mercredi 28 octobre 2026

Propos centristes. France – Protection des enfants / Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers / Attentat raciste de Trappes / Bayrou: notre démocratie malade de la haine / Programme économique d’Attal / Brésil et Serbie: résilience de la démocratie / Féminisation de l’armée…


Voici une sélection, ce 28 octobre 2026, des propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.

► Emmanuel Macron (Président de la République)
> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] J'ai tenu à venir à Marseille ce matin pour être aux côtés de Monsieur le Maire et de l'ensemble de ses équipes dont la mairie, comme vous le savez, a été attaquée et durement touchée le 17 octobre. Aux côtés aussi du préfet de région, de la préfète, de l'ensemble des forces de sécurité intérieure qui ont tenu et conduit un très bon travail ce samedi dernier. Donc, nous allons continuer. Samedi, les manifestations se sont tenues dans tout le pays, et l'ordre aussi a été tenu. Les commerces ont été protégés, les bâtiments publics ont été protégés, on a encore près de 80 commerces qui ont été impactés, France entière. C'est toujours trop, donc on va continuer de s'améliorer. Mais l'organisation et l'anticipation ont été là, et avec le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur, l'ensemble du gouvernement et l'organisation qui a été mise en place pour le 24 octobre, nous avons pu tenir et protéger, et c'était la mission première.
Ensuite, des manifestations ont pu s'organiser, le droit de manifester a été préservé, et c'est une bonne chose, mais avec des tracés qui ont été repensés et hors des centres-villes. Je dis tout ça avec d'abord ma gratitude à l'égard des forces de sécurité intérieure et du travail qui a été fait samedi dernier. Ensuite, il faut maintenant préparer la suite, et on reste à la fois humbles et concentrés. On sait que samedi prochain est encore un samedi à risque. On sait qu'il y a le 5 novembre une journée de mobilisation nationale, qui mobilise tous les syndicats, et il y a encore les autres samedis. Pour autant, il n'est pas écrit qu'il y ait une chronique de chaque samedi qui doivent reprendre.
Donc, qu'est-ce que nous allons faire ? Continuer d'être organisés, d'être présents, de protéger les biens, les personnes, nos centres-villes, nos commerces, nos bâtiments publics. Ça, c'est la règle absolue, et c'est la mobilisation de tous. La deuxième chose, on continuera d'avoir des tracés de mobilisation déclarée, donc les tracés qui sont demandés par les syndicats représentatifs, qui se feront en dehors des centres-villes pour que les manifestations se fassent dans le calme et sans mettre nos commerces à risque. Troisièmement, on va continuer d'accompagner nos commerçants, nos artisans, toutes les forces économiques qui ont été touchées. On va les retrouver dans un instant à la préfecture. Ici, un fonds a été mis en place par l'État, abondé par les collectivités territoriales, par le privé aussi, et on va continuer, en allant chercher évidemment les assureurs, en mettant ce fonds en place, en accompagnant, et on va évidemment accompagner aussi les collectivités les plus touchées, je pense à la mairie de Marseille.
Une dernière chose, évidemment, j'ai demandé au gouvernement aussi de répondre aux demandes légitimes qui sont à la racine de ce mouvement social. Le Premier ministre va recevoir les représentants du monde lycéen, et le CNVL, cet après-midi, avec des annonces fortes et des avancées pour justement, à la fois aujourd'hui, changer les choses et pouvoir aussi enclencher des chantiers à très court terme. Nous allons faire de même avec les forces syndicales et patronales. Tout ça doit rentrer progressivement dans l'ordre et dans le respect.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] A Marseille, comme ailleurs, il n'y avait pas assez de forces le 17 octobre, on le sait très bien, parce qu'on n'avait pas du tout anticipé ce qui s'est passé. C'est-à-dire que le 17 octobre n'avait pas été anticipé le fait qu'on aurait autant de forces d'ultra-gauche qui se mobiliseraient dès très tôt le matin, de manière très atypique, c'est-à-dire pas en opportunisme à la fin des cortèges, mais très tôt le matin, ce qui s'est d'ailleurs passé ici. On n'avait pas anticipé qu'on aurait, au-delà de cette mobilisation de l'ultra-gauche, aussi de la délinquance qui viendrait dessus. Et donc, les forces de police n'étaient pas dûment proportionnées, donc, c'est tout à fait vrai, ce n'est pas ce qui s'est repassé le 24.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers / Poursuite des couvre-feux] Parce que l'ordre a été tenu, parce qu'on a pris toutes les dispositions. Je rappelle que beaucoup m'ont critiqué le 18 octobre au soir, quand j'ai dit, justement, que nous allions prendre, les préfets avec les maires, toutes les dispositions utiles. Le ministre de l'Intérieur a confirmé qu'on était encore dans cette période.
L'ordre a été tenu parce qu'en effet, dans des territoires où on sent encore des tensions, où il y a des risques, les préfets, en lien avec les maires, décident des couvre-feux. Ça a fonctionné, ça a été respecté. L'ordre a été tenu le 24 octobre, parce qu'on a anticipé, parce qu'on a mis beaucoup de forces de sécurité sur le terrain, et je remercie le ministre de l'Intérieur et les forces de sécurité. Beaucoup ont été rappelés, les congés annulés. Il faut mesurer ce que c'est aussi pour beaucoup de familles. Et donc, ça s'est bien tenu, les manifestations ont pu se tenir dans le calme, et les casseurs ont été bloqués et interpellés. C'est ça qui perdurera.
Comme vous le voyez, puisque beaucoup m'ont reproché le 18 octobre, de ne pas avoir annoncé l'état d'urgence, on tient la République et l'ordre public aujourd'hui sans l'état d'urgence. Ça ne veut pas dire que si les choses devaient se dégrader, c'est un interdit ou un tabou. Ça veut dire qu'on est rigoureux, qu'on est ferme, mais qu'on est républicain.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] Ce que nous vivons aujourd'hui n'est pas comparable avec ce que nous avions vécu à l'été 2023. Il y avait un fait déclencheur. C'était essentiellement des très jeunes dans les quartiers.
Ce que nous vivons aujourd'hui, et ça a été parfaitement décrit, c'est d'abord une mobilisation sociale, sociale et politique, qui a des racines dans la mobilisation lycéenne, d'une part, et dans la vie chère, d'autre part. Et donc ça, ça se traite par la discussion. Il y a une réponse politique et sociale. C'est le travail du gouvernement pour les jours à venir.
Ensuite, il y a des forces d'ultra-gauche qui sont venues s'ajouter massivement dans beaucoup de villes, en mobilisant. Là, la réponse ne peut être que sécuritaire, et c'est pour ça qu'on doit séparer l'un de l'autre. Et enfin, il y a une délinquance pour samedi 17 qui est venue s'ajouter à cela.
Est-ce que les réseaux sociaux jouent un rôle dans cette affaire ? À coup sûr. Mais les réseaux sociaux abîment nos démocraties, parce qu'ils polarisent, parce qu'ils créent une espèce de sidération devant les scènes de violence, parce qu'ils sont pour certains des instruments de mobilisation du pire. Ils ont été utilisés, en particulier le 17 octobre, pour faire venir des jeunes ou des moins jeunes sur les lieux de délinquance, d'attaques, de pillages, et parce qu'il y a une forme de déréalisation de la violence qui se passe sur ces réseaux sociaux.
Il y a aujourd'hui, vous le voyez bien, une grande confusion, une forme d'excitation permanente qui est en train de se faire, une fascination pour la violence. On doit casser ce cycle. Ce n'est pas ça, vivre ensemble dans une société. Ce n'est pas ça, vivre ensemble dans la République, qui est notre commun. C'est de préserver nos institutions, c'est de respecter l'autre, c'est de pouvoir exprimer des désaccords, c'est de trouver des compromis politiques et sociaux, et c'est de se dire, comme je le rappelais il y a huit jours, nous sommes à six mois d'une élection présidentielle. C'est le moment du débat, normalement. Ce n'est pas le moment de la violence, c'est précisément le moment où on peut exprimer ces accords et ces désaccords pour faire émerger des propositions politiques qui permettront de décider pour notre avenir.
Notre pays, qui est une grande démocratie, mérite un beau et grand débat démocratique pour ses élections présidentielles. Il ne faut pas se laisser voler par des professionnels du désordre, des casseurs, des pilleurs et les forces du chaos.

> > [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] L'État sera là et l'ordre sera tenu. En même temps que l'ordre sera tenu, avec des mesures en semaine et avec des décisions pour les samedis ou les journées de mobilisation, il y aura les discussions. Donc si tout le monde est sincère et si tout le monde a le même sens de l'intérêt général et de la République, normalement, à mesure que les compromis sont trouvés, à six mois d'une présidentielle une fois encore, les choses devraient progressivement se calmer.

 

► Sébastien Lecornu (Premier ministre)
[Nota: Nous faisons figurer Sébastien Lecornu dans cette liste alors qu’il n’est pas centriste mais appartient à l’aile droite de Renaissance, parti centriste/central et qu’il s’est toujours défini comme un homme de droite; c’est à ce titre que ses propos sont retranscrits ici et du fait qu’il a composé un gouvernement d’axe central.]
> [Attentat raciste de Trappes] Après un attentat terroriste raciste, la dignité, l’unité républicaine et la cohésion nationale devraient nous rassembler, pour pleurer les victimes, respecter le deuil des familles et faire preuve de compassion et de fraternité. Cela n’empêche ni le débat démocratique ni aux oppositions de demander des comptes au Gouvernement. Au lieu de cela, l’ambiance de ces questions au Gouvernement fut profondément nauséabonde. Tout sent la campagne présidentielle, matin, midi et soir. Tout sent la récupération politicienne. Ce spectacle marque une forme d’indignité. Quelles que soient nos sensibilités politiques, j’en appelle à un sursaut. À faire corps, à faire bloc et à ne rien lâcher. À être debout pour la République.

> [Attentat raciste de Trappes / Intervention à l’Assemblée] Madame la présidente de l’Assemblée nationale, mesdames et messieurs les députés, chère famille, monsieur le maire de Trappes, permettez-moi de reprendre, avec la même gravité, les mots que vous venez de prononcer, madame la présidente Chatelain, ainsi que ceux que la présidente de l’Assemblée nationale a très justement employés en ce début de séance pour dire l’émotion profonde qui traverse le pays. On le sent tous et on le sait tous depuis plusieurs jours.
Face à ce drame absolument épouvantable, j’ai évidemment une pensée pour la famille de la victime, à qui j’adresse mes condoléances, ainsi que pour les familles des blessés, y compris psychologiques, que la nation et les pouvoirs publics doivent soutenir dans leur épreuve. J’ai également une pensée pour votre territoire, monsieur le maire, et plus encore pour tous nos compatriotes qui, au moment où l’on se parle, ont peur –⁠ peur pour leur intégrité physique, peur d’être pris pour cible par une violence et une haine aveugles. Quand les choses sont confuses dans l’esprit de certains, je pense qu’il faut faire preuve de clarté.
Quand les choses sont confuses dans l’esprit de certains, je pense qu’il faut faire preuve de clarté. Un acte minutieusement préparé et planifié, pour lequel une arme de guerre a été employée –
⁠ on a tiré 128 munitions – et dont les victimes ont été délibérément ciblées en fonction de leur profil, cela s’appelle du terrorisme.
Le procureur de la République antiterroriste indique que l’enquête permet déjà de déterminer la nature de cette planification. Les premiers propos recueillis par les forces de l’ordre et consignés sur le procès-verbal d’interpellation comme le choix des victimes révèlent ce que nous devons assumer avec la plus grande clarté : il s’agit d’un attentat non seulement terroriste, mais raciste. Si nous ne nous accordons pas sur les mots à poser sur ce qui s’est passé, nous nous laisserons aller à une confusion dangereuse pour la République.
Je salue le sang-froid de la brigade anticriminalité et des forces de l’ordre en général. Le bilan est lourd, épouvantable, mais nous savons d’après le procureur national antiterroriste qu’il aurait pu être bien plus grave qu’il ne l’est. Je salue aussi l’action de la justice, que bien trop de personnes remettent malheureusement en cause –
⁠ voyez la rapidité avec laquelle le procureur mène l’enquête et fait toute la lumière que les familles et les élus du territoire réclament.
Quand les choses sont confuses, il faut rejeter clairement toute forme de violence. Depuis plusieurs jours, le maire de Trappes répète des mots justes. Je me permets, monsieur le maire, de les reprendre à mon compte : vous parlez des « discours qui arment (…) ceux qui sont capables de passer à l’acte ». Ces mots, je les fais entièrement miens. Ils nous rappellent qu’il faut lutter aussi clairement que possible contre toute forme de recours à la violence, de racisme, d’antisémitisme, de discrimination, d’homophobie.
Le combat pour les valeurs de la République ne se mène pas à la carte. C’est le message que je m’efforce de faire passer depuis que je suis premier ministre. Je l’ai fait devant cette assemblée, alors que nous étions tous bouleversés par l’affrontement entre l’ultragauche et l’ultradroite qui a abouti à la mort de Quentin. J’avais alors rappelé ici qu’on ne pouvait pas opposer un mort à un autre mort.
Je le redis : dans la République, on ne peut pas opposer un mort à un autre mort. Il faut rejeter la violence et l’ambiguïté insupportable et intolérable dont j’observe ici et là quelques remous.
Puisque la lutte contre le racisme et l’antisémitisme nous mobilise, le gouvernement a proposé un projet de loi visant justement à durcir un certain nombre de dispositions en matière de racisme.
Ce projet de loi n’a rien à voir avec le terrorisme, mais il participe très clairement des combats politiques et culturels qu’il faut mener contre l’antisémitisme et contre le racisme.
Il a été présenté en conseil des ministres en juillet dernier et nous aurons l’occasion de l’inscrire rapidement à l’ordre du jour du Parlement. En effet ce combat culturel et politique doit être mené non seulement par les paroles mais aussi par les actes, et notamment par les votes.

