrainiennes sur les installations énergétiques en Russie –
⁠ bravo à eux – ont introduit de nouvelles tensions sur les marchés énergétiques. Crises nationales également, avec une loi spéciale qui, je le rappelle, a cassé l’élan de notre économie en début d’année, ainsi que plusieurs canicules, sécheresses et incendies. Cette situation s’impose à nous et elle nourrit une incertitude qui a deux conséquences : la croissance mondiale ralentit et les taux d’intérêt montent partout, car la hausse de l’endettement public et privé est générale et les banques centrales restent fermes face à l’inflation.
Ces chocs ont pesé sur la croissance française, dont la prévision a été revue à la baisse à 0,5 % pour cette année. Ils ont également eu un impact sur les finances publiques. En 2026, le déficit public atteindra 5,4 % du produit intérieur brut, contre les 5 % initialement prévus et adoptés par cette assemblée. Cela est dû pour 0,3 point à la dégradation de l’environnement international et pour 0,1 point à la hausse de la charge de la dette.
Nos efforts ciblés de maîtrise de la dépense et l’organisation de deux comités d’alerte, le 21 avril et le 7 juillet, auxquels certains d’entre vous ont participé, ont permis de contenir la dépense malgré la situation. Nous avons réduit de 0,1 point notre déficit primaire, c’est-à-dire que l’État, certes, continue de dépenser plus qu’il ne récolte, sans compter le remboursement des intérêts de la dette, mais que, cette année, l’écart s’est réduit.
Il est indispensable de revenir à l’équilibre. C’est pourquoi, en 2027, nous reprenons le chemin de la consolidation budgétaire. Nous visons un déficit à 5 % du produit intérieur brut, en baisse par rapport à 2026 mais aussi par rapport à 2025. Notre déficit primaire devrait atteindre 2,1 %, après 2,8 % cette année. L’objectif de revenir à un déficit de 3 % du produit intérieur brut en 2029 est certes un objectif ambitieux, mais il reste à portée de main. Cette prévision de déficit s’appuie sur une prévision de croissance qui s’élève à 1 % en 2027. C’est une prévision solide, étayée. Certes, ce chiffre est légèrement inférieur à celui avancé par le dernier consensus des économistes –
⁠ qui, eux, réajustent presque chaque semaine leurs hypothèses de croissance selon l’actualité.
Cette prévision s’appuie sur trois hypothèses. D’abord, une amélioration progressive de la situation internationale en 2027. Ensuite, un effort de redressement des comptes publics calibré qui rassure sur l’avenir de nos finances publiques –
⁠ c’est essentiel – tout en préservant notre potentiel de croissance ; c’est donc un budget qui préserve les moteurs de la croissance, notamment l’investissement des entreprises, et qui protège les plus modestes et la consommation des ménages en partageant l’effort. La troisième hypothèse dépend de nous tous et de nous toutes. C’est, bien entendu, celle d’un budget adopté avant la fin de l’année, qui donne de la visibilité aux ménages, aux entreprises et aux marchés financiers. L’ensemble de ces hypothèses comporte évidemment une part d’incertitude car l’environnement international reste très volatil ; c’est un aléa bien identifié.
Je le disais, ce budget permet de reprendre le chemin de la consolidation grâce à un effort très significatif. Le PLF et le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) documentent 43 milliards de mesures nouvelles qui, combinées à la montée en charge d’économies décidées antérieurement, représentent au total un effort de redressement inédit des comptes publics de 54 milliards d’euros l’année prochaine. Dès 2027, les dépenses publiques reculeront à 56,9 % du produit intérieur brut, contre 57,1 % en 2026. Hors charge de la dette, elles atteindront 53,9 %, un niveau inférieur à celui de 2017. Nous limitons à 0,7 % la progression de notre dépense primaire nette, l’indicateur clé de nos engagements européens qui mesure la part de nos dépenses sur lesquelles nous pouvons –
⁠ et devons – agir indépendamment de la conjoncture. Si l’on considère la dépense publique hors charge de la dette et hors effort de défense, celle-ci baissera en volume l’année prochaine, ce qui n’avait pas été observé depuis la sortie des aides du covid.
Je le répète, l’effort de maîtrise de notre dépense est massif.
Cet effort en matière de dépense s’accompagne d’une légère hausse du taux de prélèvements obligatoires, à 44,2 %. Ce chiffre est inférieur à ce qui prévalait en 2017 et en 2022. Nous refusons les hausses généralisées d’impôt. Nous indexons, par exemple, le barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation. En parallèle, nous effectuons un travail de rationalisation des niches fiscales, de nettoyage, qui permettra de poursuivre la transformation de notre modèle économique et social et de lutter contre les rentes, la fraude et l’optimisation fiscale.
Une chose est certaine : nous ne pouvons pas attendre pour tenir notre déficit public. Nous avons largement abordé le sujet de la dette publique lors du débat qui s’est tenu cet après-midi. Je rappellerai seulement trois chiffres qui illustrent l’impérieuse nécessité de rétablir nos comptes publics. En 2026, la dette publique devrait atteindre 119,3 % du produit intérieur brut, et 121,7 % l’année prochaine, soit 3 814 milliards d’euros. La charge de la dette devrait quant à elle atteindre 91 milliards d’euros. Enfin, en 2027, pour financer notre dette publique, nous émettrons jusqu’à 340 milliards d’euros d’obligations ; c’est 310 milliards cette année. Nous ne pouvons pas nous y résigner.
Pour éviter d’emprunter toujours plus et conserver des marges de manœuvre, il n’y a qu’une solution, réduire notre déficit. Je crois que nous sommes tous, ou presque, d’accord sur ce point.
Mesdames et messieurs les députés, je le réaffirme ici, la signature de la France est solide. Les dernières adjudications se sont bien passées. Nous avons déjà réalisé près de 90 % de notre programme d’émission pour cette année. Notre économie est résiliente dans les crises. Notre inflation reste plus faible qu’ailleurs : 3 % en septembre, quand l’Italie est à près de 4 % et l’Espagne approche les 5 %. Les Français ont constitué une épargne élevée : 17,9 % en 2025, contre 14 % en 2017. Il est indispensable que nous leur redonnions confiance pour qu’ils puissent enfin puiser dans cette épargne.
Certes, notre croissance a marqué le pas cette année mais, sur une longue période, elle dépasse celle de la plupart de nos grands partenaires européens. Depuis 2017, la croissance, en France, c’est 10 %. En Allemagne, c’est 5 % –
⁠ deux fois moins.
Comment expliquer cette résilience ? Par la robustesse et la diversité de notre économie. Ses atouts énergétiques, technologiques et financiers sont reconnus. Nos banques comptent parmi les meilleures et les mieux capitalisées de la zone euro. Nous avons réformé le marché du travail, ce qui explique en partie que jamais autant de personnes n’ont été en emploi en France. Nous comptons 2,6 millions d’emplois de plus qu’en 2017, contre 1,5 million seulement en Allemagne et 2,2 millions en Italie. Le taux d’emploi des 15-64 ans atteint 69 %, quasiment son plus haut niveau depuis 1975. Celui des jeunes est passé de 29 % en 2017 à 34,5 % en 2025. Nous avons regagné en compétitivité : le commerce extérieur contribue positivement à la croissance. Notre balance des paiements courants est équilibrée. Nous investissons dans notre avenir avec France 2030.
Au-delà des comptes publics qu’il est important de redresser, ce budget permet de poursuivre la modernisation de notre économie, la préparation de l’avenir et le renforcement de l’indépendance de la France par l’électrification.
La préparation de l’avenir, d’abord, car les entreprises ont besoin de visibilité pour investir, pour recruter et pour produire. Ainsi, nous préservons le crédit d’impôt recherche (CIR), le pacte Dutreil et le soutien à l’apprentissage et nous ramenons la surtaxe d’impôt sur les sociétés à 5 milliards d’euros.
Face aux crises, nous protégeons en priorité ceux qui en ont le plus besoin. Les mesures de soutien aux outre-mer et à l’agriculture sont évidemment maintenues.
La modernisation de l’économie, ensuite, signifie que nous soutenons notre industrie innovante. Premier exemple : l’extension du crédit d’impôt au titre des investissements en faveur de l’industrie verte (C3IV) à quatre nouveaux secteurs, ce qui représente 20 000 emplois directs créés dans les quatre prochaines années. L’industrie française sera verte ou elle ne sera pas. Deuxième exemple : la création d’un suramortissement qui incitera nos PME –
⁠ petites et moyennes entreprises – et nos ETI –⁠ entreprises de taille intermédiaire – à basculer vers la robotisation. L’industrie française sera technologique ou elle ne sera pas.
Troisième élément important en cette semaine du Mondial de l’automobile, la révolution de l’électrification est la meilleure réponse face à la crise énergétique car elle tire profit de notre avantage et devient un acquis qui réduira notre sensibilité aux prochaines crises. Ces derniers mois, l’électrification s’est accélérée : en un an, la part de l’électrique dans les ventes a doublé en France –
⁠ de 20 % à 40 % en septembre –, portée par le bonus écologique réservé aux véhicules électriques fabriqués en Europe –⁠ car ce sont majoritairement des véhicules fabriqués en France et en Europe qui ont été achetés. Avec ce budget, nous rendons possible la construction du nouveau nucléaire français pour répondre à la hausse de la demande d’électricité en garantissant son financement.
En conclusion, je terminerai par trois choses.
D’abord, il nous faut un budget d’ici la fin de l’année. La mission de l’inspection générale des finances (IGF) sur la loi spéciale l’a montré : sans budget en 2027, il faut compter au moins 0,5 point de déficit en plus. MaPrimeRénov’ et le fonds Vert seraient arrêtés, les commandes militaires et tous les emplois qui vont avec seraient gelés. À cela, il faut ajouter les effets de l’incertitude budgétaire, qui réduirait drastiquement les investissements.
Deuxièmement, réduire son déficit et préserver la croissance, c’est possible. D’autres l’ont fait avant nous, comme l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Suède, le Canada. Nous le pouvons aussi.
Nous ne sommes pas voués à des décisions brutales. Agissons aujourd’hui pour ne pas subir demain.
Troisième point qui devrait vous plaire : l’objectif des 5 % de déficit en 2027 doit être un point fixe, un cadre pour nos débats. Il nous engage toutes et tous. Bien évidemment, si l’Assemblée souhaite un déficit inférieur à 5 %, n’hésitez pas, nous l’approuverons ! Force est de constater qu’à l’issue de l’examen en commission, le compte n’y est pas. Avec près de 17 milliards d’euros de pertes de recettes et de dépenses nouvelles votées en commission, le déficit pour 2027 augmenterait de 8 milliards, voire 10 milliards si l’on s’en tient aux recettes crédibles. Vous avez supprimé une partie des efforts demandés aux collectivités territoriales. Vous avez supprimé une partie des efforts demandés aux retraités. L’objectif n’est en aucun cas d’opposer les uns aux autres mais que tout le monde contribue à cet effort que nous faisons et que nous devons faire pour notre pays et pour notre jeunesse.
Mesdames et messieurs les députés, nous abordons ce débat dans un esprit de compromis. Eh oui ! Faites-nous confiance, le débat commence tout juste.
Des éléments importants sont d’ores et déjà dans le budget, sur le soutien aux agriculteurs, sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) –
⁠ à propos desquelles vous avez adopté une loi importante tout à l’heure –, sur la jeunesse et sur l’école. Le gouvernement est prêt à déposer des amendements de compromis pour les faire avancer à condition, bien sûr, que le cadre soit respecté.
Ce soir, le monde nous regarde. Nos concitoyens nous regardent. Nous pouvons le faire et, ensemble, nous allons le faire.

> [Cyberattaque contre les congélateurs des supermarchés / Intervention à l’Assemblée] Nous avons tous été saisis d’effroi en découvrant cette cyberattaque qui nous a tous inquiétés car elle touche au cœur de la souveraineté alimentaire française et à la capacité de nos chaînes de distribution à fournir de la nourriture à tous nos concitoyens.
Mon collègue chargé de la consommation et du pouvoir d’achat s’est assuré que l’approvisionnement de notre pays n’était pas compromis : seuls 700 des 10 000 centres répartis sur l’ensemble du territoire ont été touchés. Ces 700 centres ont déconnecté la plateforme sur laquelle je reviendrai dans un instant, et procèdent actuellement au réapprovisionnement de leurs rayons.
Le défi majeur est celui d’une cyberattaque qui n’a directement visé les distributeurs, mais un de leurs fournisseurs, une entreprise danoise qui met à leur disposition une plateforme de régulation des températures et qui a été victime d’une cyberattaque. Cette situation relève de la responsabilité de l’Annsi, qui exercera ses missions de prévention, de correction, d’enquête et de sanction.
Cette attaque doit conduire chacun à prendre ses responsabilités. Une entreprise peut être parfaitement préparée, mais si ses fournisseurs ne le sont pas, elle demeure elle-même exposée. Ce rappel doit servir de réveil pour tous : chaque acteur doit veiller à ce que l’ensemble de ses partenaires, en amont comme en aval de sa chaîne de production, fassent eux aussi tout ce qui est nécessaire pour se prémunir contre les cyberattaques.
Sous l’égide du premier ministre, nous avons décidé d’investir davantage dans la protection des ministères. À terme, sans doute 10 % au moins des budgets informatiques ministériels seront consacrés à la cyberprotection. Mais c’est aujourd’hui l’affaire de tous. Chacun doit se réveiller, prendre la question à bras-le-corps et travailler dans ce sens.

