Le Centrisme, c’est la radicalité morale par le respect, l’ouverture sociale par la solidarité, le dynamisme économique par la liberté, le tout dans le juste équilibre.

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30 avril 2008

Actualités-Etats-Unis

Présidentielle 2008

Barack Obama va « peaufiner » sa campagne


Face à une Hillary Clinton plus coriace que jamais, Barack Obama, en tête dans la course à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle américaine, entend "peaufiner" sa campagne et rappeler aux électeurs ses origines modestes. Après avoir perdu les primaires dans les importants Etats de l'Ohio, en mars, et de Pennsylvanie, mardi dernier, Obama a déclaré dans l'Indiana, autre Etat crucial où il affrontera Clinton le 6 mai, qu'il fallait constamment procéder à des ajustements. "Vous savez, c'est une longue campagne. Ce qui a bien fonctionné il y a trois mois peut ne pas si bien marcher maintenant", a noté Obama, qui a engrangé une série de succès en février avant de buter sur l'Ohio et la Pennsylvanie. Debout devant une pompe à essence, Obama a déclaré que ses rivaux faisaient partie d'une classe politique qui n'a pas réussi à mettre au pas les compagnies pétrolières et d'autres puissants intérêts particuliers. "Les candidats ayant l'expérience de Washington - mes adversaires - sont de bonne volonté. Mais ils sont à Washington depuis vraiment très longtemps et, même avec toute l'expérience dont ils se targuent, il ne s'est rien passé", a dénoncé Obama. Il s'est présenté comme le seul candidat à avoir tenté de combattre les intérêts particuliers et à avoir refusé les dons de groupes de pression.

En campagne à Bloomington, dans l'Indiana, Hillary Clinton s'est interrogée sur la détermination de Barack Obama à combattre les intérêts particuliers, et elle a noté qu'il avait voté pour un projet de loi sur l'énergie soutenu par le vice-président Dick Cheney, ancien PDG de Halliburton, n°1 mondial de l'ingénierie et des services aux gisements pétroliers. "Les actes parlent mieux que les mots. Lorsqu'il s'agit de se dresser contre les compagnies pétrolières, de se dresser contre le projet de loi sur l'énergie de Dick Cheney, mon adversaire a voté pour et moi j'ai voté contre. Ce texte faisait cadeau de milliards de dollars aux compagnies pétrolières", a affirmé Clinton. L'ancienne "première dame", qui cherche à devenir la première femme élue à la présidence des Etats-Unis, et Obama, qui deviendrait le premier président métis, s'efforcent tous deux de se présenter comme les mieux à même de redresser l'économie d'Etats frappés de plein fouet par les suppressions d'emplois et la crise des crédits immobiliers. Mais Obama a du mal a faire passer le courant avec la classe ouvrière blanche d'Etats tels que l'Ohio ou la Pennsylvanie. Il a été nettement battu par Clinton parmi les blancs à faibles revenus et n'ayant pas fait d'études supérieures de Pennsylvanie. Il avait, pendant la campagne, tenus des propos maladroits sur l"'amertume" des "petites gens" de l'Amérique profonde, ce qui lui a valu de se faire taxer d'élitisme par Clinton et par le candidat républicain John McCain. "Je crois que l'une des choses que nous devrons faire au cours des prochaines semaines est de rappeler aux gens d'où je viens", a dit Obama, qui a été élevé par une mère seule et qui a fait ses études grâce à des bourses.

25 avril 2008

Loin d’une France réconciliée…

Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, force est de reconnaître que, justement, les Français ne se reconnaissent pas beaucoup dans ce président « bling-bling » dont l’action ne semble pas avoir été très efficace en regard des défis du moment si ce n’est de ceux du futur. Et, comble d’ironie et de cruauté pour le Président de la république, une majorité relative de Français aimeraient bien qu’il prenne son opposant le plus virulent, François Bayrou, comme Premier ministre.

Au-delà du fait que nous ne savons toujours pas quel est le programme du fondateur du Mouvement démocrate, ceci démontre bien le fiasco de l’action gouvernementale et, plus surprenant, de la communication du pouvoir en place. Sans doute que les Français souhaitent, comme toujours, être gouvernés au centre à défaut d’être gouvernés par le Centre, le vrai, mais cela ne doit pas cacher la méfiance des citoyens à une équipe qui quand elle ne s’engueule pas, a du mal à agir et à changer les choses pour lesquelles elle s’est faite élire.