 

Madame la présidente de l’Assemblée nationale, dans le discours que vous avez prononcé à l’ouverture de cette séance, vous avez su trouver le ton et les mots justes
Je le dis avec beaucoup de tristesse et de gravité : j’ai le souvenir d’attentats terroristes passés –⁠ quel qu’en ait été le motif, sous des gouvernements de gauche ou de droite – qui avaient entraîné un réflexe d’unité républicaine pour défendre les valeurs de la République. Il y avait alors un délai de décence et de dignité, un temps pendant lequel on pleurait les victimes et on respectait le deuil des familles, un temps pendant lequel on montrait de la compassion et de la fraternité.
Cela n’empêchait pas le débat démocratique. Cela n’empêchait pas la droite républicaine de demander des comptes à Manuel Valls ou à Bernard Cazeneuve sur les conditions dans lesquelles l’attentat avait pu être commis. Cela n’empêchait pas la gauche républicaine de demander des comptes au gouvernement de Nicolas Sarkozy sur l’attentat perpétré par exemple par Mohammed Merah.
Dans ce spectacle auquel nous assistons aujourd’hui, tout sent la campagne présidentielle, matin, midi et soir. Tout sent le recel politicien, tout marque l’indignité. Croyant combattre le racisme, vous faites le jeu de l’extrême droite et du Rassemblement national ! Au lieu de quitter l’hémicycle, de déserter, vous devriez participer au débat et défendre l’unité de la République et ses valeurs, faire corps, ne rien lâcher !
L’ambiance particulièrement nauséabonde de cette séance de questions au gouvernement ne laisse rien présager de bon pour les semaines et les mois à venir. Mesdames et messieurs les députés, quelle que soit votre sensibilité politique, je vous appelle au sursaut. Soyons debout pour la République !

 

► Gouvernement
● Ministres centristes/centraux
Laurent Nunez (ministre de l’Intérieur)

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers / Intervention à l’Assemblée] Merci de saluer le travail accompli par les forces de sécurité intérieure, notamment le 24 octobre. Oui, il y a eu moins de casse, mais sachez que dans de nombreuses villes, des militants de la mouvance de l’ultragauche, de l’extrême gauche radicale, ont essayé sans relâche de se diriger vers les centres-villes pour y commettre des exactions –
⁠ ces centres mêmes où les préfets, pour prévenir des troubles à l’ordre public, avaient précisément interdit un certain nombre de rassemblements.
Cela a empêché leur intention de se traduire par des actes, mais elle était bien là.
Je réponds très clairement à vos questions. Lors des événements du 17 octobre, 1 693 membres des forces de l’ordre ont été blessés. À ma connaissance –
⁠ je reste prudent –, plus aucun n’est hospitalisé.
Quant au renforcement des effectifs, je ne peux que rappeler qu’entre 2017 et 2027, 5 025 emplois ont été créés dans la gendarmerie nationale et 13 489 dans la police nationale. Évidemment, cet effort se poursuivra en 2027 dans le cadre du projet de loi de finances, s’agissant notamment de la filière judiciaire de la police nationale.
Concernant la fermeté de la justice, le ministre de la justice a donné aux parquets des instructions très claires. Nous en observons l’application sur le terrain : comme l’a indiqué le garde des sceaux le 22 octobre, 2 700 gardes à vue se sont déroulées consécutivement à l’ensemble du mouvement, un tiers des personnes gardées à vue ont été déférées devant la justice et 149 incarcérations ont eu lieu.
Il s’agit bien d’une réponse ferme. J’en donnerai une seule illustration : samedi dernier, des personnes ont pénétré dans un Carrefour Market à Marseille ; dix-huit personnes ont été interpellées et quatre écrouées.
Nous protégerons les centres-villes et les commerces, et la réponse pénale continuera d’être ferme, à la hauteur du travail des forces de sécurité intérieure.

> [Attentat raciste de Trappes / Intervention à l’Assemblée] J’ai à mon tour une pensée pour la victime de ce terrible attentat et sa famille. Nous nous sommes vus à Trappes vendredi après-midi. Aurore Bergé et moi-même étions à la mairie de Trappes et vous étiez présente à nos côtés. Je remercie évidemment le maire et l’ensemble des maires pour les dispositifs qu’ils ont instaurés.
Le racisme est un délit, madame la députée : le gouvernement, très ferme à cet égard, ne laisse rien passer.
La lutte contre ce mal absolu se mène à plusieurs niveaux. On le combat évidemment quand il aboutit à des actions terroristes –⁠ c’est ce qui s’est produit vendredi, dans les Yvelines.
Les services de renseignement doivent travailler –
⁠ ils le font – sur la mouvance de l’ultradroite, qui peut commettre des actions terroristes violentes : un certain nombre d’individus sont suivis. Ce qui est arrivé vendredi est ce que nous redoutons le plus : un individu qui s’arme et passe à l’acte en choisissant ses victimes au prisme de sa conception raciste.
En matière de lutte contre le terrorisme et contre les abus sur les réseaux sociaux, nous n’avons cessé, au cours des dix dernières années, de muscler notre dispositif afin que soient retirés les contenus terroristes et racistes, et d’une manière générale les contenus qui appellent à la haine. Cette action se poursuivra grâce au dispositif Pharos, que nous renforçons continuellement.
Nous continuerons systématiquement de poursuivre devant la justice tous les propos racistes, quels qu’ils soient. Les préfets saisissent très souvent la justice quand ils constatent des dérapages ou quand sont tenus des propos inacceptables, qui peuvent conduire à des actions violentes.
Comptez sur mon engagement pour poursuivre cette action, avec détermination et une grande fermeté.

> [[Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers / Intervention au Sénat] les réseaux sociaux sont utilisés pour diffuser des appels à la mobilisation renvoyant explicitement à l'insurrection. Pendant même le déroulement des faits, ils sont utilisés par les différents acteurs.
Des obligations pèsent déjà sur les plateformes : modération, signalement aux autorités. Hier soir, vous avez prévu d'étendre le champ d'action de Pharos, en particulier pour demander le retrait d'un contenu dans un délai de 24 heures -  ce n'est pas rien. En cas d'atteinte grave à notre sécurité, des mesures de suspension pourraient être envisagées.
La proposition de M. Malhuret ne m'a pas échappé. Le Gouvernement l'a accueillie avec prudence, mais une volonté de l'expertiser. Il s'agit de faire peser sur les plateformes la responsabilité, y compris pénale, des contenus publiés. Ces sujets méritent réflexion, mais nous sommes prêts à évoluer, dans un souci d'équilibre entre liberté d'expression et impératifs de sécurité.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] La journée [du 24 octobre] a été maîtrisée, évidemment, puisqu'il n'y a pas eu d'incidents graves. Malgré la volonté d'en découdre de militants de la mouvance ultra-gauche et de l'extrême gauche radicale, mais qui ont opéré selon un schéma assez classique, c'est-à-dire qu'ils se sont greffés au sein des cortèges, et ont tenté de commettre énormément d'exactions avec beaucoup de violence, principalement contre les forces de sécurité intérieure, puisque celles-ci ont réussi à les empêcher à partir en cortège sauvage, ou à les dégrader des commerces, ou à essayer d'aller dans les centres-villes. Jusqu'aux manifestations de samedi, aucune ne se tenait dans les centres-villes. Les préfets, en lien avec les organisateurs, avaient réussi à obtenir des parcours qui étaient plus éloignés des centres-villes. C'est le cas notamment à Orléans. C'est le cas à Paris, bien sûr. Donc, évidemment, les groupes à risques ont essayé de s'y rendre, et les forces de l'ordre ont fait un travail admirable : ils ont en empêché. Donc, oui, la situation a été maîtrisée. Il n'empêche qu'on a constaté un très haut niveau de violence contre les forces de sécurité intérieure, le même que le 17. Mais ils ont pu répondre pour trois raisons essentielles. D'abord, parce que la mouvance a pu être cantonnée au sein des cortèges, et ne s'est pas éclatée comme elle l'a fait le 17 octobre, ce qui avait provoqué le fait que les dispositifs policiers avaient été dispersés. C'était beaucoup plus difficile à contrôler, à maîtriser. Il y a trois raisons. On a fait beaucoup plus de contrôles de flux sur les personnes qui se rendaient sur les manifestations, parfois dans la profondeur, ces contrôles de flux. Ça veut dire une réquisition du procureur, on fouille les gens. Et on peut saisir du matériel, des armes par destination, énormément. ont été saisies. C'est plusieurs dizaines de barres de fer. C'est des couteaux, des boules de pétanque, des billes en verre, des frondes, voilà, diverses armes. Et bien sûr, les mortiers. Donc, on a interpellé 1 435 personnes sur l'ensemble du territoire national. Et il y en a plus de 100, c'était pour détention d'armes par destination. Donc, déjà, des contrôles de flux : on a renforcé en volume les effectifs en faisant des rappels sur les congés. J'en remercie les gendarmes et les policiers, évidemment. Et puis ensuite, troisièmement, il y avait un pré positionnement de l'ensemble des effectifs qui étaient mobilisés, qui permettait de mieux sécuriser, de mieux encadrer ces cortèges. Et puis quatrièmement, je rajoute un quatrième point, c'est évidemment les mesures de police administrative qui ont été prises. Et encore une fois, j'incite le fait que les manifestations ne se soient pas tenues dans les centres-villes. Je crois que les organisations syndicales n'ont pas forcément compris. Enfin, on a eu des discussions. Mais globalement, les déclarations ont été respectées. Il faut s'en féliciter, puisque personne n'aurait compris qu'il y ait de nouveaux troubles à l'ordre public dans des centres-villes qui avaient été dégradés le 17 octobre.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] Les couvre-feu, bien sûr, vont continuer. Ça, ce sont les préfets qui décident, en lien avec les maires. On en a un peu plus d'une dizaine, évidemment. Et puis, sur les parcours des manifestations, ce qu'on a vu samedi, le niveau d'engagement de violence contre les forces de sécurité intérieure, la volonté des groupes à risque partout sur le territoire national, le schéma parisien de groupe à risque, ultra-gauche, extrême-gauche, radical, au sein des cortèges qui essaient de le faire dégénérer, ça s'est produit à Tours, ça s'est produit à Lyon, à Toulouse, dans de nombreuses villes françaises. Le schéma qui a fait que les préfets ont pu se dire : « Il ne peut pas y avoir de manifestation au centre-ville compte tenu des risques de trous à l'ordre public et des risques de dégradation de commerce », il n'a pas été significativement modifié par ce qui s'est passé samedi. > [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] Il s'est passé ce qui s'est passé le 17 octobre, et je le regrette. Vraiment, je le regrette. Premier point. Deuxième point, c'est bien l'Etat qui protège les commerces. Au bout d'un moment, il ne faut pas se tromper de cible. Nous, nous sommes là. Les forces de sécurité intérieure sous mon autorité sont là pour protéger nos citoyens, pour protéger les commerces, évidemment. Mais attention, ce sont des militants d'ultra-gauche, d'extrême-gauche radicalisés, c'est eux qui appellent au chaos, qui appellent à l'insurrection, qui ne respectent pas le cortège, qui ne restent pas avec les organisations syndicales et qui veulent en découdre. Regardez ce qui s'est passé à Paris à la fin du cortège. Regardez ce qui s'est passé dans de nombreuses villes, où ils ont essayé de rejoindre les centres-villes par la force pour aller, évidemment, dégrader des commerces. Ils en ont été empêchés. Donc, au bout d'un moment, il ne faut pas se tromper de cible. Enfin, on a quand même une mouvance qui appelle à l'insurrection, qui appelle à la révolte et qui est là. Et c'est à cause d'elle qu'on déploie ces dispositifs policiers : pour les contenir.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] Pour les forces de l'ordre, j'ai évidemment le chiffre très précis : on est à 267 blessés hier soir. C'était à date. La plupart, heureusement, blessés légers. Et pour les manifestants, les chiffres me remontent toujours plus difficilement. Mais j'avais un chiffre, tout à fait, c'est une estimation : de 250 blessés parmi les manifestants. On nous signale quand même trois blessés assez graves. Je crois que c'est à Tours, Reims et Clermont-Ferrand.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers / Intervention à l’Assemblée] Je n'ai pas trop de doutes sur la proportionnalité de l'action policière, si jamais elle était à l'origine de ces blessures. Sur ce qui s'est passé, effectivement, nous savions, puisqu'il y avait des appels pour le 24 octobre, précisément, de nombreuses mouvances ultra-droites, pas mal d'identitaires, en fait, de la mouvance identitaire, c'est une mouvance ultra-droite, de nationalistes également, qui voulaient descendre dans les centres-villes pour protéger les commerces. Officiellement, évidemment, dans leur discours, enfin, ce n'est pas bien officiel, mais enfin, sur les réseaux sociaux, c'est ce qu'ils disaient. Donc, nous savions qu'ils risquaient de venir, effectivement, dans de nombreuses villes. Moi, dès samedi soir, il était porté à ma connaissance, ça avait été le cas à Nice, à Montpellier, on a vu des vidéos, puis les rapports me sont remontés, il y en a eu dans d'autres villes. Ce sont effectivement des groupes qui sont venus en groupe constitué, principalement, en réalité, pour s'en prendre à la mouvance d'ultra-gauche, comme ils le font habituellement. Et les policiers ont pu constater, effectivement, des affrontements auxquels ils ont mis un terme. Je vais couper cours à ces rumeurs. A aucun moment, évidemment, la police ne les a protégées. A aucun moment, ils n'ont travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes, bien évidemment.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers / Intervention au Sénat] les manifestations se sont passées sans incident, nonobstant la volonté acharnée de la mouvance d'ultragauche et d'extrême gauche radicalisée de se diriger vers les centres-villes.