> [Cyberattaque contre les congélateurs des supermarchés / Intervention à l’Assemblée] On a l’impression que tout cela vient du ciel, mais la réalité, c’est que ces événements affectent le quotidien de nos concitoyens et des commerçants frappés.
L’incident doit, en ce Cybermois, offrir l’occasion de rappeler à toutes et tous que ce n’est pas parce qu’on fait les bonnes choses que celles et ceux avec qui on travaille en font autant. Chefs de grandes, petites ou moyennes entreprises, assurez-vous que vos fournisseurs et les clients avec lesquels vous êtes en relation informatique font également leur travail !
La France ne connaît aucun problème d’approvisionnement alimentaire, il est important de le rappeler. Les 700 magasins touchés ont débranché le logiciel défectueux et ont commencé à garnir à nouveau leurs rayons, mais c’est quand même un sacré gâchis, vous l’avez dit. On a détruit des aliments avariés, qui auraient sinon pu être vendus et consommés.
Cet événement doit provoquer le réveil de tous et rappelle combien le projet de loi « résilience » peut nous aider à combler certaines failles. Vous le savez, il était prévu qu’il soit examiné par l’Assemblée nationale la semaine dernière, mais un autre texte important, la proposition de loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles, a pris le dessus, et c’est normal. Nous espérons l’inscrire de nouveau à l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée, si les textes budgétaires et les vicissitudes de leur parcours parlementaire nous en laissent le temps.
Le gouvernement reste mobilisé pour que ce projet de loi soit examiné et voté : on en a bien besoin, comme vous l’avez dit !

> [Dette / Intervention à l’Assemblée] Le II de l’article 48 de la loi organique relative aux lois de finances permet, sans l’imposer, que se tienne un débat sur la dette au moment du dépôt du projet de budget par le gouvernement. Vous avez souhaité que ce débat ait lieu. Je salue votre choix, car la dette préoccupe à juste titre les Français ; c’est un sujet sérieux qui mérite que nous en débattions.
J’ai entendu dire bien des choses, ces derniers jours, à propos de la situation financière de la France. Où en sommes-nous ? Nous assistons à une hausse mondiale des taux d’intérêt, pour les États mais aussi pour les entreprises, qui traduit une compétition importante pour lever des capitaux. En 2026, l’encours des dettes publiques des pays de l’OCDE s’élève à 61 000 milliards de dollars, dont 3 640 milliards d’euros pour la France ; ce chiffre était de 38 000 milliards de dollars en 2017 et de 20 000 milliards de dollars en 2007. La somme des émissions de dette souveraine des pays de l’OCDE se monte à 18 000 milliards de dollars, contre 8 000 milliards en 2017 et 5 000 milliards en 2007.
À cela s’ajoute la dette levée par les entreprises privées, notamment par les neuf entreprises qu’on appelle les hyperscalers et qui, à elles seules, ont accru de 122 milliards leur endettement en 2025. Ces entreprises empruntent à des taux proches de 5 % et absorbent beaucoup plus facilement que les États la montée des taux, du fait de leurs perspectives de profit très favorables.
Cette hausse de l’endettement mondial est une des causes de la hausse récente des taux souverains, à laquelle contribuent également un environnement rendu plus inflationniste par la guerre en Iran et l’anticipation de hausses de taux par les banques centrales –⁠ hausses en partie déjà réalisées.
Où en est la France ?
Examinons les trois facteurs de la soutenabilité de la dette française : le niveau de dette, le déficit primaire et l’écart entre les taux d’intérêt et la croissance. Le niveau de dette est reparti à la hausse depuis 2023. Fin 2025, la dette de l’ensemble des administrations publiques –
⁠ État, collectivités locales et sécurité sociale – atteignait 3 460 milliards d’euros, soit 115,7 % du PIB. Elle atteindra 119,3 % fin 2026 et 121,7 % en 2027. La France est le troisième pays le plus endetté de la zone euro après la Grèce et l’Italie, dont le niveau de dette atteint respectivement 146,1 % et 137,1 % du PIB, mais elle présente une différence majeure avec ces deux pays, puisqu’ils ont commencé à se désendetter.
Le deuxième facteur de la soutenabilité de la dette est le déficit primaire, c’est-à-dire l’écart entre les dépenses et les recettes publiques, hors intérêts de la dette. En 2026, il s’élève à 2,8 % du PIB. Dans son projet de budget pour 2027, le gouvernement prévoit de réduire le déficit primaire à 2,1 %. C’est un effort significatif.
Le troisième facteur de la soutenabilité de notre dette est la différence entre le taux d’intérêt et la croissance. Lorsque l’État emprunte à un taux supérieur à la croissance, la dette s’alourdit d’elle-même, même sans nouveau déficit primaire, par la simple augmentation des intérêts qui pèsent chaque année un peu plus. C’est ce qu’on appelle communément l’effet boule de neige. Quand les taux augmentent, cet effet boule de neige s’amplifie. Il dépend de deux chiffres : premièrement, du taux d’intérêt moyen sur la dette, qui reflète à la fois les taux des anciens emprunts en cours de remboursement et les taux d’emprunt actuels et qui devrait être de 2,5 % en 2027 ; deuxièmement, de la croissance en valeur – c’est-à-dire la croissance en volume à laquelle on ajoute l’inflation –, qui devrait être de 2,7 % en 2027. La croissance en valeur est supérieure aux taux d’intérêt, ce qui montre que la dette française ne subit pas d’effet boule de neige. Pour éviter ce phénomène, nous devons à la fois réduire notre déficit et préserver notre croissance. C’est tout l’objet du débat budgétaire que nous aurons dans quelques heures.
Pour cela, nous pouvons compter sur des fondamentaux robustes. La France dispose de talents reconnus dans le monde entier et d’un nombre d’emplois record : elle compte 2,6 millions d’emplois de plus qu’en 2017, son taux d’emploi atteint 69 % –
⁠ quasiment son plus haut niveau depuis 1975 – et celui des jeunes a progressé de 5 % depuis 2017. Elle dispose aussi d’une capacité d’innovation considérable : avec 37 licornes –⁠ elles étaient 3 il y a dix ans –, 18 000 start-up et 450 000 emplois dans le secteur des technologies, la France est le premier pôle européen de l’intelligence artificielle. Enfin, elle peut s’appuyer sur une électricité décarbonée, abondante et produite localement, ce qui constitue un atout unique en Europe, voire dans le monde –⁠ beaucoup nous l’envie. Ces atouts sont les fondements de notre croissance de demain ; nous les consoliderons. Ils sont aussi ce qui attire les investisseurs du monde entier, qui y voient des perspectives prometteuses.
Toutefois, il faut le reconnaître, nous avons changé d’ère en ce qui concerne le financement de la dette. Il y a cinq ans, la France empruntait à dix ans à taux nul, parfois négatif : les investisseurs acceptaient d’être remboursés moins qu’ils n’avaient prêté. Ces derniers jours, le taux dépasse 4,5 %. Il a augmenté de plus de 1 % –
⁠ de 135 points de base, pour être précis – depuis le début de l’année.
Chaque année, nous refinançons une partie de notre dette qui arrive à échéance. Nous le faisons désormais au taux d’aujourd’hui, donc plus cher. Cette hausse des taux a des conséquences sur les finances publiques : les intérêts que nous payons sur la dette augmentent fortement. Ils représentaient 30 milliards d’euros en 2020, 50 milliards en 2022 et 60 milliards en 2024. Ils atteignent près de 80 milliards en 2026.
Ils devraient atteindre 91 milliards en 2027, 100 milliards en 2028 et un peu moins de 130 milliards en 2030. Cet argent manque pour financer nos hôpitaux, nos écoles, notre défense, notre investissement dans l’avenir. Il est donc extrêmement important de réduire nos déficits publics.
Je tiens néanmoins à rappeler que la France se finance sans difficulté. Sa signature reste solide. En 2025, la demande pour ses titres a été trois fois supérieure à l’offre. Près de 90 % du programme d’émission de la dette pour 2026 a été réalisé, malgré la guerre au Moyen-Orient, et les adjudications atteignent régulièrement le haut de la fourchette annoncée.
Plusieurs points forts, n’en déplaise à certains, expliquent cette solidité : des atouts financiers bien connus des investisseurs –
⁠ une dette parmi les plus liquides de la zone euro, une base d’investisseurs diversifiée dont environ 70 % se situent dans la zone euro, une maturité moyenne de huit ans et demi qui amortit les chocs de taux –, une balance des paiements équilibrée et un secteur financier robuste –⁠ les banques françaises sont parmi les plus solides de la zone euro. Nous n’avons donc pas de problème de financement, nous empruntons simplement plus cher.
La première de nos souverainetés, c’est notre souveraineté financière. Le budget dont nous débattrons nous donne les moyens de conserver cette souveraineté, d’agir plutôt que de subir. Ne nous trompons pas.

> [Voiture électrique / Intervention à l’Assemblée] La voiture est un rêve –⁠ un rêve qui devient un rêve électrique, et un rêve national. J’engage tous les députés à se rendre au Mondial de l’automobile –⁠ je crois que le président de la commission des affaires économiques a prévu une délégation. C’est absolument exceptionnel. On y voit des véhicules fantastiques, électriques pour la plupart, et qui font rêver. Certains véhicules sont chinois, mais les marques françaises sont présentes en force avec des voitures d’hier qui revivent leur belle vie comme la Citroën 2CV, la Renault 5 ou la DS. Très franchement, il y a de quoi être fiers !
Les véhicules électriques, qui se vendent de mieux en mieux en France –
⁠ ils représentent 40 % des véhicules vendus en septembre – doivent effectivement être produits en France, en Europe. Pour cela, nous devons nous battre au niveau européen.
La France a beaucoup agi, si bien que les parts de marché des véhicules chinois sont nettement plus faibles dans notre pays. Nous avons instauré un bonus à l’achat pour les véhicules électriques fabriqués en Europe (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem), grâce à tous ceux qui ont voté cette mesure au sein des précédentes majorités. Nous pouvons en être fiers, tout en continuant le combat à l’échelle européenne.
Comme vous le savez, le président de la République achève en ce moment même une négociation avec le chancelier allemand en vue de parvenir à un accord sur l’évolution des contraintes et des critères qui nous permettront à la fois de continuer à électrifier nos flottes et d’acheter européen.
Cette démarche concerne non seulement les véhicules européens, mais aussi les pièces détachées européennes. Nous devons soutenir les nombreux fournisseurs –
⁠ petites, moyennes et grandes entreprises – présents dans nos territoires, notamment dans le vôtre.
La France agit à Paris et à Bruxelles, mais aussi auprès de la Chine, avec laquelle nous avons signé un accord visant à réduire les importations de véhicules hybrides. Nous poursuivrons nos efforts en ce sens.

