lundi 18 janvier 2021

Actualités du Centre. Allemagne – Un modéré proche du Centre élu à la tête de la CDU

Armin Laschet est le nouveau président de la CDU (Union chrétienne-démocrate) en Allemagne en remplacement d’Angela Merkel.

Cette dernière, à la suite d’un accord signé lors des dernières législatives, avait accepté, pour devenir une nouvelle et dernière fois chancelière, de ne pas se représenter à ce poste et donc à la présidence du parti, celui ou celle qui occupe ce poste étant en effet le candidat naturel pour être le dirigeant du pays.

C’est donc Laschet – un ancien journaliste et actuel ministre-président du Land (région) de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à la tête d’une coalition avec les libéraux du FDP – qui devrait, normalement, être le prochain candidat du parti démocrate-chrétien à ce poste.

Encore faut-il qu’il soit désigné par celui-ci et qu’il soit en position de force face au candidat de l’allié de toujours de la CDU, la formation bavaroise de la CSU qui est située nettement plus à droite sur l’échiquier politique allemand ce qui n’est pas le cas actuellement.

En effet, Armin Laschet est un fidèle de Merkel qui appartient à l’aile centriste de la CDU, c’est-à-dire au centre-droit, ce qui ne fait pas plaisir à tout le monde à la CDU et surtout à la CSU qui espère bien menée la coalition CDU-CSU lors des législatives du 26 septembre prochain avec son leader, Markus Söder, nettement plus populaire que lui dans les sondages d’opinion.

D’autant que la victoire de Laschet n’a pas été éclatante, loin de là, ne battant son adversaire de l’aile droite Friedrich Merz que d’une cinquantaine de voix sur le vote de plus de mille délégués.

C’est ainsi qu’il faut décrypter son tweet posté le 17 janvier:

«Merci pour la confiance. (…) Je veux écouter tous ceux qui ont voté pour d'autres candidats et les inviter à apporter leurs idées pour notre programme électoral. Nous ne resterons un parti populaire que si tout le monde est là.»

S’il est le candidat, il pourrait tenter d’élargir la coalition avec les Verts.

Ces derniers, qui adoptent des positions beaucoup plus réalistes qu’autrefois et sont beaucoup plus responsables que leurs homologues français, devraient être en mesure d’être les prochains arbitres des prochaines législatives.

 

dimanche 17 janvier 2021

Propos centristes. France – Lutte contre l’inceste; lutte pour l’égalité femmes-hommes; lutte contre les violences familiales; lutte contre la covid19; lutte contre la fracture numérique; lutte contre le populisme; lutte pour l’amitié franco-allemande…

Voici une sélection, ce 17 janvier 2021, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.


Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Jean Castex (Premier ministre)

- Partout, je rechercherai le rassemblement et l'unité. Avec France relance, nous travaillons avec tous et pour tous.

- La fibre donne accès au très haut débit mais elle apporte aussi avec elle de la croissance et de l’emploi.

- On ne peut accepter que des territoires n’aient pas accès à la télémédecine (ou simplement au télétravail) faute d’accès au haut débit ! C’est une question d’égalité entre les citoyens. Lutter contre la fracture numérique, c’est lutter contre la fracture territoriale.

- Avec deux-tiers de son territoire couvert en très haut débit, la France est devenu le premier pays d’Europe sur le déploiement de la fibre. Avec France relance nous accélérons le mouvement : 908 millions seront investis pour l’accès au numérique.

- De la prise de rendez-vous à la première injection, c'est toute une chaîne humaine qui est mobilisée pour immuniser les Français contre la covid19. Avec eux, nous mettons et mettrons toutes nos forces dans la réussite de ce programme exceptionnel et inédit de vaccination.

 

Jean-Yves Le Drian (ministre de l'Europe et des Affaires étrangères)

- [Emeute de Washington] Je suis comme beaucoup de Français, encore marqué par l'effroi provoqué par ces scènes hallucinantes. Personne ne pouvait imaginer assister à cette journée insurrectionnelle à Washington. C'est un paradoxe car la démocratie venait de faire preuve de sa vitalité avec une participation record aux urnes. Et pourtant, ce vote historique a été remis en cause par la diffusion répétée depuis quatre ans de fausses informations qui érodent la démocratie en enfermant une partie de la population dans une réalité parallèle et artificielle, le tout attisé par un chef de l'Etat qui combattait les résultats validés de cette élection. Ceux qui s'étaient enfermés dans une vérité alternative l'ont cru. 

- [La démocratie américaine a tenu] et elle s'est même réaffirmée. Parce qu'elle a des anticorps qui se sont manifesté de façon spectaculaire, le droit, la justice et le parlement. Intimement, j'étais persuadé que cette insurrection n'irait pas à son terme. C'est une victoire à la fin de la démocratie, de la raison et de la vérité, car oui, ces mots ont encore un sens. Mais cela nous enseigne qu'il faut rester vigilants. En démocratie, rien n'est jamais acquis. Il faut dans un état de droit mesurer en permanence l'importance des contrepouvoirs.

- [Donald Trump simple parenthèse] Ce serait une erreur d'appréciation, au niveau international et de la relation transatlantique, de se dire qu'on va revenir comme avant. Ce n'est pas le cas. Car les grands défis mondiaux se sont aggravés depuis quatre ans et les nouvelles autorités américaines vont le mesurer. Mais aussi parce que ces dernières années, l'Europe a changé. Elle s'est davantage assumée, elle est devenue davantage majeure en prenant conscience de sa propre puissance. Le moment est donc venu de décliner son agenda de souveraineté et de redéfinir avec les Etats-Unis un partenariat transatlantique plus équilibré. Car il est de l'intérêt des Américains d'avoir avec eux une Europe forte dans une relation saine et confiante où chacun se respecte.

- [Equipe diplomatique de Joe Biden] Cette nouvelle équipe qui se met en place sait à quel point la relation transatlantique, et notre relation, a été, au long de ces quatre dernières années, aléatoire, incertaine, parfois conflictuelle, désordonnée. Elle sait que nous pouvons retrouver une nouvelle sérénité. Nous partageons la même histoire et les mêmes valeurs et nous croyons au multilatéralisme. Mais si nous sommes des amis et des alliés bienveillants, nous sommes aussi exigeants.

- [Relations Etats-Unis-Europe] Le dossier qui empoisonne tout le monde, c'est celui de la surenchère tarifaire et des taxes sur l'acier, le numérique, Airbus et plus singulièrement notre secteur viticole si l'on veut prendre un exemple très important. Si on pouvait rapidement trouver une méthode qui permette de régler ce contentieux avec l'Europe et la France, ce serait un pas en avant. Cela peut prendre du temps mais, en attendant, on peut toujours décréter des moratoires. 

- Je crois que la priorité de l'administration Biden sera de vouloir réconcilier le pays avec lui-même mais j'attire l'attention sur les échéances à très court terme qui doivent nous mobiliser, que ce soit sur l'Iran, le climat, la course aux armements ou la crise sanitaire, bien sûr.

- [Iran] Nous avons tenu dans l'Accord de Vienne contre vents et marées. En sortant de cet accord, l'administration Trump a choisi la stratégie qu'il a appelée de la pression maximale contre l'Iran. Le résultat, c'est que cette stratégie n'a fait que renforcer le risque et la menace. Il faut donc enrayer cette mécanique car l'Iran -je le dis clairement- est en train de se doter de la capacité nucléaire. Il y a également une élection présidentielle en Iran à la mi-juin. Il est donc urgent de dire aux Iraniens que cela suffit et de prendre les dispositions pour que l'Iran et les Etats-Unis reviennent dans l'Accord de Vienne. Cela ne suffira pas. Il faudra des discussions difficiles sur la prolifération balistique et les déstabilisations par l'Iran de ses voisins dans la région. Je suis tenu par le secret sur le calendrier de ce genre de dossier, mais il y a urgence. 

- Si on ne bouge pas dans les semaines qui viennent, il n'y aura plus aucun outil de régulation des armes nucléaires entre Moscou et Washington. L'accord New Start va devenir caduc et c'est l'équilibre stratégique des deux plus grandes puissances nucléaires au monde qui risque de s'effondrer. On n'a jamais vu cela depuis les années 60. L'Europe est concernée au premier chef. Des initiatives sont à prendre avec les Européens pour que ces enjeux ne se décident pas par-dessus nos têtes. 

- [Urgence climatique] La COP 26 de Glasgow est directement liée aux Accords de Paris. Chacun devra afficher ses nouvelles ambitions. L'union européenne a dit qu'elle avait pour nouvel objectif de faire baisser ses émissions de Co2 de 55% d'ici 2030. Mais on attend de la Chine et des Etats-Unis que ces deux plus grands pollueurs se décident d'ici la fin de l'année et suivent l'exemple de l'Europe.

- [Retour des Etats-Unis dans l'OMS] C'est essentiel. Pour renforcer le seul outil mondial qui gère les questions de prévention sanitaire et pour peser de tout de son poids face à la Chine qui veut utiliser l'OMS pour affirmer sa puissance. Mais surtout pour que l'OMS éradique cette pandémie. Tant qu'il y aura la moindre trace de coronavirus dans le monde, personne ne sera à l'abri. Il faudra vacciner tout le monde sinon le monde restera cloisonné. 

- [Terrorisme] J'ai le sentiment que l'investissement américain va s'y poursuivre, probablement avec moins d'à-coups et plus de régularité et de lisibilité. En Irak, Daech reste présent avec des risques majeurs et il faut stabiliser la situation sur place avec des moyens militaires mais aussi politiques et économiques. Au Sahel, la coalition que la France anime avec ses partenaires européens et les forces du G5 Sahel continue d'avoir besoin du soutien technique et logistique des Etats-Unis. 

- [OTAN] Le sommet des chefs d'Etats en 2021 sera celui de la clarification. En 2020, l'organisation a réfléchi à son avenir en termes de cohésion et de valeurs – et la Turquie fait partie de ce sujet – mais aussi aux nouvelles menaces, ce qui inclue la lutte contre le terrorisme. 

- [Chine] Nous sommes disposés à y participer en fonction du contenu. Développer des partenariats pour défendre nos valeurs démocratiques me convient. Mais, sur la Chine, nous ne souhaitons pas établir de logique de bloc contre bloc, même si nous ne mettons pas sur le même plan la Chine, que l'Europe considère à la fois comme un partenaire, un concurrent et un rival systémique, et les Etats-Unis qui sont nos alliés. En tant que démocratie, nous sommes favorables à ce que l'on puisse monter, sujet par sujet, par exemple sur la désinformation ou la régulation du numérique, des coalitions. C'est ainsi que nous avons bâti, avec mon homologue allemand, l'Alliance pour le multilatéralisme. Si les Etats-Unis sont engagés dans une démarche similaire, nous l'accueillons très positivement.

 

Gérald Darmanin (ministre de l'Intérieur)

- Nos policiers et nos gendarmes ont été une nouvelle fois au rendez-vous pour encadrer les manifestations et interpeller systématiquement ceux qui étaient venus pour casser. 75 personnes interpellées dont 24 à Paris. Total soutien aux 12 policiers et gendarmes blessés.

- Je salue le travail entamé par le culte musulman français qui condamne clairement l’islam politique. C’est une avancée très significative, voulue par Emmanuel Macron, pour tous les musulmans français et donc pour la France.

- Conformément aux instructions du Président de la République et du Premier ministre, nous menons une action déterminée contre le séparatisme islamiste. Parmi les 18 lieux de culte qui étaient particulièrement surveillés à ma demande, 9 ont pu être fermés.

 

Elisabeth Borne (ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion)

On aura une garantie jeune universelle et c'est mieux. Le RSA partait d'une belle idée mais la partie insertion a disparu au fil du temps et ce n'est pas ça qu'on veut.

 

Jacqueline Gourault (ministre des Territoires et des Relations avec les collectivités territoriales)

570M€ supplémentaire pour le déploiement de la fibre dans nos territoires. Le Gouvernement et les collectivités sont engagés pour que chaque Français puisse disposer d’une bonne connexion internet.

 

Eric Dupond-Moretti (Garde des Sceaux, ministre de la Justice)

« Tu casses, tu répares. » À Senlis aussi la justice de proximité est une réalité. 5 personnes y ont été embauchées pour permettre un traitement plus rapide des petites infractions qui nuisent à la tranquillité des Français: rodéos urbains, tags, dégradations, dépôts sauvages...

 

Roselyne Bachelot (ministre de la Culture)

- A l’heure où nous sommes tous très fortement mobilisés pour faire face aux terribles effets de la crise sanitaire sur le monde culturel, il est indispensable de continuer à œuvrer avec détermination et efficacité pour faire avancer les autres combats essentiels que nous avons à mener sur le long terme. L’égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre les discriminations, les violences et le harcèlement sexuel et sexiste constituent bien entendu des priorités de premier plan. Grande cause du quinquennat, l’égalité entre les femmes et les hommes figure au cœur des préoccupations du ministère de la Culture, qui a été le premier à se doter d’un comité consacré à cette question. Vous le savez, puisque j’ai déjà pu l’exprimer par ailleurs, je suis particulièrement attentive au respect de cette exigence fondamentale. Et nous savons, malgré l’ampleur des progrès qui ont été réalisés ces dernières années, que je tiens à saluer, que le monde de la culture est encore beaucoup trop souvent le cadre de situations inacceptables. Les inégalités et les violences auxquelles les femmes doivent faire face sont à présent largement connues, observées, analysées. Je veux d’ailleurs saluer le courage de toutes celles qui osent prendre la parole pour dénoncer publiquement les abus dont elles ont été ou sont les victimes.