Merci d'avoir salué le travail des forces de sécurité intérieure.

J'en viens à l'ultradroite. Des groupes compacts, proches des groupes de combat, ont cherché l'affrontement avec des groupes d'ultragauche. Chaque fois qu'il y a eu des affrontements, les forces de l'ordre sont intervenues. Chaque fois que cela a été possible, elles ont interpellé des individus : onze à Nice, deux à Rouen.

Comme vous le dites vous-même, les forces de sécurité intérieure étaient concentrées sur la protection des commerces et des cortèges. J'entends les critiques, mais celles-ci sont bien loin des réalités opérationnelles.

Oui, des groupes de combat se sont promenés dans les rues. Oui, il y aura des poursuites. Et comme je ne pourrai pas vous répondre après votre réplique, j'ajoute qu'il n'y a eu aucune complaisance, aucune consigne de laxisme du ministre de l'intérieur. Nous continuerons à agir contre l'ultradroite, comme contre l'ultragauche.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] On applique les interdictions pour tout le monde. On a empêché les affrontements entre ces groupes. Les policiers et les gendarmes avaient une mission : c'était d'éviter les pillages et de mettre un terme aux exactions de la mouvance d'extrême-gauche. Vous savez qu'en police, en gendarmerie, quand on a une mission, c'est compliqué de se détourner de cette mission. Ils sont intervenus à de nombreuses reprises pour disperser, empêcher les affrontements entre l'ultra-gauche et l'ultra-droite.

> J'ai été responsable des services de renseignement dans ma vie passée, jamais vous ne m'entendrez dire qu'on a sous-estimé la menace de l'ultra-gauche, c'est faux, c'est faux. Ces groupuscules dont vous parlez, le site dont vous parlez, je ne peux pas m'étendre sur ces sujets, ils sont évidemment suivis, là sur la zone dont vous parlez on est plutôt sur des anarchistes, voire des anarcho-autonomes, jamais cette mouvance a été délaissée. D'ailleurs Tarnac, vous vous souvenez que ça n'a pas été retenu, finalement, comme un dossier terroriste, puis ensuite l'association de Mel Fetter est tombée également. Cela étant, les services de renseignement travaillent sur cette mouvance. Pourquoi ? Pour plusieurs raisons. D'abord parce que c'est une mouvance qui se livre à effectivement beaucoup d'actions de sabotage, dont le projet est quand même de renverser les institutions, de renverser notre République, et puis qu'il y a des connexions avec des groupuscules similaires dans des pays où ils sont sur l'action déjà à un niveau terroriste, qu'il s'agisse de l'Allemagne, de l'Italie, de la Grèce, voire de l'Espagne. Donc c'est une mouvance qui a toujours été suivie. Comme l'ultra-droite, il ne faut pas négliger que nous avons eu, nous avons eu ces dix dernières années, beaucoup plus de dossiers terroristes d'ultra-droite que d'ultra-gauche. Mais on en a aussi à l'ultra-gauche. Donc il faut être extrêmement vigilant.

> [Attentat raciste de Trappes] Ce qui s'est passé à Trappes, c'est très grave. C'est un attentat terroriste raciste. L'auteur a agi pour tuer des personnes qui, à ses yeux, n'avaient pas intégré au sein de la société française. Parce qu'elles étaient d'origine, simplement d'origine étrangère. C'est très grave ce qui s'est passé pour le vivre ensemble et pour la cohésion de notre pays. C'est très grave et moi, je le condamne fermement. J'ai évidemment une pensée pour la victime décédée et pour les victimes blessées.

> [Attentat raciste de Trappes] Ce type de profils [de l’assassin] sont ceux qui nous inquiètent le plus. Je ne parle là que de la mouvance ultradroite. Je mets de côté les autres sujets. La mouvance ultradroite, elle est aussi connue. Les identitaires, les nationalistes, les néo-nazis. Ceux qu'on a vus, d'ailleurs, défiler en groupe de combat, samedi, dans les rues des villes dont j'ai parlé. Ce qui nous inquiète le plus, c'est plutôt ce genre de profils, des individus un peu isolés, qui sont nourris d'idéologies racistes, qui s'abreuvent des discours ambiants, et qui, soudainement, passent à l'action. C'est ça qui nous inquiète le plus. Et c'est évidemment ce qui est le plus difficile à détecter. Bien évidemment. (…)
Ces individus souvent sont isolés – alors, on verra au cas d'espèce – mais qui s'abreuvent, effectivement, dans les réseaux sociaux. Effectivement, beaucoup de la radicalisation peut passer par les réseaux sociaux. Et évidemment, les plateformes ont des obligations de signalement quand il y a des contenus qui sont illégaux, notamment sur la thématique du terrorisme.

> J'ai accepté d'être ministre de l'Intérieur pour servir mon pays, d'abord. Je ne me projette pas, je n'ai pas de projet personnel. Je resterai aussi longtemps qu'on me fera confiance, et le président de la République et le Premier ministre à mon poste. Voilà, j'ai une expérience que je mets à la disposition de mon pays. Voilà, moi, je suis là pour servir mon pays et rien d'autre. Je n'ai aucun projet politique personnel et je ne me projette pas au-delà de l'intérêt général.

> [Attentat raciste de Trappes] Ce qui s'est passé à Trappes. Vous voyez ce qui se passe, ce qui est encore une fois très grave. Ça dit beaucoup de choses de notre société. Ce qui se passe dans la rue, quand on n'imagine pas l'expression et la revendication d'une opinion autrement que par la violence. Quand vous voyez que nous sommes obligés, il faut aussi mettre ça sur la table. Quand vous voyez que nous sommes obligés de protéger massivement le Congrès du Rassemblement National, parce qu'il y a des gens qui vont manifester contre, au risque d'agréger, je ne critique pas. Tout le monde peut manifester. Orléans, à ma mission, c'était de garantir la liberté de réunion politique et la liberté de manifester, mais en condition qu'il n'y ait pas de trouble à leur public. Orléans, heureusement, elle n'est pas passée à l'action parce qu'elle en a été empêchée par le dispositif policier mis en place. Il y avait une partie de la mouvance d'ultra-gauche, d'extrême-gauche radicale, etc. Donc, quand vous mettez tout ça bout à bout, oui, ce sera compliqué. Il faut de l'apaisement, il faut de cohésion, il faut vivre ensemble.

 

Catherine Vautrin (ministre des Armées et des Anciens combattants)
> [Féminisation de l’armée] Le sujet traverse désormais l’ensemble des politiques conduites par l’État. C’est particulièrement vrai dans nos armées. Aujourd’hui, tous les métiers sont ouverts aux femmes, toutes les responsabilités leur sont accessibles, jusqu’aux plus élevées, et la gestion des carrières ne distingue pas les femmes des hommes. Les armées se sont pleinement saisies de ces enjeux et sont très engagées en la matière. Pour autant, la place des femmes parmi les officiers généraux reste faible. (…)
Comme ministre des Armées, mon rôle consiste à faire en sorte que notre pays soit préparé et que ses intérêts soient défendus, aujourd’hui comme demain. Pour y parvenir, l’engagement des femmes est incontournable. Une armée qui se prive de la moitié de son potentiel humain se place en situation d’infériorité opérationnelle !  

Vous le soulignez à juste titre : la féminisation augmente, et cette tendance est particulièrement visible chez les officiers, dont le taux de féminisation atteint près de 19 %, et chez les volontaires, où il s'établit à un tiers.  
Notre ambition est d’atteindre 20 % de femmes dans l’effectif total des militaires à l’horizon 2030. C’est un enjeu de recrutement, d’abord, alors que le choc démographique va s’accentuer à partir de 2030 et que nous devons élargir notre vivier. C’est aussi un enjeu de performance opérationnelle : lorsque les femmes ne sont pas ni présentes, ni suffisamment intégrées, nous nous privons de capacités. C’est enfin un enjeu de compétences, notamment dans des domaines d’expertise très pointus. 
Les chiffres progressent, et c’est encourageant. Mais nous devons poursuivre cet effort ! (…)
Il y a d’abord un déséquilibre palpable concernant les spécialités. Les femmes restent aujourd’hui sous-représentées dans les filières opérationnelles et de combat, alors qu’elles sont davantage présentes dans les filières de soutien et les fonctions administratives. Or, les différences physiques ne suffisent seules à expliquer l’écart femmes-hommes dans les fonctions opérationnelles.  
Surtout, le champ de bataille évolue, et avec lui les compétences opérationnelles dont nos forces ont besoin. Par exemple, l’usage massif de drones ou la guerre électronique requièrent des aptitudes différentes de celles d'il y 10 ou 20 ans. Dans ce contexte, la participation des femmes devient une nécessité, reconnue d’ailleurs par les commandants d’unité sur le terrain.
Nous devons continuer à faire évoluer les représentations et à lever les freins qui subsistent. Il n’y a pas de « métiers d’hommes » et de « métiers de femmes » dans nos armées. Prenez les pilotes de chasse : la féminisation y reste plus faible, alors même que des femmes démontrent chaque jour qu’elles y ont toute leur place.  
J’ajoute que rejoindre les armées, c’est aussi choisir l’action : sortir de sa zone de confort, se dépasser, contribuer à une mission collective qui a du sens. Ce ne sont pas des qualités masculines ou féminines, mais des qualités militaires, axées sur la cohésion, le partage, l’entraide et le goût de l’effort. Nous avons donc beaucoup à gagner de ces femmes en mesure d’exercer des fonctions très engageantes, et je souhaite les encourager à franchir le pas. 
Un autre déséquilibre concerne les grades : la proportion de femmes diminue à mesure que l’on progresse dans la hiérarchie. Les contraintes propres au métier des armes sont fortes, c’est indéniable. Pour autant, aucun militaire, homme ou femme, ne devrait avoir à choisir contre son gré entre une carrière ambitieuse et sa vie familiale. Être enceinte n’empêche pas d’exercer de nombreuses responsabilités. L’institution a déjà montré sa capacité à trouver des solutions adaptées. Elle doit continuer à le faire pour mieux accompagner les militaires tout au long de leur parcours. Plus largement, l’engagement militaire, qui est aussi celui de toute une famille, doit être reconnu à sa juste valeur par la Nation. (…)
Quelle que soit la forme de l’engagement, les femmes ont toute leur place sous l’uniforme, comme militaire d’active, réserviste ou appelée du service national. Nous ne recherchons pas de profil type, mais une volonté de servir.  
J’ajoute qu’encourager les femmes à rejoindre les armées, ce n'est pas leur demander de renoncer à ce qu'elles sont pour entrer dans une institution conçue pour les hommes. C'est faire évoluer l'institution pour que chacune puisse y trouver sa place, faire carrière, commander et, surtout, participer pleinement aux opérations. 
Nous devons donc lever tous les obstacles qui ne relèvent pas des exigences opérationnelles. Celles qui ont choisi de servir doivent avoir les mêmes conditions de travail que leurs frères d’armes masculins : l’adaptation des gilets pare-balle à la morphologie féminine est un bon exemple. Les militaires enceintes doivent également pouvoir disposer d’uniformes adaptés, et les treillis adaptés seront prêts début 2027, j’y suis attachée.  
S’agissant des raisons d’un départ de l’institution militaire, elles sont multiples et personnelles. Il y a une part plus forte de femmes militaires sous contrat que pour les hommes, elles quittent donc mécaniquement l’institution plus tôt en moyenne (un officier sous contrat part au bout de 11 ans de service, contre 31 ans pour un officier de carrière). 
En réponse, le plan « Fidélisation 360 », qui vise notamment l’amélioration des conditions de vie et d’exercice des agents du ministère et de leur famille, se traduit déjà par une baisse significative du nombre de départs. (…)
Dans nos armées, les femmes veulent être reconnues pour leurs compétences, leur mérite et la solidité de leur parcours, comme les hommes. C’est essentiel pour asseoir leur légitimité, notamment lorsqu’elles accèdent au commandement. La cible de 10 % de femmes parmi les officiers généraux reste à cet égard un objectif important. 
Il faut aussi avoir en tête une réalité propre au modèle militaire : il faut près de trente ans pour former un général ! Nous ne recrutons pas directement des généraux, pas davantage que des colonels ou des commandants. Le vivier dont nous disposons aujourd’hui est donc le reflet des recrutements réalisés il y a plusieurs décennies. Nous subissons encore les effets des quotas existant au concours d’entrée des grandes écoles militaires jusqu’à la fin des années 1990. Mais progressivement, nous voyons des femmes arriver en responsabilités. Ces parcours pourront inspirer les plus jeunes et permettre ainsi de poursuivre sur la dynamique engagée. (…)
Les violences sexistes et sexuelles (VSS) sont des atteintes inacceptables à la dignité et à l’intégrité des personnes, qui traversent toute la société. Elles n’ont aucune place dans les armées françaises, où elles portent aussi atteinte à la fraternité d’armes, à la cohésion de nos unités et, au bout du compte, à leur efficacité opérationnelle.  
C’est pourquoi la lutte contre les VSS et contre toutes les formes de discrimination est une priorité du ministère. Je tiens à saluer l’implication du commandement civil et militaire pour prévenir et sanctionner ces comportements inadmissibles.  
Dès 2014, nous nous sommes dotés d’un dispositif spécifique avec la cellule Thémis, renforcé en 2021 par un dispositif ministériel de signalement, amplifié en 2024. 
Nous avons surtout voulu faciliter la libération de la parole et faire en sorte qu’aucune victime ne soit laissée seule face à ces démarches. Cela suppose de mieux recueillir et traiter les signalements, mais aussi de mieux former les personnels, de mieux accompagner les victimes et de mieux faire connaître leurs droits. 
Lorsque les faits sont établis, nous sanctionnons. Sur ce point, si des progrès sont toujours possibles, nous n’avons pas à rougir de nos résultats. En 2025, plus de 300 sanctions ont été prononcées, contre 135 en 2024 et 112 en 2023. Trente dossiers ont donné lieu à un renvoi devant un conseil d’enquête, pouvant conduire à une radiation, et 103 personnels ont été suspendus. 
Enfin, nous renforçons considérablement la prévention. En 2025, 650 formateurs relais ont été formés, soit une hausse de 126 %, et plus de 70 000 personnels civils et militaires ont été sensibilisés. Un effort particulier est également consacré aux cadres exerçant des responsabilités importantes ou chargés de l’accompagnement médical et social des victimes : 4 220 d’entre eux ont été sensibilisés en 2025, soit 35 % de plus qu’en 2024. (…)
Nous avons nombre de femmes militaires capables d’inspirer et de susciter des vocations. Ce sont nos meilleures ambassadrices ! Elles peuvent être à des fonctions de commandement ou encore militaires du rang, elles servent sous les uniformes de l’armée de Terre, de la Marine nationale ou de l’armée de l’Air, dans un large spectre de métiers et de spécialités.  
À travers leurs témoignages sur les réseaux sociaux, leurs partages d’expériences lors des salons et évènements locaux, leur présence médiatique, elles donnent à voir toute la richesse de l’engagement militaire. 
Aux jeunes femmes qui nous lisent et qui se demandent si les armées sont faites pour elles?: n’hésitez pas à aller à leur rencontre ! Vous y avez toute votre place. 