Evidemment, Nicolas Sarkozy est encore là pour quatre ans et il serait malvenu de tirer un bilan de son action au bout de 365 jours. Mais, lui-même, a senti le malaise et son intervention télévisée récente l’a bien montré. Bien sûr, il peut invoquer comme beaucoup de ses prédécesseurs, la situation économique difficile voire la crise qui se profile et il n’aurait pas tout à fait tort. Bien sûr, il peut invoquer les pesanteurs de la société française mais justement il avait juré de s’y attaquer alors que ses réformes ont été des compromis peu dynamiques voire de pitoyables compromissions avec les tenants du blocage économique, social et sociétal, l’affaire des OGM en étant une caricature. Bien sûr, il peut invoquer la jeunesse de son équipe en place en pariant que son baptême du feu va lui donner un peu plus de consistance mais encore faudrait-il qu’il y ait une ligne directrice cohérente que l’on a bien du mal à trouver.

Dès lors, c’est à une véritable réflexion sur quoi faire, comment faire et comment le dire que Nicolas Sarkozy et ses conseillers doivent s’atteler. Si, comme le prétend le Président de la république, il na que faire de l’impopularité car il a une mission à accomplir, celle de réformer durablement la France pour lui permettre d’être un acteur majeur dans les décennies qui viennent, alors il doit aller de l’avant dans les réformes et il doit choisir les personnes qui sont capables non seulement de les mettre en place mais de les comprendre et de les supporter. La longue litanie de couacs dans l’action et la communication des conseillers et des ministres a jeté une suspicion sur la qualité et la capacité de l’équipe en place. Le Président doit absolument réagir quitte à mettre dehors tous les incompétents ou tous ceux qui tirent dans un sens inverse de l’action qu’il veut mener ou qu’il a affirmé vouloir mener. Le temps des jeunes sans compétences mais tellement « peopolisables », des gens de gauche venus dire tout le bien qu’il pense d’un homme de droite et récupérer quelques strapontins, de gens du Centre qui, malheureusement, ne sont guère écoutés, doit laisser place à une équipe soudée qui va de l’avant.

Quoiqu’il en soit, nous devons attendre encore pour entreprendre une analyse critique du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Tout ce que l’on peut dire pour l’instant c’est que les Français sont inquiets tout autant par la situation économique et sociale que par l’incapacité gouvernementale. Mais l’on sait aussi qu’il en faut peu, ou en tous cas qu’il faut quelques résultats positifs, pour qu’une opinion publique change de vision radicalement. Sans doute aujourd’hui Nicolas Sarkozy est le plus impopulaire des Président de la V° République. Rappelons-nous cependant qu’en 1986 personne ne donnait une chance à François Mitterrand de faire un deuxième mandat et qu’il remporta une large victoire en 1988. La politique est faite de méandres qui permettront peut-être à Nicolas Sarkozy de renaître à la manière mitterrandienne. Reste à espérer que cela sera à cause d’une action politique efficace et non d’une communication bien menée si chère à Mitterrand…

Alexandre Vatimbella

17 avril 2008

Etats-Unis. La machine à se faire battre des Démocrates est-elle en marche ?

Les Démocrates étaient tellement sûrs de remporter l’élection présidentielle qu’ils se sont payé le luxe de devoir choisir entre une femme et un noir, tous deux brillants politiques, comme candidat mais qui représentaient, au-delà de la nouveauté, un risque de perdre des voix d’Américains qui ne peuvent imaginer une femme ou un noir à le tête du pays. Et ne voilà-t-il pas, en plus, que le candidat Républicain, John McCain est en tête des sondages… D’autant que John McCain est un très bon candidat pour le Parti républicain. C’est un centriste conservateur capable de rassembler les Républicains modérés, les Indépendants et les Démocrates conservateurs. Et même s’il risque de perdre la frange la plus ultra des conservateurs religieux (et encore ce ne sera peut-être pas le cas), il va être redoutable pour le candidat démocrate d’autant qu’il ne fera pas un mauvais Président des Etats-Unis.

Si John McCain était élu le 4 novembre prochain, il faudrait bien se poser la question sur cette machine à se faire battre qu’est devenu au fil des ans le Parti démocrate avec des candidats qui sont souvent brillants mais incapables de représenter l’Amérique profonde, celle qui fait la différence même si elle n’est plus la plus nombreuse.