- Le rapport que m’a remis la députée Céline Calvez, en septembre dernier, sur la place des femmes dans les médias en période de crise a dressé un diagnostic approfondi de la situation dans la presse comme dans les médias audiovisuels, dont les enseignements vont bien au-delà des seules périodes de crise. Les recommandations formulées dans ce rapport parlementaire alimentent nos discussions avec les représentants du secteur, qui partagent la volonté de faire progresser la parité à la fois parmi les professionnels du secteur et dans les contenus d’information qu’ils produisent et diffusent. Sur les 26 préconisations du rapport, 24 seront mises en œuvre avec l’appui de la ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, en lien avec le CSA et bien évidemment grâce à l’implication des médias eux-mêmes. Ces préconisations contribueront à améliorer, structurellement, la place des femmes dans les médias.

 

Frédérique Vidal (ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation)

L'épidémie nous contraint à prendre des mesures de restriction sur l’ensemble de la population. Nous travaillons à faire revenir les étudiants dans les universités. En plus des mesures annoncées par le Premier ministre hier, l'accueil des étudiants par groupe de 10 sera maintenu. Il s'applique pour tous les cycles d'études, y compris le master. Je voudrais vraiment rendre hommage à l’ensemble à des enseignants-chercheurs et enseignants qui font tout leur possible pour que les diplômes ne soient pas dévalorisés, et qui y arrivent dans l’immense majorité des cas.

 

Elisabeth Moreno (ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l'égalité des chances)

- "Tout ce qui est excessif est insignifiant". Non Christian Jacob, les propos d'Olivia Grégoire ne sont pas "imbéciles". Le gouvernement est au travail et résolument déterminé dans un contexte de crise inédit dans notre Histoire. La critique est aisée mais l'art est difficile.

- [Tribune: France plurielle, République unie]
Passion française, l’égalité enflammait le cœur de la France déjà bien avant que la Révolution ne la porte aux nues.
Inscrite sur les frontons de nos édifices publics, placée au centre de notre devise nationale, l’égalité n’est ni un talisman ni un slogan. Elle est à la fois un idéal, toujours inachevé et où chacun est respecté dans ses différences, ainsi qu’un objectif, avec une double obligation d’action et de résultats.
L’égalité a pris vie dans la République. Elle en est la sève. Pour de multiples raisons, qui tiennent autant à notre Histoire qu’aux politiques publiques menées depuis plusieurs décennies, l’égalité reste un principe et non une réalité pour bon nombre de nos concitoyens. Chemin faisant, la promesse d’égalité s’est peu à peu fissurée sous le poids de la progression des inégalités.
En 2018, en réponse à une enquête du Défenseur des droits, 16% des Français déclaraient avoir été discriminés dans l’année. Plus de 80% des personnes déclarant avoir subi des discriminations lors de la recherche d’un logement invoquent leur origine ou leur couleur de peau comme motif. Et l’origine ou la couleur de peau constituent le 1er critère des discriminations dans l’emploi.
Ces discriminations ne sont pas uniquement des statistiques. Elles affectent la vie de millions de nos concitoyens et, par effet domino, minent notre cohésion sociale. Parce qu’elles assignent, parce qu’elles enferment et surtout parce qu’elles blessent, ces discriminations créent du ressentiment. Et ce ressentiment crée de la discorde à un moment où notre pays a plus que jamais besoin de concorde.
C’est pourquoi nous devons agir. Agir vite et fort. C’est dans ce contexte que le Président de la République a annoncé le lancement d’une grande consultation citoyenne dans les prochaines semaines sur les discriminations qui sera portée par mon ministère. L’objectif est de donner la parole aux Français et d’obtenir des remontées d’informations sur toutes les situations de discriminations subies par nos concitoyens. Nous voulons également recueillir les bonnes pratiques pour lutter contre les discriminations.
En parallèle, nous allons créer une plateforme pour traiter les situations de discriminations au sens large du terme, c’est-à-dire aussi bien celles qui interviennent dans l’emploi que dans le logement, l’éducation, la santé, la culture ou l’accès au financement bancaire. Un moyen simple et efficace de mettre la lumière sur des discriminations trop longtemps restées dans l’ombre et d’y apporter une réponse.
Aussi, parce que les entreprises veulent avoir des politiques de recrutement plus inclusives et que la diversité de notre « France plurielle » doit pouvoir se déployer pleinement dans tous les domaines et à tous les échelons de notre société, je propose de créer un Index de la diversité. Un outil de mesure qui permettra d’établir une photographie de la diversité d’une organisation, publique ou privée afin d’y apporter des solutions.
En définitive, lutter contre les discriminations et promouvoir une société plus égalitaire revient à réconcilier l’idéal républicain avec la pluralité de notre société contemporaine. Mais l’idéal républicain n’est pas le modèle multiculturaliste anglo-saxon. La communauté nationale n’est pas une juxtaposition de communautés, étanches les unes aux autres. La République se veut aveugle face aux origines, à la couleur de peau, au genre, à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre ou aux croyances. Elle ne reconnaît que des citoyennes et des citoyens. Point.
Ce modèle universaliste est singulier. Il est parfois mis à mal ou remis en question. Mais nous devons absolument le préserver. Dans son discours de réception du Prix Nobel de littérature à Stockholm le 10 décembre 1957, Albert Camus exhorta sa génération « à empêcher que le monde ne se défasse ».
En cette période de mers agitées que traverse notre pays, où les tensions sont légion, où les replis communautaires s’affermissent et où les débats sont inflammables comme jamais auparavant, la tâche de notre génération est immense. Si les réponses à apporter sont multiples, j’ai toutefois l’intime conviction qu’en luttant contre les discriminations, nous permettrons d’empêcher que la République ne se défasse et, parallèlement, que les liens humains qui nous enlacent se raffermissent.

- L’égalité entre les femmes et les hommes constitue la Grande cause du quinquennat du président de la République et le cœur de ma mission. Pour que cette égalité soit enfin concrète et effective, il est nécessaire que l’État, les parlementaires et les élus locaux travaillent main dans la main. Cet enjeu est un combat culturel. Et ce combat culturel dépasse les clivages partisans. L’égalité entre les femmes et les hommes n’est ni un combat de gauche, ni un combat de droite, mais un défi de civilisation. Toutefois, ce défi, nous ne pouvons le mener sans l’appui essentiel des collectivités territoriales. Depuis la création du premier secrétariat d’État à la condition féminine en 1974 par Valéry Giscard d’Estaing, beaucoup de progrès ont été accomplis. Nous partions de très loin et comme le signifiait Gisèle Halimi en entrant à l’Assemblée nationale en 1981, nos assemblées n’étaient peuplées « que de costumes gris ».

- Aujourd’hui, les chiffres sont éloquents. Le Gouvernement de Jean Castex est plus que paritaire. L’Assemblée nationale compte 38,82% de députées aujourd’hui contre 26,9% en 2012 et 18,4% en 2007, tandis que le Sénat se hisse à seulement 29,4% certes, mais enregistre une progression de 4 points depuis 2014. Au niveau local, grâce à la loi de 2013 sur la parité, nos assemblées territoriales se sont considérablement féminisées. Suite au scrutin de 2020, la proportion de femmes dans les conseils municipaux est passée à 42,4%, soit 3 points de plus par rapport au mandat précédent. Et pour les communes de plus de 1 000 habitants, un maire sur cinq est « une » maire. Néanmoins, je déplore que le nombre de femmes occupant des fonctions exécutives restent encore très en deçà de celui de leurs collègues masculins. Nous devons collectivement accentuer nos efforts. Les prochaines échéances électorales permettront certainement de féminiser encore plus nos collectivités territoriales. Et bien entendu, l’État doit lui aussi être exemplaire en la matière. Avec Amélie de Montchalin, il s’agit de l’un de nos chevaux de bataille. Parce que les décisions prises aux niveaux local et national concernent tous les citoyens, il est nécessaire que les acteurs publics reflètent notre société dans toute sa pluralité. Au-delà de ces statistiques, comme les ont prévu les lois de 2014 et de 2019 notamment, les collectivités ont engagé des plans d’action relatif à l’égalité professionnelle. En dehors du cadre juridique, elles ont conduit de nombreuses initiatives locales que je tiens à saluer.

- Il est absolument nécessaire que sur ces enjeux d’égalité, les services déconcentrés de l’État, les élus locaux mais aussi les associations sur le terrain et les entreprises travaillent en synergie. Dans les territoires urbains, on observe que les inégalités femmes-hommes recouvrent plusieurs réalités, qui peuvent être exacerbées par rapport au reste de nos territoires. Ces inégalités se traduisent notamment dans l’emploi, où les femmes sont plus fréquemment à temps partiel et en emploi précaire, sans parler des inégalités salariales persistantes. Les modes de garde d’enfants constituent également un enjeu pour l’insertion sur le marché du travail et, ce faisant, pour leur émancipation. Compte tenu des compétences des EPCI, renforcées par les lois MAPTAM et NOTRe, les élus locaux des territoires urbains disposent de nombreux leviers pour faire progresser l’égalité femmes-hommes. Je considère par exemple que l’émancipation économique des femmes est la voie la plus sûre vers leur liberté et une meilleure égalité. Le 27 janvier prochain, nous fêterons d’ailleurs les dix ans de la loi Copé-Zimmermann grâce à laquelle la France est devenue championne d’Europe en termes de féminisation des conseils d’administration de ses grands groupes. Nous devons néanmoins aller encore plus loin, à tous les niveaux et dans tous les domaines. Nous devons agir au niveau national mais aussi à l’échelle locale, pour renforcer le taux d’activité des femmes, en leur permettant de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle. Le rôle des collectivités locales est ici essentiel. Et l’État sera à leurs côtés pour renforcer encore plus ces actions. Depuis 2017, le Gouvernement a engagé des politiques publiques de grande ampleur en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il y a tout d’abord eu le Grenelle des violences conjugales et les 46 mesures qui en ont découlé, mais également le vote de trois lois. La France a ainsi été le premier pays au monde à verbaliser le harcèlement de rue en créant une nouvelle infraction pour « outrage sexiste » à travers la loi du 3 août 2018. Il s’agit d’une avancée significative qui redonne le droit aux femmes d’être en sécurité dans l’espace public. Dans ce sillon, la généralisation de l’arrêt à la demande dans les transports en commun a été tout récemment mise en place. Il s’agit d’une mesure extrêmement concrète pour les femmes qui se sentent en danger. Sous l’impulsion de Johanna Rolland, la ville de Nantes a été la première à l’expérimenter en 2015 et treize métropoles lui ont, ensuite, emboîté le pas ainsi qu’une soixantaine de lignes en Île-de-France. La loi du 6 août 2019 est également venue renforcer la lutte contre les écarts de rémunération dans les collectivités locales notamment. Si la fonction publique territoriale est celle parmi nos trois fonctions publiques où ces inégalités sont les moins importantes, elles se hissent néanmoins encore à 9,2% entre femmes et hommes. Nous devons absolument y remédier. Enfin, je tiens à rappeler que le Gouvernement a lancé le 14 octobre dernier un plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+. Ce plan, qui vise notamment à lutter contre les LGBTphobies, associera étroitement les collectivités territoriales afin que l’ensemble de ses mesures ait un impact concret et rapide dans le quotidien des personnes lesbiennes, gays, bi ou trans.

- Comme les élus locaux peuvent le constater au quotidien sur le terrain, notre pays est actuellement traversé de multiples tensions, exacerbées de surcroît par la double crise sanitaire et économique ainsi que par les réseaux sociaux qui en sont malheureusement la caisse de résonnance.J’ai conscience que les maires et l’ensemble des élus locaux sont en première ligne sur le terrain face à ces enjeux. Et je tiens à saluer leur dévouement au service de nos concitoyens. Un dévouement parfois au prix de menaces ou d’agressions. Je pense par exemple à Stéphanie Daumin, Mohamed Gnabaly ou Laurent Simon qui en ont été les victimes.
- Dans ce contexte, peut-être plus que jamais, l’égalité des chances et la promotion de la diversité doivent érigées en priorité. Ces défis sont au cœur des missions de mon ministère. Comme il l’a exprimé à plusieurs reprises, il s’agit pour le Président de la République d’une priorité dont nous devons tous nous saisir collectivement. À titre d’exemple, le Gouvernement a lancé récemment un recueil réunissant 300 à 500 fiches consacrées à des personnalités qui ont contribué à notre Histoire mais n’ont pas encore tous trouvé leur place dans notre mémoire collective. Ce recueil s’inscrit dans le sillon tracé par le livret « Aux combattants d’Afrique, la France reconnaissante », une initiative lancée par Geneviève Darrieussecq. L’objectif étant de mener une véritable « politique de reconnaissance », en baptisant des noms de rue de femmes et d’hommes nées hors de l’Hexagone qui se sont engagés pour notre pays mais qui demeurent trop peu connus et reconnus. Il s’agit d’une action concrète de promotion de la diversité avec en ligne de mire l’objectif de faire de notre « France plurielle » une République unie. Une République unie autour d’un récit commun, où tout le monde se reconnait et se sent partie prenante. Je considère que plutôt que d’effacer, nous devons au contraire enrichir nos musées, enrichir nos manuels scolaires, enrichir nos rues. Et, ainsi, enrichir nos mémoires. Ce n’est que de cette manière que nous réconcilierons les Français entre eux. Pour cela, nous avons absolument besoin de l’engagement des municipalités et de l’ensemble des collectivités qui ont, elles aussi, un rôle majeur à jouer dans la construction de ce récit commun.

 

Agnès Pannier-Runacher (ministre chargée de l'Industrie)

PfizerBioNTech precise que la réduction du nombre de doses de vaccin livrées à l’Union européenne sera limitée à la semaine prochaine. Les livraisons doivent reprendre le rythme prévu à partir du 25 janvier.

 

Marlène Schiappa (ministre chargée de la Citoyenneté)

- Le fait de vouloir entrer par la force dans un lieu de la démocratie, ça s'est produit en France très récemment [et] cela peut se produire dans toutes les démocraties du monde.

- Les frontières ne sont pas des passoires. Face à la covid19, la France a agi et l'Europe va d'ailleurs bientôt se réunir et prendre encore de nouvelles décisions.