 

Roland Lescure (ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Sécurité d’Internet / Intervention à l’Assemblée] Le 20 octobre, un éditeur PHP utilisé dans le monde entier, a fait état de failles dans son système de sécurité. Heureusement qu’il l’a fait : cela nous a permis de donner l’alerte et de fermer plusieurs sites –
⁠ l’État français a réagi très vite, pour les sites que vous avez mentionnés et pour d’autres. Il faut reconnaître que l’éditeur de logiciels a aussi réagi très vite : il a publié dans les vingt-quatre heures un correctif grâce auquel nous avons pu rouvrir nos sites.
Vous dites que c’est une alerte de plus, j’ajoute que c’est une alerte de trop. L’incident a affecté des sites et a bloqué internet dans le monde entier pendant quasiment vingt-quatre heures.
Cela doit nous réveiller. La directive NIS 2 permettra certes d’avancer sur le sujet, mais je ne suis pas sûr qu’une directive ou une loi suffit à insuffler le changement de culture profond qui est nécessaire, sur ces bancs et dans les entreprises de vos territoires. Je vous engage à les sensibiliser, mais sans doute le faites-vous déjà
La transcription de la directive était inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale début octobre. Elle a dû en être retirée pour laisser place à l’examen du projet de loi sur les violences sexistes et sexuelles. La saison budgétaire rend l’ordre du jour assez variable, mais nous souhaitons pouvoir l’examiner dès que possible.
En attendant, nous devons tous être sensibles à ce risque. Dès jeudi, nous recevrons à Bercy, avec la ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, Anne Le Hénanff, l’ensemble des filières industrielles. Vous êtes la bienvenue. La France compte de nombreuses entreprises de cybersécurité : elles doivent pouvoir se développer pour contribuer à notre protection. (

 

Jean-Noël Barrot (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères)
> En Afrique comme ailleurs, la Russie de Vladimir Poutine tente de manipuler les opinions publiques d'Etats souverains pour nuire aux intérêts de la France. Viginum, le service créé en 2021 pour traquer ces ingérences en fait la démonstration implacable dans un rapport publié aujourd'hui. Je demanderai que des sanctions européennes soient prises à l'encontre des responsables de cette opération d'ingérence qui vise notamment le Cameroun et la République du Congo. La Russie cherche désespérément à coloniser les esprits mais elle échouera car nous ne sommes pas dupes.

> [Résilience de la démocratie / Intervention à l’Assemblée] Les élections en Serbie et au Brésil en ont fait la démonstration éclatante. La démocratie n'a pas dit son dernier mot. A tous ceux qui prédisent son déclin, qui nous annoncent la fin de l'héritage des Lumières, qui voudraient nous faire croire au caractère inéluctable des solutions réactionnaires et autoritaires, les électeurs serbes et brésiliens ont apporté un démenti cinglant. Et pour toutes celles et ceux qui, partout dans le monde aujourd'hui, se battre pour la dignité d'écrire leur propre histoire, d'être acteur de leur propre vie, pour tous ceux qui se battent pour la démocratie, ces deux résultats, ces deux élections sont une source d'espérance véritable. 
En Serbie, c'est une génération qui s'est levée, qui a refusé la fatalité, qui s'est mobilisée pendant deux ans pour défendre l'état de droit et qui a démontré de toutes les armes du monde, c'est le bulletin de vote qui est la plus puissante. 
Et au Brésil, c'est un grand peuple qui a fait vivre le pluralisme démocratique et qui a déjoué tous les pronostics. 
Avec ces deux peuples, le peuple serbe et le peuple brésilien, la France a vocation à nouer des liens toujours plus étroits au service de nos intérêts, pour défendre la souveraineté de nos pays, mais aussi cet ordre international né après la Deuxième Guerre mondiale. 
Mais, la grande leçon de ces deux scrutins, c'est quoi ? Eh bien, c'est qu'une élection n'est jamais jouée d'avance. Ne jamais décider à la place du peuple, ne jamais préempter son choix souverain. Et quoi qu'en disent les sondages, et si forts soient les vents contraires, une élection n'est ni gagnée, ni perdue jusqu'à l'ouverture des urnes. Voilà une leçon qu'à mon avis, certains d'entre nous feraient bien de méditer. 

> Ce qu'il se passe en Cisjordanie est tout simplement révoltant. On assiste à une explosion des violences, à une accélération effrénée de la colonisation.

> Une multiplication de messages sur les réseaux qui attribuent à l'immigration massive ou à l'islam radical les manifestations. (…)
Ce qui est certain, c'est que ces images, comme très souvent lorsqu'il se passe quelque chose dans notre pays, sont récupérées, déformées et amplifiées par tous ceux qui veulent nuire à l'image de la France à l'étranger. 

 

Stéphanie Rist (ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées)
> Protéger la santé des Français, c’est aussi agir contre les pollutions environnementales. Cadmium, PFAS, pesticides… Nous agissons pour réduire les expositions à la source, renforcer la prévention et mieux prendre en charge les personnes exposées. Des mesures concrètes, des objectifs ambitieux et une politique de santé environnementale guidée par la science.

> À l’occasion du renouvellement du Collège des enfants, des adolescents et des jeunes majeurs du Conseil national de la protection de l’enfance, j’ai échangé avec ces jeunes engagés pour faire évoluer notre système de protection de l’enfance. Scolarité, orientation, accès à l’autonomie, accompagnement après 18 ans : leurs expériences et leurs propositions sont essentielles pour améliorer concrètement les parcours des enfants protégés. Avec désormais deux représentants au bureau du CNPE, leur voix prendra toute sa place dans les décisions qui les concernent. Notre responsabilité est de les écouter, mais surtout de transformer leur parole en actes.

> [Manque de médecins / Intervention au Sénat] nombre de nos concitoyens ont du mal à trouver un médecin traitant. La situation commence à s'améliorer, et cette tendance va se poursuivre.
De fait, nous avons amélioré l'organisation des soins sur les territoires, formé davantage de professionnels et libéré du temps médical grâce à de plus grands partages de compétences.
Ce lundi, la fin du numerus clausus se concrétisera : il y aura 10 000 internes de plus qu'en 2017, soit 25 %. En psychiatrie, l'effectif supplémentaire sera de 627 internes, soit une hausse de 32 %. Lundi toujours, 3 000 docteurs juniors arriveront dans les territoires, dont 80 % en zone sous-dense, où nous voulons faciliter leur installation.
Le partage des compétences a évolué : pour une angine ou un vaccin, on peut aller chez le pharmacien. Nous poursuivrons les efforts en ce sens.

 

David Amiel (ministre de l’Action et des Comptes publics)
> Le contre-budget du RN a explosé en plein vol dès les premières discussions budgétaires : S’ils avaient eu une majorité à l’Assemblée nationale, leur projet aurait dégradé de 14 milliards d’euros supplémentaires le déficit de la Sécurité sociale.

> Faisons de la jeunesse, plutôt que des retraites comme l’an dernier, le cœur du compromis politique de cette année. Ce serait un motif d’espoir dans notre vie politique. Cela implique aussi de ne pas lester les jeunes d'une dette supplémentaire, et donc de financer les mesures.

 

Aurore Bergé (ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations)
> Nous devons créer une société à hauteur de nos enfants. Prévenir, protéger, accompagner, réparer, sanctionner. C'est tout l'enjeu du projet de loi pour la protection de nos enfants qui sera examiné cette semaine au Sénat.

> LFI n'a aucune limite. Aucune retenue. Aucune décence. Face à un attentat terroriste, il y avait un choix : le recueillement et l'unité ou la récupération et l'instrumentalisation. LFI a choisi. Nous ne les laisserons pas fracturer notre pays.

> Vendredi dernier, à Trappes, Pengo Bossio Wangi a été assassiné. D'autres personnes ont été blessées dont une enfant de 12 ans. Ils ont été visés pour une seule raison : leur couleur de peau, leur origine. Et avant eux, depuis 20 ans, tant d'autres... Ilan Halimi, torturé et assassiné parce que juif. Jonathan, Gabriel et Arié Sandler, Myriam Monsonego, assassinés devant une école juive à Toulouse. Yohan Cohen, Philippe Braham, François-Michel Saada, Yoav Hattab, assassinés à l'Hyper Cacher. Le père Jacques Hamel, égorgé dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Sarah Halimi. Mireille Knoll.Assassinées parce que juives. Nadine Devillers, Simone Barreto Silva, Vincent Loquès, assassinés dans la basilique de Nice. Thomas Perotto, 16 ans, tué à Crépol. Djamel Bendjaballah, tué sous les yeux de sa fille, après des années de harcèlement raciste. Aboubakar Cissé, assassiné dans une mosquée. Hichem Miraoui, assassiné dans le Var. La France n'est pas une couleur de peau. La France n'est pas une origine. La France n'est pas une religion. Nous n'avons qu'une réponse à adresser : l'unité de la République.

> Dès le 14 décembre, mon projet de loi de lutte contre le racisme et l'antisémitisme sera débattu au Sénat. Pour ne jamais laisser les victimes seules. Pour lutter contre cette atmosphère délétère d'antisémitisme et de racisme du quotidien. Pour éradiquer la haine en ligne.

> Dans notre pays, des Français ont été assassinés à raison de leur origine, leur religion, leur couleur de peau. A Trappes, c'est un attentat terroriste raciste qui a eu lieu. Des Français en viennent à douter de l'avenir de leurs enfants dans notre pays. Il n'y a pas de camp à choisir. Il n'y a qu'une boussole : l'unité de la République.

> [Attentat raciste de Trappes / Intervention à l’Assemblée] Face au drame que notre pays vient de connaître, il y avait deux attitudes possibles : celle choisie par Mme la présidente de l’Assemblée nationale –⁠ celle du recueillement, de la solidarité, de la cohésion nationale, de la mobilisation de la nation ; ou celle de l’indécence, de la récupération et de l’instrumentalisation.
Vous avez fait votre choix, en quelques heures, le jour même. Alors qu’avec le ministre de l’intérieur nous étions à Trappes, aux côtés des élus et des forces de l’ordre et de secours, qui ont sauvé des vies ce jour-là, un grand nombre de vies, vous avez fait le choix de continuer à fracturer le pays, celui d’instrumentaliser un drame.
Quant à nous, nous faisons un autre choix : celui de l’unité républicaine ! Quand un homme est assassiné en raison de sa couleur de peau, de son identité, de son origine, il n’y a qu’une seule réponse à apporter : l’unité de la République française ! L’universalisme républicain, qui ne trie pas les victimes, qui ne choisit pas les bourreaux, mais qui combat ! Ce combat, nous le menons ! La fracturation de la société, les Français ne vous laisseront pas la mener !