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> [Discours de clôture au Global Forum on Building Trust and Reinforcing Democracy organisé par l’OCDE] Les études d'opinion le montrent avec constance, la majorité de la population mondiale, si on lui donne le choix, aspire à vivre en démocratie. Car la démocratie est le cadre institutionnel le plus propice à la prospérité, au bien-être et à la paix. Et pourtant, trois personnes sur quatre vivent aujourd'hui dans une autocratie. Après la période d'expansion qui a suivi la fin de la Guerre froide, le nombre de démocraties est revenu à son étiage de 1978. 
Et de fait, nos démocraties font face à des attaques sans précédent. Des attaques conduites par des régimes autoritaires qui savent que la démocratie est contagieuse et qui la redoutent comme un virus mortel. Rien ne les inquiète plus que sa propagation chez eux. C'est pourquoi ils font tout pour l'empêcher par la force, le chantage, la désinformation, la manipulation des élections. 
Regardez Vladimir Poutine. Quelle est la véritable raison de ses guerres coloniales ? La Géorgie en 2008, l'Ukraine depuis 2014. C'est la démocratie. Le choix souverain des Géorgiens et des Ukrainiens de se tourner vers l'Europe menaçait de contagion démocratique la sphère d'influence russe. Alors il a mis en scène de faux fronts séparatistes pour justifier la violation du droit international. Il a lancé une invasion de l'Ukraine. Il a tenté de manipuler des élections en Allemagne, en Roumanie ou en Moldavie. Et il cherche désormais à intimider les soutiens de l'Ukraine en empiétant sur leurs frontières et en foulant aux pieds ses engagements. A-t-il réussi ? Non. Réussira-t-il ? Certainement pas. 
Vladimir Poutine échoue à progresser sur le terrain comme il échoue à progresser dans les esprits. Pourquoi ? Eh bien parce que la démocratie est une idée et qu'une idée ne se bombarde pas. Aucun drone Shahed ne peut détruire l'idée, l'aspiration à la démocratie. 
Ces dernières années, le champ de bataille de la démocratie s'est étendu à de nouveaux domaines via les réseaux sociaux. Les forces qui veulent abattre la démocratie dominent désormais le champ informationnel où elles déploient des manœuvres destinées à polariser le débat public. C'est pourquoi en Europe, nous nous sommes dotés de règles pour préserver la liberté d'expression tout en empêchant les ingérences étrangères de fragiliser le débat démocratique. 
Mais des mouvements politiques à visée autoritaire gagnent du terrain dans nos démocraties, y compris dans des démocraties mûres en Europe et en Amérique du Nord. Ces mouvements font le jeu des adversaires déclarés de la démocratie, ils aggravent la polarisation de nos sociétés. Leur objectif ultime est clair, s'emparer du pouvoir puis créer les conditions pour ne jamais le rendre. Pour cela, les garde-fous institutionnels sont sous pression, les principes du droit international sont contestés, des alliances avec des forces autoritaires étrangères sont nouées, la séparation des pouvoirs est remise en question. On fait pression sur les journalistes et sur les juges, les organes anti-corruption sont vidés de leur substance, les émotions sont instrumentalisées pour amplifier la colère et la peur. Les campagnes électorales sont ceinturées de désinformation, elles sont dopées à l'intelligence artificielle, le but n'est pas de convaincre mais de sidérer, et c'est ainsi que la violence gagne même les bureaux de vote. 
En France, les prochains mois nous conduiront vers l'élection présidentielle de 2027. Dans ce contexte, les adversaires de la démocratie donnent tout pour nous déstabiliser. Ils exploitent nos divisions, instrumentalisent l'immigration, la laïcité ou encore le conflit israélo-palestinien pour attiser les haines et les tensions. Tout cela a déjà été largement documenté. C'est une entreprise israélienne qui crée de faux comptes français pour mettre en scène des affrontements artificiels sur la question palestinienne. C'est un groupe azerbaïdjanais qui organise des congrès à Nouméa pour lancer des appels à la révolte en outre-mer et faire circuler des projets de constitution provoquants. Ce sont des campagnes de harcèlement massif en ligne par Elon Musk contre des dirigeants européens pour peser sur les débats nationaux en exploitant la viralité de son réseau social. Ce sont des campagnes insidieuses suggérant que la prochaine élection présidentielle française sera truquée. Derrière ces exemples, une même stratégie : déstabiliser la démocratie. 
Il y a quelques jours, les manifestations lycéennes en France ont été elles-mêmes exploitées par des récits hostiles venus de Russie, de Chine, d'Iran, de la communauté MAGA. Nous les voyons, nous les dénonçons et nous y répondons. Nous sommes intransigeants car pour nous, c'est clair, elles portent atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Nous devons à nos concitoyens d'appeler ces ingérences étrangères par leur nom, de les dissuader et de les entraver. Nous revendiquons en France une approche pragmatique. Nous dénonçons tous les acteurs qui nous attaquent, quels qu'ils soient, que l'on soit compétiteur ou partenaire, pas d'immunité pour ceux qui s'en prennent à la France, à son image, à ses intérêts. 
C'est l'approche de Viginum, créée il y a cinq ans à l'initiative du président de la République pour protéger notre débat public contre les ingérences numériques étrangères. Quel que soit l'acteur hostile qui nous attaque, nous exposons ses tactiques et nous les partageons avec tous les Français. C'est l'approche également de nos comptes French Response, qui répondent à toutes les hostilités, d'où qu'elles émanent, notre objectif, infliger un coup, ridiculiser et dissuader les auteurs. Si la dissuasion ne suffit pas, nous passons à l'entrave. Nous l'avons fait cet été avec l'agente de déstabilisation russe, Xenia Fedorova, ancienne patronne de Russia Today en France. 
L'objectif du Kremlin est explicitement revendiqué, mettre fin à nos démocraties libérales au profit d'un nouvel autoritarisme. D'autres acteurs convergent vers cet objectif. Ils cherchent à dicter à l'Europe quelles seraient les bonnes et les mauvaises démocraties en fonction d'un alignement avec leurs propres intérêts. Nous sommes lucides quant à leur modus operandi. Ils ont recours à des influenceurs rémunérés ou mandatés qui exploitent la viralité offerte par les plateformes numériques. Nous ne tolérons aucune forme d'ingérence étrangère. C'est une question de souveraineté. 
Puisque ces ingérences cherchent à fragiliser notre rapport à la démocratie, il revient à tous ici de le consolider. À l'ère de la post-vérité, ne laissons pas le bel idéal de la démocratie être confisqué par ceux qui aimeraient le réduire à un sujet partisan. L'OCDE a bien identifié la déstabilisation des démocraties parmi les menaces hybrides et par ce forum, vous nous invitez à passer à l'action. 
En France, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères est descendu dans l'arène de la bataille des récits. Désormais, il est équipé d'une force de frappe informationnelle qui rassemble la veille et la détection, la riposte et la promotion de nos récits. Cette force de frappe repose sur les 400 acteurs de terrain de notre réseau diplomatique, première ligne de la guerre informationnelle. 
La bataille pour la confiance et l'intégrité de nos débats démocratiques ne pourra être gagnée sans un effort collectif. L'État peut alerter, dénoncer, dissuader et parfois entraver ceux qui cherchent à déstabiliser nos démocraties, mais pour protéger nos démocraties, nous avons besoin de la société civile. Nous avons besoin de tous les acteurs de l'intégrité de l'information, en premier lieu les médias qui partagent nos combats. CFI, Canal France International, qui est un opérateur de mon ministère, forme chaque année des milliers de journalistes à faire leur métier de manière autonome. C'est un engagement que nous continuons à porter avec fierté aujourd'hui plus que jamais. 
À vous, acteurs de la société civile, journalistes, chercheurs, citoyens engagés, je veux dire à quel point nous avons besoin de vous pour faire triompher le discernement et l'esprit critique. C'est vous qui offrez à nos concitoyens une réalité partagée à laquelle se référer. C'est vous qui permettez de rétablir les faits là où prospèrent les mensonges. C'est vous qui leur offrez le recul nécessaire pour comprendre le monde dans sa complexité. La résilience démocratique ne se décrète pas, elle se construit avec vous. Elle se défend chaque jour dans nos médias, dans nos écoles, nos théâtres, nos musées, nos associations, dans nos conversations les plus anodines, dans notre capacité à préserver du dialogue, du débat, de la relation à ceux qui ne pensent pas comme nous. C'est là que réside la liberté de nos sociétés, leur vitalité et notre capacité à construire notre avenir en commun. La beauté de la démocratie, c'est qu'elle est toujours en construction. Elle mérite que l'on s'engage pour elle. 
Chers amis de l'OCDE, votre organisation a plus de sens que jamais. Merci de produire des données fiables et comparatives. Merci de contribuer à établir des règles du jeu communes, d'aider à concevoir des politiques publiques qui favorisent la croissance, la prospérité et la démocratie. La France soutient ces missions. Et à toutes celles et ceux qui défendent la démocratie, l'état de droit, les libertés individuelles et les droits de l'Homme, vous nous trouverez toujours à vos côtés pour que vive la démocratie, que vive la République et que vive la France.

> [Déclaration commune des ministres des Affaires étrangères de l’Australie, du Canada, de la France et du Royaume-Uni sur le report des élections palestiniennes] Nous, ministres des Affaires étrangères de l’Australie, du Canada, de la France et du Royaume-Uni, regrettons profondément la décision du président palestinien de reporter à septembre 2027 les élections au Conseil législatif palestinien ainsi que l’élection présidentielle.
Près de deux décennies se sont écoulées depuis les dernières élections au Conseil législatif palestinien, et cinq ans depuis le report des élections prévues en 2021. Toute une génération de Palestiniens a atteint l’âge adulte sans avoir eu la possibilité de choisir ses représentants élus. Ce report suscitera une profonde déception, privera une fois de plus les Palestiniens de la possibilité de voter et érodera davantage la confiance de la population dans les institutions démocratiques.
Nous reconnaissons que des défis et des obstacles considérables ont nui à la capacité de tenir des élections pleinement conformes aux normes internationales et permettant la participation de tous les Palestiniens admissibles au vote. Nous saluons le travail important accompli par la Commission électorale centrale pour faire avancer les préparatifs nécessaires afin de surmonter ces défis et de faciliter la participation électorale.
La tenue d’élections crédibles constitue un élément important de l’engagement du président Abbas et de l’Autorité palestinienne à mener des réformes, notamment en matière de renouveau démocratique et de gouvernance responsable, et s’inscrit dans le droit fil de la Déclaration de New York de juillet 2025.
Le renforcement de la gouvernance palestinienne est essentiel pour continuer à établir les fondements institutionnels d’une solution viable à deux États, seule voie vers une paix et une sécurité durables pour Israël et la Palestine. Défenseurs de longue date de l’autodétermination palestinienne, nous appelons l’Autorité palestinienne à reconsidérer la décision de reporter les élections et à prendre les mesures nécessaires pour tenir des élections législatives et présidentielles sans plus tarder.
Nous continuerons d’appuyer les efforts visant à assurer la tenue de ces élections. Nous réitérons notre appel à Israël pour qu’il s’abstienne de toute action susceptible d’entraver le déroulement des élections, y compris la mise en place des dispositions pratiques nécessaires à la participation de tous les Palestiniens.
Enfin, nous réaffirmons notre position de longue date selon laquelle le Hamas ne peut jouer aucun rôle dans la gouvernance future de la Palestine.

> A Luxembourg pour le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, au cours duquel nous allons prendre une décision très importante au sujet de la situation en Ukraine, qui est le plus grand paquet de sanctions à l'encontre d'entités et d'individus russes responsables du complexe militaro-industriel qui a engagé la guerre d'agression russe en Ukraine depuis plus de quatre ans. Cela s'inscrit dans notre politique constante de pression sur la Russie. Et avec ces 1600 désignations, nous passons de 3000 à 4600 désignations depuis le début de la guerre d'agression russe en Ukraine. En parallèle, nous allons acter aujourd'hui le principe de la restriction de l'accès des anciens combattants sur le front ukrainien au territoire de l'Union européenne. Autant de mesures qui participent, je le disais, à alourdir, à aggraver la facture que paye Vladimir Poutine dans cette guerre coloniale et impérialiste qui doit impérativement cesser. Et nous voulons que tout cela se poursuive. C'est la raison pour laquelle nous plaidons pour la préparation, dans les semaines qui viennent, d'un 22ème paquet de sanctions. Et c'est la raison pour laquelle nous allons continuer à exercer une pression sur la flotte fantôme, ces navires que la Russie utilise pour contourner les sanctions. Nous organiserons cet automne une conférence internationale dédiée à ce sujet à Paris.
J'en viens à la situation au Proche et Moyen-Orient qui sera au centre de nos débats aujourd'hui. Je regrette très vivement la décision annoncée par le président de l'Autorité palestinienne d'un report des élections législatives qui étaient prévues le 28 novembre 2026 et des élections présidentielles prévues au premier trimestre de l'année prochaine. C'est le plus mauvais service que l'on pouvait rendre aux Palestiniens qui ont le droit d'exprimer leur aspiration à l'autodétermination et de le faire au travers d'élections libres et démocratiques en se choisissant des chefs. Je constate d'ailleurs de nombreuses expressions de regret de cette décision de la part de dirigeants et de responsables palestiniens. Nous appelons le président de l'Autorité palestinienne à revenir sur cette décision et à organiser au plus vite ces élections législatives et ces élections présidentielles. J'ai demandé à ce qu'une mission de l'Union européenne puisse être dépêchée sur place pour évaluer les obstacles matériels et politiques à la tenue de ces élections. Elle est prête à se déployer sur le terrain. Je souhaite qu'elle puisse engager le travail, qu'elle puisse faire un rapport au Conseil des Affaires étrangères sous les plus brefs délais pour que nous puissions, d'une part, nous faire notre propre opinion sur les entraves et les obstacles à la tenue de ce scrutin indispensable, et que nous puissions par ailleurs nous tenir prêts à soutenir les autorités palestiniennes pour l'organisation d'un tel scrutin. Nous continuerons à soutenir les institutions palestiniennes si durement éprouvées, mais cela suppose évidemment que les engagements qui ont été pris, et notamment celui de tenir les élections législatives, de tenir les élections présidentielles dans un pays qui en a été privé depuis 20 ans maintenant, que ces engagements-là soient tenus.
Au Liban, je me réjouis que nous ayons pu adopter le principe d'une mission d'appui aux forces de sécurité intérieure et aux forces armées libanaises. Elle aura un certain nombre de missions qu'elle conduira pendant une période d'au moins trois ans, celle d'assurer le renforcement de la frontière, la sécurisation maritime et la lutte anti-drone dans son volet militaire et dans son volet civil, d'appuyer la police libanaise dans ses missions du quotidien, missions qui sont aujourd'hui prises en charge par l'armée libanaise au détriment de ses autres missions.
En Arabie saoudite, nous avons condamné avec la plus grande fermeté les attaques odieuses conduites par les Houthis sur l'aéroport de Riyad qui ont fait de très nombreuses victimes, dont une ressortissante française qui a été grièvement blessée à cette occasion. Nos équipes sur place, ambassades et consulats, sont en lien étroit avec sa famille et ses proches pour s'assurer qu'elle ne manque de rien. Ces attaques doivent cesser, car elles font peser à la fois sur la région et plus largement sur le monde des dangers que nous ne pouvons accepter.
Et puis, enfin, je veux à mon tour condamner fermement les décisions de sanctions qui ont été prises par les États-Unis d'Amérique à l'encontre de la Cour pénale internationale et qui pourraient entrer en vigueur dans une période de six mois. Je souhaite donc qu'un dialogue puisse s'engager entre notamment l'Union européenne et les États-Unis pour que ces derniers puissent revenir sur ces décisions. À défaut, nous nous tenons prêts à activer le règlement de blocage, cette disposition de notre droit qui permet de protéger les entreprises et les institutions contre des sanctions étrangères et de permettre ainsi à la Cour pénale internationale, pilier de l'architecture du droit international, de fonctionner convenablement où nous en avons besoin.

> [Agression de Poutine contre l’Ukraine] Les sanctions que nous prenons aujourd'hui, 1600 désignations, c'est tout simplement le plus gros volet de sanctions que nous ayons jamais prises depuis le début de la guerre. Est-ce que les sanctions fonctionnent ? Oui. Elles ont privé la Russie de Vladimir Poutine de l'équivalent de 500 milliards d'euros de ressources qui auraient été sinon engouffrées dans cette guerre coloniale. 500 milliards, c'est l'équivalent de trois années, de plus de trois années d'efforts de guerre. Donc nous avons privé Vladimir Poutine grâce à ces sanctions européennes des ressources dont il aurait eu besoin, dont il aurait besoin, pour mener sa guerre pendant trois ans. (…)
De toute façon, ça va continuer de marcher, car nos sanctions s'appliquent et elles vont continuer de s'appliquer. Et je le redis, si Vladimir Poutine a échoué à percer le front ukrainien, à venir à bout de la résistance héroïque du peuple ukrainien, c'est d'abord grâce à son courage admirable. Mais c'est aussi grâce à l'appui indéfectible des Européens qui ont tout à la fois exercé cette pression sur la Russie, avec notamment les sanctions qui ont privé Vladimir Poutine de tant de ressources qu'il aurait pu engouffrer dans sa guerre. C'est également le soutien à l'Ukraine et je me réjouis que la semaine dernière un nouveau décaissement du prêt de 90 milliards d'euros ait pu parvenir à l'Ukraine, entre cinq et six milliards d'euros, un peu plus de cinq milliards d'euros, autant de ressources à disposition de l'Ukraine. Et puis la préparation de la paix, nous l'avons dit, nous soutenons un cessez-le-feu énergétique et nous soutenons un moratoire sur les frappes en mer Noire, qui doivent être le préalable à une négociation plus large et qui permettent d'aboutir à une paix juste et durable, paix qui doit être garantie, garanties qui peuvent être apportées par la Coalition des volontaires que nous avons formée il y a plus d'un an et demi maintenant, et qui va poursuivre son travail de planification avec des exercices qui se tiendront dans les pays frontaliers de l'Ukraine cet automne.