- On a 1 femme sur 5 qui a été victime de violences sexuelles dans son enfance ou dans son adolescence en France (...) C'est mon combat.

- Je soutiens et soutiendrai la propositions de loi pour durcir la loi sur les questions d'inceste.

- [Inceste] La responsabilité du ministère de l'Intérieur est de faire en sorte qu'on puisse porter plainte dès le début. Donc nous devons tout faire pour écouter la parole de ces enfants.

- Je trouve insupportable de voir une petite fille de 5 ans avec un voile.

 

Clément Beaune (secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes)

Encore faux, encore des mensonges et de coupables omissions [de Marine Le Pen]
1. C’est la France qui a été à l’initiative de la fermeture des frontières extérieures de l’Europe dès le 17 mars ; elles restent fermées depuis, avec de très rares dérogations pour nos ressortissants
2. Au sein de l’Europe, nous faisons des contrôles ciblés depuis le printemps. Et il ne s’agit pas de 42 pays « ouverts » mais de 31 pays européens de l’espace Schengen.
3. Les voyages sont très fortement réduits en Europe et concernent principalement des déplacements essentiels.
Marine Le Pen veut-elle empêcher les 350 000 frontaliers français de simplement travailler ?
4. Cohérence ?
Marine Le Pen a ironisé quand nous avons évoqué des contrôles à la frontière avec la Suisse cet hiver. Mieux vaut passer la frontière pour aller skier à l’étranger ou faire son travail quotidien ?
5. Pas d’idéologie, mais pas de mensonge : les frontières internes à l’Europe ne sont pas le rempart miracle contre une épidémie qui est sur notre sol. Nous n’avons jamais hésité à restreindre les déplacements, dès que cela est utile, y compris au sein du territoire national...
6. Donc pragmatisme et efficacité : aujourd’hui face aux variants, nous renforçons nos contrôles, avec les mêmes mesures que nos voisins européens. Et nous continuons cette semaine à prendre des décisions de protection

 

Nathalie Elimas (secrétaire d’Etat chargée de l’Education prioritaire)

- Les zones rurales ne sont pas les oubliées de notre politique d’Education prioritaire. C’est là l’un des objectifs des contrats locaux d’accompagnement, dont l’expérimentation commencera en septembre 2021.

- [La politique d’Éducation prioritaire] Je dirais que c’est probablement le moins mauvais système parmi ceux que l’on aurait pu mettre en place. Évidemment, il y a des endroits où cela fonctionne moins bien, mais aussi d’autres où cela a produit des effets. Des améliorations ont déjà été apportées. Je pense notamment au dédoublement des classes en CP/CE1, mis en place à la rentrée 2018 et qui a un véritable impact en matière de lutte contre les inégalités. Impact que nous espérons voir confirmé sur la durée de la scolarité. Les tests de fluence en lecture de 6e ont encore montré pour certains élèves de grandes difficultés avec un niveau proche du CE2. L’Éducation prioritaire est un formidable laboratoire pour expérimenter et élargir des mesures si les résultats sont là.

- La carte des réseaux d’éducation prioritaire, REP et REP +, majoritairement adossée aux Quartiers prioritaires de la politique de la Ville, date de 2015 et touche environ 20 % des écoliers et collégiens du public. 1.093 collèges et écoles sont concernés, ce qui couvre 1,7 million d’élèves. Mais, entre ces réseaux prioritaires et ceux pour qui ça va bien, existe une zone grise faite de territoires correspondant aux critères nationaux, notamment sociaux, de l’Éducation prioritaire mais qui, pour autant, n’en perçoivent pas les moyens. Je pense notamment aux écoles orphelines. Actuellement, pour bénéficier du label REP, une école, bien que réunissant les critères, doit être adossée à un collège lui-même REP ou alors elle se retrouve exclue. Dans l’expérimentation que nous allons déployer à la rentrée 2021 dans trois académies (Lille, Aix-Marseille et Nantes), nous souhaitons remédier à ce manque en leur attribuant des moyens. Même chose pour les lycées professionnels en difficulté ou les établissements situés en zone rurale, où nous avons au final très peu de REP. L’objectif est de faire entrer de nouveaux publics et de nouveaux territoires. Les zones rurales ne doivent pas être oubliées. Nous souhaitons ainsi changer d’approche. Aujourd’hui, vous êtes en REP ou REP + : vous avez un package de moyens, parfois même des primes à la mobilité alors que l’établissement n’a pas de problème d’attractivité, tout simplement parce que cela fait partie du package. Sur cette expérimentation des contrats locaux d’accompagnement, nous allons regarder à l’échelle de l’établissement et attribuer des moyens en fonction des besoins pour plus d’équité et de justice. L’objectif est de conduire l’ensemble des élèves vers la réussite, tout en prenant en compte la particularité des territoires. Mais cette politique reste bien nationale, avec des critères nationaux. (…) Cette expérimentation est une voie parallèle avec un financement propre qui sera prochainement annoncé. Nous ne touchons pas à la carte existante et aux moyens de l’Éducation prioritaire. D’ailleurs, les moyens alloués à l’Éducation prioritaire sont passés à 2,1 milliards d’euros en 2019, contre 1,6 milliard en 2017.

- [Décrochage scolaire] Les évaluations nationales montrent un écart qui s’est un peu creusé entre les zones REP et hors REP, notamment en CE1, surtout en français, sur la lecture et l’écriture. En 6e, nous avons plutôt eu de bonnes surprises, hormis la fluence. On a raccroché des élèves via les « vacances apprenantes » et les stages de réussite de fin août avec 250.000 élèves inscrits en 2020 (majoritairement des élèves du CM1 à la 6e) contre 70.000 élèves en 2019. Mais, essentiellement, si nous avons moins de décrocheurs qu’attendu, nous le devons aux professeurs qui sont allés au contact des familles afin de garder le lien pendant le premier confinement. Je les en remercie vivement.

- [Ecoles et covid19] Tant que nous le pouvons, nous préférons les maintenir ouvertes, d’abord pour des raisons éducatives, sociales ensuite – je pense au repas –, et économiques pour permettre aux familles de travailler. Pour autant, notre responsabilité est d’assurer la sécurité de nos élèves et de nos personnels, d’où la campagne de tests annoncée.

 

Sarah El Hairy (secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement)

La garantie jeune c’est un accompagnement sur mesure et une aide financière pour aider chaque jeune qui en a besoin. Cette veille recette usée du parti socialiste [RSA pour les 18-25 ans] n’aidera pas la jeunesse, priorité à la Garantie jeune universelle

 

Cédric O (secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques)

- Nous avons annoncé 570M€ supplémentaires pour déployer la fibre sur l’ensemble du territoire. Au total, 908M€ sont mobilisés dans France relance en faveur du Numérique du quotidien.

- Le gouvernement a déposé un amendement au Projet de loi sur les  principes républicains introduisant des obligations de modérations aux réseaux sociaux, par anticipation du DSA [directive européenne sur le digital]. Continuons le combat contre la haine en ligne

- Si la fibre et le mobile connaissent un rythme de déploiement inégalé, l'accès au téléphone fixe reste essentiel pour beaucoup de Français. Les problèmes répétés d’accès et de qualité signalés dans certains territoires ne sont plus acceptables.

 

Adrien Taquet (secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et des Familles)

L'inceste est un crime sans cadavre". Je salue les victimes pour leur courage. Cette libération de la parole est indispensable, et doit s’accompagner de mesures fortes pour mieux protéger les victimes, mieux les accompagner, mieux réprimer les agresseurs. Création d'une Commission sur l'inceste et les violences sexuelles subies pendant l'enfance, pour accompagner la libération de la parole et les victimes. Ce combat contre les violences sexuelles faites aux enfants nous concerne tous, individuellement et en tant que Nation. Nous le menons depuis 2018. C'est tous ensemble que nous réussirons à la gagner.

 

Assemblée nationale

Richard Ferrand (président)

[Tribune cosignée avec Wolfgang Schäuble, Président du Bundestag allemand: Amitié franco-allemande : des mémoires divisées, mais un avenir commun!]
«La France et l’Allemagne sont essentiellement l’Europe ​, écrivait Victor Hugo dans Le Rhin, dès 1842. L’histoire tourmentée de nos deux nations a marqué le continent. Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin d’un étroit partenariat, car c’est ensemble que nous réussirons dans un monde globalisé. Nos parlements portent à cet égard une responsabilité particulière. À travers l’Assemblée commune qui se réunira cette semaine, nous assumons cette responsabilité.
L’amitié franco-allemande a grandi par-dessus les champs de bataille du passé, dont ceux de la guerre qui, il y a 150 ans, déboucha sur la naissance de l’État-nation allemand. À la date d’aujourd’hui, Guillaume Ier était proclamé  Empereur allemand  ​à Versailles. En ce 18 janvier 1871, le contraste n’aurait pu être plus saisissant : tandis que les souverains allemands étaient rassemblés sous les ors de la galerie des Glaces, la capitale de la France essuyait les tirs nourris de leur artillerie. Épuisée par quatre mois de siège, la population parisienne endurait toutes les souffrances de la faim, de la maladie et du froid.
Événement central de l’histoire allemande, le 18 janvier aura de lourdes conséquences, en empoisonnant la relation entre nos deux nations des décennies durant. La France, envahie et humiliée à Sedan, fit le choix de la Revanche sur le Reich bismarckien. La concurrence entre les puissances mena à la Première Guerre mondiale. Puis, en 1919, ce fut de nouveau à Versailles que l’Allemagne vaincue dut signer un traité sévère assorti de réparations, qui contribua à l’essor du national-socialisme, lequel précipita nos deux pays, et bien d’autres, dans la Seconde Guerre mondiale.
Nationalisme, pangermanisme, et autres exclusivismes, des deux côtés du Rhin, n’ont produit que des drames. Ni Reich, ni Revanche : nous avons fait le choix de l’amitié, pour garantir la paix et la prospérité de l’Europe entière. Exorciser le passé pour mieux préparer l’avenir, telle est la première ambition de l’APFA (Assemblée parlementaire franco-allemande).
Quelques esprits éclairés, comme Victor Hugo, ou après lui Ludwig Quidde, prix Nobel de la Paix, recherchèrent avant nous la voie de la concorde européenne. Peu de nos ancêtres, toutefois, auraient imaginé qu’un jour, une chambre allemande et une chambre française formeraient une assemblée commune pour légiférer ensemble. Pour débattre de stratégies communes au sein d’une Union pour l’innovation européenne. Pour discuter, même, des voies menant à une politique étrangère et de sécurité commune, qui ne se fourvoie pas – comme elle l’a fait dans l’histoire – dans la négociation d’un fragile équilibre entre puissances. Mais qui cherche au contraire à définir des intérêts, objectifs et stratégies partagés, malgré des traditions constitutionnelles, législations nationales différentes, malgré des priorités stratégiques distinctes en matière de politique de défense, afin de permettre une coopération approfondie, y compris militaire, entre les deux États.
L’Assemblée parlementaire franco-allemande, créée en 2019, offre précisément cet espace pour mieux comprendre le point de vue de l’autre, pour préparer notre action commune au niveau parlementaire.
Instance binationale d’un genre unique à l’échelle mondiale, cette Assemblée se réunira de nouveau vendredi prochain, en visioconférence, compte tenu de la situation sanitaire. Au cours de l’année écoulée, elle a montré à plusieurs reprises qu’elle pouvait apporter, sous ce format également, une contribution importante à l’approfondissement de la coopération. On l’a vu précisément au début de la pandémie, lorsque des fermetures de frontières non concertées ont affecté en particulier le territoire des deux rives du Rhin. Ces régions frontalières, pour lesquelles Allemands et Français ont combattu si farouchement au cours de l’histoire, sont en effet devenues des artères vitales pour les échanges et l’économie d’une Europe unie. Pour les Allemands et les Français qui y vivent, le quotidien est transfrontalier.
En tant qu’Assemblée parlementaire commune, nous nous sommes investis avec succès pour que ce qui s’est produit en mars 2020 ne se répète pas. Ensemble, les membres de l’Assemblée ont élaboré des propositions concrètes en vue d’améliorer la coopération franco-allemande et européenne dans la lutte contre la pandémie ; ces propositions doivent être adoptées vendredi.
Malgré toutes les critiques, compréhensibles, au sujet du démarrage hésitant de la vaccination, nous sommes convaincus que la décision des gouvernements de s’engager sur une voie européenne et non simplement nationale était la bonne. Le virus nous frappe tous, par conséquent tous les États doivent être traités sur un pied d’égalité. Dans cette crise, l’Europe montre qu’elle est une communauté solidaire. C’est cela que nous devons mettre en avant, sans ergoter.
Pour la France comme pour l’Allemagne, l’Europe représente le transfert volontaire de droits de souveraineté nationaux mais aussi le maintien de la souveraineté dans la concurrence mondiale. Les Européens voient leur liberté de mouvement restreinte par la pandémie. Mais le futur sera marqué, dans l’Union européenne aussi, par le retour à la libre circulation et à la mobilité. C’est pourquoi des projets communs à nos deux pays, en matière de transports, seront au cœur de la prochaine réunion de l’Assemblée parlementaire franco-allemande.
Un réseau ferroviaire à l’échelle de l’Europe est une condition fondamentale pour assurer la prospérité économique et sociale au sein du marché intérieur commun, pour répondre au désir de mobilité des citoyens. C’est pourquoi la grande majorité des cent parlementaires de nos deux pays se prononce en faveur d’une liaison à grande vitesse entre Berlin et Paris – une liaison que les deux capitales n’ont que trop longtemps attendue et qui, respectueuse du climat, offrirait une alternative à l’avion. La liaison par train de nuit, annoncée pour 2023, ne peut à cet égard constituer qu’une amorce.
Deux années après sa constitution, notre Assemblée commune a montré ce dont elle est capable. Le moment est venu de réfléchir aussi à la manière d’accroître sa visibilité politique et d’intensifier davantage l’échange direct, dans le cadre d’un débat ouvert. Telle est la tâche à laquelle nous allons nous atteler, conscients des défis qu’il nous appartient de relever ensemble – et sachant combien Français et Allemands ont su dépasser ce qui les a séparés au cours de l’histoire. Là se trouve la force dont nous avons besoin pour façonner, unis, l’avenir de l’Europe.