> [Attentat raciste de Trappes / Intervention à l’Assemblée] Vendredi dernier, à Trappes, où je me suis rendue avec le ministre de l’intérieur, Pengo Bossio Wangi, jeune espoir du MMA français, âgé de seulement 26 ans, a été assassiné. Plusieurs personnes ont été blessées, dont une enfant de 12 ans. Elles ont été visées pour une seule raison : leur couleur de peau, leur origine, leur identité réelle ou supposée.
Avant eux, depuis vingt ans, tant d’autres : Ilan Halimi, torturé et assassiné parce que juif ; Jonathan, Gabriel et Arié Sandler et Myriam Monsonégo, assassinés devant une école juive à Toulouse ; Yohan Cohen, Philippe Braham, François-Michel Saada, Yoav Hattab, assassinés à l’Hyper Cacher ; le père Jacques Hamel, égorgé dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray ; Sarah Halimi, Mireille Knoll, assassinées parce que juives, Nadine Devillers, Simone Baretto Silva, Vincent Loquès, assassinés dans la basilique de Nice, Thomas Perotto, 16 ans, tué à Crépol, Djamel Bendjaballah, tué sous les yeux de sa fille après des années de harcèlement raciste, Aboubakar Cissé, assassiné dans une mosquée, Hichem Miraoui, assassiné dans le Var.
Vingt ans, des visages différents, des origines différentes, des haines différentes, mais une même négation de l’humanité de l’autre. Aucun Français ne devrait avoir peur pour lui-même ou pour ses enfants en raison de son identité, de sa couleur de peau, de son origine ou de son orientation sexuelle.
Face à cet attentat raciste, il y a trois risques : celui de la banalisation, celui de la division et celui de l’instrumentalisation. La France n’est pas une couleur de peau, une religion, une origine. Nous n’avons qu’une seule réponse à apporter : celle de l’unité républicaine. C’est celle choisie par le gouvernement.

> [Attentat raciste de Trappes] Ce qui s'est passé à Trappes est d'une gravité absolue : un attentat terroriste raciste. Un homme a été tué, plusieurs personnes ont été blessées, dont une petite fille de douze ans, touchée par huit balles et hospitalisée dans un état extrêmement grave. J'ai rencontré sur place des habitants profondément éprouvés, des familles sous le choc, mais aussi des policiers dont l'intervention rapide a sans doute permis d'éviter un bilan encore plus dramatique. Je veux d'abord redire aux victimes et à leurs proches la solidarité de toute la Nation.
Nous devons être lucides sur le climat qui traverse notre pays. Et ce phénomène dépasse largement nos frontières. Depuis plusieurs années, nous assistons à une libération de la parole raciste, antisémite et xénophobe. Les mots préparent les actes. À force de désigner des Français comme des étrangers dans leur propre pays, à force de les réduire à leur origine, à leur religion ou à leur couleur de peau, on installe l'idée que certains ne seront jamais vraiment des nôtres. C'est insupportable. Et cela peut conduire au pire.
Cette logique identitaire est dangereuse, d'où qu'elle vienne. Je refuse ceux qui, à l'extrême droite, désignent des Français comme des menaces en raison de leurs origines, comme je refuse ceux qui, à l'extrême gauche, portent une responsabilité écrasante dans la banalisation de l'antisémitisme. La République ne fait pas le tri entre ses enfants. Elle protège tous les Français, sans distinction.
Ilan Halimi, Ozar Hatorah, Hyper Cacher, Trappes, la liste est longue hélas. Le terrorisme cherche à nous faire douter de tout : de notre sécurité, de notre liberté de circuler. Si ces drames ne provoquent pas un sursaut républicain, qu'est-ce qui pourra le provoquer ? C'est aussi le sens de mon projet de loi de cohésion républicaine par la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Il sera examiné en décembre au Sénat. Nous devons agir contre les discours de haine avant qu'ils ne se transforment en violences. Car la République n'est pas une juxtaposition de communautés condamnées à s'affronter. C'est la promesse que nous pouvons tenir ensemble, malgré nos différences. Et cette promesse, nous avons le devoir de la faire vivre. Je sais combien le Crif est animé par cet esprit d'universalisme républicain.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] Ces violences sont insupportables. Je veux être très claire : manifester est un droit fondamental ; piller, incendier, agresser n'est pas une opinion, c'est un délit ou un crime. Défendre la liberté de manifester, c'est précisément refuser qu'elle soit confisquée par ceux qui choisissent la violence et le chaos.
La République ne peut ni trembler, ni détourner le regard. Face aux casseurs, il faut une réponse ferme de l'État, des interpellations et des sanctions prononcées par la justice. Et aux côtés des Français qui ont peur, il faut une parole simple : nous ne les abandonnerons pas. Le week-end du 17 octobre 2026, derrière les voitures incendiées et les vitrines brisées, il y a des commerçants qui ont tout perdu, des familles terrorisées, des habitants privés de leur tranquillité. Ce sont eux que je veux d'abord entendre. La violence est la négation du débat démocratique. Et lorsque des responsables politiques jouent avec la colère, refusent de tracer une frontière nette avec les casseurs ou cherchent des excuses aux violences, ils prennent une lourde responsabilité politique. Je pense notamment aux ambiguïtés répétées de La France insoumise (LFI) et tout cet écosystème d'ultra gauche.
L'ordre républicain est la première des protections. La liberté, c'est pouvoir travailler, circuler, manifester pacifiquement et rentrer chez soi sans avoir peur. Il ne peut pas y avoir d'égalité réelle sans sécurité pour tous.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] Gouverner, c'est assumer ses responsabilités, regarder lucidement ce qui a fonctionné et ce qui doit être amélioré. Nous n'avons aucune leçon à recevoir de ceux qui commentent les violences sans jamais dire clairement de quel côté ils se tiennent. La première responsabilité est celle des auteurs des pillages, des dégradations et des agressions. Rien, absolument rien, ne justifie qu'on s'en prenne à des habitants, à des commerçants ou à nos forces de l'ordre. La colère ne donne aucun droit à la violence.
En ce sens, le gouvernement a déployé un système de sécurité massif samedi 24 octobre en mobilisant la BRI, le GIGN, le RAID et les forces Sentinelle de l'armée pour l'acte II de la mobilisation qui a été annoncée. Nous avons aussi pris une circulaire d'urgence pour adresser un message de fermeté afin que les délinquants, casseurs, voleurs, pilleurs se voient retirer leurs prestations sociales.
Mais il y a aussi une responsabilité politique. Quand on alimente en permanence l'idée que nos institutions seraient illégitimes, quand on répète matin, midi et soir que la police tue, quand on souffle sur les braises puis qu'on feint de s'étonner de l'incendie, on ne peut pas s'exonérer de ses paroles. Je refuse cette démocratie des tranchées où l'adversaire devient un ennemi et où la violence finit par être banalisée. Le Premier ministre l'a rappelé : la violence n'est pas un programme. L'intimidation ne nous fera pas reculer. Notre devoir est de protéger les Français, soutenir les forces de l'ordre et faire respecter la loi.

> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] La responsabilité politique de LFI et du NPA est écrasante, accablante. À force de délégitimer les institutions, de présenter toute autorité comme une oppression et de refuser de condamner sans réserve les violences, certains cherchent à les banaliser. J'attends des dirigeants de LFI et du NPA une condamnation claire, sans "mais", des pillages et des agressions. On ne peut pas prétendre défendre le peuple et fermer les yeux quand ce sont ses commerces, ses quartiers et ses services publics qui sont attaqués.
Sur l'interdiction des partis, ma position est tout aussi nette : je veux combattre les idées de LFI dans le débat démocratique et les battre dans les urnes. Et c'est ce que nous ferons. On savait LFI et ses proxys passionnément antisémites. On les découvre maintenant éperdument pyromanes.

> [Présidentielle] Le socle commun a permis de faire travailler ensemble des sensibilités différentes à l'Assemblée nationale dans un moment où personne n'avait de majorité à lui-seul. Mais on ne gagne pas une présidentielle avec une addition d'appareils ou un accord de circonstance. Il faut une direction, une vision de la France et la volonté de porter un projet clair devant les Français.
Aujourd'hui, nous avons tous les inconvénients d'une primaire sans aucun de ses avantages : les ambitions s'expriment, les équipes se structurent, les rivalités s'installent, mais personne ne sait comment nous allons nous départager. Ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu. Si nous nous présentons divisés, nous prendrons le risque de laisser le second tour aux extrêmes.
Je ne veux pas que les Français aient à choisir entre deux impasses. Notre responsabilité est de construire une alternative républicaine crédible, capable de rassembler la droite et le centre autour d'un projet et d'une méthode.

> [Attentat raciste de Trappes / Intervention au Sénat] Cet attentat terroriste raciste ne vient pas de nulle part : le climat actuel autorise la libération de paroles racistes et antisémites. Trop de Français doutent de leur place et de leur avenir, ainsi que de ceux de leurs enfants, dans notre pays.
Le ministre de l'intérieur vient de parler de la lutte contre la haine en ligne ; élargir les pouvoirs de Pharos est l'un des leviers. Le Sénat examinera dans quelques semaines un projet de loi de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, souhaité par le Premier ministre.
Ce combat exige un sursaut républicain et une cohésion nationale. Chaque Français doit se sentir dépositaire de la vie des autres et concerné par l'avenir de tous les enfants de notre pays. C'est ensemble que nous remporterons ce combat. Notre pays est grand quand il se rassemble dans un esprit d'union nationale et de cohésion républicaine.

> [Racisme et antisémitisme / Intervention au Sénat] N'ayons pas peur, en effet, d'employer les bons mots. Oui, la parole raciste se banalise dans notre pays. Oui, la parole antisémite se banalise aussi. Oui, certains de nos concitoyens sont visés du fait de leur couleur de peau ou de leur religion réelle ou supposée.

Nous mesurons et, surtout, sanctionnons ces actes, notamment quand il s'agit de haine antisémite ou à l'égard des musulmans ou, d'ailleurs, des chrétiens. La force du modèle universaliste français est de ne pas hiérarchiser les haines. Celles et ceux qui veulent l'abattre cherchent à nous diviser. Ne les laissons pas faire.

 

Marie-Pierre Vedrenne (ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté)
> Face aux drogues, protéger notre jeunesse sur tous les plans À San Patrignano, en Italie, je porte la voix de la France et du président  à l'occasion d'une rencontre organisée à son initiative et à celle de Giorgia Meloni. Avec nos partenaires européens, nous partageons une même ambition : combattre les trafics, prévenir les addictions et accompagner celles et ceux qui en souffrent. Notre responsabilité est triple. Prévenir, dès le plus jeune âge, en donnant aux jeunes les moyens de résister aux pressions pour dire non. Soigner, en repérant et en accompagnant les personnes dépendantes. Et faire avancer la recherche pour offrir de nouvelles perspectives de traitement. Mais la prévention, c'est aussi protéger les jeunes que les réseaux de narcotrafic cherchent à recruter. Pour assurer le dernier kilomètre de leurs trafics, ces réseaux exploitent des jeunes, parfois mineurs. Ils leur promettent de l'argent facile, une place dans un groupe, un avenir meilleur. En réalité, c'est un piège qui peut leur coûter leur liberté, les exposer aux violences, parfois jusqu'à leur coûter la vie. C'est pourquoi nous avons inscrit dans la nouvelle Stratégie nationale de prévention de la délinquance des mesures pour prévenir ces recrutements, en mobilisant les acteurs de terrain et en développant des réponses locales. Une ambition que nous voulons aussi partager avec nos partenaires européens. Protéger nos jeunes, c'est agir avant que les addictions ne s'installent, mais aussi avant que les réseaux criminels ne s'emparent de leur avenir.

 

Sabrina Roubache (ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Solidarités et du ministre de l’Education nationale chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage)
> Manifester est un droit. Piller des commerces, s’attaquer à nos institutions et faire de la violence un mode d’expression ne le sera jamais. Les auteurs de ces actes devront répondre devant la justice.

 

● Autres ministres
Jean-Pierre Farandou (ministre du travail et des solidarités)

> [Coût de la vie / Intervention à l’Assemblée] Le contexte économique est difficile : les Français et les entreprises traversent des difficultés dont nous connaissons la cause principale –
⁠ la guerre entre les États-Unis et l’Iran, dans le détroit d’Ormuz – et les conséquences directes, notamment sur le coût de l’énergie. Le gouvernement a pris tout au long de l’année des mesures de soutien, d’abord aux entreprises dont les frais de carburant sont les plus élevés, ensuite aux travailleurs, en particulier les grands rouleurs. L’aide de 100 euros destinée à ces derniers a été renouvelée et élargie : plus de 5,5 millions de salariés peuvent désormais en bénéficier.
Rappelons également que la prime carburant permet à un employeur de verser à un salarié jusqu’à 1 000 euros sans aucune fiscalité ou cotisation : pour le coup, le net égale le brut. Par ailleurs, le montant du smic a augmenté, le 1er juin, de 2,41 % ; celui de la prime d’activité, pour 3 millions de foyers, a connu le 1er juillet un coup de pouce de 50 euros. En matière de pouvoir d’achat, il y a eu là tout au long de l’année, je le répète, une réaction solide.
Bien sûr, nous ne méconnaissons pas la situation des finances publiques, qui limite nos marges de manœuvre, mais il s’agit d’apporter une réponse concrète aux légitimes aspirations sociales des Français. Le premier ministre m’a donné mandat pour chercher des solutions avec les partenaires sociaux. J’ai fait un premier tour de toutes les organisations patronales et syndicales et nous sommes en train de tracer ensemble ce chemin.
Relancer les salaires sans affecter l’emploi nécessite de trouver un équilibre. J’en appelle à la responsabilité de chacun : il ne s’agit ni d’opter pour une augmentation zéro, comme j’ai pu l’entendre, ni de satisfaire des revendications inatteignables économiquement, qui détruiraient beaucoup d’emplois et recréeraient de l’inflation.
Je suis au travail ; je poursuis la concertation et j’espère que, dans le courant de la semaine prochaine, nous verrons se dessiner une convergence qui permettra d’apporter aux Français des réponses sérieuses et concrètes.