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> L’adoption en première lecture de la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants marque une étape importante. Mieux prévenir les violences, protéger les victimes, renforcer leur accompagnement et améliorer leur prise en charge sont des engagements que nous devons porter collectivement. La santé a toute sa place dans ce combat, notamment pour mieux repérer les violences et accompagner celles et ceux qui les subissent. Ce texte instaure ainsi une obligation de signalement des situations de violences sur mineurs pour les médecins. Je salue le travail transpartisan des parlementaires et la mobilisation des associations qui ont contribué à faire avancer ce texte. Le travail doit se poursuivre pour apporter des réponses concrètes aux victimes.

> Un an d'action, au service de la France et des Français, au service des patients, des familles et des personnes vulnérables. En un an, nous avons prouvé qu'il était possible de mener à bien des projets dès lors que nous partions des besoins des Français. Avec des avancées concrètes pour l'accès aux soins, la santé mentale, les droits des familles, la prévention, notre souveraineté sanitaire. En répondant aux urgences et en préparant l'avenir. Et avec une méthode : dialogue, écoute, recherche d'accords et action. À quelques jours de l'examen du prochain budget de la Sécurité sociale, je reste convaincue que c’est par le collectif que nous continuerons à obtenir des résultats concrets pour les Français.

> À l’hôpital Tenon de l’AP-HP ce matin pour lancer la campagne de vaccination contre la grippe et le Covid-19. La vaccination reste notre meilleure protection, notamment pour les personnes les plus fragiles. Cette année, nous facilitons l’accès à la vaccination en permettant aux médecins, infirmiers et sages-femmes de disposer de stocks de vaccins contre la grippe et le Covid-19 pour vacciner plus facilement leurs patients. Le PLFSS 2027 prévoit également de nouvelles mesures pour améliorer l’accès à la vaccination et renforcer la couverture vaccinale, notamment dans les établissements de santé et les EHPAD. Nous engageons enfin une première étape vers la vaccination obligatoire contre la grippe pour les professionnels concernés, afin de mieux protéger les patients les plus vulnérables.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> [Budget 2027 / Intervention à l’Assemblée pour sa présentation] Dans une période aussi troublée, sur les plans politique, économique et international, le minimum que nous devons aux Français est de savoir ce que nous voulons. On ne peut pas épouser la cause de la jeunesse à la télévision ou dans la rue et la trahir dans l’hémicycle, la soutenir par des mots et saborder son avenir par des votes.
Pourtant, au cours des dix derniers jours, c’est à ce triste spectacle que nous avons assisté : alors que le déficit public dépasse les 5 % du PIB et que les taux d’intérêt sont à presque 5 % alors que les besoins d’investissement dans l’avenir, qu’il s’agisse de la politique de défense ou de celle destinée à la jeunesse, sont colossaux, la commission des finances de l’Assemblée nationale a dégradé le déficit public de 8 milliards d’euros. C’est l’équivalent de la rémunération annuelle de 150 000 enseignants.
Nous connaissons depuis longtemps cette machine infernale qui nous mène dans le mur. Au cours des cinquante dernières années, 80 % de l’augmentation de la dépense publique sont allés vers les retraites et la santé et non vers la jeunesse et les investissements d’avenir. On sait pourquoi et on l’a encore vu à l’occasion des débats concernant la mise à contribution, même proportionnée, d’une partie des retraités. C’est au fond le secret le moins bien gardé de la vie politique : les enfants et les adolescents ne votent pas, les jeunes votent peu et leurs intérêts passent toujours en dernier. Alors, pour s’acheter du temps, la classe politique a choisi la dette. Celle-ci a été multipliée par deux depuis que j’étais lycéen, dévorant tout, marges de manœuvre de l’État et possibilités d’investissement dans l’avenir. Nous sommes au bout de cette pyramide de Ponzi politique.
Dans la zone euro, aucun pays n’emprunte à des taux plus élevés que la France. Dès l’année prochaine, la totalité de l’impôt sur le revenu ne servira qu’à payer des intérêts. Si nous n’agissons pas, la hausse des taux va très vite se répandre dans l’économie, des crédits immobiliers à ceux à la consommation.
À un jeune qui touchera son premier salaire, il faudra apprendre que la ligne « impôt prélevé à la source » de son bulletin de paye veut désormais dire « virement aux marchés financiers ». Et quand il voudra acheter son premier logement, il risque de trouver porte close, car la hausse de 1 point des taux d’intérêt que l’on a connue depuis juillet représente 100 euros de plus à rembourser chaque mois pour un crédit de 200 000 euros.
Voilà pourquoi proposons de réduire le déficit. Voilà pourquoi la version initiale de notre texte propose que celui de l’éducation nationale soit le budget civil qui augmente le plus. Voilà pourquoi nous devons faire de la jeunesse la bénéficiaire prioritaire de nos débats et de nos compromis budgétaires.
Malheureusement, comme vos réactions en témoignent, les vieilles habitudes ont la vie dure. La première est l’attentisme, surtout en année électorale. Elle consiste à demander une minute de plus. On a d’ailleurs entendu certains nous conseiller de nous contenter d’une loi spéciale, de laisser encore une fois dériver le déficit, de fermer les dépenses d’investissement. Pourquoi s’embêter à proposer des mesures difficiles ou impopulaires à la veille d’une élection ?
Cette minute, nous ne l’avons pas. Nous n’avons pas le droit de mettre la poussière sous le tapis.
La seconde habitude consiste à édicter des lignes rouges. Dès qu’il s’agit d’agir, de vieux réflexes pavloviens se déclenchent : surtout, ne touchons à rien, ne froissons personne, ne prenons aucun risque !
Regardons ce qui se passe depuis le dépôt du projet de loi de finances, il y a treize jours. Geler l’évolution des dépenses de l’État hors défense serait trop dur, selon plusieurs secteurs. Qu’on propose de geler les allégements généraux pour les entreprises, et les organisations patronales s’offusquent, quand d’autres s’indignent qu’on demande aux personnes en arrêt de travail de payer les mêmes impôts à revenu égal que celles qui travaillent. Qu’on s’attaque aux rentes de grandes entreprises ou à certaines niches fiscales des plus fortunées, et, là encore, des boucliers se lèvent. Il y a toujours une bonne raison de faire une exception pour soi et de demander des efforts aux autres. Pourtant, l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers.
Le redressement des comptes publics exige des décisions difficiles. Prises une à une, elles semblent toutes délicates, mais, à condition d’être justes, elles sont nécessaires si on les considère dans leur ensemble.
Je suis conscient que demander des efforts nécessite une méthode, qui passe d’abord par de la transparence. Pour la première fois, comme je l’ai rappelé plus tôt dans la journée, nous avons missionné des économistes indépendants et leur avons ouvert les livres de Bercy pour qu’ils établissent de manière objective les perspectives pluriannuelles des finances publiques. La transparence, c’est encore, comme nous l’avons fait aujourd’hui, de publier, ministère par ministère, la répartition entre les crédits qui financent le fonctionnement des services publics et ceux qui financent le système de retraite.
La transparence, c’est enfin d’avoir saisi l’inspection générale des finances et le Conseil d’État pour qu’ils établissent, dans l’objectivité du droit et des chiffres, les conséquences qu’une absence prolongée de budget ferait subir à la nation. Dans son avis du 9 juillet, le Conseil d’État a rappelé que les dispositifs des services votés avaient pour seule vocation d’assurer, pour une durée aussi brève que possible, la continuité de la vie nationale. Ils ne permettent donc ni d’adopter de nouvelles mesures fiscales, ni de financer normalement les politiques publiques prioritaires, ni d’engager les réformes nécessaires au redressement des comptes.
À propos de la loi spéciale, nous avons trop souvent eu des débats dans lesquels, faute de base objective, chacun se renvoyait la balle et soupçonnait l’autre d’instrumentalisation des conséquences des services votés. Dans notre État de droit, je ne connais de meilleure source que le Conseil d’État.
L’avis du Conseil d’État et le rapport de l’inspection générale des finances, établi de manière indépendante, sont publics et à la disposition de l’Assemblée.
En plus d’être transparente, notre méthode doit être fondée sur la lucidité. Nous savons que de grands choix idéologiques seront tranchés au moment de l’élection présidentielle. Le budget que nous construisons doit donc être réversible. C’est pourquoi le texte initial donne autant que possible au pouvoir réglementaire la possibilité de revenir sur les économies proposées. Il s’agit de laisser de la liberté à nos successeurs, quels qu’ils soient, afin que, dès son arrivée, en mai prochain, un gouvernement procédant d’une légitimité démocratique nouvelle puisse ajuster ou supprimer, y compris de manière rétroactive, des mesures ayant fait l’objet d’un vote.
Nous proposons un budget de sauvegarde pour que le pays ne parte pas dans le décor. C’est le sens du projet de loi de finances que le gouvernement présente, avec un déficit public ramené à 5 % du PIB, soit une amélioration de 0,4 point par rapport à cette année et un niveau inférieur à celui de 2025. J’insiste sur la comparaison avec 2025, parce qu’on ne peut pas se permettre de repartir dans l’autre sens. On ne peut pas laisser les six mois qui viennent être six mois d’un grand décrochage.
C’est la raison pour laquelle l’effort ne doit pas être fondé sur des expédients. Il doit être structurel et réel. Dans les données que nous avons transmises au Haut Conseil des finances publiques (HCFP), nous l’envisageons pour 2027 à 1,2 point de PIB, ce qui permettrait de ramener le déficit primaire, c’est-à-dire hors charge de la dette, à son niveau le plus faible depuis 2019. Pour atteindre cet objectif, les textes financiers prévoient 43 milliards d’euros de mesures de redressement. En tenant compte de décisions antérieures dont les effets se poursuivront en 2027, l’effort total atteint 54 milliards d’euros.
Il passe d’abord par l’activation d’un frein d’urgence. Le gel des dépenses est désormais la règle, leur augmentation, l’exception. Ce freinage concerne en premier lieu l’État, qui doit en toutes choses montrer l’exemple. Hors défense, en euros courants, les crédits des ministères seront stabilisés par rapport à 2026. Pour les collectivités territoriales, nous retenons une approche différente. Elles seront associées à l’effort de redressement, avec comme objectif, tout en tenant compte de la diversité des situations, de limiter la progression de leurs dépenses de fonctionnement au niveau de l’inflation.
Toutefois, l’activation du frein d’urgence ne suffit pas. Il faut aussi réformer, corriger les dysfonctionnements de notre système, concentrer l’argent public là où il est le plus utile. Du compte personnel de formation aux arrêts de travail, c’est ce que budget propose.
L’effort doit toujours être mené avec justice. Avoir le sens de la justice sociale, c’est d’abord défendre les Français qui sont en première ligne et ne peuvent se permettre d’attendre l’élection présidentielle. C’est le sens de la revalorisation des minima sociaux, de la mise en œuvre des dispositions qui seront votées dans le cadre de la future loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi que de différents dispositifs de soutien face aux crises, qu’ils concernent les agriculteurs ou les territoires ultramarins.
Se soucier de justice sociale, c’est aussi continuer d’investir dans l’avenir. J’ai parlé de la jeunesse, j’en viens à l’énergie, avec le financement du nouveau programme nucléaire, les investissements dans la décarbonation ou l’adaptation aux dérèglements climatiques, avec un fonds Vert porté à 1 milliard d’euros.
L’avenir, c’est aussi la sécurité. Conformément à la loi de programmation militaire, la défense bénéficiera de 6,4 milliards d’euros supplémentaires en 2027. Par ailleurs, les moyens des ministères de la justice et de l’intérieur augmenteront de 1 milliard d’euros.
Être soucieux de justice sociale, enfin, c’est s’assurer que chacun, à commencer par les plus fortunés, paye sa juste part. C’est une affaire de décence. Les rentes injustifiées doivent être mises à contribution et les abus d’optimisation fiscale doivent être combattus. C’est pourquoi nous proposons de cibler certaines situations de rente, notamment les rentabilités excessives dans le secteur des concessions autoroutières, et de réformer des niches fiscales, pour éviter qu’elles ne deviennent des boîtes noires permettant de contourner l’impôt.
Nous sommes prêts à examiner toutes les mesures susceptibles de compléter et de préciser notre texte afin de lutter contre l’abus d’optimisation fiscale, les boîtes noires utilisées par certains et les rentes, tant que ces propositions sont crédibles économiquement et budgétairement. Le temps de la discussion parlementaire et du débat est venu, mais il ne peut pas être celui du n’importe quoi budgétaire. La cible de 5 % doit être une règle intangible. Nous pouvons discuter du comment, mais pas du combien. Voilà ce que nous proposons à une assemblée qui, sans majorité absolue, a besoin de règles.
Nous présentons l’inverse d’un budget électoraliste. À six mois d’une présidentielle, que ferait un projet de loi de finances électoraliste ? Il mettrait la poussière sur le tapis. Or nous jouons la transparence. Il engagerait des dépenses en laissant la facture aux suivants. Or nous prévoyons une baisse du déficit pour donner un maximum de liberté à nos successeurs. Il prendrait l’allure d’un tract électoral. Or nous refusons le sectarisme et tendons la main pour un compromis.
En 2025 et en 2026, nous avons su donner un budget à la France. Qu’est-ce qui a changé depuis ? Seulement deux choses, qui sont deux raisons supplémentaires de trouver un accord. La situation internationale s’est tendue, avec plus de turbulences financières et géopolitiques. Et le budget doit être pensé pour une période plus courte, puisque l’élection présidentielle interviendra au printemps. Voilà pourquoi je suis convaincu que nous pouvons parvenir à doter la France d’un budget de sauvegarde républicaine, de sauvegarde financière et de sauvegarde de l’avenir.

> Promesse de transparence tenue ! Et en 2027 c’est bien hors pensions que le budget de l’éducation connaîtra la hausse la plus importante de tous les ministères civils : priorité absolue.