 

► Partis politiques

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Aurore Bergé (présidente déléguée du groupe à l’Assemblée nationale)

- Projet de loi confortant les principes républicains : la République doit protéger tous ses enfants. Dépôt d’amendements pour protéger les petites filles de l'obligation de port du voile.

- Le projet de loi confortant les principes républicains est un texte de protection et de réaffirmation de notre liberté de conscience, garantie par la loi de 1905.

- [Inceste] Je suis bouleversée par le courage de celles et ceux qui témoignent. On vous voit. On vous croit. On vous soutient. Le consentement d'un enfant n'existe pas. Et aucune excuse n'est à chercher du côté des bourreaux.

- A 14 ans, un enfant n'est pas consentant. Encore moins face à une personne qui a autorité sur lui. Il est insupportable de chercher de mettre en accusation les victimes. Nous devons regarder en face la question de l'inceste.

- Ce moment de crise doit nous permettre de repenser nos politiques culturelles. La culture est un objet social qui doit pouvoir exister dès le plus jeune âge au travers de l'éducation artistique et culturelle. Pour que ce soit pour tous et non le fruit du hasard.

 

Laetitia Avia (porte parole)

- Régulation des réseaux sociaux et lutte contre la haine en ligne: nous n'avons pas renoncé, au contraire ! Pour la protection de toutes et tous, de nouvelles dispositions seront examinées cette semaine dans le Projet de loi sur les principes républicains.

- Suppression du compte twitter de Donald Trump: C’est un tournant, les plateformes ne pourront plus se cacher derrière leur petit doigt. On voit que quand elles veulent modérer, elles le font. A nous d’encadrer! Il faut maintenant de la puissance publique, de l’encadrement: en amont en donnant des règles précises aux plateformes sur comment réguler les contenus, et en aval avec la possibilité d’aller devant le juge pour défendre sa liberté d’expression. Ce que nous portons aujourd'hui, c’est la supervision des plateformes. Le CSA vérifiera comment elles modèrent les contenus haineux. L’Europe va construire un cadre protecteur pour tous.

- Je salue la suppression du compte Twitter de Donald Trump mais je dénonce aussi l’hypocrisie des plateformes. Agir contre un président déchu est aisé. Mais pourquoi cela n’a pas été fait avant? Pourquoi ne pas agir contre les millions de comptes haineux sur les réseaux sociaux? Encadrer les réseaux sociaux est aussi une question de souveraineté. Les plateformes se considèrent au dessus des Etats. Il faut qu’on leur rappelle que nos lois s’appliquent à elles, en tout temps. Facebook supprime plus de 80% des contenus par des algorithmes. Nous allons exiger le renforcement des efforts humains avec plus de modération humaine sur les plateformes et des procédures de recours.

- [Point de vue. Compte Twitter de Trump : l’hypocrisie des plateformes]
Banni de Twitter ! La suppression du compte de Donald Trump a suscité une vive émotion entre d’une part, ceux qui se félicitent allègrement de l’initiative de Twitter, suivie de près par Facebook, et d’autre part ceux qui s’insurgent de la censure du Président (encore en exercice !) de la première puissance mondiale. Que les choses soient claires : loin de moi l’idée de défendre Donald Trump et son usage excessif des réseaux sociaux pour répandre des fausses informations et entretenir un climat insurrectionnel ! Des avertissements ont eu lieu : la possibilité de relayer les publications du Président américain a été maintes fois suspendue pour éviter de donner davantage de viralité à ce compte aux 88 millions de « followers ». Quand des mesures proportionnées ne produisent pas d’effets, il est normal que des mesures plus graves soient prises. Et ce, pour Donald Trump comme pour tout internaute. Mais c’est là que le bât blesse et que l’hypocrisie des plateformes apparait au grand jour.
À l’occasion des débats autour de la loi contre la haine en ligne, beaucoup se sont interrogés sur l’opportunité de  déléguer un pouvoir de censure ​aux plateformes. L’actualité rappelle que les plateformes peuvent d’ores et déjà maitriser, organiser voire restreindre notre capacité d’expression selon leurs propres règles : les conditions générales d’utilisation (CGU). C’est parce qu’il a enfreint les CGU que Donald Trump a perdu l’accès à Twitter. Mais si cela nous interpelle concernant l’un des puissants de ce monde, n’oublions pas que d’autres internautes voient régulièrement leurs contenus ou comptes censurés en raison de règles fixées par les géants américains ; et qu’à l’inverse des milliers de comptes de haineux cachés derrière des pseudonymes continuent quotidiennement de répandre des propos illégaux sur ces mêmes plateformes ! Lorsque Mila, April Benayoum ou Christelle Yambayisa sont la cible de cyberharcèlement et d’injures antisémites et racistes, les plateformes ont-elles pris les mesures nécessaires ?
C’est contre ce caractère aléatoire que nous devons agir. Il ne s’agit pas seulement d’aller dans le sens du vent ou de suivre les tendances médiatiques : l’action des plateformes doit garantir une protection constante. C’est pourquoi elles ne peuvent pas être seules décisionnaires des modalités et conditions de leur intervention. Elles doivent être soumises à nos lois et être encadrées par des règles claires, applicables de la même manière à toutes et tous. C’est ce que la Commission Européenne a engagé, le 15 décembre dernier, avec le Digital Services Act (DSA), un projet de règlement donnant aux plateformes des obligations de diligence et de transparence dans la modération des contenus. Forts de cette impulsion européenne, nous reprendrons en France la dynamique initiée par la loi contre la haine en ligne en portant ces nouvelles mesures dans le projet de loi confortant nos principes républicains. Cette loi sera l’occasion de répondre à l’urgence, et d’encadrer les réseaux sociaux en leur imposant d’engager des efforts humains, technologiques, et donc financiers, dans la modération.
Après la suppression du compte de Donald Trump, les plateformes ne pourront plus se cacher derrière leur petit doigt : nous savons qu’elles peuvent agir – il nous faut maintenant nous assurer qu’elles le fassent dans un cadre normé, sous le contrôle des autorités administratives et judiciaires. C’est un enjeu de souveraineté face à des géants du numérique qui ont trop longtemps été considérés comme étant au-dessus des États et de nos lois.

 

● UDI
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ne sont pas retranscrits]

Jean-Christophe Lagarde (président)

- Il est extravagant de voir la majorité se plaindre des critiques légitimes. Pour les éviter; gouvernez mieux, soyez meilleurs!

- [Passeport vaccinal] Lol. Et oui, une fois de plus les députés UDI ont montré la voie de la raison et toute la presse nous flinguait! Une leçon que le Gouvernement devrait retenir. Au lieu de vouloir suivre l’opinion il vaut mieux essayer de l’éclairer pour la guider!

- [Tribune: "Il faut rouvrir les universités"]
La semaine dernière, un étudiant lyonnais s'est défenestré depuis le quatrième étage de sa résidence universitaire. Il reste aujourd'hui entre la vie et la mort. Mardi dernier, une autre étudiante lyonnaise a tenté de passer à l'acte. Depuis le début de la pandémie, ils sont presque une dizaine à avoir mis fin à leurs jours. Ces tragédies ne sont malheureusement que le dramatique reflet de l'actuelle situation de détresse scolaire, sociale et psychologique que traversent nos étudiants. Les indicateurs de la santé mentale des étudiants français sont au rouge. Selon les psychiatres, leur détresse globale a augmenté de 30%, les envies suicidaires ont doublé et les états dépressifs ont été multipliés par deux et demi.
La logique initiale était compréhensible et acceptable : rester à la maison pour protéger leurs aînés, quitte à transformer radicalement leur quotidien. Mais, alors que leurs parents peuvent retourner au travail et leurs frères et sœurs à l'école, l'effort qu'on demande aux étudiants de maintenir depuis près d'un an est devenu destructeur. Cette détresse, leur isolement et leur décrochage sont désormais plus dangereux que le Covid-19 pour cette génération.
Ces jeunes en grande détresse sont les forces vives qui devront relever le pays. Si nous les sacrifions aujourd'hui, la France se retrouvera démunie pour se reconstruire demain.
Les études supérieures seraient-elles non essentielles? Le décrochage universitaire massif qui se produit aujourd'hui serait-il moins dangereux que le décrochage lycéen?
La gravité de la situation est claire et il faut faire en sorte que tous les étudiants, sans exception, puissent retourner au plus vite sur les bancs des universités. Les annonces faites jeudi 14 janvier par le gouvernement sont dérisoires. Deux millions et demi d'étudiants restent à ce jour à l'abandon, les "première année" ne représentant que 285.000 élèves.
Que 50% des étudiants, par faculté, retournent alternativement en cours une semaine sur deux, le tout dans des amphis dédoublés par visioconférence pour la moitié des élèves qui suivront le cours à distance
Je formule deux propositions.
Premièrement, que 50% des étudiants, par faculté, retournent alternativement en cours une semaine sur deux, le tout dans des amphis dédoublés par visioconférence pour la moitié des élèves qui suivront le cours à distance. Ainsi, le dialogue des étudiants avec leurs enseignants qui manque à nos jeunes pourra être restauré.
Deuxièmement, la mise en place d'une aide supplémentaire sous forme de bons d'achats alimentaires pour tous les étudiants, boursiers et non boursiers. Cette aide est d'autant plus nécessaire qu'un grand nombre d'étudiants qui vivaient d'emplois dans la restauration pour payer leurs études se retrouvent aujourd'hui sans ressources, dans une grande précarité.
Cette détresse psychologique touche l'ensemble des étudiants. Si le savoir est une arme, si le savoir est un droit, le décrochage est un danger! Protégeons nos jeunes et redonnons un sens à leurs études et à leur quotidien : ramenons-les à l'université!"

 

● Mouvement radical

Bertrand Pancher (député)

[Tribune collective: D’abord la décision, après la participation: l’illusion du collectif de citoyens pour la vaccination]
Le collectif de citoyens sur la vaccination, initié par Emmanuel Macron, devrait commencer ses travaux ce samedi 16 janvier. Ce “panel”, composé de trente citoyens (et cinq suppléants) tirés au sort, aura pour rôle d’accompagner la stratégie vaccinale du gouvernement. Pourtant, cette démarche a essuyé de nombreuses critiques, de la part des politiques (élu.e.s de tous bords) mais aussi des citoyens.
La logique de ce dispositif n’est pas sans intérêt car elle s’inscrit dans la “vague délibérative innovante” comme la nomment de nombreux acteurs du monde de la participation. Les dispositifs de délibération de citoyens tirés au sort ont fait preuve de la capacité de leurs membres à élaborer et proposer des solutions à des problèmes complexes... À condition d’avoir le temps de s’informer, d’apprendre et de délibérer. Plus important encore, ces conventions sont intervenues en amont d’une prise de décision formelle par les pouvoirs publics.
Selon le Conseil économique, social et environnemental, en charge de l’organisation de ce collectif, les 35 citoyens tirés au sort pour suivre la campagne de vaccination sont investis de plusieurs missions. Ils pourront poser des questions relatives à la vaccination, exposer les craintes et réticences de la population et s’exprimer sur les choix de politique vaccinale et de déploiement de celle-ci. Le dispositif est accompagné d’une plateforme de consultation ouverte à toutes et tous, pour permettre l’expression du plus grand nombre. ,
Jean-François Delfraissy, Président du Conseil scientifique Covid19, a recommandé la constitution d’un comité citoyen dès le début de la crise sanitaire, afin de mieux impliquer la population dans la gestion de cette situation exceptionnelle. La mise en place du Collectif de citoyens aurait pu être une des réponses possibles à cette proposition. Mais elle intervient trop tard et accorde trop peu de pouvoir à ses membres. Les décisions quant à la stratégie vaccinale ont été prises et actées bien avant que ces citoyens puissent s’exprimer. De plus, ce dispositif accorde peu de possibilités aux citoyens de débattre –nos concitoyens sont en effet privés de leur droit de débat public et d’être partie prenante des décisions qui les affectent. Ce dispositif prend alors plutôt l’apparence d’un nouvel effet de communication de la part du gouvernement, comme l’avait été le Grand débat national. 
Répéterons-nous les erreurs commises à l’occasion de ce Grand débat, qui n’a que très partiellement donné suite aux propositions citoyennes? Un débat qui a laissé les citoyens sans retour sur l’impact de leur participation? Nous, acteurs de la participation citoyenne, alertons depuis des années sur la nécessité de respecter les bonnes pratiques de démarches participatives. Donner la parole aux citoyens, les mobiliser, les consulter sans leur donner la possibilité d’avoir une quelconque influence sur les politiques publiques ne fait que renforcer défiance et apathie. Cette illusion de participation, ces consultations sans suite, ces faux-semblants risquent de fragiliser encore davantage notre démocratie, d’accentuer le fossé séparant les décideurs des citoyens et d’alimenter démagogues et populistes de tout poil. 
Une culture de la décision partagée doit être diffusée sur l’ensemble du territoire, en impliquant notamment le Parlement, les collectivités territoriales, les acteurs locaux et les citoyens, qui ont fait preuve de leur agilité en termes de gestion de crise et qui sont souvent déjà des lieux d’innovation et d’implication citoyenne. Une véritable concertation aurait pu être lancée dès le début de la crise en amont de la saisine des assemblées parlementaires et de leurs débats (même menés en urgence), en impliquant tout le territoire, les élus locaux et les citoyens. Cette concertation aurait dû s’appuyer sur la diffusion publique des données, sur la gestion de la pandémie et des décisions, la transparence étant essentielle pour un processus véritablement démocratique.