 

Edouard Geffray (ministre de l’Education nationale)
> [Mobilisation des lycéens] Les lycéens se sont exprimés massivement lors de la consultation nationale. Ils ont mis en avant, entre autres, des classes trop chargées et une inquiétude quant à leur orientation. Nous leur répondons par des mesures concrètes. Nous annulons les suppressions de postes dans le second degré et créons 1 700 postes de professeurs pour accompagner deux avancées majeures : des classes de seconde plafonnées à 28 élèves à partir de la prochaine rentrée scolaire et 10 000 places supplémentaires en BTS dès 2027, notamment pour les bacheliers professionnels. Ces moyens permettront à chacun de mieux apprendre au lycée et de poursuivre ses études après le bac.

> [Mobilisation des lycéens ] Les lycéens ont été entendus et leur parole se traduit en décisions. Des classes de seconde plafonnées à 28 élèves, 15 000 places supplémentaires dans le supérieur, davantage de professeurs et le remplacement de Parcoursup en 2028, avec des améliorations dès 2027 : nous donnons aux jeunes des moyens concrets pour apprendre, réussir et choisir leur avenir.

> [Mobilisation des lycéens / Intervention à l’Assemblée] Vous avez dit qu’il est temps de répondre. Je pense surtout qu’il est temps d’arrêter les promesses en l’air pour apporter des réponses crédibles, chiffrées, tenables et respectueuses du cadre démocratique.
Nous avons écouté les lycéens, dans le cadre de la plateforme mise à leur disposition et des nombreuses concertations que j’ai eues avec les associations, les élus et les syndicats lycéens, et nous avons pris des mesures concrètes.
Les lycéens nous ont d’abord dit que le bâti était souvent dégradé. Je rappelle que le bâti relève de la compétence des régions. Nous avons donc décidé d’un prêt de 4 milliards d’euros pour leur permettre de prendre leurs responsabilités.
Ils nous ont également dit que leurs générations correspondent au dernier pic démographique. Comme je le fais à l’inverse face à l’effondrement démographique des générations suivantes, j’y apporte une réponse. Nous avons décidé du plafonnement progressif des classes de seconde à vingt-huit élèves : la moitié des établissements seront concernés à la rentrée 2027, en commençant par les moins favorisés, et l’autre moitié à la rentrée 2028
Il faut enfin répondre à leur angoisse face à Parcoursup. Nous aurons l’occasion d’en débattre demain. Mais si beaucoup ont demandé l’abrogation de Parcoursup, rares sont ceux qui ont proposé quelque chose à sa place et, dans quelques semaines, les élèves devront faire des choix d’inscription dans des établissements du supérieur. Nous procéderons donc en deux temps : dans un premier temps, avec Philippe Baptiste, nous transformerons, et dans un deuxième temps il faudra remplacer –⁠ mais cela passera par la loi.
J’assume ces mesures, prises dans un cadre structuré et avec l’exigence de ne jamais, jamais mentir aux élèves.

> [Rôle de l’école / Intervention au Sénat] Vous avez raison : l'école instruit, mais doit aussi tenir une autre promesse de la France. Nous nous définissons par une destinée partagée, qui passe par une histoire et des principes communs. Tous nos élèves, d'où qu'ils viennent, doivent se sentir appartenir à cette destinée commune.
La commémoration du 11 novembre dans les établissements vise à ancrer cette mémoire commune - en lien avec les programmes d'histoire, sans instrumentalisation possible - en rappelant que des hommes et des femmes se sont sacrifiés pour que nous puissions vivre dans un État libre, démocratique et pluraliste.
Tout ceci est aujourd'hui contesté par un climat social qui assigne les personnes à leurs origines, à leur couleur de peau ou à leur religion.
Cette racialisation m'effraie.
Dans une classe, tout élève est un enfant de la République, soumis à des droits et à des devoirs, hériter d'une histoire et de principes qui le dépassent. Nous devons le transmettre, nos professeurs doivent l'incarner. Ces contestations me navrent, car elles vont contre ce que nous sommes et serons ensemble.

> [Mobilisation des lycéens / Intervention au Sénat] Des mesures lisibles, cohérentes, financées, et réellement applicables : c'est bien ce que nous proposons.
En démocratie, seul le dialogue permet de trouver des solutions. Avec Philippe Baptiste, nous avons écouté tout le monde. La plateforme a été clôturée le vendredi 23 octobre au soir ; le lundi 26 après-midi, nous avons reçu les lycéens à Matignon. Parallèlement, mon cabinet recevait les organisations syndicales et les associations étudiantes.
Le lundi matin, il a eu un échange avec des influenceurs. Pas une discussion, pas une négociation : un échange. C'est normal, car ils sont un thermomètre de la jeunesse, et nous voulons prendre le pouls.
La vraie négociation a eu lieu l'après-midi, comme prévu, avec les élèves et les étudiants. J'ai reçu mardi les syndicats et les parents d'élèves, et lancé des groupes de travail.
Oui, nos mesures sont finançables. Si nous avons pris un peu de temps, c'est pour ne pas faire n'importe quoi ; nous restons sérieux. Ces mesures seront traduites par des amendements au PLF. Et puisque c'est moi qui prépare la rentrée 2027, elle se déroulera sous les auspices des mesures annoncées.

 

Maud Bregeon (porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Énergie auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
> [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers] L'État a eu le dessus ce week-end. L'État a été fort parce que l'État et le Gouvernement, le ministre de l'Intérieur, ont anticipé ces manifestations, ont anticipé d'éventuelles violences et on a réussi à autoriser et encadrer des manifestations, ce qui doit être le cas dans toutes les grandes démocraties. Il y a des revendications qui sont légitimes, on en parlera tout à l'heure. Et puis il y a des violences urbaines qu'on avait notamment vu le samedi 17 octobre, qui sont absolument incompréhensibles et intolérables. Et donc, avec cette anticipation, avec la mobilisation de 70 000 forces de l'ordre partout en France, l'État a eu le dessus.

> > [Manifestations: violences, pillages, responsabilité des réseaux sociaux et de pays étrangers / Intervention à l’Assemblée] On ne peut pas avoir un dialogue social qui fonctionne, un dialogue avec les organisations étudiantes, lycéennes qui fonctionne, la construction de solutions politiques de long terme efficaces dans un cadre de violence tel que celui qu'on a pu connaître il y a une semaine. Le retour au calme, c'est le préalable à toute discussion démocratique et politique.

> [Mobilisation des lycéens] Sur la question de Parcoursup et, plus globalement, de l'orientation. Le Premier ministre, en déplacement à Limoges vendredi dernier, a lui-même dit qu'on allait, je cite, «bouger». C'étaient ses mots sur Parcoursup. Maintenant, il faut regarder ce qu'il y a derrière la question de l'outil. Ce qu'il y a derrière la question de l'outil, c'est la question de la sélection. C'est la question de l'orientation. C'est la question du nombre de places ouvertes filière par filière, de la capacité de chacune des filières à permettre aux étudiants qui y accèdent d'avoir ensuite un débouché sur le marché du travail. Et ça, c'est une question politique et un débat politique qui est beaucoup plus large, qui va bien au-delà de la seule question de l'outil. Si Parcoursup était l'alpha et l'oméga de tous les problèmes d'orientation en France, ce serait, pardonnez-moi, en quelque sorte, plus simple. (…)
On va prendre en compte toutes les remontées qu'on a pu avoir, notamment sur la plateforme lancée par le ministre de l'éducation nationale il y a deux semaines. Maintenant, ça concerne Parcoursup, ça concerne les emplois du temps, ça concerne le bâtiment. Et donc, on va y répondre point par point.

> Il y a des difficultés de pouvoir d'achat qui sont réelles. Les dépenses contraintes ont augmenté. On a traversé des crises qui n'étaient pas franco-françaises, des crises qui étaient internationales. Européennes. Prenez la crise de l'énergie qu'on traverse en ce moment, la hausse du prix du baril, qui, là encore, n'est pas un problème propre à l'Hexagone. Je crois qu'on y a répondu depuis des années. D'abord en étant présents, présents face aux crises. Rappelons-nous quand même dans quelle mesure le "quoi qu'il en coûte" a permis aux Français, a permis aux entreprises de maintenir la tête hors de l'eau. Rappelons-nous le bouclier tarifaire : 70 milliards d'euros pour le gaz et pour l'électricité, qui ont permis de garantir des factures bien inférieures à nos voisins européens. Et regardez ce qu'on fait depuis le début de l'année : on fait le choix d'être ciblés, effectivement, parce qu'il y a des difficultés budgétaires qui sont réelles, mais on est aux côtés des entreprises les plus en difficulté, des pêcheurs, des agriculteurs, des transporteurs. On est aux côtés des Français les plus précaires qui roulent le plus et on continue à prendre des initiatives avec, par exemple, la libération de 10 millions de barils pour tirer les prix vers le bas.

 

Benjamin Haddad (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé de l’Europe)
> Déclaration conjointe des ministres délégués chargés des Affaires européennes du Triangle de Weimar, Gunther Krichbaum, Benjamin Haddad et Ignacy Niemczycki] Depuis maintenant 35 ans, le Triangle de Weimar constitue une précieuse plateforme de coopération entre l’Allemagne, la France et la Pologne pour les questions relatives à l’Europe : son intégration, son identité, sa force et sa sécurité. Notre coopération s’est développée, comme l’avaient justement formulé les ministres chargés des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher, Roland Dumas et Krzysztof Skubiszewski, dans une conscience certaine de la responsabilité partagée des Allemands, des Français et des Polonais pour garantir à l’Europe un avenir prospère. 
Nous nous sommes réunis à Giżycko, dans la voïvodie de Varmie-Mazurie, l’une des régions de la frontière orientale de la Pologne, qui jouxte l’oblast russe de Kaliningrad. Ces régions sont confrontées à des problématiques importantes en matière de sécurité et d’économie du fait de la stratégie agressive et hostile de la Russie. 
Dans un avenir immédiat, il est probable que la Russie demeure la plus grande menace pesant sur la sécurité euro-atlantique. Nous restons donc déterminés à renforcer le flan est de l’Union européenne (UE) et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ainsi qu’à garantir la sécurité de toutes les frontières terrestres, aériennes et maritimes de l’UE et de l’OTAN, tout en améliorant les capacités de défense et la base industrielle européennes. L’Europe doit assumer une plus grande responsabilité en ce qui concerne sa propre défense et être mieux équipée pour agir et réagir de manière autonome et coordonnée face aux enjeux et menaces immédiats et futurs. En outre, nous soutenons le développement d’une base industrielle et technologique de défense européenne plus solide et plus compétitive, notamment grâce aux programmes existants de l’UE comme l’instrument « Agir pour la sécurité de l’Europe » et le programme pour l’industrie européenne de la défense, ainsi que dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel.
Nous appuyant sur la déclaration des ministres des Affaires étrangères de nos trois pays du 3 septembre dernier, nous avons échangé sur les questions suivantes relatives à nos politiques européennes : soutien à l’Ukraine, activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger, élargissement, cadre financier pluriannuel, compétitivité et industrie.
Nous sommes déterminés à poursuivre nos travaux conjoints sur ces thèmes prioritaires, dans un esprit de confiance mutuelle et d’engagement commun en faveur d’une Europe forte et sûre.

 

► Assemblée nationale 
Yaël Braun-Pivet (présidente) 

> [Hommage aux victimes de l’attentat de Trappes à l’Assemblée nationale]
Monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les membres du gouvernement, mesdames et messieurs les députés, monsieur le maire de Trappes, monsieur le maire adjoint de La Verrière, mesdames et messieurs les membres de la famille de M. Pengo Bossio Wangi, vendredi dernier, à Trappes et à La Verrière, un attentat terroriste à caractère raciste a frappé notre pays. Selon le dernier bilan, sept personnes ont été blessées –
⁠ quatre grièvement, trois autres plus légèrement – et huit personnes visées par les tirs n’ont pas été blessées physiquement. Un jeune homme, M. Pengo Bossio Wangi, a perdu la vie. Pas moins de 128 balles ont été retrouvées. Cent vingt-huit.  Sans l’intervention rapide des forces de l’ordre, ce bilan aurait été plus dramatique encore. Je salue ici leur sang-froid exemplaire.
Pengo Bossio Wangi avait 26 ans. Espoir des arts martiaux mixtes, il s’entraînait sans relâche dans son club d’Aubervilliers pour concourir au plus haut niveau. Tous ceux qui l’ont côtoyé décrivent un colosse lumineux, généreux, respectueux, animé par un altruisme à nul autre pareil. Il avait des rêves, des projets, une vie à construire. La haine raciste lui a volé cet avenir.
Cet acte terroriste nous rappelle cette vérité que nous ne devrions jamais oublier : le racisme tue, la haine de l’autre tue. Derrière cet attentat, c’est aussi une certaine idée de la France qui est ciblée, une France universaliste, où chacun peut vivre librement, quelle que soit son origine, sa couleur de peau ou sa religion. Tel est le sens du triptyque républicain sur le fronton de nos mairies –
⁠  Liberté, Égalité, Fraternité. Cette promesse républicaine, nous devons plus que jamais la faire vivre. Face au racisme, notre République, une et indivisible, ne doit donc rien céder et ne cédera rien. Elle ne cédera rien à ceux qui distillent le venin de la haine et qui attisent les brasiers de la division.
Dans ces moments où le pays tressaille, il nous faut retrouver le chemin de l’unité, du dialogue et de l’apaisement. Il y va du destin de la nation. En votre nom à tous, je voudrais adresser nos condoléances à la famille et aux proches de M. Pengo Bossio Wangi. Nos pensées vont également aux blessés et à leur famille ainsi qu’aux habitants de Trappes et de La Verrière. En mémoire de M. Pengo Bossio Wangi et en soutien à toutes les victimes, je vous invite à observer une minute de silence.