> [Dette / Intervention à l’Assemblée] quand les taux d’intérêt flambent, on n’a pas le droit de regarder ailleurs. L’impact de cette hausse ne se fait pas seulement sentir sur les comptes publics, comme Roland Lescure vient de le décrire, mais aussi sur la vie quotidienne des Français. Ce sont les Français qui payent au prix fort la facture : des crédits immobiliers se ferment, des crédits à la consommation étranglent ceux qui les ont souscrits, des crédits pour les entreprises sont plus difficiles à obtenir.
Quant aux conséquences sur la dette publique, elles sont immédiatement visibles : l’argent disponible pour les services publics se tarit. L’an prochain, la charge d’intérêts consommera à elle seule la quasi-totalité du produit de l’impôt sur le revenu. Je souhaite que tous ceux qui nous écoutent se rendent compte de ce que cela veut dire : quand ils regarderont leur bulletin de salaire, à la ligne « impôt prélevé à la source », il faudra lire « virement aux créanciers ».
La hausse de la charge d’intérêt entre 2026 et 2027 sera supérieure au budget du ministère de la justice dans son ensemble. Pourtant, on le voit, le déni a la vie dure.
Les seuls gagnants de notre déficit et de notre dette, ce sont les marchés financiers.
Monsieur Coquerel, celui qui a dit que la dette publique, c’est l’aliénation de l’État, celui qui a dit que le crédit public, c’est le credo du capital n’était pas un ultralibéral austéritaire, mais quelqu’un que vous lisez et que vous appréciez : Karl Marx, qui, déjà au XIXe siècle, nous mettait en garde. Bien sûr, il est toujours tentant de mettre la poussière sous le tapis –⁠ ça l’est d’autant plus en année électorale –, mais les six mois qui viennent peuvent être ceux d’un grand décrochage.
Sans doute s’est-on trop habitué à des années de facilité, qui étaient en fait des années de parenthèses –
⁠ le fameux dividende de la paix, d’un monde qui paraissait, à tort, plus pacifié, et le dividende financier, grâce à des taux d’intérêt qui paraissaient, à tort, durablement bas. Ce monde est terminé. Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder ce qu’il se passe : si, l’an prochain, nous n’avions pas à renforcer la défense nationale, ni à payer la hausse de la charge d’intérêts, l’effort budgétaire que nous présentons pour 2027 réduirait deux fois plus le déficit public, qui s’établirait à 4,4 % du PIB au lieu de 5 %. Si nous avions la charge d’intérêts et les dépenses militaires de 2025 –⁠ sans même parler des années antérieures –, le déficit public serait plus proche de 3 % que de 5 %.
L’accélération que je décris est visible non seulement d’année en année, mais de mois en mois. Depuis la fin de la session parlementaire en juillet, les taux d’intérêt sur la dette française à dix ans ont augmenté de près de 1 point. Une telle hausse, si elle se stabilisait, coûterait à terme 36 milliards d’euros, soit le triple du budget du ministère de la justice. Nous devons contrer cet effet boule de neige –
⁠ il faut la faire fondre au plus vite. C’est la raison pour laquelle nous prévoyons, dans les textes que nous présentons, de réduire en 2027 le déficit primaire à son plus bas niveau depuis 2019, en le faisant passer de 2,8 % à 2,1 % du PIB.
Cette entreprise dépassera bien évidemment le cadre de cette législature. Elle suppose donc que nous partagions tous les mêmes chiffres, par-delà nos divergences politiques et nos positions dans les débats des prochaines semaines.
Pour ce faire, le gouvernement a ouvert cet été, de manière inédite, les livres de Bercy à quatre économistes indépendants. Sans préconiser de méthode pour y parvenir –
⁠ mesures affectant les dépenses ou les recettes –, ils ont évalué le montant de l’effort à 125 milliards d’euros, et ce simplement pour stabiliser la dette rapportée au PIB, et non pour respecter une quelconque règle européenne.
Le Conseil d’analyse économique (CAE) l’a confirmé dans sa note du mois d’octobre : pour stabiliser notre dette en part de PIB d’ici à 2032, il faudra améliorer durablement notre solde public d’au moins 125 milliards d’euros. Si l’on admet ces chiffres, alors l’effort ne peut être différé. C’est pourquoi le gouvernement, nous y reviendrons, propose un effort aussi important qu’indispensable : 43 milliards d’euros de mesures d’économie nouvelles, qui seront présentées dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la sécurité sociale.
À chaque marche ratée, la suivante sera plus haute. Là aussi, les quatre économistes l’ont montré : si nous ne faisions aucun effort en 2027 et décalions d’un an l’ajustement, la dette atteindrait 125,9 % du produit intérieur brut en 2032 –
⁠ 5 points de dette supplémentaire simplement pour avoir attendu, pour ne pas avoir eu le courage, en année électorale, de dire ce qu’il en était.
D’autres pays ont fait l’amère expérience d’une politique consistant à mettre la tête dans le sable. L’Espagne et le Portugal ont trop attendu : au début des années 2010, sous la pression des marchés, ils ont dû redresser leurs comptes dans la douleur, jusqu’à voir des gouvernements de gauche baisser le salaire des fonctionnaires ou des gouvernements de droite augmenter massivement l’impôt sur le revenu ou diminuer les retraites –
⁠ sans même parler de ce qui s’est passé en Grèce. C’est pourquoi il nous faut commencer maintenant. Ces efforts qui, aujourd’hui, nous paraissent difficiles nous éviteront des efforts qui, demain, seront insoutenables socialement.
Cela supposera aussi que chacun dépasse ses vieux réflexes. Il est illusoire de penser qu’une partie minoritaire de la population –
⁠ les ultrariches, les fonctionnaires, les retraités, les étrangers ou les grandes entreprises – puisse supporter l’essentiel de l’effort. Les ordres de grandeur sont têtus. Tous les partis politiques ont eu leur opium.
Pour certains, il suffirait de taxer les riches. Regardons les chiffres : rétablir l’ISF –
⁠ impôt de solidarité sur la fortune – permettrait de récupérer 4 % des sommes que j’ai évoquées ; il en resterait 96 %. La taxe Zucman, même si elle rapportait les 15 milliards d’euros que ses promoteurs annoncent, ne couvrirait que 12 % de l’effort ; il en resterait presque 90 % –⁠ où sont-ils donc ?
Pour d’autres, il suffirait de s’en prendre à l’immigration ou aux fonctionnaires, en un mot, à l’autre. Regardons les faits : depuis cinquante ans, 80 % de l’augmentation de la dépense publique sont imputables aux dépenses de retraite et de santé –
⁠ des dépenses qui nous concernent tous. C’est d’autant plus difficile à dire, mais d’autant plus nécessaire.
Pour d’autres encore, il suffirait d’attendre la croissance. Regardons là aussi les faits : ce n’est pas la croissance qui permettra de réduire la dette, mais bien la dette qui risque d’étouffer notre croissance, car elle nous priverait de marges de manœuvre pour investir dans l’avenir, alors même que les grandes politiques industrielles ont besoin d’investissements publics –
⁠ nous le constatons dans de nombreux pays, de la Chine à l’Allemagne, et dans de nombreux secteurs, de l’IA à la défense.
Au fond, aucun de ces opiums ne résiste quand on regarde, au-delà de l’annualité budgétaire, les grandes masses qui nous font face. Cette annualité nous empoisonne, parce qu’elle autorise tous les renoncements et nombre de mensonges. Là est sans doute l’intérêt du présent débat sur la dette : il nous permet d’élever notre regard –
⁠ en amont des débats budgétaires, qui se tiennent, pour des raisons constitutionnelles et organiques, dans un cadre annualisé. Au-delà de 2027 et des travaux de cette législature, j’ai la conviction qu’une vraie programmation budgétaire pluriannuelle sera nécessaire, c’est-à-dire une loi de programmation des finances publiques contraignante qui s’impose réellement aux lois de finances. Ce sera sans doute d’autant plus vrai si aucune majorité absolue ne se dégage à l’issue des prochaines élections législatives : quand il faut trouver des compromis, en l’absence d’idées communes, il faut au moins des règles communes.
Le rétablissement des comptes publics est possible, sans avoir à recourir aux mesures brutales que d’autres pays de la zone euro ont subies pour avoir trop longtemps différé la réduction de leurs déficits publics. Au fond, la dette n’est que la somme de nos non-choix, de ce qu’on remet à demain. Elle n’est que le temps qu’une classe politique achète avec l’argent des autres. Or ce temps, aujourd’hui, nous ne l’avons plus.

> A l'heure où je vous parle, quand on compare ce qui s'est passé entre le début de l'année et aujourd'hui, les recettes fiscales liées au carburant - je ne parle là que du carburant - ont baissé pour l'État de 357 millions d'Euros. Donc, on a une perte de 357 millions d'Euros, à la fois au titre des accises et de la TVA, c'est-à-dire les deux impôts qui pèsent sur le carburant. Donc, heureusement qu'on n'a pas écouté ceux qui nous appelaient à redistribuer une cagnotte imaginaire, parce qu'il n'y aurait pas de cagnotte du tout.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> La loi intégrale a été adoptée à l'unanimité ! Le gouvernement en est désormais le dépositaire et le garant. Nous irons au bout.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Il y a trois ans jour pour jour, Dominique Bernard, professeur de Lettres, était assassiné par un terroriste islamiste. Pensées à sa famille, à ses élèves qu'il a tenu à protéger, et à ses collègues notamment les trois autres membres du personnel blessés lors de cette attaque. Liberté, Égalité, Fraternité : nos valeurs républicaines vivent chaque jour dans nos écoles, grâce à celles et ceux qui les enseignent et les transmettent. Nous ne laisserons jamais la haine et le fanatisme les faire taire.

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> En mémoire de Samuel Paty et Dominique Bernard. Il y a trois ans jour pour jour, Dominique Bernard était assassiné devant son lycée d'Arras en protégeant ses élèves. Trois ans plus tôt, Samuel Paty l'était pour avoir enseigné la liberté d'expression. À travers eux, le terrorisme islamiste visait notre École et la liberté de l'esprit. Nous n'oublions ni les hommes qu'ils étaient, ni le vide qu'ils laissent. Leur combat est celui de l'École de la République, et il reste le nôtre. Je remercie tous les agents de l'Éducation nationale qui, chaque jour, dans les classes comme aux côtés de ceux qui enseignent, font vivre cette mission : instruire pour rendre libre.

 

Mathieu Lefevre (ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature chargé de la Transition écologique)
> Aujourd'hui, c'est la Journée nationale de la résilience. Partout en France, plus de 12 000 actions se mobilisent pour apprendre ensemble les bons réflexes et mieux se préparer au quotidien. Prenez le temps de vous renseigner et découvrez les initiatives près de chez vous.

> Depuis 1990, les émissions de la France ont baissé de 34%, dont la moitié depuis 2017. Ce n’est pas le fruit du hasard, mais de la politique volontariste menée par Emmanuel Macron.

 

● Autres ministres
Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)

> [Fusillade au collège d’Aubagne / Intervention à l’Assemblée] Merci d’avoir exprimé la souffrance de la nation. Mes premières pensées vont au principal, que j’ai pu rencontrer hier soir à l’hôpital, aux membres de l’équipe pédagogique, avec qui j’ai pu m’entretenir lors d’un déplacement aux côtés du ministre de l’intérieur et de la ministre déléguée Sabina Roubache, et à l’ensemble de la communauté éducative locale.
Comme vous l’avez dit, les commémorations de l’assassinat par un terroriste islamiste de Dominique Bernard, aujourd’hui même, et de celui de Samuel Paty le 16 octobre 2020, dans trois jours, donnent à cet acte criminel une résonance très particulière. Si les contextes sont différents, ces crimes témoignent tous d’une banalisation du mal et de l’extrême violence, mais aussi de l’explosion d’un tabou, celui qui garantissait l’inviolabilité de la personne du professeur.
Par conséquent, la réponse ne peut passer uniquement par l’école, bien qu’elle passe aussi par l’école. Il convient notamment de sécuriser les abords et les accès des établissements scolaires –
⁠ nous en parlions hier avec la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône – et d’améliorer la prise en charge de la souffrance psychique de nos jeunes. C’est pourquoi nous renforçons la médecine scolaire : 300 postes ont été ouverts en 2026 et nous proposons d’en ouvrir 300 pour 2027. Il faut aussi accélérer la prise en charge des jeunes en très grande détresse psychique. Nous y avons contribué, Mme la ministre de la santé et moi-même, en instaurant une instruction coupe-file, qui permet à un personnel de santé des écoles d’adresser directement un élève en situation de détresse psychique à un praticien, en ville ou à l’hôpital.
Au-delà de ces mesures et de toutes les actions que nous pourrons mener, nous sommes confrontés à un enjeu sociétal, qui nous implique collectivement, en tant que parents, amis ou proches : faire comprendre à nos jeunes et à nos enfants que la violence sous toutes ses formes, à commencer par celle des mots, doit être évincée de l’espace public comme privé.

> Le 16 octobre 2020, Samuel Paty était assassiné parce qu'il enseignait la liberté d'expression. Le 13 octobre 2023, Dominique Bernard, professeur, était assassiné alors qu’il tentait de protéger ses élèves du groupe scolaire Gambetta-Carnot d’Arras. Transmettre les savoirs, faire vivre les valeurs de la République, éveiller les consciences : ils en avaient fait leur vocation. Aujourd’hui, l’École rend hommage à Dominique Bernard et à Samuel Paty. Élèves, professeurs, personnels et citoyens, nous faisons vivre leur héritage. Honorer leur mémoire, c’est défendre chaque jour ce qu’ils transmettaient. C’est aussi protéger l’École et celles et ceux qui la font vivre. C’est ce qui guide notre action.