 

► Autres

● Organisations centristes
♦ Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)

 

Nathalie Loiseau

Lisons les témoignages courageux et bouleversants de #MeTooInceste. Ne fermons jamais les yeux quand un enfant est en danger, même si, surtout si c’est au sein de sa famille. Un enfant n’est jamais consentant.

 

Pascal Canfin

nous aurons en 2021 la première loi européenne pour stopper la déforestation importée par le soja d’Amazonie ou par l’huile de palme d’Asie du Sud où d’Afrique centrale.

 

 

vendredi 15 janvier 2021

Propos centristes. France – Lutte contre la covid19; Baromètre des résultats du gouvernement; Plan 1jeune1solution; Protection de l’enfance; objectif, 6% de croissance en 2021; plan de relance; référendum; proportionnelle…

Voici une sélection, ce 15 janvier 2021, des derniers propos tenus par des centristes dans les médias ou sur les réseaux sociaux en France.


► Emmanuel Macron (Président de la République)

- La France croit au spatial ! 500 millions d'euros du plan France Relance seront consacrés à l'accélération du développement de propulsions à hydrogène et projets spatiaux.

- Transformer le spatial, c'est aussi moderniser la filière aéronautique : réduction de la taille des moteurs, développement de la propulsion à hydrogène... C'est cela l'écologie du concret et du progrès!

- Continuer à dépendre du soja brésilien, ce serait cautionner la déforestation de l'Amazonie. Nous sommes cohérents avec nos ambitions écologiques, nous nous battons pour produire du soja en Europe!

- Artisane inlassable du centre, combattante passionnée de l’Europe, Marielle de Sarnez nous a quittés ce soir. La France perd une responsable politique de grand talent. Nous perdons une amie. Pensées à sa famille et à ses compagnons de route.

 

Gouvernement
[Nota: dans ce gouvernement, certains membres ne sont pas centristes; nous retranscrivons cependant leurs propos en rapport avec leur fonction parce qu’ils font partie selon nos critères d’une équipe qui suit une politique globalement centriste]

Jean Castex (Premier ministre)

- La priorité des priorités pour sortir de cette crise, c’est le recours à la vaccination. Nous mettrons toutes nos forces dans la réussite de ce programme exceptionnel et inédit.

- Sur l’ensemble du territoire métropolitain, le couvre-feu s’appliquera à compter de 18h00 à partir de ce samedi et pour au moins 15 jours. (…) Dans les 15 premiers départements où le couvre-feu a été mis en œuvre à 18h00 dès le 2 janvier dernier, la hausse du nombre de nouveaux cas y est 2 voire 3 fois plus faible que dans les autres départements métropolitains.

- C’est de la loyauté à ses engagements que Marielle de Sarnez puisait sa force pour moderniser notre démocratie et défendre une certaine idée de l’Europe. Ses combats resteront plus que jamais aussi les nôtres.

 

Jean-Yves Le Drian (ministre de l'Europe et des Affaires étrangères)

[Brexit] Sur la pêche, nous avons pu préserver l'accès aux eaux britanniques mais aussi réussi à ne diminuer les quotas que de 25% alors que l'exigence britannique était de 80%.

 

Barbara Pompili (ministre de la Transition écologique)

- Une meilleure alimentation passe par une pratique agricole plus durable. J’étais dans l’Eure auprès d'Emmanuel Macron pour échanger sur les solutions portées par le Gouvernement pour baisser notre impact carbone, préserver notre biodiversité et réduire l’utilisation d’intrants.

- Préserver la biodiversité, c'est agir pour cette nature dont nous faisons pleinement partie et sans laquelle nous n’avons simplement pas d’avenir. C'est le sens de la Stratégie nationale Aires protégées que nous présentons.

- Un One planet summit sur la biodiversité avec des engagements forts : 14,3 mds de $ pour la Grande Muraille Verte au Sahel; 53 pays engagés pour placer 30% de leur territoire en espaces protégés; un programme scientifique de prévention de nouvelles pandémies issues de la faune.

 

Jean-Michel Blanquer (ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports)

- Aucun jeune de 16-18 ans sans formation ou sans emploi! Nous l’avons écrit dans la loi pour l’école de la confiance. Nous le mettons en œuvre.

- Erasmus + prend un nouvel élan comme souhaité par Emmanuel Macron dans son discours de La Sorbonne! Plus de mobilité pour plus d’étudiants et de nouvelles cibles. Mobilité européenne des étudiants se destinant à être professeurs, des lycéens professionnels et des apprentis.

 

Bruno Le Maire (ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance)

- L'économie française va redémarrer fort après la crise sanitaire.

- 2020 a été une année difficile mais elle a montré des capacités de résistance considérables qui doivent nous inspirer. Cet esprit de résistance et notre capacité de rebond exceptionnelle nous permettront en 2021 de faire face à une des plus graves crises économiques depuis 1929.

- On ne sortira de la crise économique que sur la base d'un principe simple, la solidarité. Si tout le monde ne joue pas le jeu, ça ne marche pas.

- Les aides seront maintenues tant que les mesures de restrictions sanitaires seront maintenues. Nous continuerons à soutenir et à protéger les entreprises et les salariés des secteurs les plus impactés tant que cette crise durera.

- Plus les mesures sanitaires durent, plus elles sont difficiles à supporter pour les professionnels touchés qui ne souhaitent qu'une chose : travailler. Nous savons votre lassitude, votre désespoir et votre colère. Nous vous soutiendrons aussi longtemps que cette crise durera.

- Nous pouvons vous donner de la visibilité sur les mesures de soutien que nous vous apportons à défaut de vous donner de la visibilité sur la date d’ouverture de votre activité. Nous avons travaillé avec la Fédération bancaire française pour que toutes les entreprises, quelle que soit leur activité et leur taille, aient le droit d’obtenir un différé d’un an supplémentaire pour commencer à rembourser le capital de leur prêt garanti par l’État. Certaines entreprises sont inquiètes pour le remboursement d’autres prêts contractés avant/pendant la crise. Les banques se sont engagées à examiner de manière personnalisée les moratoires ou les reports d’échéances nécessaires pour les entreprises subissant des restrictions.

- Voir la première puissance mondiale dépassée par le virus prouve que les pays européens ont fait le bon choix en faisant passer la vie avant l'économie et avant toute chose. La vie passe et passera toujours avant tout.

- Je compte me faire vacciner dès que ça sera mon tour. Se faire vacciner c’est renforcer la sécurité sanitaire de tous et c’est permettre de faire redémarrer notre économie rapidement.

- Je veux que tous les restaurateurs, hôteliers, bars, théâtres, cinémas, musées, professionnels de l’événementiel, du monde du sport m’entendent : nous ne vous laisserons pas tomber. Nous avons été là depuis le premier jour et nous serons là jusqu’au dernier jour.

- Nous continuerons d’apporter une réponse économique forte et efficace en protégeant tous les secteurs, toutes les entreprises et tous les salariés impactés par la crise sanitaire avec le fonds de solidarité, le prêt garanti par l'État ou encore le chômage partiel.

- [Le couvre-feu à 18h] C'est la solution qui doit nous permettre de ralentir la circulation du virus. Si cela ne suffit pas, il y aura un confinement.

- Il faut qu'on ait un Etat qui sait se recentrer sur ses missions fondamentale, et qui pour le reste sait faire confiance aux Français.

- [Rachat de Carrefour par Couche-Tard] C’est un non courtois mais clair et définitif. (…) C'est mon rôle d'Etat protecteur de défendre les intérêts stratégiques du pays. (…) Carrefour est le premier employeur privé de France avec plus de 100.000 salariés et représente près de 20% de la distribution alimentaire dans notre pays. (…) Est-ce qu'on considère qu'on tire les leçons de cette crise sanitaire, oui ou non? Moi ma réponse est oui. Et je considère que cette crise sanitaire nous appris une chose, c'est que la sécurité alimentaire n'a pas de prix. (…) On ne cède pas l'un des grands distributeurs français, a poursuivi Bruno Le Maire. Je le dis avec beaucoup de respect pour Couche-tard (…) avec beaucoup de respect pour Carrefour. (…) Nous avons été prévoyants. Dans la loi Pacte, portant sur les TPE et les PME, nous avons complété le fameux décret sur les investissements étrangers en France et nous avons élargi avec la majorité le décret à l'ensemble des activité de distribution alimentaire. Nous avons l'instrument juridique à notre disposition, je préfère ne pas avoir à l'employer.

- J’ai bon espoir que Sanofi arrivera avec un nouveau vaccin dans la deuxième moitié de 2021.

 

Florence Parly (ministre des Armées)

Le Danemark prend ce 13 janvier la tête de l'opération maritime EMASOH-AGENOR dans le Détroit d’Ormuz, à laquelle la France contribue. Plus que jamais l’Europe a un rôle à jouer en soutien de la sécurité maritime et de la stabilité dans cette région au cœur de l’économie mondiale.

 

Gérald Darmanin (ministre de l'Intérieur)

- Réunion sur la thématique du droit local dans le cadre du projet de loi confortant les principes de la République. J'ai rappelé que nous n’accepterons jamais le rejet de l’autre, le communautarisme qui fait le terreau des haines.

- J’ai pris la décision de faire expulser du territoire national le «livreur» de repas qui, dans le Bas-Rhin, avait déclaré ne pas vouloir effectuer de livraisons auprès des clients juifs. Il a, par ailleurs, été condamné à 4 mois ferme.

- Chaque année, les 253 000 sapeurs-pompiers assurent partout en France plus de 4,8 millions d’interventions, soit une intervention toutes les 6 secondes. Aux côtés des sapeurs-pompiers professionnels, les volontaires réalisent les mêmes missions, prennent les mêmes risques. Notre modèle repose grandement sur ces femmes et ces hommes qui mènent en parallèle de leur vie professionnelle ou de leurs études la mission de sapeur-pompier volontaire. Ils représentent 78% des effectifs et sont une ressource indispensable partout sur le territoire. Nous leur devons beaucoup. Je tiens à les remercier pour leur mobilisation exemplaire.

- J’ai une pensée pour nos forces de sécurité souvent attaquées par des tirs de mortier. L’article 30 de la loi sur la sécurité globale punira de 6 mois d’emprisonnement l’utilisation et la vente de ces feux d’artifice en dehors des professionnels, et notamment sur internet.

 

Elisabeth Borne (ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion)

- Depuis le début de la crise, le Gouvernement soutient les entreprises en difficulté et protège les emplois en prenant en charge la rémunération des salariés avec l’activité partielle. Ce soutien massif sera prolongé. La sauvegarde de l’emploi est et reste notre priorité.

- [Promo 16.18] Avec ce dispositif du plan 1jeune1solution confié à l’AFPA, tout est mis en œuvre pour offrir une seconde chance aux décrocheurs scolaires en les aidant à reprendre confiance en eux et à s’engager vers l’emploi.

- Nous avons reçu 350 000 demandes de prime à l'apprentissage. 1/3 a déjà été réglé. Le reste le sera d’ici au 5 février. J’attire l’attention des entreprises : n’oubliez pas de fournir un RIB pour percevoir l’aide. Près de 60 000 dossiers sont en attente de ce fait.

- Que les entreprises les plus affectées par la crise parce qu'elles sont fermées ou qu'elles font face à une forte baisse de leur chiffre d'affaires se rassurent : nous les protégerons le temps qu’il faudra, notamment avec l'activité partielle.

- Au cœur du plan 1jeune1solution se joue l’avenir d’une génération impactée par la crise sanitaire. Donner des perspectives à la jeunesse, c'est le premier devoir de la République.

- Nous devons tout faire pour assurer un avenir à nos jeunes malgré la crise. C'est l'ambition du plan 1jeune1solution qui est en train de porter ses fruits. Depuis août, plus d’un million de jeunes de moins de 26 ans ont pu être embauchés en CDD de plus de trois mois ou en CDI, soit un niveau quasi-équivalent à 2019 et même supérieur à 2018. n 2020, 615 000 jeunes éloignés de l'emploi ont rejoint des dispositifs d’insertion, tels que la garantie jeune, l’accompagnement intensif des jeunes ou encore les contrats aidés. 2020 est une année historique pour les entrées en apprentissage, avec 440 000 contrats signés début décembre, et ce malgré la crise. 100 000 formations supplémentaires seront ouvertes vers des métiers qui recrutent, comme ceux de la transition écologique, du digital ou du soin. Un investissement de 700M€ supplémentaires en faveur de la formation des jeunes et des demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés.

 

Roselyne Bachelot (ministre de la Culture)

- Remise du rapport sur la qualité des logements sociaux par. Des propositions qui visent à améliorer la qualité du logement partout en France et qui feront l’objet d’une expérimentation à grande échelle, sur 50 000 logements.

- La situation sanitaire est trop instable pour envisager une date ferme de réouverture [des lieux culturels). (…) Nous prolongerons les dispositifs spécifiques qui ont été mis en place pour la culture.

- Je m’y étais engagée: tenue d’une réunion de travail sur l’emploi artistique et culturel avec les organisations représentatives d’employeurs et de salariés. Nous continuons à construire les dispositifs pour protéger l'emploi et les droits sociaux.

 

Olivier Véran (ministre des Solidarités et de la Santé)

- La vaccination est un défi collectif. Professionnels de santé, élus locaux, services de l’Etat, chacun a son rôle à jouer pour protéger les Français de la covid19.

- Pus de 6 millions de Français sont appelés à se faire vacciner à partir de lundi: ceux âgés de 75 ans et plus, ceux qui, quelque soit l'âge, sont particulièrement vulnérables aux formes graves, sur ordonnance médicale (à partir d'une liste de situations validée par le conseil de la vaccination). Chacun pourra être vacciné, au fur et à mesure des livraisons de doses de vaccin à la France. Cela prendra plusieurs semaines et se fera donc progressivement. 3 manières de prendre rendez-vous dans un centre de vaccination : contactez directement le centre le plus proche de chez vous, inscrivez-vous sur sante.fr, appelez le 0800 009 110 (7/7, 6h-22h).