Au jour d’aujourd’hui, Barack Obama semble être celui qui sera le candidat du Parti démocrate malgré le baroud d’honneur d’Hillary Clinton et le fait, partagé par certains observateurs, qu’elle serait plus capable de battre John McCain d’autant qu’elle est plus populaire dans les « Key States », les Etats-clés qui feront la victoire en novembre. Barack Obama est un personnage extrêmement brillant, intelligent et charismatique qui possède quelques casseroles (son révérend noir raciste et aux propos anti-américains, ses amitiés noires extrémistes, sa méconnaissance totale du blanc moyen et du redneck sudiste et une grande inexpérience politique mais si ce dernier point n’a pas empêché des Kennedy et des Bush de se faire élire à la présidence…) et une haute (trop haute ?) opinion de lui-même. De même ses slogans simplistes mais efficaces ne font pas un programme surtout en période de récession économique. Et puis, bien évidemment, il est noir ce qui signifie simplement mais fortement que de nombreux électeurs démocrates ou indépendants ne voteront pas pour lui pour cette unique raison. Dire le contraire ce serait, d’un coup, balayé l’histoire des Etats-Unis. On peut d’ailleurs dire la même chose pour Hillary Clinton où de nombreux électeurs ne voteraient pas pour une femme.

D’où, cette question sur la machine à se faire battre des Démocrates. Car, dans l’euphorie d’une fin de présidence Bush catastrophique, ils ont pensé que même s’ils présentaient un singe ou un âne (leur emblème…), ils gagneraient haut la main. Une confiance qui risque de leur coûter extrêmement cher. Evidemment les jeux ne sont pas donnés, loin de là. Les bêtises de Bush et son jusqu’au-boutisme absolu peuvent encore permettre au Démocrates de remporter l’élection tout comme les bourdes et les incompétences (notamment en économie) de McCain. En revanche, si les Républicains la jouent intelligemment –et ils ont quelques stratèges compétents pour y parvenir-, les Démocrates ont toutes les raisons d’avoir peur, très peur… Et aux défaites des brillants Dukakis, Mondale, Kerry, McGovern et Gore, on ajoutera celle de Hillary ou Barack. Et l’on en conclura qu’ils ont perdu une élection imperdable.

Reste que les Démocrates peuvent se rappeler les précédents Kennedy, Carter et Bill Clinton, un dandy et deux inconnus donnés perdants et qui surent jouer de leur caractère ingénu et nouveau pour rallier les suffrages des électeurs. Tout n’est donc pas perdu pour les Démocrates mais ce sera loin d’être une simple partie de campagne.

Jean Gripari
Chef du département Etats-Unis du CREC

11 avril 2008

Où est la « place du Centre » ?

Avec le fiasco du Mouvement démocrate et de sa stratégie « à la carte » et la défaite cinglante de la droite aux municipales, avec les espoirs retrouvés d’une gauche à la recherche de partenaires pour les prochaines échéances électorales, les politiques, les politologues et les journalistes ne parlent plus que de la « place du Centre ». Mais où est-elle cette place ? A Droite comme le dit Jean-Pierre Raffarin et Hervé Morin ? A Gauche comme le prétend Ségolène Royal ? Nulle part comme le répète François Bayrou (c’est-à-dire un coup à droite, un coup à gauche et vive les présidentielles de 2012 !) ?

Bien sûr, derrière cette question sur la place du Centre il ya évidemment une autre question essentielle : y a-t-il une place pour le Centre ? Cette question qui est sans cesse remise sur le tapis par tous ceux qui affirment que le Centre n’existe pas.

Et puis, il y a ceux qui affirment péremptoirement qu’un Centre n’existe pas mais que tout le monde s’y retrouve pour gouverner ! Ainsi, il n’y aurait qu’une Gauche et une Droite, irresponsables idéologiquement en proposant des programmes irréalisables et responsables politiquement et devant donc gouverner au centre. Mais de Centre, nenni ! Voilà bien une de ces démonstrations fallacieuses qui permet de prétendre que le Centre ne serait qu’un appendice ou un supplétif de la Droite ou de la Gauche, voire un simple parti d’opportunistes en quête de se vendre au plus offrant pour grappiller quelques strapontins éventrés et grinçants.

Alors, cette place du Centre ? La place du Centre mais elle est… au centre, pardi ! Et sa philosophie politique est le Centrisme, pas une idéologie de Droite, ni une de Gauche, ni un mélange indigeste des deux, ni un opportunisme sans aucune originalité propre. La place du Centre est évidemment au centre et, il faut l’ajouter immédiatement dans une posture forte d’indépendance d’autant plus qu’on lui dénie son existence. Le Centre est du Centre et au centre. Une pensée politique n’existe que si elle est indépendante parce qu’elle représente une sensibilité politique qui ne peut se fondre dans une autre pensée. La Gauche ne sera jamais la Droite, le Centre ne sera jamais la Gauche et la Droite ne sera jamais le Centre.