> [Violences vis-à-vis de l’école / Intervention à l’Assemblée] Vous [député RN] mettez en rapport des événements qui, certes, témoignent tous d’une violence débridée, mais qui ne sont pas directement liés. L’acte criminel qui s’est produit hier doit être dissocié du mouvement lycéen –⁠ même s’il existe effectivement dans notre société une violence débridée, qui s’exerce notamment contre l’institution scolaire. Dès le début, certains individus ont très clairement perverti ce mouvement dans l’objectif de s’en prendre aux proviseurs, aux professeurs, aux personnels et à l’institution. Quelque 147 membres du personnel ont été blessés depuis le début du mouvement, ce qui est absolument inédit dans l’histoire de l’éducation nationale.
Par ailleurs, plusieurs millions d’euros de dégâts ont été causés sur nos bâtis.
Il existe deux types de réponses. Le premier relève du ministre de l’intérieur, et consiste à intervenir en cas de réactions ou de comportements violents. Le second est une réponse interne à l’institution. Elle est très claire : tout élève coupable de destruction ou d’atteinte aux biens et aux personnes sera convoqué en conseil de discipline. Tous ceux qui s’en seraient pris physiquement aux personnels seront dès lors très probablement –
⁠ sans m’approprier les décisions des instances – exclus.
Tout cela n’empêche pas de recueillir les paroles de ceux d’entre les lycéens qui s’expriment dans un cadre légal comme le droit de manifester. À l’heure où je vous parle, 88 000 lycéens ou groupes de lycéens ont ainsi participé à une plateforme démocratique. Nous avons là les deux visages de la contestation : d’un côté, une petite minorité ultraviolente, à la violence débridée et banalisée, qu’il faut naturellement sanctionner et dont il faut s’interroger sur le profil ; de l’autre, ceux qui adoptent une réponse démocratique.

 

Philippe Baptiste (ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace)
> [Parcoursup / Intervention à l’Assemblée] Vous [députée LFI] dites que Parcoursup effectue un tri social ; c’est totalement faux. Depuis sa création, 150 000 jeunes boursiers ont vu leur vœu satisfait. Avant Parcoursup, cela n’aurait pas été le cas, car la priorité accordée aux boursiers n’existait pas alors.
Avant Parcoursup, à cette époque de l’année, quelque 5 000 bacheliers n’avaient pas obtenu de place. L’an dernier, parmi ceux qui voulaient poursuivre leurs études, seuls trente-quatre bacheliers ne se sont pas vu attribuer de place en commission d’accès à l’enseignement supérieur. Vous faites preuve d’une mauvaise foi absolue et vos chiffres sont totalement faux! Il faut arrêter de proférer des contrevérités. Parcoursup, c’est le contraire du tri social 

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Prix de l’énergie / Intervention à l’Assemblée] la situation est très difficile pour de nombreux Français. Toutefois, si ce qui se passe depuis six à sept mois maintenant dans le détroit d’Ormuz, où circulait 20 % du gaz naturel liquéfié, impacte très durement les factures de gaz et le prix à la pompe –
⁠ nous en parlons régulièrement ici –, cela n’a pas de répercussions sur les prix de l’électricité.
Depuis le début, nous avons fait le choix d’une réponse ciblée et respectueuse des finances publiques, attentive aux Français et aux entreprises les plus en difficulté. Il y a deux semaines, le premier ministre a annoncé la reconduction du chèque « grands rouleurs » de 100 euros pour 5,5 millions de Français, tandis qu’1,2 million de Français, ayant déjà bénéficié du premier versement de cette aide, l’obtiendront automatiquement dans trois jours.
J’en viens à l’électricité. Premièrement, son prix ne dépend de celui du gaz que pendant 25 % du temps en moyenne. Ensuite, l’évolution du prix de l’électricité doit être envisagée sur le long terme, et notamment sur les derniers mois, et pas uniquement au vu de ce qui est observé en ce moment sur le marché de gros. Ce qui compte surtout, c’est notre capacité à produire de l’électricité nous-mêmes, grâce à notre parc nucléaire. Il tourne à plein, et c’est ainsi que nous réussirons à maîtriser les factures.

> [Présidentielle 2027] Je pense que l'époque est violente et que la vie politique est violente. Pour autant, je crois que oui, on peut faire campagne avec sérénité, que le débat d'idées, que le débat de projet peut avoir lieu, qu'il doit avoir lieu. En revanche, c'est la responsabilité de l'ensemble des candidats, des partis politiques, des élus d'amener à cette sérénité dans le débat public.

> Par quoi remplace-t-on Parcoursup ? Ceux que vous interrogez, ceux qui vous demandent la suppression de Parcoursup se gardent bien d'expliquer par quoi ils remplacent ce système. Et je pense qu'au-delà de cela, la question de Parcoursup est en fait un peu l'arbre qui cache la forêt. Le problème n'est pas l'outil de Parcoursup, quand bien même il peut être amélioré. Le problème, c'est ce qu'il y a avant et c'est ce qu'il y a après. Comment vous accompagnez les élèves dans l'orientation, des mois et des années avant de faire vos choix ? Ce n'est pas une question facile. Et comment vous garantissez que derrière, ils soient engagés dans des filières qui soient suffisamment professionnalisantes, de telle sorte d'avoir un métier suffisamment bien rémunéré et donc des formations en adéquation avec le marché du travail ? La question de l'orientation ne se résume pas à Parcoursup.

> [Prix des carburants] Ça fait six, sept mois maintenant que cette crise a démarré. Personne, et aucun des meilleurs experts que vous recevez sur votre plateau, ne pourra vous dire ce qu'il en sera dans quelques semaines ou dans quelques mois, donc, il faut faire preuve de grande humilité. Ce que je peux vous dire, c'est que nous, on travaille d'abord à sécuriser des volumes de carburant et de gaz pour les semaines et les mois qui arrivent. Et nous avons, dès les premières semaines du conflit, proposé notre appui pour sécuriser le transit, notamment dans le détroit d'Ormuz, comme on le fait déjà dans la région, dès que les conditions de sécurité le permettront.

 

Sébastien Martin (ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique chargé de l’Industrie)
> Sur les dix véhicules électriques les plus vendus en France, sept sont des véhicules français et aucun n'est chinois. Et si vous prenez les cent véhicules les plus vendus, aujourd'hui, en France, le premier véhicule chinois arrive à la quarante-sixième ou quarante-septième position avec un véhicule hybride. Donc, sur la technologie électrique, c'est sûr qu'il y a eu un peu de retard à l'allumage, si je dois prendre une image assez simple sur l'industrie française par rapport à l'industrie chinoise, mais aujourd'hui on est en train de rattraper. Il y a de plus en plus de modèles qui sont extrêmement sympas.

> Les véhicules français, si vous prenez par exemple une R5 électrique, elle est moins chère qu'une BYD. C'est assez clair. On commence aujourd'hui avec le niveau des soutiens à peu près à vingt-et-un mille euros. Puis, deuxième élément, vous avez parlé du cent mètre. Mais attendez. Aujourd'hui, une usine en Chine, elle est subventionnée à quatre-vingt-dix pour cent. Donc, cela s'appelle de la concurrence déloyale, cela s'appelle du dumping. Donc, moi je veux bien qu'on défende ici, sur des plateaux, des industries ultra-subventionnées en Chine, avec des aides publiques massives, massives pour les outils industriels, et ensuite qu'on vienne dire: « Ah ! Mais je ne comprends pas, il n'y aurait plus d'usines en France». Donc, oui, protéger l'industrie européenne, cela a du sens. Et les aides que nous faisons sur les véhicules électriques aujourd'hui, vous pouvez avoir, avec le leasing social, des véhicules électriques à moins de cent euros par mois. Vous pouvez avoir, même sans leasing social, des offres extrêmement compétitives avec des véhicules français.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> [Union européenne / Intervention au Sénat]
Je reviens du Conseil des affaires générales, qui s'est tenu à Luxembourg ; nous avons échangé en vue de l'adoption du futur cadre financier pluriannuel (CFP), débat stratégique s'il en est. La France plaide pour un budget ambitieux pour l'Union européenne, afin de soutenir ses politiques traditionnelles - PAC, politique de cohésion - mais aussi d'investir dans les priorités d'avenir identifiées par le rapport Draghi: défense, spatial, quantique, entre autres.
L'Union européenne devra se doter de nouvelles ressources propres, car les contributions des États membres, qui représentent déjà 90 % de son budget, ne sauraient augmenter. Ce paquet de ressources propres pourrait s'élever - c'est une base de départ - à 66 milliards d'euros par an, au moyen, par exemple, d'une taxe sur les services numériques, sur les jeux en ligne ou sur les cryptomonnaies. Nous avons invité la Commission européenne à s'emparer de ces propositions de recettes. L'adoption de ce paquet conditionnera l'obtention d'un accord sur le futur CFP dans les mois à venir.
Autre priorité absolue de la France : la préférence européenne. À quoi bon mutualiser des financements massifs - ceux du pilier 2, notamment - si ce n'est pour soutenir nos champions industriels ? La préférence européenne est déclinée dans tous les textes européens, des marchés publics à la défense.
Des avancées importantes ont été obtenues : il y a un an, on craignait que la PAC soit amputée de près de 20 %, mais grâce aux efforts de la France, la totalité de l'enveloppe est désormais garantie.
Nous nous sommes également battus pour les outre-mer en reconstituant le Poséi (programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité) ou en soutenant des textes votés au Parlement européen protégeant nos outre-mer de l'application du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF). Mayotte et La Réunion bénéficieront d'exemptions sur l'importation du ciment. Nous avons créé avec l'Espagne et le Portugal une alliance pour reconnaître la place stratégique des régions ultrapériphériques (RUP) dans l'application des textes européens.
Le prochain Conseil européen sera aussi l'occasion de continuer à déployer la feuille de route One market, One Europe sur la compétitivité. Je pense au projet de vingt-huitième régime du droit des affaires ou à notre action en faveur de la sécurité commerciale pour lutter contre les pratiques déloyales des pays tiers, notamment la Chine, résorber les déséquilibres macroéconomiques globaux et renforcer la protection de notre marché intérieur. Les 450 millions de citoyens européens sont non seulement un levier de croissance pour nos entreprises, mais aussi un instrument de puissance pour défendre nos intérêts. (…)
Notre priorité va à la défense de nos intérêts et à l'affirmation d'une Europe qui assume sa puissance et sa souveraineté dans un moment de disruption géopolitique et d'accélération technologique.

> [Union européenne / Intervention au Sénat] Notre objectif est de défendre les politiques traditionnelles de l'Union européenne -  la souveraineté alimentaire, la PAC et la cohésion des territoires  - et de soutenir les investissements dans les politiques d'avenir comme la défense, la transition numérique, le spatial ou l'intelligence artificielle, sans augmenter notre contribution nationale.
Première réponse : la mise en place de ressources propres pesant avant tout sur les acteurs extérieurs à Union, avec la MACF, la taxe sur les petits colis ou la taxe sur les services numériques, notamment. La proposition initiale de la Commission européenne a été toilettée par la présidence irlandaise, mais le débat mérite d'être élargi aux propositions du Parlement européen, qui portent sur le numérique, les jeux en ligne ou les cryptoactifs. Sans ressources propres, nous ne résoudrons pas l'équation financière.
Ensuite, des coupes ciblées seront nécessaires. La présidence irlandaise en a proposé sur le pilier 3. Il faudra aussi maîtriser les dépenses administratives du pilier 4 et privilégier, dans le fonds de compétitivité du pilier 2, les financements les plus efficaces.
La présidence irlandaise a proposé une baisse de 160 milliards d'euros, portant principalement sur ces trois piliers ; c'est une base de travail. La ligne de la France est claire : un paquet ambitieux de ressources propres, des coupes ciblées et aucune hausse de la contribution nationale.

> [Union européenne / Intervention au Sénat] Grâce à la mobilisation de la France, la totalité de l'enveloppe de la PAC est maintenue pour nos agriculteurs ; son caractère communautaire également ; enfin, son application sera harmonisée. Nous nous battons sur les taux de cofinancement, sur la part accordée au renouvellement des générations, sur le Poséi.
La préférence européenne est une ligne rouge absolue. Inutile de créer un fonds de compétitivité s'il sert à soutenir les industries des autres ; autant le rebaptiser Buy American Act ! Nous avons oeuvré pour intégrer un niveau élevé de préférence européenne. Nul besoin de rouvrir ce débat à chaque fois : telle est la position de la France.
Je me suis particulièrement mobilisé pour qu'aboutisse le règlement Retour en trilogue. L'Union européenne a mené une véritable révolution intellectuelle sur la question migratoire. Nous avons obtenu de premiers résultats, avec une baisse de 50 % des franchissements irréguliers des frontières de l'Union en deux ans, et une nouvelle baisse de 50 % cette année. Il faut aller plus loin.

> [Union européenne / Intervention au Sénat] Vous soulignez à juste titre les dangers du retour du nationalisme et de l'extrême droite en Europe. La meilleure réponse, c'est de continuer à travailler avec l'Allemagne pour une Europe qui protège, qui répond aux préoccupations de ses concitoyens et qui lutte contre la désindustrialisation et l'impuissance migratoire.
Pour protéger notre marché intérieur, nous venons d'annoncer des mesures ambitieuses avec l'Allemagne. Avec 450 millions d'habitants, nous ne sommes pas faibles. C'est une question de volonté politique.
Alors que l'agriculture devient une arme géopolitique, nous devons nous donner les moyens de nous défendre, avec des clauses de sauvegarde, des enquêtes antidumping, du made in Europe, entre autres. À nous de sortir de la naïveté commerciale.

> [Union européenne / Intervention au Sénat] L'élargissement est une nécessité géopolitique pour la stabilité de notre voisinage et ne laisser aucune zone grise aux puissances prédatrices. Mais c'est aussi un enjeu de cohésion. C'est pourquoi la France est attachée à la notion des mérites propres de chaque pays candidat. Le processus est long, mais c'est la condition de sa réussite. Nous accompagnons les pays dans leur processus de réforme -  avec l'envoi d'experts  - et nous travaillons à réformer les institutions de l'Union européenne pour les rendre plus souples. Le Monténégro, pays le plus avancé, a encore fermé quatre chapitres récemment et nous avons ouvert plusieurs blocs de négociation avec l'Ukraine et la Moldavie. Nous avons proposé, avec l'Allemagne, une procédure d'adhésion graduelle. (…)
Le processus d'adhésion doit être plus graduel. Il s'agit d'associer progressivement les pays à l'Union afin que les citoyens et les entreprises puissent tirer du processus des bénéfices concrets avant même l'adhésion, tout en gardant le même niveau d'ambition pour les réformes et les mérites propres.
Oui, nous devons aussi rendre le fonctionnement des institutions plus agile. Cela peut passer par la majorité qualifiée dans des domaines comme la politique étrangère et de sécurité commune ou la fiscalité. La France a toujours défendu cette ambition. Par ailleurs, il est possible, à traités constants, de former des coalitions de volontaires pour aller plus vite ou plus loin sur certains sujets.
S'agissant de l'élargissement, nous sommes très attachés à l'unanimité : il s'agit d'un partage de souveraineté, de décisions très lourdes pour l'avenir de l'Union européenne et de nos pays.