- Le variant dit variant britannique serait responsable d’1,4% des cas de covid19 actuellement diagnostiqués en France. Limitation aux frontières, renforcement de notre capacité de traçage et maintien absolu des gestes barrières, nous devons plus que jamais être vigilants.

 

Frédérique Vidal (ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation)

- Nous avons rencontré les acteurs de la vie universitaire avec Jean Castex pour redire la pleine mobilisation du gouvernement aux côtés de nos étudiants. Une reprise progressive en présentiel à compter du 25 janvier est une des réponses que nous apportons.

- Face aux difficultés économiques, sociales ou personnelles des étudiants, nous sommes tous mobilisés pour accompagner au mieux les 2,7 millions d'étudiants qui sont l'avenir de notre pays. Dès la semaine du 25 janvier, les travaux dirigés reprendront en demi-groupe pour les L1. C’est une nouvelle étape avant d’élargir à plus d’étudiants en fonction de l’évolution de la crise sanitaire, conformément au souhait du Président de la République.

- A tous les étudiants de France, je veux dire que nous ferons tout pour que votre second semestre se déroule dans les meilleures conditions possibles.

- Beaucoup d’étudiants pâtissent d'un quotidien universitaire restreint. Toutes mes actions sont appuyées par une conscience aiguë des difficultés qu'ils traversent et guidées par l'absolue volonté d'y répondre. Nous sortirons de cette crise ensemble. Psychologiquement l’incertitude nous mine tous, et plus encore les jeunes. Les jeunes ont l’impression que la crise sanitaire leur a volé leurs plus beaux moments. Nous allons tout faire pour que leur 2nd semestre soit le plus normal possible. Nous travaillons avec les établissements pour voir comment nous pourrions faire revenir progressivement les étudiants, par groupes restreints, sur des demi-journées tout en respectant les gestes barrières.

 

Julien Denormandie (ministre de l'Agriculture et de l'alimentation)

Notre souveraineté agro-alimentaire doit rester notre priorité. Les acteurs français de la distribution y contribuent.

 

Amélie de Montchalin (ministre de la Transformation et de la fonction publique)

- Notre contrat avec les Français : transparence, concertation, accélération ! Aucun territoire ne sera l’oublié des réformes.

- Le Baromètre des résultats est un outil anti-déclinisme et anti-populisme.

- Le gouvernement n'a rien cédé face à la crise sanitaire. 2020 n'aura pas été une année blanche. Les résultats de nos réformes sont là, et ils sont concrets. Nous le prouvons par la transparence dans le Baromètre des résultats.

- Covid ou pas Covid, loi ou pas loi, on va avancer. (…) Le bilan de ce qu’on a fait depuis trois ans ne nous fait pas rougir. (…) Nous ne pouvons pas nier que nous avons encore beaucoup de travail, dans les dix-huit prochains mois.

- Il y a plus de 55% des Français qui veulent se faire vacciner et ce pari de la confiance est un premier succès collectif.

- Une administration, ça se pilote. Le chef de l'administration, c'est le ministre. Le bon sens, ce n'est pas de rechercher les coupables, mais l'efficacité. Le 4 février, autour de Jean Castex, nous tirerons des leçons de la crise sur notre structure administrative.

- Cette crise est le meilleur moment pour faire la transparence sur nos résultats. Dans les temps difficiles de complotisme et de relativisme que nous vivons, la transparence est essentielle pour restaurer la confiance démocratique. Sans efficacité, pourquoi voter?

 

Marc Fesneau (ministre chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne)

Gouverner, c'est rendre des comptes aux Français et évaluer les politiques. Tel est l'objet du Baromètre des résultats. Chacun pourra mesurer dans son territoire les objectifs et les résultats. Et nous permettre de mieux les ajuster.

 

Emmanuelle Wargon (ministre chargée du Logement)

- En 2022, il ne sera plus possible d'installer une nouvelle chaudière fioul chez soi. Une bonne nouvelle pour la planète et le portefeuille des ménages !

- On a un trou de 50 000 permis de construire par rapport à 2019, qu’il sera difficile de rattraper. Cela créera un décalage d’un ou deux ans dans l’activité. Donc on a toute l’année 2021 pour accompagner le redressement du marché de la construction de logements pour éviter un trou d’air en 2022. Le logement n’est pas une option, il fait partie des besoins fondamentaux auxquels les élus ne peuvent pas refuser de répondre.

- Il n'y a pas de doute sur le fait que les installations de nouvelles chaudières au fioul seront interdites au 1er janvier prochain puisque la date et le seuil d'émissions de CO² maximal sont indiqués dans le décret. Il y a en revanche une disposition sur les impossibilités techniques manifestes d'installer un autre mode de chauffage. Cela peut susciter une discussion sur les types de cas et provoquer des mouvements à la marge avant la parution définitive du décret au printemps. Parfois, il n'y a pas de gaz de ville ce qui empêche d'installer une chaudière au gaz ou bien l'apport en électricité est insuffisant pour une pompe à chaleur. Mais il reste de toute façon les pompes à chaleur hybrides ou les chaudières à bûches ou granulés qui peuvent être installées quasiment partout. Le problème principal, c'est qu'il faut de la place pour ce type de chaudières. Dans certains cas très particuliers de maisons de ville ou d'immeubles collectifs où il n'y aurait pas assez d'espace, on pourra constater qu'il n'y a pas d'alternative. Mais cela reste très marginal.

 

Jean-Baptiste Djebbari (ministre chargé des Transports)

- 9 721. C’est le nombre de kilomètres de pistes cyclables construites depuis 2017. Et nous n’allons pas nous arrêter là.

- Remettre le ferroviaire au goût du jour. C’est l’ambition du gouvernement. Nous sauverons 9000 km de petites lignes.

 

Olivier Dussopt (ministre chargé des Comptes publics)

- Nous allons voir comment améliorer le fonds de solidarité. La crise fait perdre 100 milliards d'€ à l'état. Nous engageons des dépenses inédites, c'est notre volonté, mais ce niveau ne peut être éternel.

- L'achat des vaccins, la campagne de vaccination, les tests (qui sont tous gratuits) vont couter 4,3 milliards d'euros. Est-ce que cela sera suffisant? Je ne peux pas encore le dire, mais la vaccination reste le meilleur investissement.

- En 2021 les impôts continueront à baisser. Notre objectif de croissance est bel est bien de 6%.

 

Agnès Pannier-Runacher (ministre chargée de l'Industrie)

- J'ai demandé à Sanofi d'étudier les possibilités de fabriquer des vaccins déjà disponibles sur le marché : c'est un point que Sanofi est en train d'évaluer. Nous sommes tous dans un esprit de résistance, de résilience et de montée en capacité industrielle.

- Une seule autorité de validation pour les vaccins au niveau européen et une négociation commune aux 27 Etats-membres, c’est un gain de temps et d’efficacité, et c'est davantage de poids pour les Européens dans la négociation avec les laboratoires.

- Mettre en commun toutes nos forces scientifiques et industrielles pour pouvoir produire des vaccins sur le territoire français et européen a été un des éléments très importants de la négociation avec les laboratoires.

- La reconquête industrielle est notre priorité. L’emploi industriel est reparti en 2017, 2018 et 2019. Sur les 100 Mds du plan de relance, 35 Mds vont à l’industrie. Baisser les impôts de production favorise l’industrie.

 

Marlène Schiappa (ministre chargée de la Citoyenneté)

- Les plus jeunes sont au cœur de la stratégie nationale de prévention de la délinquance. (…) La stratégie nationale de prévention de cette délinquance [des jeunes]: prévenir la délinquance dès le plus jeune âge, protéger les plus faibles, impliquer la population et la société civile, adapter la situation à chaque territoire.

- Le maire de Grenoble se couche devant les dealers. Cette soumission est inacceptable, comme est inacceptable l’attitude de ce livreur qui refusait de livrer à des juifs (...). L’ordre public n’est pas une idée de droite.

- Les dispositifs sont de plus en plus connus et maintenant on signale davantage ces violences conjugales.

- En France en 2021, je trouve inadmissible qu'on ait des familles ou des fiancés qui veulent envoyer des jeunes filles chez le gynécologue, comme on enverrait un cheval se faire vérifier les dents, pour savoir si elle est bonne à marier.

- [Certificats de virginité] Cette demande est sans rapport avec la santé du patient. Je crois que c'est une atteinte à la dignité humaine.

 

Clément Beaune (secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes)

- Notre plan de relance européen de 750 milliards €, nous ne l’aurions jamais fait sans le choc du Brexit. On a pris conscience de la valeur de notre projet politique [européen]. Il vaut mieux l’améliorer que le casser ou le quitter.

- [Covid19] Oui, il y aura assez de vaccins. Les contrats européens, ce sont plus de 2 milliards de doses, pour 450 millions d’européens. L’enjeu, c’est le rythme de production et on essaie de l’accélérer. 

- [Covid19] Il est possible que des tests PCR soient exigés pour les voyages intra-européens, en fonction de la situation épidémique des autres pays. Nous travaillons à une coordination européenne.

- Je ne peux pas laisser dire qu’on a confisqué les libertés. On a mis des restrictions, dans un cadre juridique. C’est le modèle européen de réponse à la crise, j’en suis fier: solidarité et démocratie.

- La France est forte en Europe. N’ayons pas l’esprit de défaite ! Si on avait l’esprit de défaite, on n’aurait pas le plan de relance, on n’aurait pas les vaccins en Europe !

- Réunion de travail avec les organisations syndicales afin de préparer la Présidence française de l’Union européenne, pour un agenda social ambitieux: lutte contre la fraude au détachement, convergence vers le haut des salaires minimum, égalité salariale femmes-hommes...

- Il y a 30 ans, les chars soviétiques attaquaient la Lituanie. Honorons la mémoire des manifestants qui ont perdu la vie lors de cet assaut meurtrier, soyons fiers de notre Europe qui porte haut les valeurs de liberté et de démocratie.

 

Adrien Taquet (secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et des Familles)

- Prévention, accompagnement, protection des enfants et donc auprès de leurs familles tels sont à la fois mon objectif et ma méthode.

- Je suis le premier ministre à être chargé simultanément et expressément de l’Enfance et des Familles et je souhaite profiter de cette prise de parole pour expliquer quel sens j’y vois et ainsi présenter la clef d’entrée qui est la mienne dans cette responsabilité. (...) - Je veux être le ministre de l’Enfance et donc des Familles. Il s’agit de faire en sorte qu’au jour de leur dix-huitième anniversaire, quand nos enfants cessent d’être légalement des enfants, nous ayons, en tant que collectivité, fait tout ce qui était en notre pouvoir pour donner à chacun d’entre eux les mêmes chances.

- Les recours aux urgences pour troubles de l'humeur chez les enfants de moins de 15 ans ont augmenté de 40% fin 2020. J'étais aux côtés d'Emmanuel Macron pour échanger avec des pédopsychiatres sur la santé mentale des enfants. La pédopsychiatrie sera une priorité en 2021.

- Le non-versement de la pension alimentaire est une réalité trop répandue, source de souffrance pour les familles au quotidien. Aucun enfant ne doit en subir les conséquences. Les protéger de cette injustice sociale est une priorité.

 

Assemblée nationale

Richard Ferrand (président)

- La démocratie parlementaire est un bien précieux mais n'est jamais à l'abri des menaces, ce que la sauvage et intolérable invasion du Congrès des États-Unis nous a rappelé.

- Nous vivons des temps historiques. Dans ce contexte propice aux obscurantismes, nos sociétés démocratiques sont fragiles. Résistons à la perte de rationalité, à la division, soyons confiants ! Résistons pour triompher de la pandémie et relever notre pays.

- Cette année, plus que jamais, nous avons besoin d’espérer pour agir et d’agir pour réaliser nos espérances.

 

► Haut Commissariat au Plan

François Bayrou (Commissaire, président du Mouvement démocrate)

- [Décès de Marielle de Sarnez] Mercredi 13 janvier 2021. Voici le jour en trop. Marielle, si talentueuse et si courageuse, Marielle de Sarnez vient de partir. Notre chagrin est immense.

- Mon sentiment à moi, je m’exprime à titre absolument personnel, c'est que la question de la réélection [d’Emmanuel Macron] n'est pas présente à son esprit. La question de la nouvelle campagne électorale n'est pas présente à son esprit et je vais vous dire quelque chose, je crois qu'elle n'est pas du tout présente dans l'esprit des Français, mais pas du tout. Ce que les Français ont en tête, c'est la profondeur sans précédent de la crise que nous sommes en train de vivre, pas seulement sanitaire mais tout ce qui va suivre, le long cortège de difficultés économiques, de difficultés sociales, les jeunes. C'est cela que les Français ont en tête. Je sens que le Président de la République, sur ce sujet, est en phase avec eux et qu'il ne fait pas de geste électoraliste. Il prend les décisions, il réfléchit comme celui qui a la plus importante charge dans un pays, un pays qui est dans une crise comme on n'en a jamais rencontré.

- [Covid19] La France est le pays du monde, je dis bien du monde, qui a apporté le plus d'aide à ses entreprises, à ses travailleurs à ses familles, aux gens en difficulté.

- [Covid19] On a devant nous cette question de la vaccination. Pourquoi est-elle essentielle ? Parce que la vaccination c'est le seul moyen de rouvrir le pays l'esprit tranquille. (…) Il y a une autre idée évidente : dès l'instant que l'on aura les vaccins, il y a 22000 pharmaciens en France, que l'on appelle d'officine, ceux qui sont au coin de la rue qui sont absolument habilités à vacciner, ils le font pour la grippe. Et donc, il n'y a aucun problème d'organisation surtout avec le nouveau vaccin Moderna qui arrive car il a moins de contraintes de conservation à des températures extrêmement basses ; c'est un vaccin j'allais presque dire normal de ce point de vue-là, et donc il n'y a rien de plus facile que de vacciner. Mais la question c'est : est-ce que les laboratoires fournissent suffisamment de vaccins ? Cela, c'est une question à la fois industrielle et médicale.