Mais cette constatation n’interdit pas les convergences d’idées et les rapprochements politiques sur des programmes ponctuels voire sur des programmes de gouvernement. D’une parte, parce que nous sommes dans une démocratie où tous les « partis de gouvernement » ou presque partagent le même socle de valeurs. Et puis, d’autre part, ne nous y trompons pas, indépendance ne veut pas dire isolement. Le Centre, pour gouverner, a besoin de faire des alliances comme la Gauche et la Droite. Rien de mal à cela car un parti politique existe pour gouverner, c’est sa fonction première et sa mission. S’il ne peut gouverner seul, il lui faut des partenaires. Un Centre indépendant mais un Centre dans le jeu politique capable de discuter et de nouer des alliances claires. Un Centre indépendant n’est pas un Centre qui ne fait pas d’alliances. Prétendre le contraire c’est vouloir l’asphyxier ou s’en servir comme une arme politique mais non comme une puissance capable de gouverner. Et, ce qui souvent dessert le Centre, ces alliances peuvent exister tant à Droite qu’à Gauche parce que le Centre est un libéralisme social avec certaines de ses idées défendues par la Droite et d’autres par la Gauche. Et l’originalité ontologique du Centre, c’est bien se mélange unique en son genre, celui qui fait que le Centre est un rassembleur car il propose une vraie politique de liberté et de solidarité dans un juste équilibre afin de ne léser personne.

La fameuse place du Centre existe et elle est au centre et du Centre. Cette affirmation est pour ceux qui ne comprennent pas ce qu’est le Centre mais aussi pour tous ceux qui se réclament du Centre. Les Centristes sont souvent déboussolés par les affirmations qui prétendent qu’ils n’existent pas mais ils le sont tout autant par les agissements de certains politiques qui se réclament du Centre. C’est pourquoi la clarification est un enjeu majeur du Centre. Au lieu de jouer un jeu politique peu lisible, il doit affirmer ses valeurs et proposer des alliances s’il en est besoin par rapport à ces valeurs. Tout autre façon de procéder ne peut qu’accréditer l’idée que le Centre n’est rien d’autre qu’un marais où surnagent quelques opportunistes dont certains croient en des couronnements nationaux.

Alexandre Vatimbella
Directeur du CREC

10 avril 2008

John McCain est-il centriste ?

Nous parlons beaucoup ici des deux candidats démocrates qui se sont positionnés au centre. Mais qu’en est-il de John McCain, le candidat républicain, que l’on présente comme un centriste et qui, selon la presse américaine, aurait pu être le candidat à la vice-présidence en 2004 sur un ticket avec le démocrate John Kerry?

John McCain se définit lui-même comme un conservateur et nous n’aurions aucune raison de ne pas le croire si le parcours de sa vie publique n’allait pas à l’encontre de cette étiquette. Le sénateur de l’Arizona a toujours eu des liens avec les Démocrates et pas seulement ceux qui penchent à droite comme le sénateur Lieberman qui lui apporte son soutien dans cette élection présidentielle. Il entretient de bonnes relations, par exemple, avec Hillary Clinton et John Kerry et sa vision de la politique intérieure est un laisser-faire mou, loin de l’idéologie ultra-libérale de l’Administration Bush. Son positionnement comme conservateur et sa constante affirmation qu’il est bien un conservateur sont à rechercher avant tout dans sa position à l’intérieur du Parti républicain. John McCain y est un franc-tireur qui a toujours manifesté les plus grandes réserves avec la droite dure du parti et les groupes évangéliques conservateurs du Sud qui ont mis la main sur la machine républicaine et dont les heures de gloire semblent passées mais qui restent néanmoins capables de gêner fortement la campagne du sénateur de l’Arizona. D’où sa volonté de les rassurer. Mais les sondages le démontrent, John McCain est apprécié de beaucoup d’indépendants mais aussi de démocrates modérés qui pourraient voter pour lui en novembre prochain. Et dans ce lot, il y aurait, toujours selon les sondages, beaucoup de partisans d’Hillary Clinton si Barack Obama est élu candidat démocrate à l’élection présidentielle et vice versa…

Si l’on raisonne dans une optique européenne, John McCain serait probablement au centre d’un parti démocrate-chrétien allemand ou de l’UMP. On ne peut le mettre dans la même catégorie que George W. Bush ni dans celle de Ronald Reagan – dont il était l’ami – mais plutôt dans celle d’un George Bush père ou d’un Gérald Ford, au centre-droit.

D’où l’idée que l’élection américaine se déroulera au centre semble une évidence si l’on se rappelle que les deux candidats démocrates sont eux aussi proche du Centre, que ce soit Barack Obama ou Hillary Clinton.

Jean Gripari
Chef du département Etats-Unis du CREC