> [Union européenne / Intervention au Sénat] Accélérer l'agenda de compétitivité est nécessaire, notamment par la multiplication des Omnibus de simplification, mais aussi la fin de la fragmentation du marché intérieur -  je pense à l'union de l'épargne et des investissements et au 28e régime de droit des affaires.
La protection commerciale est un autre objectif, que nous défendons avec l'Allemagne. Sur ce sujet, la position de certains États a basculé assez rapidement quand, d'exportateurs, ils se sont retrouvés importateurs. Nous devons nous doter d'instruments pour imposer la réciprocité dans les échanges.
En ce qui concerne de nouveaux instruments de dette ciblés sur des priorités comme la défense et l'intelligence artificielle, nous estimons qu'ils auraient du sens pour préparer l'avenir. De même, nous pourrions repousser le paiement de la dette NextGenerationEU. Des consensus restent à dégager sur ces sujets. Je rappelle toutefois que, pour le soutien à l'Ukraine, nous avons décidé de facto d'une dette commune de 90 milliards d'euros. Il n'y a pas de raison de ne pas faire de même pour des instruments qui renforcent notre autonomie stratégique.

> [Union européenne / Intervention au Sénat] L'Europe doit devenir une puissance capable de défendre ses intérêts. Nous disposons de forces dans la région du détroit d'Ormuz. Le Président de la République a annoncé l'envoi d'un soutien défensif en Arabie saoudite. Nous sommes prêts à prendre nos responsabilités pour défendre le droit international et assurer la stabilité dans la région et, ce faisant, défendre les intérêts de nos concitoyens.

> [Union européenne / Intervention au Sénat] La France est attachée à l'équilibre que nous avons trouvé en matière de politique migratoire, mise en oeuvre à travers différents instruments comme le pacte sur la migration et l'asile, ou les partenariats avec les pays de transit ; ces dispositifs ont montré leur efficacité.
La disposition du règlement Retour relative aux centres de retour ne représente qu'un article sur cinquante-deux, mais il a fait beaucoup de bruit. Vous le savez, la France a toujours été très sceptique à l'égard de ces dispositifs. Nous ne souhaitons pas que ceux-ci soient financés par l'argent européen. Cela relève de décisions souveraines.
Il ne s'agit pas d'externaliser l'asile, mais de traiter des décisions de retour.
Par ailleurs, il n'y a pas de dérégulation, mais un effort de simplification pour alléger la charge administrative des PME, sans remettre en cause la trajectoire de décarbonation, pour trouver le meilleur équilibre entre décarbonation et accompagnement des acteurs économiques.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> La loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes doit garder toute son ambition au Sénat et trouver sa traduction dans le budget. Je serai vigilante sur ces deux fronts, car les engagements pris doivent devenir une réalité.
> L'Assemblée nationale vient d’adopter la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes, après un travail qui fait honneur à ce que le parlement peut accomplir. Les associations, la société civile et des députés de nombreux groupes ont construit ce texte ensemble. Je me suis engagée à leurs côtés pour le faire aboutir. Pendant l’examen, nous avons trouvé des voies de compromis pour que cette ambition puisse réunir une majorité. Cette ambition tient dans un mot, « intégrale ». Les victimes connaissent trop bien les conséquences d’une réponse morcelée. Obtenir une protection, trouver un hébergement, accéder aux soins et à la justice ne devrait pas leur imposer autant de combats séparés. Il faut penser et organiser tout ce parcours. Les drames de ces derniers mois nous ont serré le cœur. Pour les victimes si durement éprouvées, pour leurs proches, ce que nous votons doit désormais changer quelque chose. C’est à elles que je pense, dans la fierté de ce jour. La suite nous engage. Je serai vigilante tout au long de la navette parlementaire, et sur le budget. Nous avons su nous rassembler pour voter ce texte. Nous devons tenir ensemble jusqu’à son adoption définitive et lui donner les moyens d’être appliqué.

> Il y a 3 ans, Dominique Bernard était assassiné par le terrorisme islamiste parce qu’il était professeur. Parce qu’il incarnait ce que les fanatiques haïssent le plus : le savoir, la liberté de penser, l’émancipation par l’école. 3 ans après, son nom demeure celui d’un homme qui a consacré sa vie à éclairer celle des autres. Ne jamais oublier Dominique Bernard, c’est ne jamais renoncer à ce pour quoi il enseignait.

> [Budget 2027] J'appelle chacun à la responsabilité : nous avons besoin d'un budget pour la France ! On ne peut pas aspirer à gouverner la France dans quelques mois et ne pas être responsable sur le vote du budget.

> Nos jeunes grandissent dans un monde qui les inquiète. Je le vois aussi comme mère. Nous devons entendre ce qu’ils nous disent et aller plus loin pour les accompagner. Leur avenir mérite des réformes d’ampleur et des réponses concrètes.

> [Présidentielle] Je l’ai toujours dit : nous devons d’abord nous rassembler autour d’un projet, puis s’accorder sur la personne qui le portera. Le projet doit précéder les ambitions individuelles !

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Ce soir, je pense à elles, je pense à eux. À celles qui ont porté plainte et qu’on a renvoyées chez elles. À celles qui n’ont jamais osé. À ces enfants qui ont grandi avec un secret trop lourd, parce que personne ne leur a donné la parole. Cet après-midi, j’ai voté la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Mon groupe Ensemble pour la république aussi, d’une seule voix. Parce que ce que nous leur devons, c’est qu’une femme qui pousse la porte d’un commissariat trouve enfin quelqu’un de formé pour l’écouter. Qu’une plainte ne finisse plus dans un tiroir sans qu’on ait vraiment ouvert le dossier. Que chaque enfant puisse être reçu, à l’École, pour dire ce qu’il vit. Et qu’aucune victime n’ait à justifier sa vie passée pour être crue. Ce n’est pas anecdotique. C’est la réalité de centaines de milliers de Français. C’est la différence entre être cru et rester seul. Cette loi, nous l’avons travaillée, et nous la devons aux femmes et aux enfants, aux associations et aux militantes. À ces femmes qui se battent depuis des années, souvent bénévolement, trop souvent dans l’indifférence. Elles ont tenu bon. Cette victoire est d’abord la leur. Tout n’est pas gagné. Il faudra des moyens, beaucoup. Il faudra une adoption au Sénat. Il faudra rester vigilants, longtemps. Aujourd’hui, chacun a dit où il se trouvait. La France insoumise s’est abstenue. Les victimes s’en souviendront. Aujourd’hui n’était pas un jour comme les autres. Pour beaucoup, j’espère que ce sera le jour d’après. Celui où l’on commence à se reconstruire, en sachant que le pays a enfin décidé de vous croire. On ne lâchera pas. On ne vous lâchera pas. Victime ou témoin : 3919 pour les femmes, 119 pour les enfants. Gratuit, jour et nuit.

> À Dominique Bernard. Tué par le terrorisme islamiste. Tué en défendant son école, ses élèves. Tué pour avoir fait face à la haine et à la barbarie, armé de son seul courage. Pour lui, pour ses proches, pour la cité scolaire Gambetta d'Arras, encore endeuillée : aucun oubli. L'École est le meilleur rempart contre la haine et les obscurantismes. Elle met le savoir, là où il y a la violence. La liberté, là où il y a la brutalité. L'élévation, là où il y a le repli. C'est pour cela qu'elle fait si peur aux terroristes. Pour Dominique Bernard, pour notre École, pour l'avenir de la France, nous ne céderons jamais rien.

 

Paul Midy (député)
> [Budget 2027 / Intervention à l’Assemblée pour sa présentation] Personne ici ne peut ignorer le contexte dans lequel s’ouvre ce débat. Pour la troisième année consécutive, nous devons construire un budget dans une assemblée sans majorité. Aucun groupe ne pourra imposer sa copie, aucun groupe n’obtiendra tout ce qu’il souhaite. Nous pouvons passer des semaines à chercher le budget parfait ; mais dans cette assemblée, il n’existe pas. Une chose est pourtant certaine : la France, elle, a besoin d’un budget.
À cette difficulté politique s’ajoute une pression croissante sur les taux d’intérêt auxquels emprunte la France. Cette hausse des taux est d’abord mondiale. Parce que Donald Trump –
⁠ l’allié de Mme Le Pen – fait n’importe quoi et inquiète ceux qui prêtent de l’argent aux États-Unis, les taux augmentent dans le monde entier.
Il existe également une hausse des taux spécifique à la France –
⁠ d’abord à cause de la situation politique bloquée, mais aussi à cause des déclarations des candidats en tête dans les sondages en vue de l’élection présidentielle, déclarations qui effraient ceux qui prêtent à la France.
Quand Jean-Luc Mélenchon laisse croire que l’on pourrait jeter au feu les titres de dette, il ne prépare pas le redressement du pays ; il le prépare à une crise de taux. Quand Marine Le Pen présente son projet financier, c’est la même chose. On y trouve 125 milliards d’euros de pure fantaisie, à savoir 70 milliards d’euros d’économies irréalistes, 25 milliards d’euros de recettes fantaisistes et 30 milliards d’euros de sous-estimation de son programme, pour 4 à 5 points de déficit supplémentaire par rapport au déficit actuel. Là encore, ce n’est pas un plan de redressement des finances publiques, mais un plan qui condamnera notre pays à une crise de taux.
Dans une crise de taux, les intérêts explosent et écrasent les finances. Chaque euro d’intérêt de la dette est un euro qui ne va pas à l’hôpital, à l’école, à notre sécurité. Une crise de taux implique également une explosion du coût du crédit pour tous les Français qui voudraient acheter. Chaque déclaration des candidats à l’élection présidentielle peut nous coûter des milliards d’euros dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.
C’est pourquoi le message du groupe Ensemble pour la République est ferme. Il est primordial que nous adoptions un budget le plus vite possible pour apporter à notre pays de la visibilité, de la clarté et –
⁠ plus important – de la stabilité. Il vaut mieux en cela un mauvais budget qu’une absence de budget et avec elle l’instabilité gouvernementale et une crise de taux. Ceux qui voudraient empêcher l’adoption d’un budget veulent en fait le chaos.
Soyons clairs : la copie proposée par le gouvernement n’est pas satisfaisante en l’état. Ce n’est pas celle que nous aurions établie si nous disposions d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale ; c’est encore moins celle que nous proposerons lorsque Gabriel Attal sera président de la République l’année prochaine.
Avec mes collègues du groupe Ensemble pour la République, nous nous battrons pour des principes très simples : investir dans les dépenses d’avenir plutôt que dans les dépenses de fonctionnement ; soutenir ceux qui travaillent, et la croissance ; permettre des gains de productivité grâce à l’innovation. Il faut donc soutenir tout ce qui permettra de retrouver une trajectoire de prospérité et d’offrir un avenir meilleur à notre jeunesse. Tout cela doit non seulement être préservé, mais surtout accéléré et renforcé.
Le gouvernement propose un déficit de 5 %. Il faut évidemment tenir ce cap et même faire mieux si nous le pouvons. D’après le Haut Conseil des finances publiques (HCFP), l’effort s’élève à 40 milliards d’euros : 17 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires et 23 milliards d’euros d’économies, hors charge de la dette. Les économies représentent donc environ une moitié de l’effort, une grosse moitié, les hausses d’impôts, une petite moitié. Pourtant, la France est déjà championne du monde de l’impôt. (« Ah ! » sur les bancs du groupe RN.) Si les impôts étaient la solution, nous n’aurions plus de problèmes depuis très longtemps. Il faut donc réaliser beaucoup plus d’économies et augmenter beaucoup moins les impôts.
Ces débats seront bien sûr difficiles, mais les repousser ne les rendra pas plus faciles –
⁠ cela ne fera qu’alourdir la facture. Nous sommes responsables envers les jeunes générations : nous ne pouvons pas financer les dépenses actuelles à crédit sur leur dos et renoncer, en plus, aux investissements dont leur avenir dépend.
Nous devons doter la France d’un budget le plus rapidement possible afin de concentrer notre débat démocratique des mois à venir sur la projection de notre pays dans les cinq à dix prochaines années.
Avec Gabriel Attal, nous avons de nombreuses convictions mais l’une d’elles est particulièrement forte : les plus belles pages de notre pays restent à écrire. Mettons donc notre énergie collective au service de cette ambition et écrivons ces pages ensemble.