- Dans les moments de crise, toute ma vie politique, je n'ai défendu qu'une seule position : serrons-nous les coudes autour de ceux qui sont en responsabilité. Dans le terrorisme, chaque fois qu'il s'est passé quelque chose, c'est la position que j'ai adoptée ; dans la crise sanitaire de la santé, c'est la position que j'adopte. La responsabilité, vous voyez à quel point c'est ridicule les responsables qui font passer l'opposition avant la responsabilité ; vous voyez à quel point chaque fois qu'ils ouvrent la bouche… (…) Quand on est dans une guerre, car c'est une guerre, le Président de la République a utilisé ce terme, quand on est dans une guerre, on fait en sorte que les liens de solidarité et de responsabilité l'emportent sur toute autre considération. (…) Si, pendant la guerre, Winston Churchill avait été en but perpétuellement aux critiques d'une opposition qui aurait dit : Il n'y a pas assez de chars d'assaut ici ou d'avions là ! Tout cela est ridicule. Dans les moments graves, ce n'est pas comme cela que l'on fait.

- Est-ce que la démarche, la procédure du référendum est intéressante dans les moments de crise ? Ma réponse est oui. Il y a un certain nombre de sujets, je vais citer les retraites, car j'ai toujours défendu ce point de vue, sur lesquels les blocages sont tels que l’ordalie, comme on disait au Moyen Âge, le jugement suprême, le jugement du peuple permet de sortir de toutes les impasses. Et De Gaulle l'a toujours pensé comme cela.

- Faut-il changer les institutions et en particulier la loi électorale ? Oui. On ne peut pas continuer dans un pays dans lequel le parlement n'est plus représentatif au bout de quelques mois de la situation réelle du pays. Il y a une loi électorale qui est appliquée par tous les pays européens sans exception, vous m'entendez ? Tous les pays des 27 sans exception utilisent une loi électorale qui est que tous les grands courants d'opinion sont représentés au Parlement pour que précisément le Parlement ait du sens et qu'il puisse dire et faire quelque chose. Et donc j'ai toujours été favorable à cette évolution, je le suis plus que jamais.

- [Il faut] une loi électorale juste représentant le pluralisme du pays.

- Je suis favorable au référendum pour qu'il entre dans nos institutions, pour qu’il entre dans la pratique de gouvernement classique.

- Il faut rouvrir le pays. Il faut rouvrir les universités, il faut que les jeunes puissent de nouveau être dans des activités qui sont les activités de leur âge, il faut que les commerces rouvrent, il faut que le travail reprenne, que les restaurants et les bars rouvrent. Comment le faire en sécurité ? En s'assurant, si le vaccin est garanti efficace et sûr - ce membre de phrases est très important - eh bien, oui, en effet, il faut multiplier les vaccinations et tout le monde fait semblant ou a peur ou je ne sais pas quoi, il y a des craintes qui s'expriment, mais, excusez-moi, pour aller en Guyane, France, il faut une carte de vaccination à la fièvre jaune. Pour aller au Cameroun, au Mali, en Côte d’Ivoire, il faut une carte de vaccination de fièvre jaune. Oui, je suis persuadé que, si le vaccin est disponible, alors il faut en répandre l'utilisation et se servir de cela pour ouvrir la vie du pays.

 

► Partis politiques

● LaREM
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ou de gauche ne sont pas retranscrits]

Stanislas Guerini (délégué général)

- [Tribune. «Nous ne devons pas laisser la seule régulation aux plates-formes numériques»]
Plusieurs centaines de personnes qui prennent d’assaut un sanctuaire de la démocratie, armées, prêtes à en découdre, une cinquantaine d’arrestations et puis ce chiffre glaçant, cinq morts. C’est bien aux Etats-Unis qu’a eu lieu ce triste spectacle, encore impensable il y a quelques années.
Sur toutes les chaînes d’information, chacun de nous, médusé, a pu suivre l’avancée de ces militants, exhortés à défendre leur vision de l’Amérique et leur vérité, galvanisés par un président qui nie toujours sa défaite. Cette attaque touche au cœur le berceau de la démocratie occidentale – et doit tous nous alerter.
Méfions-nous de ceux qui promettent monts et merveilles. Donald Trump avait assuré aux Américains la grandeur retrouvée de leur pays. Après quatre longues années de mandat, ils retrouvent une Amérique affaiblie, des institutions sapées, des inégalités toujours plus fortes. Durant quatre années, les Américains et le monde ont assisté aux sorties ubuesques en 280 caractères du président de la première puissance mondiale.
La contestation des élections et l’attaque du Capitole étaient l’irresponsabilité de trop. Même Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, son plus fervent soutien chez nous, a fini par ­admettre la responsabilité de ­Donald Trump dans les événements du 6 janvier. Faut-il attendre que le sang coule pour enfin s’inquiéter du dommage des discours populistes sur la démocratie ?
L’incursion du 6 janvier rend plus visible encore l’émergence d’une société adepte de post-vérité, de « fake news » et de théories complotistes dont la consommation est facilitée par Internet et les réseaux sociaux. Dans ce climat de défiance, la parole publique, celle des élus, des médias traditionnels, des scientifiques, est systématiquement remise en question.
Il faut reconnaître que la complexité du réel est moins attractive, moins réconfortante que la post-vérité, sensationnelle, évidente, valorisante. Les conséquences sont préoccupantes : les réseaux sociaux sont la première source d’information des 18-25 ans, 29 % des Américains et 26 % des Français estiment que le Covid-19 a été fabriqué en laboratoire et 28 % des 18-24 ans adhèrent à au moins cinq théories du complot, d’après une enquête de la Fondation Jean Jaurès. Le risque d’une défiance généralisée au sein des démocraties occidentales est évident et s’invite à nos portes.
Ce combat contre la désinformation et la haine en ligne, nous le portons à La République en marche depuis des années. Si certains pensaient que s’attaquer aux géants du numérique tenait d’une bataille contre des moulins à vent, l’actualité prouve le contraire. Les règlements européens Digital Services Act (DSA) et Digital Markets Act (DMA) vont dans la même direction que les travaux menés par la députée Laetitia Avia : aller vers une responsabilisation des plates-formes numériques.
En janvier, nous porterons des amendements au texte qui sera présenté à l’Assemblée nationale pour lutter contre la haine en ligne sur base de discrimination raciale ou sexuelle. Ce n’est qu’un début.
Une chose est sûre, nous ne devons pas laisser la seule régulation aux plates-formes numériques. Leur donner entièrement cette responsabilité revient à leur donner un blanc-seing pour définir ce qui est licite, ce qui ne l’est pas, qui a le droit de s’exprimer publiquement et qui doit être banni. Les démocraties sont pensées à travers des garde-fous pour limiter toute forme d’arbitraire, quel que soit le pouvoir qui s’exerce.
La responsabilité est collective. Martelons-le : de la régulation des plates-formes numériques à l’éducation aux médias, nous pouvons faire changer les choses. Là où des communautés entières, à l’instar de QAnon, s’organisent et se forment, les démocrates semblent avoir abandonné la partie.
Pour protéger nos démocraties, c’est à nous d’inventer un modèle de régulation de l’espace public numérique. Le politique doit reprendre la main, et réinstaurer la confiance en édictant des règles communes et en investissant dans la prévention auprès de la jeunesse.
Nous porterons ce débat lors de la campagne présidentielle de 2022. L’expérience nous montre que les campagnes électorales sont un terrain de jeu pour celles et ceux qui haïssent la démocratie et souhaitent la déstabiliser. Montrons-leur que nous tenons bon et que tous les coups ne sont pas permis.

- [Covid19] Ce vaccin est un espoir et un virage dans l’histoire des sciences médicales ! Nous devons porter ce discours volontariste et optimiste. Nous allons nous en sortir, nous mettons les moyens, quoiqu’il en coûte. La confiance compte aussi dans la lutte contre l’épidémie.

- [Covid19] Le couvre-feu a un intérêt : celui de s’attaquer à ce virus social, qui se déplace quand on se déplace.

 

Aurore Bergé (présidente déléguée du groupe à l’Assemblée nationale)

[Tribune: La crise sanitaire doit devenir une opportunité pour repenser nos politiques culturelles. Entre fermeture totale et réouverture sans conditions, des pistes existent]
Les lieux culturels ont gardé porte close le 7 janvier. Malgré l’engagement des équipes artistiques pour s’adapter aux contraintes sanitaires, l’incertitude pèse encore lourdement sur le moment où nous pourrons voir revivre nos musées, nos théâtres, nos salles de spectacle, nos cinémas. Cette absence de visibilité est délétère pour le secteur culturel, si durement éprouvé depuis bientôt un an. Délétère aussi, la seule alternative entre une fermeture totale et une réouverture sans conditions. Dans ce contexte pourtant, il est urgent d’explorer d’autres chemins.
C’est précisément parce que la culture ne peut plus jouer le rôle qui était le sien dans nos vies, qu’il faut s’interroger sur la place qu’elle occupe dans la société. La crise sanitaire doit devenir une opportunité pour repenser nos politiques culturelles, positionner les artistes au cœur de notre modèle de société et redéfinir la culture comme un objet social.
La pandémie de Covid-19 a déjà fait plus de 65 000 victimes en France mais la violence de la crise ne se résume pas au nombre de décès. Détérioration de la santé mentale, explosion de la pauvreté, accroissement des inégalités… Le plan de relance ne peut pas être la seule réponse à ces dommages collatéraux dont les effets seront durables et profonds. L’éducation et la culture seront nos meilleures armes sur le long terme. Au printemps, la France a été l’un des premiers pays au monde à maintenir l’accès à l’école et aux savoirs. Elle a mobilisé en urgence des moyens puissants pour sauvegarder les emplois, soutenir les structures et accompagner économiquement le secteur culturel. Elle continue et renforce cet effort singulier et nécessaire. Elle doit aujourd’hui s’engager pour renforcer l’accès à la culture et aux arts.
A défaut de réinvention, le risque est grand de voir la vie culturelle se dissoudre dans les seuls usages numériques et d’étendre l’emprise des Gafa, grandes gagnantes des confinements et autres couvre-feux. L’uniformisation de la pensée n’est pas la seule menace : c’est la survie même de l’exception culturelle française et de notre souveraineté qui est en jeu.
Face à ces dangers, nos atouts sont considérables, éléments de fierté et de résilience face à une crise qui fragilise et isole. Mobilisons-les dès à présent pour en préserver les fondements essentiels et réaffirmer notre souveraineté culturelle.
L’éducation artistique et culturelle (EAC) est un enjeu prioritaire, parce qu’elle est le plus puissant levier pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales que la crise a renforcées. A l’instar de l’été culturel et apprenant, un programme spécifique doit être mis en place dans tous les établissements scolaires en lien avec les artistes, les acteurs culturels et les élus. Assumons de permettre à certains équipements culturels de rouvrir prioritairement parce qu’ils accueillent des publics qui sont prioritaires. Les lieux culturels ont engagé depuis longtemps une transformation qui les a ouverts sur les territoires et leurs publics : les ateliers, les cours, les filages, toujours en petit comité, avec les élèves et les familles, sont des leviers essentiels d’inclusion, d’engagement dans la citoyenneté, de lien social que la crise ne peut arrêter plus longtemps encore. L’horizon de la sortie de crise doit être celui de la généralisation de l’EAC par son inscription dans le temps scolaire obligatoire du premier degré, afin que chaque enfant de notre pays bénéficie d’un parcours culturel à l’école.
Les territoires en difficultés - périphériques ou ruraux -, qui souffrent davantage de la crise, doivent aussi faire l’objet d’investissements culturels massifs. Le président de la République a initié dès le début de son mandat un vaste plan bibliothèques pour en élargir les horaires d’ouverture. Poursuivons et amplifions. Aujourd’hui, 347 communes situées en quartier prioritaire de la politique de la ville ne disposent pas de bibliothèques. Lançons sans attendre un programme de construction de médiathèques et développons les contrats territoire-lecture, en y associant les acteurs sociaux. Renouons avec l’esprit de l’éducation populaire pour encourager la participation de tous à la vie culturelle. Dans une société fragmentée, qui tend à ériger des barrières et à construire des espaces segmentés qui encouragent le repli, il faut multiplier les portes d’entrée vers la culture partout où l’on se rencontre : les transports en commun, les entreprises, les commerces, la rue…
Si la situation sanitaire ne permet pas la réouverture rapide des lieux culturels, il est urgent de proposer à leurs équipes des solutions alternatives en leur permettant d’investir l’espace public. Sur le modèle de l’itinérance du spectacle vivant, lançons un grand plan «chapiteaux et tréteaux de France» dans tous nos territoires. Les artistes pourraient ainsi aller vers les publics sans risque sanitaire, et nos concitoyens pourraient renouer avec la vie culturelle autrement que par écran interposé.
Enfin, la pandémie bouleverse notre rapport au monde, à nous-mêmes ou aux autres. Son impact sur les imaginaires des artistes et celui de tous les citoyens recèle un ferment créateur. La puissance publique a la responsabilité de soutenir ces projets de création que la crise peut inspirer, en encourageant tout particulièrement ceux qui pourront associer artistes, amateurs et habitants des territoires. «Faire ensemble» pour laisser une trace artistique de ce moment singulier, le transcender au bénéfice de la création, voilà l’enjeu.
Dans un pays dont les fractures se creusent mécaniquement en temps de crise, la culture constitue une réponse évidente aux menaces qui sont en germe ou déjà à l’œuvre. L’exclusion, la pauvreté, les inégalités sociales et territoriales sont le terreau naturel des séparatismes. Ne leur laissons pas le champ libre et, au-delà de l’autorité de l’Etat et de la fermeté républicaine que nous devons leur opposer, redonnons à la culture une place centrale pour nourrir le sentiment de reconnaissance et d’appartenance au commun.