 

► Partis politiques 
● Renaissance 
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent à droite ou à gauche ne sont plus retranscrits]
Gabriel Attal (député, secrétaire général de Renaissance, président du groupe Ensemble pour la république à l’Assemblée nationale)
> Ma politique économique ne repose pas sur un gain espéré pour quelques-uns, mais sur des progrès garantis pour tous.

> Je propose une planification économique sur 10 ans dans 5 filières stratégiques et prioritaires :
1. L'intelligence artificielle et le quantique, avec 200 milliards d'euros d'investissement d'ici à 2040 ;
2. Les biotechnologies ;
3. L'énergie, en investissant notamment dans la fusion nucléaire ;
4. Le spatial, pour préparer le successeur d'Ariane 6 ;
5. La défense, en créant une DARPA européenne sur le modèle américain.

> Pour mettre en place ce capitalisme de l’innovation, je propose une méthode : libérer et planifier. Libérer, simplifier, et amplifier la politique de l’offre qui a permis la création de 2 millions et demi d’emplois en France entre 2014 et 2024.

> Libérer ne suffit pas : il faut aussi, comme le général de Gaulle l’a fait en son temps, assumer une véritable planification dans les secteurs stratégiques, comme le font aujourd’hui les Américains et les Chinois.

> On dépend aujourd'hui très largement de messageries, de logiciels, de systèmes de paiement américains comme Visa et Mastercard. Les objectifs pour moi sont clairs : développer des capacités européennes de cloud souverain et de logiciels stratégiques, construire des systèmes de paiement souverains.

> Il faut relever le niveau scolaire en France, en assumant que c'est aussi un enjeu économique et que ça n'est pas qu'un enjeu éducatif. Le Conseil d'analyse économique a établi que 10 points gagnés au classement PISA pouvaient générer 0,2 point de croissance par an, c'est-à-dire 75 milliards d'euros de PIB supplémentaires au bout de 15 ans.

> Il faut retrouver une économie fondée sur la production plutôt que sur une croissance alimentée principalement par la consommation et par les déficits. Pour ça, j'identifie trois leviers : l'école et la formation, la mobilisation des capitaux et le travail.

> Le coût des normes est aujourd'hui évalué entre 60 et 100 milliards d'euros annuels. Je fixe un objectif qui est de supprimer un quart de la charge administrative : ce sera un gain attendu de 20 milliards d'euros par an pour les entreprises.

> Il faut assumer une intervention publique forte dans les secteurs d'intérêt vital et les technologies qui feront la prospérité des nations au 21e siècle. Assumer une stratégie dans des secteurs précis, comme le général de Gaulle l'avait fait, comme les États-Unis et comme la Chine le font depuis des décennies.

> Il faut sortir du capitalisme financiarisé tel qu'il s'est imposé depuis les années 70. Je défends l'élargissement de la notion de rentabilité : à la rentabilité économique, qui est centrale, mais aussi aux conséquences sur l'indépendance de notre économie, à la création d'emplois en France et en Europe, à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre et au respect de nos normes sociales.

> Il faut bâtir pour la France un capitalisme de l’innovation. C’est par l’innovation qu’on fera progresser les salaires. Parce que l’innovation conditionne notre prospérité, notre puissance et notre indépendance.

> Au 21e siècle, plus que jamais, la puissance politique dépend de la puissance économique, qui elle-même dépend de la puissance technologique. Le risque, c’est de se retrouver totalement colonisés par les Américains et les Chinois.

> La question de savoir comment on fait grossir le gâteau ne doit pas passer au second plan. Dans les débats budgétaires du PLF pour 2026, les mots « taxes » et « impôts » ont été prononcés 3 250 fois, contre seulement 282 pour les mots « croissance » et « innovation ». Or, sans croissance, on ne pourra ni augmenter durablement les salaires, ni financer notre modèle social, ni préparer l'avenir.

> Nos grands-parents ont fait le marché commun, nos parents la monnaie commune. À notre génération de faire les États-Unis d'Europe. Pour investir ensemble dans les défis de demain et devenir l'économie la plus forte au monde.

 

Patricia Lemoine (députée)
> [Failles internet / Intervention à l’Assemblée] Mercredi dernier, la découverte de failles hypercritiques au cœur de PHP, un langage qui alimente 70 % des sites web dans le monde, a déclenché une alerte cyber générale. Cette brèche, qui a permis à des pirates d’exécuter du code à distance pour prendre le contrôle de serveurs, a fait l’objet de tentatives d’exploitation malveillantes : prises de contrôle, vol de données, installations de logiciels hostiles. À titre préventif, les sites du ministère de l’intérieur ou encore de Météo-France ont été rendus inaccessibles. C’est une énième alerte sur la vulnérabilité de nos services et de nos entreprises.
Vous le savez, numériser sans sécuriser, c’est construire sur du sable. Si fermer temporairement les sites par précaution était le bon réflexe, la question demeure de savoir si chaque entité, qu’elle soit publique ou privée, sait ce qu’elle expose, ce qu’elle peut corriger en quelques heures et ce qu’elle peut continuer de faire fonctionner.
C’est précisément ce que la directive NIS 2 sur la cybersécurité  organise : gestion des risques, traitement des vulnérabilités, continuité d’activité, responsabilité des dirigeants. Elle devait être transposée avant le 17 octobre 2024. Nous accusons donc deux ans de retard et la Cour de justice de l’Union européenne vient d’être saisie, ce qui expose la France à des sanctions financières.
Plus d’un an après son passage en commission et malgré les promesses d’un examen avant l’été, le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité a finalement été retiré de l’ordre du jour le mois dernier. Pourtant, cette transposition est urgente : elle étendra les règles de protection de l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), aujourd’hui limitées à 300 acteurs, à plus de 10 000 entités essentielles. Mais pourquoi tant de retard ? Pouvons-nous espérer voir ce texte arriver bientôt en séance publique ?

 

Anne-Sophie Ronceret (députée)
> [Attenta raciste de Trappes / Intervention à l’Assemblée] Vendredi dernier, à Trappes et La Verrière, un homme a ouvert le feu sur des passants. Une personne a été tuée, sept autres blessées, dont une enfant de 12 ans. Ils ont été ciblés pour une seule raison : leur couleur de peau, leur origine. Mes premières pensées vont aux victimes, à leurs familles, aux habitants de ces deux communes des Yvelines. Je veux également remercier, en saluant leur courage et leur sang-froid, les forces de l’ordre et l’équipe de la brigade anticriminalité qui, ensemble, ont interrompu ce périple meurtrier, ainsi que les services de secours pour leur réactivité.
La mobilisation de l’État a été immédiate : vous vous êtes rendue sur place le jour même avec le ministre de l’intérieur ; le soir, le président de la République venait témoigner aux victimes et aux habitants le soutien de la nation. Le parquet national antiterroriste est saisi pour crime terroriste à caractère raciste. Mais au-delà de la réponse judiciaire, nous devons apporter une réponse politique en vue d’assurer la sécurité des Français, de combattre le racisme et de refuser sa banalisation.
Personne ne doit avoir peur de sortir dans la rue en raison de sa couleur de peau, de son origine, de sa religion réelle ou supposée. Aucun enfant ne doit grandir dans la peur. Depuis dix ans, notre majorité a agi: éducation, sanctions, lutte contre la haine en ligne, soutien renforcé aux associations. Ces actions doivent se poursuivre ; cette exigence doit nous rassembler.
Quelles mesures le gouvernement entend-il prendre concrètement pour que, partout dans notre pays, chacun puisse vivre, travailler, élever ses enfants sans craindre pour sa sécurité –
⁠ sans être pris pour cible en raison de sa couleur de peau, de son origine ou de sa religion ?

 

● MoDem 
François Bayrou (président)

> [Démocratie française] C’est une démocratie malade, parce que ceux qui en sont les responsables et les acteurs ont l’air d’oublier tous les principes qui nous font vivre ensemble. Alors c’est vrai dans la politique, pas seulement dans la politique, vous avez les images, dans tous les affrontements qui sont nourris à chaque instant. Et c’est tellement facile d’être dans cette violence, dans cette radicalité comme on dit. (…)
C’est de la haine. C’est la haine qui sert de moteur, qui sert de vecteur à des intérêts électoraux. Or, vous noterez, vous savez bien, parce qu’au fond, c’est ici que cela se passe, ou chez vos confrères, on considère que ce qui est le plus excessif est le mieux. Que la radicalité, comme on dit, c’est un mot compliqué, cela veut dire cet excès sur les positions, que la radicalité c’est mieux que la mesure. Je pense exactement le contraire. Je pense que la société dans laquelle nous sommes a besoin d’équilibre, de recherche, de nuances. Je sais très bien que je suis à contre-courant de tout ce qu’on voit sur les plateaux, parce qu’évidemment il arrive que la nuance fasse de moins bons scores d’audience.

> On a l’impression que notre pays, c’est un champ clos où s’affrontent les uns et les autres. C’est une stupidité. Cela a peut-être été comme ça autrefois. Mais aujourd’hui, la vérité est que ce n’est pas l’image d’un champ clos ou d’un ring de boxe qu’il faut. Nous sommes sur le même bateau. Notre pays, c’est notre bateau. Et donc, les affrontements systématiquement entretenus, on va en reparler, la recherche perpétuelle de boucs émissaires, qui consiste à dire, ça n’est pas de votre faute, vous qui m’écoutez, c’est la faute des autres. Tout ça, c’est une manière en réalité d’affaiblir notre pays.

> [Présidentielle] Si l’un de ces deux blocs [extrême-gauche et extrême-droite] gagnait la bataille présidentielle, ma conviction, c’est que c’est la France qui, au bout du compte, va vivre le pire des cauchemars de son histoire. (…)
Les deux mâchoires de la tenaille du pire, toutes les deux, représentent un danger mortel pour le pays. Je dis des choses assez simples. Vous savez les crises qu’on est en train de vivre. Elles seront accentuées et tout le monde le sait et tout le monde le dit.  (…)
Je dis des risques d’une égale gravité, d’une égale toxicité. Et pourquoi ? Il y a une première raison, c’est qu’aucune de ces deux forces qui cherchent perpétuellement des boucs émissaires n’est capable de conduire le pays sur la voie de son redressement. Parce que si vous cherchez des boucs émissaires, cela veut dire que vous mentez au peuple que vous avez en face de vous. Alors vous les connaissez, les boucs émissaires, d’un côté les immigrés, de l’autre les riches ou je ne sais quoi. En tout cas, ce n’est jamais pour dire au pays la vérité sur sa situation. Et j’ajoute, et c’est très important, et je crois que personne ne le dit ou ne s’en rend compte assez, si cette situation se produit, alors il y a des conséquences immédiates. Et la première des conséquences, c’est une chute de l’Europe et de la capacité de l’Europe.

> Il faut essayer de voir la gradation du risque dans le monde tel qu’il est, qui est un monde de guerre sauvage. On disait de compétition sauvage, on n’est même plus à la compétition. On est au-delà de la compétition. On est dans la volonté d’écraser et de soumettre les pays ou les nations qui ne sont pas à la botte de ceux qui veulent commander. On a vécu l’attaque de Poutine contre l’Ukraine, qui est pour nous une terrible menace.

> [Mouvement sociaux] Des difficultés très grandes que les Français rencontrent ne sont pas encore exprimées, par exemple les agriculteurs, la crise agricole au moment où nous sommes avec la terrible sécheresse qui nous a frappés comme en 1976. Et pour l’instant, il va falloir trouver, articuler les réponses à cette crise. Et il y a bien d’autres crises. La crise financière qui vient, c’est une crise aussi d’une très grande ampleur. Mais comment on peut expliquer ça ? Parce que l’art du gouvernement, qui devrait être de prévoir les crises à l’avance. Il se heurte au fait qu’il n’y a que le court terme qui intéresse très souvent les partis politiques. Je prends un seul exemple. Il y a un an précisément, j’ai engagé l’avis du gouvernement pour qu’on puisse ensemble se rendre compte de la menace que l’accumulation de dettes faisait peser sur le pays. Qu’est-ce qui s’est passé ?

> Il n’y a rien de plus difficile que les sociétés dans lesquelles nous vivons. Parce que c’est une interconnexion dans le monde. Ce qui se passe au détroit d’Ormuz a des conséquences directes chez nous, à la pompe. Ce n’était pas le cas autrefois, ce n’était pas comme ça. Et puis, deuxièmement, les repères avec lesquels nous vivions sont des repères qui se sont écroulés. Par exemple, nous estimions que nous appartenions à l’Alliance des pays libres. Et au cœur des pays libres, il y avait les États-Unis. Et au cœur des États-Unis, il y avait les présidents des États-Unis.