 

Alexandra Martin (députée)
> [Loi intégrale sur les violence sexuelles / Intervention à l’Assemblée] « Une femme, malgré les apparences, n’est vraiment libérée que dans un monde où toutes les femmes le sont. Il y a du chemin à faire. Mais ce chemin, toutes les femmes doivent le faire ensemble dans une parfaite solidarité. »
Ces mots sont ceux de Gisèle Halimi. Ils nous ont guidées, façonnées –
⁠ nous, les femmes engagées de notre génération. Ces mots nous indiquaient le chemin et la destination. Nous n’avions plus qu’à être à la hauteur de cette ambition.
C’est précisément ce chemin que trace la proposition de loi que nous nous apprêtons à voter. Comme l’a rappelé notre président Gabriel Attal, le groupe Ensemble pour la République soutient ce texte avec une force et une conviction absolues. Face aux violences sexistes et sexuelles, nous avons trop longtemps apporté des réponses partielles à un problème global. Prévenir, détecter, protéger, enquêter, juger, accompagner les victimes : toutes ces réponses doivent désormais former un ensemble cohérent.
Tout le sens de cette loi intégrale est là : ne plus agir petit bout par petit bout, mais agir sur toute la chaîne des violences. Le drame de la petite Lyhanna nous rappelle avec une brutalité insoutenable ce que nous ne pouvons plus accepter. Comment ne pas penser également à Gisèle Pelicot, à son courage immense, et à toutes celles qui portent en elles des blessures invisibles et indélébiles ?
Le silence tue. Il isole les victimes, il protège les agresseurs et laisse trop souvent les violences se poursuivre jusqu’à l’irréparable. En France, en 2026, nous ne pouvons plus nous satisfaire de réponses insuffisantes face à ces drames. Nous ne pouvons plus détourner les yeux, attendre qu’une nouvelle victime nous rappelle l’urgence d’agir, ni laisser celles et ceux qui souffrent affronter seuls l’indicible.
Pour autant, depuis 2017, nous avons fait évoluer notre droit, avec notamment l’allongement à trente ans du délai de prescription pour les crimes sexuels commis sur des enfants, le déploiement des bracelets antirapprochement et des téléphones grave danger, la création d’une ordonnance de protection immédiate des victimes, le déploiement des salles Mélanie ou encore l’inscription du non-consentement dans la définition pénale du viol. Nous avons également renforcé les moyens et les effectifs sur le terrain, en recrutant des policiers et des magistrats et en améliorant leur formation.
Pourtant, malgré ces avancées, nous devons regarder la réalité en face : cela ne suffit pas. Nous connaissons les chiffres. Un enfant est victime de violences sexistes et sexuelles toutes les trois minutes, 164 femmes ont été victimes de féminicide en 2025 et 94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite. Ces chiffres ne sont pas seulement des statistiques. Derrière chacun d’eux, il y a une vie, une souffrance, un destin brisé. Face à cette urgence, la Coalition féministe et enfantiste pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles, que je tiens à saluer, s’est organisée pour mener le combat. À partir de leurs 160 propositions, un travail parlementaire a été mené de façon transpartisane (…).
Grâce à cette mobilisation collective, cette proposition de loi a pu être inscrite à l’ordre du jour de notre assemblée dès la reprise des travaux. Aujourd’hui, après neuf jours d’examen en commission et en séance –
⁠ soit près de quatre-vingts heures de débat – et 1 627 amendements discutés, nous y sommes. De la définition des violences sexistes et sexuelles à la réforme de la police judiciaire, du socle minimal d’enquête à la création d’une juridiction spécialisée et au renforcement du parcours des victimes, nous apportons une réponse cohérente et globale. Qu’il s’agisse de consolider la réponse pénale, de protéger nos enfants, d’éradiquer ces violences au travail, à l’université comme dans le secteur de la santé ou encore d’intensifier la lutte contre les mariages forcés, cette proposition de loi agit sur tous les fronts.
Face au fléau des violences sexistes et sexuelles, nous apportons enfin la réponse intégrale que la société attend. Les Françaises et les Français nous regardent ; nous les avons écoutés, nous les avons entendus. Mes chers collègues, en ce jour de vote solennel, nous devons être à la hauteur du mandat qui nous a été confié. Le groupe Ensemble pour la République votera en faveur de la proposition de loi. Aucune voix ne doit manquer !

 

Éric Bothorel (député)
> [Cyberattaque contre les congélateurs des supermarchés / Intervention à l’Assemblée] Nous avons connu, hier, l’une des cyberattaques les plus tangibles quand les armoires frigorifiques de nombreux supermarchés ont été touchées.
Une faille dans le logiciel d’une société danoise et ce sont des frigos en panne ou qui chauffent quand ils devraient refroidir. Des millions de pertes, mais le bilan aurait pu être plus grave, car aucun incendie ne s’est déclaré dans la nuit de dimanche à lundi –
⁠ attendons toutefois d’avoir vérifié si celui du marché des Enfants-Rouges n’est pas lié à cette affaire.
Quand la cybercriminalité frappe un grand groupe ou les impôts, cela agace, voire amuse –
⁠ n’y a-t-il pas un Robin des bois qui sommeille en chaque Français, heureux que seuls les puissants soient touchés ? –, mais avec l’Intermarché de Lannion et les équipes de Jean-Luc Allichon, que je salue, le Leclerc du bourg, les produits frais jetés, les concitoyens récupérant des denrées avariées avant leur destruction, tous les Français et toutes les Françaises peuvent se sentir concernés.
Le risque cyber est désormais dans le monde réel. Une enquête a été confiée à l’Office anti-cybercriminalité : attendons ses conclusions.
Alors que le Cybermois, un mois de sensibilisation, a commencé, nous attendons toujours Godot. Je veux parler de la transposition de la directive NIS 2, qui aurait dû intervenir il y a plus de deux ans, mais qui vient encore d’être repoussée. L’adoption du projet de loi sur la résilience et la cybersécurité n’aurait peut-être pas empêché ces incidents, mais elle aurait rappelé quelques fondamentaux d’hygiène numérique. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information a été mobilisée toute la journée d’hier auprès des responsables de supermarchés : c’est désormais sa fonction, qu’elle exerce 24 heures sur 24. L’application de l’article 17 de NIS 2 lui aurait permis d’obtenir plus rapidement une vue consolidée et de limiter ainsi la propagation, sans empêcher l’attaque. C’est cela aussi, la prévention !
Danfoss, le fournisseur danois d’armoires frigorifiques, évoque des équipements obsolètes ou sans mise à jour. Le prestataire de télémaintenance devra être interrogé. Les fournisseurs de services gérés, secteur hautement critique, doivent informer leurs clients des mesures à appliquer en cas de vulnérabilité.
Dès août 2026, Team82 recensait 2 765 interfaces de Danfoss exposées à des risques. Un tel relevé aurait dû déboucher sur une prescription. Si la directive NIS 2 avait été transposée, l’Anssi aurait pu imposer des mesures de remédiation, assortie de délais d’application.
Hier des hôpitaux, cet été la DGFIP, aujourd’hui des frigos : la chaîne casse toujours par son maillon le plus faible. Nous sommes attaqués, il faut agir, et plus vite. Que savez-vous des événements d’hier ? Quel est le calendrier d’examen du projet de loi « résilience » ?

 

● MoDem 
Sandrine Josso (députée)
> [Loi intégrale sur les violence sexuelles / Intervention à l’Assemblée]  « Elles sont ma famille. Elles sont mon combat. Elles sont ma pratique quotidienne. » Ces mots de Gisèle Halimi résonnent profondément en moi. Je pense à toutes ces victimes de violences sexistes et sexuelles dont je connais les combats, pour les vivre personnellement et pour les entendre chaque jour. Si ce texte est devant notre assemblée, nous le devons d’abord à leur mobilisation. Merci à elles !
Merci à celles et ceux qui ont brisé le silence. Toute victime doit se sentir légitime à parler, sans en subir les conséquences. Cette proposition de loi est attendue par l’ensemble de la société française –
⁠ sauf peut-être par les agresseurs.
Pour notre groupe, elle doit acter un véritable changement. En matière de violences économiques, par exemple, trois amendements issus de notre proposition de loi de 2023 sur la justice patrimoniale au sein de la famille ont été adoptés : dès l’ordonnance de protection, le juge aux affaires familiales pourra protéger financièrement la victime ; la solidarité des dettes ménagères contractées après le départ du domicile prendra fin ; pour la décharge de solidarité fiscale, la charge de la preuve sera inversée.
Nous avons également obtenu une meilleure prise en compte de la soumission chimique dans la formation des officiers de police, des magistrats et des experts, comme dans leur travail quotidien auprès des victimes.
En ce qui concerne les enfants, notre rapporteur Erwan Balanant s’était engagé en commission à « muscler encore le dispositif ». Nous avons rétabli à son initiative un entretien individuel obligatoire pour chaque élève, de la maternelle à la majorité ; il sera mené hors de la présence des parents, par des professionnels formés à l’écoute de l’enfant. Chaque école aura un adulte référent, connu de tous, et l’enfant pourra refuser un adulte qui ne serait pas spécialisé. Nous avons prévu quatre entretiens aux âges clés dès à présent, avant l’instauration de l’entretien annuel pour tous dès 2032. Nous avons en outre adopté un amendement de Maud Petit sur la présomption de contrainte en cas d’inceste commis sur une victime devenue majeure : ce ne sera plus à elle de prouver qu’elle n’était pas consentante. Enfin, nous avons défendu un amendement de Perrine Goulet sur l’audition des enfants en unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger (Uaped).
Malgré ces avancées, je regrette que nous ne soyons pas allés plus loin dans la reconnaissance du contrôle coercitif, une violence souvent invisible mais profondément destructrice, qui peut conduire au féminicide. N’attendons pas vingt ans pour suivre les pays européens qui l’ont déjà intégré dans leur loi.
Je tiens également à sonner l’alerte sur un point : les dispositions de cette loi intégrale ne doivent pas servir à nous donner bonne conscience. Des droits proclamés mais inaccessibles ne protègent personne. S’il est nécessaire, par exemple, d’informer les agents publics de l’existence de la protection fonctionnelle, encore faut-il que cette protection couvre réellement les frais engendrés par les procédures judiciaires. Le coût d’une procédure ne devrait jamais être un obstacle à la justice –
⁠ je peux malheureusement en témoigner.
Quel est le prix des larmes, documenté par Virginie Cresci en 2024 ? Combien de victimes renoncent à porter plainte ou hésitent parce qu’elles redoutent une procédure qui peut les engloutir, les marginaliser, les conduire notamment à une mort sociétale, comme l’a si bien décrit Florence Porcel ? Voilà pourquoi la question des moyens est décisive.
Le groupe Les Démocrates votera avec fierté en faveur du texte, pour les avancées qu’il a défendues en son sein. Cette proposition de loi doit rendre leur dignité aux victimes. Nous en avons la responsabilité, pour les générations futures, pour ceux qui aspirent à vivre dans une démocratie authentique et solidaire.

 

Romain Daubié (député)
> [Automobile / Intervention à l’Assemblée] Le Mondial de l’automobile vient d’ouvrir ses portes. Pour les Français, la voiture est souvent un rêve : la première voiture, les départs en vacances… C’est souvent, aussi, leur seul moyen de transport, comme dans l’Ain ou dans bon nombre de zones rurales ou périurbaines. Enfin, derrière les nouveaux modèles exposés au Mondial, on trouve en France 4 000 entreprises, qui comptent 300 000 salariés.
Or, avec l’arrivée de l’électrique, l’industrie automobile est confrontée à une transformation historique. La Chine innove et subventionne massivement ses constructeurs pour conquérir nos marchés. En deux ans, les constructeurs chinois sont passés de 2 % à plus de 26 % de parts du marché européen. Les États-Unis dressent des barrières douanières, l’Inde impose des droits de douane et la Chine, des co-entreprises. Dans cette compétition mondiale, nos usines, nos emplois et nos savoir-faire sont en jeu.
Évitons les deux erreurs que seraient le repli et la naïveté. Notre ligne est simple : il faut une Europe ouverte, mais pas offerte. Une Europe ouverte aux investissements, à la production et à l’emploi mais une Europe exigeante sur le respect des règles de réciprocité. C’est l’ambition du projet de règlement européen sur l’accélération industrielle, qui vise à faire de l’Europe une terre productive. L’Europe est en mesure de faire respecter ses intérêts, non pas en taxant à la frontière, en faisant payer plus cher le consommateur et en comptant ses chômeurs, mais en apportant une part significative de production locale, comprise entre 70 % et 75 %, pour pouvoir faire appel au soutien public.

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Valérie Hayer (députée, présidente)
> Les députés hongrois ont voté ce matin la suppression des dispositions anti-LGBT+ contenues dans une loi dite de « protection de l'enfance », adoptée en 2021 par le gouvernement Orbán. C’est une très bonne nouvelle pour le rétablissement de l’état de droit et des libertés dans le pays. Je me suis rendue deux fois à la Pride de Budapest.
Renew Europe a toujours été aux côtés des personnes LGBT+ hongroises injustement discriminées, assimilées à des prédateurs sexuels ou à un danger pour les enfants. L’Union européenne est un espace de liberté, de toutes les libertés. Y compris celle d’aimer qui l’on veut.

 

● Personnalités centristes
Clément Beaune (haut-commissaire au Plan)

> Il y a trois ans, Dominique Bernard était assassiné, victime du terrorisme islamiste. Comme Samuel Paty, il défendait les idéaux de la République et d’une École libre. Mes pensées vont à ses proches et à tous ceux qui, comme lui, enseignent avec dévouement.

 

Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)
> La loi intégrale est adoptée à l’unanimité ! Des avancées concrètes pour mieux prévenir, mieux protéger et mieux accompagner les enfants victimes, dont plusieurs mesures étaient proposées dans mon rapport remis au Premier ministre en juillet dernier.

> Face aux violences sexistes et sexuelles, les victimes ne doivent plus avoir à mener mille combats pour être protégées. L’Assemblée vient d’adopter la loi intégrale. Une avancée majeure. Maintenant, allons jusqu’au bout et donnons à cette loi les moyens de changer des vies.

> [13 octobre] Journée internationale des droits des filles : +65 % de risque de subir des (cyber)violences psychologiques graves quand on est une fille. Un chiffre glaçant, qui dit l’ampleur du problème. Et surtout, l’urgence d’agir.

> Aucun jeune ne devrait être rejeté pour ce qu’il est ou pour qui il aime. Aux côtés de la Fondation Le refuge, qui héberge et accompagne les jeunes LGBT+ victimes de rejet familial. Merci aux équipes, bénévoles et donateurs qui leur permettent de se reconstruire.

> Il y a 3 ans, Dominique Bernard était assassiné par un terroriste islamiste à Arras. Mes pensées vont à sa famille, à ses proches et à toute la communauté éducative. Son engagement nous oblige. Face à l’obscurantisme, je défendrai toujours l’École de la République.

> Effroi après les tirs survenus au collège d’Aubagne. Toutes mes pensées vont au principal et à l’enseignante blessés, ainsi qu’aux élèves, aux familles et à toute la communauté éducative. Cette augmentation de la violence chez nos enfants doit collectivement nous alerter.

> Soutenir les parents, c’est aussi protéger les enfants ! Au colloque de la FNEPE, j’ai rappelé l’importance d’agir dès les premières difficultés et de mieux articuler soutien à la parentalité et protection de l’enfance. Une priorité : les besoins et la sécurité de l’enfant.