 

Mounir Mahjoubi (député)

Régulation des contenus et des comptes sur les plateformes: nous avons besoin d'une gouvernance ouverte. Ni 100% police, ni 100% interne. Des moyens humains, de la société civile, de la transparence et une institution indépendante de supervision. La seule règle, c'est la loi.

 

● MoDem

[Communiqué] Marielle de Sarnez, Première Vice-Présidente du Mouvement Démocrate, disparue le 13 janvier 2021 laisse un grand vide dans notre famille politique. Son parcours est aussi dense que l'héritage qu'elle laisse à notre mouvement. Humaniste, profondément.
Marielle de Sarnez était la figure de la femme engagée. Indépendance, fidélité, Europe, voilà les maîtres mots qui ont tracé le parcours de Marielle de Sarnez. Elle était l’incarnation de l’idéal européen du centre : démocrate, humaniste, fort.
Fille du résistant et député gaulliste Olivier de Sarnez, elle affirme très vite son indépendance, en participant activement à la révolte lycéenne parisienne en mai 1968. Après l’obtention de son baccalauréat en 1970, elle quitte le domicile familial puis l’université. Elle enchaîne alors les « petits boulots » dans l’insouciance de la jeunesse. L’école de la persuasion et de la négociation, ce sont ces quelques années à vendre des annuaires professionnels à des artisans et commerçants souvent méfiants devant une frêle jeune femme blonde de 20 ans.
En 1973, elle rejoint l’équipe des Jeunes Républicains indépendants afin de soutenir l’action de
Valéry Giscard d’Estaing, autant par conviction centriste que par défi envers son père. Indispensable animatrice des années Giscard, elle y rencontre des amis pour la vie et surtout Philippe Augier, le père de ses deux enfants, Justine et Augustin.
Marielle, c’était l’exigence réformatrice. Organisatrice hors pair, elle consacre sa vie à l’édification d’un centre indépendant et fort en France, devenant la pierre angulaire de l’UDF puis du Mouvement Démocrate. Au cours des années 1980, elle rencontre François Bayrou et se forge alors un duo qui résistera à toutes les tempêtes que l’on traverse en politique. Elle le suit au ministère de l’Éducation nationale de 1993 à 1997, devenant la première femme non énarque directrice de cabinet. Ensemble, ils combattent sans relâche pour faire entendre la voix originale du centre. Dans un monde politique où, bien souvent, les amitiés sont trahies, le sentiment qui les lie force l'admiration. Une amitié inaltérable, une affinité véritable qui forme le cœur de notre Mouvement.
Longtemps, Marielle a préféré l’ombre à la lumière. Mais sa passion pour l’Europe – qu’elle « ressent de toutes [ses] fibres » – l’a emportée au Parlement européen en 1999. Pour dépasser les clivages, elle crée avec François Bayrou, Romano Prodi et Francesco Rutelli le Parti Démocrate européen, dont elle devient Secrétaire générale. Dans l’hémicycle de Strasbourg, sa voix défend avec force et énergie les intérêts commerciaux européens, la protection des mineurs, les étudiants avec le projet Erasmus Mundus ; elle soutient les révolutionnaires ukrainiens en 2004 et 2013, les printemps arabes et multiplie les démarches auprès des réfugiés risquant leur vie en Méditerranée.
Marielle, c’est aussi Paris. Des chambres de bonnes aux dorures des ministères. Du Ve au XIVe arrondissement, en passant par le XVIIIe, le IIe ou le VIIe… Marielle habitait Paris et Paris l’habitait. Elle le connaissait mieux que sa poche.
Dans un monde dominé par les hommes, Marielle de Sarnez est une pionnière. D’un simple regard, elle gagnait le respect de ceux aux idées courtes qui auraient été tentés de la prendre de haut. Il y a des personnes solaires, qui ont le don d'attirer et d'entraîner les autres par leur énergie. Marielle de Sarnez était de ces êtres rares, singuliers, profondément originaux. Cette force d’engagement, elle l’a transmise à ses enfants, tous deux militants humanitaires.
Derrière l’exigence résolue se trouve ainsi un profond humanisme. Elle n'aimait pas les politesses de surface, préférant être appelée « Marielle » que « Madame » : profondément, elle aimait la politique et l'humain, la sincérité. Elle nous manquera tant.

 

Philippe Berta (député)
- La stratégie vaccinale française, si elle a connu quelques tâtonnements au démarrage, répond aux bonnes priorités. Le choix de vacciner en premier les populations les plus vulnérables et les professionnels de santé va dans le sens des trois objectifs qui se doivent d’être les nôtres: réduire les formes graves et la mortalité, protéger nos soignants et garantir la sécurité des vaccins. Notre stratégie est également celle de l’accessibilité, avec une multiplicité de lieux de vaccination et la gratuité pour tous. Une universalité indispensable pour qu’en France, chacun ait les mêmes chances face au virus, le même accès à une protection de sa santé, dans la droite ligne des principes fondateurs de notre sécurité sociale.Il nous faut maintenant accélérer et vacciner le plus rapidement et massivement possible, dans la seule limite du nombre de doses de vaccin disponibles, pour entre autres ne pas risquer d’autres mutations encore plus délétères.

- Une course contre la montre a été engagée par les scientifiques, course facilitée dans les étapes initiales. En effet, la partie plus fondamentale sur la nature du virus, le mode d’entrée dans nos cellules par l’intermédiaire de la protéine S ou spike virale avaient été élucidée dès le début des années 2000 suite aux deux épidémies à coronavirus, celle du SRAS et celle du MERS. Les techniques de séquençage haut débit ont vite permis d’en établir la fiche d’identité et cela simultanément aux quatre coins du globe. Ce sont alors quelques 250 recherches vaccinales qui se sont déployées, associant toutes les stratégies possibles, du virus inactivé en passant par la protéine virale comme antigène, la plateforme virale avec gènes du Covid-2 intégrés ou encore l’utilisation d’acides nucléiques ADN ou ARN. Si cette dernière technique a été encore peu utilisée, elle est cependant le résultat de plus de vingt années de recherche. Il s’agit plus particulièrement de l’ARN messager codant la protéine S du virus. Produit par synthèse chimique, enrobé de lipides pour le protéger de la dégradation et permettre sa meilleure pénétration dans nos cellules, il induira, après traduction en protéine S, les anticorps protecteurs correspondants. Notre corps ainsi entrainé à identifier cette dernière, la bloquera, détruira le virus et nous protégera ainsi de l’infection et de la pathologie. Ces données ont vite quitté le monde de la recherche fondamentale pour être développées par des entreprises de biotechnologie, des biotechs comme l’on dit, qui ont finalisé cette innovation de rupture pour enfin s’associer avec de grands groupes pharmaceutiques seuls aptes à financer des essais cliniques sur des dizaines de milliers d’individus, à assurer la bio-production de centaines de millions de doses vaccinales et à assurer la distribution. Ces dernières étapes ont été réalisées en collaboration étroite avec les cliniciens et avec les agences d’évaluation pour attester de la rigueur des études menées et des résultats obtenus, le tout mis en libre accès sur les réseaux dès le début, et publié dans les plus grandes revues scientifiques très dernièrement.

- [Fiabilité des vaccins contre la covid19] Les essais cliniques ont été réalisées en collaboration étroite avec les cliniciens et avec les agences d’évaluation pour attester de la rigueur des études menées et des résultats obtenus, le tout mis en libre accès sur les réseaux dès le début, et publié dans les plus grandes revues scientifiques par la suite. Sachons aussi que les conditions de mise sur le marché des vaccins sont renforcées par rapport à celles des autres médicaments. La réglementation européenne impose un contrôle qualité de 100% des lots de vaccins avant leur mise sur le marché. Les résultats de l’essai ont été décrits par les experts non pas comme un succès mais comme un véritable triomphe ! La seule incertitude vient de la durée de l’immunité ainsi acquise, qui bien sûr ne peut pas encore être attestée au-delà de cinq mois. Il nous reste aujourd’hui à tirer profit de ce succès extraordinaire en relevant le challenge logistique, dernier verrou pour reconquérir notre liberté.

- Le retour à la normalité sera clairement lié à notre capacité vaccinale pour prévenir la pathologie et limiter la propagation de l’infection. Cette vaccination devra se faire dans le cadre de la confiance et de la transparence. Le choix du Pr Alain Fischer, le choix d’un conseil d’orientation sur la stratégie vaccinale ou encore le suivi d’éventuels effets indésirables publié chaque semaine par l’intermédiaire de centres de pharmacovigilance régionaux en seront le gage. Le vaccin n’est pas obligatoire et il nous faut donc, en parallèle, être les porteurs d’une grande pédagogie, faire en sorte que se mette en place une communication la plus horizontale possible associant tous les acteurs de la filière santé dès que possible.

- La crise sanitaire interroge notre filière santé sur bien des aspects. Mettons-nous suffisamment de moyens dans notre recherche en santé ? L’organisation de cette dernière ne doit-elle pas être repensée pour plus d’efficience?  La collaboration publique-privée ne doit-elle pas être plus encouragée ? N’est-il pas temps de penser un fond d’investissement capable d’accompagner les biotechs dans leur développement en ETI, plutôt que de voir partir le produit de notre recherche à l’étranger, par incapacité de financement des essais cliniques ? Notre industrie a-t-elle suffisamment intégré dans son fonctionnement les fondamentaux de l’innovation ouverte ? Nos structures d’évaluation sont-elles suffisamment performantes, des moyens mis à disposition des comités de protection à la personne jusqu’au délai d’instruction du comité économique des produits de santé ? Enfin, l’émergence de termes tels PCR, RT-PCR, ARN messager, virus recombinants, immunité cellulaire et humorale, immunité collective ou encore anticorps neutralisants dans le discours grand public nous montre aussi l’urgence d’une politique de culture scientifique et technologique ambitieuse à destination de notre population, meilleur moyen de tordre le cou aux inepties populistes et complotistes dont certains médias se font le relai.

 

● UDI
[Nota: dans ce parti, les propos de ses membres qui ne sont pas centristes et se considèrent de droite ne sont pas retranscrits]

Jean-Christophe Lagarde (président)

13 janvier 1898 : Zola publiait dans L’Aurore «J’accuse», un texte unique dans l’histoire de la liberté d’expression et de la presse. 123 ans après, plus que jamais, nous devons être vigilants car les nouveaux réseaux ne sont pas en eux-mêmes une garantie pour nos libertés.

 

● Mouvement radical

Nathalie Delattre (sénatrice)

Aides aux contrats d’apprentissage : face à une situation sanitaire et économique dévastatrice pour notre jeunesse, je demande à Elisabeth Borne une prolongation pour l’année 2021 des aides accordées par l’Etat. La France ne doit laisser personne au bord du chemin.

 

Bertrand Pancher (député)

- [Couvre-feu à 18h] Je déplore cette décision uniforme qui à nouveau ne prends pas en compte la diversité de l'impact de la crise sanitaire dans les territoires, ainsi que l'absence de concertation avec les élus locaux, le parlement et les corps intermédiaires.

- Avec les parlementaires du groupe Territoires et libertés nous avons demandé un débat sur le soutien au commerce durement touché par la crise. Je suis intervenu pour réclamer que l’on règle la question de l’abandon du paiement des charges pour ceux qui sont acculés afin d’éviter les dépôts de bilan.

 

► Autres

● Organisations centristes
♦ Renaissance
(Députés français du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen)

 

Marie-Pierre Vedrenne

A travers la politique commerciale, à travers nos accords de commerce, on exporte notamment des biens et des services, mais on exporte aussi nos valeurs.  Les États-Unis agissent sur plusieurs niveaux pour limiter la volonté de certaines entreprises d’aller sur d’autres territoires. Comment concrètement ? Cela peut-être avec la mise en place d’embargos, dès que vous utilisez le dollar – et on sait le poids de cette monnaie à l’international, dès que vous commercez avec un autre État et que vous passez par exemple par des serveurs américains, dès l’instant qu’il y a un lien avec leur territoire, ils utilisent les lois extraterritoriales – il y a différentes lois, sur le terrorisme, sur la corruption, sur le domaine fiscal – et ils nous empêchent justement d’aller commercer. Comment ? En fait, en nous disant : « si vous commercez, vous perdez accès à notre marché. Ou vous allez avoir des amendes. On va entamer une procédure juridictionnelle ». Et qu’est-ce qui se passe ? Nos entreprises, elles ont un lien avec le marché américain, qui est un marché extrêmement important. Donc elles font des choix stratégiques et elles se disent « je ne vais pas abandonner le marché américain. Je renonce donc à d’autres marchés ». C’est cela en fait la limite de notre liberté, de notre souveraineté, de notre capacité aussi à ne plus être dépendant seulement des américains. L’extraterritorialité représente à mon sens une menace pour l’Europe. Pourquoi ? Parce que on le voit bien, il est question de liberté, il est question de souveraineté, il est question aussi de conformité avec le droit international. Comment l’Union européenne peut-elle réellement agir – avec efficacité contre – les dérives de l’extraterritorialité ? Il y a plusieurs leviers : les leviers juridiques, avoir une législation miroir de la législation américaine. Se muscler, renforcer son arsenal juridique. Et puis, il y a la volonté aussi de mieux travailler avec nos entreprises, avec d’autres partenaires pour limiter le poids des États-Unis. Et l’Union européenne, elle doit démontrer que à travers de nouveaux accords elle protège réellement ses ambitions, ses valeurs et ses intérêts." Moi, en tant que Vice-présidente de la Commission du commerce international, je pousse la Commission européenne, je pousse les États-membres à enfin avoir des outils efficaces, opérants, pour que les autres États respectent les règles du jeu.