> La crise de l’Éducation, les années et années que j’ai passées à essayer, que nous avons passées, à essayer de défendre une vision du système éducatif. Vous vous souviendrez par exemple que dans mon discours de politique générale, j’ai dit qu’il allait falloir changer Parcoursup, que ce n’était pas possible.

 

Marc Fesneau (député, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale)
> Je n'ai pas de querelle avec Bruno Retailleau, mais appeler à déplacer la présidentielle en raison du 1er mai, c'est renoncer à l'ordre républicain qu'on veut pourtant défendre. « Faut-il désormais demander aux black blocs les dates qui les arrangent pour tenir des élections ? »

> Je persiste à dire que notre responsabilité, surtout vis-à-vis des jeunes, c’est de ne pas leur laisser une dette qui va les asphyxier. » Les annonces du Premier ministre sur Parcoursup et les lycées sont bonnes, mais c'est l’urgence financière qui décidera de notre avenir !

 

Bruno Fuchs (député)
> [Résultat des élections en Serbie et au Brésil / Intervention à l’Assemblée] Dimanche dernier, en Serbie, le mouvement des étudiants a remporté une victoire historique face au pouvoir d'Aleksandar Vučić. Le même jour, le Brésil a fêté la victoire avec panache du président Lula grâce à une résistance historique de la démocratie face à la vague illibérale. Ces deux victoires démontrent que les citoyens, et particulièrement les jeunes générations, n'ont pas renoncé à la liberté, à la justice et à l'état de droit.
Mais derrière ces deux scrutins, c'est un affrontement existentiel entre deux visions du monde qui se jouent. C'est de la démocratie, fondée sur l'état de droit et les libertés publiques, l'intangibilité des frontières, certes cet ordre est imparfait, mais il porte une ambition fondamentale, empêcher que la loi du plus fort et la violence ne deviennent la loi du monde. En face, il y a ces puissants mouvements illibéraux, nationalistes ou impérialistes, qui affaiblissent les contre-pouvoirs, sapent les institutions démocratiques, intimident les oppositions. 
Ce combat se joue dans les urnes, mais se joue aussi dans les universités, dans les médias, dans les réseaux sociaux, dans les institutions internationales. La France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, puissance européenne et héritière d'une tradition diplomatique universaliste, a une responsabilité majeure. 
Monsieur le ministre, ma question est donc la suivante. Quelle stratégie, quelle contre-attaque le gouvernement entend-il porter avec ses partenaires européens, avec les démocraties du monde entier, pour défendre l'ordre international issu de 1945, renforcer le mutualisme, faire respecter le droit international et soutenir concrètement les peuples qui se battent pour leur liberté et pour la paix ? 

 

► Autres 
● Organisations centristes 
♦ Renew Europe
(Députés français du groupe centriste au Parlement européen) 
Bernard Guetta (député)
> [Opinion : Car partout la roue tourne, une nouvelle gauche est en germe] Il n’y a pas qu’en Europe. L’Afrique, l’Inde et l’Amérique latine connaissent également des mouvements de contestation générationnels souvent plus importants que ceux d’Italie, de Grèce, de Belgique, du Portugal et même de France, de Serbie ou d’Albanie.
Une si grande partie de la planète est touchée qu’on ne peut déjà plus parler d’une simple concomitance. On n’en est certes pas au milieu des sixties, lorsque toute la jeunesse du monde, d’Est en Ouest et d’Orient en Occident, avait entrepris de renverser l’ordre établi, mais il suffirait que d’autres pays bougent, les États-Unis peut-être, voire la Chine, pour que le parallèle s’impose.
Dans les années soixante, c’est tout l’ordre d’après-guerre qui était rejeté, ce monde coupé en deux où les jeunes Américains étaient envoyés mourir au Vietnam tandis que l’Europe centrale étouffait sous le joug russe, où les deux blocs se partageaient le « Tiers-monde » et où les mœurs et convenances restaient partout aussi puritaines qu’à la fin du XIXe.
Pas plus à l’Est qu’à l’Ouest, les baby-boomers ne voulaient plus rien de tout cela, ni de la soumission de la femme, ni de l’écrasement du Printemps de Prague, ni des dictatures militaires du backyard américain, ni du socialisme réel des vieillards de la Place Rouge.
Vingt-cinq ans plus tard, ils avaient gagné. C’en était fini du communisme et la révolution sexuelle avait largement changé le monde, mais une nouvelle génération fait aujourd’hui ses comptes et ne trouve rien de satisfaisant aux victoires de ses pères.
Faute d’une morale de la liberté qui reste à concevoir, elle souffre de l’absence de règles de vie auxquelles se conformer et n’a pas grands moyens de se défendre face à l’arrogance et la brutalité de l’argent qui ne craint plus rien depuis qu’il n’a plus peur du communisme.
Parce qu’il croit n’avoir plus à se soucier de négocier de compromis avec le travail, le capital fait systématiquement prévaloir les intérêts des actionnaires sur ceux des salariés et généralise la précarité. Les inégalités redeviennent abyssales. La corruption s’enracine et les spectres de la guerre et du changement climatique nourrissent l’angoisse existentielle d’une génération qui vit le recul de la fonction redistributrice de l’État et des services publics de l’éducation et de la santé.
Chaque continent a son histoire et chaque pays ses particularités, mais partout où bougent les nouvelles générations, on retrouve soit l’exigence d’un enseignement de qualité, soit la dénonciation de la corruption, soit le rejet de forces politiques usées, soit encore un cocktail de plusieurs de ces raisons.
C’est vrai du Sénégal au Chili, de l’Inde à l’Albanie, de la France au Kenya et cette génération – contrairement aux éternels casseurs – veut avant tout l’ordre, la loi, des solutions crédibles à ses difficultés et cherche même à retrouver des règles de vie dans un néo-puritanisme montant.
Rien ne ressemble ainsi moins aux baby-boomers que leur descendance. Les uns flirtaient avec l’anarchie car c’est au nom de la liberté individuelle qu’ils contestaient l’État et les règles établies. Les autres aspirent au contraire à restaurer des règles communes et la puissance perdue des États car ils redécouvrent que la loi est l’arme des plus faibles puisqu’elle tempère le droit du plus fort et s’impose à lui.
Sans même le réaliser, les baby-boomers et leur individualisme avaient ouvert la voie au grand retour d’Adam Smith. Promoteurs de nouveaux courants politiques en Inde, en Serbie, en Albanie et bientôt ailleurs, leurs petits-enfants sont, eux, des sociaux-démocrates qui s’ignorent, pas plus hostiles à l’économie de marché que ne l’était Keynes et bien loin des rêves de grand soir. Ce à quoi ils aspirent n’est pas la révolution mais un nouveau réformisme, un retour à l’État arbitre et aux compromis entre capital et travail, à ce qui avait fait le New Deal et le modèle social européen.
Car partout la roue tourne, une nouvelle gauche est en germe.

 

Pascal Canfin (député)
> La Commission présente aujourd’hui sa loi pour la résilience climatique, la première réponse politique européenne au besoin impérieux d’adaptation de notre société à la réalité climatique.
Après les records de température atteints cet été, il était urgent d’avoir une politique d’adaptation commune car plus nous avançons dans l’année, plus nous prenons la mesure du bilan tragique de cet été. L’existence de cette loi, très largement influencée par l’expérience française du plan France 4 degrés, est déjà une avancée. Concrètement, elle vise à organiser la gouvernance de l’adaptation au changement climatique en Europe et donc se battre contre les inerties qui mènent à l’inaction comme ça a pu être le cas lors des inondations de Valences qui ont fait plus de 220 morts en 2024 et où les différentes administrations se renvoyaient la balle.
Mais c'est loin d'être suffisant, je regrette que nous n’allions pas plus loin : nous devrions par exemple adapter le principe de responsabilité aux grandes infrastructures critiques pour l’économie européenne, réaliser des stress tests sur celles-ci.
Nous devons nous battre simultanément sur les deux fronts : réduire nos émissions et nous adapter.

 

● Personnalités centristes
Sarah El Hairy (haut-commissaire à l’Enfance)

> 42 % des élèves de CE2 déclarent avoir subi des violences sexuelles à l’école ! Ce chiffre est un électrochoc et doit provoquer une prise de conscience collective. Il doit surtout être un accélérateur d’action.

> Les plateformes captent l’attention ; les compagnons d’IA peuvent désormais susciter de l’attachement. En tant que mère et comme responsable publique, je refuse que ma fille et sa génération aient à réparer ce que nous pouvions empêcher. Ce livre pose une question politique : qui fixe les limites lorsque la vulnérabilité devient un marché ? (…)
Quand un besoin de reconnaissance, d’amitié ou d’affection devient une prise pour exploiter un enfant, c’est bien ce dont il s’agit. La prédation peut commencer par une marque d’attention. Il faut apprendre aux enfants à reconnaître la manipulation et obliger les services numériques à réduire les risques dès leur conception. (…)
Un enfant n’est ni un stock de données, ni une réserve de temps disponible. Mon livre montre comment son attention, sa confiance et son affection peuvent devenir des prises sur lui. Les pédocriminels et les plateformes n’ont pas les mêmes responsabilités. Mais à 12 ans, on n’a pas à gagner un bras de fer contre une multinationale. (…)
Les menaces sont multiples : l’exposition précoce à la pornographie, qui peut profondément déformer la représentation de la sexualité, du consentement et des relations entre filles et garçons ; mais aussi les images d’ultraviolence, les contenus qui banalisent les troubles alimentaires, l’automutilation, ou qui vont jusqu’à encourager le suicide.
À cela s’ajoutent le cyberharcèlement, les prédateurs sexuels, le chantage aux images intimes, mais aussi la pression permanente de la comparaison sociale, qui peut fragiliser l’estime de soi. Le danger est amplifié par les algorithmes : un enfant qui consulte un contenu inquiétant peut se voir proposer une succession de contenus toujours plus extrêmes… Nous avons laissé des enfants accéder, souvent seuls, à des univers auxquels aucun adulte responsable ne songerait à les exposer dans la vie réelle. (…)
Je ne demande pas de condamner un patron parce qu’un enfant a subi un dommage sur sa plateforme. Je propose de créer une infraction spécifique lorsque trois éléments sont établis : l’entreprise connaissait le risque, elle pouvait agir, et ses dirigeants ont délibérément choisi de ne rien faire pour préserver leurs intérêts économiques. Dans les cas les plus graves, une peine de prison doit pouvoir être prononcée par un juge. Pourquoi la mise en danger d’un salarié peut-elle engager un dirigeant, mais pas celle d’un enfant ? (…)
J’ai rencontré de nombreuses plateformes, je les ai alertées, j’ai demandé des mesures concrètes. Elles savent mobiliser des équipes et des technologies sophistiquées pour protéger les marques contre la contrefaçon. Mais lorsqu’il s’agit de contenus ou de produits mettant en danger des enfants, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur.
Nous vivons dans un monde où un sac de luxe peut être mieux protégé qu’un enfant. C’est moralement insupportable. Ce n’est pas seulement une question de moyens. C’est une question de priorités.

> Si protéger le sommeil d’un collégien réduit les recettes publicitaires, c’est au modèle économique de s’adapter. Je veux des comptes mineurs protecteurs par défaut, une évaluation indépendante des risques et l’interdiction du défilement infini pour les mineurs. Il faut contrôler et sanctionner. Nous imposons des exigences de sécurité aux produits destinés aux enfants. Pourquoi accepter l’impuissance dès qu’il s’agit d’un écran ?

> Je ne veux pas du modèle politique chinois. Je veux qu’on cesse de nous expliquer que protéger les mineurs est techniquement impossible. Douyin et TikTok sont distincts, mais leurs différences rappellent que la conception d’un service résulte de choix. Exigeons des protections vérifiables, adaptées à l’âge, sans surveillance généralisée. L’Europe doit fixer ses conditions, pas supplier.

> La réponse politique est encore possible à condition de sortir du discours d’impuissance. Les parents ont une responsabilité ; ils ont aussi besoin d’appui. Le contrôle parental ne peut pas servir d’alibi à l’irresponsabilité industrielle. Et lorsque la famille est le lieu du danger, la protection doit venir d’ailleurs. Je défends une chaîne continue, de la prévention aux soins et à la reconstruction. La politique doit agir sur ce qui produit les risques, pas seulement sur leurs conséquences. L’enfance doit compter dans les budgets publics et dans les décisions économiques. Protéger avant d’avoir à réparer : voilà le cap.

> La dette d’enfance, ce sont les violences non empêchées, les soins repoussés, les années qu’on ne rendra jamais. Ce qu’on laisse faire à 8 ans ne disparaît pas à 18 ans ! Je ne veux pas que ma fille me demande un jour : « Vous saviez, alors pourquoi n’avez-vous rien fait ? » C’est pour ne pas avoir à lui répondre que j’ai écrit Les Prédateurs.

> Le numérique n’a pas inventé la prédation. Il lui a donné de nouveaux moyens et une portée démultipliée. Je défends une protection intégrale de l’enfance, dans les familles, les écoles, les clubs sportifs comme sur internet. Il ne doit y avoir ni zone grise, ni lieu d’impunité, ni adulte au-dessus des règles.